Soutenons l’Afrique dans cette lutte.

Laisser un commentaire


n

Braconnage: le Kenya détruit des tonnes d’ivoire

Le président kényan a procédé samedi à la destruction de 105 tonnes d’ivoire dans le parc national de Nairobi, soit la plus grande quantité d' »or blanc » jamais incinérée en une fois, un geste symbolique fort pour la lutte contre le braconnage des éléphants, décimés pour leurs défenses.

Face aux caméras du monde entier, le président Kenyatta et son homologue gabonais Ali Bongo Ondimba, dont le pays abrite plus de la moitié des éléphants de forêt en Afrique, ont inséré chacun une torche dans une des pyramides constituées de défenses d’éléphants empilées verticalement, sur plus de trois mètres de haut.

Au total, dix pyramides d’ivoire et une pile de cornes de rhinocéros ont ainsi été mises à feu par des invités de marque. Environ 5% du stock mondial d’ivoire vont ainsi partir en fumée.

« Personne, je répète, personne n’a de commerce à faire avec l’ivoire, car ce commerce est synonyme de mort pour nos éléphants et de mort pour notre patrimoine naturel », a déclaré M. Kenyatta lors de cette cérémonie destinée à promouvoir la lutte contre le braconnage et l’interdiction totale du commerce de l’ivoire. « Pour nous, l’ivoire n’a aucune valeur à part sur nos éléphants », a martelé M. Kenyatta.

S’adressant aux braconniers, le président Bongo a fait part de sa détermination à les combattre: « Nous allons mettre un terme à votre business et la meilleure chose que vous puissiez faire, c’est de prendre votre retraite ».

Les 16.000 défenses incinérées samedi représentent la quasi-totalité du stock d’ivoire kényan, constitué depuis 1989 et l’interdiction du commerce international de « l’or blanc ».

M. Kenyatta a appelé à l’interdiction totale du commerce de l’ivoire afin d’empêcher l’extinction de cette espèce à l’état sauvage. Car c’est la survie des 450.000 à 500.000 éléphants d’Afrique qui est en jeu, d’ici une à deux générations à peine.

Présente à la cérémonie, la ministre française de l’Environnement Ségolène Royal a défendu la nécessité de « tuer la demande » et annoncé l’interdiction prochaine de tout commerce d’ivoire en France.

Environ 30.000 éléphants sont abattus chaque année pour leurs défenses par des braconniers de mieux en mieux équipés. La conséquence est dramatique: additionnées, les morts naturelles et celles imputées aux braconniers surpassent le taux de reproduction de l’espèce.

Lors de la cérémonie, le célèbre paléoanthropologue Richard Leakey, qui dirige le Service kényan de la faune (KWS), a défendu l’initiative kényane: « C’est une satanée bonne opération de communication. Si je veux atteindre six milliards d’individus, j’ai besoin de ce genre d’événement », a-t-il expliqué à l’AFP sans détours.

Il a surtout appelé tous les pays africains à faire en sorte que « plus jamais, nous ne fassions le commerce d’ivoire ou de corne de rhinocéros », qualifiant de « honteuses » les nations qui continuent de garder leurs stocks, en référence notamment à plusieurs pays d’Afrique australe: « Ce sont des spéculateurs d’une marchandise illégale et diabolique ».

– ‘En fait, l’ivoire ne brûle pas’ –

Le trafic d’ivoire est porté par la demande asiatique, essentiellement en Chine, où le kilo se négocie environ 1.000 euros.

La Chine a récemment durci sa législation sur les importations d’ivoire, mais elle permet la revente de « l’or blanc » acheté avant 1989. Selon les défenseurs des éléphants, ce commerce légal peut servir de paravent pour des importations clandestines.

Trafic d’ivoire : le Kenya fait brûler des défenses d’éléphants

À Nairobi au Kenya, 16 000 défenses partent en fumée.

105 tonnes d’ivoire et presque autant de cornes de rhinocéros. En Afrique, un éléphant est tué toutes les 15 minutes par des braconniers. Ils sont tués pour l’ivoire, cet or blanc qui rapporte beaucoup d’argent aux trafiquants alors que son commerce est interdit dans le monde depuis 1989.

La fin du commerce des antiquités en ivoire

Mais ce commerce continue de faire fureur, en Asie notamment. Beaucoup de chefs d’État africains étaient présents. La ministre française de l’Environnement a fait le déplacement elle aussi. « La moitié de la population des éléphants africains a disparu en 10 ans, c’est un crime insupportable », a lancé Ségolène Royal. En France, les antiquités en ivoire peuvent encore être vendues. Ségolène Royal a annoncé qu’elle allait mettre fin à cette pratique.

Le Kenya détruit son stock d’ivoire pour dénoncer le braconnage des éléphants

Les autorités kényanes ont détruit ce samedi à Nairobi 105 tonnes d' »or blanc » pour lutter contre le braconnage des éléphants. Présente sur place, la ministre de l’Environnement Ségolène Royal a annoncé la prochaine interdiction de tout commerce d’ivoire en France.

Le Kenya a détruit son stock d'ivoire pour dénoncer le braconnage des éléphants. © REUTERS Le Kenya a détruit son stock d’ivoire pour dénoncer le braconnage des éléphants. Le geste, symbolique, est destiné à lutter contre le braconnage des éléphants. Le président kényan a procédé ce samedi à la destruction de 105 tonnes d’ivoire dans le parc national de Nairobi, soit la plus grande quantité d' »or blanc » jamais incinérée en une fois.

Face aux caméras du monde entier, le président Kenyatta et son homologue gabonais Ali Bongo Ondimba, dont le pays abrite plus de la moitié des éléphants de forêt en Afrique, ont inséré chacun une torche dans une des pyramides constituées de défenses d’éléphants empilées verticalement, sur plus de trois mètres de haut.Au total, dix pyramides d’ivoire et une pile de cornes de rhinocéros ont ainsi été mises à feu par des invités de marque. Environ 5% du stock mondial d’ivoire vont ainsi partir en fumée.

La survie des éléphants d’Afrique en jeu

« Personne, je répète, personne n’a de commerce à faire avec l’ivoire, car ce commerce est synonyme de mort pour nos éléphants et de mort pour notre patrimoine naturel », a déclaré Uhuru Kenyatta lors de cette cérémonie destinée à promouvoir la lutte contre le braconnage et l’interdiction totale du commerce de l’ivoire.

« Pour nous, l’ivoire n’a aucune valeur à part sur nos éléphants », a-t-il martelé.Les 16 000 défenses incinérées samedi représentent la quasi-totalité du stock d’ivoire kényan, constitué depuis 1989 et l’interdiction du commerce international de « l’or blanc ».

Uhuru Kenyatta a appelé à l’interdiction totale du commerce de l’ivoire afin d’empêcher l’extinction de cette espèce à l’état sauvage. Car c’est la survie des 450 000 à 500 000 éléphants d’Afrique qui est en jeu, d’ici une à deux générations à peine.

Royal annonce l’interdiction du commerce d’ivoire

Présente à la cérémonie, la ministre française de l’Environnement Ségolène Royal a défendu la nécessité de « tuer la demande » et annoncé l’interdiction prochaine de tout commerce d’ivoire en France.

Environ 30 000 éléphants sont abattus chaque année pour leurs défenses par des braconniers de mieux en mieux équipés. La conséquence est dramatique: additionnées, les morts naturelles et celles imputées aux braconniers surpassent le taux de reproduction de l’espèce.Le trafic d’ivoire est porté par la demande asiatique, essentiellement en Chine, où le kilo se négocie environ 1000 euros.

La Chine a récemment durci sa législation sur les importations d’ivoire, mais elle permet la revente de « l’or blanc » acheté avant 1989. Selon les défenseurs des éléphants, ce commerce légal peut servir de paravent pour des importations clandestines.

Le Kenya détruit un vaste stock d’ivoire

PLUS DE 100 TONNES D'IVOIRE DÉTRUITES AU KENYA
Le président kényan Uhuru Kenyatta a mis le feu samedi à des milliers de défenses d’éléphant et de cornes de rhinocéros pour afficher la détermination de son pays à lutter contre le trafic d’ivoire. Quelque 105 tonnes d’ivoire provenant d’environ 8.000 animaux ont ainsi été détruites sur le site du parc national de Nairobi./Photo prise le 30 avril 2016/REUTERS/Siegfried Modola

NAIROBI (Reuters) – Le président kényan Uhuru Kenyatta a mis le feu samedi à des milliers de défenses d’éléphant et de cornes de rhinocéros pour afficher la détermination de son pays à lutter contre le trafic d’ivoire.

Quelque 105 tonnes d’ivoire provenant d’environ 8.000 animaux ont été détruites par les flammes sur le site du parc national de Nairobi, proche de la capitale.

Avant de procéder à l’incinération, la plus importante du genre, le chef de l’Etat a répondu aux critiques déplorant la perte pour le Kenya d’un tel trésor, estimé à 150 millions de dollars environ sur le marché noir.

« Pour nous, l’ivoire ne vaut rien sauf lorsqu’il est sur nos éléphants », a déclaré Uhuru Kenyatta.

Richard Leakey, célèbre anthropologue et défenseur de l’environnement, a exhorté d’autres pays à suivre les pas de Nairobi et à détruire eux aussi leurs stocks d’ivoire.

SOUTIEN DE LA FRANCE ET DU GABON

Le Kenya réclamera une interdiction totale des ventes d’ivoire dans le monde lors de la prochaine conférence des parties de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), en septembre-octobre à Johannesburg.

La vente d’ivoire est interdite au niveau mondial depuis 1989, mais pas la revente d’ivoire obtenu avant cette date.

La ministre française de l’Environnement Ségolène Royal, présente lors de cette cérémonie, a annoncé dans un communiqué qu’elle « entend(ait) interdire tout commerce d’ivoire sur le territoire français, sauf dérogation exceptionnelle, et qu’elle portera(it) cette mesure au niveau européen. »

Nairobi a également le soutien d’Ali Bongo. « A tous les braconniers, à tous les acheteurs, à tous les trafiquants, vos jours sont comptés », a lancé le président gabonais, présent lui aussi.

Le braconnage d’éléphants a connu un pic entre 2010 et 2012, pendant lesquelles environ 100.000 éléphants ont été tués. Dans les années 1970, l’Afrique comptait 1,2 million d’éléphants, contre 400.000 à 450.000 aujourd’hui.

La situation des rhinocéros est plus précaire. Il y en a moins de 30.000 en Afrique et une espèce, le rhinocéros blanc du Nord, est au bord de l’extinction.

L’engagement pris l’an dernier par les Etats-Unis et la Chine, deux des plus gros marchés de l’ivoire, de mettre en place des interdictions quasi totales des importations et des exportations d’ivoire a contribué à faire baisser les prix de l' »or blanc ».

Mais le prix des cornes de rhinocéros continue à augmenter, selon les défenseurs de l’environnement. Les patrouilles armées instaurées dans les réserves et d’autres mesures ont permis de réduire le braconnage mais l’avenir du rhinocéros reste sombre.

Le Kenya, qui comptait 20.000 rhinocéros dans les années 1970, n’en avait plus que 400 dans les années 1990. Il compte aujourd’hui environ 650 rhinocéros noirs. Les trois derniers rhinocéros blancs du Nord vivent dans une réserve et les scientifiques ont engagé une course contre la montre pour trouver le moyen de les reproduire artificiellement.

Les braconniers peuvent toucher sur les marchés locaux quelque 50.000 dollars pour les cornes d’un seul rhinocéros, soit l’équivalent de multiples années de salaire.

Le Kenya brûle 105 tonnes d’ivoire, soit 5% du stock mondial, pour lutter contre le braconnage

ANIMAUX – Le président kényan a procédé samedi 30 avril à la destruction de 105 tonnes d’ivoire dans le parc national de Nairobi, soit la plus grande quantité d' »or blanc » jamais incinérée en une fois, un geste symbolique fort pour la lutte contre le braconnage des éléphants, décimés pour leurs défenses.Face aux caméras du monde entier, le président Kenyatta et son homologue gabonais Ali Bongo Ondimba, dont le pays abrite plus de la moitié des éléphants de forêt en Afrique, ont inséré chacun une torche dans une des pyramides constituées de défenses d’éléphants empilées verticalement, sur plus de trois mètres de haut.Au total, dix pyramides d’ivoire et une pile de cornes de rhinocéros ont ainsi été mises à feu par des invités de marque. Environ 5% du stock mondial d’ivoire sont ainsi partis en fumée.
« Personne, je répète, personne n’a de commerce à faire avec l’ivoire, car ce commerce est synonyme de mort pour nos éléphants et de mort pour notre patrimoine naturel », a déclaré Kenyatta lors de cette cérémonie destinée à promouvoir la lutte contre le braconnage et l’interdiction totale du commerce de l’ivoire. « Pour nous, l’ivoire n’a aucune valeur à part sur nos éléphants », a martelé Kenyatta.

La France va interdire tout commerce d’ivoire

Présente à la cérémonie, la ministre française de l’Environnement Ségolène Royal a défendu la nécessité de « tuer la demande » et annoncé l’interdiction prochaine de tout commerce d’ivoire en France. Cette interdiction complète une série de mesures prises l’année dernière par la France, notamment l’interdiction des exportations d’ivoire brut.Mise en place de l’interdiction de tout commerce d’ivoire en France, j’invite les pays d’Europe à faire de même pic.twitter.com/kGC4SeSK9m
Des dérogations exceptionnelles concerneront principalement les rénovations d’oeuvres d’art, a expliqué le ministère, indiquant que cette interdiction serait signée « lundi ou mardi ». Le commerce d’ivoire est strictement encadré depuis 1990: il était limité aux pièces datant d’avant 1947 et considérées comme des antiquités ou à des pièces et morceaux bruts entrés dans l’Union européenne avant 1990. Cette nouvelle interdiction concernera donc principalement les ventes aux enchères.

Environ 30.000 éléphants sont abattus chaque année pour leurs défenses par des braconniers de mieux en mieux équipés. La conséquence est dramatique: additionnées, les morts naturelles et celles imputées aux braconniers surpassent le taux de reproduction de l’espèce.

Le trafic d’ivoire est porté par la demande asiatique, essentiellement en Chine, où le kilo se négocie environ 1000 euros. La Chine a récemment durci sa législation sur les importations d’ivoire, mais elle permet la revente de « l’or blanc » acheté avant 1989. Selon les défenseurs des éléphants, ce commerce légal peut servir de paravent pour des importations clandestines.

Le Kenya brûle son stock d’ivoire contre le braconnage des éléphants

LE MONDE   Bruno Meyerfeld (Nairobi (correspondance)

Plusieurs tonnes de défense d'ivoire illégales sont préparées pour être brûlées par les autorités au Parc national de Nairobi au Kenya le 28 avril 2016.Plusieurs tonnes de défense d’ivoire illégales sont préparées pour être brûlées par les autorités au Parc national de Nairobi au Kenya le 28 avril 2016. TONY KARUMBA / AFP

C’est la saison des pluies, mais les flammes promettent d’être visibles à des kilomètres. Le Kenya a mis le feu samedi 30 avril à quelque 105 tonnes d’ivoire, soit la plus grande cérémonie de destruction d’« or blanc » par le feu jamais organisée en Afrique.

Onze bûchers de 16 000 défenses ont été dressés face au Parc national de Nairobi. Le symbole est fort, spectaculaire, car il y a urgence. L’Afrique ne compte plus que 500 000 éléphants, moitié moins qu’il y a trente ans, et 30 000 y sont tués chaque année par les braconniers. Près d’un animal toutes les quinze minutes.

Tout le continent est frappé, ou presque. Seul le Botswana semble faire exception, abritant 40 % de la population du continent grâce à une ambitieuse politique de lutte contre le braconnage. « Les éléphants vont disparaître de certaines parties d’Afrique centrale et orientale, c’est inévitable, admet Mike Chase, directeur d’Elephants Without Borders. Ils viennent au Botswana car ils sont pourchassés dans les pays alentour. Aujourd’hui, les éléphants sont comme des réfugiés. »

5 % du stock mondial en fumée

Samedi, le premier coup de torche a été donné par le président kényan, Uhuru Kenyatta. L’ensemble des réserves nationales en ivoire, soit 5 % du stock mondial, partira en fumée dans un brasier qui pourrait brûler pendant plusieurs jours, aidé par les milliers de litres de diesel et de kérosène déversés. L’ivoire, en effet, brûle très mal, voire pas du tout.

L’événement conclut le « Sommet des géants », consacré à la protection des éléphants et organisé cette fin de semaine à Nanyuki, dans le centre du Kenya. Durant deux jours, planifié comme un vaste exercice de communication, il a mêlé échanges réunissant les meilleurs spécialistes de la lutte contre le braconnage et ateliers ludiques incluant des pièces de théâtre… Les « stars » annoncées par les organisateurs (Leonardo DiCaprio, Elton John, Nicole Kidman…) n’ont pas fait le déplacement. Comme invités de marque, il a fallu se contenter des présidents gabonais et ougandais, Ali Bongo et Yoweri Museveni : moins glamour. La ministre française de l’environnement Ségolène Royal était aussi présente à la cérémonie, et en a profité pour annoncer l’interdiction prochaine de tout commerce d’ivoire en France.

image: http://s1.lemde.fr/image/2016/04/30/534×0/4911339_6_e6ad_dans-le-parc-national-du-kenya-le-28-avril_62cff11ae56265d72e857839f9abd562.jpg

Dans le Parc national du Kenya, le 28 avril 2016, un ranger monte la garde près de l'ivoire qui doit être brûlée par les autorités.

Dans le Parc national du Kenya, le 28 avril 2016, un ranger monte la garde près de l’ivoire qui doit être brûlée par les autorités. TONY KARUMBA / AFP

Outre l’élan politique, la réunion visait à créer une prise de conscience chez les populations locales. Les éléphants sont souvent mal aimés ; ils « peuvent détruire une ferme et le produit d’une vie entière en l’espace d’une minute », a-t-on rappelé au sommet. Dans la lutte contre les braconniers, les réserves sont devenues des champs de bataille, et les rangers des troupes d’élite. A Ol Pejeta, une réserve proche de l’hôtel abritant la conférence, ces derniers ont fait une démonstration de force, alignant plusieurs hélicoptères le long de la route et posant au milieu de la savane, fusil au poing et chiens d’attaque au bout de la laisse. L’équipement du ranger moderne comprend radios cryptées, GPS, lunettes à infrarouges et armes de guerre. Les clôtures électriques nouvelle génération coûtent au minimum 10 000 dollars le kilomètre. « C’est nécessaire, insiste Ibrahim Thiaw, directeur adjoint du Programme des Nations unies pour l’environnement. Il faut faire face à des trafiquants internationaux bien armés, riches à millions et prêts à tuer les animaux mais aussi leurs gardiens»

Des niches de légalité

Lors de son discours, Uhuru Kenyatta a appelé à « l’interdiction totale du commerce de l’ivoire », une demande qu’il formulera à la réunion, en septembre, en Afrique du Sud, de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES). Si le commerce d’ivoire est en effet interdit au niveau international depuis 1989, des niches de légalité existent toujours : ainsi, en France, une dérogation existe concernant les « antiquités », soit les objets travaillés en ivoire datant d’avant 1947.

Lire aussi :   Au Kenya, trois semaines d’amnistie sur l’ivoire avant une vaste opération de destruction

La survie des éléphants « ne sera jamais assurée tant qu’une demande existe », a insisté Uhuru Kenyatta. Au cœur des critiques, on trouve la Chine, principal consommateur d’ivoire de contrebande et friande d’or blanc ouvragé, sous forme de statuettes bouddhistes ou d’éléments de décoration, alimentant le massacre des éléphants africains.

Mais brûler l’ivoire servira-t-il la cause des éléphants ? Au sommet de Nanyuki, certains s’interrogent : faire disparaître 5 % du stock mondial ne va-t-il pas faire flamber les prix ? Car les cours de l’or blanc sont en chute libre. De plus de 2 000 dollars (1 747 euros) le kilo il y a quelques années, ils auraient dégringolé, selon les spécialistes, au-dessous des 500. Pékin a en effet cédé à la pression et travaille aujourd’hui avec les Etats-Unis à une interdiction de l’import et de l’export « d’or blanc ». « Nous brûlons l’ivoire car pour nous il n’a aucune valeur », a pour sa part clamé Richard Leakey, légende vivante de la lutte contre le braconnage au Kenya et présent au sommet.

Pour l’Afrique, « la fin des éléphants serait une perte irremplaçable, estime Ibrahim Thiaw, qui lui-même a vu la carcasse du dernier éléphant de Mauritanie, son pays natal. « C’était en 1983, se rappelle-t-il. J’ai vu l’extinction d’une espèce chez moi. Je vois à quel point les éléphants nous manquent aujourd’hui, alors qu’ils étaient si importants dans notre culture. Leur disparition serait comme la perte d’un organe vital pour notre continent. »

Le Kenya détruit la plus grosse quantité d’ivoire de l’histoire

La crémation des 105 tonnes d'ivoire a débuté samedi et devrait durer plusieurs jours.

EN IMAGES / VIDÉO – Un total de 105 tonnes d’ivoire ont été brûlées samedi en présence du président kenyan. La crémation publique, organisée dans le parc national de Nairobi, vise à alerter l’opinion et à promouvoir la lutte contre le braconnage.

Le geste symbolique a eu lieu devant des caméras du monde entier. Le président kenyan a procédé samedi à la destruction de 105 tonnes d’ivoire dans le parc national de Nairobi, soit la plus grande quantité d’«or blanc» jamais incinérée en une fois. L’objectif? Signer un acte symbolique fort pour la lutte contre le braconnage des éléphants, décimés pour leurs défenses qui se négocient à prix d’or.

Le président Uhuru Kenyatta et son homologue gabonais Ali Bongo Ondimba, dont le pays abrite plus de la moitié des éléphants de forêt en Afrique, ont inséré chacun une torche dans une des pyramides constituées de défenses d’éléphants empilées verticalement, sur plus de trois mètres de haut.

Sous l'oeil du président kenyan Uhuru Kenyatta, le président du Gabon Ali Bongo met le feu à une pyramide de défenses d'éléphants.

«Personne, je répète, personne n’a de commerce à faire avec l’ivoire, car ce commerce est synonyme de mort pour nos éléphants et de mort pour notre patrimoine naturel», a déclaré Uhuru Kenyatta lors de cette cérémonie destinée à promouvoir la lutte contre le braconnage et l’interdiction totale du commerce de l’ivoire. «Pour nous, l’ivoire n’a aucune valeur à part sur nos éléphants», a-t-il martelé.

S’adressant aux braconniers, le président Ali Bongo a fait part de sa détermination à les combattre: «Nous allons mettre un terme à votre business et la meilleure chose que vous puissiez faire, c’est de prendre votre retraite».

Présente à la cérémonie, la ministre française de l’Environnement Ségolène Royal a défendu la nécessité de «tuer la demande» et annoncé l’interdiction prochaine de tout commerce d’ivoire en France.

Cette interdiction complète une série de mesures prises l’année dernière par la France, notamment l’interdiction des exportations d’ivoire brut. Les dérogations exceptionnelles concerneront principalement les rénovations d’oeuvres d’art, a expliqué le ministère, indiquant que cette interdiction serait signée «lundi ou mardi». Le commerce d’ivoire en France est strictement encadré depuis 1990: il était limité aux pièces datant d’avant 1947 et considérées comme des antiquités ou à des pièces et morceaux bruts entrés dans l’Union européenne avant 1990. Cette nouvelle interdiction concernera donc principalement les ventes aux enchères.

Au total, dix pyramides d’ivoire et une pile de cornes de rhinocéros ont ainsi été mises à feu. Environ 5% du stock mondial d’ivoire vont ainsi partir en fumée.

Environ 30.000 éléphants sont abattus chaque année pour leurs défenses par des braconniers de mieux en mieux équipés. La conséquence est dramatique: additionnées, les morts naturelles et celles imputées aux braconniers surpassent le taux de reproduction de l’espèce.

Les 16.000 défenses incinérées samedi représentent la quasi-totalité du stock d’ivoire kenyan, constitué depuis 1989 et l’interdiction du commerce international de «l’or blanc». Le trafic d’ivoire est porté par la demande asiatique, essentiellement en Chine où le kilo se négocie environ 1000 euros.

Un homme de prépare à mettre le feu à un tas de cornes de rhinocéros.

L’‘incinération pourrait prendre plusieurs jours. «En fait, l’ivoire ne brûle pas», a expliqué à l’AFP le responsable pyrotechnique de la crémation.

«Si vous souhaitez le réduire en cendres, il faut soumettre l’ivoire à de très hautes températures.» Les températures requises seront donc atteintes grâce à un mélange de diesel et de kérosène injecté avec de l’air sous haute pression au coeur de chacune des pyramides d’ivoire.

Lors de la cérémonie, le paléoanthropologue Richard Leakey, qui dirige le Service kenyan de la faune (KWS), a défendu l’initiative kenyane: «C’est une satanée bonne opération de communication. Si je veux atteindre six milliards d’individus, j’ai besoin de ce genre d’événement», a-t-il expliqué à l’AFP.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :