Banquet chez le banquier

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6Emmanuel Macron : son programme enfin dévoilé

A quelques mois du premier tour des élections présidentielles, Emmanuel Macron, le leader du mouvement « En marche ! » dévoile enfin son programme. On vous présente les mesures-phares …

Raillé depuis quelques temps sur son absence de programme, Emmanuel Macron a annoncé les mesures-clés de son contrat pour la France. Dans une interview donnée au journal Le Parisien, il présente ces idées en amont de la conférence de presse qui se tiendra ce jeudi 2 mars. Voici donc pour vous un récapitulatif des propositions d’Emmanuel Macron.

ARGENT PUBLIC ET « PENELOPE GATE »

En réaction avec l’affaire Pénélope Fillon, Emmanuel Macron souhaite effectuer une réforme des affaires publiques. Il propose d’interdire aux parlementaires d’employer des membres de leur famille ou des proches. Il souhaite également leur interdire d’exercer des activités parallèles de conseil.

De plus, Emmanuel Macron entend mettre fin à certains privilèges des parlementaires. Leurs revenus devraient donc être entièrement fiscalisés. Le régime spécial des retraites parlementaires devrait également prendre fin. Les frais liés à l’activité des parlementaires pourront être déduits sur présentation de justificatifs contrôlables par le fisc. Le candidat de « En marche ! » souhaite étendre ces mesures à toutes les fonctions électives et ministérielles.

EMPLOI ET CHÔMAGE

Pour les entreprises, l’ancien ministre de l’Economie prévoit des réformes fiscales. Il souhaite ainsi pérenniser le Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi (CICE) sous forme d’allègement de charges. Il propose également de s’aligner sur la moyenne européenne en termes d’impôt sur les sociétés en faisant passer celui-ci de 33,3% à 25%.

Pour les salariés, Emmanuel Macron prévoit une réorganisation au niveau des branches et de l’entreprise. Ainsi, les 35 heures pourront être assouplies par des accords négociés majoritairement. Les entreprises devront obéir à un système de bonus/malus, notamment en cas d’abus de CDD courts.

Pour le chômage, Emmanuel Macron propose la mise en place un système universel d’assurance-chômage. Celui-ci sera financé par l’impôt et dirigé par l’Etat. Cette assurance sera ouverte à tous, y compris aux salariés qui démissionnent, dans la limite d’une fois tous les cinq ans. Il souhaite également supprimer la part salariale des cotisations chômage et maladie. Cependant, il propose de suspendre l’allocation chômage après le refus de deux offres d’emplois considérées décentes. Il propose également d’investir 50 milliards d’euros dont une partie sera dédiée à la formation des jeunes sans qualifications et des chômeurs.

RETRAITES

Emmanuel Macron souhaite mettre fin aux privilèges de certains fonctionnaires. En effet, il propose la suppression progressive des régimes spéciaux de retraite. Il souhaite ainsi mettre en place un système universel de retraite, et mettre un terme aux inégalités entre fonctionnaires et salariés du privé. Cependant, aucune modification de l’âge de départ ou du montant des pensions.

EDUCATION

Le candidat de « En marche ! » propose de revenir sur deux réformes menées par le gouvernement Hollande. Pour les rythmes scolaires, il souhaite donner les pleins pouvoirs aux communes. Celles-ci devraient donc pouvoir adopter les rythmes qu’elles veulent. Il propose également que les écoles soient autonomes au niveau du recrutement pédagogique.

Emmanuel Macron annonce de plus la création de 4000 à 5000 postes d’enseignants, le rétablissement des classes bi-langues et l’instauration d’études dirigées à l’échelle nationale. Celles-ci devraient être assurées par des enseignants, des retraités volontaires mais également des étudiants. Il prévoit notamment un trimestre dédié à cette activité pour tous les étudiants de France.

SECURITE

Une des mesures d’Emmanuel Macron en termes de sécurité prévoit la création de 10 000 postes de policier et gendarmes. Deux nouvelles écoles de police devraient ainsi voir le jour. Une police de sécurité quotidienne devrait également être mise en place.
En termes de renseignement, il souhaite mettre en place une territorialisation de celui-ci. Il propose également la création d’un état-major centralisé qui devrait rapporter directement au Conseil de défense et au président de la République.
Au niveau de l’Union Européenne, Emmanuel Macron souhaite créer 5000 postes de policier aux frontières.

ENVIRONNEMENT

L’ancien ministre de l’Economie propose d’investir 15 milliards d’euros pour la transition écologique. Il souhaite ainsi réduire de moitié la part du nucléaire dans la production d’énergie.
Il souhaite également mettre en place une prime de 1000 euros pour le remplacement des véhicules anciens et trop polluants. Un million de logements mal isolés devraient également être rénovés.
Emmanuel Macron souhaite également que d’ici 2022, 50% des aliments des cantines scolaires ou d’entreprises soient bio, écologiques ou issus de circuits courts.

Le programme complet d’Emmanuel Macron est disponible sur le site internet de son mouvement.

Macron sort son programme

Un livret de 32 pages, 40 fiches thématiques sur son site : Emmanuel Macron, longtemps critiqué pour son manque de programme, a présenté un projet positif, social-libéral et européen.

Francis Brochet
Hier, au Pavillon Gabriel à Paris - à cent mètres de l’Élysée… Photo AFP
Hier, au Pavillon Gabriel à Paris – à cent mètres de l’Élysée… Photo AFP

Emmanuel Macron, candidat sans programme ? Faux, depuis au moins hier matin, et la présentation d’un livret de 32 pages, doublé sur le site d’En Marche ! de 40 fiches thématiques représentant 150 pages, selon son équipe.

« Formidablement confiant »

Deux heures durant, dans une salle située à une centaine de mètres de l’Élysée, Emmanuel Macron a décliné son « projet », comme il l’appelle, face à plus de 200 journalistes. Au premier rang, Brigitte Macron, entre le maire de Lyon Gérard Collomb et Richard Ferrand, secrétaire général de son mouvement, à côté de Corinne Lepage et François de Rugy.

Comment qualifier le projet ? Positif. Emmanuel Macron s’affiche « formidablement confiant » dans le pays et ses ressources. Contre Benoît Hamon, qu’il accuse d’avoir « déjà perdu la bataille du travail », contre François Fillon et son programme « punitif ». Jamais il n’emprunte un ton dramatique, la priorité est plutôt de rassurer.

Ce projet est social-libéral, sans le dire. De la flexibilité sur le marché du travail, des baisses de charges pour les entreprises, en même temps que la promesse d’une « sécurité professionnelle » , et l’insistance sur l’égalité des chances.

« Alternative vraie »

En un mot, c’est très « hollandais » , ce dont il se défend. L’ancien conseiller proteste de son « respect » pour François Hollande, et souligne « les bonnes décisions » du quinquennat, quoique non assumées, et trop tardives.

Il brocarde les « compromis imparfaits entre objectifs multiples » , et revendique une « alternative vraie ».

Le projet est enfin très européen. Il fait le pari d’une « nouvelle donne » avec l’Allemagne, sans « brutalité ni leçon de morale » , et d’une « Europe à plusieurs vitesses ».

Européen, mondialiste, banquier… Une proie facile pour Marine Le Pen, qui a dénoncé un projet de « négation de la France » ?

Banquier d’affaires ? Et alors…

La question provoque une tirade d’autant plus vive qu’elle apparaît préparée : « En passant votre temps à dire que je ne suis qu’un banquier, vous faites le lit du Front national » , lance Emmanuel Macron. Banquier d’affaires il a été, durant quatre ans – « cela me permet de dire moins de bêtises que d’autres ». Il rappelle ses origines provinciales, souligne avoir « démissionné de tout » pour mener campagne, à la différence de la députée européenne Marine Le Pen. Il conclut, sous les applaudissements de ses supporteurs : « Je suis le candidat des classes populaires et des classes moyennes ».

La conférence de presse s’étire. Il balaie la perspective d’une « affaire » le concernant, sur son patrimoine (déclaré à la Haute Autorité) comme ses impôts (6 000 euros d’ISF sur trois ans, pour la maison familiale), et dénonce la tentation du « déballage permanent ».

Et sa majorité ? Elle n’est pas plus introuvable que celle des autres candidats en cette période de « recomposition ». Sa « majorité de projet » viendra, « dans le temps des législatives ».

Et Trump ? Et l’international ? Deux mots en conclusion, et déjà la promesse d’une prochaine intervention sur cet aspect.

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PROGRAMME MACRON 2017 – Emmanuel Macron dispose désormais d’un programme étoffé pour la présidentielle. Retraite, ISF, emploi, immigration… Ses mesures rompent-elles avec les années Hollande ?  La présentation a eu lieu jeudi matin, depuis son QG de campagne, devant un parterre de journalistes. Longtemps pointé du doigt pour son excellence dans l’art d’aligner les belles intentions sans propositions concrètes, Emmanuel Macron dispose désormais, comme tous les candidats, d’un programme digne de ce nom. Le candidat d’En Marche! à l’élection présidentielle 2017 a détaillé son « contrat pour la nation », un projet dont il avait déjà réservé la primeur au Parisien dans son édition du jour. Sur le fond, le candidat navigue entre continuité et rupture radicale.Dans la droite ligne des années Hollande, il propose par exemple de baisser les cotisations des entreprises, de créer des postes dans l’éducation et la police tout en réduisant le nombre de fonctionnaires, de maintenir l’âge de départ en retraite. Mais il veut en revanche en finir avec les rythmes scolaires, assouplir les 35 heures, réformer radicalement l’assurance chômage et le système de retraites. Désormais fort du soutien de François Bayrou, Emmanuel Macron veut aussi aller plus loin dans la moralisation de la vie publique, un gage donné au patron du MoDem pour son « alliance ». En matière d’éducation, l’une de ses priorités pour le prochain quinquennat, il prône l’autonomie accrue des écoles primaires en terme de programme comme de recrutement, une autre cassure très nette avec la politique du président sortant.Le candidat a insisté sur le besoin de « transformation » du pays, bien plus fort que la simple « réforme ». Il a détaillé par ailleurs six grands « chantiers » : « transmission de nos valeurs et émancipation pour construire l’égalité des chances », « société du travail », « modernisation de notre économie », « sécurisation de la nation », « renouveau démocratique » et « politique internationale ». Plus concrètement, après les propositions économiques dévoilées dans les Echos vendredi dernier, on dispose désormais d’une liste à la fois longue et complète de mesures. Le programme intégral a été publié sur le site d’En Marche! (ici) et une synthèse est disponible en PDF (ici).SommaireProgramme de Macron sur la retraiteProgramme de Macron sur l’éducationProgramme de Macron sur la jeunesse et les banlieuesProgramme de Macron sur l’immigrationProgramme de Macron sur la sécuritéProgramme de Macron sur le chômageProgramme de Macron sur l’emploiProgramme de Macron sur les 35 heuresProgramme de Macron sur les fonctionnairesProgramme de Macron sur la fiscalitéProgramme de Macron sur l’environnement et l’agricultureProgramme de Macron sur la santéProgramme de Macron sur l’EuropeProgramme de Macron sur l’internationalProgramme de Macron sur la retraiteLe programme d’Emmanuel Macron prévoit  la création d’un « système universel de retraite ». Dans le Parisien le 2 mars, le candidat indique qu’il ne modifiera pas l’âge de départ à la retraite et ne baissera pas le niveau des pensions. Mais il souhaite « engager dès le début, avec les partenaires sociaux », des négociations en vue de mettre en place « un vrai système universel de retraite ». Le principe : « 1 euros versé en cotisation ouvrira droit aux mêmes droits, quels que soient votre secteur, votre catégorie ou votre statut ». La réforme sera progressive, puisque Macron promet que « pour celles et ceux qui sont à au moins cinq ans de la retraite, rien ne changera ». Et il promet que tout le monde pourra continuer de partir à 62 ans au bout de 42 ans de cotisation et que les carrières longues pourront donc prendre leur retraite à 60 ans. A terme, il souhaite donc mettre fin aux inégalités entre fonctionnaires et salariés du privé. Emmanuel Macron avait déjà évoque par le passé une retraite « à 60, 65 ou 67 ans » en fonction des carrières. « Il faut pouvoir moduler selon les individus et les situations. Si on se contente d’appliquer des critères de pénibilité de manière arbitraire, on ne fera que recréer des régimes spéciaux », ajoutait-il dans L’Obs.Programme de Macron pour l’éducationSur l’éducation, le programme d’Emmanuel Macron se veut particulièrement riche, avec notamment une autonomie accrue pour les écoles. Le candidat d’En Marche!, qui propose la création de 4 000 à 5 000 postes d’enseignants, veut que les établissements puissent recruter plus librement et bâtir en autonomie leur projet pédagogique. « Partout, il y a exactement la même méthode, partout les mêmes moyens, à part quelques petites différences en zones REP et REP + », regrette Emmanuel Macron dans Le Parisien. Il y a peu, le candidat assurait déjà qu’il fallait « une véritable autonomie pédagogique pour les établissements ».Cette autonomie s’accompagne de moyens différents en fonction des besoins. « Il faut arrêter de saupoudrer et assumer d’investir de façon différenciée. 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Il souhaite mobiliser « les enseignants, des retraités volontaires et des étudiants » autour de ce projet. « Dans le parcours de tous les étudiants de France, il y aura ainsi un trimestre dédié à cette activité ».Emmanuel Macron propose aussi une réforme de la carte scolaire. « Moi, avec la carte scolaire, je n’ai pas le droit de mettre mon gamin à l’école en centre-ville, c’est injuste. Il n’y a plus de petits blonds dans nos écoles ». Solution pour l’ancien ministre de Manuel Valls : « On doit absolument faire évoluer la carte scolaire ». Parmi ses mesures, on trouve aussi l’interdiction de l’usage des téléphones portables dans l’enceinte des collèges et des écoles primaires.Programme de Macron sur la jeunesse et les banlieuesDans son programme, Emmanuel Macron parle aussi des banlieues. Le 2 mars, il a consacré un chapitre de sa présentation  à la « transmissions de nos valeurs » et à l » »émancipation pour construire l’égalité des chances ». Dans le document attenant, on trouve « des emplois francs pour encourager l’embauche des habitants des 200 quartiers prioritaires de la politique de la ville ». Emmanuel Macron veut offrir une « prime de 15 000 euros sur 3 ans » aux entreprises qui recrutent en CDI un habitant de l’un de ces quartiers.Plusieurs autres mesures concernent plus ou moins directement les jeunes des quartiers prioritaires. La lutte contre la discriminations sera érigée en « priorité nationale » avec « des opérations de contrôle aléatoires et imprévues à grande échelle, en matière d’accès à l’emploi ou au logement ». On peut citer la création d’un « pass culture » de 500 euros pour chaque Français l’année de ses 18 ans et l’extension des horaires des bibliothèques ainsi que l’écriture d’une « charte des droits et des devoirs pour donner du contenu à la notion d’égalité ».Plus généralement, Emmanuel Macron livre une vision pour les jeunes des banlieues dans le Parisien. Il estime qu’il faut « réconcilier les jeunes avec la République, en reconstruisant des parcours de réussite par l’école, la culture, le travail, l’insertion économique. Il faut rompre leur assignation à résidence ». « Tant que l’histoire de la République fait vivre des vies d’assiégés à celles et ceux qui sont dans ces quartiers, vous ne pouvez pas construire de lien avec ceux qui incarnent l’autorité de l’État », lance le candidat.Programme de Macron sur les institutionsLa moralisation de la vie publique, chère à François Bayrou, est « en marche » dans le programme d’Emmanuel Macron, avec la fin de certains privilèges. Le candidat propose la fiscalisation de l’intégralité de la rémunération des parlementaires, notamment de l’indemnité représentative de frais de mandat (IRFM), qui n’était pas imposable jusqu’ici. Le programme comprend aussi la fin du régime spécial de retraite des parlementaires. « Un parlementaire doit vivre comme un cadre commercial », affirme Emmanuel Macron, estimant que les frais liés à l’activité de l’élu doivent faire l’objet de « justificatifs, contrôlables par le fisc » s’il veut les déduire de son impôt.Emmanuel Macron souhaite aussi interdire aux parlementaires d’employer des proches ou des membres de leur famille. Une réaction directe à l’affaire Penelope Fillon qui empoisonne la campagne présidentielle depuis le début de l’année. Les élus se verront également interdire d’exercer des activités de conseil. « On ne peut pas faire la loi pour tous tout en étant parallèlement au service de quelques-uns », explique le candidat dans le Parisien tout en précisant qu’il entent imposer ces nouvelles règles « à toutes les fonctions électives et ministérielle ».D’autres mesures plus structurelles sur les institutions ont déjà été proposées par Emmanuel Macron. Pour lui, certains départements ne servent à rien : c’est en substance ce qu’a déclaré Emmanuel Macron le 9 décembre dernier. Le candidat d’En marche entend ainsi supprimer ceux situés dans les zones les plus urbanisées et organisées autour de grandes métropoles, comme c’est le cas à Paris. Ils ‘est aussi prononcé en faveur d’une dose de proportionnelle.Programme de Macron sur l’immigrationEmmanuel Macron s’est peu exprimé sur son programme en matière d’immigration. On retiendra cependant qu’il veut réduire les procédures de demande d’asile, avec délai de moins de 6 mois, recours compris. A Berlin en février, le candidat à la présidentielle avait salué la politique menée par la chancelière Angela Merkel en faveur de l’accueil des réfugiés. Pour Emmanuel Macron, « l’Europe n’a pas réagi comme elle aurait dû », lors de la vague importante de réfugiés qui s’est présentée à nos côtes, évoquant même un « devoir ». Et d’ajouter : « confondre les terroristes, avec les demandeurs d’asile, avec les réfugiés, toute forme de migrations, est une erreur morale, historique et politique profonde ».Outre la stricte question des réfugiés, Emmanuel Macron propose d’autres mesures plus générales sur l’immigration. Il veut par exemple conditionner l’aide au développement des pays d’origines au respect d’accords sur le retour des migrants non autorisés à entrer ou résider dans l’UE.Programme de Macron sur la sécuritéDans son programme dévoilé le 2 mars 2017, Emmanuel Macron indique qu’il veut créer 10 000 postes de policiers et gendarmes dans son quinquennat. Pour les former, le candidat à la présidentielle veut aussi ouvrir deux nouvelles écoles de police, la première de 1 000 places et la seconde de 500, « pour la formation initiale et continue des agents ». Il propose aussi de créer 15 000 nouvelles places de prison.Emmanuel Macron propose surtout de reconstituer un maillage du territoire pour assurer la sécurité au quotidien. Son programme contient donc la création d’une « police de sécurité quotidienne », forme de police de proximité version 2017. Dans le Parisien, il affirme que la suppression de la police de proximité « a été une erreur » et qu’il souhaite « une présence au plus près du terrain et dans le quotidien », qui « instaurera un nouveau rapport entre les policiers et les jeunes, autrement que par les interpellations ».Dans la lutte contre le terrorisme et la prévention des attentats, Emmanuel Macron adopte une stratégie similaire. Il veut recréer un renseignement territorial au maillage fin avec « un état-major centralisé du renseignement rapportant directement au Conseil de défense auprès du président de la République ». « C’est dans l’anticipation que se joue cette guerre », lance-t-il ainsi au Parisien. Emmanuel Macron préconise aussi des centres pénitentiaires ad hoc pour les combattants à l’étranger, un renforcement de la coopération européenne en matière de sécurité et la création de 5 000 postes de policiers aux frontières au niveau de l’UE.Emmanuel Macron ne se prononce pas sur ses intentions au sujet de maintenir ou non l’état d’urgence. Dans le Parisien, il indique qu’il évaluera la nécessité de le maintenir « en fonction du niveau de risque décrit par les services de renseignement ». Il est contre toute nouvelle mesure d’ordre symbolique, comme la déchéance de nationalité, ou toute autre loi « qui diviserait le pays ». « Ce qu’il faut, c’est de l’efficacité et de l’action. C’est aussi mener un combat moral et civilisationnel », argumente-t-il.Programme de Macron sur le chômageEmmanuel Macron veut exclure du chômage, autrement dit suspendre le versement des allocations à ceux qui refuseront « deux offres d’emplois décentes ». « Dans votre région, telle ou telle offre d’emploi dans votre métier est vacante, vous pouvez refuser une offre, pas la deuxième si elle est décente. Si vous la refusez, vous sortez du système. Par contre, s’il y a une crise dans votre métier, qu’il n’embauche plus, on doit vous former à un autre métier », a explicité le candidat d’En Marche! sur BFM TV. Il a précisé le 2 mars 2017 ce qu’il entendait par « offre décente », notamment un salaire qui « n’est pas inférieur de plus de 20-25 % » à l’ancien poste. Des aides à la mobilité pour les chômeurs sont aussi prévues.Plus globalement, le candidat souhaite créer un système universel d’assurance-chômage ouvert aux salariés qui démissionnent et aux indépendants. Le nouveau système se veut « ouvert aux entrepreneurs, aux agriculteurs, aux indépendants », mais aussi « aux professions libérales, ainsi qu’aux salariés qui démissionnent, dans la limite d’une fois tous les cinq ans ». « Cela pourrait éviter les burn-out de salariés qui demeurent dans une entreprise parce qu’ils pensent qu’ils n’ont pas d’autre choix », expliquait l’ancien conseiller de François Hollande il y a peu. Pour l’ex-ministre de l’Economie, il faut à l’avenir « donner des droits nouveaux et rentrer dans une logique beaucoup plus transparente, qui ne sera plus pensée en fonction de la durée et du montant des cotisations, mais qui protégera des aléas de la vie professionnelle, ceux qui ne sont pas couverts. En particulier ceux qui sont au régime de la micro-entreprise ou les indépendants ».Ce système serait financé par l’impôt et piloté par l’Etat. Une forme de nationalisation de l’assurance chômage. Dans ce cadre, Emmanuel Macron a proposé ces derniers mois une suppression de la part salariale des cotisations chômage, en plus de la cotisation maladie, grâce à une hausse de la CSG d’1,7 point. Sur le fait de nationaliser l’assurance chômage, Emmanuel Macron a déclaré par le passé : « Il est hypocrite de prétendre que l’assurance-chômage est encore un système paritaire : ce régime est en déficit permanent […] et c’est l’Etat qui en garantit in fine l’équilibre financier. Il faut que l’Etat prenne ses responsabilités et gère lui-même l’Unedic. Car il n’y a rien de pire qu’un système où celui qui décide n’est pas celui qui paie », assure le nouveau candidat à l’élection présidentielle.Programme d’Emmanuel Macron sur l’emploiDans son programme, Emmanuel Macron prône un plan d’investissement de 50 milliards d’euros dont 15 milliards pour la formation des chômeurs et jeunes sans qualification. Ces 15 milliards seront « consacrés aux compétences et qualifications des Français avec un plan de formation ambitieux des jeunes et des demandeurs d’emploi ».Parmi les mesures choc du programme d’Emmanuel Macron pour relancer l’emploi et lutter contre la précarité, on retient notamment l’instauration d’un bonus/malus pour les entreprises abusant des CDD courts. Cette mesure, vieille revendication d’une partie de la gauche, vise à limiter le nombre de contrats précaires et à favoriser le CDI. Emmanuel Macron n’a pour l’instant pas donné de détail sur ce système de bonus/malus, mais il a déjà esquissé la contrepartie pour les entreprises : une baisse substantielle des charges (lire ci-dessous).Pour aider les entreprises et les inciter à embaucher, Emmanuel Macron propose deux mesures clés : le remplacement du CICE (Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) par une série d’allègement de charges pérenne (baisse des cotisations sociales employeurs de 6 points et jusqu’à 10 points au niveau du SMIC) et la baisse de l’impôt sur les sociétés de 33,3 à 25 % pour rejoindre la moyenne européenne. Plusieurs mesures comme la suppression du Régime Social des Indépendants (RSI) ou un service d’information pour les TPE et PME sont aussi prévues.Le programme d’Emmanuel Macron propose aussi de transformer le RSA et de revaloriser la prime d’activité. Pour Emmanuel Macron, « aujourd’hui, le lissage n’est pas bon : quand vous rentrez dans le travail avec un Smic à temps partiel ou un Smic et que vous étiez au RSA, vous n’avez pas la prime d’activité, vous n’êtes pas incité forcément à travailler » (France Inter le 1er février). Et d’ajouter : « On va l’augmenter, ce qui équivaut à environ 100 euros par mois pour quelqu’un qui est au SMIC, c’est une mesure de pouvoir d’achat ». Le programme prévoit en effet noir sur blanc une hausse de la prime d’activité de 50%, mais aussi une revalorisation de 100 euros par mois de l’allocation adulte handicapé et du minimum vieillesse.Programme de Macron sur les 35 heuresEmmanuel Macron propose, dans son programme, d’organiser « la vie économique et sociale au niveau de la branche et de l’entreprise ». En d’autres termes, il s’agit de permettre un assouplissement des 35 heures par des « accords négociés majoritaires ». Emmanuel Macron a toutefois expliqué le 1er février, à 81 jours de la date de la présidentielle, sur France Inter, qu’il souhaitait conserver la durée légale du travail à 35 heures, affirmant qu’il faudrait assouplir les règles « par accord de branche et accord d’entreprise ». Et d’assurer qu’il n’y aurait « pas des contrats différenciés par l’âge ».Le but est néanmoins de permettre de travailler plus pour les jeunes, moins pour les plus âgés ? « Quand on est jeune, 35 heures, ce n’est pas assez, expliquait-il à L’Obs en novembre. On veut travailler plus, on veut apprendre son job. Et puis, il y a un principe de réalité. Un entrepreneur raisonne ainsi : ce jeune n’est pas qualifié, je veux bien l’embaucher mais il va apprendre son job en entrant dans mon entreprise, donc il faut qu’il effectue davantage d’heures », a-t-il justifié. Et à contrario, d’ajouter : « Il faut s’adapter aux individus. On peut ainsi imaginer que les branches professionnelles négocient une possibilité pour les salariés qui le souhaiteraient de travailler moins à partir de 50 ou 55 ans : 30 heures, 32 heures, pourquoi pas ? »Programme de Macron sur les fonctionnairesEmmanuel Macron veut, dans son programme, créer 10 000 postes de policiers et gendarmes mais aussi 4 000 à 5 000 postes d’enseignants. Des chiffres qui le placent dans la droite ligne de la politique de François Hollande en matière de fonction publique puisqu’il s’agit, en quelque sorte, de sanctuariser deux secteurs – l’éducation et la sécurité – dans un plan de réduction global du nombre de fonctionnaires.Car Emmanuel macron veut moins d’agents publics en 2020 qu’en 2017. Il l’a écrit noir sur blanc sur Twitter : « 500 000 fonctionnaires vont partir à la retraite. Sur la fonction publique d’État et territoriale, 120 000 ne seront pas remplacés ». « Je fixerai l’effort budgétaire en début de période, en définissant des priorités, et chaque ministre devra les décliner en rendant des comptes », a-t-il précisé dans Les Echos le 24 février. Sera quoi qu’il arrive exclue de la baisse des effectifs la fonction publique hospitalière. Emmanuel Macron a avancé le nombre de 70 000 fonctionnaires en moins dans les collectivités locales.le programme de macron entend encourager le paiement « au mérite ». « Les protections légitimes des fonctionnaires ne justifient pas d’avoir des droits exorbitants », a-t-il expliqué fin février sur BFM TV. Emmanuel Macron souhaite « donner plus de responsabilité sur le terrain », et faire en sorte que « celles et ceux sur les théâtres d’opération les plus durs soient mieux payés ». Revenir à un jour de carence. La mesure avait été instaurée par la droite et abrogée en 2012 par François Hollande.Programme de Macron en matière de fiscalitéLe programme d’Emmanuel Macron prévoit une exonération en trois ans de la taxe d’habitation pour 80 % des foyers. Une mesure forte pour redonner du pouvoir d’achat. Le coût global dela mesure est estimé à 10 milliards d’euros. Emmanuel Macron veut aussi réformer « en profondeur » l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) en le transformant en « Impôt sur la fortune immobilière ». Tout en luttant contre la « rente immobilière », le candidat veut en effet extraire de l’impôt « la part qui finance l’économie réelle », c’est à dire la possession d’actions ou d’entreprises. Le patrimoine financier et en actions ne sera plus assujetti.Emmanuel Macron veut aussi transformer le CICE, pour le pérenniser et l’étendre « aux petites entreprises, indépendants et entreprises de l’économie sociale et solidaires ». Il veut aussi supprimer « la totalité des charges au niveau du Smic ». Il demande plus de souplesse, plus de marges de manoeuvre pour les entreprises, mais plus de rémunérations pour les salariés : Emmanuel Macron veut « diminuer l’écart entre le salaire brut et le salaire net en supprimant les cotisations maladie et les cotisations chômage ».La programme d’Emmanuel Macron vise une baisse de 20 milliards d’euros sur les prélèvements obligatoires sur les cinq années du mandat présidentiel.Programme de Macron pour l’environnement et agricultureEmmanuel Macron propose, dans son programme, de consacrer 15 milliards d’euros du plan d’investissement à la transition écologique. Cela passera par la rénovation d’un million de logements mal isolés ou une prime de 1000 euros pour l’achat d’un véhicule moins polluant, neuf ou d’occasion.Pour une large partie, le programme sur l’environnement liste des objectifs plus que des mesures : réduction de moitié du nombre de jours de pic de pollution atmosphérique, grâce au remplacement des véhicules anciens, réduction à 50% de la part du nucléaire dans la production d’énergie, part de 50 % des aliments des cantines scolaires ou d’entreprises « bio, écologiques ou issus des circuits courts » en 2022…Emmanuel Macron a déjà indiqué qu’il voulait organiser « un Grenelle de l’alimentation » au second semestre 2017 pour « réconcilier » les agriculteurs, les consommateurs et les acteurs de l’environnement. Il veut lancer « un programme d’investissement d’avenir agricole » de 5 milliards d’euros sur le quinquennat pour moderniser les exploitations françaises. il veut aussi généraliser « les associations de producteurs », quitte à assouplir les règles européennes relative à la libre concurrence.Programme de Macron sur la santéAucun déremboursement de soins. Emmanuel Macron promet même un remboursement à 100% par la Sécurité sociale des maladies chroniques et des lunettes, mais aussi des prothèses auditives et dentaires.Réforme de la vente des médicaments, avec notamment comme mesure phare l’achat à l’unité dans le but de lutter contre le gaspillage.Programme de Macron sur l’EuropeLe candidat d’En marche souhaite renforcer les pouvoirs du Parlement de la zone euro en instaurant le vote par les eurodéputés d’un budget de la zone euro, pour « pouvoir investir beaucoup plus ».Dans son programme, Emmanuel Macron promet aussi de réserver l’accès aux marchés publics européens qui localisent au moins la moitié de leur production en Europe.Création d’un « Fonds européen de défense » qui financera des équipements militaires communs (comme les drones européens) et un « Quartier Général européen » permanent.Emmanuel Macron entends lutter contre les arrangements fiscaux entre Etats et entreprises multinationales, « comme celui entre Apple et l’Irlande ».Instauration d’un prix plancher du carbone dans les pays de l’Union européenne, pour créer « un marché unique de l’énergie ».Programme de Macron sur l’internationalLe candidat d’En Marche! veut défendre les intérêts de la France sur le plan international en relançant une Europe ambitieuse, qui investit et qui protège, et dont la vitalité démocratique et le goût pour l’avenir seront retrouvés. Et en assurant une nouvelle politique en Afrique où la paix et l’esprit d’entreprise construiront le siècle qui commence. Article le plus lu : La femme d’Emmanuel Macron « aura un rôle » à l’Elysée : voir les actualitésRetraites, chômage, 35 heures… Macron détaille son programme Clémentine Maligorne , AFP agencehttp://players.brightcove.net/610043537001/S1JCzaFWl_default/index.html?videoId=5335236155001&autoplay=true Le candidat d’En Marche ! a détaillé ce jeudi matin son programme présidentiel et notamment économique. Le Figaro fait le point.Retraites, assurance-chômage, réforme du marché du travail, dialogue social, coup de pouce pour le pouvoir d’achat…Le candidat d’En Marche!, Emmanuel Macron a précisé un peu plus son programme présidentiel, tout d’abord dans un entretien ce jeudi 2 mars au Parisien-Aujourd’hui en France puis lors d’une conférence de presse devant environ 300 journalistes ce jeudi matin.»» Lire aussi: Plus «bolchevique» que Macron sur les retraites et l’assurance-chômage, tu meurs!• Pour les retraites, «les règles seront les mêmes pour tous»Emmanuel Macron veut créer «un vrai système universel de retraite» et mettre fin dans ce domaine aux inégalités entre fonctionnaires et salariés du privé. «Les règles seront les mêmes pour tous les régimes. Ce sera la vraie fin des inégalités entre fonctionnaires et salariés du privé», explique l’ex-ministre de l’Économie. S’il est élu en mai, Emmanuel Macron souhaite «engager dès le début, avec les partenaires sociaux, les négociations» sur ce sujet. «Un euro versé pour cotisation ouvrira droit aux mêmes droits, quels que soient votre secteur, votre catégorie ou votre statut. Pour celles et ceux qui sont à au moins cinq ans de la retraite, rien ne changera», assure-t-il. Il promet de ne pas modifier l’âge de départ à la retraite et de ne pas baisser le niveau des pensions «durant le quinquennat». Enfin, le système sera plus juste car l’actualisation sera calculée, à terme, en fonction de l’espérance de vie, qui n’est pas la même pour un ouvrier et un cadre supérieur», précise le candidat d’En Marche!• Macron veut «assouplir» les 35 heuresLe candidat veut «réformer en profondeur le marché du travail et la formation professionnelle». Il propose «déconcentrer l’organisation de la vie économique et sociale au niveau de la branche et de l’entreprise». Pour cela, il veut assouplir les 35 heures par des «accords négociés majoritaires». «Les 35 heures, ça marche très bien dans certains secteurs mais il y a des secteurs où elles posent un vrai problème de compétitivité ou d’organisation» estime-t-il. Il promet de ne pas toucher au SMIC mais veut alléger «significativement» les cotisations salariales et patronales» sans préciser comment. Concernant les contrats de travail, il veut instaurer un bonus-malus pour les entreprises abusant des CDD courts. «Je veux inciter le recours au CDI» et «responsabiliser les entreprises».• Réformer l’«assurance-chômage»C’est «le deuxième moteur de la lutte contre le chômage». Comme pour les retraites, Emmanuel Macron propose de créer «un système universel d’assurance-chômage» ouvert aux entrepreneurs, aux agriculteurs, aux indépendants, aux professions libérales, ainsi qu’aux salariés qui démissionnent, dans la limite d’une fois tous les cinq ans, détaille-t-il. Alors que l’assurance-chômage est aujourd’hui financée par les cotisations salariales et patronales, il propose de financer l’indemnisation chômage «par l’impôt», «pilotée par l’État, en lien avec les partenaires sociaux». Dans le détail, il propose de supprimer la part salariale des cotisations en plus de la cotisation maladie. «Ce sera un gain de pouvoir d’achat» défend-il. À l’inverse, il redresse d’1,7 point la CSG, un impôt sur les revenus. Mais pour ne pas pénaliser les travailleurs les plus modestes, il réhausse la prime d’activité de 50%. «Pour un salarié au smic, cela représente 100euros net de plus par mois» défend-il. Ce dispositif a été lancé début 2016 en remplacement du RSA activité et la Prime pour l’emploi (PPE) et concernait mi-novembre plus de 3,7 millions de foyers.• La «flexisécurité» pour les demandeurs d’emploi Emmanuel Macron veut durcir les conditions d’attribution de l’allocation chômage. Pour cela, il propose de suspendre le versement des allocations chômage après le refus de plus de deux offres d’emploi «décent», pour un salaire qui «n’est pas inférieur de plus de 20-25%» à l’ancien poste. «Ce sera la révolution de la flexisécurité.» «S’il n’y a pas d’offres d’emploi décentes dans votre région, il y aura des aides à la mobilité et à l’installation» ajoute-t-il. Parrallèlement, il propose de développer la formation professionnelle pour les chômeurs et les jeunes sans qualification dont il fait «une priorité». Il propose d’y consacrer 15 milliards d’euros. Une enveloppe prise sur son «plan d’investissement» de 50 milliards d’euros.• Coups de pouce au pouvoir d’achatLe leader du mouvement En Marche! propose une exonération en trois ans de la taxe d’habitation qui devrait bénéficier à 80% des foyers. Coût global chiffré à 10 milliards d’euros. En plus il propose de revaloriser de 100 euros par mois l’allocation adulte handicapé et le minimum vieillesse.• Coups de pouce aux entreprisesL’objectif affiché est de lutter contre les délocalisations. Pour y parvenir, Emmanuel Macron propose de pérenniser le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi sous forme d’allégement de charges pérenne. Créé en 2012, le CICE est un avantage fiscal qui concerne les entreprises employant des salariés et qui équivaut à une baisse de leurs cotisations sociales. «Les employeurs économiseront 2.200 euros par an pour un salarié payé 3.000 euros brut par mois» estime Macron. En outre, il propose une baisse de l’impôt sur les sociétés de 33,3 à 25% pour rejoindre la moyenne européenne.• Une prime de 1000 euros pour l’achat d’un véhicule moins polluantPour l’environnement, Emmanuel Macron propose de consacrer «15 milliards d’euros du plan d’investissement» à la «transition écologique». Il propose de créer une prime de 1000 euros pour l’achat d’un véhicule moins polluant, neuf ou d’occasion pour réduire de moitié le nombre de jours de pic de pollution atmosphérique. Il propose de rénover un million de logements mal isolés, «en priorité ceux des propriétaires précarisés». D’ici 2022, 50% des aliments des cantines scolaires ou d’entreprises devront être bios, écologiques ou issus des circuits courts» ajoute-t-il. Enfin, il s’engage à poursuivre la transition écologique vers les énergies nouvelles. Sans préciser quand, il veut «réduire de 50% la part du nucléaire» dans la production d’énergie.● Heures supplémentairesEmmanuel Macron a proposé jeudi de rétablir l’exonération de cotisations sociales pour les heures supplémentaires comme sous la présidence Sarkozy, mais sans reprendre l’idée d’une défiscalisation comme entre 2007 et 2012. «Je propose de revenir aux exonérations de cotisations salariales et patronales qui avait été décidées il y a maintenant près de dix ans», a expliqué le candidat d’En Marche! lors de la présentation de son programme jeudi à Paris. Le candidat ne reviendra toutefois pas à la défiscalisation des heures sup «parce qu’il n’y a pas de raison et de justice à cela», a-t-il dit.La rédaction vous conseilleLes anciens de Bercy à la manœuvre pour bâtir le programme économique de MacronLe baiser de la mort de Sapin à Macron sur sa stratégie économiqueMacron lève le voile sur ses propositions économiques et socialesProgramme économique de Macron: un cadrage à mi-chemin entre Hollande et Fillon

Macron: un programme d’équilibriste selon la presse

Le programme du leader d’En Marche! n’est « ni de droite, ni de gauche » pour la presse, qui regarde vendredi Emmanuel Macron comme un « équilibriste ».

Le Figaro voit bien Emmanuel Macron en marche… mais « à tout petits pas », et son programme est pour François-Xavier Bourmaud « une sorte de boisson multifruits et multivitaminée dont il est difficile d’identifier à la première gorgée l’ensemble des composants ». Guillaume Tabard trouve dans son éditorial qu' »il y en a pour tout le monde dans ce projet attrape-tout fait pour séduire le plus grand nombre et ne fâcher personne ».

Favori des sondages, l’ancien ministre de l’Economie de François Hollande a présenté son programme jeudi au pavillon Gabriel, à un jet de pierre de l’Elysée.

Libération annonce un « programme d’équilibriste » qui ne serait « ni de droite, ni de gauche, bien au contraire ». Laurent Joffrin juge que « les libéraux priseront la première partie, les sociaux-démocrates la seconde, » et y discerne « une synthèse plus qu’un cocktail ».

De son côté, Cécile Cornudet des Echos trouve que l' »angle +citoyen+ lui permet de contourner les habituels totems de la droite et de la gauche pour rester inclassable », alors que L’Humanité dénonce « un capitalisme de la séduction ».

Nicolas Beytout s’interroge à la Une de L’Opinion: « Est-il le fils de François Hollande, le petit-fils de Jacques Chirac ? », et avertit que « l’un et l’autre, sous prétexte de ne pas brusquer la France, ont échoué dans leur mission ».

« Ni à gauche ni à droite, mais continûment de l’un à l’autre », assure Didier Rose (Les Dernières Nouvelles d’Alsace) qui note que « le candidat du cap flou est devenu l’as de la godille ».

Dans La Voix du Nord, Hervé Favre fait chorus et titre « Entre droite et gauche », alors que Jean-Marcel Bouguereau (La République des Pyrénées) estime que « son pragmatisme le conduit à grappiller partout ».

– ‘Troisième voie à la française’ –

« Une sorte de programme qui est de droite et de gauche, une troisième voie à la française qui n’est pas sans rappeler les expériences scandinaves », commente Bernard Stéphan (La Montagne/ Centre France).

Michel Urvoy affirme dans Ouest-France que « le prétendu non-programme d’Emmanuel Macron » est « le plus abouti », mais souligne également qu' »il marie les contraires ».

« Son positionnement central qui, pour garder l’équilibre, l’oblige à tendre une main à droite et l’autre à gauche, fait que pour conserver l’équilibre, il doit sans cesse s’assurer qu’on ne le tire pas trop dans un sens ni dans l’autre », analyse Hervé Chabaud dans L’Union.

Pour Jean-Claude Souléry de La Dépêche du Midi, « il lui faut désormais convaincre ceux qui l’observent avec intérêt » en s’interrogeant: « Ni gauche ni droite, est-ce vraiment bien raisonnable? »

« À vrai dire, le projet d’Emmanuel Macron est à l’image de son auteur: un objet politique encore mal identifié », prévient Bruno Dive dans Sud-Ouest.

Macron : un programme social-libéral ?

Des premiers chiffres très attendus.

Emmanuel Macron dévoile son programme économique avec d’abord, une promesse surprise en matière d’impôts : « l’État exonèrera, comme on le fait aujourd’hui pour les ménages très pauvres, les Françaises et Français de classe populaire et de classe moyenne, sur leur taxe d’habitation », a déclaré le candidat sur BFMTV. 80% des ménages ne paieraient donc plus de taxe d’habitation. Coût pour l’État : 10 milliards d’euros.

60 milliards d’euros d’économies annoncés

En revanche, la CSG augmenterait, sauf pour les petites retraites. Côté entreprises, Emmanuel Macron promet de poursuivre la baisse de la fiscalité. Avec lui, l’impôt sur les sociétés passerait de 33,3 à 25%. Là aussi, pour environ 10 milliards d’euros. Plus globalement, Emmanuel Macron annonce un plan d’économies d’envergure : 60 milliards d’euros à réaliser sur le quinquennat, grâce notamment à une réforme de l’assurance chômage et un nouveau tour de vis dans les collectivités locales.

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Macron : un programme de gauche pour la droite, de droite pour la gauche

 
Si Eric Woerth et Marine Le Pen juge le programme d’Emmanuel Macron proche des idées de François Hollande, Benoît Hamon le trouve contradictoire, notamment sur l’écologie. – SIPA / SIPA / AFP

Les Républicains et le Front national font du candidat d’En Marche l’« héritier » de Hollande, tandis que le PS fustige un programme présidentiel « libéral ».

La petite musique selon laquelle « Macron n’a pas de programme », répétée en boucle par ses adversaires ces dernières semaines, s’est définitivement tue jeudi avec la présentation du projet du leader d’En marche en vue de l’élection présidentielle . Mais les critiques envers l’ancien locataire de Bercy n’ont pas cessé pour autant, la gauche et la droite voyant dans son programme la marque du camp adverse.

L’ancien ministre (LR) du Budget Eric Woerth a ainsi fustigé l’« incohérence financière » du candidat, qualifié de « candidat de la dette ». « On a juste eu une sorte d’exercice d’autosatisfaction, alors qu’il est le digne héritier de François Hollande dans cette campagne présidentielle », a-t-il ajouté, jugeant que son programme « pas courageux » conduit à « l’immobilisme ».

Au Front national aussi, l’héritage de l’actuel chef de l’Etat est brandi comme argument : « Macron, c’est le dauphin du hollandisme », a lâché le vice-président du parti, Florian Philippot, accusant le projet d’Emmanuel Macron d’« aggraver la soumission à l’Union européenne ». Marine Le Pen a voulu y voir une « menace majeure pour la France », jugeant qu’Emmanuel Macron « s’enferme dans la poursuite du quinquennat de François Hollande ».

Des engagements « bidons » selon Hamon

De l’autre côté de l’échiquier politique, on a, à l’inverse, surtout épinglé l’essence libérale du projet d’Emmanuel Macron. Jean-Christophe Cambadélis, le Premier secrétaire du PS, a pointé « la volonté du leader d’En marche de séduire un électorat de droite (…) en présentant des mesures classiques de la droite ».

Macron reprend de vieilles recettes libérales en les saupoudrant de formules marketing attrape-tout

« Ce programme, c’est l’austérité à tous les étages, les coupes dans les dépenses publiques, les génuflexions à Bruxelles », a insisté l’ex-ministre de l’Economie Arnaud Montebourg, membre de l’équipe de campagne de Benoît Hamon . Le candidat du PS a, pour sa part, ciblé le volet écologiste du programme d’Emmanuel Macron, selon lui incompatible avec la signature de traités de libre-échange internationaux. « Si on dit oui au Ceta ou au Tafta, alors tous les engagements qu’on peut prendre en matière environnementale sont bidons », a-t-il lâché en marge de sa visite au Salon de l’agriculture. tandis que l’un de ses porte-parole, Jérôme Guedj, accusait le leader d’En marche d’être « clairement sous l’influence des libéraux ».

Un argument repris par Eric Coquerel, coordinateur de la campagne de Jean-Luc Mélenchon : « Macron reprend de vieilles recettes libérales en les saupoudrant de formules marketing attrape-tout », a-t-il dit, ajoutant : « Il nous rappelle Valéry Giscard d’Estaing. »

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    Martine Aubry attaque le programme d’Emmanuel Macron: « Ce sont les recettes du passé qui n’ont jamais marché »

    La maire de Lille Martine Aubry (PS) a brocardé Emmanuel Macron, comparant son programme économique à celui des « libéraux anglo-saxons des années 80 » alors que Benoît Hamon s’intéresserait à « l’avenir ».

    « Emmanuel Macron pensait qu’être lancé comme un nouveau produit avec un sourire étincelant suffirait peut-être à être président de la République », a affirmé Martine Aubry lors d’une conférence de presse de près de deux heures, largement consacrée aux questions lilloises.

    Selon elle, « on a quand même sur tous les sujets une chose et son contraire ».

    « Je dis souvent ‘quand c’est flou il y a un loup’ et là c’était une meute de loups. Mais maintenant, on sait, son programme est affiché, (…) son programme économique. Je dirais que ce sont les programmes libéraux anglo-saxons des années 80 », a soutenu l’ex-patronne du PS.

    Selon elle, M. Macron propose « de continuer à faire une loi El Khomri puissance 100 » et veut « continuer à détricoter le code du travail et la protection des salariés ».

    « Ce sont les recettes du passé qui n’ont jamais marché et je trouve qu’il y a une certaine indécence pour celui qui a été ministre de l’Economie (…) de dire ‘Je demande un peu de responsabilité aux chômeurs, aux retraités et aux salariés’ (…). Il ne les connaît pas, il connaît mieux le milieu de la City », a-t-elle ajouté.

    Philippot sur Macron: un programme qui peut être « dangereux » et héritier du « hollandisme »

    Florian Philippot, vice-président du FN, a jugé que le programme dévoilé jeudi par Emmanuel Macron, « peut être dangereux » et « ressemble comme deux gouttes d’eau à ce que proposait François Hollande ».

    « C’est le dauphin du hollandisme », a estimé M. Philippot sur BFMTV, dénonçant un « projet qui peut être dangereux et qui ressemble comme deux gouttes d’eau à ce que proposait François Hollande » .

    « Comme François Hollande en 2012, il fait un catalogue de déclarations d’intentions non financées. (…) Il aggrave la soumission à l’Union européenne », a-t-il fustigé. « Il veut un gouvernement économique de la zone euro. Il veut un ministre européen des Finances ».

    Le candidat d’En Marche! propose la mise en place d’un budget de la zone euro avec un Parlement et un ministre de l’Économie et des Finances de la zone euro.

    « M. Macron se rend-il compte que la moindre mesure qu’il voudrait prendre en tant que président de la République française, pourrait être interdite par ce gouvernement de la zone euro ou par ce ministre européen des Finances? », a demandé M. Philippot.

    « Rien sur les traités de libre échange qui asphyxient, qui tuent, qui sont un carnage pour notre agriculture, pour nos éleveurs », a-t-il encore critiqué, déplorant les « quelques cadeaux à ses amis puisqu’il va baisser l’ISF sur les revenus financiers, c’est-à-dire les très gros ISF, alors qu’il va augmenter la CSG de 1,75 point pour tout le monde y compris les retraités ».

    Dans son programme, l’ancien ministre de l’Economie propose bien une transformation de l’ISF en « Impôt sur la fortune immobilière » (excluant le patrimoine financier) et la suppression des cotisations maladie et des cotisations chômage grâce à une augmentation de 1,7 point de la CSG, mais en protégeant les chômeurs et 40% des retraités les plus modestes.

    Le programme d’Emmanuel Macron est « honnête » et « transparent » selon J-L Fousseret

    Jean-Louis Fousseret, maire de Besançon ©Alexane Alfaro – cliquez sur l’image pour agrandir

    Le programme d’Emmanuel Macron, candidat à la présidentielle a été dévoilé ce jeudi 2 mars 2017 dans lequel il énumère toutes les lignes qu’il souhaite suivre s’il est élu président de la République. Jean-Louis Fousseret, maire de Besançon et l’un des premiers soutiens du candidat, qualifie ce programme de « satisfaisant », « transparent » et « honnête ».

    Si je devais résumer le programme d’Emmanuel Macron je dirais que « c’est partir des faits réels d’aujourd’hui et voir comment on va amener la France qui est un pays majeur dans ce début du XXIe siècle » affirme Jean-Louis Fousseret. « C’est un programme sérieux et responsable où il fait falloir faire des choix, cibler un petit nombre de priorités. (…) Je crois que les Françaises et les Français savent qu’on a actuellement 2 200 milliards de dettes : tous savent qu’on ne va pas continuer à pouvoir empiler les déficits pendant encore des années. Qui est-ce qui va payer tout ça ? Les jeunes générations. Ce qu’il faut contre ça, c’est du courage. » 

    « Il ne faut plus que ce soit des promesses électorales, mais des règles et que tout ce qu’il y a dedans se réalise » 

    Le maire de Besançon affirme sa satisfaction après lecture du programme « parce que je le sens responsable, honnête et transparent : il faut dire que si on ne fait pas demain ce qu’on a dit aujourd’hui, la prochaine fois sera encore pire, dans 5 ans. » Et d’ajouter qu’« on ne croit plus aux promesses électorales, il ne faut plus que ce soit des promesses électorales, mais des règles et que tout ce qu’il y a dedans se réalise. » Jean-Louis Fousseret indique également que « tout est planifié, mais ce ne sera pas au lendemain de l’élection que tout changera, mais sur la base d’un quinquennat ». 

    Enfin, le soutien à Emmanuel Macron explique que l’« on donne une place importante à la culture, à la transition écologique, à l’économie, à l’éducation, à la sécurité, et surtout on a une vision d’avenir et non pas une vision refermée sur le pays ».

    • Le programme d’Emmanuel Macron : https://en-marche.fr/emmanuel-macron/le-programme

      Pourquoi le programme d’Emmanuel Macron n’a rien de révolutionnaire

      Emmanuel Macron lors de la présentation de son programme pour l’Elysée. / AFP PHOTO / Lionel BONAVENTURE

      Le candidat d’En marche ! a dévoilé ce jeudi, lors d’une conférence de presse, les grands axes de son programme présidentiel, d’inspiration clairement social-libérale.

      Tout vient à point à qui sait attendre – même le programme d’Emmanuel Macron. Pressé de toutes parts d’abattre ses cartes, le candidat d’En Marche ! organisait ce jeudi matin une conférence de presse pour couper court à la petite musique d’un “candidat sans projet“, sinon celui de montrer un visage avenant. Devant un parterre d’environ 300 journalistes, réunis au très chic Pavillon Gabriel (à une centaine de mètres de l’Elysée…), le désormais favori de l’élection présidentielle a exposé les grands chantiers de son programme. L’ancien locataire de Bercy en a défini six principaux : l’éducation et la culture, la société du travail, la modernisation de l’économie, la sécurité, le renouveau démocratique et la stratégie internationale.

      “Esprit de conquête”

      Rappelant que la présentation de son projet intervenait à un moment “important et grave“, car “deux candidats ont choisi de s’attaquer délibérément à l’Etat de droit” – François Fillon et Marine Le Pen pour ne pas les nommer –, Emmanuel Macron a vanté “l’esprit de conquête” de son programme face aux “projets de repli” de ses deux principaux adversaires, qu’il a renvoyés dos à dos. Sans oublier d’envoyer une pique à Benoît Hamon : “Je ne dirai pas dans mon projet que nous avons perdu la bataille du travail“.

      N’en déplaise à tous ceux qui l’accusent de pratiquer le grand écart permanent, Macron s’est posé pour sa part comme le candidat de l’équilibre : celui qui veut conjuguer “l’efficacité et la justice“, réconcilier “la liberté et les protections“, “les droits et les devoirs” mais aussi “l’exigence et la bienveillance“.

      Une formation pour deux millions de personnes

      Sur les volets éducatif et culturel, Macron souhaite “porter un projet de transmission de nos valeurs et d’émancipation“. Parmi ses mesures phares : la limitation à 12 élèves par enseignant des classes de CP et de CE1 en zone prioritaire, la création d’une prime de 3 000 euros net par an pour ces enseignants, l’ouverture des bibliothèques en soirée et le week-end ou encore la création d’un “Pass Culture“, qui permettra à chaque Français de 18 ans d’effectuer 500 euros de dépenses culturelles.

      Sur le volet économique, Macron promet “un plan inédit pour la formation” auprès d’un million de jeunes et d’un million de demandeurs d’emplois peu ou pas qualifiés. Soucieux de “libérer le pays des carcans et des blocages” tout en inventant “de nouvelles protections“, il souhaite rétablir les exonérations de cotisations sociales sur les heures supplémentaires, supprimer le régime social des indépendants (RSI) et ouvrir les droits à l’assurance-chômage aux salariés démissionnaires et indépendants. L’ancien ministre de l’Economie confirme également sa volonté d’exonérer de la taxe d’habitation 80% des ménages, s’en prenant à cet “impôt injuste, à la fois sur le plan social et territorial“.

      Macron 2017 > Juppé 1995 ? 

      Afin que les règles “soient les mêmes pour tous“, Macron propose la fin des régimes spéciaux de retraite et une “vraie fin des inégalités entre fonctionnaires et salariés du privé“. Tout en se refusant à repousser l’âge de départ à la retraite et à modifier le montant des indemnités, il envisage la mise en place “d’un système universel dans lequel un euro cotisé donnera les mêmes droits à la retraite pour tous”. Pourquoi réussirait-il là où Alain Juppé a échoué en 1995 ? “Il n’y a pas de fatalité à la grève et au refus”, veut croire le candidat. “Si je suis élu, il y aura une légitimité démocratique sur la base d’un projet clair”. S’il le dit…

      Conscient de l’image qu’il renvoie parfois – à savoir celle d’un candidat dont le discours porte surtout auprès de “la France qui va bien” –, Macron a tenu à s’ériger en “candidat des classes moyennes et populaires“. “Le projet que nous portons n’est pas là pour aider ceux qui ont déjà réussi, mais pour favoriser la mobilité“, a-t-il assuré. Pour encourager l’embauche des habitants des 200 quartiers prioritaires de la ville, le natif d’Amiens propose de créer des “emplois francs” : toute entreprise qui recrutera en CDI un habitant de l’un de ces quartiers bénéficiera ainsi d’une prime de 15 000 euros sur trois ans.

      Discrimination et moralisation 

      Toujours dans l’optique d’accélérer l’intégration, le programme macronien envisage de “faire de la lutte contre la discrimination une priorité nationale“. Des opérations de contrôle aléatoires et imprévues seront organisées à grande échelle, que ce soit en matière d’accès à l’emploi ou au logement.

      Le candidat enfin annoncé a promis une grande loi de moralisation de la vie publique, telle que souhaitée par son allié François Bayrou. Lui, président, Macron mettra fin à la possibilité, pour les parlementaires, d’exercer des activités de conseil parallèlement à leur mandat. Il interdira également toute embauche par un élu ou un ministre d’un membre de sa famille, tout comme le cumul de plus de trois mandats identiques successifs. Tout est dans le “identique” … “Je souhaite réduire d’un tiers le nombre de parlementaires, tout en leur donnant plus de pouvoir d’évaluation“, a-t-il en outre précisé. La recherche du point d’équilibre, encore et toujours…

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    commentaires

     avatar de l'utilisateur   impensable                                 Libéral et un peu social ! Le philosophe Alain l’avait noté voilà près d’un siècle déjà : celui qui s’interroge sur la réalité de la coupure gauche-droite n’est certainement pas un homme de gauche… Mais Emmanuel Macron n’en est plus à l’étape des questions. Il est passé désormais à celle des réponses néolibérales, avec les grandes lignes libérales de son projet dévoilé hier matin
    Peut-être mais au niveau de l’égalité sur les régimes de retraite on peut s’attendre à une situation explosive. Pas facile de supprimer les privilèges !
    notre programme avec Merkel est simple nous allons finir la démolition de la France
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