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Allemagne : la percée électorale de l’extrême droite menace le SPD

Le Figaro

Nicolas Barotte

INFOGRAPHIE – En soutenant la politique migratoire de son adversaire Angela Merkel, la gauche se retrouve talonnée et parfois devancée dans certains Länder par le parti populiste Alternative für Deutschland (AfD).figarofr: Le président du SPD, Sigmar Gabriel et Nils Schmid, le candidat du parti dans le Bade-Wurtemberg, le 9 mars 2016. Dans ce Land, les sociaux-démocrates, avec 14% des intentions de vote, est talonné par l'AfD, avec 11%.© THOMAS KIENZLE/AFP Le président du SPD, Sigmar Gabriel et Nils Schmid, le candidat du parti dans le Bade-Wurtemberg, le 9 mars 2016. Dans ce Land, les sociaux-démocrates, avec 14% des intentions de vote, est talonné par l’AfD, avec 11%. Correspondant à BerlinUne sorte de «21 avril allemand» menace le SPD. A la veille des élections régionales dans le Bade-Wurtemberg, en Rhénanie Palatinat et en Saxe-Anhalt, les sondages étaient en berne pour les sociaux-démocrates. En Saxe-Anhalt, le parti populiste anti-immigration Alternative für Deutschland (AfD), né il y a trois ans, était crédité de 18% des voix, soit quatre points de plus que le SPD! Même si, dans ce Land, le SPD se trouve en position d’infériorité face à la gauche de Die Linke (21% des intentions de vote) et loin derrière la CDU (à 32%), c’est un petit séisme qui se prépare. Dans le Bade-Wurtemberg, la situation n’est pas aussi dramatique. Mais avec 14% des intentions de vote, le SPD est en chute libre. Les Verts, avec 30%, font la course en tête et l’AfD, avec 11%, talonne les sociaux-démocrates. Le phénomène d’opinion se répand partout mais surtout dans les anciens Länder de l’Est. En Saxe et en Thuringe, où les prochaines élections locales n’auront lieu qu’en 2019, SPD et AfD sont au coude-à-coude dans les enquêtes d’opinion.Pour les derniers jours de la campagne, le SPD avait décidé d’intensifier ses tirs contre l’Alternative für Deutschland. «Nous mènerons une campagne dure contre les idées simplistes», avait lancé le vice-président du parti, Ralf Stegner. Paradoxe de la situation, la gauche soutient plus que d’autres la politique migratoire du gouvernement et d’Angela Merkel, son adversaire. Le SPD en subit donc aussi les critiques. «Nous devons expliquer qu’en votant pour l’AfD on ne choisit pas une autre politique migratoire mais on vote pour les ennemis de la démocratie», clamait-on au SPD. Le ton est donné. L’AfD «n’est pas une alternative mais une honte pour l’Allemagne», avait ajouté, mi-février, le patron des députés SPD, Thomas Oppermann.

Les déclarations, fin janvier, de Frauke Petry, la leader de l’AfD, suggérant de laisser les gardes-frontières faire feu sur les migrants qui passeraient illégalement la frontière, ont sonné comme un signal d’alerte. Le président du SPD, Sigmar Gabriel, a proposé une solution radicale contre le parti populiste: la mise sous surveillance par le renseignement intérieur. Prudemment, le gouvernement et Angela Merkel n’ont pas soutenu cette idée qui, de toute façon, n’a pas été reconnu comme valide par les services. Depuis, la guerre est déclarée entre l’AfD et le SPD. L’Allemagne «ne sera pas représentée par l’AfD, Pegida ou d’autres groupes radicaux», a plaidé Sigmar Gabriel. «Les Allemands ne sont ni radicaux ni populistes. Mais un petit groupe d’individus, qui n’ont rien à voir avec nos valeurs ou notre culture, jette le discrédit sur notre pays», a-t-il regretté.

Pour le SPD, l’essor de l’AfD est avant tout la conséquence des faiblesses de la CDU qui n’a pas su contenir la percée à sa droite. Mais les sociaux-démocrates en font les frais autant ou presque davantage que les conservateurs, qui demeurent la première force politique du pays. Entre la CDU et l’AfD, le SPD se trouve pris en étau.

Percée de l’extrême droite allemande aux élections régionales, une claque pour Merkel

L’Obs

Trois Etats-régions allemands ont infligé une défaite sans précédent à la chancelière allemande lors des élections régionales. L'extrême droite a triomphé en Allemagne lors des élections régionales ce dimanche. © Sebastian Willnow / dpa / AFP L’extrême droite a triomphé en Allemagne lors des élections régionales ce dimanche. Une claque pour Angela Merkel ? Le parti conservateur de la chancelière allemande a essuyé ce dimanche 13 mars un vote sanction lors de trois élections régionales, une déroute aggravée par la percée exceptionnelle des populistes de l’AfD et la participation très élevée. »Soirée de l’horreur pour Angela Merkel », titre la presse allemande, qui explique cette déroute par sa politique d’accueil des réfugiés.Triomphe de l’extrême droite

Dans son fief historique du Bade-Wurtemberg (sud-ouest), l’Union chrétienne-démocrate (CDU, droite) n’arrive que deuxième (27% environ), derrière les Verts (30-31%), une première même si les écologistes dirigent déjà ce Land depuis cinq ans.

En Rhénanie-Palatinat (ouest), la région de l’ancien chancelier Helmut Kohl, elle est battue par les sociaux-démocrates du SPD (32% contre 36%), selon les estimations publiées par les chaînes de télévision publiques ARD et ZDF sur la base de résultats partiels.

Ce sont les populistes d’extrême droite de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), parti fondé il y a seulement trois ans, qui apparaissent comme les grands vainqueurs des scrutins, en particulier en Saxe-Anhalt où ils se placent deuxième (24%) et talonnent la CDU qui arrive en tête (29-30%).

L’AfD engrange respectivement près de 15% dans le Bade-Wurtemberg et 12% des voix en Rhénanie-Palatinat, se classant ainsi 3e.

Le secrétaire général de la CDU, Peter Tauber a relevé « des temps difficiles » et estimé « ne pas attendre » de changement dans la politique sur les réfugiés d’Angela Merkel qui doit s’exprimer lundi à la mi-journée.

Le patron du SPD et vice-chancelier Sigmar Gabriel a lui aussi exclu tout « changement de politique sur les réfugiés » :

« Nous avons une ligne claire […] et nous la gardons ».

Le quotidien populaire « Bild », le plus lu d’Allemagne, a pointé la « débâcle de la CDU », la « soirée d’horreur de la chancelière Merkel » et relève que « l’AfD choque l’Allemagne ».

Les populistes seront désormais représentés dans la moitié des 16 régions allemandes, à dix-huit mois des législatives et alors que d’autres scrutins régionaux sont attendus d’ici là.

Le vice-président de l’AfD, Alexander Gauland, s’est réjoui que ses nombreux électeurs aient « voté contre la politique sur les réfugiés » de Mme Merkel martelant le thème central de sa formation qui « ne veut plus de réfugiés » après l’arrivée de 1,1 million de demandeurs d’asile en 2015.

La co-présidente du parti, Frauke Petry a salué le fait que « les électeurs se détournent en masse des partis établis ».

L’envolée de l’AfD, qui a multiplié les dérapages verbaux anti-migrants, constitue un scénario inédit depuis 1945 dans un pays toujours en quête d’exemplarité morale après l’horreur nazie.

Angela Merkel, au pouvoir depuis plus d’une décennie, n’a eu cesse de battre le pavé pour défendre sa politique devant des électeurs souvent déboussolés.

Nombre de ministres avaient aussi appelé à la mobilisation contre l’AfD, accusée de flirter toujours plus avec l’extrême-droite après avoir été lancée à l’origine comme un parti anti-euro. Malgré cela, les populistes ont creusé leur sillon en haranguant les foules contre les partis traditionnels.

Les sociaux-démocrates laminés

Partenaires de la CDU au niveau fédéral, les sociaux-démocrates ont aussi connu une soirée très difficile. S’il arrache la victoire en Rhénanie-Palatinat, le SPD est laminé dans les deux autres régions, avec moins de 13% en Bade-Wurtemberg et 10% en Saxe-Anhalt.

Ces résultats apparaissent comme un coup de semonce pour les deux grands partis qui dominent la vie politique du pays depuis 70 ans.

La chancelière n’a pas encore dit si elle briguerait un quatrième mandat à l’issue des législatives prévues pour septembre 2017. Néanmoins Mme Merkel, dont la popularité personnelle reste élevée, ne semble pas menacée dans l’immédiat, aucun rival sérieux n’ayant émergé.

Elle devrait pousser encore pour des solutions à l’échelle européenne et un accord entre la Turquie et l’UE, en cours de négociations avant un sommet les 17-18 mars.

Mais la chancelière, isolée, peine à rallier les autres Européens à sa cause. Sur la route migratoire des Balkans, les pays ont fermé une à une les frontières, laissant des dizaines de milliers de migrants, notamment des Syriens fuyant la guerre, coincés en Grèce dans des conditions jugées catastrophiques.

En Allemagne, l’extrême droite inflige une défaite sans précédent à Angela Merkel

LE MONDE Frédéric Lemaître (Berlin, correspondant)

Des membres du parti d'extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD - Germany OUT  / AFP / dpa / Felix Kästle

Appelés à voter dimanche 13 mars dans trois Etats-régions : le Bade-Wurtemberg, la Rhénanie-Palatinat et, à l’est, la Saxe-Anhalt, 13 millions d’Allemands ont réservé un véritable triomphe au parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) et infligé une défaite sans précédent à la fois à l’Union chrétienne-démocrate (CDU) et au parti social-démocrate (SPD). Un résultat d’autant plus clair que, dans les trois Etats-régions, la participation a été nettement plus élevée que lors du scrutin précédent.

Selon des résultats encore provisoires, l’AfD obtiendrait plus de 10 % des voix en Rhénanie-Palatinat, 14,5 % des voix dans le riche Bade-Wurtemberg et même 24 % des voix en Saxe-Anhalt où elle est clairement le deuxième parti, derrière la CDU. Incontestablement, les électeurs de l’AfD ont voulu sanctionner la politique d’Angela Merkel, mais selon les sondages sortis des urnes ils ont également voulu signifier leur opposition aux injustices sociales.

Lire aussi :   Le parti d’extrême droite AfD s’impose sur la scène politique allemande

Des coalitions difficiles à former

La CDU a perdu les deux paris qu’elle pensait gagner haut la main il y a encore un mois. En Rhénanie-Palatinat, sa candidate, Julia Klöckner (32 % de voix) n’est pas parvenue à détrôner sa rivale sociale-démocrate Malu Dreyer (36 %). Et dans le Bade-Wurtemberg qui a longtemps été un de ses fiefs, son candidat, Guido Wolf, n’obtient qu’environ 27 % des voix, derrière le ministre-président sortant, l’écologiste Winfried Kretschmann qui bondit à 32 %. En Saxe-Anhalt, la CDU reste en tête mais elle recule néanmoins et ne peut se réjouir d’avoir vu nombre de ses électeurs grossir les rangs de l’AfD.

Si le SPD peut se féliciter de la victoire de sa candidate en Rhénanie-Palatinat, sa chute spectaculaire dans les deux autres Länder, où il perd plus de 10 points et est relégué à la quatrième place, pourrait provoquer dans ce parti une véritable crise.

L’AfD refusant de participer à quelque coalition que ce soit et les autres partis refusant également de discuter avec ce parti, la formation des coalitions pourrait être difficile. Dans deux des trois Etats-régions, le Bade-Wurtemberg et la Saxe-Anhalt, deux Länder que pourtant tout oppose sur le plan sociologique, les deux grands partis allemands, la CDU et le SPD n’obtiennent même pas assez de voix, ensemble, pour former une majorité.

Le CDU a « besoin de temps »

Au niveau national, le succès de l’AfD pourrait avoir l’effet inverse. Si, dans dix-huit mois, l’AfD entre au Bundestag avec 10 % des voix ou plus, il pourrait n’y avoir qu’une seule coalition possible : celle formée par l’union CDU/CSU et le SPD. Comme aujourd’hui. Paradoxalement, l’émergence au niveau national du parti qui s’appelle Alternative pour l’Allemagne aurait pour conséquence qu’il n’y aurait plus d’alternative à ce que les Allemands appellent « une grande coalition » entre les chrétiens-démocrates et les sociaux-démocrates.

Angela Merkel ne devait pas s’exprimer avant lundi midi. Mais ses lieutenants laissent entendre qu’elle n’entend pas changer de politique et disent miser sur le sommet Union européenne/Turquie qui se tient les 17 et 18 mars. Nous avons « besoin de temps » a toutefois reconnu Peter Tauber, secrétaire général de la CDU, dimanche soir. Une façon de dire que le problème est loin d’être réglé.

En Allemagne, l’extrême droite triomphe face au parti d’Angela Merkel

ALLEMAGNE EXTREME DROITE

INTERNATIONAL – Même si la progression du parti populiste est pour le moment symbolique, un tabou est en passe de tomber dans l’Allemagne d’après-guerre à la suite du succès dimanche lors d’élections régionales du mouvement AfD, qui confirme l‘enracinement de la droite populiste dans un pays faisant jusqu’ici exception en Europe.

Le mouvement Alternative pour l’Allemagne a recueilli entre 10% et 23% des voix lors des trois scrutins pour les parlements régionaux qui se tenaient dimanche, selon les sondages à la sortie des bureaux de vote ou les projections des chaînes de télévision publique, infligeant une défaite « sans précédent » à l’Union chrétienne-démocrate (CDU) et au parti social-démocrate (SPD). A plus de 20%, ce serait du jamais vu dans une élection de ce type dans l’Allemagne d’après-guerre. Les trois « Länder » concernés sont le le Bade-Wurtemberg (sud-ouest), la Rhénanie-Palatinat (ouest) et la Saxe-Anhalt (ex-RDA).

Ce n’est pas la première fois que l’Allemagne depuis 1945 est confrontée à une poussée de telles formations.

Ce fut le cas dans les années 1960 avec les ultra-nationalistes du NPD, puis à la fin des années 1980 et au début des années 1990 avec les Republikaner ou encore à la fin des années 1990 de la DVU. Mais à chaque fois, ces succès se sont révélés éphémères, les Unions chrétiennes CDU et CSU parvenant finalement à atteindre l’objectif historique qu’elle s’étaient fixé: empêcher, en ratissant très large, qu’un parti ne s’installe à leur droite dans l’Allemagne d’après-guerre.

Lutte contre l’euro et discours anti-réfugiés

Le parti a été fondé il y a trois ans par Bernd Lucke, un professeur d’économie de l’Université de Hambourg (nord) et a rapidement séduit les déçus des partis politiques établis dont la CDU. Il surfait alors sur la vague de mécontentement liée à la crise de l’euro et, plus particulièrement, sur le sentiment assez répandu dans l’opinion allemande que les contribuables n’en finissaient plus de payer pour les erreurs des autres membres de l’Union européenne moins vertueux.

extreme droite allemagneFrauke Petry

Avec l’arrivée d’un million de demandeurs d’asile en 2015, le parti dirigé par Frauke Petry, quarantenaire au verbe sec et aux formules choc, se fait ainsi le héraut des opposants à la politique jugée trop libérale d’Angela Merkel. La chef du parti a par exemple créé la polémique en suggérant que la police fasse « au besoin » usage d’armes à feu pour empêcher les migrants d’entrer en Allemagne. Accusé de flirter avec l’extrême droite, l’AfD rejette ce qualificatif, se définissant comme « conservateurs de droite » ou « libéraux de droite ».

Une césure en train de se produire

Les enquêtes d’opinion montrent depuis longtemps qu’un potentiel proche de celui d’autres pays européens existe en Allemagne pour un parti populiste xénophobe. Mais le passé nazi du pays et le sentiment de culpabilité encore très répandu ont agi comme un frein en comparaison de l’Autriche, de la Suisse ou de la France. Avec l’AfD, et en raison du mécontentement provoqué par l’arrivée d’un million de migrants en 2015 dans le pays, le sentiment gagne du terrain qu’une césure est en train de se produire.

Au vu des sondages actuels le parti pourrait entrer au Bundestag, la chambre fédérale des députés, lors des élections législatives en 2017, ce qui serait sans précédent pour un mouvement de ce type, que le ministre des Finances Wolfgang Schäuble a qualifié récemment de « honte pour l’Allemagne ». « Jusqu’ici les parti populistes de droite ou d’extrême droite étaient politiquement ‘tabouisés’, considérés comme un corps étranger dans la sphère politique », souligne le politologue allemand Wolfgang Merkel dans le quotidien Tagesspiegel.

Mais pour Wolfgang Merkel, le tabou entourant ce type de mouvements pourrait désormais tomber. « Dans ce cas, nous devrons vivre avec l’AfD comme la France avec le Front National ou la Suisse avec l’UDC et être confrontés à la xénophobie au quotidien dans le discours politique », redoute-t-il. La progression du mouvement dans l’opinion est spectaculaire depuis sa création en 2013 avec des transfuges de la CDU. Grâce à ses succès de dimanche, il va être désormais représenté dans la moitié des 16 parlements régionaux du pays.

« L’AfD est un enfant de Merkel »

Après avoir fait florès sur l’euroscepticisme et la dénonciation de l’aide des contribuables allemands aux pays les plus endettés de la zone euro, il prospère désormais comme parti anti-immigrés en jouant sur les craintes alimentées par la crise des réfugiés.

A la faveur de la crise migratoire « nous assistons à une certaine forme de normalisation par rapport aux mouvements populistes de droite ailleurs en Europe, même si dans le cas de l’Allemagne, où on ne peut pas faire abstraction du passé, cela prend un caractère forcément particulier », indique à l’AFP Andreas Rödder, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Mayence

A l’origine surtout ancrée régionalement dans l’est de l’Allemagne, « l’AfD devient un parti allemand national », souligne le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung. Une progression qui pour certains est la conséquence directe de la stratégie politique de recentrage opérée par Angela Merkel pour son parti conservateur CDU depuis 10. Elle a eu pour effet d’asphyxier l’opposition sociale-démocrate mais aussi de frustrer l’aile droite de son parti.

« Avec la ‘social-démocratisation’ et donc un glissement vers la gauche de la CDU opéré sous le mandat de la chancelière, il n’est plus aisé pour les chrétiens-démocrates de réussir le grand écart », souligne Bernhard Wessels, politologue de l’université Humbold à Berlin. Le quotidien conservateur Die Welt va même plus loin: « l’AfD est un enfant de Merkel » car la CDU « a renoncé à son identité ».

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Merkel sous pression sur les réfugiés après une déroute électorale

La chancelière allemande était sous pression lundi au lendemain de la débâcle de son parti conservateur lors de régionales et de la percée des populistes, portés par une opposition croissante à la politique d’accueil des réfugiés d’Angela Merkel.

Celle qui dirige l’Allemagne depuis plus de dix ans doit s’exprimer à la mi-journée après que son parti, l’Union chrétienne-démocrate (CDU), est arrivé deuxième lors des scrutins dans le Bade-Wurtemberg (sud-ouest) et en Rhénanie-Palatinat (ouest). En Saxe-Anhalt (est), si les conservateurs remportent le vote, ils sont talonnés par les populistes de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD).

Impulsée par Mme Merkel l’été dernier, la généreuse politique d’accueil des demandeurs d’asile –1,1 million en 2015– a été au coeur des débats électoraux, et les scores exceptionnellement élevés de l’AfD dans les trois régions (entre 12 et 24%) montrent l’étendue de la fronde contre elle.

– ‘Ligne claire’ –

Mais de hauts responsables politiques ont exclu dès dimanche soir que la chancelière change sa ligne, elle qui refuse de plafonner arbitrairement le nombre de réfugiés accueillis en Allemagne.

« Nous avons une ligne claire sur la politique concernant les réfugiés et nous la gardons », a prévenu Sigmar Gabriel, le vice-chancelier et patron des Sociaux-démocrates (SPD) partenaires de la coalition gouvernementale de Mme Merkel.

Le secrétaire général de la CDU, Peter Tauber a reconnu « des temps difficiles » mais a dit « ne pas attendre » de changement dans la ligne de la chancelière.

Mais pour la CSU, l’allié bavarois de la CDU qui s’oppose à la politique migratoire de Mme Merkel, ces résultats prouvent qu’un changement de cap est essentiel.

« L’origine des mauvais scores de la CDU (…) est la politique permettant l’afflux illimité et incontrôlé des réfugiés », a estimé un responsable parlementaire, Hans Michelbach.

« La seule conséquence logique de ces résultats serait de corriger le cours de la politique sur les réfugiés », a-t-il jugé.

Dans la presse en ligne, les commentaires étaient sans appel: la CDU est le grand perdant, l’AfD le vainqueur incontestable et Mme Merkel se retrouve dans une position inconfortable après des années de domination de la vie politique.

« C’est un dimanche noir pour la chancelière Angela Merkel. Elle a longtemps espéré que malgré les résistances à sa politique sur les réfugiés elle pourrait gagner » deux régions, relève le site de l’hebdomadaire Der Spiegel.

« Mais finalement, ce n’est pas le cas. Merkel devra vivre avec le reproche d’avoir laissé l’AfD s’installer durablement », poursuit-il.

L’envolée de l’AfD, qui a multiplié les dérapages verbaux anti-migrants, constitue un scénario inédit depuis 1945 dans un pays toujours en quête d’exemplarité morale après l’horreur nazie.

Le résultat est d’autant moins réjouissant pour le gouvernement en place que le SPD prend l’eau aussi. S’il gagne en Rhénanie-Palatinat, il est à moins de 15% dans les deux autres régions et se fait doubler par les populistes.

– Merkel fragilisée dans l’UE –

Ainsi, le site du quotidien populaire Bild note que les deux partis qui dominent la vie politique allemande depuis 1945 « doivent lécher leurs plaies » après cet « important test sur la politique en matière de réfugiés ».

La débâcle électorale ne devrait par ailleurs pas faciliter la position de Mme Merkel à l’échelle européenne où son refus de verrouiller l’Union européenne face à l’afflux des réfugiés, notamment de Syriens fuyant la guerre, est décrié par nombre d’Etats-membres.

La chancelière pousse elle pour des solutions d’accueil à l’échelle européenne et un accord controversé entre la Turquie et l’UE en cours de négociations avant un sommet les 17-18 mars.

Elle a ainsi critiqué les pays de la route des Balkans menant les migrants vers l’Europe du Nord pour avoir fermé leurs frontières, laissant des dizaines de milliers de personnes coincées en Grèce dans des conditions jugées abominables.

Pourtant, de hauts responsables allemands, dont le ministre de l’Intérieur Thomas de Maizière, se sont réjouits de cette fermeture qui s’est traduite pas une baisse de 33% des arrivées en Allemagne entre janvier et février.

Dès lors pour certains et à la lumière des défaites électorales, la chancelière doit reconnaître cette réalité.

« Elle profite plus que tout autre de la fermeture des frontières qu’elle critique (…) Merkel doit s’expliquer, et après ces élections plus que jamais », note le quotidien bavarois Nürnberger Nachrichten.

Vote sanction contre la CDU d’Angela Merkel en Allemagne

BERLIN (Reuters) – Les Allemands ont sanctionné l’Union chrétienne-démocrate (CDU) de la chancelière Angela Merkel dimanche lors d’élections dans trois Länder, rejetant sa politique d’accueil des réfugiés et se tournant massivement vers le parti anti-immigration Alternative pour l’Allemagne (AfD).

Les défaites de la CDU dans le Bade-Wurtemberg, où elle est devancée par les Verts, et en Rhénanie-Palatinat, où les sociaux-démocrates du SPD arrivent en tête, ont de quoi inquiéter la chancelière, qui a décidé l’an dernier de laisser plus d’un million de migrants entrer en Allemagne, suscitant des remous au sein même de sa formation.

« Ces résultats constituent une sérieuse réprimande pour Merkel et le vote de protestation le plus fort jamais observé à son égard », a estimé Holger Schmieding, analyste à la Berenberg Bank.

La chancelière, qui effectue son troisième mandat, n’en reste pas moins favorite à sa propre succession car aucun rival n’émerge au sein de son parti pour lui disputer le leadership avant les élections fédérales de l’an prochain.

« Ce vote va créer encore plus de remous au sein de la CDU et réduire les options du gouvernement sur les migrants et la Grèce, mais la position de Merkel n’est pas menacée », juge Carsten Nickel, de Teneo Intelligence, un cabinet d’analyse politique.

Face aux craintes des électeurs, la chancelière a déjà promis de réduire le flux des demandeurs d’asile vers l’Allemagne et tente d’obtenir l’aide de la Turquie. Le nombre des migrants entrant en Allemagne a déjà diminué depuis plusieurs semaines.

« L’ÉCHEC DES PARTIS DÉMOCRATIQUES »

La percée de l’AfD dans les trois Länder se traduira par l’entrée du parti anti-immigration au sein de trois nouvelles assemblées régionales sur les seize que compte le pays. L’AfD était déjà présente dans cinq assemblées.

En Saxe-Anhalt, dans l’ancienne Allemagne de l’Est, la CDU reste le premier parti avec 29,8% des suffrages mais l’AfD recueille 24,2% des voix et dépasse même les sociaux-démocrates, selon les projections de la chaîne de télévision ZDF.

C’est la première fois que l’AfD, qui a fait campagne avec des slogans tels que « Sécurité des frontières » ou « Stop au chaos de l’asile », arrive en deuxième position dans un Land.

« Nous avons des problèmes fondamentaux en Allemagne qui ont abouti à ce résultat », a déclaré Frauke Petry, la chef de l’AfD.

Le patron de la CDU pour le Land de Saxe-Anhalt, Reiner Haseloff, a pointé la responsabilité d’Angela Merkel dans le recul de son parti et le résultat de l’AfD.

« La question qui a porté l’AfD au sein des parlements dans toute l’Allemagne ne peut plus être ignorée au niveau fédéral. Nous avons besoin de solutions », a-t-il dit sur la chaîne ARD.

Charlotte Knobloch, ancienne présidente du Conseil central des juifs, a déploré un « déplacement massif vers la droite ».

« Si les électeurs répondent à ce point à l’appel de populistes et d’extrémistes de droite, cela signe l’échec des partis démocratiques », a-t-elle déclaré.

Dans le Bade-Wurtemberg, un fief de la CDU pendant plus de cinquante ans tombé en 2011 sous le contrôle d’une coalition Verts-SPD, les « Grünen » arrivent en tête avec 30,3% des suffrages, toujours selon les projections de la ZDF, devant la CDU à 27,0% et l’AfD à 15,0%. Le SPD est à 12,7%.

En Rhénanie-Palatinat, le Land de l’ancien chancelier Helmut Kohl, la dirigeante locale de la CDU, Julia Klöckner, souvent considérée comme pouvant succéder à Merkel, s’est inclinée face à la social-démocrate Malu Dreyer.

Le SPD, qui fait partie avec les conservateurs de la « grande coalition » au pouvoir au niveau fédéral, a recueilli 36,2% des voix et la CDU 31,8%, seule bonne nouvelle pour des sociaux-démocrates laminés ailleurs.

La participation dans les trois Etats a été supérieure à celle de 2011 (+5,7% dans le Bade-Wurtemberg, +9,7% en Rhénanie-Palatinat et + 11,8% en Saxe-Anhalt).

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commentaires

  • Avatar fifi                             Voilà ce qu’il se passe lorsqu’on veut fournir une main d’oeuvre bas coût au patronat au détriment des locaux.

    12 millions de pauvres en Allemagne, c’est la soit-disant Allemagne qui va bien et qu’il faut prendre en exemple ? Non merci

  • Avatar claude leroy 4       Pas besoin de sondage, c’était prévisible. Toute l’Europe se lève contre ces migrants non sélectionnés. Il ne reste plus aux élus qu’à les renvoyer chez eux ceux qui ne justifient pas d’un droit d’asile réel : c’est ce qu’on leur demande.

    Jean888                                …. populistes….mauvais citoyens…..les heures les plus sombres…la honte de l Europe…….mais à part ça il fait beau à Paris et nous résistons en prenant un café à la terrasse du Flore…….
    Claude Vannier                    Est-ce une claque pour Angela Merkel ? Pour l’Allemagne ?

    Pour l’Europe ? Pour l’humanisme aussi ?

    Où est la victoire du populisme quand les exactions sexistes soudaines mais néanmoins ponctuelles de certains immigrés plutôt bien lotis favorisent si ce n’est provoquent le rejet de migrants qui sont quant à eux réellement tant dans le désespoir économique que politique ? Où est la victoire de la démocratie quand elle se ferme à l’égard de ceux qui souffrent, pour ne pas avoir osé réaffirmer ses propres valeurs face à certains qui s’installent chez elle sans reconnaître ces valeurs ? Valeurs qu’au nom même de cette démocratie, ces « certains » là s’ingénient à pervertir.

    Une perversion qui se passe avec l’appui de tous ces démocrates usés, qui confondent tolérance et faiblesse. Voire qui confondent faiblesse morale et stratégie électorale. Avec l’appui aussi des veules et des intégristes qui interdisent toute approche critique de l’islam sous prétexte d’islamophobie. Sans oublier l’appui de ces démagogues et de ces impérialistes qui refusent toute approche critique du sionisme sous prétexte d’antisémitisme. Avec l’appui enfin de tous ceux pour qui une civilisation est forcément figée, et pour qui toute intégration ne peut être qu’une assimilation.

    Et non pas une création sans cesse renouvelée réalisée sur la base de fondamentaux effectivement partagés. C’est le refus de cette vision dynamique d’une civilisation qui fait que peu à peu

    Lerhtet gtre                             Quand des électeurs expriment leur refus de la politique migratoire de Mme Merkel, ils sont « populistes ».

    Cela veut il dire que les électeurs de l’AFD seraient moins matures que ceux des autres partis et se laisseraient duper par des discours mensongers ?

    Tigre BleuTigre Bleu     Qu’espérer d’autre quand on mène une politique aveugle, sans se soucier des conséquences? Le patronat allemand exulte, les travailleurs allemands pleurent les emplois perdus, vivant de petits boulots cumulés, remplacés par des millions de Polonais, de Roumains, Bulgares et maintenant de migrants. C’est excellent pour l’économie et nos « experts » vont roucouler à qui mieux mieux devant l’exemple allemand pendant que son peuple crève à petit feu. Seule consolation, nos voisins ne pourront plus nous regarder comme des demeurés parce qu’on a le FN à 25%. Ils ont le même grâce à Merkel…
    dany levasseur                          effectivement c’est une grosse claque pour Angela Merkel. …. ça va lui servir de leçon. ….ou pas! !!!!
    T Raul Du NaubsT Raul Du Naubs
    Une claque pour Merkel ou pour la démocratie.
    Le moment de l’Europe des Nations se rapproche de plus en plus avec des nationalistes au pouvoir.
    On va pouvoir se remettre allègrement sur la figure.
    El Roumi                                     En Allemagne aussi, c’est la fin du multiculturalisme et du « tout le monde il est beau tout le monde il est gentil ».

    Cela va fâcher beaucoup de monde , et je propose comme remède la phrase de Bertold Brecht (écrivain allemand) « Puisque le peuple vote contre le gouvernement, il faut dissoudre le peuple » Bertold Brecht.
    Les événements commencent enfin à devenir intéressants, parce qu’ils ne se passent pas comme les penseurs pensaient…

    Yves Canus                                    Il faudrait que des voix portantes disent à Mme Merkel que l’Europe ne veut pas de la Turquie tant que M. Erdogan sera à sa tête. Nous aimerions un Président laïc et tolérant en Turquie. Si un musulman salafiste qui applique la charia entre dans l’UE nous serons rongés par ce cancer et une utopiste allemande n’y fera rien.

    Deo gratias                                    En Allemagne comme ici les politiciens et médias refusent de voir et d’entendre. Alors…

    hiro                                                   Elle est belle la locomotive de l’Europe!

    JD                                                      Mais que d’hyperboles! Arrêtez ce sensationnalisme qui n’est pas digne du Monde. Oui, il y a montée de l’extrême droite. Comme partout, hélas! Et les scores restent modestes quand on compare avec les USA, l’Italie, la Suisse ou la France… Et je ne parle pas de la Hongrie ou de la Pologne…

    Jean-Jacques Courtelande       Les résultats auraient été bien pires pour Merckel si les pays des Balkans n’avaient pas fait le « sale boulot » en fermant unilatéralement leurs frontières, ce qui a considérablement tari le flux de réfugiés. Quoiqu’en disent les lobbies pro-immigration, la fermeture des frontières, ça marche. Est-ce moralement acceptable? C’est un autre débat.

     Richard NOWAK                  Notre voisin américain a détruit, sur injonction, l’Irak. La misère pousse les démunis à frapper à notre porte. L’extrême droite propose de les « laisser danser », sur le modèle la fourmi n’est pas prêteuse. Madame Merkel a raison, même s’il faut se serrer un peu, en apparence. Cet afflux de main d’oeuvre qualifiée est une aubaine pour l’Allemagne et pour toute l’Union. Reste à gérer les spécificités des nouveaux arrivants (ils écrivent de la main droite vers l’intérieur). Est-ce rédhibitoire ?

    • Mati25460  •                      Et la presse bobo continue d’affirmer que 80% des allemands soutiennent leur chancelière et que la politique d’accueil des réfugiés est acceptée par la majorité !

    • Virginie  •                             En réalité (voir la presse allemande) la situation est plus complexe: l’AFD a siphonné la CDU en Bade et un peu en Rhénanie, mais a surtout ponctionné la gauche en Saxe (où le recul de la CDU est assez faible). Le vrai perdant est surtout ce soir le SPD qui paie cash sa participation à la Grande..coalition. La CDU recule, mais ne fait pas naufrage. cela dit, Mme Merkel devrait se méfier. Les élections générales peuvent lui réserver une vraie sanction. HyperResistant  •               Ce gros boudin détruit l’Europe !                                        regis  •                                    L’Europe c’est terminé! Trop de migrants, de chômeurs sans compter les diktats des technocrates……

    • casa  •                                     la truie aura l’appétit coupée ce soir                                  alaric  •                                  Sur yahoo en allemand (hier) , une photo d’une classe allemande dans laquelle il reste bien peu d’enfants ….le grand problème de l’Allemagne mais aussi le nôtre , puisque la natalité des (vrais) Français est très faible aussi , et pire encore , est dépassée par la natalité des bougnoules . HyperResistant  •                Il parait qu’en plus de cette invasion de boukarailles il faut payer 6 milliards aux Turcs huileux !

    • frederic  •                               L’année prochaine Marine ,voila ce qui arrive à jouer avec l’opinion public

    • TSINGTAO  •                         MARINE EST PREVUE A 63 POUR CENT AU 2 eme TOUR. ADHEREZ AU FN C’ EST DU CIVISME

      Intergre  •                              Merkel se prend pour qui ? la reine d’Europe ? !!!!! jamais je n’aurais pensé écrire un jour ceci : Merkel, sale boche, on va te neutraliser, complice islamiste avec son ami Junker, président européen mafieux ministre du Luxembourg expert en blanchiment d’argent sale. A mort l’Europe des voyous !…

      • Ramon  •                       Tous les partis sont démocratiques, s’ils sont élus par les urnes et non contestés par la justice. Cette confiscation des mots « républicains » et « démocratiques » sont ceux de partis « dictatoriaux » et non respectueux des électeurs. Et le mot électeur n’est pas un simple mot, derrière cela il y a un homme ou une femme.                                                  martin  •                        Quand l’Allemagne se réveillera, le monde tremblera !!!!!

      • Jean  •                             Ach Deutschland über alles !

      • jozart  •                          La Teutone ne s’attendait tout de même pas à être plébiscitée ?

      • Christelle  •                    Et en France, c’est pour quand ??

      • CAPOEN  •                     Mais pourquoi cette tendance à affubler certains partis qui dérangent, qualifiés d’extrémistes de droite, de populistes (venant du mot peuple non ??????) et d’autres partis de partis démocratiques ? L’emploi du terme « populiste » sonne comme un mépris justement du peuple. Or le peuple c’est bien le « simple » citoyen qui aspire à de la sécurité, de la liberté, de l’emploi, de bonnes conditions de vie, du respect, etc.. A vivre bien, c’est tout. Ce n’est pas le fondement de la démocratie cela ? Et de choisir des partis qui sont susceptibles de leur apporter cela, c’est mal ??

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