La route solaire, utile ou gadget ?

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La première route solaire du monde inaugurée en France

Marotte de la ministre de l’Environnement Ségolène Royal, la première route solaire au monde va voir le jour ce jeudi 22 décembre dans le village normand de Tourouvre.

2800 m² de dalles pour plus de 5 millions d’euros de subvention. La première route solaire au monde est inaugurée ce jeudi 22 décembre par la ministre Ségolène Royal dans le village normand de Tourouvre. Désormais, les quelques 2000 automobilistes qui empruntent chaque jour la RD5 pour sortir du village rouleront sur des panneaux solaires collés sur la chaussée pendant un kilomètre.

Ces dalles aux allures de carrelage plastifié devraient permettre de produire l’équivalent de l’éclairage public d’une ville de 5000 habitants, selon la direction de Wattway, le projet co-inventé par Colas –une filiale de Bouygues– et le CEA Tech. Elles sont fabriquées par la Scop SNA à Tourouvre. Selon le conseil départemental, l’ensemble des travaux est couvert par une subvention d’Etat de 5 millions d’euros hors taxe.

Une dalle Wattway fabriquée par Colas Joachim Bertrand / COLAS

Depuis quelques mois, le concept est déjà expérimenté sur quatre sites pilotes: deux en Vendée, un à Septèmes-les-Vallons, près de Marseille, un dans les Yvelines sur des parkings, ou devant des bâtiments publics. Les surfaces sont beaucoup plus petites, de 50 à 100 m2 de dalles solaires.

A la Roche-sur-Yon, par exemple, depuis juin, « pratiquement tous les week-ends des voitures électriques viennent recharger leur batterie à la borne du complexe sportif et culturel Vendéspace, alimentée par 50 m2 de dalles solaires.

Une route solaire à Magny-Les-Hameaux dans les Yvelines Joachim Bertrand / COLAS

Les cellules photovoltaïques n’ont pas bougé. Ca fonctionne parfaitement bien », assure le député LR de la Vendée Alain Leboeuf qui préside aussi le Syndicat départemental d’énergie (Sydev), partenaire de cette expérimentation. Ailleurs, les dalles pourraient alimenter les aires d’autoroutes ou les maisons isolées.

A chaque fois, le concept est de coller sur la route des panneaux solaires protégés par une résine pour produire de l’électricité. Avantage: la production d’électricité ne gêne personne sur ces surfaces qui ne sont en moyenne occupées par les voitures que 20% du temps, selon Colas. Avec un million de kilomètres de routes, la France pourrait ainsi en théorie accéder à l’indépendance énergétique en en pavant le quart, met en avant la société.

Un coût élevé, un modèle économique à trouver

Sauf que les panneaux à plat produisent moins d’électricité que les panneaux inclinés. Pour « 300 kWh installés », les dalles Wattway produisent « 5 à 10 kW de moins » que les toitures, selon le directeur de Wattway. Les sceptiques attendent aussi de voir si les panneaux résisteront effectivement, avec le temps, en dehors des laboratoires, au passage des poids lourds et aux intempéries.

Surtout, le modèle économique reste à trouver: « Aujourd’hui Wattway est à 17 euros le watt-crête -unité de mesure de l’énergie solaire- raccordé », ajoute Jean-Charles Broizat, contre 1,3 euro pour le solaire en grande toiture.

Mais Wattway compte « rejoindre » le prix de production du solaire classique d’ici à 2020. Un objectif « ambitieux » mais « réaliste », selon Colas. Car le coût de production de l’énergie solaire classique a diminué de 60% entre 2009 et 2015.

En Normandie, une route solaire au banc d’essai

Ségolène Royal doit inaugurer, jeudi, un tronçon routier de 1 km recouvert de panneaux photovoltaïques. Une première, financée par l’Etat à hauteur de 5 millions d’euros.

LE MONDE Pierre Le Hir

Test de route solaire à Tourouvre (Orne), en octobre 2016.

Après l’autoroute du soleil, voici la route solaire. Un tronçon long de 1 km, sur une voie départementale desservant la petite commune normande de Tourouvre-au-Perche (3 400 habitants), dans l’Orne, dont la chaussée a été recouverte de dalles photovoltaïques. Cette infrastructure doit être inaugurée, jeudi 22 décembre, par la ministre de l’environnement, Ségolène Royal, qui en fait un exemple de la transition énergétique dans les territoires. Ce projet, sans précédent au monde par sa taille, suscite pourtant des critiques, en raison d’un rendement énergétique incertain et d’un coût élevé. Le financement, de 5 millions d’euros, a en effet été assuré par une subvention de l’Etat.

L’idée de déployer des panneaux solaires sur le réseau routier, afin de produire de l’électricité sans empiéter sur les surfaces agricoles ou les espaces naturels, n’est pas neuve. Voilà plus de dix ans, un couple d’Américains de l’Idaho, Scott et Julie Brusaw, avait ouvert la voie en créant la société Solar Roadways. Depuis, des initiatives similaires ont été lancées dans plusieurs pays, notamment à Berlin ou dans la banlieue d’Amsterdam. Mais, jusqu’ici, les expérimentations n’ont été réalisées que sur de très petites sections de route.

Le concept a changé d’échelle, avec le projet Wattway porté par l’entreprise de travaux publics Colas (groupe Bouygues) et l’Institut national de l’énergie solaire (INES) qui associe le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) et l’université de Savoie. Au terme de cinq années de recherche et de tests menés en Vendée, dans les Bouches-du-Rhône et dans les Yvelines, la route solaire normande va constituer le véritable banc d’essai.

Lire aussi :   Bouygues prend la « route du soleil » pour produire de l’électricité

Sur 2 800 m2, des panneaux photovoltaïques en forme de dalles ont été collés sur l’asphalte. Au sein de ce revêtement, les feuilles de silicium générant le courant sont enrobées dans une résine protectrice qui, affirment les partenaires de Wattway, les rend « capables de supporter la circulation de tout type de véhicule, y compris les poids lourds », tout en assurant une bonne adhérence entre les pneus et la chaussée. Ces modules sont fabriqués par la société coopérative de production SNA, basée elle aussi à Tourouvre-au-Perche.

Fabrication de panneaux photovoltaïques par la société coopérative de production SNA, à Tourouvre, en novembre 2016.

L’électricité produite rejoint le réseau de distribution local, via un raccordement direct. D’après la société Colas, une surface de 20 m2 suffit à approvisionner un foyer en électricité (hors chauffage) et 1 km de route équipée fournit l’équivalent de la consommation de l’éclairage public d’une ville de 5 000 habitants.

« La route solaire s’inscrit dans la transition énergétique : promesse de croissance verte, création d’emplois, innovation », s’était félicitée Ségolène Royal lors du lancement du chantier, en octobre. Un peu vite, elle avait alors annoncé que la production attendue était de « 17 963 kilowattheures (kWh) par jour », avant de rectifier sur le site internet du ministère, qui ne fait plus état que de « 790 kWh par jour », soit vingt-deux fois moins.

« Gadget »

Ce sont bien les performances de cette infrastructure, au regard de son coût, que mettent en cause certains experts. « Il s’agit sans doute d’une prouesse technique, mais, pour développer les renouvelables, il y a d’autres priorités qu’un gadget dont on est certain qu’il est très cher sans être sûr qu’il marche », pense Marc Jedliczka, vice-président du Réseau pour la transition énergétique (CLER) et directeur général de l’association Hespul, spécialisée dans le photovoltaïque.

Lire aussi :   Tesla veut racheter le fabricant de panneaux solaires SolarCity

Le président du Syndicat des énergies renouvelables (SER), Jean-Louis Bal, réserve quant à lui son jugement sur la viabilité du procédé : « Quels seront son coût, sa productivité et sa durée de vie ? Pour l’instant, je n’ai pas les réponses. »

A 5 millions d’euros le kilomètre, la perspective, envisagée par la ministre, de paver de silicium 1 000 km de routes exigerait d’y consacrer 5 milliards d’euros. Cela, alors que le prix du watt-crête (puissance maximale) raccordé se monte, pour l’actuelle route solaire, à 17 euros contre seulement 1,30 euro pour le photovoltaïque posé en grande toiture, et moins de 1 euro pour les installations au sol.

Le site normand est un démonstrateur. A terme, les promoteurs de Wattway espèrent se rapprocher des coûts de production du solaire classique, pour pouvoir passer à la commercialisation de leur procédé. Pour l’heure, ils ont en portefeuille une centaine de petits projets de tronçons photovoltaïques expérimentaux, dont une moitié en France et l’autre à l’étranger.

La route solaire, rupture technologique ?

Le groupe de BTP Colas lance la commercialisation d’un revêtement routier capable de capter l’énergie solaire. Simple et robuste, la technologie pourrait accélérer la diffusion des énergies renouvelables.

La route solaire, recouverte d'une résine particulière, peut supporter le poids d'un camion

La route solaire, recouverte d’une résine particulière, peut supporter le poids d’un camion ®COLAS-Joachim Bertrand

RUPTURE. Et si on tenait là une de ces « innovations de rupture » apte à faire changer d’ère énergétique l’humanité toute entière? Le constructeur de routes Colas (filiale de Bouygues) est en tout cas persuadé d’avoir inventé, avec Wattway rien moins qu’une « route solaire » qui ne serve pas uniquement à se déplacer, mais aussi à produire une électricité propre et inépuisable. Pour le responsable de Colas, Hervé le Bouc, c’est en tout cas la première fois « qu’on trouve une seconde fonctionnalité à la route ». L’idée peut paraître évidente. Toute la journée, les routes regardent le ciel et le soleil est parfois si ardent qu’il en fait fondre le goudron. Mais les chaussées sont extrêmement sollicitées. Pour autoriser le passage confortable de tout véhicule, y compris des poids lourds de 44 tonnes, l’enrobé, ce mélange de caillou et de bitume doit être extrêmement résistant. « Tout le contraire d’une cellule photovoltaïque de 200 micromètres d’épaisseur qui, elle, est très cassante, expose Philippe Raffin, directeur R&D chez Colas. Il s’agissait donc d’un mariage d’une carpe avec un lapin ».

Deux brevets dans le liant et la colle

RÉSINE. Il a fallu quatre ans de recherche pour résoudre l’équation avec l’aide de l’Institut national de l’énergie solaire (Ines) basé à Chambéry. Colas et l’Ines n’ont innové ni dans le photovoltaïque ni dans la construction de route, mais ont déposé deux brevets dans le liant et la colle. Avec l’aide de sa filiale spécialisée dans les résines, le constructeur routier a encapsulé des cellules de silicium poly-cristallin équipant la plupart des panneaux photovoltaïques dans des cadres de résine de 15cm de côté. Et ce sont également des résines polymères qui assujettissent ces panneaux à la route. « A l’Ines, nous avons procédé à des tests sur une route « martyre » passant de véhicules de plus en plus lourd, allant de plus en plus rapidement pour finir par tester des freinages violents », raconte Philippe Raffin.

La même adhérence que les enrobés traditionnels

Outre les résines, l’invention tient aussi dans une couche supérieure laissant passer le rayonnement solaire malgré l’ajout de granulosités destinées à procurer une adhérence équivalente à celle des enrobés traditionnels. Pas question dans ce cas d’obtenir un rendement de 18% comme n’importe quel panneau solaire, d’autant que ceux-ci sont posés à plat alors que pour un rendement maximum, le panneau doit être incliné à 30 degrés. Mais les 15% sont revendiqués par le constructeur. Le raccordement ne semble pas un problème, les routes voisinant la plupart du temps avec le réseau électrique. Le constructeur a même pensé à la sécurité du système pour éviter les conséquences d’un accident.

INDUCTION. Selon l’Ademe, un kilomètre de chaussée Wattway permet de remplir les besoins en éclairage public d’une ville de 5000 habitants. 4 mètres avec 1000 heures d’ensoleillement suffisent pour les besoins d’un ménage (hors chauffage). En ville, la chaussée solaire pourra alimenter les feux de signalisation, les bâtiments voisins, et la recharge des véhicules électriques à l’arrêt par induction. 100m² de ces panneaux fournissent en effet l’énergie nécessaire pour 100000km par an d’une voiture électrique. « Le procédé est à l’évidence un élément constitutif de la ville intelligente des pays développés, mais nous visons aussi les villes et villages des pays en voie de développement qui sont éloignés des réseaux électriques », se félicite Hervé Le Bouc. Avec le prix de plus en plus bas des cellules photovoltaïques, le constructeur estime pouvoir fournir une électricité à un prix compétitif. Wattway est aujourd’hui en phase préindustrielle sur la chaîne de montage du LabFab de l’Ines.

L’idée d’utiliser les routes pour capter l’énergie solaire n’est pas neuve. De nombreuses initiatives existent comme Solar Roadways. En Hollande, c’est une piste cyclable solaire qui est en cours d’essai.

La première route solaire au monde est inaugurée jeudi 22 décembre à Tourouvre dans l’Orne. Elle permet d’alimenter en électricité l’éclairage publique d’une ville de 5000 habitants.

>La première route solaire au monde inaugurée dans l’Orne Crédit Image : Colas Crédit Média : Sophie Jousselin

À la sortie de Tourouvre, la route départementale 5 est recouverte d’une sorte de carrelage noir. Ce sont en réalité 2.880 panneaux photovoltaïques qui sont collés sur la chaussée. Toute la journée, même s’il n’y a pas de soleil, ils emmagasinent de l’énergie. Elle est ensuite injectée dans le réseau électrique. Ce kilomètre de route solaire doit produire chaque année 290 MW/H, ce qui est nécessaire pour l’éclairage publique d’une ville de 5.000 habitants.

2.000 véhicules roulent désormais dessus chaque jour et la période de test qui s’ouvre jusqu’à la fin de l’année prochaine doit permettre de vérifier, en vrai, si le concept supporte à la fois les intempéries mais aussi le va-et-vient des automobiles et des camions. Les panneaux de 7 mm d’épaisseur sont prévus pour résister à un million de passage de poids-lourds. Ce sera aussi l’occasion de tester le revêtement à base de résine et de grains de verre qui évitent que la chaussée ne se transforme en patinoire quand il pleut.

Si le projet est validé, à terme ce type de routes pourrait permettre d’alimenter des bornes de recharge pour les véhicules électriques, l’éclairage ou la signalisation sur le bord des routes voire mêmes des maisons isolées. Ce kilomètre de route solaire a coûté 5 millions d’euros. Quant au coût de production de cette électricité, il est pour l’instant 13 fois supérieur à celui d’une électricité produite à partir d’un panneau solaire posé sur un toit.

Normandie : inauguration de la première route solaire au monde

Normandie : inauguration de la première route solaire au monde
Ségolène Royal avait visité l’usine lors du lancement de la construction de cette première route solaire le 24 octobre 2016.

AFP CHARLY TRIBALLEAU

L a première route solaire au monde sera inaugurée ce jeudi 22 décembre par la ministre Ségolène Royal dans un village normand, une technologie en phase test, expérimentée en France par la filiale de Bouygues, Colas, à laquelle travaillent également Néerlandais, Américains et Allemands.

A partir de ce jeudi 22 décembre, les 2.000 automobilistes qui empruntent en moyenne chaque jour la RD5 pour sortir de Tourouvre rouleront pendant un km sur des panneaux solaires collés sur la chaussée. Ces 2.800 m2 de dalles aux allures de carrelage plastifié doivent permettre de produire l’équivalent de l’éclairage public d’une ville de 5.000 habitants, selon la direction de Wattway, le projet co-inventé par Colas et le CEA Tech. Elles sont fabriquées par la Scop SNA à Tourouvre. L’ensemble des travaux est couvert par une subvention d’Etat de 5 millions d’euros hors taxe, précise le conseil départemental.

Quatre sites pilotes en France

Depuis quelques mois, le concept est déjà expérimenté sur quatre sites pilotes (deux en Vendée, un à Septèmes-les-Vallons, près de Marseille, un dans les Yvelines) sur des parkings, ou devant des bâtiments publics. Les surfaces sont beaucoup plus petites, de 50 à 100 m2 de dalles solaires. A la Roche-sur-Yon, par exemple, depuis juin, « pratiquement tous les week-ends des voitures électriques viennent recharger leur batterie à la borne du complexe sportif et culturel Vendéspace alimentée par 50 m2 de dalles solaires. Les cellules photovoltaïques n’ont pas bougé. Ca fonctionne parfaitement bien », assure à l’AFP le député LR de la Vendée Alain Leboeuf qui préside le Syndicat départemental d’énergie (Sydev), partenaire de cette expérimentation.

Une première mondiale

Ailleurs, les dalles pourraient alimenter les aires d’autoroutes ou les maisons isolées, précise Wattway. La route solaire ornaise est une « première mondiale », explique Jean-Charles Broizat, directeur de Wattway, ce que confirment les concurrents. Au nord d’Amsterdam, une piste cyclable solaire de 70 m est en service depuis deux ans, sur une voie où passent quelques 2.000 vélos par jour. Si le revêtement a mal résisté au premier hiver, le problème a été résolu depuis: la piste « SolaRoad » vient d’être prolongée de 20 mètres, assure TNO, société à l’origine du projet. « Nous avons des projets de routes solaires publiques pour 2018 », précise Sten de Wit, de TNO. L’Allemagne est aussi sur les rangs. « Nous projetons une route test de 150 m près de Cologne à l’été 2017, puis une route publique fin 2017 », explique Donald Müller-Judex, ingénieur à l’origine du projet Solmove, basé en Bavière.

Les Américains également sur le coup

Aux Etats-Unis, le Missouri « travaille » à l’installation d’environ 19 m2 sur un trottoir à proximité de la Route 66, indique à l’AFP Tom Blair, ingénieur au ministère des Transports de cet Etat (MoDOT) sans donner de date.   – Objectif ambitieux mais coût élevé –   A chaque fois, le concept est de coller sur la route des panneaux solaires protégés par une résine pour produire de l’électricité. Avantage: la production d’électricité ne gêne personne sur ces surfaces qui ne sont en moyenne occupées par les voitures que 20% du temps, selon Colas. Avec un million de km de routes, la France pourrait ainsi en théorie accéder à l’indépendance énergétique en pavant le quart de ses routes, met en avant la société.

Moins performant et plus coûteux que les panneaux solaires sur les toits

Inconvénient : les panneaux à plat produisent moins d’électricité que les panneaux inclinés. Pour « 300 kWh installés », les dalles Wattway produisent « 5 à 10 kW de moins » que les toitures, selon M. Broizat. Les sceptiques attendent aussi de voir si les panneaux résisteront effectivement, avec le temps, en dehors des laboratoires, au passage des poids-lourds et aux intempéries. Surtout, le modèle économique reste à trouver: « Aujourd’hui Wattway est à 17 euros le watt-crête (unité de mesure de l’énergie solaire) raccordé », selon M. Broizat, contre 1,3 euro pour le solaire en grande toiture, selon le syndicat des énergies renouvelables (SER). Mais Wattway compte d’ici à 2020, « rejoindre » le prix de production du solaire classique. Un objectif « ambitieux » mais « réaliste », selon Colas. Car le coût de production de l’énergie solaire classique a diminué de 60% entre 2009 et 2015, selon le SER.

La France inaugure la première route solaire au monde

PHOTO/afp

 La première route solaire au monde sera inaugurée jeudi par la ministre Ségolène Royal dans un village normand, une technologie en phase test, expérimentée en France par la filiale de Bouygues, Colas, à laquelle travaillent également Néerlandais, Américains et Allemands.

A partir de jeudi, les 2.000 automobilistes qui empruntent en moyenne chaque jour la RD5 pour sortir de Tourouvre rouleront pendant un km sur des panneaux solaires collés sur la chaussée. Ces 2.800 m2 de dalles aux allures de carrelage plastifié doivent permettre de produire l’équivalent de l’éclairage public d’une ville de 5.000 habitants, selon la direction de Wattway, le projet co-inventé par Colas et le CEA Tech.

Elles sont fabriquées par la Scop SNA à Tourouvre. L’ensemble des travaux est couvert par une subvention d’Etat de 5 millions d’euros hors taxe, précise le conseil départemental. – Quatre sites pilotes en France – Depuis quelques mois, le concept est déjà expérimenté sur quatre sites pilotes (deux en Vendée, un à Septèmes-les-Vallons, près de Marseille, un dans les Yvelines) sur des parkings, ou devant des bâtiments publics. Les surfaces sont beaucoup plus petites, de 50 à 100 m2 de dalles solaires.

A la Roche-sur-Yon, par exemple, depuis juin, « pratiquement tous les week-ends des voitures électriques viennent recharger leur batterie à la borne du complexe sportif et culturel Vendéspace alimentée par 50 m2 de dalles solaires. Les cellules photovoltaïques n’ont pas bougé. Ca fonctionne parfaitement bien« , assure à l’AFP le député LR de la Vendée Alain Leboeuf qui préside le Syndicat départemental d’énergie (Sydev), partenaire de cette expérimentation.

Ailleurs, les dalles pourraient alimenter les aires d’autoroutes ou les maisons isolées, précise Wattway. La route solaire ornaise est une « première mondiale« , explique Jean-Charles Broizat, directeur de Wattway, ce que confirment les concurrents. Au nord d’Amsterdam, une piste cyclable solaire de 70 m est en service depuis deux ans, sur une voie où passent quelques 2.000 vélos par jour. Si le revêtement a mal résisté au premier hiver, le problème a été résolu depuis: la piste « SolaRoad » vient d’être prolongée de 20 mètres, assure TNO, société à l’origine du projet. « Nous avons des projets de routes solaires publiques pour 2018« , précise Sten de Wit, de TNO.

L’Allemagne est aussi sur les rangs. « Nous projetons une route test de 150 m près de Cologne à l’été 2017, puis une route publique fin 2017« , explique Donald Müller-Judex, ingénieur à l’origine du projet Solmove, basé en Bavière. Aux Etats-Unis, le Missouri « travaille » à l’installation d’environ 19 m2 sur un trottoir à proximité de la Route 66, indique à l’AFP Tom Blair, ingénieur au ministère des Transports de cet Etat (MoDOT) sans donner de date.

  • Objectif ambitieux mais coût élevé

A chaque fois, le concept est de coller sur la route des panneaux solaires protégés par une résine pour produire de l’électricité. Avantage: la production d’électricité ne gêne personne sur ces surfaces qui ne sont en moyenne occupées par les voitures que 20% du temps, selon Colas. Avec un million de km de routes, la France pourrait ainsi en théorie accéder à l’indépendance énergétique en pavant le quart de ses routes, met en avant la société. Inconvénient: les panneaux à plat produisent moins d’électricité que les panneaux inclinés. Pour « 300 kWh installés« , les dalles Wattway produisent « 5 à 10 kW de moins » que les toitures, selon M. Broizat.

Les sceptiques attendent aussi de voir si les panneaux résisteront effectivement, avec le temps, en dehors des laboratoires, au passage des poids-lourds et aux intempéries. Surtout, le modèle économique reste à trouver: « Aujourd’hui Wattway est à 17 euros le watt-crête (unité de mesure de l’énergie solaire) raccordé« , selon M. Broizat, contre 1,3 euro pour le solaire en grande toiture, selon le syndicat des énergies renouvelables (SER).

Mais Wattway compte d’ici à 2020, « rejoindre » le prix de production du solaire classique. Un objectif « ambitieux » mais « réaliste », selon Colas. Car le coût de production de l’énergie solaire classique a diminué de 60% entre 2009 et 2015, selon le SER.

La route solaire, gadget ou véritable révolution ?

Une route recouverte de panneaux solaires pour produire de l’électricité est inaugurée jeudi 22 décembre dans l’Orne. Reste à savoir s’il s’agit d’un gadget pour l’environnement ou si cette innovation pourra être rentable.

FRANCE 3
France 3France Télévisions

C’est une portion de route solaire unique au monde empruntée dès jeudi par les automobilistes normands. Sur cette départementale 5 qui dessert la commune de Tourouvre au Perche, dans l’Orne (Basse-Normandie), 2 800 m² de panneaux photovoltaïques ont été intégrés à la route. Des dalles posées sur un kilomètre afin de capter la lumière du soleil et la transformer en énergie. Il a fallu six ans de recherche pour trouver des matières capables de résister aux passages de poids lourd et aux intempéries.

Encore peu compétitive

Sous le bitume, de l’électricité circule. Selon les concepteurs de la route, elle est capable d’assurer de façon pérenne l’éclairage public d’une commune de 5 000 habitants. Des objectifs ambitieux et des coûts pour le moment très élevés. Pour un seul kilomètre : 5 millions d’euros. L’énergie produite serait treize fois plus chère que celle produite par des panneaux photovoltaïques installés sur le toit des maisons.

La première route solaire au monde inaugurée ce jeudi en Normandie

ENERGIE L’ensemble des travaux a été couvert par une subvention d’Etat de 5 millions d’euros hors taxe…

La fabrication d'un panneau photovoltaique destiné à la première route solaire en Normandie.
La fabrication d’un panneau photovoltaique destiné à la première route solaire en Normandie. – CHARLY TRIBALLEAU

20 Minutes avec AFP

C’est une première mondiale. La ministre de l’environnement Ségolène Royal va inaugurer ce jeudi la première route solaire au monde dans un petit village normand. Cette technologie, encore en phase test, est expérimentée en France par la filiale de Bouygues, Colas, pour laquelle travaillent également des Néerlandais, Américains et Allemands.

A partir de jeudi, les 2.000 automobilistes qui empruntent en moyenne chaque jour la RD5 pour sortir de Tourouvre rouleront pendant un km sur des panneaux solaires collés sur la chaussée.

L’éclairage public d’une ville de 5.000 habitants

Ces 2.800 m2 de dalles aux allures de carrelage plastifié doivent permettre de produire l’équivalent de l’éclairage public d’une ville de 5.000 habitants, selon la direction de Wattway, le projet co-inventé par Colas et le CEA Tech. Elles sont fabriquées par la Scop SNA à Tourouvre. L’ensemble des travaux est couvert par une subvention d’Etat de 5 millions d’euros hors taxe, précise le conseil départemental.

>> A lire aussi : Vers la création de 1.000 kilomètres de routes solaires d’ici à cinq ans

A chaque fois, le concept est de coller sur la route des panneaux solaires protégés par une résine pour produire de l’électricité. Avantage : la production d’électricité ne gêne personne sur ces surfaces qui ne sont en moyenne occupées par les voitures que 20 % du temps, selon Colas. Avec un million de km de routes, la France pourrait ainsi en théorie accéder à l’indépendance énergétique en pavant le quart de ses routes, met en avant la société.

Un gouffre financier ?

Inconvénient : les panneaux à plat produisent moins d’électricité que les panneaux inclinés. Pour « 300 kWh installés », les dalles Wattway produisent « 5 à 10 kW de moins » que les toitures, explique Jean-Charles Broizat, directeur de Wattway.

Les sceptiques attendent aussi de voir si les panneaux résisteront effectivement, avec le temps, en dehors des laboratoires, au passage des poids-lourds et aux intempéries. Surtout, le modèle économique reste à trouver : « Aujourd’hui Wattway est à 17 euros le watt-crête (unité de mesure de l’énergie solaire) raccordé », selon Jean-Charles Broizat, contre 1,3 euro pour le solaire en grande toiture, selon le syndicat des énergies renouvelables (SER).

La route solaire cherche son chemin

 Olivier Levrault
La ministre de l'Environnement Ségolène Royal lors du lancement de la construction de la première route solaire, le 24 octobre 2016, à Tourouvre (Orne).La ministre de l’Environnement Ségolène Royal lors du lancement de la construction de la première route solaire, le 24 octobre 2016, à Tourouvre (Orne). Photo Charly Triballeau. AFP

Ségolène Royal inaugure jeudi le premier kilomètre de route solaire au monde. Une technologie française innovante qui pose des questions.

À partir de ce jeudi, sur 1 km de la route départementale 5 à Tourouvre-au-Perche (Orne), les véhicules rouleront sur des panneaux solaires. Sur le bitume, des dalles solaires fines de quelques millimètres ont été posées. Les fragiles cellules photovoltaïques sont protégées par un mélange de résine capable de résister au passage régulier des véhicules, poids plume et poids lourd. Le mélange, translucide, laisse passer la lumière, captée par les cellules de silicium.

Le projet, une première mondiale, a été baptisé Wattway et a été initié par le groupe Colas, filiale du groupe Bouygues et l’un des leaders mondiaux de la construction de routes, en partenariat avec l’Institut national de l’énergie solaire (INES) et avec le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA). Le concept, en développement depuis cinq ans, entre désormais en phase de test grandeur nature avec le tronçon de Tourouvre.

Une route, deux usages

«Nous voulons donner une deuxième vie à la route en plus du transport des véhicules, explique Jean-Charles Broizat, directeur de Wattway. Le tronçon normand doit montrer que notre technologie supporte bien le trafic et peut être une solution d’énergie renouvelable comme une autre.»

Très impliquée dans ce projet, la ministre de l’Environnement Ségolène Royal doit inaugurer aujourd’hui jeudi la route solaire. En janvier dernier, elle avait annoncé vouloir installer 1.000 km de routes solaires en France. Or, le projet Wattway a coûté 5 millions d’euros au ministère. De quoi faire naître quelques critiques et doutes sur la viabilité d’une implantation en masse de routes solaires sur le territoire français.

À lire aussi Un avenir qui tient la route

Richard Loyen, directeur général d’Enerplan, syndicat des professionnels de l’énergie solaire, ne veut pas «condamner à l’avance le projet, qui représente une technologie très innovante. Mais il devra trouver un chemin vers la baisse des coûts, aujourd’hui très importants». Pour lui, la priorité n’est pas là : «Si on veut être rationnel et continuer dans la voie du solaire en tant qu’énergie la moins chère, la plus rentable, alors ce n’est pas vers ça qu’il faut se tourner.»

Plus cher, moins productif

Car le projet Wattway, s’il représente une prouesse technologique, comprend deux écueils majeurs : son rendement productif et son coût actuel. Du fait de l’horizontalité de la route et de la résine qui empêche une partie de la lumière de passer, la production d’une centrale Wattway sera inférieure à celle des photovoltaïques classiques.

Ségolène Royal avait initialement annoncé une production journalière moyenne de 17.963 kilowattheures avant de ramener ce chiffre à 790 kWh. 23 fois moins. Pour le tronçon normand, d’une superficie de 2800 m2, Wattway table sur une production annuelle de 280 MWh.

«On va produire 10% de moins que le photovoltaïque traditionnel», estime Jean-Charles Broizat. Une production moindre, et pour un prix plus élevé. A 17 € le watt-crête (Wc, puissance maximale), le projet est bien au-dessus des standards des centrales au sol ou en toiture, qui ne dépassent pas 1,30 euro le Wc.

«Wattway n’a pas vocation à remplacer les autres formes de production, affirme Jean-Charles Broizat. Mais l’objectif est tout de même d’être compétitif à l’horizon 2020. On attend rapidement d’importantes baisses des coûts.» Si une centaine de projets sont déjà lancés, les chantiers plus importants attendront 2018, tout comme la commercialisation du produit. D’ici là, la route est encore longue.

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commentaires
  • Thierry Jacob               Indépendance énergétique ?
    J’en rêve pour mon pays.
    Accélérons la recherche pour nous libérer des importations.
  • moruneladanlefillon 
    @retraite 34                  ty mettrais bien un coup de canne?                         lumix                              Encore un bau cadeau en numéraire pour Bouygues, Colas                                                                                                                                                          la mangouste                Qu’elle aille vendre ça à son copain Raoul Castro…..là bas il y a du soleil..et….ah! non…..pas de voiture électrique , mais des « meules » qui ont 50 ans
    Allez une nouvelle folie de cette grosse nulle ! Heureusement qu’elle ne sera plus là avec son entourage de Bobo en 2017…elle serait capable de rendre obligatoire la voiture électrique en France, par contre j’attends toujours une réponse de ses services, concernant les voitures étrangères dans Paris dès Janvier 2017 à cause de cette histoire de vignette….mais aucune réponse…De nouveau ils ont  » oubliés » ce facteur…Voilà comment ils bossent les fonctionnaires !

Le Concombre Masqué       « une surface de 20 m2 suffit à approvisionner un foyer en électricité (hors chauffage) » (sic) : Sachant que la consommation moyenne (hors chauffage) d’un foyer moyen est d’environ 13 kWh / jour, et que ce kilomètre de route produira au total 790 kW / jour, cherchez l’erreur…

Matt                                        « 1 km de route équipée fournit l’équivalent de la consommation de l’éclairage public d’une ville de 5 000 habitants ». Solaire = ne produit pas d’énergie la nuit quand elle est nécessaire pour éclairer les rues… Comparaison absurde.

CHRISTIAN                               C’est bien évidemment notre avenir qui se joue ici. L’article ne parle pas du cout de maintenance qui est le plus important, pas le cout d’investissement. Rappelons aux bonnes âmes le cout de la première centrale, le cout du tunnel sous la Manche, et le cout de nos autoroutes, qui ont tous été rentabilisés et qui sont tous rentables aujourd’hui. Je trouve l’idée géniale, bien meilleure que des champs d’éoliennes, et c’est un savoir faire qui, s’il est maitrisé (objectif du projet), s’exportera.

Un jeune                                       Aujourd’hui, on est allergique aux risques. On est pas sûr que ça marche donc ça ne vaut pas la peine ? Au contraire c’est un projet expérimental qui permettra même si c’est un échec de faire avancer la recherche sur les énergies renouvelables. Ça a un coup, mais vaut mieux cela que mettre 5 millions d’euros dans des ronds points inutiles.

aloes                                             Avant de tuer le projet , ou de le poursuivre peut être faut il analyser quel sont les facteurs qui peuvent permettre d’ en réduire le coût de façon drastique …quelle sont les technologies qui peuvent permettre d’améliorer le rendement ?a titre d’exemple le prix des panneaux standards a été réduit de 10 fois en 10ans ..Il y a des technologies concurrentes à l’étude , comme le revêtement actif, qui vise à utiliser toute la chaussée avec des rendements faibles ..

 

  • olivierdanielo               France’s Solar Roads Plan a Costly, Inefficient Boondoggle https://www.equities.com/news/france-s-solar-roads-plan-a-costly-inefficient-boondoggle
  • cathelinedebonnet
  • @Frédéric Martin :      Je suis pour l’énergie solaire (j’ai même travaillé un temps dans cette industrie)… mais il est important de répéter régulièrement que cette idée de revêtement de route « solaire » est TOTALEMENT ABSURDE. Installation et entretien hors de prix, rendement ridicule, optimisation inexistante, encrassement… Les mêmes panneaux installés en bordure de route, ou entre les routes… serait bien plus intéressants. Deux excellentes vidéos sur le même genre de scam aux US: https://www.youtube.com/watch?v=6-ZSXB3KDF0 et https://www.youtube.com/watch?v=Mzzz5DdzyWY. Utiles pour mettre fin à l’ignorance et aux emballements médiatiques quand on souhaite VRAIMENT s’informer. Beaucoup plus de panneaux solaires, oui, on peut être partant, mais pas n’importe comment. Au final, ce genre de projet ne pourra que servir de contre exemple et de sujet de moquerie. … Et j’ajouterais que les véhicules ne sont pas transparents, et quand ils se suivent l’un derrière l’autre il reste très peu de surface ensoleiilée. EEVblog #743 – Solar Roadways Test Results YOUTUBE.COM J’aime · Répondre · Supprimer l’aperçu · À l’instant · Modifié Catheline De Bonnet Catheline De Bonnet J-p Bristolian Delamotte ·                   Complètement d’accord, quand on sait que les panneaux produisent seulement lorsqu’ils sont éclairés, et qu’une ligne de panneaux solaires baisse sa production si une ombre vient intérragir dans le champs d’un seul panneau, alors j’imagine pas avec des
  • quentintin                        sceptique.. l’asphalte classique absorbe en partie l’eau lorsqu’il pleut, avec ce revêtement complètement étanche je me demande ce que devient la tenue de route et l’évacuation de l’eau par temps de pluie. De plus les procédés de fabrication de ce liant / colle sont surement loin d’être « écologiques » (même si l’asphalte n’est certainement pas un bon exemple), et je n’ose même pas imaginer le prix de telles infrastructures !

 

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