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iel« Veut-on vraiment en finir avec le drame des SDF ? » : la fondation Abbé Pierre interpelle Macron

Dans son rapport annuel, la fondation estime que le président de la République a fait de belles promesses… bien mal honorées.

La Fondation Abbé Pierre rend son rapport sur le mal-logement.© Copyright 2018, L’Obs La Fondation Abbé Pierre rend son rapport sur le mal-logement. Ce sont des reproches qu’adresse la fondation Abbé Pierre dans son rapport annuel, centré sur la question du surpeuplement dans le mal-logement, à Emmanuel Macron ce mardi 30 janvier.

Pour la fondation, le président a davantage adopté des mesures qui dessinent « des orientations beaucoup plus inquiétantes : coupes dans les APL, ponction sur les HLM, attaques contre l’hébergement des personnes migrantes en situation irrégulière… »qu’il ne s’est préoccupé d’honorer sa promesse de campagne de « mettre enfin en œuvre une vraie politique de ‘Logement d’abord ».

« Obligée d’aller chez des amis » pour se doucher

Le document dénonce tout d’abord un problème de surpeuplement des logements qui touchait 2,7 millions de ménages en 2013, soit 8,5 %, selon l’Insee. Des personnes seules aux familles nombreuses, contraintes de vivre dans à peine quelques mètres carrés. Un phénomène qui « refait surface, alors qu’il était en déclin depuis plusieurs décennies », précise la fondation.

© Fournis par Le Nouvel Obs Dans le rapport, des histoires de vie. Celle de Madame L., 55 ans, qui réside depuis 15 ans dans une chambre de bonne de 4 m2 dans un beau quartier parisien. Elle raconte :

« Pour prendre une douche, je suis obligée d’aller chez des amis. »

Ou encore celle d’un couple des Mureaux, qui vit dans un studio de 22 m2 issu de la division d’un pavillon en trois, et qui n’a « même pas d’espace pour installer le lit du bébé ».

« Je remue ciel et terre pour avoir un autre logement parce qu’ici c’est invivable avec trois enfants, c’est l’enfer », raconte également une femmeen couple avec trois enfants (une fille de 6 ans et des jumeaux de 3 ans) qui occupe un studio de 13 m2.

« Le développement psychique des enfants » mis à mal

Ces situations de mal-logement posent plusieurs problèmes.

Comme notamment la « dégradation du logement, l’augmentation des risques domestiques, l’impact sur la santé physique et mentale, les difficultés rencontrées dans le développement et la scolarité des enfants », sans oublier les « tensions et violences intra-familiales… ». De quoi contrarier « le développement psychique des enfants ». Le rapport détaille :

« Donnant lieu à une ‘cohabitation forcée’ avec les autres membres de la famille, l’exiguïté du logement se traduit par une impossibilité de s’isoler, particulièrement dommageable au repos et au sommeil. »

Comme l’expliquait à « l’Obs » Joëlle Adrien, directrice de l’Inserm, le manque de sommeil participe à la reproduction des inégalités sociales car il influe sur la réussite scolaire.

« La journée ça va, mais la nuit il y a des complications. Ils ne peuvent pas dormir, il n’y a pas de place, le bébé pleure. Ils ne dorment pas à la même heure, ils ne se réveillent pas à la même heure, mais dès qu’un des enfants se réveille, ça réveille tout le monde », témoigne ainsi cette mère de 6 enfants, locataire d’un T3 dans le parc privé à Lyon.

« Le soir, on met des matelas dans la salle à manger ; le matin, on les range derrière les canapés… Mais c’est trop serré, on ne dort pas normalement », explique de son côté cette mère de neuf enfants, locataire d’un T4 insalubre du parc privé à Saint-Denis de La Réunion.

Des mesures plutôt encourageantes mais…

Comment lutter contre le mal-logement, et notamment la surpeuplement ? Emmanuel Macron s’était emparé en 2017 d’un plan ‘Sans domicile : objectif zéro’, pensé par la fondation et destiné à résorber le problème en 5 à 10 ans selon les territoires.

Le candidat avait proposé « une série de mesures plutôt encourageantes », rappelle la fondation, : « priorité d’accès au parc social, accent sur la production de logements très sociaux (40.000 PLAI par an) et de pensions de familles (10.000 places en cinq ans), développement de l’intermédiation locative (40.000 places de plus en cinq ans) ».

Des promesses qu’aborde aujourd’hui la fondation « sans illusion excessive, voire avec une certaine méfiance » :

« Beaucoup de réformes ont été menées par le passé, mais elles n’ont pas suffi à enrayer la mécanique de l’exclusion du logement, ni la fuite en avant vers l’hébergement d’urgence. »

« L »objectif zéro’ n’est pas démagogique en soi, ce qui l’est c’est de l’énoncer sans mettre en œuvre les moyens susceptibles de l’atteindre », tacle le rapport.

Autre mauvaise note attribuée à Macron : « le sort indigne réservé à une partie des personnes migrantes » qui est « identifié comme une des causes du sans-abrisme ».

APL et HLM : deux outils « attaqués de front »

La fondation revient sur la coupe de 5 euros par mois des APL, entrée en vigueur le 1er octobre 2017 sans limitation de durée.

APL : Emmanuel Macron confirme que la baisse de 5 euros n’est qu’un début« Une mesure injuste, aveugle et inefficace, souvent légitimée par des idées reçues », dénonce le rapport.

« Les APL permettent avant tout aux locataires modestes de modérer leur taux d’effort et d’améliorer le confort de leurs logements », insiste la fondation.

Elles concernent 6,5 millions de ménages. Après la baisse des APL, le rapport évoque le problème du surpeuplement dans les logements HLM où « 776.000 ménages sont concernés [par le surpeuplement], soit 16,8 % des locataires du parc social ».

« Les attaques contre les APL ont aussi pris la forme d’une mise à contribution des organismes HLM. »

« Le gouvernement a en effet prévu, à la suite d’un long bras de fer dans le cadre de la loi de finances pour 2018, une baisse d’environ 60 euros par mois des APL pour les locataires du parc social. Cette coupe est rendue indolore à court terme pour les locataires par une baisse forcée équivalente de leurs loyers (la ‘réduction de loyer de solidarité’ – ‘RLS’). »

Une « saignée » qui risque « de provoquer rapidement une chute de la construction, de la réhabilitation, notamment thermique, de la qualité de l’entretien des bâtiments et du service rendu aux locataires », alerte la fondation qui finit par s’interroger :

« Veut-on vraiment en finir avec le drame des personnes sans domicile ? »

Le retour des logements surpeuplés

Le rapport de la Fondation Abbé-Pierre publié mardi relève une augmentation du nombre de personnes qui vivent dans une habitation trop petite.

LE MONDE | • Mis à jour le

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La résurgence du surpeuplement dans les logements. Rapport de la Fondation Abbé Pierre.

Logement : la fondation Abbé Pierre appelle Macron à «mener une vraie politique sociale»

Le Parisien avec AFP
La Fondation Abbé Pierre craint notamment que la baisse des APL et la mise à contribution des organismes HLM entraînent une « chute de la construction ». LP/Florence Hubin

4 millions de personnes sont mal logées ou privées de domicile, selon le rapport annuel de la fondation Abbé Pierre.

Dans son 23e rapport annuel sur l’état du mal-logement en France, la fondation Abbé Pierre tire la sonnette d’alarme. Si elle indique que le marché de l’immobilier affiche « une bonne santé générale », elle souligne que « 4 millions de personnes restent mal logées ou privées de domicile ». Soit près de 6 % de la population. Au total le rapport évalue à 15 millions, le nombre de personnes touchées « par la crise du logement ».

Si elle salue que le plan quinquennal pour le « Logement d’abord », la fondation épingle « des orientations beaucoup plus inquiétantes » dans la politique d’Emmanuel Macron : « coupes dans les APL, ponction sur les HLM, attaques contre l’hébergement des personnes migrantes en situation irrégulière… » « Les actes des premiers mois ont semblé donner la priorité aux coupes budgétaires et aux critiques contre l’encadrement du marché de l’immobilier, au détriment de l’ambition affichée de protéger les personnes en difficultés », s’inquiète-t-elle encore. La fondation souligne notamment que « les attaques contre les APL ont aussi pris la forme d’une mise à contribution des organismes HLM », et selon elle « cette saignée risque de provoquer rapidement une chute de la construction, de la réhabilitation, notamment thermique, de la qualité de l’entretien des bâtiments et du service rendu aux locataires ».

« Il est encore temps, en ce début de quinquennat, de redresser le tir et d’engager enfin une vraie politique sociale du logement couplée à une politique, cohérente et fédératrice, de logement d’abord », assure le rapport.

Près de 9 millions de personnes dans des logements surpeuplés

La fondation met également en lumière cette année le problème de surpeuplement des logements. S’appuyant sur les chiffres de l’Insee, elle souligne que 8,6 millions de personnes sont touchées par ce phénomène. Pour mesurer le surpeuplement, cet institut étudie non pas le nombre de mètres carrés par occupant, mais le nombre de pièces dévolues à chacun. Le postulat est le suivant : il faut une pièce à vivre (salon), une chambre par couple et pour chaque adulte célibataire de plus de 19 ans, une pièce pour deux enfants de moins de 7 ans, quel que soit le sexe, et une autre pour de grands enfants mais de même sexe.

Entre 2006 et 2013, le nombre de personnes vivant en surpeuplement « modéré » (par exemple quand il manque une chambre) a augmenté de 11,5 % à 7,6 millions tandis que le nombre en surpeuplement « accentué » (quand le manque est plus important) a grimpé de 17,2 % avec 797 000 personnes concernées. En cause : des facteurs économiques (crise financière de 2008, tension dans le secteur immobilier) ou sociétaux (hausse du nombre de familles recomposées, des familles monoparentales et du nombre de migrants).

Foyers de travailleurs migrants, chambres de bonne ou chambres d’hôtel, HLM ou logements du parc privé, locataires ou propriétaires… Le phénomène, qui touche essentiellement les plus précaires, se retrouve aussi chez les classes moyennes et les propriétaires.

Près de 9 millions de personnes vivent dans un logement surpeuplé

LEXPRESS.fr avec AFP
Le phénomène, qui touche essentiellement les plus précaires, se retrouve aussi chez les classes moyennes et les propriétaires. (Photo d'illustration)

Le phénomène, qui touche essentiellement les plus précaires, se retrouve aussi chez les classes moyennes et les propriétaires. (Photo d’illustration) afp.com/DOMINIQUE FAGET

Au moins 8,6 millions de personnes vivent dans des logements surpeuplés en France, selon le dernier rapport de la fondation Abbé Pierre.

Au moins 8,6 millions de personnes ont un toit, mais s’entassent dans de minuscules appartements, selon le dernier rapport de la fondation Abbé Pierre sur le mal-logement publié mardi, qui s’appuie sur des chiffres datant de 2013, les derniers dont dispose l’Insee.

Pour mesurer le surpeuplement, l’Insee a étudié le nombre de pièces dévolues à chacun. L’institut estime qu’il faut une pièce à vivre, de type salon, une chambre par couple et pour chaque adulte célibataire de plus de 19 ans, une pièce pour deux enfants de moins de 7 ans, quel que soit le sexe, et une autre pour de grands enfants mais de même sexe.

Le retour du surpeuplement

Entre 2006 et 2013, le nombre de personnes vivant en surpeuplement « modéré » -par exemple, quand il manque une chambre- a augmenté de 11,5%, à 7,6 millions. Alors que les surpeuplements « accentués » -quand le manque est plus important- ont grimpé de 17,2% avec 797 000 personnes concernées.

Si plusieurs générations vivaient sous le même toit autrefois, « il y a eu petit à petit une démocratisation de l’espace, résultat d’une conquête des Trente Glorieuses (1945-1973) », a rappelé récemment le directeur de l’étude Manuel Domergue. Or, aujourd’hui « ce phénomène de surpeuplement qui tendait à se résorber refait surface », s’inquiète-t-il. En cause: des facteurs économiques (crise financière de 2008, tension dans le secteur immobilier) ou sociétaux (hausse du nombre de familles recomposées, des familles monoparentales et du nombre de migrants).

Foyers de travailleurs migrants, chambres de bonne ou chambres d’hôtel, HLM ou logements du parc privé, locataires ou propriétaires… Le phénomène, qui touche essentiellement les plus précaires, se retrouve aussi chez les classes moyennes et les propriétaires.

Le manque d’espace complique tout

« Mon grand frère dort souvent dans sa voiture plutôt que sur le canapé du salon, qui a des bosses qui font mal au dos », explique Maryam*, 20 ans et étudiante en économie à la Sorbonne, dont la famille dispose de trois chambres pour dix personnes dans l’est parisien. « Ce n’est pas très grave, mais c’est pour ma mère. Elle s’en veut énormément, elle se sent coupable quand elle nous voit faire nos devoirs dans les toilettes. »

Manger, dormir, se laver, se reposer… tout devient compliqué pour ces familles, qui connaissent par ailleurs des difficultés de socialisation (faute d’espace pour recevoir), tensions scolaires, problèmes de santé (respiratoires, tuberculose, saturnisme) et alimentaires, selon l’enquête.

Plus de 143 000 sans-abris

Au-delà du surpeuplement, près de 4 millions de personnes restent mal logées, plus de 12 millions d’autres « fragilisées » (locataires en situation d’impayés notamment) et plus de 143 000 personnes à la rue.

LIRE AUSSI >> Sans-abri: la Fondation Abbé Pierre et le Secours catholique étrillent Castaner

Pour le Délégué général de la fondation Abbé Pierre, Christophe Robert, « il faut une réorganisation majeure de la politique du logement » car en 2017, « le nombre de personnes confrontées à la crise du logement continue d’augmenter ». « Le gouvernement et le président de la République doivent redresser le tir et mener une vraie politique sociale », poursuit-il, avant de fustiger d’un côté « les suppressions de l’ISF, de la taxe d’habitation décidées par le gouvernement et de l’autre côté, la baisse de 5 euros des aides pour le logement » (APL) qui fragilise les plus pauvres.

Huit mois après la présidentielle, Christophe Robert s’interroge sur les moyens alloués à l’objectif « zéro SDF » d’Emmanuel Macron. « Le zéro SDF est possible », insiste Christophe Robert, « mais on ne pourra pas le faire si on fragilise simultanément les outils de la solidarité comme les APL ou le logement social« .

* Le prénom a été modifié

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