Les ripoux de finance

Un commentaire


4Madrange, William Saurin: l’État à la rescousse de Financière Turenne Lafayette après le maquillage de ses comptes

Bercy

Bercy © Sipa Press

Un audit commandé par le nouveau président du groupe, Éric de Gouvello, a permis de mettre à jour cette falsification des comptes. Monique Piffaut, ancienne dirigeante aujourd’hui décédée aurait voulu cacher la mauvaise situation financière de la firme propriétaire de Madrange, William Saurin et Garbit afin de continuer à obtenir des financements de la part des banques.

L’État s’est dit prêt à se rendre au chevet de Financière Turène Lafayette. Quelques heures avant cette annonce, mercredi 14 décembre, le géant alimentaire signalait avoir découvert par le biais d’un audit que ses comptes étaient truqués depuis plusieurs années afin d’embellir la situation économique du groupe qui rencontrait des difficultés. « Si besoin, il y aura un soutien financier de l’État pour s’assurer effectivement qu’on évite un scénario de liquidation judiciaire », ont fait savoir lors d’une conférence téléphonique des représentants du ministère de l’Agriculture et du secrétaire d’État à l’Industrie.

Pas de risque pour l’emploi. Pour l’heure, Stéphane Le Foll et Christophe Sirugue ont affirmé qu’il n’y avait « pas de risque immédiat pour l’emploi ». Les autorités se bornent donc à assurer un soutien opérationnel, afin de « maintenir un niveau de confiance dans le groupe pour que les clients, les banques et les fournisseurs ne prennent pas la fuite ».

Présentation trompeuse des comptes. C’est un audit diligenté par le nouveau président du groupe, Éric de Gouvello, qui a permis de découvrir le pot aux roses. Ce dernier a pris les commandes de la firme propriétaire de William Saurin, Madrange ou encore Garbit, à la suite du décès le 30 novembre de Monique Piffaut, propriétaire et actionnaire unique du groupe. « Les premières constatations laissent apparaître une présentation trompeuse des comptes depuis plusieurs années, dans un contexte très dégradé pour la filière agroalimentaire en général et pour certaines filiales du groupe en particulier », a indiqué la firme dans un communiqué diffusé mercredi.

D’après les conclusions de l’audit préliminaire, Financière Turène Lafayette « arrangeait ses comptes en fin d’année en passant des écritures comptables en face desquelles il y avait soit de fausses facturations soit de fausses avances sur stock », explique-t-on à Bercy. Cette vérification n’a cependant pas permis de se rendre compte de l’ampleur de ces pratiques.

Fondé au début des années 90, la société s’est progressivement étendue et emploie environ 3.000 personnes pour génèrer un chiffre d’affaires de près de 900 millions d’euros. Le groupe est en particulier très présent dans la charcuterie et toutes marques confondues (marques du groupe et marques distributeur), il représente près d’une tranche de jambon sur trois vendues en France.

L’Etat prêt à secourir la maison mère de William Saurin

La Financière Turenne Lafayette, maison mère de plusieurs marques d’agroalimentaire (Garbit, Madrange…), aurait embelli ses comptes pendant plusieurs années.

LE MONDE ECONOMIE Laurence Girard

Produits des marques appartenant à la Financiere Turenne Lafayette, au siège de la holding, en décembre.

Moins de deux semaines après le décès, à 78 ans, de Monique Piffaut, l’entreprise agroalimentaire qu’elle a créée au début des années 1990 suscite une polémique. Deux communiqués publiés coup sur coup mercredi 14 décembre ont jeté une lumière crue sur le groupe. Ils laissent entendre que la maison mère de William Saurin, Madrange ou Garbit est dans une situation financière plus que délicate et évoquent sans fard des pratiques comptables douteuses.

Le premier, diffusé par la holding elle-même, la Financière Turenne Lafayette, dont Mme Piffaut était l’actionnaire unique, révèle « une présentation trompeuse des comptes depuis plusieurs années, dans un contexte très dégradé pour la filière agroalimentaire ». Il s’agit du résultat d’un audit sur la situation financière et économique du groupe diligenté par Eric Le Gouvello, qui a officiellement succédé à Mme Piffaut à la présidence le 6 décembre.

3 200 emplois directes et 1 500 indirects concernés

Les premières conclusions de cet audit ont été livrées à la connaissance du gouvernement lundi 12 décembre au soir. Elles semblent l’avoir suffisamment inquiété pour que le ministère de l’économie et celui de l’agriculture publient à leur tour un communiqué commun affirmant leur soutien à l’entreprise agroalimentaire. Ils soulignent que « des audits sont en cours pour clarifier au plus vite la situation exacte du groupe et déterminer l’ampleur et le détail des difficultés économiques et des pratiques constatées ». Le parquet de Paris a été saisi de l’affaire pour déterminer les responsabilités.

Les ministères ont expliqué qu’à leur connaissance il n’y avait pas eu d’enrichissement personnel, précisant toutefois « que les informations étaient données sous toute réserve ». Les comptes auraient été embellis pour masquer les difficultés de l’entreprise auprès des établissements qui la finançaient. Des écritures comptables seraient apparues fictives, justifiées par des fausses factures ou de fausses avances sur stock. Elles porteraient sur « quelques pourcents du chiffre d’affaires ».

Le gouvernement met en avant le poids de l’entreprise, « qui commercialise une tranche de jambon sur trois et une sur deux en marque distributeur », pour justifier son empressement et sa volonté de frapper fort. Mais souligne aussi les 3 200 emplois directs et les 1 500 emplois indirects liés à la Financière Turenne Lafayette, sans oublier les filières agricoles, en particulier la filière porcine, concernées de près par cette affaire.

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Invité sur RMC jeudi 15 décembre, le ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll, a assuré que « l’Etat [allait] garantir la poursuite de l’activité et de l’emploi à William Saurin ». Dans le communiqué, le gouvernement se dit prêt à « aider financièrement l’entreprise » si nécessaire en puisant dans le Fonds de développement économique et social.

L’insatiable appétit de la « reine de la conserve »

En fait, le dossier de la Financière Turenne Lafayette était depuis quelque temps déjà sur le bureau du Comité interministériel de restructuration industrielle. Sa situation économique tendue était connue, et l’inquiétude montait parmi les salariés et les syndicats. Force ouvrière a annoncé mercredi qu’il lançait une procédure d’alerte.

Mais Mme Piffaut, secondée depuis quelques années par Denis Michault, le directeur général, a construit son entreprise en cultivant le secret. Elle a démarré son aventure de chef d’entreprise passé la cinquantaine, en rachetant des sociétés, souvent à la barre du tribunal ou lorsque leur actionnaire était dans l’obligation de les céder. Sa première acquisition, les Délices du palais, a été bouclée en 1992. Mais le premier coup de maître fut le rachat de William Saurin, en 2001.

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La « reine de la conserve » diversifia ensuite son activité dans la charcuterie en décrochant des marques comme Paul Prédault ou Madrange. Elle semblait ne jamais être rassasiée. En 2014 encore, elle ajouta deux sites industriels bretons du salaisonnier Jean Caby à sa collection. Mais elle a aussi vu des proies lui échapper, à l’image de Père Dodu.

Cette stratégie d’acquisitions à marche forcée devait lui donner une taille suffisante pour peser face à la grande distribution. Elle s’était fixé la barre du milliard d’euros de chiffre d’affaires. Aujourd’hui encore, l’entreprise se refuse à livrer ses résultats 2015, consentant juste à dire qu’elle tablait sur un chiffre d’affaires de 900 millions d’euros pour 2016.

De possibles convoitises

La Financière Turenne Lafayette, qui travaille beaucoup sous marques de distributeur, souffre de la guerre des prix sur le marché de la charcuterie. En août, elle a fermé son usine de jambon de Blois qui employait 106 personnes, et sa marque phare William Saurin avait pris de plein fouet la crise de la viande de cheval vendue à la place de la viande de bœuf en 2013. L’entreprise avait aussi tenté de se placer sur le marché des salades, sans rencontrer le succès escompté.

Mais l’entreprise possède des marques fortes et pourrait susciter des convoitises. Selon ses dernières volontés, et alors qu’elle n’a pas d’héritier, Mme Piffaut, pour qui son entreprise était toute sa vie, souhaitait que celle-ci lui survive et que l’ensemble du capital soit transféré à une fondation caritative… M. Le Gouvello écrira la suite de l’histoire. Dans son communiqué, le groupe évoque entre autres une « ouverture du capital ». Ou comment tourner la page de l’ère Piffaut.

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Madrange, William Saurin et Garbit dans la tourmente

Avec près de 3.000 emplois directs, et un milliard d’euros de chiffre d’affaires annuel, la Financière Turenne Lafayette est un poids lourd de l’agroalimentaire dans en France…

Madrange, William Saurin et Garbit dans la tourmente

Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Financière Turenne Lafayette, propriétaire de Madrange, William Saurin ou Garbit, se retrouve dans l’oeil du cyclone après la découverte de pratiques comptables frauduleuses qui ont duré plusieurs années. L’affaire est suffisamment grave pour que l’Etat s’empare du dossier, au-delà de l’enquête judiciaire qui a été lancée…

Avec près de 3.000 emplois directs, et un milliard d’euros de chiffre d’affaires annuel, le groupe est un poids lourd de l’agroalimentaire dans en France.

Présentation trompeuse

Les faits ont été découverts après le décès de l’emblématique patronne de la société, Monique Piffaut, dans le cadre d’un audit conduit par le nouveau directeur général Eric Le Gouvello.

Les premières constatations laissent apparaître une présentation trompeuse des comptes depuis plusieurs années, dans un contexte très dégradé pour la filière agroalimentaire en général et pour certaines filiales du groupe en particulier, a fait savoir le holding, qui va devoir s’employer à trouver des solutions de financement alternatives et à restaurer la confiance des milieux financiers…

L’Etat va s’impliquer

L’Etat, informé de ces pratiques par le groupe, « prendra ses responsabilités » pour accompagner la direction et les salariés du groupe qui emploie 3.000 personnes et 1.500 intérimaires et prestataires, précisent Stéphane Le Foll (Agroalimentaire), Michel Sapin (Economie) et Christophe Sirugue (Industrie).

Des réunions avec les clients, les fournisseurs et les banques seront organisées à brève échéance, précise le communiqué du gouvernement. Une rencontre avec les organisations syndicales sera également organisée dans les prochains jours…

William Saurin: Après la découverte de comptes truqués, l’Etat au secours de la maison mère

ENTREPRISE Le groupe Financière Turenne Lafayette emploie 3 200 salariés sur 21 sites industriels…

Le groupe Financière Turenne Lafayette est propriétaire des marques William Saurin, Garbit et Madrange.
Le groupe Financière Turenne Lafayette est propriétaire des marques William Saurin, Garbit et Madrange. – ERIC PIERMONT

20 Minutes avec AFP

Près de 3.000 emplois sont en jeu. Après la révélation de comptes truqués, l’Etat a promis ce mercredi d’aider financièrement le groupe Financière Turenne Lafayette, propriétaire des marques William Saurin, Garbit et Madrange, pour lui éviter la liquidation judiciaire.

Le décès le 30 novembre de Monique Piffaut, propriétaire et actionnaire unique de Financière Turenne Lafayette, a été le déclencheur de la découverte du maquillage des comptes de ce groupe inconnu du grand public qui détient aussi les jambons Madrange et Le Foué de Paul Prédault.

3 200 salariés des 21 sites industriels

Nommé début décembre président du groupe en remplacement de Monique Piffaut, Eric le Gouvello, spécialiste de conseil en stratégie, avait diligenté un audit sur sa situation économique et financière. « Les premières constatations laissent apparaître une présentation trompeuse des comptes depuis plusieurs années, dans un contexte très dégradé pour la filière agroalimentaire en général et pour certaines filiales du groupe en particulier », a indiqué la société dans un communiqué.

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Ces révélations sont un coup de tonnerre pour les 3 200 salariés des 21 sites industriels français du groupe qui visait un chiffre d’affaires de 900 millions d’euros en 2016.

Plusieurs pistes de financement

L’Etat a annoncé qu’il allait tout faire pour éviter sa disparition en assurant une aide en trésorerie. « S’il y en a besoin il y aura un soutien financier de l’Etat pour s’assurer qu’on évite un scénario de liquidation judiciaire. Pour nous c’était important d’apporter cette assurance aux fournisseurs, aux clients et aux salariés », ont indiqué mercredi les ministères de l’Agriculture et de l’Economie, lors d’une conférence téléphonique.

La direction de l’entreprise affirme aussi qu’elle se mobilise « pour rechercher les voies et moyens d’assurer la poursuite des activités et conserver les emplois des entreprises du groupe », selon son communiqué. « Plusieurs pistes sont envisagées, parmi lesquelles la recherche de nouveaux moyens de financement, y compris au travers de l’ouverture du capital », assurent les dirigeants.

Agroalimentaire. Financière Turenne Lafayette épinglée
  Financière Turenne Lafayette a repris en 2015 les deux usines finistériennes de Jean Caby. Financière Turenne Lafayette, la maison-mère de William Saurin, Madrange ou la Société lampaulaise de salaisons, a truqué ses comptes « depuis plusieurs années », selon un audit. L’État a promis d’aider financièrement le groupe agroalimentaire qui compte 3.200 salariés.
1. Que pèse le groupe Financière Turenne Lafayette ? Inconnu du grand public, ce groupe est pourtant un poids lourd de l’agroalimentaire français. Il détient des marques bien identifiées : William Saurin, Garbit, Madrange ou bien encore Le Foué de Paul Prédault… Financière Turenne Lafayette est également implantée en Bretagne, où elle a racheté en 2015 deux sites finistériens de Jean Caby (Lampaul-Guimiliau et Ergué-Gabéric). Renommée depuis la Société lampaulaise de salaisons (SLS), cette entité comprend également les ex-salaisons de l’Arrée à Brennilis (29) qui fermeront d’ici à trois mois. Au total, le groupe compte 21 sites industriels dans l’Hexagone et emploie 3.200 salariés, dont 650 salariés en Bretagne (430 en CDI à Lampaul-Guimiliau, 80 à Brennilis et 130 Ergué-Gabéric).
2. Que lui reproche-t-on ? Un audit a révélé que les comptes étaient truqués depuis des années. Le décès le 30 novembre de Monique Piffaut, à l’âge de 78 ans, propriétaire et actionnaire unique de la Financière Turenne Lafayette, a été le déclencheur de la révélation du maquillage des comptes. Nommé début décembre président du groupe, Eric Le Gouvello, spécialiste du conseil en stratégie, avait diligenté cet audit dès son arrivée. « Le groupe arrangeait depuis de longues années ses comptes en fin d’année, en passant des écritures comptables qui étaient soit de fausses facturations, soit de fausses avances sur stocks », ont expliqué des représentants des ministères de l’Agriculture et de l’Économie, qui suivent de très près le dossier.
3. Que va-t-il se passer maintenant ? La justice a été saisie et les pouvoirs publics se mobilisent pour sauver l’emploi, a annoncé hier Bercy. L’annonce est un coup de tonnerre pour les salariés du groupe et l’État a rapidement annoncé qu’il allait tout faire pour éviter la liquidation judiciaire du groupe. « S’il y en a besoin, il y aura un soutien financier de l’État », ont indiqué les ministères de l’Agriculture et de l’Économie. « Des réunions avec les clients, les fournisseurs et les banques seront organisées à brève échéance. Une rencontre avec les organisations syndicales sera également organisée », précise Bercy. Pour sa part, la direction indique qu’elle se mobilise « pour rechercher les voies et moyens d’assurer la poursuite des activités et conserver les emplois ». Plusieurs pistes sont envisagées, parmi lesquelles la recherche de nouveaux moyens de financement, y compris une ouverture du capital. Informé hier, par un communiqué de la direction du groupe, Frédéric Huon, délégué syndical central CFDT de la Société lampaulaise de salaisons, se dit assez surpris par cette révélation. « Déjà, on peut se féliciter que la nouvelle direction ait pris l’initiative de faire cet audit », note le délégué syndical. « On a demandé de rencontrer rapidement le nouveau P-DG pour avoir davantage de précisions et on a déjà une réunion programmée avec l’expert-comptable », ajoute-t-il. De son côté, la défunte propriétaire a légué sa fortune à une fondation pour l’enfance « en cours de constitution ». En 2013, sa fortune personnelle avait été estimée à 380 millions d’euros, selon le magazine Challenges.

© Le Télégramme – Plus d’information sur http://www.letelegramme.fr/economie/agroalimentaire-financiere-turenne-lafayette-epinglee-15-12-2016-11331694.php

Agroalimentaire : les comptes de la maison mère de William Saurin truqués

JT 20H – Rude journée pour les salariés de William Saurin. Ce mercredi matin, les délégués du personnel ont pris un coup de massue après la découverte des comptes truqués de la maison mère, Financière Turenne Lafayette, du temps de l’ère de l’ancienne propriétaire, décédée en novembre dernier. Le nouveau président a annoncé une « présentation trompeuse des comptes depuis plusieurs années », alors que 3.200 emplois sont désormais menacés. Face à l’ampleur de la situation, l’Etat a assuré qu’une aide en trésorerie sera fournie si nécessaire au groupe agroalimentaire.

L’Etat au secours de la maison mère de William Saurin dont les comptes étaient truqués

Le groupe arrangeait depuis de longues années ses comptes en fin d'année en passant des écritures comptables qui étaient soit de fausses facturations, soit de fausses avances sur stock.
Le groupe arrangeait depuis de longues années ses comptes en fin d’année en passant des écritures comptables qui étaient soit de fausses facturations, soit de fausses avances sur stock. PHOTO/AFP Eric Piermont

L’Etat a promis mercredi d’aider financièrement le groupe propriétaire des marques William Saurin, Garbit et Madrange, Financière Turenne Lafayette pour lui éviter la liquidation judiciaire, après la révélation que ses comptes étaient truqués depuis des années.

Le gouvernement a également annoncé que la justice avait été saisie et qu’il était mobilisé pour éviter la disparition de plus de 3.000 emplois. Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire depuis le 12 novembre et la Brigade financière a été saisie, à la suite d’un signalement par un administrateur du tribunal de commerce, a précisé à l’AFP une source proche de l’enquête.

Le décès le 30 novembre de Monique Piffaut, propriétaire et actionnaire unique de Financière Turenne Lafayette, a été le déclencheur de la découverte du maquillage des comptes de ce groupe inconnu du grand public qui détient aussi les jambons Madrange et Le Foué de Paul Prédault. Nommé début décembre président du groupe en remplacement de Mme Piffaut, Eric le Gouvello, spécialiste de conseil en stratégie, avait diligenté un audit sur sa situation économique et financière.

« Les premières constatations laissent apparaître une présentation trompeuse des comptes depuis plusieurs années, dans un contexte très dégradé pour la filière agroalimentaire en général et pour certaines filiales du groupe en particulier », a indiqué la société dans un communiqué. Ces révélations sont un coup de tonnerre pour les 3.200 salariés des 21 sites industriels français du groupe qui visait un chiffre d’affaires de 900 millions d’euros en 2016.

L’Etat a annoncé qu’il allait tout faire pour éviter sa disparition en assurant une aide en trésorerie. « S’il y en a besoin il y aura un soutien financier de l’Etat pour s’assurer qu’on évite un scénario de liquidation judiciaire. Pour nous c’était important d’apporter cette assurance aux fournisseurs, aux clients et aux salariés », ont indiqué mercredi les ministères de l’Agriculture et de l’Economie, lors d’une conférence téléphonique.

  • Fausses facturations

« Le groupe arrangeait depuis de longues années ses comptes en fin d’année en passant des écritures comptables qui étaient soit de fausses facturations, soit de fausses avances sur stock », ont expliqué les représentants des deux ministères. Les comptes étaient « embellis » pour masquer les difficultés, mais il n’y a « pas de malversation à notre connaissance », ont-ils ajouté, estimant que le redressement allait « prendre plusieurs semaines et plusieurs mois ».

La direction de l’entreprise affirme aussi qu’elle se mobilise « pour rechercher les voies et moyens d’assurer la poursuite des activités et conserver les emplois des entreprises du groupe », selon son communiqué. « Plusieurs pistes sont envisagées, parmi lesquelles la recherche de nouveaux moyens de financement, y compris au travers de l’ouverture du capital », assurent les dirigeants.

Après le décès de Mme Piffaut fin novembre, un porte-parole du groupe avait déclaré à l’AFP: « Il n’y a pas de risque de démantèlement car la propriétaire, très attachée aux entreprises, avait exprimé sa volonté. » Malgré ces assurances, le syndicat Fnaf-CGT avait dit craindre un démantèlement. « L’intégrité du groupe doit être sauvegardée », avait-il réclamé en avertissant que « le dépeçage par les vautours de la profession serait inacceptable et signifierait de nouvelles purges » pour les salariés.

De son côté, la défunte propriétaire a légué sa fortune à une fondation pour l’enfance « en cours de constitution », selon une source proche du dossier. En 2013, sa fortune personnelle avait été estimée à 380 millions d’euros selon le magazine Challenges, occupant ainsi le 135e rang en France.

Le groupe agroalimentaire s’est constitué à partir de 1991 avec le rachat de l’entreprise « Les délices du palais » dans le Périgord, puis par croissance externe dans le secteur des salaisons, foie gras et plats cuisinés en régions. Se sont ensuite jointes les charcuteries, avec une tranche sur trois de jambon vendue en grande surface venant du groupe.

William Saurin a été racheté en 2001 et Madrange en 2011. Un des derniers rachats, en 2015, portait sur deux sites bretons de charcuterie cuite de Jean Caby.

William Saurin, Garbit… La grande intoxication

Philippe Brochen et Franck Bouaziz
A la conserverie William Saurin de Lagny-sur-Marne (Seine-et-Marne). Le groupe emploie 3 200 salariés.A la conserverie William Saurin de Lagny-sur-Marne (Seine-et-Marne). Le groupe emploie 3 200 salariés. Photo Studio Pons. Photononstop

Manipulation de comptes, présentation de faux bilans… Quelques jours après le décès de l’unique actionnaire du groupe la Financière Turenne Lafayette, d’incroyables irrégularités apparaissent.

Il y avait un os dans le cassoulet. La Financière Turenne Lafayette – qui possède des marques aussi connues que William Saurin, les plats cuisinés Garbit ou les charcuteries Madrange et Paul Prédault, aurait truqué ses comptes depuis plusieurs années. Objectif : rassurer clients et fournisseurs, obtenir des lignes de crédit supplémentaires de ses banquiers. Selon nos informations, le parquet de Paris a ouvert lundi une enquête préliminaire pour faire la lumière sur ces agissements. La manipulation des comptes et la présentation de faux bilans ne sont pas très bien vues par le code pénal.

L’affaire a été révélée à la suite du décès de l’unique actionnaire de l’entreprise, Monique Piffault, le 30 novembre. La présidente du groupe n’a pas d’héritier et a décidé de léguer l’ensemble de son patrimoine à une fondation. Les exécuteurs testamentaires de la Financière Turenne Lafayette décident alors de nommer un patron provisoire, Eric le Gouvello, pour assurer la transition. Sitôt installé dans son fauteuil, le dirigeant décide, assez classiquement, de lancer un audit pour se faire une idée de la situation financière de la maison.

Audit. C’est à ce moment-là que les choses se gâtent. Le passage au peigne fin des comptes révélerait que durant plusieurs années «des fausses factures et de fausses écritures» ont été utilisées pour gonfler le chiffre d’affaires. Impossible de consulter les comptes, et pour cause : ils n’ont pas été déposés au greffe du tribunal de commerce depuis au moins trois ans. La réalité des finances du groupe serait donc beaucoup moins reluisante que ce que disaient jusqu’à présent les chiffres. Plutôt inquiets, les nouveaux dirigeants tirent la sonnette d’alarme au ministère de l’Economie et saisissent le Comité interministériel de restructurations industrielles (Ciri). Un service de Bercy qui joue les pompiers pour les entreprises en difficulté. A ce stade, les hauts fonctionnaires du ministère de l’Economie ont deux obsessions : ne pas couvrir des malversations et éviter que les difficultés de la Financière Turenne Lafayette, incontournable dans le secteur agroalimentaire, ne se répercutent sur les fournisseurs et les clients.

Le groupe, qui visait 900 millions d’euros de chiffre d’affaires cette année, emploie 3 200 salariés dans 21 sites industriels, en Bretagne, dans la région Centre et le Sud-Ouest. Une tranche de jambon sur trois vendue dans l’Hexagone sort de ses usines.

Du côté du ministère de l’Agriculture, on tombe des nues car rien ne laissait présager pareille situation. «Nous avons été mis au courant de la situation lundi soir à la suite de l’audit commandé par Eric le Gouvello, reconnaît le cabinet de Stéphane Le Foll. Mais, en l’état, nous n’en savons pas davantage.» Pour les pouvoirs publics, «l’intérêt de communiquer est de rassurer les créanciers du groupe et les salariés des usines». L’idée est aussi d’éviter que «les fournisseurs et clients se détournent de la Financière Turenne Lafayette».

Côté syndical, on tombe aussi de l’armoire. «Oui, je suis surprise de la situation financière», reconnaît Dorothée Unterberger, secrétaire fédérale de la Fnaf-CGT (1). «Même si on ne peut pas se fier aux déclarations de la direction au comité central d’entreprise, jamais aucun de nos élus ne nous a fait part de quoi que ce soit.» Mais l’étonnement n’est pas total : «On connaît les stratégies qui sont mises en œuvre dans les groupes par rapport à des comptabilités dans le rouge.» Désormais, l’objectif de la Fnaf-CGT, qui veut avant tout «éviter le démantèlement du groupe que cette situation peut entraîner», est d’appeler à «une réunion en urgence avec le ministre de l’Agriculture puis la mise en place d’une expertise comptable indépendante».

Tensions. L’une des questions principales qui va se poser sera de comprendre comment les chiffres de la Financière Turenne Lafayette ont pu être truqués durant des années sans que les commissaires aux comptes ne le détectent. Car la mission de ces derniers est en principe de certifier qu’ils soient «sincères et véritables». Pour comprendre comment pareille situation a pu perdurer, Libé a interrogé Price Waterhouse Coopers et le cabinet Mazars, deux poids lourds de l’audit qui ont certifié les bilans de la Financière Turenne Lafayette. Seul Mazars s’est contenté de préciser qu’il a «bien constaté des tensions de trésorerie depuis quelques années» et qu’il «se tient à la disposition des enquêteurs».

Il semblerait que le groupe, engagé depuis plusieurs années dans des rachats successifs d’entreprises, se soit lancé dans des diversifications risquées. Au-delà de son métier traditionnel, il a investi dans les salades haut de gamme vendues dans la grande distribution. Activité qui, selon le ministère de l’Industrie, l’aurait mis en danger.

(1) Fédération nationale agroalimentaire et forestière.

L’État vole au secours de la maison mère de William Saurin

3 200 emplois sont menacés suite à la découverte de comptes truqués.

L’État va voler au secours de la Financière Turenne Lafayette, une société menacée par la liquidation judiciaire. Le nom de ce groupe alimentaire ne dit sans doute rien aux consommateurs, mais il possède des marques bien connues : William Saurin, Le Foué, Paul Prédault ou encore Madrange.

Pas question pour les pouvoirs publics de voir disparaitre 3 200 emplois. C’est pourquoi les ministères de l’Économie et de l’Agriculture ont convenu d’apporter une aide financière à l’entreprise, pour préserver l’emploi et assurer les clients et fournisseurs de leur soutien. Les montants n’ont pas encore été chiffrés, l’État devant examiner les comptes.

L’audit qui dévoile le pot aux roses

L’audit commandé par la direction du groupe, suite au décès de la propriétaire et actionnaire unique de l’entreprise Monique Piffaut, a permis de mettre au jour un maquillage des comptes qui durait depuis plusieurs années. Fausses factures et fausses avances étaient la règle pour camoufler les difficultés du groupe…

La trésorerie prise en charge par l’État

Si l’État va prendre à sa charge une partie de la trésorerie de la Financière, la direction de la société recherche « les voies et moyens d’assurer la poursuite des activités et conserver les emplois des entreprises du groupe ». Cela passera par « de nouveaux moyens de financement, y compris au travers de l’ouverture du capital ».

Les comptes de Financière Turenne Lafayette étaient truqués depuis plusieurs années

MARIE CADOUX |

Moins de deux semaines après le décès, le 2décembre 2016, de Monique Piffaut, unique actionnaire de Financière Turenne Lafayette, le premier audit diligenté sur la situation économique et financière du groupe qui détient notamment William Saurin, Madrange et Garbit, fait état d’une présentation truquée des comptes depuis plusieurs années. La justice a été saisie du dossier.

Monique Piffaut, unique actionnaire de Financière Turenne Lafayette est décédée le é décembre 2016Monique Piffaut, unique actionnaire de Financière Turenne Lafayette est décédée le é décembre 2016© DR

Il y a des baptêmes de feu dont on se passerait. Après le décès de Monique Piffaut le 2 décembre 2016, actionnaire unique de Financière Turenne Lafayette, la tâche qui attend Eric le Gouvello, nommé à la présidence  du groupe le 7 décembre 2016, n’est assurément pas simple. Agé de 67 ans, ce spécialiste du conseil en stratégie va devoir composer avec les premières conclusions de l’audit diligenté sur la situation économique et financière du groupe.

Selon un communiqué de Financière Turenne Lafayette diffusé ce mercredi 14 décembre 2016, « les premières constatations laissent apparaitre une présentation trompeuse des comptes depuis plusieurs années, dans un contexte très dégradé pour la filière agroalimentaire en général et pour certaines filiales du groupe en particulier ».

Le groupe qui compte 21 sites industriels est présent sur le marché de la charcuterie, des plats cuisinés et des produits traiteurs frais à travers ses différentes marques et notamment William Saurin et Madrange.

« La nouvelle direction se mobilise pour rechercher les voies et moyens d’assurer la poursuite des activités et conserver les emplois des entreprises du Groupe, dans l’objectif d’assurer sa pérennité et de conforter son positionnement stratégique », indique Financière Turenne Lafayette.

« A ce stade, plusieurs pistes sont envisagées, parmi lesquelles la recherche de nouveaux moyens de financement, y compris au travers de l’ouverture du capital », précise le groupe.

En attendant, la justice a été saisie du dossier pour mener les investigations nécessaires, et déterminer les responsabilités et les causes de ces pratiques.

Dans un communiqué, le ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt n’a pas tardé à réagir :  « Face à cette situation, qui représente un risque pour la pérennité du groupe et afin de s’assurer de pouvoir préserver les 3 000 emplois directs et les 1 500 emplois intérimaires et prestataires, l’Etat prendra ses responsabilités pour accompagner la nouvelle direction et les salariés, et se mobilisera (…) pour soutenir l’entreprise dans cette période ».

Une rencontre doit avoir lieu très prochainement avec les syndicats, ainsi que des réunions avec les clients, les fournisseurs et les banques.

Comptes truqués : le groupe Financière Turenne Lafayette menacé

Un audit vient de révéler que les comptes du groupe Financière Turenne Lafayette, la maison mère de William Saurin, ont été truqués depuis des années par la propriétaire récemment décédée.

Comptes truqués : le groupe Financière Turenne Lafayette menacé</a>

Vous connaissez forcément le cassoulet William Saurin, le couscous Garbit ou le jambon Madrange. Ses marques appartiennent au groupe Financière Turenne Lafayette. Aujourd’hui le chiffre d’affaires de l’ensemble pèse 900 millions d’euros. Sur le papier, c’est une belle réussite. Mais, suite au décès de sa propriétaire, Monique Piffaut, la nouvelle direction a commandé un audit. C’est le choc, les comptes ont été truqués depuis des années, ce qui permettait au groupe de recevoir toujours des financements des banques.

L’État assure qu’il viendra en aide au groupe

Le groupe représente 3 000 emplois directs ainsi que1 500 intérimaires et prestataires. Son avenir est aujourd’hui menacé et Bercy a promis mercredi 14 décembre qu’il trouvera des solutions. Pour préserver ses emplois, le groupe devra forcément se redresser.

L’avenir de William Saurin et Madrange menacé

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Les produits de la Financière Turenne Lafayette présentés à son siège parisien le 14 décembre 2016 (AFP/ERIC PIERMONT)

L’Etat a promis mercredi d’aider financièrement le groupe propriétaire des marques William Saurin, Garbit et Madrange, Financière Turenne Lafayette pour lui éviter la liquidation judiciaire, après la révélation que ses comptes étaient truqués depuis des années.

Le gouvernement a également annoncé que la justice avait été saisie et qu’il était mobilisé pour éviter la disparition de plus de 3.000 emplois.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire depuis le 12 novembre et la Brigade financière a été saisie, suite à un signalement par un administrateur du tribunal de commerce, a précisé à l’AFP une source proche de l’enquête.

Le décès le 30 novembre de Monique Piffaut, propriétaire et actionnaire unique de Financière Turenne Lafayette, a été le déclencheur de la découverte du maquillage des comptes de ce groupe inconnu du grand public qui détient aussi les jambons Madrange et Le Foué de Paul Prédault.

Nommé début décembre président du groupe en remplacement de Mme Piffaut, Eric le Gouvello, spécialiste de conseil en stratégie, avait diligenté un audit sur sa situation économique et financière.

« Les premières constatations laissent apparaître une présentation trompeuse des comptes depuis plusieurs années, dans un contexte très dégradé pour la filière agroalimentaire en général et pour certaines filiales du groupe en particulier », a indiqué la société dans un communiqué.

Ces révélations sont un coup de tonnerre pour les 3.200 salariés des 21 sites industriels français du groupe qui visait un chiffre d’affaires de 900 millions d’euros en 2016.

« S’il y en a besoin, il y aura un soutien financier de l’Etat », ont assuré Bercy et le ministère de l’Agriculture (AFP/Archives/JOEL SAGET)

L’Etat a annoncé qu’il allait tout faire pour éviter sa disparition en assurant une aide en trésorerie.

« S’il y en a besoin il y aura un soutien financier de l’Etat pour s’assurer qu’on évite un scénario de liquidation judiciaire. Pour nous c’était important d’apporter cette assurance aux fournisseurs, aux clients et aux salariés », ont indiqué mercredi les ministères de l’Agriculture et de l’Economie, lors d’une conférence téléphonique.

– Fausses facturations –

« Le groupe arrangeait depuis de longues années ses comptes en fin d’année en passant des écritures comptables qui étaient soit de fausses facturations, soit de fausses avances sur stock », ont expliqué les représentants des deux ministères.

Les comptes étaient « embellis » pour masquer les difficultés, mais il n’y a « pas de malversation à notre connaissance », ont-ils ajouté, estimant que le redressement allait « prendre plusieurs semaines et plusieurs mois ».

La direction de l’entreprise affirme aussi qu’elle se mobilise « pour rechercher les voies et moyens d’assurer la poursuite des activités et conserver les emplois des entreprises du groupe », selon son communiqué.

« Plusieurs pistes sont envisagées, parmi lesquelles la recherche de nouveaux moyens de financement, y compris au travers de l’ouverture du capital », assurent les dirigeants.

Après le décès de Mme Piffaut fin novembre, un porte-parole du groupe avait déclaré à l’AFP: « Il n’y a pas de risque de démantèlement car la propriétaire, très attachée aux entreprises, avait exprimé sa volonté ».

Malgré ces assurances, le syndicat Fnaf-CGT avait dit craindre un démantèlement. « L’intégrité du groupe doit être sauvegardée », avait-il réclamé en avertissant que « le dépeçage par les vautours de la profession serait inacceptable et signifierait de nouvelles purges » pour les salariés.

De son côté, la défunte propriétaire a légué sa fortune à une fondation pour l’enfance « en cours de constitution », selon une source proche du dossier. En 2013, sa fortune personnelle avait été estimée à 380 millions d’euros selon le magazine Challenges, occupant ainsi le 135e rang en France.

Le groupe agroalimentaire s’est constitué à partir de 1991 avec le rachat de l’entreprise « Les délices du palais » dans le Périgord, puis par croissance externe dans le secteur des salaisons, foie gras et plats cuisinés en régions.

Se sont ensuite jointes les charcuteries, avec une tranche sur trois de jambon vendue en grande surface venant du groupe.

William Saurin a été racheté en 2001 et Madrange en 2011. Un des derniers rachats, en 2015, portait sur deux sites bretons de charcuterie cuite de Jean Caby.

© 2016 AFP

Comptes truqués : l’État au secours de la maison mère de William Saurin

  Julian Merer  (avec AFP)
S'il y en a besoin, il y aura un soutien financier de l'Etat pour s'assurer qu'on évite un scénario de liquidation judiciaire. Pour nous c'était important d'apporter cette assurance aux fournisseurs, aux clients et aux salariés, ont indiqué les cabinets ministériels dans leur communiqué commun.
« S’il y en a besoin, il y aura un soutien financier de l’Etat pour s’assurer qu’on évite un scénario de liquidation judiciaire. Pour nous c’était important d’apporter cette assurance aux fournisseurs, aux clients et aux salariés », ont indiqué les cabinets ministériels dans leur communiqué commun. (Crédits : Capture d’écran Youtube)
Les ministères des Finances et de l’Agriculture ont annoncé qu’ils allaient prendre leurs responsabilités pour accompagner le groupe agroalimentaire Financière Turenne Lafayette qui détient entre autres William Saurin et Madrange, suite à la découverte de pratiques de présentation trompeuse de ses comptes.

Les pouvoirs publics volent au secours de William Saurin et de sa maison mère, la Financière Turenne Lafayette. L’État a indiqué dans un communiqué qu’il allait « prendre ses responsabilités pour accompagner la nouvelle direction et les salariés », après qu’un audit a révélé « une présentation trompeuse des comptes depuis plusieurs années ». Diligenté par le nouveau président du groupe agroalimentaire Financière Turenne Lafayette, cet audit faisait suite au décès de l’actionnaire unique Monique Piffau.

De fausses facturations et de fausses avances sur le stock auraient été retrouvées dans les comptes. Le groupe français a annoncé que le redressement allait prendre plusieurs semaines et plusieurs mois en mettant en avant la non connaissance de ces malversations avant cet audit. Les comptes auraient ainsi été « embellis » afin de masquer certaines difficultés financières.

« Il semblerait que ces tromperies n’avaient pour but que de maintenir le financement du groupe » a ainsi énoncé une porte-parole, cela au sein d’un contexte très difficile dans le secteur agroalimentaire et « pour certaines filiales du groupe en particulier ».

Soutien financier de l’État

Par un communiqué de presse commun des ministères de l’Economie et de l’Agriculture, l’État a rapidement réagi, indiquant vouloir permettre la sauvegarde de 3.000 emplois directs du groupe, répartis sur 21 sites industries. Les représentants des cabinets gouvernementaux ont également annoncé la saisie de la justice afin de déterminer les responsables et les causes de ces pratiques frauduleuses.

« S’il y en a besoin, il y aura un soutien financier de l’Etat pour s’assurer qu’on évite un scénario de liquidation judiciaire. Pour nous c’était important d’apporter cette assurance aux fournisseurs, aux clients et aux salariés », ont indiqué les cabinets ministériels dans leur communiqué commun. Ils ont également annoncé différentes réunions avec les fournisseurs, les clients, les banques et les organisations syndicales dans les prochains jours.

C’est une réelle prise de responsabilité de la part de l’Etat qui va assurer une aide en trésorerie au groupe alimentaire. Cette situation a été considérée comme « un risque pour la pérennité du groupe ».

La crainte d’un démantèlement

Pour l’heure, la direction de l’entreprise affirme aussi qu’elle se mobilise « pour rechercher les voies et moyens d’assurer la poursuite des activités et conserver les emplois des entreprises du groupe », selon son communiqué. Ils ont ainsi annoncé que différentes pistes pouvaient être envisagées, notamment l’ouverture du capital afin de trouver de nouveaux moyens de financement.

Un porte-parole du groupe avait déclaré à l’AFP au lendemain du décès de l’actionnaire: « Il n’y a pas de risque de démantèlement du groupe car la propriétaire, très attachée aux entreprises, avait exprimé sa volonté ». Mais le syndicat Fnaf-CGT craignait d’ores et déjà celui-ci et avait réclamé dans un communiqué la sauvegarde de « l’intégrité du groupe » et voulait éviter « le dépeçage par les vautours de la profession qui serait inacceptable et qui signifierait de nouvelles purges » pour les salariés.

William Saurin : la justice saisie pour des comptes truqués

Le groupe agroalimentaire Financière Turenne Lafayette (William Saurin, Garbit, Madrange…), cherche des solutions pour préserver ses activités et ses emplois, après la publication d’un audit révélant que ses comptes étaient truqués « depuis plusieurs années », a-t-il annoncé. Cet audit a été diligenté par son nouveau président, Eric le Gouvello, nommé début décembre à la suite du décès le 30 novembre de Monique Piffaut, propriétaire et actionnaire unique de Financière Turenne Lafayette, expliqué la société dans un communiqué. « Les premières constatations laissent apparaître une présentation trompeuse des comptes depuis plusieurs années, dans un contexte très dégradé pour la filière agroalimentaire en général et pour certaines filiales du groupe en particulier », rapporte la société. « Il semblerait que ces tromperies n’avaient pour but que de maintenir le financement du groupe », assure toutefois une porte-parole tout en indiquant que l’audit n’est pas encore terminé.

La direction se mobilise aujourd’hui « pour rechercher les voies et moyens d’assurer la poursuite des activités et conserver les emplois des entreprises du groupe », assure la société dans son communiqué. Le ministère des finances a indiqué dans un communiqué séparé que « la justice avait été saisie du dossier pour mener les investigations nécessaires, et déterminer les responsabilités et les causes de ces pratiques ». Surtout, l’Etat prendra « ses responsabilités pour accompagner la nouvelle direction et les salariés » face à cette situation, « qui représente un risque pour la pérennité du groupe et afin de s’assurer de pouvoir préserver les 3 000 emplois directs », indique le ministère. Le groupe emploie au total 3 200 salariés sur 21 sites industriels en France. « Plusieurs pistes sont envisagées, parmi lesquelles la recherche de nouveaux moyens de financement, y compris au travers de l’ouverture du capital », assure le groupe.

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Commentaires

Chris63        Ça va nous faire nous coûter cher encore cette histoire    Carq                           L’argent ? L’Etat va bien devoir le trouver pour éponger les c…ries d’EDF et d’AREVA. Là, on serait plutôt dans les 25 milliards au mini.

« un contexte très dégradé pour la filière agroalimentaire en général », c’est vrai que quand l’on perd un marché proche (la Russie) de 150 millions d’habitants par caprice politique.

Molin            Mais avec quel argent ? , Ah oui …. avec notre dette de 2.145 milliards d’euros
James Palequon

Principe de base qui se vérifie encore aujourd’hui et qu’on a pu constater en maintes occasions telles que la crise de subprime en 2008:
On nationalise les pertes et on privatise les gains.
Et pour faire avaler la pilule aux gogos, le Medef et les financiers claironnent urbi et orbi que c’est la faute à la gôôche qui est par nature incompétente.
Incompétente, mon c…, oui!
En revanche, que beaucoup trop de patrons (pas tous, heureusement) et de banquiers (tous, malheureusement) soient des goinfres et mènent ainsi les entreprises au désastre, ça c’est certain.

fuji                “Une des grandes escroqueries de notre époque, c’est d’avoir fait croire à l’homme de la rue qu’il avait quelque chose à dire.”
baron-de-synclair

Pffittt, quelle pifo-métrie, y’a tout faux d’escritures en bornes au bilan des bonnes pitances…                                                                                                                                           ivo                                 Une partie de sa fortune personnelle doit être saisie et réinjectées dans le groupe .Ce n’est pas à l’état de payer alors que cette fortune à été constituée a partir du même groupe il est évident que ces sociétés et ces emplois doivent être sauvés ce qui ne doit pas empêcher de rechercher les causes cette dame n’était peut-être pas au courant.                                                                                                                                           rubicon11                     Madrague. ..étrange il y a du Laporte la dessous.       pantocrator                    plusieurs années ..; et les créanciers n’ont rien vu ? payés avec quel argent ?

humanit                           Si on magouille sur les comptes , pourquoi ne magouillerait on pas sur les produits?
Et bien voilà 3 marques que je n’achèterai plus . Et j’attends le premier comique qui dira que c’est de la faute à NS si les magouilles ont commencé avant 2012 ,et à FH si elles ont commencé après .A moins que tous les 2 ne soient pas blancs , blancs ,ainsi que les 66 millions de consommateurs français.
Quant aux 3000 emplois ,c’est comme à Alep tout le monde s’en moque sauf ceux qui sont concernés.                                                                                                                                                        General Moussaka            Mon Dieu!…N´importe quoi, et c´est pas fini.  Le pot aux roses post-hollandais…On va en découvrir de bien belles…

  1. la puissante pompe à fric du fisc va se mettre en route et le vider de sa substance car dans le cochon tout est bon…..                                                                                          drakkhen51                      Le groupe risque de se faire dépecer et racheté par morceaux entre Herta, Fleury Michon et d’autres                                                                                  gigi91                                   TURENNE et LAFAYETTE doivent se retourner dans leurs tombes !                                                                                                                                               theplayer                              Dans le cochon tout est bon mais aussi, de la tête à la queue je suis délicieux !!                                                                                                                       f34rnarko                             Faudrait qu’on m’explique comment on peut maquiller les comptes pendant des années et qu’ils soient dans le rouge sans que personne s’en apercoive                                                                                                                                      mrbjpb                                  Ou alors de Trump !

kommardik                      Encore une fois , voila le résultat de la politique de broyage des fournisseurs , telle que pratiquée par la ( toute puissante ) grande distribution ! Bravo , beau résultat !

G33K                                    Et les commissaires aux comptes dans tout ça ?

an                                         C’est normal, en période de campagne électorale, l’Etat est prêt à investir dans n’importe quelle entreprise qui perd de l’argent

famuck                                que du cirque…. bon il est important de sauver ces entreprises, pas forcement la maison mère;.. qui n’a aucun salarié je pense, mais la réaction du Ministre démontre sa méconnaissance du système, s’il y a eu faux bilans depuis des années… je ne vois pas comment on peut engager l’état….les comptes ont fait l’objet d’une approbation des experts comptables et surement des commissaires aux comptes, commencons par mettre en cause leurs responsabilités et faisons jouer leurs assurances…. que l’état avance de l’argent payé par le contribuable cela doit etre déjà fait, les urssaf ont surement accordé des délais l’ex taxe professionnelle a t elle été payé, que font les fournisseurs…madame Royal se vante que sa région avait de la trésorerie facile si vous ne payez pas les fournisseurs, qui va trinquer l’état dans ses impots, les urssaf, les caisses de retraites… les fournisseurs, un peu les salariés…mais toit cela paye par le contribuable lambda moi et vous autres…

Patrickb                                 Tout à fait anormal que l’Etat, c’est-à-dire le contribuable, renfloue une entreprise privée. On devrait confisquer et vendre tous les biens des propriétaires/actionnaires jusqu’à concurrence du paiement du passif de l’entreprise 🙂

yvan  :                                          « responsabilité de la part de l’Etat ». Ha bon..?? Et les commissaires aux comptes, ça n’existe pas..?? Ceci est de LEUR responsabilité. Et la récupération de l’énorme héritage de cette femme à son chien, c’est impossible..?? Arrêtons l’hypocrisie, juste DEUX secondes!

Citoyen blasé                            C’est une honte, encore une subvention envers l’agro-industrie, la machine à empoisonner la planète et les hommes.
 Les commissaires aux comptes doivent trembler !

vladumir vladumir                              Aie si les saucisses GABY disparaissent on est très mal

 

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Un commentaire (+add yours?)

  1. BON JAMBON
    Jan 20, 2017 @ 18:42:57

    Pour info l etat ne va pas donner mais preter avec un taux d interet, et l etat ne va pas preter les 70 millions car se sont les banques qui se sont portees preteurs, cette argent va etre remboursé par les branches du groupe qui gagnent de l argent, les autres branches vont etre dementelées ou venduent a des repreneurs si il y en a.
    A savoir face aux critiques de beaucoup de monde que si le groupe coule directement, les rayons des magasins se videront en quelques jours car le groupe ne fournit pas que du jambon ou des boites de conserves, renseignez vous avant de critiquer.
    Un employé du groupe.

    Réponse

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