Tout est bon…dans le maton!

Laisser un commentaire


ir-8Les gardiens bloquent les prisons, la ministre va recevoir les syndicats

Un surveillant de prison tient des pancartes à côté de palettes de bois en feu pour bloquer l’accès à la prison de Gradignan, le 15 janvier 2018.[Mehdi FEDOUACH / AFP]

Lundi matin, à l’appel des syndicats, des dizaines de prisons partout en France étaient bloquées avant une rencontre prévue dans la journée avec la ministre de la Justice pour reprendre les discussions sur leurs revendications salariales et sécuritaires.

Lundi matin «115 établissements étaient bloqués en France» sur les 188 du pays, a affirmé à l’AFP le secrétaire national de FO Emmanuel Baudin. Aucun chiffre n’était disponible pour l’heure auprès de l’administration pénitentiaire.

Environ 150 surveillants étaient rassemblés peu après 7h à Fleury-Mérogis (Essonne). Une journaliste de l’AFP rapporte qu’ils bloquaient l’accès à la prison avec des barricades faites de pneus et palettes l’accès à la prison.

Sur place, le le secrétaire général de FO Emmanuel Baudin a lancé aux grévistes : «Je compte sur vous pendant ces négociations pour bloquer !», les appelant d’ores et déjà à «revenir demain». La mobilisation était aussi suivie dans le reste de la région parisienne (Melun, Villepinte) et ailleurs en France : les principaux établissements étaient bloqués en Auvergne-Rhône-Alpes, tout comme dans le Grand Est et toutes étaient bloquées en Occitanie, selon des syndicalistes locaux.

Dans la nuit, rapporte l’AFP, la garde des Sceaux Nicole Belloubet a annoncé qu’elle recevrait lundi les organisations syndicales après le rejet des propositions du gouvernement, appelant «à la responsabilité de chacun». Dans un communiqué, le ministère de la justice indique que la ministre «souhaite reprendre immédiatement le dialogue» et «recevra, dès ce jour, l’ensemble des organisations syndicales représentatives».

Dimanche soir, un détenu s’en est une nouvelle fois pris à des gardiens, à Longuenesse (Pas-de-Calais), les agressant avec un pied de table en fer et les blessant aux bras, selon l’administration pénitentiaire et le syndicat majoritaire Ufap-Unsa.

Le centre pénitentiaire de Borgo où deux surveillants ont été blessés par des détenus, le 19 janvier 2018 en Corse [PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP]Négociations Prisons : un «projet d’accord» remis à la ministre de la Justice et aux syndicats
La ministre de la Justice Nicole Belloubet escortée à sa sortie d'une visite à la prison de Borgo en Corse, le 19 janvier 2018  [PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP]Corse La ministre de la Justice sifflée et huée devant la prison de Borgo
Justice Prison : «Pas un jour ne passe sans qu’on n’entende parler d’une agression»

Forte mobilisation des gardiens de prison, avant une rencontre au ministère

AFP
Des gardiens en grève rassemblés devant la prison de Fleury-Merogis le 22 janvier 2018

Des gardiens en grève rassemblés devant la prison de Fleury-Merogis le 22 janvier 2018        afp.com/Philippe LOPEZ

Paris – Des dizaines de prisons partout en France sont bloquées lundi matin à l’appel des syndicats avant une rencontre prévue à partir de 13H00 avec la ministre de la Justice pour reprendre les discussions sur leurs revendications salariales et sécuritaires.

« A 09H00, nous avons 50 établissements bloqués: 15 où les agents ont refusé de prendre leur service et 35 où des barrages devant les prisons empêchent tout personnel d’entrer« , a-t-on appris auprès de la Direction de l’administration pénitentiaire.

« Nous nous concentrons ce matin sur les établissements qui nécessitent un renfort de forces de sécurité (policiers et gendarmes, Ndlr) pour pallier l’absence d’agents et assurer le service« , a-t-on ajouté de même source.

Plus tôt, le secrétaire national de FO Emmanuel Baudin avait assuré à l’AFP que « 115 établissements étaient bloqués en France » sur les 188 du pays.

Après l’échec des négociations la semaine dernière en raison de propositions du gouvernement jugées « insuffisantes« , les trois principaux syndicats (Unap-Unsa, CGT, FO) « seront reçus par la ministre à partir de 13H00, les uns après les autres« , a indiqué la chancellerie à l’AFP.

A Fleury-Mérogis (Essonne), plus grande prison d’Europe avec plus de 4.300 détenus, environ 150 surveillants se sont rassemblés peu après 07H00 et ont bloqué avec des barricades faites de pneus et palettes l’accès à la prison, a constaté une journaliste de l’AFP. Les appels par haut-parleur « aux agents qui souhaitent prendre leur service » étaient couverts par des huées.

La mobilisation est aussi suivie dans le reste de la région parisienne (avec des blocages à Melun, Villepinte, Nanterre, dans le Val d’Oise et un débrayage à Meaux) et ailleurs en France: les principaux établissements sont bloqués en Auvergne-Rhône-Alpes, dans le Grand Est et toutes sont bloquées en Occitanie et à Ajaccio (Corse), selon des syndicalistes locaux.

Dimanche soir, un détenu s’en est une nouvelle fois pris à des gardiens, à Longuenesse (Pas-de-Calais). Il les a agressés avec un pied de table en fer, les blessant aux bras, selon l’administration pénitentiaire et le syndicat majoritaire Ufap-Unsa.

Lundi matin, une cinquantaine de gardiens stationnaient devant l’entrée du centre et y ont allumé des palettes.

– Non aux « mesurettes » –

A Borgo (Haute-Corse), où deux surveillants ont été agressés la semaine dernière, une soixantaine de gardiens se sont postés devant la prison, sans la bloquer, a constaté un photographe de l’AFP.

Ces agressions à répétition alimentent la colère des gardiens de prison qui jugent leur profession dangereuse, mal payée et mal considérée. C’est l’agression de surveillants par un détenu jihadiste à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) le 11 janvier qui a mis le feu aux poudres.

La semaine dernière, parallèlement à la mobilisation nationale des gardiens, l’Ufap-Unsa (40%) et la CGT-Pénitentiaire (environ 15%) ont participé à des négociations avec le gouvernement, mais ont refusé samedi de signer le « projet d’accord » qui en est sorti.

« Les personnels sont fatigués et furieux. Le mouvement sera dur lundi et ne s’arrêtera pas si le gouvernement ne propose que des mesurettes« , a prévenu le secrétaire général de la CGT-Pénitentiaire, Christopher Dorangeville, dimanche.

FO-Pénitentiaire, qui n’avait pas participé aux premières négociations, a appelé à « amplifier la pression« .

La CGT et FO ont prévenu que le mouvement de blocage des prisons était reconductible « jusqu’à ce que le gouvernement entende (leurs) revendications« .

L’Ufap-Unsa et la CGT estiment que le « projet d’accord » est « bien en deçà des attentes des collègues mobilisés » notamment concernant les indemnités et le statut des 28.000 surveillants. Ils jugent aussi insuffisante la proposition de 1.100 créations de postes sur quatre ans.

La présidente du Front national Marine Le Pen a dit lundi soutenir « totalement les revendications et la colère du personnel pénitentiaire« , estimant que « le gouvernement ne prend pas la mesure de la dangerosité » des « fondamentalistes islamistes« .

Dimanche, Nicole Belloubet avait pris « acte du refus » de signer le texte pourtant négocié avec le gouvernement.

Les trois principaux syndicats demandent des revalorisations: soit indemnitaires (pour l’Ufap), avec une revalorisation des primes de nuit ou de pénibilité, soit statutaires (pour FO et la CGT), avec le passage pour les agents de la pénitentiaire de la catégorie C à la catégorie B.

Prisons: appel au « blocage total » ce lundi, la ministre de la Justice va recevoir les syndicats

Syndicats de surveillants et ministère ne sont toujours pas parvenus à un accord.

AFP
Des surveillants incendient des palettes pour bloquer la prison de Nanterre le 18 janvier (Image d’illustration).

PRISONS – Les gardiens de prison entrent dans leur deuxième semaine de mobilisation. Les syndicats appellent ce lundi 22 janvier à un nouveau « blocage total » des établissements pénitentiaires à partir de 6 heures pour faire entendre des revendications salariales et sécuritaires. Ils seront reçus dans la journée par la ministre qui veut « reprendre le dialogue ».

À Fleury-Mérogis (Essonne), Valence (Drôme) ou Joux-la-Ville (Yonne), les appels au blocage ont été entendus, comme en témoignent des journalistes sur place.

Des blocages ont également été mis en place à Metz et Sarreguemines (Moselle), Saint-Mihiel et Montmédy (Meuse), Ecrouves, Nancy et Toul (Meurthe-et-Moselle), Strasbourg et Oermingen (Bas-Rhin), Mulhouse et Ensisheim (Haut-Rhin).

La Garde des Sceaux Nicole Belloubet a annoncé dans la nuit qu’elle recevrait lundi les organisations syndicales après le rejet des propositions du gouvernement, dans un climat de tension alimenté par des agressions à répétition.

« La ministre de la Justice souhaite reprendre immédiatement le dialogue. C’est la raison pour laquelle elle recevra, dès ce jour, l’ensemble des organisations syndicales représentatives », a indiqué un communiqué de ministère. Quelques heures avant le début de l’appel au blocage dans les 188 prisons du pays, la ministre a aussi appelé « à la responsabilité de chacun afin que la sécurité et le fonctionnement des établissements pénitentiaires soient assurés ».

« Fatigués et furieux »

Dimanche soir, un détenu s’en est une nouvelle fois pris à des gardiens, à Longuenesse dans le Pas-de-Calais. Il les a agressés avec un pied de table en fer et les a blessés aux bras, ont indiqué l’administration pénitentiaire et le syndicat majoritaire Ufap-Unsa. Le syndicat FO a appelé les gardiens de Longuenesse à « ne pas prendre les clés » lundi matin, c’est-à-dire à ne pas prendre le travail et à laisser les forces de l’ordre prendre le relais.

Ces agressions à répétition alimentent la colère des gardiens de prison qui jugent leur profession dangereuse, mal payée et mal considérée. C’est l’agression de surveillants par un détenu jihadiste à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) le 11 janvier qui a mis le feu aux poudres.

La semaine dernière, parallèlement à la mobilisation des gardiens dans toute la France, l’Ufap-Unsa (40%) et la CGT-Pénitentiaire (environ 15%) ont participé à des négociations avec le gouvernement, mais elles ont refusé samedi de signer le « projet d’accord » qui en est sorti.

« Les personnels sont fatigués et furieux. Le mouvement sera dur lundi et ne s’arrêtera pas si le gouvernement ne propose que des mesurettes », a prévenu le secrétaire général de la CGT-Pénitentiaire, Christopher Dorangeville, dimanche. FO-Pénitentiaire, qui ne s’est pas assis à la table des discussions avec le gouvernement, a appelé à « amplifier la pression » pour faire notamment entendre des revendications salariales.

Blocage

La CGT et FO ont prévenu que le mouvement de blocage des prisons était reconductible « jusqu’à ce que le gouvernement entende (leurs) revendications ».

L’Ufap-Unsa et la CGT estiment que les propositions du gouvernement contenus dans le « projet d’accord » sont « bien en deçà des attentes des collègues mobilisés » notamment concernant les indemnités et le statut des 28.000 surveillants. Ils jugent aussi insuffisantes la proposition de 1100 créations de postes sur quatre ans.

Dimanche, la ministre de la Justice Nicole Belloubet avait pris « acte du refus » de signer le texte pourtant négocié avec le gouvernement durant la semaine sur la base d’une plateforme commune de revendications.

Les trois principaux syndicats demandent des revalorisations: soit indemnitaires (pour l’Ufap), avec une revalorisation des primes de nuit ou de pénibilité, soit statutaires (pour FO et la CGT), avec le passage pour les agents de la pénitentiaire de la catégorie C à la catégorie B.

Prisons : les syndicats de surveillants appellent au «blocage total» lundi

J.-M.D. avec AFP
Les blocages devraient se poursuivre dans les prisons, comme ici à Fleury-Mérogis (Essonne). DR

Le projet d’accord entre le ministère de la Justice et les syndicats de gardiens de prison a été rejeté samedi par FO-pénitentiaire, l’Ufap-Unsa et la CGT-Pénitentiaire.

Après les ultimes propositions de la ministre de la Justice de créer 1 100 postes de surveillants sur les quatre ans à venir pour mieux encadrer les 188 établissements en France, les syndicats bloquent. Et renvoient la copie à l’administration. A l’image de FO, qui estime que cet accord «n’est que de la poudre aux yeux».

Dans un premier temps, la CGT et l’Ufap-Unsa, syndicat majoritaire de la profession, avaient semblé soutenir le texte. Samedi, le premier a dénoncé des propositions «bien en deça des attentes» et le second a annoncé qu’il ne signerait pas, après avoir consulté ses militants, appelant au «blocage total» lundi.

FO, qui fait cavalier seul, a aussi appelé à durcir le mouvement qui a débuté le 11 janvier après l’agression de trois gardiens par un détenu au centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil (Nord). Le syndicat demande à ses adhérents de pratiquer le «dépôt des clés», une façon de cesser le travail.

LIRE AUSSI >Prison de Fleury-Mérogis : «On se révolte parce qu’on n’en peut plus»

Des tensions en interne

Selon l’administration pénitentiaire, seuls trois établissements seraient concernés. Mais à Fleury-Mérogis (Essonne), la prison aux 4 000 détenus, «une seule aile sur les cinq» de cette maison d’arrêt géante fonctionnerait normalement selon FO.

A Réau (Seine-et-Marne), la plupart des gardiens n’ont pas pris leur service selon le représentant local du syndicat. Une situation qui génère des tensions en interne. A Maubeuge (Nord), des détenus ont manifesté samedi leur mauvaise humeur, obligeant des équipes de sécurité à intervenir.

Prisons : trois syndicats appellent au « blocage total » lundi

Prisons : trois syndicats appellent au "blocage total" lundi
Les syndicats ont déjà mené des actions de blocage cette semaine.@ ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

Le syndicat majoritaire chez les gardiens de prison a rejeté samedi soir le projet d’accord avec le gouvernement et appelle, comme deux autres syndicats, au « blocage total » des prisons lundi.

Le syndicat majoritaire chez les gardiens de prison, l’Ufap-Unsa Justice, a annoncé samedi soir qu’il rejetait le projet d’accord négocié avec le gouvernement et appelé au « blocage total » des établissements dès lundi à 06h. Il s’agit du troisième syndicat des personnels pénitenciers à rejeter cet accord, enjoignant ainsi à durcir le mouvement des blocages.

Demande de « revalorisation indemnitaire ». Après le rejet par ses militants du texte, l’Ufap-Unsa Justice « acte la demande de revalorisation indemnitaire des personnels », dans un communiqué. L’accord prévoyait la création de 1.100 postes de surveillants en quatre ans, dont 100 cette année. Il portait également sur la définition d’un nouveau régime de détention pour les détenus radicalisés et condamnés ou poursuivis pour faits de terrorisme islamiste, avec le doublement d’ici fin 2018 des capacités d’évaluation de ces prisonniers dans des quartiers spécifiques. Le projet d’accord proposait également un renforcement de la prise en charge des détenus violents et comprenait tout un volet sur la reconnaissance des métiers du monde pénitentiaire. Le texte prévoyait enfin que un renforcement des moyens matériels.
Trois syndicats rejettent l’accord. Avec le rejet de l’accord par l’Ufap-Unsa Justice, ce sont désormais les trois principaux syndicats de la pénitentiaire qui appellent à durcir le mouvement. La CGT a annoncé plus tôt samedi qu’elle ne signerai pas l’accord. « Les éléments qui composent ce projet de texte soumis à ratification sont bien en deçà des attentes des collègues mobilisés », a fait savoir la CGT-Pénitentiaire. SNP-FO, qui n’a pas pris part aux discussions avec le gouvernement, avait qualifié cet accord de « fumisterie », précisant qu’il n’empêcherait pas « les agressions violentes subies par les personnels à court et moyen terme ». Les trois ont donc appelé à « un blocage total » des établissements à partir de lundi.

Des blocages en réponse aux agressions. Une grande partie des 188 établissements pénitentiaires français ont été perturbés cette semaine par des blocages et des retards de prise de service des gardiens. Ce mouvement a été déclenché par l’agression à l’arme blanche de trois surveillants et d’un gradé de la prison de Vendin-le-Vieil, dans le Pas-de-Calais, le 11 janvier. Depuis lors, plusieurs autres agressions de surveillants ont été commises par des détenus radicalisés.

Prisons : appel au blocage total lundi

Le conflit continue dans les prisons : le projet d’accord que les syndicats avaient négocié avec le gouvernement a été rejeté samedi 20 janvier au soir. L’appel à un blocage total a été lancé pour lundi matin.

avatarFrance 3France Télévisions

La colère ne faiblit pas dans les prisons, comme samedi 20 janvier à Lille (Nord). Les surveillants rejettent unanimement le projet d’accord soumis aux syndicats. Dès samedi soir, dans un communiqué, la CGT pénitentiaire affichait son refus. Le projet d’accord prévoyait notamment la création de 1 100 postes sur quatre ans. Pour Force ouvrière, qui a toujours refusé les négociations, le problème n’est pas là, mais dans l’amélioration des conditions de sécurité des surveillants et un régime spécifique pour les détenus radicalisés. Clairement insuffisant pour les syndicats, qui réclamaient des quartiers isolés pour ces détenus dangereux.

Blocage total dès lundi matin à 6 heures

Même crispation en Corse, après la violente agression à la prison de Borgo vendredi dernier. Pour les surveillants, hors de question de reprendre le travail. Après déjà une semaine de tension, le mouvement devrait s’amplifier dans les prisons. Les syndicats appellent à un blocage total dès lundi matin à 6 heures.

Prisons : les blocages continuent, la ministre reçoit les syndicats de gardiens

Le blocage a repris ce lundi 22 janvier devant plusieurs prisons de France. La ministre de la Justice souhaite rencontrer les syndicats de gardiens pour renouer le dialogue.

Des drapeaux d’organisations syndicales accrochés devant le pénitencier de Borgo, en Corse, le 19 janvier 2018 ( ©AFP/Archives/PASCAL POCHARD-CASABIANCA )

Les syndicats de gardiens de prisons appellent ce lundi à un nouveau « blocage total » des établissements à partir de 6h pour faire entendre des revendications salariales et sécuritaires, avant d’être reçus par la ministre qui veut « reprendre le dialogue ».

La Garde des Sceaux Nicole Belloubet a annoncé dans la nuit qu’elle recevrait lundi les organisations syndicales après le rejet des propositions du gouvernement, dans un climat de tension alimenté par des agressions à répétition.

« La ministre de la Justice souhaite reprendre immédiatement le dialogue. C’est la raison pour laquelle elle recevra, dès ce jour, l’ensemble des organisations syndicales représentatives », a indiqué un communiqué de ministère.

Quelques heures avant le début de l’appel au blocage dans les 188 prisons du pays, la ministre a aussi appelé « à la responsabilité de chacun afin que la sécurité et le fonctionnement des établissements pénitentiaires soient assurés ».

Une nouvelle agression de gardien

Dimanche soir, un détenu s’en est une nouvelle fois pris à des gardiens, à Longuenesse (Pas-de-Calais). Il les a agressés avec un pied de table en fer et les a blessés aux bras, ont indiqué l’administration pénitentiaire et le syndicat majoritaire Ufap-Unsa.

Le syndicat FO a appelé les gardiens de Longuenesse à « ne pas prendre les clés » lundi matin, c’est-à-dire à ne pas prendre le travail et à laisser les forces de l’ordre prendre le relais.

Ces agressions à répétition alimentent la colère des gardiens de prison qui jugent leur profession dangereuse, mal payée et mal considérée. C’est l’agression de surveillants par un détenu jihadiste à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) le 11 janvier qui a mis le feu aux poudres.

La semaine dernière, parallèlement à la mobilisation des gardiens dans toute la France, l’Ufap-Unsa (40%) et la CGT-Pénitentiaire (environ 15%) ont participé à des négociations avec le gouvernement, mais elles ont refusé samedi de signer le « projet d’accord » qui en est sorti.

LIRE AUSSI – Prisons : rejet unanime d’un projet d’accord, appel au blocage total

« Les personnels sont fatigués et furieux. Le mouvement sera dur lundi et ne s’arrêtera pas si le gouvernement ne propose que des mesurettes », a prévenu le secrétaire général de la CGT-Pénitentiaire, Christopher Dorangeville, dimanche.

FO-Pénitentiaire, qui ne s’est pas assis à la table des discussions avec le gouvernement, a appelé à « amplifier la pression » pour faire notamment entendre des revendications salariales.

La CGT et FO ont prévenu que le mouvement de blocage des prisons était reconductible « jusqu’à ce que le gouvernement entende (leurs) revendications ».

« Mesures concrètes »

L’Ufap-Unsa et la CGT estiment que les propositions du gouvernement contenus dans le « projet d’accord » sont « bien en deçà des attentes des collègues mobilisés » notamment concernant les indemnités et le statut des 28 000 surveillants.

Ils jugent aussi insuffisantes la proposition de 1 100 créations de postes sur quatre ans.

Dimanche, la ministre de la Justice Nicole Belloubet avait pris « acte du refus » de signer le texte pourtant négocié avec le gouvernement durant la semaine sur la base d’une plateforme commune de revendications.

La garde des Sceaux relevait les « mesures concrètes pour renforcer la sécurité des personnels et des moyens » apportés par ce texte, citant la création d’emplois et une prise en charge spécifique des détenus radicalisés.

Les trois principaux syndicats demandent des revalorisations: soit indemnitaires (pour l’Ufap), avec une revalorisation des primes de nuit ou de pénibilité, soit statutaires (pour FO et la CGT), avec le passage pour les agents de la pénitentiaire de la catégorie C à la catégorie B.

Dimanche, la mobilisation s’est poursuivie au ralenti.

Les prisons de Borgo (Haute-Corse), où des gardiens ont été agressés vendredi, et celle de Gradignan (Gironde) étaient totalement bloquées et des retards à la prise de service ont été observés dans plusieurs prisons, selon une source syndicale et l’administration pénitentiaire.

Blocage des prisons : « le système marche sur la tête »


 Thomas Frénéat

À la suite de l’agression de leurs collègues dans le nord de la France, les surveillants bloquaient en ce début de semaine les prisons du Rhône. Corbas, Villefranche, Roanne ou encore Saint-Étienne, la situation est rapidement revenue à la normale. Bernard Bolze, fondateur de l’Observatoire international des Prisons et initiateur du site Prison Insider réagit à ces manifestations.

Bernard Bolze

© Tim Douet
Bernard Bolze

Surveillant de prison est un métier difficile. Coincés entre les détenus, la hiérarchie pénitentiaire et les décisions politiques nationales, ils sont selon Bernard Bolze victimes de leur image. « C’est un métier dévalorisé, et donc dévalorisant », estime le militant, qui comprend la colère de ces hommes en uniforme.  Il ajoute : « Traditionnellement, c’est mal vu d’être surveillant pénitentiaire. Alors que c’est un métier qui demande beaucoup de qualités ». Calme, sang-froid et empathie sont en effet des traits indispensables pour évoluer de façon pérenne en milieu carcéral. Pour Bernard Bolze, garder des prisonniers c’est « être gardien de son semblable, être gardien de son frère ».

Surpopulation pour les détenus et extrémisme chez les surveillants

Pourtant, Bernard Bolze met en garde sur les réelles motivations de ces surveillants, qui selon lui ne sont pas toujours très claires. Il considère que les agressions, comme celles qu’ont subies les trois gardiens de la prison de Vendel-en-Vieil, sont instrumentalisées. « L’agression était très modeste, et ne méritait pas de bloquer les prisons de France. Ce qui est dangereux, c’est qu’il y a toute une idéologie d’extrême droite qui gangrène la profession », assure-t-il. Des considérations politiques donc, qui pousseraient certains gardiens à demander d’appliquer des politiques sécuritaires plus répressives. Or, selon lui, « ces politiques le sont déjà assez comme ça » et causent la plaie du système carcéral français : la surpopulation. « La surpopulation, c’est un fait. Elle existe, car on enferme des gens qui n’ont pas raison d’être en prison. On les emprisonne pour des délits mineurs et sur de courtes périodes. Le résultat, c’est que ça abîme les gens, et qu’ils ont ensuite plus de chances de récidiver », explique M.Bolze avant d’ajouter « une prison où les conditions de travail des gardiens et les conditions de vie des détenues sont mauvaises ne peut rien donner de bon ».

Des surveillants mal formés et des politiques désintéressés

Bernard Bolze dénonce également la formation des surveillants pénitentiaires, trop légères selon lui. Jeunes et peu formés, les gardiens n’auraient pas les outils en main pour assurer correctement leur métier. « On envoie en première ligne des jeunes de 20 ans avec 8 mois de formation. Les gardiens chevronnés eux, demandent à être mutés dans les prisons les plus calmes. Au final, ce sont les moins expérimentés qui se retrouvent là où c’est le plus compliqué », déplore-t-il. Sur les blocages, Bernard Bolze considère que les gardiens se trompent d’adversaire. Il insiste : « Les politiques se fichent du milieu carcéral, ça ne les intéresse pas. Les premiers touchés par les blocages, ce sont les détenus. Pendant une journée, voire plusieurs, ils ne peuvent plus voir leur avocat, accéder au parloir ou sortir au tribunal ». Finalement, la situation serait bloquée de toutes parts. Blocages de prisons inefficaces, détenus lésés dans leurs droits et politiques insuffisantes, le système carcéral français a, pour Bernard Bolze, tout d’un système qui « marche sur la tête ».

=============
  • mickey69                                On peut comprendre cette grogne, quand elle concerne les problèmes de considération et d’effectif, mais en profiter pour racketer l’État n’est pas à l’honneur des gardiens. 
  • dakota73                                   apportons notre soutien au gardiens de prisons….
    certains au gouvernement doivent certainement vivre sur une autre planète au vu des déclarations faites par ces personnes pourtant en charge de responsabilités nationales….
    faut créer des centres de détention spécialisés pour détenus dangereux et a problèmes, comme cela existe au Etats-unis et dans d’autres pays… 
  • Eno33                                      *quitte à ce que l’argent des français soit investi dans ce secteur autant le faire bien. Des prisons new générations, robotisées drones…. Pourquoi une main d’œuvre humaine.. 
  •  Ils se comportent comme des casseurs… Ha bravo… Soit ça déteint sur eux soit ils étaient prédisposés. Leur comportement est aux antipodes de leur fonction.
    Puisqu’on est capable de robotiser des usine… Et de contrôler des drones d’attaque… Autant réfléchir a la fonction de gardien de prison par ces technologies… 
  • Des robots et des drones…gardien de prison Voilà l’avantage de nos avancées technologiques – Au moins là. 
  • Gememare                            La colère des surveillants de prison ça revient régulièrement, c’est comme le blocage des routes par les routiers ou le déversement de fumier par les agriculteurs.
  • christophe.heuzardencore une fois re d’accord avec vous , il faut que vous soyez en sécurité pour travailler c’est le minimum avec un boulot pareil trop dangereux
  • NAC                                            Il est sûr que les syndicats profitent complètement de la situation. C’est de bonne guerre …même si elle est très politique (les français ne sont pas naïfs) ; et même si, dans ce cas précis, les surveillants ont certaines raisons de protester. Mais, excités par les syndicats, ils ne le font pas toujours avec raison. Et, je veux adresser un CARTON ROUGE à l’ensemble des syndicats ! A quoi ça sert, sinon politiquement, de se prétendre favorable aux mesures écologiques, mais chaque protestation brûler des palettes et des pneus : feux hautement polluants et cancérigènes ! Je serai manifestant ou membre des forces de l’ordre, je porterai plainte contre les délégués syndicaux pour intoxications et mise en danger de la vie d’autrui par diffusion de substances cancérigènes. J’ai peu de chance d’être entendu car malheureusement par instruction ou par couardise, les politiques et les médias s’autocensurent et appliquent strictement la consigne : « pas touche aux syndicats !… trop dangereux » Quand y aura-t-il un courageux pour soulever ce problème récurrent ? (post multi médias)
    karl6497                                  Macron t’est cuit
  • christophe.heuzard             oui vous avez raison ne reprenez pas le travail , par contre je ne pense pas que les forces de l’ordre soient emballées de repousser ces personnes car ce sont des travailleurs en danger , courage
    Sans_Dents                             Nous avons eu ce spectacle édifiant (à Fleury Merogis), de forces de l’ordre matraquant des gardiens de prison ! Ça semble bien plus facile que de s’en prendre à des Zadistes totalement hors la loi … Concernant la Garde des Sceaux, dépenser une cinquantaine de millions d’€ pour installer des téléphones dans les cellules semble bien plus prioritaire que de s’occuper de la sécurité des personnels pénitentiaires !
  • gazelle                                     je suis inquiet … qui va donner à manger aux prisonniers et les faire sortir en promenades ?
    a1b2c3                                     toute ma solidarité envers les matons
  • Jeanri                                     Ils n’ont rien compris , les matons ! ils manifestent dans la légalité ! ça ne peut pas marcher comme ça , Qu’ils copient les zadistes ; et alors ? mais oui alors c bien sûr c le bonheur assuré !!!
    theseint                                   le début de la fin du gvt Macron !!!
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :