« On ne sait jamais ce que notre malchance nous a épargné de pire » — Cormac McCarthy

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ie-8Mélenchon accuse Cazeneuve de s’être « occupé de l’assassinat de Rémi Fraisse »

Le leader de la France insoumise a également qualifié l’ancien Premier ministre de François Hollande du « gars qui a fait gazer, matraquer toutes les manifestations ».

avatarfranceinfoFrance Télévisions

Il n’a pas mâché ses mots. En meeting en fin de semaine à Marseille, Jean-Luc Mélenchon, candidat dans la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône, a violemment attaqué l’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve. Face à ses partisans, le leader de la France insoumise a eu des mots très durs captés par une caméra de l’émission « C Politique » sur France 5, diffusée dimanche 28 mai.

« Comment il s’appelle là le dernier dont le nom m’échappe, qui était Premier ministre, comment vous l’appelez ? » a fait mine d’interroger Jean-Luc Mélenchon, avant que son nom ne lui soit soufflé par la foule. « Oui, Cazeneuve, le gars qui s’est occupé de l’assassinat de Rémi Fraisse« , a enchaîné l’ancien sénateur. Ce jeune militant écologiste avait été tué en 2014 par le jet d’une grenade de gendarmes près du chantier controversé de retenue d’eau à Sivens (Tarn), alors que Bernard Cazeneuve était ministre de l’Intérieur.

Et Jean-Luc Mélenchon de poursuivre sa diatribe, qualifiant Bernard Cazeneuve de « gars qui a fait gazer, matraquer toutes les manifestations et qui prend maintenant (…) sa tête de petite sainte-nitouche pour me dire que c’est moi qui ne sait pas choisir entre le Front national et je ne sais pas qui ? ». « Non, ce n’est pas ce que nous avons dit », a ajouté le leader d’extrême gauche.

Législatives: Mélenchon, ou le retour de l’outrance pour l’emporter?

En accusant Bernard Cazeneuve d’être « le gars qui s’est occupé de l’assassinat de Rémi Fraisse », Jean-Luc Mélenchon s’est attiré une volée de bois vert.

Chassez le naturel, il revient au galop? Un peu plus tempéré qu’en 2012, le tribun Jean-Luc Mélenchon, candidat à la députation dans la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône, s’est de nouveau emporté contre sa cible favorite du moment: l’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve, chef de file du PS pour les législatives. Simple coup de com’ ou changement de stratégie à deux semaines du premier tour?

L’attaque virulente de Mélenchon

Mercredi dernier, l’ancien candidat à la présidentielle a de nouveau accusé l’ancien ministre de l’Intérieur d’être responsable de la mort de Rémi Fraisse, mercredi, lors d’un meeting à Montreuil. « Cazeneuve, le gars qui s’est occupé de l’assassinat de Rémi Fraisse [un militant tué en octobre 2014 par une grenade lancée par un gendarme à Sivens]. Le gars qui a fait gazer, matraquer, toutes les manifestations […] » lance-t-il. La charge, diffusée ce dimanche dans l’émission C politique, est violente.

Et provoque une pluie de condamnations. De Bernard Cazeneuve, d’une part, qui annonce vouloir porter plainte pour diffamation, du Parti socialiste, évidemment, dont la porte-parole dénonce « l’outrance » de Jean-Luc Mélenchon mais aussi de La République en marche, le parti d’Emmanuel Macron. « Ce sont des propos indignes d’un responsable politique […] J’espère qu’il sera condamné pour ces propos-là », explique ce lundi matin Benjamin Griveaux, le porte-parole du parti.

Depuis des semaines, le torchon brûle entre Bernard Cazeneuve et Jean-Luc Mélenchon mais jusque-là, le tribun avait gardé la maîtrise de son vocabulaire. Tout comme pendant la campagne présidentielle. Alors qu’en 2012 les noms d’oiseaux avaient fusé, notamment à l’encontre de Marine Le Pen -qu’il avait traité de « semi-démente » et de « fasciste« -, cinq ans plus tard, c’est un Jean-Luc Mélenchon plus apaisé qui se présentait devant les électeurs. Et malgré des relations toujours un peu compliquées avec les médias, il avait su mettre un peu d’eau dans son vin.

« Il faut dire qu’entre 2012 et 2017, le contexte a radicalement changé, souligne le sociologue Nicolas Framont, enseignant en sociologie à l’université Paris-Sorbonne. En 2012, Jean-Luc Mélenchon incarnait le clivage et tentait de montrer l’existence d’une autre gauche. Il insistait alors sur la rupture pour exister médiatiquement. Cinq ans plus tard, déjà connu, il s’est attaché d’abord à fédérer les Français [autour d’un projet construit à plusieurs mains ‘l’avenir en commun’]. »

Une stratégie offensive classique en période électorale

Autre temps, autres moeurs? Pas tout à fait. « Sur le style de Jean-Luc Mélenchon, il n’y a pas d’inflexion particulière », souligne-t-il. L’homme reste fidèle à lui-même. « Le terme ‘d’assassin’ qu’il a employé est certes fort, mais il n’est pas inhabituel dans un contexte de très forte tension d’une campagne électorale. Et il reprend là le terme employé par des écologistes ou des militants de la ZAD [à l’époque] », ajoute Nicolas Framont, qui souligne que plusieurs médias, dont Reporterre ou Mediapart, ont pointé des responsabilités au gouvernement ou à la préfecture. Mais pour l’heure, l’enquête n’a pas permis de dégager de responsabilités et s’achemine vers un non-lieu.

Mais peu importe. Pour Jean-Luc Mélenchon, parachuté dans une circonscription où le député socialiste sortant Patrick Mennucci ne compte pas se laisser faire, l’important c’est de marquer les esprits. « Pendant les législatives, la médiatisation est moindre que pendant la présidentielle. Résultat: les candidats se lâchent parfois un peu plus », souligne le sociologue.

« Il a répondu à Cazeneuve »

Dans l’entourage de Jean-Luc Mélenchon, l’explication de texte est laconique ce lundi, à la veille d’une conférence de presse de l’intéressé qui devrait revenir sur le sujet. Mais aucun regret n’est exprimé. « Il a répondu à Cazeneuve qui l’a accusé d’attiser la haine« , commente ce proche qui déplore que l’émission C politique résume le meeting de « 28 minutes » de Jean-Luc Mélenchon à cette seule séquence.

Pour autant que le verbe soit haut, Nicolas Framont tient à relativiser sa portée: « Au regard de la recomposition politique en cours dans le pays, le ton employé par Mélenchon semble dérisoire. Si Macron obtient une majorité à l’Assemblée nationale en juin prochain [ce qui semble bien parti vu les récents sondages] nous assisterons à un changement de visage politique de l’Assemblée, et ça, c’est inédit ».

#Mélenchon Jean-Luc Mélenchon charge Bernard Cazeneuve, « le bedeau du capital et de ce gouvernement »

(AFP)

Jean-Luc Mélenchon a fustigé ce mercredi l’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve, qu’il a qualifié de « bedeau du capital et du gouvernement », pour avoir critiqué son choix de ne pas donner de consigne de vote pour le second tour de la présidentielle.

« Ce type ose la ramener avec son costume de bedeau. Oui le bedeau du capital et de ce gouvernement ! Qui est-ce qui a tué Rémi Fraisse sauf erreur ? C’est pas moi non ? Pourtant c’est à moi que cet homme ose venir dire, ce génie, que je n’ai pas su prendre mes distances avec le Front national », a déclaré l’ancien candidat à la présidentielle dans le XXe arrondissement de Paris où il est venu soutenir la candidature de Danielle Simonnet dans la 6e circonscription.

Critiquant les « anti-fascistes d’opérette » qui l’ont « montré du doigt » dans l’entre-deux tours de la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon a interrogé : « Bernard Cazeneuve, t’étais où toi la dernière fois, quand je suis allé à Hénin Beaumont ? T’étais caché sous quelle pierre, dans quel fossé ? […], il était où, ils étaient où toute cette bande ? »

« Tous chez eux ! » s’est-il répondu à lui-même devant quelques dizaines de personnes. Pour lui, « ils ont organisé le piège de cette manière-là : au deuxième tour, ils amènent le monstre et ils vous disent : ‘vous allez quand même pas voter pour le monstre’, donc vous devez voter pour n’importe qui, une table, une chaise, Macron, n’importe quoi ».

« Cet homme, Bernard Cazeneuve, a osé me dire que je ne savais pas choisir ! » s’est-il insurgé.

Jean-Luc Mélenchon rentre dans la gueule de Bernard Cazeneuve

Cogner un socialiste à terre, ou le combat de MMA de la semaine

On sent que la semaine commerciale de l’entre-deux tours « Mélenchon » est terminée. Après avoir servi le Système en grattant quelques points à Marine Le Pen au premier tour des présidentielles, il n’a pas appelé clairement à voter – en contradiction avec sa logique antilibérale – contre elle au second tour. Depuis, Mélenchon a perdu sa bulle magnétique de protection médiatique. Aujourd’hui, c’est l’halali.

Il est désormais attaqué de toutes parts par un Parti Unique (LREM plus des transfuges LR et PS) qui a besoin d’une majorité à la Chambre des députés. Même le très gauchisant et très mélenchonniste Guillaume Meurice s’y met, appliquant les consignes du Système à la lettre.

Bernard Cazeneuve ressort lui d’entre les morts pour jeter à la face du leader de la France insoumise des expressions qui dépassent la retenue qui sied à un ex-Premier ministre. Dire que ce type-là qui perd son sang-froid à la première pique verbale a été en charge de la protection des Français… Malgré les 250 morts des attentats, Cazeneuve continue à donner des leçons de bonne et de mauvaise conduite politique. Un cas étrange d’auto-aveuglement.

« Jean-Luc Mélenchon a sans doute gagné le premier prix de l’outrance à l’occasion du dernier dîner organisé par l’alliance bolivarienne, et s’en est trouvé grisé. On ne peut pas lui en vouloir, c’est tellement narcissisant. […] Son discours de haine, ses accusations abjectes à mon encontre, montrent que dans sa dérive politique et morale Jean-Luc Mélenchon ne s’interdit plus rien. Sa violence, ses insultes ne m’impressionnent pas. Elles apportent la démonstration de ce qu’il est vraiment. »

Dernière figure de proue d’un socialisme dévoyé et pourrissant, Cazeneuve se permet, au milieu du naufrage, de distiller ses conseils de bonne navigation. On sent qu’il essaye de gagner des points du côté de Macron :

« Moi, plus modestement, je considère que de ne pas avoir appelé clairement à voter pour le candidat républicain contre Marine Le Pen est une faute politique et morale et je le répèterai inlassablement. Si d’ailleurs Mélenchon voulait battre l’extrême droite c’est contre Ravier, son candidat, qu’il se présenterait à Marseille et non contre le socialiste (Patrick) Mennucci. »

Mais qu’a donc bien pu dire Mélenchon sur Cazeneuve pour le faire sortir de ses gonds à ce point ? Il est vrai que le mercredi 24 mai 2017, le Bolivarien de la 4e circonscription de Marseille balançait ça :

« Ce type ose la ramener avec son costume de bedeau. Oui le bedeau du capital et de ce gouvernement ! Qui est-ce qui a tué Rémi Fraisse sauf erreur ? C’est pas moi non ? Pourtant c’est à moi que cet homme ose venir dire, ce génie, que je n’ai pas su prendre mes distances avec le Front national. »

Mélenchon fustigeait alors les « antifascistes d’opérette » :

« Monsieur Cazeneuve, t’étais où toi la dernière fois, quand je suis allé à Hénin Beaumont ? T’étais caché sous quelle pierre, dans quel fossé ? […] Il était où, ils étaient où toute cette bande ? »

Ce à quoi il s’est à lui-même répondu, fidèle à sa technique oratoire :

« Tous chez eux ! Ils ont organisé le piège de cette manière-là : au deuxième tour, ils amènent le monstre et ils vous disent : “Vous allez quand même pas voter pour le monstre”, donc vous devez voter pour n’importe qui, une table, une chaise, Macron, n’importe quoi. »

Une réplique véhémente à la tribune publiée le 1er mai dans Libération, où Cazeneuve jugeait que l’appel ambigu de Mélenchon avant le second tour constituait une « impardonnable faute morale ».

Sur les forces qui gouvernent monsieur Cazeneuve et ses amis,
lire chez Kontre Kulture

 

Bernard Cazeneuve, l’employé du CRIF, voir sur E&R :

Jean-Luc Mélenchon contre le CRIF, voir sur E&R :

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