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Le PNR européen, nouvel outil anti-terroriste, enfin devant le Parlement

Contrôle d'identité à l'aéroport de Copenhague, le 4 janvier 2016

Contrôle d’identité à l’aéroport de Copenhague, le 4 janvier 2016

Après cinq ans de débats, le registre européen des données des passagers aériens, dit PNR, doit enfin être voté jeudi par les eurodéputés en plénière, dans une UE en quête de nouveaux outils anti-terroristes après le choc des attentats de Paris et Bruxelles.

Sur le front de l’enquête sur ces tueries, plusieurs comparutions doivent justement avoir lieu jeudi également, à Bruxelles, dont celle de Mohamed Abrini, inculpé à la fois pour les attentats du 13 novembre à Paris et pour ceux du 22 mars en Belgique.

Le PNR européen (« Passenger Name Record » en anglais), soumis au vote à la mi-journée à Strasbourg, doit permettre de mieux tracer les itinéraires aériens des terroristes potentiels, à partir d’informations que les compagnies aériennes auront l’obligation de transmettre aux Etats, lesquels devront ensuite se les partager.

« J’espère que nous aurons un vote positif », a dit mercredi le rapporteur du texte, le député conservateur britannique Timothy Kirkhope, à Strasbourg, où a lieu depuis lundi une session plénière du Parlement européen. « Nous avons créé une directive qui va sauver des vies », a-t-il plaidé.

Proposé dès 2011 par la Commission européenne, le PNR européen a donné lieu à des tractations laborieuses entre le Parlement et les Etats membres, les eurodéputés exigeant des garanties sur la protection de la confidentialité des données recueillies.

– ‘Surveillance de masse’ –

Sous la forte pression de certains pays comme la France, un compromis politique avait été trouvé en décembre 2015, mais le vote définitif du texte au Parlement a ensuite pris du retard. Les groupes socialistes, libéraux et Verts demandaient qu’un autre texte, protégeant les données personnelles, soit voté en même temps –ce qui doit être le cas jeudi.

« Une grande majorité de mon groupe va voter ce texte mais moi personnellement je ne peux pas l’accepter », a dit mercredi la député socialiste allemande Birgit Sippel, déplorant une « surveillance de masse sans différenciation en fonction des zones géographiques ou des périodes de temps ».

Le PNR, s’il est adopté, obligera les transporteurs aériens à communiquer des données sur leurs passagers –comme leurs dates de voyages, itinéraires ou coordonnées– aux Etats européens concernés par un vol depuis ou vers un pays tiers. Les pays de l’UE pourront ensuite élargir le champ aux vols intra-européens.

L’objectif est de permettre de détecter des individus qui n’ont pas été soupçonnés de terrorisme par le passé, mais dont l’analyse des données suggère qu’ils pourraient être impliqués dans de tels actes, et donc provoquer le déclenchement d’une enquête.

Il appartiendra ensuite aux Etats membres d’alerter d’autres pays, si nécessaire. Ils pourront aussi demander des données PNR à d’autres, de leur propre initiative, dans le cadre d’une enquête.

Actuellement, plusieurs pays européens, à l’instar du Royaume-Uni, se sont déjà dotés d’un système PNR, mais il n’y a pas encore d’harmonisation européenne.

– ‘Pas de temps à perdre’ –

Tout en soutenant le principe d’un PNR européen, des députés de plusieurs bords politiques regrettent le manque d’ambition du système, qui ne prendra pas la forme d’un fichier unique à l’échelle de l’UE, mais de fichiers nationaux, dont le partage sera basé sur la bonne volonté des Etats membres.

Le groupe des Libéraux et démocrates européens (ALDE) demande notamment que l’échange des informations entre les Etats membres soit obligatoire, dans un amendement qui pourrait obtenir jeudi le soutien d’eurodéputés socialistes et du PPE, selon des sources parlementaires.

Si la directive est adoptée, les Etats membres auront deux ans pour la transposer dans leurs législations nationales. « On ne peut pas attendre deux ans pour le mettre en place, nous n’avons pas de temps à perdre », a déjà pressé mercredi le commissaire européen Dimitris Avramopoulos.

Le Parlement européen s’apprête à adopter le «PNR»

Les eurodéputés doivent voter définitivement jeudi 14 avril à Strasbourg l’instauration d’un registre européen des données des passagers aériens (PNR), un nouvel outil anti-terroriste réclamé avec insistance par certains pays européens, dont la France.

REUTERS/Vincent Kessler © Fournis par RFI FR REUTERS/Vincent Kessler Avec notre envoyé spécial à Strasbourg, Piotr Moszynski

L’un des principaux points de l’ordre du jour de la session plénière du Parlement européen à Strasbourg était, ce mercredi après-midi, le débat sur la directive sur « l’utilisation des données des dossiers passagers », mieux connue sous le sigle anglais de « PNR » (Passenger Name Record). Le travail sur « la directive PNR » traînait depuis plusieurs années, la procédure s’est brusquement débloquée lors de cette session précise du Parlement européen.

Lundi, au début de la session, le vote sur la directive restait prévu pour la session suivante du Parlement, en mai. Mais la pression des événements, notamment des récents attentats à Paris et à Bruxelles, était trop grande. Les principaux groupes parlementaires se sont donc entendus sur une accélération de la procédure et ont décidé d’inclure le vote sur la directive PNR dans l’ordre du jour de la session de jeudi.

Avant la récente série d’attentats, le débat était en grande mesure paralysé par les craintes de menacer des libertés élémentaires en divulguant des données personnelles des passagers aériens – donc, de millions de citoyens européens – aux services de sécurité en Europe, mais aussi ailleurs, notamment aux Etats-Unis. Depuis les sanglants attentats, la nécessité de tels échanges d’informations semble non seulement mieux comprise, mais elle est considérée comme urgente.

Des critiques se font toujours entendre 

Des craintes concernant les menaces sur les libertés n’ont pas disparu automatiquement après les attentats. Elles existent toujours et ne sont pas déraisonnables. Mais les partisans de la directive PNR répondent à ses détracteurs que le document apporte de sérieuses garanties en la matière.

A l’argument que même si le PNR était introduit plus rapidement, il n’aurait pas permis d’éviter les attentats, ils répondent que personne ne peut l’affirmer sans le vérifier en pratique. Enfin, ils rétorquent que de toute façon tout le monde communique déjà plein de données personnelles aux compagnies aériennes et personne ne se pose plus de questions à ce propos.

Un épineux dossier resté longtemps en souffrance au Parlement européen

La proposition de directive avait été introduite par la Commission européenne en 2011. Mais la Commission des libertés civiles du Parlement, chargée d’élaborer un texte pour le soumettre au vote des députes, l’avait rejetée une première fois en avril 2013. La gauche et les centristes avaient jugé que la protection des données personnelles était mise en danger. Dans la foulée, le texte avait été renvoyé devant la Commission des libertés civiles, pour qu’elle le retravaille.

Depuis, le dossier du PNR est régulièrement revenu à l’ordre du jour à Strasbourg, mais sans réellement avancer. Le débat sur la nécessité pour l’Europe de se doter d’un fichier de données des passagers aériens a ressurgi de plus belle, après les attentats de janvier 2015 à Paris et il s’est intensifié au lendemain des attaques du Bataclan et de Saint-Denis en novembre 2015.

Quatre mois plus tard, le soir même des explosions meurtrières dans le métro et à l’aéroport de Bruxelles, le Premier ministre français Manuel Valls avait pressé l’Union européenne d’adopter « en urgence » un PNR.

Le choc suscité par ces attentats, aura fini par lever les derniers blocages, sans toutefois convaincre complètement : les socialistes européens qui s’apprêtent à voter le texte préviennent qu’il ne s’agit pas d’un « remède miracle » contre les attentats.

Le serpent de mer du fichier PNR bientôt adopté au Parlement européen

TERRORISME – Véritable serpent de mer européen, le fichier PNR censé centraliser toutes les données des passagers aériens doit être adopté ce jeudi 14 avril par le Parlement européen au terme de cinq années de négociations laborieuses sur fond de craintes pour les libertés individuelles.

Réclamé avec insistance par plusieurs pays européens, dont la France, pour renforcer l’arsenal des services de renseignement dans la guerre contre le terrorisme, le vote « sans délai » de la directive Passenger Name Record avait été exigé tant par François Hollande que Bernard Cazeneuve au lendemain des attentats du 13 novembre et des attentats de Bruxelles.

Proposée dès 2011 par la Commission européenne, la directive PNR a donné lieu à des débats enflammés entre le Parlement et les Etats membres, les eurodéputés exigeant des garanties sur la protection des données recueillies. Un compromis politique sur le PNR avait été trouvé en décembre 2015 entre les négociateurs du Parlement et des Etats membres. Mais le vote du texte a encore pris du retard en raison de réticences des groupes parlementaires socialistes, libéraux et Verts, qui demandaient que le texte sur la protection des données personnelles soit voté en même temps.

Tracer en temps réel les passagers aériens

Concrètement, la directive PNR oblige les transporteurs aériens à communiquer les données qu’elles possèdent sur l’ensemble de leurs passagers (dates de voyages, itinéraires ou coordonnées) aux Etats européens concernés par un vol depuis ou vers un pays tiers. L’objectif est notamment de permettre de détecter des individus qui n’ont pas forcément été soupçonnés de terrorisme par le passé, mais dont l’analyse des données révèle un profil suspect. Il appartiendra ensuite aux Etats membres d’alerter d’autres pays, si nécessaire. Ils pourront aussi demander des données PNR à d’autres, de leur propre initiative, dans le cadre d’une enquête.

Dans les faits, le PNR permettra de tracer des passagers en amont, en temps réel ou en aval afin notamment de reconstituer le parcours d’un individu suspect. Il permettra également de centraliser les informations sur les départs des ressortissants européens soupçonnés de vouloir rejoindre les mouvements jihadistes en Syrie et en Irak, et informer les Etats de leur retour.

Le fichier ne pourra être utilisé que dans des domaines précis et nécessitant une coopération transationale (prévention et détection d’infractions terroristes, traite d’êtres humains, exploitation sexuelle des enfants, trafic de drogues et trafic d’armes…).

Au niveau des protections, seul un nombre limité de personnes habilitées devrait avoir accès aux fichiers avec les noms des passagers qui seront progressivement anonymisés et sauvegardés pendant une durée de cinq ans. La directive interdit par ailleurs la collecte et l’analyse de « données sensibles » (origine ethnique, opinions politiques, convictions religieuses ou philosophiques, appartenance syndicale, orientation sexuelle).

Un outil « utile » mais très coûteux

Pour plaider la cause de ce fichier, le premier ministre Manuel Valls avait fait exprès le déplacement au Parlement de Strasbourg ce mardi. « Le PNR européen est un moyen supplémentaire dont nous nous dotons pour être efficaces dans la lutte contre le terrorisme. La lutte contre le terrorisme, c’est le travail du renseignement, c’est le travail humain, ce sont des nouvelles technologies », a-t-il souligné au cours d’une conférence de presse conjointe avec le président du Parlement européen, Martin Schulz.

Accord sur le PNR, le fichier qui regroupera les données des passagers aériens en Europe

Le Monde.fr Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)

A Montpellier, le 20 novembre 2015.

La Commission des libertés civiles (LIBE) du Parlement européen a approuvé, jeudi 10 décembre au matin, par 38 voix pour, 19 contre et 2 abstentions, le projet, largement controversé, d’un fichier européen des données des passagers aériens (Passenger name record, ou PNR). Débattu depuis sept années au total, le projet doit encore être adopté en séance publique, en janvier probablement. L’issue de ce vote ne fait toutefois plus de doute.

Ceux qui pensent que le PNR peut-être un outil efficace, notamment dans la lutte contre le terrorisme, en permettant d’enregistrer les déplacements des suspects, ont remporté la partie. Il est néanmoins envisageable que d’éventuels recours auprès de la Cour de justice de Luxembourg aboutissent : l’extension du fichage à des personnes non suspectes pose visiblement problème aux juges européens, qui ont déjà manifesté leurs réticences. Le contrôleur européen de la protection des données, le magistrat italien Giovanni Buttarelli, s’interroge également sur la légitimité du projet, mais aussi sur son utilité pratique. Selon lui, le projet est coûteux, s’ajoutera à sept bases de données existantes et n’aura qu’une utilité marginale au plan des enquêtes.

Le projet de directive voté jeudi prévoit que les compagnies aériennes devront collecter une vingtaine de données sur le passager de vols extra- et intra-européens. Elles concernent l’identité du passager, son numéro de téléphone, son adresse de courriel, la manière dont il a payé son billet, le numéro de celui-ci, le numéro de siège, ses bagages, son éventuel programme de fidélité ou « voyageur fréquent », etc. Le texte affirme que toute discrimination basée, entre autres, sur l’origine ethnique ou sociale, la religion, la langue ou la nationalité du passager sera évitée.

Lire nos explications   Lutte contre le terrorisme : qu’est-ce que le PNR, le fichier sur les passagers aériens ?

Données conservées cinq ans

Les données seront conservées pendant 6 mois (le texte initial de la Commission proposait 30 jours). Elles seront masquées au bout de ce délai, et effacées après 5 années. Dans l’intervalle, elles seront accessibles sous le contrôle d’une autorité judiciaire nationale, à des conditions « très strictes et limitées ». L’accord prévoit aussi la nomination d’un responsable chargé de s’assurer que les règles fixées ont été respectées. Le groupe des élus socialistes français, notamment, insiste sur la nécessité d’un « suivi étroit » des résultats qui seront obtenus et du respect des libertés individuelles.

Le débat sur le PNR déchirait les différents groupes à chaque attentat commis. Après les récents attentats de Paris et une lettre de Manuel Valls au groupe social démocrate européen (S&D), il devenait difficile, voire impossible, pour ce dernier de camper sur une position de refus intransigeant. Au cours des derniers jours, des discussions internes n’ont pas gommé les divergences ou permis de vaincre les réticences d’eurodéputés allemands et autrichiens, notamment. Hormis quelques-uns de ses élus, le groupe s’est toutefois rallié à une solution de compromis : il est prêt à accepter le PNR à condition qu’une directive sur la protection des données, dont la négociation a pris aussi du retard, soit adoptée parallèlement.

Si cet autre dossier clé est enfin bouclé (la commission Libe doit se prononcer le 17 décembre, avant un vote en séance publique en 2016), le PNR sera approuvé par le groupe en séance plénière ; en janvier sans doute. Le groupe libéral et démocrate (ALDE) n’était pas plus unanime. En son sein, les élus centristes français et les libéraux belges étaient prêts à adopter le texte tandis qu’un autre groupe suivait la députée néerlandaise Sophie In’t Veld, hostile depuis le début à ce projet.

Informations partagées à la carte

M. Verhofstadt et son collègue social démocrate, Gianni Pittella, étaient parvenus à rallier leur collègue conservateur à cette idée: Manfred Weber, chef du groupe PPE, l’avait approuvée, du bout des lèvres, à la fin de la semaine dernière. Quelques heures plus tard, les ministres de l’intérieur, réunis en conseil vendredi 4 décembre, se mettaient toutefois d’accord sur un projet plus flou : les informations importantes issues du traitement des données seront partagées à la carte. Le PPE approuvait toutefois le projet, « coinçant » les autres groupes : ils ne voulaient pas donner l’impression de s’opposer à un projet jugé utile en période d’alerte terroriste. Ils ne voulaient pas être accusés par la droite et, simultanément, être assimilés à l’extrême droite : le Front national et ses alliés s’opposent au PNR en raison de sa dimension européenne…

Il devenait, enfin, de plus en plus difficile, pour les groupes proeuropéens de continuer à bloquer le projet alors que de nombreux États mettent au point leur propre PNR, soumis à des législations différentes, voire contradictoires, et pas toujours respectueuses des droits fondamentaux. « Voter contre aurait abouti à une situation où les données des passagers seraient protégées de manière différente selon qu’ils partent de Paris ou de Francfort », soulignent des élus de l’ALDE. Dernière précision : après les attentats de 2001, les États-Unis, l’Australie et le Canada avaient déjà obtenu à tour de rôle des Européens, puis dans le cadre d’un accord UE/USA très controversé à l’époque, les données des passagers se rendant dans leur pays.

LIRE AUSSI :• Quand Elkabbach accuse les eurodéputés de « complicité de terrorisme »

• Terrorisme: ce que l’Europe peut faire

Attentats : le fichier « PNR » effectif dès fin avril

Les Echos
  • Sur France Inter, Gilles Kerchove regretté longueur négociations projet PNR (Passenger Name Record).

    Sur France Inter, Gilles de Kerchove a regretté la longueur des négociations du projet de PNR (Passenger Name Record). – AFP PHOTO / ALBERTO PIZZOLI

Gilles de Kerchove, coordinateur européen de la lutte contre le terrorisme, assure que la mise en place du fichier PNR (Passenger Name Record) « devrait être effective en avril ».

Invité de France Inter, Gilles de Kerchove, le coordinateur européen de la lutte contre le terrorisme, a expliqué mardi que « la mise en commun des listes de passagers européens (PNR) devrait être effective en avril ». Malgré la longueur des négociations du projet, soit cinq ans, un vote sur la création du fichier est finalement prévu au cours du mois au Parlement européen de Strasbourg.

Le partage des registres des données des passagers aériens était devenu une priorité depuis les attentats de Paris et Bruxelles. Le soir même de la triple explosion qui a frappé la capitale belge , Manuel Valls, le Premier ministre français, avait jugé qu’ « assez de temps » avait été perdu sur la question. Il avait alors également pressé l’Union européenne de l’adopter « en urgence ».

« Le PNR est un outil mais ça n’est pas suffisant », a également déclaré Gilles de Kerchove. Le haut responsable européen a aussi ajouté qu’il était nécessaire pour les services européens de renseignement d’utiliser en outre les outils de coordination déjà en place, Europol et le Système d’information Schengen, aussi appelé SIS. Ce dernier est un fichier informatique de partage des données policières, dans lequel les signalements sont passés en quelques mois de 1.000 à 5.000, a-t-il souligné.

Lire aussi

< Attentats : le PNR changera-t-il vraiment la donne ?
< Comment organiser la sécurité européenne ?

PNR: le grand fichier européen qui va laisser la police borgne

Un officier de police belge devant une entrée de l'aéroport de Zaventem à Bruxelles.

Le fichier de données des passagers européens peinent à s’installer. Plusieurs pays comme l’Allemagne ne veulent pas en entendre parler. Autant de trous où s’engouffrent les réseaux du djihad ou du crime organisé.

Qui voyage avec qui? Telle est la question à laquelle est censée répondre le Passenger Name Record, connu sous l’acronyme de PNR. Paris s’accroche à ce fichier des données passager (nom, adresse, numéro de passeport, de carte bancaire) saisies par tout un chacun dès la réservation d’un billet. Croisées avec les fichiers de la police, ces informations doivent aider à débusquer les terroristes, lors de leurs déplacements en avion.

Terrorisme : le PNR, ce fichier aérien qui ne passe pas

Philippe Martinat

Contrôles d'identité le 4 janvier 2016 à la gare de Kastrup, à l'aéroport de Copenhague
Contrôles d’identité le 4 janvier 2016 à la gare de Kastrup, à l’aéroport de Copenhague (AFP/Björn Lindgren/TT)

La création du fameux PNR (Passenger Name Record ou registre européen de passagers aériens) a, une fois de plus, été retardée.

Un arc de résistance, allant de l’extrême droite aux écologistes et englobant les socialistes, bloquerait-il au Parlement européen la future directive destinée à renforcer la lutte antiterroriste sur le continent ? C’est ce qu’on pourrait déduire des dernières déclarations des autorités françaises. « Il est temps d’adopter le PNR, a lancé Manuel Valls mardi devant les députés. Et je le dis notamment aux groupes socialiste et écologique du Parlement européen. Chacun doit prendre ses responsabilités. »

Le Premier ministre, qui a prévu de se rendre prochainement à Strasbourg pour accélérer le mouvement, ne sera pas accueilli à bras ouverts. Témoin, ce communiqué furibard des eurodéputés français socialistes et radicaux de gauche appelant « les responsables politiques français et européens à cesser de mentir aux citoyens et de les prendre pour des imbéciles : ni les socialistes français ni les socialistes européens ne bloquent la directive PNR ».

Si les députés européens issus des partis populistes ou d’extrême droite voteront sans aucun doute contre le PNR — par réflexe anti-européen — il serait hâtif de croire que seule la droite européenne votera pour. Ecologistes et socialistes présents à Strasbourg sont d’accord pour adopter ce dispositif, à condition qu’il soit accompagné d’un autre texte sur la protection des données personnelles. Ils s’appuient d’ailleurs sur un arrêt de la Cour de justice de l’Union qui a émis en 2014 des réserves sur l’utilisation des données personnelles. L’ensemble des données collectées par les compagnies aériennes (menus alimentaires, personnes accompagnantes) peuvent impacter la liberté des personnes si leur utilisation, notamment dans la durée, n’est pas clairement encadrée. C’est là où le bât blesse.

Alors qu’une majorité de députés demandent l’adoption simultanée de ce texte et du PNR, le Conseil des ministres européens de l’Intérieur freine l’arrivée du « paquet protection données ». Le texte est retenu depuis décembre par le service chargé de vérifier sa conformité juridique. « Pourquoi ce délai ? Ça commence à bien faire, s’insurge Pervenche Bérès, chef de file des eurodéputés PS. Cela va finir par donner raison aux plus paranos d’entre nous qui prétendent qu’on veut nous faire adopter le PNR en oubliant la protection des données. » Si cela se devait se produire, les sociaux-démocrates allemands refuseraient dans leur grande majorité le PNR, probablement imités par d’autres socialistes européens, notamment français.

Les eurodéputés sont d’autant plus remontés qu’ils ont le sentiment dans cette affaire d’être pris comme boucs émissaires alors que les Etats, réticents à partager leurs renseignements, ne sont pas les derniers à freiner. Les eurodéputés avaient ainsi proposé que le PNR fasse l’objet d’un simple « règlement » qui le rendait applicable immédiatement. Mais le Conseil des ministres a opté pour la « transposition », une formule qui laissera jusqu’à deux ans aux Etats pour le mettre en oeuvre.

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Vos réactions

– GERONIMO                 C’est une TRES bonne nouvelle. Il est piquant de voir que c’était l’extrême droite et l’extrême gauche qui s’y opposaient. Enfin, il semble que ce soit du passé puisque le PNR a été enfin voté. A 130 morts, chacun devient raisonnable.

 

 pierre guillemot  Ces redoutables informations sont celles que je donne à mon site de vente de billets d’avion favori. Y compris ma demande de repas végétarien, hallal ou cachère (ce n’est pas encore arrivé, mais je suis content de savoir que je pourrais le demander). Qu’elles soient aussi fournies à un organisme officiel me parait bien anodin. Comme disait un autre, la haine de l’Europe de Bruxelles est la meilleure raison de s’opposer au fichier PNR.

Un Suisse                        Plus d’information sur le fait que les nationalistes, FN compris, s’opposeraient à ce projet essentiel pour la sécurité des français par pure haine de toute règle communautaire? Ces idéologues de la droite nationaliste (comme ceux de la droite ultralibérale ou de l’extrême gauche décliniste) sont un danger pour la France. Comme les nationalistes danois qui ont réussi à faire sortir leur pays de la coopération policière européenne.

GERONIMO                 Puisque vous parlez « tenter et de sortir », quand est-ce que la Suisse va y entrer, dans l’UE ? Pour vos interminables leçons de morale, vous y gagneriez grandement en crédibilité.

Le Bon Sens                    Une fois que le PNR européen sera voté (ce qui me semble une bonne chose) et que les passagers passant par les aéroports européens seront un peu contrôlés, il faudra attaquer un sujet plus difficile que les voyages en avion : celui des voyages en bateau. En particulier en Méditerranée …

Arnaud124                        PNR réclamé de longue date par la France, ce qui n’empêchait pas les députés européens socialistes français de voter contre ce texte en juillet dernier. Mais depuis les attentats de Paris, ils votent pour ! Vive la constance politique…

Larrieu.philippe94      Pourquoi la gauche n’en veut pas? Parce qu’elle a peur des résultats qui vont aller à l’encontre de ce qu’elle prône depuis des décennies.

Larrieu.philippe94 a publié le 26 Mars 2016 à 09:03

Pourquoi la gauche n’en veut pas? Parce qu’elle a peur des résultats qui vont aller à l’encontre de ce qu’elle, prône depuis des décennies.

Larrieu.philippe94 a publié le 26 Mars 2016 à 09:03

Pourquoi la gauche n’en veut pas? Parce qu’elle a peur des résultats qui vont aller à l’encontre de ce qu’elle, prône depuis des décennies.

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