Le retour des barbus…égarés!!

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Marc DAOU

Précipité par le retrait américain de Syrie, le retour des jihadistes français détenus sur place par les Kurdes se précise. Le gouvernement français s’est dit, mardi, ouvert à « toutes les options » pour éviter leur dispersion.

L’épineuse question du retour en France des jihadistes français de l’organisation État (EI), capturés et détenus par les Kurdes en Syrie, se pose à nouveau au gouvernement français, dont la politique en la matière est mise à l’épreuve par le retrait américain du pays.

Pour Paris, qui souhaitait jusqu’ici traiter les situations « au cas par cas », avec l’idée que les adultes doivent être jugés « dans les pays où ils ont été interpellés », en Syrie ou Irak, « toutes les options » sont désormais sur la table, y compris un retour en France. »Compte tenu de l’évolution de la situation militaire dans le nord-est syrien, des décisions américaines, et afin d’assurer la sécurité des Français, nous examinons toutes les options pour éviter l’évasion et la dispersion de ces personnes potentiellement dangereuses », a annoncé mardi 29 janvier le ministère des Affaires étrangères.

« Si les forces qui ont la garde de combattants français prenaient la décision de les expulser vers la France, ceux-ci seraient immédiatement remis à la justice », ajoute la diplomatie française, qui s’est gardée de prononcer le mot « rapatriement ». À ce stade, aucune décision n’a été prise, souligne-t-on de source gouvernementale française.

L’annonce d’un éventuel retour organisé des jihadistes, pour contenir tout menace terroriste ou propagandiste s’ils revenaient par leurs propres moyens, reste un sujet sensible politiquement, alors que l’opinion publique reste marquée par les attentats terroristes revendiqués par l’EI ou commis en son nom sur le sol français. Les attentats du 13-novembre ont été commis par un commando terroriste formé notamment de jihadistes français qui avaient rallié le califat auto-proclamé de l’EI, à cheval sur la Syrie et l’Irak, avant de revenir frapper en France.

« Il y a actuellement des gens qui sont en prison et qui sont tenus parce que les Américains sont là et qui vont être libérés. Ils vont vouloir revenir en France », avait déclaré dans la matinée le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner sur BFMTV.

Et d’ajouter : « Ce sont des Français avant d’être des jihadistes. Certains sont déjà revenus, nous les mettons en prison, nous les connaissons (…).S’ils viennent en France, ils seront incarcérés, jugés et sanctionnés ». Le ministre a cependant refusé de confirmer les informations avancées par certains médias nationaux, faisant état de 130 personnes actuellement détenues par les Forces démocratiques syriennes (FDS), la coalition arabo-kurde. Sur les 680 jihadistes français estimés sur le théâtre irako-syrien, plus de 300 sont morts et un petit nombre a rejoint d’autres pays (Afghanistan, pays du Maghreb, Libye), estime Paris.

Le spectre des revenants

Alors que l’EI, qui compte encore des « milliers » de combattants selon le renseignement américain, a perdu ces derniers mois l’essentiel de ses territoires en Syrie, la France avait échappé à la vague de « revenants » français redoutée par le gouvernement. Les jihadistes qui s’étaient rendus ou qui ont été capturés, ainsi que leurs femmes et leurs enfants, étaient jusqu’ici détenus par les forces kurdes, tandis que d’autres se sont redéployés dans les derniers bastions du groupe, notamment au nord et sud de l’Euphrate, dans la province de Deir Ezzor.

Concernant les enfants français, le président Emmanuel Macron a affirmé à plusieurs reprises que leur situation devait être étudiée « au cas par cas », selon leur dangerosité. Si les femmes sont systématiquement placées en détention le temps de l’enquête, les enfants, emmenés de France ou nés sur place de parents français, font l’objet d’une procédure particulière et d’une prise en charge dédiée sur le plan médical et psychiatrique. « L’exception, c’est les mineurs. On a un devoir particulier de sauvegarder l’intérêt supérieur de l’enfant », a récemment indiqué le quai d’Orsay. Toutefois, certains mineurs, recherchés et identifiés par les services de renseignement, sont poursuivis ou font l’objet d’un suivi administratif dans l’attente d’une éventuelle saisine du juge des enfants.

Une fois arrivés en France, qui est le premier vivier jihadiste de l’Union européenne, les revenants sont judiciarisés, majoritairement poursuivis pour association de malfaiteurs à visée terroriste, mis en examen et placés en détention provisoire, ou simplement soumis à un suivi judiciaire. D’autres, déjà condamnés par contumace, sont détenus en exécution de peine.

Cependant, outre l’étude de leurs agissements sur place et de leur degré d’adhésion à l’idéologie de l’EI, les nouveaux revenants éventuels posent une question supplémentaire par rapport à ceux qui sont rentrés en France, avant la débâcle de l’EI dans la région : celle de la durée de leur séjour dans les bastions de l’EI, – pourquoi sont-ils restés aussi longtemps sur place ? Certaines femmes disent avoir subi des pressions pour rallier l’Irak ou la Syrie, n’avoir jamais combattu sur place, et avoir été empêchées de rentrer plus tôt en France.

Plusieurs femmes, mères de famille ont récemment demandé à être rapatriées avec leurs enfants et jugées en France, se disant victimes de l’EI et détenues dans des conditions précaires par les Kurdes.

Une jihadiste française souhaitant rentrer en France, où elle a dit avoir été condamnée à de la prison. © Capture d’écran France 24. Une jihadiste française souhaitant rentrer en France, où elle a dit avoir été condamnée à de la prison.

Le retour des djihadistes français détenus en Syrie n’est plus un tabou

La France souhaitait qu’ils soient jugés sur place. Mais le retrait américain oblige à rapatrier quelque 200 hommes, femmes et enfants.

Par Elise Vincent, Madjid Zerrouky et Marc Semo

Des civils  lors d’un contrôle d’identité, les troupes kurdes syriennes, à Baghouz (Syrie), le 26 janvier.
Des civils  lors d’un contrôle d’identité, les troupes kurdes syriennes, à Baghouz (Syrie), le 26 janvier. DELIL SOULEIMAN / AFP

Que faire des djihadistes français et de leurs familles détenus en Syrie ? La question hante depuis de longs mois les autorités françaises, qui avaient jusqu’ici choisi de les laisser aux mains des Forces démocratiques syriennes (FDS), à dominante kurde, plutôt que de les juger en France. Mais le problème se pose avec une acuité toute nouvelle depuis l’annonce, fin décembre 2018, du retrait prochain des troupes américaines présentes dans le pays, qui pourrait redessiner en profondeur le rapport de force sur le terrain.

Le temps est compté. Alors que l’organisation Etat islamique (EI) est en déroute, la Turquie menace les territoires sous contrôle kurde et la poussée des forces du régime syrien vers le nord et l’est du pays n’est plus qu’une question de mois, si ce n’est de semaines. En décembre 2018, des officiels de l’administration autonome du Nord syrien – qui demandent depuis des mois aux Occidentaux de rapatrier leurs ressortissants – ont averti qu’une opération militaire turque contre leur région pourrait rendre la gestion des prisonniers de l’EI « hors de contrôle ».

Surpris par la décision soudaine prise par Donald Trump de quitter la Syrie, Paris – qui espérait que le président américain se fût finalement rendu aux arguments de son appareil militaire et eût décidé de se maintenir dans le pays – prépare désormais le départ de ses forces, environ 200 hommes impliqués sur le terrain.

« Nous ne pouvons pas rester s’ils partent et nous n’avons d’ailleurs même pas les moyens de partir sans eux », affirmait fin décembre 2018 au Monde une source proche du dossier. Le retrait américain, qui sera l’objet d’une réunion le 6 février à Washington entre les pays impliqués dans la coalition qui regroupe une cinquantaine d’Etats, pourrait être effectif aux alentours du printemps.

Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni assument aujourd’hui les coûts associés à la gestion des centres .

Le gouvernement n’exclut plus un retour des djihadistes français détenus en Syrie

Près de 130 hommes et femmes impliqués dans le djihad et détenus dans des camps en Syrie, sous la surveillance des Kurdes, pourraient être rapatriés en France dans les prochaines semaines. « Tous ceux qui rentreront en France seront judiciarisés et confiés aux juges », a précisé le ministre de l’intérieur Christophe Castaner.

Ce serait la première fois que la France organise un rapatriement massif de djihadistes français depuis la Syrie et cela, aussitôt la nouvelle connue, a suscité la polémique. Mardi matin, BFM TV a annoncé que près de 130 djihadistes, détenus dans des camps en Syrie sous la surveillance des Kurdes, allaient être rapatriés dans les prochaines semaines en France.

Une annonce aussitôt confirmée, toujours sur le plateau de BFM TV, par Christophe Castaner qui a rappelé que « ce sont des Français avant d’être des djihadistes ». « Tous ceux qui rentreront en France seront judiciarisés et confiés aux juges, a précisé le ministre de l’intérieur. Lorsque le juge estimera qu’il faudra les mettre en prison – et ce sera l’essentiel des cas –, ils seront mis en prison. Certains sont déjà revenus et sont incarcérés, nous les connaissons. Ceux qui reviendront seront écroués. »

Cette déclaration a entraîné une mise au point du Quai d’Orsay qui, pour la première fois, n’a pas écarté l’hypothèse d’un éventuel rapatriement. Lors d’un point presse, le porte-parole du ministère des affaires étrangères a annoncé que, « compte tenu de l’évolution de la situation militaire dans le Nord-Est syrien », « toutes les options », y compris un retour en France, seraient examinées, ceci afin d’« éviter l’évasion et la dispersion de ces personnes potentiellement dangereuses ».

En revanche, le Quai d’Orsay tout comme la place Beauvau ont contesté le nombre de 130 djihadistes annoncé dans les médias. Il semble qu’il y ait eu une confusion : 130 serait le nombre de ressortissants français, hommes, femmes et enfants détenus par les Forces démocratiques syriennes (FDS), à majorité kurde, qui combattent l’État islamique aux côtés de la coalition internationale dirigée par les États-Unis.

En réalité, comme Mediapart l’avait déjà évoqué, le contingent de combattants français incarcérés en Syrie mais aussi en Irak ne dépasserait pas la soixantaine d’individus. La grosse moitié des 130 personnes emprisonnées est composée de femmes parties faire le djihad et ayant épousé un combattant de l’EI. Certaines avaient quitté la France avec leurs enfants, ou ont eu des enfants sur place. Pour demander à rentrer en France, certaines ont déjà fait des déclarations publiques, comme Émilie König, d’autres non.

Quelle que soit sa composition, le contingent de 130 Français rapatriés constituerait un afflux important alors que jusqu’ici, comme Mediapart l’avait révélé, la principale originalité des revenants français étaient qu’ils ne revenaient pas… Les retours se font au compte-gouttes : moins de 70 hommes et femmes depuis trois ans. D’après des sources judiciaires et policières, 33 hommes et femmes sont rentrés en 2016, 24 en 2017 et moins d’une dizaine en 2018. Sur la même période, 45 enfants ont suivi leurs parents. Sur près de 700 adultes et 500 mineurs qui composent le contingent de Français encore sur zone, la proportion est faible.

L’hypothèse d’un rapatriement, reconnue mardi par le gouvernement, est la conséquence du retrait des troupes américaines annoncé en décembre 2018 par Donald Trump. « Ils rentrent tous, et ils rentrent maintenant », avait tweeté le président des États-Unis, arguant de la défaite, selon lui, de l’État islamique. Dès lors, une prochaine offensive turque sur les zones des Kurdes, jusqu’ici aidés par la coalition internationale, les Américains en tête (lire l’enquête de Mediapart à ce sujet) fait craindre que les djihadistes détenus ne soient relâchés dans la nature.

Des djihadistes, à l'époque du califat, se déplaçant en bateau. © DR Des djihadistes, à l’époque du califat, se déplaçant en bateau. © DR

Sans surprise, la révélation d’un possible rapatriement de djihadistes français a suscité mardi un vif débat. Avec quelques propositions folkloriques, comme celle de Nicolas Dupont-Aignan qui a proposé une « mesure de bon sens » : bannir ces individus dans « un lieu isolé comme les îles Kerguelen »

Pour le gouvernement, il s’agit d’un changement de doctrine. Jusque-là, les pouvoirs publics français avaient adopté une position qui se voulait pragmatique, mais qui frôlait le cynisme. À savoir laisser les prisonniers français de l’EI être jugés sur place quand c’est possible, comme en Irak, qui est un État de droit, et sinon, voir « au cas par cas », dixit Emmanuel Macron le 9 novembre 2017, lors d’un déplacement à Abou Dabi.

Mais le 4 janvier 2018 (sur BFM TV), le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux dit préférer que les djihadistes françaises soient également jugées en Syrie, et affirme que les autorités kurdes syriennes « sont en capacité d’assurer un procès équitable ». Le 14 janvier (dans Libération), la ministre de la défense Florence Parly lui emboîte le pas, en assurant que « dans la partie tenue par les Kurdes, les autorités locales se prononceront sur la responsabilité éventuelle des ressortissants français concernant les crimes ou délits commis sur ce territoire, du fait de leur appartenance à une organisation terroriste ».

Tollé chez les défenseurs des droits humains, et parmi les avocats de revenants. Le 17 janvier, quatre d’entre eux (Marie Dosé, William Bourdon, Martin Pradel et Marc Bailly) annoncent le dépôt d’une plainte contre X, qui vise l’État français, pour détention arbitraire et abus d’autorité.

« Nous constatons que les autorités françaises sont parfaitement informées de la présence de ces femmes et de ces enfants (parfois des nourrissons), et font délibérément le choix de s’abstenir de toute intervention dans le but de laisser ces mères et ces enfants entre les mains des Kurdes syriens et de leurs “autorités locales”. Or le Kurdistan n’ayant aucune existence légale et ne disposant par là même d’aucune institution souveraine, ces femmes et ces enfants sont tous détenus sans droit ni titre », expose le communiqué des avocats.

Plus prosaïquement, confiait alors un magistrat à Mediapart, « aucun service n’a envie de rapatrier les revenants, car la plupart n’ont pas de valeur ajoutée pour les enquêtes sur les attentats commis en France. Faut-il prendre le risque qu’une femme ou un enfant revienne et se fasse exploser un jour dans un lieu public ? ».

Un ponte des services de renseignement nous confirmait que « les personnes actuellement détenues là-bas n’offrent aucun intérêt opérationnel ou judiciaire », sous-entendant qu’aucun prisonnier aux mains des Kurdes ou des Irakiens ne serait cadre de l’État islamique ou impliqué dans les attentats commis en France.

Interrogé l’an dernier, Wassim Nasr, journaliste de France 24 et auteur de L’État islamique, le fait accompli (Plon, 2016), se situe sur le terrain géopolitique et le long terme pour considérer que laisser les djihadistes français sur zone « n’est pas une bonne solution ». « On ne fait qu’ajourner le problème. Dans le Nord syrien, il est difficile d’avoir une visibilité au-delà de six mois. Une autorité judiciaire locale, qu’elle soit l’émanation des rebelles kurdes ou des rebelles pro-turcs, qui condamnerait un Français à 20 ans, quelle certitude a-t-on qu’il purge bien sa peine et ne soit pas remis en liberté au prochain bouleversement régional ? », estimait notre confrère, à qui l’actualité de ces derniers jours donne raison.« Accepter de laisser des djihadistes dans la nature, cela peut aggraver la menace car nos services de renseignement ne sauront pas où ils se trouvent au moment de leur libération. Il faut que les hommes d’État européens assument et prennent des décisions qui ne plaisent pas à leurs opinions mais seront porteuses à long terme », concluait Wassim Nasr.

Aussi choquante qu’elle puisse être ressentie par certains, l’hypothèse d’un rapatriement des djihadistes français est la solution la plus satisfaisante sur le plan du droit. Et d’un point de vue sécuritaire, la moins pire.

Retour des djihadistes français : un député réclame des «assassinats ciblés»

>Politique|Le Parisien avec AFP| 29 janvier 2019, 22h41 |69
Le député Les Républicains Pierre-Henri Dumont à l’Assemblée nationale en 2017. AFP/Jacques Demarthon

D’autres personnalités de droite et d’extrême droite se sont exprimées contre le retour des djihadistes français.

Plusieurs responsables politiques de droite et d’extrême droite ont dénoncé l’éventuel retour, évoqué par le gouvernement, de djihadistes français détenus par les Kurdes en Syrie, le député LR Pierre-Henri Dumont appelant même à des « assassinats ciblés ».

La députée et secrétaire générale adjointe de LR Valérie Boyer a demandé lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale d’« empêcher que ces djihadistes qui ont trahi la France et combattu notre civilisation ne reviennent […] en France ». « S’ils posaient le pied en France, ils seraient immédiatement arrêtés et ils seront jugés », lui a répondu Christophe Castaner.

Interrogé sur LCP, le député LR du Pas-de-Calais, Pierre-Henri Dumont, a déclaré : « Il y a un choix juridique d’intelligence avec l’ennemi, en leur retirant la nationalité française. Il y a un autre choix, l’élimination de ces personnes. »

« Ce sont des éliminations ciblées pratiquées déjà par différents services (de renseignement) en Syrie, en Irak […] c’est-à-dire tuer des personnes qui ont pris des armes contre la France, la France ne doit jamais les réaccueillir », a-t-il précisé. « On les tue sur place, des assassinats ciblés ça a toujours été fait », a-t-il soutenu.

« Ce sont des Français avant d’être des djihadistes »

L’eurodéputé du Rassemblement national Nicolas Bay, également membre du bureau exécutif (direction) du RN, a pour sa part jugé dans un communiqué que « par leur engagement aux côtés de groupes ayant déclaré la guerre à notre pays, ayant commis des attentats ignobles sur notre territoire, ces djihadistes ont délibérément choisi de rompre avec la France et rien ne justifie qu’elle leur accorde une quelconque protection ».

« Plutôt que de préparer leur retour, le gouvernement devrait tout faire pour les empêcher de revenir sur le territoire ! Ils doivent être jugés par les autorités compétentes syriennes et irakiennes », a ajouté le responsable du RN.

« Ce sont des djihadistes, ils ne devraient donc plus être français », avait tweeté un peu plus tôt la chef du parti Marine Le Pen, réagissant à des propos sur BFMTV du ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, pour qui « ce sont des Français avant d’être des djihadistes ».

LIRE AUSSI >Retour des enfants de djihadistes : « Il est temps que la France assume une politique claire »

Paris étudie « toutes les options »

Pour le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, « la seule sentence pour ces individus doit être le bannissement sur un lieu isolé comme les Îles Kerguelen », « encadré par la justice ».

« A ce titre, tous les individus en cause, par le seul fait de s’être volontairement rendus en Syrie pour servir l’Etat islamique, devraient être condamnés pour trahison et intelligence avec l’ennemi », soutient-il.

Paris étudie « toutes les options » concernant ces djihadistes, y compris un retour en France, après l’annonce d’un retrait militaire américain prochain de Syrie, a annoncé mardi le ministère français des Affaires étrangères.

Pierre-Henri Dumont souhaite l' »élimination ciblée » de djihadistes français en Syrie et en Irak pour éviter leur retour en France.

Le député LR Pierre-Henri Dumont a plaidé mardi pour l'élimination physique des djihadistes français en Syrie. © Thomas Padilla/MAXPPP Le député LR Pierre-Henri Dumont a plaidé mardi pour l’élimination physique des djihadistes français en Syrie. La proposition suscite l’indignation de la majorité. Le député LR Pierre-Henri Dumont a plaidé mardi pour l’élimination physique des djihadistes français en Syrie, alors que le gouvernement évoque le retour dans l’Hexagone de ceux détenus sur place par les Kurdes.

Interrogé sur LCP, le député LR du Pas-de-Calais, Pierre-Henri Dumont, a déclaré: « Il y a un choix juridique d’intelligence avec l’ennemi, en leur retirant la nationalité française. Il y a un autre choix, l’élimination de ces personnes ».

« Ce sont des éliminations ciblées pratiquées déjà par différents services (de renseignement) en Syrie, en Irak (…) c’est-à-dire tuer des personnes qui ont pris des armes contre la France, la France ne doit jamais les réaccueillir », a-t-il appuyé. « On les tue sur place, des assassinats ciblés ça a toujours été fait », a aussi soutenu le parlementaire.

« Grave et triste dérive idéologique »

Cette proposition a fait bondir la députée LREM Marie-Christine Verdier-Jouclas, face à lui sur le plateau. « Je comprends vraiment pourquoi je ne pourrai jamais respecter les valeurs du groupe Les Républicains », a-t-elle répliqué. « Grave et triste dérive idéologique », a abondé sur Twitter le député LREM Matthieu Lorphelin.

Face à la polémique, Pierre-Henri Dumont a précisé ses propos sur Twitter: « J’ai dit qu’il valait mieux laisser juger (et sûrement exécuter) les djihadistes français au Moyen-Orient, ou procéder à des éliminations ciblées, comme c’était le cas sous François Hollande », a-t-il écrit.

Outre le député du Pas-de-Calais, plusieurs autres responsables politiques de droite et d’extrême droite ont dénoncé l’éventuel retour de djihadistes français. Pour le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, « la seule sentence pour ces individus doit être le bannissement sur un lieu isolé comme les Îles Kerguelen », « encadré par la justice ».

« Arrêtés et jugés »

« A ce titre, tous les individus en cause, par le seul fait de s’être volontairement rendus en Syrie pour servir l’Etat islamique, devraient être condamnés pour trahison et intelligence avec l’ennemi », soutient-il.

La députée et secrétaire générale adjointe de LR Valérie Boyer a demandé lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale d' »empêcher que ces djihadistes qui ont trahi la France et combattu notre civilisation ne reviennent (…) en France ». « S’ils posaient le pied en France, ils seraient immédiatement arrêtés et ils seront jugés », lui a répondu Christophe Castaner.

Paris étudie « toutes les options » concernant ces djihadistes, y compris un retour en France, après l’annonce d’un retrait militaire américain prochain de Syrie, a annoncé mardi le ministère français des Affaires étrangères.

Nicolas Jacquard
La trentaine de majeurs qui vont bientôt revenir seront évalués dans des quartiers carcéraux dédiés aux détenus radicaux.

Le Parisien: Les djihadistes français de retour de Syrie viendront s’ajouter aux 502 détenus déjà emprisonnés pour des infractions terroristes. © LP/Jean Nicholas Guillo Les djihadistes français de retour de Syrie viendront s’ajouter aux 502 détenus déjà emprisonnés pour des infractions terroristes. Ils devraient donc être une quarantaine d’adultes, de retour de Syrie, à être rapatriés ces prochains mois. Un retour qui passera à coup sûr par la case prison. Au fil des mises en examen, ces djihadistes viendront s’ajouter aux 502 détenus déjà emprisonnés pour des infractions terroristes, qu’ils soient prévenus ou condamnés, quand 1074 détenus pour des faits de droit commun présentent également des signes d’engagement dans la violence extrémiste.

En fonction des décisions des juges d’application des peines, nombre des futurs revenants devraient être évalués, pendant quatre mois, dans un des quatre QER – les quartiers d’évaluations de la radicalisation – actuellement en service. « Il s’agit de séparer les plus prosélytes, avec généralement un bon niveau socioculturel, des plus influençables, dont on redoute un passage à l’acte violent en détention », explique l’administration pénitentiaire.

Une surreprésentation de détenus radicalisés en Île-de-France

À l’issue, les premiers seront pris en charge dans des quartiers spécialisés (QPR), quand les seconds ont plutôt vocation à être placés à l’isolement. Initialement, une majorité de ces détenus pour terrorisme étaient incarcérés en Île-de-France, notamment pour des raisons logistiques, la section C1 du parquet de Paris regroupant la plupart des procédures.

Trois des quatre QER sont ainsi situés en Ile-de-France, à Fresnes, Fleury et Osny, générant ainsi une surreprésentation de détenus radicalisés au niveau francilien. Une proportion que l’administration s’attelle à réduire. Seule la moitié de ces détenus est désormais incarcérée dans la région francilienne, contre 73 % il y a deux ans.

Franceinfo
Si ce chiffre avancé par BFMTV « n’est en aucun cas confirmé », le Quai d’Orsay reconnaît « examiner toutes les options » concernant les Français détenus en Syrie.

© Fournis par France Télévisions« En aucun cas le chiffre de 130 jihadistes n’est confirmé. » Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a réagi, mardi 29 janvier, aux informations de BFMTV selon lesquelles « près de 130 hommes et femmes détenus en Syrie et soupçonnés de jihadisme vont être rapatriés en France, dans les prochaines semaines, pour être jugés ».

Christophe Castaner a toutefois reconnu que le retrait américain de Syrie allait provoquer la « libération » de « gens qui sont en prison », notamment ceux entre les mains des rebelles des Forces démocratiques syriennes. Les jihadistes français concernés, qui sont soupçonnés d’avoir combattu pour l’Etat islamique, « vont vouloir revenir en France », a-t-il estimé. « S’ils viennent en France, ils seront incarcérés. »

Le Quai d’Orsay « examine toutes les options »

Assurant également que le chiffre de 130 jihadistes « n’est en aucun cas confirmé », le ministère des Affaires étrangères a dit, mardi, « examiner toutes les options pour éviter l’évasion et la dispersion » des Français détenus dans le nord-est de la Syrie. « Si les forces qui ont la garde de combattants français prenaient la décision de les expulser vers la France, ceux-ci seraient immédiatement remis à la justice », a ajouté le Quai d’Orsay.

Jusque-là, les dirigeants français répétaient que les combattants jihadistes français capturés en Syrie ou en Irak devaient être jugés par les autorités locales, et non rapatriés sur le territoire national. Christophe Castaner a laissé entrevoir une inflexion, mardi : « D’abord ce sont des Français avant d’être des jihadistes. »

Le retour des djihadistes français ne fait pas l’unanimité

Budget des collectivités territoriales 2019 adopté par l'Assemblée nationale

NICOLAS MESSYASZ/SIPA

 

L’éventuel retour des djihadistes français détenus par les Kurdes en Syrie a été mis sur le tapis par le gouvernement. Une idée contrée par plusieurs responsables politiques de droite et d’extrême droite.

« Assassinats ciblés »

Les Kurdes détiennent de nombreux djihadistes français en Syrie. Le gouvernement français a parlé d’un retour de ces terroristes en France. Mais des personnalités de droite et d’extrême droite se sont opposées à cette éventualité.

Lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, la députée et secrétaire générale adjointe Les Républicains (LR), Valérie Boyer, a demandé à ce que ces djihadistes, ayant trahi la France, ne puissent jamais revenir en France. Le député LR Pierre-Henri Dumont a déclaré sur LCP qu’il faut leur retirer la nationalité française ou l’élimination de ces personnes. « Ce sont des éliminations ciblées pratiquées déjà par différents services (de renseignement) en Syrie, en Irak […] c’est-à-dire tuer des personnes qui ont pris des armes contre la France, la France ne doit jamais les réaccueillir (…)des assassinats ciblés ça a toujours été fait« , a-t-il précisé.

De son côté, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a de son côté fait savoir que si ces djihadistes français posaient le pied en France, ils seraient arrêtés et jugés.

Des Français avant d’être des djihadistes

Dans un communiqué relayé par Le Parisien, l’eurodéputé du Rassemblement national et membre du bureau exécutif (direction) du RN, Nicolas Bay, a jugé que ces djihadistes ont délibérément choisi de rompre avec la France. Cette dernière ne doit pas leur accorder une quelconque protection, selon lui. « Plutôt que de préparer leur retour, le gouvernement devrait tout faire pour les empêcher de revenir sur le territoire ! Ils doivent être jugés par les autorités compétentes syriennes et irakiennes« , a-t-il ajouté.

Si Christophe Castaner a indiqué sur BFMTV que ces djihadistes ont été des Français, la patronne du Rassemblement national, Marine Le Pen, a réagi sur son compte Twitter en avouant qu’ils ne devraient plus être français en tournant le dos à la France.

Castaner très mal à l’aise sur la question des djihadistes qui vont revenir en France

Éborgner les gilets jaunes est bien joli, mais pendant ce temps-là, il faut songer à l’accueil des djihadistes qui vont revenir de Syrie. Interrogé sur le sujet par Jean-Jacques Bourdin, Philippe Castaner n’est pas au mieux de sa forme. Ses petits souliers lui font mal, sa veste est trop juste, la cravate trop serrée. « Et donc, vous disiez ? De quoi t’est-ce que parler allons-nous ? »

Bourdin : « Des djihadistes vont être rapatriés de Syrie en France durant les prochaines semaines ! Je vous pose la question. »

Castaner : « D’abord, ce sont des Français avant d’être des djihadistes. »

Quinze secondes de gagnées. C’est toujours ça de pris. Ça y est, je peux partir ?

Voyant que l’interview va se poursuivre inexorablement, le ministre accepte son sort avec fatalisme. Les chaussures vont peut-être s’élargir. Le cuir est souple.

Castaner : « Certains sont déjà revenus, nous les connaissons, nous les mettons en prison… Vous savez que les Américains se désengagent de Syrie ». C’est la faute à Trump. J’y suis pour rien, monsieur le commissaire…

Castaner : « Ils vont être libérés, ils vont vouloir revenir en France. »

Bourdin : « Ils vont pouvoir revenir en France ? Vouloir est une chose, pouvoir en est une autre. Est-ce qu’ils vont pouvoir revenir en France ? »

Aïe ! C’est la question à un million d’euros. Aucun joker à l’horizon. Je peux appeler un ami, Jean-Pierre ? Non ? Alors, heu… Voilà ma réponse : « Est-ce que je suis maître de leur destin ? La réponse est non. Je ne suis pas maître de leur destin et de leurs déplacements. »

À tout hasard, le candidat à « Qui veut gagner des attentats ? » abat sa carte de victime. Il ne contrôle rien. Il subit la volonté des djihadistes, le destin qu’ils se sont choisi.

Sans aucune pitié pour son champion de l’évitement, Jean-Jacques Bourdin remue encore un peu le couteau dans la plaie. L’entretien vire à la boucherie.

Bourdin : « S’ils peuvent quitter la Syrie et l’Irak, est-ce qu’ils seront acceptés en France ? »

Castaner : « Ce n’est pas une question d’être acceptés, s’ils viennent en France, ils seront incarcérés » (donc acceptés).

Bourdin : « Ils pourront venir en France. Combien ? »

Castaner : Je… je… je… Le ministre hésite à chanter « Mexico… Mexiiiiiiiicooo… » Tiens, et si on parlait de l’Eurovision ? Puis, se ravisant : « Je… je ne vais pas rentrer dans ces détails-là ». Sur le bas de l’écran, un bandeau indique que près de 130 djihadistes vont être rapatriés en France dans les prochaines semaines. Le téléspectateur peut masquer le reste de l’image et couper le son. L’info est là. Sans doute l’erreur d’un stagiaire. A moins que BFM TV n’ait mis en place un outil de traduction en temps réel des propos du ministre. On ne sait pas.

Castaner : « Mais soyez sûr d’une chose »… bla-bla-bla… « Ils seront judiciarisés, sanctionnés, emprisonnés. »

Dans un entretien du 13 novembre 2018, avec ce même Bourdin, l’identique Castaner affirmait : « Le passage en prison est par nature criminogène. »

Soyons juste. Le gouvernement ne fait pas que matraquer les gilets jaunes. Il se tire aussi des balles dans le pied…

Retour des djihadistes : comment font-ils ailleurs ?

Thierry Gauthe / COURRIER INTERNATIONAL

Le Premier ministre français Édouard Philippe présente ce vendredi 23 février à Lille le plan du gouvernement pour lutter contre la radicalisation djihadiste. Une des questions épineuses est celle du sort réservé aux djihadistes de retour de Syrie et d’Irak. Voici un tour d’horizon des différents débats et initiatives en Belgique, Tunisie, Allemagne, Royaume-Uni et les Balkans.

La Tunisie n’est pas prête

Début 2017, les Tunisiens ont clamé leur refus d’un retour des djihadistes qui avaient rejoint Daech. Les autorités affirmaient alors tout savoir sur les 2 926 Tunisiens liés au terrorisme. Or, en 2015, un rapport des Nations unies avait révélé qu’ils étaient plus de 5 000.

En décembre dernier, la députée Leila Chettaoui, présidente de la Commission parlementaire qui enquête sur les filières djihadistes, alertait sur les ondes de Shems FM : des combattants rentrés au pays “sont dans la nature et personne ne peut les identifier”. Dans Business News, Emna Ben Arab, universitaire qui a participé à l’étude de l’Institut tunisien des études stratégiques sur les dangers du retour, avance, elle, que de nombreux djihadistes sont en détention. “Ils reçoivent des visites de la part de leurs proches et jouissent d’un système de soutien psychologique et matériel de leur part.”

“Les centres de réhabilitation ont un coût et le pays n’a pas cet argent. Il n’y a aucune trace d’un projet de déradicalisation”, souligne Badra Gaaloul, la présidente du Centre international d’études stratégiques sécuritaires et militaires, dans Al-Araby Al-Jadid. Ce genre de projet serait peut-être efficace en France ou en Belgique, où les djihadistes ne sont pas nombreux. “En Tunisie, il s’agit de 900 détenus, alors que près de 3 000 autres seraient de retour”, explique-t-elle. Ces combattants auraient fait des émules et au moins 27 000 jeunes seraient sur la voie de la radicalisation. “L’histoire nous a déjà montré que la prison n’était pas une solution. C’est plutôt un vivier pour les recruteurs. La Tunisie n’est pas prête pour le retour des djihadistes.”

En Allemagne, la fin de la tolérance

Quelque 50 femmes sur les 200 environ qui étaient parties en Irak ou en Syrie sont rentrées en Allemagne à ce jour, indique Der Spiegel. Pratiquement aucune n’a été incarcérée. “Jusqu’ici, explique le magazine de Hambourg, les épouses accompagnatrices n’ont été poursuivies pénalement que si elles avaient concrètement soutenu des organisations terroristes ou avaient elles-mêmes combattu. La justice allemande a longtemps considéré leurs rôles de mères et épouses comme un ‘comportement social approprié’, pour reprendre les termes d’un enquêteur de haut rang.” Le cas de Sibel H., 30 ans, germano-turque, “prototype de la salafiste engagée de son propre chef dans l’organisation terroriste”, actuellement détenue à Arbil, en Irak, pourrait marquer un tournant. “Pour nous, à partir de maintenant, qui est allé rejoindre l’EI en est aussi membre”, résume un procureur. Le sort de Sibel H. n’est pas encore tranché mais il constitue déjà un précédent, considère Der Spiegel. Désormais, pour tout membre d’une organisation terroriste qui rentre en Allemagne, la peine peut aller jusqu’à dix ans de prison.

Tuer ou réintégrer ? Le grand écart britannique

“Un terroriste mort ne peut pas nuire au Royaume-Uni”, a estimé le ministre de la Défense, Gavin Williamson, début décembre, dans les colonnes du tabloïd de droite Daily Mail. “Je pense qu’aucun terroriste ne devrait jamais être autorisé à revenir. Nous devons tout faire pour détruire et éliminer cette menace.” Une prise de position radicale et polémique, en contradiction avec les conclusions d’un rapport rendu à l’automne sur la législation antiterroriste en vigueur dans le pays. Celui-ci préconisait notamment de réintégrer tant que faire se peut les Britanniques les plus jeunes, “naïfs” et endoctrinés avant leur départ. Pour les autres, la case tribunal est inévitable. Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, seuls 54 des quelque 450 djihadistes rentrés au pays ont été traduits en justice en 2016. Un faible nombre qui s’explique par la difficulté à rassembler les preuves nécessaires à leur inculpation.

Dans les Balkans, prison et resocialisation

Sur 5 000 Européens partis combattre en Syrie et en Irak, un millier est originaire des Balkans occidentaux, et plus particulièrement de Bosnie-Herzégovine et du Kosovo (pays majoritairement musulmans, comptant parmi les plus pauvres de l’Europe, qui ont vu partir chacun 300 djihadistes).
D’après les estimations des services de sécurité de l’Union européenne, 300 combattants seraient rentrés dans les Balkans, note index.hr. Depuis 2014, tous les pays de la région ont une législation sanctionnant d’un à cinq ans de prison les djihadistes partis combattre à l’étranger. Ainsi, sur 46 djihadistes rentrés en Bosnie-Herzégovine, 20 ont été condamnés, les procès des autres sont toujours en cours, signale le site radiosarajevo.ba.

En Bosnie-Herzégovine, l’UE et l’USAID (Agence américaine pour le développement international) financent (avec respectivement 18 millions et 6 millions d’euros) les programmes de resocialisation des anciens combattants après leur sortie de prison afin d’éviter leur radicalisation, relate Nezavisne Novine.

Financement du terrorisme : deux femmes arrêtées en Isère

Image d’illustration. Photo © WITT/SIPA

Interpellations. Deux femmes ont été arrêtées à Bourgoin-Jallieu et placées en garde à vue pour des soupçons de “financement du terrorisme”.

Ont-elles envoyé de l’argent à des proches liés au terrorisme ? Deux femmes ont été interpellées ce mardi 29 janvier à Bourgoin-Jallieu, dans l’Isère, rapporte France Bleu Isère. L’opération a été menée au petit matin par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et plusieurs membres du Raid, précise la radio et a conduit au placement en garde à vue des deux suspectes.

Enquête préliminaire pour « association de malfaiteurs terroristes »

Ces deux interpellations ont eu lieu dans le cadre d’une enquête préliminaire pour « association de malfaiteurs terroristes et financement du terrorisme » ouverte en août 2017. Les deux femmes arrêtées sont donc soupçonnées d’avoir versé de l’argent à des proches. Selon Le Dauphiné Libéré, elles ont été interpellées dans deux immeubles différents de Bourgoin-Jallieu.

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Dernièrement, un avocat français a été placé en garde à vue pour « financement du terrorisme » et était soupçonné d’avoir versé des fonds à un intermédiaire afin de faire rentrer d’Irak Maximilien Thibaut, djihadiste de 33 ans qui a rejoint les rangs de l’Etat islamique en 2015. La femme de ce dernier, Mélina Boughedir, a été capturée à l’été 2017 par les forces irakiennes et condamnée à vingt ans de prison. Au mois de novembre, cinq personnes ont été interpellées en Essonne et en Seine-et-Marne, soupçonnées d’avoir formé une cellule de financement du djihad en Syrie. Ils auraient soutenu financièrement les activités des terroristes étrangers en Syrie.

Eh Manu..çà ruisselle!!!?

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Franceinfo
« Le fossé qui s’agrandit entre les riches et les pauvres pénalise la lutte contre la pauvreté, fait du tort à l’économie et alimente la colère dans le monde », écrit, lundi, la directrice exécutive d’Oxfam International, Winnie Byanyima.

© Fournis par France Télévisions La concentration de la richesse s’est encore accentuée en 2018, a dénoncé, lundi 21 janvier, l’ONG Oxfam. « Le fossé qui s’agrandit entre les riches et les pauvres pénalise la lutte contre la pauvreté, fait du tort à l’économie et alimente la colère dans le monde », a affirmé Winnie Byanyima, directrice exécutive d’Oxfam International.

L’oganisation écrit dans un communiqué que 26 milliardaires ont désormais entre leurs mains autant d’argent que les 3,8 milliards les plus pauvres de la planète. Ces chiffres se fondent sur les données publiée par la revue Forbes et la banque Crédit suisse, une méthologie contestée par certains économistes.

Le nombre de milliardaires a doublé depuis 2008

Oxfam appelle à taxer les plus riches. Les gouvernements « doivent s’assurer que les entreprises et les plus riches paient leur part d’impôts », a-t-elle ajouté, à l’occasion de la publication du traditionnel rapport annuel d’Oxfam sur les inégalités mondiales en amont du Forum économique mondial (WEF, World Economic Forum) qui se tient jusqu’à vendredi à Davos.

La fortune de l’homme le plus riche du monde, Jeff Bezos, le patron d’Amazon, a atteint 112 milliards de dollars l’an dernier. Or, « le budget de santé de l’Ethiopie correspond à 1% de sa fortune », souligne l’ONG. Oxfam souligne que le nombre de milliardaires a doublé depuis la crise financière de 2008, constatant que « les riches bénéficient non seulement d’une fortune en pleine expansion, mais aussi des niveaux d’imposition les moins élevés depuis des décennies ».

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Les 26 plus personnes les plus riches détiennent autant d’argent que la moitié de l’humanité

INEGALITES Selon Oxfam, la fortune des milliardaires dans le monde a augmenté de 900 milliards de dollars l’an dernier, alors que celle de la moitié la plus pauvre de la population de la planète a chuté de 11 %…

20 Minutes avec AFP

 

Illustration de billets (dollars américains).
Illustration de billets (dollars américains). — Gerd Altmann

La concentration de la richesse s’est encore accentuée en 2018, 26 milliardaires ayant désormais entre leurs mains autant d’argent que la moitié la plus pauvre de l’humanité, a dénoncé lundi l’ONG Oxfam, qui appelle les Etats à taxer les plus riches.

« Le fossé qui s’agrandit entre les riches et les pauvres pénalise la lutte contre la pauvreté, fait du tort à l’économie et alimente la colère dans le monde », a affirmé Winnie Byanyima, directrice exécutive d’Oxfam International, citée dans le communiqué. Les gouvernements « doivent s’assurer que les entreprises et les plus riches paient leur part d’impôts », a-t-elle ajouté, à l’occasion de la publication du traditionnel rapport annuel d’Oxfam sur les inégalités mondiales en amont du Forum économique mondial (WEF, World Economic Forum) qui se tient jusqu’à vendredi à Davos.

La fortune des milliardaires dans le monde a augmenté de 900 milliards de dollars

Selon les chiffres de l’ONG, dont la méthodologie, qui se base sur les données publiées par la revue Forbes et la banque Crédit suisse, est contestée par certains économistes, 26 personnes disposent désormais d’autant d’argent que les 3,8 milliards les plus pauvres de la planète. En 2017, ils étaient au nombre de 43.

Quant à l’homme le plus riche du monde, Jeff Bezos, le patron d’Amazon, sa richesse a atteint 112 milliards de dollars l’an dernier. Or, « le budget de santé de l’Ethiopie correspond à 1 % de sa fortune », souligne l’ONG. D’une manière générale, la fortune des milliardaires dans le monde a augmenté de 900 milliards de dollars l’an dernier, soit au rythme de 2,5 milliards par jour, alors que celle de la moitié la plus pauvre de la population de la planète a chuté de 11 %, a-t-elle précisé.

Le nombre de milliardaires a d’ailleurs doublé depuis la crise financière de 2008, a souligné Oxfam, constatant que « les riches bénéficient non seulement d’une fortune en pleine expansion, mais aussi des niveaux d’imposition les moins élevés depuis des décennies ». « Si la tendance était inversée, la plupart des gouvernements auraient suffisamment de ressources pour financer les services publics », a souligné l’ONG qui estime que « la richesse est tout particulièrement sous-taxée ». Elle a ainsi précisé que, sur un dollar d’impôt sur le revenu, seulement quatre centimes proviennent de la taxation de la richesse.

« Les plus pauvres paient des impôts plus élevés que les plus riches »

Selon Oxfam, qui estime que les plus riches cachent au fisc 7.600 milliards de dollars, dans certains pays comme le Brésil ou le Royaume-Uni, « les 10 % les plus pauvres paient désormais des impôts plus élevés en proportion de leurs revenus que les plus riches ».

Ce rapport est publié à un moment où la taxation des plus grandes fortunes suscite des débats dans plusieurs pays. En France, le mouvement des « gilets jaunes » a relancé le débat sur la suppression de l’ISF par le président Emmanuel Macron. Aux Etats-Unis, la députée démocrate Alexandria Ocasio-Cortez, fraîchement élue, a proposé de taxer à 70 % les plus riches, obtenant le soutien du Prix Nobel d’Economie Paul Krugman.

Les 26 personnes les plus riches du monde détiennent autant d’argent que la moitié de l’humanité

L’heure du bilan a sonné. L’ONG Oxfam a dévoilé ce dimanche 20 janvier son rapport annuel, dans lequel elle appelle d’ailleurs les Etats à taxer les plus riches. Car à en croire leurs conclusions, la concentration des richesses s’est encore accentuée en 2018.

Selon Oxfam, une organisation internationale qui dit mobiliser le pouvoir citoyen contre la pauvreté, la concentration de la richesse mondiale s’est encore accentuée en 2018. Désormais, 26 milliardaires détiennent autant d’argent que la moitié la plus pauvre de l’humanité. Un chiffre qui s’est énormément resserré en seulement un an, puisqu’ils étaient au nombre de 43 en 2017. Et l’ONG va plus loin : selon elle, la fortune des richissimes a augmenté de 900 milliards de dollars l’année dernière, soit un rythme de 2,5 milliards de gain par jour. Au contraire, la richesse de la moitié la plus pauvre de l’humanité a chuté de 11%. Le nombre de milliardaires aurait également doublé depuis la crise financière de 2008. Plus précis encore, l’homme le plus riche du monde, nous avons nommé Jeff Bezos, le patron d’Amazon, a une fortune estimée à 112 milliards de dollars en 2018, « le budget de santé de l’Ethiopie correspondant à 1% de sa fortune », s’est offusquée Oxfam.

Ce rapport, basé sur les données publiées par la revue Forbes et sur celles divulguées par la banque Crédit suisse, et donc critiqué par certains économistes, tombe assez mal, la taxation des plus grandes fortunes faisant débat dans plusieurs pays. A commencer par le nôtre, où les Gilets Jaunes ne cessent de demander le retour de l’impôt sur la fortune, supprimé par Emmanuel Macron en décembre 2017. Oxfam semble d’ailleurs aller dans leur sens et appelle les Etats à taxer les plus riches. Pas sûr que leur avis fasse bouger les lignes.

26 personnes détiennent autant d’argent que la moitié la plus pauvre de l’humanité

Selon le rapport d’Oxfam sur les inégalités mondiales, publié ce dimanche, 26 personnes détiennent autant d’argent que la moitié la plus pauvre de l’humanité.

2,5 milliards de dollars de plus chaque jour, alors Dans les faits, que la somme détenue par les plus pauvres a chuté de 11% sur l’année. La concentration de la richesse s’est encore accentuée en 2018: 26 milliardaires ont désormais entre leurs mains autant d’argent que la moitié la plus pauvre de l’humanité selon l’ONG Oxfam.

« Le fossé qui s’agrandit entre les riches et les pauvres pénalise la lutte contre la pauvreté, fait du tort à l’économie et alimente la colère dans le monde », a affirmé Winnie Byanyima, directrice exécutive d’Oxfam International. Invitée de RMC, lundi, Pauline Leclère, responsable de campagne « Justice fiscale et inégalités » chez Oxfam France, estime que « Ce modèle économique  qui concentre les richesses en enferme d’autres dans la pauvreté ».

Elle a ainsi expliqué à Jean-Jacques Bourdin que, dans les faits, le budget santé d’un pays comme l’Ethiopie représente 1% de la fortune de Jeff Bezos, le patron d’Amazon et homme le plus riche de la planète qui pèse quelques 112 milliards d’euros.

Selon les chiffres de l’ONG, dont la méthodologie, qui s’appuie sur les données publiée par la revue Forbes et la banque Crédit suisse, est contestée par certains économistes, 26 personnes disposent désormais d’autant d’argent que les 3,8 milliards les plus pauvres de la planète. En 2017, ils étaient au nombre de 43.  D’une manière générale, la richesse des milliardaires dans le monde a augmenté de 900 milliards l’an dernier, soit au rythme de 2,5 milliards par jour, alors que celle de la moitié la plus pauvre de la population de la planète a chuté de 11%.

A qui la faute?

Oxfam pointe directement la responsabilité des états. Les entreprises et les plus riches ne paient pas assez d’impôts et cela crée de plus en plus d’inégalités, selon l’ONG, alors que le nombre de milliardaires a doublé en 10 ans. « L’imposition des ultras-riches et des entreprises a baissé considérablement » selon Pauline Leclère sur RMC.

« Si la tendance était inversée, la plupart des gouvernements auraient suffisamment de ressources pour financer les services publics », a souligné l’ONG qui estime que « la richesse est tout particulièrement sous-taxée ». Elle a ainsi précisé que sur un dollar d’impôt sur le revenu, seulement quatre centimes proviennent de la taxation de la richesse.

La richesse provoque des situations parfois ubuesques: selon Oxfam, qui estime que les plus riches cachent au fisc 7.600 milliards de dollars, dans certains pays comme le Royaume-Uni ou le Brésil, les 10% les plus pauvres paient plus d’impôts sur le revenu que leurs concitoyens les plus aisés.

Les 26 plus riches du monde détiennent autant d’argent que la moitié de l’humanité

SudOuest.fr avec AFP.
Les 26 plus riches du monde détiennent autant d’argent que la moitié de l’humanité
Jeff Bezos, patron d’Amazon, est l’homme le plus riche du monde. 1% de sa fortune équivaut au budget santé de l’Ethiopie.

JOE KLAMAR AFP

Et ils sont sous-taxés selon l’ONG Oxfam, qui ajoute que « les 10% les plus pauvres paient désormais des impôts plus élevés en proportion de leurs revenus que les plus riches »

La concentration de la richesse s’est encore accentuée en 2018, dénonce l’ONG Oxfam. Au point que les 26 plus grands milliardaires du monde ont désormais entre leurs mains autant d’argent que la moitié la plus pauvre de l’humanité.

« Le fossé qui s’agrandit entre les riches et les pauvres pénalise la lutte contre la pauvreté, fait du tort à l’économie et alimente la colère dans le monde », affirme Winnie Byanyima, directrice exécutive d’Oxfam International. Les gouvernements « doivent s’assurer que les entreprises et les plus riches paient leur part d’impôts.

Le nombre de milliardaires a doublé depuis la crise de 2008

Selon les chiffres de l’ONG, dont la méthodologie, qui se base sur les données publiée par la revue Forbes et la banque Crédit suisse, est contestée par certains économistes, 26 personnes disposent désormais d’autant d’argent que les 3,8 milliards les plus pauvres de la planète. En 2017, ils étaient au nombre de 43.

Quant à l’homme le plus riche du monde, Jeff Bezos, le patron d’Amazon, sa richesse a atteint 112 milliards de dollars l’an dernier. Or, « le budget de santé de l’Ethiopie correspond à 1% de sa fortune », souligne l’ONG.

D’une manière générale, la fortune des milliardaires dans le monde a augmenté de 900 milliards de dollars l’an dernier, soit au rythme de 2,5 milliards par jour, alors que celle de la moitié la plus pauvre de la population de la planète a chuté de 11%. Le nombre de milliardaires a d’ailleurs doublé depuis la crise financière de 2008, souligne Oxfam, constatant que « les riches bénéficient non seulement d’une fortune en pleine expansion, mais aussi des niveaux d’imposition les moins élevés depuis des décennies ».

Les riches « sous-taxés »

« Si la tendance était inversée, la plupart des gouvernements auraient suffisamment de ressources pour financer les services publics », explique l’ONG qui estime que « la richesse est tout particulièrement sous-taxée ». Elle a ainsi précisé que sur un dollar d’impôt sur le revenu, seulement quatre centimes proviennent de la taxation de la richesse.

Selon Oxfam, qui estime que les plus riches cachent au fisc 7 600 milliards de dollars, dans certains pays comme le Brésil ou le Royaume-Uni, « les 10% les plus pauvres paient désormais des impôts plus élevés en proportion de leurs revenus que les plus riches ».

Ce rapport est publié à un moment où la taxation des plus grandes fortunes suscite des débats dans plusieurs pays.  À commencer par la France, où le mouvement des gilets jaunes a relancé le débat sur la suppression de l’ISF par Emmanuel Macron. Et aux Etats-Unis, la députée démocrate Alexandria Ocasio-Cortez, fraîchement élue, a proposé de taxer à 70% les plus riches, obtenant le soutien du Prix Nobel d’Economie Paul Krugman.

Challenges.fr

Comme l’an dernier, Emmanuel Macron réunit environ 150 patrons lundi soir à Versailles pour promouvoir les investissements en France, l’occasion de rassurer les milieux d’affaires sur ses projets de réformes malgré la crise des « gilets jaunes ».

Comme l’an dernier, Emmanuel Macron réunit environ 150 patrons lundi soir à Versailles pour promouvoir les investissements en France, l’occasion de rassurer les milieux d’affaires sur ses projets de réformes malgré la crise des « gilets jaunes ».

Emmanuel Macron boude le forum de Davos

Jouant le jeu, plusieurs groupes doivent saisir l’occasion pour rendre publics des projets de développement dans l’Hexagone, avant de dîner avec le chef de l’Etat dans un des salons du château, avec une séance de questions-réponses. Auparavant, les dirigeants auront déjeuné avec le Premier ministre Edouard Philippe. En revanche, Emmanuel Macron a décidé cette année de ne pas se rendre dans la foulée au Forum de Davos, qui réunit cette semaine dans la station suisse le gratin de l’économie mondiale.

Par cette rencontre, il veut aussi démontrer aux Français les bénéfices des investissements étrangers, alors que le mouvement des « gilets jaunes » s’en prend régulièrement aux multinationales, accusées d’évasion fiscale. Depuis son investiture, Emmanuel Macron reçoit régulièrement de grands groupes internationaux pour les convaincre d’investir en France.

Lundi matin, le groupe pharmaceutique britannique AstraZeneca a inauguré l’extension de son usine de Dunkerque (Nord), concrétisation d’un investissement industriel de 135 millions d’euros annoncé en 2015 et devant se traduire par la création de 130 emplois.

Emmanuel Macron devrait les rassurer sur ses projets de réformes, comme celle de l’assurance-chômage, des retraites ou encore la réforme de l’Etat. « Nous allons expliquer que nous avons déjà fait un certain nombre de choses pour rendre la France plus attractive et plus compétitive », indique l’entourage du président, « et que nous n’avons pas vocation à revenir sur ces mesures, comme la réforme du marché du travail, qui ne figue pas dans les thèmes du grand débat ».

Emmanuel Macron à Versailles, en 2018.© Sipa Emmanuel Macron à Versailles, en 2018.

Tirer parti du Brexit

Tout en reconnaissant que les images des manifestations violentes ont pu être « choquantes » pour les investisseurs étrangers, l’Elysée veut convaincre que le grand débat offrira l’opportunité d’une croissance « plus inclusive ». Les entreprises « comprennent l’aménagement de calendriers » de certaines réformes, comme la baisse de l’impôt sur les sociétés, assure la présidence.

La France cherche aussi à tirer parti du Brexit en nouant des contacts avec une cinquantaine d’entreprises-clés, surtout industrielles (automobile, pharmacie…), qui pourraient vouloir quitter la Grande-Bretagne. Paris a déjà attiré plus de 2.500 emplois relocalisés, contre 2.000 à Francfort, selon des chiffres datant de juin 2018. Coïncidence de l’histoire, cette rencontre dans le lieu emblématique de la royauté française se déroule 226 ans, jour par jour, après l’exécution du roi Louis XVI à Paris.

L’an dernier, lors du premier sommet « Choose France », Paris avait bénéficié d’annonces d’investissements d’un total de 3,5 milliards d’euros sur plusieurs années, dont 2 milliards d’euros de l’allemand SAP et 900 millions de Novartis. Toyota avait annoncé le recrutement de 300 CDI pour fin 2019, dont 250 ont déjà été recrutés, selon l’Elysée.

Bruno Le Maire a déclaré dimanche au JDD que les investissements étrangers en France en 2018 devaient atteindre le niveau record de 1.300 opérations, comme en 2017

Jump Maxwell jump!

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8.gifBrexit : le plan de Theresa May massivement rejeté

Le Parlement britannique a très largement refusé mardi soir l’accord de sortie de l’Union européenne, par 432 voix contre 202. Une motion de censure a été déposée contre la première ministre.

Les députés britanniques ont tué l’accord sur le Brexit de Theresa May. Par 432 voix contre 202 seulement en sa faveur, le rejet des élus est clair et net, plus élevé que toutes les estimations. C’est une humiliation massive contre la première ministre, la plus importante défaite de l’histoire de la démocratie parlementaire britannique!

Ce vote plonge le pays un peu plus dans le chaos, à 72 jours de la sortie prévue de l’Union européenne. Dans l’immédiat, ses responsables vont s’écharper ce mercredi sur le sort de Theresa May. En temps normal, un chef de gouvernement aurait démissionné face à une telle claque. Mais le Brexit n’est pas un contexte normal, et Mrs May a toujours montré son obstination à mener sa mission à bien. Une motion de censure déposée mardi soir par le chef de l’opposition Jeremy Corbyn, sera mise au vote dans la soirée. A priori, la remobilisation du Parti conservateur et de ses alliés nord-irlandais du Democratic Unionist Party derrière elle devrait sauver la peau de Theresa May, qui s’est dite prête à y faire face. C’est la douche écossaise, au lendemain de la fronde de plus d’un tiers des députés conservateurs 118 sur 317, contre son accord.

» LIRE AUSSI – Quels scénarios pour le Brexit après le rejet de l’accord entre Londres et Bruxelles?

«Il est clair que cette chambre ne soutient pas cet accord. Mais le vote de ce soir ne nous dit rien sur ce qu’elle soutient», a très justement souligné la première ministre. Elle s’est engagée à consulter «dans un esprit constructif», sans chercher à «jouer la montre», pour «explorer avec l’Union européenne» des solutions réalistes. Autrement dit, un plan B – dont personne ne semble avoir pour l’heure la moindre idée. «Le risque d’un retrait désordonné du Royaume-Uni de l’UE s’est accru», a réagi le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Il appelle Londres à «clarifier ses intentions dès que possible». La dirigeante britannique a jusqu’à lundi pour revenir devant le Parlement avec une stratégie alternative. Avant le vote, une de ses ministres estimait qu’il ne s’agissait là que d’une première «tentative» pour faire ratifier l’accord.

Référendum ou consensus

L’ampleur de la défaite fait peser un doute sur cette tactique visant à avoir les députés à l’usure. La volonté des Vingt-Sept reste d’autre part limitée. Le chancelier autrichien Sebastian Kurz assure qu’il n’y aura pas de renégociation. Emmanuel Macron a réagi hier soir en précisant «qu’on a été au bout de ce qu’on pouvait faire dans l’accord» et que «les Britanniques seraient les premiers perdants d’un no deal». Pour les Brexiters, en revanche, c’est à l’UE de céder. «Ce deal est mort. Mais ce vote donne un mandat massif à la première ministre pour retourner à Bruxelles», estime l’ancien ministre Boris Johnson.

Mercredi soir, la balle sera dans le camp de Jeremy Corbyn. S’il échoue à faire tomber le gouvernement, il n’aura pas réussi à obtenir d’élections anticipées. Conformément à son engagement pris au congrès travailliste en septembre, il devrait ensuite passer à sa seconde option, celle d’un nouveau référendum, réclamé par 86% des adhérents de son parti. Or le socialiste foncièrement antieuropéen y est très réticent. Sans son soutien, le Parlement n’a pas de majorité suffisante pour déclencher une nouvelle consultation du peuple. Son choix sera donc déterminant. Il pourrait éviter l’écueil en acceptant d’entrer en discussions avec Theresa May pour tenter de dégager un compromis. Cela semble assez improbable, mais en temps de crise, rien n’est à exclure.

» LIRE AUSSI – En Europe, le rejet de l’accord sur le Brexit fait craindre l’hypothèse d’un «no deal»

Parmi les députés de base, des tentatives ont déjà lieu pour tenter de trouver un consensus. Le conservateur Nick Boles a dès mardi déposé une proposition de loi «bis» sur le retrait de l’UE visant à unir ses collègues sur un plan B bipartisan. Il est lui-même en faveur d’une relation de proximité avec l’UE à la norvégienne, avec maintien dans le marché unique et dans l’union douanière. Downing Street fait savoir être prêt à discuter avec les bonnes volontés de tous bords.

Si seule une minorité de parlementaires souhaite une sortie brutale sans accord, celle-ci ne peut être complètement écartée. Cela reste l’option par défaut. Pour contrer ce risque, nombre de voix appellent à demander aux Vingt-Sept un report de la date, ce que Theresa May a toujours écarté jusqu’à présent. D’autres, à l’instar du président du conseil européen, Donald Tusk, qui s’est toujours dit triste du départ britannique, nourrissent un espoir opposé. «Si un accord est impossible et que personne ne veut un “no deal”, qui aura finalement le courage de dire quelle est la seule solution positive?»suggérait-il dans un tweet.

Brexit : à Londres, la joie pour les anti-Brexit et les partisans d’une sortie de l’UE sans accord

À moins de trois mois du Brexit, les députés britanniques ont infligé mardi une défaite historique à la Première ministre Theresa May en rejetant massivement son accord de sortie de l’UE.

REPORTAGELa défaite de Theresa May, mardi soir à la Chambre des communes, est aussi cuisante qu’historique. Les députés britanniques ont rejeté massivement son accord sur le Brexit longuement négocié.

Un vote massif « contre ». Quelques secondes avant le résultat du vote, l’aile gauche de la Chambre est pleine à craquer. Selon la tradition, c’est à cette place que se tiennent les députés qui se sont prononcés contre le gouvernement. Si la défaite est déjà certaine, c’est son ampleur qui provoque la stupéfaction : 432 députés ont voté contre, et seulement 202 pour. Theresa May vient de vivre une défaite historique, la pire jamais subie par un Premier ministre britannique.

>> De 7h à 9h, c’est deux heures d’info avec Nikos Aliagas sur Europe 1. Retrouvez le replay ici

Elle encaisse le coup, puis promet d’ouvrir des discussions avec les partis d’opposition. « Le gouvernement abordera ces discussions dans un esprit constructif. Mais vu l’urgence d’avancer, nous devons nous concentrer sur les idées susceptibles d’être renégociées et recueillant un soutien suffisant au Parlement », déclare-t-elle. Mais la Première ministre britannique devra d’abord survivre au vote de défiance déclenché par Jeremy Corbyn, le leader des travaillistes, qui a lieu mercredi soir.

Organiser un nouveau référendum ? À 73 jours du Brexit, deux camps opposés se réjouissent de cette défaite : les partisans d’un second référendum et ceux d’une sortie de l’Union européenne sans accord. Pour les anti-Brexit réunis devant la Chambre des communes, la victoire est encore plus belle qu’espérée. Cette fois, selon eux, il n’y a plus d’autres solutions que d’organiser un nouveau référendum. Theresa May, copieusement huée, écarte déjà ce nouveau scénario, mais Scott est persuadé que cela finira par arriver. « Des gens de ma famille me disent qu’ils n’avaient pas réalisé le mal que ferait le Brexit. Maintenant, ils voient ce que ça implique, alors j’espère que l’on peut encore tout arrêter », explique ce Londonien au micro d’Europe 1.

« Un accord pitoyable ». Un peu plus loin, le ton monte avec d’autres manifestants qui défendent le Brexit. « Nous avons gagné, vous avez perdu ! », hurle un ouvrier. Lui aussi est venu faire la fête, mais pas pour les mêmes raisons. « Theresa May est finie. Maintenant, il est temps de quitter l’Europe, et sans accord ! » « De toutes façons, cet accord était pitoyable », abonde Johnny. Pendant que dans la foule beaucoup chantent déjà à gorge déployée « Bye Bye Europe ».

Le vote vu de Bruxelles

Les Européens ont suivi le vote minute par minute. Jean-Claude Juncker était même rentré d’urgence de Strasbourg pour être opérationnel depuis son bureau à la Commission européenne. Les premières réactions sont tombées très vite. Officiellement, les Européens veulent maintenant des clarifications des Britanniques, et attendent des demandes précises pour savoir comment avancer. « L’Union reste unie et déterminée à trouver un accord », affirme le négociateur Michel Barnier. « Mais le temps est presque révolu », s’inquiète Jean-Claude Juncker.

Ces mots des communiqués officiels masquent mal l’inquiétude aiguë sur le continent. Les 27 ne s’attendaient pas à une défaite d’une telle ampleur. L’accord qu’ils ont laborieusement négocié pendant un an et demi avec Teresa May est très vraisemblablement mort-né. « On entre dans une nouvelle séquence, une plongée dans l’inconnu », reconnaissent les diplomates.

Une prolongation des délais ? Elle est probable, mais pour parvenir à quel résultat ? Le président du Conseil européen lui met les pieds dans le plat. « Qui aura le courage de nommer la seule solution positive ? », demande Donald Tusk. À ses yeux, la seule solution positive est que les Britanniques restent dans l’Union.

Franceinfo
432 contre, 202 pour. Les députés britanniques ont largement dit non ,mardi soir, au texte négocié par la Première ministre et l’UE. Ce dernier n’avait que peu de chances d’être approuvé.

© Fournis par France Télévisions « It is a no. » La Chambre des communes britannique a massivement rejeté, mardi 15 janvier, l’accord passé entre Theresa May et les États membres de l’Union européenne sur le Brexit. 432 députés ont voté contre, 202 pour. La Première ministre, qui s’est exprimée dans la foulée, indique qu’elle va demander au Parlement un vote de confiance. Ce dernier aura lieu dès mercredi 16 janvier.

De son côté, le chef du Labour Jeremy Corbyn estime que le résultat du vote est « une défaite catastrophique » pour le gouvernement. Il a donc décidé de présenter une motion de censure contre le gouvernement de Theresa May qui sera débattue mercredi. Donald Tusk a aussitôt réagi au résultat du vote. Le président du conseil européen appelle à une « solution positive ».

L’accord validé par le gouvernement britannique et par l’Union européenne est un document de 585 pages, contenant 185 articles. Il prévoyait notamment une période de transition du 30 mars 2019 au 31 décembre 2020.

Lourdement défaite sur le Brexit, Theresa May face à une motion de censure

Martine PAUWELS

 

Le chef de l’opposition travailliste Jeremy Corbyn (C) présente une motion de censure contre le gouvernement conservateur britannique, le 15 janvier 2019 à Londres

 

Londres (AFP) – La Première ministre britannique Theresa May affronte mercredi une motion pouvant faire tomber son gouvernement, au lendemain du désaveu des députés britanniques, qui ont rejeté à une majorité écrasante son accord de sortie de l’Union européenne.

À la chambre des Communes, le traité conclu par la dirigeante conservatrice n’a obtenu que 202 voix contre 432, la plus lourde défaite essuyée par un dirigeant britannique depuis les années 1920. Ce vote historique a plongé le Royaume-Uni dans le flou quant à son avenir, à deux mois et demi du Brexit, prévu le 29 mars.

Sitôt le résultat connu, le chef de l’opposition travailliste, Jeremy Corbyn, a présenté une motion de censure contre le gouvernement, qualifiant ce résultat de « catastrophique ».

Son initiative a peu de chances d’aboutir. Le Parti conservateur de Theresa May et son allié, le petit parti ultra-conservateur nord-irlandais DUP, qui ont mené la charge contre l’accord de Brexit, n’ont en effet aucune envie de se voir supplanter par les travaillistes aux rênes du pays.

Dès mardi soir, le DUP et plusieurs députés rebelles conservateurs ont annoncé qu’ils soutiendraient Mme May.

Le tabloïd conservateur Daily Mail, pro-Brexit, estime toutefois que son sort « ne tient plus qu’à un fil ».

Selon l’éditorialiste du Times Matthew Parris, il est désormais temps que des parlementaires chevronnés prennent en main le dossier Brexit. « Il n’y a aucun leadership, ni au sein du gouvernement ni dans l’opposition, qui soit capable de nous aider à sortir de ce bourbier », écrit-il.

– « Esprit constructif » –

Le vote de la motion de censure est prévu à 19H00 GMT.

Si elle est adoptée, un nouvel exécutif doit être formé et recevoir la confiance du Parlement dans les 14 jours. En cas d’échec, de nouvelles élections législatives sont convoquées.

Si Mme May réussit à se maintenir en revanche, elle aura jusqu’à lundi pour présenter un « plan B ». Plusieurs options s’offrent à elle: s’engager à retourner négocier à Bruxelles, ou demander un report de la date du Brexit. Le rejet du texte ouvre également la possibilité d’un divorce sans accord, particulièrement craint par les milieux économiques.

Fidèle à sa réputation de résilience et convaincue de survivre à cette nouvelle épreuve, la dirigeante a d’ores et déjà prévu de s’entretenir avec des députés de tous les partis « dans un esprit constructif » pour trouver la voie à suivre.

« Nous devons nous concentrer sur les idées qui sont véritablement négociables et ont un soutien suffisant de cette chambre », a-t-elle dit aux députés, promettant « de les explorer alors avec l’Union européenne ».

La tâche s’annonce ardue. Les élus britanniques se sont montrés jusqu’ici incapables de se mettre d’accord sur les termes du divorce avec l’UE et leur future relation, entre ceux qui souhaitent une rupture franche et les partisans du maintien de liens étroits, voire du maintien.

– Les 27 unis –

Boris Johnson, ex-chef de la diplomatie britannique et chantre du Brexit, a estimé que le résultat du vote donnait à Theresa May un « mandat massif » pour retourner négocier avec l’UE.

Pas sûr cependant que Bruxelles l’entende de cette oreille.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a répété mardi que l’accord rejeté était « un compromis équitable et le meilleur accord possible », avant d’estimer que « le risque d’un Brexit sans accord s’est accru ».

« Il appartient maintenant au gouvernement britannique de dire quelle est la prochaine étape. L’UE va rester unie et déterminée à trouver un accord », a avancé le négociateur en chef des Européens, Michel Barnier.

De son côté, l’Irlande a annoncé intensifier ses préparatifs pour un « no deal » et appelé Londres à faire des propositions « pour sortir de cette impasse ».

Dans les milieux d’affaires, la consternation est de mise. « La stabilité financière ne doit pas être compromise dans un jeu de poker politique », a prévenu Catherine McGuiness, l’une des principales dirigeantes de la City de Londres, le lobby financier londonien.

« Il faut un nouveau plan immédiatement (…) pour protéger l’économie britannique », a insisté Carolyn Fairbairn, directrice générale de la principale organisation patronale britannique (CBI).

M.C. avec AFP
Sortie sans accord, nouveau référendum ou élections britanniques anticipées, on fait le point sur les scénarios possibles…

Theresa May, le 25 novembre 2018 à Bruxelles. © SIPA Theresa May, le 25 novembre 2018 à Bruxelles. Un texte qui n’a mis personne d’accord. Les députés britanniques ont massivement rejeté mardi soir l’accord de Brexit négocié par la Première ministre Theresa May avec Bruxelles, plongeant le Royaume-Uni et l’Union européenne dans l’incertitude à deux mois et demi de la date prévue du Brexit, le 29 mars. Que va-t-il se passer après le refus de ce texte, qui n’a satisfait ni les europhiles, partisans de liens plus étroits avec l’Union européenne, ni les eurosceptiques, désireux d’une rupture plus nette ? Voici les principaux scénarios possibles.

  • Essayer à nouveau

Rien n’empêche légalement le gouvernement de soumettre une nouvelle fois le même accord, encore et encore, jusqu’à ce qu’il reçoive le sceau des députés. Pour Theresa May comme l’UE, l’accord de divorce issu de longues négociations est le seul et le meilleur possible. Mardi, malgré sa sévère défaite au Parlement, elle a prévenu qu’il n’y avait pas d’alternative possible. Elle a toutefois proposé des discussions entre partis pour déterminer la voie à suivre.

  • « No deal »

L’accord rejeté réglait la question de la facture que devrait régler Londres à l’UE pour honorer ses engagements, définissait les droits des citoyens expatriés et, point le plus controversé, contenait une disposition destinée à éviter le retour d’une frontière physique entre l’Irlande et la province britannique d’Irlande du Nord.

Après son rejet par la chambre des Communes, l’un des scénarios envisageables est celui d’un Brexit sans accord, particulièrement redouté par les milieux économiques, avec le spectre d’un effondrement de la livre et d’une montée en flèche du chômage.

Il s’agirait alors d’une sortie désordonnée, sans période de transition pour amortir le choc : les relations économiques entre le Royaume-Uni et l’UE seraient régies par les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), et une multitude de contrôles douaniers et réglementaires devraient être mis en place en urgence.

Pénuries de médicaments, embouteillages monstres aux abords des ports, avions cloués au sol, perte de croissance… Ces perspectives sont balayées par les Brexiters les plus acharnés, pour qui « une absence d’accord vaut mieux qu’un mauvais accord », et qui veulent une politique commerciale indépendante.

Cependant, la menace d’un « no deal » semble avoir été contrecarrée la semaine dernière par les députés, avec l’adoption d’un amendement obligeant l’exécutif à présenter d’ici lundi un « plan B » amendable.

  • Second référendum

La possibilité d’un second référendum, jusqu’ici exclue par Theresa May, est réclamée par les europhiles dans l’espoir qu’il inverse le résultat de la consultation du 23 juin 2016 et certains responsables politiques pour débloquer la situation.

Reste à définir les questions posées : maintien dans l’UE ou plan de Theresa May ? Ou sortie sans accord ? Sans garantie que la consultation donnerait un résultat différent de celui de juin 2016. Le Parti travailliste, principale formation d’opposition, se rangerait à cette option s’il n’obtenait pas les élections anticipées qu’il souhaite.

  • Nouvelles élections

Le Parti travailliste a déposé, immédiatement après le rejet de l’accord, une motion de censure contre le gouvernement, qui sera débattue mercredi. Toutefois, si une bonne centaine de députés tories ont essayé de renverser Theresa May en décembre, il n’est pas dit qu’ils s’allient à l’opposition pour une manœuvre qui pourrait leur faire perdre le pouvoir.

Si les travaillistes l’emportent, ils comptent négocier un nouvel accord avec Bruxelles mais il leur faudrait du temps, a déclaré Jeremy Corbyn, évoquant un probable report de la date de sortie de l’UE.

  • Report du Brexit

Reporter le Brexit via une extension de l’article 50 du Traité de l’UE, qui régit le départ d’un État membre, apparaît de plus en plus comme une éventualité crédible. L’organisation d’un second référendum ou d’élections législatives anticipées nécessiterait aussi de repousser la date du Brexit.

Une centaine de députés européens de différents bords politiques se sont engagés lundi à soutenir une demande de report de Londres. Mais dans ce cas, quid des élections européennes, qui se dérouleront entre le 23 et le 26 mai ? Selon une source diplomatique, « une prolongation après le 29 mars est possible mais pas au-delà du 30 juin car le nouveau Parlement européen sera constitué ». De son côté, Theresa May a estimé lundi que la date du Brexit ne devrait pas être reportée.

Barnier: Le risque d’un Brexit sans accord est plus élevé que jamais

BARNIER: LE RISQUE D'UN BREXIT SANS ACCORD EST PLUS ÉLEVÉ QUE JAMAIS
L’Union européenne est prête à discuter d’un accord différent sur la sortie du Royaume-Uni à condition que Londres modifie ses « lignes rouges », a commenté mercredi matin le négociateur en chef des Européens, Michel Barnier. /Photo prise le 12 novembre 2018/REUTERS/Stephanie Lecocq

STRASBOURG (Reuters) – L’Union européenne est prête à discuter d’un accord différent sur la sortie du Royaume-Uni à condition que Londres modifie ses « lignes rouges », a commenté mercredi matin le négociateur en chef des Européens, Michel Barnier.

Il a cependant prévenu que le « backstop » ne pourrait pas être écarté. L’opposition d’une large part des parlementaires britanniques s’est précisément concentrée sur cette clause de sauvegarde qui doit empêcher le rétablissement d’une frontière physique à travers l’Irlande.

Notant qu’il était trop tôt pour évaluer les conséquences du rejet de l’accord de Brexit par la Chambre des communes, Barnier a cependant déclaré devant le Parlement européen que le risque d’un Brexit sans accord était désormais plus élevé que jamais.

L’incertitude à son comble après le rejet massif de l’accord sur le Brexit par la Chambre des communes

La Première ministre britannique Theresa May a subi mardi soir une défaite historique face au Parlement, qui a rejeté massivement l’accord sur le Brexit négocié avec l’UE…

L'incertitude à son comble après le rejet massif de l'accord sur le Brexit par la Chambre des communes
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Chambre des communes britannique a rejeté massivement mardi soir l’accord de divorce conclu entre Theresa May et les Etats membres de l’Union européenne. 432 députés ont voté contre le texte, et seulement 202 ont voté en sa faveur.

Ce vote négatif était assez largement anticipé ces derniers jours, mais l’ampleur du rejet constitue tout de même une surprise. Il plonge le Royaume-Uni dans la plus grande incertitude, alors que le Brexit doit en théorie entrer en vigueur le 29 mars prochain à minuit…

Désormais, les possibilités sont multiples, allant d’un Brexit sans accord (porte ouverte au chaos, selon de nombreux observateurs) à la suspension pure et simple du Brexit, en passant par un nouveau référendum, ou une renégociation (improbable) de l’accord avec Bruxelles…

Une motion de défiance contre May, qui prépare un « Plan B »

L’ampleur de la défaite de Theresa May exclut en tout cas toute possibilité de procéder à un nouveau vote sur le même texte de compromis, qui a été conclu en novembre 2018 entre Theresa May et l’UE à l’issue de 17 mois de discussions tendues.

La Première ministre britannique devra désormais faire face à une nouvelle motion de défiance (la deuxième en un mois), déposée contre elle par l’opposition travailliste, un vote qui se déroulera dès ce mercredi…

Si elle survit à ce vote (ce qui reste probable), Theresa May aura trois jours ouvrables, jusqu’au 21 janvier, pour proposer un « plan B » au parlement. Mardi soir, elle a indiqué qu’elle prévoyait de faire une déclaration lundi prochain devant le Parlement.

La livre sterling regagne du terrain après le vote

Sur le marché des changes, la livre sterling a paradoxalement repris de la hauteur après ces informations. La livre, qui avait plongé jusqu’à 1,5% avant le vote face au dollar, a rapidement inversé la tendance. En fin de soirée, elle gagnait 0,08% face au dollar, à 1,2871$.

Face à l’euro, la livre cédait 0,4% avant l’annonce du vote et progressait ensuite de 0,10% à 0,8866 pence pour un euro. Les cambistes semblent davantage tabler sur un report, voire un abandon du Brexit, que sur une sortie sans accord du Royaume-Uni de l’UE, qui aurait des conséquences très négatives pour l’économie britannique à court et à moyen terme, selon la plupart des économistes

Juncker évoque un « Brexit dur », mais Tusk envisage une suspension du Brexit

Du coté de Bruxelles, le président de la commission européenne, Jean-Claude Juncker, a exprimé mardi soir dans un communiqué ses regrets après le rejet de l’accord. Il a estimé que « le risque d’un Brexit sans accord s’est accru » et a appelé le Royaume-Uni à « clarifier ses intentions dès que possible ».

De son coté, Donald Tusk, le président du Conseil européen, a laissé entendre que la seule bonne solution pour les Britanniques serait désormais de rester au sein de l’Union européenne. « Si un accord est impossible, et que nul ne veut un Brexit sans accord, alors qui aura, au bout du compte, le courage de dire ce qu’est la seule bonne solution ? », s’est ainsi interrogé Donald Tusk sur Twitter après le vote.

Lourdement défaite sur le Brexit, Theresa May face à une motion de censure

AFP

Londres – La Première ministre britannique Theresa May affronte mercredi une motion pouvant faire tomber son gouvernement, au lendemain du désaveu des députés britanniques, qui ont rejeté à une majorité écrasante son accord de sortie de l’Union européenne.

À la chambre des Communes, le traité conclu par la dirigeante conservatrice n’a obtenu que 202 voix contre 432, la plus lourde défaite essuyée par un dirigeant britannique depuis les années 1920. Ce vote historique a plongé le Royaume-Uni dans le flou quant à son avenir, à deux mois et demi du Brexit, prévu le 29 mars.

Sitôt le résultat connu, le chef de l’opposition travailliste, Jeremy Corbyn, a présenté une motion de censure contre le gouvernement, qualifiant ce résultat de « catastrophique« .

Son initiative a peu de chances d’aboutir. Le Parti conservateur de Theresa May et son allié, le petit parti ultra-conservateur nord-irlandais DUP, qui ont mené la charge contre l’accord de Brexit, n’ont en effet aucune envie de se voir supplanter par les travaillistes aux rênes du pays.

Dès mardi soir, le DUP et plusieurs députés rebelles conservateurs ont annoncé qu’ils soutiendraient Mme May.

Le tabloïd conservateur Daily Mail, pro-Brexit, estime toutefois que son sort « ne tient plus qu’à un fil« .

Selon l’éditorialiste du Times Matthew Parris, il est désormais temps que des parlementaires chevronnés prennent en main le dossier Brexit. « Il n’y a aucun leadership, ni au sein du gouvernement ni dans l’opposition, qui soit capable de nous aider à sortir de ce bourbier« , écrit-il.

– « Esprit constructif » –

Le vote de la motion de censure est prévu à 19H00 GMT.

Si elle est adoptée, un nouvel exécutif doit être formé et recevoir la confiance du Parlement dans les 14 jours. En cas d’échec, de nouvelles élections législatives sont convoquées.

Si Mme May réussit à se maintenir en revanche, elle aura jusqu’à lundi pour présenter un « plan B« . Plusieurs options s’offrent à elle: s’engager à retourner négocier à Bruxelles, ou demander un report de la date du Brexit. Le rejet du texte ouvre également la possibilité d’un divorce sans accord, particulièrement craint par les milieux économiques.

Fidèle à sa réputation de résilience et convaincue de survivre à cette nouvelle épreuve, la dirigeante a d’ores et déjà prévu de s’entretenir avec des députés de tous les partis « dans un esprit constructif » pour trouver la voie à suivre.

« Nous devons nous concentrer sur les idées qui sont véritablement négociables et ont un soutien suffisant de cette chambre« , a-t-elle dit aux députés, promettant « de les explorer alors avec l’Union européenne« .

La tâche s’annonce ardue. Les élus britanniques se sont montrés jusqu’ici incapables de se mettre d’accord sur les termes du divorce avec l’UE et leur future relation, entre ceux qui souhaitent une rupture franche et les partisans du maintien de liens étroits, voire du maintien.

– Les 27 unis –

Boris Johnson, ex-chef de la diplomatie britannique et chantre du Brexit, a estimé que le résultat du vote donnait à Theresa May un « mandat massif » pour retourner négocier avec l’UE.

Pas sûr cependant que Bruxelles l’entende de cette oreille.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a répété mardi que l’accord rejeté était « un compromis équitable et le meilleur accord possible« , avant d’estimer que « le risque d’un Brexit sans accord s’est accru« .

« Il appartient maintenant au gouvernement britannique de dire quelle est la prochaine étape. L’UE va rester unie et déterminée à trouver un accord« , a avancé le négociateur en chef des Européens, Michel Barnier.

De son côté, l’Irlande a annoncé intensifier ses préparatifs pour un « no deal » et appelé Londres à faire des propositions « pour sortir de cette impasse« .

Dans les milieux d’affaires, la consternation est de mise. « La stabilité financière ne doit pas être compromise dans un jeu de poker politique« , a prévenu Catherine McGuiness, l’une des principales dirigeantes de la City de Londres, le lobby financier londonien.

« Il faut un nouveau plan immédiatement (…) pour protéger l’économie britannique« , a insisté Carolyn Fairbairn, directrice générale de la principale organisation patronale britannique (CBI).

Rejet de l’accord sur le Brexit : « Pour le commerce, c’est extrêmement mauvais »

Arnaud Vaissié, président international des chambres de commerce françaises à l’étranger, a réagi sur franceinfo mercredi au rejet de l’accord sur le Brexit par le Parlement britannique.

FRANCEINFO

« Pour le commerce c’est extrêmement mauvais », a réagi mercredi 16 janvier sur franceinfo, Arnaud Vaissié, président international des chambres de commerce françaises à l’étranger, après la lourde défaite infligée par le Parlement britannique à Theresa May. Les députés ont rejeté mardi l’accord sur le Brexit par 432 voix contre 202 pour. « Pour nous c’est très gênant, c’est notre premier excédent commercial, avec 10 milliards d’euros », a-t-il poursuivi. « Si au 29 mars il y a une sortie sans accord, c’est une vraie catastrophe pour tout le monde ».

franceinfo : Le rejet de l’accord sur le Brexit par le Parlement britannique c’était le scénario le plus attendu. C’était aussi votre hantise ?

Arnaud Vaissié : Non, ce qui s’est passé hier ouvre des perspectives en fait, parce que la valeur de la livre a monté alors que la fois dernière juste avant Noël quand le vote avait été repoussé, la livre avait baissé. C’est paradoxal, mais cela veut dire que les marchés pensent qu’il y a une chance que la Grande-Bretagne négocie, soit reste dans l’Union européenne, ou négocie un accord de libre-échange. Cette défaite est inouïe, car elle est d’une violence incroyable. La Première ministre va rester car sa majorité continue tout de même de la soutenir. Les conservateurs ne veulent pas voir les travaillistes et Jeremy Corbyn au pouvoir, ils n’ont pas d’alternative. Les Irlandais qui soutiennent ce gouvernement ne veulent pas de [Jeremy] Corbyn. Je pense que maintenant il va y avoir un retard dans l’article 50, on imagine mal qu’ils partent le 29 mars sans accord du tout.

De quelle manière cette situation pèse-t-elle sur le commerce franco-britannique notamment ?

Pour nous c’est très gênant, c’est notre premier excédent commercial, 10 milliards d’euros, ce n’est pas de chance que ce soit le pays avec lequel on a le plus d’excédent qui soit le pays qui ait ce problème d’accès à l’Union européenne. Donc pour le commerce c’est extrêmement mauvais. Cependant, beaucoup d’entreprises se sont adaptées, préparées. Depuis très longtemps, elles se sont préparées au pire. Ceux qui sont les plus inquiets ce sont les citoyens européens qui vivent en Grande-Bretagne car sur le plan administratif de leur séjour au Royaume-Uni, les choses ne sont pas claires. Il ne devrait pas y avoir d’incidents forts, mais il risque d’y avoir une pagaille considérable après le 29 mars.

En France, les grandes entreprises sont prêtes. Mais ce sera plus compliqué pour les plus petites ?

Personne n’est prêt complètement puisque la situation est tellement opaque. On sent quand même dans tous les commentaires que le scénario d’une Grande-Bretagne, qui soit repousse la date de sortie, ou réenvisage un accord plus fort, les chances de ce scénario augmentent. Si au 29 mars il y a une sortie sans accord, c’est une vraie catastrophe pour tout le monde. Dans ce cas-là, on revient sur des droits de douane de 10%, des contrôles de normes. On ne peut pas imaginer que même dans le cas d’un départ, il n’y ait pas un essai pour créer une période de transition afin de travailler vraiment à la mise en place de ces mesures qui n’ont pas été prises parce que personne ne croit à une sortie réelle et complète du Royaume-Uni. Il n’y a pas une majorité au Parlement pour sortir de l’Union européenne. Cela paraîtrait extraordinaire qu’une Première ministre complètement affaiblie qui vient de perdre un vote historique comme ce n’est jamais arrivé dans l’histoire britannique emmène son pays à la sortie de l’Union européenne. Ce dont ont besoin les entreprises, petites comme grandes, aujourd’hui c’est de stabilité. Or aujourd’hui, la situation est complètement opaque.

CQFD

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