Compromis!!…Chose dûe

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75Pas d’accord budgétaire aux Etats-Unis, le «shutdown» entre en vigueur

  Frédéric Autran
Donald Trump à Washington le 19 janvier 2018Donald Trump à Washington le 19 janvier 2018 Photo Brendan Smialowski. AFP

Le Sénat américain a échoué à voter une extension du budget fédéral. 850 000 fonctionnaires pourraient se retrouver au chômage technique. Dans ce contexte, Donald Trump célèbre samedi son premier anniversaire au pouvoir.

Jusqu’au bout, vendredi soir, les grandes chaînes américaines sont restées en direct, faisant défiler sur leurs plateaux journalistes et experts condamnés, faute de réelle nouveauté, à tourner en rond. En parallèle, des images en provenance du Sénat montraient des petits groupes d’élus en grande discussion. Mais au final, ces négociations de dernière minute ont échoué. Et le compte à rebours anxiogène, affiché en permanence sur les écrans, a expiré à minuit sans qu’un accord n’ait pu être trouvé pour financer le gouvernement fédéral.

Pour la première fois depuis octobre 2013, les Etats-Unis sont donc entrés cette nuit dans une période de «shutdown», synonyme de chômage technique pour des centaines de milliers de fonctionnaires, dont le rôle est jugé non-essentiel. La durée de cette fermeture partielle de l’administration fédérale dépendra de la vitesse à laquelle républicains et démocrates au Congrès parviendront à trouver un accord.

Anniversaire

Hasard du calendrier, ce «shutdown» débute un an jour pour jour après l’investiture de Donald Trump. Le président pouvait difficilement imaginer un pire cadeau pour son premier anniversaire au pouvoir, d’autant que la journée de samedi sera aussi marquée, partout aux Etats-Unis, par des manifestations de femmes déterminées à lutter contre sa politique. Roi autoproclamé du «deal», Trump affiche au passage, une fois de plus, les limites à son talent de négociateur.

Retour en arrière. Aux Etats-Unis, le budget fédéral débute chaque année au 1er octobre. Faute d’accord sur un budget 2018 complet et définitif, le Congrès a déjà voté à trois reprises, depuis septembre, des textes de financement provisoire. Le troisième expirait vendredi soir à minuit. Jeudi, la Chambre des représentants, contrôlée par les républicains et où une majorité simple suffit, a approuvé une nouvelle extension, jusqu’au 16 février. Mais le texte n’a pas franchi l’obstacle du Sénat, où les républicains, majoritaires avec 51 sièges, avaient besoin d’au moins neuf voix démocrates, un minimum de 60 voix (sur 100) étant requis pour cette procédure budgétaire.

Protection pour les «Dreamers»

Forts de cette minorité de blocage, les sénateurs démocrates avaient prévenu : ils ne voteraient l’extension budgétaire qu’à condition qu’un accord soit trouvé pour régler le sort des quelque 800 000 «Dreamers», ces jeunes arrivés illégalement aux Etats-Unis lorsqu’ils étaient enfants. Depuis 2012, ils bénéficient d’un statut de résident temporaire, les autorisant à étudier et travailler, grâce au programme DACA, mis en place par l’administration Obama. En septembre, Donald Trump a décidé d’abroger ce programme et appelé le Congrès à trouver une solution législative d’ici au 5 mars.

La semaine dernière, une solution semblait à portée de main, après des négociations fructueuses menées par six élus des deux partis. Mais leur compromis, qui prévoyait un statut légal et un chemin vers la citoyenneté américaine pour les Dreamers, en échange d’un renforcement de la sécurité à la frontière mexicaine et d’un durcissement en matière de rapprochement familial, a été rejeté par Donald Trump. Lequel a, en outre, tenu des propos humiliants («pays de merde») à l’égard d’Haïti et du continent africain, déclenchant une vague de condamnations. Et rendant les négociations encore plus ardues.

 Bataille des hashtags

Dès samedi matin, pour ceux qui travaillent le week-end, lundi pour la majorité d’entre eux, environ 850 000 employés fédéraux pourraient être placés en chômage technique. Les ministères du Logement, de l’Éducation, du Commerce, du Travail et de l’Intérieur ainsi que l’Agence de protection de l’environnement, seront les plus affectés : entre 80% et 96% de leurs employés seront priés de rester chez eux. Le «shutdown» n’affecte pas en revanche les postes jugés essentiels, liés principalement à des questions de sécurité : militaires, contrôleurs aériens, gardiens de prison. Même si certains pourraient être contraints de travailler sans salaire, jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée au Congrès.

Combien de temps cela prendra-t-il ? Qui cédera le premier ? Du côté de la Maison Blanche, si Donald Trump ne s’est pas exprimé dans la nuit, sa porte-parole a publié un communiqué rejetant l’entière responsabilité de la fermeture partielle du gouvernement sur les démocrates. «Les démocrates du Sénat sont responsables du Schumer Shutdown», a-t-elle écrit, en référence au chef des démocrates au Sénat, Chuck Schumer. Sur Twitter, la bataille des hashtags faisait rage dès vendredi, les républicains parlant de #SchumerShutdown et les démocrates d’un #TrumpShutdown. «Nous ne négocierons pas sur le statut des immigrés illégaux tant que les démocrates tiendront en otage nos citoyens respectueux de la loi», a martelé la porte-parole de la Maison Blanche, qualifiant les démocrates de «losers obstructionnistes».

Plus modéré, le sénateur Schumer a quant à lui appelé à une reprise des négociations sur le statut des Dreamers, réclamant une réunion dès samedi entre le président et les quatre plus hauts responsables du Congrès (les chefs républicains du Sénat et de la Chambre ainsi que les leaders de la minorité démocrate dans les deux assemblées). Sous la pression de leur base électorale, qui a fait de la protection des Dreamers une priorité, les responsables démocrates, dont le New-Yorkais Schumer, élu dans un Etat où vivent de très nombreux bénéficiaires du DACA, semblent déterminés à poursuivre le bras de fer avec les républicains et la Maison Blanche.

 Fête gâchée

Selon un sondage du Washington Post et ABC publié vendredi, 48% des Américains attribueraient la responsabilité du shutdown aux républicains, contre 28% aux démocrates. Certains sénateurs démocrates pourraient toutefois en payer le prix. «Trump espère rejeter la faute sur les démocrates en leur reprochant de fermer le gouvernement parce qu’ils veulent des « frontières ouvertes »», commente Benjamin Page, professeur de science politique à la Nortwestern University. Cela ne dupera pas grand monde. Mais cela peut empoisonner la vie des sénateurs démocrates élus dans des Etats très conservateurs, dont beaucoup remettent leur mandat en jeu cette année». Cinq de ces démocrates ont d’ailleurs voté vendredi soir en faveur de l’extension budgétaire provisoire.

Attendu en principe hier dans son luxueux club de Mar-a-Lago, qu’il surnomme «la Maison Blanche d’hiver», Donald Trump avait retardé son départ pour s’entretenir avec Chuck Schumer et suivre depuis Washington les dernières négociations entourant le «shutdown». Fera-t-il aujourd’hui le voyage vers la Floride ? A l’occasion de son premier anniversaire au pouvoir, le président et sa famille doivent participer à un dîner de gala, à 50 000 dollars le couvert. La fête est d’ores et déjà gâchée

Les Etats-Unis toujours en « shutdown » en l’absence d’accord budgétaire

Réunion entre des sénateurs et Donald Trump à la Maison Blanche le 9 janvier 2018 AFP/Archives – JIM WATSON

Les Etats-Unis se préparaient à subir lundi de plein fouet les effets de la fermeture partielle de l’administration fédérale à l’issue d’un week-end de tractations infructueuses entre républicains et démocrates.

Initialement prévu dans la nuit, le vote du Sénat qui pourrait permettre de mettre fin au « shutdown » entré en vigueur samedi matin a été reporté à lundi midi (17H00 GMT).

Cette paralysie budgétaire, liée à un désaccord sur la question sensible de l’immigration, devait se traduire par la mise au chômage technique de centaines de milliers d’employés fédéraux.

« Nous n’avons toujours pas trouvé d’accord (…) acceptable pour les deux parties », a annoncé le chef des sénateurs démocrates Chuck Schumer.

Le président américain Donald Trump, invisible depuis le début du week-end, n’a pas immédiatement réagi dimanche soir à cette nouvelle échéance.

Dimanche matin, il avait salué, via Twitter, la détermination de son camp à « se battre » pour l’armée et la sécurité aux frontières, accusant ses adversaires politiques de « simplement vouloir un flot d’immigrants illégaux sans le moindre contrôle ».

Dénonçant « une erreur de calcul aux proportions gigantesques » de la part des démocrates, Mitch McConnell, chef de la majorité républicaine au Sénat, avait un peu plus tôt appelé les démocrates à ne pas s’arc-bouter.

Ces derniers réclament des engagements sur le sort de centaines de milliers de clandestins arrivés jeunes aux Etats-Unis, les « Dreamers », avant tout accord budgétaire temporaire.

Un compromis évoqué par les républicains consisterait à voter un budget temporaire jusqu’au 8 février en s’engageant à aborder la question de l’immigration dans les plus brefs délais.

Rappelant que c’est la première fois qu’un « shutdown » intervient alors que la Maison Blanche, la Chambre des représentants et le Sénat sont aux mains d’un même parti, M. Schumer a longuement ironisé sur une incapacité supposée des républicains à gouverner.

« Il n’arrivent même pas à se mettre d’accord avec leur président! », a-t-il lancé, dénonçant un « Trump shutdown » qui aurait pu selon lui être évité sans les atermoiements du président.

La Maison Blanche dénonce de son côté l’attitude de certains élus démocrates tentés d’après elle de prolonger le blocage jusqu’au discours sur l’état de l’Union de Donald Trump, prévu le 30 janvier.

Cette allocution devant les chambres du Congrès est un exercice rituel qui donne au président l’occasion d’expliquer au peuple américain ses priorités pour l’année qui commence.

– La Statue de la Liberté résiste –

Autre effet collatéral possible de cette paralysie budgétaire: la Maison Blanche a reconnu que l’incertitude pesait désormais sur la participation de Donald Trump au Forum économique de Davos (Suisse), en milieu de semaine prochaine.

Seule certitude au milieu de la cacophonie: la Statue de la Liberté, fermée aux touristes depuis samedi matin, rouvrira lundi.

L’Etat de New York paiera de sa poche les employés fédéraux nécessaires à la réouverture de ce monument emblématique d’une Amérique ouverte aux migrants.

La statue est importante pour l’économie mais « elle est plus que ça », a souligné dimanche le gouverneur démocrate de New York Andrew Cuomo. « C’est un symbole de New York et de nos valeurs (…) Son message n’a jamais été aussi important qu’aujourd’hui. »

Dans ce contexte, Donald Trump a évoqué dimanche dans un tweet un hypothétique changement des règles du vote au Sénat.

Cette hypothèse est connue à Washington sous le nom d' »option nucléaire » tant elle marquerait une rupture radicale dans le fonctionnement de cette institution censée contrebalancer les excès partisans de la tumultueuse Chambre des représentants.

"Shutdown" aux Etats-Unis : ce qui est ouvert ou fermé (AFP - Gal ROMA)« Shutdown » aux Etats-Unis : ce qui est ouvert ou fermé (AFP – Gal ROMA)Le règlement intérieur du Sénat, qui est composé de 100 élus, stipule que pour chaque motion, comme la programmation d’un vote, tout sénateur a le droit d’objecter. Cette objection ne peut être surmontée que par un vote des trois cinquièmes du Sénat. En pratique, donc, il faut 60 sénateurs sur 100 pour faire quoi que ce soit.

Mais franchir le Rubicon et prendre la décision unilatérale d’abaisser la barre de 60 à 51 voix transformerait en profondeur le fonctionnement du Congrès et une majorité de sénateurs est vent debout contre une telle initiative.

Le dernier « shutdown » remonte à 2013, sous l’administration du président démocrate Barack Obama. Il avait duré 16 jours.

Les États-Unis toujours en « shutdown » en l’absence d’accord budgétaire

LEXPRESS.fr avec AFP
Le Capitole, le 20 janvier 2018 à Washington où le Sénat n'a toujours pas trouver un compromis pour éviter la fermeture des services fédéraux.

Le Capitole, le 20 janvier 2018 à Washington où le Sénat n’a toujours pas trouver un compromis pour éviter la fermeture des services fédéraux. afp.com/TASOS KATOPODIS

Les États-Unis commencent à subir ce lundi les effets de la fermeture partielle de leur administration fédérale, après un week-end de tractations infructueuses.

La nouvelle saison du « shutdowm » promet d’être passionnante. Initialement prévu dans la nuit de dimanche, le vote du Sénat américain, qui pourrait permettre de mettre fin à la paralysie budgétaire entrée en vigueur samedi matin, a été reporté à ce lundi en fin de journée.

Ce blocage, lié à un désaccord sur la question sensible de l’immigration, devait se traduire par la mise au chômage technique de centaines de milliers d’employés fédéraux. « Nous n’avons toujours pas trouvé d’accord […] acceptable pour les deux parties », a ainsi annoncé le chef des sénateurs démocrates Chuck Schumer.

Le sort des « dreamers » dans la balance

Le président américain Donald Trump, invisible depuis le début du week-end, n’a pas immédiatement réagi dimanche soir à cette nouvelle échéance. Dimanche matin, il avait salué, via Twitter, la détermination de son camp à « se battre » pour l’armée et la sécurité aux frontières. Il a accusé ses adversaires politiques de « simplement vouloir un flot d’immigrants illégaux sans le moindre contrôle ».

Dénonçant « une erreur de calcul aux proportions gigantesques » de la part des démocrates, Mitch McConnell, chef de la majorité républicaine au Sénat, avait un peu plus tôt appelé les démocrates à ne pas s’arc-bouter. Ces derniers réclament des engagements sur le sort de centaines de milliers de clandestins arrivés jeunes aux États-Unis, les « Dreamers », avant tout accord budgétaire temporaire.

Un compromis évoqué par les républicains consisterait à voter un budget temporaire jusqu’au 8 février en s’engageant à aborder la question de l’immigration dans les plus brefs délais. C’est la première fois qu’un « shutdown » intervient alors que la Maison Blanche, la Chambre des représentants et le Sénat sont aux mains d’un même parti. Chuck Schumer a longuement ironisé sur une incapacité supposée des républicains à gouverner. « Il n’arrivent même pas à se mettre d’accord avec leur président! », a-t-il lancé, dénonçant un « Trump shutdown » qui aurait pu selon lui être évité sans les atermoiements du président.

La Statue de la Liberté résiste

La Maison Blanche dénonce de son côté l’attitude de certains élus démocrates tentés d’après elle de prolonger le blocage jusqu’au discours sur l’état de l’Union de Donald Trump, prévu le 30 janvier. Cette allocution devant les chambres du Congrès est un exercice rituel qui donne au président l’occasion d’expliquer au peuple américain ses priorités pour l’année qui commence.

Autre effet collatéral possible de cette paralysie budgétaire: la Maison Blanche a reconnu que l’incertitude pesait désormais sur la participation de Donald Trump au Forum économique de Davos (Suisse), en milieu de semaine prochaine. Seule certitude au milieu de la cacophonie: la Statue de la Liberté, fermée aux touristes depuis samedi matin, rouvrira lundi. L’État de New York paiera de sa poche les employés fédéraux nécessaires à la réouverture de ce monument emblématique d’une Amérique ouverte aux migrants.

La statue est importante pour l’économie mais « elle est plus que ça », a souligné dimanche le gouverneur démocrate de New York Andrew Cuomo. « C’est un symbole de New York et de nos valeurs […] Son message n’a jamais été aussi important qu’aujourd’hui. »

Un changement de règles?

Dans ce contexte, Donald Trump a évoqué dimanche dans un tweet un hypothétique changement des règles du vote au Sénat. Cette hypothèse est connue à Washington sous le nom d' »option nucléaire » tant elle marquerait une rupture radicale dans le fonctionnement de cette institution censée contrebalancer les excès partisans de la tumultueuse Chambre des représentants.

LIRE AUSSI >> Qu’est-ce que ce « shutdown », qui paralyse actuellement les États-Unis?

Le règlement intérieur du Sénat, qui est composé de 100 élus, stipule que pour chaque motion, comme la programmation d’un vote, tout sénateur a le droit d’objecter. Cette objection ne peut être surmontée que par un vote des trois cinquièmes du Sénat. En pratique, donc, il faut 60 sénateurs sur 100 pour faire quoi que ce soit. Mais franchir le Rubicon et prendre la décision unilatérale d’abaisser la barre de 60 à 51 voix transformerait en profondeur le fonctionnement du Congrès et une majorité de sénateurs est vent debout contre une telle initiative.

Le dernier « shutdown » remonte à 2013, sous l’administration du président démocrate Barack Obama. Il avait duré 16 jours.

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