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Airbus et Bombardier main dans la main face à Boeing

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le groupe Bombardier est canadien / © Maxppp Valda Kalnina

Airbus prend une participation majoritaire dans le programme C-Series du canadien Bombardier. Ce rapprochement sur le marché de l’aéronautique civile, annoncé dans la nuit de lundi à mardi, intervient au moment où le groupe canadien est soumis à une forte pression des Etats-Unis.

 

Par MP + AFP

Boeing vit mal cette alliance
Les Etats-Unis ont imposé des droits préliminaires de 220% sur ce type d’avions importés sur leur sol, ainsi qu’une taxe antidumping de 80%.
Boeing accuse Bombardier de fabriquer ces avions grâce à des subventions publiques et de les avoir vendus à perte à Delta Air Lines.
Interrogé par l’AFP, un responsable de Boeing a indiqué que ce rapprochement ressemble à « un accord discutable entre deux compétiteurs dépendant grandement des subventions de l’Etat pour contourner » les récentes décisions américaines d’imposer des droits compensatoires et antidumping à la Cseries.

Pas d’argent mais de la force commerciale
Airbus concrétise son investissement dans la CSeries sans injecter d’argent frais dans le programme, mettant plutôt à contribution sa force de frappe commerciale dans le monde, ce qui va permettre de dégager d’importantes économies de coûts sur la production de l’avion.
« Ceci est un accord gagnant-gagnant pour tout le monde! », a déclaré le PDG d’Airbus, Tom Enders, dans un communiqué commun. « Je n’ai pas de doute que notre partenariat avec Bombardier va gonfler les ventes et la valeur de ce programme énormément. »

Airbus : met la main sur les avions CSeries de Bombardier

Airbus va prendre une participation majoritaire dans le programme d’avions de ligne CSeries de Bombardier, ont annoncé mardi les deux constructeurs aéronautiques.

L’avionneur européen juge que cet appareil de 100 à 150 sièges est fortement complémentaire avec son portefeuille existant de monocouloirs, davantage tourné vers des capacités plus importantes de 150 à 240 places.

« Le marché du monocouloir est un moteur essentiel de croissance, représentant 70% de la future demande estimée pour les avions », souligne Airbus dans un communiqué.

Une fois la transaction conclue, Airbus disposera d’une participation de 50,01% dans le programme tandis que Bombardier et la province du Québec conserveront respectivement environ 31% et 19%. (Bertrand Boucey pour le service français)

(Crédits : Reuters)
Airbus va prendre une participation majoritaire dans le programme d’avions de ligne CSeries de Bombardier.

Coup de tonnerre dans le secteur aéronautique. Secoué par les affaires de corruption, Airbus n’en garde pas moins les yeux rivés sur le « business » et signe un coup de maître en annonçant prendre une participation majoritaire dans le programme C-Series du constructeur ferroviaire et aéronautique canadien Bombardier, un programme lancé en 2008 dans l’espoir de permettre au constructeur d’avions d’affaires et d’avions régionaux d’entrer sur le marché des avions de plus de 100 places et de défier Airbus et Boeing sur leur avions d’entrée de gamme (A319, B737-700).

Avec ce partenariat, Airbus va bénéficier d’une famille d’avions allant de 110 à 149 sièges (voire 160 en version monoclasse), complémentaire avec ses A320 et A321 (150-220 sièges environ) et en ligne avec sa stratégie de se focaliser sur des avions plus gros, notamment sur le marché du 220-260 sièges si d’aventure Boeing lançait un avion d’une telle capacité. Certes, l’A319 (120-150 sièges) risque de faire les frais de ce partenariat avec Bombardier, mais comme le rappelle Tom Enders, le directeur général d’Airbus Group, il n’a pas enregistré de ventes depuis 2012.

Conflit avec les Etats-Unis

Tout comme Airbus, mais pour des raisons différentes, Bombardier est lui aussi secoué par une affaire d’envergure puisqu’il est au centre d’un conflit entre les Etats-Unis et le Canada depuis que Washington a décidé d’imposer des taxes de 300% aux appareils C-Series sous la pression de Boeing qui estime que l’avion canadien a réussi à se placer chez Delta grâce à des prix cassés liés aux subventions que reçoit le constructeur canadien. Boeing aura désormais doublement raison de s’inquiéter.

Une ligne d’assemblage de C-Series à Mobile

Une fois la transaction conclue, Airbus disposera d’une participation de 50,01% dans le programme tandis que Bombardier et la province du Québec conserveront respectivement environ 31% et 19%. Si aucune contribution en cash n’est prévue de la part des partenaires lors de la conclusion de la transaction, l’accord donne à Airbus le droit d’acquérir à l’avenir 100 millions d’actions Bombardier de classe B. Le siège du programme et la ligne d’assemblage primaire resteront basés à Québec, au Canada. Une seconde ligne d’assemblage de C-Series sera établie à Mobile, en Alabama (au sud des Etats-Unis), où, depuis deux ans, Airbus assemble des A320.

L’accord est bénéfique aux deux parties.

« Ceci est un accord gagnant-gagnant pour tout le monde! », a déclaré le président exécutif d’Airbus, Tom Enders. « Je n’ai pas de doute que notre partenariat avec Bombardier va gonfler les ventes et la valeur de ce programme. »

Le C-Series bénéficiera de la force commerciale d’Airbus

Airbus apportera  en effet au programme C-Series sa puissance commerciale son expertise en matière d’achats, de ventes et marketing et de service clients, soulignent les deux groupes. Cet aspect est fondamental et a de quoi inquiéter Boeing. Car Airbus va proposer en entrée de gamme un avion très compétitif qui aura d’autant plus de chance de se vendre qu’il serait présenté aux compagnies aériennes sous l’étiquette Airbus, alors que Boeing n’a pas trop d’option sur ce marché. Considéré comme un très bon avion par un grand nombre de spécialistes de l’aviation, le C-Series n’a pas rencontré néanmoins le succès espéré. La faute notamment à Airbus et à son directeur commercial John Leahy qui, en lançant en 2010 la remotorisation de la famille A320 (Neo), a tué dans l’œuf les velléités canadiennes. La faute aussi à des problèmes d’industrialisation et de motorisation qui n’ont pas incité les clients à passer commande. Lancé commercialement en 2004 et mis en production dès 2008, il a été livré à son premier client, la compagnie Swiss, à l’été 2016. La mise en ligne de l’appareil semble bien se passer et la direction de Bombardier estime que l’intérêt pour le C-Series ne cesse de grandir. Signe d’une volonté de rebondir, le constructeur canadien avait ces derniers mois musclé son équipe commerciale en recrutant des anciens vendeurs d’Airbus. Et des commandes comme celle de Delta ont apporté un bol d’air au programme. A fin juin, le C-Series comptait 360 commandes.

Une issue salvatrice pour Bombardier

Pour Bombardier, l’issue est néanmoins salvatrice. Après les déboires rencontrés dans l’industrialisation du programme (lequel a dérapé de deux ans avec des coûts de développement presque doublés, à 5,4 milliards de dollars), le groupe s’est retrouvé en difficulté financière et ne pouvait pas vivre bien longtemps avec le 1,5 milliard de dollars canadiens accordé fin 2015 par le gouvernement du Quebec. La direction entend en effet arriver à l’équilibre de la production unitaire qu’à partir de 2020.

« Nous sommes très heureux d’accueillir Airbus dans le programme C-Series », a de son côté déclaré Alain Bellemare, le PDG de Bombardier. « Airbus est le partenaire parfait pour nous, Québec et Canada ».

Airbus (mais aussi Boeing) avait déjà regardé une telle coopération en 2016 mais le dossier ne faisait pas l’unanimité à l’époque chez Airbus Group, qui sortait de l’échec de la fusion avec BAE Systems

Bombardier et Airbus s’allient face à Boeing

Bombardier et Airbus s’allient face à Boeing

L’avionneur européen a annoncé lundi soir avoir pris une part majoritaire dans le programme moyen-courrier CSeries. Un rapprochement que Boeing voit d’un très mauvais œil.

L’avionneur européen Airbus engage un spectaculaire rapprochement commercial avec le canadien Bombardier en prenant une part majoritaire de son programme d’avions moyen-courrier CSeries, au coeur d’un bras de fer avec Boeing.

Ce rapprochement sur le marché de l’aéronautique civile, annoncé dans la nuit de lundi à mardi, intervient au moment où le groupe canadien est soumis à une forte pression des États-Unis qui ont imposé des droits préliminaires de 220% sur ce type d’avions importés sur leur sol, ainsi qu’une taxe antidumping de 80%. L’annonce a permis à Airbus de prendre 4% à l’ouverture de la Bourse de Paris.

Boeing accuse Bombardier de fabriquer ces avions grâce à des subventions publiques et de les avoir vendus à perte à Delta Air Lines.

« Un accord discutable » selon Boeing

Interrogé par l’AFP, un responsable de Boeing a indiqué que ce rapprochement ressemble à « un accord discutable entre deux compétiteurs dépendant grandement des subventions de l’État pour contourner » les récentes décisions américaines d’imposer des droits compensatoires et antidumping à la Cseries.

Airbus concrétise son investissement dans la CSeries sans injecter d’argent frais dans le programme, mettant plutôt à contribution sa force de frappe commerciale dans le monde, ce qui va permettre de dégager d’importantes économies de coûts sur la production de l’avion.

« Ceci est un accord gagnant-gagnant pour tout le monde! », a déclaré le PDG d’Airbus, Tom Enders, dans un communiqué commun. « Je n’ai pas de doute que notre partenariat avec Bombardier va gonfler les ventes et la valeur de ce programme énormément. »

« Le partenaire parfait »

« Airbus est le partenaire parfait pour nous », a de son côté déclaré Alain Bellemare, le PDG de Bombardier.

L’accord va renforcer le programme de Bombardier sur le plan commercial alors que le CSeries, le premier monocouloir de conception entièrement nouvelle depuis plus de 25 ans, tarde à rencontrer le succès commercial.

Ce partenariat intervient deux ans après une première tentative de rapprochement entre les deux groupes.

Grâce à cette opération, Airbus se renforce sur un segment dont il était absent, sa gamme moyen-courrier de la famille A320 allant de 140 à plus de 200 sièges dans sa version remotorisée.

« Une belle opportunité » pour Airbus

Il bénéficie aussi du fait que l’appareil, entré en service à l’été 2016, a déjà obtenu sa certification et ne nécessite pas d’importants investissements à l’avenir.

Selon un analyste, un tel rapprochement pour Airbus est une « belle opportunité pour renouveler sa gamme sur le segment des 100 à 150 places » à moindre coût et lui permet « de conserver un pied dans ce marché » qui ne représentait plus son coeur de marché.

Il offre une bouffée d’oxygène à Bombardier qui n’a pas engrangé de nouvelles commandes pour le CSeries depuis un an et demi.

Le CSeries vient donc compléter par le bas la gamme d’Airbus, dont la plus petite version, l’A319, est capable d’emporter 140 passagers et au-delà.

360 exemplaires vendus

La compagnie Swiss a pris livraison du premier CSeries à l’été 2016, avec plus de deux ans de retard sur le calendrier initial et des coûts de développement presque doublés, à 5,4 milliards de dollars.

Les deux appareil de la série (CS100 et CS300) ont été commandés à 360 exemplaires, et son seuil de rentabilité est passé de 300 à 800 appareils vendus.

Malgré les déboires du programme qui ont lourdement pesé sur ses comptes, Bombardier a toujours assuré que l’appareil est à même de capter une bonne part des 4 à 5.000 avions de 100 à 150 places qui seront livrés dans le monde d’ici 2034.

Plainte de Boeing

Selon les termes de l’accord, Airbus détiendra approximativement 50,01% de l’entité qui gère le programme CSeries, et Bombardier et Investissement Québec, bras du gouvernement provincial, respectivement 31 et 19%. Le siège du programme et la ligne d’assemblage principale resteront basés au Québec.

Une seconde ligne d’assemblage sera établie à Mobile, Alabama (Sud des États-Unis), où Airbus a installé une FAL (ligne d’assemblage finale) pour sa famille A320.

« La plainte sans fondement de Boeing » contre Bombardier avait « fermé l’accès au marché américain », qui « représente 30% des ventes de la CSeries à l’heure actuelle », a estimé la ministre québécoise de l’Économie, Dominique Anglade, en accueillant Airbus comme nouveau partenaire.

« Ce projet de partenariat permettra à Airbus de faire du Canada sa cinquième patrie, la première en dehors de l’Europe », a souligné pour sa part le ministre canadien du Développement économique, Navdeep Bains, qui doit encore approuver la transaction en vertu de la loi sur les investissements étrangers.

Face à Boeing, Bombardier s’allie à Airbus pour les avions moyen-courriers

Ce rapprochement intervient après que les Etats-Unis ont décidé d’imposer des droits compensatoires et une taxe anti-dumping sur les importations d’avions C-Series du géant canadien.

Le Monde.fr avec AFP

De gauche à droite : la ministre de l’économie canadienne, Dominique Anglade, le PDG de Bombardier, Alain Bellemare, et le président d’Airbus Hélicoptères Canada, Romain Trapp, pendant une conférence de presse à Montréal, consacrée au rapprochement entre Bombardier et Airbus, le 16 octobre.

L’avionneur européen Airbus engage un spectaculaire rapprochement commercial avec le canadien Bombardier en prenant une part majoritaire de son programme d’avions moyen-courriers C-Series, au cœur d’un bras de fer avec Boeing.

Cet accord décisif sur le marché de l’aéronautique civile, annoncé dans la nuit du lundi 16 au mardi 17 octobre, intervient au moment où le groupe canadien est soumis à une forte pression des Etats-Unis, qui ont imposé des droits de 220 % sur ce type d’avions importés sur leur sol, ainsi qu’une taxe antidumping de 80 %. Boeing accuse Bombardier de fabriquer ces avions grâce à des subventions publiques et de les avoir vendus à perte à Delta Air Lines.

Lire aussi :   Boeing accuse Bombardier de « dumping »

« Ceci est un accord gagnant-gagnant pour tout le monde !, a déclaré le président exécutif d’Airbus, Tom Enders, dans un communiqué commun. Je n’ai pas de doute que notre partenariat avec Bombardier va gonfler les ventes et la valeur de ce programme énormément. »

« Nous sommes très heureux d’accueillir Airbus dans le programme C-Series, a de son côté déclaré Alain Bellemare, le PDG de Bombardier. Airbus est le partenaire parfait pour nous, Québec et Canada. »

D’importantes économies de coûts

Airbus est un géant à 67 milliards de dollars de chiffre d’affaires, alors que Bombardier en réalise environ 16 milliards. L’accord va renforcer le programme de Bombardier sur le plan commercial alors que le C-Series, le premier monocouloir de conception entièrement nouvelle depuis plus de vingt-cinq ans, tarde à rencontrer le succès commercial. Ce rapprochement va aussi permettre de dégager d’importantes économies de coûts sur la production du C-Series et d’appuyer le programme sur la force de frappe commerciale d’Airbus dans le monde.

Ce partenariat intervient deux ans après une première tentative d’accord qui s’était soldée par un échec après la divulgation de l’affaire par la presse.

Grâce à cette opération, Airbus se renforce sur un segment dont il était absent, sa gamme moyen-courrier de la famille A320 allant de 140 à plus de 200 sièges dans sa version remotorisée, alors que le C-Series peut embarquer de 110 à 135 passagers. Il bénéficie aussi du fait que l’appareil, entré en service à l’été 2016, a déjà obtenu sa certification et ne nécessite pas d’importants investissements à l’avenir.

Une bouffée d’oxygène pour Bombardier

Selon un analyste, un tel rapprochement pour Airbus est une « belle opportunité pour renouveler sa gamme sur le segment des 100 à 150 places » à moindre coût et lui permet « de conserver un pied dans ce marché » qui ne représentait plus son cœur de marché. Tom Enders a rappelé que l’A319 n’avait pas reçu de commande depuis 2012.

Il offre une bouffée d’oxygène à Bombardier, davantage connu pour ses jets d’affaires et son turbopropulseur de transport régional Q400, et qui n’a pas engrangé de nouvelles commandes pour le C-Series depuis le début de l’année.

L’alliance Airbus-Bombardier

L’avionneur européen Airbus et le canadien Bombardier engagent un spectaculaire rapprochement commercial : Airbus vient de prendre une part majoritaire du programme d’avions moyen-courrier CSeries. Et Boeing n’apprécie guère…

L’accord est une bouffée d’oxygène pour Bombardier car le Canadien n’a pas engrangé de nouvelles commandes pour le CSeries depuis un an et demi. Cet avion est pourtant le premier monocouloir de conception entièrement nouvelle depuis plus de 25 ans, mais son succès a du mal à décoller.

En tout cas, grâce à cette opération, Airbus se renforce sur un segment dont il était absent. Le CSeries va lui permettre d‘élargir sa gamme avec des appareils de 100 à 150 places.
Il bénéficie aussi du fait que l’appareil, entré en service à l‘été 2016, a déjà obtenu sa certification et ne nécessite pas d’importants investissements à l’avenir.

Airbus n’a pas injecté d’argent frais dans le programme de bombardier, il va plutôt mettre à contribution sa force de frappe commerciale dans le monde, ce qui devrait dégager d’importantes économies de coûts sur la production de l’avion.

Face à Boeing, Bombardier s’allie à Airbus dans les avions moyen-courrier

Un drapeau européen sort d'un cockpit d'Airbus A340-300 le 26 septembre 2017 à l'aéroport de  Toulouse-Blagnac airport. 
-AFP/Archives/PASCAL PAVANIUn drapeau européen sort d’un cockpit d’Airbus A340-300 le 26 septembre 2017 à l’aéroport de Toulouse-Blagnac airport. -AFP/Archives/PASCAL PAVANIL’avionneur européen Airbus engage un spectaculaire rapprochement commercial avec le canadien Bombardier en prenant une part majoritaire de son programme d’avions moyen-courrier CSeries, au coeur d’un bras de fer avec Boeing.

Ce rapprochement sur le marché de l’aéronautique civile, annoncé dans la nuit de lundi à mardi, intervient au moment où le groupe canadien est soumis à une forte pression des Etats-Unis qui ont imposé des droits préliminaires de 220% sur ce type d’avions importés sur leur sol, ainsi qu’une taxe antidumping de 80%.

Boeing accuse Bombardier de fabriquer ces avions grâce à des subventions publiques et de les avoir vendus à perte à Delta Air Lines.

Interrogé par l’AFP, un responsable de Boeing a indiqué que ce rapprochement ressemble à « un accord discutable entre deux compétiteurs dépendant grandement des subventions de l’Etat pour contourner » les récentes décisions américaines d’imposer des droits compensatoires et antidumping à la Cseries.

Airbus concrétise son investissement dans la CSeries sans injecter d’argent frais dans le programme, mettant plutôt à contribution sa force de frappe commerciale dans le monde, ce qui va permettre de dégager d’importantes économies de coûts sur la production de l’avion.

« Ceci est un accord gagnant-gagnant pour tout le monde! », a déclaré le PDG d’Airbus, Tom Enders, dans un communiqué commun. « Je n’ai pas de doute que notre partenariat avec Bombardier va gonfler les ventes et la valeur de ce programme énormément. »

« Airbus est le partenaire parfait pour nous », a de son côté déclaré Alain Bellemare, le PDG de Bombardier.

L’accord va renforcer le programme de Bombardier sur le plan commercial alors que le CSeries, le premier monocouloir de conception entièrement nouvelle depuis plus de 25 ans, tarde à rencontrer le succès commercial.

– Bouffée d’oxygène pour Bombardier –

Ce partenariat intervient deux ans après une première tentative de rapprochement entre les deux groupes.

Grâce à cette opération, Airbus se renforce sur un segment dont il était absent, sa gamme moyen-courrier de la famille A320 allant de 140 à plus de 200 sièges dans sa version remotorisée.

Un Bombardier CS 100 sous les couleurs de la compagnie Swiss, le 06 juillet 2016 à Zurich-AFP/Archives/MICHAEL BUHOLZERUn Bombardier CS 100 sous les couleurs de la compagnie Swiss, le 06 juillet 2016 à Zurich-AFP/Archives/MICHAEL BUHOLZERIl bénéficie aussi du fait que l’appareil, entré en service à l’été 2016, a déjà obtenu sa certification et ne nécessite pas d’importants investissements à l’avenir.

Selon un analyste, un tel rapprochement pour Airbus est une « belle opportunité pour renouveler sa gamme sur le segment des 100 à 150 places » à moindre coût et lui permet « de conserver un pied dans ce marché » qui ne représentait plus son coeur de marché.

Il offre une bouffée d’oxygène à Bombardier qui n’a pas engrangé de nouvelles commandes pour le CSeries depuis un an et demi.

Le CSeries vient donc compléter par le bas la gamme d’Airbus, dont la plus petite version, l’A319, est capable d’emporter 140 passagers et au-delà.

La compagnie Swiss a pris livraison du premier CSeries à l’été 2016, avec plus de deux ans de retard sur le calendrier initial et des coûts de développement presque doublés, à 5,4 milliards de dollars.

Les deux appareil de la série (CS100 et CS300) ont été commandés à 360 exemplaires, et son seuil de rentabilité est passé de 300 à 800 appareils vendus.

Malgré les déboires du programme qui ont lourdement pesé sur ses comptes, Bombardier a toujours assuré que l’appareil est à même de capter une bonne part des 4 à 5.000 avions de 100 à 150 places qui seront livrés dans le monde d’ici 2034.

Selon les termes de l’accord, Airbus détiendra approximativement 50,01% de l’entité qui gère le programme CSeries, et Bombardier et Investissement Québec, bras du gouvernement provincial, respectivement 31 et 19%. Le siège du programme et la ligne d’assemblage principale resteront basés au Québec.

Une seconde ligne d’assemblage sera établie à Mobile, Alabama (Sud des Etats-Unis), où Airbus a installé une FAL (ligne d’assemblage finale) pour sa famille A320.

« La plainte sans fondement de Boeing » contre Bombardier avait « fermé l’accès au marché américain », qui « représente 30% des ventes de la CSeries à l’heure actuelle », a estimé la ministre québécoise de l’Economie, Dominique Anglade, en accueillant Airbus comme nouveau partenaire.

« Ce projet de partenariat permettra à Airbus de faire du Canada sa cinquième patrie, la première en dehors de l’Europe », a souligné pour sa part le ministre canadien du Développement économique, Navdeep Bains, qui doit encore approuver la transaction en vertu de la loi sur les investissements étrangers.

Airbus vole au secours de Bombardier face à Boeing

L’avionneur européen va mettre la main sur le programme CSeries du groupe canadien sans débourser le moindre centime!

Airbus vole au secours de Bombardier face à Boeing
Crédit photo © Bombardier

(Boursier.com) —

 Bombardier a trouvé son chevalier blanc pour son programme CSeries… Et ce sera Airbus! Engagé dans une lutte sans merci avec Boeing  qui l’accuse de vendre ses avions à pertes, le constructeur canadien va donc faire équipe avec le concurrent numéro un de l’avionneur américain.

Airbus va détenir la majorité du programme

Selon les termes de l’accord, Airbus détiendra 50,01% de la structure ‘CSeries Aircraft Limited Partnership’ (CSALP), l’entité qui fabrique et vend les avions CSeries. Bombardier et Investissement Québec (IQ) détiendront respectivement environ 31% et 19% du capital. Airbus, qui ne va injecter aucun argent frais dans le cadre de cette transaction, ni même éponger une partie de la dette de Bombardier, apportera au programme C-Series son expertise en matière d’achats, de ventes et marketing et de service clients. Airbus aura par ailleurs le droit d’acquérir à l’avenir 100 millions d’actions Bombardier de classe B. Le siège social et la chaîne de montage primaire de CSALP ainsi que les fonctions connexes demeureront au Québec.

L’usine américaine d’Airbus stratégique

Airbus a proposé d’assembler certains des avions monocouloirs CSeries dans son usine de l’Alabama, pour les commandes de compagnies américaines. Une décision qui permettra à Bombardier d’éviter de payer les droits de douane exorbitants décrétés par les autorités américaines le mois dernier. « Cette ligne de production américaine va permettre de soustraire les avions de 110 à 130 sièges à de possibles droits de douane américains de 300% », a déclaré le directeur exécutif de Bombardier, Alain Bellemare, lors d’une conférence de presse. “Réaliser cet accord a une grande valeur stratégique”, a-t-il ajouté.

L’avionneur européen réalise un joli coup avec cette opération dans la mesure où son portefeuille s’enrichit d’un appareil de 100 à 150 sièges, fortement complémentaire de sa gamme de monocouloirs actuels, davantage tournée vers des capacités plus importantes de 150 à 240 places.

La transaction, conditionnée aux approbations réglementaires habituelles, devrait être bouclée au cours du second semestre 2018.

Boeing furieux

Boeing n’a pas tardé à réagir à cette annonce via Twitter : « Ça semble être une entente discutable entre deux compétiteurs hautement subventionnés pour contourner les mesures du gouvernement américain. Tout le monde devrait jouer avec les mêmes règles afin que le commerce libre et équitable puisse fonctionner ».

CHICAGO | Dans une courte déclaration, le géant américain de l’aéronautique Boeing a remis en question l’entente conclue entre Bombardier et Airbus pour le développement de la C Series lundi.

«Ça semble être une entente discutable entre deux compétiteurs hautement subventionnés pour contourner les mesures du gouvernement américain. Tout le monde devrait jouer avec les mêmes règles afin que le commerce libre et équitable puisse fonctionner», a déclaré l’entreprise par la voie de son compte Twitter tard en soirée.

Le responsable des communications de l’entreprise, Phil Musser, a laissé entendre que l’avionneur n’a pas dit son dernier mot. «Si Airbus et Bombardier pensent que cette entente leur permettra de contourner les règles… repensez-y», a-t-il écrit sur le réseau social.

L’avionneur américain est à l’origine d’une plainte concernant la vente de 75 avions C Series à Delta Airlines par Bombardier. Selon Boeing, l’entreprise montréalaise a vendu ses avions sous le prix coûtant, notamment grâce aux subventions reçues de la part des gouvernements québécois et canadien.

Après l’examen de la plainte, le département du Commerce américain a infligé, dans deux décisions préliminaires, des droits compensatoires de 300 % sur la vente d’avions C Series aux États-Unis.

Airbus a indiqué, lundi, avoir l’intention d’assembler les avions CS100 et CS300 destinés au marché américain à Mobile, en Alabama, de façon à contourner les droits d’importation.

Boeing avait lancé, la semaine dernière, une campagne de visibilité au Canada. L’entreprise faisait notamment valoir qu’elle contribue à hauteur de 4 milliards $ annuellement dans l’industrie aéronautique canadienne, soit 14 % du montant généré par ce secteur économique annuellement.

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réactions

LeBret                                                          « le C-Series peut embarquer de 110 à 135 passagers » Ça c’est le CS-100, le CS-300 (qui représente les 2/3 des ventes de C-Series) a une capacité de 130 à 160 places ce qui en fait un concurrent du A320. Du coup pourquoi Airbus vendrait son concurrent ??

FRANZ CIMBALLI                                       Donc si je comprends bien, Airbus, qui vend plus trop de moyen-courriers 100-150 places ( plus du tout même d’A319 depuis 2012, dixit Enders ) , prend une participation dans un autre constructeur…qui n’en vend pas trop non plus…Certes, cela permet de s’affranchir des coûts de développement, mais avec l’arrivée des chinois et des russes sur ce secteur de marché, Enders a intérêt à pas se planter avec cet achat, compte tenu des affaires de corruption qui arrivent à vitesse grand V…

Pierre Beck                                                  Excellente nouvelle. C’est le parfait exemple des conséquences d’une politique de fermeture. Que les canadiens se rapprochent des européens au détriment de leur voisin du sud, vraiment Donald, well done!

Ceta-ssez                                                       Bof, j’espère juste qu’ils ne vont pas en profiter pour nous faire bouffer du Bombardier… Une entreprise connue pour ses collusions pas claire avec les différentes autorités publiques du Québec, le genre d’arrangement qu’on appellerait république bananière sous d’autres cieux mais qu’on tolère par « solidarité » francophone.

Philipp                                                          Bravo T Enders

Citoyen blasé                                              Trump, comme on pouvait s’en douter fait une politique clientéliste, le lobby pétrolier l’adore et il le lui rend bien, du coup airbus et bombardier sont en train de souffrir puissamment du réseau lié au secteur pétrolier qu’a choisi trump et donc airbus.
Cette alliance de circonstance reste fragile puisque le lobby pétrolier s’il a décidé de couler airbus et bombardier y arrivera sans problème.

Hé oui trump ne respecte plus la règle du jeu de l’oligarchie mondiale et nous autres nous avons pour riposter Angela Merkel et les créanciers français et allemands… Aïe.
La passivité éloquente de notre europe trop compromise entre ses politiciens et ses hommes d’affaires est franchement inquiétante, tel un dogme elle ne bouge pas, elle n’innove jamais, elle ne pense qu’à ses rentes et ses rentiers, les états unis vont faire de nous qu’une bouchée.

Au secours.

 ah oui !                                                        vous avez trouvé cette histoire sur complotfacile dot com ?
non parce que vous expliqueriez que Trump mène une politique clientéliste avec Boeing, on arriverait à comprendre…
au regard de votre charabia, on se pose la question si vous n’avez pas vendu votre âme au lobby de l’aspirine !

Hassan Ceheffe                                             Tout ce qui peut concurrencer (…ou eroder ! )une entreprise américaine est bon a prendre car les USA jouent avec leur propres règles ……celles d’un protectionnisme a peine dissimulé !
louislouis                                                       L’objectif n’est-il pas de « tuer » bombardier avant l’arrivée de COMAC sur le marché de l’aviation commerciale ??? En effet, Airbus possède avec l’A318 et l’A319 2 avions de la gamme des Cséries qu’il n’arrive pas à vendre depuis plusieurs années !!!

christophemarzena                                 Pas de cadeau aux Ricains.

Rython                                                        I like that… correct?

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