Le courant passe très mal entre Trump et Merkel !

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Angela Merkel et Donald Trump au G7, le 26 mai 2017.
© Guido Bergmann/AFP

Diplomatie

Le ton monte d’un cran entre Angela Merkel et Donald Trump

Le président américain a lancé une virulente charge contre l’Allemagne sur Twitter. Depuis la fin du G7, la chancelière allemande hausse le ton

Pour Berlin, les actions de Donald Trump «ont affaibli l’occident»

Son ministre des Affaires étrangères Sigmar Gabriel était allé plus loin lundi, estimant que les actions du président américain avaient «affaibli» l’Occident et accusant sa politique d’être contraire «aux intérêts de l’Union européenne».

Angela Merkel, comme d’autres dirigeants européens, ont par le passé insisté sur la nécessité pour l’UE de s’affirmer sur la scène internationale pour mieux défendre ses intérêts. Mais jusqu’ici, la mise en place d’une action diplomatique européenne a achoppé sur les prérogatives des Etats membres en la matière et leurs réticences à abandonner des pans de souveraineté dans ce domaine régalien.

«Six contre un»

Ces tensions ne sont pas nouvelles. Dès le jour de l’élection de l’homme d’affaires, la chancelière avait signifié à Donald Trump qu’il devait se tenir aux valeurs des démocraties occidentales après une campagne marquée par les dérapages et les controverses.

Avant et après son élection, le président américain ne s’était pas privé non plus d’attaquer l’Allemagne, menaçant en particulier d’instaurer des taxes douanières en représailles face aux excédents commerciaux allemands. Mais le sommet du G7 de Taormina pourrait marquer un tournant.

Lire aussi:  Porte-parole de Donald Trump, un métier miné

Dans un contraste saisissant avec d’autres dirigeants européens – notamment le président français Emmanuel Macron, qui avait décrit Donald Trump comme «quelqu’un d’ouvert», qui a «la volonté de progresser avec nous» – Angela Merkel avait déploré la teneur des discussions qui avaient abouti à un «six contre un».

Nouvelle rencontre en juillet

Reste à déterminer quelles seront les conséquences de cette escalade verbale sur les relations entre les deux géants économiques. Peu avant le tweet matinal de Donald Trump, la ministre allemande de l’Economie, Brigitte Zypries, s’était efforcée de minimiser l’importance du locataire de la Maison-Blanche sur le sujet de l’excédent commercial allemand.

Lire également notre éditorial:  La diplomatie sonnante et trébuchante de Donald Trump

«Je fais une différence entre le président américain Trump et ceux qui ont aussi leur mot à dire aux Etats-Unis, comme les ministres, les gouverneurs et le Congrès», avait-elle lancé sur la radio publique NDR. «L’Allemagne reste favorable à un commerce libre et ouvert, les entreprises allemandes veulent continuer à investir aux Etats-Unis et à y créer des emplois», avait-elle ajouté, soulignant que les Etats-Unis n’avaient aucune raison de craindre que les entreprises allemandes détruisent des emplois dans le pays.

Donald Trump et Angela Merkel ont d’ores et déjà une nouvelle rencontre en vue: elle aura lieu lors du sommet du G20, début juillet, à Hambourg.

Rien ne va plus entre Angela Merkel et Donald Trump

De retour du sommet du G7, la chancelière allemande n’a pas mâché ses mots, ce dimanche, pour parler de la relation transatlantique. «Nous, Européens, devons prendre notre destin en main», a-t-elle ajouté.

Angela Merkel a qualifié dimanche de «quasiment révolue» l’époque où la confiance prévalait, dans une apparente allusion à la relation entre l’Europe et les Etats-Unis, mise à rude épreuve lors du voyage en Europe du président américain Donald Trump. «L’époque où nous pouvions entièrement compter les uns sur les autres est quasiment révolue. C’est mon expérience de ces derniers jours», a dit Angela Merkel lors d’un meeting à Munich, dans le Sud de l’Allemagne. «Nous, Européens, devons prendre notre destin en main», a-t-elle ajouté. «Nous devons nous battre pour notre propre destin», a poursuivi la chef du gouvernement allemand, selon qui les relations avec le président français Emmanuel Macron doivent être d’autant plus étroites.

Angela Merkel s’exprimait dans la capitale bavaroise au lendemain d’un sommet du G7 (Allemagne, France, Italie, Japon, Canada, Etats-Unis, Royaume-Uni) à Taormine, en Sicile, où l’unité des sept pays parmi les plus riches du monde s’est brisée face à un Donald Trump refusant de s’engager en faveur de l’accord de Paris contre le réchauffement climatique. Le président américain fait durer le suspense. Ironie amère: il a annoncé d’un tweet, peu avant la diffusion de la déclaration finale constatant l’absence de position commune, qu’il trancherait «la semaine prochaine».

La chancelière allemande avait déjà jugé les discussions de vendredi et samedi sur le climat «pas du tout satisfaisantes». «Toute la discussion sur le sujet du climat a été très difficile, pour ne pas dire pas du tout satisfaisante», a déclaré Mme Merkel devant la presse. «Nous avons ici une situation à six contre un, ce qui signifie qu’il n’y a encore aucun signe quant à savoir si les Etats-Unis resteront ou non dans l’accord de Paris» sur le climat, a-t-elle ajouté.

Lire aussi  L’héritier de Samsung et quatre autres dirigeants officiellement inculpés

Perplexité et défiance

Le premier déplacement de Donald Trump en Europe devait être l’occasion d’apaiser, de clarifier: le président américain aura au contraire alimenté la perplexité et la défiance. A Bruxelles, au sommet de l’Otan, il a infligé une sérieuse déconvenue à ses alliés en refusant de s’engager explicitement en faveur de leur défense collective. Se posant en défenseur intraitable du contribuable américain, le locataire de la Maison-Blanche a, dans une allocution aux accents de campagne, fait la leçon à des Alliés accusés de devoir «d’énormes sommes d’argent».

Il y a aussi qualifié les pratiques commerciales des Allemands de «mauvaises, très mauvaises», selon l’hebdomadaire allemand Der Spiegel. Si le président français, Emmanuel Macron, a vu des «progrès» dans la discussion sur le climat et a qualifié son homologue américain de «pragmatique», «ouvert» et «à l’écoute», Angela Merkel cachait à peine sa frustration à l’issue du sommet. Les relations entre les deux chefs de l’Etat n’avaient pas démarré sous les meilleurs auspices: Donald Trump avait refusé de serrer la main de la chancelière allemande lors de sa première visite à la Maison Blanche, en mars dernier. Une image qui avait fait le tour du monde.

Trump tacle Merkel, le ton monte d’un cran

Le président américain a accusé l’Allemagne d’être «très mauvaise pour les États-Unis» sur le plan des relations commerciales et militaires, dans un tweet matinal, mardi.

storybildLe ton et la tension montent entre Trump et Merkel. (photo: AFP)

Le ton est encore monté d’un cran mardi entre Angela Merkel et Donald Trump, qui a lancé une virulente charge contre l’Allemagne, la tension entre les deux pays atteignant un niveau inédit dans l’histoire récente. Depuis la fin du sommet du G7 en Sicile, où le président américain a fait cavalier seul, en particulier sur la question du climat, la chancelière allemande ne mâche plus ses mots sur la politique du nouveau locataire de la Maison-Blanche. Comme souvent, Donald Trump a choisi Twitter pour lancer la riposte. «Nous avons un ÉNORME déficit commercial avec l’Allemagne, en plus elle paye BIEN MOINS qu’elle ne le devrait pour l’OTAN et le secteur militaire. Très mauvais pour les USA. Ça va changer», a-t-il lancé.

Une heure plus tôt, Angela Merkel, connue pour choisir ses mots avec attention, avait jugé «extrêmement important» que l’Europe devienne un «acteur qui s’engage à l’international» notamment en raison de l’évolution de la politique américaine. La chancelière a certes souligné que la relation transatlantique était «d’une importance primordiale», mais, a-t-elle ajouté, «compte tenu de la situation actuelle, il y a encore plus de raisons pour lesquelles nous devons en Europe prendre notre destin en main».

Le tournant du G7

Ces tensions ne sont pas nouvelles. Dès le jour de l’élection de l’homme d’affaires, la chancelière avait signifié à Donald Trump qu’il devait se tenir aux valeurs des démocraties occidentales après une campagne marquée par les dérapages et les controverses. Avant et après son élection, le président américain ne s’était pas privé non plus d’attaquer l’Allemagne, menaçant en particulier d’instaurer des taxes douanières en représailles face aux excédents commerciaux allemands.

Mais le sommet du G7 de Taormina pourrait marquer un tournant. Angela Merkel avait déploré la teneur des discussions qui avait abouti à un « six contre un ». Reste à déterminer quelles seront les conséquences de cette escalade verbale sur les relations entre les deux géants économiques.

Peu avant le tweet matinal de Donald Trump, la ministre allemande de l’Économie, Brigitte Zypries, s’était efforcée de minimiser l’importance du locataire de la Maison-Blanche sur le sujet de l’excédent commercial allemand. «Je fais une différence entre le président américain Trump et ceux qui ont aussi leur mot à dire aux États-Unis, comme les ministres, les gouverneurs et le Congrès», avait-elle lancé sur la radio publique NDR.

Le ton et la tension montent entre Trump et Merkel

Jerome CARTILLIER
 
Le président américain Donald Trump et la chancelière allemande Angela Merkel lors d’un sommet du G7 à Taormina, en Italie, le 26 mai 2017

Washington (AFP) – Le ton est encore monté d’un cran mardi entre Angela Merkel et Donald Trump qui a lancé une virulente charge contre l’Allemagne, la tension entre les deux pays atteignant un niveau inédit dans l’histoire récente.

Depuis la fin du sommet du G7 en Sicile, où le président américain a fait cavalier seul, en particulier sur la question du climat, la chancelière allemande ne mâche plus ses mots sur la politique du nouveau locataire de la Maison Blanche.

Comme souvent, Donald Trump a choisi Twitter pour lancer la riposte.

« Nous avons un ENORME déficit commercial avec l’Allemagne, en plus elle paye BIEN MOINS qu’elle ne le devrait pour l’Otan et le secteur militaire. Très mauvais pour les USA. Ca va changer », a-t-il lancé.

Une heure plus tôt, Angela Merkel, connue pour choisir ses mots avec attention, avait jugé « extrêmement important » que l’Europe devienne un « acteur qui s’engage à l’international » notamment en raison de l’évolution de la politique américaine.

La chancelière a certes souligné que la relation transatlantique était « d’une importance primordiale », mais, a-t-elle ajouté, « compte tenu de la situation actuelle, il y a encore plus de raisons pour lesquelles nous devons en Europe prendre notre destin en main.

Son ministre des Affaires étrangères Sigmar Gabriel était allé plus loin lundi, estimant que les actions du président américain avaient « affaibli » l’Occident et accusant sa politique d’être contraire « aux intérêts de l’Union européenne ».

Mme Merkel, comme d’autres dirigeants européens, ont par le passé insisté sur la nécessité pour l’UE de s’affirmer sur la scène internationale pour mieux défendre ses intérêts.

Mais jusqu’ici, la mise en place d’une action diplomatique européenne a achoppé sur les prérogatives des Etats membres en la matière et leurs réticences à abandonner des pans de souveraineté dans ce domaine régalien.

Ces tensions ne sont pas nouvelles. Dès le jour de l’élection de l’homme d’affaires, la chancelière avait signifié à Donald Trump qu’il devait se tenir aux valeurs des démocraties occidentales après une campagne marquée par les dérapages et les controverses.

Avant et après son élection, le président américain ne s’était pas privé non plus d’attaquer l’Allemagne, menaçant en particulier d’instaurer des taxes douanières en représailles face aux excédents commerciaux allemands.

– Le tournant du G7 –

Mais le sommet du G7 de Taormina pourrait marquer un tournant.

Dans un contraste saisissant avec d’autres dirigeants européens – notamment le président français Emmanuel Macron, qui avait décrit Donald Trump comme « quelqu’un d’ouvert », qui a « la volonté de progresser avec nous » – Angela Merkel avait déploré la teneur des discussions qui avaient abouti à un « six contre un ».

Reste à déterminer quelles seront les conséquences de cette escalade verbale sur les relations entre les deux géants économiques.

Peu avant le tweet matinal de Donald Trump, la ministre allemande de l?Economie, Brigitte Zypries, s’était efforcée de minimiser l?importance du locataire de la Maison Blanche sur le sujet de l?excédent commercial allemand.

« Je fais une différence entre le président américain Trump et ceux qui ont aussi leur mot à dire aux Etats-Unis, comme les ministres, les gouverneurs et le Congrès », avait-elle lancé sur la radio publique NDR.

« L?Allemagne reste favorable à un commerce libre et ouvert, les entreprises allemandes veulent continuer à investir aux Etats-Unis et à y créer des emplois », avait-elle ajouté, soulignant que les Etats-Unis n?avaient aucune raison de craindre que les entreprises allemandes détruisent des emplois dans le pays.

Donald Trump et Angela Merkel ont d’ores et déjà une nouvelle rencontre en vue: elle aura lieu lors du sommet du G20, début juillet, à Hambourg.

 

G7 : Les vérités crues de Merkel, après le discours inquiétant de Trump

C’est une chancelière allemande, Angela Merkel, particulièrement désabusée et pessimiste qui a pris la parole hier dimanche 28 mai 2017 lors d’un meeting à Munich, dans le Sud de l’Allemagne. Merkel, qui revient du sommet du G7 en Sicile, en Italie, a laissé de côté le traditionnel langage diplomatique feutré pour faire part de ses états d’âme. En parlant des liens entre les USA et l’Europe, qui ont sauvé du péril le vieux continent à deux reprises (durant les deux guerres mondiales), Merkel a lâché ceci :  « L’époque où nous pouvions entièrement compter les uns sur les autres est quasiment révolue. C’est mon expérience de ces derniers jours« , rapporte lexpress.fr ce lundi 29 mai 2017. Il est vrai que la chancelière et ses camarades du G7 (France, Italie, Japon, Canada, Etats-Unis, Royaume-Uni) venaient de recevoir la douche froide administrée par le président américain, Donald Trump, qui a carrément refusé de prendre le moindre engagement dans le sens de l’accord de Paris contre le réchauffement climatique.

« Nous, Européens, devons prendre notre destin en main« , a déclaré Merkel. « Nous devons nous battre pour notre propre destin« , a-t-elle ajouté, avant de faire un clin d’oeil appuyé au président français, Emmanuel Macron, avec qui elle compte relever les grands défis de l’Europe et de la planète.
Pour la chancelière allemande, les négociations sur le climat, vendredi et samedi derniers, ne sont « pas du tout satisfaisantes » et elles ont été conduites « dans une situation de six contre un » (comprenez Trump seul contre tous). Alors que pour Macron, sans doute encore ébloui par le torrent de compliments que lui a faits le président américain, ces pourparlers avec le trublion de la Maison Blanche sont un « progrès » par rapport aux sombres prédictions il y a quelques semaines. Le chef de l’Etat français a même affirmé qu’il avait « bon espoir » que Trump « confirmera son engagement (sur les accords de Paris), à son rythme« , c’est-à-dire « la semaine prochaine« , comme l’a dit le principal intéressé après la clôture du sommet à Taormina.

De retour chez lui, à Washington, c’est pourtant un Trump presque euphorique qu’on a vu :  « Je viens de rentrer d’Europe. Ce voyage a été un grand succès pour les États-Unis« , a-t-il publié hier dimanche sur Twitter. Il pensait sans doute au camouflet qu’il a administré à ses alliés de l’Otan lors de sa première visite à Bruxelles, les 24 et 25 mai 2017, quand il a refusé de renouveler explicitement les voeux de fidélité des USA à l’ »article 5 » de l’Otan, qui stipule que les alliés doivent assistance à l’un des leurs en cas d’agression extérieure. Trump est le premier président américain depuis près de 70 ans à refuser de prendre un tel engagement…
Il y a aussi les vertes et les pas mûres qu’il a balancées à ses partenaires de l’Otan, auxquels il a reproché de ne pas mettre la main à la poche pour se payer leur défense et de laisser tout le fardeau aux Américains. Si vous y ajoutez ses propos acides sur les « mauvais » Allemands qui commercialisent trop de voitures aux États-Unis, vous avez un président qui ne sera certainement pas le meilleur ami des Européens, comme l’a été son prédécesseur, Barack Obama…

Echanges de plus en plus virulents entre Angela Merkel et Donald Trump

L'ambiance entre Donald Trump et Angela Merkel, ici au G7 de Taormine le 26 mai 2017, est désormais très mauvaise.
L’ambiance entre Donald Trump et Angela Merkel, ici au G7 de Taormine le 26 mai 2017, est désormais très mauvaise. [AP Photo/Evan Vucci)]
Le ton est encore monté mardi entre la chancelière Angela Merkel et le président américain qui a lancé une virulente charge contre l’Allemagne. La tension entre les deux pays atteint un niveau inédit dans l’histoire récente.

Depuis la fin du sommet du G7 en Sicile, où le président américain a fait cavalier seul, en particulier sur la question du climat, la chancelière allemande ne mâche plus ses mots sur la politique du nouveau locataire de la Maison Blanche.

Comme souvent, Donald Trump a choisi Twitter pour lancer la riposte: « Nous avons un ÉNORME déficit commercial avec l’Allemagne, en plus elle paye BIEN MOINS qu’elle ne le devrait pour l’OTAN et le secteur militaire. Très mauvais pour les USA. Ca va changer. »

Une heure plus tôt, Angela Merkel, connue pour peser ses mots, avait jugé « extrêmement important » que l’Europe devienne un « acteur qui s’engage à l’international » notamment en raison de l’évolution de la politique américaine.

La chancelière a certes souligné que la relation transatlantique était « d’une importance primordiale », mais, a-t-elle répété, « compte tenu de la situation actuelle, il y a encore plus de raisons pour lesquelles nous devons prendre notre destin en main ».

>> Lire aussi: La première visite de Trump en Europe n’en finit plus de faire des vagues

Démission du directeur de la communication de Donald Trump

Mike Dubke, le directeur de la communication du président américain, jette déjà l’éponge.

Nommé en février, Michael Dubke aurait présenté sa demande de démission le 18 mai dernier, mais il a accepté de rester à son poste jusqu’à la fin du premier voyage à l’étranger de Donald Trump. La date de son départ n’a pas encore été fixée, selon CNBC.

Déçue par Trump, Merkel estime que les Européens ne peuvent compter que sur eux-mêmes

– Avec AFP

Le courant n’est pas passé entre Angela Merkel et Donald Trump lors du sommet du G7 à Taormine en Italie, photo ©Jonathan Ernst/Reuters

La chancelière se veut combative mais le constat est amer. Donald Trump laisse, selon elle, les pays européens livrés à leur propre sort. Aussi, Angela Merkel appelle-t-elle à une coopération plus étroite entre les membres de l’Union européenne.

«L’époque où nous pouvions entièrement compter les uns sur les autres est quasiment révolue. C’est mon expérience de ces derniers jours», a ainsi déclaré, amère mais pragmatique, Angela Merkel lors d’un meeting à Munich le 28 mai 2017. La chancelière allemande faisait allusion à sa relation compliquée avec Donald Trump. La réunion du G7 a en effet été jugée catastrophique par la délégation allemande.

«Nous, Européens, devons prendre notre destin en main», a déclaré la chancelière allemande,ajoutant : «Nous devons nous battre pour notre propre destin.» Un constat amer, d’autant que deux jours plus tôt, lors du sommet de l’OTAN, Donald Trump avait aussi douché les espoirs des pays européens membres de l’Alliance atlantique. Le président des Etats-Unis avait en effet refusé de s’engager explicitement en faveur d’une défense collective.

Cette absence de soutien explicite à l’article 5 du traité de l’Atlantique Nord de 1949, qui prévoit que les alliés volent au secours d’un des leurs en cas d’agression extérieure, et les propos peu amènes de Donald Trump sur le manquement aux règles de contribution financière à l’OTAN de la plupart des alliés, ont inquiété ses partenaires européens.

En près de 70 ans, Donald Trump est le premier président des Etats-Unis à refuser de confirmer cet engagement. Le président américain, lors de sa tournée européenne, s’en est également pris aux Allemands, leur reprochant de vendre trop de voitures aux Etats-Unis. De retour à Washington, le président américain s’est pourtant montré enthousiaste. «Je viens de rentrer d’Europe. Ce voyage a été un grand succès pour les Etats-Unis», a-t-il tweeté.

Lire aussi : Erreur de traduction ? «Les Allemands sont mauvais», aurait dit Donald Trump aux dirigeants de l’UE

La rupture entre Trump et Merkel est lourde de conséquences pour l’Europe

PARIS (Agefi-Dow Jones)–La mauvaise humeur est fréquente entre chefs d’Etat qui ne s’apprécient pas. Mais entre la chancelière allemande et le président américain, il s’agit d’autre chose : d’une rupture, tout simplement.

« Le temps où on pouvait toujours compter sur ses amis est terminé. Nous autres Européens devons prendre notre destin en mains ». C’est par ces propos très gaulliens que l’expérimentée chancelière a tiré sans délai les leçons des sommets récents de l’Otan et du G7.

Qu’importe que son amertume manifeste ne cadre pas avec les propos conciliants du président Macron. Les conséquences sont déjà tirées.

Primo l’Allemagne s’attend à ce que Trump enterre l’accord de Paris sur le climat, ou au mieux s’abstienne de toute application concrète. Secundo, un contentieux commercial majeur se profile sur l’automobile, dossier sur lequel Trump a attaqué la chancelière avec une agressivité consommée.

Un échec du sommet du G20 que Mme Merkel présidera à Hambourg en juillet menace déjà.

Tertio, l’Allemagne a constaté avec colère que M. Trump a refusé d’évoquer l’article 5 du traité de l’Otan qui garantit qu’une atteinte à la sécurité d’un membre est une atteinte à la sécurité de tous. Au moment où Poutine obsède littéralement l’Europe, c’est un casus belli.

La réponse, la voici: l’Allemagne est déterminée à relancer coûte que coûte l’Europe institutionnelle; et résolue comme jamais à ouvrir dans le militaire un nouveau champ de coopération continentale naguère tabou.

C’est d’Emmanuel Macron, qui sondait de son côté les intentions russes, que Berlin attend que son mot d’ordre de « compter sur ses propres forces » soit autre chose qu’un slogan creux. Il est prévenu: la chancelière exigera beaucoup et tout de suite.

-Philippe Mudry, Directeur des rédactions de L’Agefi ed: LBO

L’Agefi est propriétaire de l’agence Agefi-Dow Jones

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  • YannickYannick                               L’Europe doit pouvoir compter sur elle-même dans tous les domaines : US go home!
  • Evguénie SokolovEvguénie Sokolov              Une occasion à saisir de pousser plus loin une europe politique et militaire

    pascalpascal                                   Trump n’a pas tort dans le sens où l’Allemagne engrange de colossaux excédents commerciaux tout en laissant les autres (américains, Français etc) faire le sale boulot à l’extérieur à leur frais soit pour la protéger contre l’ours Russe.
    Il faut que l’Allemagne ait une armée digne de ce nom et investisse lourdement dans ses forces militaires et ensuite qu’elle prenne sa part des interventions contre les menaces extérieures (daech etc).

  • ALAINALAIN                                      Vers une libération pleine et entière de l’Europe, 77 ans après 1940 ? On n’ose y rêver
    kimkim                                           Trump n’aime que les belles femmes, Merkel le rend tendu
    DoudouDoudou                                    Qu’il critique le fait que du point de vue militaire/OTAN, l’Allemagne n’en fasse pas assez est une chose. De critiquer l’excédent commercial allemand en est une autre. Si l’Allemagne est commercialement plus compétitive, c’est le jeu de la mondialisation si cher aux ricains, c’est tout.
    facfac                                               Trump le beauf ricain dans toute sa splendeur a parlé. Amen.
  • ami de Deir Ez Zorami de Deir Ez Zor                 Demander à Donald Trump de respecter les valeurs des démocraties occidentales est sans aucun doute trop lui demander. Donc, nous Européens n’avons rien à attendre de ses capacités à comprendre nos préoccupations. Par conséquent, c’est l’occasion ou jamais pour les pays de l’UE qui le souhaitent et en ont la volonté de faire une union sacrée pour se défendre et défendre leurs valeurs et leurs intérêts. Lors des élections US de fin 2016, nombre d’Américains ont eu un choix dramatique similaire à celui que nous aurions eu en cas de duel Le Pen/Mélenchon. Donc en Europe, réveillons-nous tous, Angela Merkel et Emmanuel Macron semblent bien coordonner leurs actions. Les autres membres doivent s’y associer au plus vite simultanément dans le cadre l’UE et de discussions bi et multi-latérales. En ce qui concerne le Royaume-Uni, son choix est fait. Ses valeurs ne sont pas celles du socle Européen.

 

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