« On ne se rend pas compte de la chance qu’on a en France »

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L’Obs
Hella Kherief, aide-soignante, lors de son témoignage dans "Envoyé Spécial" © Copyright 2018, L’Obs Hella Kherief, aide-soignante, lors de son témoignage dans « Envoyé Spécial » Hella Kherief, aide-soignante à Marseille, était l’un des seuls témoins à avoir accepté de témoigner à visage découvert sur la situation dans les Ehpad privés lucratifs.

Elle a parlé. On lui a demandé de partir. Hella Kherief, aide-soignante à Marseille, a été licenciée de l’hôpital privé dans lequel elle exerçait au lendemain de la diffusion d’un reportage d' »Envoyé spécial ». Comme le raconte le HuffPost, elle était l’un des seuls témoins à avoir accepté de témoigner à visage découvert. Comme le dit France inter, elle venait de signer son CDI.

Mais c’était sept jour avant la diffusion de l’émission de France 2, dans lequel Hella Kherief raconte les conditions difficiles dans lesquelles étaient traités les résidents des Ehpad privés lucratifs.

« Comme ça, sur le champ, sans explication »

Dans « Envoyé spécial », elle raconte comment elle fut licenciée pour insubordination d’un précédent établissement appartenant au groupe Korian. L’aide-soignante avait simplement demandé des couches supplémentaires pour les patients. L’affaire est toujours en cours aux prud’hommes.

« Le lendemain de la diffusion du reportage, Hella m’a téléphoné. Triste, révoltée », raconte Julie Pichot, journaliste réalisatrice de l’enquête d' »Envoyé spécial » dans un message posté sur sa page Facebook ce mercredi 3 octobre. « On venait de lui annoncer la fin de sa période d’essai. Comme ça, sur le champ, un matin après une nuit de boulot, sans explication. »

Hella Kherief avait commencé à travailler quelques jours dans cet établissement privé « au sein duquel elle faisait des vacations depuis deux ans ». « Un hôpital au sein duquel elle se sentait bien, avec une équipe solide et des moyens ». Un établissement qui n’appartient « ni au groupe Korian, ni au groupe Orpea », concernés par l’enquête diffusée dans l’émission de France 2.

« Elle a osé parler. Non pas pour dénigrer les Ehpad privés lucratifs mais pour dénoncer l’insoutenable », écrit Julie Pichot. « Elle a mis des mots sur l’indicible. Elle nous a montré en images l’indigne pour éveiller les consciences. » Et d’asséner :

« Voilà ce qu’il se passe aujourd’hui quand on ose lancer l’alerte. Il faut soutenir les lanceurs d’alerte et soutenir Hella Kherief qui demande simplement à continuer son travail d’aide-soignante. »

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Jeanne Bulant
La jeune femme avait livré à Envoyé Spécial des détails sur les conditions de travail des aides-soignantes et sur l’accueil des patients dans les EHPAD.

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Hella Kherief est l’une des rares à avoir pris la parole à visage découvert, le 20 septembre dernier dans un reportage d’Envoyé Spécial, sur France 2, pour dénoncer des cas de maltraitance dans les maisons de retraite. Le lendemain, la jeune femme découvre que l’hôpital où elle avait signé un CDI a mis fin à sa période d’essai.

Dans une publication Facebook, la journaliste qui avait recueilli son témoignage rapporte qu’Hella Kherief a été licenciée « sans explication » supplémentaire. Une information confirmée par l’avocate de la jeune femme à franceinfo.

Une personne âgée tenant le bras d'une aide-soignante en juillet 2017, dans un établissement EHPAS parisien. © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP Une personne âgée tenant le bras d’une aide-soignante en juillet 2017, dans un établissement EHPAS parisien.

« S’il fallait le refaire, je le referais »

Dans le reportage, elle dénonce les conditions de travail des employés et les conditions d’accueil des patients. Elle explique notamment que lors de ses missions d’intérim de nuit, il arrivait qu’elles ne soient que deux aides-soignantes pour prendre en charge 94 personnes.

« On venait de lui annoncer la fin de sa période d’essai. Comme ça, sur le champ, un matin après une nuit de boulot, sans explications » raconte la journaliste à l’origine de l’enquête. Elle ajoute: « Hella Kherief n’a jamais regretté son témoignage. S’empressant de me dire que s’il fallait le refaire, elle le referait ».

Elle rapporte aussi qu’Hella Kherief, aujourd’hui « triste » et « révoltée », avait signé un CDI ans un hôpital privé marseillais une semaine avant la diffusion du reportage, et qu' »elle s’y sentait très bien ».

Hella Kherief, aide-soignante, a perdu son travail après son témoignage sur les Ehpad dans « Envoyé Spécial »

L’hôpital a mis fin à sa période d’essai au lendemain de la diffusion du reportage sur France 2.

Hella Kherief, aide-soignante en Ehpad, licenciée par son hôpital après son témoignage dans "Envoyé Spécial"

Envoyé Spécial / France 2
Hella Kherief, aide-soignante en Ehpad, licenciée par son hôpital après son témoignage dans « Envoyé Spécial »

ENVOYÉ SPÉCIAL – Elle était l’un des seuls témoins à avoir accepté de témoigner à visage découvert. Hella Kherief, aide-soignante à Marseille, a été licenciée de l’hôpital privé dans lequel elle exerçait au lendemain de la diffusion d’un reportage « d’Envoyé spécial« , dans lequel elle racontait les conditions difficiles dans lesquelles étaient traités les résidents des Ehpad privés lucratifs.

« Le lendemain de la diffusion du reportage, Hella m’a téléphoné. Triste, révoltée », raconte Julie Pichot, la journaliste réalisatrice du reportage, dans un message posté sur sa page Facebook ce mercredi 3 octobre. « On venait de lui annoncer la fin de sa période d’essai. Comme ça, sur le champ, un matin après une nuit de boulot, sans explication », poursuit-elle.

https://www.facebook.com/plugins/post.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2Fphoto.php%3Ffbid%3D2202116419859614%26set%3Da.1751520954919165%26type%3D3&width=630Hella Kherief, 29 ans, avait signé son CDI « sept jours avant la diffusion du reportage », le 20 septembre. Elle avait donc commencé à travailler quelques jours dans cet établissement privé « au sein duquel elle faisait des vacations depuis deux ans ». « Un hôpital au sein duquel elle se sentait bien, avec une équipe solide et des moyens », raconte Julie Pichot.

La journaliste précise que cet établissement n’appartient « ni au groupe Korian, ni au groupe Orpea », ces Ehpad privés lucratifs concernés par l’enquête diffusée dans l’émission de France 2. Le reportage montrait le manque criant de personnel présent dans ces établissements exigeant parfois plusieurs milliers d’euros par mois de la part des familles pour héberger un proche. Les personnes âgées y sont parfois laissées dans des conditions déplorables, sans aide pour se nourrir et sans assistance au quotidien.

Hella Kherief « a osé parler, estime Julie Pichot. Non pas pour dénigrer les Ehpad privés lucratifs mais pour dénoncer l’insoutenable. Elle a mis des mots sur l’indicible. Elle nous a montré en images l’indigne pour éveiller les consciences. »

Dans le reportage, la jeune mère de famille racontait qu’elle avait été licenciée d’un établissement du groupe Korian pour insubordination, après avoir réclamé des couches supplémentaires pour ses patients, comme le rappelle France Inter. Elle a poursuivi la société aux prud’hommes. La procédure est toujours en cours.

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