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Airbus revient dans le jeu en Pologne

LE MONDE ECONOMIE Jakub Iwaniuk (Kielce (Pologne), envoyé spécial)

Un hélicoptère Caracal fait des essais sur la base aérienne de Powidz, en Pologne, en mai 2015.

Après les doutes, place à l’optimisme. Airbus Helicopters est en bonne voie pour signer d’ici à la fin de l’année un contrat estimé à près de 3 milliards d’euros avec le gouvernement polonais, pour la livraison de 50 hélicoptères polyvalents Caracal. Ce contrat, décroché en avril 2015 par le géant européen, semblait sur la sellette depuis que le nouveau gouvernement conservateur, arrivé au pouvoir en novembre 2015, avait laissé planer le doute sur sa possible remise en cause.

Ces derniers mois, les négociations avec les autorités polonaises sur les compensations en matière de transfert de technologie semblaient au point mort. « Nous commençons à entrevoir la fin prochaine de ces négociations, et nous pouvons aborder l’avenir avec optimisme, a déclaré au Monde le président d’Airbus Group Pologne, Sebastian Magadzio, depuis le Salon de l’armement de Kielce. Notre offre à la Pologne est très riche, elle prévoit d’importants transferts et des coopérations en recherche et développement. »

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Un marché prisé

Airbus s’engage notamment à implanter en Pologne une ligne de montage du Caracal, créant 300 emplois directs dans l’usine d’aviation militaire de Lodz. Ce site montera également des machines destinées à l’export. Les Polonais obtiendront aussi la capacité de service et d’entretien de leurs machines. « La Pologne a une culture aéronautique ancienne et a largement les capacités de devenir le 5e pilier d’Airbus, derrière la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et l’Espagne », a estimé pour sa part le vice-président d’Airbus Helicopters, Olivier Michalon.

Le Salon de l’armement de Kielce – troisième plus grand d’Europe –, qui fermait ses portes le 9 septembre, a battu cette année des records de fréquentation. La Pologne est un marché particulièrement prisé des multinationales de l’armement, depuis que Varsovie a adopté un vaste plan de modernisation de ses forces armées, prévoyant de dépenser plus de 30 milliards d’euros à l’horizon 2022. Mais ce programme a pris des retards importants, et le nouveau gouvernement a annoncé sa volonté de le remodeler.

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Le ministre de la défense, Antoni Macierewicz, a annoncé le 6 septembre que le gouvernement entamait des négociations avec l’américain Raytheon pour l’achat d’un système de défense sol-air Patriot, d’une valeur estimée à 10 milliards d’euros. Le français Thales, qui convoitait ce contrat, n’aura le droit qu’à un lot de consolation : l’entreprise a annoncé sa future collaboration avec le polonais PGZ (Polish Armaments Group) pour la production de missiles à induction.

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La Pologne choisit des hélicoptères américains et irrite Airbus

AFP
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Vos réactions

A.W.                              Quand on est francais et qu’on vit en France, on ne peut avoir que ce genre de réflexions citées en dessous. La Pologne aussi a sur place des usines d’hélicoptères qui sont concurrentes au Caracal. L’emploi est la priorité du gouvernement polonais compte tenu de l’emigration. Ce que la France veut pour l’emploi, pourquoi la Pologne ne devrait pas. Vendre sans contrepartie, il n’y a que les naifs qui ne connaissent rien aux marches ( avoir le beurre et l’argent du beurre est bien francais )

Hervé S.                         Tiens, je croyais que l’arrêt des négos sur les missiles sol-air était dû à l’attitude de notre courageux gouvernement face à Poutine (entendez : que l’interruption des négociations venait de la France), et on m’avait dit que notre exclusion pour les hélicos n’était qu’une mesure de rétorsion de la part de la Pologne… Si retrouve la consolation des hélicos tout en plaisant à Poutine, alors, tout va bien n’est-ce pas? Qu’est-ce qui pourrait ne pas aller…

AV MARIA                       Dépenser 3 milliards d’euros pour 50 hélicoptères plus le système Patriot à 10 milliards d’euros = 13 milliards d’euros minimum, au fou! : on comprend l’angoisse des dirigeants Polonais depuis le Brexit avec Teresa May qui veut éjecter les 800.000 polonais du sol Britannique qui envoient le fric gagné au pays! Comment vont-ils rembourser? Même en vendant les Saintes Reliques de Jean-Paul II en petits morceaux ils ne récolteront jamais 13 milliards d’euros, ça les vaut pas, ils se gourent!

syfre                                   Lol ; c’est l’Europe qui paye … et les dirigeant Polonais jouent à fond sur la peur de l’ogre russe ; si au moins l’Europe paye du matos Européen plutôt qu’US cela sera déjà une avancée

French paradox                Un site de montage complètement intégré du Caracal en Pologne incluant le motoriste Safran et orienté vers l’export. On peut d’ores et déjà annoncer la décrépitude du site de Marignane dans les 10 ans.

alain salandre                  emballer une délocalisation dans un succès commercial, ça s’appelle « coup double » pour airbus. Evidemment , nos politiques feront semblant de ne rien voir et pousseront un cocorico ridicule

French paradox                    Bravo, la Pologne est devenue en même temps cliente et actionnaire d’Airbus sans débourser un Euro supplémentaire. Peut-être les prochains Caracals de l’armée française seront ils fabriqués en Pologne ?

Au delà d’un mouvement d’humeur d’un gouvernement, on peut remarquer qu’en ces temps de tensions nouvelles, la Pologne a plus de chances d’être protégées par les Etas-Unis qui ont d’énormes moyens, mais aussi une politique de soutien des zones soustraites à l’emprise de la Russie….et aussi que l’appartenance à un même groupe, à savoir l’Union européenne, n’apporte pas un avantage concurrentiel décisif en ces temps de mondialisation. 

  • :     Surtout qu’une politique militaire exige des moyens considérable pour être crédible 
  •  
  • L’OTAN permet aux USA de vendre des armes à ses membres aux dépens de l’industrie d’armement européen.

    Devenue complètement obsolète, c’est devenue sa seule utilité.

  • Où se trouve la puissance militaire ? L’histoire de la Pologne et du comportement européen ne plaident pas la confiance. L’Europe reste un nain diplomatique , militaire, politique comme le démontre le combat ukrainien pour sa liberté. CQFD. 
    • A qui la faute?

      La GB a tout fait pour qu’il n’y ait pas une politique de défense commune européenne qui pourrait faire concurrence à l’OTAN, tout comme pour la diplomatie la France veut être seul « maître à bord » etc. etc.

  • Ce n’était pas normal que Airbus gagne un si grand contrat lorsque un plus petit nombre d’appareils fabriqués par les ouvriers sur place

    auraient suffi. Lobbying excessif à Bruxelles?

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Toxicomanie : la première « salle de shoot » ouvre à Paris

LE MONDE | François Béguin

Un kit d'injection de drogues dans le bus de l'association Gaïa.

La première salle de consommation à moindre risque en France, qualifiée de « salle de shoot » par ses opposants, doit être inaugurée mardi 11 octobre au 4 rue Ambroise-Paré, dans le 10e arrondissement de Paris, par la ministre de la santé, Marisol Touraine, et la maire (PS) de Paris Anne Hidalgo. Elle sera ensuite ouverte aux usagers à partir du 14 octobre.

Jean-Pierre Couteron, psychologue clinicien, président de la Fédération Addiction, et co-auteur de Salle de shoot : les salles d’injections supervisées à l’heure du débat français (La Découverte, 2013), revient sur la genèse et le fonctionnement d’un tel espace.

Lire aussi :   La première salle d’injection ouvre à Paris

Pourquoi les associations d’aide aux toxicomanes réclamaient-elles l’ouverture d’une telle salle ?

Dans le quartier de la gare du Nord, à Paris, des associations de réduction des risques comme Gaïa ou Safe n’arrivaient plus à toucher tous les usagers de drogue qui consomment dans la rue, les halls d’immeuble, les parkings ou les toilettes publiques.

Mais il existait déjà des lieux d’aide et d’accueil. Ce n’était pas suffisant ?

Non. Les associations avaient besoin de pouvoir leur proposer un lieu calme, dans lequel les usagers peuvent réaliser un parcours qui remet leur consommation dans de bonnes conditions sanitaires, avec des produits stériles et une salle de repos où ils peuvent rencontrer des personnes qui vont les aider. Car si on distribue des seringues stériles mais qu’elles sont utilisées dans les parkings, le progrès sanitaire est très relatif et l’impact sur les riverains quasi nul.

Lire aussi :   A Strasbourg, des usagers de drogues encore circonspects

Très concrètement, comment va fonctionner la salle ?

Le principe est globalement toujours le même : l’usager va d’abord s’enregistrer, même avec une identité fictive. A Paris, on lui délivrera un ticket et, comme à la « Sécu », il devra attendre que son numéro s’affiche pour entrer dans la salle. Il devra également présenter le produit qu’il compte utiliser. La question de la qualité pourra aussi être abordée, par exemple si l’équipe de la salle sait qu’une drogue frelatée est en circulation à ce moment-là.

L’usager rentre ensuite dans le local où a lieu la consommation. Il s’installe, fait sa préparation et dispose de trente minutes pour s’injecter sa dose. A Paris, il y a peu ou pas d’héroïne, mais beaucoup de skénan, un médicament revendu 5 euros le cachet.

Le personnel surveille et se tient prêt à intervenir en cas d’overdose ou si un consommateur n’arrive pas à trouver une veine. Mais il lui est interdit d’aider physiquement à l’injection. Ensuite, c’est la salle de repos, et la possibilité d’accéder à un infirmier, un travailleur social ou un médecin.

Quel est le bilan des salles de consommation ouvertes à l’étranger ?

La première salle a ouvert en 1986 à Berne, en Suisse. Il y en a eu depuis près d’une centaine. Elles ont globalement toutes un bilan positif. Toutes ont permis une baisse des taux de contamination et une diminution de la délinquance.

Chaque salle a développé une personnalité particulière, liée au profil de ses usagers et du cadre urbain dans lequel elle s’insère. Celle de Vancouver, au Canada, c’est le navire amiral, car elle est située sur le continent qui a déclaré la « guerre à la drogue ». Il y a aussi la salle Quai 9, à Genève (Suisse), qui est très connue. Le Danemark a développé des salles itinérantes, installées dans des bus.

Certaines ont malgré tout fermé…

A Rotterdam (Pays-Bas), les Hollandais avaient quadrillé la ville avec de nombreuses salles. Chaque usager était enregistré et ne pouvait se rendre que dans celle de son quartier. Au fur et à mesure que leur situation s’améliorait, des salles ont pu fermer pour regrouper les moyens sur celles qui restaient.

Pourquoi cette mise en place a-t-elle pris autant de temps en France ?

Le débat en France m’a marqué par sa violence et son intensité. Il y a dans notre pays cette idée que la solution à la toxicomanie ne peut être que sanitaire ou pénale. En accompagnant les usagers, mais en ne soignant pas d’entrée leur dépendance et en ne les punissant pas, la salle d’injection supervisée est donc vécue comme une double trahison. Pire, on lève l’interdit. Pour les opposants, créer une salle de consommation à moindre risque, c’est installer les usagers bien au chaud et leur faciliter l’accès aux drogues.

Si on n’a pas réfléchi plus que ça à la question des drogues, ce raisonnement peut paraître de bon sens. Or l’expérience et des études ont montré l’inverse : laisser l’usager s’enfermer sur ses consommations, c’est lui laisser peu de moyens pour évoluer ; l’aider à moins s’enfoncer, à moins se dégrader, va au contraire renforcer sa motivation à évoluer tout en préservant les moyens de le faire.

Et l’opposition d’une partie des riverains ?

A Paris, comme ailleurs, cette opposition n’est arrivée que dans un deuxième temps, lorsque l’emplacement de la salle a été connu. C’est toujours très compliqué. La salle n’est pas installée dans un quartier où il n’y a pas d’usage. Au contraire, elle est installée dans un quartier où il existe déjà un usage un peu sauvage. Le pari, c’est de pouvoir l’absorber.

Chacun espère que le dispositif sera installé dans la rue d’à côté, pas dans la sienne. On rencontre en ce moment le même phénomène pour les lieux d’accueil pour migrants. Mais il y a aussi des riverains qui reconnaissent qu’on ne parachute pas le problème chez eux et que la salle a été installée au bon endroit…

Certains riverains craignent que la salle attire de nouveaux consommateurs…

Ce sera à la marge. Les consommateurs de drogue ne vont pas traverser la ville pour s’injecter leur dose. Après, la question d’adapter la salle à la situation rencontrée doit rester possible.

Vos réactions

 

  • Je pense qu’il faut légaliser et accorder l’accompagnement de la fin de vie aux personnes incurables et qui souffrent,  c’est plus important que ces gens qui se droguent et voir pour l’accompagnement de la famille c’est une priorité indispensable à notre siècle

PEDRO LINAN              Bonjour à tous , c’est bien de faciliter la prise de drogue dans un lieu sécurisé mais j’ai du mal ) comprendre cette autorisation par rapport à l’interdiction encore de fumer l’herbe librement, il n’y pas de logique à mon avis.

Extrême Centre            Liste des pays ayant expérimenté avant la France: La Suisse, l’Espagne, le Danemark, la Norvège, les Pays bas, le Canada, l’Allemagne et l’Australie.

Dayre Francis                 Apparemment , Le Monde soutient cette bonne initiative du gouvernement ( oui , il y en a quand même quelques unes ) , à savoir les ouvertures des salles de consommation à moindre risque pour les usagers de drogue ; dès lors , pourquoi continuer à employer le terme de salle de shoot dont vous dites vous même qu’il est employé par les opposants au projet ? Cordialement

 

jland                                  Les clients subiront ils un « drogue test  » avant de reprendre le volant ?

pauvre pays défiguré par 4 ans de socialisme, ce quinquennat restera le pire que la France a vécu

  • Charles MartelParis tire les dégénérés vers le « haut » c’ est bien…

  • feuj           pauvre France, je ne crois pas que l’occupation nazie ait fait autant de dégâts dans les esprits car les français étaient résistants a cette époque, alors que là , déliquescence totale

    regisregis       Migrants, salles de shoot, hausses des impôts, chômage, baisse des livrets, insécurité, enseignement en perdition, déni de démocratie, etc, etc LE CHANGEMENT C EST MAINTENANT !
    sansan         Les Socialos auront quand même fait l’exploit d’interdire la prostitution et de promouvoir la drogue …Tout un programme …