ieUn an de controverse autour du directeur du FBI

UN AN DE CONTROVERSE AUTOUR DU DIRECTEUR DU FBI
Le renvoi de James Comey est le dernier développement en date des turbulences que traverse le Bureau fédéral d’enquête depuis près d’un an sur fond de campagne électorale. /Photo prise le 18 avril 2017/REUTERS/Aaron P. Bernstein

WASHINGTON (Reuters) – Donald Trump a déclenché une tempête politique en limogeant mardi le directeur du FBI James Comey, qui dirigeait l’enquête sur les soupçons d’ingérence de la Russie dans la campagne présidentielle américaine de 2016 avec l’éventuelle complicité de l’équipe de campagne du futur président.

Le renvoi de James Comey est le dernier développement en date des turbulences que traverse le Bureau fédéral d’enquête depuis près d’un an sur fond de campagne électorale.

5 JUILLET 2016

Quelques semaines avant l’investiture d’Hillary Clinton lors de la convention démocrate de Philadelphie, le FBI estime que l’ex-secrétaire d’Etat a fait preuve de « négligence extrême » en utilisant un serveur de messagerie privé lorsqu’elle dirigeait la diplomatie américaine sous le premier mandat de Barack Obama (2009-2013) mais recommande qu’elle ne soit pas poursuivie.

« Bien qu’il incombe au département de la Justice de rendre la décision finale sur des sujets de ce genre, nous disons à la justice qu’à nos yeux, aucune poursuite n’est appropriée dans ce cas », déclare James Comey à la presse à Washington.

Le directeur du FBI explique que les agents fédéraux n’ont pas établi que Clinton ou son entourage aient intentionnellement voulu violer la loi. Rien ne prouve, ajoute-t-il, que quiconque ait piraté les communications de l’ancienne secrétaire d’Etat.

Donald Trump, qui estime que l’affaire devrait disqualifier sa rivale dans la course à la Maison blanche, réagit à l’annonce du FBI en dénonçant un « système truqué ». « Très, très injuste! Comme d’habitude, erreur de jugement », écrit-il sur Twitter. « Le directeur du FBI a déclaré qu’Hillary la véreuse (« Crooked Hillary ») avait compromis notre sécurité nationale. Et pas de poursuites. Wouah! »

28 OCTOBRE

A onze jours de l’élection présidentielle, le directeur du FBI annonce dans une lettre adressée à des parlementaires que l’agence fédérale va ouvrir un complément d’enquête après avoir découvert, dans le cadre d’une affaire sans aucun lien, de nouveaux courriels envoyés par Clinton depuis sa messagerie personnelle.

« Je ne peux pas prédire le temps qu’il nous faudra pour effectuer ce travail complémentaire », écrit Comey.

En campagne dans le New Hampshire, Trump s’empresse de partager la nouvelle avec ses partisans. « J’ai un grand respect pour le fait que le FBI et le département de la Justice soient désormais disposés à avoir le courage de rectifier l’horrible erreur qu’ils ont commises », dit-il.

Dans le camp démocrate, c’est la stupeur.

22 JANVIER 2017

Deux jours après son investiture, Trump aperçoit Comey lors d’une réception à la Maison blanche. Il l’invite à le rejoindre et les deux hommes se serrent chaleureusement la main et se donnent une brève accolade. « Il est devenu plus célèbre que moi », plaisante le 45e président des Etats-Unis.

13 FEVRIER

Vingt-quatre jours après son entrée en fonction, Trump pousse à la démission son conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn, à la suite de révélations sur une conversation de que l’ancien général a eue avec l’ambassadeur russe à Washington avant l’investiture. Il apparaît que Flynn a caché au vice-président Mike Pence une partie du contenu de cette discussion.

Flynn apparaît dès lors comme une figure centrale dans les enquêtes sur les accusations d’ingérence de la Russie pendant la campagne électorale 2016 et sur une collusion éventuelle entre l’équipe de campagne de Donald Trump et Moscou.

20 MARS

Devant la commission du Renseignement de la Chambre des représentants, James Comey confirme qu’une enquête est en cours au FBI pour établir si le gouvernement russe a effectivement tenté de manoeuvrer et si l’équipe de Donald Trump a entretenu des contacts avec Moscou.

Il note en parallèle qu’il n’existe aucune preuve que Trump ait été écouté pendant sa campagne sur ordre du président Obama, contrairement à ce qu’a affirmé le nouveau président dans une série de tweets publiés quelques jours plus tôt.

2 MAI

Hillary Clinton, qui s’exprime lors d’une conférence sur les femmes à New York, impute sa défaite électorale à l’intervention tardive du directeur du FBI dans la campagne et à la publication par WikiLeaks de courriels du président de son équipe de campagne, John Podesta.

« Si cette élection avait eu lieu le 27 octobre, je serais votre présidente », affirme-t-elle.

Dans la soirée, Trump réplique à coup de tweets. « Le directeur du FBI Comey est la meilleure chose qui soit arrivée à Hillary Clinton car il lui a fourni un laisser-passer pour ses si nombreuses mauvaises actions », écrit-il.

Interrogé le lendemain sur ce tweet, Sean Spicer, le porte-parole de la Maison blanche, indique que « le directeur (du FBI) a la confiance du président ».

3 MAI

Comey est entendu devant la commission sénatoriale des affaires judiciaires.

Il confesse se sentir « légèrement nauséeux » à l’idée que sa décision du 28 octobre a pu avoir un impact sur l’élection mais ajoute ne pas avoir eu le choix après avoir découvert qu’une assistante de la candidate démocrate, Huma Abedin, avait transféré des emails classifiés à son mari.

« Garder le silence aurait constitué à mes yeux un acte de dissimulation. La dissimulation aurait été de mon point de vue catastrophique », se justifie-t-il.

8 MAI

Le site ProPublica fait état de potentielles inexactitudes dans les déclarations de Comey concernant Huma Abedin. Il ajoute que le FBI préparerait une rectification mais que le dossier est suspendu, le bureau hésitant sur ce qu’il a à faire.

9 MAI

En milieu d’après-midi, dans la salle de presse de la Maison blanche, Sean Spicer est une nouvelle fois interrogé. Trump fait-il toujours confiance à Comey ? Cette fois, le porte-parole élude. « Je ne veux pas parler au nom du président sans lui en avoir d’abord parler », dit-il.

Vers 17h30, Spicer revient devant la presse accréditée et annonce que Trump a décidé de limoger Comey sur recommandation de l’Attorney General (ministre de la Justice) Jeff Sessions et de l’Attorney General adjoint Rod Rosenstein.

Dans une lettre diffusée auprès des médias, ce dernier évoque explicitement la gestion de l’enquête sur les courriels de Clinton.

Selon le New York Times, Comey, qui s’adresse au même moment à des agents du FBI à Los Angeles, apprend son limogeage en voyant une incrustation sur un écran de télé au fond de la pièce.

Donald Trump débarque le directeur du FBI, Washington sous le choc

Libération.fr
Donald Trump débarque le directeur du FBI, Washington sous le choc
Le directeur du Bureau fédéral d’investigation (FBI), James Comey témoigne devant le Commissions des lois du Sénat le 3 mai 2017 à Washington DC. Photo Eric Thayer. AFP

D’après la Maison Blanche, James Comey paie sa mauvaise gestion de l’affaire des emails d’Hillary Clinton. Les démocrates n’y croient pas et dénoncent une volonté d’étouffer l’enquête du FBI sur une possible collusion entre la Russie et l’entourage de Donald Trump.

La nouvelle a fait l’effet d’une bombe. Dans une lettre rendue publique par la Maison Blanche, Donald Trump a informé mardi soir James Comey qu’il mettait fin «avec effet immédiat» à ses fonctions de directeur du FBI. Officiellement, le président américain n’a fait que suivre les recommandations du ministre de la Justice et de son adjoint. «Je suis d’accord avec l’analyse du ministère de la Justice selon lequel vous n’êtes pas capable de diriger de manière efficace le Bureau», écrit ainsi le milliardaire.

Read President Trump’s letter dismissing FBI Director James Comey https://t.co/cpCRJPCg2U pic.twitter.com/TQpJhqkFbD

— CNN (@CNN) May 9, 2017

Un mémo de plusieurs pages, rédigé par le ministre adjoint de la Justice, Rod Rosenstein, accompagne le courrier du président et justifie cette décision. Raison invoquée : la mauvaise gestion par James Comey, au cours de la campagne électorale, du dossier sensible des emails d’Hillary Clinton. Après avoir quasiment classé l’affaire début juillet, le directeur du FBI l’avait dramatiquement relancé une dizaine de jours avant le scrutin, suscitant à l’époque de vives critiques du camp Clinton et les félicitations de Donald Trump.

A la télévision

Six mois plus tard, le ton dans l’entourage du milliardaire a bien changé. En substance, la Maison Blanche reproche désormais à James Comey d’avoir mal traité Hillary Clinton en dévoilant à la presse trop de détails sur l’enquête. «Je ne peux pas défendre la gestion par le directeur de la conclusion de l’enquête sur les emails de la secrétaire Clinton», écrit Rod Rosenstein. Ironie de l’histoire : les détails en question, présentés par James Comey, ont été à l’époque massivement utilisés par Donald Trump pour affaiblir sa rivale (…)

Donald Trump vire le patron du FBI James Comey

Prenant sa gestion de l’enquête sur les mails Clinton comme prétexte, le président s’est séparé de l’homme qui supervisait celle sur des proches en lien avec la Russie.

James Comey a appris la nouvelle par les médias, alors qu’il s’adressait à des agents à Los Angeles. Le super-enquêteur a été limogé mardi soir de la tête du FBI par le président des Etats-Unis. Dans un courrier adressé à Comey, et rendu public par l’exécutif américain, Donald Trump lui signifie qu’il met fin à ses fonctions « avec effet immédiat ». La recherche d’un nouveau directeur du FBI débute « immédiatement », a précisé la Maison Blanche.

« Le FBI est l’une des institutions les plus respectées de notre pays et aujourd’hui marquera un nouveau départ pour l’agence-phare de notre appareil judiciaire, a indiqué Trump dans un communiqué. « Si j’ai apprécié que vous m’ayez informé, en trois occasions distinctes, du fait que je ne faisais pas l’objet d’une enquête, je suis cependant d’accord avec l’analyse du ministère de la Justice selon lequel vous n’êtes pas capable de diriger de manière efficace le Bureau. »

La police fédérale américaine est en particulier chargée de l’enquête sur les liens éventuels entre l’équipe de campagne de Donald Trump et la Russie. Ironie de l’histoire: la raison officiellement avancée par l’exécutif américain pour ce limogeage est la façon dont Comey, 56 ans, a géré le dossier des emails de l’ancienne secrétaire d’Etat Hillary Clinton, rivale de Trump durant la campagne de 2016.

Donald Trump accuse en substance James Comey d’avoir mal traité cette dernière en dévoilant à la presse de nombreux détails de l’enquête. Détails que le candidat républicain avait pourtant utilisés quotidiennement pour pilonner la démocrate pendant la campagne.

Le 28 octobre, le patron du FBI provoquait une véritable déflagration dans la dernière ligne droite de la campagne présidentielle: il annonçait au Congrès la découverte de nouveaux messages justifiant une relance des investigations closes au mois de juillet précédent sur les emails de Clinton. Ce n’est que deux jours avant le scrutin du 8 novembre qu’il annoncera n’avoir finalement rien trouvé de pénalement répréhensible.

L’ex-candidate démocrate a estimé il y a quelques jours que sans l’initiative de ce dernier – et la diffusion par Wikileaks d’emails de sa campagne -, elle aurait emporté l’élection présidentielle.

Onde de choc à Washington

L’annonce de ce limogeage-surprise a fait l’effet d’une bombe au Congrès. Les élus démocrates ont relancé leur appel à la nomination d’un procureur indépendant pour enquêter sur les ingérences russes, craignant que la Maison Blanche ne cherche à « étouffer » les investigations en cours. « Le président a limogé la personne indépendante qui en faisait le plus pour enquêter sur les accusations de coordination entre la Russie et le président Trump et son équipe de campagne », a déploré le démocrate Elijah Cummings à la Chambre.

Le patron du FBI, James Comey, au Capitole, le 17 mars 2017. REUTERS/Joshua Roberts

« Toute tentative d’arrêter ou de saper l’enquête du FBI soulèverait de graves questions constitutionnelles », a déclaré le sénateur démocrate Dick Durbin. Le sénateur démocrate Patrick Leahy a trouvé « absurde » la justification donnée par le président Trump, selon laquelle Hillary Clinton aurait été traitée avec impartialité. « Ce n’est rien de moins que nixonien », a-t-il tonné.

Le chef de la puissante commission du Renseignement du Sénat américain, Richard Burr, s’est déclaré « troublé » par le timing et les raisons avancées pour ce spectaculaire limogeage. Elu du Congrès et fidèle républicain, Justin Amash a qualifié la lettre présidentielle de « bizarre » et annoncé vouloir « créer une commission indépendante sur la Russie ».

Ancien vice-ministre de la Justice, James Comey était proche des républicains. Mais il avait été nommé par l’ancien président démocrate Barack Obama à son poste actuel.

Deux gifles envers Trump

En mars, lors d’une rare audition publique devant le Congrès, Comey avait infligé un double revers au milliardaire. Il avait d’une part confirmé le lancement fin juillet 2016 d’investigations sur une éventuelle « coordination » entre des membres de son équipe de campagne et le gouvernement russe. Une affaire qui est régulièrement reléguée au rang de « fake news » (« fausse information ») par le président américain, qui nie toute collusion avec Moscou contre Hillary Clinton.

Il avait par ailleurs battu en brèche l’idée que Barack Obama aurait placé sur écoute la Trump Tower, une rumeur lancée par Donald Trump lui-même sur Twitter deux semaines plus tôt. Personnage charismatique au style toujours impeccable, James Comey avait été nommé pour 10 ans en juillet 2013. Le Sénat avait confirmé ce choix de manière écrasante, avec 93 voix pour et une contre.

Trump limoge le patron du FBI, Washington sous le choc

Jerome CARTILLIER et Ivan COURONNE
Le patron du FBI James Comey, lors d’une audition devant le Sénat américain à Washington, le 3 mai 2017

Washington (AFP) – Le président des Etats-Unis Donald Trump a limogé mardi le patron du FBI James Comey, provoquant une onde de choc à Washington où des élus ont évoqué le spectre du Watergate.

La police fédérale est notamment chargée de l’enquête sur les liens éventuels entre l’équipe de campagne de Donald Trump et la Russie, accusée d’avoir interféré dans la présidentielle américaine.

M. Trump recevra mercredi à la Maison Blanche le ministre russe des Affaires étrangères Serguei Lavrov, qui ne devait initialement que rencontrer son homologue américain Rex Tillerson au sujet du conflit en Syrie.

« Aujourd’hui marquera un nouveau départ pour l’agence-phare de notre appareil judiciaire », a indiqué M. Trump dans un communiqué.

Dans un courrier à James Comey publié par l’exécutif, Donald Trump lui signifie qu’il met fin à ses fonctions « avec effet immédiat ».

« Si j’ai apprécié que vous m’ayez informé, en trois occasions distinctes, du fait que je ne faisais pas l’objet d’une enquête, je suis cependant d’accord avec l’analyse du ministère de la Justice selon laquelle vous n’êtes pas capable de diriger de manière efficace le Bureau », ajoute-t-il.

Ironie de l’histoire: la raison officiellement avancée par l’administration Trump pour ce limogeage est la façon dont M. Comey, 56 ans, a géré le dossier des emails de la candidate démocrate à la présidentielle Hillary Clinton.

Donald Trump accuse en substance James Comey d’avoir mal traité cette dernière en dévoilant à la presse de nombreux détails de l’enquête…. Détails que le candidat républicain avait pourtant utilisés quotidiennement pour pilonner la démocrate pendant la campagne.

Le 28 octobre, James Comey provoquait une déflagration dans la dernière ligne droite de la campagne présidentielle: il annonçait au Congrès la découverte de nouveaux messages justifiant une relance des investigations, closes au mois de juillet précédent, sur les emails de Mme Clinton.

Ce n’est que deux jours avant le scrutin du 8 novembre que M. Comey annoncera n’avoir finalement rien trouvé de pénalement répréhensible – comme déjà auparavant.

L’ex-candidate démocrate a estimé il y a quelques jours que sans l’initiative de ce dernier – et la diffusion par Wikileaks d’emails de sa campagne -, elle aurait emporté l’élection présidentielle.

– ‘Nixonien’ –

Ce limogeage surprise, et avec un seul précédent dans la longue histoire du FBI, a fait l?effet d?une bombe au Congrès, une réaction semble-t-il sous-estimée par la Maison Blanche.

« Monsieur le Président, avec tout le respect que je vous dois, vous faites une grave erreur », a déclaré le chef de file de l’opposition démocrate du Sénat, Chuck Schumer.

Lors d’une conférence de presse au Capitole, il a appelé à la nomination d’un magistrat indépendant pour prendre en main l’enquête russe, actuellement menée par le FBI, jugeant que les Américains étaient en droit de soupçonner que ce limogeage était une tentative d' »étouffer » l’affaire.

Le limogeage « montre à quel point l’administration craint l’enquête sur la Russie », a jugé Tim Kaine, ex-colistier d’Hillary Clinton, y voyant la tendance croissante de l’administration à « cacher la vérité ».

Le sénateur démocrate Patrick Leahy a trouvé « absurde » la justification selon laquelle Hillary Clinton aurait été traitée avec partialité.

« Ce n’est rien de moins que nixonien », a-t-il tonné, dans une allusion à la décision de Richard Nixon de remercier en 1973 le magistrat indépendant Archibald Cox qui enquêtait sur le scandale du Watergate qui allait entraîner sa chute. « Le président a révoqué le patron du FBI au milieu d’une des enquêtes de sécurité nationale les plus critiques dans l’histoire de notre pays, celle qui implique des hauts fonctionnaires dans la campagne et l’administration Trump ».

Etats-Unis: Ce qu’il faut savoir sur le limogeage par Donald Trump du directeur du FBI

ETATS-UNIS L’agence que dirigeait James Comey enquête notamment sur les soupçons brûlants d’ingérence russe dans la présidentielle de 2016…

Le directeur du FBI James Comey à Washington, le 3 mai 2017.
Le directeur du FBI James Comey à Washington, le 3 mai 2017. – JIM WATSON / AFP

M.C.

  • James Comey, longtemps républicain, avait été nommé par Obama et confirmé par Trump
  • Il a irrité dans les deux camps avec l’enquête sur les soupçons d’ingérence russe dans la présidentielle et l’affaire des emails d’Hillary Clinton
  • C’est ce dernier dossier qui lui coûte officiellement son poste
  • Démocrates et républicains réclament une commission d’enquête indépendante sur le dossier russe

Onde de choc à Washington. Donald Trump a limogé mardi le patron du FBI James Comey, provoquant des réactions indignées chez les démocrates et jusque dans son propre camp. Cet ex-procureur fédéral et ancien vice-ministre de la Justice, devenu gênant, était sur un siège éjectable depuis qu’il est revenu au FBI d’examiner les soupçons brûlants d’ingérence russe dans la présidentielle de 2016. Voici tout ce qu’il faut savoir sur ce limogeage.

Qui est James Comey ?

  • Un profil « neutre »

Ancien vice-ministre de la Justice, James Comey a longtemps été encarté chez les républicains mais il avait été nommé par l’ancien président démocrate Barack Obama à son poste actuel. Au gré des enquêtes sensibles, il avait acquis une stature de franc-tireur, encaissant les attaques de tous bords pour émerger du guêpier. Donald Trump lui avait demandé de rester en fonction, avant de brutalement revenir sur sa décision.

  • Il a doublement irrité Donald Trump

Fin mars, lors d’une rare audition publique devant le Congrès, il avait infligé un double revers à Donald Trump. Il avait d’une part confirmé le lancement fin juillet 2016 d’une enquête sur une éventuelle « coordination » entre des membres de son équipe de campagne et le gouvernement russe. Une affaire qui est régulièrement reléguée au rang de « fake news » par le président américain, qui nie toute collusion avec Moscou contre Hillary Clinton.

Il avait par ailleurs battu en brèche l’idée que Barack Obama aurait placé sur écoute la Trump Tower, une rumeur lancée par Donald Trump lui-même sur Twitter deux semaines plus tôt. Personnage charismatique au style toujours impeccable, James Comey avait été nommé pour 10 ans en juillet 2013. Le Sénat avait confirmé ce choix de manière écrasante, avec 93 voix pour et une contre.

>> A lire aussi : La Russie aurait pu faire chanter un influent conseiller de Trump, selon une ex-ministre

  • Hillary Clinton le tient pour responsable de sa défaite

Le 28 octobre, James Comey provoquait une véritable déflagration dans la dernière ligne droite de la campagne présidentielle américaine : il annonçait au Congrès la découverte de nouveaux messages justifiant une relance des investigations closes au mois de juillet précédent sur les emails d’Hillary Clinton. Ce n’est que deux jours avant le scrutin du 8 novembre que James Comey annoncera n’avoir finalement rien trouvé de pénalement répréhensible. Trop tard. Sans les piratages russes et le FBI, « je serais présidente », a affirmé Hillary Clinton la semaine dernière.

>> A lire aussi : Le chef du FBI se défend d’avoir influencé la présidentielle américaine

Quelle est la raison officielle invoquée par Trump ?

« Le FBI est l’une des institutions les plus respectées de notre pays et aujourd’hui marquera un nouveau départ pour l’agence-phare de notre appareil judiciaire », a déclaré le président américain dans un communiqué.

Dans un courrier adressé à James Comey, et rendu public par l’exécutif américain, Donald Trump lui signifie qu’il met fin à ses fonctions « avec effet immédiat ». « Si j’ai apprécié que vous m’ayez informé, en trois occasions distinctes, du fait que je ne faisais pas l’objet d’une enquête, je suis cependant d’accord avec l’analyse du ministère de la Justice selon lequel vous n’êtes pas capable de diriger de manière efficace le Bureau », ajoute-t-il.

C’est donc, ironie de l’histoire, la façon dont James Comey a géré le dossier des emails d’Hillary Clinton qui lui coûte son poste. Donald Trump accuse en substance James Comey d’avoir mal traité cette dernière en dévoilant à la presse de nombreux détails de l’enquête… des détails que le candidat républicain avait pourtant utilisés quotidiennement pour pilonner la démocrate pendant la campagne.

La lettre de Donald Trump à James Comey.
La lettre de Donald Trump à James Comey. – Maison Blanche

 

Quelles sont les réactions ?

L’annonce de ce limogeage surprise a fait l’effet d’une bombe au Congrès. « Monsieur le Président, avec tout le respect que je vous dois, vous faites une grave erreur », a déclaré le chef de file de l’opposition démocrate du Sénat, Chuck Schumer, évoquant une tentative d’« étouffer » l’affaire.

Le limogeage « montre à quel point l’administration craint l’enquête sur la Russie », a déclaré Tim Kaine, ex-colistier d’Hillary Clinton, y voyant la tendance croissante de l’administration à « cacher la vérité ».

Le vice-président de la commission du Renseignement du Sénat, le démocrate Mark Warner, a trouvé le licenciement « choquant », notant que Donald Trump avait depuis sa prise de fonctions évincé la ministre de la Justice par intérim, presque tous les procureurs fédéraux, et désormais le directeur du FBI.

« Ce n’est rien de moins que nixonien », a tonné le sénateur démocrate Dick Durbin, dans une allusion à la décision de Richard Nixon de remercier en 1973 le magistrat indépendant Archibald Cox qui enquêtait sur le scandale du Watergate qui allait entraîner sa chute. « Cette explication pathétique cherche à dissimuler une vérité indéniable : le président a limogé le directeur du FBI au milieu d’une des enquêtes de sécurité nationale les plus importantes de l’histoire de notre pays », a-t-il ajouté.

« La dernière fois qu’un limogeage présidentiel a soulevé tant de questions, l’Amérique était en pleine crise du Watergate », a lancé en écho le démocrate Cory Booker. Le sénateur démocrate Patrick Leahy a pour sa part trouvé « absurde » la justification donnée par le président Trump, selon laquelle Hillary Clinton aurait été traitée avec partialité.

Plus inquiétant pour le locataire de la Maison Blanche, le malaise se répandait également dans le camp républicain. Le sénateur John McCain s’est ainsi dit « déçu » et a répété son appel à la création d’une commission d’enquête parlementaire spéciale.

Le chef de la puissante commission du Renseignement du Sénat américain, Richard Burr, s’est lui déclaré « troublé » par le timing et les raisons avancées pour ce spectaculaire limogeage.

Que va devenir l’enquête sur les soupçons d’ingérence russe ?

« Toute tentative d’arrêter ou de saper l’enquête du FBI soulèverait de graves questions constitutionnelles », a mis en garde le sénateur démocrate Dick Durbin. Multipliant les allusions au Watergate et alertant sur « une démocratie en danger », démocrates et républicains ont appelé à la mise en place d’une commission indépendante pour prendre en main l’enquête russe.

Ce scénario semble pourtant peu probable : la mise en place d’une commission ou la nomination d’un procureur indépendant devrait en effet être demandée par le Congrès, dominé par les républicains… ou par Donald Trump lui-même.

Etats-Unis : pourquoi Trump a t-il viré le patron du FBI, James Comey ?

La présidence Donald Trump

SENTENCE – Le président des États-Unis Donald Trump a limogé mardi le patron du FBI James Comey. Une décision surprise qui a provoqué une onde de choc à Washington.

Donald Trump a tranché : au FBI, il faudra désormais parler de James Comey au passé. Limogé mardi par le président américain, le patron du FBI quitte ses fonctions au sein de la police fédérale américaine. Une décision qui a provoqué un véritable séisme du coté de Washington, tant le FBI est une institution sacrée outre-Atlantique.

« Le FBI est l’une des institutions les plus respectées de notre pays et aujourd’hui marquera un nouveau départ pour l’agence-phare de notre appareil judiciaire », a indiqué Donald Trump dans un communiqué. La police fédérale américaine est en particulier chargée de l’enquête sur les liens éventuels entre l’équipe de campagne de Donald Trump et la Russie. La recherche d’un nouveau directeur du FBI débute « immédiatement », a précisé la Maison Blanche.

En cause : la gestion du dossier des emails d’Hillary Clinton

« Si j’ai apprécié que vous m’ayez informé, en trois occasions distinctes, du fait que je ne faisais pas l’objet d’une enquête, je suis cependant d’accord avec l’analyse du ministère de la Justice selon lequel vous n’êtes pas capable de diriger de manière efficace le Bureau », a précisé Trump dans un courrier adressé à James Comey et rendu public par l’éxécutif américain. Qu’est-il reproché à James Comey ?

façon dont Comey, 56 ans, a géré le dossier des emails de… l’ancienne secrétaire d’Etat Hillary Clinton, rivale de M. Trump durant la campagne de 2016. Le 28 octobre, James Comey provoquait une véritable déflagration en annonçant au Congrès la découverte de nouveau emails nécessitant une investigation. Deux jours avant le scrutin du 8 novembre, M.Comey annoncera n’avoir finalement rien trouvé de pénalement répréhensible.

Monsieur le Président, avec tout le respect que je vous dois, vous faites une grave erreurChuck Schumer

Cette décision d’écarter James Comey a créé un véritable tollé au Congrès et les réaction n’ont pas tardé à pleuvoir. « Monsieur le Président, avec tout le respect que je vous dois, vous faites une grave erreur », a ainsi déclaré le chef de file de l’opposition démocrate du Sénat, Chuck Schumer, estimant que les Américains étaient en droit de soupçonner que ce limogeage était une tentative « d’étouffer » l’affaire.

« Toute tentative d’arrêter ou de saper l’enquête du FBI soulèverait de graves questions constitutionnelles », a déclaré le sénateur démocrate Dick Durbin. Un autre sénateur démocrate, Patrick Leahy, a pour sa part trouvé « absurde » la justification donnée par le président Trump selon laquelle Hillary Clinton aurait été traitée avec partialité. L’ex-candidate démocrate ayant d’ailleurs estimé il y a quelques jours que sans l’initiative de M.Comey – et la diffusion par Wikileaks d’emails de sa campagne –  elle aurait emporté l’élection présidentielle.

USA: Donald Trump limoge le patron du FBI James Comey, sur recommandation de la Justice

  •  – Belga

(Belga) Le président des Etats-Unis Donald Trump a limogé le patron du FBI James Comey, dont les services dirigent l’enquête sur les liens éventuels entre l’équipe de campagne du républicain et la Russie, accusée d’ingérence dans la dernière élection présidentielle. L’information a été divulguée mardi par la Maison Blanche, qui précise que la recherche d’un nouveau directeur pour la police fédérale débute « immédiatement ».

« Le FBI est l’une des institutions les plus respectées de notre pays et aujourd’hui marquera un nouveau départ pour l’agence-phare de notre appareil judiciaire », a indiqué Donald Trump dans un communiqué. Un courrier a été envoyé au principal intéressé, lui signifiant qu’il était démis de ses fonctions avec « effet immédiat ». « Si j’ai apprécié que vous m’ayez informé, en trois occasions distinctes, que je ne faisais pas l’objet d’une enquête, je suis cependant d’accord avec l’analyse du ministère de la Justice selon lequel vous n’êtes pas capable de diriger de manière efficace le Bureau », indique Donald Trump dans cette lettre. Le licenciement de Comey a eu lieu sur recommandation du procureur général (ministre de la Justice) Jeff Sessions et de son adjoint Rod Rosenstein, selon le porte-parole de la Maison Blanche Sean Spicer. Plus tôt dans la journée de mardi, le FBI avait informé le Congrès d’erreurs dans le témoignage livré par Comey la semaine dernière au sujet de l’enquête réouverte peu avant l’élection sur les emails privés d’Hillary Clinton, la candidate démocrate. Le patron de la police fédérale avait défendu devant des membres du Sénat sa gestion de l’affaire, qui selon Hillary Clinton a finalement contribué à sa défaite face à Trump. James Comey a alors évoqué la découverte de « centaines et milliers » de courriers électroniques transmis à l’ex-époux d’une collaboratrice d’Hillary Clinton, dont certains contenant « des informations classifiées ». Ces affirmations n’étaient pas correctes ou suffisamment précises, a précisé le FBI aux sénateurs plus d’une semaine après le témoignage: seul un petit nombre des mails découverts et liés à la ré-ouverture de l’enquête proviennent réellement d’un envoi de la collaboratrice. Ex-procureur fédéral et ancien vice-ministre de la Justice, James Comey, 56 ans, a longtemps été encarté chez les républicains mais il avait été nommé par l’ancien président démocrate Barack Obama à son poste actuel. Le 20 janvier, Donald Trump lui avait demandé de rester en fonction. (Belga)

Trump limoge le directeur du FBI

  • Le Figaro.fr avec AFP
Le président des États-Unis Donald Trump a limogé mardi James Comey, patron du FBI, la police fédérale américaine, une décision surprise qui a provoqué une onde de choc à Washington.
Le FBI est en particulier en charge de l’enquête sur les liens éventuels entre l’équipe de campagne de Donald Trump et la Russie.
« Le FBI est l’une des institutions les plus respectées de notre pays et aujourd’hui marquera un nouveau départ pour l’agence-phare de notre appareil judiciaire », a indiqué M. Trump dans un communiqué.
La recherche d’un nouveau directeur du FBI débute « immédiatement », a précisé la Maison Blanche.
Dans un courrier adressé à James Comey, et rendu public par la Maison Blanche, Donald Trump lui signifie qu’il met fin à ses fonctions « avec effet immédiat ».
« Si j’ai apprécié que vous m’ayez informé, en trois occasions distinctes, que je ne faisais pas l’objet d’une enquête, je suis cependant d’accord avec l’analyse du ministère de la Justice selon lequel vous n’êtes pas capable de diriger de manière efficace le Bureau », ajoute-t-il.
Ex-procureur fédéral et ancien vice-ministre de la Justice, James Comey, 56 ans ans, a longtemps été encarté chez les républicains mais il avait été nommé par l’ancien président démocrate Barack Obama à son poste actuel.
À son arrivée au pouvoir le 20 janvier, Donald Trump lui avait demandé de rester en fonction.

Etats-Unis : le limogeage brutal du directeur du FBI provoque un tollé

La décision du président américain aurait été motivée par une mauvaise gestion de l’affaire des e-mails privés d’Hillary Clinton par James Comey.

LE MONDE Gilles Paris (Washington, correspondant)

James Comey dirigeait le FBI depuis septembre 2013.

Washington s’est brusquement électrisé, mardi 9 mai, en fin d’après-midi, lorsque la Maison Blanche a rendu public le limogeage du directeur de la police fédérale (FBI), James Comey, nommé pour dix ans en 2013.

L’intéressé, qui avait été auditionné par le Congrès une semaine plus tôt, était en déplacement en Californie. Il a appris la nouvelle par la télévision alors qu’il s’exprimait devant des membres du FBI. Selon le New York Times, le directeur de la police fédérale a tout d’abord cru à un canular.

C’est officiellement pour restaurer « la confiance » dans le FBI que Donald Trump a pris sa décision. Pour la justifier, le président s’est appuyé sur un mémo sévère du ministre de la justice adjoint, Rod Rosenstein.

Ce dernier y dresse un véritable réquisitoire à propos de l’enquête conduite par M. Comey à propos de l’usage discrétionnaire par l’ancienne secrétaire d’Etat Hillary Clinton d’un serveur privé quand elle était à la tête de la diplomatie américaine (2009-2013). Mme Clinton était accusée d’avoir fait transiter des informations sensibles par un réseau insuffisamment sécurisé et d’avoir ainsi mis en péril les intérêts américains.

Déclarations erronées

Confronté à une situation sans précédent – une enquête portant sur celle qui était alors la favorite de la campagne présidentielle américaine –, M. Comey avait choisi il est vrai un mode de communication inhabituel. Il avait tenu une conférence de presse pour indiquer, le 5 juillet 2016, que Mme Clinton avait agi avec « une extrême négligence » mais que les faits ne justifiaient pas l’ouverture de poursuites. Cette décision avait été vivement critiquée par le camp républicain qui espérait que l’enquête force la démocrate à se retirer.

M. Comey avait récidivé dans la transparence, le 28 octobre, lorsque la découverte de courriels de Mme Clinton sur l’ordinateur privé de la très proche conseillère de cette dernière, Huma Abedin, avait entraîné une brève relance de cette enquête. L’équipe de la démocrate et Mme Clinton elle-même, considèrent que cette réouverture, quelques jours seulement avant le scrutin du 8 novembre, a contribué à sa défaite.

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Interrogé au Congrès la semaine dernière, M. Comey s’était rendu coupable de déclarations erronées à ce sujet, citant un nombre de courriels et d’informations confidentielles retrouvées auprès de Mme Abedin nettement supérieur à la réalité. Le directeur du FBI avait ultérieurement rectifié ses propos.

Donald Trump accueillant le directeur du  FBI James à la Mison Blanche le 22 janvier.

Selon la note de Rod Rosenstein, qui ne mentionne pas cette déposition, M. Comey a en fait outrepassé ses fonctions, le 5 juillet, l’annonce du non-déclenchement de poursuites relevant selon lui exclusivement du pouvoir de l’attorney general (ministre de la justice) des Etats-Unis d’alors, Loretta Lynch.

Interférences russes

Le directeur du FBI a aggravé son cas, selon le juriste, en refusant par la suite de reconnaître une erreur d’appréciation, comme il l’a d’ailleurs montré lors de ce qui devrait rester comme sa dernière audition en tant que patron de la police fédérale.

Cet argument avancé par la Maison Blanche pour écarter M. Comey, et surtout le moment choisi, n’ont pas convaincu, c’est le moins que l’on puisse dire, le camp démocrate. Car ce limogeage intervient alors que M. Comey supervisait une autre enquête sur de possibles liens entre l’équipe de campagne de M. Trump et les hackers russes qui avaient déstabilisé celle de son adversaire. Cette investigation a d’ailleurs contraint le ministre de la justice, Jeff Sessions, à se récuser, compte tenu de ses liens avec la campagne Trump.

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Dans le courrier délivré en main propre par un ancien officier de sécurité de M. Trump au siège de la police fédérale, M. Trump fait d’ailleurs référence à ce dossier brûlant. Il se félicite, s’adressant à M. Comey, du fait que ce dernier l’ait informé « en trois occasions distinctes, du fait que je ne faisais pas l’objet d’une enquête ». Cette dernière est cependant en cours, et cette conclusion reste pour l’instant prématurée.

M. Comey avait été l’un des responsables du renseignement à avoir informé M. Trump, le 6 janvier, du contenu de dossiers, au contenu parfois scabreux, liés à des interférences russes que le président élu avait longtemps mis en doute.

Double camouflet

Deux mois plus tard, le 20 mars, le directeur du FBI lui avait infligé un double camouflet. En confirmant tout d’abord que l’enquête lancée par la police fédérale incluait « la nature de tout lien entre des individus liés à l’équipe de campagne Trump et le gouvernement russe pour déterminer s’il y a eu coordination entre la campagne et les efforts russes ».

M. Comey avait ensuite sèchement indiqué qu’il n’avait pas « d’informations soutenant » des messages publiés sur son compte Twitter par M. Trump relatifs à sa mise sur écoute par son prédécesseur démocrate, Barack Obama. Cette accusation lancée par le président était apparue aux yeux de certains observateurs et des démocrates comme une tentative de diversion.

Après le coup de théâtre du limogeage de M. Comey et dans un brusque renversement de positions, les démocrates ont presque aussitôt dénoncé une décision politique.

« Monsieur le président, avec tout le respect que je vous dois, vous faites une grave erreur », a assuré publiquement le chef de la minorité démocrate du Sénat, Chuck Schumer. « La pleureuse Chuck Schumer disait récemment, je n’ai plus confiance en lui (James Comey) et maintenant, il fait l’indigné », a rétorqué le 45e président des Etats-Unis.

Une copie de la lettre adressée à James Comey lui annonçant son renvoi.

Certains des collègues de M. Schumer, comme le sénateur du Vermont Patrick Leahy ont avancé un adjectif infamant à l’aune de la politique américaine, « nixonien », et une référence historique, le « massacre du samedi soir ». Il s’agit d’une référence à un épisode du scandale du Watergate, en octobre 1973, dans lequel le président républicain Richard Nixon s’était efforcé d’écarter des responsables de l’enquête en cours. Cette tentative avait été considérée comme un abus de pouvoir.

Réaction vigoureuse

C’est également le sens du tweet posté par Bernie Sanders dans lequel le sénateur du Vermont assure que cette décision de M. Trump « soulève de sérieuses questions quant à ce que cache son administration ».

Leur priorité est désormais la nomination d’un procureur indépendant afin de poursuivre l’enquête sur les liens éventuels entre le clan Trump et la Russie. « Cela ne peut pas attendre », a prévenu la sénatrice de Californie Kamala Harris.

« Notre démocratie est en danger », a souligné Steve Cohen, un représentant du Tennessee. « Trump limogeant Comey. Cela montre à quel point cette administration a peur de l’enquête sur la Russie », a commenté Tim Kaine, candidat malheureux à la vice-présidence en 2016.

Certains hauts responsables républicains ont exprimé également leurs doutes, alors que d’autres ont au contraire salué la décision de M. Trump. Le responsable de la commission du renseignement du Sénat, Richard Burr (Caroline du Nord), s’est déclaré « troublé » et celui de la commission des forces armées, John McCain (Arizona), « déçu », pendant que le chef de la majorité républicaine du Sénat, Mitch McConnell (Kentucky), gardait le silence.

Selon la presse américaine, M. Trump n’avait pas anticipé une réaction aussi vigoureuse. Il n’avait d’ailleurs pas prévu de s’exprimer publiquement en dépit du caractère sensible de ce limogeage. Mardi soir, la Maison Blanche a promis de trouver au plus vite un successeur à M. Comey. Mais les demandes anciennes pour une enquête indépendante sur le dossier russe ne devraient qu’être plus pressantes au cours des prochains jours.

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commentaires

  • lol3                                                                                                                                         @Sounn:                          ben vi ça marche comma ça la démocratie, c’est vrai que Hollande sur 5 ans n’a pas du tout été empêcher, d’ailleurs Macron a bien défini le quinquennat de Hollande, empêché ! Ah si un truc que tromp va pouvoir faire, c’est supprimé le peu de sécurité social qui existe dans ce pays, pour rappel c’est qui déjà qui soutenait tromp en France ?

  • Sounn                            En même le temps le FBI est censé être du côté du président, et depuis que Trump est arrivé le FBI fait parti de ceux qui l’enfonce le plus en le contredisant (normal si ils sont contre ils font tout pour l’abaisser) donc c’est tout à fait normal qu’il le vire. J’aurais attendu moins longtemps personnellement. Tout le monde critique Trump mais personne ne lui laisse une chance d’essayer quoi que ce soit, il est constamment bloqué par le camp adverse et apres on lui dit « vous n’avez toujours rien fait de congrès ».

  • Jack21                           Limogeage en forme d’aveu?

  • 2BoutFeneant            Ouf

  • scrogneugneu             Voilà au moins ce que l’on a evité en renvoyant la meluche et la poissonnière « sur les bancs de l’école de la démocratie »

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