Evitons les « plombiers » polonais!!

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siLe gouvernement lève le voile sur la réforme disputée de l’apprentissage

  AFP
La ministre du travail Muriel Penicaud le 18 octobre 2018 à Matignon, à ParisLa ministre du travail Muriel Penicaud le 18 octobre 2018 à Matignon, à Paris Photo Patrick KOVARIK. AFP

Le gouvernement dévoile vendredi sa réforme de l’apprentissage, qui aura donné lieu jusqu’au bout à d’intenses batailles, notamment entre le Medef et les régions, peu enclines à en partager le pilotage.

Alors que le chômage des jeunes reste très élevé et que certains métiers manquent de bras, l’exécutif veut relancer cette filière toujours à la peine, malgré les mesures de soutien prises par les gouvernements successifs.

D’après les derniers chiffres, l’apprentissage a continué de remonter la pente en 2017 avec 421.700 apprentis dénombrés et des entrées en hausse. Mais l’objectif de 500.000 apprentis, fixé il y a des années, est encore loin.

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, ne veut rien de moins qu’une «révolution copernicienne». Elle a même emmené patronat et syndicats en Suisse et au Danemark, où l’apprentissage est bien plus répandu qu’en France.

Mais la concertation aura été tendue de bout en bout.

La CGT a décidé de bouder la réunion de vendredi, «opération de communication gouvernementale» qui «percute de plein fouet la liberté de négocier» car elle se tient à Matignon en même temps qu’une séance de négociation sur la formation professionnelle. «On regrette cette décision mais notre porte reste ouverte», a réagi Matignon.

Dès le lancement de la concertation à l’automne, c’est entre le Medef et les régions que le ton était monté. En jeu, le transfert de la gouvernance de l’apprentissage aux branches professionnelles. Le Medef poussant à ce qu’il n’y ait qu’un «seul pilote» dans l’avion: les branches. Les régions hurlant à «la privatisation» du système.

Jeudi encore, ces dernières ont dû batailler pour conserver des prérogatives et une part de l’argent destiné à l’apprentissage.

A la tête des Régions de France (ex-ARF), Hervé Morin est monté au créneau pour récupérer la compétence de l’orientation, actuellement du ressort de l’Education nationale, aussi partie prenante des discussions.

– Nouvelle taxe –

Le bras de fer entre les régions et le patronat a chamboulé la concertation, écourtée, percutant au passage la négociation parallèle sur la formation professionnelle.

Laurent Berger (CFDT) a mis son grain de sel en plaidant pour que les régions gardent une partie de leurs prérogatives car «il y a des branches qui ne sont pas en capacité» d’organiser leur filière d’apprentissage, a-t-il expliqué.

Il semble y avoir eu aussi des frottements au sein même du gouvernement — Education, Travail, et Matignon — sur la ligne à suivre. «Un gouvernement pas complètement unifié dans sa voix», a lâché pudiquement la négociatrice du Medef récemment.

Le patronat a lui aussi connu quelques hoquets, entre le Medef, la CPME et l’U2P (commerçants, artisans et professions libérales).

Un compromis s’est finalement dessiné autour d’un contrat d’objectifs et de moyens entre les branches professionnelles, l’Etat et les régions.

La question du financement, qui pourrait en partie aller aux régions pour assurer l’égalité au sein des territoires, est encore discutée dans le cadre d’une «contribution alternance» remplaçant la taxe d’apprentissage.

Cette nouvelle contribution pourrait représenter 0,85% de la masse salariale, selon un chiffre lancé lors de la négociation sur la réforme de la formation professionnelle.

Les régions ont par ailleurs donné leur accord au principe d’un financement des CFA (Centres de formation des apprentis) en fonction du nombre d’apprentis inscrits.

Sur les autres sujets, la concertation a abouti à une quarantaine de propositions, dont la possibilité d’être apprenti sans limite d’âge ou des aménagements de réglementations pour les apprentis mineurs.

La ministre du Travail a déjà indiqué qu’elle reprendrait l’idée de permettre à des jeunes d’entrer en apprentissage «toute l’année, de mieux les «éclairer» sur cette voie et «valoriser» les maîtres d’apprentissage.

Le gouvernement entend aussi s’appuyer sur le rapport du député européen Jean Arthuis pour favoriser les échanges d’apprentis au niveau européen («Erasmus des apprentis»).

Réforme de l’apprentissage : les mesures clefs

2152039_reforme-de-lapprentissage-les-mesures-clefs-web-tete-0301274314899Edouard Philippe et Muriel Penicaud. – Vincent Loison/SIPA

Le Premier ministre va annoncer ce vendredi une vingtaine de mesures pour réformer l’apprentissage. Nombre d’entre elles vont dans le sens des préconisations du rapport Brunet.

Edouard Philippe, le Premier ministre, va annoncer ce vendredi une vingtaine de mesures pour réformer l’apprentissage .

Financement. En lieu et place du circuit horriblement compliqué actuel, l’alternance (apprentissage et professionnalisation) sera financée par une contribution unique de 0,85 % de la masse salariale répartie entre les branches professionnelles. Une fraction dite de « péréquation nationale » d’environ un quart garantira que tout contrat d’apprentissage sera bien financé. Un point qui devrait rassurer les artisans. Reste à négocier l’autre fraction de péréquation, régionale celle-là. Les régions y tiennent pour garantir qu’une section d’apprentissage puisse être maintenue dans une zone malgré un nombre insuffisant de jeunes en contrat.

Gouvernance. Le sujet a fait l’objet d’un bras de fer féroce. Aujourd’hui, l’ouverture d’un centre de formation d’apprentis (CFA) ou d’une section dans un CFA est soumise à l’autorisation des régions. Un point que le Medef et la CPME n’ont eu de cesse de dénoncer. Le patronat a obtenu gain de cause puisque la réforme va acter d’un principe de liberté. Mais les régions conserveront voix au chapitre via des conventions d’objectifs et de moyens (le nom pourrait changer) fixant avec le monde économique les axes stratégiques et les investissements en matière d’apprentissage sur plusieurs années. La carte scolaire, c’est-à-dire la carte des CFA et lycées professionnels, fera l’objet de discussions au sein des Crefop, des instances de concertation quadripartite (Etat, région, représentants des salariés et des employeurs). Les régions conserveront également une fraction de la TICPE pour couvrir leurs investissements (environ 180 millions par an).

CFA. C’est un bouleversement majeur. Aujourd’hui, chaque CFA tire son financement de plusieurs sources : taxe d’apprentissage, conseils régionaux, chambres consulaires… A charge pour eux de taper à toutes les portes pour équilibrer leur budget, quitte à ce que des sections ne soient pas remplies. Avec la réforme, il s’agit de basculer vers une logique d’offre et de demande : chaque CFA sera financé au contrat, c’est-à-dire qu’il touchera une certaine somme pour chaque jeune engagé par une entreprise selon un barème national par diplôme. Plus ils rempliront leurs sections, plus ils toucheront et couvriront leurs frais de fonctionnement. Moins ils rempliront… Le gouvernement fait le pari qu’avec ce schéma de fonctionnement libéral, servi par une contribution d’alternance largement suffisante, les besoins des entreprises seront mieux servis.

Aides, salaires, ruptures. Si l’apprentissage ne décolle pas c’est, notamment, parce que les entreprises font face à de nombreuses lourdeurs réglementaires. Pour les lever, le Premier ministre, Edouard Philippe, devrait reprendre bon nombre des propositions du récent rapport Brunet. Ainsi, la rupture du contrat de travail à l’initiative de l’employeur au-delà de la période d’essai ne nécessitera plus de passer par les Prud’hommes. L’apprenti pourra aussi rompre son contrat, mais accompagné d’un médiateur. Autre changement attendu, « le quatre en un » : les trois aides actuelles et le crédit d’impôt vont être fondus en une seule aide. Le Premier ministre va aussi dévoiler une refonte des grilles salariales des apprentis (un pourcentage du SMIC) mais sans supprimer le critère d’âge. Trop coûteux pour les artisans.

Diplômes.  Le rapport Brunet proposait d’impliquer davantage les entreprises via leurs branches professionnelles. Celles-ci devraient obtenir un pouvoir de codécision avec l’Education nationale ou les autres organismes certificateurs, sur les référentiels d’activités professionnelles, censés devenir ainsi plus proches des évolutions et des besoins des entreprises. Pour permettre aux jeunes de se réorienter et de changer de formation, le rapport proposait aussi de « recentrer les diplômes professionnels autour de familles de métiers » (socle des métiers de la relation et des services, socle des métiers de l’énergie, etc.) Le sujet risque d’être conflictuel avec le principal syndicat de l’enseignement professionnel, le SNUEP-FSU. Où l’on redoute une « réduction du nombre de filières professionnelles » si, en lieu et place des 80 bacs professionnels actuels, les élèves de seconde doivent choisir, non plus un métier, mais s’orienter vers dix familles de métiers.

Un « sas » vers l’entreprise. C’est un autre sujet qui pourrait être retenu par le gouvernement : l’idée d’un « sas », un enseignement de transition vers l’activité professionnelle (ETAP), proposé aux lycées et dans les CFA. Il serait destiné à l’acquisition des « gestes et codes professionnels », et pourrait donner lieu à une certification. De quoi, là encore, faire bondir les représentants syndicaux de l’enseignement professionnel qui redoutent que l’ETAP ne consiste à « formater les jeunes aux attentes des entreprises », et débouche sur la suppression de l’actuel enseignement de Prévention, Santé, Environnement (PSE). Le rapport Brunet voyait cet enseignement comme permettant « d’initier à l’apprentissage un nombre significativement plus important de jeunes qu’aujourd’hui ».

Le gouvernement lève le voile sur la réforme disputée de l’apprentissage

Déborah CLAUDE
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Tout apprenti d’au moins 18 ans bénéficiera sans conditions d’une aide de 500 euros pour passer le permis de conduire

Paris (AFP) – Le gouvernement dévoile vendredi sa réforme de l’apprentissage, qui aura donné lieu jusqu’au bout à d’intenses batailles, notamment entre le Medef et les régions, peu enclines à en partager le pilotage.

Une première mesure – une aide de 500 euros pour passer le permis de conduire – a été confirmée à l’AFP par le ministère du Travail, suite à une information de RTL. En fin de matinée, le gouvernement annoncera ses arbitrages sur le statut de l’apprenti, mais aussi sur la gouvernance et le financement de cette voie qui peine à décoller.

Alors que le chômage des jeunes reste très élevé et que certains métiers manquent de bras, l’objectif de 500.000 apprentis, fixé il y a des années, est encore loin, malgré les mesures de soutien prises par les gouvernements successifs. On dénombrait 421.700 apprentis en 2017.

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, ne veut rien de moins qu’une « révolution copernicienne ». Elle a même emmené patronat et syndicats en Suisse et au Danemark, où l’apprentissage est bien plus répandu qu’en France.

Mais la concertation aura été tendue de bout en bout.

La CGT a décidé de bouder la réunion de vendredi, « opération de communication gouvernementale » qui « percute de plein fouet la liberté de négocier » car elle se tient à Matignon en même temps qu’une séance de négociation sur la formation professionnelle. « On regrette cette décision mais notre porte reste ouverte », a réagi Matignon.

Dès le lancement de la concertation à l’automne, c’est entre le Medef et les régions que le ton était monté. En jeu, le transfert de la gouvernance de l’apprentissage aux branches professionnelles. Le Medef poussant à ce qu’il n’y ait qu’un « seul pilote » dans l’avion: les branches. Les régions protestant contre « la privatisation » du système.

Jeudi encore, ces dernières ont dû batailler pour conserver des prérogatives et une part de l’argent destiné à l’apprentissage.

A la tête des Régions de France (ex-ARF), Hervé Morin est monté au créneau pour récupérer la compétence de l’orientation, actuellement du ressort de l’Education nationale, aussi partie prenante des discussions.

– nouvelle taxe –

Le bras de fer entre les régions et le patronat a chamboulé la concertation, écourtée, percutant au passage la négociation parallèle sur la formation professionnelle.

Laurent Berger (CFDT) a mis son grain de sel en plaidant pour que les régions gardent une partie de leurs prérogatives car « il y a des branches qui ne sont pas en capacité » d’organiser leur filière d’apprentissage, a-t-il expliqué.

Il semble y avoir eu aussi des frottements au sein même du gouvernement — Education, Travail, et Matignon — sur la ligne à suivre. « Un gouvernement pas complètement unifié dans sa voix », a lâché pudiquement la négociatrice du Medef récemment.

Le patronat a lui aussi connu quelques hoquets, entre le Medef, la CPME et l’U2P (commerçants, artisans et professions libérales).

Un compromis s’est finalement dessiné autour d’un contrat d’objectifs et de moyens entre les branches professionnelles, l’Etat et les régions.

Une « contribution alternance » devrait remplacer la taxe d’apprentissage. Elle pourrait représenter 0,85% de la masse salariale, selon un chiffre lancé lors de la négociation sur la réforme de la formation professionnelle.

Les régions en recevraient une partie pour assurer l’égalité au sein des territoires.

Ces dernières ont par ailleurs donné leur accord au principe d’un financement des CFA (Centres de formation des apprentis) en fonction du nombre d’apprentis inscrits.

Sur les autres sujets, la concertation a abouti à une quarantaine de propositions, dont la possibilité d’être apprenti sans limite d’âge ou des aménagements de réglementations pour les apprentis mineurs.

La ministre du Travail a déjà indiqué qu’elle reprendrait l’idée de permettre à des jeunes d’entrer en apprentissage « toute l’année, de mieux les « éclairer » sur cette voie et « valoriser » les maîtres d’apprentissage.

Le gouvernement entend aussi s’appuyer sur le rapport du député européen Jean Arthuis pour favoriser les échanges d’apprentis au niveau européen (« Erasmus des apprentis »).

Le gouvernement lève le voile sur sa réforme de l’apprentissage

Le gouvernement lève le voile sur sa réforme de l'apprentissage
Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, avait promis « une révolution copernicienne » pour l’apprentissage en France.@ LUDOVIC MARIN / AFP

L’exécutif présente sa copie vendredi pour mettre en avant et faire décoller l’apprentissage, une filière souvent dénigrée en France.

Après trois mois de concertation, le gouvernement présente vendredi matin sa copie pour réformer l’apprentissage. Le but est de faire décoller cette filière d’accès à l’emploi qui végète depuis des années en France (430.000 apprentis aujourd’hui), alors qu’elle fonctionne à plein chez plusieurs de nos voisins, notamment en Allemagne. Edouard Philippe en personne va dévoiler le contenu de la réforme, il s’exprimera en présence des trois ministres qui ont travaillé sur le sujet : Muriel Pénicaud, Jean-Michel Blanquer et Frédérique Vidal.

Renforcer l’information aux jeunes. Sur l’apprentissage, attendez-vous à une révolution copernicienne, avait annoncé la ministre du Travail. Avec d’abord une réforme de l’orientation et le choix de porter les efforts sur l’information au collège pour faire comprendre aux jeunes et à leurs parents que l’apprentissage est une voie d’excellence, qui offre un taux d’insertion élevé et des niveaux de rémunération attractifs. « On estime que des jeunes bien orientés et bien informés pourront choisir l’apprentissage de manière claire, n’auront pas peur de s’engager dans des voix de formations professionnalisantes et cela pourra permettre d’éviter des ruptures de contrats à cause de jeunes qui vont dans l’apprentissage, se sont trompé de métier parce qu’ils n’ont pas été suffisamment informés quand ils ont du faire leur choix, et se retrouvent à rompre leur contrat »; explique auprès d’Europe 1 Aurélien Cadiou, président de l’association nationale des apprentis de France.

Autre grande innovation : les jeunes qui s’engagent dans l’apprentissage ne seront plus prisonniers du calendrier scolaire. S’ils veulent changer d’apprentissage en cours de route, ils pourront le faire. Ils ne seront plus obligés d’attendre, comme aujourd’hui, la rentrée de l’année suivante.

Un pilotage partagé. Reste la question la plus sensible politiquement : qui aura la main sur l’ouverture et la fermeture des centres de formation d’apprentis sur le territoire ? Aujourd’hui, ce sont les régions. Le patronat veut que dorénavant ce soit lui pour que les centres de formation soient créés là où se situent les besoins des entreprises, quitte à bousculer la carte des lycées professionnels que financent parallèlement les régions. Le gouvernement devrait finalement trancher pour un pilotage partagé : les régions et les branches professionnelles s’entendront sur les objectifs, mais le financement se fera au nombre de contrats d’apprentissage réalisés. Les patrons y tiennent beaucoup, car c’est une façon de flécher l’argent là où sont les besoins.

Le gouvernement lève le voile sur la réforme disputée de l’apprentissage

Déborah CLAUDE

Tout apprenti d’au moins 18 ans bénéficiera sans conditions d’une aide de 500 euros pour passer le permis de conduire© AFP/Archives PHILIPPE HUGUEN

Le gouvernement dévoile vendredi sa réforme de l’apprentissage, qui aura donné lieu jusqu’au bout à d’intenses batailles, notamment entre le Medef et les régions, peu enclines à en partager le pilotage.

Une première mesure – une aide de 500 euros pour passer le permis de conduire – a été confirmée à l’AFP par le ministère du Travail, suite à une information de RTL. En fin de matinée, le gouvernement annoncera ses arbitrages sur le statut de l’apprenti, mais aussi sur la gouvernance et le financement de cette voie qui peine à décoller.

Alors que le chômage des jeunes reste très élevé et que certains métiers manquent de bras, l’objectif de 500.000 apprentis, fixé il y a des années, est encore loin, malgré les mesures de soutien prises par les gouvernements successifs. On dénombrait 421.700 apprentis en 2017.

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, ne veut rien de moins qu’une “révolution copernicienne”. Elle a même emmené patronat et syndicats en Suisse et au Danemark, où l’apprentissage est bien plus répandu qu’en France.

Mais la concertation aura été tendue de bout en bout.

La CGT a décidé de bouder la réunion de vendredi, “opération de communication gouvernementale” qui “percute de plein fouet la liberté de négocier” car elle se tient à Matignon en même temps qu’une séance de négociation sur la formation professionnelle. “On regrette cette décision mais notre porte reste ouverte”, a réagi Matignon.

Dès le lancement de la concertation à l’automne, c’est entre le Medef et les régions que le ton était monté. En jeu, le transfert de la gouvernance de l’apprentissage aux branches professionnelles. Le Medef poussant à ce qu’il n’y ait qu’un “seul pilote” dans l’avion: les branches. Les régions protestant contre “la privatisation” du système.

Jeudi encore, ces dernières ont dû batailler pour conserver des prérogatives et une part de l’argent destiné à l’apprentissage.

A la tête des Régions de France (ex-ARF), Hervé Morin est monté au créneau pour récupérer la compétence de l’orientation, actuellement du ressort de l’Education nationale, aussi partie prenante des discussions.

nouvelle taxe

Le bras de fer entre les régions et le patronat a chamboulé la concertation, écourtée, percutant au passage la négociation parallèle sur la formation professionnelle.

Laurent Berger (CFDT) a mis son grain de sel en plaidant pour que les régions gardent une partie de leurs prérogatives car “il y a des branches qui ne sont pas en capacité” d’organiser leur filière d’apprentissage, a-t-il expliqué.

Il semble y avoir eu aussi des frottements au sein même du gouvernement — Education, Travail, et Matignon — sur la ligne à suivre. “Un gouvernement pas complètement unifié dans sa voix”, a lâché pudiquement la négociatrice du Medef récemment.

Le patronat a lui aussi connu quelques hoquets, entre le Medef, la CPME et l’U2P (commerçants, artisans et professions libérales).

Un compromis s’est finalement dessiné autour d’un contrat d’objectifs et de moyens entre les branches professionnelles, l’Etat et les régions.

Une “contribution alternance” devrait remplacer la taxe d’apprentissage. Elle pourrait représenter 0,85% de la masse salariale, selon un chiffre lancé lors de la négociation sur la réforme de la formation professionnelle.

Les régions en recevraient une partie pour assurer l’égalité au sein des territoires.

Ces dernières ont par ailleurs donné leur accord au principe d’un financement des CFA (Centres de formation des apprentis) en fonction du nombre d’apprentis inscrits.

Sur les autres sujets, la concertation a abouti à une quarantaine de propositions, dont la possibilité d’être apprenti sans limite d’âge ou des aménagements de réglementations pour les apprentis mineurs.

La ministre du Travail a déjà indiqué qu’elle reprendrait l’idée de permettre à des jeunes d’entrer en apprentissage “toute l’année, de mieux les “éclairer” sur cette voie et “valoriser” les maîtres d’apprentissage.

Le gouvernement entend aussi s’appuyer sur le rapport du député européen Jean Arthuis pour favoriser les échanges d’apprentis au niveau européen (“Erasmus des apprentis”).Comment le gouvernement veut réformer l’apprentissage

Le Figaro

Hayat Gazzane
figarofr: L'apprentissage a attiré 421.700 jeunes l'an dernier.© MARTIN BUREAU/AFP L’apprentissage a attiré 421.700 jeunes l’an dernier. Après plusieurs mois de négociations avec les partenaires sociaux et les régions, le Premier ministre Édouard Philippe dévoile ce vendredi les principales mesures de la réforme de l’apprentissage. Objectif : faire de cette filière une voie d’excellence.

L’apprentissage ne doit plus être une voie de garage. C’est en tout cas ce que souhaite le gouvernement qui présente ce vendredi sa réforme visant à redorer le blason de cette filière. Le Premier ministre, Édouard Philippe, entouré de la ministre du Travail Muriel Pénicaud, du ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer, et de Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, devrait annoncer une vingtaine de mesures, fruit de négociations difficiles et d’intenses batailles notamment entre le Medef et les régions.

Au cœur de la réforme: le transfert de la gouvernance de l’apprentissage. Cette dernière sera désormais confiée aux branches professionnelles, le Medef poussant à ce qu’il n’y ait qu’un «seul pilote» dans l’avion. Les branches seront ainsi libres d’ouvrir des centres de formation, sans l’obligation d’obtenir le feu vert de la région. Ces dernières, qui ont hurlé à «la privatisation» du système, ne sont toutefois pas entièrement écartées. Un compromis s’est finalement dessiné autour d’un contrat d’objectifs et de moyens entre les deux parties. «Nous avons accepté le principe de liberté, mais dans le cadre de conventions d’objectifs et de moyens pluriannuelles. Ces conventions fixeront les plans d’investissement et l’orientation que l’on veut donner à l’apprentissage. À cela s’ajoutera la possibilité pour une région de fermer une section d’apprentissage dont les résultats ne sont pas conformes aux attentes», explique Hervé Morin, à la tête des Régions de France, dans un entretien aux Échos. Ce dernier est aussi monté au créneau pour récupérer la compétence de l’orientation, actuellement du ressort de l’Éducation nationale, aussi partie prenante des discussions.

Une aide au permis de conduire

Autre volet de la réforme: le financement de la filière. Le gouvernement devrait acter la mise en place d’une «contribution alternance» qui remplacerait la taxe d’apprentissage. Cette nouvelle contribution pourrait représenter 0,85% de la masse salariale, répartie entre les branches professionnelles. Une fraction pourrait aller aux régions pour assurer l’égalité au sein des territoires. «Nous avons demandé, et c’était une ligne rouge absolue, que l’on ait des moyens permettant d’assurer à n’importe quel jeune de France, en zone rurale ou en quartier sensible notamment, d’accéder à l’apprentissage», explique Hervé Morin. Les régions ont par ailleurs donné leur accord au principe d’un financement des CFA (Centres de formation des apprentis) en fonction du nombre d’apprentis inscrits.

Sur les autres sujets, la ministre du Travail Muriel Pénicaud a déjà fait savoir qu’elle reprendrait l’idée de permettre à des jeunes d’entrer en apprentissage toute l’année, de mieux les «éclairer» sur cette voie et de «valoriser» les maîtres d’apprentissage. Le gouvernement entend aussi s’appuyer sur le rapport du député européen Jean Arthuis pour favoriser les échanges d’apprentis au niveau européen (l’«Erasmus des apprentis»). Selon RTL, le gouvernement va également annoncer que l’État va prendre en charge 500 euros du permis de conduire des apprentis de 18 ans et plus. Cette aide devrait concerner 150 à 200.000 apprentis, selon la radio.

Pour Muriel Pénicaud, l’enjeu est de taille. Le chômage des jeunes reste très élevé et certains métiers manquent de bras. D’où la nécessité de relancer cette filière toujours à la peine, malgré les mesures de soutien prises par les gouvernements successifs. D’après les derniers chiffres de la Dares, l’apprentissage a remonté la pente en 2017 avec 421.700 apprentis dénombrés et des entrées en hausse, mais l’objectif de 500.000 apprentis, fixé il y a des années, est encore loin. Ce projet de loi, qui promet une «révolution copernicienne» selon les propos de la ministre du Travail, sera présenté «à peu près à la même date» que le projet de loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises), examiné en conseil des ministres le 18 avril. Il devrait être voté pendant l’été et entrer en vigueur en 2019

France-La réforme de l’apprentissage dévoilée vendredi

PARIS, 7 février (Reuters) – Edouard Philippe et la ministre du Travail présenteront vendredi leur réforme de l’apprentissage, prochain chantier social du quinquennat d’Emmanuel Macron avec ceux de la formation professionnelle et de l’assurance chômage.

« Dès vendredi matin avec Muriel Pénicaud, nous aurons l’occasion avec les acteurs de cette réforme (…) de faire le point dans une réunion multilatérale et de dire les pistes sur lesquelles nous sommes en train de nous mettre d’accord », a dit le Premier ministre mercredi.

Les phrases prononcées par le chef du gouvernement pouvaient laisser entendre que des pistes sur les trois versants du futur projet de loi – apprentissage, formation professionnelle et assurance chômage – seraient évoquées mais Matignon a précisé que les déclarations de vendredi ne concerneraient que l’apprentissage.

Le projet de loi sera présenté « à peu près à la même date » que le projet de loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises), examiné en conseil des ministres le 18 avril, a ajouté Edouard Philippe.

La triple réforme devrait être votée pendant l’été et entrer en vigueur en 2019.

La CGT a critiqué l’annonce par le Premier ministre des pistes de la réforme alors que des négociations sont en cours entre syndicats et organisations patronales.

« C’est inadmissible et un déni de liberté de négociation. Cela montre la faiblesse du projet gouvernemental qui essaye de gagner du temps pour empêcher que les propositions syndicales deviennent majoritaires dans la population », a dit à Reuters Catherine Perret, secrétaire confédérale de la CGT.

La présidente de la concertation sur l’apprentissage, Sylvie Brunet, a présenté le 31 janvier une quarantaine de propositions pour faciliter l’accès à cette voie de formation que la ministre veut utiliser comme levier pour s’attaquer au chômage des jeunes.

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routardroutard                             Les ordures faisandées halal droite gauche veulent ferrer des nouveaux électeurs
CHRISTIANCHRISTIAN                     bonne idée à condition que ce soit exclusivement pour les français…..
YesYes                                  Un pouvoir d’achat retrouvé serait une bien meilleure chose !
jean claudejean claude                     il devient en effet urgent de former des jeunes au monde du travail
Il n’est pas normal que chaque années 300 000 places ne trouvent pas de personnes qualifiées
PAR TARANISPAR TARANIS                  Tiens la millionnaire de chez Danone.
miam miammiam miam                     Tous ces acteurs ne sont pas prêt à lâcher tant le gateau est savoureux. Pauvre CGT, les responsables pensent t’ils aux jeunes sans formation , sans emploi ? Dans les autre pays comment font ils ?
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