«Ci-gît Alep»

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Alep : une fin dans le sang Alep

La communauté internationale s’est mobilisée hier pour tenter de stopper les « atrocités » commises par le régime de Bachar al-Assad et ses alliés à Alep. Les combats ont cessé en milieu d’après-midi aux termes d’un accord.

Alep : une fin dans le sang
Alep : une fin dans le sang

« Le massacre le plus horrible »: un prof syrien raconte la chute d’Alep

Marie-Caroline Meijer Il

© Fournis par BFMNews Abdulkafi Alhamdo est un professeur syrien. Il est également un activiste anti-régime à Alep, une ville devenue le symbole du conflit qui ravage le pays depuis près de six ans. Ce père de famille a exprimé ses craintes et son désarroi dans une vidéo qu’il voit comme un « dernier appel ».

« Le massacre le plus horrible de notre histoire ». C’est ainsi qu »Abdulkafi Alhamdo décrit la situation actuelle à Alep où le régime de Bachar el Assad continue son offensive foudroyante lancée à la mi-novembre.

Le verbe haché, les yeux cernés, cet enseignant s’est filmé en direct lundi sur Periscope, lors de ce qu’il présente comme un « dernier appel ». Avec des coups de feu et des fréquences radio en bruit de fond, il a exprimé son profond désarroi.

« J’espère que vous pourrez faire quelque chose pour les gens d’Alep, ma fille, les autres enfants. Je ne sais juste pas quoi dire, les mots ne sortent pas. J’espère que vous pourrez faire quelque chose pour arrêter les massacres qui sont attendus ».

Dans cette ville qui fut le bastion de la rébellion syrienne, il ne reste plus que deux quartiers aux mains des opposants du régime où 80.000 personnes s’entassent. Alors que le gouvernement est en passe de reprendre Alep, les civils ont deux choix. Mourir dans les bombardements incessants, ou rejoindre les zones reprises par le régime syrien.

Officiellement, ils sont emmenés vers des camps humanitaires tenus par les troupes de Bachar el Assad. Mais selon des témoignages recueillis par les ONG, l’armée fait le tri à la sortie de la ville.

« Vous ne comprenez pas ce que nous subissons ici »

Abdulkafi Alhamdo est un proche de de Fatemeh al-Abed, la mère de la désormais célèbre Bana, connue comme la petite fille de sept ans qui tweete son quotidien à Alep. Comme elle, il explique vouloir sensibiliser l’opinion à ce vivent les habitants de cette ville assiégée.

« Hier, l’immeuble de la porte à côté s’est effondré. Beaucoup de gens sont morts. Beaucoup de gens sont en train d’être tués et restent dans les rues, les immeubles… Personne ne peut les aider, il n’y a pas d’hôpitaux, pas de médicaments, pas de… », s’est-il interrompu, avant d’adresser un message aux internautes.

« Vous ne comprenez pas ce que nous subissons ici », a-t-il poursuivi, en exhortant les citoyens à faire pression sur leurs gouvernements pour que la Russie et la Syrie soient tenues pour responsables de la crise en cours à Alep. « Ne croyez plus à l’ONU, ne croyez plus à la communauté internationale », a-t-il demandé, laissant entendre sa profonde désillusion à l’égard de ces instances.

« Au moins nous savons que nous sommes des gens libres… et nous ne voulions pas autre chose que la liberté. Ce monde n’aime pas la liberté… », a-t-il déclaré au milieu d’une ville réduite en champ de ruines.

Syrie: les rebelles capitulent et évacuent Alep

Le Figaro

Acculés, les rebelles d’Alep ont accepté un accord de cessez-le-feu avec les forces loyalistes qui leur permet de quitter la ville avec leurs armes.

figarofr: Les combattants rebelles ont accepté d'évacuer les derniers quartiers qu'ils contrôlaient en échange d'un sauf-conduit. © GEORGE OURFALIAN/AFP Les combattants rebelles ont accepté d’évacuer les derniers quartiers qu’ils contrôlaient en échange d’un sauf-conduit. LES COMBATTANTS rebelles d’Alep-Est ont fini par plier. Après quatre semaines de combats, soumis aux pilonnages de l’artillerie et à des bombardements intensifs de l’aviation russe, les insurgés avaient perdu tout espoir de résister militairement plus longtemps à l’offensive des forces loyalistes. Ils ont accepté, ce mardi d’évacuer les derniers quartiers qu’ils contrôlaient encore, en échange d’un sauf-conduit. L’accord, annoncé mardi soir, a été conclu sous la houlette de la Russie et de la Turquie, soutiens respectifs du régime de Bachar al-Assad et de la rébellion. Le cessez-le-feu est entré en vigueur dès ce mardi soir, et les premières évacuations sont prévues pendant la nuit. Les civils et les blessés devraient être évacués en premier, suivis par les combattants rebelles, qui seront autorisés à conserver leurs armes individuelles. Les civils et les blessés devaient être évacués en premier, suivis par les combattants rebelles, qui seront autorisés à conserver leurs armes individuelles. Ils pourront ensuite choisir d’aller dans les parties de la province d’Alep encore aux mains de la rébellion ou bien vers la province d’Idlib, dans le Nord, tenue par une coalition de groupes djihadistes.

Ahrar al-Cham, autre influent groupe rebelle islamiste, a confirmé l’accord d’évacuation en précisant que les civils puis les rebelles seraient transportés en bus vers ces régions. Cette évacuation met un terme à une bataille longue de six ans pour le contrôle de la deuxième ville de Syrie, qui avait commencé en juillet 2012 avec l’entrée des rebelles dans les quartiers Est de l’agglomération.

Des habitants pris au piège

D’abord favorable aux rebelles, la fortune des armes a progressivement changé de camp. Longtemps sur la défensive, le régime syrien est repassé à l’attaque d’Alep-Est à l’été 2016, coupant les quartiers insurgés de leurs dernières voies de communication. Abandonnés par la Turquie, les rebelles se sont battus avec acharnement contre une armée syrienne appuyée par l’aviation russe, et renforcée par les milices chiites libanaises et irakiennes entraînées par l’Iran. Au cours des dernières semaines, les insurgés ont perdu les uns après les autres les quartiers qu’ils contrôlaient dans la ville.

Quelque 50.000 civils sont restés jusqu’à la fin dans les derniers secteurs tenus par la rébellion, al-Machad, al-Ansari, al-Sukari, Ard al-Sabbagh et Amriya, au sud de la vieille ville. Pris au piège des combats ou empêchés de fuir, ces gens s’étaient réfugiés dans les caves et les immeubles, privés de ravitaillement et sans soins médicaux. Beaucoup craignaient plus les représailles du régime que les bombardements.

De nombreux rapports ont fait état d’exécutions sommaires perpétrées par les forces loyalistes à leur entrée dans les quartiers insurgés. Selon le porte-parole du haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Rupert Colville, au moins 82 civils, dont onze femmes et treize enfants ont été tués pendant les deux derniers jours dans quatre quartiers d’Alep-Est, Boustan al-Qasr, Ferdous, Kallasé et al-Salihin. Colville a admis qu’il était «incroyablement difficile» de vérifier ces informations, mais qu’elles étaient «corroborées par des sources multiples et dignes de foi». En quatre semaines, les combats auraient coûté la vie à plus de 463 civils à Alep-Est, tandis que 130 civils étaient tués par des tirs rebelles dans l’ouest de la ville. Plus de 130.000 civils ont fui les quartiers Est pour se réfugier dans d’autres parties de la ville. La bataille d’Alep s’achève de la même façon que plusieurs sièges précédents au cours de la longue guerre civile syrienne. À Homs, en 2014, les insurgés avaient ainsi accepté d’évacuer la vieille ville, après trois ans de siège. En août dernier, un accord du même type avait permis de mettre fin au blocus de Daraya, un fief rebelle près de Damas, suivi en septembre par deux autres localités de la Ghouta-Orientale.

Une victoire cruciale pour Bachar el-Assad

La reconquête d’Alep-Est constitue une victoire cruciale pour le régime de Bachar el-Assad, qui reprend ainsi le contrôle de la deuxième ville du pays, et remporte un succès symbolique contre une rébellion qui avait menacé de le renverser en 2012. Lui échappent encore Idlib, fief de l’insurrection djihadiste dans le Nord-Ouest, près de la frontière turque, mais surtout la partie orientale de la Syrie. Dans ces étendues désertiques, les villes de Raqqa et de Deir ez-Zor sont toujours aux mains de l’État islamique. La victoire de Bachar et de ses alliés russo-iraniens est d’ailleurs déjà ternie par la perte de Palmyre, reprise dimanche par Daech après la débandade des forces gouvernementales.

« Alep est devenue la ville de la mort »

Jannick Alimi
Le Parisien: Alep (Syrie), hier. Des civils pris au piège des bombardements et des massacres tentent encore de fuir la ville martyre où tout n’est plus que ruine et désolation. © AFP/GEORGE OURFALIAN Alep (Syrie), hier. Des civils pris au piège des bombardements et des massacres tentent encore de fuir la ville martyre où tout n’est plus que ruine et désolation. Syrie. Allah Alali, ambulancier à Alep, en témoigne : les derniers quartiers rebelles de la ville, tombés hier aux mains du régime, sont le théâtre de ce que la France qualifie de « pire tragédie humanitaire du XXIe siècle ».

« Alep est devenue une ville fantôme, la ville de la mort. Si rien n’est fait, si la communauté internationale ne se mobilise pas, nous allons subir un massacre. Croyez-moi, on assiste à une crise humanitaire contre des civils, ça va être une extermination ! » Allah Alali, que nous avons pu contacter hier après-midi par téléphone, est ambulancier à Alep et travaille pour Syria Charity, une association qui œuvre pour l’aide humanitaire et médicale en Syrie depuis 2011

Chaos sanglant

Le témoignage du jeune homme est un appel au secours. « Nous n’arrivons plus à sortir des caves où, depuis plusieurs heures, nous avons cherché à nous protéger. Il pleut beaucoup et les bombardements de l’artillerie et de l’aviation redoublent d’intensité. On ne sait plus quoi faire des cadavres… Il n’y a plus aucun interdit pour les forces russes et celles du régime, poursuit Allah. Elles bombardent, elles procèdent à des exécutions sommaires. »

La bataille d’Alep, entamée il y a cinq mois, s’est achevée hier après un intense bombardement et dans un chaos sanglant au sol. L’es quartiers de l’est de la deuxième ville de Syrie sont tombés les uns après les autres.

Le dictateur syrien Bachar al-Assad, soutenu par les forces russes et vraisemblablement des milices iraniennes et libanaises du Hezbollah, se livrerait, selon les témoignages sur place, à des tueries aveugles contre les rebelles s’opposant au régime et contre une population à bout de force. Le carnage, selon l’ONU, aurait fait plus de 415 victimes civiles. « Plus un seul hôpital ne fonctionne, s’alarme Allah. Il n’y a plus qu’un point médical pour 700 à 800 blessés. Il n’y a plus d’aspirine, plus d’anti-inflammatoire, c’est une vraie catastrophe. »

Bachar al-Assad et les Russes ayant jusqu’ici refusé l’ouverture d’un couloir humanitaire, plus aucun convoi médical ne peut entrer dans Alep depuis le mois d’août. « Les habitants d’Alep ont le choix entre se rendre aux forces gouvernementales et se faire torturer et massacrer, ou alors mourir sur place. Tout le monde vit dans la peur des tortures, de la maltraitance, des viols », souligne Ziad Alissa, médecin-anesthésiste de retour d’une mission en Syrie pour l’ONG UOSSM (Union des organisations de secours et soins médicaux).

Armes chimiques

Quant aux armes chimiques, il ne fait pas de doute, selon lui et selon les médecins sur place, que le régime d’Assad les utilise contre la population. « Ce sont des bombes à base de chlore. Pour soigner les blessés intoxiqués, il faut de l’oxygène. Or, les stocks sont épuisés », soupire Ziad Alissa. L’association se prépare à envoyer demain un convoi de Paris en Syrie, avec du matériel et des médicaments. Il devrait arriver en début de semaine prochaine. Pourra-t-il entrer dans Alep ?

Hier soir, l’ambassadeur russe à l’ONU a annoncé que les combats avaient cessé à Alep-Est et que « les combattants rebelles ont commencé à partir ».

Selon le responsable d’un groupe rebelle, un accord aurait été conclu sous la houlette de la Russie et de la Turquie pour faire évacuer « dans les prochaines heures » des habitants et des rebelles équipés d’armes légères des anciens quartiers assiégés.

La chute d’Alep n’est plus « qu’une question de temps »

ParisMatch

La Rédaction, par AFPExplosion au sein des quartiers encore tenus par les rebelles à Alep, le 12 décembre.

Explosion au sein des quartiers encore tenus par les rebelles à Alep, le 12 décembre.

Les rebelles ont évacué de nouveaux quartiers d’Alep. La deuxième ville de la Syrie, et ancienne capitale économique, est en passe d’être reconquise par l’armée de Bachar el-Assad.

La deuxième ville de Syrie, Alep, était en passe lundi de tomber totalement aux mains du régime et de ses alliés après quatre semaines d’une offensive dévastatrice contre les rebelles.

De leur ancien bastion d’Alep-Est qu’ils contrôlaient depuis 2012, il ne reste plus aux insurgés que deux principaux quartiers, Soukkari et Al-Machad, en plus d’une poignée d’autres de moindre envergure, d’après l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). « Il y a un effondrement total des rebelles (…) la bataille d’Alep touche à sa fin », a affirmé à l’AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l’OSDH. « Ce n’est plus qu’une question de temps ». Auparavant, un responsable militaire à Alep avait indiqué à l’AFP que l’opération aérienne et terrestre lancée le 15 novembre par les forces loyales au régime du président Bachar el-Assad contre les insurgés « entrait dans sa phase finale ». Alors que frappes aériennes et tirs d’artillerie se poursuivaient sur la dernière poche rebelle, dans le sud de la métropole ravagée, les civils continuaient de fuir par milliers, aggravant une situation humanitaire déjà catastrophique.

Le pire revers pour les rebelles depuis le début de la guerre

Dans le quartier d’Al-Machad, des témoins ont affirmé à l’AFP que de nombreux civils s’entassaient dans un même secteur faute d’abris. Certains déplacés ouvrent des échoppes pour y dormir. D’autres sont assis sur les trottoirs, des femmes et des enfants dorment dans la rue adossés à leurs valises. Les gens, dont beaucoup ont fui sans rien prendre avec eux, ne savent pas où aller. Ils ont faim et sont à la recherche de pain, selon ces témoins. En perdant Alep, la rébellion va essuyer son pire revers depuis le début de la guerre en 2011 et sa chute va offrir au régime, qui avait perdu la main sur une bonne moitié de la métropole en juillet 2012, le contrôle des cinq plus grandes villes de Syrie.

Les insurgés d’Alep ont commencé à céder du terrain quand l’armée syrienne, soutenue par des combattants iraniens et du Hezbollah libanais, a lancé le 15 novembre une offensive foudroyante accompagnée de violents bombardements. Lundi, ils ont perdu l’important quartier de Cheikh Saïd et celui de Salhine puis se sont retirés de six autres quartiers, notamment celui de Boustane al-Qasr, l’un des plus fortifiés, d’après l’OSDH.

« De sérieuses inquiétudes pour les civils restés »

Plus de 10.000 civils supplémentaires ont fui les quartiers rebelles d’Alep ces dernières 24 heures pour rejoindre des secteurs sous contrôle gouvernemental, portant le chiffre de l’exode de la population civile à environ 130.000 depuis le début de l’offensive du régime, d’après l’OSDH. L’agence de presse officielle syrienne Sana a elle indiqué que plus de 3.500 personnes avaient quitté lundi le secteur rebelle de la ville et qu’ils avaient été 8.000 à le faire la veille. « Il y a de sérieuses inquiétudes pour les civils restés dans les quartiers tenus par la rébellion, qui seraient plusieurs milliers », a indiqué le directeur de l’OSDH, M. Abdel Rahmane.

Depuis la mi-novembre, l’offensive des forces prorégime à Alep a tué plus de 415 civils selon l’OSDH, tandis que 130 civils ont été tués par des tirs rebelles sur les quartiers contrôlés par le gouvernement. Les efforts diplomatiques pour mettre fin au carnage dans l’ancienne capitale économique de Syrie, comme dans le reste du pays, n’ont jamais porté leurs fruits et les derniers pourparlers américano-russes, samedi à Genève, ont échoué. La guerre qui ravage la Syrie depuis plus de cinq ans a fait plus de 300.000 morts et déplacé au moins la moitié de la population du pays. Déclenché par la répression sanglante de manifestations prodémocratie pacifiques, le conflit s’est transformé en une guerre complexe impliquant une multitude d’acteurs syriens et étrangers, ainsi que le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Jean-Marc Ayrault dénonce le « mensonge permanent » de la Russie

L’EI a créé la surprise dimanche en reprenant pour la deuxième fois la ville antique de Palmyre (centre), classée au Patrimoine mondial de l’Humanité, neuf mois après en avoir été chassé par l’armée syrienne et son allié russe. Quatre civils, dont deux enfants, y ont été tués par les jihadistes lors d’opérations de ratissage et huit combattants prorégime exécutés, a indiqué lundi l’OSDH. Les jihadistes avançaient lundi au sud et à l’ouest de Palmyre et de violents combats les opposaient à l’armée syrienne près de la ville d’Al-Qaryataïne. La Russie, qui intervient en Syrie au côté du président Bachar el-Assad depuis un an, a été accusée lundi par le ministre français des Affaires étrangères de mener « une forme de mensonge permanent » dans le conflit syrien.

« Les Russes qui prétendent lutter contre le terrorisme, se concentrent en fait sur Alep et ont laissé un espace à Daech (acronyme de l’EI en arabe, ndlr), qui est en train de reprendre Palmyre, tout un symbole! », a souligné Jean-Marc Ayrault. Dans la province voisine de Hama, 34 civils, dont 11 enfants ont été tués lundi par des raids aériens dans un secteur contrôlé par le groupe jihadiste, selon l’OSDH, qui ne savait pas dans l’immédiat s’il s’agissait de frappes du régime ou de l’armée russe.

Alep : ce que l’on sait de l’accord de cessez-le-feu et de l’évacuation des rebelles et des civils

Franceinfo

Cet accord prévoit l’évacuation mercredi de combattants et de civils après quatre mois de siège et de bombardements d’une rare intensité sur une ville désormais réduite à l’état de ruines.

© Fournis par Francetv info La bataille d’Alep est terminée. Elle s’est achevée dans un déluge de feu et de sang sur la deuxième ville de Syrie, reprise par le régime du président Bachar Al-Assad après une offensive dévastatrice lancée le 15 novembre, au terme de plus de quatre années de rébellion. Un accord de cessez-le-feu a été conclu, mardi 13 décembre, lors de négociations entre les insurgés et la Russie, alliée militaire clé du régime de Damas, et avec l’aide de la Turquie. Objectif : permettre l’évacuation des derniers combattants rebelles et civils pris au piège des bombardements.

Les évacuations débuteront mercredi

Moscou et les factions rebelles se sont entendus pour un arrêt des bombardements aériens qui a pris effet mardi matin et un cessez-le-feu mardi soir. L’ambassadeur russe Vitali Tchourkine l’a annoncé à New York, où une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU s’est tenue en urgence. La Turquie a confirmé l’accord, précisant qu’il prévoyait que les civils soient évacués dans un premier temps, suivi de combattants rebelles. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), les évacuations devaient commencer mercredi à 5 heures.

La télévision d’Etat a diffusé des images filmées dans les quartiers repris aux rebelles: des ruines et des gravats à perte de vue. Quittant cette zone, des centaines d’hommes et de femmes formaient une file sans fin et avançaient à petits pas dans le froid et la boue, certains emmitouflés dans des couvertures ou des manteaux, portant leurs enfants et leurs maigres possessions dans des sacs en plastique.

« Alep est dans une situation d’urgence absolue: environ 100 000 personnes sont encore piégées sur un territoire de 5 km carrés », a déclaré la présidente de Médecins du Monde, Dr Françoise Sivignon, appelant à sauver les civils de cet « enfer ».

Les opérations supervisées par la Croix Rouge ?

« Nous avons demandé à ce que ces corridors ne soient pas supervisés par le régime syrien car nous n’avons aucune garantie que cela se passe bien et aucune confiance dans ce régime », a expliqué mardi sur franceinfo le président du conseil local des quartiers l’Alep-Est, Brita Hagi Hasan. « Tous les civils veulent sortir d’Alep, car sinon c’est la mort assurée nous le savons », a-t-il assuré.

L’ambassadrice américaine à l’ONU, Samantha Power, avait réclamé des « observateurs internationaux impartiaux » pour superviser l’évacuation des civils qui « ont peur d’être abattus dans la rue ou emmenés vers un des goulags d’Assad ».

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a fait savoir qu’il se tenait prêt à intervenir comme intermédiaire neutre dans l’évacuation des personnes se trouvant dans Alep-Est. « Nous espérons que cela fonctionne. Nous sommes prêts mais nous voulons connaître les modalités » de l’opération d’évacuation, a déclaré de son côté Ibrahim Abou al-Leith, porte-parole des Casques Blancs, ces secouristes dans le secteur rebelle.

Divers points de chute pour les civils et les rebelles

« Tous les combattants, avec les membres de leurs familles et les blessés, sont en route dans des corridors approuvés pour des destinations qu’ils ont choisies eux-mêmes », a précisé l’ambassadeur de Russie à l’ONU. « Ils peuvent par exemple aller vers la campagne, à l’ouest d’Alep, mais même là il y a des bombardements et de nombreux réfugiés déjà », a déploré de son côté Brita Hagi Hasan. Il a convenu que c’était « un déplacement forcé » mais « la moins pire des solutions ».

Un responsable du gouvernement turc a lui précisé que les « civils et les rebelles modérés avec des armes légères pourront se rendre en sécurité jusqu’à Idleb », à quelques dizaines de kilomètres à l’ouest d’Alep. Cette province est contrôlée en très grande partie par les rebelles. De son côté, le vice-Premier ministre turc Mehmet Simsek a fait savoir sur Twitter que la Turquie allait « installer un camp de tentes pour accueillir jusqu’à 80 000 réfugiés syriens fuyant Alep », sans plus de détails.

Un très lourd bilan sur le terrain

L’accord d’évacuation a été annoncé après un tollé international suscité par des atrocités qui auraient été commises contre les civils dans les quartiers repris par l’armée. Le Haut Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a fait état de 82 exécutions sommaires, dont 11 femmes et 13 enfants, imputées à l’armée et aux milices qui lui prêtent main forte dans les quartiers repris aux insurgés.

Le Premier ministre français Bernard Cazeneuve a condamné les « innombrables atrocités » commises par le régime qui peuvent constituer des « crimes contre l’Humanité ».

En quatre semaines, l’offensive a coûté la vie à plus de 463 civils à Alep-Est selon l’OSDH. Depuis 2011, le conflit en Syrie a fait plus de 300 000 morts, selon l’ONU.

Alep: des atrocités ont-elles été commises sur des civils?

A.S. avec AFP 

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon s’est alarmé lundi d’informations selon lesquelles des atrocités ont été commises ces dernières heures dans la ville d’Alep « contre un grand nombre » de civils, dont des femmes et des enfants, selon son porte-parole.

Des civils exécutés?

© Fournis par BFMNews Plusieurs témoignages postés sur Twitter font état d’exactions et d’exécutions, mais ces informations restent difficiles à vérifier pour le moment.

« Tout en soulignant que les Nations unies ne peuvent vérifier de manière indépendante ces informations, le secrétaire général souhaite transmettre ses grandes inquiétudes aux parties concernées », a déclaré Stephane Dujarric. Ban Ki-moon a demandé à son envoyé spécial pour la Syrie, Staffan de Mistura, de se pencher sur ces informations.

« Les Nations unies soulignent l’obligation pour toutes les parties sur le terrain de protéger les civils en se conformant aux règles humanitaires internationales », a ajouté Stephane Dujarric. « C’est en particulier la responsabilité du gouvernement syrien et de ses alliés », notamment la Russie et l’Iran, a-t-il aussi noté.

Au micro de BFMTV, Michel Morzière, président d’honneur de l’association Revivre, qui vient en aide aux réfugiés syrien, a indiqué avoir reçu des informations selon lesquelles plusieurs massacres ont été commis. « Dans l’hôpital al-Hayat, tout le monde a été tué, ils ont tué les soignants, ils ont tué les malades. On a également eu des informations selon lesquelles ils rentrent dans les maisons et les brûlent alors que des gens se trouvent dedans. Des scènes de massacre », a-t-il expliqué.

Alep sur le point de tomber

La deuxième ville de Syrie était lundi sur le point de tomber aux mains du régime et de ses alliés après quatre semaines d’une offensive dévastatrice contre les rebelles. En perdant ses dernières positions à Alep, la rébellion va essuyer son pire revers depuis le début de la guerre en mars 2011. La reconquête totale de la ville offrira en effet au régime et à ses alliés le contrôle des cinq principales cités de Syrie avec Homs, Hama, Damas et Lattaquié.

De leur ancien bastion d’Alep-Est qu’ils contrôlaient depuis 2012, les insurgés ne tiennent plus que deux principaux quartiers, Soukkari et Al-Machad, en plus d’une poignée de petits secteurs, d’après l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

« La bataille d’Alep touche à sa fin », a affirmé Rami Abdel Rahmane, directeur de l’OSDH, en parlant du principal front de ce conflit syrien qui a fait plus de 300.000 morts et déplacé au moins la moitié de la population.

Scènes de liesse à la télévision d’Etat

Selon un responsable militaire à Alep, l’offensive aérienne et terrestre lancée le 15 novembre par les forces loyales au régime de Bachar al-Assad « entre dans sa phase finale. Nous vivons les derniers moments avant la victoire ».

En soirée, du côté ouest d’Alep aux mains du régime, d’intenses tirs de célébration ont été entendus par des journalistes de l’AFP.

La télévision d’Etat montrait elle des scènes de liesse dans le même secteur. Sur les images on voit des gens crier « Allah, Syrie et Bachar » et brandir des portraits de Bachar al-Assad et des drapeaux syriens. Dans le sud de la métropole ravagée, les frappes aériennes et les tirs d’artillerie se poursuivaient sur le dernier réduit rebelle, alors que les civils continuaient de fuir.

Bruxelles propose une solution humanitaire à la crise du lait en Europe

Le Figaro / Hayat Gazzane 

Pour soulager le marché du lait aujourd’hui saturé, la commission européenne a débloqué des fonds visant à acheter une partie de la production européenne pour l’envoyer aux enfants syriens. Les premiers convois arrivent ce mois-ci en Syrie.

figarofr: «Les familles syriennes consommaient en général du lait chaque jour. Actuellement, le lait a, dans certains cas, complètement disparu de leur alimentation», déplore la Commission européenne.© Amr Dalsh / Reuters/REUTERS «Les familles syriennes consommaient en général du lait chaque jour. Actuellement, le lait a, dans certains cas, complètement disparu de leur alimentation», déplore la Commission européenne. Accentuer les efforts humanitaires en Syrie et soulager le secteur laitier en crise en Europe. C’est le double objectif que s’est fixé l’Union européenne. Bruxelles a même trouvé le moyen d’associer ces deux combats. Au printemps dernier, la Commission européenne a voté le déblocage de 30 millions d’euros pour l’achat de lait aux producteurs européens. Un lait qui sera ensuite acheminé jusqu’à 350.000 enfants en Syrie et dans les camps de réfugiés. Selon la Commission, les premières cargaisons seraient arrivées en Syrie ce mois-ci.

Les 30 millions d’euros consacrés à ce programme seront ponctionnés sur les différentes aides en faveur des agriculteurs européens adoptées ces derniers mois. En septembre 2015, 500 millions d’euros ont été votés en faveur du secteur après une nouvelle série de manifestations des éleveurs, éreintés par la chute des prix du lait depuis la fin des quotas. Une nouvelle enveloppe du même montant a été adoptée en juillet dernier. «Ce programme visera non seulement à aider les agriculteurs européens en leur achetant du lait de consommation, mais contribuera également de manière significative à faire face aux enjeux majeurs auxquels l’UE est confrontée du fait de la crise des réfugiés», explique la Commission européenne dans un communiqué.

Du lait acheminé vers Alep

Selon Politico, qui a eu accès à des documents détaillant ce programme européen, le projet est encadré par le Programme alimentaire mondial de l’ONU. Déjà 17.500 tonnes de lait ont été achetées à deux multinationales européennes, la portugaise Lactogal et l’irlandaise Glanbia. Le lait en question est du lait UHT qui présente un double avantage: pouvoir se conserver plusieurs mois à température ambiante et se consommer directement, sans avoir à ajouter de l’eau, dont l’accessibilité et la qualité ne sont pas toujours garanties dans les zones de guerre.

Ce lait européen doit débarquer au port de Lattaquié pour être ensuite acheminé par des compagnies de transport syriennes vers des entrepôts à Tartous, Homs ou encore Damas. La ville d’Alep, où la bataille entre les forces du régime et les rebelles touche à sa fin dans des conditions terribles pour les civils, est aussi visée.

Les premières distributions devaient avoir lieu en octobre mais le programme a été retardé par des «obstacles administratifs» et des risques pour la sécurité suite au bombardement d’un convoi humanitaire fin septembre. Elles ne commencent donc qu’en décembre et devraient se poursuivre au moins jusqu’en mars.

Pour l’Union européenne et ses États membres, qui se sont engagés à fournir plus de 3 milliards d’euros en 2016 pour venir en aide aux personnes touchées par cette guerre, il y a urgence. «Le conflit qui déchire la Syrie a eu une incidence grave sur le secteur agricole du pays, entraînant une baisse de la production alimentaire, et notamment de produits laitiers. Avant la crise, les familles syriennes consommaient en général du lait et divers produits laitiers chaque jour. Actuellement, le lait a, dans certains cas, complètement disparu de leur alimentation», expliquent-ils. «Le ‘paquet lait’ constitue donc un train de mesures exceptionnel qui vient compléter l’aide humanitaire déjà substantielle apportée par l’UE aux personnes nécessiteuses», ajoutent-ils. Avec l’avantage de pouvoir faire d’une pierre deux coups, «à savoir soutenir les agriculteurs dans une période très difficile tout en veillant à ce que l’Union demeure entièrement concentrée sur le principal enjeu de la crise actuelle des réfugiés», décrypte Phil Hogan, commissaire à l’Agriculture et au développement rural, dans un communiqué.

Ce n’est pas la première fois que la crise syrienne est présentée comme l’une des solutions à la crise agricole en Europe. En octobre dernier, la Fédération interprofessionnelle du bétail et des viandes proposait à Bruxelles d’acheter le surplus de viande pour le redistribuer dans les principaux pays d’accueil des réfugiés. Avec pour objectif final d’enrayer la chute des prix. Pour le moment, cette proposition a été écartée par Phil Hogan. Mais le ministre français de l’Agriculture Stéphane Le Foll et ses homologues allemand et polonais, Christian Schmidt et Krzysztof Jurgiel, la soutiennent. «Les ministres invitent la Commission européenne à travailler sur la mise en place d’un programme d’aide humanitaire – en nature -portant sur des produits à base de viande bovine, au bénéfice des pays faisant face à un afflux de réfugiés», écrivent-ils dans un communiqué.

Alep : «la pire tragédie du XXIe siècle se déroule sous nos yeux»

International

Dans Alep devastée, les troupes gouvernementales continuent de réduire la résistance à néant./AFP
Dans Alep devastée, les troupes gouvernementales continuent de réduire la résistance à néant./AFP

Après une offensive dévastatrice contre les rebelles, Alep, est en passe de tomber aux mains du régime.Hier, les efforts diplomatiques redoublaient pour mettre fin au carnage.

Soumises à un déluge de feu depuis quatre semaines, les dernières poches de résistance rebelle à Alep-Est ne tiendront plus longtemps. La deuxième ville de Syrie est ainsi en passe de repasser sous le contrôle de Bachar al-Assad, offrant au régime sa plus grande victoire depuis le début du conflit en 2011. Dans ce contexte, les instances internationales craignent qu’un énième bain de sang ne clôture la bataille…

Hier, un accord a été conclu pour l’évacuation «des habitants et des rebelles avec leurs armes légères, des quartiers assiégés d’Alep», a affirmé Yasser al-Youssef, responsable d’un groupe rebelle avant de préciser qu’il n’«entrerait en vigueur dans les prochaines heures». Un accord conclu «sous la houlette de la Russie et de la Turquie», soutiens respectifs du régime et de la rébellion.

«L’évacuation des blessés et des civils se fera en premier. Par la suite, les rebelles sortiront avec leurs armes légères», a indiqué M. Youssef avant de préciser que «ceux qui partent choisiront d’aller soit dans l’ouest de la province d’Alep ou vers la province (voisine) d’Idleb (nord-ouest)».

Dans la journée, le Conseil de sécurité de l’ONU tenait une réunion d’urgence à New York à la demande de la France. «La pire tragédie humanitaire du XXIe siècle se déroule sous nos yeux», a déploré l’ambassadeur français François Delattre.

Crimes de guerre

En quatre semaines, l’opération militaire a coûté la vie à plus de 415 civils à Alep-Est selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Plus de 130 000 civils ont fui les quartiers assiégés depuis le 15 novembre.

«Nous devons tout faire pour mettre fin à l’effusion de sang, pour évacuer la population en toute sécurité», a-t-il déclaré. Et d’ajouter : «Nous demandons à la Russie de faire quelque chose à propos de ce désastre à Alep». L’ambassadeur a fait état «d’informations crédibles» portant sur des «meurtres brutaux de familles» entières, des exécutions sommaires et des attaques ciblant des hôpitaux. «Le pire est peut-être encore à venir», sous la forme «d’autres massacres de sang-froid», a-t-il conclu. Le Premier ministre, Bernard Cazeneuve a dénoncé hier les «innombrables atrocités» et les «massacres» commis par le régime syrien contre des civils à Alep «avec l’appui» de la Russie, qui peuvent constituer des «crimes de guerre, voire des crimes contre l’humanité».

L’ambassadeur britannique à l’ONU Matthew Rycroft a évoqué «un jour tragique» pour la ville et souligné que «la guerre elle-même a des règles et que chacune de ces règles a été violée».


Le régime (re)perd Palmyre

L’attention et les effectifs de l’armée étant concentrés sur Alep, le régime n’a pas pu contrer une offensive surprise du groupe jihadiste État islamique (EI), qui a repris dimanche la ville de Palmyre, malgré les frappes russes. Une contre-offensive éclair a permis aux terroristes de conquérir la cité antique, neuf mois après en avoir été chassés. Cette défaite du régime démontre que l’armée syrienne, dont les effectifs sont réduits, reste très dépendante de ses alliés russe et iranien


Jacques Bérès, Chirurgien, président de France Syrie Démocratie et cofondateur de Médecins sans frontières

«L’humanité a vraiment sombré à Alep»

Dans quelle situation humanitaire se trouve la ville d’Alep ?

C’est une horreur totale. Épouvantable. Monstrueux. L’Humanité a vraiment sombré à Alep. Que faire à part pleurer s’indigner, vomir, s’énerver, casser les meubles… Mes contacts téléphoniques directs à Alep remontent à presque 15 jours. Depuis, rien. Les personnes que je connaissais ne répondent plus, ou sont mortes ou les deux à la fois…

Avez-vous déjà connu pareille situation dans votre carrière ?

Ce qui est nouveau, c’est que tout cela se passe sous les yeux du monde entier, devant des centaines de millions de téléspectateurs. Un spectacle morbide, inhumain dont tout le monde serait au courant. On n’a pas mémoire de crime aussi effroyable depuis Guernica (ndlr : en avril 1937) où les civils avaient été massacrés par Franco. Picasso avait alerté le monde avec son tableau. Depuis, il y a eu d’autres exemples comme Grozny en Tchétchénie où j’étais et dont on a moins parlé.

On a donc franchi un pas dans l’horreur à Alep ?

On a même franchi plusieurs pas à la fois. Quand on laisse de telles latitudes à M.Poutine… Et qu’Obama donne un permis de tuer à Bachar al-Assad : il a toléré un certain degré d’atrocité en fixant pour ligne rouge l’utilisation d’armes chimiques. Cela signifiait : «vous pouvez tuer par tous les moyens avant d’en arriver à ce type d’armement». Or le recours aux armes chimiques a été avéré. Il n’y a même pas de négationnisme là-dessus. Le régime de Bachar en serait presque fier au point s’en vanter. À Alep, il y a encore eu récemment des bombardements au chlore… Depuis des mois, des crimes contre l’Humanité y sont perpétrés. Outre les armes chimiques, il y a eu les attaques délibérées contre les hôpitaux d’Alep qui ont tous été détruits, les destructions systématiques de pharmacies, privant la population civile de soin. Sans compter sur les bombardements aux barils d’explosifs remplis de clous sur des civils bloqués. Ainsi que le pilonnage de l’aviation de M.Poutine qui était rentré dans la coalition internationale au motif de combattre Daech. Or rappelons-le Daech est absent d’Alep.

L’ultimatum humanitaire lancé lundi par François Hollande au régime syrien peut-il avoir une incidence ?

M. Hollande a fait une déclaration sur Alep mais il a été lâché par les Anglais et Obama. Vous savez personne ne va aller faire la guerre à M.Poutine, il est bien trop puissant. Finalement l’Histoire se répète. En 1938, on avait bien laissé Hitler envahir les Sudètes… Et au final, on retrouve encore des dictatures à l’origine des massacres et de crimes contre l’Humanité. Le peuple syrien est un peuple héroïque, martyr, abandonné des démocraties Occidentales. L’Histoire jugera cet épisode très sévèrement.

De Villepin : « le terrorisme va sortir renforcé » après la bataille d’Alep

De Villepin : "le terrorisme va sortir renforcé" après la bataille d'Alep

Pour l’ancien Premier ministre, il ne faut pas s’y tromper : la victoire de Bachar Al-Assad contre les rebelles à Alep est avant tout une victoire pour l’État islamique.

INTERVIEW »Alep rejoint les villes martyres, Guernica, Srebenica, Grozny. » Depuis deux jours, l’offensive menée par le régime syrien, aidé de la Russie et de l’Iran notamment, sur Alep, a fait des centaines de morts, notamment parmi les populations civiles. De nombreux témoignages font état de tueries de femmes et d’enfants à l’arme blanche ou même  en faisant effondrer les bâtiments sur celles et ceux qui tentent de s’abriter. Un massacre que Dominique de Villepin a tenté d’analyser, mercredi, sur Europe 1. « Ces tragédies se répètent et il y a un certain nombre de leçons à tirer », a-t-il déclaré.

Choquée, la jeunesse peut rejoindre Daesh. Première d’entre elles : « la guerre contre le terrorisme est une absurdité, quelle que soit la façon dont on opère. C’est vrai à Mossoul [en Irak, où l’armée, soutenue par la coalition internationale, intervient pour déloger l’État islamique], même si c’est un interventionnisme plus ciblé qui prend en compte les civils et c’est vrai à Alep, avec un interventionnisme massif de Bachar Al-Assad », a expliqué l’ancien Premier ministre. Pour lui, loin d’affaiblir les islamistes, de telles interventions militaires le renforcent. « Le terrorisme est le vrai victorieux, il va sortir renforcé de toutes ces batailles. »

Selon lui, la vision de cette tragédie peut en effet pousser une certaine population dans les bras de Daesh. « Comment ne pas s’insurger quand on voit tant de morts innocents ? Comment croyez-vous que réagit la jeunesse syrienne, celle du Proche et du Moyen-Orient, notre jeunesse et celle du Maghreb ? Ce sont de nouveaux bataillons qui vont alimenter le terrorisme dans cette région. »

« Gagner une bataille ce n’est pas gagner la paix ». Rappelant qu’il s’était opposé, en 2003, en tant que ministre des Affaires étrangères, à la guerre en Irak voulue par les Etats-Unis, Dominique de Villepin a rappelé que « gagner une bataille, gagner une guerre, c’est très bien mais cela ne permet pas de gagner la paix ». « Aujourd’hui, la Russie et les alliés de Bachar Al-Assad n’ont pas gagné sur le territoire syrien. Il y a d’autres campagnes qui vont s’ouvrir. Vont-ils choisir d’aller au nord-ouest, de s’adresser directement au fief de l’Etat islamique [EI], sachant que l’EI n’est pas à Alep ? Vont-ils choisir d’aller à Raqqa ou dans d’autres parties de la Syrie qui restent sous contrôle de l’EI ? »

Une « guerre de position ». En réalité, selon lui, il ne faut pas voir l’offensive contre Alep comme une volonté de mettre fin à la guerre civile qui ensanglante la Syrie depuis quatre ans, mais bien comme un calcul de la part du régime syrien et de ses alliés. « Il y a une guerre civile qui ne peut être gagnée par personne parce que c’est le terrorisme qui gagne, une guerre régionale complexe entre l’Iran, l’Arabie Saoudite, la Syrie, la Turquie, et une rivalité internationale entre la Russie et les Etats-Unis. Ce qui se joue aujourd’hui malheureusement, c’est une guerre de position pour préparer cette bataille diplomatique qui va se nouer à partir du 20 janvier. »

L’arrivée de Donald Trump rebat les cartes. Le 20 janvier en effet, Donald Trump sera officiellement investi président des Etats-Unis. Et, comme Jean-Pierre Raffarin sur Europe 1 mardi, Dominique de Villepin a estimé que Moscou, Téhéran et Damas ne cherchent, par leur offensive, qu’à se renforcer avant son arrivée. Et l’ancien Premier ministre de souligner : « le 20 janvier, un allié de poids va s’allier à la Russie, la Chine et l’Iran, tous ces pays légitimistes qui refusent un changement de régime [en Syrie]. Donald Trump refuse également le changement de régime et nous allons, nous, nous retrouver isolés. »

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Le journal de 7h : à Alep, les civils ont peur de finir entre les mains du régime de Bachar al-Assad

REPLAY – L’évacuation des quartiers est devait débuter ce mercredi, mais l’opération est retardée pour une raison inconnue.

Le journal de 7h : à Alep, les civils ont peur de finir entre les mains du régime de Bachar al-Assad Crédit Image : George OURFALIAN / AFP

Les combats sont terminés à Alep, un cessez-le-feu a été conclu mardi 13 décembre entre les forces gouvernementales et les rebelles, sous la houlette de la Russie et de la Turquie. Cet accord prévoit l’évacutation des civils des quartiers dévastés, mais il n’est pas respecté pour le moment. L’évacuation a été repoussée pour une raison inconnuedes bus attendaient à la sortie des quartiers est de la ville mais les civils et les rebelles ne se sont pas présentés au départ.

Des milices pro-gouvernement, qui auraient commis des exactions sur la population, seraient positionnées à la sortie du quartier. « Les civils ont peur de finir dans les mains du régime« , avance un responsable d’une ONG présente sur le terrain. Du côté de la diplomatie, un échange tendu a eu lieu au Conseil des Nations Unies entre les États-Unis et la Russie. « Vous n’avez pas honte ?« , a lancé le représentant américain. « Parce que vous êtes Mère Teresa ?« , a rétorqué son homologue russe…

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