Les sages roulent pour les « GAFA »

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Angoulême: une soupe aux relents d'extrême droite pour NoëlFinalement, il n’y aura pas de « taxe Google » !

La « taxe Google » a déjà fait couler beaucoup d’encre. Concrétisée par le projet de loi de finances 2017 et votée par l’Assemblée Nationale et le Sénat, la taxe a finalement été rejetée par le Conseil constitutionnel. Elle devait rapporter près d’un milliard d’euros à l’Etat chaque année.

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Il y a quelques semaines, nous apprenions que le gouvernement envisageait de mettre en place une « taxe Google ». Aucun changement pour les utilisateurs, cette taxe visait simplement à s’attaquer au problème des bénéfices détournés par les multinationales sur leur activité réalisée en France.

Car aujourd’hui, les géants américains (du high-tech notamment), mais pas que, mettent en place des montages financiers complexes pour échapper à l’impôt en France. Ainsi, ils réalisent des millions d’euros de bénéfices sans jamais être taxés dans l’Hexagone. Un manque à gagner considérable pour l’Etat et donc pour les citoyens. Au total, cette « taxe Google » aurait pu rapporter près d’un milliard d’euros par an. Et c’est sans compter l’aspect moral de tout ceci.

Le gouvernement a donc décidé de soumettre au vote du Parlement cette fameuse « taxe Google » qui figurait dans le projet de loi de finances 2017. Après un vote favorable pour l’instauration de cette taxe par l’Assemblée Nationale et le Sénat, le texte devait passer devant le Conseil constitutionnel qui doit vérifier si les textes votés par les députés et sénateurs sont conformes à la Constitution.

Hier, les Sages ont rendu leur verdict : il n’y aura pas de « taxe Google ». Le Conseil constitutionnel a en effet choisi de censurer ce texte, estimant (pour faire simple) que le texte était en quelque sorte discriminatoire. Dans un communiqué, les Sages ont expliqué :

[L’administration fiscale ne peut avoir] le pouvoir de choisir les contribuables qui doivent ou non entrer dans le champ d’application de l’impôt sur les sociétés.

Le Conseil constitutionnel retoque la «taxe Google»

FISCALITE La taxe dite Google visait à renforcer la taxation des bénéfices détournés par les multinationales sur leur activité réalisée en France…

Le Conseil constitutionnel
Le Conseil constitutionnel – KENZO TRIBOUILLARD / AFP

20 Minutes avec AFP

La « taxe Google » ne sera pas instaurée en France.

Le Conseil constitutionnel a censuré ce jeudi l’article créant cette taxe dans le projet de loi de finances 2017, qui visait à renforcer la taxation des bénéfices détournés par les multinationales sur leur activité réalisée dans le pays.

Impossible de « choisir les contribuables »

Les Sages ont rejeté cette disposition au motif que l’administration fiscale ne peut avoir « le pouvoir de choisir les contribuables qui doivent ou non entrer dans le champ d’application de l’impôt sur les sociétés », selon un communiqué.

Le projet était notamment porté par le député PS Yann Galut, ex-rapporteur de la loi renforçant la lutte contre la fraude fiscale.

Pas de « taxe Google » en France

Il n’y aura pas de « taxe Google » en France, du moins pas sous la forme dans laquelle elle était présentée dans le projet de loi de finances 2017. Le Conseil constitutionnel a en effet censuré le dispositif.

Les Sages, saisis par plus de 60 sénateurs et 60 députés, ont rendu leur verdict concernant le projet de loi de finances 2017. Si la grande majorité des articles ont été validés, ce n’est pas le cas de la « taxe Google » dont l’objectif était de renforcer la taxation des bénéfices des multinationales sur leur activité réalisée en France. La raison avancée par le Conseil est que l’administration fiscale ne peut avoir « le pouvoir de choisir les contribuables qui doivent ou non entrer dans le champ d’application de l’impôt sur les sociétés ».

Une objection qui laisse cependant la porte ouverte à une réécriture du texte. Mais en attendant, l’heure est surtout à la contestation de la décision du Conseil. Yann Galut, le député socialiste à l’origine de l’amendement, ne décolère pas. Selon lui, cette décision est « inacceptable », car elle entrave « l’action du législateur et bloque les avancées pour plus de justice ».

Au micro de RMC, il poursuit : « Ce manque à gagner pose un problème pour nos finances publiques. Si tous les grands groupes payaient l’impôt qu’elles doivent à la France, il n’y aurait pas de déficit budgétaire en France! ». Le député du Cher, soutien d’Arnaud Montebourg, réclame une réforme du Conseil constitutionnel, qu’il n’obtiendra sans doute pas en cette période pré-électorale.

La « taxe Google » censurée par le Conseil constitutionnel

L’administration fiscale ne peut avoir « le pouvoir de choisir les contribuables qui doivent ou non entrer dans le champ d’application de l’impôt sur les sociétés ». Dans un communiqué diffusé ce jeudi, le Conseil constitutionnel a décidé de censurer l’article du projet de loi de Finances de 2017, relatif à la « taxe Google ».

Ce texte, voté en novembre par l’Assemblée nationale, visait à renforcer la taxation des bénéfices détournés par les multinationales sur leur activité réalisée en France. La « taxe Google » est inspirée de la taxe sur les bénéfices détournés (surnommée « Google Tax« ) instaurée au Royaume-Uni et en Australie mais aussi des préconisations de l’OCDE (plan BEPS).

« Taxe Google ». Censurée par les Sages Publié le 30 décembre 2016 Les Sages du Conseil constitutionnel ont annoncé hier qu’ils censuraient le projet de loi sur la « Taxe Google », voté à l’Assemblée en novembre. Ce texte voté dans le cadre du projet de loi de Finances de 2017, visait à renforcer la taxation des bénéfices détournés par les multinationales sur leur activité réalisée en France. Motif invoqué par les Sages du Palais Royal : « L’administration fiscale ne peut avoir le pouvoir de choisir les contribuables qui doivent ou non entrer dans le champ d’application de l’impôt sur les sociétés ».

© Le Télégramme – Plus d’information sur http://www.letelegramme.fr/economie/taxe-google-censuree-par-les-sages-30-12-2016-11348036.php

« Taxe Google » : ça coince au Conseil constitutionnel

taxe-google-conseil-constitutionnel-684x513Pas de trace, dans la loi de finances 2017 publiée ce jour au JO, de la « taxe Google » portée par Yann Galut. Le Conseil constitutionnel l’a censurée.

« Nos entreprises Françaises [sic] continueront à payer 30% [sic], les multinationales 3% [sic] ».

Constat amer pour Yann Galut. Le député PS du Cher, par ailleurs porte-parole d’Arnaud Montebourg dans la course à la primaire de la gauche, a vu sa « taxe Google » censurée ce jeudi 29 décembre 2016 par le Conseil constitutionnel.

Les Sages avaient été saisis, le 22 décembre, par près de deux cent cinquante parlementaires qui contestaient neuf articles de la loi de finances pour 2017.

Parmi eux, l’article 78, que les sénateurs disaient « entaché d’incompétence négative », tout en affirmant qu’il méconnaissait « l’objectif de valeur constitutionnelle et d’intelligibilité de la loi ».

Les dispositions pointées du doigt sont inspirées de la taxe sur les bénéfices détournés (« diverted profits tax ») instaurée au Royaume-Uni pour lutter contre les pratiques d’optimisation fiscale des multinationales – avec, en première ligne, les GAFA, d’où le nom « taxe Google ».

Michel Sapin défavorable

L’article 78 visait à insérer, dans le code général des impôts, un article 209 C prévoyant, sous certaines conditions, d’étendre le champ de l’impôt sur les sociétés à des bénéfices réalisés en France par des personnes morales établies hors de France.

La mesure avait fait son entrée dans le projet de loi de finances pour 2017 le 10 novembre dernier, à la faveur d’une adoption de « l’amendement Galut » par la commission des finances de l’Assemblée nationale.

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Les députés avaient, une semaine plus tard en séance publique, validé le dispositif en le remaniant, malgré l’opposition de Michel Sapin (le ministre des Finances estimait préférable de régler le problème au niveau européen).

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Un précédent

L’article 78 est demeuré jusqu’à l’ultime lecture au Palais-Bourbon… avec son paragraphe VI, qui subordonne l’application des dispositions à une « vérification de comptabilité » ; c’est-à-dire une décision de l’administration fiscale d’engager une procédure de contrôle.

Pour le Conseil constitutionnel, cela veut dire laisser au fisc le pouvoir de choisir, parmi les contribuables entrant dans le champ d’application de l’article 209 C, ceux qui seront effectivement soumis à l’impôt.

Les Sages ont estimé que ce principe méconnaissait l’article 34 de la Constitution : s’il a bien la faculté de modifier le champ d’application de l’impôt sur les sociétés, le législateur ne peut conditionner l’assujettissement à l’impôt à la décision administrative susmentionnée (il ne saurait, en d’autres termes, supposer qu’une société doit payer des impôts là où elle réalise du chiffre d’affaires).

Considérant que la censure du seul paragraphe VI « entraînerait des effets qui ne correspondent pas à l’intention du législateur » (en l’occurrence, la suppression de la procédure de contrôle sur décision du fisc), le Conseil constitutionnel a retoqué l’article 78 dans son ensemble.

Du côté de Yann Galut, on dénonce une « décision incompréhensible et pas à la hauteur de l’enjeu ».

Non sans rappeler à Libération qu’« il y a deux ans déjà, une mesure imposant aux entreprises de faire préalablement approuver par Bercy leurs montages d’optimisation fiscale avait été annulée », le député assure qu’il persistera et s’en remet à la prochaine majorité parlementaire pour s’emparer de la question.

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En application de la décision du Conseil constitutionnel, l’article 78 a disparu du texte final de la loi de finances 2017, publié ce 30 décembre au Journal officiel.

Censure de la « taxe Google »: « incompréhensible » (Galut)

  •  Lefigaro.fr avec AFP 

Yann Galut, député PS du Cher, a déploré vendredi la censure par le Conseil constitutionnel d’un article instaurant une « taxe Google » dans le projet de loi de finances 2017, jugeant la décision « incompréhensible » et « pas à la hauteur de l’enjeu ».

Le Conseil a censuré jeudi l’article instaurant une taxe qui visait à renforcer la taxation des bénéfices détournés par les multinationales sur leur activité réalisée en France, au motif que l’administration fiscale ne peut avoir « le pouvoir de choisir les contribuables qui doivent ou non entrer dans le champ d’application de l’impôt sur les sociétés ».

Yann Galut, membre de la commission des Finances et porte-parole d’Arnaud Montebourg, à l’origine de cet amendement, fustige dans un communiqué une décision « inacceptable ». « Elle entrave, une fois de plus, l’action du législateur et bloque les avancées pour plus de justice. Aujourd’hui, les multinationales ne paient que 3% d’impôt sur les sociétés grâce à des montages complexes quand nos PME en paient 30% », écrit-il.

La « taxe Google » censurée

La Taxe Google censurée

Les sages du Conseil constitutionnel ont censuré l’amendement instaurant une taxe destinée à lutter contre l’optimisation fiscale, surnommée « taxe Google ».

Emilie Huberth

Censure de l’amendement

Il n’y aura pas de taxe Google. Le Conseil constitutionnel en a décidé ainsi, après avoir examiné la loi de finance 2017 et ses amendements, notamment celui proposé par le député socialiste Yann Galut, qui visait à contrecarrer les dispositifs d’optimisation fiscale inventés par les géants du web comme Google, Apple, Amazon, Airbnb, Booking, ou même Microsoft. Cet amendement avait été inspiré par des dispositifs similaires mis en place en Australie ou en Grande-Bretagne, ainsi que par les recommandations de l’OCDE.

Selon les sages du Palais Royal, il n’est en effet pas possible, au regard de la constitution, que l’administration fiscale puisse disposer du « pouvoir de choisir les contribuables qui doivent ou non entrer dans le champ d’application de l’impôt sur les sociétés ».

Des dispositifs d’évitement

Grâce à cet amendement, les députés socialistes souhaitaient pouvoir lutter contre les pratiques consistant à mettre en place des montages plus ou moins complexes qui permettaient de réduire à néant les bénéfices réalisés en France par des entreprises, en transférant les profits vers des sièges sociaux situés dans des pays européens où la fiscalité est plus légère, comme le Luxembourg, ou l’Irlande.

La pratique consiste souvent à faire payer aux filiales françaises des redevances auprès des sièges situés à l’étranger, de façon à leur transférer les bénéfices, mais il existait aussi d’autres montages plus complexes, mais consistant toujours en une stratégie d’évitement de l’impôt en France.

Le Conseil constitutionnel censure la taxe Google

Le juge de la constitutionnalité des lois a annulé la mesure visant à taxer les bénéfices détournés des multinationales.

Le Conseil constitutionnel censure la copie des données informatiques lors des perquisitions.
Crédit : AFP / THOMAS SAMSON        Le Conseil constitutionnel censure la copie des données informatiques lors des perquisitions.

La décision des « Sages » de la rue de Montpensier met un coup d’arrêt à la lutte contre l’optimisation fiscale des firmes multinationales opérant en France. Jeudi 29 décembre, le Conseil constitutionnel a examiné plusieurs mesures du budget 2017 voté par les parlementaires au cours du mois de décembre. Et a écarté plusieurs mesures, notamment la taxe Google, qui a été totalement censurée.

Ce point du projet de loi de finances pour 2017 visait à renforcer la taxation des bénéfices détournés par les multinationales sur leur activité réalisée sur le territoire français. Pour refuser cette mesure, les membres du Conseil constitutionnel ont avancé le motif que l’administration fiscale ne peut avoir « le pouvoir de choisir les contribuables qui doivent ou non entrer dans le champ d’application de l’impôt sur les sociétés », explique un communiqué.

L’amendement avait été porté par le député socialiste du Cher Yann Galut, le 18 novembre, après que le gouvernement avait présenté une première mouture du projet de loi de finances. Cité par Libération, le parlementaire évoque une « décision incompréhensible. Une fois de plus, le Conseil constitutionnel choisit de censurer un texte contre l’évasion fiscale ».

Fiscalité : Google peut dire merci

Le Conseil constitutionnel a rejeté la « taxe Google » instaurant un impôt pour les multinationales étrangères qui pratiquent l’optimisation fiscale.

Pour le prélèvement à la source, la mesure phare du budget 2017, ça passe. A priori. Mais ça casse pour la taxe Google. Le Conseil constitutionnel, appelé à se prononcer sur quelques points du projet de loi de finances 2017, a retoqué ce dispositif dont la finalité était de contrer les pratiques d’optimisation fiscale des multinationales comme Google. Intégrée in extremis au budget 2017 par un amendement du député socialiste Yann Galut, la taxe Google était inspirée par un impôt de 25 % mis en place au Royaume-Uni depuis 2015 sur les « bénéfices détournés ».

Pourquoi le Conseil constitutionnel a-t-il censuré une disposition qui aurait rapporté un pactole estimé entre 500 MEUR et 1 MdEUR par an à l’Etat ? Les Sages arguent que l’administration fiscale ne peut avoir « le pouvoir de choisir les contribuables qui doivent ou non entrer dans le champ d’application de l’impôt sur les sociétés »

Comprenne qui pourra… « Comme toujours, c’est habillé de façon un peu compliquée, mais en matière fiscale, c’est toujours compliqué », s’amuse Didier Maus, professeur de droit constitutionnel à l’université d’Aix-Marseille (Bouches-du-Rhône). Qui décrypte : « L’argument du Conseil constitutionnel est celui de l’égalité : la loi ne peut pas dire certaines entreprises auront le régime 1 ( NDLR : l’impôt sur les sociétés classique, à 33 % ), d’autres le régime 2 ( la taxe Google, un taux sanction à 38 % ), et le passage du 1 au 2 dépendra de la bonne ou de la mauvaise volonté de l’administration fiscale. Juridiquement, c’est imparable… »

Une pilule amère

Pas de quoi convaincre Yann Galut. « Je suis en colère, car c’est une décision incompréhensible ! Qui maintient en l’état un scandale fiscal : les multinationales ne paient que 3 % d’impôt sur les sociétés grâce à des montages complexes quand nos PME en versent 30 % ! »

Le gouvernement s’était initialement montré très réservé à propos de la taxe Google. Récemment, Michel Sapin, le ministre des Finances, rappelait encore ne « pas y avoir été favorable », estimant que les dispositifs actuels suffisaient. Mais finalement, l’amendement — voté à l’unanimité des députés présents — avait été retravaillé avec le soutien de Bercy. Le hic ? « Ce qui a été invalidé avait été rajouté à la demande du gouvernement… », soupire Yann Galut.

La pilule lui paraît d’autant plus dure à avaler qu’en décembre 2014, déjà, les Sages avaient censuré un amendement sur l’obligation de déclaration des schémas d’optimisation fiscale à l’administration. « Le Conseil constitutionnel a une vision conservatrice de la lutte contre l’évasion fiscale ! Ou ultralibérale, je ne sais pas… », tempête le député du Cher.

La décision est une victoire pour Google comme pour toutes les multinationales qui transfèrent une partie de leurs bénéfices hors de France. L’argent filant souvent vers une destination — l’Irlande — où l’impôt sur les sociétés est beaucoup plus doux qu’en France (12,5 % au lieu de 33 %).

Les tenants de la taxe Google devront remettre l’ouvrage sur le métier. L’autre solution est celle… d’une harmonisation fiscale au sein de l’Union européenne. Ce n’est pas demain la veille, estiment la plupart des spécialistes.

L’impôt à la source menacé

« Si, nous comprenons. » Voilà en substance ce qu’ont répondu les membres du Conseil constitutionnel aux parlementaires faisant valoir que certaines dispositions sur le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu étaient « inintelligibles ». Pour autant, les Sages n’ont passé au crible que quatre points de la mesure. En clair, cette révolution fiscale, prévue pour entrer en vigueur le 1er janvier 2018, n’est pas à l’abri, dans l’année qui s’ouvre, de « questions prioritaires de constitutionnalité ». Beaucoup d’autres aspects du texte pourraient faire l’objet de recours. Michel Sapin, le ministre des Finances, a-t-il prévu cette guerre juridique ? « Il y a peut-être des ministères dans lesquels ça sera compliqué d’occuper les cinq mois qui viennent, ça ne sera pas le cas ici… », confiait-il récemment.

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2017

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Avant de se faire dans la rue, la révolution se fait déjà dans la tête!!

La route solaire, utile ou gadget ?

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La première route solaire du monde inaugurée en France

Marotte de la ministre de l’Environnement Ségolène Royal, la première route solaire au monde va voir le jour ce jeudi 22 décembre dans le village normand de Tourouvre.

2800 m² de dalles pour plus de 5 millions d’euros de subvention. La première route solaire au monde est inaugurée ce jeudi 22 décembre par la ministre Ségolène Royal dans le village normand de Tourouvre. Désormais, les quelques 2000 automobilistes qui empruntent chaque jour la RD5 pour sortir du village rouleront sur des panneaux solaires collés sur la chaussée pendant un kilomètre.

Ces dalles aux allures de carrelage plastifié devraient permettre de produire l’équivalent de l’éclairage public d’une ville de 5000 habitants, selon la direction de Wattway, le projet co-inventé par Colas –une filiale de Bouygues– et le CEA Tech. Elles sont fabriquées par la Scop SNA à Tourouvre. Selon le conseil départemental, l’ensemble des travaux est couvert par une subvention d’Etat de 5 millions d’euros hors taxe.

Une dalle Wattway fabriquée par Colas Joachim Bertrand / COLAS

Depuis quelques mois, le concept est déjà expérimenté sur quatre sites pilotes: deux en Vendée, un à Septèmes-les-Vallons, près de Marseille, un dans les Yvelines sur des parkings, ou devant des bâtiments publics. Les surfaces sont beaucoup plus petites, de 50 à 100 m2 de dalles solaires.

A la Roche-sur-Yon, par exemple, depuis juin, « pratiquement tous les week-ends des voitures électriques viennent recharger leur batterie à la borne du complexe sportif et culturel Vendéspace, alimentée par 50 m2 de dalles solaires.

Une route solaire à Magny-Les-Hameaux dans les Yvelines Joachim Bertrand / COLAS

Les cellules photovoltaïques n’ont pas bougé. Ca fonctionne parfaitement bien », assure le député LR de la Vendée Alain Leboeuf qui préside aussi le Syndicat départemental d’énergie (Sydev), partenaire de cette expérimentation. Ailleurs, les dalles pourraient alimenter les aires d’autoroutes ou les maisons isolées.

A chaque fois, le concept est de coller sur la route des panneaux solaires protégés par une résine pour produire de l’électricité. Avantage: la production d’électricité ne gêne personne sur ces surfaces qui ne sont en moyenne occupées par les voitures que 20% du temps, selon Colas. Avec un million de kilomètres de routes, la France pourrait ainsi en théorie accéder à l’indépendance énergétique en en pavant le quart, met en avant la société.

Un coût élevé, un modèle économique à trouver

Sauf que les panneaux à plat produisent moins d’électricité que les panneaux inclinés. Pour « 300 kWh installés », les dalles Wattway produisent « 5 à 10 kW de moins » que les toitures, selon le directeur de Wattway. Les sceptiques attendent aussi de voir si les panneaux résisteront effectivement, avec le temps, en dehors des laboratoires, au passage des poids lourds et aux intempéries.

Surtout, le modèle économique reste à trouver: « Aujourd’hui Wattway est à 17 euros le watt-crête -unité de mesure de l’énergie solaire- raccordé », ajoute Jean-Charles Broizat, contre 1,3 euro pour le solaire en grande toiture.

Mais Wattway compte « rejoindre » le prix de production du solaire classique d’ici à 2020. Un objectif « ambitieux » mais « réaliste », selon Colas. Car le coût de production de l’énergie solaire classique a diminué de 60% entre 2009 et 2015.

En Normandie, une route solaire au banc d’essai

Ségolène Royal doit inaugurer, jeudi, un tronçon routier de 1 km recouvert de panneaux photovoltaïques. Une première, financée par l’Etat à hauteur de 5 millions d’euros.

LE MONDE Pierre Le Hir

Test de route solaire à Tourouvre (Orne), en octobre 2016.

Après l’autoroute du soleil, voici la route solaire. Un tronçon long de 1 km, sur une voie départementale desservant la petite commune normande de Tourouvre-au-Perche (3 400 habitants), dans l’Orne, dont la chaussée a été recouverte de dalles photovoltaïques. Cette infrastructure doit être inaugurée, jeudi 22 décembre, par la ministre de l’environnement, Ségolène Royal, qui en fait un exemple de la transition énergétique dans les territoires. Ce projet, sans précédent au monde par sa taille, suscite pourtant des critiques, en raison d’un rendement énergétique incertain et d’un coût élevé. Le financement, de 5 millions d’euros, a en effet été assuré par une subvention de l’Etat.

L’idée de déployer des panneaux solaires sur le réseau routier, afin de produire de l’électricité sans empiéter sur les surfaces agricoles ou les espaces naturels, n’est pas neuve. Voilà plus de dix ans, un couple d’Américains de l’Idaho, Scott et Julie Brusaw, avait ouvert la voie en créant la société Solar Roadways. Depuis, des initiatives similaires ont été lancées dans plusieurs pays, notamment à Berlin ou dans la banlieue d’Amsterdam. Mais, jusqu’ici, les expérimentations n’ont été réalisées que sur de très petites sections de route.

Le concept a changé d’échelle, avec le projet Wattway porté par l’entreprise de travaux publics Colas (groupe Bouygues) et l’Institut national de l’énergie solaire (INES) qui associe le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) et l’université de Savoie. Au terme de cinq années de recherche et de tests menés en Vendée, dans les Bouches-du-Rhône et dans les Yvelines, la route solaire normande va constituer le véritable banc d’essai.

Lire aussi :   Bouygues prend la « route du soleil » pour produire de l’électricité

Sur 2 800 m2, des panneaux photovoltaïques en forme de dalles ont été collés sur l’asphalte. Au sein de ce revêtement, les feuilles de silicium générant le courant sont enrobées dans une résine protectrice qui, affirment les partenaires de Wattway, les rend « capables de supporter la circulation de tout type de véhicule, y compris les poids lourds », tout en assurant une bonne adhérence entre les pneus et la chaussée. Ces modules sont fabriqués par la société coopérative de production SNA, basée elle aussi à Tourouvre-au-Perche.

Fabrication de panneaux photovoltaïques par la société coopérative de production SNA, à Tourouvre, en novembre 2016.

L’électricité produite rejoint le réseau de distribution local, via un raccordement direct. D’après la société Colas, une surface de 20 m2 suffit à approvisionner un foyer en électricité (hors chauffage) et 1 km de route équipée fournit l’équivalent de la consommation de l’éclairage public d’une ville de 5 000 habitants.

« La route solaire s’inscrit dans la transition énergétique : promesse de croissance verte, création d’emplois, innovation », s’était félicitée Ségolène Royal lors du lancement du chantier, en octobre. Un peu vite, elle avait alors annoncé que la production attendue était de « 17 963 kilowattheures (kWh) par jour », avant de rectifier sur le site internet du ministère, qui ne fait plus état que de « 790 kWh par jour », soit vingt-deux fois moins.

« Gadget »

Ce sont bien les performances de cette infrastructure, au regard de son coût, que mettent en cause certains experts. « Il s’agit sans doute d’une prouesse technique, mais, pour développer les renouvelables, il y a d’autres priorités qu’un gadget dont on est certain qu’il est très cher sans être sûr qu’il marche », pense Marc Jedliczka, vice-président du Réseau pour la transition énergétique (CLER) et directeur général de l’association Hespul, spécialisée dans le photovoltaïque.

Lire aussi :   Tesla veut racheter le fabricant de panneaux solaires SolarCity

Le président du Syndicat des énergies renouvelables (SER), Jean-Louis Bal, réserve quant à lui son jugement sur la viabilité du procédé : « Quels seront son coût, sa productivité et sa durée de vie ? Pour l’instant, je n’ai pas les réponses. »

A 5 millions d’euros le kilomètre, la perspective, envisagée par la ministre, de paver de silicium 1 000 km de routes exigerait d’y consacrer 5 milliards d’euros. Cela, alors que le prix du watt-crête (puissance maximale) raccordé se monte, pour l’actuelle route solaire, à 17 euros contre seulement 1,30 euro pour le photovoltaïque posé en grande toiture, et moins de 1 euro pour les installations au sol.

Le site normand est un démonstrateur. A terme, les promoteurs de Wattway espèrent se rapprocher des coûts de production du solaire classique, pour pouvoir passer à la commercialisation de leur procédé. Pour l’heure, ils ont en portefeuille une centaine de petits projets de tronçons photovoltaïques expérimentaux, dont une moitié en France et l’autre à l’étranger.

La route solaire, rupture technologique ?

Le groupe de BTP Colas lance la commercialisation d’un revêtement routier capable de capter l’énergie solaire. Simple et robuste, la technologie pourrait accélérer la diffusion des énergies renouvelables.

La route solaire, recouverte d'une résine particulière, peut supporter le poids d'un camion

La route solaire, recouverte d’une résine particulière, peut supporter le poids d’un camion ®COLAS-Joachim Bertrand

RUPTURE. Et si on tenait là une de ces « innovations de rupture » apte à faire changer d’ère énergétique l’humanité toute entière? Le constructeur de routes Colas (filiale de Bouygues) est en tout cas persuadé d’avoir inventé, avec Wattway rien moins qu’une « route solaire » qui ne serve pas uniquement à se déplacer, mais aussi à produire une électricité propre et inépuisable. Pour le responsable de Colas, Hervé le Bouc, c’est en tout cas la première fois « qu’on trouve une seconde fonctionnalité à la route ». L’idée peut paraître évidente. Toute la journée, les routes regardent le ciel et le soleil est parfois si ardent qu’il en fait fondre le goudron. Mais les chaussées sont extrêmement sollicitées. Pour autoriser le passage confortable de tout véhicule, y compris des poids lourds de 44 tonnes, l’enrobé, ce mélange de caillou et de bitume doit être extrêmement résistant. « Tout le contraire d’une cellule photovoltaïque de 200 micromètres d’épaisseur qui, elle, est très cassante, expose Philippe Raffin, directeur R&D chez Colas. Il s’agissait donc d’un mariage d’une carpe avec un lapin ».

Deux brevets dans le liant et la colle

RÉSINE. Il a fallu quatre ans de recherche pour résoudre l’équation avec l’aide de l’Institut national de l’énergie solaire (Ines) basé à Chambéry. Colas et l’Ines n’ont innové ni dans le photovoltaïque ni dans la construction de route, mais ont déposé deux brevets dans le liant et la colle. Avec l’aide de sa filiale spécialisée dans les résines, le constructeur routier a encapsulé des cellules de silicium poly-cristallin équipant la plupart des panneaux photovoltaïques dans des cadres de résine de 15cm de côté. Et ce sont également des résines polymères qui assujettissent ces panneaux à la route. « A l’Ines, nous avons procédé à des tests sur une route « martyre » passant de véhicules de plus en plus lourd, allant de plus en plus rapidement pour finir par tester des freinages violents », raconte Philippe Raffin.

La même adhérence que les enrobés traditionnels

Outre les résines, l’invention tient aussi dans une couche supérieure laissant passer le rayonnement solaire malgré l’ajout de granulosités destinées à procurer une adhérence équivalente à celle des enrobés traditionnels. Pas question dans ce cas d’obtenir un rendement de 18% comme n’importe quel panneau solaire, d’autant que ceux-ci sont posés à plat alors que pour un rendement maximum, le panneau doit être incliné à 30 degrés. Mais les 15% sont revendiqués par le constructeur. Le raccordement ne semble pas un problème, les routes voisinant la plupart du temps avec le réseau électrique. Le constructeur a même pensé à la sécurité du système pour éviter les conséquences d’un accident.

INDUCTION. Selon l’Ademe, un kilomètre de chaussée Wattway permet de remplir les besoins en éclairage public d’une ville de 5000 habitants. 4 mètres avec 1000 heures d’ensoleillement suffisent pour les besoins d’un ménage (hors chauffage). En ville, la chaussée solaire pourra alimenter les feux de signalisation, les bâtiments voisins, et la recharge des véhicules électriques à l’arrêt par induction. 100m² de ces panneaux fournissent en effet l’énergie nécessaire pour 100000km par an d’une voiture électrique. « Le procédé est à l’évidence un élément constitutif de la ville intelligente des pays développés, mais nous visons aussi les villes et villages des pays en voie de développement qui sont éloignés des réseaux électriques », se félicite Hervé Le Bouc. Avec le prix de plus en plus bas des cellules photovoltaïques, le constructeur estime pouvoir fournir une électricité à un prix compétitif. Wattway est aujourd’hui en phase préindustrielle sur la chaîne de montage du LabFab de l’Ines.

L’idée d’utiliser les routes pour capter l’énergie solaire n’est pas neuve. De nombreuses initiatives existent comme Solar Roadways. En Hollande, c’est une piste cyclable solaire qui est en cours d’essai.

La première route solaire au monde est inaugurée jeudi 22 décembre à Tourouvre dans l’Orne. Elle permet d’alimenter en électricité l’éclairage publique d’une ville de 5000 habitants.

>La première route solaire au monde inaugurée dans l’Orne Crédit Image : Colas Crédit Média : Sophie Jousselin

À la sortie de Tourouvre, la route départementale 5 est recouverte d’une sorte de carrelage noir. Ce sont en réalité 2.880 panneaux photovoltaïques qui sont collés sur la chaussée. Toute la journée, même s’il n’y a pas de soleil, ils emmagasinent de l’énergie. Elle est ensuite injectée dans le réseau électrique. Ce kilomètre de route solaire doit produire chaque année 290 MW/H, ce qui est nécessaire pour l’éclairage publique d’une ville de 5.000 habitants.

2.000 véhicules roulent désormais dessus chaque jour et la période de test qui s’ouvre jusqu’à la fin de l’année prochaine doit permettre de vérifier, en vrai, si le concept supporte à la fois les intempéries mais aussi le va-et-vient des automobiles et des camions. Les panneaux de 7 mm d’épaisseur sont prévus pour résister à un million de passage de poids-lourds. Ce sera aussi l’occasion de tester le revêtement à base de résine et de grains de verre qui évitent que la chaussée ne se transforme en patinoire quand il pleut.

Si le projet est validé, à terme ce type de routes pourrait permettre d’alimenter des bornes de recharge pour les véhicules électriques, l’éclairage ou la signalisation sur le bord des routes voire mêmes des maisons isolées. Ce kilomètre de route solaire a coûté 5 millions d’euros. Quant au coût de production de cette électricité, il est pour l’instant 13 fois supérieur à celui d’une électricité produite à partir d’un panneau solaire posé sur un toit.

Normandie : inauguration de la première route solaire au monde

Normandie : inauguration de la première route solaire au monde
Ségolène Royal avait visité l’usine lors du lancement de la construction de cette première route solaire le 24 octobre 2016.

AFP CHARLY TRIBALLEAU

L a première route solaire au monde sera inaugurée ce jeudi 22 décembre par la ministre Ségolène Royal dans un village normand, une technologie en phase test, expérimentée en France par la filiale de Bouygues, Colas, à laquelle travaillent également Néerlandais, Américains et Allemands.

A partir de ce jeudi 22 décembre, les 2.000 automobilistes qui empruntent en moyenne chaque jour la RD5 pour sortir de Tourouvre rouleront pendant un km sur des panneaux solaires collés sur la chaussée. Ces 2.800 m2 de dalles aux allures de carrelage plastifié doivent permettre de produire l’équivalent de l’éclairage public d’une ville de 5.000 habitants, selon la direction de Wattway, le projet co-inventé par Colas et le CEA Tech. Elles sont fabriquées par la Scop SNA à Tourouvre. L’ensemble des travaux est couvert par une subvention d’Etat de 5 millions d’euros hors taxe, précise le conseil départemental.

Quatre sites pilotes en France

Depuis quelques mois, le concept est déjà expérimenté sur quatre sites pilotes (deux en Vendée, un à Septèmes-les-Vallons, près de Marseille, un dans les Yvelines) sur des parkings, ou devant des bâtiments publics. Les surfaces sont beaucoup plus petites, de 50 à 100 m2 de dalles solaires. A la Roche-sur-Yon, par exemple, depuis juin, « pratiquement tous les week-ends des voitures électriques viennent recharger leur batterie à la borne du complexe sportif et culturel Vendéspace alimentée par 50 m2 de dalles solaires. Les cellules photovoltaïques n’ont pas bougé. Ca fonctionne parfaitement bien », assure à l’AFP le député LR de la Vendée Alain Leboeuf qui préside le Syndicat départemental d’énergie (Sydev), partenaire de cette expérimentation.

Une première mondiale

Ailleurs, les dalles pourraient alimenter les aires d’autoroutes ou les maisons isolées, précise Wattway. La route solaire ornaise est une « première mondiale », explique Jean-Charles Broizat, directeur de Wattway, ce que confirment les concurrents. Au nord d’Amsterdam, une piste cyclable solaire de 70 m est en service depuis deux ans, sur une voie où passent quelques 2.000 vélos par jour. Si le revêtement a mal résisté au premier hiver, le problème a été résolu depuis: la piste « SolaRoad » vient d’être prolongée de 20 mètres, assure TNO, société à l’origine du projet. « Nous avons des projets de routes solaires publiques pour 2018 », précise Sten de Wit, de TNO. L’Allemagne est aussi sur les rangs. « Nous projetons une route test de 150 m près de Cologne à l’été 2017, puis une route publique fin 2017 », explique Donald Müller-Judex, ingénieur à l’origine du projet Solmove, basé en Bavière.

Les Américains également sur le coup

Aux Etats-Unis, le Missouri « travaille » à l’installation d’environ 19 m2 sur un trottoir à proximité de la Route 66, indique à l’AFP Tom Blair, ingénieur au ministère des Transports de cet Etat (MoDOT) sans donner de date.   – Objectif ambitieux mais coût élevé –   A chaque fois, le concept est de coller sur la route des panneaux solaires protégés par une résine pour produire de l’électricité. Avantage: la production d’électricité ne gêne personne sur ces surfaces qui ne sont en moyenne occupées par les voitures que 20% du temps, selon Colas. Avec un million de km de routes, la France pourrait ainsi en théorie accéder à l’indépendance énergétique en pavant le quart de ses routes, met en avant la société.

Moins performant et plus coûteux que les panneaux solaires sur les toits

Inconvénient : les panneaux à plat produisent moins d’électricité que les panneaux inclinés. Pour « 300 kWh installés », les dalles Wattway produisent « 5 à 10 kW de moins » que les toitures, selon M. Broizat. Les sceptiques attendent aussi de voir si les panneaux résisteront effectivement, avec le temps, en dehors des laboratoires, au passage des poids-lourds et aux intempéries. Surtout, le modèle économique reste à trouver: « Aujourd’hui Wattway est à 17 euros le watt-crête (unité de mesure de l’énergie solaire) raccordé », selon M. Broizat, contre 1,3 euro pour le solaire en grande toiture, selon le syndicat des énergies renouvelables (SER). Mais Wattway compte d’ici à 2020, « rejoindre » le prix de production du solaire classique. Un objectif « ambitieux » mais « réaliste », selon Colas. Car le coût de production de l’énergie solaire classique a diminué de 60% entre 2009 et 2015, selon le SER.

La France inaugure la première route solaire au monde

PHOTO/afp

 La première route solaire au monde sera inaugurée jeudi par la ministre Ségolène Royal dans un village normand, une technologie en phase test, expérimentée en France par la filiale de Bouygues, Colas, à laquelle travaillent également Néerlandais, Américains et Allemands.

A partir de jeudi, les 2.000 automobilistes qui empruntent en moyenne chaque jour la RD5 pour sortir de Tourouvre rouleront pendant un km sur des panneaux solaires collés sur la chaussée. Ces 2.800 m2 de dalles aux allures de carrelage plastifié doivent permettre de produire l’équivalent de l’éclairage public d’une ville de 5.000 habitants, selon la direction de Wattway, le projet co-inventé par Colas et le CEA Tech.

Elles sont fabriquées par la Scop SNA à Tourouvre. L’ensemble des travaux est couvert par une subvention d’Etat de 5 millions d’euros hors taxe, précise le conseil départemental. – Quatre sites pilotes en France – Depuis quelques mois, le concept est déjà expérimenté sur quatre sites pilotes (deux en Vendée, un à Septèmes-les-Vallons, près de Marseille, un dans les Yvelines) sur des parkings, ou devant des bâtiments publics. Les surfaces sont beaucoup plus petites, de 50 à 100 m2 de dalles solaires.

A la Roche-sur-Yon, par exemple, depuis juin, « pratiquement tous les week-ends des voitures électriques viennent recharger leur batterie à la borne du complexe sportif et culturel Vendéspace alimentée par 50 m2 de dalles solaires. Les cellules photovoltaïques n’ont pas bougé. Ca fonctionne parfaitement bien« , assure à l’AFP le député LR de la Vendée Alain Leboeuf qui préside le Syndicat départemental d’énergie (Sydev), partenaire de cette expérimentation.

Ailleurs, les dalles pourraient alimenter les aires d’autoroutes ou les maisons isolées, précise Wattway. La route solaire ornaise est une « première mondiale« , explique Jean-Charles Broizat, directeur de Wattway, ce que confirment les concurrents. Au nord d’Amsterdam, une piste cyclable solaire de 70 m est en service depuis deux ans, sur une voie où passent quelques 2.000 vélos par jour. Si le revêtement a mal résisté au premier hiver, le problème a été résolu depuis: la piste « SolaRoad » vient d’être prolongée de 20 mètres, assure TNO, société à l’origine du projet. « Nous avons des projets de routes solaires publiques pour 2018« , précise Sten de Wit, de TNO.

L’Allemagne est aussi sur les rangs. « Nous projetons une route test de 150 m près de Cologne à l’été 2017, puis une route publique fin 2017« , explique Donald Müller-Judex, ingénieur à l’origine du projet Solmove, basé en Bavière. Aux Etats-Unis, le Missouri « travaille » à l’installation d’environ 19 m2 sur un trottoir à proximité de la Route 66, indique à l’AFP Tom Blair, ingénieur au ministère des Transports de cet Etat (MoDOT) sans donner de date.

  • Objectif ambitieux mais coût élevé

A chaque fois, le concept est de coller sur la route des panneaux solaires protégés par une résine pour produire de l’électricité. Avantage: la production d’électricité ne gêne personne sur ces surfaces qui ne sont en moyenne occupées par les voitures que 20% du temps, selon Colas. Avec un million de km de routes, la France pourrait ainsi en théorie accéder à l’indépendance énergétique en pavant le quart de ses routes, met en avant la société. Inconvénient: les panneaux à plat produisent moins d’électricité que les panneaux inclinés. Pour « 300 kWh installés« , les dalles Wattway produisent « 5 à 10 kW de moins » que les toitures, selon M. Broizat.

Les sceptiques attendent aussi de voir si les panneaux résisteront effectivement, avec le temps, en dehors des laboratoires, au passage des poids-lourds et aux intempéries. Surtout, le modèle économique reste à trouver: « Aujourd’hui Wattway est à 17 euros le watt-crête (unité de mesure de l’énergie solaire) raccordé« , selon M. Broizat, contre 1,3 euro pour le solaire en grande toiture, selon le syndicat des énergies renouvelables (SER).

Mais Wattway compte d’ici à 2020, « rejoindre » le prix de production du solaire classique. Un objectif « ambitieux » mais « réaliste », selon Colas. Car le coût de production de l’énergie solaire classique a diminué de 60% entre 2009 et 2015, selon le SER.

La route solaire, gadget ou véritable révolution ?

Une route recouverte de panneaux solaires pour produire de l’électricité est inaugurée jeudi 22 décembre dans l’Orne. Reste à savoir s’il s’agit d’un gadget pour l’environnement ou si cette innovation pourra être rentable.

FRANCE 3
France 3France Télévisions

C’est une portion de route solaire unique au monde empruntée dès jeudi par les automobilistes normands. Sur cette départementale 5 qui dessert la commune de Tourouvre au Perche, dans l’Orne (Basse-Normandie), 2 800 m² de panneaux photovoltaïques ont été intégrés à la route. Des dalles posées sur un kilomètre afin de capter la lumière du soleil et la transformer en énergie. Il a fallu six ans de recherche pour trouver des matières capables de résister aux passages de poids lourd et aux intempéries.

Encore peu compétitive

Sous le bitume, de l’électricité circule. Selon les concepteurs de la route, elle est capable d’assurer de façon pérenne l’éclairage public d’une commune de 5 000 habitants. Des objectifs ambitieux et des coûts pour le moment très élevés. Pour un seul kilomètre : 5 millions d’euros. L’énergie produite serait treize fois plus chère que celle produite par des panneaux photovoltaïques installés sur le toit des maisons.

La première route solaire au monde inaugurée ce jeudi en Normandie

ENERGIE L’ensemble des travaux a été couvert par une subvention d’Etat de 5 millions d’euros hors taxe…

La fabrication d'un panneau photovoltaique destiné à la première route solaire en Normandie.
La fabrication d’un panneau photovoltaique destiné à la première route solaire en Normandie. – CHARLY TRIBALLEAU

20 Minutes avec AFP

C’est une première mondiale. La ministre de l’environnement Ségolène Royal va inaugurer ce jeudi la première route solaire au monde dans un petit village normand. Cette technologie, encore en phase test, est expérimentée en France par la filiale de Bouygues, Colas, pour laquelle travaillent également des Néerlandais, Américains et Allemands.

A partir de jeudi, les 2.000 automobilistes qui empruntent en moyenne chaque jour la RD5 pour sortir de Tourouvre rouleront pendant un km sur des panneaux solaires collés sur la chaussée.

L’éclairage public d’une ville de 5.000 habitants

Ces 2.800 m2 de dalles aux allures de carrelage plastifié doivent permettre de produire l’équivalent de l’éclairage public d’une ville de 5.000 habitants, selon la direction de Wattway, le projet co-inventé par Colas et le CEA Tech. Elles sont fabriquées par la Scop SNA à Tourouvre. L’ensemble des travaux est couvert par une subvention d’Etat de 5 millions d’euros hors taxe, précise le conseil départemental.

>> A lire aussi : Vers la création de 1.000 kilomètres de routes solaires d’ici à cinq ans

A chaque fois, le concept est de coller sur la route des panneaux solaires protégés par une résine pour produire de l’électricité. Avantage : la production d’électricité ne gêne personne sur ces surfaces qui ne sont en moyenne occupées par les voitures que 20 % du temps, selon Colas. Avec un million de km de routes, la France pourrait ainsi en théorie accéder à l’indépendance énergétique en pavant le quart de ses routes, met en avant la société.

Un gouffre financier ?

Inconvénient : les panneaux à plat produisent moins d’électricité que les panneaux inclinés. Pour « 300 kWh installés », les dalles Wattway produisent « 5 à 10 kW de moins » que les toitures, explique Jean-Charles Broizat, directeur de Wattway.

Les sceptiques attendent aussi de voir si les panneaux résisteront effectivement, avec le temps, en dehors des laboratoires, au passage des poids-lourds et aux intempéries. Surtout, le modèle économique reste à trouver : « Aujourd’hui Wattway est à 17 euros le watt-crête (unité de mesure de l’énergie solaire) raccordé », selon Jean-Charles Broizat, contre 1,3 euro pour le solaire en grande toiture, selon le syndicat des énergies renouvelables (SER).

La route solaire cherche son chemin

 Olivier Levrault
La ministre de l'Environnement Ségolène Royal lors du lancement de la construction de la première route solaire, le 24 octobre 2016, à Tourouvre (Orne).La ministre de l’Environnement Ségolène Royal lors du lancement de la construction de la première route solaire, le 24 octobre 2016, à Tourouvre (Orne). Photo Charly Triballeau. AFP

Ségolène Royal inaugure jeudi le premier kilomètre de route solaire au monde. Une technologie française innovante qui pose des questions.

À partir de ce jeudi, sur 1 km de la route départementale 5 à Tourouvre-au-Perche (Orne), les véhicules rouleront sur des panneaux solaires. Sur le bitume, des dalles solaires fines de quelques millimètres ont été posées. Les fragiles cellules photovoltaïques sont protégées par un mélange de résine capable de résister au passage régulier des véhicules, poids plume et poids lourd. Le mélange, translucide, laisse passer la lumière, captée par les cellules de silicium.

Le projet, une première mondiale, a été baptisé Wattway et a été initié par le groupe Colas, filiale du groupe Bouygues et l’un des leaders mondiaux de la construction de routes, en partenariat avec l’Institut national de l’énergie solaire (INES) et avec le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA). Le concept, en développement depuis cinq ans, entre désormais en phase de test grandeur nature avec le tronçon de Tourouvre.

Une route, deux usages

«Nous voulons donner une deuxième vie à la route en plus du transport des véhicules, explique Jean-Charles Broizat, directeur de Wattway. Le tronçon normand doit montrer que notre technologie supporte bien le trafic et peut être une solution d’énergie renouvelable comme une autre.»

Très impliquée dans ce projet, la ministre de l’Environnement Ségolène Royal doit inaugurer aujourd’hui jeudi la route solaire. En janvier dernier, elle avait annoncé vouloir installer 1.000 km de routes solaires en France. Or, le projet Wattway a coûté 5 millions d’euros au ministère. De quoi faire naître quelques critiques et doutes sur la viabilité d’une implantation en masse de routes solaires sur le territoire français.

À lire aussi Un avenir qui tient la route

Richard Loyen, directeur général d’Enerplan, syndicat des professionnels de l’énergie solaire, ne veut pas «condamner à l’avance le projet, qui représente une technologie très innovante. Mais il devra trouver un chemin vers la baisse des coûts, aujourd’hui très importants». Pour lui, la priorité n’est pas là : «Si on veut être rationnel et continuer dans la voie du solaire en tant qu’énergie la moins chère, la plus rentable, alors ce n’est pas vers ça qu’il faut se tourner.»

Plus cher, moins productif

Car le projet Wattway, s’il représente une prouesse technologique, comprend deux écueils majeurs : son rendement productif et son coût actuel. Du fait de l’horizontalité de la route et de la résine qui empêche une partie de la lumière de passer, la production d’une centrale Wattway sera inférieure à celle des photovoltaïques classiques.

Ségolène Royal avait initialement annoncé une production journalière moyenne de 17.963 kilowattheures avant de ramener ce chiffre à 790 kWh. 23 fois moins. Pour le tronçon normand, d’une superficie de 2800 m2, Wattway table sur une production annuelle de 280 MWh.

«On va produire 10% de moins que le photovoltaïque traditionnel», estime Jean-Charles Broizat. Une production moindre, et pour un prix plus élevé. A 17 € le watt-crête (Wc, puissance maximale), le projet est bien au-dessus des standards des centrales au sol ou en toiture, qui ne dépassent pas 1,30 euro le Wc.

«Wattway n’a pas vocation à remplacer les autres formes de production, affirme Jean-Charles Broizat. Mais l’objectif est tout de même d’être compétitif à l’horizon 2020. On attend rapidement d’importantes baisses des coûts.» Si une centaine de projets sont déjà lancés, les chantiers plus importants attendront 2018, tout comme la commercialisation du produit. D’ici là, la route est encore longue.

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commentaires
  • Thierry Jacob               Indépendance énergétique ?
    J’en rêve pour mon pays.
    Accélérons la recherche pour nous libérer des importations.
  • moruneladanlefillon 
    @retraite 34                  ty mettrais bien un coup de canne?                         lumix                              Encore un bau cadeau en numéraire pour Bouygues, Colas                                                                                                                                                          la mangouste                Qu’elle aille vendre ça à son copain Raoul Castro…..là bas il y a du soleil..et….ah! non…..pas de voiture électrique , mais des « meules » qui ont 50 ans
    Allez une nouvelle folie de cette grosse nulle ! Heureusement qu’elle ne sera plus là avec son entourage de Bobo en 2017…elle serait capable de rendre obligatoire la voiture électrique en France, par contre j’attends toujours une réponse de ses services, concernant les voitures étrangères dans Paris dès Janvier 2017 à cause de cette histoire de vignette….mais aucune réponse…De nouveau ils ont  » oubliés » ce facteur…Voilà comment ils bossent les fonctionnaires !

Le Concombre Masqué       « une surface de 20 m2 suffit à approvisionner un foyer en électricité (hors chauffage) » (sic) : Sachant que la consommation moyenne (hors chauffage) d’un foyer moyen est d’environ 13 kWh / jour, et que ce kilomètre de route produira au total 790 kW / jour, cherchez l’erreur…

Matt                                        « 1 km de route équipée fournit l’équivalent de la consommation de l’éclairage public d’une ville de 5 000 habitants ». Solaire = ne produit pas d’énergie la nuit quand elle est nécessaire pour éclairer les rues… Comparaison absurde.

CHRISTIAN                               C’est bien évidemment notre avenir qui se joue ici. L’article ne parle pas du cout de maintenance qui est le plus important, pas le cout d’investissement. Rappelons aux bonnes âmes le cout de la première centrale, le cout du tunnel sous la Manche, et le cout de nos autoroutes, qui ont tous été rentabilisés et qui sont tous rentables aujourd’hui. Je trouve l’idée géniale, bien meilleure que des champs d’éoliennes, et c’est un savoir faire qui, s’il est maitrisé (objectif du projet), s’exportera.

Un jeune                                       Aujourd’hui, on est allergique aux risques. On est pas sûr que ça marche donc ça ne vaut pas la peine ? Au contraire c’est un projet expérimental qui permettra même si c’est un échec de faire avancer la recherche sur les énergies renouvelables. Ça a un coup, mais vaut mieux cela que mettre 5 millions d’euros dans des ronds points inutiles.

aloes                                             Avant de tuer le projet , ou de le poursuivre peut être faut il analyser quel sont les facteurs qui peuvent permettre d’ en réduire le coût de façon drastique …quelle sont les technologies qui peuvent permettre d’améliorer le rendement ?a titre d’exemple le prix des panneaux standards a été réduit de 10 fois en 10ans ..Il y a des technologies concurrentes à l’étude , comme le revêtement actif, qui vise à utiliser toute la chaussée avec des rendements faibles ..

 

  • olivierdanielo               France’s Solar Roads Plan a Costly, Inefficient Boondoggle https://www.equities.com/news/france-s-solar-roads-plan-a-costly-inefficient-boondoggle
  • cathelinedebonnet
  • @Frédéric Martin :      Je suis pour l’énergie solaire (j’ai même travaillé un temps dans cette industrie)… mais il est important de répéter régulièrement que cette idée de revêtement de route « solaire » est TOTALEMENT ABSURDE. Installation et entretien hors de prix, rendement ridicule, optimisation inexistante, encrassement… Les mêmes panneaux installés en bordure de route, ou entre les routes… serait bien plus intéressants. Deux excellentes vidéos sur le même genre de scam aux US: https://www.youtube.com/watch?v=6-ZSXB3KDF0 et https://www.youtube.com/watch?v=Mzzz5DdzyWY. Utiles pour mettre fin à l’ignorance et aux emballements médiatiques quand on souhaite VRAIMENT s’informer. Beaucoup plus de panneaux solaires, oui, on peut être partant, mais pas n’importe comment. Au final, ce genre de projet ne pourra que servir de contre exemple et de sujet de moquerie. … Et j’ajouterais que les véhicules ne sont pas transparents, et quand ils se suivent l’un derrière l’autre il reste très peu de surface ensoleiilée. EEVblog #743 – Solar Roadways Test Results YOUTUBE.COM J’aime · Répondre · Supprimer l’aperçu · À l’instant · Modifié Catheline De Bonnet Catheline De Bonnet J-p Bristolian Delamotte ·                   Complètement d’accord, quand on sait que les panneaux produisent seulement lorsqu’ils sont éclairés, et qu’une ligne de panneaux solaires baisse sa production si une ombre vient intérragir dans le champs d’un seul panneau, alors j’imagine pas avec des
  • quentintin                        sceptique.. l’asphalte classique absorbe en partie l’eau lorsqu’il pleut, avec ce revêtement complètement étanche je me demande ce que devient la tenue de route et l’évacuation de l’eau par temps de pluie. De plus les procédés de fabrication de ce liant / colle sont surement loin d’être « écologiques » (même si l’asphalte n’est certainement pas un bon exemple), et je n’ose même pas imaginer le prix de telles infrastructures !

 

Les ripoux de finance

Un commentaire

4Madrange, William Saurin: l’État à la rescousse de Financière Turenne Lafayette après le maquillage de ses comptes

Bercy

Bercy © Sipa Press

Un audit commandé par le nouveau président du groupe, Éric de Gouvello, a permis de mettre à jour cette falsification des comptes. Monique Piffaut, ancienne dirigeante aujourd’hui décédée aurait voulu cacher la mauvaise situation financière de la firme propriétaire de Madrange, William Saurin et Garbit afin de continuer à obtenir des financements de la part des banques.

L’État s’est dit prêt à se rendre au chevet de Financière Turène Lafayette. Quelques heures avant cette annonce, mercredi 14 décembre, le géant alimentaire signalait avoir découvert par le biais d’un audit que ses comptes étaient truqués depuis plusieurs années afin d’embellir la situation économique du groupe qui rencontrait des difficultés. « Si besoin, il y aura un soutien financier de l’État pour s’assurer effectivement qu’on évite un scénario de liquidation judiciaire », ont fait savoir lors d’une conférence téléphonique des représentants du ministère de l’Agriculture et du secrétaire d’État à l’Industrie.

Pas de risque pour l’emploi. Pour l’heure, Stéphane Le Foll et Christophe Sirugue ont affirmé qu’il n’y avait « pas de risque immédiat pour l’emploi ». Les autorités se bornent donc à assurer un soutien opérationnel, afin de « maintenir un niveau de confiance dans le groupe pour que les clients, les banques et les fournisseurs ne prennent pas la fuite ».

Présentation trompeuse des comptes. C’est un audit diligenté par le nouveau président du groupe, Éric de Gouvello, qui a permis de découvrir le pot aux roses. Ce dernier a pris les commandes de la firme propriétaire de William Saurin, Madrange ou encore Garbit, à la suite du décès le 30 novembre de Monique Piffaut, propriétaire et actionnaire unique du groupe. « Les premières constatations laissent apparaître une présentation trompeuse des comptes depuis plusieurs années, dans un contexte très dégradé pour la filière agroalimentaire en général et pour certaines filiales du groupe en particulier », a indiqué la firme dans un communiqué diffusé mercredi.

D’après les conclusions de l’audit préliminaire, Financière Turène Lafayette « arrangeait ses comptes en fin d’année en passant des écritures comptables en face desquelles il y avait soit de fausses facturations soit de fausses avances sur stock », explique-t-on à Bercy. Cette vérification n’a cependant pas permis de se rendre compte de l’ampleur de ces pratiques.

Fondé au début des années 90, la société s’est progressivement étendue et emploie environ 3.000 personnes pour génèrer un chiffre d’affaires de près de 900 millions d’euros. Le groupe est en particulier très présent dans la charcuterie et toutes marques confondues (marques du groupe et marques distributeur), il représente près d’une tranche de jambon sur trois vendues en France.

L’Etat prêt à secourir la maison mère de William Saurin

La Financière Turenne Lafayette, maison mère de plusieurs marques d’agroalimentaire (Garbit, Madrange…), aurait embelli ses comptes pendant plusieurs années.

LE MONDE ECONOMIE Laurence Girard

Produits des marques appartenant à la Financiere Turenne Lafayette, au siège de la holding, en décembre.

Moins de deux semaines après le décès, à 78 ans, de Monique Piffaut, l’entreprise agroalimentaire qu’elle a créée au début des années 1990 suscite une polémique. Deux communiqués publiés coup sur coup mercredi 14 décembre ont jeté une lumière crue sur le groupe. Ils laissent entendre que la maison mère de William Saurin, Madrange ou Garbit est dans une situation financière plus que délicate et évoquent sans fard des pratiques comptables douteuses.

Le premier, diffusé par la holding elle-même, la Financière Turenne Lafayette, dont Mme Piffaut était l’actionnaire unique, révèle « une présentation trompeuse des comptes depuis plusieurs années, dans un contexte très dégradé pour la filière agroalimentaire ». Il s’agit du résultat d’un audit sur la situation financière et économique du groupe diligenté par Eric Le Gouvello, qui a officiellement succédé à Mme Piffaut à la présidence le 6 décembre.

3 200 emplois directes et 1 500 indirects concernés

Les premières conclusions de cet audit ont été livrées à la connaissance du gouvernement lundi 12 décembre au soir. Elles semblent l’avoir suffisamment inquiété pour que le ministère de l’économie et celui de l’agriculture publient à leur tour un communiqué commun affirmant leur soutien à l’entreprise agroalimentaire. Ils soulignent que « des audits sont en cours pour clarifier au plus vite la situation exacte du groupe et déterminer l’ampleur et le détail des difficultés économiques et des pratiques constatées ». Le parquet de Paris a été saisi de l’affaire pour déterminer les responsabilités.

Les ministères ont expliqué qu’à leur connaissance il n’y avait pas eu d’enrichissement personnel, précisant toutefois « que les informations étaient données sous toute réserve ». Les comptes auraient été embellis pour masquer les difficultés de l’entreprise auprès des établissements qui la finançaient. Des écritures comptables seraient apparues fictives, justifiées par des fausses factures ou de fausses avances sur stock. Elles porteraient sur « quelques pourcents du chiffre d’affaires ».

Le gouvernement met en avant le poids de l’entreprise, « qui commercialise une tranche de jambon sur trois et une sur deux en marque distributeur », pour justifier son empressement et sa volonté de frapper fort. Mais souligne aussi les 3 200 emplois directs et les 1 500 emplois indirects liés à la Financière Turenne Lafayette, sans oublier les filières agricoles, en particulier la filière porcine, concernées de près par cette affaire.

Lire aussi :   Nouvel accès de fièvre sur le marché du porc

Invité sur RMC jeudi 15 décembre, le ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll, a assuré que « l’Etat [allait] garantir la poursuite de l’activité et de l’emploi à William Saurin ». Dans le communiqué, le gouvernement se dit prêt à « aider financièrement l’entreprise » si nécessaire en puisant dans le Fonds de développement économique et social.

L’insatiable appétit de la « reine de la conserve »

En fait, le dossier de la Financière Turenne Lafayette était depuis quelque temps déjà sur le bureau du Comité interministériel de restructuration industrielle. Sa situation économique tendue était connue, et l’inquiétude montait parmi les salariés et les syndicats. Force ouvrière a annoncé mercredi qu’il lançait une procédure d’alerte.

Mais Mme Piffaut, secondée depuis quelques années par Denis Michault, le directeur général, a construit son entreprise en cultivant le secret. Elle a démarré son aventure de chef d’entreprise passé la cinquantaine, en rachetant des sociétés, souvent à la barre du tribunal ou lorsque leur actionnaire était dans l’obligation de les céder. Sa première acquisition, les Délices du palais, a été bouclée en 1992. Mais le premier coup de maître fut le rachat de William Saurin, en 2001.

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La « reine de la conserve » diversifia ensuite son activité dans la charcuterie en décrochant des marques comme Paul Prédault ou Madrange. Elle semblait ne jamais être rassasiée. En 2014 encore, elle ajouta deux sites industriels bretons du salaisonnier Jean Caby à sa collection. Mais elle a aussi vu des proies lui échapper, à l’image de Père Dodu.

Cette stratégie d’acquisitions à marche forcée devait lui donner une taille suffisante pour peser face à la grande distribution. Elle s’était fixé la barre du milliard d’euros de chiffre d’affaires. Aujourd’hui encore, l’entreprise se refuse à livrer ses résultats 2015, consentant juste à dire qu’elle tablait sur un chiffre d’affaires de 900 millions d’euros pour 2016.

De possibles convoitises

La Financière Turenne Lafayette, qui travaille beaucoup sous marques de distributeur, souffre de la guerre des prix sur le marché de la charcuterie. En août, elle a fermé son usine de jambon de Blois qui employait 106 personnes, et sa marque phare William Saurin avait pris de plein fouet la crise de la viande de cheval vendue à la place de la viande de bœuf en 2013. L’entreprise avait aussi tenté de se placer sur le marché des salades, sans rencontrer le succès escompté.

Mais l’entreprise possède des marques fortes et pourrait susciter des convoitises. Selon ses dernières volontés, et alors qu’elle n’a pas d’héritier, Mme Piffaut, pour qui son entreprise était toute sa vie, souhaitait que celle-ci lui survive et que l’ensemble du capital soit transféré à une fondation caritative… M. Le Gouvello écrira la suite de l’histoire. Dans son communiqué, le groupe évoque entre autres une « ouverture du capital ». Ou comment tourner la page de l’ère Piffaut.

Lire aussi :   L’industrie agroalimentaire a créé plus de 4 300 emplois en 2015

Madrange, William Saurin et Garbit dans la tourmente

Avec près de 3.000 emplois directs, et un milliard d’euros de chiffre d’affaires annuel, la Financière Turenne Lafayette est un poids lourd de l’agroalimentaire dans en France…

Madrange, William Saurin et Garbit dans la tourmente

Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Financière Turenne Lafayette, propriétaire de Madrange, William Saurin ou Garbit, se retrouve dans l’oeil du cyclone après la découverte de pratiques comptables frauduleuses qui ont duré plusieurs années. L’affaire est suffisamment grave pour que l’Etat s’empare du dossier, au-delà de l’enquête judiciaire qui a été lancée…

Avec près de 3.000 emplois directs, et un milliard d’euros de chiffre d’affaires annuel, le groupe est un poids lourd de l’agroalimentaire dans en France.

Présentation trompeuse

Les faits ont été découverts après le décès de l’emblématique patronne de la société, Monique Piffaut, dans le cadre d’un audit conduit par le nouveau directeur général Eric Le Gouvello.

Les premières constatations laissent apparaître une présentation trompeuse des comptes depuis plusieurs années, dans un contexte très dégradé pour la filière agroalimentaire en général et pour certaines filiales du groupe en particulier, a fait savoir le holding, qui va devoir s’employer à trouver des solutions de financement alternatives et à restaurer la confiance des milieux financiers…

L’Etat va s’impliquer

L’Etat, informé de ces pratiques par le groupe, « prendra ses responsabilités » pour accompagner la direction et les salariés du groupe qui emploie 3.000 personnes et 1.500 intérimaires et prestataires, précisent Stéphane Le Foll (Agroalimentaire), Michel Sapin (Economie) et Christophe Sirugue (Industrie).

Des réunions avec les clients, les fournisseurs et les banques seront organisées à brève échéance, précise le communiqué du gouvernement. Une rencontre avec les organisations syndicales sera également organisée dans les prochains jours…

William Saurin: Après la découverte de comptes truqués, l’Etat au secours de la maison mère

ENTREPRISE Le groupe Financière Turenne Lafayette emploie 3 200 salariés sur 21 sites industriels…

Le groupe Financière Turenne Lafayette est propriétaire des marques William Saurin, Garbit et Madrange.
Le groupe Financière Turenne Lafayette est propriétaire des marques William Saurin, Garbit et Madrange. – ERIC PIERMONT

20 Minutes avec AFP

Près de 3.000 emplois sont en jeu. Après la révélation de comptes truqués, l’Etat a promis ce mercredi d’aider financièrement le groupe Financière Turenne Lafayette, propriétaire des marques William Saurin, Garbit et Madrange, pour lui éviter la liquidation judiciaire.

Le décès le 30 novembre de Monique Piffaut, propriétaire et actionnaire unique de Financière Turenne Lafayette, a été le déclencheur de la découverte du maquillage des comptes de ce groupe inconnu du grand public qui détient aussi les jambons Madrange et Le Foué de Paul Prédault.

3 200 salariés des 21 sites industriels

Nommé début décembre président du groupe en remplacement de Monique Piffaut, Eric le Gouvello, spécialiste de conseil en stratégie, avait diligenté un audit sur sa situation économique et financière. « Les premières constatations laissent apparaître une présentation trompeuse des comptes depuis plusieurs années, dans un contexte très dégradé pour la filière agroalimentaire en général et pour certaines filiales du groupe en particulier », a indiqué la société dans un communiqué.

>> A lire aussi : Non, la patronne de William Saurin n’a pas légué sa fortune à son caniche (mais à une association)

Ces révélations sont un coup de tonnerre pour les 3 200 salariés des 21 sites industriels français du groupe qui visait un chiffre d’affaires de 900 millions d’euros en 2016.

Plusieurs pistes de financement

L’Etat a annoncé qu’il allait tout faire pour éviter sa disparition en assurant une aide en trésorerie. « S’il y en a besoin il y aura un soutien financier de l’Etat pour s’assurer qu’on évite un scénario de liquidation judiciaire. Pour nous c’était important d’apporter cette assurance aux fournisseurs, aux clients et aux salariés », ont indiqué mercredi les ministères de l’Agriculture et de l’Economie, lors d’une conférence téléphonique.

La direction de l’entreprise affirme aussi qu’elle se mobilise « pour rechercher les voies et moyens d’assurer la poursuite des activités et conserver les emplois des entreprises du groupe », selon son communiqué. « Plusieurs pistes sont envisagées, parmi lesquelles la recherche de nouveaux moyens de financement, y compris au travers de l’ouverture du capital », assurent les dirigeants.

Agroalimentaire. Financière Turenne Lafayette épinglée
  Financière Turenne Lafayette a repris en 2015 les deux usines finistériennes de Jean Caby. Financière Turenne Lafayette, la maison-mère de William Saurin, Madrange ou la Société lampaulaise de salaisons, a truqué ses comptes « depuis plusieurs années », selon un audit. L’État a promis d’aider financièrement le groupe agroalimentaire qui compte 3.200 salariés.
1. Que pèse le groupe Financière Turenne Lafayette ? Inconnu du grand public, ce groupe est pourtant un poids lourd de l’agroalimentaire français. Il détient des marques bien identifiées : William Saurin, Garbit, Madrange ou bien encore Le Foué de Paul Prédault… Financière Turenne Lafayette est également implantée en Bretagne, où elle a racheté en 2015 deux sites finistériens de Jean Caby (Lampaul-Guimiliau et Ergué-Gabéric). Renommée depuis la Société lampaulaise de salaisons (SLS), cette entité comprend également les ex-salaisons de l’Arrée à Brennilis (29) qui fermeront d’ici à trois mois. Au total, le groupe compte 21 sites industriels dans l’Hexagone et emploie 3.200 salariés, dont 650 salariés en Bretagne (430 en CDI à Lampaul-Guimiliau, 80 à Brennilis et 130 Ergué-Gabéric).
2. Que lui reproche-t-on ? Un audit a révélé que les comptes étaient truqués depuis des années. Le décès le 30 novembre de Monique Piffaut, à l’âge de 78 ans, propriétaire et actionnaire unique de la Financière Turenne Lafayette, a été le déclencheur de la révélation du maquillage des comptes. Nommé début décembre président du groupe, Eric Le Gouvello, spécialiste du conseil en stratégie, avait diligenté cet audit dès son arrivée. « Le groupe arrangeait depuis de longues années ses comptes en fin d’année, en passant des écritures comptables qui étaient soit de fausses facturations, soit de fausses avances sur stocks », ont expliqué des représentants des ministères de l’Agriculture et de l’Économie, qui suivent de très près le dossier.
3. Que va-t-il se passer maintenant ? La justice a été saisie et les pouvoirs publics se mobilisent pour sauver l’emploi, a annoncé hier Bercy. L’annonce est un coup de tonnerre pour les salariés du groupe et l’État a rapidement annoncé qu’il allait tout faire pour éviter la liquidation judiciaire du groupe. « S’il y en a besoin, il y aura un soutien financier de l’État », ont indiqué les ministères de l’Agriculture et de l’Économie. « Des réunions avec les clients, les fournisseurs et les banques seront organisées à brève échéance. Une rencontre avec les organisations syndicales sera également organisée », précise Bercy. Pour sa part, la direction indique qu’elle se mobilise « pour rechercher les voies et moyens d’assurer la poursuite des activités et conserver les emplois ». Plusieurs pistes sont envisagées, parmi lesquelles la recherche de nouveaux moyens de financement, y compris une ouverture du capital. Informé hier, par un communiqué de la direction du groupe, Frédéric Huon, délégué syndical central CFDT de la Société lampaulaise de salaisons, se dit assez surpris par cette révélation. « Déjà, on peut se féliciter que la nouvelle direction ait pris l’initiative de faire cet audit », note le délégué syndical. « On a demandé de rencontrer rapidement le nouveau P-DG pour avoir davantage de précisions et on a déjà une réunion programmée avec l’expert-comptable », ajoute-t-il. De son côté, la défunte propriétaire a légué sa fortune à une fondation pour l’enfance « en cours de constitution ». En 2013, sa fortune personnelle avait été estimée à 380 millions d’euros, selon le magazine Challenges.

© Le Télégramme – Plus d’information sur http://www.letelegramme.fr/economie/agroalimentaire-financiere-turenne-lafayette-epinglee-15-12-2016-11331694.php

Agroalimentaire : les comptes de la maison mère de William Saurin truqués

JT 20H – Rude journée pour les salariés de William Saurin. Ce mercredi matin, les délégués du personnel ont pris un coup de massue après la découverte des comptes truqués de la maison mère, Financière Turenne Lafayette, du temps de l’ère de l’ancienne propriétaire, décédée en novembre dernier. Le nouveau président a annoncé une « présentation trompeuse des comptes depuis plusieurs années », alors que 3.200 emplois sont désormais menacés. Face à l’ampleur de la situation, l’Etat a assuré qu’une aide en trésorerie sera fournie si nécessaire au groupe agroalimentaire.

L’Etat au secours de la maison mère de William Saurin dont les comptes étaient truqués

Le groupe arrangeait depuis de longues années ses comptes en fin d'année en passant des écritures comptables qui étaient soit de fausses facturations, soit de fausses avances sur stock.
Le groupe arrangeait depuis de longues années ses comptes en fin d’année en passant des écritures comptables qui étaient soit de fausses facturations, soit de fausses avances sur stock. PHOTO/AFP Eric Piermont

L’Etat a promis mercredi d’aider financièrement le groupe propriétaire des marques William Saurin, Garbit et Madrange, Financière Turenne Lafayette pour lui éviter la liquidation judiciaire, après la révélation que ses comptes étaient truqués depuis des années.

Le gouvernement a également annoncé que la justice avait été saisie et qu’il était mobilisé pour éviter la disparition de plus de 3.000 emplois. Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire depuis le 12 novembre et la Brigade financière a été saisie, à la suite d’un signalement par un administrateur du tribunal de commerce, a précisé à l’AFP une source proche de l’enquête.

Le décès le 30 novembre de Monique Piffaut, propriétaire et actionnaire unique de Financière Turenne Lafayette, a été le déclencheur de la découverte du maquillage des comptes de ce groupe inconnu du grand public qui détient aussi les jambons Madrange et Le Foué de Paul Prédault. Nommé début décembre président du groupe en remplacement de Mme Piffaut, Eric le Gouvello, spécialiste de conseil en stratégie, avait diligenté un audit sur sa situation économique et financière.

« Les premières constatations laissent apparaître une présentation trompeuse des comptes depuis plusieurs années, dans un contexte très dégradé pour la filière agroalimentaire en général et pour certaines filiales du groupe en particulier », a indiqué la société dans un communiqué. Ces révélations sont un coup de tonnerre pour les 3.200 salariés des 21 sites industriels français du groupe qui visait un chiffre d’affaires de 900 millions d’euros en 2016.

L’Etat a annoncé qu’il allait tout faire pour éviter sa disparition en assurant une aide en trésorerie. « S’il y en a besoin il y aura un soutien financier de l’Etat pour s’assurer qu’on évite un scénario de liquidation judiciaire. Pour nous c’était important d’apporter cette assurance aux fournisseurs, aux clients et aux salariés », ont indiqué mercredi les ministères de l’Agriculture et de l’Economie, lors d’une conférence téléphonique.

  • Fausses facturations

« Le groupe arrangeait depuis de longues années ses comptes en fin d’année en passant des écritures comptables qui étaient soit de fausses facturations, soit de fausses avances sur stock », ont expliqué les représentants des deux ministères. Les comptes étaient « embellis » pour masquer les difficultés, mais il n’y a « pas de malversation à notre connaissance », ont-ils ajouté, estimant que le redressement allait « prendre plusieurs semaines et plusieurs mois ».

La direction de l’entreprise affirme aussi qu’elle se mobilise « pour rechercher les voies et moyens d’assurer la poursuite des activités et conserver les emplois des entreprises du groupe », selon son communiqué. « Plusieurs pistes sont envisagées, parmi lesquelles la recherche de nouveaux moyens de financement, y compris au travers de l’ouverture du capital », assurent les dirigeants.

Après le décès de Mme Piffaut fin novembre, un porte-parole du groupe avait déclaré à l’AFP: « Il n’y a pas de risque de démantèlement car la propriétaire, très attachée aux entreprises, avait exprimé sa volonté. » Malgré ces assurances, le syndicat Fnaf-CGT avait dit craindre un démantèlement. « L’intégrité du groupe doit être sauvegardée », avait-il réclamé en avertissant que « le dépeçage par les vautours de la profession serait inacceptable et signifierait de nouvelles purges » pour les salariés.

De son côté, la défunte propriétaire a légué sa fortune à une fondation pour l’enfance « en cours de constitution », selon une source proche du dossier. En 2013, sa fortune personnelle avait été estimée à 380 millions d’euros selon le magazine Challenges, occupant ainsi le 135e rang en France.

Le groupe agroalimentaire s’est constitué à partir de 1991 avec le rachat de l’entreprise « Les délices du palais » dans le Périgord, puis par croissance externe dans le secteur des salaisons, foie gras et plats cuisinés en régions. Se sont ensuite jointes les charcuteries, avec une tranche sur trois de jambon vendue en grande surface venant du groupe.

William Saurin a été racheté en 2001 et Madrange en 2011. Un des derniers rachats, en 2015, portait sur deux sites bretons de charcuterie cuite de Jean Caby.

William Saurin, Garbit… La grande intoxication

Philippe Brochen et Franck Bouaziz
A la conserverie William Saurin de Lagny-sur-Marne (Seine-et-Marne). Le groupe emploie 3 200 salariés.A la conserverie William Saurin de Lagny-sur-Marne (Seine-et-Marne). Le groupe emploie 3 200 salariés. Photo Studio Pons. Photononstop

Manipulation de comptes, présentation de faux bilans… Quelques jours après le décès de l’unique actionnaire du groupe la Financière Turenne Lafayette, d’incroyables irrégularités apparaissent.

Il y avait un os dans le cassoulet. La Financière Turenne Lafayette – qui possède des marques aussi connues que William Saurin, les plats cuisinés Garbit ou les charcuteries Madrange et Paul Prédault, aurait truqué ses comptes depuis plusieurs années. Objectif : rassurer clients et fournisseurs, obtenir des lignes de crédit supplémentaires de ses banquiers. Selon nos informations, le parquet de Paris a ouvert lundi une enquête préliminaire pour faire la lumière sur ces agissements. La manipulation des comptes et la présentation de faux bilans ne sont pas très bien vues par le code pénal.

L’affaire a été révélée à la suite du décès de l’unique actionnaire de l’entreprise, Monique Piffault, le 30 novembre. La présidente du groupe n’a pas d’héritier et a décidé de léguer l’ensemble de son patrimoine à une fondation. Les exécuteurs testamentaires de la Financière Turenne Lafayette décident alors de nommer un patron provisoire, Eric le Gouvello, pour assurer la transition. Sitôt installé dans son fauteuil, le dirigeant décide, assez classiquement, de lancer un audit pour se faire une idée de la situation financière de la maison.

Audit. C’est à ce moment-là que les choses se gâtent. Le passage au peigne fin des comptes révélerait que durant plusieurs années «des fausses factures et de fausses écritures» ont été utilisées pour gonfler le chiffre d’affaires. Impossible de consulter les comptes, et pour cause : ils n’ont pas été déposés au greffe du tribunal de commerce depuis au moins trois ans. La réalité des finances du groupe serait donc beaucoup moins reluisante que ce que disaient jusqu’à présent les chiffres. Plutôt inquiets, les nouveaux dirigeants tirent la sonnette d’alarme au ministère de l’Economie et saisissent le Comité interministériel de restructurations industrielles (Ciri). Un service de Bercy qui joue les pompiers pour les entreprises en difficulté. A ce stade, les hauts fonctionnaires du ministère de l’Economie ont deux obsessions : ne pas couvrir des malversations et éviter que les difficultés de la Financière Turenne Lafayette, incontournable dans le secteur agroalimentaire, ne se répercutent sur les fournisseurs et les clients.

Le groupe, qui visait 900 millions d’euros de chiffre d’affaires cette année, emploie 3 200 salariés dans 21 sites industriels, en Bretagne, dans la région Centre et le Sud-Ouest. Une tranche de jambon sur trois vendue dans l’Hexagone sort de ses usines.

Du côté du ministère de l’Agriculture, on tombe des nues car rien ne laissait présager pareille situation. «Nous avons été mis au courant de la situation lundi soir à la suite de l’audit commandé par Eric le Gouvello, reconnaît le cabinet de Stéphane Le Foll. Mais, en l’état, nous n’en savons pas davantage.» Pour les pouvoirs publics, «l’intérêt de communiquer est de rassurer les créanciers du groupe et les salariés des usines». L’idée est aussi d’éviter que «les fournisseurs et clients se détournent de la Financière Turenne Lafayette».

Côté syndical, on tombe aussi de l’armoire. «Oui, je suis surprise de la situation financière», reconnaît Dorothée Unterberger, secrétaire fédérale de la Fnaf-CGT (1). «Même si on ne peut pas se fier aux déclarations de la direction au comité central d’entreprise, jamais aucun de nos élus ne nous a fait part de quoi que ce soit.» Mais l’étonnement n’est pas total : «On connaît les stratégies qui sont mises en œuvre dans les groupes par rapport à des comptabilités dans le rouge.» Désormais, l’objectif de la Fnaf-CGT, qui veut avant tout «éviter le démantèlement du groupe que cette situation peut entraîner», est d’appeler à «une réunion en urgence avec le ministre de l’Agriculture puis la mise en place d’une expertise comptable indépendante».

Tensions. L’une des questions principales qui va se poser sera de comprendre comment les chiffres de la Financière Turenne Lafayette ont pu être truqués durant des années sans que les commissaires aux comptes ne le détectent. Car la mission de ces derniers est en principe de certifier qu’ils soient «sincères et véritables». Pour comprendre comment pareille situation a pu perdurer, Libé a interrogé Price Waterhouse Coopers et le cabinet Mazars, deux poids lourds de l’audit qui ont certifié les bilans de la Financière Turenne Lafayette. Seul Mazars s’est contenté de préciser qu’il a «bien constaté des tensions de trésorerie depuis quelques années» et qu’il «se tient à la disposition des enquêteurs».

Il semblerait que le groupe, engagé depuis plusieurs années dans des rachats successifs d’entreprises, se soit lancé dans des diversifications risquées. Au-delà de son métier traditionnel, il a investi dans les salades haut de gamme vendues dans la grande distribution. Activité qui, selon le ministère de l’Industrie, l’aurait mis en danger.

(1) Fédération nationale agroalimentaire et forestière.

L’État vole au secours de la maison mère de William Saurin

3 200 emplois sont menacés suite à la découverte de comptes truqués.

L’État va voler au secours de la Financière Turenne Lafayette, une société menacée par la liquidation judiciaire. Le nom de ce groupe alimentaire ne dit sans doute rien aux consommateurs, mais il possède des marques bien connues : William Saurin, Le Foué, Paul Prédault ou encore Madrange.

Pas question pour les pouvoirs publics de voir disparaitre 3 200 emplois. C’est pourquoi les ministères de l’Économie et de l’Agriculture ont convenu d’apporter une aide financière à l’entreprise, pour préserver l’emploi et assurer les clients et fournisseurs de leur soutien. Les montants n’ont pas encore été chiffrés, l’État devant examiner les comptes.

L’audit qui dévoile le pot aux roses

L’audit commandé par la direction du groupe, suite au décès de la propriétaire et actionnaire unique de l’entreprise Monique Piffaut, a permis de mettre au jour un maquillage des comptes qui durait depuis plusieurs années. Fausses factures et fausses avances étaient la règle pour camoufler les difficultés du groupe…

La trésorerie prise en charge par l’État

Si l’État va prendre à sa charge une partie de la trésorerie de la Financière, la direction de la société recherche « les voies et moyens d’assurer la poursuite des activités et conserver les emplois des entreprises du groupe ». Cela passera par « de nouveaux moyens de financement, y compris au travers de l’ouverture du capital ».

Les comptes de Financière Turenne Lafayette étaient truqués depuis plusieurs années

MARIE CADOUX |

Moins de deux semaines après le décès, le 2décembre 2016, de Monique Piffaut, unique actionnaire de Financière Turenne Lafayette, le premier audit diligenté sur la situation économique et financière du groupe qui détient notamment William Saurin, Madrange et Garbit, fait état d’une présentation truquée des comptes depuis plusieurs années. La justice a été saisie du dossier.

Monique Piffaut, unique actionnaire de Financière Turenne Lafayette est décédée le é décembre 2016Monique Piffaut, unique actionnaire de Financière Turenne Lafayette est décédée le é décembre 2016© DR

Il y a des baptêmes de feu dont on se passerait. Après le décès de Monique Piffaut le 2 décembre 2016, actionnaire unique de Financière Turenne Lafayette, la tâche qui attend Eric le Gouvello, nommé à la présidence  du groupe le 7 décembre 2016, n’est assurément pas simple. Agé de 67 ans, ce spécialiste du conseil en stratégie va devoir composer avec les premières conclusions de l’audit diligenté sur la situation économique et financière du groupe.

Selon un communiqué de Financière Turenne Lafayette diffusé ce mercredi 14 décembre 2016, « les premières constatations laissent apparaitre une présentation trompeuse des comptes depuis plusieurs années, dans un contexte très dégradé pour la filière agroalimentaire en général et pour certaines filiales du groupe en particulier ».

Le groupe qui compte 21 sites industriels est présent sur le marché de la charcuterie, des plats cuisinés et des produits traiteurs frais à travers ses différentes marques et notamment William Saurin et Madrange.

« La nouvelle direction se mobilise pour rechercher les voies et moyens d’assurer la poursuite des activités et conserver les emplois des entreprises du Groupe, dans l’objectif d’assurer sa pérennité et de conforter son positionnement stratégique », indique Financière Turenne Lafayette.

« A ce stade, plusieurs pistes sont envisagées, parmi lesquelles la recherche de nouveaux moyens de financement, y compris au travers de l’ouverture du capital », précise le groupe.

En attendant, la justice a été saisie du dossier pour mener les investigations nécessaires, et déterminer les responsabilités et les causes de ces pratiques.

Dans un communiqué, le ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt n’a pas tardé à réagir :  « Face à cette situation, qui représente un risque pour la pérennité du groupe et afin de s’assurer de pouvoir préserver les 3 000 emplois directs et les 1 500 emplois intérimaires et prestataires, l’Etat prendra ses responsabilités pour accompagner la nouvelle direction et les salariés, et se mobilisera (…) pour soutenir l’entreprise dans cette période ».

Une rencontre doit avoir lieu très prochainement avec les syndicats, ainsi que des réunions avec les clients, les fournisseurs et les banques.

Comptes truqués : le groupe Financière Turenne Lafayette menacé

Un audit vient de révéler que les comptes du groupe Financière Turenne Lafayette, la maison mère de William Saurin, ont été truqués depuis des années par la propriétaire récemment décédée.

Comptes truqués : le groupe Financière Turenne Lafayette menacé</a>

Vous connaissez forcément le cassoulet William Saurin, le couscous Garbit ou le jambon Madrange. Ses marques appartiennent au groupe Financière Turenne Lafayette. Aujourd’hui le chiffre d’affaires de l’ensemble pèse 900 millions d’euros. Sur le papier, c’est une belle réussite. Mais, suite au décès de sa propriétaire, Monique Piffaut, la nouvelle direction a commandé un audit. C’est le choc, les comptes ont été truqués depuis des années, ce qui permettait au groupe de recevoir toujours des financements des banques.

L’État assure qu’il viendra en aide au groupe

Le groupe représente 3 000 emplois directs ainsi que1 500 intérimaires et prestataires. Son avenir est aujourd’hui menacé et Bercy a promis mercredi 14 décembre qu’il trouvera des solutions. Pour préserver ses emplois, le groupe devra forcément se redresser.

L’avenir de William Saurin et Madrange menacé

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Les produits de la Financière Turenne Lafayette présentés à son siège parisien le 14 décembre 2016 (AFP/ERIC PIERMONT)

L’Etat a promis mercredi d’aider financièrement le groupe propriétaire des marques William Saurin, Garbit et Madrange, Financière Turenne Lafayette pour lui éviter la liquidation judiciaire, après la révélation que ses comptes étaient truqués depuis des années.

Le gouvernement a également annoncé que la justice avait été saisie et qu’il était mobilisé pour éviter la disparition de plus de 3.000 emplois.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire depuis le 12 novembre et la Brigade financière a été saisie, suite à un signalement par un administrateur du tribunal de commerce, a précisé à l’AFP une source proche de l’enquête.

Le décès le 30 novembre de Monique Piffaut, propriétaire et actionnaire unique de Financière Turenne Lafayette, a été le déclencheur de la découverte du maquillage des comptes de ce groupe inconnu du grand public qui détient aussi les jambons Madrange et Le Foué de Paul Prédault.

Nommé début décembre président du groupe en remplacement de Mme Piffaut, Eric le Gouvello, spécialiste de conseil en stratégie, avait diligenté un audit sur sa situation économique et financière.

« Les premières constatations laissent apparaître une présentation trompeuse des comptes depuis plusieurs années, dans un contexte très dégradé pour la filière agroalimentaire en général et pour certaines filiales du groupe en particulier », a indiqué la société dans un communiqué.

Ces révélations sont un coup de tonnerre pour les 3.200 salariés des 21 sites industriels français du groupe qui visait un chiffre d’affaires de 900 millions d’euros en 2016.

« S’il y en a besoin, il y aura un soutien financier de l’Etat », ont assuré Bercy et le ministère de l’Agriculture (AFP/Archives/JOEL SAGET)

L’Etat a annoncé qu’il allait tout faire pour éviter sa disparition en assurant une aide en trésorerie.

« S’il y en a besoin il y aura un soutien financier de l’Etat pour s’assurer qu’on évite un scénario de liquidation judiciaire. Pour nous c’était important d’apporter cette assurance aux fournisseurs, aux clients et aux salariés », ont indiqué mercredi les ministères de l’Agriculture et de l’Economie, lors d’une conférence téléphonique.

– Fausses facturations –

« Le groupe arrangeait depuis de longues années ses comptes en fin d’année en passant des écritures comptables qui étaient soit de fausses facturations, soit de fausses avances sur stock », ont expliqué les représentants des deux ministères.

Les comptes étaient « embellis » pour masquer les difficultés, mais il n’y a « pas de malversation à notre connaissance », ont-ils ajouté, estimant que le redressement allait « prendre plusieurs semaines et plusieurs mois ».

La direction de l’entreprise affirme aussi qu’elle se mobilise « pour rechercher les voies et moyens d’assurer la poursuite des activités et conserver les emplois des entreprises du groupe », selon son communiqué.

« Plusieurs pistes sont envisagées, parmi lesquelles la recherche de nouveaux moyens de financement, y compris au travers de l’ouverture du capital », assurent les dirigeants.

Après le décès de Mme Piffaut fin novembre, un porte-parole du groupe avait déclaré à l’AFP: « Il n’y a pas de risque de démantèlement car la propriétaire, très attachée aux entreprises, avait exprimé sa volonté ».

Malgré ces assurances, le syndicat Fnaf-CGT avait dit craindre un démantèlement. « L’intégrité du groupe doit être sauvegardée », avait-il réclamé en avertissant que « le dépeçage par les vautours de la profession serait inacceptable et signifierait de nouvelles purges » pour les salariés.

De son côté, la défunte propriétaire a légué sa fortune à une fondation pour l’enfance « en cours de constitution », selon une source proche du dossier. En 2013, sa fortune personnelle avait été estimée à 380 millions d’euros selon le magazine Challenges, occupant ainsi le 135e rang en France.

Le groupe agroalimentaire s’est constitué à partir de 1991 avec le rachat de l’entreprise « Les délices du palais » dans le Périgord, puis par croissance externe dans le secteur des salaisons, foie gras et plats cuisinés en régions.

Se sont ensuite jointes les charcuteries, avec une tranche sur trois de jambon vendue en grande surface venant du groupe.

William Saurin a été racheté en 2001 et Madrange en 2011. Un des derniers rachats, en 2015, portait sur deux sites bretons de charcuterie cuite de Jean Caby.

© 2016 AFP

Comptes truqués : l’État au secours de la maison mère de William Saurin

  Julian Merer  (avec AFP)
S'il y en a besoin, il y aura un soutien financier de l'Etat pour s'assurer qu'on évite un scénario de liquidation judiciaire. Pour nous c'était important d'apporter cette assurance aux fournisseurs, aux clients et aux salariés, ont indiqué les cabinets ministériels dans leur communiqué commun.
« S’il y en a besoin, il y aura un soutien financier de l’Etat pour s’assurer qu’on évite un scénario de liquidation judiciaire. Pour nous c’était important d’apporter cette assurance aux fournisseurs, aux clients et aux salariés », ont indiqué les cabinets ministériels dans leur communiqué commun. (Crédits : Capture d’écran Youtube)
Les ministères des Finances et de l’Agriculture ont annoncé qu’ils allaient prendre leurs responsabilités pour accompagner le groupe agroalimentaire Financière Turenne Lafayette qui détient entre autres William Saurin et Madrange, suite à la découverte de pratiques de présentation trompeuse de ses comptes.

Les pouvoirs publics volent au secours de William Saurin et de sa maison mère, la Financière Turenne Lafayette. L’État a indiqué dans un communiqué qu’il allait « prendre ses responsabilités pour accompagner la nouvelle direction et les salariés », après qu’un audit a révélé « une présentation trompeuse des comptes depuis plusieurs années ». Diligenté par le nouveau président du groupe agroalimentaire Financière Turenne Lafayette, cet audit faisait suite au décès de l’actionnaire unique Monique Piffau.

De fausses facturations et de fausses avances sur le stock auraient été retrouvées dans les comptes. Le groupe français a annoncé que le redressement allait prendre plusieurs semaines et plusieurs mois en mettant en avant la non connaissance de ces malversations avant cet audit. Les comptes auraient ainsi été « embellis » afin de masquer certaines difficultés financières.

« Il semblerait que ces tromperies n’avaient pour but que de maintenir le financement du groupe » a ainsi énoncé une porte-parole, cela au sein d’un contexte très difficile dans le secteur agroalimentaire et « pour certaines filiales du groupe en particulier ».

Soutien financier de l’État

Par un communiqué de presse commun des ministères de l’Economie et de l’Agriculture, l’État a rapidement réagi, indiquant vouloir permettre la sauvegarde de 3.000 emplois directs du groupe, répartis sur 21 sites industries. Les représentants des cabinets gouvernementaux ont également annoncé la saisie de la justice afin de déterminer les responsables et les causes de ces pratiques frauduleuses.

« S’il y en a besoin, il y aura un soutien financier de l’Etat pour s’assurer qu’on évite un scénario de liquidation judiciaire. Pour nous c’était important d’apporter cette assurance aux fournisseurs, aux clients et aux salariés », ont indiqué les cabinets ministériels dans leur communiqué commun. Ils ont également annoncé différentes réunions avec les fournisseurs, les clients, les banques et les organisations syndicales dans les prochains jours.

C’est une réelle prise de responsabilité de la part de l’Etat qui va assurer une aide en trésorerie au groupe alimentaire. Cette situation a été considérée comme « un risque pour la pérennité du groupe ».

La crainte d’un démantèlement

Pour l’heure, la direction de l’entreprise affirme aussi qu’elle se mobilise « pour rechercher les voies et moyens d’assurer la poursuite des activités et conserver les emplois des entreprises du groupe », selon son communiqué. Ils ont ainsi annoncé que différentes pistes pouvaient être envisagées, notamment l’ouverture du capital afin de trouver de nouveaux moyens de financement.

Un porte-parole du groupe avait déclaré à l’AFP au lendemain du décès de l’actionnaire: « Il n’y a pas de risque de démantèlement du groupe car la propriétaire, très attachée aux entreprises, avait exprimé sa volonté ». Mais le syndicat Fnaf-CGT craignait d’ores et déjà celui-ci et avait réclamé dans un communiqué la sauvegarde de « l’intégrité du groupe » et voulait éviter « le dépeçage par les vautours de la profession qui serait inacceptable et qui signifierait de nouvelles purges » pour les salariés.

William Saurin : la justice saisie pour des comptes truqués

Le groupe agroalimentaire Financière Turenne Lafayette (William Saurin, Garbit, Madrange…), cherche des solutions pour préserver ses activités et ses emplois, après la publication d’un audit révélant que ses comptes étaient truqués « depuis plusieurs années », a-t-il annoncé. Cet audit a été diligenté par son nouveau président, Eric le Gouvello, nommé début décembre à la suite du décès le 30 novembre de Monique Piffaut, propriétaire et actionnaire unique de Financière Turenne Lafayette, expliqué la société dans un communiqué. « Les premières constatations laissent apparaître une présentation trompeuse des comptes depuis plusieurs années, dans un contexte très dégradé pour la filière agroalimentaire en général et pour certaines filiales du groupe en particulier », rapporte la société. « Il semblerait que ces tromperies n’avaient pour but que de maintenir le financement du groupe », assure toutefois une porte-parole tout en indiquant que l’audit n’est pas encore terminé.

La direction se mobilise aujourd’hui « pour rechercher les voies et moyens d’assurer la poursuite des activités et conserver les emplois des entreprises du groupe », assure la société dans son communiqué. Le ministère des finances a indiqué dans un communiqué séparé que « la justice avait été saisie du dossier pour mener les investigations nécessaires, et déterminer les responsabilités et les causes de ces pratiques ». Surtout, l’Etat prendra « ses responsabilités pour accompagner la nouvelle direction et les salariés » face à cette situation, « qui représente un risque pour la pérennité du groupe et afin de s’assurer de pouvoir préserver les 3 000 emplois directs », indique le ministère. Le groupe emploie au total 3 200 salariés sur 21 sites industriels en France. « Plusieurs pistes sont envisagées, parmi lesquelles la recherche de nouveaux moyens de financement, y compris au travers de l’ouverture du capital », assure le groupe.

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Commentaires

Chris63        Ça va nous faire nous coûter cher encore cette histoire    Carq                           L’argent ? L’Etat va bien devoir le trouver pour éponger les c…ries d’EDF et d’AREVA. Là, on serait plutôt dans les 25 milliards au mini.

« un contexte très dégradé pour la filière agroalimentaire en général », c’est vrai que quand l’on perd un marché proche (la Russie) de 150 millions d’habitants par caprice politique.

Molin            Mais avec quel argent ? , Ah oui …. avec notre dette de 2.145 milliards d’euros
James Palequon

Principe de base qui se vérifie encore aujourd’hui et qu’on a pu constater en maintes occasions telles que la crise de subprime en 2008:
On nationalise les pertes et on privatise les gains.
Et pour faire avaler la pilule aux gogos, le Medef et les financiers claironnent urbi et orbi que c’est la faute à la gôôche qui est par nature incompétente.
Incompétente, mon c…, oui!
En revanche, que beaucoup trop de patrons (pas tous, heureusement) et de banquiers (tous, malheureusement) soient des goinfres et mènent ainsi les entreprises au désastre, ça c’est certain.

fuji                “Une des grandes escroqueries de notre époque, c’est d’avoir fait croire à l’homme de la rue qu’il avait quelque chose à dire.”
baron-de-synclair

Pffittt, quelle pifo-métrie, y’a tout faux d’escritures en bornes au bilan des bonnes pitances…                                                                                                                                           ivo                                 Une partie de sa fortune personnelle doit être saisie et réinjectées dans le groupe .Ce n’est pas à l’état de payer alors que cette fortune à été constituée a partir du même groupe il est évident que ces sociétés et ces emplois doivent être sauvés ce qui ne doit pas empêcher de rechercher les causes cette dame n’était peut-être pas au courant.                                                                                                                                           rubicon11                     Madrague. ..étrange il y a du Laporte la dessous.       pantocrator                    plusieurs années ..; et les créanciers n’ont rien vu ? payés avec quel argent ?

humanit                           Si on magouille sur les comptes , pourquoi ne magouillerait on pas sur les produits?
Et bien voilà 3 marques que je n’achèterai plus . Et j’attends le premier comique qui dira que c’est de la faute à NS si les magouilles ont commencé avant 2012 ,et à FH si elles ont commencé après .A moins que tous les 2 ne soient pas blancs , blancs ,ainsi que les 66 millions de consommateurs français.
Quant aux 3000 emplois ,c’est comme à Alep tout le monde s’en moque sauf ceux qui sont concernés.                                                                                                                                                        General Moussaka            Mon Dieu!…N´importe quoi, et c´est pas fini.  Le pot aux roses post-hollandais…On va en découvrir de bien belles…

  1. la puissante pompe à fric du fisc va se mettre en route et le vider de sa substance car dans le cochon tout est bon…..                                                                                          drakkhen51                      Le groupe risque de se faire dépecer et racheté par morceaux entre Herta, Fleury Michon et d’autres                                                                                  gigi91                                   TURENNE et LAFAYETTE doivent se retourner dans leurs tombes !                                                                                                                                               theplayer                              Dans le cochon tout est bon mais aussi, de la tête à la queue je suis délicieux !!                                                                                                                       f34rnarko                             Faudrait qu’on m’explique comment on peut maquiller les comptes pendant des années et qu’ils soient dans le rouge sans que personne s’en apercoive                                                                                                                                      mrbjpb                                  Ou alors de Trump !

kommardik                      Encore une fois , voila le résultat de la politique de broyage des fournisseurs , telle que pratiquée par la ( toute puissante ) grande distribution ! Bravo , beau résultat !

G33K                                    Et les commissaires aux comptes dans tout ça ?

an                                         C’est normal, en période de campagne électorale, l’Etat est prêt à investir dans n’importe quelle entreprise qui perd de l’argent

famuck                                que du cirque…. bon il est important de sauver ces entreprises, pas forcement la maison mère;.. qui n’a aucun salarié je pense, mais la réaction du Ministre démontre sa méconnaissance du système, s’il y a eu faux bilans depuis des années… je ne vois pas comment on peut engager l’état….les comptes ont fait l’objet d’une approbation des experts comptables et surement des commissaires aux comptes, commencons par mettre en cause leurs responsabilités et faisons jouer leurs assurances…. que l’état avance de l’argent payé par le contribuable cela doit etre déjà fait, les urssaf ont surement accordé des délais l’ex taxe professionnelle a t elle été payé, que font les fournisseurs…madame Royal se vante que sa région avait de la trésorerie facile si vous ne payez pas les fournisseurs, qui va trinquer l’état dans ses impots, les urssaf, les caisses de retraites… les fournisseurs, un peu les salariés…mais toit cela paye par le contribuable lambda moi et vous autres…

Patrickb                                 Tout à fait anormal que l’Etat, c’est-à-dire le contribuable, renfloue une entreprise privée. On devrait confisquer et vendre tous les biens des propriétaires/actionnaires jusqu’à concurrence du paiement du passif de l’entreprise 🙂

yvan  :                                          « responsabilité de la part de l’Etat ». Ha bon..?? Et les commissaires aux comptes, ça n’existe pas..?? Ceci est de LEUR responsabilité. Et la récupération de l’énorme héritage de cette femme à son chien, c’est impossible..?? Arrêtons l’hypocrisie, juste DEUX secondes!

Citoyen blasé                            C’est une honte, encore une subvention envers l’agro-industrie, la machine à empoisonner la planète et les hommes.
 Les commissaires aux comptes doivent trembler !

vladumir vladumir                              Aie si les saucisses GABY disparaissent on est très mal

 

La fête des lumières!!

Un commentaire

2EDF sur le point de finaliser la cession de la moitié de RTE à la Caisse des Dépôts

Astrid Gouzik , ,

Selon les informations du Figaro, le conseil d’administration d’EDF doit ce réunir mercredi 14 décembre pour valider la cession de 49,9% de RTE à la Caisse des Dépôts.

EDF sur le point de finaliser la cession de la moitié de RTE à la Caisse des Dépôts © Philippe Put – Flickr – C.C.

La cession de Réseau de transport d’électricité (RTE), c’est un serpent de mer. Mais cette fois, selon les informations du Figaro, EDF et la Caisse des Dépôts et Consignations vont mettre fin au suspense. Le conseil d’administration de l’électricien français doit se réunir, le mercredi 14 décembre, pour valider la vente de 49,9% de sa filiale RTE à la CDC. La valorisation totale de RTE a été fixée à 8,45 milliards d’euros. EDF devrait percevoir un peu plus de 4 milliards d’euros.

RTE est le gestionnaire du réseau public de transport d’électricité en France métropolitaine. Il exploite, entretient et développe les lignes électriques à très haute tension. Ces activités en font un acteur stratégique pour lequel la législation impose que la totalité de son capital soit détenue par EDF, l’Etat ou d’autres entreprises ou organismes appartenant au secteur public. Dans le cadre de la cession à la CDC, cette obligation réglementaire sera respectée. Elle limitait fortement le nombre d’acquéreurs possibles pour la filiale d’EDF.

L’ouverture du capital de RTE s’inscrit dans un programme de cessions d’environ 10 milliards d’euros à l’horizon 2020 prévu par EDF pour réduire son endettement et financer d’importants investissements, en particulier le grand carénage et la construction controversée à Hinkley Point, en Grande-Bretagne, de deux réacteurs EPR.

Dès le départ, les syndicats d’EDF se sont montrés hostiles à la cession de RTE. Dans une lettre ouverte, la CFDT estimait que « l’ouverture du capital de RTE pourrait conduire, à terme, à sa sortie du groupe EDF », qui « ouvrirait la voie à une privatisation d’EDF ». Car c’est l’intégration à EDF de RTE qui empêche la privatisation d’EDF, expliquait la lettre

EDF scelle la cession partielle de RTE

Paris (AFP)

EDF a scellé mercredi les conditions de la cession partielle, annoncée cet été, de sa filiale RTE, qui va l’aider à se renflouer, et a par ailleurs dit s’attendre à une baisse de son excédent brut d’exploitation l’an prochain.

Dans un communiqué, le groupe rapporte avoir conclu un accord « engageant » portant sur la cession de 49,9% de RTE, gestionnaire du réseau français de lignes à haute tension, à la Caisse des dépôts et à l’assureur CNP.

« Le schéma retenu prévoit l’entrée de la Caisse des Dépôts et de CNP Assurances comme actionnaires de référence de RTE aux côtés d’EDF, à travers la création d’une coentreprise détenue conjointement par EDF (50,1%) et la Caisse des Dépôts et CNP Assurances (49,9%) » ont détaillé les partenaires, qui prévoient de finaliser l’opération au premier semestre 2017.

La transaction se fera par étapes : dans un premier temps, EDF va transférer, d’ici la fin de l’année, la totalité du capital de RTE à la nouvelle coentreprise, qui financera en partie l’acquisition des titres par de l’endettement.

Puis, EDF cèdera à la Caisse des Dépôts et CNP 49,9% du capital de cette coentreprise, d’ici la mi-2017. Dans le détail, la CDC prendra 29,9% de la coentreprise, et CNP 20%.

Enfin, EDF précise que le solde de sa participation dans la co-entreprise (50,1%) « restera affecté » à son portefeuille d’actifs dédiés, qui doivent servir à couvrir les charges de démantèlement du parc nucléaire français.

Ce montage doit « conforter RTE dans sa mission de service public », assurent les partenaires.

La cession partielle de RTE avait été décidée par le gouvernement au printemps, pour contribuer à renflouer les caisses d’EDF. Le groupe public fait face à une situation financière tendue, notamment pour moderniser le parc nucléaire français et participer au sauvetage de l’ex-fleuron national Areva, dont il va reprendre l’activité réacteurs .

Parallèlement, la conjoncture continue de se dégrader pour l’électricien tricolore. EDF a ainsi annoncé, dans un communiqué séparé, qu’il prévoyait une baisse de son Ebitda (excédent brut d’exploitation) l’an prochain, en raison notamment « de la baisse des prix de marché » de l’électricité en France et au Royaume-Uni, et des volumes d’Arenh souscrits par ses rivaux (l’Arenh est le mécanisme qui oblige EDF à revendre une partie de son électricité nucléaire à ses concurrents, à un prix encadré par l’Etat).

Le groupe s’attend ainsi à un Ebitda compris entre 13,7 et 14,3 milliards d’euros en 2017, alors qu’il devrait s’élever entre 16 et 16,3 milliards d’euros cette année, a précisé EDF dans un communiqué. Concernant 2016, le groupe avait été contraint de revoir à la baisse ses prévisions à trois reprises cette année, du fait de divers déboires.

EDF scelle la cession partielle de RTE, perspective 2017 difficile

Par AFP
EDF scelle la cession partielle de RTE, et s’attend à un exercice 2017 difficile Photo LIONEL BONAVENTURE. AFP

EDF a scellé mercredi les conditions de la cession partielle, annoncée cet été, de sa filiale RTE, qui va l’aider à se renflouer, et a par ailleurs dit s’attendre à une baisse de son excédent brut d’exploitation l’an prochain.

Dans un communiqué, le groupe rapporte avoir conclu un accord «engageant» portant sur la cession de 49,9% de RTE, gestionnaire du réseau français de lignes à haute tension, à la Caisse des dépôts et à l’assureur CNP.

«Le schéma retenu prévoit l’entrée de la Caisse des Dépôts et de CNP Assurances comme actionnaires de référence de RTE aux côtés d’EDF, à travers la création d’une coentreprise détenue conjointement par EDF (50,1%) et la Caisse des Dépôts et CNP Assurances (49,9%)» ont détaillé les partenaires, qui prévoient de finaliser l’opération au premier semestre 2017.

– Cession par étapes –

La transaction se fera par étapes : dans un premier temps, EDF va transférer, d’ici la fin de l’année, la totalité du capital de RTE à la nouvelle coentreprise, qui financera en partie l’acquisition des titres par de l’endettement.

Puis, EDF cèdera à la Caisse des Dépôts et CNP 49,9% du capital de cette coentreprise, d’ici la mi-2017. Dans le détail, la CDC prendra 29,9% de la coentreprise, et CNP 20%.

Enfin, EDF précise que le solde de sa participation dans la co-entreprise (50,1%) «restera affecté» à son portefeuille d’actifs dédiés, qui doivent servir à couvrir les charges de démantèlement du parc nucléaire français.

Ce montage doit «conforter RTE dans sa mission de service public», assurent les partenaires.

L’ouverture du capital de RTE valorisera la filiale dans sa totalité à 8,2 milliards d’euros, a précisé EDF, un montant conforme aux chiffres qui circulaient jusqu’ici. EDF, qui va donc récupérer plus de 4 milliards d’argent frais grâce à cette transaction, pourra en plus bénéficer éventuellement d’un complément de valeur de 100 millions d’euros maximum.

La cession partielle de RTE avait été décidée par le gouvernement au printemps, pour contribuer à renflouer les caisses d’EDF. Le groupe public fait face à une situation financière tendue, notamment pour moderniser le parc nucléaire français, mener à bien son projet de nouvelle centrale britannique à Hinkley Point, et participer au sauvetage de l’ex-fleuron national Areva, dont il va reprendre l’activité réacteurs.

Le groupe confirme au passage qu’il présentera à son conseil d’administration d’ici fin mars 2017 un projet d’augmentation de capital de 4 milliards d’euros, pour renforcer ses fonds propres, «si les conditions de marché le permettent».

– Conjoncture dégradée –

Comme prévu depuis le début, l’Etat s’est engagé à y participer à hauteur de 3 milliards, pour aider le groupe à sortir de l’ornière.

Parallèlement, la conjoncture continue de se dégrader pour l’électricien tricolore.

EDF a ainsi également annoncé mercredi qu’il prévoyait une baisse de son Ebitda (excédent brut d’exploitation) l’an prochain, en raison notamment «de la baisse des prix de marché» de l’électricité en France et au Royaume-Uni, et compte tenu des volumes d’Arenh souscrits par ses rivaux pour 2017 (l’Arenh est le mécanisme qui oblige EDF à revendre une partie de son électricité nucléaire à ses concurrents, à un prix encadré par l’Etat).

Le groupe s’attend ainsi à un Ebitda compris entre 13,7 et 14,3 milliards d’euros en 2017, alors qu’il devrait s’élever entre 16 et 16,3 milliards cette année. Concernant 2016, EDF avait été contraint de revoir à la baisse ses prévisions à trois reprises cette année, du fait de divers déboires.

Pour le reste, EDF se dit dans les clous de son plan d’économies présenté en avril, dont il a confirmé les objectifs (baisse de 2 milliards des investissements nets en 2018 par rapport à 2015, et réduction de 1 milliard des coûts opérationnels en 2019 par rapport à 2015).

Quand aux 10 milliards de cessions programmées d’ici à 2020, le groupe se dit en mesure de les concrétiser à 70% dès l’an prochain, grâce notamment à la cession partielle de RTE.

EDF prête à finaliser la cession de la moitié de RTE à la Caisse des dépots

Paris (awp/afp) – Le conseil d’administration d’EDF se réunit ce mercredi pour avaliser la cession de 49,9% de sa filiale Réseau de transport d’électricité (RTE) à la Caisse des dépôts (CDC), en négociation depuis plusieurs mois, selon « Le Figaro ».
L’électricien français, contacté par l’AFP, n’a souhaité faire aucun commentaire.

La Caisse des dépôts et sa filiale CNP Assurances sont entrées fin juillet en négociations exclusives avec l’électricien en vue du rachat de 49,9% du capital de RTE, actuellement entièrement détenu par EDF.
En marge d’une visite du secrétaire d’État à l’Industrie, Christophe Sirugue, lundi dans la Somme, le président de RTE, François Brottes, avait évoqué la date du 15 décembre pour la conclusion du pacte d’actionnaires entre EDF et la Caisse des dépôts sur ce dossier.
L’opération valoriserait l’ensemble de RTE à 8,45 milliards d’euros.

« A l’arrivée, dans le cadre de la cession de 49,9% de RTE, EDF va percevoir un peu plus de 4 milliards d’euros », assure Le Figaro.

Cette évolution du tour de table de RTE s’inscrit dans le cadre du programme de cessions d’actifs de 10 milliards d’euros annoncé en avril par EDF, dont l’État détient environ 85% du capital, parmi les mesures destinées à renforcer sa situation financière.
La réalisation effective de l’opération pourrait intervenir au premier semestre 2017, après obtention des autorisations réglementaires nécessaires, avaient indiqué EDF et la CDC cet été.

La Caisse des dépôts va entrer au capital de RTE

EDF va céder 49,9 % de sa filiale de transport d’électricité.

Des électriciens de RTE, réparent une ligne à haute-tension à Eygalieres.

Des électriciens de RTE, réparent une ligne à haute-tension à Eygalieres. / Boris Horvat/AFP

Le sujet peut paraître obscur, mais c’est une petite révolution, à l’échelle française, dans le secteur de l’énergie. Le conseil d’administration d’EDF devait valider, le 14 décembre, la cession de 49,9 % de sa filiale RTE, chargé du transport d’électricité à la Caisse des dépôts et à CNP Assurances, détenue à 40 % par la Caisse.

L’entreprise a été valorisée 8,45 milliards d’euros. Soit beaucoup plus que sa valeur inscrite dans les comptes d’EDF. Dans le fonds dédié à couvrir les charges de démantèlement du nucléaire (EDF Invest), les 50 % de RTE qui y ont été placés, avaient une valeur de 2,58 milliards au 31 décembre 2015…

En 2015, RTE a réalisé un chiffre d’affaires de 4,6 milliards d’euros.

Un pacte d’actionnaire valable cinq ans

Ce n’est pas à proprement parler une privatisation, puisque la majorité du capital de RTE est conservée par EDF, le restant étant confié à des entreprises détenues majoritairement par l’État ou ses satellites. Mais l’opération reste malgré tout un nouveau coup de canif, selon les syndicats, dans l’unicité du groupe EDF.

Le pacte d’actionnaires n’est d’ailleurs valable que pour une durée de cinq ans. Rien ne dit qu’ensuite, la Caisse des dépôts et CNP assurances (dont 21,8 % sont en bourse) ne chercheront pas à vendre leurs parts.

Les candidats privés n’ont pas été retenus

La cession partielle de RTE marque la fin d’un feuilleton qui dure depuis des années, même si les discussions formelles n’ont démarré qu’il y a quelques mois. Les négociations financières ont aussi été compliquées. Les premières propositions de la Caisse des dépôts donnaient une valeur de 7 milliards à RTE.

Plusieurs candidats se sont mis sur les rangs, comme l’électricien canadien Hydro-Québec, ou des fonds d’investissement spécialisés dans la gestion d’infrastructures. Mais ils ont vite été éconduits. Pour les faire entrer au capital de la filiale transport d’EDF il aurait fallu changer la loi. Les statuts de RTE stipulent en effet que « la totalité du capital de la société doit être détenue par Electricité de France ou d’autres entreprises ou organismes appartenant au secteur public ».

Faible mobilisation des salariés

Un point politiquement sensible sur lequel il était difficile de revenir. Même si le sujet n’a pas mobilisé les agents. « Depuis des années, les pouvoirs publics expliquent que RTE est indépendant d’EDF et en interne, les nouvelles générations sont moins sensibles au modèle intégré du groupe, créé après-guerre », confie un syndicaliste.

Le transport d’électricité est également en plein bouleversement avec l’arrivée de nouveaux acteurs. Le Chinois State Grid est déjà entré au capital des réseaux portugais et italiens. Il s’intéresse aussi à l’opérateur grec Admie, que le gouvernement Tsipras a promis de privatiser.

> À lire : La transition énergétique pèse sur le coût de distribution de l’électricité

EDF vend des actifs pour se désendetter

En cédant une partie de sa filiale, EDF devrait ainsi récupérer environ 4 milliards d’euros. Cette somme servira à désendetter l’entreprise et s’inscrit dans le cadre du programme de cession d’actifs de 10 milliards d’ici à 2020.

Le groupe doit faire face, en effet, à une dette lourde (36,2 milliards d’euros au 30 juin) et à des investissements importants à effectuer. À lui seul, le projet de construction de 2 EPR sur le site d’Hinkley Point en Grande -Bretagne va coûter 16 milliards d’euros à EDF et le programme de modernisation de son parc nucléaire français (« le grand carénage ») est évalué à une cinquantaine de milliards.

Le programme de cessions d’actifs d’EDF reste malgré tout semé d’embûches. Le gouvernement polonais a ainsi invalidé, mercredi 14 décembre, les projets d’EDF, en mettant en avant sa sécurité énergétique L’électricien voulait céder son énorme centrale charbon de Rybnik (1720 MW, soit plus qu’un EPR) au groupe tchèque EPH et ses réseaux de chaleur au fonds australien IFM.

À lire aussi : La France pourrait renouer avec les coupures de courant

EDF: accord avec la CDC et CNP Assurances sur RTE.

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bourse EDF

(CercleFinance.com) – EDF, la Caisse des Dépôts et CNP Assurances annoncent un accord engageant fixant les termes et conditions de l’acquisition par la CDC et CNP Assurances d’une participation indirecte de 49,9% du capital de RTE, et les modalités d’un partenariat de long terme.

La valorisation définitive agréée est fixée à 8,2 milliards d’euros pour 100% des fonds propres de RTE. EDF bénéficiera éventuellement d’un complément de valeur pouvant atteindre 100 millions d’euros.

EDF transfèrera, avant la fin de l’année, la totalité des titres RTE à une nouvelle coentreprise, celle-ci finançant en partie l’opération par endettement externe. EDF cèdera ensuite à la CDC et à CNP Assurances 49,9% du capital de cette coentreprise, au premier semestre 2017.

Cette opération apportera à RTE une gouvernance nouvelle afin d’accompagner durablement sa stratégie d’investissement pour l’optimisation des infrastructures de transport d’électricité, au service de la transition énergétique.

Le solde de la participation de l’électricien dans la co-entreprise (50,1%) restera affecté au portefeuille d’actifs dédiés destinés à couvrir les charges futures relatives à l’aval de son cycle nucléaire.

EDF: accord avec la CDC et CNP Assurances sur RTE.

(CercleFinance.com) – EDF, la Caisse des Dépôts et CNP Assurances annoncent un accord engageant fixant les termes et conditions de l’acquisition par la CDC et CNP Assurances d’une participation indirecte de 49,9% du capital de RTE, et les modalités d’un partenariat de long terme.

La valorisation définitive agréée est fixée à 8,2 milliards d’euros pour 100% des fonds propres de RTE. EDF bénéficiera éventuellement d’un complément de valeur pouvant atteindre 100 millions d’euros.EDF transfèrera, avant la fin de l’année, la totalité des titres RTE à une nouvelle coentreprise, celle-ci finançant en partie l’opération par endettement externe.

EDF cèdera ensuite à la CDC et à CNP Assurances 49,9% du capital de cette coentreprise, au premier semestre 2017.Cette opération apportera à RTE une gouvernance nouvelle afin d’accompagner durablement sa stratégie d’investissement pour l’optimisation des infrastructures de transport d’électricité, au service de la transition énergétique.Le solde de la participation de l’électricien dans la co-entreprise (50,1%) restera affecté au portefeuille d’actifs dédiés destinés à couvrir les charges futures relatives à l’aval de son cycle nucléaire.

EDF cède la moitié de la RTE et prévoit une année 2017 compliquée

EDF a scellé la cession de 49,9% du capital de sa filiale RTE à la Caisse des dépôts et CNP Assurances lors d’une réunion du conseil d’administration. Le premier producteur français d’électricité a aussi annoncé s’attendre à un exercice 2017 plus difficile que cette année.

EDF cède la moitié de la RTE et prévoit une année 2017 compliquée
/Photo d’archives/REUTERS/Stéphane Mahe
© Stephane Mahe / Reuters

Annoncée cet été, EDF a enfin scellé la cession partielle de sa filiale RTE. Le conseil d’administration réuni mercredi a signé la cession de 49,9% du capital de la filiale RTE à la Caisse des dépôts (CDC) et CNP Assurances. La valorisation définitive est fixée à 8,2 milliards d’euros pour 100 % des fonds propres de RTE. EDF bénéficiera éventuellement d’un complément de valeur pouvant atteindre 100 M€.

« Le schéma retenu prévoit l’entrée de la Caisse des Dépôts et de CNP Assurances comme actionnaires de référence de RTE aux côtés d’EDF, à travers la création d’une coentreprise détenue conjointement par EDF (50,1 %) et la Caisse des Dépôts et CNP Assurances (49,9 %) », précise le communiqué.

Dès le départ, les syndicats d’EDF se sont montrés hostiles à la cession de RTE. Dans une lettre ouverte, la CFDT estimait que « l’ouverture du capital de RTE pourrait conduire, à terme, à sa sortie du groupe EDF », qui « ouvrirait la voie à une privatisation d’EDF ». Car c’est l’intégration à EDF de RTE qui empêche la privatisation d’EDF, expliquait la lettre.

L’ouverture du capital de RTE s’inscrit dans un programme de cessions d’environ 10 milliards d’euros à l’horizon 2020 prévu par EDF pour réduire son endettement et financer d’importants investissements, en particulier le grand carénage et la construction controversée à Hinkley Point, en Grande-Bretagne, de deux réacteurs EPR.

Un exercice 2017 difficile

EDF révoit pour l’année prochaine un bénéfice avant impôt, charges financières, dépréciation et amortissement (Ebitda) compris entre 13,7 et 14,3 milliards d’euros, après celui de 16,0 à 16,3 milliards attendu cette année. Il explique cette dégradation par la baisse des prix de marché en France et au Royaume-Uni par rapport à 2016 et celle des volumes souscrits dans le cadre du mécanisme ARENH (accès régulé à l’électricité nucléaire historique) de revente d’une partie de sa production nucléaire à ses concurrents.

Dans un communiqué, EDF ajoute que « l’Ebitda 2018 devrait être en croissance sensible par rapport à 2017, et ce d’autant plus si les prix de gros de l’électricité sont bien orientés ».

Le groupe confirme parallèlement son intention de soumettre d’ici la fin du premier trimestre 2017 à son conseil d’administration, si les conditions de marché le permettent, un projet d’augmentation de capital d’environ quatre milliards d’euros, « l’Etat actionnaire s’étant engagé à y participer à hauteur de trois milliards d’euros ».

Cession partielle de RTE : le pacte d’actionnaires conclu dans les prochains jours (pdt)

  • Gauville (France)
lignes électriques
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EDF et la Caisse des dépôts devraient formaliser dans les prochains jours leur pacte d’actionnaires dans le cadre de la cession par l’électricien de 49,9% de sa filiale RTE, a indiqué lundi le président du gestionnaire du réseau de transport d’électricité, François Brottes.

Mi-novembre, M. Brottes avait indiqué que les discussions sur ce pacte d’actionnaires devaient se conclure « vers fin novembre ».

« On prend un tout petit peu de retard », a indiqué le président de RTE en marge d’une visite du secrétaire d’Etat à l’Energie, Christophe Sirugue, sur un poste électrique « intelligent » du gestionnaire de réseau français dans la Somme.

« Là on parle plutôt autour du 15 décembre, sachant (…) qu’il y a à la fois un pacte d’actionnaires qui s’élabore, il y a aussi (la question de) savoir quelle va être le statut de cette entité nouvelle à l’égard de la Commission européenne et du régulateur », a-t-il précisé.

Fin juillet, la Caisse des dépôts et sa filiale CNP Assurances étaient entrées en négociations exclusives avec EDF en vue du rachat de 49,9% du capital de RTE, actuellement entièrement détenu par l’électricien.

L’opération valoriserait l’ensemble de RTE à 8,45 milliards d’euros.

Cette évolution du tour de table du gestionnaire de réseau, qui bénéficie d’une autonomie de gouvernance, de financement et de fonctionnement, s’inscrit dans le cadre du programme de cessions d’actifs de 10 milliards d’euros annoncé en avril par EDF, dont l’Etat détient environ 85% du capital, parmi les mesures destinées à renforcer sa situation financière.

« Les discussions qui sont en cours vont plutôt dans le bon sens d’un atterrissage parfaitement régulé et conforme. C’est plutôt des affaires de jours que des affaires de mois », a insisté François Brottes.

« On n’est pas très inquiet sur l’atterrissage tel qu’il a été imaginé », a confirmé Christophe Sirugue.

La réalisation effective de l’opération pourrait intervenir au premier semestre 2017, après obtention des autorisations réglementaires nécessaires, avaient indiqué EDF et la CDC cet été.

En novembre, le syndicat CFE-CGC s’était inquiété du fait que « le pacte d’actionnaire, tel que proposé dans le projet, n’interdit nullement l’ouverture du capital de RTE à des acteurs privés au-delà de la période dite de lock-up de 5 ans et ne donne donc aucune garantie sur le respect du schéma 100% public de RTE au-delà de cette période ».

En avant Galileo !

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Top départ pour Galileo, le « GPS européen »

Photo fournie le 17 novembre 2016 par Agence spatiale européenne (ESA) d’une fusée Ariane 5 chargée de 4 satellites Galileo, en train de décoller de Kourou en Guyane française

Paris (AFP) – L’Europe lance jeudi les premiers services de son système de navigation par satellites, Galileo, avec la promesse d’une localisation plus précise pour les utilisateurs et l’ambition de concurrencer le puissant GPS américain.

« Galileo augmentera de dix fois la précision de la géolocalisation et c’est la prochaine génération de produits technologiques comme les voitures autonomes, les appareils connectés ou les équipements et services de la ville « intelligents » qui en profitera », explique Maros Sefcovic, commissaire européen à l’Energie, cité dans un communiqué.

Une poignée de privilégiés, possesseurs du seul smartphone compatible avec Galileo – l’Aquaris X5 Plus du constructeur espagnol BQ -, pourra capter le nouveau signal dans la journée de jeudi.

Ces pionniers pourront utiliser gratuitement le système européen pour trouver une pharmacie, le meilleur itinéraire pour partir en vacances ou régler leur foulée au marathon.

Les objets connectés sont aussi de plus en plus nombreux à passer par les satellites pour communiquer, comme le patch qui permet de géolocaliser les patients souffrant d’Alzheimer ou la balise qui permet de retrouver sa place de parking.

Une simple mise à jour pour utiliser la nouvelle technologie sera suffisante pour certains appareils, selon la commission. Mais pour une arrivée en masse des produits compatibles avec Galileo, il va falloir être un peu patient.

« La géolocalisation est au c?ur de la révolution numérique en cours avec de nouveaux services qui transforment notre quotidien », souligne Maros Sefcovic.

« Quelque 10% du PIB européen dépend aujourd’hui des systèmes de positionnement par satellites, et d’ici 2030 ce pourcentage pourrait grimper à environ 30% », selon le Cnes, l’agence spatiale française.

L?Europe n’est pas en pole position puisque le GPS américain, le Glonass russe ou encore le Beidou chinois fonctionnent déjà. « On part en retard mais on court beaucoup plus vite », assure Jean-Yves Le Gall, le président du Cnes.

– Totalement opérationnel en 2020 –

Le service européen se veut plus performant avec notamment un positionnement d’une précision, de l’ordre du mètre, supérieure à celle de ses concurrents. En outre, un service payant permettra une localisation à quelques centimètres près.

Autre avancée, pour les opérations de recherche et de sauvetage: un appel de détresse sera visible, en temps réel, de n’importe quel endroit du globe.

« Aujourd’hui, il faut au moins trois heures pour qu’une personne, perdue en mer ou en montagne soit détectée » alors qu’avec Galileo, il ne faudra que « 10 minutes », affirme Lucia Caudet, porte-parole de la Commission européenne.

De plus, le signal européen sera daté à quelques milliardièmes de secondes près (un service utile pour les banques, les assurances, les fournisseurs d’énergie).

Il sera également authentifié, un gage de sécurité notamment pour les futurs véhicules autonomes face aux dangers éventuels d’un piratage à distance.

Au démarrage, la précision de Galileo ne sera pas optimale et le signal ne sera pas disponible tout le temps. Il faudra attendre 2020 – date à laquelle une trentaine de satellites (contre une quinzaine actifs aujourd’hui) seront en orbite – pour que le système européen puisse offrir sa meilleure précision sur tout le globe.

Galileo étant compatible avec le GPS, l’utilisateur pourra accéder aux deux systèmes simultanément et améliorer la qualité et la fiabilité de sa position.

Le programme Galileo, d’un budget de plus de 10 milliards d’euros a été lancé en 1999 par l’Union européenne et devrait être totalement déployé et opérationnel en 2020.

Top départ pour Galileo, le « GPS européen »

Photo fournie le 17 novembre 2016 par Agence spatiale européenne (ESA) d'une fusée Ariane 5 chargée de 4 satellites Galileo, en train de décoller de Kourou en Guyane française / EUROPEAN SPACE AGENCY/AFP/Archives

Photo fournie le 17 novembre 2016 par Agence spatiale européenne (ESA) d’une fusée Ariane 5 chargée de 4 satellites Galileo, en train de décoller de Kourou en Guyane française / EUROPEAN SPACE AGENCY/AFP/Archives

L’Europe lance jeudi les premiers services de son système de navigation par satellites, Galileo, avec la promesse d’une localisation plus précise pour les utilisateurs et l’ambition de concurrencer le puissant GPS américain.

« Galileo augmentera de dix fois la précision de la géolocalisation et c’est la prochaine génération de produits technologiques comme les voitures autonomes, les appareils connectés ou les équipements et services de la ville +intelligents+ qui en profitera », explique Maros Sefcovic, commissaire européen à l’Energie, cité dans un communiqué.

Une poignée de privilégiés, possesseurs du seul smartphone compatible avec Galileo – l’Aquaris X5 Plus du constructeur espagnol BQ -, pourra capter le nouveau signal dans la journée de jeudi.

Ces pionniers pourront utiliser gratuitement le système européen pour trouver une pharmacie, le meilleur itinéraire pour partir en vacances ou régler leur foulée au marathon.

Les objets connectés sont aussi de plus en plus nombreux à passer par les satellites pour communiquer, comme le patch qui permet de géolocaliser les patients souffrant d’Alzheimer ou la balise qui permet de retrouver sa place de parking.

Une simple mise à jour pour utiliser la nouvelle technologie sera suffisante pour certains appareils, selon la commission. Mais pour une arrivée en masse des produits compatibles avec Galileo, il va falloir être un peu patient.

« La géolocalisation est au cœur de la révolution numérique en cours avec de nouveaux services qui transforment notre quotidien », souligne Maros Sefcovic.

« Quelque 10% du PIB européen dépend aujourd’hui des systèmes de positionnement par satellites, et d’ici 2030 ce pourcentage pourrait grimper à environ 30% », selon le Cnes, l’agence spatiale française.

L’Europe n’est pas en pole position puisque le GPS américain, le Glonass russe ou encore le Beidou chinois fonctionnent déjà. « On part en retard mais on court beaucoup plus vite », assure Jean-Yves Le Gall, le président du Cnes.

– Totalement opérationnel en 2020 –

Le service européen se veut plus performant avec notamment un positionnement d’une précision, de l’ordre du mètre, supérieure à celle de ses concurrents. En outre, un service payant permettra une localisation à quelques centimètres près.

Autre avancée, pour les opérations de recherche et de sauvetage: un appel de détresse sera visible, en temps réel, de n’importe quel endroit du globe.

« Aujourd’hui, il faut au moins trois heures pour qu’une personne, perdue en mer ou en montagne soit détectée » alors qu’avec Galileo, il ne faudra que « 10 minutes », affirme Lucia Caudet, porte-parole de la Commission européenne.

De plus, le signal européen sera daté à quelques milliardièmes de secondes près (un service utile pour les banques, les assurances, les fournisseurs d’énergie).

Il sera également authentifié, un gage de sécurité notamment pour les futurs véhicules autonomes face aux dangers éventuels d’un piratage à distance.

Au démarrage, la précision de Galileo ne sera pas optimale et le signal ne sera pas disponible tout le temps. Il faudra attendre 2020 – date à laquelle une trentaine de satellites (contre une quinzaine actifs aujourd’hui) seront en orbite – pour que le système européen puisse offrir sa meilleure précision sur tout le globe.

Galileo étant compatible avec le GPS, l’utilisateur pourra accéder aux deux systèmes simultanément et améliorer la qualité et la fiabilité de sa position.

Le programme Galileo, d’un budget de plus de 10 milliards d’euros a été lancé en 1999 par l’Union européenne et devrait être totalement déployé et opérationnel en 2020.

Top départ pour Galileo, le « GPS européen »

Photo fournie le 17 novembre 2016 par Agence spatiale européenne (ESA) d'une fusée Ariane 5 chargée de 4 satellites Galileo, en train de décoller de Kourou en Guyane française / EUROPEAN SPACE AGENCY/AFP/Archives

Photo fournie le 17 novembre 2016 par Agence spatiale européenne (ESA) d’une fusée Ariane 5 chargée de 4 satellites Galileo, en train de décoller de Kourou en Guyane française / EUROPEAN SPACE AGENCY/AFP/Archives

L’Europe lance jeudi les premiers services de son système de navigation par satellites, Galileo, avec la promesse d’une localisation plus précise pour les utilisateurs et l’ambition de concurrencer le puissant GPS américain.

« Galileo augmentera de dix fois la précision de la géolocalisation et c’est la prochaine génération de produits technologiques comme les voitures autonomes, les appareils connectés ou les équipements et services de la ville +intelligents+ qui en profitera », explique Maros Sefcovic, commissaire européen à l’Energie, cité dans un communiqué.

Une poignée de privilégiés, possesseurs du seul smartphone compatible avec Galileo – l’Aquaris X5 Plus du constructeur espagnol BQ -, pourra capter le nouveau signal dans la journée de jeudi.

Ces pionniers pourront utiliser gratuitement le système européen pour trouver une pharmacie, le meilleur itinéraire pour partir en vacances ou régler leur foulée au marathon.

Les objets connectés sont aussi de plus en plus nombreux à passer par les satellites pour communiquer, comme le patch qui permet de géolocaliser les patients souffrant d’Alzheimer ou la balise qui permet de retrouver sa place de parking.

Une simple mise à jour pour utiliser la nouvelle technologie sera suffisante pour certains appareils, selon la commission. Mais pour une arrivée en masse des produits compatibles avec Galileo, il va falloir être un peu patient.

« La géolocalisation est au cœur de la révolution numérique en cours avec de nouveaux services qui transforment notre quotidien », souligne Maros Sefcovic.

« Quelque 10% du PIB européen dépend aujourd’hui des systèmes de positionnement par satellites, et d’ici 2030 ce pourcentage pourrait grimper à environ 30% », selon le Cnes, l’agence spatiale française.

L’Europe n’est pas en pole position puisque le GPS américain, le Glonass russe ou encore le Beidou chinois fonctionnent déjà. « On part en retard mais on court beaucoup plus vite », assure Jean-Yves Le Gall, le président du Cnes.

– Totalement opérationnel en 2020 –

Le service européen se veut plus performant avec notamment un positionnement d’une précision, de l’ordre du mètre, supérieure à celle de ses concurrents. En outre, un service payant permettra une localisation à quelques centimètres près.

Autre avancée, pour les opérations de recherche et de sauvetage: un appel de détresse sera visible, en temps réel, de n’importe quel endroit du globe.

« Aujourd’hui, il faut au moins trois heures pour qu’une personne, perdue en mer ou en montagne soit détectée » alors qu’avec Galileo, il ne faudra que « 10 minutes », affirme Lucia Caudet, porte-parole de la Commission européenne.

De plus, le signal européen sera daté à quelques milliardièmes de secondes près (un service utile pour les banques, les assurances, les fournisseurs d’énergie).

Il sera également authentifié, un gage de sécurité notamment pour les futurs véhicules autonomes face aux dangers éventuels d’un piratage à distance.

Au démarrage, la précision de Galileo ne sera pas optimale et le signal ne sera pas disponible tout le temps. Il faudra attendre 2020 – date à laquelle une trentaine de satellites (contre une quinzaine actifs aujourd’hui) seront en orbite – pour que le système européen puisse offrir sa meilleure précision sur tout le globe.

Galileo étant compatible avec le GPS, l’utilisateur pourra accéder aux deux systèmes simultanément et améliorer la qualité et la fiabilité de sa position.

Le programme Galileo, d’un budget de plus de 10 milliards d’euros a été lancé en 1999 par l’Union européenne et devrait être totalement déployé et opérationnel en 2020.

Géolocalisation. Les premiers services de Galileo sur orbite demain
Copyright ESA–Pierre Carril AFP ESA–Stephane Corvaja, 2016
Trouver une station-service, un Pokemon: l’Europe veut prendre toute sa place dans la géolocalisation, toujours plus présente dans notre quotidien, en lançant jeudi les premiers services de son système de navigation, Galileo. Une poignée de privilégiés, possesseurs des quelques smartphones équipés de la puce adéquate, pourront utiliser dès jeudi les premiers signaux des satellites Galileo, selon la Commission européenne. Mais la grande majorité va devoir encore attendre l’arrivée en masse de produits compatibles, encore rares: smartphones, montres connectées, voitures… La géolocalisation au quotidien Un programme de navigation par satellites ne se résume pas à trouver la bonne route. Aujourd’hui les services de positionnement ont envahi notre vie. Commander une pizza, partager sa localisation sur les réseaux sociaux, préparer un marathon… Le nombre d’application fondées sur la navigation par satellites ne cesse de croître. Les objets connectés sont aussi de plus en plus nombreux à passer par les satellites pour communiquer, comme le capteur proposé aux personnes âgées et qui envoie un SOS en cas de chute, le collier qui surveille la santé de votre chat, la balise qui permet de retrouver vos clés ou localiser vos enfants à tout moment… Quelque 10 % du PIB européen dépend aujourd’hui des systèmes de positionnement par satellites, et d’ici 2030 ce pourcentage pourrait grimper à environ 30 %, selon le Cnes, l’agence spatiale française. Une position à quelques centimètres Le principal atout promis par le système européen par rapport à ses rivaux américain (GPS), russe (Glonass) et chinois (BeiDou): un positionnement d’une précision inégalée, de l’ordre du mètre, voire de quelques centimètres pour le service payant.  » Avec le GPS on sait où un train se trouve sur la carte de France, avec Galileo on sait sur quelle voie il se trouve « , affirme Jean-Yves Le Gall, le président du Cnes, l’agence spatiale française. 30 satellites en 2020 Galileo est compatible avec le GPS, ce qui permettra d’accéder aux deux systèmes simultanément pour améliorer la qualité et la fiabilité de la position. Au démarrage, la précision ne sera pas optimale. Il faudra attendre 2020 – date à laquelle une trentaine de satellites (contre une quinzaine actifs aujourd’hui) seront en orbite – pour que le système européen puisse offrir sa meilleure précision sur tout le globe. Le maillage sera alors suffisant pour que le signal passe même dans les rues étroites bouchées par de hauts immeubles où pour l’instant on ne capte rien. Autre avancée concrète, pour les opérations de recherche et de sauvetage: un appel de détresse sera visible, en temps réel, de n’importe où sur le globe. « Aujourd’hui, il faut au moins trois heures pour qu’une personne, perdue en mer ou en montagne soit détectée » alors qu’avec Galileo, il ne faudra que « 10 minutes », indique Lucia Caudet, porte-parole de la Commission européenne. Davantage de sécurité face au piratage Outre un positionnement plus précis, Galileo doit offrir deux services inexistants avec le système américain. Son signal sera d’abord daté à quelques milliardièmes de secondes près, une fonction utile par exemple pour les assurances en cas d’accident de circulation ou pour les fournisseurs d’énergie qui gèrent un réseau. Ensuite, un système d’authentification permettra à l’utilisateur d’avoir la certitude qu’il utilise bien le signal Galileo et pas un leurre, une garantie notamment pour les futurs véhicules autonomes face aux dangers éventuels d’un piratage à distance.  » On entend ici ou là que l’ambition, c’est que rapidement on ne dise plus que +Galileo est le GPS européen+ mais que +le GPS est le Galileo américain+ », s’amuse Jean-Yves Le Gall.  » Ca mettra un certain temps quand même… » Le programme Galileo, d’un budget de plus de 10 milliards d’euros a été lancé en 1999 par l’Union européenne et devrait être totalement déployé et opérationnel en 2020.

© Le Télégramme – Plus d’information sur http://www.letelegramme.fr/multimedia/geolocalisaton-avec-galileo-l-europe-veut-brouiller-le-gps-americain-13-12-2016-11330005.php#closePopUp

Espace Galileo fait ses premiers pas jeudi

Le «GPS européen» d’une précision inégalée va être lancé dès jeudi et sera pleinement opérationnel en 2020.

Trouver une station-service, un Pokemon voire un amant à proximité: l’Europe veut prendre toute sa place dans la géolocalisation. Elle lance jeudi les premiers services de son système de navigation Galileo, qui entend rivaliser avec le GPS américain. Un projet auquel la Suisse participe.

Une poignée de privilégiés, possesseurs des quelques smartphones équipés de la puce adéquate, pourront utiliser dès jeudi les premiers signaux des satellites Galileo, selon la Commission européenne. Mais la grande majorité va devoir encore attendre l’arrivée en masse de produits compatibles, encore rares: smartphones, montres connectées, voitures…

Un programme de navigation par satellite ne se résume pas à trouver la bonne route. Aujourd’hui, les services de positionnement ont envahi notre vie. Commander une pizza, partager sa localisation sur les réseaux sociaux, préparer un marathon… Le nombre d’applications fondées sur la navigation par satellite ne cesse de croître.

10% du PIB européen

Les objets connectés sont aussi de plus en plus nombreux à passer par les satellites pour communiquer, comme le capteur proposé aux personnes âgées et qui envoie un SOS en cas de chute, le collier qui surveille la santé de votre chat, la balise qui permet de retrouver vos clés ou de localiser vos enfants à tout moment…

Aujourd’hui, 10% du PIB européen dépend des systèmes de positionnement par satellite. D’ici 2030, ce pourcentage pourrait grimper à environ 30%, selon l’agence spatiale française (Cnes).

Précision inégalée

Le principal atout promis par le système européen par rapport à ses rivaux américain (GPS), russe (Glonass) et chinois (BeiDou): un positionnement d’une précision inégalée, de l’ordre du mètre, voire de quelques centimètres pour le service payant.

Galileo est compatible avec le GPS, ce qui permettra d’accéder aux deux systèmes simultanément pour améliorer la qualité et la fiabilité de la position.

Au démarrage, la précision de Galileo ne sera pas optimale. Il faudra attendre 2020 – date à laquelle une trentaine de satellites (contre une quinzaine actifs aujourd’hui) seront en orbite – pour que le système européen puisse offrir sa meilleure précision sur tout le globe.

Le maillage sera alors suffisant pour que le signal passe même dans les rues étroites bouchées par de hauts immeubles où pour l’instant on ne capte rien, selon le Cnes.

En temps réel

Autre avancée concrète, pour les opérations de recherche et de sauvetage: un appel de détresse sera visible, en temps réel, de n’importe où sur le globe. «Aujourd’hui, il faut au moins trois heures pour qu’une personne, perdue en mer ou en montagne soit détectée» alors qu’avec Galileo, il ne faudra que «dix minutes», explique Lucia Caudet, porte-parole de la Commission européenne.

Outre un positionnement plus précis, Galileo doit offrir deux services inexistants avec le système américain. Son signal sera d’abord daté à quelques milliardièmes de secondes près, une fonction utile par exemple pour les assurances en cas d’accident de circulation ou pour les fournisseurs d’énergie qui gèrent un réseau.

Ensuite, un système d’authentification permettra à l’utilisateur d’avoir la certitude qu’il utilise bien le signal Galileo et pas un leurre. Une garantie notamment pour les futurs véhicules autonomes face aux dangers éventuels d’un piratage à distance.

Participation suisse

Le programme Galileo, d’un budget de plus de dix milliards d’euros a été lancé en 1999 par l’Union européenne et devrait être totalement déployé et opérationnel en 2020.

En vertu d’un accord signé en décembre 2013 et ratifié en 2014, la Suisse participe au développement des systèmes de navigation par satellite (Galileo et Egnos) et est intégrée aux programmes de recherche. Le coût annuel se monte à 34 millions de francs.

Plusieurs entreprises suisses, dont RUAG, ont participé au projet. Quelque 120 horloges à résonance atomique produites par la société Temex à Neuchâtel doivent également équiper les 30 satellites européens. (ats/nxp)

Galileo déploie ses ailes

Reproduction d’une image de synthèse représentant le satellite européen Galileo. AFP PHOTO / ESA © J.HUART

Près de 20 ans que l’on attendait ça : après bien des déboires, retards et dérives financières, Galileo – le système européen de géolocalisation par satellite – est enfin opérationnel. Même s’il est loin d’être au complet…

Pour le Centre national d’études spatiales (Cnes), le 17 novembre 2016 est à marquer d’une pierre blanche. D’une pierre deux coups, même !
Ce jour-là, en effet, Thomas Pesquet devenait le dixième français à s’envoler dans l’espace depuis le cosmodrome de Baïkonour, au Kazahkstan, tandis qu’une fusée Ariane décollait de Kourou, en Guyane, emportant avec elle, sous sa coiffe, quatre satellites devant rejoindre la galaxie Galileo.

Deux versions : gratuit ou payant

Ce système de navigation – qui emprunte son nom au prénom de l’astronome italien, Galilée – doit enfin permettre à l’Europe de s’affranchir du GPS américain (abréviation de Global Positioning System). Car l’idée de se doter d’un tel outil remonte à la fin des années 1990.
Pour le grand public, Galileo offrira deux types de prestations : un service de géolocalisation gratuit et ouvert à tous ; un autre payant à destination des entreprises. Et tous deux seront nettement plus justes dans leurs calculs que leur concurrent actuel : une précision de moins de 5 mètres dans la version gratuite, contre 10 mètres pour le GPS ; de moins d’un mètre pour l’option payante. Dans les deux cas, la datation des données fournies sera de quelques milliardièmes de secondes !
Sauf que pour en arriver là – à savoir à 23.000 kilomètres d’altitude – le ciel n’aura pas toujours été constellé de bonnes intentions pour Galileo. Il y eut, en effet, pas mal de retard à l’allumage, dû notamment à de très fortes pressions américaines sur l’Europe.
Ce qui fait que le tout premier satellite opérationnel – sur un total de trente – ne fut lancé que le 21 octobre 2011, à bord d’une fusée Soyouz.
C’est d’ailleurs l’astronef russe qui assura le lancement des treize modules suivants. Mais la mise sur une orbite « foireuse » de deux satellites – 17.000 km au lieu des 23.000 requis – en août 2014, fit dire à Jean-Yves Le Gall, président du Cnes : « On aurait mieux fait de les lancer avec Ariane ! »
Raison pour laquelle le lanceur européen a d’ailleurs assuré la mise sur orbite de quatre modules de 715 kg chacun, le 17 novembre dernier. Les prochains lancements, programmés pour l’été 2017 et le début de l’année 2018, le seront également avec Ariane…

Trouver des « puces » compatibles

Si l’objectif reste donc d’avir une trentaine de satellites en orbite, d’ici 2020, pour offrir un service de géolocalisation « stable » et « puissant », quinze suffisent déjà pour le mettre en route.
Dès que les premiers signaux arriveront – dans les jours qui viennent, si tout va bien – il reviendra alors aux fabricants de composant électroniques de commercialiser le plus rapidement possible des « puces » compatibles avec les appareils existants pour se brancher (enfin) sur le « GPS européen ».

Olivier Charrier

Ariane 5 : quatre d’un coup. Pour le lancement du 17 novembre, la fusée Ariane 5 a dû être spécialement adaptée. Contrairement aux satellites de télécommunication, qui sont équipés de systèmes de propulsion leur permettant de fournir une partie de l’énergie nécessaire à leur mise en orbite, les satellites de géolocalisation Galileo doivent être transportés quasiment jusqu’à leur orbite finale, à 23.000 km d’altitude. Ce jour-là, Ariane 5 a également battu un record : celui d’emporter quatre satellites d’un seul coup !

Allô la Terre ? Ici Galileo

Le GPS européen entre en service jeudi. A la clé : l’indépendance technologique du continent et des retombées économiques.

LE MONDE ECONOMIE Dominique Gallois

Pleinement opérationnelle, la constellation Galileo comptera 30 satellites positionnés à 23,222 kilomètres d’altitude.

Top départ. Depuis jeudi 15 décembre, le Global Posi­tioning System (GPS) américain n’est plus seul à guider votre voiture ou à vous aiguiller dans la rue. Galileo propose lui aussi ses services. Désormais, le système de navigation européen est couplé à l’américain, la géolocalisation se fait grâce à des signaux provenant des deux constellations de satellites.

Certes, pour le moment, à peine quelques milliers d’happy few peuvent bénéficier de la technologie européenne. Il faut pour cela posséder un smartphone équipé de la puce interopérable avec le GPS. La montée en puissance du système européen est donc liée à la fabrication de ces puces et à leur intégration dans les équipements (téléphones, objets connectés, voitures…). Laissant ainsi le temps au déploiement total de la constellation d’ici quatre ans.

Avec quinze satellites opérationnels – sur la trentaine prévue d’ici à 2020 –, Galileo s’installe dans un monde dominé par les Etats-Unis,…

Galileo en service fin 2014

Le GPS européen enfin opérationnel.

Galileo 200px

Voilà déjà plusieurs années que le GPS européen Galileo fait parler de lui. Repoussée d’année en année, sa date de mise en service serait, cette fois, fixée à 2014, selon un communiqué de la commission européenne.

Les quatre satellites actuellement en orbite – lancés en octobre 2011 et 2012 – associés à des infrastructures terrestres – en Italie et Allemagne notamment -, permettent déjà d’obtenir un relevé de position 3D (latitude, longitude et altitude), d’une précision de 10 à 15 mètres. Toutefois, le système de positionnement Galileo manque encore de satellites pour fonctionner plus que deux à trois heures par jour. De nouveaux satellites seront bientôt lancés, afin de proposer les premiers services Galileo en octobre 2014. Des services qui seront, pour la plupart, compatibles avec le GPS américain.

À terme, Galileo devrait compter 26 satellites. Il offrira une meilleure précision que le GPS actuel, qui est actuellement utilisé presque partout dans le monde. Les pays situés dans les plus hautes latitudes – en Europe du Nord, entre autres – profiteront également d’une meilleure couverture, grâce à une inclinaison plus importante des satellites Galileo par rapport à l’équateur. Enfin, le signal devrait être plus facile à capter pour les appareils compatibles et moins sujet aux interférences.

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  •  routardroutard           Depuis dix ans ils nous bourrent la tête avec Galileo, je ne changerais pas pour un autre. Les Américains ont fait leurs preuves, contrairement aux Européens
    SvetaSveta                  Depuis des années Europa dépenses des sommes colossales pour créer un système qui veut concurrencer le système américain … Comme sous Giscard on a sacrifié la Cii en la fusionnant avec HB et en donnant des milliards et à l’arrivée on a stoppé tous les excellents matériels français pour prendre des usines à gaz quand même américaines …

 

«Ci-gît Alep»

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Alep : une fin dans le sang Alep

La communauté internationale s’est mobilisée hier pour tenter de stopper les « atrocités » commises par le régime de Bachar al-Assad et ses alliés à Alep. Les combats ont cessé en milieu d’après-midi aux termes d’un accord.

Alep : une fin dans le sang
Alep : une fin dans le sang

« Le massacre le plus horrible »: un prof syrien raconte la chute d’Alep

Marie-Caroline Meijer Il

© Fournis par BFMNews Abdulkafi Alhamdo est un professeur syrien. Il est également un activiste anti-régime à Alep, une ville devenue le symbole du conflit qui ravage le pays depuis près de six ans. Ce père de famille a exprimé ses craintes et son désarroi dans une vidéo qu’il voit comme un « dernier appel ».

« Le massacre le plus horrible de notre histoire ». C’est ainsi qu »Abdulkafi Alhamdo décrit la situation actuelle à Alep où le régime de Bachar el Assad continue son offensive foudroyante lancée à la mi-novembre.

Le verbe haché, les yeux cernés, cet enseignant s’est filmé en direct lundi sur Periscope, lors de ce qu’il présente comme un « dernier appel ». Avec des coups de feu et des fréquences radio en bruit de fond, il a exprimé son profond désarroi.

« J’espère que vous pourrez faire quelque chose pour les gens d’Alep, ma fille, les autres enfants. Je ne sais juste pas quoi dire, les mots ne sortent pas. J’espère que vous pourrez faire quelque chose pour arrêter les massacres qui sont attendus ».

Dans cette ville qui fut le bastion de la rébellion syrienne, il ne reste plus que deux quartiers aux mains des opposants du régime où 80.000 personnes s’entassent. Alors que le gouvernement est en passe de reprendre Alep, les civils ont deux choix. Mourir dans les bombardements incessants, ou rejoindre les zones reprises par le régime syrien.

Officiellement, ils sont emmenés vers des camps humanitaires tenus par les troupes de Bachar el Assad. Mais selon des témoignages recueillis par les ONG, l’armée fait le tri à la sortie de la ville.

« Vous ne comprenez pas ce que nous subissons ici »

Abdulkafi Alhamdo est un proche de de Fatemeh al-Abed, la mère de la désormais célèbre Bana, connue comme la petite fille de sept ans qui tweete son quotidien à Alep. Comme elle, il explique vouloir sensibiliser l’opinion à ce vivent les habitants de cette ville assiégée.

« Hier, l’immeuble de la porte à côté s’est effondré. Beaucoup de gens sont morts. Beaucoup de gens sont en train d’être tués et restent dans les rues, les immeubles… Personne ne peut les aider, il n’y a pas d’hôpitaux, pas de médicaments, pas de… », s’est-il interrompu, avant d’adresser un message aux internautes.

« Vous ne comprenez pas ce que nous subissons ici », a-t-il poursuivi, en exhortant les citoyens à faire pression sur leurs gouvernements pour que la Russie et la Syrie soient tenues pour responsables de la crise en cours à Alep. « Ne croyez plus à l’ONU, ne croyez plus à la communauté internationale », a-t-il demandé, laissant entendre sa profonde désillusion à l’égard de ces instances.

« Au moins nous savons que nous sommes des gens libres… et nous ne voulions pas autre chose que la liberté. Ce monde n’aime pas la liberté… », a-t-il déclaré au milieu d’une ville réduite en champ de ruines.

Syrie: les rebelles capitulent et évacuent Alep

Le Figaro

Acculés, les rebelles d’Alep ont accepté un accord de cessez-le-feu avec les forces loyalistes qui leur permet de quitter la ville avec leurs armes.

figarofr: Les combattants rebelles ont accepté d'évacuer les derniers quartiers qu'ils contrôlaient en échange d'un sauf-conduit. © GEORGE OURFALIAN/AFP Les combattants rebelles ont accepté d’évacuer les derniers quartiers qu’ils contrôlaient en échange d’un sauf-conduit. LES COMBATTANTS rebelles d’Alep-Est ont fini par plier. Après quatre semaines de combats, soumis aux pilonnages de l’artillerie et à des bombardements intensifs de l’aviation russe, les insurgés avaient perdu tout espoir de résister militairement plus longtemps à l’offensive des forces loyalistes. Ils ont accepté, ce mardi d’évacuer les derniers quartiers qu’ils contrôlaient encore, en échange d’un sauf-conduit. L’accord, annoncé mardi soir, a été conclu sous la houlette de la Russie et de la Turquie, soutiens respectifs du régime de Bachar al-Assad et de la rébellion. Le cessez-le-feu est entré en vigueur dès ce mardi soir, et les premières évacuations sont prévues pendant la nuit. Les civils et les blessés devraient être évacués en premier, suivis par les combattants rebelles, qui seront autorisés à conserver leurs armes individuelles. Les civils et les blessés devaient être évacués en premier, suivis par les combattants rebelles, qui seront autorisés à conserver leurs armes individuelles. Ils pourront ensuite choisir d’aller dans les parties de la province d’Alep encore aux mains de la rébellion ou bien vers la province d’Idlib, dans le Nord, tenue par une coalition de groupes djihadistes.

Ahrar al-Cham, autre influent groupe rebelle islamiste, a confirmé l’accord d’évacuation en précisant que les civils puis les rebelles seraient transportés en bus vers ces régions. Cette évacuation met un terme à une bataille longue de six ans pour le contrôle de la deuxième ville de Syrie, qui avait commencé en juillet 2012 avec l’entrée des rebelles dans les quartiers Est de l’agglomération.

Des habitants pris au piège

D’abord favorable aux rebelles, la fortune des armes a progressivement changé de camp. Longtemps sur la défensive, le régime syrien est repassé à l’attaque d’Alep-Est à l’été 2016, coupant les quartiers insurgés de leurs dernières voies de communication. Abandonnés par la Turquie, les rebelles se sont battus avec acharnement contre une armée syrienne appuyée par l’aviation russe, et renforcée par les milices chiites libanaises et irakiennes entraînées par l’Iran. Au cours des dernières semaines, les insurgés ont perdu les uns après les autres les quartiers qu’ils contrôlaient dans la ville.

Quelque 50.000 civils sont restés jusqu’à la fin dans les derniers secteurs tenus par la rébellion, al-Machad, al-Ansari, al-Sukari, Ard al-Sabbagh et Amriya, au sud de la vieille ville. Pris au piège des combats ou empêchés de fuir, ces gens s’étaient réfugiés dans les caves et les immeubles, privés de ravitaillement et sans soins médicaux. Beaucoup craignaient plus les représailles du régime que les bombardements.

De nombreux rapports ont fait état d’exécutions sommaires perpétrées par les forces loyalistes à leur entrée dans les quartiers insurgés. Selon le porte-parole du haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Rupert Colville, au moins 82 civils, dont onze femmes et treize enfants ont été tués pendant les deux derniers jours dans quatre quartiers d’Alep-Est, Boustan al-Qasr, Ferdous, Kallasé et al-Salihin. Colville a admis qu’il était «incroyablement difficile» de vérifier ces informations, mais qu’elles étaient «corroborées par des sources multiples et dignes de foi». En quatre semaines, les combats auraient coûté la vie à plus de 463 civils à Alep-Est, tandis que 130 civils étaient tués par des tirs rebelles dans l’ouest de la ville. Plus de 130.000 civils ont fui les quartiers Est pour se réfugier dans d’autres parties de la ville. La bataille d’Alep s’achève de la même façon que plusieurs sièges précédents au cours de la longue guerre civile syrienne. À Homs, en 2014, les insurgés avaient ainsi accepté d’évacuer la vieille ville, après trois ans de siège. En août dernier, un accord du même type avait permis de mettre fin au blocus de Daraya, un fief rebelle près de Damas, suivi en septembre par deux autres localités de la Ghouta-Orientale.

Une victoire cruciale pour Bachar el-Assad

La reconquête d’Alep-Est constitue une victoire cruciale pour le régime de Bachar el-Assad, qui reprend ainsi le contrôle de la deuxième ville du pays, et remporte un succès symbolique contre une rébellion qui avait menacé de le renverser en 2012. Lui échappent encore Idlib, fief de l’insurrection djihadiste dans le Nord-Ouest, près de la frontière turque, mais surtout la partie orientale de la Syrie. Dans ces étendues désertiques, les villes de Raqqa et de Deir ez-Zor sont toujours aux mains de l’État islamique. La victoire de Bachar et de ses alliés russo-iraniens est d’ailleurs déjà ternie par la perte de Palmyre, reprise dimanche par Daech après la débandade des forces gouvernementales.

« Alep est devenue la ville de la mort »

Jannick Alimi
Le Parisien: Alep (Syrie), hier. Des civils pris au piège des bombardements et des massacres tentent encore de fuir la ville martyre où tout n’est plus que ruine et désolation. © AFP/GEORGE OURFALIAN Alep (Syrie), hier. Des civils pris au piège des bombardements et des massacres tentent encore de fuir la ville martyre où tout n’est plus que ruine et désolation. Syrie. Allah Alali, ambulancier à Alep, en témoigne : les derniers quartiers rebelles de la ville, tombés hier aux mains du régime, sont le théâtre de ce que la France qualifie de « pire tragédie humanitaire du XXIe siècle ».

« Alep est devenue une ville fantôme, la ville de la mort. Si rien n’est fait, si la communauté internationale ne se mobilise pas, nous allons subir un massacre. Croyez-moi, on assiste à une crise humanitaire contre des civils, ça va être une extermination ! » Allah Alali, que nous avons pu contacter hier après-midi par téléphone, est ambulancier à Alep et travaille pour Syria Charity, une association qui œuvre pour l’aide humanitaire et médicale en Syrie depuis 2011

Chaos sanglant

Le témoignage du jeune homme est un appel au secours. « Nous n’arrivons plus à sortir des caves où, depuis plusieurs heures, nous avons cherché à nous protéger. Il pleut beaucoup et les bombardements de l’artillerie et de l’aviation redoublent d’intensité. On ne sait plus quoi faire des cadavres… Il n’y a plus aucun interdit pour les forces russes et celles du régime, poursuit Allah. Elles bombardent, elles procèdent à des exécutions sommaires. »

La bataille d’Alep, entamée il y a cinq mois, s’est achevée hier après un intense bombardement et dans un chaos sanglant au sol. L’es quartiers de l’est de la deuxième ville de Syrie sont tombés les uns après les autres.

Le dictateur syrien Bachar al-Assad, soutenu par les forces russes et vraisemblablement des milices iraniennes et libanaises du Hezbollah, se livrerait, selon les témoignages sur place, à des tueries aveugles contre les rebelles s’opposant au régime et contre une population à bout de force. Le carnage, selon l’ONU, aurait fait plus de 415 victimes civiles. « Plus un seul hôpital ne fonctionne, s’alarme Allah. Il n’y a plus qu’un point médical pour 700 à 800 blessés. Il n’y a plus d’aspirine, plus d’anti-inflammatoire, c’est une vraie catastrophe. »

Bachar al-Assad et les Russes ayant jusqu’ici refusé l’ouverture d’un couloir humanitaire, plus aucun convoi médical ne peut entrer dans Alep depuis le mois d’août. « Les habitants d’Alep ont le choix entre se rendre aux forces gouvernementales et se faire torturer et massacrer, ou alors mourir sur place. Tout le monde vit dans la peur des tortures, de la maltraitance, des viols », souligne Ziad Alissa, médecin-anesthésiste de retour d’une mission en Syrie pour l’ONG UOSSM (Union des organisations de secours et soins médicaux).

Armes chimiques

Quant aux armes chimiques, il ne fait pas de doute, selon lui et selon les médecins sur place, que le régime d’Assad les utilise contre la population. « Ce sont des bombes à base de chlore. Pour soigner les blessés intoxiqués, il faut de l’oxygène. Or, les stocks sont épuisés », soupire Ziad Alissa. L’association se prépare à envoyer demain un convoi de Paris en Syrie, avec du matériel et des médicaments. Il devrait arriver en début de semaine prochaine. Pourra-t-il entrer dans Alep ?

Hier soir, l’ambassadeur russe à l’ONU a annoncé que les combats avaient cessé à Alep-Est et que « les combattants rebelles ont commencé à partir ».

Selon le responsable d’un groupe rebelle, un accord aurait été conclu sous la houlette de la Russie et de la Turquie pour faire évacuer « dans les prochaines heures » des habitants et des rebelles équipés d’armes légères des anciens quartiers assiégés.

La chute d’Alep n’est plus « qu’une question de temps »

ParisMatch

La Rédaction, par AFPExplosion au sein des quartiers encore tenus par les rebelles à Alep, le 12 décembre.

Explosion au sein des quartiers encore tenus par les rebelles à Alep, le 12 décembre.

Les rebelles ont évacué de nouveaux quartiers d’Alep. La deuxième ville de la Syrie, et ancienne capitale économique, est en passe d’être reconquise par l’armée de Bachar el-Assad.

La deuxième ville de Syrie, Alep, était en passe lundi de tomber totalement aux mains du régime et de ses alliés après quatre semaines d’une offensive dévastatrice contre les rebelles.

De leur ancien bastion d’Alep-Est qu’ils contrôlaient depuis 2012, il ne reste plus aux insurgés que deux principaux quartiers, Soukkari et Al-Machad, en plus d’une poignée d’autres de moindre envergure, d’après l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). « Il y a un effondrement total des rebelles (…) la bataille d’Alep touche à sa fin », a affirmé à l’AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l’OSDH. « Ce n’est plus qu’une question de temps ». Auparavant, un responsable militaire à Alep avait indiqué à l’AFP que l’opération aérienne et terrestre lancée le 15 novembre par les forces loyales au régime du président Bachar el-Assad contre les insurgés « entrait dans sa phase finale ». Alors que frappes aériennes et tirs d’artillerie se poursuivaient sur la dernière poche rebelle, dans le sud de la métropole ravagée, les civils continuaient de fuir par milliers, aggravant une situation humanitaire déjà catastrophique.

Le pire revers pour les rebelles depuis le début de la guerre

Dans le quartier d’Al-Machad, des témoins ont affirmé à l’AFP que de nombreux civils s’entassaient dans un même secteur faute d’abris. Certains déplacés ouvrent des échoppes pour y dormir. D’autres sont assis sur les trottoirs, des femmes et des enfants dorment dans la rue adossés à leurs valises. Les gens, dont beaucoup ont fui sans rien prendre avec eux, ne savent pas où aller. Ils ont faim et sont à la recherche de pain, selon ces témoins. En perdant Alep, la rébellion va essuyer son pire revers depuis le début de la guerre en 2011 et sa chute va offrir au régime, qui avait perdu la main sur une bonne moitié de la métropole en juillet 2012, le contrôle des cinq plus grandes villes de Syrie.

Les insurgés d’Alep ont commencé à céder du terrain quand l’armée syrienne, soutenue par des combattants iraniens et du Hezbollah libanais, a lancé le 15 novembre une offensive foudroyante accompagnée de violents bombardements. Lundi, ils ont perdu l’important quartier de Cheikh Saïd et celui de Salhine puis se sont retirés de six autres quartiers, notamment celui de Boustane al-Qasr, l’un des plus fortifiés, d’après l’OSDH.

« De sérieuses inquiétudes pour les civils restés »

Plus de 10.000 civils supplémentaires ont fui les quartiers rebelles d’Alep ces dernières 24 heures pour rejoindre des secteurs sous contrôle gouvernemental, portant le chiffre de l’exode de la population civile à environ 130.000 depuis le début de l’offensive du régime, d’après l’OSDH. L’agence de presse officielle syrienne Sana a elle indiqué que plus de 3.500 personnes avaient quitté lundi le secteur rebelle de la ville et qu’ils avaient été 8.000 à le faire la veille. « Il y a de sérieuses inquiétudes pour les civils restés dans les quartiers tenus par la rébellion, qui seraient plusieurs milliers », a indiqué le directeur de l’OSDH, M. Abdel Rahmane.

Depuis la mi-novembre, l’offensive des forces prorégime à Alep a tué plus de 415 civils selon l’OSDH, tandis que 130 civils ont été tués par des tirs rebelles sur les quartiers contrôlés par le gouvernement. Les efforts diplomatiques pour mettre fin au carnage dans l’ancienne capitale économique de Syrie, comme dans le reste du pays, n’ont jamais porté leurs fruits et les derniers pourparlers américano-russes, samedi à Genève, ont échoué. La guerre qui ravage la Syrie depuis plus de cinq ans a fait plus de 300.000 morts et déplacé au moins la moitié de la population du pays. Déclenché par la répression sanglante de manifestations prodémocratie pacifiques, le conflit s’est transformé en une guerre complexe impliquant une multitude d’acteurs syriens et étrangers, ainsi que le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Jean-Marc Ayrault dénonce le « mensonge permanent » de la Russie

L’EI a créé la surprise dimanche en reprenant pour la deuxième fois la ville antique de Palmyre (centre), classée au Patrimoine mondial de l’Humanité, neuf mois après en avoir été chassé par l’armée syrienne et son allié russe. Quatre civils, dont deux enfants, y ont été tués par les jihadistes lors d’opérations de ratissage et huit combattants prorégime exécutés, a indiqué lundi l’OSDH. Les jihadistes avançaient lundi au sud et à l’ouest de Palmyre et de violents combats les opposaient à l’armée syrienne près de la ville d’Al-Qaryataïne. La Russie, qui intervient en Syrie au côté du président Bachar el-Assad depuis un an, a été accusée lundi par le ministre français des Affaires étrangères de mener « une forme de mensonge permanent » dans le conflit syrien.

« Les Russes qui prétendent lutter contre le terrorisme, se concentrent en fait sur Alep et ont laissé un espace à Daech (acronyme de l’EI en arabe, ndlr), qui est en train de reprendre Palmyre, tout un symbole! », a souligné Jean-Marc Ayrault. Dans la province voisine de Hama, 34 civils, dont 11 enfants ont été tués lundi par des raids aériens dans un secteur contrôlé par le groupe jihadiste, selon l’OSDH, qui ne savait pas dans l’immédiat s’il s’agissait de frappes du régime ou de l’armée russe.

Alep : ce que l’on sait de l’accord de cessez-le-feu et de l’évacuation des rebelles et des civils

Franceinfo

Cet accord prévoit l’évacuation mercredi de combattants et de civils après quatre mois de siège et de bombardements d’une rare intensité sur une ville désormais réduite à l’état de ruines.

© Fournis par Francetv info La bataille d’Alep est terminée. Elle s’est achevée dans un déluge de feu et de sang sur la deuxième ville de Syrie, reprise par le régime du président Bachar Al-Assad après une offensive dévastatrice lancée le 15 novembre, au terme de plus de quatre années de rébellion. Un accord de cessez-le-feu a été conclu, mardi 13 décembre, lors de négociations entre les insurgés et la Russie, alliée militaire clé du régime de Damas, et avec l’aide de la Turquie. Objectif : permettre l’évacuation des derniers combattants rebelles et civils pris au piège des bombardements.

Les évacuations débuteront mercredi

Moscou et les factions rebelles se sont entendus pour un arrêt des bombardements aériens qui a pris effet mardi matin et un cessez-le-feu mardi soir. L’ambassadeur russe Vitali Tchourkine l’a annoncé à New York, où une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU s’est tenue en urgence. La Turquie a confirmé l’accord, précisant qu’il prévoyait que les civils soient évacués dans un premier temps, suivi de combattants rebelles. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), les évacuations devaient commencer mercredi à 5 heures.

La télévision d’Etat a diffusé des images filmées dans les quartiers repris aux rebelles: des ruines et des gravats à perte de vue. Quittant cette zone, des centaines d’hommes et de femmes formaient une file sans fin et avançaient à petits pas dans le froid et la boue, certains emmitouflés dans des couvertures ou des manteaux, portant leurs enfants et leurs maigres possessions dans des sacs en plastique.

« Alep est dans une situation d’urgence absolue: environ 100 000 personnes sont encore piégées sur un territoire de 5 km carrés », a déclaré la présidente de Médecins du Monde, Dr Françoise Sivignon, appelant à sauver les civils de cet « enfer ».

Les opérations supervisées par la Croix Rouge ?

« Nous avons demandé à ce que ces corridors ne soient pas supervisés par le régime syrien car nous n’avons aucune garantie que cela se passe bien et aucune confiance dans ce régime », a expliqué mardi sur franceinfo le président du conseil local des quartiers l’Alep-Est, Brita Hagi Hasan. « Tous les civils veulent sortir d’Alep, car sinon c’est la mort assurée nous le savons », a-t-il assuré.

L’ambassadrice américaine à l’ONU, Samantha Power, avait réclamé des « observateurs internationaux impartiaux » pour superviser l’évacuation des civils qui « ont peur d’être abattus dans la rue ou emmenés vers un des goulags d’Assad ».

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a fait savoir qu’il se tenait prêt à intervenir comme intermédiaire neutre dans l’évacuation des personnes se trouvant dans Alep-Est. « Nous espérons que cela fonctionne. Nous sommes prêts mais nous voulons connaître les modalités » de l’opération d’évacuation, a déclaré de son côté Ibrahim Abou al-Leith, porte-parole des Casques Blancs, ces secouristes dans le secteur rebelle.

Divers points de chute pour les civils et les rebelles

« Tous les combattants, avec les membres de leurs familles et les blessés, sont en route dans des corridors approuvés pour des destinations qu’ils ont choisies eux-mêmes », a précisé l’ambassadeur de Russie à l’ONU. « Ils peuvent par exemple aller vers la campagne, à l’ouest d’Alep, mais même là il y a des bombardements et de nombreux réfugiés déjà », a déploré de son côté Brita Hagi Hasan. Il a convenu que c’était « un déplacement forcé » mais « la moins pire des solutions ».

Un responsable du gouvernement turc a lui précisé que les « civils et les rebelles modérés avec des armes légères pourront se rendre en sécurité jusqu’à Idleb », à quelques dizaines de kilomètres à l’ouest d’Alep. Cette province est contrôlée en très grande partie par les rebelles. De son côté, le vice-Premier ministre turc Mehmet Simsek a fait savoir sur Twitter que la Turquie allait « installer un camp de tentes pour accueillir jusqu’à 80 000 réfugiés syriens fuyant Alep », sans plus de détails.

Un très lourd bilan sur le terrain

L’accord d’évacuation a été annoncé après un tollé international suscité par des atrocités qui auraient été commises contre les civils dans les quartiers repris par l’armée. Le Haut Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a fait état de 82 exécutions sommaires, dont 11 femmes et 13 enfants, imputées à l’armée et aux milices qui lui prêtent main forte dans les quartiers repris aux insurgés.

Le Premier ministre français Bernard Cazeneuve a condamné les « innombrables atrocités » commises par le régime qui peuvent constituer des « crimes contre l’Humanité ».

En quatre semaines, l’offensive a coûté la vie à plus de 463 civils à Alep-Est selon l’OSDH. Depuis 2011, le conflit en Syrie a fait plus de 300 000 morts, selon l’ONU.

Alep: des atrocités ont-elles été commises sur des civils?

A.S. avec AFP 

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon s’est alarmé lundi d’informations selon lesquelles des atrocités ont été commises ces dernières heures dans la ville d’Alep « contre un grand nombre » de civils, dont des femmes et des enfants, selon son porte-parole.

Des civils exécutés?

© Fournis par BFMNews Plusieurs témoignages postés sur Twitter font état d’exactions et d’exécutions, mais ces informations restent difficiles à vérifier pour le moment.

« Tout en soulignant que les Nations unies ne peuvent vérifier de manière indépendante ces informations, le secrétaire général souhaite transmettre ses grandes inquiétudes aux parties concernées », a déclaré Stephane Dujarric. Ban Ki-moon a demandé à son envoyé spécial pour la Syrie, Staffan de Mistura, de se pencher sur ces informations.

« Les Nations unies soulignent l’obligation pour toutes les parties sur le terrain de protéger les civils en se conformant aux règles humanitaires internationales », a ajouté Stephane Dujarric. « C’est en particulier la responsabilité du gouvernement syrien et de ses alliés », notamment la Russie et l’Iran, a-t-il aussi noté.

Au micro de BFMTV, Michel Morzière, président d’honneur de l’association Revivre, qui vient en aide aux réfugiés syrien, a indiqué avoir reçu des informations selon lesquelles plusieurs massacres ont été commis. « Dans l’hôpital al-Hayat, tout le monde a été tué, ils ont tué les soignants, ils ont tué les malades. On a également eu des informations selon lesquelles ils rentrent dans les maisons et les brûlent alors que des gens se trouvent dedans. Des scènes de massacre », a-t-il expliqué.

Alep sur le point de tomber

La deuxième ville de Syrie était lundi sur le point de tomber aux mains du régime et de ses alliés après quatre semaines d’une offensive dévastatrice contre les rebelles. En perdant ses dernières positions à Alep, la rébellion va essuyer son pire revers depuis le début de la guerre en mars 2011. La reconquête totale de la ville offrira en effet au régime et à ses alliés le contrôle des cinq principales cités de Syrie avec Homs, Hama, Damas et Lattaquié.

De leur ancien bastion d’Alep-Est qu’ils contrôlaient depuis 2012, les insurgés ne tiennent plus que deux principaux quartiers, Soukkari et Al-Machad, en plus d’une poignée de petits secteurs, d’après l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

« La bataille d’Alep touche à sa fin », a affirmé Rami Abdel Rahmane, directeur de l’OSDH, en parlant du principal front de ce conflit syrien qui a fait plus de 300.000 morts et déplacé au moins la moitié de la population.

Scènes de liesse à la télévision d’Etat

Selon un responsable militaire à Alep, l’offensive aérienne et terrestre lancée le 15 novembre par les forces loyales au régime de Bachar al-Assad « entre dans sa phase finale. Nous vivons les derniers moments avant la victoire ».

En soirée, du côté ouest d’Alep aux mains du régime, d’intenses tirs de célébration ont été entendus par des journalistes de l’AFP.

La télévision d’Etat montrait elle des scènes de liesse dans le même secteur. Sur les images on voit des gens crier « Allah, Syrie et Bachar » et brandir des portraits de Bachar al-Assad et des drapeaux syriens. Dans le sud de la métropole ravagée, les frappes aériennes et les tirs d’artillerie se poursuivaient sur le dernier réduit rebelle, alors que les civils continuaient de fuir.

Bruxelles propose une solution humanitaire à la crise du lait en Europe

Le Figaro / Hayat Gazzane 

Pour soulager le marché du lait aujourd’hui saturé, la commission européenne a débloqué des fonds visant à acheter une partie de la production européenne pour l’envoyer aux enfants syriens. Les premiers convois arrivent ce mois-ci en Syrie.

figarofr: «Les familles syriennes consommaient en général du lait chaque jour. Actuellement, le lait a, dans certains cas, complètement disparu de leur alimentation», déplore la Commission européenne.© Amr Dalsh / Reuters/REUTERS «Les familles syriennes consommaient en général du lait chaque jour. Actuellement, le lait a, dans certains cas, complètement disparu de leur alimentation», déplore la Commission européenne. Accentuer les efforts humanitaires en Syrie et soulager le secteur laitier en crise en Europe. C’est le double objectif que s’est fixé l’Union européenne. Bruxelles a même trouvé le moyen d’associer ces deux combats. Au printemps dernier, la Commission européenne a voté le déblocage de 30 millions d’euros pour l’achat de lait aux producteurs européens. Un lait qui sera ensuite acheminé jusqu’à 350.000 enfants en Syrie et dans les camps de réfugiés. Selon la Commission, les premières cargaisons seraient arrivées en Syrie ce mois-ci.

Les 30 millions d’euros consacrés à ce programme seront ponctionnés sur les différentes aides en faveur des agriculteurs européens adoptées ces derniers mois. En septembre 2015, 500 millions d’euros ont été votés en faveur du secteur après une nouvelle série de manifestations des éleveurs, éreintés par la chute des prix du lait depuis la fin des quotas. Une nouvelle enveloppe du même montant a été adoptée en juillet dernier. «Ce programme visera non seulement à aider les agriculteurs européens en leur achetant du lait de consommation, mais contribuera également de manière significative à faire face aux enjeux majeurs auxquels l’UE est confrontée du fait de la crise des réfugiés», explique la Commission européenne dans un communiqué.

Du lait acheminé vers Alep

Selon Politico, qui a eu accès à des documents détaillant ce programme européen, le projet est encadré par le Programme alimentaire mondial de l’ONU. Déjà 17.500 tonnes de lait ont été achetées à deux multinationales européennes, la portugaise Lactogal et l’irlandaise Glanbia. Le lait en question est du lait UHT qui présente un double avantage: pouvoir se conserver plusieurs mois à température ambiante et se consommer directement, sans avoir à ajouter de l’eau, dont l’accessibilité et la qualité ne sont pas toujours garanties dans les zones de guerre.

Ce lait européen doit débarquer au port de Lattaquié pour être ensuite acheminé par des compagnies de transport syriennes vers des entrepôts à Tartous, Homs ou encore Damas. La ville d’Alep, où la bataille entre les forces du régime et les rebelles touche à sa fin dans des conditions terribles pour les civils, est aussi visée.

Les premières distributions devaient avoir lieu en octobre mais le programme a été retardé par des «obstacles administratifs» et des risques pour la sécurité suite au bombardement d’un convoi humanitaire fin septembre. Elles ne commencent donc qu’en décembre et devraient se poursuivre au moins jusqu’en mars.

Pour l’Union européenne et ses États membres, qui se sont engagés à fournir plus de 3 milliards d’euros en 2016 pour venir en aide aux personnes touchées par cette guerre, il y a urgence. «Le conflit qui déchire la Syrie a eu une incidence grave sur le secteur agricole du pays, entraînant une baisse de la production alimentaire, et notamment de produits laitiers. Avant la crise, les familles syriennes consommaient en général du lait et divers produits laitiers chaque jour. Actuellement, le lait a, dans certains cas, complètement disparu de leur alimentation», expliquent-ils. «Le ‘paquet lait’ constitue donc un train de mesures exceptionnel qui vient compléter l’aide humanitaire déjà substantielle apportée par l’UE aux personnes nécessiteuses», ajoutent-ils. Avec l’avantage de pouvoir faire d’une pierre deux coups, «à savoir soutenir les agriculteurs dans une période très difficile tout en veillant à ce que l’Union demeure entièrement concentrée sur le principal enjeu de la crise actuelle des réfugiés», décrypte Phil Hogan, commissaire à l’Agriculture et au développement rural, dans un communiqué.

Ce n’est pas la première fois que la crise syrienne est présentée comme l’une des solutions à la crise agricole en Europe. En octobre dernier, la Fédération interprofessionnelle du bétail et des viandes proposait à Bruxelles d’acheter le surplus de viande pour le redistribuer dans les principaux pays d’accueil des réfugiés. Avec pour objectif final d’enrayer la chute des prix. Pour le moment, cette proposition a été écartée par Phil Hogan. Mais le ministre français de l’Agriculture Stéphane Le Foll et ses homologues allemand et polonais, Christian Schmidt et Krzysztof Jurgiel, la soutiennent. «Les ministres invitent la Commission européenne à travailler sur la mise en place d’un programme d’aide humanitaire – en nature -portant sur des produits à base de viande bovine, au bénéfice des pays faisant face à un afflux de réfugiés», écrivent-ils dans un communiqué.

Alep : «la pire tragédie du XXIe siècle se déroule sous nos yeux»

International

Dans Alep devastée, les troupes gouvernementales continuent de réduire la résistance à néant./AFP
Dans Alep devastée, les troupes gouvernementales continuent de réduire la résistance à néant./AFP

Après une offensive dévastatrice contre les rebelles, Alep, est en passe de tomber aux mains du régime.Hier, les efforts diplomatiques redoublaient pour mettre fin au carnage.

Soumises à un déluge de feu depuis quatre semaines, les dernières poches de résistance rebelle à Alep-Est ne tiendront plus longtemps. La deuxième ville de Syrie est ainsi en passe de repasser sous le contrôle de Bachar al-Assad, offrant au régime sa plus grande victoire depuis le début du conflit en 2011. Dans ce contexte, les instances internationales craignent qu’un énième bain de sang ne clôture la bataille…

Hier, un accord a été conclu pour l’évacuation «des habitants et des rebelles avec leurs armes légères, des quartiers assiégés d’Alep», a affirmé Yasser al-Youssef, responsable d’un groupe rebelle avant de préciser qu’il n’«entrerait en vigueur dans les prochaines heures». Un accord conclu «sous la houlette de la Russie et de la Turquie», soutiens respectifs du régime et de la rébellion.

«L’évacuation des blessés et des civils se fera en premier. Par la suite, les rebelles sortiront avec leurs armes légères», a indiqué M. Youssef avant de préciser que «ceux qui partent choisiront d’aller soit dans l’ouest de la province d’Alep ou vers la province (voisine) d’Idleb (nord-ouest)».

Dans la journée, le Conseil de sécurité de l’ONU tenait une réunion d’urgence à New York à la demande de la France. «La pire tragédie humanitaire du XXIe siècle se déroule sous nos yeux», a déploré l’ambassadeur français François Delattre.

Crimes de guerre

En quatre semaines, l’opération militaire a coûté la vie à plus de 415 civils à Alep-Est selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Plus de 130 000 civils ont fui les quartiers assiégés depuis le 15 novembre.

«Nous devons tout faire pour mettre fin à l’effusion de sang, pour évacuer la population en toute sécurité», a-t-il déclaré. Et d’ajouter : «Nous demandons à la Russie de faire quelque chose à propos de ce désastre à Alep». L’ambassadeur a fait état «d’informations crédibles» portant sur des «meurtres brutaux de familles» entières, des exécutions sommaires et des attaques ciblant des hôpitaux. «Le pire est peut-être encore à venir», sous la forme «d’autres massacres de sang-froid», a-t-il conclu. Le Premier ministre, Bernard Cazeneuve a dénoncé hier les «innombrables atrocités» et les «massacres» commis par le régime syrien contre des civils à Alep «avec l’appui» de la Russie, qui peuvent constituer des «crimes de guerre, voire des crimes contre l’humanité».

L’ambassadeur britannique à l’ONU Matthew Rycroft a évoqué «un jour tragique» pour la ville et souligné que «la guerre elle-même a des règles et que chacune de ces règles a été violée».


Le régime (re)perd Palmyre

L’attention et les effectifs de l’armée étant concentrés sur Alep, le régime n’a pas pu contrer une offensive surprise du groupe jihadiste État islamique (EI), qui a repris dimanche la ville de Palmyre, malgré les frappes russes. Une contre-offensive éclair a permis aux terroristes de conquérir la cité antique, neuf mois après en avoir été chassés. Cette défaite du régime démontre que l’armée syrienne, dont les effectifs sont réduits, reste très dépendante de ses alliés russe et iranien


Jacques Bérès, Chirurgien, président de France Syrie Démocratie et cofondateur de Médecins sans frontières

«L’humanité a vraiment sombré à Alep»

Dans quelle situation humanitaire se trouve la ville d’Alep ?

C’est une horreur totale. Épouvantable. Monstrueux. L’Humanité a vraiment sombré à Alep. Que faire à part pleurer s’indigner, vomir, s’énerver, casser les meubles… Mes contacts téléphoniques directs à Alep remontent à presque 15 jours. Depuis, rien. Les personnes que je connaissais ne répondent plus, ou sont mortes ou les deux à la fois…

Avez-vous déjà connu pareille situation dans votre carrière ?

Ce qui est nouveau, c’est que tout cela se passe sous les yeux du monde entier, devant des centaines de millions de téléspectateurs. Un spectacle morbide, inhumain dont tout le monde serait au courant. On n’a pas mémoire de crime aussi effroyable depuis Guernica (ndlr : en avril 1937) où les civils avaient été massacrés par Franco. Picasso avait alerté le monde avec son tableau. Depuis, il y a eu d’autres exemples comme Grozny en Tchétchénie où j’étais et dont on a moins parlé.

On a donc franchi un pas dans l’horreur à Alep ?

On a même franchi plusieurs pas à la fois. Quand on laisse de telles latitudes à M.Poutine… Et qu’Obama donne un permis de tuer à Bachar al-Assad : il a toléré un certain degré d’atrocité en fixant pour ligne rouge l’utilisation d’armes chimiques. Cela signifiait : «vous pouvez tuer par tous les moyens avant d’en arriver à ce type d’armement». Or le recours aux armes chimiques a été avéré. Il n’y a même pas de négationnisme là-dessus. Le régime de Bachar en serait presque fier au point s’en vanter. À Alep, il y a encore eu récemment des bombardements au chlore… Depuis des mois, des crimes contre l’Humanité y sont perpétrés. Outre les armes chimiques, il y a eu les attaques délibérées contre les hôpitaux d’Alep qui ont tous été détruits, les destructions systématiques de pharmacies, privant la population civile de soin. Sans compter sur les bombardements aux barils d’explosifs remplis de clous sur des civils bloqués. Ainsi que le pilonnage de l’aviation de M.Poutine qui était rentré dans la coalition internationale au motif de combattre Daech. Or rappelons-le Daech est absent d’Alep.

L’ultimatum humanitaire lancé lundi par François Hollande au régime syrien peut-il avoir une incidence ?

M. Hollande a fait une déclaration sur Alep mais il a été lâché par les Anglais et Obama. Vous savez personne ne va aller faire la guerre à M.Poutine, il est bien trop puissant. Finalement l’Histoire se répète. En 1938, on avait bien laissé Hitler envahir les Sudètes… Et au final, on retrouve encore des dictatures à l’origine des massacres et de crimes contre l’Humanité. Le peuple syrien est un peuple héroïque, martyr, abandonné des démocraties Occidentales. L’Histoire jugera cet épisode très sévèrement.

De Villepin : « le terrorisme va sortir renforcé » après la bataille d’Alep

De Villepin : "le terrorisme va sortir renforcé" après la bataille d'Alep

Pour l’ancien Premier ministre, il ne faut pas s’y tromper : la victoire de Bachar Al-Assad contre les rebelles à Alep est avant tout une victoire pour l’État islamique.

INTERVIEW »Alep rejoint les villes martyres, Guernica, Srebenica, Grozny. » Depuis deux jours, l’offensive menée par le régime syrien, aidé de la Russie et de l’Iran notamment, sur Alep, a fait des centaines de morts, notamment parmi les populations civiles. De nombreux témoignages font état de tueries de femmes et d’enfants à l’arme blanche ou même  en faisant effondrer les bâtiments sur celles et ceux qui tentent de s’abriter. Un massacre que Dominique de Villepin a tenté d’analyser, mercredi, sur Europe 1. « Ces tragédies se répètent et il y a un certain nombre de leçons à tirer », a-t-il déclaré.

Choquée, la jeunesse peut rejoindre Daesh. Première d’entre elles : « la guerre contre le terrorisme est une absurdité, quelle que soit la façon dont on opère. C’est vrai à Mossoul [en Irak, où l’armée, soutenue par la coalition internationale, intervient pour déloger l’État islamique], même si c’est un interventionnisme plus ciblé qui prend en compte les civils et c’est vrai à Alep, avec un interventionnisme massif de Bachar Al-Assad », a expliqué l’ancien Premier ministre. Pour lui, loin d’affaiblir les islamistes, de telles interventions militaires le renforcent. « Le terrorisme est le vrai victorieux, il va sortir renforcé de toutes ces batailles. »

Selon lui, la vision de cette tragédie peut en effet pousser une certaine population dans les bras de Daesh. « Comment ne pas s’insurger quand on voit tant de morts innocents ? Comment croyez-vous que réagit la jeunesse syrienne, celle du Proche et du Moyen-Orient, notre jeunesse et celle du Maghreb ? Ce sont de nouveaux bataillons qui vont alimenter le terrorisme dans cette région. »

« Gagner une bataille ce n’est pas gagner la paix ». Rappelant qu’il s’était opposé, en 2003, en tant que ministre des Affaires étrangères, à la guerre en Irak voulue par les Etats-Unis, Dominique de Villepin a rappelé que « gagner une bataille, gagner une guerre, c’est très bien mais cela ne permet pas de gagner la paix ». « Aujourd’hui, la Russie et les alliés de Bachar Al-Assad n’ont pas gagné sur le territoire syrien. Il y a d’autres campagnes qui vont s’ouvrir. Vont-ils choisir d’aller au nord-ouest, de s’adresser directement au fief de l’Etat islamique [EI], sachant que l’EI n’est pas à Alep ? Vont-ils choisir d’aller à Raqqa ou dans d’autres parties de la Syrie qui restent sous contrôle de l’EI ? »

Une « guerre de position ». En réalité, selon lui, il ne faut pas voir l’offensive contre Alep comme une volonté de mettre fin à la guerre civile qui ensanglante la Syrie depuis quatre ans, mais bien comme un calcul de la part du régime syrien et de ses alliés. « Il y a une guerre civile qui ne peut être gagnée par personne parce que c’est le terrorisme qui gagne, une guerre régionale complexe entre l’Iran, l’Arabie Saoudite, la Syrie, la Turquie, et une rivalité internationale entre la Russie et les Etats-Unis. Ce qui se joue aujourd’hui malheureusement, c’est une guerre de position pour préparer cette bataille diplomatique qui va se nouer à partir du 20 janvier. »

L’arrivée de Donald Trump rebat les cartes. Le 20 janvier en effet, Donald Trump sera officiellement investi président des Etats-Unis. Et, comme Jean-Pierre Raffarin sur Europe 1 mardi, Dominique de Villepin a estimé que Moscou, Téhéran et Damas ne cherchent, par leur offensive, qu’à se renforcer avant son arrivée. Et l’ancien Premier ministre de souligner : « le 20 janvier, un allié de poids va s’allier à la Russie, la Chine et l’Iran, tous ces pays légitimistes qui refusent un changement de régime [en Syrie]. Donald Trump refuse également le changement de régime et nous allons, nous, nous retrouver isolés. »

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Le journal de 7h : à Alep, les civils ont peur de finir entre les mains du régime de Bachar al-Assad

REPLAY – L’évacuation des quartiers est devait débuter ce mercredi, mais l’opération est retardée pour une raison inconnue.

Le journal de 7h : à Alep, les civils ont peur de finir entre les mains du régime de Bachar al-Assad Crédit Image : George OURFALIAN / AFP

Les combats sont terminés à Alep, un cessez-le-feu a été conclu mardi 13 décembre entre les forces gouvernementales et les rebelles, sous la houlette de la Russie et de la Turquie. Cet accord prévoit l’évacutation des civils des quartiers dévastés, mais il n’est pas respecté pour le moment. L’évacuation a été repoussée pour une raison inconnuedes bus attendaient à la sortie des quartiers est de la ville mais les civils et les rebelles ne se sont pas présentés au départ.

Des milices pro-gouvernement, qui auraient commis des exactions sur la population, seraient positionnées à la sortie du quartier. « Les civils ont peur de finir dans les mains du régime« , avance un responsable d’une ONG présente sur le terrain. Du côté de la diplomatie, un échange tendu a eu lieu au Conseil des Nations Unies entre les États-Unis et la Russie. « Vous n’avez pas honte ?« , a lancé le représentant américain. « Parce que vous êtes Mère Teresa ?« , a rétorqué son homologue russe…

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