Les producteurs laitiers belges, comme leurs homologues français, sont en colère. Ils sont quelques centaines à manifester leur mécontentement devant le bâtiment où se réunissent, lundi 14 mars, les 28 ministres européens de l’Agriculture, à Bruxelles.

Dans le bruit assourdissant des klaxons, de fûts en plastique qui servent de tambours, les agriculteurs belges, venus avec des dizaines de tracteurs, demandent de nouvelles mesures pour protéger leurs revenus. « On veut réguler, puisque l’on produit pour l’Europe, on veut un prix européen », lance Stéphane Delogne, de la Fédération unie de groupements d’éleveurs et d’agriculteurs, un mouvement paysan belge.

Des réductions temporaires de production laitière ?

Le plan d’urgence débloqué il y a six mois par l’Union européenne n’a pas suffi à soulager les agriculteurs européens, confrontés à un effondrement des prix du lait et du porc, dans un contexte marqué par la faiblesse de la demande et un embargo russe. Devant les ministres de l’Agriculture, le commissaire européen à l’Agriculture, Phil Hogan, s’est dit à la mi-journée « prêt à proposer » des limitations temporaires de la production laitière européenne, comme le réclamait notamment la France.

« Les modalités complètes de cette mesure doivent encore être finalisées par la Commission et j’espère que nous serons en mesure de les communiquer aux Etats membres très prochainement », a déclaré le commissaire.

Agriculture : la Commission favorable à des mesures pour limiter la production de lait

La Commission européenne a voulu prendre la mesure du désarroi des agriculteurs en annonçant lundi une série de nouvelles mesures de soutien comme le feu vert donné à des limitations temporaires de la production de lait pour faire remonter les prix.

Devant les ministres de l’Agriculture des 28 réunis à Bruxelles, le commissaire européen Phil Hogan s’est dit à la mi-journée « prêt à proposer » l’activation d’une mesure permettant aux opérateurs du secteur laitier de s’entendre, sur une base volontaire, sur des limitations temporaires de la production, comme le réclamait notamment la France.

« Les modalités complètes de cette mesure doivent encore être finalisées par la Commission et j’espère que nous serons en mesure de les communiquer aux Etats membres très prochainement », a ajouté le commissaire à l’Agriculture, cité dans un communiqué.

Le plan d’urgence débloqué il y a six mois n’a pas suffi à soulager les agriculteurs européens, confrontés à un effondrement des prix du lait et du porc, dans un contexte marqué par la faiblesse de la demande et un embargo russe.

Invités à proposer de nouvelles pistes, les Etats membres ne se sont pas fait prier : « Il y a eu cent propositions de nouvelles mesures », a souligné le ministre néerlandais de l’Agriculture Martijn van Dam, dont le pays assure la présidence tournante de l’UE.

Ces propositions ont été débattues lundi entre les ministres de l’Agriculture des 28, alors qu’une centaine d’agriculteurs belges manifestaient en plein quartier européen, certains venus avec leurs animaux : vaches, agneaux ou porcelets.

« Aujourd’hui nous produisons à perte et nous attendons de l’Europe qu’elle remette en place des mécanismes qui existaient par le passé pour nous empêcher de faire faillite », a expliqué à l’AFP François Lejeune, vice-président de l’Association des jeunes agriculteurs de Wallonie.

« J’espère aujourd’hui que les choses vont bouger dans le sens qui consiste à faire le constat tout simple que l’on est en surproduction dans beaucoup de secteurs », a de son côté plaidé le ministre français de l’Agriculture Stéphane Le Foll en arrivant à la réunion.

– Un Observatoire du marché de la viande –

La France, première puissance agricole européenne, a multiplié les contacts avec d’autres gouvernements. Elle estime notamment avoir rallié une majorité autour de mesures pour « stabiliser puis réduire » la production de lait, dont les niveaux, exceptionnels en Europe depuis la fin des quotas en avril 2015, contribuent à l’effondrement des prix.

Pour lutter contre l’appauvrissement des exploitations qui en résulte, Phil Hogan a proposé aussi un doublement des niveaux de stockage pour le lait écrémé en poudre et le beurre, respectivement à 218.000 tonnes et 100.000 tonnes, de manière à limiter temporairement la production.

Quant au niveau plafond des aides ministérielles par exploitant et par an, il a souhaité son maintien à 15.000 euros, alors que de nombreux Etats membres voudraient le voir passer dans la fourchette 20.000-30.000 euros.

Pour répondre à la crise porcine, M. Hogan s’est dit prêt à envisager un nouveau schéma de soutien au stockage privé des carcasses, ainsi qu’à la mise sur pied d’un Observatoire du marché de la viande (bovine et porcine).

Parmi les autres propositions soumises par les Etats membres, plusieurs pays réclament aussi des crédits à l’exportation, auxquels l’exécutif européen ne ferme pas la porte.

« Si on n’est pas capable ensemble à l’échelle européenne de mieux se coordonner et mieux se concerter, (…) on ira vers des situations encore plus graves que celles que l’on connaît », a mis en garde M. Le Foll.

Mais la Commission a déjà prévenu avant la réunion de lundi qu’elle n’avait pas l’intention d’accepter de nouvelles dépenses financées par de « l’argent frais », et qu’elle avait des réticences à utiliser « la réserve de crise » européenne, « parce qu’il s’agit de l’argent des agriculteurs ».

Le plan d’urgence européen lancé il y a six mois prévoyait notamment 500 millions d’euros, principalement sous forme d’enveloppes nationales d’aides directes aux agriculteurs des secteurs les plus touchés, que les Etats membres peuvent doubler avec des fonds nationaux.

La Commission fait valoir que les aides débloquées n’ont pas toutes été utilisées par les Etats membres.

La Commission européenne prête à une régulation agricole

BRUXELLES (Reuters) – Les demandes portées notamment par la France pour apaiser l’exaspération des agriculteurs ont trouvé un écho auprès du commissaire européen chargé du dossier qui a repris lundi à son compte certaines propositions lors d’un conseil à Bruxelles.

Phil Hogan s’est montré sur le principe favorable à la mise en oeuvre de mesures de régulation des marchés, en particulier pour les producteurs de lait, dont les cours sont tirés vers le bas pas des productions en excédent.

Mais le contenu de ces dispositions reste à définir.

Les ministres européens de l’Agriculture, qui ne partagent pas tous la même analyse de la crise, ont entamé lundi des discussions qui doivent aboutir à un nouveau train de mesures.

L’Union européenne avait débloqué en septembre dernier une enveloppe de 500 millions d’euros pour venir en aide aux exploitants agricoles, mais cette somme n’a pas permis de remédier à leurs difficultés structurelles.

Depuis février, plusieurs pays européens, parmi lesquels la France, ont tenté d’alerter Bruxelles sur le besoin de trouver en urgence de nouvelles solutions et ont déposé une centaine de propositions sur le bureau du commissaire, conspué par les éleveurs pour son manque de réactivité.

Lors du conseil de lundi, il s’est dit prêt à recourir à une clause encore jamais utilisée qui permettrait en théorie de réguler temporairement la production dans les filières excédentaires, en particulier celle du lait.

Reste à en préciser les modalités de mise en oeuvre.

Phil Hogan s’est également montré prêt à relever le plafond d’intervention de l’UE pour la poudre de lait et le beurre, c’est-à-dire la limite de stockage.

Il s’agit là de deux dispositifs défendus entre autres par la France face à une coalition de pays – Irlande, Royaume-Uni ou Danemark – nettement plus réservés à l’idée d’adopter des mesures de régulation.

« JUSQU’AU BOUT »

« Il faut que chacun prenne bien la mesure de la situation dans laquelle on se trouve et en tire des conclusions, donc je considère que ce Conseil est important », a déclaré à son arrivée à Bruxelles le ministre français, Stéphane Le Foll.

« Il n’y a jamais de réunion de la dernière chance, il n’y a qu’une volonté de se battre jusqu’au bout pour obtenir des solutions et c’est ce que je vais faire. »

Le ministre néerlandais de l’Agriculture, Martijn van Dam, dont le pays préside pour l’instant l’Union européenne, a dit espérer la conclusion d’un « accord à la fin de la journée sur quelques mesures supplémentaires » par rapport au paquet d’aides déjà annoncées en septembre dernier.

Stéphane Le Foll, qui s’est rendu ces derniers jours en Allemagne, aux Pays-Bas et en Slovénie, souhaite également obtenir le droit de relever le montant maximum des aides que le gouvernement peut allouer aux agriculteurs, de 15.000 euros à 30.000 euros par exploitation sur trois ans.

Les propositions françaises rejoignent en partie les demandes des syndicats agricoles, FNSEA en tête, qui attendent davantage d’outils de régulation, mais aussi une solution à l’embargo russe et un meilleur étiquetage de la viande.

Pour faire entendre leur colère, les éleveurs ont bloqué ces deux derniers mois des axes routiers et des centres de la grande distribution. Et ils ont réservé à François Hollande un accueil houleux au salon de l’agriculture, fin février.

Pour désamorcer le mouvement, le gouvernement a promis le mois dernier de nouvelles aides sous la forme d’une baisse de sept points des cotisations sociales, un effort pour l’Etat évalué à 500 millions d’euros.

Mais il s’agit là, pour les syndicats, d’un simple pansement sur une plaie béante, en attendant un traitement européen.

Agriculture: Bruxelles accepte de limiter la production de lait

Malmené en France par les agriculteurs qui raillent son impuissance à endiguer la crise du secteur, le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, a arpenté l’Europe ces dernières semaines pour convaincre ses homologues de revoir certaines règles. Et visiblement, cette action est en passe de porter ses fruits.

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Ce lundi, après une longue réunion des 28, la Commission européenne s’est dite prête à réduire temporairement la production de lait afin de soutenir les cours sur les marchés. « Je suis prêt à proposer l’application de telles règles », a déclaré le commissaire, Phil Hogan, devant les ministres de l’Agriculture des 28 réunis à Bruxelles, ouvrant ainsi la voie à l’activation d’une mesure permettant aux opérateurs du secteur de s’entendre, sur une base volontaire, sur des limitations temporaires de la production.

« Les modalités complètes de cette mesure doivent encore être finalisées par la Commission et j’espère que nous serons en mesure de les communiquer aux Etats membres très prochainement », a ajouté le commissaire Hogan.

Hausse du stockage du lait

Autre mesure de nature à protéger les agriculteurs contre la chute des prix, le commissaire Hogan a annoncé qu’il proposait un doublement des niveaux de stockage pour la poudre de lait et le beurre, respectivement à 218 000 tonnes et 100 000 tonnes. La France souhaitait pour la poudre de lait un relèvement du plafond à 160 000 tonnes pour l’ensemble des 28 (contre 109 000 actuellement). Cette mesure de quotas vise à sortir temporairement du marché une partie des produits, afin de soutenir les prix.

Les agricutleurs ont déployé une banderole « combien de morts faut-il », lors d’une manifestation contre la baisse des prix des produits agricoles, à Chartres, le 2 février 2016afp.com/JEAN-FRANCOIS

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Peste acide : « De l’engrais, de la drogue, de l’engrais… »

« De l’engrais, de la drogue, de l’engrais, de la drogue… Ça faisait des poireaux gros comme des poignets ! Ah ça oui, ils étaient beaux les poireaux ! »

A Signy, un petit village du Poitou, les veuves sont nombreuses et les chardonnerets disparaissent. Tout le monde sait pourquoi : ce sont les traitements chimiques déversés sur les sols.

« Quand ils traitent, y a pas intérêt à laisser son chien manger un brin d’herbe en promenade ! »

Dans « Peste acide », un court documentaire de Rodolphe Alexis, les agriculteurs de Signy reviennent sur 50 ans d’agriculture intensive.

« On pourrait en boire ! »

C’est dans les années 60 qu’ils ont délaissé les binettes pour se tourner vers le DDT, poussés par la conjoncture économique et les belles paroles des commerciaux.

« Les commerciaux de chez Bayer et compagnie venaient dans les coopératives agricoles. L’un a dit du Decis : « On pourrait en boire ! » Et les gens le répétaient aux agriculteurs. »

Il faut du temps avant de réaliser que quelque chose cloche. Les cancers se déclarent dans les années 80.

« A Signy, les gens décédaient assez rapidement après la retraite. Il n’y a qu’à regarder le nombre de veuves qu’il y a dans le village. »

« Hippies »

Aujourd’hui, les agriculteurs apprennent à revoir leurs méthodes. Pratiques raisonnées, circuits courts, engrais naturel, produits bio… comme ceux qu’ils considéraient comme des « hippies », des décennies plus tôt.

Car, comme grommelle l’un des interviewés :

« Depuis 40 ans, y avait de l’abus avec les traitements, on traitait à tort et à travers. Maintenant, il y a un peu d’abus dans l’autre sens, parce qu’il n’y aura plus rien. Maintenant, il n’y aura plus que le bio qui va compter. »

Un son pas bucolique sur les campagnes, que nous vous proposons avec notre partenaire Arte Radio.

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Commentaires

  • Frank  •                                  Les Marchés agricoles étant déréglés au départ, qui a eu la géniale idée de démanteler les systèmes de régulation? Et les producteurs, comme tous commerçants ne devraient pas avoir à vendre à perte… pour finalement disparaître                                                                                                                                                 XAVIER  •                                 et pendant ce temps là les agriculteurs australien nous ont piqué le marché chinois de la poudre de lait, véridique combien de marché international va t on perdre, combien d’emploi dans l’agroalimentaire français vont disparaître. Ce monde de ces éternels assistés que sont les agriculteurs.  le marché du porc chinois c’est les allemands qui l’ont

  • Gerard  •                                    moins de production de lait veut dire limitation de bêtes eh bien il vous a bien mis le folldingue

  • René  •                                      Ou quand ceux qui ne savent pas où est l’avant et l’arrière d’une vache parlent de limiter la production de lait. Hilarant !!!!

  • blablabla  •                            ils font de l’intensif pour limiter la production a grand cout de credits… ils sont fous…

  • AUBERT  •                              C’est la meilleure démonstration que le marché est en échec et pas seulement dans l’Agriculture…

  • Robert  •                                 virez moi cette Commission, ils n’ont jamais fait de commissions pour acheter à bouffer, puisqu’ils bouffent au restaurant tous les jours et à nos frais (moyenne d’un repas ?)

  • Romain  •                              De plus en plus de monde en Europe, de moins en moins de production agricole, de moins en moins de terres arables.Préparerait-on une famine

    P  •                                            vous allez dire maintenant que dans le poitou ils font du bio

    sur une terre vérolée et polluée !!!!!!

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