Crise des migrants

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La Birmanie mène un «nettoyage ethnique» de la minorité rohingya

  AFP
968474-mohammad-ayaz-et-son-fils-seuls-survivants-d-une-famille-rohingya-birmane-dans-un-camp-de-refugies-aMohammad Ayaz et son fils, seuls survivants d’une famille rohingya birmane, dans un camp de réfugiés à Ukhiya, au Bangladesh, le 24 novembre 2016 Photo SAM JAHAN. AFP

La Birmanie a entrepris une campagne de «nettoyage ethnique» contre la minorité apatride des musulmans rohingyas, a affirmé un représentant de l’ONU au Bangladesh, pays où se sont réfugiés ces dernières semaines des milliers de familles fuyant les exactions de l’armée birmane.

Viols en réunion, tortures, meurtres et massacres: les Rohingyas qui ont franchi la frontière ont fait le récit des violences que leur font subir les soldats birmans dans l’ouest du pays, où vivent des dizaines de milliers de membres de cette minorité.

D’après les Nations unies, 30.000 personnes ont été déplacées par ces violences qui ont fait des dizaines de morts depuis le début de l’opération de l’armée birmane à la suite d’attaques de postes de police début octobre.

John McKissick, directeur du Haut Commissariat des Nations pour les réfugiés (UNHCR) dans la ville bangladaise frontalière de Cox’s Bazar (sud), a estimé sur la BBC que ces actes s’apparentaient à un «nettoyage ethnique», sur la base de témoignages de réfugiés.

Ignorant les pressions de la communauté internationale l’exhortant à ouvrir sa frontière pour éviter une crise humanitaire, le Bangladesh a appelé la Birmanie à prendre des «mesures urgentes» pour que cesse l’entrée sur son territoire des Rohingyas.

«Il est très difficile pour le gouvernement bangladais de déclarer ouverte sa frontière, car ceci pourrait encourager le gouvernement birman à perpétuer les atrocités et les pousser dehors, jusqu’à atteindre son objectif final de nettoyage ethnique de la minorité musulmane de Birmanie», a expliqué M. McKissick.

Des accusations sévèrement contestées par Zaw Htay, porte-parole du gouvernement de la Prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, au pouvoir depuis quelques mois, rompant avec des décennies de junte militaire.

«Je m’interroge sur le professionnalisme et l’éthique du personnel de l’ONU. Il devrait parler en se fondant sur des faits concrets et vérifiés et ne pas porter d’accusations», a-t-il déclaré à l’AFP, alors qu’humanitaires et journalistes n’ont pas accès à la zone.

– Viols, villages incendiés –

La Birmanie a déjà été accusée de nettoyage ethnique contre cette minorité musulmane mais c’était à l’époque où le pays était dirigé par d’anciens militaires. Depuis fin mars, Aung San Suu Kyi a pris les rênes du pays, après des élections historiques il y a un an.

Mais elle ne s’est quasiment pas exprimé sur le sujet depuis le début des violences le mois dernier. Le nouveau gouvernement birman n’a pas de pouvoir sur l’armée, qui reste en charge du ministère de l’Intérieur et des Frontières notamment.

Le sort des Rohingyas est un dossier explosif dans ce pays d’Asie du Sud-Est. Haïs par une partie de la population, à 95% bouddhiste, ces derniers sont considérés comme des étrangers en Birmanie et sont victimes de multiples discrimination: travail forcé, extorsion, restrictions à la liberté de mouvement, absence d’accès aux soins et à l’éducation.

En Etat Rakhine, des milliers d’entre eux vivent dans des camps depuis des violences intercommunautaires en 2012 entre bouddhistes et musulmans, qui avaient fait près de 200 morts.

Pour fuir les persécutions et leurs conditions de vie, des milliers de Rohingyas tentent tous les ans de fuir en traversant le golfe du Bengale pour rejoindre la Malaisie notamment.

Cette fois-ci, c’est vers le Bangladesh que des milliers d’entre eux se sont tournés. Parmi eux, Deen Mohammad, agriculteur. Il est parvenu à échapper aux patrouilles de la police du Bangladesh pour rejoindre avec sa femme et ses deux enfants la ville frontière de Teknaf en compagnie de trois autres familles.

«Ils (les militaires birmans) ont emmené mes deux garçons âgés de neuf et douze ans quand ils sont entrés dans mon village. Je ne sais pas ce qui leur est arrivé», raconte Deen Mohammad, 50 ans, à l’AFP.

«Ils ont emmené des femmes dans des chambres, puis les ont enfermées de l’intérieur. Cinquante femmes et filles de notre village ont été torturées et violées», affirme-t-il.

D’après Human Rights Watch, qui s’appuye sur des images sattelites, plus de 1.000 maisons de Rohingyas ont été incendiées en Etat Rakhine récemment. L’armée birmane conteste être à l’origine de ces destructions et affirme que les Rohingyas incendient leurs propres maisons.

«Les Rohingyas sont pris en étau», a déclaré Champa Patel, directrice d’Amnesty International en Asie du Sud évoquant leur «besoin désespéré» de nourriture, d’eau et de soins médicaux.

La Birmanie mène un « nettoyage ethnique » de la minorité rohingya

Mohammad Ayaz et son fils, seuls survivants d'une famille rohingya birmane, dans un camp de réfugiés à Ukhiya, au Bangladesh. - SAM JAHAN - AFP
Mohammad Ayaz et son fils, seuls survivants d’une famille rohingya birmane, dans un camp de réfugiés à Ukhiya, au Bangladesh. SAM JAHAN  /  AFP

La Birmanie a entrepris une campagne de « nettoyage ethnique » contre la minorité apatride des musulmans rohingyas, a affirmé un représentant de l’ONU au Bangladesh, pays où se sont réfugiés ces dernières semaines des milliers de familles fuyant les exactions de l’armée birmane.

Viols en réunion, tortures, meurtres et massacres: les Rohingyas qui ont franchi la frontière ont fait le récit des violences que leur font subir les soldats birmans dans l’ouest du pays, où vivent des dizaines de milliers de membres de cette minorité.

D’après les Nations unies, 30.000 personnes ont été déplacées par ces violences qui ont fait des dizaines de morts depuis le début de l’opération de l’armée birmane à la suite d’attaques de postes de police début octobre.

John McKissick, directeur du Haut Commissariat des Nations pour les réfugiés (UNHCR) dans la ville bangladaise frontalière de Cox’s Bazar (sud), a estimé sur la BBC que ces actes s’apparentaient à un « nettoyage ethnique », sur la base de témoignages de réfugiés.

Ignorant les pressions de la communauté internationale l’exhortant à ouvrir sa frontière pour éviter une crise humanitaire, le Bangladesh a appelé la Birmanie à prendre des « mesures urgentes » pour que cesse l’entrée sur son territoire des Rohingyas.

« Il est très difficile pour le gouvernement bangladais de déclarer ouverte sa frontière, car ceci pourrait encourager le gouvernement birman à perpétuer les atrocités et les pousser dehors, jusqu’à atteindre son objectif final de nettoyage ethnique de la minorité musulmane de Birmanie », a expliqué M. McKissick.

Des accusations sévèrement contestées par Zaw Htay, porte-parole du gouvernement de la Prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, au pouvoir depuis quelques mois, rompant avec des décennies de junte militaire.

« Je m’interroge sur le professionnalisme et l’éthique du personnel de l’ONU. Il devrait parler en se fondant sur des faits concrets et vérifiés et ne pas porter d’accusations », a-t-il déclaré à l’AFP, alors qu’humanitaires et journalistes n’ont pas accès à la zone.

Viols, villages incendiés

La Birmanie a déjà été accusée de nettoyage ethnique contre cette minorité musulmane mais c’était à l’époque où le pays était dirigé par d’anciens militaires. Depuis fin mars, Aung San Suu Kyi a pris les rênes du pays, après des élections historiques il y a un an.

Mais elle ne s’est quasiment pas exprimé sur le sujet depuis le début des violences le mois dernier. Le nouveau gouvernement birman n’a pas de pouvoir sur l’armée, qui reste en charge du ministère de l’Intérieur et des Frontières notamment.

Le sort des Rohingyas est un dossier explosif dans ce pays d’Asie du Sud-Est. Haïs par une partie de la population, à 95% bouddhiste, ces derniers sont considérés comme des étrangers en Birmanie et sont victimes de multiples discrimination: travail forcé, extorsion, restrictions à la liberté de mouvement, absence d’accès aux soins et à l’éducation.

En Etat Rakhine, des milliers d’entre eux vivent dans des camps depuis des violences intercommunautaires en 2012 entre bouddhistes et musulmans, qui avaient fait près de 200 morts.

Pour fuir les persécutions et leurs conditions de vie, des milliers de Rohingyas tentent tous les ans de fuir en traversant le golfe du Bengale pour rejoindre la Malaisie notamment.

Cette fois-ci, c’est vers le Bangladesh que des milliers d’entre eux se sont tournés. Parmi eux, Deen Mohammad, agriculteur. Il est parvenu à échapper aux patrouilles de la police du Bangladesh pour rejoindre avec sa femme et ses deux enfants la ville frontière de Teknaf en compagnie de trois autres familles.

« Ils (les militaires birmans) ont emmené mes deux garçons âgés de neuf et douze ans quand ils sont entrés dans mon village. Je ne sais pas ce qui leur est arrivé », raconte Deen Mohammad, 50 ans, à l’AFP.

« Ils ont emmené des femmes dans des chambres, puis les ont enfermées de l’intérieur. Cinquante femmes et filles de notre village ont été torturées et violées », affirme-t-il.

D’après Human Rights Watch, qui s’appuye sur des images sattelites, plus de 1.000 maisons de Rohingyas ont été incendiées en Etat Rakhine récemment. L’armée birmane conteste être à l’origine de ces destructions et affirme que les Rohingyas incendient leurs propres maisons.

« Les Rohingyas sont pris en étau », a déclaré Champa Patel, directrice d’Amnesty International en Asie du Sud évoquant leur « besoin désespéré » de nourriture, d’eau et de soins médicaux.

La Birmanie mène un « nettoyage ethnique » de la minorité rohingya

Mohammad Ayaz et son fils, seuls survivants d'une famille rohingya birmane, dans un camp de réfugiés à Ukhiya, au Bangladesh, le 24 novembre 2016 / AFP

Mohammad Ayaz et son fils, seuls survivants d’une famille rohingya birmane, dans un camp de réfugiés à Ukhiya, au Bangladesh, le 24 novembre 2016 / AFP

La Birmanie a entrepris une campagne de « nettoyage ethnique » contre la minorité apatride des musulmans rohingyas, a affirmé un représentant de l’ONU au Bangladesh, pays où se sont réfugiés ces dernières semaines des milliers de familles fuyant les exactions de l’armée birmane.

Viols en réunion, tortures, meurtres et massacres: les Rohingyas qui ont franchi la frontière ont fait le récit des violences que leur font subir les soldats birmans dans l’ouest du pays, où vivent des dizaines de milliers de membres de cette minorité.

D’après les Nations unies, 30.000 personnes ont été déplacées par ces violences qui ont fait des dizaines de morts depuis le début de l’opération de l’armée birmane à la suite d’attaques de postes de police début octobre.

John McKissick, directeur du Haut Commissariat des Nations pour les réfugiés (UNHCR) dans la ville bangladaise frontalière de Cox’s Bazar (sud), a estimé sur la BBC que ces actes s’apparentaient à un « nettoyage ethnique », sur la base de témoignages de réfugiés.

Noor Sahara, une petite fille de six ans, dont la mère a disparu et qui a traversé la frontière avec sa voisine Roshida et son neveu Noor, le 23 novembre 2016 près d'un camp de réfugiés à Teknaf, dans le district de Cox's Bazar  / AFP

Noor Sahara, une petite fille de six ans, dont la mère a disparu et qui a traversé la frontière avec sa voisine Roshida et son neveu Noor, le 23 novembre 2016 près d’un camp de réfugiés à Teknaf, dans le district de Cox’s Bazar / AFP

Ignorant les pressions de la communauté internationale l’exhortant à ouvrir sa frontière pour éviter une crise humanitaire, le Bangladesh a appelé la Birmanie à prendre des « mesures urgentes » pour que cesse l’entrée sur son territoire des Rohingyas.

« Il est très difficile pour le gouvernement bangladais de déclarer ouverte sa frontière, car ceci pourrait encourager le gouvernement birman à perpétuer les atrocités et les pousser dehors, jusqu’à atteindre son objectif final de nettoyage ethnique de la minorité musulmane de Birmanie », a expliqué M. McKissick.

Des accusations sévèrement contestées par Zaw Htay, porte-parole du gouvernement de la Prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, au pouvoir depuis quelques mois, rompant avec des décennies de junte militaire.

Des gardes frontières du Bangladesh sur les rives de la rivière Naf, près de Teknaf dans le sud du district de Cox Bazar, le 24 novembre 2016  / AFP

Des gardes frontières du Bangladesh sur les rives de la rivière Naf, près de Teknaf dans le sud du district de Cox Bazar, le 24 novembre 2016 / AFP

« Je m’interroge sur le professionnalisme et l’éthique du personnel de l’ONU. Il devrait parler en se fondant sur des faits concrets et vérifiés et ne pas porter d’accusations », a-t-il déclaré à l’AFP, alors qu’humanitaires et journalistes n’ont pas accès à la zone.

– Viols, villages incendiés –

La Birmanie a déjà été accusée de nettoyage ethnique contre cette minorité musulmane mais c’était à l’époque où le pays était dirigé par d’anciens militaires. Depuis fin mars, Aung San Suu Kyi a pris les rênes du pays, après des élections historiques il y a un an.

Des gardes frontières du Bangladesh arrêtent un birman (C) soupçonné par des réfugiés Rohingyas d'espionner pour la Birmanie, dans un camp de Teknaf, dans le district de Bazar de Cox, le 24 novembre 2016 / AFP

Des gardes frontières du Bangladesh arrêtent un birman (C) soupçonné par des réfugiés Rohingyas d’espionner pour la Birmanie, dans un camp de Teknaf, dans le district de Bazar de Cox, le 24 novembre 2016 / AFP

Mais elle ne s’est quasiment pas exprimé sur le sujet depuis le début des violences le mois dernier. Le nouveau gouvernement birman n’a pas de pouvoir sur l’armée, qui reste en charge du ministère de l’Intérieur et des Frontières notamment.

Le sort des Rohingyas est un dossier explosif dans ce pays d’Asie du Sud-Est. Haïs par une partie de la population, à 95% bouddhiste, ces derniers sont considérés comme des étrangers en Birmanie et sont victimes de multiples discrimination: travail forcé, extorsion, restrictions à la liberté de mouvement, absence d’accès aux soins et à l’éducation.

En Etat Rakhine, des milliers d’entre eux vivent dans des camps depuis des violences intercommunautaires en 2012 entre bouddhistes et musulmans, qui avaient fait près de 200 morts.

Pour fuir les persécutions et leurs conditions de vie, des milliers de Rohingyas tentent tous les ans de fuir en traversant le golfe du Bengale pour rejoindre la Malaisie notamment.

Deen Mohammad et son épouse Roshida avec leurs jeunes enfants après leur fuite du Birmanie, le 24 novembre 2016, dans un camp de réfugiés à Teknaf / AFP

Deen Mohammad et son épouse Roshida avec leurs jeunes enfants après leur fuite du Birmanie, le 24 novembre 2016, dans un camp de réfugiés à Teknaf / AFP

Cette fois-ci, c’est vers le Bangladesh que des milliers d’entre eux se sont tournés. Parmi eux, Deen Mohammad, agriculteur. Il est parvenu à échapper aux patrouilles de la police du Bangladesh pour rejoindre avec sa femme et ses deux enfants la ville frontière de Teknaf en compagnie de trois autres familles.

« Ils (les militaires birmans) ont emmené mes deux garçons âgés de neuf et douze ans quand ils sont entrés dans mon village. Je ne sais pas ce qui leur est arrivé », raconte Deen Mohammad, 50 ans, à l’AFP.

« Ils ont emmené des femmes dans des chambres, puis les ont enfermées de l’intérieur. Cinquante femmes et filles de notre village ont été torturées et violées », affirme-t-il.

D’après Human Rights Watch, qui s’appuye sur des images sattelites, plus de 1.000 maisons de Rohingyas ont été incendiées en Etat Rakhine récemment. L’armée birmane conteste être à l’origine de ces destructions et affirme que les Rohingyas incendient leurs propres maisons.

« Les Rohingyas sont pris en étau », a déclaré Champa Patel, directrice d’Amnesty International en Asie du Sud évoquant leur « besoin désespéré » de nourriture, d’eau et de soins médicaux.

Myanmar

Le calvaire des musulmans Rohingyas

  Sam Jahan – Agence France-Presse à Teknaf | Canada
Des étudiants indonésiens ont tenu jeudi une manifestation devant l'ambassade du Myanmar, en solidarité avec les musulmans Rohingyas.
Photo: Achmad Ibrahim Associated Press Des étudiants indonésiens ont tenu jeudi une manifestation devant l’ambassade du Myanmar, en solidarité avec les musulmans Rohingyas.

Viols en réunion, tortures, meurtres et massacres : les témoignages des musulmans Rohingyas fuyant par milliers la Birmanie bouddhiste vers le Bangladesh font état de violences inouïes que leur font subir les soldats birmans.

John McKissick, directeur du Haut Commissariat des Nations pour les réfugiés (UNHCR) dans la ville bangladaise frontalière de Cox’s Bazar (sud), a estimé sur la BBC que ces actes s’apparentaient à un « nettoyage ethnique ».

Quelque 30 000 personnes ont été déplacées par les violences qui ont fait des dizaines de morts depuis octobre dans l’État de Rakhine, dans l’ouest de la Birmanie, où se concentrent les Rohingyas, selon l’ONU.

M. McKissick a indiqué que les soldats de l’armée birmane « tuaient des gens, leur tiraient dessus, massacraient des enfants, violaient des femmes, brûlaient et pillaient des maisons, obligeant ces gens à traverser la rivière » pour gagner le Bangladesh.

Ignorant les pressions de la communauté internationale l’exhortant à ouvrir sa frontière pour éviter une crise humanitaire, les autorités bangladaises ont appelé la Birmanie à prendre des « mesures urgentes » pour que cesse l’entrée sur son territoire des Rohingyas.

Le Bangladesh a ainsi renforcé la surveillance et ses patrouilles à l’extrême sud-ouest de son territoire pour tenter d’empêcher les passages de nuit. Ceux qui sont interpellés sont refoulés vers la Birmanie.

« Il est très difficile pour le gouvernement bangladais de déclarer ouverte sa frontière, car ceci pourrait encourager le gouvernement birman à perpétuer les atrocités et les pousser dehors, jusqu’à atteindre son objectif final de nettoyage ethnique de la minorité musulmane de Birmanie », a expliqué M. McKissick.

Le témoignage de Mohammad Ayaz, jeudi, relatant comment les soldats avaient attaqué son village et tué sa femme enceinte, illustre le degré de souffrances vécues par les Rohingyas, considérés comme des étrangers par la Birmanie bien que certains y soient présents depuis plusieurs générations.

Berçant son garçonnet de deux ans, Mohammad raconte que les soldats ont tué au moins 300 personnes sur le marché de son village et violé en réunion des dizaines de femmes avant d’incendier environ 300 maisons, des commerces tenus par des musulmans, et la mosquée où il officiait comme imam.

« Ils ont tué par balles ma femme Jannatun Naim. Elle avait 25 ans et était enceinte de sept mois. Je me suis réfugié sur un canal avec mon fils de deux ans blessé par une crosse de fusil », a-t-il raconté à l’AFP.

L’armée birmane a démenti avoir incendié des villages, accusant les Rohingyas d’avoir commis eux-mêmes ces actes.

Jannat Ara a, quant à elle, raconté qu’elle avait fui avec des voisins après l’arrestation de son père et la disparition de sa soeur de 17 ans.

« Nous avons entendu qu’ils (les soldats birmans) l’avaient torturée à mort. Je ne sais pas ce qu’il est arrivé à ma mère », a ajouté Ara, entrée au Bangladesh mardi.

Des responsables de la communauté Rohingya ont indiqué que des centaines de familles s’étaient réfugiées dans des camps dans les villes frontalières de Teknaf et Ukhia, et qu’ils étaient nombreux à se cacher par peur d’être renvoyés en Birmanie

Mercredi, la police de la ville de Cox’s Bazar a indiqué avoir interpellé 70 Rohingyas, dont des femmes et des enfants et son intention de les refouler vers la Birmanie.

« Ils ont menotté même les jeunes filles et les enfants et les ont emmenés pour les renvoyer en Birmanie », a déclaré l’un des responsables Rohingyas sous couvert de l’anonymat, ajoutant que les réfugiés feraient face à une « mort certaine » s’ils devaient rentrer en Birmanie.

La minorité musulmane des Rohingyas en Birmanie est forte d’un million de personnes dans cette région de l’État de Rakhine.

Des dizaines de milliers d’entre eux vivent dans des camps de déplacés depuis des affrontements meurtriers entre bouddhistes et musulmans en 2012.

Le Bangladesh va renvoyer 70 Rohingya en Birmanie

Plus de 2 000 Rohingya auraient pénétré au Bangladesh ces derniers jours pour fuir les opérations militaires de l’ouest de la Birmanie.

Le Monde.fr avec AFP

Cette vague de violences ternit l’image du gouvernement birman, dirigé de facto par Aung San Suu Kyi, Prix Nobel de la paixi.

La police du Bangladesh a annoncé mercredi 23 novembre qu’elle allait renvoyer en Birmanie 70 membres de la minorité musulmane des Rohingya, dont des femmes et des enfants, arrêtés en franchissant la frontière pour fuir les violences de leur région.

Plus de 2 000 Rohingya auraient pénétré au Bangladesh ces derniers jours pour fuir les opérations militaires de l’ouest de la Birmanie, certains rapportant des récits de destruction, de meurtres et de viols de femmes de leur communauté par les soldats birmans. Selon des responsables de la communauté rohingya, 500 personnes auraient encore franchi la frontière dans la nuit de mardi à mercredi, profitant de l’obscurité.

L’armée bangladaise a fait savoir que 800 Rohingya ont été empêchés d’entrer sur le territoire au cours des trois derniers jours. L’armée birmane mène des opérations dans une région frontalière du Bangladesh, où vivent un grand nombre de membres de la minorité musulmane, à la suite d’attaques meurtrières contre des postes de police au début d’octobre.

Lire aussi :   La Birmanie, foyer récurrent de violences interreligieuses

Inquiétudes

Selon l’ONU, 30 000 personnes ont été déplacées à cause des violences qui ont fait des dizaines de morts depuis octobre dans l’Etat de l’Arakan (appelé Etat de Rakhine par le régime birman, situé dans l’ouest de la Birmanie), où se concentre la minorité rohingya.

Les expulsions de Rohingya du Bangladesh suscitaient des inquiétudes au sein de leur communauté. « L’armée [birmane] a brûlé leurs villages et tué leurs proches. Ils tueront ces innocents qui fuient leur foyer pour sauver leur vie », a dit un leader rohingya sous couvert d’anonymat.

Cette vague de violences ternit l’image du gouvernement birman, dirigé de facto par Aung San Suu Kyi, Prix Nobel de la paix. Son arrivée au pouvoir au printemps avait éveillé l’espoir de voir enfin se terminer les conflits qui ensanglantent depuis des décennies des régions frontalières du pays.

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