L’oeil de Moscou

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2Libye : nouvelle victoire de Poutine, camouflet pour Obama et l’UE

Le 19 septembre 2016, j’informais nos lecteurs sur l’évolution de la situation en Libye, après la saisie des terminaux et des ports pétroliers par l’armée nationale sous le commandement du général Khalifa Haftar, devenu maréchal depuis. Ce scénario bouleversait totalement la donne politique, déjà ambiguë, de ce pays.

Le 20 octobre je confirmais que le maréchal Haftar serait l’un des prochains dirigeants de la Libye et que, d’ores et déjà, il bénéficiait du soutien inconditionnel du parlement de Tobrouk, mais également de pays comme l’Égypte, les Émirats Arabes Unis et le Tchad, et qu’il s’opposait ouvertement au gouvernement d’union nationale, présidé par Fayed El-Sarraj et soutenu par l’ONU.

L’on sait le rôle primordial joué par l’Algérie dans la médiation de ce conflit libyen et c’était la raison principale de la visite du maréchal Haftar, à Alger, le 16 décembre, afin de défendre son projet.

Visite qui a été suivie neuf jours plus tard, le dimanche 25 décembre, par celle du président du gouvernement d’union nationale, Fayed El-Sarraj.

À présent le maréchal Haftar a décidé de prendre le pouvoir, qu’on lui marchandait, en employant la force politique, sinon militaire.

Il a parfaitement compris, en constatant le rôle prépondérant tenu par la Russie dans le dénouement du conflit syrien, après Alep (arrêt des hostilités, signature d’une paix…momentanée et ouverture de pourparlers entre les différents protagonistes) que les États-Unis et l’Union Européenne n’étaient plus les maîtres de la situation au Moyen-Orient et que c’est la Russie de Poutine qui imposait sa puissance militaire, fort de ses succès sur le terrain.

Malgré la présence, et certaines interventions militaires en Libye, le maréchal Haftar a réalisé qu’il ne pouvait compter sur un appui sans condition ni des Américains, ni des Français, il s’est donc résolument tourné vers la Russie et vient de rencontrer, à Moscou, Vladimir Poutine afin de solliciter son appui.

En avez-vous entendu parler dans les médias occidentaux ?

Rappelons que la Russie avait lâché Mouammar El Guedaffi en 2011 mais n’attendait que cette occasion pour y remettre les deux pieds, d’autant plus que Poutine ne cache nullement son projet d’occuper une place de leader dans cette région.

Le ministre russe des affaires étrangères, Gennady Gatilov, estime que la maréchal Haftar, qui a combattu sans interruption les forces de Daech depuis plus de deux ans, est une personnalité politique de premier plan, au sein d’un gouvernement libyen, et qu’il est incontournable.

Tout en continuant à appuyer, sans trop d’énergie, la formation du gouvernement d’union nationale, soutenue par l’ONU et dirigée par El-Sarraj.

Très impliquée dans cet imbroglio politique, pour ne pas dire politicien, l’ONU et l’Algérie se posent  bien des questions sur cette nouvelle intervention de la Russie dans le « Dossier libyen ».

Poutine : après la Syrie, la Libye ?

En septembre, la saisie des terminaux et des ports pétroliers par l’armée nationale sous le commandement du général Khalifa Haftar, devenu maréchal depuis, bouleversait totalement la donne politique en Libye.

Dès octobre, il devint clair que le maréchal Haftar serait l’un des prochains dirigeants de la Libye et que, d’ores et déjà, il bénéficiait du soutien inconditionnel du Parlement de Tobrouk, mais également de pays comme l’Égypte, les Émirats arabes unis et le Tchad, et qu’il s’opposait ouvertement au gouvernement d’union nationale, présidé par Fayed el-Sarraj et soutenu par l’ONU.

L’on sait le rôle primordial joué par l’Algérie dans la médiation de ce conflit libyen, et c’était la raison principale de la visite du maréchal Haftar, à Alger, le 16 décembre, afin de défendre son projet.

Visite qui a été suivie, neuf jours plus tard, le dimanche 25 décembre, par celle du président du gouvernement d’union nationale, Fayed el-Sarraj.

À présent, le maréchal Haftar a décidé de prendre le pouvoir, qu’on lui marchandait, en employant la force politique, sinon militaire.

Il a parfaitement compris, en constatant le rôle prépondérant tenu par la Russie dans le dénouement du conflit syrien, après Alep (arrêt des hostilités, signature d’une paix… momentanée et ouverture de pourparlers entre les différents protagonistes), que les États-Unis et l’Union européenne n’étaient plus les maîtres de la situation au Moyen-Orient et que c’est la Russie de Poutine qui imposait sa puissance militaire, forte de ses succès sur le terrain.

Malgré la présence française et américaine et certaines interventions militaires en Libye, le maréchal Haftar a compris qu’il ne pouvait compter sur un appui sans conditions ni des Américains ni des Français.

Il s’est donc résolument tourné vers la Russie et vient de rencontrer, à Moscou, Vladimir Poutine afin de solliciter son appui.

En avez-vous entendu parler dans les médias occidentaux ?

Rappelons que la Russie avait lâché Mouammar El Kadhafi en 2011 mais n’attendait que cette occasion pour y remettre les deux pieds, d’autant plus que Poutine ne cache nullement son projet d’occuper une place de leader dans cette région.

Le ministre des Affaires étrangères russe, Gennady Gatilov, estime que le maréchal Haftar, qui combat sans interruption les forces de Daech depuis plus de deux ans, est une personnalité politique de premier plan, au sein d’un gouvernement libyen, et qu’il est incontournable.

Tout en continuant à appuyer, sans trop d’énergie, la formation du gouvernement d’union nationale, soutenue par l’ONU et dirigée par El-Sarraj.

Très impliquées dans cet imbroglio politique, pour ne pas dire politicien, l’ONU et l’Algérie se posent bien des questions sur cette nouvelle intervention de la Russie dans le « dossier libyen ». On les comprend…

En soutenant le maréchal Haftar, la Russie marque son territoire en Libye

En Libye, Vladimir Poutine a choisi son homme : le maréchal Khalifa Haftar, qui contrôle l’est libyen. Un pari sur l’avenir qui peut permettre à la Russie d’étendre son influence dans le monde arabe et en Méditerranée.

En Libye, Moscou joue désormais cartes sur table. Si le Kremlin reconnaît officiellement, à l’instar de la communauté internationale et de l’ONU, l’autorité du gouvernement libyen d’union nationale (GNA), il affiche désormais un soutien explicite, voire ostentatoire, au maréchal Khalifa Haftar.

Le très courtisé chef de l’Armée nationale libyenne (ANL), qui s’est illustrée avec succès dans la lutte contre les milices jihadistes dans l’est du pays, est pourtant le bras armé du Parlement de Tobrouk, autorité rivale du GNA.

Khalifa Haftar, l’homme de Moscou

Celui qui prétend aujourd’hui contrôler 80% d’un pays livré au chaos, depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en octobre 2011, a été reçu en grandes pompes, le 11 janvier, à bord d’un fleuron de la marine russe, le porte-avion Amiral Kouznetsov. Il s’est même entretenu par vidéoconférence avec le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou.

Un nouveau signe du traitement de faveur particulier dont bénéficie le militaire septuagénaire, qui avait déjà été reçu à deux reprises en Russie en 2016, où il a notamment sollicité l’assistance du Kremlin et la levée de l’embargo sur les armes, imposé par l’ONU en Libye.

Immanquablement, cet adoubement très médiatisé a donné lieu à des rumeurs, démenties dans les médias russes, qui ont fait état de promesses de contrats mirifiques pour la Russie en Libye, ainsi que l’établissement d’une base navale russe du côté de Benghazi.

Toujours est-il que cette sortie, effectuée au large des côtes libyennes, est un message symbolique qui vient renforcer un peu plus la stature de l’ancien cadre de l’armée kadhafiste passé par l’école soviétique, devenu incontournable dans toute résolution du conflit libyen, et le faire apparaître désormais comme l’homme de Vladimir Poutine dans le pays.

« Même s’ils ont la volonté de préserver les apparences en soutenant un GNA affaibli politiquement, les Russes mènent une politique concrète en misant ouvertement sur la carte Haftar, qui est la force dominante en Libye », décrypte Arnaud Dubien, directeur de l’Observatoire franco-russe, interrogé par France 24.

« Même si cela est un peu risqué car l’avenir est imprévisible, la Russie, objectivement, mise sur le bon cheval, qu’elle avait détecté avant tout le monde, même si elle n’est pas dupe et sait qu’Haftar, qui est également en relations avec les Émiratis et les Français, ne mettra pas tous ses œufs dans le même panier. »

L’expert se demande si le soutien russe graduel, et mesuré, apporté au maréchal Haftar, en plus des livraisons d’armes via l’Égypte, n’est pas une façon pour Moscou de préparer l’après-Syrie, où les événements ont tourné en faveur de Moscou.

 

« Il s’agirait pour les Russes de jouer la carte libyenne, après la carte syrienne, qui s’épuise, afin de marquer leur territoire en Méditerranée, et en disant, nous sommes de la partie en Libye, et là-aussi, comme en Syrie, nous sommes incontournables. »

Ainsi, le Kremlin, qui compte déjà comme alliés dans le monde arabe le président syrien Bachar al-Assad et son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi, un autre militaire formé à l’école soviétique qui combat, comme Khalifa Haftar l’islamisme politique, avance ses pions en Méditerranée.

Une relation ancienne contrariée par la chute de Kadhafi

Il n’est pas si incongru de voir la Russie s’intéresser de très près à la Libye, qui a longtemps gravité dans la sphère soviétique.

« La Russie ne part pas de zéro avec la Libye. On ne peut pas comprendre ce que Moscou essaye de mettre en place actuellement dans ce pays, sans connaître le contexte et l’histoire de cette relation bilatérale née à la fin des années 1960, et plus généralement l’histoire de la politique soviétique, puis russe en Méditerranée », rappelle Arnaud Dubien.

En effet, si le régime libyen ne faisait pas partie des premiers cercles des alliés arabes de l’Union soviétique, comme la Syrie baasiste par exemple, les Russes ont toujours gardé un œil sur ce pays.

« Après la Perestroïka, Gorbatchev annonce un reflux des engagements soviétiques extérieurs les plus lointains, et le régime du colonel Mouammar Kadhafi, qui n’était qu’un allié opportuniste de l’URSS, fait partie des sacrifiés », explique Arnaud Dubien.

Le directeur de l’Observatoire franco-russe rappelle que la Russie, qui avait, sous le président Boris Eltsine pratiquement disparu de la région jusqu’à la fin des années 1990, se réintéresse à la Libye au milieu des années 2000. « À l’époque, Vladimir Poutine cherche à réinvestir le continent africain, plus généralement via les anciens pays relais de l’URSS, mais dans le cadre d’une approche, non pas idéologique, mais économique, pour faire comme on dit du business ».

Pour ce faire, la Russie propose à ces pays, et donc à la Libye de Kadhafi, un effacement de dettes, généralement des créances soviétiques que Moscou n’avait aucune chance de recouvrer, en échange de nouveaux contrats d’armement mais également de participations d’entreprises russes dans des projets pétroliers ou d’infrastructures.

« Dans le cas libyen précisément, des contrats de plusieurs milliards de dollars sont signés avec Tripoli dans le domaine pétrolier et gazier, de livraison d’armes et de construction d’une ligne de chemins de fer à grande vitesse », précise Arnaud Dubien.

Autant de projets, et de perspectives commerciales, qui ont volé en éclats avec la chute de Kadhafi. Paradoxalement, en s’abstenant de mettre son veto, en mars 2011, à la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies qui a sonné le glas du régime, la Russie, alors présidée par Dmitri Medvedev, s’est tiré, économiquement, une balle dans le pied.

Un dossier symbolique pour Poutine

« Je pense qu’il y a clairement un aspect politique, qui est sous-estimé ces jours-ci, lorsqu’on essaye de comprendre ce que font les Russes en Libye, estime Arnaud Dubien. Il ne faut pas oublier que le dossier libyen est le seul dossier de politique intérieure ou extérieure qui ait donné lieu à des divergences publiquement exprimées entre Vladimir Poutine, alors Premier ministre et Dmitri Medvedev, chef de l’État« .

Se sentant flouée par les Occidentaux, qu’elle a accusé à l’époque d’avoir caché leurs intentions réelles en Libye, la Russie n’a jamais digéré le changement de régime. « Vladimir Poutine et son entourage ont analysé les évènements en Libye comme une faiblesse russe, de Medvedev, et surtout comme une politique occidentale fallacieuse, dans le sens où un mandat d’exclusion aérienne de l’Onu s’est transformé de fait en co-belligérance ».

D’après l’expert de la politique étrangère russe, il faut voir la restauration de l’influence de Moscou en Libye comme un pied-de-nez à l’intervention franco-britannique de 2011, « et qui a été perçu par Poutine, à l’instar du printemps arabe qui est concomitant, comme une véritable menace, comme quelque chose d’orchestré. Ne pas laisser l’Occident répéter le scénario libyen en Syrie fût l’une des principales motivations de l’engagement russe auprès de Damas ».

En somme, en jouant franc jeu en Libye, la Russie n’aurait rien à y perdre. « D’un point de vue stratégique, les enjeux ne sont pas très élevés en ce qui concerne ce pays qui reste très périphérique, et cela représente un pari qui ne coûte pas cher, alors que potentiellement les gains peuvent être très importants ».

Un pari dont les Européens, en attendant, côté américain, une prise de position de la nouvelle administration Trump, n’ont peut-être pas encore pris toute la mesure.

Libye, le général Haftar adoubé par Poutine

La Russie de Poutine pourrait jouer un role constructif dans la reconstruction politique de la Libye. Une chronique de Raouf Farrah, chercheur au sein du groupe SecDev à Ottawa

Après avoir appuyé une intervention musclée en Syrie, le porte-avions russe Amiral-Kouznetsov a jeté l’ancre le 11 janvier 2017 dans les eaux maritimes libyennes. Une halte qui a marqué les esprits des membres de la communauté internationale, puisqu’elle témoigne du « rôle grandissant » de la Russie en Libye et du fort soutien qu’elle accorde au général de l’armée libyenne, Khalifa Haftar. Or, l’engagement du Kremlin n’est ni surprenant ni nouveau. Depuis le début de l’« Opération Dignité » -une mission militaire menée par Haftar depuis 2014 pour mettre fin aux groupes terroristes dans l’Est libyen-, Moscou s’est graduellement engagée à accompagner l’armée libyenne dans ses efforts de sécurisation, notamment par l’échange d’informations militaires.

Le général Haftar à son retour de Russie en décembre 2016

Afin d’assurer ses intérêts dans la région, le Kremlin veut mettre le Général sous les feux de la rampe internationale. Désormais, la Russie s’affiche ostensiblement avec lui tout en le présentant comme une pièce maitresse de l’échiquier libyen. De son côté, Haftar attend une aide plus conséquente de la part de Moscou, et espère obtenir son appui diplomatique concernant la levée de l’embargo sur les armes en Libye, voté par le Conseil de sécurité en 2011. Ce dossier épineux servirait les intérêts russes mais romprait d’importants accords internationaux. De fait, les autorités russes sont enrôlées dans le bourbier libyen depuis 2014, et d’une manière plus intensive dès la prise du croissant pétrolier – une zone géographique d’où est acheminé plus de 80% du pétrole libyen- par le général Haftar en septembre 2016. Alors, pourquoi la Russie parie-t-elle sur Haftar? Et quel rôle peut-elle jouer dans un processus de réconciliation nationale?

Le général Haftat, le rempart contre le chaos

Six années après l’intervention de l’OTAN en Libye, le pays sombre encore et toujours dans le chaos et l’insécurité. Écœurée par cette situation dramatique, la majorité des Libyens sont prêts à tout sacrifier sur l’autel de la sécurité. Et l’homme qui prétend ramener l’ordre dans la maison se nomme Khalifa Haftar.

Ancien partisan de la révolution verte, le Général a été formé en URSS avant de s’exiler aux États-Unis comme dissident anti-kadhafiste durant les années 1980, jusqu’à son retour en 2011 en Libye. Sur les réseaux sociaux, les aficionados du Général sont nombreux, particulièrement dans l’Est libyen. Un facebooker anonyme écrit sur la page officielle de l’armée: « Je n’aime pas Haftar. Je n’aime pas les Russes. Mais s’il peuvent nous garantir la sécurité, je choisirai le Général sans le moindre doute ».

Haftar a bâti sa légitimité en Libye sur ses récentes conquêtes militaires. Le 11 septembre 2016, le Général a évincé la milice qui contrôlait le croissant pétrolier libyen. Cette opération militaire reste incontestablement l’événement de l’année 2016, puisqu’elle a considérablement changé les équilibres de pourvoir en faveur de Haftar. Or, l’ampleur de cet événement a été parfaitement interprétée et étudiée par la diplomatie russe qui n’a jamais caché sa préférence pour le Général. Haftar possède un profil idéal pour la Russie : obsession sécuritaire, volonté de mettre fin au terrorisme, vision laïque de la société libyenne…etc. Des convictions politiques et un parcours militaire qui plaisent à Moscou et qui pourraient lui rétribuer des garanties sur les intérêts russes en Libye.

Dès lors, Moscou n’a pas lésiné d’efforts pour faire évoluer le statut de général Haftar. Elle souhaite corriger l’image d’un militaire réputé brutal, à la tête d’une armée peu structurée avec des milices relativement peu entrainées, vers celle d’un acteur politico-militaire de premier plan, qui mérite une reconnaissance internationale à la hauteur de son engagement. Ainsi, le Kremlin a accéléré en termes d’images la mise en avant de l’appui au Général. Le 29 novembre 2016, Haftar est arrivé en grande pompe à Moscou pour une visite de haute importance. C’était son deuxième passage en Russie depuis 2014, soit deux mois après la prise du croissant pétrolier. Il a rencontré des hauts responsables du Ministère de la Défense afin de partager sa vision de la sécurité nationale et demandé une assistance technique, surtout dans la maintenance de l’armement.

D’un point de symbolique, cette rencontre est très instructive puisque elle donne quelques clés de lecture sur les intentions russes. Premier détail : Haftar a délaissé son costume militaire au profit d’un costume classique. Le message est évident : Haftar n’est pas seulement un militaire, c’est un acteur politique à part entière qui gouverne une région étendue du pays. L’autre message est plus officiel : Haftar est un ami de la Russie; « l’homme de la situation sécuritaire et son armée a besoin du savoir-faire russe ». En pariant sur le général Haftar, la Russie se repositionne géopolitiquement en Libye afin d’assurer ses intérêts économiques et militaires, fortement mis à mal durant les dernières années.

La Russie et ses intérêts militaires en Libye

La chute de Mouammar Kadhafi a eu des conséquences négatives sur les intérêts russes en Libye. Le régime Kadhafiste a entretenu d’excellentes relations diplomatiques avec l’ex Union Soviétique qui se sont concrétisées par d’importants contrats d’armements. Comme un geste de bonne foi, Poutine avait pris l’initiative en 2008 d’annuler une dette de 4 milliards de dollars en échange d’accords commerciaux juteux. Mais depuis 2011, le complexe militaro-industriel russe aurait perdu plus de 4,5 milliards de dollars en contrats, en raison des bouleversements politiques en Libye. Dans les cercles militaires à Moscou, la Libye a toujours été perçue comme un formidable marché pour les produits militaires. Cependant, l’embargo sur les armes a carrément freiné le carnet de commandes des amis de Poutine en Libye. Selon le patron du service fédéral de coopération militaire du Kremlin, « 4 milliards est chiffre purement nominal. Les pertes réelles pourraient atteindre des dizaines de milliards de dollars ».

Mais l’embargo n’a pas empêché les autorités russes d’engager une coopération militaire rapprochée avec le général Haftar. En effet, le soutien russe s’est amplifié dès 2014 par l’intermédiaire de l’armée égyptienne et son président Al-Sissi, considéré comme un homme proche de Moscou. L’armée égyptienne aurait expédié d’importantes quantités d’armes vers les camps d’entrainement de l’armée libyenne à l’Est alors que les services secrets égyptiens auraient envoyé des données russes sur les déplacements des groupes terroristes en Libye.

 Quel rôle politique pour la Russie en 2017?

Le Kremlin n’a jamais fait confiance aux gouvernements islamistes qui se sont succédé en Libye depuis 2011. Ils ont été perçus comme des islamistes, bien plus Pro-occidentaux qu’en faveur de la Russie. Ce n’est qu’en 2015 qu’Abdullah Al-Thani, ancien Premier ministre du gouvernement de Tobrouk, ait été invité à Moscou comme premier représentant de la Libye post-Kadhafi. Aujourd’hui, la stratégie russe consiste à dessiner un nouveau rôle à Haftar tout en s’imposant comme un interlocuteur de choix capable de poser les jalons d’un processus de réconciliation entre l’ensemble des partis concernés. Le 15 décembre 2016, Sergei Lavrov, ministre des Affaires étrangères russe, a déclaré qu’ «aucune réconciliation politique n’est possible en Libye sans une réévaluation de la légitimité politique des acteurs». En d’autres mots, Haftar est un acteur légitime dans l’équation libyenne car il peut, jusqu’à un certain point, unifier des forces autour de son armée et contribué au succès d’un projet de réconciliation par et pour les Libyens. Un point de vue partagé par les deux puissances régionales, l’Algérie et l’Égypte.

Beaucoup d’analystes estiment que le rôle de la Russie en Libye peut alimenter une recrudescence de violence. Mais est-ce vraiment le cas? La Russie ne peut intervenir en Libye car elle n’a ni les moyens d’une opération militaire d’envergure, ni l’envie d’engager ses forces sur le front libyen. Cependant, sa diplomatie se veut à la hauteur de ses ambitions régionales, et traduit un désir d’accentuer sa coopération avec l’ensemble des acteurs libyens.

Le 12 décembre 2016, une réunion a regroupé à Tripoli l’ambassadeur russe en Libye, Ivan Molotkov, et le ministre de la défense du GNA, Mahdi Al-Barghati. Cette rencontre témoigne de la volonté des autorités russes d’engager des tractations politiques avec le GNA, dans un contexte marqué par l’échec des accords de Skhirat –un accord qui devait confirmer la légitimité du GNA avant le 17 décembre 2016 -. Pour le Kremlin, les raisons objectives de cet échec sont claires. Premièrement, le GNA ne possède pas de légitimité politique aux yeux des libyens. C’est un gouvernement de technocrates qui payent des milices à Tripoli afin de sécuriser les quelques quartiers sous son contrôle. Deuxièmement, l’article 8 de l’accord n’a jamais accordé les pleins pouvoirs militaires à Haftar. Pour les partisans du Général, la révision de cet article a été une condition sine qua non de la réussite de l’accord.

Alors que la Libye vit dans un flou politique incandescent depuis l’expiration des accords de Skhirat, la Russie peut jouer un rôle intéressant dans la crise libyenne. Et la solution passe inéluctablement par la promotion d’acteurs locaux, légitimes et rassembleurs afin qu’ils ne soient plus des objets de la crise mais des sujets actifs ayant un réel pouvoir de changement.

Martin Kobler, l’Envoyé spécial des Nations Unies en Libye, a récemment déclaré que 2017 sera l’année de l’action en Libye. Si la Russie réussit à promouvoir Haftar comme un acteur légitime sur la scène internationale tout en maintenant une position mesurée par rapport aux gouvernements et aux différentes factions politiques; et si l’Algérie et l’Égypte arrivent à unifier la voix des acteurs locaux et tribaux autour d’une même table de discussion, la Libye pourrait entrevoir une lueur d’espoir, pour le moins, inespérée.

Raouf Farrah est analyste politique « MENA region » au sein du groupe SecDev à Ottawa, au Canada. SecDev est un « operational think tank » qui produit des rapports d’analyses géostratégiques sur la situation sécuritaire, politique et économique des régions en conflit.

Le jeu trouble de Vladimir Poutine en Libye menace l’Europe

Challenges

Pour le géopolitologue Jean-Sylvestre Mongrenier, de la mer Noire au littoral de la « Syrie utile » et au golfe de Syrte, Moscou déploie une stratégie d’ensemble en Méditerranée tournée contre l’Europe, une vaste entreprise géopolitique sur laquelle on ne saurait faire l’impasse.

Alors que l’ONU soutient le gouvernement de Fayez el-Sarraj, sis à Tripoli, censé rassembler les différentes composantes de la Libye et mettre en place un nouveau système politique, le pouvoir russe, si prompt par ailleurs à se référer à la légalité internationale et au principe d’intégrité territoriale, sauf lorsque cela concerne la Géorgie (Abkhazie et Ossétie du Sud) ou l’Ukraine (Crimée et Donbass), soutient ouvertement le général Khalifa Haftar. Maître de la Cyrénaïque, ce dernier fait obstruction aux efforts internationaux et à l’application des accords de Skhirat (Maroc, 17 décembre 2015). Le double jeu de la Russie ne doit pas être traité à la légère. De la mer Noire au littoral de la « Syrie utile » et au golfe de Syrte, Moscou déploie une stratégie d’ensemble en Méditerranée tournée contre le proche Occident (l’Europe), vaste entreprise géopolitique sur laquelle on ne saurait faire l’impasse.

Un vieux cheval de bataille

En Libye, le Conseil National de Transition (CNT) a échoué et ce vaste ensemble spatial au peuplement ténu (6,5 millions d’habitants sur 1,7 million de km²) se fragmente sous l’effet de forces centrifuges de différentes natures (divisions ethniques et tribales, appartenances régionales, inimitiés théologico-idéologiques), autrefois occultées par le discours panarabe faisant l’impasse sur les Berbères et les Toubou. Si les milices armées sont multiples, une grande fracture oppose la Cyrénaïque Tripolitaine (l’est et l’ouest de la Libye), au point de provoquer une « deuxième guerre de Libye », déclenchée en 2014. La situation a été mise à profit par des groupes djihadistes, se réclamant de l’« Etat islamique », qui ont un temps dominé 300 km de littoral dans le bassin de Syrte. Au sud-ouest, les groupes armés du Fezzan sont parties prenantes des involutions de l’Afrique sahélienne (Niger, Mali, Burkina-Faso et Tchad).

Le général Haftar a émergé dans ce contexte chaotique et s’est affirmé comme l’une des principales personnalités politiques et militaires de la « nouvelle Libye », qui n’est pas sans rappeler la situation précoloniale, avant que les Italiens ne réunissent la Tripolitaine, la Cyrénaïque et le Fezzan. Au vrai, Khalifa Haftar est un vieux cheval de bataille. Âgé de 73 ans, l’homme a suivi une formation d’officier à l’Académie militaire de Benghazi, à l’époque de la monarchie sénoussiste, puis il a complété cette formation dans l’Egypte nassérienne ainsi qu’en URSS. En 1969, il participe au coup d’Etat de Mouammar Kadhafi qui renverse le monarque et institue la République arabe de Libye. Compagnon au long cours du « Trotsky des sables », Khalifa Haftar est à la tête du corps libyen engagé dans la guerre du Kippour (1973) et de celui qui attaque le nord du Tchad (1986).

C’est alors que son destin bascule. L’expédition kadhafiste tourne au désastre et Khalifa Haftar est fait prisonnier. Il se retourne contre le « raïs » (le chef) de la Libye et rejoint le Front de Salut National de la Libye (FSNL), appuyé par les services américains. Ensuite exfiltré par les soins de la CIA, il transite par le Zaïre et le Kenya avant de rejoindre les Etats-Unis où il séjourne une vingtaine d’années. L’homme perd de sa valeur lorsque Kadhafi ouvre ses arsenaux aux Etats-Unis et renonce à son programme d’armes de destruction massive (2003). Khalifa Haftar regagne son pays, lors de la « première guerre de Libye » (2011), mais c’est après la chute de Kadhafi qu’il monte en puissance. Il combat les forces de Tripolitaine, s’empare de la Cyrénaïque et refuse la solution de réconciliation appuyée par l’ONU. A l’été 2014, quand les milices de Misrata combattent l’« Etat islamique », l’armée du général Haftar conquiert le « croissant pétrolier » de Syrte, un complexe pétrolier par où s’exporte en temps normal la moitié du pétrole libyen. L’homme est désormais incontournable.

Une « pièce » dans le dispositif russe en Méditerranée

A l’évidence, le slogan de la « guerre contre le terrorisme » dont le général Haftar s’est emparé recouvre des enjeux de pouvoir et de richesses autrement plus concrets et immédiats. Dans cette affaire, Khalifa Haftar, depuis autoproclamé maréchal, bénéficie du soutien de l’Egypte d’Al-Sissi, des Emirats Arabes Unis et plus encore de la Russie. Cette dernière lui fournit des fonds et des armes, et le droit de veto dont elle dispose au Conseil de sécurité de l’ONU interdit toute sanction internationale à l’encontre de son protégé. Avant et après son coup de main sur le « croissant pétrolier », le général Haftar a fait deux visites à Moscou (27 juin et 29 décembre 2016) et il été reçu avec tous les honneurs sur le porte-avions Admiral Kouznetsov qui, de retour de Syrie, faisait escale à Tobrouk (11 janvier 2017). Peu après, Sergueï Lavrov a officiellement confirmé l’intérêt russe pour ce chef de guerre (conférence de presse du 17 janvier 2017).

Vladimir Poutine soutient le général Haftar en Libye: (c) Afp © Afp (c) Afp En Libye, Vladimir Poutine tire avantage du peu d’allant des Occidentaux et de l’incertitude quant aux orientations en politique étrangère de l’Administration Trump. Il ne s’agit peut-être pas de s’engager dans une lourde intervention militaire visant à placer l’ensemble de la Libye sous le contrôle d’un « ami » de Moscou, au prétexte de lutter contre le terrorisme. La partition de fait du pays et l’emprise du général Haftar sur la Cyrénaïque suffisent à obtenir des gains stratégiques, dont de nouveaux points d’appui pour les forces navales russes (Tobrouk et Benghazi). Il faut aussi prendre en compte les intérêts russes dans le pétrole du golfe de Syrte, alors même que le rapprochement entre Moscou et l’OPEP est à l’origine d’une nouvelle hausse des cours. Enfin, l’alliance avec le général Haftar fait de la Russie un acteur clef du processus politique, fût-il incertain.

L’examen de la stratégie russe requiert un autre niveau d’analyse. L’activisme de Moscou en Cyrénaïque et en Méditerranée centrale s’inscrit dans projet géopolitique bien plus large. Le général Haftar se situe au centre d’un triangle diplomatique Russie-Egypte-Algérie qui ouvre à Moscou des perspectives en Afrique du Nord, sur la rive sud de la Méditerranée, en vis-à-vis de l’Europe. Un succès élargi de la Russie aurait des conséquences sur les rapports de force régionaux, mais aussi dans le domaine de l’énergie. Mise en avant dans les années 2000, l’idée russe d’une « OPEP du gaz » pourrait à nouveau être proposée à l’Algérie, voire à l’Egypte, futur grand producteur d’or bleu. On songe aussi à l’instrumentalisation des flux migratoires pour déstabiliser l’Europe, tout en y soutenant les partis anti-immigration et en menant une virulente campagne contre l’islamisation de l’Occident.

Une ambitieuse stratégie navale

On comprend donc que la prise de la Crimée, en 2014, et la mise en place d’un « bastion stratégique sud » en mer Noire ne relèvent pas d’une logique de défense contre un Occident faussement présenté comme unitaire et expansionniste. De fait, l’ancien Pont-Euxin n’est pas une simple mer intérieure et les détroits turcs mènent à « la plus grande Méditerranée », selon l’expression d’Yves Lacoste. La base de Sébastopol et la Crimée constituent une plateforme de projection de puissance dans le bassin pontico-méditerranéen, les unités navales qui transitent par le Bosphore étant renforcées par celles dépêchées depuis Mourmansk et la Baltique, à travers le détroit de Gibraltar (voir le périple du Kouznetsov). Le volet méditerranéen de la stratégie navale russe est le pendant d’une plus grande affirmation en Baltique, dans l’Atlantique et ses annexes (mer du Nord et Manche) ainsi que dans l’océan Arctique.

Au total, la rhétorique du panslavisme et de l’Eurasisme ne doit pas dissimuler la place de la mer et des enjeux navals dans la grande stratégie russe et la « guerre froide à sens unique » menée contre l’Occident. La Russie de Poutine n’est certainement pas réductible à un Etat terrien cherchant à reconstituer le glacis continental perdu lors de la dislocation de l’URSS. Si les moyens ne sont pas encore à la hauteur des ambitions, la volonté russe de reconstituer une flotte digne de ce nom et la capacité à prendre des initiatives sur les approches maritimes de l’Europe attestent d’une vision d’ensemble portée par une stratégie océanique qui s’inscrit dans la durée. Assurément, les rapports de puissance se joueront aussi en haute mer. Une vérité à méditer alors que le porte-avions français Charles de Gaulle sera indisponible dans les dix-huit mois___________________________________________________________________

 
__________________________________________________________________________________________________Par Jean-Sylvestre Mongrenier, chercheur à l’Institut français de géopolitique (Université de Paris VIII) et chercheur associé à l’Institut Thomas More.

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Albert Lemarteau                                       Il est certain que la politique étrangère menée par les incompétents notoires des dernières dix années va peser considérablement sur les résultats des Présidentielles à venir! C’est d’ailleurs pour cette raison que tout est mis en oeuvre pour contre carrer l’avancée du Front National…..Mème un film qui quand à lui démontrera que la caste au pouvoir est corrompue tout comme celle qui était avant elle dans les Affaires!!!
Paskal.                                                          Inutile de dépenser trop d’énergie à soutenir le gouvernement d’union nationale qui n’est pas particulièrement clair :
Octave De Mequerville                             QUESTIONS SIMPLES , mais dont les réponses peuvent vous faire taxer d’extrême- droite et autres facho , neo-nazi .. Qu’on nous explique raisonnablement , en quoi Poutine et la Russie ( la Serbie, le Dombas , la Crimée ou les cosaques et les autres peuples Slaves et orthodoxes ) sont-ils les ennemis de la France et des français ?? ( et les saoudiens et la Nosra sont-ils tout à coup des amis chéris de la France ? Qui a décidé de cette hostilité antirusse et pour quels motifs ? Poutine et la Russie ou les serbes ont-ils tué des soldats… lire la suite
BOUDRY                                                      propagande de ces voyous de socialistes pro mus…c’est simple . j’aime poutine quand il dit qu’il délogera les mus jusque dans les chiottes !!!
plouc                                                             les décideurs européens , marionnettes du Qatar et de l’ Arabie Saoudite sont agacés parce que Poutine se porte garant , lui de la sécurité des chrétiens et ça ils ne peuvent pas le tolérer dans leurs plans machiavéliques d’ une Europe multiculturelle à majorité musulmane !!!! alors tous les moyens sont bons pour ces traitres islamo-collabos !!!!!
hathoriti                                                     Bonne nouvelle en effet ! Le Président Poutine est un véritable chef d’Etat, à poigne et d’une intelligence hors du commun; C’est un homme comme lui qu’il nous faudrait en France ! En tout cas, avec l’affaire du « bras de fer » entre les Etats Unis et la Russie, dernière tentative du président sortant pour nuire à son successeur, obama ne sortira pas grandi de cette vacherie ! Allez ! Dans 20 jours, il dégage !!
belphegor                                                   L’ONU, c’est quoi ce machin ? Un ramassis de gras du bide qui ne pensent qu’a s’en mettre plein les poches. L’intervention européenne a été un fiasco en Libye, au moins avec la Russie on y verra un peu plus clair.
legrand bouc                                              Dans 20 jours Obama ne sera plus qu’un mauvais souvenir mais l’UE continuera seule dans le grand désert des nations qui n’ont pas vu le vent des peuples tourner.
Octave De Mequerville                            Poutine en Chef européen slave et aryen est bien plus clairvoyant que les états d’Europe occidentale sous tutelle « Esquimau » , dont la France , qui a confié sa politique étrangère et stratégique en Lybie et donc en Afrique du Nord , à un agent étranger comme BHL dont les nuisances ne sont plus à démontrer ( et l’on connaît les résultats catastrophiques ) … Combien même les alliances contre nature entre les dirigeants corrompus d’Europe Occidentale et des USA , avec l’Arabie Saoudite , le Qatar et le mercenariat terroriste islamiste dont la Nosra , la Quaida etc … Poutine… lire la suite
Ultra-Lucide                                             Excellent commentaire, 100% en accord avec ça. Les européens sont en train de se fourvoyer tragiquement au point de perdre toute crédibilité diplomatique au Moyen-Orient. Quand donc les français se rendront-ils compte que ceux qui en France orientent (ou ont orienté) notre politique étrangère comme Juppé, Fabius, Levitte et « l’agent d’influence BHL », ne sont en réalité que des agents d’influence travaillant pour des puissances étrangères aux intérêts de la France? (Nation pas encore dissoute). Ils travaillent pour les néo-conservateurs américains, l’UE, ou l’Allemagne néo-bismarckienne de Merkel-Shauble.
Albert Lemarteau                                      Dans les merdeux il ne faut pas oublier Sarkozy, Fillon, Valls, Ayrault et j’en passe……
  •  Eric                                                                   ) « Vladimir Poutine et son entourage ont analysé les évènements en Libye comme une faiblesse russe, de Medvedev,… »

    Medvedev est donc responsable de l’assassinat de plus de 100 000 Libyens puisqu’il a refusé de mettre son veto à la résolution de l’ONU.                                                                            Amor Patriae Nostra Lex                                Je ne trouve cette position favorable pour la Russie.Elle s’allie au coté du plus fort certes mais Haftar ne fera pas de quartiers a l’autre camp quand Daesch sera explusé de Lybie (Daesch est positionné entre les deux camps Lybiens)
    La guerre continuera de plus belle.Pourquoi ne pas avoir misé sur le bon cheval.Le fils de Khadafi la ou tous les Lybiens sont d’accord pour qu’il prenne la tête du pays ???

     Ahmed                                                                 Khadafi et sa famille sont férocement anti-Haftar, qui a essayé de vendre ses fesses et son pays aux US puis à la Russie. Bref il se prostitue au plus offrant.

  • Oscar                                                                     Le maréchal Haftar a été recruté par la CIA pour faire tomber Kadhafi, les russes sont des idiots, ils auraient du soutenir le fils de Kadhafi.

    … « Au cours de la bataille de Ouadi-Doum, Khalifa Haftar est fait prisonnier à N’Djamena. Il demande à rencontrer Hissane Habré et lui déclare qu’il est désormais opposé à Khadafi, ce qui lui permet d’être libéré avec la majorité des autres prisonniers.

    Soutenu par les États-Unis, il est dans les années 1980 le chef de la « Force Haftar » basée au Tchad. Constituée des quelque 2 000 Libyens capturés avec leur chef, ce groupe équipé par Washington était destiné à envahir la Libye pour renverser Kadhafi. Mais la Force Haftar dut être exfiltrée en urgence en 1990, à l’arrivée au pouvoir à N’Djamena d’Idriss Déby. Le nouvel homme fort tchadien était soumis à de fortes pressions de Kadhafi pour livrer le général renégat.

    Par ailleurs, la fin de la guerre froide rebat les cartes diplomatiques, la France souhaitant développer ses relations avec la Libye, rendant son renversement compromis. Les États-Unis organisèrent un pont aérien, avec escales au Nigeria et au Zaïre pour ses hommes ; il s’exila aux États-Unis, atterrissant à Washington le 20 décembre 19904. Les anciens soldats libyens bénéficient alors d’un programme destiné aux réfugiés (cours d’anglais, formation professionnelle et aide médicale) et sont dispatchés dans plusieurs États du pays. Khalifa Haftar s’installe à Vienna, près de Langley, le siège de la CIA. Répondant à une interview en décembre 1991, il confirme que les anciens combattants libyens reçoivent un entraînement militaire régulier. En 1995, il publie un fascicule : Le changement en Libye, une vision politique du changement par la force.

    Il s’active, se déplaçant à Genève, Madrid ou encore Sofia, pour préparer un nouveau coup d’État contre Kadhafi. Celui-ci doit avoir lieu le 19 octobre 1993 mais finalement, une vague d’arrestations lancée une semaine avant l’opération compromet le projet. Certains des conjurés sont exécutés ; deux des frères de Khalifa Haftar sont condamnés à 15 et 20 ans de prison.

    En 2011, il retourne en Libye pour soutenir l’insurrection. Le 24 mars, un porte parole de l’armée annonce qu’il a pris le commandement de l’armée rebelle. Il participe à la bataille du golfe de Syrte et à la troisième bataille de Brega. À Benghazi, il est l’un des chefs militaires du Conseil national de transition. »                                                                     Marie                                                                            Vous semblez oublier une autre donnée, très importante… Aujourd’hui, c’est Trump le nouveau président américain, si Poutine fait officiellement ce choix maintenant, c’est qu’il a sûrement pris en compte le fait que son homologue américain n’est plus celui qui lui mettait des bâtons dans les roues hier…

    Poutine mise probablement sur cette nouvelle relation avec les États-Unis et le fait que Trump souhaite calmer les choses afin de retirer ses armées, actives actuellement un peu partout dans le monde.

    Avant, il y a encore quelques jours, on était soit avec les russes, soit avec les américains. Aujourd’hui, n’importe quel dirigeant discutera avec l’un sans oublier l’influence de l’autre, ils n’auront plus à choisir un bord, mais se trouveront face à deux grandes puissances alliées ou du moins respectueuses l’une de l’autre. Ça risque d’en déstabiliser plus d’un… !
    Il est à mon avis difficile de prévoir toutes les conséquences (bonnes ou mauvaises) de cette révolution, j’ose le terme.

    Dans ce cas précis, ce général Haftar a l’air très facilement influençable (pour l’argent ? Le pouvoir ?), il est donc le plus manipulable dans un premier temps (et ne fera pas le malin face à l’ours et à l’aigle réunis), en plus d’être l’acteur le plus important dans le conflit, donc à même de « gagner » le plus rapidement la guerre. Une fois la guerre terminée, vous verrez sûrement les stratégies changer. Poutine parie pour l’instant sur le cheval gagnant, une fois celui-ci épuisé, des élections seront organisées et le peuple aura le dernier mot. Ce sera pareil en Syrie.

    Ne négligez jamais une chose, nous émettons des hypothèses mais Poutine est certainement entouré des meilleurs stratèges de ce monde et n’ignore sûrement pas le contenu de votre commentaire. Cependant, vous avez le mérite de nous avoir informés, pour ma part, je méconnaissais cette info.

  •  Jean d’Artois                                                            Un retour à un équilibre régional relatif , plus ou moins calqué sur l’époque de l’URSS , malmené par les invasions et déstabilisations des états concernés provoquées par le bloc atlantiste depuis au moins une décennie .

     lapis lazuli                                                                au vu de ce qui c’est passé avec Kadhafi et Assad, Khalifa Haftar a bien compris qu’en donnant une base navale au Russes son intégrité physique ne risque rien.

    Ahmed                                                                        Les musulmans libyens n’accepteront pas cette colonisation, ni par la Russie ni par les USA.

    Malheureusement à cause d’Haftar la Libye échouera la transition démocratique, contrairement au voisin tunisien. Cela laisse prévoir un avenir à l’irakienne.

  • NONFD                                                                        Si les combattants des tribus n’étaient pas en partie civils et bénévoles, comme en Suisse et qques autres pays, la Libye de Kadhafi aurait comme la CI de Gbabgo nécessité qu’une semaine et un hélico, ou comme l’Ukraine de Ianoukovitch que qques fusils, et aurait également été définitivement écrasée.

    D’autant que la Libye est de topographie plate et découverte ne permettant pas de se défendre, et de petite démographie.
    Il n’y aurait plus aucun espoir face aux escadrons de la mort de la pire secte.
    Des gens croient qu’un homme, résultat d’une logique tribale pacifiée par le seule garde-fou qu’est celui spirituel, et qui a été kadhafiste de la 1ere heure et fidèle pendant 18 ans, peut se transformer en agent de la CIA.
    Il a fait mine de suivre la CIA pour se sortir de sa geôle au Tchad après 3 ans de captivité, fait captif lors du conflit pour la bande d’Aouzou.
    Raison pour laquelle on le diffame en putchiste, alors qu’il aurait pu s’emparer d’une part du magot et fuir à l’étranger, au lieu de prendre le risque de subir le même sort que Kadhafi.
    Ayant déjà échappé à des attentats, et son gendre aussi officier a été assassiné.
    Armé il a pu tuer un des terroristes avant de succomber à ses blessures.
    Trop de gens ne comprennent pas qu’on puisse être plus malin que la CIA.
    En faisant mine de jouer son jeu, sans la moindre intention de sacrifier son peuple.
    Quand il a vu le pire complot contre son pays, il s’est jeté dans la fosse aux lions et serpents, et n’aurait rien pu faire, s’il n’avait pas eu l’appui des tribus et de leurs combattants civils et bénévoles.
    D’autant qu’il est étranglé par un embargo sur les armes, qu’on refuse catégoriquement de lever.
    Il s’est même réconcilié avec les rescapés de la famille de Kadhafi.
    En Syrie Poutine a pris le camp d’un peuple autodéfendu par force civile armée.
    En Libye, il fait la même chose.
    Contre les gangs, dont le but est de ne plus jamais désarmer de père en fils, et dont la seule raison d’être est de se partager les richesses dévalisées.
    Trop de gens ne comprennent pas que sans force civile armée et sans logique d’honneur tribale, par des tribus pacifiées entre elles par la conviction de l’existence d’une absolue justice, la Libye aurait été comme définitivement rayée de la carte.
    Plus généralement la pire centralisation du pouvoir (NWO)i s’oppose par tous les moyens au pouvoir véritablement décentralisé, qui l’est donc d’abord par la force civile armée, qui est la clé du salut.

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