F.N.S.E.A: le flou TOTAL

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Franceinfo
Des agriculteurs bloquent plusieurs raffineries et dépôts de carburant, lundi 11 juin. Ils ont entamé leur mouvement de blocage, dimanche 10 juin au soir. Ils protestent contre la concurrence de l’huile de palme importée sur le marché des biocarburants.

© Fournis par Francetv info

Trois jours de blocage reconductibles

Le premier syndicat agricole, la FNSEA, et les Jeunes Agriculteurs (JA) ont appelé leurs adhérents à occuper quatorze sites stratégiques durant trois jours reconductibles.

Blocages à Feyzin, Grandpuits…

Depuis dimanche soir, les raffineries Total de Feyzin près de Lyon, de Gonfreville-l’Orcher près du Havre et de Grandpuits (Seine-et-Marne) sont bloqués, tout comme les dépôts pétroliers du port rhodanien Edouard Herriot, du port du Rhin, ainsi que ceux de Vatry (Marne), de Lespinasse près de Toulouse, Coignières (Yvelines) et de Cournon dans le Puy-de-Dôme.

La loi Alimentation dans le viseur

Les agriculteurs demandent la réintroduction dans la loi Alimentation, examinée à partir du 26 juin au Sénat, d’un amendement sur l’interdiction d’importer toute denrée produite en utilisant des substances phytosanitaires interdites dans l’Union européenne.

#SauvezLesAgri: les agriculteurs à l’assaut des raffineries et dépôts de carburants

Dimanche soir, les agriculteurs bloqueront des raffineries et dépôts de carburants en France. Leur but ? Dénoncer les contradictions de la politique du gouvernement.

Jérôme Despey, secrétaire général de la FNSEA, premier syndicat agricole, lors du congrès du syndicat à Tours, le 28 mars 2018. (©AFP/Archives/GUILLAUME SOUVANT)

Les agriculteurs se préparent à bloquer à partir de dimanche soir des raffineries et dépôts de carburants pour dénoncer les contradictions d’un gouvernement qui les oblige à respecter des normes auxquelles ne sont pas soumis des produits importés comme l’huile de palme.

Sous le mot clé #SauvezLesAgri, le premier syndicat agricole, la FNSEA, appelle ses adhérents sur les réseaux sociaux à occuper 14 sites stratégiques, pour trois jours reconductibles.

Outre le site en chantier de La Mède (Bouches-du-Rhône), les agriculteurs visent les 4 raffineries de Total en activité en France: Gonfreville-l’Orcher (Seine-Maritime), Grandpuits (Seine-et-Marne), Donges (Loire-Atlantique) et Feyzin (Rhône). Les 9 autres sites visés sont des dépôts de carburant à Dunkerque (Nord), Grigny (Essonne), Coignières (Yvelines), Gennevilliers (Hauts-de-Seine), Vatry (Marne), Strasbourg, Cournon (Puy-de-Dôme), Lyon et Toulouse.

Le slogan du syndicat: « N’importons pas l’agriculture », car cela crée des « distorsions de concurrence ». Jérôme Despey, secrétaire général du syndicat FNSEA, explique à l’AFP.

On nous demande beaucoup d’efforts pour améliorer nos produits, sur la qualité, sur l’environnement, ce qui occasionne des coûts supplémentaires. Et dans le même temps, nous subissons de plus en plus d’importations de produits qui faussent la concurrence, et ne correspondent pas aux standards sanitaires et environnementaux qu’on nous impose.

LIRE AUSSI : Blocage des raffineries par les agriculteurs : faut-il craindre une pénurie de carburant ?

L’huile de palme, la goutte de trop

L’huile de palme est loin d’être le seul produit visé, mais c’est « la goutte qui a fait déborder le vase de la colère », ajoute M. Despey.

Ce sont en effet 300.000 tonnes de cette huile, issues de la déforestation en Malaisie ou Indonésie et présentant un très mauvais bilan carbone, qui feront tourner la bioraffinerie de Total à La Mède, près de Marseille, à partir de cet été. Alors que l’agriculture française peut fournir des huiles de tournesol ou de colza, coûtant toutefois plus cher.

LIRE AUSSI : Carrefour, Leclerc… Votre supermarché lutte-t-il contre les pesticides ? Le classement de Greenpeace

Le mouvement est observé avec intérêt par les ONG environnementales, d’ordinaire opposées à la FNSEA sur les dossiers phytosanitaires.

« La FNSEA a longtemps eu le monopole des biocarburants en France avec le colza et le tournesol, et ce monopole est en train d’exploser avec La Mède », souligne Sylvain Angerand, de l’ONG Les Amis de la Terre.

Les paysans en colère espèrent aussi obtenir le soutien des consommateurs, en dénonçant les effets sur le contenu des assiettes d’accords commerciaux internationaux comme le CETA signé par l’Union européenne avec le Canada, ou l’accord UE-Mercosur en négociation avec quatre pays d’Amérique latine.

« La traçabilité de nos produits s’améliore et il n’y a aucune traçabilité sur ces produits importés », s’indigne M. Despey, rappelant les récents scandales sanitaires sur la viande au Brésil.

La FNSEA n’est pas fermée au commerce international, au contraire, mais elle ne peut plus assumer les distorsions de concurrence induites par certaines importations, sinon cela va être la disparition de l’agriculture française.

« Personne ne passera »

Le syndicat demande que soit réintroduit dans la loi Alimentation, examinée à partir du 26 juin au Sénat, un amendement sur l’interdiction d’importer toute denrée produite en utilisant des substances phytosanitaires interdites dans l’Union européenne.

Il souhaite aussi que le gouvernement « renonce à son contingent d’importation d’huile de palme », et réclame un allègement du coût du travail salarié de saisonniers, qui est « 27% plus élevé que la moyenne européenne ».

« C’est la fenaison, ce n’est pas le bon moment, mais on n’a pas eu de problème pour mobiliser, car c’est vraiment le ras-le-bol général », a déclaré à l’AFP Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, qui prépare le blocage du dépôt de Strasbourg pour minuit dimanche.

« Personne ne passera » à partir de lundi matin à l’aube pour entrer ou sortir du dépôt de Dunkerque, a aussi promis Simon Ammeux, président dans le Nord des Jeunes Agriculteurs, associés au mouvement.

Une pénurie de carburant n’est toutefois pas à craindre dans l’immédiat. Car la France compte au total sept raffineries en activité ainsi que 200 dépôts de carburant, dont environ 90 dépôts principaux. Et l’Etat dispose de stocks stratégiques pour trois mois.

Source : © 2018 AFP

Des agriculteurs bloquent des raffineries et dépôts

Reuters
DES AGRICULTEURS COMMENCENT À BLOQUER LES RAFFINERIES
Une raffinerie Total à Donges. Les agriculteurs ont commencé dimanche à se mobiliser à l’appel des syndicats FNSEA et Jeunes agriculteurs (JA) pour bloquer raffineries et dépôts de carburant en France, afin de protester contre l’importation de produits agricoles ne respectant pas les mêmes normes de production qu’eux. /Photo prise le 21 novembre 2017/REUTERS/Stéphane Mahé

PARIS (Reuters) – Les agriculteurs ont commencé dimanche à bloquer raffineries et dépôts de carburant en France à l’appel des syndicats FNSEA et Jeunes agriculteurs (JA), pour protester contre l’importation de produits agricoles ne respectant pas les mêmes normes qu’eux.

Ce mouvement a été déclenché par l’autorisation donnée au groupe pétrolier Total d’importer de l’huile de palme pour faire tourner sa raffinerie de biocarburants de La Mède, dans les Bouches-du-Rhône.

« Mais la réalité, c’est depuis six mois la signature d’accords commerciaux scélérats qui laissent venir des produits (…) qui ne respectent pas les mêmes conditions de production que les produits français », a expliqué la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, à franceinfo.

En fin d’après-midi, une trentaine de tracteurs et environ 150 agriculteurs, selon la FNSEA, bloquaient ainsi le dépôt pétrolier de Vatry, dans la Marne, devant lequel les protestataires ont déversé de la terre et des gravats.

A 22h00, plusieurs dizaines d’agriculteurs ont également commencé à bloquer les entrées de la raffinerie de La Mède, censée reprendre ses activités cet été après 275 millions d’euros d’investissements pour la convertir aux biocarburants.

A 23h30, neuf sites étaient bloqués ou en passe de l’être, dont les raffineries Total de Gonfreville-l’Orcher (Seine-Maritime), Grandpuits (Seine-et-Marne) et Feyzin, près de Lyon, selon un porte-parole de la FNSEA contacté par Reuters, ainsi que les dépôts de Strasbourg et Toulouse.

Quatre autres sites devaient suivre dans la nuit, notamment à Dunkerque et en Ile-de-France, et la raffinerie de Donges, en Loire-Atlantique, lundi matin.

Au total, ce sont 14 sites que la FNSEA et JA envisagent ainsi, à ce stade, de bloquer avec des dizaines de tracteurs et des centaines d’agriculteurs qui se relaieront, explique-t-on à la FNSEA, où l’on précise que le mouvement est programmé pour le moment pour « trois jours renouvelables ».

A Pau, dans les Pyrénées-Atlantiques, des agriculteurs ont par ailleurs déversé dimanche en fin d’après-midi deux remorques de pneus et de branchages devant l’entrée du centre scientifique et technique Jean-Féger (CSTJF), laboratoire de Total.

Christiane Lambert a cité parmi les produits importés visés par les protestataires la viande, le sucre et l’éthanol.

« NOUS VOULONS TAPER FORT »

« La discussion sur le Mercosur, les pays d’Amérique du Sud, est en cours et nous ne voulons pas que de nouveaux accords soient signés », a ajouté la présidente de la FNSEA. « Et puis, pour La Mède, c’est 30.000 emplois qui sont en jeu, je pense que ça vaut le coup de se mobiliser. »

Elle a rappelé que la France avait développé depuis des années une filière colza pour contribuer à la fois aux carburants verts et à l’alimentation des animaux.

« En faisant venir de l’huile de palme, on porte un coup très dur à la filière colza », a-t-elle fait valoir. « C’est une incohérence que le gouvernement doit résoudre. »

« Notre cible, c’est l’Etat », a encore expliqué Christiane Lambert. « Nous avons alerté à plusieurs reprises. Nous avons rencontré des préfets, des parlementaires. Malgré tout, le rouleau compresseur continue sans vraiment d’écoute. »

« Nous voulons taper fort (…) pour dire : ‘Stop, vous êtes en train de mettre à mal (…) l’agriculture française. »

La logique de ce mouvement n’est pas de bloquer le pays mais d’obtenir de l’Etat des discussions sur quatre revendications, souligne-t-on à la FNSEA.

FNSEA et JA demandent l’interdiction d’importer tout produit ne correspondant pas aux standards français, un moratoire pour les charges et normes nouvelles, un allègement du coût du travail, notamment saisonnier, et un ciblage du volet agricole du « Grand plan d’investissement » lancé par le gouvernement pour 2018-2022 sur la mise en oeuvre des décisions des Etats généraux de l’alimentation dans les exploitations.

« Si on a gain de cause, chacun retournera à ses occupations », a déclaré à Reuters une source proche de la direction de la FNSEA, tout en avertissant du « risque que la mobilisation s’installe parce que les gens se radicalisent ».

Selon une source au ministère de l’Agriculture, un premier contact avec des représentants de la FNSEA et de JA est prévu lundi au niveau technique pour examiner les revendications des agriculteurs avant une réunion entre le ministre, Stéphane Travert, et Christiane Lambert, dont la date n’est pas fixée.

Les agriculteurs bloquent des raffineries et dépôts de carburants

Les Echos

La raffinerie Total à La Mède est l’un des 14 sites visés. Les agriculteurs dénoncent l’« incohérence » du gouvernement qui les oblige à respecter des normes auxquelles ne sont pas soumis des produits importés.

Les agriculteurs français expriment leur colère. Plusieurs groupes de manifestants ont commencé dès dimanche soir à bloquer des raffineries et dépôts de carburant pour dénoncer l’« incohérence » du gouvernement qui les oblige à respecter des normes auxquelles ne sont pas soumis des produits importés comme l’huile de palme.

Quelque 200 agriculteurs avec deux douzaines de tracteurs sont mobilisés sur Lyon  depuis 22h15 pour bloquer la raffinerie Total de Feyzin ainsi que le dépôt pétrolier au port rhodanien Edouard Herriot, a appris l’AFP du syndicat FRSEA Auvergne-Rhône-Alpes.

Même scène à Gonfreville-l’Orcher, près du Havre, où les agriculteurs normands s’apprêtaient vers 22 heures à déverser des bennes de fumier, oignons, terre et bois devant l’entrée d’une autre raffinerie du groupe pétrolier, a constaté sur place un photographe de l’AFP.

Raffineries et dépôts de carburant bloqués

Au moins 200 agriculteurs ont aussi commencé vers 23 heures à déverser de la terre sur les routes menant la raffinerie Total de Grandpuits (Seine-et-Marne) et installé une quarantaine de tracteurs, selon Sébastien Guérinot, président des Jeunes agriculteurs dans le département. « On ne bloque que les camions de carburant Total qui veulent entrer ou sortir. Pas le personnel, ni les autres véhicules, ni les secours », a-t-il dit à l’AFP.

En début de soirée, d’autres agriculteurs s’étaient déjà installés devant trois dépôts de carburant à Vatry (Marne), à Lespinasse près de Toulouse ainsi qu’à Cournon dans le Puy-de-Dôme. Ils avaient également prévu d’empêcher d’ici lundi matin l’accès aux dépôts de Dunkerque (Nord), Grigny (Essonne), Coignières (Yvelines), Gennevilliers (Hauts-de-Seine) et Strasbourg, ainsi qu’à une autre raffinerie Total à Donges (Loire-Atlantique).

Au total, 14 sites stratégiques sont visés par le premier syndicat agricole, la FNSEA, et les Jeunes Agriculteurs (JA), qui ont appelé leurs adhérents à occuper durant trois jours reconductibles.

Du colza français plutôt que de l’huile de palme

« Nous ne sommes pas contre les importations […] mais nous voulons, pour le consommateur, que le gouvernement soit cohérent et que les importations soient faites à normes égales, sinon l’agriculture française va disparaître », a déclaré à l’AFP Samuel Vandaele, secrétaire général des JA.

Jusqu’à 300.000 tonnes par an d’huile de palme doivent en particulier être importées pour alimenter  la bioraffinerie Total de La Mède (Bouches-du-Rhône), qui doit démarrer cet été. L’agriculture française peut fournir davantage d’huile de tournesol ou de colza, mais plus chère. Par ailleurs, l’huile de palme est un produit hautement controversé car accusé de favoriser la déforestation en Asie du Sud-Est.

« Nous sommes là pour que le gouvernement comprenne l’exaspération. Nous sommes écoutés mais pas entendus, […] ce que nous voulons ce sont des décisions », a affirmé Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, ce lundi sur RMC. « La raffinerie de la Mède propose d’incorporer 50 000 tonnes de colza français, c’est une misère, il faut au moins 200 000 tonnes », a-t-elle ajouté.

« Ces blocages sont illégaux »

Le mouvement de blocage a été dénoncé par le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert. « Aujourd’hui, ces blocages sont illégaux. J’appelle à la responsabilité. Je vais recevoir les agricultures demain pour trouver des solutions ensemble », a-t-il affirmé ce lundi sur RTL.

Les agriculteurs demandent la réintroduction dans la loi Alimentation – examinée à partir du 26 juin au Sénat – d’un amendement sur l’interdiction d’importer toute denrée produite en utilisant des substances phytosanitaires interdites dans l’Union européenne. Ils souhaitent aussi que le gouvernement renonce à son contingent d’importation d’huile de palme, et réclament un allégement du coût du travail salarié de saisonniers.

« On n’a pas investi pour importer »

L’accès au site symbolique de La Mède était aussi bloqué dimanche soir par plusieurs dizaines d’agriculteurs, rassemblés dans le calme, a constaté sur place un vidéaste de l’AFP.

« C’est la goutte d’huile de palme qui fait déborder la coupe des problèmes des paysans », a résumé Pierre Lebaillif, président des JA de Normandie, interrogé par l’AFP. « Biocarburant : on n’a pas investi pour importer », pouvait-on aussi lire sur les pancartes des agriculteurs à Vatry.

Pour le porte-parole de LREM Gabriel Attal, l’Etat ne peut pas se dédire de l’accord scellant l’importation d’huile de palme pour La Mède, mais sera « vigilant », notamment sur sa qualité environnementale.

Nécessitant jusqu’à 650.000 tonnes de matières premières par an, cette bioraffinerie utilisera aussi d’autres huiles, dont 50.000 tonnes de « colza français », a promis début juin le PDG de Total, Patrick Pouyanné.

Une pénurie encore lointaine

Le mouvement des agriculteurs est observé avec intérêt par les ONG environnementales, d’ordinaire opposées à la FNSEA dans les dossiers phytosanitaires. Les paysans espèrent aussi le soutien des consommateurs, en dénonçant les effets sur le contenu des assiettes d’accords commerciaux internationaux, comme le CETA signé avec le Canada et  l’accord UE-Mercosur en cours de négociation.

Une pénurie de carburant n’est toutefois pas à craindre dans l’immédiat. Car la France compte au total sept raffineries en activité, ainsi que 200 dépôts de carburant. De plus, l’Etat dispose de stocks stratégiques pour trois mois.

Source AFP

L’huile de palme de Total n’est qu’un (encombrant) prétexte pour la FNSEA

Analyse La FNSEA et les Jeunes agriculteurs bloquent à partir du lundi 11 juin pour trois jours reconductibles 14 raffineries et dépôts de carburants. Une opération de communication aux objectifs flous.

L'huile de palme de Total n'est qu'un (encombrant) prétexte pour la FNSEA
La FNSEA et les Jeunes agriculteurs bloquent à partir du lundi 11 juin 14 raffineries et dépôts de carburants.
© African Hope

Officiellement, si la FNSEA et les Jeunes agriculteurs appellent leurs membres à bloquer 14 raffineries et dépôts de carburant, de Total mais pas uniquement, pour trois jours à partir de ce lundi 11 juin, c’est pour dénoncer les contradictions du gouvernement français qui les obligent à respecter des normes auxquelles ne sont pas soumis les produits agricoles importés comme l’éthanol brésilien ou l’huile de palme de Malaisie ou d’Indonésie. Des produits qui servent à produire les biocarburants (qui n’ont de bio que le nom), notamment du biodiesel. Or le gouvernement, validant une promesse de la précédente mandature, vient d’autoriser Total à importer jusqu’à 4,5 millions de tonnes par an d’huile de palme pour alimenter sa nouvelle bioraffinerie de La Mède, dans les Bouches-du-Rhône. C’est cette décision qui a motivé les agriculteurs à monter leur blocage. Mais la révélation qu’un de leur principal membre, le groupe agroindustriel Avril, importe lui aussi au moins 100 000 tonnes d’huile de palme par an en complément du colza Français pour produire du biodiesel, a obligé la FNSEA a changer son discours.

« N’importons pas l’agriculture »

La fédération rappelle maintenant qu’elle se range, tout comme le groupe Avril, derrière Bruxelles, qui veut interdire les huiles de palme dans les biocarburants à partir de 2021. Surtout, la FNSEA étend ses revendications aux importations de viande. Mais les demandes concrètes des agriculteurs ne sont pas claires. Interrogé par L’Usine Nouvelle, Olivier Dauger, responsable environnement à la FNSEA est incapable de donner des attentes précises qui ferait du mouvement de blocage des sites pétroliers rebaptisé #Sauverlesagri, un succès et éviterait une reconduction du blocage au-delà des trois jours initiaux prévus.

Il explique juste que dans le contexte de transition énergétique et de lutte contre le réchauffement climatique, les agriculteurs sont prêts à jouer leur rôle et à mieux utiliser les terres agricoles. « L’idée, c’est de sortir du pétrole. Il existe une autre façon de faire de l’énergie alimentaire ou ou carburant, c’est la photosynthèse », rappelle Olivier Dauger. Mais selon lui, les accords commerciaux internationaux signés par la France fragilisent les agriculteurs français et ne leur permettent pas de remplir cette mission. La FNSEA voudrait que la France interdise les importations de produits agricoles avec des produits interdits en France. Et a choisi comme slogan « n’importons pas l’agriculture ». Cela va être compliqué à appliquer.

Devant les dépôts de carburant, les agriculteurs dénoncent les « incohérences » du gouvernement

Isabel MALSANG / AFP
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Des agriculteurs bloquent l’accès de la bioraffinerie Total de La Mède, le 10 juin 2018 à Châteauneuf-les-Martigues, dans les Bouches-du-Rhône

Paris (AFP) – Tracteurs, bottes de paille et détermination: les agriculteurs protestaient lundi devant 13 raffineries et dépôts de carburant contre les « incohérences du gouvernement » et les importations de produits agricoles qui ne respectent pas les critères français et européens, dont l’huile de palme utilisée dans les biocarburants.

« Nous avons entre 70 et 160 personnes sur 13 sites, et un quatorzième va être bloqué à partir de 9H30, celui de Donges en Loire-Atlantique », a indiqué lundi matin à l’AFP Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, premier syndicat agricole français qui a appelé au mouvement avec celui des Jeunes Agriculteurs (JA) pour trois jours reconductibles.

« L’organisation est faite pour durer » car « le dialogue est rompu » avec le gouvernement, explique Damien Greffon, président de la FRSEA d’Ile-de-France, devant le dépôt de carburant de Grigny (Essonne) où les agriculteurs ont déversé de grandes quantités de fumier, de terre et de pommes de terre pour bloquer les accès, sous les yeux de CRS.

« La France importe un certain nombre de produits qui ne respectent pas les règles qu’on impose aux agriculteurs français. Ça concerne aussi bien la viande du Mercosur, le vin espagnol que l’huile de palme », dit-il à l’AFP.

« Nous ne sommes pas contre les importations (…) mais nous voulons, pour le consommateur, que le gouvernement soit cohérent et que les importations soient faites à normes égales, sinon l’agriculture française va disparaître », estime pour sa part Samuel Vandaele, secrétaire général des JA, qui manifeste à Grandpuits, en Seine-et-Marne, devant une raffinerie Total.

« Biocarburant: on n’a pas investi pour importer », pouvait-on lire sur les pancartes des agriculteurs manifestant à Vatry (Marne).

L’accès au site Total de La Mède (Bouches-du-Rhône) est lui bloqué depuis dimanche soir par plusieurs dizaines d’agriculteurs. Jusqu’à 300.000 tonnes par an d’huile de palme, produit hautement controversé car accusé de favoriser la déforestation en Asie du Sud-Est, doivent être importées pour alimenter la bioraffinerie qui doit y démarrer cet été.

L’agriculture française peut fournir davantage d’huile de tournesol ou de colza, mais plus chères.

« C’est la goutte d’huile de palme qui fait déborder la coupe des problèmes des paysans », résume Pierre Lebaillif, président des JA de Normandie, interrogé par l’AFP. « Pour l’exploitation qui produit du colza, ça peut être à l’avenir des quantités à produire en moins ou des prix qui baissent ».

– Pas de pénurie en vue –

Nécessitant jusqu’à 650.000 tonnes de matières premières par an, la bioraffinerie de La Mède utilisera aussi d’autres huiles, dont 50.000 tonnes de « colza français », a promis début juin le PDG de Total, Patrick Pouyanné.

Inacceptable pour les agriculteurs qui ont fait leurs comptes. « Avec la Mède, nous allons perdre 400.000 hectares de colza sur 1,5 million d’hectares au total » estime Samuel Vandaele.

Le mouvement des agriculteurs est observé avec intérêt par les ONG environnementales, d’ordinaire opposées à la FNSEA dans les dossiers phytosanitaires.

Les paysans espèrent aussi le soutien des consommateurs, en dénonçant les effets sur le contenu des assiettes d’accords commerciaux internationaux, comme le CETA signé avec le Canada et l’accord UE-Mercosur en cours de négociation.

« En Amérique du sud, la taille moyenne d’un élevage est de 24.000 bovins, en France un agriculteur élève en moyenne 80 vaches allaitantes, et on nous demande d’être toujours plus vertueux sur le plan de l’environnement », fait valoir Christiane Lambert.

Les agriculteurs demandent la réintroduction dans la loi Alimentation, examinée à partir du 26 juin au Sénat, d’un amendement sur l’interdiction d’importer toute denrée produite en utilisant des substances phytosanitaires interdites dans l’Union européenne.

Ils souhaitent aussi que le gouvernement renonce à son contingent d’importation d’huile de palme, et réclament un allègement du coût du travail salarié de saisonniers « qui est 27% plus élevé qu’en Allemagne et 37% plus qu’en Italie », selon Mme Lambert.

Une pénurie de carburant n’est pas à craindre dans l’immédiat, la France comptant au total sept raffineries en activité ainsi que 200 dépôts de carburant. De plus, l’Etat dispose de stocks stratégiques pour trois mois.

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GrattosGrattos                                  C’est bizarre,je n’ai jamais vu l’Elysée bloqué ?

françoisfrançois                               Ils ont entièrement raison, il faut manifester, marre de nous faire sucrer par ce gouvernement de friqués!
Loïc BlutzLoïc Blutz                          Soutien aux agriculteurs !
bon sensbon sens                             si cela dure plusieurs jours , les syndicats de la SNCF auront un moyen supplémentaire de pression s’ils savent l’utiliser ( mais j’en doute)
alaricalaric                                    L’huile de palme , un bel exemple de la trahison du grand capitalisme international et de ses valets du genre Macron .
CHANGEMENTCHANGEMENT                    Encore un coup monté pour nous faire aller aux pompes, le Diesel au plus fort et bingo !
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