2020

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Puisse cette nouvelle année,
Réaliser tous vos souhaits,
Et rendre réalité,
Vos rêves les plus secrets…
Meilleurs voeux !

2020

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Un Nouvel An pour un… Nouvel élan !
Que cette nouvelle aventure qui commence,
Vous apporte son lot de joie, d’amour et de chance,
Que tous vos rêves et vos espérances,
Se réalisent dans l’abondance,
Et que chacune de vos résolutions,
Annonce une nouvelle vie, pleine d’émotions !

Pingouin, Manchot ..Royal

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Viriginie Salmen
Les soupçons autour de Ségolène Royal font réagir. L’ancienne ministre de l’environnement aurait utilisé sa fonction d’ambassadrice à des fins personnelles, laissant de côté les impératifs de sa mission. Mikaa Mered, spécialiste des pôles, dénonce au micro d’Europe 1 ses agissements.

Ségolène Royal, mise en cause pour l’utilisation de ses moyens d’ambassadrice des pôles, va être convoquée pour s’expliquer à l’Assemblée. Depuis deux ans et demi (juillet 2017), Ségolène Royal représente la France dans ces régions où la fonte rapide des glaces et la présence massive de richesses naturelles ont créé de nouveaux enjeux économiques, stratégiques, scientifiques et environnementaux. Mais son nom ne figure que très rarement sur les comptes de réunions…

« Les pôles, c’est bien, c’est un territoire passionnant, mais ce n’est pas non plus sa priorité », tacle Mikaa Mered, professeur de géopolitique, spécialiste des pôles et lanceur d’alerte sur les absences à répétition de Ségolène Royal aux réunions internationales. Pourtant, sur le CV, elle avait tout, dit-il : ministre de l’environnement à deux reprises et présidente de la COP 21. Une légitimité donc indéniable, mais elle a déçu le monde polaire, explique Mikaa Mered au micro d’Europe 1. Tellement scandalisé, le spécialiste des pôles a tenu un décompte précis des absences de Ségolène Royal. Résultat, elle a consacré moins de 5% de son temps aux questions polaires dans ses prises de paroles médiatiques en France…

Seulement douze voyages

Les soupçons autour de Ségolène Royal font réagir. L'ancienne ministre de l'environnement aurait utilisé sa fonction d'ambassadrice à des fins personnelles, laissant de côté les impératifs de sa mission. Mikaa Mered, spécialiste des pôles, dénonce au micro d'Europe 1 ses agissements.© Ludovic MARIN / POOL / AFP Les soupçons autour de Ségolène Royal font réagir. L’ancienne ministre de l’environnement aurait utilisé sa fonction d’ambassadrice à des fins personnelles, laissant de côté les impératifs de sa mission. Mikaa Mered, spécialiste des pôles, dénonce au micro d’Europe 1 ses agissements. « Depuis sa nomination, Ségolène Royal a effectué très précisément douze voyages en relation aux questions polaires », poursuit Mikaa Mered, tandis que les Polonais, selon lui sont présents « quasiment toutes les semaines ». Il met aussi la Chine au rang des assidus, qui sont présents « notamment pour porter leurs intérêts économiques ». Des appétits économiques que Michel Rocard, son prédécesseur, amoureux des pôles, a su contenir, notamment en proposant un mode de développement raisonnable pour l’Arctique, qu’il a arpenté jusqu’à plus de 80 ans. En comparaison, le tableau de chasse de Ségolène Royal semble bien maigre…

Léa Guyot
L'ancienne ministre de l'Ecologie Ségolène Royal va devoir s'expliquer sur son bilan en tant qu'ambassadrice des pôles. Elle a fait savoir qu'elle se rendrait devant les parlementaires.© SipaL’ancienne ministre de l’Ecologie Ségolène Royal va devoir s’expliquer sur son bilan en tant qu’ambassadrice des pôles. Elle a fait savoir qu’elle se rendrait devant les parlementaires.

Elle recevra une convocation dans quelques jours. Ségolène Royal sera bientôt entendue par les députés sur les actions qu’elle mène depuis juillet 2017 dans le cadre de sa mission d’ambassadrice chargée de la négociation internationale pour les pôles Arctique et Antarctique. Deux parlementaires lui reprochent son absence à des réunions officielles et ses nombreuses interventions médiatiques sur la politique nationale. Si l’ancienne candidate à l’élection présidentielle de 2007 accepte d’être auditionnée, elle dénonce une manœuvre politique qui vise à la discréditer.

Depuis sa nomination par Emmanuel Macron, l’ancienne présidente de la COP21 fait partie des 21 ambassadeurs thématiques rattachés au ministère des Affaires étrangères. A ce titre, Ségolène Royal doit défendre les intérêts français en Arctique et en Antarctique et représenter son pays dans certaines instances internationales. Une mission aux contours flous qu’elle exerce bénévolement. La femme politique bénéficie néanmoins de trois collaborateurs (dont une assistante personnelle et un conseiller en communication) et d’une enveloppe de frais de mission d’un montant de 100.000 euros.

Absences et manquements au devoir de réserve

Or, deux députés, co-rapporteurs d’une mission d’information sur la problématique des pôles, s’interrogent sur l’implication réelle de Ségolène Royal. Depuis sa prise de fonction en juillet 2017, elle n’a assisté à aucune des quatre réunions officielles du Conseil de l’Arctique (un forum intergouvernemental où la France dispose d’un statut d’observateur). La candidate malheureuse à l’élection présidentielle de 2007 y était cependant représentée. Début octobre, elle justifiait son absence par sa volonté de faire « attention au coût de ses déplacements [et] au bilan carbone ».

Mais Christophe Naegelen (UDI) et Eric Girardin (LREM) dénoncent également ses fréquentes interventions médiatiques sur la politique nationale, alors que la jurisprudence pourrait lui imposer un devoir de réserve. Deux arguments qui les ont donc poussés à convoquer l’ancienne ministre. D’autant plus qu’à la mi-novembre, la cellule investigation de Radio France révélait qu’elle utilisait les moyens mis à sa disposition en tant qu’ambassadrice chargée des pôles à des fins personnelles. Des informations qu’elle a qualifié d' »insinuations » « calomnieuses » en novembre.

Deux convocations pour le prix d’une?

Selon Le Figaro, Ségolène Royal a fait savoir par l’intermédiaire du député socialiste Guillaume Garot qu’elle répondra à la convocation des députés, et ce « quelle que soit la forme de la convocation ». Car si l’ambassadrice sera bien interrogée dans le cadre de la mission d’information, Jean-Christophe Lagarde, le président de l’UDI, a demandé qu’elle soit aussi auditionnée par la commission des Affaires étrangères. Si tel est le cas, l’ambassadrice des pôles sera en effet tenue de se rendre devant les membres de la commission permanente, à moins d’écoper de 7.500 euros d’amende.

Mardi, le député Régis Juanico (Génération.s), membre du think tank Observatoire de l’éthique publique, a quant à lui demandé des comptes au Quai d’Orsay. Dans une question écrite, il sollicite le ministère pour que celui-ci communique les rapports d’activités et les coûts de déplacements des ambassadeurs thématiques.

Alors que l’Assemblée nationale semble se saisir de la question du rôle de ces représentants spéciaux, jugé parfois trop opaque, Ségolène Royal dénonce elle une manœuvre politique. « Ils ne savent plus quoi inventer pour me faire taire », a déploré mercredi sur France Info la potentielle candidate à l’élection présidentielle de 2022.  « Comme d’habitude, ça ne débouchera sur rien », a-t-elle assuré. Les députés qui vont l’auditionner pourront toutefois dresser une liste de recommandations s’ils ne sont pas convaincus par ses justifications.

Ambassadrice des pôles : Ségolène Royal convoquée à l’Assemblée Nationale

Deux députés, UDI et LREM vont convoquer Ségolène Royal afin qu’elle s’explique sur l’utilisation de ses moyens dans l’exercice de sa fonction d’Ambassadrice des pôles. Elle devrait également être entendue par la commission des Affaires étrangères.

Ségolène Royal

Ségolène Royal est très critiquée dans sa fonction d’ambassadrice des pôles pour notamment son absence aux réunions du Conseil de l’Arctique

AFP/Archives – JUAN MABROMATA

Ségolène Royal, mise en cause pour l’utilisation de ses moyens d’ambassadrice des pôles, va être convoquée pour s’expliquer à l’Assemblée, à l’initiative de deux députés UDI et LREM, a indiqué mardi 25 décembre le président de l’UDI Jean-Christophe Lagarde confirmant une information du Figaro.

Le député Christophe Naegelen (UDI), co-responsable de la mission d’information de l’Assemblée nationale sur la problématique des pôles, et son collègue macroniste Eric Girardin vont transmettre la convocation à l’ex-ministre dans les jours à venir.  » Nous demandons qu’elle soit en parallèle auditionnée par la commission des Affaires étrangères « , a précisé M. Lagarde.

Absences aux réunions officielles

Ségolène Royal, nommée il y a deux ans ambassadrice de France chargée des négociations internationales pour les pôles, devrait recevoir la convocation dans les jours à venir. Les députés veulent entendre ses explications sur « son absence à l’ensemble des réunions officielles au Conseil de l’Arctique qui se sont tenues depuis sa nomination «  et  » ses interventions médiatiques quasiment hebdomadaires sur la politique nationale « , selon M. Naegelen, cité par Le Figaro.

Quand Ségolène Royal use et abuse du refrain complotiste

Ségolène Royal, à Washington, en avril 2017. (NICHOLAS KAMM / AFP)
Ségolène Royal, à Washington, en avril 2017. (NICHOLAS KAMM / AFP)

Deux députés demandent des comptes à l’ex-ministre sur son bilan d’ambassadrice des pôles. Une manœuvre « pour (la) faire taire » à l’approche de la présidentielle de 2022, dénonce-t-elle.

Ségolène Royal a la rhétorique complotiste un peu facile. Convoquée prochainement pour s’expliquer à l’Assemblée après avoir été mise en cause pour l’utilisation de ses moyens d’ambassadrice des pôles, l’ex-ministre de l’Environnement joue de nouveau la petite musique de la victimisation et de la conspiration. Un grand classique des politiques acculés par les critiques. Celle qui croit encore en son destin présidentiel fustige les deux députés UDI et LREM à l’origine de sa future audition. « Ils ne savent plus quoi inventer pour me faire taire parce que toute parole de vérité qui dénonce les graves désordres sociaux dont la France souffre, les dérange », s’indigne Ségolène Royal auprès du service politique de France Télévisions.

Est-ce à dire que Ségolène Royal craint son grand oral au Palais-Bourbon ? Les députés lui demandent des comptes sur « son absence à l’ensemble des réunions officielles au Conseil de l’Arctique qui se sont tenues depuis sa nomination » et « ses interventions médiatiques quasiment hebdomadaires sur la politique nationale ». Mais à écouter l’ex-ministre, qui dézingue tous azimuts en cette fin d’année, tout ceci ne serait qu’un prétexte pour la détruire politiquement à deux ans et demi de la prochaine présidentielle. Elle serait en fait la cible d’une violente cabale menée par ses opposants, avec la complicité active des médias…

« Comme par hasard »

Mi-novembre, déjà, Ségolène Royal avait usé de la même rhétorique pour tenter d’étouffer l’enquête pourtant très étayée de Radio France sur l’utilisation de ses collaborateurs payés par le ministère des Affaires étrangères dans la promotion de ses activités personnelles. Une confusion des genres balayée d’un revers de main par l’intéressée : « Tout est faux ! » Plutôt que de répondre sur le fond, elle attaque frontalement le travail d’enquête de la cellule investigation de Radio France. Ces « cochonneries dites par ce journaliste, c’est dégueulasse », lance-t-elle au micro de RMC, notant qu’elles coïncident avec ses « combats très durs contre les lobbies, le glyphosate, les pesticides, et là je ne lâcherai pas ». Elle accuse aussi les journalistes d’avoir « agressé » et « fait peur » à ses collaborateurs pour leur « arracher » des informations. Une contre-attaque visant les méthodes journalistiques que ne renierait pas l’extrême droite et qui conduit l’ex-ministre à reprendre dans la foulée le traditionnel refrain du « comme par hasard » : d’après Ségolène Royal, ces « attaques » sont lancées « comme par hasard au moment où [elle] apparaît dans les sondages la mieux placée pour relever le défi de la gauche à l’élection présidentielle » en 2022.

Une rengaine royaliste usée jusqu’à la corde. En septembre dernier, un fact-checking du site CheckNews révèle que celle qui a été nommée ambassadrice des pôles en septembre 2017 par Emmanuel Macron n’a jamais mis les pieds au Conseil de l’Arctique. Là encore, réponse cinglante de Ségolène Royal sur Twitter : « Et comme par hasard cette boule puante surgit quand certains m’interrogent sur la prochaine présidentielle… » La thèse du complot, la défense du coupable ?

Ségolène Royal « ambassadrice des pôles »: mais quel est son rôle?

Ségolène Royal, candidate malheureuse à la présidentielle de 2007, est depuis septembre 2017 ambassadrice de France pour les pôles arctique et antarctique. L’ex-ministre socialiste utilise-t-elle les moyens du Quai d’Orsay à des fins de promotion personnelle comme le disent plusieurs députés ? Elle devra s’expliquer à l’Assemblée. Mais au fait, à quoi sert un ambassadeur de France pour les pôles ?
Ségolène Royal est ambassadrice des pôles depuis le 1er septembre 2017. Photo Valéry HACHE/AFP

Le contexte. L’ambassadrice de France chargée de la négociation internationale pour les pôles Arctique et Antarctique Ségolène Royal va être convoquée pour s’expliquer à l’Assemblée nationale sur son activité, à l’initiative de deux députés – Christophe Naegelen (UDI, Vosges) et Eric Girardin (LREM, Marne).

Pourquoi cette convocation ? Selon Christophe Naegelen, responsable de la mission parlementaire Arctique « il s’agit d’entendre ses explications à propos de son absence à l’ensemble des réunions officielles au Conseil de l’Arctique qui se sont tenues depuis sa nomination en 2017 et sur ses interventions médiatiques régulières sur la politique nationale  ».

En novembre, il lui avait été reproché d’utiliser les collaborateurs affectés à son service pour d’autres activités, notamment une assistante personnelle. « Calomnies qui surviennent au moment où j’apparais comme la candidate de la gauche la mieux placée à la présidentielle de 2022 », répondait Ségolène Royal, qui n’exclut donc pas une deuxième candidature.

100 000 euros par an de frais de mission

Ségolène Royal, au titre d’ambassadrice des pôles, dispose d’un bureau et de fonds (100 000 euros par an de frais de mission) émanant du Quai d’Orsay. Elle n’est pas rémunérée pour cette fonction. Trois fonctionnaires ou contractuels sont mis à sa disposition.

Face aux députés, Ségolène Royal devra soutenir la comparaison avec le travail de son tout aussi illustre prédécesseur à ce poste, Michel Rocard, qui de 2009 à son décès en 2016, a conforté la sanctuarisation de l’Antarctique et a établi une feuille de route pour l’Arctique approuvée au niveau international.

Qu’est ce que le conseil de l’Arctique. Fondé en 1996, le Conseil de l’Arctique où siège Ségolène Royal, est une instance qui rassemble les États possesseurs de territoires dans l’Arctique. Cette instance intergouvernementale est chargée de « promouvoir les aspects environnementaux, économiques et sociaux du développement durable dans la région de l’Arctique ».

La France y est « membre observateur » depuis 1998. Le pays est au neuvième rang des nations en matière de publications scientifiques sur l’Arctique. Elle est aussi cinquième pour ce qui concerne la production scientifique relative à l’Antarctique. C’est plus logique puisque la France possède une partie du continent blanc, la terre Adèlie, sur laquelle est installée la base scientifique commandant Charcot. Ségolène Royal ne l’administre pas puisqu’il existe un préfet supérieur, Evelyne Descorps, pour les terres australe et antarctique (Iles Kerguelen, Crozet, Amsterdam, Saint-Paul).

Comme l’a vérifié Checknews, confirmant les observations des députés, quatre réunions des « Senior Arctic Officials » du Conseil de l’Arctique se sont tenues depuis que Ségolène Royal est ambassadrice des pôles, le 1er septembre 2017, et elle n’a assisté à aucune.

À quoi sert un ambassadeur de France pour les pôles ? Ce poste d’ambassadeur a été créé par Nicolas Sarkozy en 2009 spécialement pour Michel Rocard. Avec deux enjeux primordiaux : assurer la sécurité de la navigation dans cette zone et préserver l’équilibre thermique de la calotte glaciaire.

En tant qu’ambassadrice française, Ségolène Royal parle environnement et science, à l’inverse des autres pays qui luttent pour les richesses de l’Arctique, notamment la Russie, la Norvège et le Canada. Hydrocarbures, passages stratégiques pour les bateaux, pêche: les enjeux sont multiples.

Convoquée à l’Assemblée, Ségolène Royal contre-attaque et dénonce une « opération de communication »

MOTS DOUX La candidate socialiste à la présidentielle 2007 est accusée par deux députés d’utiliser ses moyens d’ambassadrice des pôles à d’autres fins

20 Minutes avec AFP

 

Ségolène Royal, à Paris en novembre 2019.
Ségolène Royal, à Paris en novembre 2019. — ERIC DESSONS /JDD/SIPA

Ségolène Royal dénonce « l’opération de communication » des deux députés qui l’accusent d’utiliser ses moyens d’ambassadrice des pôles à d’autres fins. En effet, Christophe Naegelen (UDI), coresponsable de la mission d’information de l’Assemblée nationale sur la problématique des pôles, et son collègue macroniste Éric Girardin, avaient indiqué mardi qu’ils allaient transmettre dans les jours à venir une convocation à l’ex-ministre de l’Environnement. L’intéressée a affirmé jeudi qu’elle n’était « pas dupe des arrière-pensées politiciennes » de ces derniers.

« Mais puisque des députés s’intéressent enfin à ce sujet des pôles si important pour le climat (…), je suis toute disposée à venir pour une audition devant la réunion conjointe des Affaires étrangères et celle du développement durable car les deux sont concernées », a complété la candidate socialiste à la présidentielle de 2007.

Trop intéressée par la politique nationale ?

Les deux élus veulent entendre ses explications sur « son absence à l’ensemble des réunions officielles au Conseil de l’Arctique qui se sont tenues depuis sa nomination » il y a deux ans et « ses interventions médiatiques quasiment hebdomadaires sur la politique nationale ».

En novembre, l’hebdomadaire Le Point et franceinfo avaient publié des enquêtes pointant le comportement de Ségolène Royal, la chaîne d’info l’accusant de se servir de sa fonction – pour laquelle elle n’est pas rémunérée – et de ses trois collaborateurs, financés par le ministère des Affaires étrangères, pour promouvoir des activités personnelles.

Engagée « pour soulager les souffrances sociales »

« A ce stade, je n’ai reçu aucune « convocation » puisqu’il faut une décision du bureau de la commission concernée pour les auditions. Et, à mon avis, le jour de Noël, la commission n’est pas réunie… C’est donc juste une opération de communication ?, s’interroge Ségolène Royal, très offensive dernièrement pour critiquer Emmanuel Macron et le gouvernement, notamment sur la réforme des retraites. Ils ne savent plus quoi inventer pour me faire taire parce que toute parole de vérité qui dénonce les graves désordres sociaux dont la France souffre les dérange, estime-t-elle à cet égard. Je fais juste mon devoir car mon engagement a toujours été d’œuvrer pour soulager les souffrances sociales. Et je continuerai chaque fois que nécessaire. Ils devront s’y habituer. »

« Quant au reproche concernant le conseil de l’Arctique, qui n’est qu’une des réunions parmi d’autres, je n’y vais pas par décision conjointe avec l’ambassadeur sur place, car la France n’en est pas membre et n’a pas la parole. Économisons donc les frais inutiles », affirme également l’ancienne ministre. Aux reproches qui lui sont faits d’utiliser les moyens de sa mission (non rémunérée) à des fins personnelles, Ségolène Royal fait observer qu’il est « impossible d’utiliser une ligne budgétaire ministérielle » à sa guise. « Il y a un contrôleur financier ! », argumente-t-elle.

lexpress.fr
Ségolène Royal est accusée d’avoir utilisé les moyens mis à sa disposition pour ses fonctions d’ambassadrice des pôles à des fins personnelles.

Ségolène Royal a assuré qu'elle se rendrait à sa convocation, mais pour parler des pôles.© afp.com/FADEL SENNA Ségolène Royal a assuré qu’elle se rendrait à sa convocation, mais pour parler des pôles. Nouveau rebondissement pour l’ambassadrice des pôles : Ségolène Royal va devoir s’expliquer devant l’Assemblée nationale au sujet des moyens mis à sa disposition par le Quai d’Orsay pour ses fonctions d’ambassadrice, qu’elle aurait utilisées pour promouvoir des activités personnelles, ainsi que sur ses absences répétées à des réunions primordiales.

L’ancienne ministre (PS) de l’Environnement est convoquée devant la mission d’information sur l’Arctique et l’Antarctique de l’Assemblée, à l’initiative de deux députés LREM et UDI, et sera en parallèle auditionnée par la commission des Affaires étrangères.

Le député Christophe Naegelen (UDI), co-responsable de la mission d’information de l’Assemblée sur la problématique des pôles, et son collègue LREM Éric Girardin, vont transmettre cette convocation à l’ex-ministre dans les jours à venir. L’Express revient sur l’affaire à l’origine de cette audition.

  • Que reproche-t-on à Ségolène Royal ?

Nommée il y a deux ans ambassadrice chargée des négociations internationales pour les pôles, Ségolène Royal a été mise en cause pour l’utilisation de moyens alloués à sa fonction. Mi-novembre, des enquêtes de France Info et du Point révélaient qu’elle se servait notamment de sa fonction – pour laquelle elle n’est pas rémunérée mais à laquelle est allouée une enveloppe annuelle de 100 000 euros de frais de mission – – pour promouvoir des activités personnelles, telles que des séances de dédicaces de son dernier livre, des inaugurations diverses, ou encore des déplacements en faveur de sa fondation « Désirs d’avenir pour la planète ». La présence de trois collaborateurs est également financée par le ministère des Affaires étrangères.

En parallèle, France Info a également relevé que Ségolène Royal n’avait participé à aucune réunion du Conseil de l’Arctique, où elle devait pourtant siéger, n’exerçant de fait qu' »à temps partiel » ses fonctions d’ambassadrice.

« Je suis en relation avec des chercheurs, des passionnés des pôles, qui le confirment. La voix de la France n’est pas bien représentée, car notre ambassadrice n’est pas présente », a rapporté à France Télévisions Christophe Naegelen. « On entend souvent Ségolène Royal parler de la politique nationale et très peu de la mission qui lui a été confiée par le gouvernement », a-t-il encore résumé mardi sur LCI.

  • Comment se justifie-t-elle ?

L’ancienne candidate à la présidentielle de 2012 a dénoncé des « insinuations calomnieuses », suite à ces informations dans la presse. Ségolène Royal a notamment pointé des « attaques » lancées « comme par hasard au moment où (elle) apparaît dans les sondages la mieux placée pour relever le défi de la gauche à l’élection présidentielle » de 2022, un scrutin auquel elle n’a pas exclu de participer.

« Les activités bénévoles et associatives de mes proches ont lieu exclusivement sur leur temps libre. Pourquoi tant d’acharnement ? Je dérange encore ? Rien n’arrêtera mes actions et mes engagements écologiques », a réagi dans la foulée Ségolène Royal sur Twitter.

Elle a assuré par la suite dans les médias que « l’enveloppe qu'(elle) engage, c’est même pas la moitié » des 100 000 euros de frais dont elle dispose. Concernant ses déplacements pour la promotion de son livre, elle a encore affirmé que « c’est la maison d’édition qui prend en charge tout ce qui concerne ces déplacements ».

LIRE AUSSI >> Ségolène Royal nie avoir utilisé les moyens du Quai d’Orsay à des fins personnelles

Au sujet de ses absences au Conseil de l’Arctique, l’ambassadrice a expliqué sur BFMTV qu’elle faisait « attention aux coûts de ces déplacements, au bilan carbone ». « Je me suis déplacée 15 fois en deux ans, j’ai visité tous les pays du cercle Arctique (…) Je ne vais pas aux réunions auxquelles je ne suis pas utile (…) Nous avons un réseau diplomatique extrêmement performant, donc les ambassadeurs se rendent à des réunions, ou d’autres spécialistes, des chercheurs, on se répartit les réunions », détaillait-elle.

Ségolène Royal, qui avait fait savoir qu’elle porterait plainte en diffamation, défend aussi sa « liberté de parole », alors qu’elle prend régulièrement position pour commenter des sujets d’actualité ou critiquer la politique du gouvernement, ce qui fait régulièrement réagir la classe politique au centre et à droite.

« Ségolène Royal, elle le montre depuis un an, nous expliquait comment régler la crise des Gilets jaunes, comment revoir en profondeur la réforme des retraites, ce que devrait faire le président à l’issue de son mandat (…) Ségolène Royal est à nouveau entrée en politique et la seule question qui se pose c’est : est-ce qu’elle peut faire de la politique comme elle le fait et continuer à être ambassadrice des pôles ? », a questionné ce jeudi sur Europe 1 Roland Lescure, député LREM des Français de l’étranger.

  • Que peut-on attendre de cette audition ?

Les députés à l’origine de sa convocation vont demander des explications à Ségolène Royal sur son quotidien et ses prérogatives, et particulièrement sur « son absence à l’ensemble des réunions officielles au Conseil de l’Arctique qui se sont tenues depuis sa nomination » et « ses interventions médiatiques quasiment hebdomadaires sur la politique nationale », a détaillé le député Christophe Naegelen au Figaro. « On veut s’assurer qu’elle fait son travail d’ambassadrice », a renchéri Jean-Christophe Lagarde, le patron de l’UDI, sur Twitter.

Suite à cette convocation, Ségolène Royal a affirmé auprès de l’AFP qu’elle n’était « pas dupe des arrières-pensées politiciennes » de ceux qui l’accusent, et dénoncé « l’opération de communication » de deux députés qui demandent son audition.

Elle a également estimé auprès de France 2 que son audition « ne débouchera sur rien ». « Ils ne savent plus quoi inventer pour me faire taire, parce que toute parole de vérité qui dénonce les graves désordres sociaux dont la France souffre les dérange », a avancé l’ambassadrice, qui annonce qu’elle se rendra à son audition mais « pour parler des pôles ».

Convocation de Ségolène Royal devant l’Assemblée : l’ex-ministre dénonce une « opération de communication »

Deux députés, Christophe Naegelen (UDI) et Eric Girardin (LREM), ont indiqué qu’ils allaient transmettre une convocation à l’ex-ministre de l’Environnement pour lui demander des comptes sur son activité d’ambassadrice des pôles.

Ségolène Royal donne un discours au \"Climate finance day\", le 11 décembre 2017 à Paris.
Ségolène Royal donne un discours au « Climate finance day », le 11 décembre 2017 à Paris. (ERIC PIERMONT / AFP)

Ségolène Royal a contre-attaqué, jeudi 26 décembre, contre ceux qui l’accusent d’utiliser ses moyens d’ambassadrice des pôles à d’autres fins, en dénonçant une « opération de communication » de deux députés qui demandent son audition à l’Assemblée nationale.

« Je ne suis pas dupe des arrière-pensées politiciennes mais puisque des députés s’intéressent enfin à ce sujet des pôles si important pour le climat (…) je suis toute disposée à venir pour une audition devant la réunion conjointe des affaires étrangères et celle du développement durable car les deux sont concernées », a affirmé la candidate socialiste à la présidentielle 2007 dans un entretien à l’AFP.

Deux députés, Christophe Naegelen (UDI), coresponsable de la mission d’information de l’Assemblée nationale sur la problématique des pôles, et son collègue macroniste Eric Girardin avaient indiqué mardi qu’ils allaient transmettre dans les jours à venir une convocation à l’ex-ministre de l’Environnement.

« Je fais juste mon devoir »

Les deux élus veulent entendre ses explications sur « son absence à l’ensemble des réunions officielles au Conseil de l’Arctique qui se sont tenues depuis sa nomination » il y a deux ans et « ses interventions médiatiques quasiment hebdomadaires sur la politique nationale ».

En novembre, l’hebdomadaire Le Point et franceinfo avaient publié des enquêtes pointant le comportement de Ségolène Royal, la chaîne d’info l’accusant de se servir de sa fonction – pour laquelle elle n’est pas rémunérée – et de ses trois collaborateurs, financés par le ministère des Affaires étrangères, pour promouvoir des activités personnelles.

« A ce stade, je n’ai reçu aucune convocation puisqu’il faut une décision du bureau de la commission concernée pour les auditions. Et, à mon avis, le jour de Noël, la commission n’est pas réunie… C’est donc juste une opération de communication ? » s’interroge Ségolène Royal, très offensive dernièrement pour critiquer Emmanuel Macron et le gouvernement, notamment sur la réforme des retraites.

Ils ne savent plus quoi inventer pour me faire taire parce que toute parole de vérité qui dénonce les graves désordres sociaux dont la France souffre les dérange.Ségolène Royalà l’AFP

« Je fais juste mon devoir car mon engagement a toujours été d’œuvrer pour soulager les souffrances sociales, poursuit-elle. Et je continuerai chaque fois que nécessaire. Ils devront s’y habituer. »

« Il y a un contrôle financier ! »

« Quant au reproche concernant le Conseil de l’Arctique, qui n’est qu’une des réunions parmi d’autres, je n’y vais pas par décision conjointe avec l’ambassadeur sur place, car la France n’en est pas membre et n’a pas la parole. Economisons donc les frais inutiles », affirme également l’ancienne ministre.

Aux reproches qui lui sont faits d’utiliser les moyens de sa mission à des fins personnelles, Ségolène Royal fait observer qu’il est « impossible d’utiliser une ligne budgétaire ministérielle » à sa guise. « Il y a un contrôleur financier ! » argumente-t-elle.

Ségolène Royal, ambassadrice des pôles, n’a jamais mis les pieds au Conseil de l’Arctique

L’ancienne ministre de l’Écologie ne s’est présentée à aucune des réunions du Conseil de l’Arctique depuis sa nomination le 1er septembre 2017.

Ségolène Royal fait-elle l’école buissonnière ? C’est ce que semblait avancer Mikaa Mered, spécialiste des pôles, le 15 septembre dernier. Sur Twitter, ce professeur de géopolitique avait partagé une séquence de l’émission « On n’est pas couché » où Ségolène Royal, ambassadrice des pôles, était invitée. À cette occasion, l’ancienne ministre était interrogée sur son rôle et celui de la France. « Que dit la France ? Qu’est-ce que je dis au nom de la France dans ces instances, et notamment dans ce qu’on appelle le Conseil de l’Arctique ? C’est d’attirer l’attention sur les conséquences du dérèglement climatique », avait-elle alors répondu.

Une sortie qui n’a pas manqué de faire réagir Mikaa Mered. « En 2 ans, S. Royal ne s’est JAMAIS rendue à la moindre réunion de la moindre instance diplomatique arctique officielle et n’a mené AUCUNE action contre les fuels lourds… Mais qui vérifie ? Ce n’est pas juste hallucinant. Ça fait peur… », s’est indigné le chercheur et enseignant à l’Institut libre d’étude des relations internationales (Ileri).

CheckNews s’est donc penché sur cette affirmation. Et il semblerait que Mikaa Mered ait vu juste. Depuis sa nomination au poste d’ambassadrice des pôles, le 1er septembre 2017, Ségolène Royal ne s’est rendue à aucune des quatre réunions des « Senior Arctic Officials ». Si la France a bien été représentée à chacune de ces rencontres, l’ancienne ministre de l’Écologie était elle absente. Une information confirmée par son cabinet à CheckNews et également vérifiable sur le site du Conseil de l’Arctique où la liste des participants est publiée.

⋙ Lire aussi L’ouverture de la route du Nord de l’Arctique bouscule le fret mondial

Depuis sa nomination, Ségolène Royal a réalisé une dizaine de déplacements à l’étranger dans le cadre de sa mission. L’ambassadrice des pôles « décide de ses déplacements en fonction de ses engagements et de son empreinte carbone », assure-t-on du côté de son cabinet, qui précise au passage que les coûts de ses voyages sont également scrupuleusement examinés.

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commentaires

grabasse                                       on insiste bien,elle n’est pas payée mais 100000 euros pour ses menus frais
schumi39                                      Pourquoi?

Le mieux serait un poste d observations sur site, ,avec un igloo écolo !

avatarcafon2                          Entre elle et son ex , c’est limite l’overdose … la lose revancharde proche l’indécence
avatarbermich                       Finesse du Poitou
avatarerwittgeorges            La France a déjà une ardoise de 2400 milliards d’euros de dette publique .. cette femme serait capable de doubler la mise en seulement six mois !….. quelqu’un aura t’il le courage de lui demander de cesser de croire qu’elle représente encore quelque chose ?…..
avatarChristian_e               La candidature de la reine des neiges aux prochaines présidentielles ; l’ancien et le nouveau monde en tremblent déjà. Dommage qu’elle soit née à Dakar et non aux USA : l’année prochaine, elle nous aurait débarrassés de Trump.
avatarcali44                        Il est vrai que ses réponses à des informations précises sont pour le moins légères… Svp, madame, à questions précises, des réponses précises. Votre prétendu statut de présidentiable, comment dire…. On s’en tape un peu

Njm                  Ségo n’est pas plus coupable que MACRON , c’est bien lui qui a nommé cette ancienne ministre à ce strapontin! Et dans quel but nommer quelqu’un d’aussi « incroyable »? Elle était déjà tellement compétente que son ex-mari HOLLANDE dès qu’ il est devenu président et il la nomme, son ex-femme à un poste de ministre, genre, y a personne d’au moins aussi compétente que mon ex-femme dans toute la galaxie des ministrables!!! Bande de peintres!
Jadette                          Elle se donne beaucoup plus d’importance qu’elle n’en a.

Avec son ex le Don Juan au scooter, ils formaient un vrai couple de pique-assiettes.
Fred Hô                                Elle est juste une opération de com à elle seule, elle ne sert à rien mis à part dilapider l’argent du contribuable!

Qu’elle prenne sa retraite avec son ex conjoint.
solar 06                    Sove qui peut elle revient à la charge, Elle est plus dangereuse q un rhinocéros.
Jivé                            « Ils ne savent plus quoi inventer pour me faire taire…. »
Est-ce que quelqu’un l’écoute encore ?
Madame est vexée que Macron et Philippe ne lui aient pas confié un ministère . Capricieuse et vindicative la madone.
Seaman44                         Non elle n’a honte de rien… C’est sa force
charly fox             Allez Ségo, la bravitude ça se mérite, quand faut y aller, faut y aller !
djoni                         elle a ruiné le Poitou Charentes, elle ne sert strictement à rien, que du pipo, de la tchatche, des honneurs, du pognon, il est bien loin l’idéal socialiste, à dégager d’urgence…et qu’elle rende des comptes
Corguilmore         Quel sera son bilan politique à l’issue de sa carrière ? La région qu’elle a laissé ne pouvait plus payer les fournisseurs. La fusion des régions décidée par son ex-compagnon a permis d’éponger le déficit sans trop faire de vague. Elle a cédé aux bonnets rouges sur les portails qui a coûté un milliard d’euros au contribuable (le but était de faire payer les transporteurs étrangers pour participer à l’entretien des routes et au final c’est le contribuable français qui a payé pour rien). Quelle tristesse !
pieterv06                        Je ne vois pas pourquoi on l’empecherait de parler, vu qu’elle n’a rien a dire. Segolene est un excellent specimen de l’enarchie politicarde professionnelle, parasitaire, qui n’apporte rien au pays et lui suce le sang. Et desagreable en plus… a eliminer de toute urgence.
BenflasherBZH                 Ceux qui l’accuse aussi
Seaman44                        Ben, tu peux être très bon, je ne comprends pas que tu la défendes. Honnêtement, c’est du foutage de gueule, non ?!?
abrivado               je connaissais des personnes qui travaillaient au conseil régional de Poitou Charente, de son bord politique, qui m’avaient avoué que jamais elles ne voteraient pour elle ( autoritaire, arrogante, égocentrique…)
solar 06                  C’est rassurant, c’est Bein madame je ne me suis pas trompé ça me rassure.
tabayo                      Elle est gonflée, la madone du Poitou : elle justifie tout son temps de présence et de fonctions par de la (mauvaise) communication inutile, et reproche aux autres de lui demander des comptes en les accusant de faire de la comm’ !

Je la mettrais bien en retraite d’office avec interdiction de reprendre une activité salariée ou bénévole (chez ces gens-là, le bénévolat généreux et gratuit, ça n’existe pas !)

 

Myamar! un nobel détonnant

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25Rohingya en Birmanie : Aung San Suu Kyi devant la Cour internationale de justice

Aung San Suu Kyi quittant l’aéroport international de Naypyidaw, en Birmanie, le 8 décembre 2019.
Aung San Suu Kyi quittant l’aéroport international de Naypyidaw, en Birmanie, le 8 décembre 2019. Myanmar’s State Counsellor Office/Handout via REUTERS.

Chantre de la démocratie en Birmanie, la cheffe du gouvernement Aung San Suu Kyi se trouve à partir de mardi devant la Cour internationale de justice (CIJ), à La Haye. La Birmanie est accusée de « génocide » contre les Rohingya par d’autres nations.

C’est une ancienne icône de la démocratie qui se retrouve devant la justice internationale. La cheffe du gouvernement birman Aung San Suu Kyi, qui a reçu le prix Nobel de la paix, est arrivée mardi 10 décembre à la Cour internationale de justice (CIJ), à La Haye, pour défendre la Birmanie, accusée par d’autres pays de « génocide » contre les Rohingya.

Vêtue d’une robe traditionnelle birmane, la cheffe de facto du gouvernement birman est rapidement sortie de voiture sans s’adresser aux médias présents, a constaté un journaliste de l’AFP.

Celle qui fut lauréate du prix Nobel de la paix en 1991 se trouve à la tête de la délégation birmane devant la Cour qui siège à La Haye pour assurer elle-même la défense de son pays, à majorité bouddhiste, mis en cause pour des exactions à l’encontre de la minorité musulmane rohingya en 2017.

La Birmanie est accusé de génocide par la Gambie, mandatée par les 57 États membres de l’Organisation de la coopération islamique, qui estime que la Birmanie a violé la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, un traité de droit international approuvé en 1948.

La CIJ, organe judiciaire principal des Nations unies, créé en 1946 pour régler les différends entre Etats membres, tient de premières audiences de mardi à jeudi dans ce dossier ultrasensible.

Depuis août 2017, quelque 740 000 Rohingya se sont réfugiés au Bangladesh voisin pour fuir les exactions de l’armée birmane et de milices bouddhistes, qualifiées de « génocide » par des enquêteurs de l’ONU.

« Meurtre de masse et viol »

« Les actes génocidaires commis au cours de ces opérations visaient à détruire les Rohingya en tant que groupe, en tout ou en partie, par le recours au meurtre de masse, au viol et à d’autres formes de violence sexuelle », a déclaré la Gambie dans sa communication à la Cour.

« Je demande que le monde nous rende justice », a déclaré Nur Karima, une réfugiée rohingya dont les frères et grands-parents ont été tués lors d’un massacre dans le village de Tula Toli en août 2017. « Je veux voir les condamnés être menés à la potence. Ils nous ont tués sans pitié », a témoigné auprès de l’AFP Saida Khatun, une autre réfugiée de Tula Toli.

Les autorités birmanes maintiennent quant à elles que les militaires n’ont fait que réagir aux attaques de la rébellion rohingya, et qu’il n’y a eu ni nettoyage ethnique ni génocide.

Encore citée aux côtés de grand noms comme Nelson Mandela et Mahatma Gandhi dans un passé pas si lointain, Aung San Suu Kyi, 74 ans, a vu son image ternie depuis qu’elle a pris la défense des généraux de l’armée birmane.

Elle peut cependant se targuer d’un large soutien dans son pays.

Aung San Suu Kyi devrait présenter mercredi la défense de la Birmanie, devenant un des premiers dirigeants à s’adresser personnellement aux juges de la Cour. Celle-ci n’a établi qu’une seule fois qu’un génocide avait été commis : le massacre de 8 000 hommes et garçons musulmans en 1995 à Srebrenica, en Bosnie.

La cheffe du gouvernement birman devrait faire valoir que la CIJ n’a pas compétence en l’affaire, que l’armée birmane ciblait des rebelles rohingyas, et que le pays est parfaitement capable de mener à bien ses propres enquêtes.

Aung San Suu Kyi appelée à «cesser le génocide rohingya» devant la CIJ

None

L’ancienne icône de la paix Aung San Suu Kyi a assisté mardi aux appels de la Gambie, au nom du monde musulman, pour que la Birmanie «cesse le génocide» contre la minorité rohingya, au premier jour d’audiences devant la Cour internationale de justice.

Celle qui fut lauréate du prix Nobel de la paix en 1991 est à la tête de la délégation birmane devant la Cour qui siège à La Haye pour assurer elle-même la défense de son pays, à majorité bouddhiste, mis en cause pour les massacres et persécutions contre la minorité musulmane des Rohingyas.

Depuis août 2017, quelque 740.000 Rohingyas se sont réfugiés au Bangladesh pour fuir les exactions de l’armée birmane et de milices bouddhistes, qualifiées de «génocide» par des enquêteurs de l’ONU.

Des milliers de personnes ont marché mardi dans plusieurs villes de Birmanie afin de soutenir Aung San Suu Kyi, qui a vu son image ternie au sein de la communauté internationale depuis qu’elle a pris la défense des généraux de l’armée birmane.

«Tout ce que la Gambie demande, c’est que vous disiez (à la Birmanie) de mettre fin à ces tueries insensées, d’arrêter ces actes de barbarie et de cesser ce génocide contre son propre peuple», a plaidé le ministre gambien de la Justice, Abubacarr Tambadou, devant les juges de la CIJ.

La Gambie, mandatée par les 57 États membres de l’Organisation de la coopération islamique, estime que la Birmanie a violé la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, un traité de droit international approuvé en 1948.

La CIJ, organe judiciaire principal des Nations unies, créé en 1946 pour régler les différends entre Etats membres, tient de premières audiences de mardi à jeudi dans ce dossier ultrasensible.

«Chaque jour à ne rien faire, ce sont plus de gens tués, plus de femmes violées et plus d’enfants brûlés vifs. Quel crime ont-ils commis ? Seulement celui d’être nés dans une religion différente», a dénoncé M. Tambadou, ancien procureur au Tribunal pénal international pour le Rwanda.

«Un autre génocide se déroule sous nos yeux, mais nous ne faisons rien pour l’arrêter», a-t-il martelé.

La Gambie demande à la CIJ des mesures d’urgence pour mettre fin aux «actes de génocide en cours» en Birmanie en attendant que soit rendu l’arrêt définitif sur le fond de l’affaire, ce qui pourrait prendre des années.

– «Défendre la dignité» –

Vêtue d’une robe traditionnelle birmane, Aung San Suu Kyi, 74 ans, a écouté les déclarations des avocats gambiens des victimes rohingyas, notamment celui d’une mère dont le fils d’un an a été battu à mort et celui d’une femme enceinte de huit mois qui a été piétinée et violée à plusieurs reprises.

En Birmanie, des sympathisants de la cheffe de facto du gouvernement birman se sont rassemblés dans plusieurs villes, agitant des drapeaux. Quelque 2.000 personnes ont marché dans les rues de Rangoun, la capitale économique, et des dizaines de milliers d’autres ont défilé à Mandalay (nord).

«Nous devons la soutenir alors qu’elle voyage pour défendre la dignité de notre pays», a déclaré Thant Zin, un habitant de Rangoun de 57 ans, arborant des autocollants de Suu Kyi sur les deux joues.

Les avocats de la Gambie ont toutefois dénoncé l’apparition d’énormes panneaux d’affichage à travers la Birmanie ces dernières semaines, montrant Aung San Suu Kyi avec trois généraux de l’armée birmane souriants. Pour l’avocat Paul Reichler, cela montre que ces derniers sont «tous impliqués» dans les exactions commises à l’encontre des Rohingyas.

Cela prouve «que la Birmanie n’a absolument aucune intention de tenir ses dirigeants militaires pour responsables», a-t-il affirmé.

– «Demander justice» –

Suu Kyi devrait présenter mercredi la défense de la Birmanie, devenant l’un des premiers dirigeants à s’adresser personnellement aux juges de la Cour. Celle-ci n’a établi qu’une seule fois qu’un génocide avait été commis : le massacre de 8.000 hommes et garçons musulmans en 1995 à Srebrenica, en Bosnie.

Aung San Suu Kyi devrait faire valoir que la CIJ n’a pas compétence en la matière, que l’armée birmane ciblait des rebelles rohingyas et que le pays est parfaitement capable de mener à bien ses propres enquêtes.

«Je demande que le monde nous rende justice», a déclaré Nur Karima, une réfugiée rohingya dont les frères et grands-parents ont été tués lors d’un massacre dans le village de Tula Toli en août 2017.

«Je veux voir les condamnés être menés à la potence. Ils nous ont tués sans pitié», a témoigné auprès de l’AFP Saida Khatun, une autre réfugiée de Tula Toli.

Les autorités birmanes maintiennent quant à elles que les militaires n’ont fait que réagir aux attaques de la rébellion rohingya et qu’il n’y a eu ni nettoyage ethnique ni génocide.

Aung San Suu Kyi appelée à « cesser le génocide rohingya » devant la CIJ

Sara MAGNIETTE avec Jan Hennop
Aung San Suu Kyi appelée à « cesser le génocide rohingya » devant la CIJ

La Haye (AFP) – L’ancienne icône de la paix Aung San Suu Kyi a assisté mardi aux appels de la Gambie, au nom du monde musulman, pour que la Birmanie « cesse le génocide » contre la minorité rohingya, au premier jour d’audiences devant la Cour internationale de justice.

Celle qui fut lauréate du prix Nobel de la paix en 1991 est à la tête de la délégation birmane devant la Cour qui siège à La Haye pour assurer elle-même la défense de son pays, à majorité bouddhiste, mis en cause pour les massacres et persécutions contre la minorité musulmane des Rohingyas.

Depuis août 2017, quelque 740.000 Rohingyas se sont réfugiés au Bangladesh pour fuir les exactions de l’armée birmane et de milices bouddhistes, qualifiées de « génocide » par des enquêteurs de l’ONU.

Des milliers de personnes ont marché mardi dans plusieurs villes de Birmanie afin de soutenir Aung San Suu Kyi, qui a vu son image ternie au sein de la communauté internationale depuis qu’elle a pris la défense des généraux de l’armée birmane.

« Tout ce que la Gambie demande, c’est que vous disiez (à la Birmanie) de mettre fin à ces tueries insensées, d’arrêter ces actes de barbarie et de cesser ce génocide contre son propre peuple », a plaidé le ministre gambien de la Justice, Abubacarr Tambadou, devant les juges de la CIJ.

La Gambie, mandatée par les 57 États membres de l’Organisation de la coopération islamique, estime que la Birmanie a violé la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, un traité de droit international approuvé en 1948.

La CIJ, organe judiciaire principal des Nations unies, créé en 1946 pour régler les différends entre Etats membres, tient de premières audiences de mardi à jeudi dans ce dossier ultrasensible.

« Chaque jour à ne rien faire, ce sont plus de gens tués, plus de femmes violées et plus d’enfants brûlés vifs. Quel crime ont-ils commis ? Seulement celui d’être nés dans une religion différente », a dénoncé M. Tambadou, ancien procureur au Tribunal pénal international pour le Rwanda.

« Un autre génocide se déroule sous nos yeux, mais nous ne faisons rien pour l’arrêter », a-t-il martelé.

La Gambie demande à la CIJ des mesures d’urgence pour mettre fin aux « actes de génocide en cours » en Birmanie en attendant que soit rendu l’arrêt définitif sur le fond de l’affaire, ce qui pourrait prendre des années.

– « Défendre la dignité » –

Vêtue d’une robe traditionnelle birmane, Aung San Suu Kyi, 74 ans, a écouté les déclarations des avocats gambiens des victimes rohingyas, notamment celui d’une mère dont le fils d’un an a été battu à mort et celui d’une femme enceinte de huit mois qui a été piétinée et violée à plusieurs reprises.

En Birmanie, des sympathisants de la cheffe de facto du gouvernement birman se sont rassemblés dans plusieurs villes, agitant des drapeaux. Quelque 2.000 personnes ont marché dans les rues de Rangoun, la capitale économique, et des dizaines de milliers d’autres ont défilé à Mandalay (nord).

« Nous devons la soutenir alors qu’elle voyage pour défendre la dignité de notre pays », a déclaré Thant Zin, un habitant de Rangoun de 57 ans, arborant des autocollants de Suu Kyi sur les deux joues.

Les avocats de la Gambie ont toutefois dénoncé l’apparition d’énormes panneaux d’affichage à travers la Birmanie ces dernières semaines, montrant Aung San Suu Kyi avec trois généraux de l’armée birmane souriants. Pour l’avocat Paul Reichler, cela montre que ces derniers sont « tous impliqués » dans les exactions commises à l’encontre des Rohingyas.

Rohingyas : La Birmanie, accusée de génocide, devant la Cour internationale de justice

ENQUETE La Birmanie est accusée d’avoir organisé des exactions à l’encontre de la minorité musulmane rohingya en 2017

20 Minutes avec AFP

Aung San Suu Kyi, leader birmane de fait, est très critiquée pour sa gestion de la crise des Rohingyas.
Aung San Suu Kyi, leader birmane de fait, est très critiquée pour sa gestion de la crise des Rohingyas. — ROMEO GACAD / AFP

Par la voix de la leader du pays, Aung San Suu Kyi, la Birmanie, accusée par d’autres pays de « génocide » contre les Rohingyas, comparaît, ce mardi à La Haye, devant la Cour internationale de justice (CIJ).

L’ancienne icône de la démocratie, désormais cheffe du gouvernement birman, Aung San Suu Kyi, est arrivée, ce mardi, aux Pays-Bas, où siège la Cour internationale de justice (CIJ). Celle qui fut lauréate du prix Nobel de la paix en 1991 apparaîtra à la tête de la délégation birmane pour assurer elle-même la défense de son pays, à majorité bouddhiste, mis en cause pour des exactions à l’encontre de la minorité musulmane rohingya en 2017.

La Gambie, en tête de combat

La Birmanie est accusée de génocide par la Gambie, mandatée par les 57 États membres de l’Organisation de la coopération islamique, qui estime que la Birmanie a violé la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, un traité de droit international approuvé en 1948. La CIJ, organe judiciaire principal des Nations unies, créé en 1946 pour régler les différends entre Etats membres, tient de premières audiences de mardi à jeudi dans ce dossier ultrasensible. Depuis août 2017, quelque 740.000 Rohingyas se sont réfugiés au Bangladesh pour fuir les exactions de l’armée birmane et de milices bouddhistes, qualifiées de « génocide » par des enquêteurs de l’ONU.

« Les actes génocidaires commis au cours de ces opérations visaient à détruire les Rohingyas en tant que groupe, en tout ou en partie, par le recours au meurtre de masse, au viol et à d’autres formes de violence sexuelle », a déclaré la Gambie dans sa communication à la Cour. « Je demande que le monde nous rende justice », a déclaré Nur Karima, une réfugiée rohingya dont les frères et grands-parents ont été tués lors d’un massacre dans le village de Tula Toli en août 2017. « Je veux voir les condamnés être menés à la potence. Ils nous ont tués sans pitié », a témoigné Saida Khatun, une autre réfugiée de Tula Toli.

Seulement « des rebelles rohingyas » ciblés, se défend la Birmanie

La Gambie demande mardi à la CIJ des mesures d’urgence pour mettre fin aux « actes de génocide en cours » en Birmanie en attendant que soit rendu l’arrêt définitif sur le fond de l’affaire, ce qui pourrait prendre des années. Les autorités birmanes maintiennent quant à elles que les militaires n’ont fait que réagir aux attaques de la rébellion rohingya, et qu’il n’y a eu ni nettoyage ethnique ni génocide. Encore citée aux côtés de grands noms comme Nelson Mandela et Mahatma Gandhi dans un passé pas si lointain, Suu Kyi, 74 ans, a vu son image ternie depuis qu’elle a pris la défense des généraux de l’armée birmane. La cheffe de facto du gouvernement de l’Etat asiatique peut cependant se targuer d’un large soutien dans son pays.

Suu Kyi devrait présenter mercredi la défense de la Birmanie, devenant un des premiers dirigeants à s’adresser personnellement aux juges de la Cour. L’ancienne championne de la démocratie devrait faire valoir que la CIJ n’a pas compétence en l’affaire, que l’armée birmane ciblait des rebelles rohingyas, et que le pays est parfaitement capable de mener à bien ses propres enquêtes. « Le mieux que Suu Kyi puisse faire pour restaurer son image aux yeux du monde est de dire qu’il a été fait du tort aux Rohingyas​ », estime Abdul Malik Mujahid, imam qui dirige l’association Burma Task Force, qui défend la cause des Rohingyas. « Sans cela, sa défense sera risible. »

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La CIJ existe encore???
Bon, c’est bien que les Rohingyas aient cette reconnaissance.
De toute façon assez souvent qu’en c’est Sud-Sud, il y a reconnaissance!
Nord-Sud, c’est déjà un peu plus complexe 😉
jonathan                        ça s’appelle le myanmar, birmanie c’etait en 1944
teddyfoxx                         et sinon il y a des non-islamiste dans les accusateurs ?
bon sens                         elle a raison les Rohingya sont des génocidaires, ont été avec les tchétchènes les plus grands pourvoyeurs de djihadistes dans le monde.
iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii                         Drôle de génocides que ces génocides sur des populations qui ne cessent d’augmenter.
ex. palestiniens
Bon Mec                         eh oui. les minorités muss posent les problèmes partout. je pense qu’en France ils ne sont plus en minorité.
Mick                         avec les islamistes la meilleur défense c’est l’attaque il y a rien de génocide la dedans !
Tom                            Et quand il y a des Attentats dans les pays Occidentaux, pourquoi les pays Muzz ne condamnent Jamais ?, ne font pas de reunions etc…on les entends QUE quand c’est pour EUX, et jamais pour les autres !
Xmas Tree                            Ce sont les Rohingas qui ont lancé les hostilités avec des attaques armées contre des unités militaires et des postes de police. En outre, ils ont toujours refusé d’adopter la nationalité birmane et parlent dans leur dialecte original de migrants d’une région muzzulmèirde de l’Inde !!!
Riri                            Ces … comment on les appelle déjà ? devraient partir au Bangladesh et se mettre devant une machine à coudre pour faire des vêtements bas de gamme pour Carrefour…
Testatio                           Le terme « génocide » est une nouvelle fois galvaudé…
Quand une minorité prends les armes pour refuser les règles du pays et faire leur loi, il faut pas s etonner ensuite que la police et l armée répliquent… surtout quand des paysans se font massacrer par ces soit disant victimes…
Alors certes, la répression est disproportionnée et super agressive…
Mais elle a permis aussi d arreter les massacres des innocents.
Les musulmans n acceptent pas les autres communautés… il serait peut-être temps de tapper du point sur la table devant leur intolérance !
C’est marrant parce que quand ce sont les Coptes d’Egypte qui se font massacrer,personne n’en parle,c’est silence radio.Deux poids deux mesures,quand tu nous tiens…
Répondre à @Guggenberger: L’attaque des postes de police était une réaction à l’oppression.
Répondre à @xavet20mn: Déjà je ne défend personne donc n’inventez pas ensuite qu’en savez vous???? Vous ne connaissez rien à ce territoire et à ce qui se passe donc de quelle preuve de génocide et ségrégation vous parlez? Quel est le rapport avec cet article? On parle de génocide ou ségrégation? Dans ce cas parlons de tous les régimes qui font de la ségrégations alors (pas qu’envers les chrétiens donc). Bref vous êtes hors sujet
Et les exactions des musulmans sur les autres minorités?
Répondre à @cucuricon2: Tiens la bêtise est douée de parole.
Répondre à @xavet20mn: Et je n’avance rien sans preuve ou sans connaître. Et encore moins sur un article hors sujet.
Et tous les pays musulmans où les minorités chrétiennes se font massacrer : Nigeria , Egypte , Pakistan , Soudan; etc ….Les médias en parlent-ils ?
Répondre à @Roland Gerno: Qu’est-ce qu’elles font là-bas ?
Et ici c’est du racisme, ils sont persécuté à cause de leur ethnie. La religion n’arrange pas les choses mais ce n’est pas la cause principale.
Répondre à @Roland Gerno: 1 quel est le rapport? 2 arrêtez d’inventer un complot mondial TOUS les musulmans vs Tous les chrétiens
Bizarre, on n’entend pas la meute de féministes aboyer…LOL
Ca change,pas toujours les mêmes!!

 

Les rohingyas ayant été importés de l’empire indien par les anglais, ils y retournent. C’est aussi simple que ça et comme ils n’ont pas voulu le faire volontairement, tant pis pour eux.
Répondre à @thomasmore: Depuis la mainmise sur la Palestine sans beaucoup d’étonnement de la plupart ?
Répondre à @xavet20mn: Vous voulez aussi renvoyer les antillais « importés » en Afrique?

Djar djar bings                    Il ne faudrait pas accorder les prix nobels de la paix sans avoir laissé le temps d’observer ce que deviennent les candidats.
En 1917 Hitler était pour la paix, il en avait marre de patauger dans la boue des tranchées; il aurait pu avoir le nobel de la Paix à ce moment là. On s’en serait mordu les doigts quelques années plus tard

Man                      On sait qu’en ne dénonçant pas les crimes de l’armée, elle n’a fait que se protéger des généraux qui avaient là une possibilité de la faire tomber. C’est inexcusable…

« La France a un incroyable talent »: la grève!

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La rédaction Capital
Jean-Paul Delevoye dresse le bilan de la concertation sur la réforme des retraites, sans faire d'annonces© Nicolas Sandanassamy/Capital Jean-Paul Delevoye dresse le bilan de la concertation sur la réforme des retraites, sans faire d’annonces

Le haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye a présenté, ce lundi 9 décembre, ses conclusions des concertations avec les partenaires sociaux sur la réforme des retraites organisées depuis deux ans. Il laisse la primeur des annonces concrètes au Premier ministre, mercredi prochain.

Un bilan sans surprise. Au terme de deux années de concertation avec les partenaires sociaux, le haut-commissaire aux retraites Jean-Paul Delevoye a présenté lundi ses « conclusions », listant les points d’accord et de désaccord tout en jugeant « indispensable » la réforme promise par Emmanuel Macron. Pour rappel, depuis la remise de son rapport en juillet, Jean-Paul Delevoye a poursuivi les discussions : « près de 50 réunions » ont ainsi eu lieu avec le patronat et les syndicats, y compris la CGT et FO, ainsi que « 130 réunions sectorielles » avec « différentes professions », selon un document présenté aux partenaires sociaux.

Dans cette synthèse de la concertation menée sous son égide, le haut-commissaire fait ressortir « une forte volonté de remédier aux limites du système actuel tout en conservant son ADN », justifiant ainsi la création du « système universel » censé remplacer les 42 régimes de retraites existants. « Je suis convaincu que le statu quo n’est pas tenable, que ce projet est indispensable et que les générations futures nous seront reconnaissantes », ajoute-t-il. Pour le haut-commissaire certaines de ses propositions font plutôt consensus : maintien de l’âge légal à 62 ans, des départs anticipés pour les carrières longues et les métiers « régaliens », garantie « dans la loi » que la valeur du point « ne peut baisser », pension minimum à 85% du Smic pour une carrière complète, prise en compte pour les fonctionnaires de la pénibilité et des primes.

À l’inverse, d’autres sujets sont loin de faire l’unanimité, en particulier « l’entrée en vigueur du nouveau système » dès 2025. Le haut-commissaire esquisse un nouveau scénario en deux temps : « les jeunes générations pourraient commencer à s’affilier au système universel, si possible rapidement après la loi », tandis qu’une autre date de bascule serait fixée pour « la première génération concernée par l’intégration progressive » dans ce nouveau régime. Autre point de discorde: « l’âge d’équilibre » à 64 ans, avec une décote avant et une surcote après, « ne fait pas consensus », reconnaît Jean-Paul Delevoye, qui estime pourtant que sa « mise en place progressive (…) paraît devoir être privilégiée » pour résorber le déficit global du système de retraite, évalué entre 8 et 17 milliards d’euros à l’horizon 2025.

Retraites: Macron réagit pour la première fois depuis le début du mouvement et évoque une « réforme indispensable »

Interrogé sur le mouvement social contre la réforme des retraites, le chef de l’État a répondu qu’il s’agissait d’une « réforme indispensable à son pays ».

Retraites: transports toujours perturbés à l’aube d’une nouvelle journée de manifestation

Retraites: transports toujours perturbés à l'aube d'une nouvelle journée de manifestation Les transports publics étaient très perturbés mardi, notamment en région parisienne, au sixième jour de grève contre la réforme des retraites et à l’aube d’une nouvelle épreuve de force dans la rue.

Principaux concernés par la grève des transports depuis jeudi, les Franciliens devront prendre leur mal en patience: neuf lignes de métro restaient totalement closes à Paris tandis qu’un RER A sur deux et un RER B sur trois circulaient, selon la RATP. Un quart des bus seulement était en circulation, au lieu de la moitié prévue la veille par la régie autonome, en raison de plusieurs dépôts bloqués par des manifestants.

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RER B bondé le 9 décembre 2019 © AFP – Aurore MESENGE

Et la situation ne devrait pas s’arranger puisque la poursuite de la grève a été votée au moins jusqu’à mercredi, parfois jusqu’à vendredi. « La semaine est morte », a résumé Thierry Babec, de l’Unsa RATP, premier syndicat de la régie.

A la SNCF, on comptait 20% des TGV et des Transilien. Ce sera « difficile jusqu’à la fin de la semaine », a prédit sur France Info le directeur général de SNCF Transilien, Alain Krakovitch.

Dans les airs, Air France a annulé 25% des vols intérieurs et 10% des moyens courriers.

Vers 08H20, 400 kilomètres de bouchons étaient enregistrés sur les routes d’Ile-de-France par le site d’information routière Sytadin, soit une situation proche de la normale.

Ailleurs en France, c’est plutôt dans les gares que la situation était inhabituelle, comme à Bordeaux où les quais de la gare saint-Jean étaient déserts, a constaté un journaliste de l’AFP. Sur l’écran des départs, 6 trains sont affichés jusqu’à 13H00 dont deux TER qui sont en fait des bus affrétés par la SNCF. « J’ai pris un bus de ville pour venir au travail au lieu du train, comme depuis plusieurs jours, ça me fait 30 minutes de trajet en plus. Je me lève plus tôt, ce n’est pas la mer à boire », explique Marie-Cécile Durand, employée de bureau, qui habite en banlieue de Bordeaux.

A la gare Saint-Charles à Marseille, les quais sont tout aussi déserts. Slim, gérant d’un kiosque à la gare, soutient le mouvement malgré le manque à gagner. « Tout autour de moi, les gens bossent et ne s’en sortent pas », dit-il, « alors si c’est dur aussi après avec la retraite, c’est pas possible ». Le métro circulait normalement, mais la gare routière était bloquée par des militants CGT, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Pour cette nouvelle journée d’action interprofessionnelle, l’accueil des enfants dans les écoles et les crèches s’annonçait également perturbé, avec un taux de grévistes de 12,5% attendu dans les écoles en moyenne, 35% à Paris, selon le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer.

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Projet de réforme des retraites : ce qui pourrait changer © AFP – Alain BOMMENEL

Mais c’est dans la rue que les syndicats CGT, FO, FSU, Solidaires et plusieurs organisations de jeunesse espèrent faire une nouvelle démonstration de force, après une journée de mobilisation le 5 décembre qui a réuni 800.000 manifestants dans toute la France selon le ministère de l’Intérieur (1,5 million selon la CGT).

« Je sais que la mobilisation va être forte, elle sera même plus forte que les 800.000 de la semaine dernière », a prédit lundi le secrétaire général de FO, Yves Veyrier. « Ce mardi, ça va être la grosse, grosse vague », a renchéri du côté politique le chef de file de La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon.

– Nouvelle mobilisation jeudi ? –

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Le haut-commissaire aux Retraites Jean-Paul Delevoye, à Paris, le 9 décembre 2019 © AFP – DOMINIQUE FAGET

L’enjeu pour les opposants: amener le gouvernement à renoncer à mettre en place un « système universel » par points censé remplacer les 42 régimes existants et être « plus juste ». Eux redoutent une « précarisation » des pensionnés.

Pour Frédéric Sève de la CFDT, seul syndicat favorable à un régime universel, « l’essentiel va se jouer mercredi » avec les annonces d’Edouard Philippe, auxquelles « tout le monde est suspendu ». Le Premier ministre s’exprimera à la mi-journée puis au 20 heures de TF1.

Il est particulièrement attendu sur certains sujets comme les périodes de transition pour les régimes spéciaux, une éventuelle revalorisation des carrières de la fonction publique, notamment des enseignants, ou encore la question de la pénibilité. Dans leur édition de mardi, les Echos, sans citer de source, évoquent même un décalage de la réforme à la génération née en 1973, voire en 1975.

Une dernière réunion « de calage » est prévue mardi soir à l’Elysée où Emmanuel Macron réunira les ministres impliqués et les cadres de la majorité.

Entre-temps, une intersyndicale est prévue à l’issue de la manifestation parisienne, qui doit rallier à partir de 13h30 Invalides à Denfert-Rochereau, et une nouvelle journée de mobilisation jeudi est « déjà en réflexion », selon la CGT et FO.

La rédaction
Le mouvement de grève se poursuit massivement mardi dans les transports publics en France, en particulier à Paris, provoquant de nombreux bouchons en Île-de-France.Déjà près de 300 km de bouchons avant 7h: vers un nouveau mardi noir sur les routes en Ile-de-France© rmc Déjà près de 300 km de bouchons avant 7h: vers un nouveau mardi noir sur les routes en Ile-de-France Bis repetita. Ce mardi est, de nouveau, marqué par le mouvement de grève dans les transports publics en France, en particulier à Paris.

Ce mardi, comme hier, les routes d’Ile-de-France affichait près de 300 km à seulement 7h contre 75 en temps normal. La situation est particulièrement compliquée dans l’Est et le Nord de la capitale.

Lundi, un pic à 620 kilomètres de bouchons autour de 8h30 a été atteint sur les routes d’Ile-de-France, selon le site d’information routière Sytadin.

Seulement 20% des TGV et des Transilien (RER SNCF et trains de la banlieue parisienne) seront en circulation, a annoncé la direction lundi soir dans un communiqué. Sur le réseau des TER, il y aura trois liaisons sur dix, « essentiellement assurées par bus », a précisé la direction. Il est prévu un train Intercités sur six en circulation et un trafic international « perturbé », a indiqué le groupe, qui prévoit un trafic quasi similaire à celui de lundi.

Réforme des retraites : 12,5% de grévistes attendus dans les écoles, 35% à Paris

Le mouvement contre la réforme des retraites se poursuit dans les transports mais également dans le secteur de l’éducation, alors qu’une nouvelle manifestation interprofessionnelle est prévue ce mardi à Paris.

 Jeudi dernier, l’appel des syndicats avait grandement été entendu.
Jeudi dernier, l’appel des syndicats avait grandement été entendu. LP/Adeline Daboval

Pour les parents, la double galère continue. En plus des difficultés pour se déplacer, il faut encore trouver des solutions alternatives pour garder les enfants. Car, comme jeudi dernier, de nombreuses écoles sont fermées ce mardi, malgré une baisse de la mobilisation chez les profs vendredi. Ce regain correspond en fait au nouvel appel à la grève interprofessionnelle lancé par les syndicats et coïncide avec une nouvelle grande manifestation à Paris.

Environ 12,5% des enseignants du premier degré devraient être en grève en France ce mardi, a indiqué le ministre de l’Education nationale, interrogé ce mardi matin sur France Inter. « C’est très différent d’une région à l’autre, Paris en particulier dénote par un taux de grève plus important, autour de 35% », a ajouté Jean-Michel Blanquer.

Une mobilisation forte jeudi, en baisse vendredi

Jeudi, au premier jour de la grève contre la réforme des retraites, les enseignants s’étaient très fortement mobilisés : 51,15 % dans le primaire et de 42,32 % dans le secondaire (collèges et lycées), selon le ministère de l’Education nationale.

Les syndicats avaient avancé des chiffres bien supérieurs : 70 % dans le primaire selon le Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire, et 75 % dans le secondaire, selon le Snes-FSU (premier syndicat du secondaire).

Vendredi en revanche, le taux de grévistes était de 4,55 % dans le primaire et de 5,42 % dans le secondaire (collèges et lycées), selon le ministère.

Selon les syndicats, la réforme des retraites pourrait pénaliser la profession si elle ne s’accompagne pas de revalorisations salariales. Des simulateurs ont circulé ces dernières semaines, agitant la menace de pertes pouvant aller jusqu’à 900 euros par mois. « La colère a été attisée par ces simulateurs qui disaient des choses inexactes », a pour sa part commenté le ministre Jean-Michel Blanquer.

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Train de banlieue à la gare de Lyon au premier jour d'une grève de la SNCF, à Paris, le 3 avril 2018© LUDOVIC MARIN Train de banlieue à la gare de Lyon au premier jour d’une grève de la SNCF, à Paris, le 3 avril 2018 Les usagers des transports publics pourraient vivre un lundi de galère, en particulier en Ile-de-France, à l’orée d’une semaine déterminante pour la réforme des retraites dont le contenu détaillé doit être présenté mercredi, après une nouvelle journée de grèves et manifestations.Prévisions de trafic de la SNCF pour le lundi 9 décembre© AFP Prévisions de trafic de la SNCF pour le lundi 9 décembre Alors que le trafic SNCF et RATP est très perturbé depuis jeudi, jour de mobilisation massive contre le « système universel » de retraite voulu par Emmanuel Macron, un lundi noir se dessine du fait de l’affluence escomptée en gares et stations.

La SNCF prévoit d’assurer « entre 15% à 20% » de son trafic habituel, soit un TGV et un Transilien (RER SNCF et trains de banlieue) sur cinq, trois liaisons TER sur dix (essentiellement assurées par bus), un train Intercités sur cinq et un trafic international « très perturbé ».

« Nous verrons une amélioration, néanmoins il va y avoir beaucoup plus de monde. Il y a donc un risque de saturation sur les gares et sur les quais », a prévenu Agnès Ogier, directrice de la communication du groupe ferroviaire, en invitant « tous ceux qui le peuvent à limiter leurs déplacements en train ».

Les perspectives ne sont pas meilleures pour mardi compte tenu de la deuxième journée de mobilisation interprofessionnelle, à l’appel notamment de l’intersyndicale CGT, FO, Solidaires et FSU.

La RATP table sur un trafic en région parisienne « extrêmement perturbé » pour le début de semaine, avec dix lignes de métro sur seize fermées lundi et un « fort risque de saturation du réseau ».

Pour faciliter les trajets des Franciliens, les véhicules pratiquant le covoiturage (trois personnes au moins) seront autorisés lundi à circuler sur les voies des bus et taxis sur les « grands axes qui arrivent sur Paris », à partir de 05H00, mais pas dans la capitale, selon la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne.

Edouard Philippe, à Paris, le 6 décembre 2019© Bertrand GUAY Edouard Philippe, à Paris, le 6 décembre 2019 – Par où la sortie ? –

Sous pression après un jeudi de mobilisation qui a jeté dans la rue plus de 800.000 manifestants, l’exécutif doit lever le voile sur une réforme des retraites encore floue.

Il défend un « système universel » par points censé remplacer à partir de 202, ou un peu plus tard, les 42 régimes existants (général, des fonctionnaires, privés, spéciaux, autonomes, complémentaires) et être « plus juste », quand ses opposants redoutent une « précarisation » des pensionnés.

Le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez (C), manifeste contre la réforme des retraites, à Paris, le 5 décembre 2019© Thomas SAMSON Le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez (C), manifeste contre la réforme des retraites, à Paris, le 5 décembre 2019 Emmanuel Macron et Edouard Philippe ont convié les ministres les plus concernés par la réforme et les dirigeants de la majorité à un « déjeuner de calage » lundi à l’Elysée. Dans l’après-midi, le haut-commissaire aux Retraites Jean-Paul Delevoye reçoit, aux côtés de la ministre des Solidarités Agnès Buzyn, les partenaires sociaux afin de « tirer les conclusions » de la concertation relancée en septembre. Puis le Premier ministre présentera, mercredi, « l’intégralité du projet » de réforme.

SONORE Le trafic SNCF sera en légère amélioration mais encore "extrêmement perturbé" lundi, indique dimanche la porte-parole de la SNCF.© David CANTINIAUX SONORE Le trafic SNCF sera en légère amélioration mais encore « extrêmement perturbé » lundi, indique dimanche la porte-parole de la SNCF. Ce plan porte « une ambition de sauvetage du système social français, et pas du tout de démantèlement comme cela a pu être caricaturé », affirme l’entourage du chef de l’Etat.

« On pourra apporter des réponses extrêmement positives pour beaucoup de gens qui subissent des injustices dans le système actuel: les femmes, les agriculteurs, et ceux qui ont des parcours hachés notamment », assure Edouard Philippe.

Tout en avertissant, « déterminé »: « si on ne fait pas une réforme profonde, sérieuse, progressive aujourd’hui, quelqu’un d’autre en fera une demain brutale, vraiment brutale ».

Même détermination chez ses opposants. « Nous tiendrons jusqu’au retrait » de la réforme, dans laquelle « il n’y a rien de bon », a prévenu le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez.

« Je ne négocierai pas la mise en oeuvre de ce que je qualifie (de) monstre, (de) danger pour les retraites de demain », a abondé le numéro un de Force ouvrière, Yves Veyrier.

Le gouvernement va-t-il donner des gages à des opposants syndicaux ayant retrouvé des couleurs? « Je ne pense pas que ce soit avec la CGT qu’on trouvera le chemin de la sortie de ce conflit », a lâché Elisabeth Borne.

« Il y a des propositions des organisations syndicales… C’est à ces propositions que le Premier ministre répondra mercredi », a-t-elle précisé, en pensant probablement à la CFDT de Laurent Berger. Le dirigeant du premier syndicat français, acquis au principe d’un système par points, est resté silencieux durant le week-end mais sans doute pas inactif, afin de peser sur les arbitrages du gouvernement.

Le gouvernement devra en tout cas faire preuve de pédagogie pour répondre aux inquiétudes exprimées par de nombreuses professions appelées à se mobiliser à nouveau mardi. Parmi elles, les enseignants, qui craignent que leurs pensions baissent avec les nouvelles règles: pour l’éviter, le Premier ministre s’est déjà engagé à une « revalorisation progressive » de leur traitement.

L’exécutif a d’ores et déjà intégré le fait que la discussion se poursuivra au-delà de mercredi, confie-t-on à Matignon. Et la mobilisation?

Les transports toujours perturbés à l’aube d’une nouvelle journée de manifestation

Les transports toujours perturbés à l’aube d’une nouvelle journée de manifestation

Pour le sixième jour de grève mardi où les syndicats opposés à la réforme des retraites doivent remettre la pression dans la rue, les transports publics étaient toujours très perturbés, notamment dans la région parisienne.

Pour le sixième jour de grève mardi où les syndicats opposés à la réforme des retraites doivent remettre la pression dans la rue, les transports publics étaient toujours très perturbés, notamment dans la région parisienne, provoquant des centaines de kilomètres de bouchons dès 7h30. Principaux concernés par la grève des transports depuis jeudi, les Franciliens devront prendre leur mal en patience. Comme lundi matin, neuf lignes de métro restaient totalement closes à Paris tandis qu’un RER A sur deux et un RER B sur trois circulaient, selon la RATP. Du côté des bus, un quart seulement était en circulation, au lieu de la moitié prévue la veille par la régie autonome, en raison de plusieurs dépôts bloqués par des manifestants.

A voir :Grèves : la grande galère à Paris

Et la situation ne devrait pas s’arranger puisque la poursuite de la grève a été votée au moins jusqu’à mercredi, parfois jusqu’à vendredi. « La semaine est morte », a résumé Thierry Babec, de l’Unsa RATP, premier syndicat de la régie. A la SNCF, la circulation des trains était conforme aux prévisions, à savoir 20% des TGV et des Transilien. Dans les airs, Air France a annulé 25% des vols intérieurs et 10% des moyens courriers d’Air France, la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) ayant demandé aux compagnies de réduire leur programme de vol.

Conséquence directe de ces perturbations: vers 07H40, 380 kilomètres de bouchons étaient enregistrés sur les routes d’Ile-de-France, par le site d’information routière Sytadin, un chiffre toujours exceptionnel mais toutefois en nette baisse par rapport aux 550 kilomètres de lundi. La grève touchait aussi le secteur des carburants, où la CGT espère « élever le rapport de force », y compris par « des arrêts de production » dans les raffineries. Pour cette nouvelle journée d’action interprofessionnelle, l’accueil des enfants dans les écoles et les crèches s’annonçait également perturbé, avec un taux de grévistes de 12,5% attendu dans les écoles en moyenne, 35% à Paris, selon le ministre de l’Education. Mais c’est dans la rue que les syndicats CGT, FO, FSU, Solidaires et plusieurs organisations de jeunesse espèrent faire une nouvelle démonstration de force, après une journée de mobilisation le 5 décembre qui a réuni 800.000 manifestants dans toute la France selon le ministère de l’Intérieur (1,5 million selon la CGT).

« Je sais que la mobilisation va être forte, elle sera même plus forte que les 800.000 de la semaine dernière », a prédit lundi le secrétaire général de FO, Yves Veyrier, sur RTL. « Ce mardi, ça va être la grosse, grosse vague », a renchéri du côté politique le chef de file de La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon. Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a demandé lundi aux préfets de travailler avec les organisations syndicales « pour bien préparer et encadrer les manifestations », et d’être vigilants face à d’éventuels risques de « débordements », a indiqué son entourage.

Nouvelle mobilisation jeudi ?

L’enjeu pour les opposants: amener le gouvernement à renoncer à mettre en place un « système universel » par points censé remplacer les 42 régimes existants et être « plus juste ». Eux redoutent une « précarisation » des pensionnés. Pour Frédéric Sève de la CFDT, seul syndicat favorable à un régime universel, « l’essentiel va se jouer mercredi » avec les annonces d’Edouard Philippe, auxquelles « tout le monde est suspendu ». Le Premier ministre s’exprimera à la mi-journée puis au 20 heures de TF1. Il est particulièrement attendu sur certains sujets comme les périodes de transition pour les régimes spéciaux, une éventuelle revalorisation des carrières de la fonction publique, notamment des enseignants, ou encore la question de la pénibilité. Dans leur édition de mardi, les Echos, sans citer de source, évoquent même un décalage de la réforme à la génération née en 1973, voire en 1975.

Avant même qu’il prenne la parole, une intersyndicale se tiendra mardi soir à l’issue de la manifestation parisienne prévue à partir de 13h30 entre Invalides et Denfert-Rochereau, et une nouvelle journée de mobilisation jeudi est « déjà en réflexion », selon la CGT et FO.Et l’exécutif n’est pas à l’abri d’un élargissement de la contestation tant du côté de la police, sur les retraites, que des internes en médecine, sur la « dégradation des soins », ou des transporteurs routiers, sur leurs conditions de travail. Tous prévoient des actions dans ces prochains jours.

Suivez la nouvelle journée de mobilisation nationale contre la réforme des retraites

Environ 12,5% des enseignants du premier degré devraient être en grève mardi, à indiqué Jean-Michel Blanquer.
Environ 12,5% des enseignants du premier degré devraient être en grève mardi, à indiqué Jean-Michel Blanquer. © PASCAL PAVANI / AFP

 

Mardi, au sixième jour de la grève contre la réforme des retraites, l’intersyndicale appelle à de nouvelles manifestations dans toute la France. Par ailleurs, les conditions de circulation sont de nouveau très perturbées dans les transports en commun. Une légère amélioration est à noter sur les routes d’Île-de-France.

L’ESSENTIEL EN DIRECTÀ la veille de la présentation par Édouard Philippe du contenu détaillé de la réforme des retraites, les opposants au projet ne désarment pas. Ce mardi marque la sixième journée consécutive de grève. De nouvelles manifestations sont également prévue. Une manière de garder le gouvernement sous pression, après la forte mobilisation du 5 décembre, quand plus de 800.000 manifestants, selon les chiffres officiels, avaient défilé à travers le pays.

Les informations à retenir :

  • Seulement 20% des TGV et des Transiliens circulent
  • À Paris, neuf lignes de métro sur seize sont encore totalement fermées
  • Édouard Philippe doit présenter mercredi « l’intégralité du projet » de réforme

De « fortes perturbations » attendues mardi à la SNCF et à la RATP

Après une journée de lundi marquée par des quais noirs de monde, et des métros et RER bondés, la situation devrait à nouveau être très compliquée dans les transports. La SNCF prévoit que seulement 20% des TGV et des Transilien pourront circuler.

Du côté de la RATP, neuf lignes de métro restent totalement closes. Seules les lignes 1, 14 et Orlyval (navette pour l’aéroport d’Orly) fonctionnent normalement. Les lignes 4, 7, 8 et 9 sont « assurées partiellement aux heures de pointe », c’est-à-dire de 6h30 à 9h30, puis de 16h30 à 19h30. Les lignes 2, 3, 3bis, 5, 6, 7bis, 10, 11, 12 et 13 sont fermées. Un quart des bus seulement était en circulation, au lieu de la moitié prévue la veille par la régie autonome, en raison de plusieurs dépôts bloqués par des manifestants. Les assemblées générales de salariés ont voté la poursuite de la grève au moins jusqu’à mercredi, et parfois jusqu’à vendredi.

Le trafic aérien est également perturbé, Air France ayant annoncé l’annulation de quelque 25% de ses vols intérieurs et 10% de ses moyens courriers.

Une circulation encore très embouteillée, surtout en île-de France

Après un pic de 400 km vers 8 heures ce matin, 320 km de bouchons ont été enregistrés à 9 heures sur les routes d’Île-de-France, un chiffre qui se rapproche de la moyenne habituelle à cette heure, selon le site d’information routière Sytadin. La veille, la circulation s’avérait particulièrement difficile sur les routes franciliennes, avec un pic d’embouteillage à plus de 620 km en début de matinée. Selon les courbes statistiques, ce chiffres dépassait de très loin le niveau qualifié d' »exceptionnel » par Sytadin.

Des manifestations prévues dans toute la France

Cette nouvelle journée d’action interprofessionnelle doit s’accompagner de manifestations partout en France, à l’appel des syndicats CGT, FO, FSU, Solidaires et de plusieurs organisations de jeunesse. Le 5 décembre, plus de 800.000 personnes avaient manifesté à travers tout le pays.

Par ailleurs, environ 12,5% des enseignants du premier degré devraient être en grève en France mardi, à indiqué dans la matinée Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Education nationale. « Paris en particulier dénote par un taux de grève plus important, autour de 35% », a ajouté le locataire de la rue de Grenelle. Jeudi 5 décembre, un peu plus de la moitié des enseignants du primaire étaient grévistes

L’intégralité du projet de réforme présenté mercredi

Mardi, le président de la République Emmanuel Macron et le Premier ministre Édouard Philippe recevront les ministres les plus concernés par la réforme et les dirigeants de la majorité à un dîner de « calage ». Mais pour l’exécutif, la journée cruciale sera celle de mercredi, lorsqu’Édouard Philippe présentera « l’intégralité du projet » de réforme, à midi devant le Conseil économique et social.

Grève dans les transports : « Sortons de l’affrontement stérile » entre gouvernement et syndicats, lance le président de la Fnaut Ile-de-France

Marc Pélissier, président de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut) Ile-de-France, se dit convaincu qu’il y a « moyen de négocier un compromis » sur la réforme des retraites.

Grève des transports à Paris, le 9 décembre 2019.
Grève des transports à Paris, le 9 décembre 2019. (PHILIPPE DE POULPIQUET / MAXPPP)

« On ne peut pas se permettre de faire encore durer ce mouvement des jours et des jours », estime Marc Pélissier, le président de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut) Ile-de-France sur franceinfo, mardi 10 décembre au sixième jour de grève dans les transports.

>> Suivez notre direct sur la grève des transports et la journée de mobilisation, mardi 10 décembre

« Sortons de l’affrontement stérile » entre gouvernement et syndicats, plaide Marc Pélissier, alors qu’Edouard Philippe doit dévoiler les détails de la réforme des retraites mercredi. « Les quelques trains qui circulent sont une bouée de sauvetage malgré tout, [mais] il faut bien reconnaitre qu’il y a de plus en plus d’énervement avec le temps qui passe », affirme le président de la Fnaut.

franceinfo : La situation est-elle intenable pour les Franciliens ?

Marc Pélissier : La situation est de plus en plus compliquée. On a bien vu que les Franciliens peuvent s’adapter un jour ou deux, comme la semaine dernière, mais désormais ils doivent aller à leur travail, à leurs rendez-vous médicaux. On se retrouve dans une situation sur les routes et dans les rares trains et métros qui est catastrophique, voire même dangereuse sur les quais des gares.

La SNCF demande d’éviter de prendre les Transilien. Est-ce audible, ce genre de recommandation ?

On comprend que la saturation menace un peu partout, mais beaucoup de gens n’ont pas le choix de prendre les rares trains, parce que les alternatives sont limitées. Si c’est un trajet court, on peut essayer de faire du vélo, si c’est le covoiturage on se retrouve dans des bouchons immenses, donc les quelques trains qui circulent sont une bouée de sauvetage malgré tout. On appelle chacun à garder le plus possible son calme et éviter les bousculades, mais il faut bien reconnaitre qu’il y a de plus en plus d’énervement avec le temps qui passe.

Vous croyez qu’il peut y avoir des discussions entre le gouvernement et les syndicats ?

J’espère qu’Edouard Philippe tiendra compte des inquiétudes qui se sont exprimées, notamment à la SNCF et RATP. Tout ne sera pas bouclé avec son discours, on est convaincu qu’il y a moyen de négocier un compromis. C’est ce qu’ont fait beaucoup de pays voisins, je ne vois pas pourquoi ce ne serait pas possible en France. Alors sortons de cet affrontement stérile, de ce bras de fer, et négocions véritablement avec les syndicats CFDT-Unsa, qui sont ouverts à un compromis, parce qu’on ne peut pas se permettre de faire encore durer ce mouvement des jours et des jours.

Ce sont surtout les plus fragiles qui payent la facture de cette situation ?

Aujourd’hui, ce n’est pas le gouvernement ou même les cadres de La Défense qui sont en difficulté. Ce sont ceux qui doivent être à l’heure à leur travail, dans des horaires fixes. Et aujourd’hui, c’est deux à trois heures de déplacement aller. On a clairement des gens qui nous disent qu’ils sont menacés de perdre leur emploi.

Réforme des retraites : La crainte de nouveaux débordements en marge des cortèges

SECURITE Les forces de l’ordre seront très mobilisées, mardi, à l’occasion de cette nouvelle journée de mobilisation contre la réforme des retraites

Thibaut Chevillard

Un manifestant fait face aux policiers des brigades de répression de l’action violente le 5 décembre dernier, à Paris
Un manifestant fait face aux policiers des brigades de répression de l’action violente le 5 décembre dernier, à Paris — ZAKARIA ABDELKAFI / AFP
  • Jeudi 5 décembre, des violences ont émaillé la mobilisation contre la réforme des retraites à Paris, infiltrée par des centaines de black blocs.
  • Redoutant de nouveaux incidents, la place Beauvau mobilisera largement les forces de l’ordre, ce mardi, à l’occasion d’une nouvelle journée de mobilisation.
  • Dans la capitale, le préfet de police a pris un arrêté de fermeture des commerces situés sur le parcours de la manifestation.

De nouvelles violences sont-elles à craindre ? Jeudi dernier, malgré l’important dispositif déployé par la préfecture de police, des incidents ont éclaté dans le cortège parisien quand des black blocs s’en sont pris aux forces de l’ordre, place de la République, dans l’est de la capitale. Des « éléments radicaux », venus par centaines, qui pourraient encore troubler, mardi, la  nouvelle journée de mobilisation contre la réforme des retraites, s’inquiète une source ministérielle. Il faut dire que samedi après-midi, le centre-ville de Nantes a été saccagé par des casseurs lors d’une manifestation. « Ils ont montré qu’ils étaient toujours là. »

Au niveau national, la mobilisation des forces de l’ordre, mardi, sera donc « à un niveau assez important », au moins similaire à celui de jeudi, poursuit cette même source ministérielle, sans donner pour autant de chiffres précis. A Paris, la préfecture de police se contente, elle aussi, de faire savoir dans un communiqué qu’elle mobilisera « des moyens humains et matériels significatifs visant à assurer la sécurité des manifestants et à prévenir les violences et dégradations en marge du cortège ». La semaine dernière, 6.000 policiers et gendarmes étaient mobilisés dans la capitale.

Plusieurs sections de gendarmes mobiles et de CRS

Selon nos informations, les forces de l’ordre seront très nombreuses pour faire face aux éléments violents qu’elles s’attendent à affronter. Une quarantaine de pelotons de gendarmes mobiles boucleront un large périmètre autour du palais de l’Elysée, des Champs-Elysées et de la place de l’Etoile. Une trentaine de sections de CRS protégeront l’Assemblée nationale et Matignon, et une vingtaine d’autres encadreront le cortège qui partira à 13h30 de la place Vauban (7e), survolée par un drone, pour rejoindre Denfert-Rochereau (14e) en fin d’après-midi.

La préfecture de police mobilisera aussi les Brigades de répression de l’action violente, dont certaines motorisées. Il s’agit d’unités très mobiles qui s’adaptent aux violences observées lors des manifestations. Les effectifs de la Dspap (Direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne) seront, eux, chargés des missions de surveillance et de sécurisation aux abords des gares et de repérer les éventuels fauteurs de troubles en procédant à des contrôles. D’autre part, toujours selon nos informations, les autorités ont demandé aux syndicats qui organisent la manifestation de renforcer leur dispositif de sécurité.

« Se conforter strictement aux consignes »

Le préfet de police, Didier Lallement, a pris un arrêté de fermeture des commerces situés sur le parcours de la manifestation. Il leur recommande de « prendre toutes les mesures utiles à la protection de leurs biens ». Traduction : ils doivent se barricader, comme le font de nombreux commerçants depuis un an lors des manifestations des «  gilets jaunes ». Par ailleurs, les voitures ne pourront pas se garer le long du trajet entre minuit et 20h.

Didier Lallement a demandé à la mairie de Paris de « faire enlever tous les éléments pouvant servir de projectiles » et de « sécuriser les chantiers de voie publique ». Le haut fonctionnaire demande aussi à « l’ensemble des manifestants pacifiques » de se « positionner dans le cortège syndical et non à son amont, où les groupes radicaux ont pris l’habitude de se former pour mener leurs actes de déstabilisation ». Il les invite « à se conforter strictement aux consignes des organisateurs, et notamment à l’ordre de dispersion lorsqu’il sera donné en fin de manifestation ».

Julien Ricotta
Kamel, conducteur de métro RATP qui refuse de faire grève notamment pour des raisons financières, raconte les pressions exercées par ses collègues grévistes. "On m’a prévenu que pour mon bien il ne fallait pas venir travailler", assure-t-il sur Europe 1, sous couvert d'anonymat.© MIGUEL MEDINA / AFP Kamel, conducteur de métro RATP qui refuse de faire grève notamment pour des raisons financières, raconte les pressions exercées par ses collègues grévistes. « On m’a prévenu que pour mon bien il ne fallait pas venir travailler », assure-t-il sur Europe 1, sous couvert d’anonymat. La grève contre la réforme des retraites est très suivie à la RATP. Quelques agents, comme Kamel*, ont cependant choisi de ne pas suivre le mouvement. Mais ce conducteur de métro subit de plein fouet les pressions exercées par ses collègues grévistes. « Il y a des menaces, parfois des insultes, on nous fera la misère si on viendra travailler. On m’a prévenu que pour mon bien il ne fallait pas venir travailler. J’étais venu travailler lors du premier jour de travail, on m’a bien fait comprendre qu’il ne fallait pas que je continue comme ça », témoigne le conducteur de métro, mardi matin sur Europe 1.

Pour éviter de ne pas être « catalogué » comme non-gréviste, Kamel s’est mis en arrêt maladie. « Je ne suis pas gréviste, j’ai été contraint de me mettre en arrêt maladie. C’est plus simple d’aller voir son médecin que de se mettre en grève », assure-t-il.

>> EN DIRECTSuivez la nouvelle journée de mobilisation contre la réforme des retraites 

« Il y a des listes sur les réseaux sociaux avec les noms des gens qui ne font pas grève »

Kamel raconte le climat social très tendu au sein de la RATP, alors qu’une nouvelle journée de manifestation a lieu mardi dans toute la France. « Une partie des grévistes sont sur les quais pour vous insulter, vous menacer et vous dire d’arrêter de travailler sous peine d’avoir des représailles. Pour d’autres, c’était des menaces d’aller leur crever les pneus. Il y a aussi des listes de diffusion sur les réseaux sociaux avec les noms des gens qui ne font pas grève, comme sur Whatsapp », assure-t-il.

« (Des responsables syndicaux) sont au courant, mais je n’ai eu aucun retour pour l’instant. Il n’y a eu aucune protection fiable pour ceux qui veulent travailler. (Les syndicats) nous font bien comprendre que ce n’est pas bien de travailler, qu’on casse la grève et que c’est à cause de nous si on perd les acquis sociaux. Et que pour notre confort dans les mois et années à venir il vaut mieux se mettre en grève pour ne pas subir de pression de leur part. »

>> Retrouvez la matinale du jour de Matthieu Belliard en replay et en podcast ici

« Je ne peux pas me permettre de perdre autant d’argent sur une grève »

Le conducteur de métro assure comprendre les raisons de la grève, mais dit ne pas pouvoir se joindre au mouvement, sous peine d’une lourde perte financière. « Je suis d’accord avec le mouvement, mais personnellement je ne peux pas me permettre de perdre autant d’argent sur une grève. Ils n’arrivent pas à comprendre qu’il y a des cas particuliers, que tout le monde est différent et que tout le monde ne peut pas se permettre de faire grève », se désole-t-il.

« Dans notre travail on se fait fréquemment insulter par des voyageurs, mais là c’est avec des collègues, au sein de l’entreprise. C’est quelque chose de vraiment difficile. Je leur dis bonjour tous les jours, on est comme une famille, c’est ça qui est d’autant plus choquant. Ce sont des gens qu’on apprécie de base. Ça va être difficile pour tous ceux qui n’ont pas fait grève dès le début, ils ont été clairement fichés et dénoncés comme étant de mauvais éléments. »

*Le prénom a été changé

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 Commentaire
jules56140                      Attention ceci n’est qu’une simple constatation. En 1995, la grève (du même genre) a duré 2 à 3 semaines pour certaines catégories de travailleurs notamment ceux des transports. Les gens, bien entendu, n’étaient pas contents mais à l’heure actuelle cela frise la panique d’autant plus que les médias en « remettent  une louche » à longueur de journée. Les « 20 heures » sont uniquement (ou presque)  consacrés aux personnes se débrouillant par tous les moyens pour aller travailler certains étant prêts à écraser les autres pour monter dans un wagon; c’est le règne du « chacun pour soi et Dieu pour tous ». Puis ce sont les sempiternels reportages sur les commerçants. Il est certain que pour eux, ce n’est pas la joie en cette période de fêtes. Mais les mêmes médias nous ont bassinés à longueur de reportages que les gens (pour une grande partie) avaient déjà fait leurs achats de Noël et je passe sur le « black friday » qui a monopolisé les chaînes de TV durant des jours. Comme me dit mon père (96 ans)  » S’il y avait une guerre aujourd’hui, elle serait bien pire que celle qu’il a connue en 39-45 !!!
lavi                                            Notre puceau Macrouille magouilles de service ne comprends RIEN de rien pas d’enfants pas de femme ENFIN sa vieille ne compte pas mais juste un chien.
Il s’entête à gérer la France avec ses GNOULLS, jamais travaillé, connaît même pas ce qu’est une commune. Jamais maire, pas connu l’école les profs c’était sa mère,
PRÉSIDENT !!!!
Boffff boffff boffff
On va aller loin avec LUI ….

Elise                                            Supprimez intégralement le 13 eme mois ou 14 eme mois ça ferait de l argent pour les caisses de retraite !

Mams1509                                            automatisez tout et le problème sera résolu

elsassfrei58Paris n’est pas la France, que les instituteurs fassent le même nombres d’heures que tout les français, et cessent d’inculquer des idées de gauchistes à nos enfants. L’espérance de vie est supérieure à la moyenne des autres salariésERIC999elle dit rien hidalgo sur la pollution à cause de ces grèves, … de gauche écolo bobo quand ça l’arrange, elle est fausse

C’est vrai c’est nécessaire mais qu’il commence par réduire les gros avantages scandaleux des députés, ministres et hauts fonctionnaire ensuite s’occuper de ceux qui bossent vraiment tôt le matin …..
pat b                                              « réforme indispensable »
Surement, mais pas celle ci !! Il y a 1000 façons de financer le s retraites et pas seulement en faisant tout peser sur ceux qui produisent les richesses du pays, quand dans le même temps on fait des cadeaux au MEDEF a coup de 40 milliards de CICE, allégement de charges, sans rien éxiger en retour. Et qu’au final cet argent sert a financer des bonus, dividendes, primes de résultats aux dirigeants, stocks options, plans de délocalisation etc…
Anonymous                                             Une réforme ou tout le monde perd n’est pas une bonne réforme!!! Je serai lui je commencerai à préparer mes valises!!!
rhonalpin.de.garenne                                               Pas de problèmes, si elle est universelle bien sûr 🙂

Paul                                              Le gouvernement fait la chasse aux bougres du bon coin et réseaux sociaux, qui essaient de grattouiller quelques argents de poches,mais laissent les plates formes les dépouiller ?

AlterInfo…Fraude à la TVA sur les plateformes de commerce en ligne: quand l’État se laisse plumer

Mardi 10 Décembre 2019

98% des vendeurs étrangers opérant sur les plateformes de commerce en ligne ne factureraient pas de TVA à leurs clients. Si les GAFA sont pointés du doigt pour leur optimisation fiscale, les manquements de l’administration française en matière de lutte contre la fraude permettent à beaucoup de passer outre les règles fiscales les plus élémentaires.

Maxime Perrotin

Fraude à la TVA sur les plateformes de commerce en ligne: quand l’État se laisse plumer
538 sur 24.459, c’est le nombre de vendeurs… en règle sur les plateformes de commerce en ligne (Amazon, Cdiscount, etc.), selon un rapport de l’Inspection générale des Finances (IGF) que s’est procuré la rédaction de Les Échos.

Ainsi, selon les chiffres de Bercy, 98% des vendeurs enregistrés sur ces «marketplaces», mises en place par les géants de l’e-commerce en France, ne seraient pas immatriculés à la TVA en France et ne la factureraient pas à leurs clients. Le quotidien économique souligne que le fisc, suspectant «une fraude massive à la TVA», avait transmis les informations à la Justice. Il faut dire que l’IGF évalue le marché du e-commerce en France à pas moins de 92,6 milliards d’euros.

Si les prix n’en sont ainsi que plus alléchants pour les acheteurs, c’est un manque à gagner conséquent pour l’administration fiscale. Manque à gagner qui n’est pas sans conséquence pour l’ensemble des contribuables, à l’heure où les réformes se multiplient pour tenter d’endiguer les déficits chroniques du pays. C’est également un nouveau coup dur, à quelques jours de Noël, pour les commerçants français qui dénoncent depuis des années la concurrence agressive –et ici clairement déloyale– que leur mènent les acteurs de l’e-commerce.

«Les vendeurs “bénéficient ainsi d’un avantage de prix de 20% par rapport aux sociétés qui remplissent leurs obligations fiscales en matière de TVA, créant une distorsion de concurrence majeure”», soulignent nos confrères des Échos, citant le rapport de l’Inspection générale des Finances.

Ces vendeurs fraudeurs seraient principalement localisés en Asie: «on compte plus de 100.000 boutiques en ligne en 2019, soit quatre fois plus qu’il y a deux ans, parmi lesquelles 40% sont domiciliées en Chine», précise le quotidien économique.

Un constat, d’échec d’autant plus difficile à défendre que la France conforte sa place de championne du monde en matière de prélèvements obligatoires (46% du PIB en 2018). En somme, alors que les entreprises françaises sont les plus taxées du globe, l’administration fiscale qui veille à les imposer semble réaliser aujourd’hui que dans le commerce, la quasi-totalité des concurrents étrangers de ces mêmes entreprises tricolores ne se conforment tout simplement pas aux obligations fiscales les plus élémentaires sur les plateformes en ligne.

Ainsi, si on accuse régulièrement les géants du net de recourir à des tactiques d’optimisation fiscale agressives (mais légales), jouant sur les disparités entre les législations nationales en matière d’imposition au sein d’une même zone économique afin de faire fondre l’imposition de leurs bénéfices, on découvre que faute de contrôles efficaces des services de l’État, n’importe quel vendeur professionnel étranger peut vendre en ligne des produits dans le pays le plus imposé au monde sans s’acquitter de la plus élémentaire des taxes.
L’État français, mauvais collecteur d’impôts

Fin novembre, un rapport de la Cour des comptes dénonçait les manquements, tant dans les services compétents de Bercy en matière de lutte contre la fraude fiscale, qu’au plus haut sommet de l’État. Soulignant qu’aucun travail sérieux d’évaluation de la fraude fiscale en France n’avait été entrepris, contrairement à d’autres puissances économiques (Canada, États-Unis, Grande Bretagne), les sages de la rue Cambon regrettaient une adaptation «trop lente» des services en charge de la lutte contre cette fraude ainsi que la «modestie de l’impulsion interministérielle» donnée dans ce domaine. En somme, alors qu’il est le champion du monde de l’imposition, l’État français est un mauvais collecteur d’impôts.

Un constat sur la fraude à la TVA que le gouvernement a estimé «très sévère». Ce dernier donne jusqu’au 1er janvier 2021 aux vendeurs contrevenants pour se mettre en conformité avec la loi, date à laquelle Bercy envisage de prélever la TVA directement auprès des plateformes utilisées par ces vendeurs étrangers, aujourd’hui à 98% hors-la-loi.

Aller chercher ces 20% dus, une mesure qui serait «sans aucune augmentation de prix pour le consommateur» précisait le ministre du Budget sur le plateau de BFMTV. S’il se gargarise d’une telle mesure…Lre la ste sr AlterInfo

poujade                                 « Je n’ai pas senti une grande inquiétude »
Je ne sais pas ce que lui a refilé son dealer, mais visiblement il en abuse !! ;0))))
Franchement il est complètement à l’ouest …..
Atari 2600                                 Indispensable pour qui? Bruxelles? Attali?
Alice O                                Une chose est sûre et certaine : lui n’est pas DU TOUT indispensable et on va lui montrer!
sylvie                                Il est vraiment sur une autre planète ce type !!!
Plopi                                Pas une raison pour faire ca n’importe comment… Faire un holdup sur les caisses de certains régimes et un énorme cadeau pour les assurances ne résoudra pas tout..
faut faire avec                                il est bien temps que celui qui veut une retraite, cotise pour sa retraite et que ce ne soit plus le secteur privé qui finance les retraites des feignasses de la sncf et ratp!
Lolo                                 Mettons tout le monde a égalité… aucune raison que les travailleurs du privé qui partent a 62 ans cotisent pour le déficit de certains nantis du service public (qui n en est plus un …) qui parte à 52 ans… c est rarement injuste… foncez Mrs le Président et 1 er ministre …. faut quanta bascule sur un ensemble égal… ne pensez pas que les citoyens vont vous oublier aussi… politiques de tous genre députés, sénateurs ministres devront aussi revoir leur système … merciiii
Myocarde                                ce gouvernement est courageux ! aucun des trois précédents Présidents n’a eu le courage de réformer sur les retraites : Chirac, Sarkosy, Hollande par lâcheté politiQUE dans un soucis de réélection……retraite à 63 ans pour les cheminots et les traminots comme tout lre monde et calcul sur les 25 meilleures années comme tout le monde
Igor                                la cgt a appelé a voter macron, bien fait
martine                               Combien de temps vont encore tenir les grévistes RATP SNCF qui sont une minorité mais pénalisent la majorité qui veut aller travailler, en quoi devraient il garder des avantages qui datent d’une époque où les conducteurs remplissaient de charbon leur machine ?

Oui..Delevoye bien!!

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59.jpgRéforme des retraites : Jean-Paul Delevoye épinglé pour un “oubli” dans sa déclaration d’intérêts

Jean-Paul Delevoye le 3 décembre 2019 / © LIONEL BONAVENTURE / AFP
Jean-Paul Delevoye le 3 décembre 2019 / © LIONEL BONAVENTURE / AFP

Le Nordiste, haut-commissaire aux Retraites, a oublié de déclarer une de ses activités bénévole dans les assurances.

Par EM avec AFP

Jean-Paul Delevoye est administrateur de l’Ifpass (Institut de formation de la profession de l’assurance) et il ne l’a pas déclaré à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). C’est Le Parisien qui révèle cette information ce lundi.

Elle fait déjà polémique car cette non-déclaration est gênante pour le haut-commissaire aux Retraites, sur le devant de la scène depuis de nombreuses semaines. Y-a-t-il conflit d’intérêts ? On sait que les assureurs observent avec attention la réforme en cours et ses conséquences éventuelles sur leur activité. « La réforme des retraites ouvre des perspectives« , expliquait fin octobre le directeur d’AG2R La Mondiale.

L’activité du Nordiste Jean-Paul Delevoye est bénévole mais le fait qu’il ne l’ait pas déclarée pose question. Dans les fonctions bénévoles déclarées, n’est inscrite que sa fonction de président de la Chartreuse de Neuville.

© CAPTURE D'ECRAN Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP)
© CAPTURE D’ECRAN Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP)

Une « erreur » et « une omission par oubli« , a réagi M. Delevoye auprès du quotidien. Il dit « n’y (avoir) pas pensé une seconde », en reconnaissant que « ce n’est pas responsable ». En plein conflit social sur la réforme des retraites, l’information a suscité immédiatement des réactions dans les rangs de la gauche et de la droite.

© CAPTURE D'ECRAN SOCIETE.COM
© CAPTURE D’ECRAN SOCIETE.COM

« Pur hasard », a ironisé le porte-parole du PCF Ian Brossat sur Twitter : « Rien à voir avec le fait qu’il saccage les retraites par répartition. Et hasard aussi si le gouvernement a accordé une fiscalité super avantageuse pour ceux qui placent leur argent dans des fonds de pension en avril dernier. »

A travers son haut-commissaire « on voit le vrai visage de cette réforme des retraites », où « tout est fait pour pousser les futurs retraités vers des fonds d’assurance », a dénoncé le secrétaire national du PCF Fabien Roussel sur Public Sénat. « Le monde de l’assurance, lui, n’a pas oublié de déclarer ses liens avec la réforme des retraites que prépare » Jean-Paul Delevoye, a abondé le numéro 2 de La France insoumise Adrien Quatennens.

« Maladroit »

A droite, la députée Les Républicains Valérie Boyer a jugé que « la macronie a quelque chose de désespérant dans sa constance à donner des leçons de morale et se croire au-dessus des règles ». La porte-parole de LREM Aurore Bergé a reconnu sur BFMTV que l’oubli de Jean-Paul Delevoye est « maladroit » car « la confiance nécessite énormément de transparence », mais ajouté qu’il allait démissionner de cette fonction d’administrateur, ce qui « clarifiera les choses ».

La déclaration d’intérêts du ministre délégué, publiée samedi et visible sur le site de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique
(HATVP)
, mentionne aussi sa fonction de « président du think-tank Parallaxe de HEP Education au sein du groupe de formation IGS » depuis 2017, un poste rémunéré en 2018 et 2019 à hauteur de 5.368,38 euros mensuels, soit un montant annuel de 64.420 euros net.  Y figure aussi, concernant ses activités passées, entre 2016 et 2017, une fonction de conseiller du délégué général d’IGS (25.000 euros net en 2016 et 40.000 euros net en 2017).

Réforme des retraites : « l’oubli » très gênant de Jean-Paul Delevoye

  latribune.fr  
En 2016, soit un an avant qu’il ne soit chargé de piloter la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye est « devenu l’un des administrateurs de l’Ifpass ». (Crédits : Benoit Tessier)
Dans sa déclaration d’intérêts publiée samedi, le haut-commissaire aux Retraites a omis de déclarer ses liens avec le monde de l’assurance. « Une omission par oubli », s’est défendu l’intéressé auprès du Parisien, à l’origine de l’information.

Voilà qui fait tache. En plein mouvement de contestation de la réforme des retraites, et alors que le Premier ministre Édouard Philippe doit en présenter les grandes lignes ce mercredi, le haut-commissaire aux Retraites, Jean-Paul Delevoye, vient de se faire épingler pour n’avoir pas évoqué ses liens avec le monde de l’assurance dans sa déclaration d’intérêts.

Publiée samedi, cette dernière ne fait en effet nulle part mention de son rôle au sein de l’Institut de formation de la profession de l’assurance, abrégé Ifpass. Ni même au point numéro 6, pourtant consacré aux « fonctions bénévoles susceptibles de faire naître un conflit d’intérêts ».

En 2016, soit un an avant qu’il ne soit chargé de piloter la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye est « devenu l’un des administrateurs de l’Ifpass », note Le Parisien, à l’origine de l’information. « Cet institut, précise le journal, est présidé par Roger Belot, président d’honneur de la MAIF, et compte des administrateurs issus du sérail de l’assurance et des mutuelles. »

Delevoye reconnaît une « erreur »

« C’est une omission par oubli », s’est défendu Jean-Paul Delevoye, interrogé par Le Parisien. Le haut-commissaire aux Retraites reconnaît là une « erreur », tout en précisant qu’il ne va « quasiment jamais » à l’Ifpass, par faute de temps. L’homme se dit par ailleurs prêt à « démissionner de ce mandat exercé de façon extrêmement faible ».

« Pur hasard. Rien à voir avec le fait qu’il saccage les retraites par répartition. Et hasard aussi si le gouvernement a accordé une fiscalité super avantageuse pour ceux qui placent leur argent dans des fonds de pension en avril dernier », a ironisé, dimanche sur Twitter, Ian Brossat, maire adjoint de Paris en charge du logement et porte-parole du Parti communiste français (PCF).

La nouvelle tombe mal, alors que le premier ministre Édouard Philippe doit présenter, mercredi 11 décembre à midi, « l’intégralité du projet du gouvernement », concernant la réforme des retraites. Ces annonces interviendront près d’une semaine après la mobilisation massive du jeudi 5 décembre, qui a vu défiler plus de 800 000 personnes dans toute la France.

Lire aussi : Mobilisation massive contre la réforme des retraites, des annonces attendues la semaine prochaine

En pleine réforme des retraites, cet « oubli » de Jean-Paul Delevoye dans sa déclaration d’intérêts tombe mal

Le Haut-commissaire aux retraites n’a pas précisé qu’il était administrateur du principal institut de formation des assureurs. Assureurs à qui la réforme des retraites ne déplait pas.

Benoit Tessier / Reuters
En pleine réforme des retraites, cet « oubli » de Jean-Paul Delevoye (ici le 6 décembre à Paris) dans sa déclaration d’intérêts tombe mal. 

POLITIQUE – Le timing aurait difficilement pu être pire pour Jean-Paul Delevoye et le gouvernement. Alors que la mobilisation contre la réforme des retraites a continué après le 5 décembre, voilà le Haut-Commissaire accusé de conflits d’intérêts dans le cadre de sa réforme pour avoir “oublié” de déclarer ses liens avec le secteur des assureurs, révèle Le Parisien ce dimanche 8 décembre.

Membre du gouvernement d’Édouard Philippe depuis le 3 septembre, le Haut-commissaire aux Retraites a dû faire sa déclaration d’intérêts à la Haute autorité pour la Transparence de la Vie Publique (HATVP).

Celle-ci a été publiée ce samedi sur le site de l’institution. Et comme le souligne le quotidien, tout son intérêt tient dans l’absence d’une des fonctions exercées par Jean-Paul Delevoye: celle d’administrateur de l’Institut de formation de la profession assurance (Ifpass) depuis 2016.

Quel rapport avec les retraites? De l’aveu même de cadres du secteur, le monde de l’assurance est “très intéressé” par la réforme que chapeaute Jean-Paul Delevoye. Et l’Ifpass est ”étroitement lié à la Fédération française de l’assurance” confirme un ancien dirigeant qui se réjouit d’ailleurs des “liens précieux” avec le Haut-commissaire.

Contacté par Le Parisien, Jean-Paul Delevoye a reconnu que ce poste ne figurait pas dans sa déclaration, évoquant “un oubli par omission”. “Je reconnais que ce n’est pas responsable”, déclare-t-il, d’ajouter cependant que son rôle au sein de l’Ifpass est minime. ”À l’Ifpass, c’est une fonction bénévole, je n’y vais quasiment jamais, car je n’ai pas le temps. Je ne connais rien dans le domaine de la formation des assureurs”, affirme-t-il.

Une “bonne réforme” pour les assureurs?

Si cet “oubli” pose questions, c’est parce que s’il y a une branche qui semble favorable à la réforme contestée, c’est bien celle des assurances. En octobre, le directeur général de l’assurance AG2R La mondiale, affirmait dans Le Journal du dimanche qu’il s’agissait d’une “bonne réforme”, “fondée sur le principe d’équité”. Et il reconnaissait également qu’elle “ouvrait en effet des perspectives” pour les assureurs, sans entrer dans le détail.

Ces opportunités font partie des points dénoncés par les opposants à la réforme. Sur LCI ce dimanche soir, le député LFI Adrien Quatennens a justement souligné que la réforme “ne sert que les intérêts d’une petite minorité, les seuls gagnants dans l’affaire, ce seront les assureurs et les banques”, mettant en garde contre les incitations à la capitalisation que dissimule, selon lui, le projet gouvernemental.

Auprès du Parisien, Jean-Paul Delevoye a affirmé avoir consulté des “déontologues” pour s’assurer de l’absence de collusion entre ses activités personnelles et son poste au sein du gouvernement: “Pas de conflits d’intérêts, m’a-t-on répondu.”

Toutefois, il n’a pas posé la question concernant son poste à l’Ifpass. “Je ne leur ai pas demandé au sujet de l’Ifpass, car pour moi ce n’était pas important”, reconnait-il.

“J’ai rempli moi-même cette déclaration. S’il y a incompatibilité, je vais rectifier cela et démissionner de ce mandat exercé de façon extrêmement faible.”, promet l’intéressé. “Mais je le reconnais, j’ai fait une erreur.”

Delevoye épinglé pour un « oubli » dans sa déclaration d’intérêts

AFP
Le haut-commissaire Jean-Paul Delevoye à l’Assemblée nationale, le 3 décembre 2019 à Paris

Paris (AFP) – En plein conflit sur la réforme des retraites, la révélation par Le Parisien que le haut-commissaire Jean-Paul Delevoye n’a pas déclaré auprès de la HATVP sa fonction d’administrateur d’un institut de formation dans les assurances suscitait lundi nombre de réactions politiques.

La déclaration d’intérêts du ministre délégué, publiée samedi selon le quotidien et visible sur le site de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), mentionne sa fonction de « président du think-tank Parallaxe de HEP Education au sein du groupe de formation IGS » depuis 2017, un poste rémunéré en 2018 et 2019 à hauteur de 5.368,38 euros mensuels, soit un montant annuel de 64.420 euros net.

Y figure aussi, concernant ses activités passées, entre 2016 et 2017, une fonction de conseiller du délégué général d’IGS (25.000 euros net en 2016 et 40.000 euros net en 2017).

Est également mentionnée la présidence de la Chartreuse de Neuville, une association des orchestres nationaux, au rang des « fonctions bénévoles susceptibles de faire naître un conflit d’intérêts ».

Mais manque sa fonction d’administrateur de l’Institut de formation de la profession de l’assurance (Ifpass) qu’il occupe depuis 2016, relève Le Parisien.

Une « erreur » et « une omission par oubli », a réagi M. Delevoye auprès du quotidien. Il dit « n’y (avoir) pas pensé une seconde », en reconnaissant que « ce n’est pas responsable ».

En plein conflit social sur la réforme des retraites, l’information a suscité immédiatement des réactions dans les rangs de la gauche et de la droite.

« Pur hasard », a ironisé le porte-parole du PCF Ian Brossat sur Twitter: « Rien à voir avec le fait qu’il saccage les retraites par répartition. Et hasard aussi si le gouvernement a accordé une fiscalité super avantageuse pour ceux qui placent leur argent dans des fonds de pension en avril dernier. »

A travers son haut-commissaire « on voit le vrai visage de cette réforme des retraites », où « tout est fait pour pousser les futurs retraités vers des fonds d’assurance », a dénoncé le secrétaire national du PCF Fabien Roussel sur Public Sénat.

« Le monde de l’assurance, lui, n’a pas oublié de déclarer ses liens avec la réforme des retraites que prépare » Jean-Paul Delevoye, a abondé le numéro 2 de La France insoumise Adrien Quatennens.

A droite, la députée Les Républicains Valérie Boyer a jugé que « la macronie a quelque chose de désespérant dans sa constance à donner des leçons de morale et se croire au-dessus des règles ».

La porte-parole de LREM Aurore Bergé a reconnu sur BFMTV que l’oubli de Jean-Paul Delevoye est « maladroit » car « la confiance nécessite énormément de transparence », mais ajouté qu’il allait démissionner de cette fonction d’administrateur, ce qui « clarifiera les choses ».

Retraites : Jean-Paul Delevoye « oublie » de déclarer ses liens avec un institut de formation de l’assurance

Le haut-commissaire aux retraites, qui a admis « une omission par oubli » sur sa déclaration d’intérêts, a démissionné lundi de son mandat bénévole au sein de l’Ifpass.

 
Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire à la réforme des retraites, est entré au gouvernement en septembre.
Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire à la réforme des retraites, est entré au gouvernement en septembre. BENOIT TESSIER / REUTERS

Jean-Paul Delevoye a démissionné lundi 9 septembre de ses fonctions au sein de l’Institut de formation de la profession de l’assurance (Ifpass) « pour clore toute polémique ».

Alors que la journée de lundi s’annonce chargée pour le haut-commissaire aux retraites – qui doit présenter aux partenaires sociaux les conclusions de la concertation sur la réforme des retraites –, il se retrouve au cœur d’une controverse. Comme le rapporte Le Parisien dans son édition de lundi, Jean-Paul Delevoye a oublié de signaler sur sa déclaration d’intérêts, rendue publique samedi par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), qu’il est l’un des administrateurs de l’Institut de formation de la profession de l’assurance (Ifpass) depuis 2016.

De ce fait, il est considéré comme « étroitement lié avec le monde de l’assurance ». « Les liens [de cet institut] avec Jean-Paul Delevoye sont précieux, notamment parce que l’ensemble du secteur est intéressé par la réforme » de la retraite, confirme une source interne auprès du quotidien. De quoi laisser penser qu’il aurait dû le notifier dans la déclaration au rang des « fonctions bénévoles susceptibles de faire naître un conflit d’intérêts ».

Dans un communiqué, Jean-Paul Delevoye précise que « ce rôle d’administrateur, bénévole, consistait en une présence au sein des conseils d’administration de l’Ifpass » et que depuis sa nomination en tant que haut-commissaire à la réforme des retraites, en octobre 2017, puis haut-commissaire aux retraites, en novembre 2019, il n’a « assisté qu’à trois conseils d’administration, ma dernière participation remontant au 4 décembre 2018 ». Sa démission prend « effet immédiatement ».

Lire aussi Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire à la réforme des retraites, entre au gouvernement

« Une omission par oubli »

L’intéressé, entré au gouvernement le 3 septembre, s’est directement défendu auprès du Parisien, regrettant « une omission par oubli ». « Je reconnais que ce n’est pas responsable », a admis M. Delevoye, qui avait pourtant pensé à déclarer qu’il est le président de la Chartreuse de Neuville, une association des orchestres nationaux.

La déclaration d’intérêts, collectée par la HATVP, est un passage obligé pour les ministres, parlementaires et membres des exécutifs locaux depuis la loi relative à la transparence de la vie publique en 2013. Ces dernières sont rendues publiques depuis le scandale de l’affaire Cahuzac, qui avait provoqué, outre la tonitruante démission du ministre du budget de François Hollande, l’adoption de ce texte.

Lien non déclaré de Jean-Paul Delevoye avec le monde de l’assurance : « Pas de problème de conflit d’intérêt », selon un député LREM

Laurent Saint-Martin a défendu le haut-commissaire aux Retraites, qui n’a pas déclaré sa fonction d’administrateur dans un institut de formation de l’assurance.

Laurent Saint-Martin, député La République en marche du Val-de-Marne, le 14 novembre 2019.
Laurent Saint-Martin, député La République en marche du Val-de-Marne, le 14 novembre 2019. (THOMAS PADILLA / MAXPPP)

« Il n’y a aucune rémunération liée à cette fonction d’administrateur », a assuré sur franceinfo lundi 9 décembre Laurent Saint-Martin, député La République en marche (LREM) du Val-de-Marne, membre de la commission des finances de l’Assemblée nationale, alors que le haut-commissaire aux Retraites, Jean-Paul Delevoye, n’a pas déclaré sa fonction d’administrateur au sein de l’Institut de formation de la profession de l’assurance.

« D’abord, Jean-Paul Delevoye a tout de suite reconnu qu’il s’agissait d’un oubli. Et il le regrette, a poursuivi Laurent Saint-Martin. Vous avez bien mentionné le caractère bénévole de cette activité d’administrateur, je crois que c’est essentiel pour écarter tout soupçon de conflit d’intérêt, dans un institut de formation. Jean-Paul Delevoye s’est exprimé là-dessus. »

Dont acte : c’est un oubli qui est regrettable, mais c’est un oubli qui a été reconnu et qui va être réparé tout de suite.Laurent Saint-Martin, député LREMà franceinfo

« C’est un statut d’administrateur bénévole dans un institut de formation, certes lié à des fonctions d’assurance, cela aurait pu être des fonctions de plein d’autres secteurs d’activité. Je crois que là-dessus il n’y a quand même pas de problème de conflit d’intérêt apparemment, donc pas de sujet majeur à retenir », a estimé le député.

Delevoye lié au monde de l’assurance : «C’est gênant», dénonce Philippe Martinez

Le leader cégétiste réagit aux révélations du Parisien sur « l’oubli » du haut-commissaire aux Retraites de déclarer sa fonction d’administrateur au sein d’un institut de formation de l’assurance.

 Selon Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, « les assureurs privés sentent bien qu’il y a un coup à jouer avec cette réforme ».
Selon Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, « les assureurs privés sentent bien qu’il y a un coup à jouer avec cette réforme ».  LP/Olivier Arandel

En pleine épreuve de force avec le gouvernement, les opposants à la réforme des retraites n’allaient pas laisser passer ça. Plusieurs responsables syndicaux et politiques ont réagi à « l’oubli » du haut-commissaire aux Retraites, Jean-Paul Delevoye, de signaler dans sa déclaration d’intérêts sa fonction d’administrateur au sein d’un institut de formation de l’assurance. Une information révélée par Le Parisien-Aujourd’hui en France.

« Oui, c’est gênant », a dénoncé Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT. « On voit que, dans la période, les assureurs privés montrent plus le bout de leur nez car ils sentent bien qu’il y a un coup à jouer avec cette réforme », a-t-il expliqué sur France Info. « Pour de plus en plus sortir les salariés du régime général et de ce qui se fait de bien en France pour capter une autre forme de retraite, la retraite par capitalisation ».

Le fait que Jean-Paul Delevoye exerce à titre bénévole sa fonction d’administrateur de l’Ifpass (Institut de formation de la profession de l’assurance) n’apaise pas Philippe Martinez. « Même bénévole, il conseille. On mène une réforme et on conseille », regrette-t-il.

Bergé assure que Delevoye va démissionner de cette fonction

Pour le secrétaire national du Parti communiste Fabien Roussel l’« oubli » de Delevoye est « fâcheux ». « En réalité, c’est toute la réforme Macron qui prévoit de livrer nos retraites aux assurances et aux fonds de pensions », grince-t-il sur Twitter.

A droite, la députée Les Républicains Valérie Boyer a jugé que « la macronie a quelque chose de désespérant dans sa constance à donner des leçons de morale et se croire au-dessus des règles ».

Du côté de la majorité, certains élus défendent évidemment le haut-commissaire. « C’est un oubli regrettable qui, il faut le prendre en compte, concerne une fonction bénévole au sein d’un institut de formation », a insisté le député LREM Laurent Saint-Martin sur France Info. « Cette erreur a été reconnue et sera réparée », a-il conclu.

Mais la porte-parole de LREM Aurore Bergé a reconnu sur BFMTV que l’oubli de Jean-Paul Delevoye est « maladroit » car « la confiance nécessite énormément de transparence », mais ajouté qu’il allait démissionner de cette fonction d’administrateur, ce qui « clarifiera les choses ».

Barthélémy Philippe
Jean-Paul Delevoye : cet autre cumul de fonctions qui pose problème© Lafargue Raphael/ABACA Jean-Paul Delevoye : cet autre cumul de fonctions qui pose problème

INFO CAPITAL : En plus d’avoir siégé au conseil d’administration d’un institut de formation de l’assurance, le haut-commissaire aux retraites a conservé la présidence du think tank Parallaxe, et la rémunération qui va avec.

Ministre et en même temps président rémunéré d’un think tank ? Malgré sa nomination au poste de haut-commissaire aux retraites, ministre délégué auprès d’Agnès Buzyn, Jean-Paul Delevoye a conservé la présidence du think tank Parallaxe, qui lui verse une “gratification” d’un peu plus de 5.300 euros nets par mois, comme il l’a indiqué lui-même dans sa déclaration d’intérêts et d’activités à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique, rendue publique le 7 décembre.

De quoi s’agit-il ? Le think tank Parallaxe est une émanation du groupe d’enseignement privé IGS, qui regroupe 34 écoles et centres de formation en France. Créé en 2017, Parallaxe s’est donné pour mission de remédier à “l’insatisfaction des étudiants concernant le système éducatif actuel” en faisant “vivre et évaluer l’impact d’un nouveau modèle éducatif articulé autour des valeurs”. Pour ce faire, ce cercle de réflexion s’est attaché les services d’un président d’honneur nommé Jean-Paul Delevoye. Au sein du “cercle des innovateurs” de Parallaxe, ce dernier côtoie plusieurs dirigeants d’écoles appartenant au groupe IGS. Mais aussi des personnalités du monde de l’entreprise telles qu’Armelle Carminati-Rabasse, présidente de la commission innovation sociale et managériale du MEDEF, Yannick Morel, responsable des relations enseignement supérieur de l’Agence pour l’emploi des cadres (APEC), ou encore Bérangère Golliet, directrice transformation de Danone France. Même le candidat LREM dissident à la mairie de Paris, Cédric Villani, a déjà participé aux travaux de ce think tank. “À titre bénévole”, comme l’a fait savoir son entourage à Capital.

Un haut-commissaire payé 64.420 euros nets en 2018 et 2019

“J’exerce depuis 2017 la présidence du think thank Parallaxe de Hep Education au sein du groupe IGS”, écrit donc le haut-commissaire aux retraites dans sa déclaration d’intérêts. Si aucune rémunération n’apparaît pour 2017, exercice durant duquel Emmanuel Macron l’a nommé haut-commissaire — non membre du gouvernement dans un premier temps — Jean-Paul Delevoye a bénéficié d’une gratification de 64.420 euros nets, en 2018 comme en 2019.

Suite à sa nomination au titre de ministre délégué auprès de la ministre de la Santé et des Solidarités, le 3 septembre 2019, Jean-Paul Delevoye a donc conservé sa fonction de président du think tank Parallaxe. En avait-il le droit ? A priori, la Constitution semble proscrire ce genre de cumul. En effet, l’article 23 de la Constitution pose le principe de l’incompatibilité des fonctions de membres de gouvernement avec “toute fonction de représentation professionnelle à caractère national et de tout emploi public ou de toute activité professionnelle”. Selon la loi organique pour l’application de l’article 23 de la Constitution, une personnalité appelée au gouvernement dispose d’un délai d’un mois suite à sa nomination, pour quitter ses anciennes fonctions. “Le principe d’incompatibilité sert à garantir l’impartialité des membres du gouvernement, à les protéger des intérêts privés”, commente Jean-Christophe Picard, président de l’association Anticor.

La notion d’activité professionnelle au coeur des interrogations

La subtilité, c’est que l’article 23 de la Constitution ne définit pas précisément la notion d’activité professionnelle. S’agit-t-il de toute activité non-bénévole ? Dans ce cas, Jean-Paul Delevoye aurait dû quitter la présidence de Parallaxe au plus tard un mois après son entrée au gouvernement, ce qu’il n’a pas fait. Dans son rapport pour le renouveau démocratique remis à François Hollande en 2012, la commission Jospin considérait que la règle fixée par la Constitution n’excluait pas “l’exercice, au sein d’associations et de partis politiques, de fonctions ou de responsabilités, dès lors qu’elles ne sont pas exercées à titre professionnel”. Avant de poursuivre : “L’implication d’un ministre dans l’animation d’une association ne saurait, par principe être proscrite”. Cette interprétation de la règle constitutionnelle pourrait donner raison à Jean-Paul Delevoye, à condition que Parallaxe ait bien le statut d’association. Cependant, la notion d’exercice à “titre professionnel” peut inversement jouer en sa défaveur. Ainsi, dans le cas des ministre qui cumulent leurs fonctions avec la direction d’un parti politique — à l’image de Christophe Castaner en début de quinquennat, ministre chargé des Relations avec le parlement et patron du mouvement LREM — “l’exercice à titre non-professionnel suppose l’absence de rémunération”, fait remarquer le président d’Anticor, Jean-Christophe Picard.

De son côté, Jean-Paul Delevoye estime que la présidence de Parallaxe n’a rien d’une activité professionnelle. “Il n’est pas chargé de la gestion opérationnelle de cet organisme”, précise son entourage à Capital, qui préfère sans surprise le qualificatif de “gratification” à celui de rémunération, pour évoquer les sommes perçues par le ministre. Pourtant, c’est bien dans la case 1 de sa déclaration d’intérêts et d’activités à la HATVP, réservées aux “activités professionnelles donnant lieu à rémunération ou gratification”, que Jean-Paul Delevoye a lui-même fait figurer son rôle à la tête de Parallaxe. Dans la description de cette activité, il précise même : “Rémunération : 5.368,38 euros mensuels”.

Une déclaration d’intérêts truffée de bizarreries

Dans sa case 3, la déclaration d’intérêts prévoit l’affichage des “ participations aux organes dirigeants d’un organisme public ou privé ou d’une société”. Y mentionner son activité à la tête de Parallaxe eût sans doute été plus fidèle à la conception qu’il a de sa fonction. Cependant, et c’est une bizarrerie de plus, c’est dans cette case 3 que le haut-commissaire a renseigné une ancienne mission de conseiller du délégué général du groupe d’enseignement IGS — rémunérée 25.000 euros nets en 2016 et 40.000 euros en 2017 — dont le caractère professionnel ne fait cette fois aucun doute. Jean-Paul Delevoye avait d’ailleurs abandonné cette fonction en septembre 2017, dans la foulée de sa nomination au poste de haut-commissaire. Parce qu’il la considérait incompatible avec sa mission auprès du gouvernement ?

Au fond, y-a-t-il une véritable différence entre ces fonctions de conseillers au sein du groupe IGS et la présidence du think tank, au sens des incompatibilités ministérielles ? Pour Jean-Paul Delevoye, cela ne fait pas l’ombre d’un doute : “La présidence du think tank n’est pas cantonnée ni reliée au groupe IGS, c’est un organisme qui prend de la hauteur pour proposer un nouveau modèle éducatif”, justifie son cabinet, tout en reconnaissant que Parallaxe est financé, en partie, par le groupe d’enseignement privé.

Un potentiel conflit d’intérêts ?

Outre le caractère professionnel ou non de la présidence de Parallaxe, le risque de conflits d’intérêts auquel s’expose le haut-commissaire en conservant cette activité, et la rémunération qui l’accompagne, paraît grand. Pour s’en convaincre, il suffit de relire l’article 2 de la loi du 11 octobre 2013 relative à la transparence de la vie publique. Il définit le conflit d’intérêt comme “toute situation d’interférence entre un intérêt public et des intérêts publics ou privés qui est de nature à influencer ou paraître influencer l’exercice indépendant, impartial et objectif d’une fonction”.

“En tant que ministre, la conservation de cette fonction en parallèle peut légitimement interroger”, commente René Dosière, ancien député et président de l’Observatoire de l’éthique publique. Dans son rapport, la commission Jospin estimait que “l’exercice de responsabilités au sein d’associations ou de partis est susceptible de présenter, eu égard aux attributions d’un ministre ainsi qu’à l’objet et aux sources de financement de ces organisations, un risque de conflit d’intérêts qui lui paraît devoir être prévenu”.

L’ancien Premier ministre allait même jusqu’à préconiser une modification de l’article 23 de la Constitution visant à dépasser l’actuel critère d’activité exercée à titre professionnel pour “rendre incompatible les fonctions de membre du gouvernement avec l’exercice de toute fonction de direction ou d’administration au sein d’un parti ou d’un groupement politique et de toute autre personne morale (…) formulation englobant aussi bien les sociétés commerciales que les associations”. Une préconisation qui, à ce jour, est restée lettre morte.

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Commentaires

Limogeage                        Cette information concernant sieur Delevoye est très regrettable, les Français ne peuvent faire confiance à la voyoucratie financière qui est à la manoeuvre pour affaiblir les retraites des Français,

C’est une question de crédibilité et de probité,

sieur Jean-Paul Delevoye doit être écarté immédiatement de tous les dossier relatifs aux questions des retraites,

que de casseroles dans les sphères de Matignon de l’Elysée et de l’Assemblée National

Citoyen blasé               Déjà de mettre un mec ultra privilégié, cumulard en tout genre, pour casser encore plus notre pouvoir d’achat, pour paupériser encore plus la classe productrice à savoir les gens qui travaillent vraiment, était d’une bêtise incommensurable mais par contre hélas bien trop courante de la part de nos LREM.

Le déclin c’est encore plus long vers la fin.

sufren79                         comme par hazard les sociétés d’assurances soutiennent la réforme des retraites.
et hop encore un ….
Mais quel cirque de pays …….
paupol.                               TROUDUC en marche !
Ô Secours                                Et ça continue, mais on entend toujours pas parler la fraude fiscale de Macron :
MACRON PRÉSIDENT : LE DEAL AVEC ROTHSCHILD (L’Imprécateur) – MINURNE-RÉSISTANCE
https://www.minurne.org/billets/17514

Pour bien comprendre où se trouve l’anomalie entre le niveau déclaré et le niveau réel de la fortune du président Macron, il faut partir du moment où cette richesse lui est tombée du ciel par la grâce de l’un des plus anciens et des plus prospères ét

Pour bien comprendre où se trouve l’anomalie entre le niveau déclaré et le niveau réel de la fortune du président Macron, il faut partir du moment où cette richesse lui est tombée du ciel par la grâce de l’un des plus anciens et des plus prospères ét
Pour bien comprendre où se trouve l’anomalie entre le niveau déclaré et le niveau réel de la fortune du président Macron, il faut partir du moment où cette richesse lui est tombée du ciel par la grâce de l’un des plus anciens et des plus prospères ét
Meles Meles,                            avez vous déjà un politicien qui n’avait pas un seul intérêt pour sa soi-disant vocation d’élu?
Pro                              Le Président des riches qui met un lobbyiste pour amoindrir les retraites et favoriser les assurances privées ….quoi d’anormal à cela ?
valerie
 
Imagekoenichthomas

alain                               Et dire que cette immonde pourriture, ce gros lard, veut imposer un nivellement des retraites par le bas ! Ces fumiers ne valent pas la corde pour les pendre.

Imagejjiminssi
Human rights                Totalement bénévole? Vraiment? N’y aurait il pas de rémunération pour la présence aux assemblées/réunions?…
De toute façon, Delevoye devrait démissionner pour cet oubli qui le discrédite, comme tout citoyen qui faute il devrait être au moins sanctionné… mais non eux ils sont au dessus des lois…
jlouis-31                          Ben voyons, il ne touche rien du monde de l’assurance, il n’y connait rien, alors il administre quoi exactement. Et s’il est rémunéré par ce « monde » suite à la réforme des retraites, ça m’étonnerait que ce soit au grand jour! On se fout vraiment de nous.
DiSk                                 Ben tiens, un de plus chez Macron !
Et qui devrait déjà être à la retraite, qui plus est…

Gerard Baussan            Quand on voit le niveau des jeunes générations politiques, on se dit qu’on est obligé d’aller chercher les retraités qui savent.  Actuellement je n’ai encore vu aucun expert approchant même de loin le niveau d’expertise de Delevoye dans le domaine particulier des retraites …

Et vous, vous savez faire quoi en matière d’expertise politique ? Donnez nous un exemple concret de votre créativité potentielle en quelques lignes.
themisblindC’est sûr que nommer pour s’occuper de l’avenir de nos retraites, un Haut Commissaire qui a des « trous de mémoire » est risqué au niveau concentration et honnêteté ; mais peut-être que M. Martinez oublie aussi des choses qui ne l’arrangeraient pas. Tous les mêmes ; « fais ce que je dis, pas ce que je fais ! ».

réforme des retraites ! Un procès stalinien en ploutocratie macroniène.

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86Mélenchon condamné à trois mois avec sursis

MÉLENCHON CONDAMNÉ À TROIS MOIS AVEC SURSIS

Jean-Luc Mélenchon a été condamné lundi à trois mois de prison avec sursis et 8.000 euros d’amende par le tribunal de Bobigny pour les incidents ultra médiatisés qui ont émaillé les perquisitions de l’an dernier dans les locaux de La France insoumise et au domicile de certains de ses dirigeants. /Photo prise le 7 octobre 2019/REUTERS/Benoit Tessier

Benoit Tessier

PARIS (Reuters) – Jean-Luc Mélenchon a été condamné lundi à trois mois de prison avec sursis et 8.000 euros d’amende par le tribunal de Bobigny pour les incidents ultra médiatisés qui ont émaillé les perquisitions de l’an dernier dans les locaux de La France insoumise et au domicile de certains de ses dirigeants.

Parmi les autres prévenus, le députés Alexis Corbière a été relaxé, Bastien Lachaud, lui aussi député, a été condamné à 6.000 euros d’amende, et l’eurodéputé Manuel Bompard à 7.000 euros d’amende, sans peine de prison.

Les deux autres personnes poursuivies pour rébellion dans ce dossier ont également écopé d’amendes.

Le chef de file de La France insoumise est celui qui risquait la plus lourde peine, théoriquement jusqu’à 10 ans de prison ferme et 150.000 euros d’amende, compte tenu des infractions qui lui étaient reprochées – rébellion, rébellion en réunion, provocation à la rébellion et actes d’intimidation envers un magistrat et un dépositaire de l’autorité publique.

A l’audience, fin septembre, le ministère public avait réclamé contre lui trois mois de prison avec sursis et 8.000 euros d’amende, des réquisitions très en deçà des risques encourus.

Lors du procès, qui s’est déroulé dans une atmosphère de campagne électorale, Jean-Luc Mélenchon et ses soutiens ont défendu la thèse du procès politique, instruit selon eux par un pouvoir décidé à museler l’opposition.

Les caméras de l’émission Quotidien, sur TMC, ont immortalisé certaines scènes des perquisitions du 16 octobre 2018, en particulier l’une d’elles montrant l’ex-candidat à la présidentielle en train de forcer l’entrée du siège parisien de LFI, gardée par deux policiers.

Ces perquisitions – écourtées du fait de la cohue – avaient lieu dans le cadre de deux enquêtes préliminaires ouvertes par le parquet de Paris, liées à des soupçons d’emplois fictifs au Parlement européen et aux comptes de la campagne présidentielle du candidat, en 2017.

Perquisition à LFI : Jean-Luc Mélenchon condamné à trois mois de prison avec sursis

LEXPRESS.fr avec AFP
Le président de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon à l'Assemblée nationale, le 25 juin 2019 à Paris

Le président de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon à l’Assemblée nationale, le 25 juin 2019 à Paris

afp.com/DOMINIQUE FAGET

Jean-Luc Mélenchon et cinq de ses proches étaient poursuivis notamment pour rébellion et provocation, après une perquisition au siège de la France insoumise en 2018.

La décision était très attendue. Jean-Luc Mélenchon a été condamné ce lundi à trois mois de prison avec sursis et 8000 euros d’amende par le tribunal correctionnel de Bobigny, pour son comportement lors d’une perquisition menée au siège de la France insoumise en octobre 2018. Le leader LFI était poursuivi pour « actes d’intimidation envers un magistrat et un dépositaire de l’autorité publique, rébellion et provocation ».

Plusieurs proches de l’ancien candidat à l’élection présidentielle ont été également condamnés. Le député Bastien Lachaud, l’eurodéputé Manuel Bompard, le président de l’association « L’Ere du peuple » Bernard Pignerol et l’attaché de presse du mouvement sont quant à eux condamnés à des amendes entre 2000 et 7000 euros. Le député LFI Alexis Corbière a lui été relaxé.

Jean-Luc Mélenchon a réagi à cette condamnation et réaffirmé avoir été victime d’un « jugement politique » et d’un « feuilleton judiciaire inventé par Nicole Belloubet et Emmanuel Macron ». « Tout le monde comprend que c’est une comédie judiciaire pour me flétrir (…) Je pense que c’est organisé pour me porter un coup », a-t-il insisté, fustigeant l’absence des parties civiles à l’énoncé du jugement. « Les magistrats finissent par avoir peur », a-t-il assuré.

« La République c’est moi »

Le 16 octobre 2018, policiers et magistrats étaient venus mener une perquisition au siège de LFI dans le cadre de deux enquêtes préliminaires du parquet de Paris, l’une sur les comptes de la campagne présidentielle de 2017 et sur les conditions d’emploi d’assistants d’eurodéputés de LFI – confiées depuis novembre à des juges d’instruction.

LIRE AUSSI >> Mélenchon, le fantasme du procès politique

Plusieurs membres de la France insoumise s’étaient interposés. Jean-Luc Mélenchon avait bousculé un représentant du parquet et un policier, appelé ses lieutenants à « enfoncer la porte » pour entrer dans les locaux où la perquisition était en cours, criant « la République c’est moi » ou encore « ma personne est sacrée ».

Jean-Luc Mélenchon s’est défendu d’avoir voulu user de la violence physique, et avait assuré qu’il voulait simplement assister à la perquisition pour s’assurer que le fichier des inscrits à LFI ne soit pas emporté.

Perquisition à LFI : Jean-Luc Mélenchon écope de trois mois de prison avec sursis

Justice.Conformément aux réquisitions de l’accusation, Jean-Luc Mélenchon a été condamné à trois mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Bobigny dans l’affaire de la perquisition du siège de LFI en octobre 2018. Lui et cinq de ses proches étaient notamment poursuivis pour rébellion et provocation.

Des amendes ont aussi été distribuées : de 2000 à 7000 euros pour le député Bastien Lachaud, l’eurodéputé Manuel Bompard, le président de l’association «L’Ere du peuple» Bernard Pignerol et l’attaché de presse du mouvement. L’amende la plus conséquente, 8000 euros, revient à Jean-Luc Mélenchon. Alexis Corbière a lui été relaxé.

Perquisition houleuse à LFI: décision ce lundi pour Jean-Luc Mélenchon et ses proches

Le leader de La France insoumise et cinq de ses proches, poursuivis notamment pour rébellion et provocation, sont fixés aujourd’hui sur leur sort.

 Le Figaro avec AFP
Jean-Luc Melenchon.
Jean-Luc Melenchon. (Photo by LUDOVIC MARIN / AFP)

«La République c’est moi!»: les images de la perquisition agitée au siège de la France insoumise en octobre 2018 avaient été diffusées en boucle. Jean-Luc Mélenchon et cinq de ses proches, poursuivis notamment pour rébellion et provocation, sont fixés ce lundi sur leur sort. Le leader de LFI, pousuivi pour «actes d’intimidation envers un magistrat et un dépositaire de l’autorité publique, rébellion et provocation», connaîtra à 10h la décision du tribunal correctionnel de Bobigny. Il a annoncé son intention de venir, tout comme les autres prévenus.

Lors de l’audience de deux jours fin septembre, le parquet avait requis trois mois de prison avec sursis à son encontre, estimant qu’il avait mené «un acte de résistance violente avec usage de la force». Le parquet avait aussi demandé 8000 euros d’amende pour Mélenchon, les députés Alexis Corbière et Bastien Lachaud et l’eurodéputé Manuel Bompard, 10.000 euros contre le président de l’association «L’Ere du peuple» Bernard Pignerol et 2000 euros contre l’attachée de presse du mouvement.

«Procès politique»

Le 16 octobre 2018, policiers et magistrats viennent mener une perquisition au siège de LFI dans le cadre de deux enquêtes préliminaires du parquet de Paris, l’une sur les comptes de la campagne présidentielle de 2017 et sur les conditions d’emploi d’assistants d’eurodéputés de LFI – confiées depuis novembre à des juges d’instruction. Plusieurs membres de la France insoumise s’interposent. Jean-Luc Mélenchon bouscule un représentant du parquet et un policier, appelle ses lieutenants à «enfoncer la porte» pour entrer dans les locaux où la perquisition était en cours, criant «la République c’est moi» ou encore «ma personne est sacrée». La scène est filmée en direct.

«44.000 euros pour avoir crié un peu fort sur notre palier, ça fait très cher le décibel», s’était défendu le député en septembre, applaudi par des dizaines de militants dans la salle. Jean-Luc Mélenchon s’est défendu d’avoir voulu user de la violence physique, et avait assuré qu’il voulait simplement assister à la perquisition pour s’assurer que le fichier des inscrits à LFI ne soit pas emporté.

Le patron de LFI n’a eu de cesse de dénoncer «un procès politique», se faisant même une fierté du motif de l’éventuelle condamnation : «Je vais être condamné pour “rébellion” et “encouragement à la rébellion”. Je serai donc un rebelle officiel. Ce n’est plus une condamnation, c’est une décoration», déclarait-il ainsi mardi au quotidien 20 minutes. Jean-Luc Mélenchon préfèrerait toutefois une relaxe : «Si j’étais l’homme qu’ils ont décrit, ils auraient dû demander mon inéligibilité ou de la prison ferme (…) Donc la relaxe serait la manière digne pour la justice de clore cette affaire. Elle n’est qu’un règlement de compte politique du réseau d’ex PS de Nicole Belloubet avec les Insoumis.»

Douze personnes s’étaient constituées parties civiles, principalement des policiers et magistrats. «On n’est pas au Venezuela ici. On est en France et quand on outrage un policier, on est condamné», avait clamé le ténor du barreau Eric Dupond-Moretti, avocat de policiers, demandant au «tribun» Mélenchon d’«arrêter [son] cirque».

Perquisition à LFI: Jean-Luc Mélenchon condamné à 3 mois avec sursis

Le chef de file des Insoumis écope aussi d’une amende de 8000 euros. Alexis Corbière est relaxé.

AFP
Jean-Luc Mélenchon, chef de file de La France Insoumise

POLITIQUE – La décision est tombée. Un peu plus de deux mois après son procès qu’il avait qualifié de “politique”, Jean-Luc Mélenchon a été condamné à trois mois avec sursis et 8000 euros d’amende par les juges du tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis), selon le délibéré rendu ce lundi 9 décembre.

Lors de l’audience de deux jours fin septembre, le parquet avait requis trois mois de prison avec sursis à son encontre, estimant qu’il avait mené “un acte de résistance violente avec usage de la force”.

Poursuivis pour “actes d’intimidation envers un magistrat et un dépositaire de l’autorité publique”, “rébellion” et “provocation”, Jean-Luc Mélenchon et cinq de ses proches attendaient ce lundi 9 décembre au tribunal correctionnel de Bobigny leur  jugement après la perquisition houleuse intervenue au siège la France insoumise d’octobre 2018.

Le parquet avait aussi demandé 8000 euros d’amende pour Mélenchon, les députés Alexis Corbière et Bastien Lachaud et l’eurodéputé Manuel Bompard, 10.000 euros contre le président de l’association “L’Ère du peuple” Bernard Pignerol et 2.000 euros contre l’attachée de presse du mouvement, Muriel Rozenfeld.

Manuel Bompard a été condamné à 7000 euros d’amende, Bastien Lachaud, 6000 euros, Muriel Rozenfeld à 2000 euros et Bernard Pignerol à 8000 euros.

 

Le 16 octobre 2018, policiers et magistrats viennent mener une perquisition au siège de LFI dans le cadre de deux enquêtes préliminaires du parquet de Paris, l’une sur les comptes de la campagne présidentielle de 2017 et sur les conditions d’emploi d’assistants d’eurodéputés de LFI – confiées depuis novembre à des juges d’instruction.

“Ce n’est plus une condamnation, c’est une décoration”

Plusieurs membres de la France insoumise s’interposent. Jean-Luc Mélenchon bouscule un représentant du parquet et un policier, appelle ses lieutenants à “enfoncer la porte” pour entrer dans les locaux où la perquisition était en cours, criant “la République c’est moi” ou encore “ma personne est sacrée”.

Avant cette décision, Jean-Luc Mélenchon se montrait serein. “Je vais être condamné pour ‘rébellion’ et ‘encouragement à la rébellion’. Je serai donc un rebelle officiel. Ce n’est plus une condamnation, c’est une décoration”, a-t-il ironisé dans un récent entretien accordé à 20 Minutes.

Procès pour rébellion de Mélenchon : le jugement rendu en pleine mobilisation sur la réforme des retraites

Les hasards du calendrier judiciaire font parfois arriver les procès à des heures très inopportunes. Jean-Luc Mélenchon est rattrapé en plein mouvement social par le jugement qui doit être rendu ce lundi par le Tribunal de grande instance de Bobigny dans l’affaire de la perquisition du siège de la France Insoumise.

Jean-Luc Mélenchon, devant le tribunal de Bobigny en septembre 2019
Jean-Luc Mélenchon, devant le tribunal de Bobigny en septembre 2019 © AFP / Martin Bureau

Le 20 septembre dernier, jugés pour « rébellion, provocation et intimidation », le leader de la France Insoumise et cinq membres du mouvement ont vu requérir à leur encontre des peines essentiellement financières : 10.000 euros pour Bernard Pignerol, conseiller d’état, véritable bras droit de Jean-Luc Mélenchon, et président de l’association « l’Ère du peuple », qui était aussi l’objet des perquisitions du 16 octobre 2018. Le parquet a requis 8.000 euros d’amende contre les députés Bastien Lachaud, Alexis Corbière et l’actuel euro-député Manuel Bompard. Enfin, 2.000 euros d’amende contre Muriel Rozenfeld, l’attachée de presse du mouvement, dont l’avocat a rappelé qu’avant la campagne présidentielle de la France Insoumise, elle avait travaillé pour l’actuel ministre de l’Intérieur Christophe Castaner.

Pour Jean-Luc Mélenchon, ce sont trois mois de prison avec sursis qui ont été requis, en plus des 8.000 euros d’amendes. Le retour de ce procès, en pleine mobilisation contre la réforme des retraites, est vécu diversement au sein du mouvement.

À la France Insoumise, certains, dont Jean-Luc Mélenchon et Sophia Chikirou, continuent de dénoncer un procès politique. C’est ce qu’on voit avec la tournée de Sophia Chikirou, la directrice des dernières campagnes de la France Insoumise. Elle organise des débats un peu partout avec son film intitulé Lawfare, le cas Mélenchon, qu’elle a co-réalisé avec Jean-Marie Vaude. Elle y défend la thèse de ce procédé qui consiste à instrumentaliser la justice, afin de faire taire des opposants politiques. Jean-Luc Mélenchon, qui en a fait un livre (Et ainsi de suite...), est toujours sur cette ligne.

À l’issue de l’audience, en septembre dernier, il semblait toutefois considérer que l’opération avait fait « pschitt » : « On m’a décrit, ainsi que mes camarades, comme des gens qui ne respectaient pas la loi, qui avaient provoqué une émeute, une rébellion… Bla bla bla bla… Eh bien si nous étions tout cela, il fallait demander notre inéligibilité. C’est-à-dire, dire ‘ces personnes ne sont pas dignes d’occuper ce mandat’. Mais qu’est ce qu’on demande à la fin ? De l’argent ! ».

Il reste que les images de cette perquisition ont empoisonné l’année 2019 des Insoumis, qui pour la plupart, sont sur cette ligne : qu’on en finisse ! Consigne a d’ailleurs été passée de ne pas s’exprimer sur le sujet et de se concentrer sur le mouvement social.

Perquisition à La France insoumise : Jean-Luc Mélenchon condamné à trois mois de prison avec sursis et 8 000 euros d’amende

franceinfo avec AFP
Perquisition à La France insoumise : Jean-Luc Mélenchon condamné à trois mois de prison avec sursis et 8 000 euros d’amende

Jean-Luc Mélenchon condamné. Le leader de La France insoumise a été jugé coupable, lundi 9 décembre, d' »actes d’intimidation envers un magistrat et un dépositaire de l’autorité publique, rébellion et provocation ». Il a été condamné à trois mois de prison avec sursis assortis d’une amende 8 000 euros dans l’affaire de la perquisition mouvementée de son parti en octobre 2018. « C’est du n’importe quoi, le pays est à côté de ses chaussures, la justice a été instrumentalisée par le pouvoir public », a réagi le député des Bouches-du-Rhône.

Fin septembre, le parquet avait requis trois mois de prison avec sursis à l’encontre de Jean-Luc Mélenchon, estimant qu’il avait mené « un acte de résistance violente avec usage de la force ». Le député Alexis Corbière a lui été relaxé, Manuel Bompard, Bastien Lachaud, Bernard Pignerol et Muriel Rozentfeld ont été respectivement condamnés à 7 000 euros, 6 000 euros, 8 000 euros et 2 000 euros d’amende.

« La République, c’est moi »

Le 16 octobre 2018, policiers et magistrats ont mené une perquisition au siège de La France insoumise dans le cadre de deux enquêtes préliminaires du parquet de Paris, l’une sur les comptes de la campagne présidentielle de 2017 et sur les conditions d’emploi d’assistants d’eurodéputés de LFI – confiées depuis novembre à des juges d’instruction.

Devant les caméras de télévision, Jean-Luc Mélenchon s’était opposé avec virulence à cette perquisition. Il avait alors appelé ses proches à « enfoncer la porte » pour entrer dans les locaux du parti, affirmant notamment : « La République, c’est moi ! » On le voyait également bousculer un représentant du parquet ainsi qu’un policier qui tentait de s’interposer.