Retraite…bérésina…Epargnez!! La recherche d’extraterrestres « est bien plus crédible qu’auparavant »

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7Réforme des retraites : « Je n’aurai aucune forme de faiblesse ou de complaisance », assure Macron

MEME PAS PEUR Le président a réaffirmé sa volonté d’aller jusqu’au bout de sa réforme, même si elle devait le rendre « impopulaire »

20 Minutes avec AFP

Le président de la République Emmanuel Macron lors d'un pique-nique sur le site de Grand-Anse (Petite-Ile) mettant en valeur les produits locaux, en présence notamment des acteurs des filières agricoles et d’élus, à La Réunion.
Le président de la République Emmanuel Macron lors d’un pique-nique sur le site de Grand-Anse (Petite-Ile) mettant en valeur les produits locaux, en présence notamment des acteurs des filières agricoles et d’élus, à La Réunion. — VALERIE KOCH/SIPA

Le président Emmanuel Macron assure qu’il n’aura « aucune forme de faiblesse ou de complaisance » face aux mobilisations contre sa réforme des retraites même si cette dernière devait le rendre « impopulaire », dans un entretien diffusé ce lundi par RTL.

« Je veux aller au bout de cette réforme, je pense qu’elle est nécessaire pour le pays donc je la défendrai. Peut-être ça me rendra impopulaire, peut-être que des gens diront « c’est insupportable, tout ça pour ça ». Je ferai tout pour qu’il n’y ait pas ces blocages, je ferai tout pour qu’on soit en soutien de nos compatriotes qui seraient bloqués, mais je n’aurai aucune forme de faiblesse ou de complaisance », a déclaré le chef de l’État.

Première grande mobilisation le 5 décembre

Alors que la CGT, FO, la FSU et Solidaires ont appelé à « une première journée » de grève interprofessionnelle le 5 décembre contre la réforme, rejoignant plusieurs syndicats de la SNCF et de la RATP, Emmanuel Macron a répété son intention de transformer le système actuel en un système universel par points.

Ce n’est pas une transformation « qui nie ce que sont les droits acquis d’individus », a-t-il estimé à propos des régimes spéciaux qui doivent se fondre à terme dans le futur système. A l’adresse de ceux qui s’opposent à leur disparition, il a ajouté : « en conscience, vous ne pouvez pas sincèrement et raisonnablement me dire : on va embaucher, avec les mêmes règles. C’est pas possible, c’est pas raisonnable ».

Le Haut-commissaire aux Retraites, Jean-Paul Delevoye, a rencontré ces dernières semaines les représentants syndicaux des professions bénéficiant d’un régime spécial de retraite (avocats, fonctionnaires, RATP…) afin de préparer avec elles une « période de transition ».

P.L avec AFP
« Je veux aller au bout de cette réforme, je pense qu’elle est nécessaire pour le pays donc je la défendrai », a déclaré le chef de l’État.

Emmanuel Macron© Thomas Samson – AFP Emmanuel Macron Le président Emmanuel Macron assure qu’il n’aura « aucune forme de faiblesse ou de complaisance » face aux mobilisations contre sa réforme des retraites même si cette dernière devait le rendre « impopulaire », dans un entretien diffusé ce lundi par RTL.

« Je veux aller au bout de cette réforme, je pense qu’elle est nécessaire pour le pays donc je la défendrai. Peut-être ça me rendra impopulaire, peut-être que des gens diront ‘c’est insupportable, tout ça pour ça’. Je ferai tout pour qu’il n’y ait pas ces blocages, je ferai tout pour qu’on soit en soutien de nos compatriotes qui seraient bloqués, mais je n’aurai aucune forme de faiblesse ou de complaisance », a déclaré le chef de l’État.

Retraites : Macron n’aura « aucune forme de faiblesse » face aux mobilisations

LExpress.fr

Retraites : Macron n’aura « aucune forme de faiblesse » face aux mobilisations

Plusieurs syndicats ont déjà appelé à une grève interprofessionnelle le 5 décembre contre la réforme.

Coûte que coûte, il ira jusqu’au bout. Le président Emmanuel Macron assure qu’il n’aura « aucune forme de faiblesse ou de complaisance » face aux mobilisations contre sa réforme des retraites même si cette dernière devait le rendre « impopulaire », dans un entretien diffusé lundi par RTL.

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« Je veux aller au bout de cette réforme, je pense qu’elle est nécessaire pour le pays donc je la défendrai. Peut-être que ça me rendra impopulaire, peut-être que des gens diront ‘c’est insupportable, tout ça pour ça’. Je ferai tout pour qu’il n’y ait pas ces blocages, je ferai tout pour qu’on soit en soutien de nos compatriotes qui seraient bloqués, mais je n’aurai aucune forme de faiblesse ou de complaisance », a déclaré le chef de l’État.

Une journée de grève le 5 décembre

Alors que la CGT, FO, la FSU et Solidaires ont appelé à « une première journée » de grève interprofessionnelle le 5 décembre contre la réforme, rejoignant plusieurs syndicats de la SNCF et de la RATP, Emmanuel Macron a répété son intention de transformer le système actuel en un système universel par points.

Ce n’est pas une transformation « qui nie ce que sont les droits acquis d’individus », a-t-il estimé à propos des régimes spéciaux qui doivent se fondre à terme dans le futur système.

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À l’adresse de ceux qui s’opposent à leur disparition, il a ajouté: « En conscience, vous ne pouvez pas sincèrement et raisonnablement me dire: on va embaucher, avec les mêmes règles. C’est pas possible, c’est pas raisonnable ».

Le haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, a rencontré ces dernières semaines les représentants syndicaux des professions bénéficiant d’un régime spécial de retraite (avocats, fonctionnaires, RATP…) afin de préparer avec elles une « période de transition ».

Réforme des retraites: « Je n’aurai aucune forme de faiblesse ou de complaisance », assure Macron

AFP
Le président Emmanuel Macron s’exprime le 23 octobre 2019 lors d’un déplacement à Saint-Denis de la Réunion

Paris (AFP) – Le président Emmanuel Macron assure qu’il n’aura « aucune forme de faiblesse ou de complaisance » face aux mobilisations contre sa réforme des retraites même si cette dernière devait le rendre « impopulaire », dans un entretien diffusé lundi par RTL.

« Je veux aller au bout de cette réforme, je pense qu’elle est nécessaire pour le pays donc je la défendrai. Peut-être ça me rendra impopulaire, peut-être que des gens diront « c’est insupportable, tout ça pour ça ». Je ferai tout pour qu’il n’y ait pas ces blocages, je ferai tout pour qu’on soit en soutien de nos compatriotes qui seraient bloqués, mais je n’aurai aucune forme de faiblesse ou de complaisance », a déclaré le chef de l’État.

Alors que la CGT, FO, la FSU et Solidaires ont appelé à « une première journée » de grève interprofessionnelle le 5 décembre contre la réforme, rejoignant plusieurs syndicats de la SNCF et de la RATP, Emmanuel Macron a répété son intention de transformer le système actuel en un système universel par points.

Ce n’est pas une transformation « qui nie ce que sont les droits acquis d’individus », a-t-il estimé à propos des régimes spéciaux qui doivent se fondre à terme dans le futur système.

A l’adresse de ceux qui s’opposent à leur disparition, il a ajouté: « en conscience, vous pouvez pas sincèrement et raisonnablement me dire: on va embaucher, avec les mêmes règles. C’est pas possible, c’est pas raisonnable ».

Le Haut commissaire aux Retraites, Jean-Paul Delevoye, a rencontré ces dernières semaines les représentants syndicaux des professions bénéficiant d’un régime spécial de retraite (avocats, fonctionnaires, RATP…) afin de préparer avec elles une « période de transition ».

Retraites: « Je n’aurai aucune forme de faiblesse ou de complaisance », assure Macron

Paris Match | avec AFP

Emmanuel Macron
Emmanuel Macron REUTERS/Johanna Geron

Interrogé sur RTL, Emmanuel Macron a assuré lundi matin qu’il n’aura « aucune forme de faiblesse ou de complaisance » face aux mobilisations contre sa réforme des retraites.

Le président Emmanuel Macron assure qu’il n’aura « aucune forme de faiblesse ou de complaisance » face aux mobilisations contre sa réforme des retraites même si cette dernière devait le rendre « impopulaire », dans un entretien diffusé lundi par RTL. « Je veux aller au bout de cette réforme, je pense qu’elle est nécessaire pour le pays donc je la défendrai. Peut-être ça me rendra impopulaire, peut-être que des gens diront ‘c’est insupportable, tout ça pour ça’. Je ferai tout pour qu’il n’y ait pas ces blocages, je ferai tout pour qu’on soit en soutien de nos compatriotes qui seraient bloqués, mais je n’aurai aucune forme de faiblesse ou de complaisance », a déclaré le chef de l’État.

Alors que la CGT, FO, la FSU et Solidaires ont appelé à « une première journée » de grève interprofessionnelle le 5 décembre contre la réforme, rejoignant plusieurs syndicats de la SNCF et de la RATP, Emmanuel Macron a répété son intention de transformer le système actuel en un système universel par points.

Ce n’est pas une transformation « qui nie ce que sont les droits acquis d’individus », a-t-il estimé à propos des régimes spéciaux qui doivent se fondre à terme dans le futur système. A l’adresse de ceux qui s’opposent à leur disparition, il a ajouté: « en conscience, vous pouvez pas sincèrement et raisonnablement me dire: on va embaucher, avec les mêmes règles. C’est pas possible, c’est pas raisonnable ». Le Haut commissaire aux Retraites, Jean-Paul Delevoye, a rencontré ces dernières semaines les représentants syndicaux des professions bénéficiant d’un régime spécial de retraite (avocats, fonctionnaires, RATP…) afin de préparer avec elles une « période de transition ».

Réforme des retraites: Macron promet d’aller jusqu’au bout malgré les menaces de blocage

Garcin-Berson, Wladimir
Réforme des retraites: Macron promet d’aller jusqu’au bout malgré les menaces de blocage

Les situations particulières de «certains de nos compatriotes, qui sont dans des régimes où il y a beaucoup d’avantages qui étaient construits avec le temps» doivent être revues, assume Emmanuel Macron. / RICHARD BOUHET/AFP

Le locataire de l’Élysée «assume» sa réforme et se dit prêt à faire face aux blocages dans un entretient à RTL. Il revient aussi sur la colère des urgentistes, et déclare comprendre les «personnels en souffrance».

La bataille pour la réforme des retraites s’annonce rude, mais l’occupant de l’Élysée compte bien aller jusqu’au bout: c’est le message transmis par Emmanuel Macron dans un entretien diffusé par RTL ce lundi matin. Alors que les syndicats s’apprêtent à monter au front à l’occasion d’une grève illimitée et interprofessionnelle prévue à partir du 5 décembre prochain, le président de la république défend sa méthode, ses objectifs, et se dit prêt à faire face aux semaines prochaines qui s’annoncent agitées.

Pour Emmanuel Macron, les «angoisses» des Français quant à la réforme des retraites sont légitimes: «chacun veut être sûr de toucher la retraite qu’il a prévue», ce qui peut conduire à des «craintes, des manifestations». Néanmoins, les situations particulières de «certains de nos compatriotes, qui sont dans des régimes où il y a beaucoup d’avantages qui étaient construits avec le temps» doivent être revues, assume-t-il: «avec le temps, leurs métiers se sont quand même normalisés», et cette situation engendre désormais des «inégalités qu’on n’arrive plus à expliquer aux gens». Les régimes spéciaux seront donc modifiés, afin de reconstruire une «justice» entre les carrières, précise-t-il.

Le locataire de l’Élysée ajoute également que le prochain système restera un «régime de solidarité» où les travailleurs paient pour les retraités. Les retraités actuels, de même que les personnes à cinq ans de leur fin de carrière, ne seront pas touchés par les modifications. La réforme, estime-t-il, permettra de «corriger des inégalités que [les Français] critique[nt] depuis des décennies et qu’on n’avait jamais eu le courage de traiter». Elle réglera également la question des carrières heurtées, dont sont surtout victimes les «femmes qui élèvent leurs enfants» ou les chômeurs, mais cela aura un prix: «on va sans doute vers un modèle où on doit travailler un peu plus», confesse Emmanuel Macron, une concession qui offrira toutefois «plus de visibilité et plus de clarté» au système.

La question de la date d’entrée en vigueur du nouveau système reste toutefois imprécise: «soit on dit: ‘on rentre en 2025, et puis tous les droits que vous avez acquis avant 2025 sont comptés puis vous passez au nouveau régime’, soit on prend plus de temps». Cependant, dans ce dernier cas, «on décide tout de suite que les nouvelles générations rentrent dans le nouveau système».

L’exécutif prêt à endurer un blocage durable

Le président devra toutefois composer avec la colère de la majorité des organisations représentatives, qui sont vent debout contre certaines des pistes avancées par le haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye. Emmanuel Macron dit «comprend[re] tout à fait quelqu’un qui est à EDF, à la RATP ou à la SNCF, qui a 48 ou 50 ans et qui proteste»: «il ne faut pas tout bousculer pour lui», ajoute-t-il, défendant une transition longue vers le nouveau système à points. «Il faut gérer l’angoisse des gens qui veulent comprendre où ils vont», explique-t-il.

Pour mettre en place son système, Emmanuel Macron dit «assumer» sa réforme et se dit prêt à endurer plusieurs semaines de manifestations et de blocages, au nom de la «justice et de la confiance»: «il ne faut pas que nos compatriotes qui travaillent dans des services essentiels considèrent que leur mobilisation soit de nature à bloquer des familles ou des travailleurs», prévient-il donc, appelant au «calme et à la responsabilité».

Car, pour lui, la chose est entendue: «je veux aller jusqu’au bout de cette réforme» jugée «nécessaire pour le pays», afin de «refaire les bases, les fondations de notre pays», dans «l’intérêt de chacun». Le locataire de l’Élysée la soutiendra donc coûte que coûte, et même si celle-ci doit se faire au prix d’une impopularité importante et d’une pression accrue des citoyens excédés par les blocages. «Si je ne le faisais pas […] je ne serais pas au rendez-vous de ce dont notre pays a besoin», se justifie-t-il. L’État sera donc «en soutien» des Français bloqués, le cas échéant, mais l’exécutif n’aura «aucune forme de faiblesse ou de complaisance» sur ce dossier des retraites.


Urgences: Macron salue le «dévouement incroyable» des personnels

Revenant sur le mouvement de grève qui touche plus de 250 services d’urgences dans l’Hexagone, Emmanuel Macron promet d’abord une «réponse» immédiate, consistant à «remettre des moyens» pour répondre «à la souffrance des personnels de santé». Sur le long terme, il défend le «caractère stratégique, visionnaire» du plan «Ma santé 2022» du gouvernement, qui permettra, selon lui, de «rebâtir notre système de santé». Cette stratégie mettra toutefois «5 à 10 ans à se déployer», prévient-il.

Pour le chef de l’exécutif, ouvrir plus de lits pour accueillir plus de patients n’est pas nécessairement la meilleure idée dans toutes les situations: «il y a d’autres endroits où il faut organiser différemment les choses […] il y a des gens qui viennent aux urgences, qui n’ont pas à y être, et il faut remettre de la permanence des soins en ville». «Quelqu’un qui a un rhume, c’est pas normal qu’il aille aux urgences», cite-t-il en exemple.

Pour le locataire de l’Élysée, le gouvernement actuel paie en partie «aujourd’hui les mauvais choix ou les non-réformes d’il y a 10, 15 ou 20 ans». Il salue également le «dévouement incroyable» des personnels, et estime qu’on arrive désormais «au bout d’un système qui tirait sur la corde depuis 10 ou 15 ans». Pour sauver un modèle social à bout de souffle, le président de la république défend une transformation aussi ambitieuse et profonde que celles faites «en sortant d’une guerre», lorsqu’il faut «rebâtir le pays».

Réforme des retraites : « Je n’aurai aucune forme de faiblesse », prévient Emmanuel Macron

Une grève « illimitée » contre la réforme des retraites doit commencer le 5 décembre à la RATP et à la SNCF.

Emmanuel Macron, le 11 octobre 2019 au palais de l\'Elysée.
Emmanuel Macron, le 11 octobre 2019 au palais de l’Elysée. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Un chef de l’Etat déterminé à faire passer sa réforme des retraites, malgré le risque d’un conflit social. « C’est une réforme très dure (…) mais je ferai tout pour qu’il n’y ait pas ces blocages. Je ferai tout pour qu’on soit en soutien de nos compatriotes qui seraient bloqués, mais je n’aurai aucune forme de faiblesse ou de complaisance », a prévenu Emmanuel Macron, lundi 28 octobre au micro de RTL, alors qu’une grève interprofessionnelle est prévue le 5 décembre, date à laquelle débutera la grève « illimitée » à la RATP, la SNCF et les transports routiers.

Peut-être que ça me rendra impopulaire mais si je ne le faisais pas, d’abord je ne respecterai pas une promesse que j’ai faite à nos concitoyens, et je ne serai pas au rendez-vous de ce dont notre pays a besoin.Emmanuel Macronsur RTL

S’il dit « entendre les protestations », le président de la République appelle les grévistes « qui travaillent dans des services essentiels » à ne pas « bloquer des familles ou des travailleurs ». « Je les appelle au calme et à la responsabilité », a-t-il ajouté.

Retraites : « Je veux aller au bout de cette réforme », assure Emmanuel Macron

Retraites : "Je veux aller au bout de cette réforme", assure Emmanuel Macron
Antoine Gyori – Corbis / Contributeur / Getty Images

Le président de la République a assuré ce lundi 28 octobre qu’il irait au bout de sa réforme des retraites, qu’il juge « nécessaire pour le pays » et qu’il entend bien défendre. Concernant la grève prévue le 5 décembre prochain, il a promis de « tout pour qu’il n’y ait pas ces blocages ».

Emmanuel Macron lance un message de fermeté aux grévistes. Le président assure ce lundi 28 octobre dans une interview pour RTL qu’il n’aura « aucune forme de faiblesse ou de complaisance » face aux mobilisations contre sa réforme des retraites, même si cette dernière devait le rendre « impopulaire ». « Je veux aller au bout de cette réforme, je pense qu’elle est nécessaire pour le pays donc je la défendrai. Peut-être ça me rendra impopulaire, peut-être que des gens diront ‘c’est insupportable, tout ça pour ça' », a annoncé le chef de l’État sur ce sujet sensible qui suscite une forte contestation de la population.

Au sujet de la grève interprofessionnelle prévue le 5 décembre prochain, date à laquelle débutera la grève « illimitée » initiée de la RATP, la SNCF et les transports routiers, le président se veut ferme et combatif.  « Je ferai tout pour qu’il n’y ait pas ces blocages, je ferai tout pour qu’on soit en soutien de nos compatriotes qui seraient bloqués, mais je n’aurai aucune forme de faiblesse ou de complaisance », a déclaré le chef de l’État. En effet selon Emmanuel Macron, cette réforme vaut de prendre le risque que le pays se bloque pendant des semaines « parce qu’elle est très différente ».

>> À lire aussi : Réforme des retraites : votre date d’entrée dans le régime universel pourrait dépendre de votre régime de retraite actuel

Pour lui, « elle va permettre de corriger des inégalités que vous critiquez depuis des décennies et qu’on avait jamais eu le courage de traiter ». « J’entends les protestations (…) mais il ne faut pas que nos compatriotes qui travaillent dans des services essentiels considèrent que leur mobilisation soit de nature à bloquer des familles ou des travailleurs et moi je les appelle au calme et à la responsabilité », déclare Emmanuel Macron.

Vous avez demandé la Police ?!!

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https://i0.wp.com/service.autoplus.fr/wp-content/uploads/2012/11/illustrtion-arr%C3%AAt%C3%A9-par-la-police.jpgLes policiers défilent à Paris pour une « marche de la colère »

Policiers sécurisant une manifestation
Policiers sécurisant une manifestation

POLICE – Une mobilisation inédite depuis près de 20 ans: à l’appel d’une large intersyndicale, les policiers vont battre le pavé ce mercredi 2 octobre à Paris pour une “marche de la colère” sur fond de malaise de l’institution, de hausse des suicides et de réforme des retraites.

Le cortège partira vers 12H30 de la place de la Bastille pour rejoindre celle de la République. Les organisations syndicales qui ont réussi l’union sacrée tous corps et tous grades confondus, espèrent une mobilisation exceptionnelle de 15.000 à 20.000 manifestants.

De mémoire de syndicalistes policiers, on n’avait pas vu un tel appel unitaire depuis 2001. A l’époque, la mobilisation avait été provoquée par le meurtre de deux policiers au Plessis-Trévise (Val-de-Marne) par un braqueur récidiviste.

Ras-le-bol et usure

Cette fois, pas de fait divers sanglant agissant comme élément déclencheur, mais une usure opérationnelle liée au mouvement social des “gilets jaunes”, où la police a été accusée de violences, et un bond des suicides au sein de la police nationale, un mal endémique dans l’institution.

Cinq points sont au cœur des revendications des policiers: “l’amélioration de la qualité de vie au travail”, “une véritable politique sociale pour les agents du ministère de l’Intérieur”, “une réponse pénale réelle, efficace et dissuasive”, “la défense des retraites” et une future loi d’orientation et de programmation “ambitieuse”.

“Il y a un ras-le-bol profond”, fait valoir David Le Bars, secrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN-Unsa). “Tous les syndicats ont conscience que la police est malade.”

“On est au-delà des moyens. Une enveloppe budgétaire ou la future Loppsi (loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure) ne régleront pas tout”, complète le syndicaliste, qui met également en avant le “contexte de craintes” relatif aux réformes des retraites et de la fonction publique.

“Une position ferme et définitive du gouvernement”

Le futur big bang des régimes de retraite est en effet l’un des principaux points de tension entre l’exécutif et les syndicats policiers, qui craignent une remise en cause de leur avantageux système de bonifications.

Les policiers bénéficient d’une bonification spéciale dite “du cinquième” ou “quinquennale”, qui leur offre une annuité (quatre trimestres) de cotisation tous les cinq ans. Elle est plafonnée à cinq annuités. Pour être éligible à cette bonification, le fonctionnaire doit avoir exercé 27 ans.

Les propos du ministre de l’Intérieur Christophe Castaner assurant, le 17 septembre, qu’il défendrait “jusqu’au bout la spécificité du statut” des forces de l’ordre, sont loin d’avoir dissipé les inquiétudes des organisations syndicales. “Nous voulons une position ferme et définitive du gouvernement”, résume le secrétaire général d’Unité-SG-FO, Yves Lefebvre.

“Castaner n’a pas toutes les cartes en main. Il joue une partie de poker avec Matignon qui détient les cordons de la bourse et l’Elysée”, observe Yves Lefebvre. “Mais tout le monde doit comprendre qu’il y aura le feu dans la maison ‘police’” si le gouvernement devait suivre les préconisations du rapport du haut-commissaire à la réforme des retraites Jean-Paul Delevoye, publié en juillet.

552 millions d’euros supplémentaires

Face à cette nouvelle gronde du monde policier, le ministère de l’Intérieur met en avant les mesures entreprises depuis l’arrivée du duo Castaner/Nuñez en octobre 2018.

“Il ne s’agit pas du tout de nier les difficultés que peuvent rencontrer les policiers. Depuis un an, on sait qu’ils ont été mis à rude épreuve”, avance l’entourage de Christophe Castaner. “Il y a un travail très important de remise à niveau et on le conduit projet de loi de finances après projet de loi de finances”, complète la source.

Ainsi selon le ministère de l’Intérieur dont le budget augmentera de 4% en 2020, 552 millions d’euros supplémentaires ont été consacrés aux personnels des forces de sécurité depuis le budget 2018.

Beauvau fait également valoir la “mobilisation forte” sur les suicides comme l’activisme des ministres pour défendre la police contre “la critique permanente”. Le rappel de ces mesures sera-t-il suffisant pour apaiser la “colère” des policiers? “Nous sommes déjà dans l’après-2 octobre”, avertit Yves Lefebvre.

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Encore 1 américain à Rouen!

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Incendie de l’usine Lubrizol de Rouen : ce que l’on sait (et ce que l’on ignore encore) cinq jours après le sinistre

Les habitants se sentent toujours abandonnés par les autorités. De son côté, Lubrizol laisse entendre que l’incendie a débuté à l’extérieur de son usine, avant de s’y propager.

L\'incendie de l\'usine Lubrizol de Rouen a provoqué un important panache de fumée, le 26 septembre au-dessus de la ville.
L’incendie de l’usine Lubrizol de Rouen a provoqué un important panache de fumée, le 26 septembre au-dessus de la ville. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)

Des odeurs « gênantes » mais « pas nocives ». Le Premier ministre, Edouard Philippe, est à son tour venu à Rouen, lundi 30 septembre, pour tenter de rassurer la population cinq jours après l’incendie de l’usine Lubrizol, classée Seveso. Toutefois, certaines zones d’ombre demeurent sur la cause de l’incendie, ou la toxicité à plus long terme des émanations. Voici ce que l’on sait, et ce que l’on ignore encore, de cet accident industriel majeur.

Ce que l’on sait

• La qualité de l’air n’est « pas en cause »Selon le Premier ministre, qui est venu à son tour à Rouen après cinq membres du gouvernement, « la qualité de l’air à Rouen n’est pas en cause ». « Je ne dis pas que les odeurs ne sont pas gênantes. Elles ne sont pas nocives », a-t-il insisté, quatre jours après le sinistre. « C’est ce que me disent les scientifiques, c’est ce que me disent les techniciens. Et j’ai tendance à écouter ce que me disent les scientifiques et les techniciens lorsqu’il s’agit et de sécurité et de gestion des risques », a-t-il ajouté devant la presse.

Les analyses sont menées sous l’égide de l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris). Les éléments volatils ont tous été mesurés à « des taux inférieurs au seuil de quantification, assure de son côté Pierre-André Durand, le préfet de Normandie. Nous sommes dans un état habituel de la qualité de l’air à Rouen ». « A une exception près », selon le préfet, qui a fait état d’une « présence de benzène sur le site » de l’usine. Le détail des mesures a été publié sur le site de la préfecture de Seine-Maritime.

• De l’amiante dans le toit parti en fumée. Les toits de l’usine sinistrée sont équipés d’un toit en fibrociment, un matériau reconnu pour ses qualités isolantes mais qui contient de l’amiante. A ce sujet, « un programme de mesures de fibres dans l’air a été lancé dans un rayon de 300 mètres autour du site », a annoncé le préfet. Ce périmètre a été déterminé en prenant en compte les circonstances du sinistre, lors duquel « la quasi-totalité du toit s’est affaissée ».

• Des traces de plomb à certains endroits. Le préfet s’est voulu rassurant au sujet de l’état des sols touchés par les suies qui se sont déposées par l’effet des pluies. Il n’y a « pas de différences significatives entre un prélèvement
témoin et d’autres situés sous le panache », a assuré le préfet. « On retrouve les teneurs habituelles pour une suie », a-t-il précisé.

Des traces de plomb ont en outre été relevées à certains endroits. Mais, selon le préfet, elles sont « vraisemblablement imputables à des traces historiques », cest-à-dire à une pollution préexistante à l’incendie.

• Des plaintes déposées. Au moins cinq personnes ont décidé de porter plainte contre X, à la suite de vomissements et malaises survenus après l’incendie. Leurs avocats, Jonas Haddad et Grégoire Leclerc, précisent que d’autres plaintes seront déposées dans les prochains jours. Ils disent avoir reçu « depuis 48 heures des appels de particuliers mais aussi d’entreprises »« Certains plaignants se sont plaints d’avoir eu des nausées importantes, d’autres ont été obligés d’aller à l’hôpital. L’un des plaignants a eu un malaise pendant la nuit à cause de ça, alors qu’il n’est jamais pris de vertiges, et il est tombé la tête la première, ce qui lui a occasionné des points de suture, précise Jonas Haddad. « Une autre personne évoque le fait qu’elle avait stocké des eaux, et l’intégralité des eaux a été souillée par les suies d’hydrocarbures », ajoute l’avocat.

• Des associations attaquent. L’association de l’ex-ministre de l’Environnement Corinne Lepage a également saisi la justice. Par le biais de son association Respire et d’une centaine de citoyens, elle a décidé de déposer un « référé constat » devant le tribunal administratif de Rouen. Il s’agit d’une procédure d’urgence « qui permet d’avoir des informations dans un délai très court ». L’association Générations futures a elle aussi porté plainte contre X pour « mise en danger d’autrui » et « atteintes à l’environnement. »

• Une enquête judiciaire élargie. Dès la survenue du sinistre, une enquête pour « destructions involontaires par l’effet d’une explosion ou d’un incendie » a été confiée au service régional de la police judiciaire de Rouen, en cosaisine avec l’office central contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique, la direction centrale de la police judiciaire et la direction générale de la gendarmerie nationale.

Samedi, cette enquête a été élargie pour le chef de « mise en danger d’autrui ». Dans un communiqué, le procureur de la République de Rouen, Pascal Prache, a justifié cette décision par « les plaintes portées à la connaissance du parquet, dans le ressort du tribunal de grande instance de Rouen ou hors ressort », et qui lui sont « adressées au fur et à mesure ».

• Une plainte contre X déposée par l’entreprise. Le PDG de l’entreprise de produits chimiques, qui a très rapidement exprimé des doutes sur l’origine du départ de feu, a déposé une plainte contre X pour « destruction involontaire par explosion ou incendie par violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence ».

Ce que l’on ignore encore

• La cause de l’incendie. Cinq jours après, on ignore toujours les raisons du gigantesque incendie. Mais le PDG de Lubrizol a quelques doutes sur l’origine. Au lendemain du sinistre, dans une interview exclusive à franceinfo, Frédéric Henry se disait déjà « très étonné » de voir « qu’un départ de feu se déclare dans cette zone-là où il n’y a pas d’activité, seulement du stockage ».

Mardi 1er octobre, la directrice générale de Lubrizol est même allée plus loin, sur l’antenne de nos confrères de France Bleu Normandie. Isabelle Striga affirme disposer de documents « qui nous portent à penser que le feu a démarré à l’extérieur de l’entreprise (…), en dehors des limites de propriété du site. C’est là que nous avons constaté le départ du feu. Les équipes en place nous ont indiqué que le feu est parti très vite. » Elle ne souhaite pas communiquer davantage d’éléments car « une enquête est en cours ».

Jeudi, le préfet avait affirmé que cette usine était « aux normes telle que nous l’avons vue en 2019 », « parfaitement à niveau ». Il avait cependant reconnu qu’« elle ne l'[avait] pas toujours été » et qu’en 2017, « elle [avait] fait l’objet d’une mise en demeure » en raison de « dix-sept manquements » puis qu’une « mise à niveau » avait été réalisée.

• La liste des matériaux qui ont brûlé. « Des hydrocarbures, des huiles et des additifs chimiques pour huiles de moteur » constituent « l’essentiel de ce qui a brûlé », indiquait le préfet quelques heures après le début de l’incendie, sans détailler la liste exacte des composants chimiques. Il avait simplement souligné que « l’intégralité » des matériaux utilisée par l’entreprise était consultable publiquement. Le préfet et un responsable du Sdis (pompiers) de Seine-Maritime ont confirmé que des éléments radioactifs scellés, utilisés pour des instruments de mesure, étaient bien présents sur le site, mais que ceux-ci n’avaient pas été affectés par l’incendie.

Face à l’inquiétude de la population, le directeur de l’usine Lubrizol a assuré mardi sur franceinfo que « la liste des produits a été communiquée à l’administration ». « Nous travaillons en totale transparence avec les services de l’Etat », a précisé Laurent Bonvalet. 

• La toxicité des émanations. Au total, 51 personnes ont consulté les établissements de santé rouennais jeudi et vendredi matin à cause de l’incendie. Parmi eux, cinq adultes qui avaient déjà des pathologies respiratoires auparavant ont été hospitalisés, selon le Samu. Immédiatement après l’incendie, le préfet avait indiqué qu’il n’y avait « pas de toxicité aiguë » dans la fumée, selon les premières analyses, précisant que les bruits d’explosion entendus par les habitants correspondaient à des explosions de fûts d’huile. Une observation confirmée par les analyses complémentaires.

En revanche, une toxicité à long terme n’est pas exclue. « L’inquiétude est absolument légitime. Ce nuage qui est passé au-dessus de Rouen est chargé en poussière hautement toxique au minimum cancérogène », estime Annie Thébaud-Mony, directrice de recherche honoraire à l’Inserm, spécialisée dans les cancers professionnels.

• Les conséquences sur les cultures agricoles. Des mesures conservatoires ont été décidées. « Les productions végétales non récoltées ne devront pas l’être », a annoncé le préfet. Les productions récoltées avant le 26 septembre et susceptibles d’avoir été exposées « devront être consignées sous la responsabilité de l’exploitant jusqu’à obtention de garanties sanitaires sur les productions et sur la base de contrôles officiels et d’une évaluation du risque sanitaire ». Lors de son déplacement à Rouen, le Premier ministre s’est engagé à « accompagner » les agriculteurs de Seine-Maritime et d’autres régions touchés par les conséquences de l’incendie.

En ce qui concerne les potagers de particuliers, il est recommandé de ne pas consommer les produits souillés. Ils peuvent cependant l’être après avoir été soigneusement lavés ou épluchés, précisent les autorités.

La Rédaction – AFP
rouen © Reuters rouen « Lubrizol coupable, l’Etat complice »: quelque 2.000 manifestants dont plusieurs parlementaires, ont réclamé la vérité mardi sur l’incendie de l’usine chimique Lubrizol à Rouen, au cours de laquelle plus de 5.000 tonnes de produits chimiques sont partis en fumée. « Nos enfants en danger », « le préfet doit sauter », scandaient les manifestants, partis du palais de justice en direction de la préfecture de Normandie. « Ils cachent la vérité, à nous tous d’enquêter », lisait-on aussi sur une affiche brandie par une manifestante, tandis qu’une banderole réclamait le retour d’un « air normalement pollué ».

La préfecture de Seine-Maritime a publié dans la soirée la liste des 5.253 tonnes de produits chimiques qui ont brûlé dans l’incendie de l’usine jeudi dernier, conformément à la promesse faite par le Premier ministre Édouard Philippe mardi après-midi devant l’Assemblée nationale. « Tous les produits ne sont pas dangereux », a assuré la préfecture. Un peu plus tôt, le préfet Pierre-Yves Durand avait d’ores et déjà exclu devant la presse tout « risque » lié à l’amiante au vu des premières analyses, tout en évoquant 160 fûts « en état délicat » qui attendent toujours d’être évacués. « Vous mentez, monsieur le Préfet! », a rétorqué dans un communiqué l’Association nationale de défense des victimes de l’amiante (Andeva). « L’important est ce qui s’est passé dans la colonne de fumée où une masse de fibres d’amiante a voyagé avec les suies. »

À voir :L’explosion de l’usine de Rouen en images

« Suspicion généralisée

« 

Les agences publiques chargées des risques industriels (Ineris) et de la santé (Anses) vont être consultées sur l’éventualité de rechercher de nouveaux produits dans les retombées, a annoncé la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne. Le parquet de Rouen, qui s’est dessaisi de l’enquête au profit du pôle de santé publique de Paris, a lui annoncé avoir recensé « plus d’une quarantaine de plaintes » à la suite de l’incendie. Le parquet a en outre précisé que l’origine du feu était pour l’heure impossible à déterminer « avec certitude ». La société Lubrizol avait affirmé lundi que l’incendie avait vraisemblablement commencé à l’extérieur du site, en se basant sur « la vidéosurveillance et des témoins oculaires ». Depuis l’incendie, le gouvernement multiplie les propos rassurants et promet « la transparence » mais sans convaincre.

Des rapports officiels consultés mardi par Mediapart évoquaient en 2016 la présence dans l’usine Lubrizol de produits « très dangereux pour l’environnement » et « nocifs », et estimaient qu’un incendie pourrait donner lieu à la « formation de substances toxiques ». Mme Borne a indiqué mardi qu’une partie des produits avait pu être évacuée jeudi lors de l’incendie par les services de secours. Le média en ligne écrit également qu’un mur couvre-feu demandé en 2010 à Lubrizol par arrêté préfectoral n’avait pas été construit en 2016. Enfin, une augmentation, début 2019, de l’autorisation de stockage de produits inflammables dans l’usine n’aurait pas, selon Mediapart, fait l’objet d’une procédure spécifique et obligatoire d’autorisation. Constatant « le climat de suspicion généralisée », le préfet de Normandie Pierre-André Durand s’est demandé « quel serait l’intérêt des pouvoirs publics de mentir ».

Mardi, à Rouen, l’odeur était encore très marquée

Mardi, à Rouen, l’odeur était encore très marquée dans certains quartiers, a constaté une journaliste de l’AFP. Selon le cabinet du maire, mardi cinq à six écoles rouennaises sont « soit fermées car les enseignants ont fait usage de leur droit de retrait, soit ont demandé aux parents de venir chercher leurs enfants quand ils le pouvaient à cause de l’odeur ». Alors que l’inquiétude se manifeste toujours à Rouen sur les conséquences de l’incendie sur la santé et l’environnement, un nouvel incident s’est produit dans une autre usine Seveso classée seuil haut située dans l’agglomération. La préfecture a annoncé la « mise à l’arrêt » de cette usine Borealis, qui produit des engrais, en raison d’un incident sur l’alimentation électrique.

Selon Guillaume Blavette, représentant France Nature environnement au Conseil départemental de l’environnement et des risques (Coderst), Borealis contient « la plus grande cuve d’ammoniac d’Europe ». « Il y a de quoi vitrifier la moitié de Rouen », a-t-il dit. Sur le front judiciaire, l’association Respire a notamment engagé lundi soir un référé-constat auprès du tribunal administratif de Rouen pour obtenir la nomination d' »un expert afin de constituer les éléments du dossier de manière contradictoire », a expliqué à l’AFP Me Corinne Lepage. Côté police, Yan Bertrand, secrétaire du syndicat Unité SGP police Seine-maritime, a indiqué avoir saisi le préfet. « Nous voulons savoir si toutes les dispositions ont été prises pour assurer la sécurité des fonctionnaires qui sont intervenus au moment du sinistre ». Des avocats rouennais ont décidé d’organiser « des consultations gratuites spécifiques » sur l’incendie. A titre personnel, plusieurs d’entre eux ont aussi porté plainte. Au moins 1.800 agriculteurs ont été touchés par les suies de l’incendie de l’usine Lubrizol, selon le ministère de l’Agriculture. Les premières indemnisations pourraient intervenir sous une dizaine de jours.

Incendie de l’usine Lubrizol à Rouen : Quatre questions pour comprendre la sécurité du site Seveso

ACCIDENT Les normes de sécurité de l’usine Lubrizol sont remises en question à la suite de l’incendie qui a eu lieu jeudi à Rouen. Mais comment ces règles sont-elles fixées ?

Jean-Loup Delmas

Après l'explosion à Rouen, de nombreuses questions sécuritaires se posent
Après l’explosion à Rouen, de nombreuses questions sécuritaires se posent — Marceau Bellenger/AP/SIPA
  • Après l’explosion de l’usine Lubrizol à Rouen, de nombreuses questions se posent sur les normes de sécurité.
  • 20 Minutes fait le point sur les grandes interrogations de la sécurité des sites Seveso.

Après l’explosion de l’usine Lubrizol à Rouen, de nombreuses questions restent en suspens autour des normes de sécurité des sites Seveso, et de celui-ci en particulier. Pourquoi des habitations sont-elles installées de façon si proche de produits potentiellement toxiques ? Comment ont été fixées les normes de sécurité ? Vont-elles être renforcées après l’explosion ? 20 Minutes fait le point pour mieux comprendre la sécurité spécifique des sites Seveso.

Comment sont fixées les normes de sécurité ?

La classification Seveso est fixée par la nomenclature des Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE), qui catégorise les sites industriels en France. « La classification est faite selon une gradation qui dépend du volume et du type de produits chimiques stockés sur le site (simple déclaration, enregistrement, autorisation puis Seveso pour les plus gros sites). Les mesures de sécurité imposées à l’industriel dépendent de cette catégorisation. Pour la catégorie Seveso, il y a d’ailleurs deux types, un seuil haut et un seuil bas, selon là aussi le type et la quantité de produits chimiques stockés », renseigne Vincent Brenot, avocat spécialisé en droit de l’environnement au cabinet August-Debouzy.

Dans le cas du seuil haut, comme celui qui concernait le site de Rouen, des mesures de sécurité extrêmement drastiques doivent être prises. « L’exploitant est tenu de mettre en place des procédures internes afin d’assurer que le stockage des produits chimiques est fait dans de bonnes conditions de sécurité. Un plan de prévention de risque technologique (PPRT) est également fixé avec la préfecture, pour prévenir des effets d’un éventuel accident. Ce plan est financé en partie par les riverains (en général à hauteur de 10 %), par les pouvoirs publics et par l’industriel. Le PPRT peut déterminer des zones d’inconstructibilité ou encore imposer des mesures aux riverains telles que le renforcement des toitures et des vitrages pour pallier un éventuel effet blast. »

Que se passe-t-il quand un site veut s’étendre, comme c’était le cas de l’usine Lubrizol ?

Vincent Brenot précise : « Dès lors que l’on modifie substantiellement les conditions d’exploitation d’un site, qu’il s’agisse de sa superficie ou des types de produits qui y sont stockés, une nouvelle étude d’impact doit être réalisée. »

Il faut donc à nouveau établir quel serait l’impact en cas d’accident : « On passe en revue tous les scénarios qui pourraient arriver, pour mesurer l’étendue des dégats susceptibles de survenir. En fonction, on accorde ou non la modification de l’usine, et on fixe de nouvelles normes », indique Ginette Vastel, référente Risques et Impacts Industriels de France Nature Environnement.

Les normes vont-elles être renforcées après cet incendie ?

Il faut tout d’abord savoir raison garder selon Vincent Brenot, qui rappelle l’efficacité des normes déjà en place : « Les mesures auxquelles sont astreints les exploitants sont très contraignantes et coûteuses. Elles expliquent le faible nombre d’accidents au regard du grand nombre de sites industriels présents sur le territoire français. Chaque accident est en soi inacceptable mais un cas isolé ne doit pas conduire à remettre en cause l’efficience globale de l’arsenal réglementaire applicable. » Ainsi, le dernier grand accident en France d’un site Seveso remonte à la tragédie d’AZF à Toulouse, soit 18 ans sans accident majeur.

Pour autant, rien n’indique qu’il n’y aura pas de changement : « L’enquête en cours permettra de déterminer s’il y a eu des manquements à la sécurité ou s’il est nécessaire de prescrire des mesures supplémentaires. Il s’agit d’un domaine à la fois scientifique et empirique, et qu’on pourra tirer les conséquences de cet accident pour, le cas échéant, renforcer les règles applicables », prévient l’avocat.

Même relativisme chez Ginette Vastel : « Il y a déjà une législation très contraignante et très complète. Il s’agit maintenant de vérifier qu’elle soit appliquée. A la FNE, on demande surtout plus de contrôles, qui ont tendance à diminuer ces dernières années et plus d’agent de l’Etat pour vérifier. »

Elle plaide néanmoins pour une meilleure distribution de l’information, aujourd’hui devenue complexe à obtenir : « Depuis les attentats, il est beaucoup plus difficile d’avoir des informations sur ces sites. Je comprends et compatis à l’angoisse des habitants de Rouen, mais je pense qu’elle serait moindre s’ils avaient été mieux informés au préalable. Ce manque d’information participe également à la méfiance sur les informations venant a posteriori de l’incendie. »

Comment expliquer des habitations si proches de sites potentiellement dangereux ?

Pour l’avocat, ce ne sont pas les sites qu’il faut blâmer, mais bien l’urbanisation incontrôlée : « La plupart des sites Seveso ont été construits à l’écart des agglomérations mais certains sites se retrouvent entourés de zone urbaine. Avec le développement des agglomérations, c’est bien souvent l’urbanisation qui vient aux sites et non l’inverse. »

Un problème qui a été pris en compte bien tard par les politiques, comme l’explique Ginette Vastel : « La loi sur le PPRT destiné à réglementer l’urbanisme autour des sites Seveso ne date que de 2003 après l’explosion d’AZF en 2001. Avant cette date, les constructions se sont rapprochées de tous les sites industriels. On juge le rapprochement urbain avec les yeux d’aujourd’hui et l’explosion de Rouen. Mais l’urbanisation massive n’a pas pris cela en compte, et le rapprochement des habitants vers les sites industriels était plutôt cohérent au quotidien dans une logique de travail facile d’accès. Maintenant que l’urbanisme est là, il faut être d’autant plus exigeant sur les contrôles et la sécurité de ces sites. »

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L'ordre des avocat de Rouen va organiser des consultations gratuites. © AFP L’ordre des avocat de Rouen va organiser des consultations gratuites. Six jours après l’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen, Maître Grégoire Leclerc, un des avocats représentant des parties civiles, annoncent la tenue prochainement de consultations gratuites au sein de la Maison des avocats.

« Nous nous sommes rapidement mobilisés », explique l’avocat. « Nous avons, à l’initiative de notre bâtonnier, organisé une assemblée générale dès lundi à 12h30 ».

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L’ordre des avocats a prévu la mise en place de consultations gratuites, ouvertes à tous, « pour que les riverains puissent se renseigner sur les actions en cours et obtenir des informations. »

Des particuliers et des entreprises touchés

Une commission avec plusieurs avocats va se réunir à propos des risques industriels. 1/5ème des avocats de la ville travailleraient sur l’incendie de l’usine Lubrizol, classée Seveso.

Une quarantaine de plaintes ont déjà été déposées. « En majorité des particuliers », précise Grégoire Leclerc. « Mais aussi des entreprises qui commencent à souffrir de l’impact économique. »