«jungle»

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PHOTOS – Grande-Synthe : à quoi ressemble le camp de migrants « aux normes internationales » ?

MIGRANTS – A Grande-Synthe (Nord), le premier camp de migrants de France qui répond aux normes internationales du HCR doit accueillir 1.500 personnes à partir de lundi. Sanitaires de qualité, espaces de vie, présence des associations, liberté de circulation sont les points d’orgues de ce « camp humanitaire », qui se veut l’anti-jungle de Calais.

photo-grande-syntheDes volontaires anglais travaillent à l’installation du camp de Grande-Synthe dans le Nord, le 3 mars. Photo: AFP

Migrants: ouverture lundi à Grande-Synthe du premier camp aux normes internationales

AFP
Le premier camp aux normes internationales constitué de maisonnettes en bois installées à Grande-Synthe dans le nord de la France, le 3 mars 2016 Photo DENIS CHARLET. AFP

Un premier camp aux normes internationales constitué de maisonnettes en bois installées à Grande-Synthe (Nord) devrait accueillir lundi ses premiers occupants, des migrants du camp voisin de Basroch, a-t-on appris dimanche auprès de Médecins sans frontières (MSF)

«Le déménagement du camp va avoir lieu lundi matin, vers 10 heures», a déclaré à l’AFP Angélique Muller, coordinatrice chez MSF du futur camp, le premier répondant aux normes internationales ouvert en France depuis le début de la crise des migrants.

Selon le dernier décompte de la préfecture du Nord diffusé jeudi, 1.050 personnes sont recensées sur le camp du Basroch, dont 60 femmes et 74 enfants. Un chiffre qui semble toutefois «sous estimé», selon MSF.

«La mairie voudrait que ce déménagement dure trois jours, ça semble assez court. On va se laisser le temps de voir comment ça va se passer», a précisé Mme Muller.

Pour éviter les «débordements» et un «effet zoo» avec la présence de nombreuses caméras, un «point de ralliement des médias» sera installé dans le camp «afin de protéger les migrants», a souligné Mme Muller.

Pour mener à bien cette opération, 25 agents de MSF seront présents sur les deux sites, ainsi qu’une centaine de bénévoles, selon la même source.

Début février, de forts vents avaient endommagé les deux tiers des 200 tentes installées sur le camp. Après cette tempête, ce sont des maisonnettes en bois qui ont été finalement installées sur le camp, qui jouxte l’autoroute Dunkerque – Calais.

«Il y a aujourd’hui un peu plus de 200 cabanons. On espère en avoir 275 à court terme pour loger au moins 1.500 personnes», a dit Mme Muller, précisant que le camp a été dimensionné pour 2.500 personnes (points d’eau, douches, sanitaires…).

Ce nouveau camp sera géré par MSF et la mairie et n’est pas soutenu par les autorités. «La politique de l’Etat n’est pas de reconstituer un camp à Grande-Synthe mais bien de le faire disparaître» pour offrir des «solutions individuelles» aux migrants en leur proposant de déposer une demande d’asile ou en rejoignant l’un des centres d’accueil et orientation (CAO) de France, avait indiqué mi-février le préfet du Nord, Jean-François Cordet.

Contactée dimanche par l’AFP, la mairie écologiste de Grande-Synthe n’a pas souhaité faire de commentaires.

Le camp du Basroch est considéré comme étant le 2e plus grand bidonville de France, après celui de la «Jungle» de Calais, dont le démantèlement a débuté lundi.

Le premier camp de migrants de l’Hexagone qui répond aux normes internationales du HCR doit accueillir à partir de lundi 1.500 personnes à Grande-Synthe, dans le Nord. Sanitaires de qualité, espaces de vie, présence des associations, liberté de circulation sont les points d’orgues de ce « camp humanitaire ».

La mairie de Grande-Synthe a précisé que ce camp n’a pas vocation à durer, tout en reconnaissant qu’il perdura tant que des migrants seront là.

Les migrants seront hébergés dans des maisonnettes en bois, installées sur un espace de cinq hectares qui jouxte l’autoroute Dunkerque-Calais. « Il y a aujourd’hui un peu plus de 200 cabanons. On espère en avoir 275 à court terme pour loger au moins 1.500 personnes », a indiqué à l’AFP Angélique Muler, coordinatrice du camp chez MSF, précisant que le camp a été dimensionné pour 2.500 personnes. L’ONG installera 500 habitations à terme.

Chaque petit chalet fait entre 8 et 10 mètres carrés, dans lesquels seront logées 4 ou 5 personnes. Ce camp dit humanitaire a la particularité d’être pourvu de sanitaires de qualité : points d’eau, douches avec eau chaude, toilettes en nombre suffisant. Sur son site, le HCR précise par exemple qu’un point d’eau doit être installé pour 200 à 250 personnes. Amener l’eau, l’électricité, l’éclairage public a constitué le plus gros œuvre des travaux, explique France Info. […]

Enfin, les migrants sont libres d’entrer et sortir du camp comme ils le souhaitent. […]

L’installation de ce camp a coûté 2,7 millions d’euros. Il est financé à 75% par MSF (soit 2 millions d’euros), le reste étant pris en charge par la ville de Grande-Synthe. L’Etat n’a pas participé à son financement. […]

metronews

Migrants à Grande-Synthe : le premier camp aux normes internationales ouvre lundi

© Philippe Huguen , AFP | À terme, médecins sans frontières espère pouvoir accueillir environ 2 500 personnes dans le camp de Grande-Synthe (Nord).

FRANCE 24

Médecins sans frontières a annoncé dimanche l’ouverture lundi d’un premier camp aux normes internationales à Grande-Synthe (Nord). L’ONG espère pouvoir accueillir 1 500 personnes à court terme.

Plusieurs centaines de personnes vivent dans les conditions les plus précaires dans le camp de Grande-Synthe (Nord), près de Dunkerque depuis plusieurs semaines. L’ONG Médecins sans frontières a annoncé dimanche 6 mars l’ouverture lundi d’un camp aux normes internationales définies par le HCR (Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies).

>> À lire sur France 24 notre webdoc : « La boue au ventre, immersion dans le camp de Grande-Synthe »

Le camp, constitué de maisonnettes en bois ainsi que de points d’eau et de sanitaires, accueillera lundi ses premiers occupants, des migrants du camp voisin de Basroch. Il a été dimensionné pour pouvoir accueillir 2 500 personnes.

Selon le dernier décompte de la préfecture du Nord diffusé jeudi, 1 050 personnes sont recensées sur le camp du Basroch, dont 60 femmes et 74 enfants. Un chiffre qui semble toutefois « sous estimé », selon MSF.

« Il y a aujourd’hui un peu plus de 200 cabanons. On espère en avoir 275 à court terme pour loger au moins 1 500 personnes », détaille Angélique Muller, coordinatrice chez MSF du futur camp.

Les autorités françaises ne soutiennent pas le camp

« La mairie voudrait que ce déménagement dure trois jours, ça semble assez court. On va se laisser le temps de voir comment ça va se passer », a précisé la responsable.

Pour éviter les « débordements » et un « effet zoo » avec la présence de nombreuses caméras, un « point de ralliement des médias » sera installé dans le camp « afin de protéger les migrants », a souligné Angélique Muller.

Pour mener à bien cette opération, 25 agents de MSF seront présents sur les deux sites, ainsi qu’une centaine de bénévoles, selon la même source.

Ce nouveau camp sera géré par MSF et la mairie et n’est pas soutenu par les autorités. « La politique de l’État n’est pas de reconstituer un camp à Grande-Synthe mais bien de le faire disparaître » pour offrir des « solutions individuelles » aux migrants en leur proposant de déposer une demande d’asile ou en rejoignant l’un des centres d’accueil et orientation (CAO) de France, avait indiqué mi-février le préfet du Nord, Jean-François Cordet.

Le camp du Basroch est considéré comme étant le 2e plus grand bidonville de France, après celui de la « Jungle » de Calais, dont le démantèlement a débuté lundi.

Migrants : un camp aux normes internationales ouvre à Grande-Synthe lefigaro.fr

EN IMAGES – Ce nouveau site, constitué de maisonnettes en bois, devrait accueillir lundi les migrants du camp voisin de Basroch où vivent plus d’un millier de personnes.

Ils vivaient jusqu’à présent dans des conditions très précaires sur une zone marécageuse, où les pluies transforment l’endroit en terrain boueux. Les migrants du camp du Basroch à Grande-Synthe, près de Dunkerque, doivent emménager à compter de lundi dans un nouveau camp, le premier répondant aux normes internationales ouvert en France depuis le début de la crise des migrants. Le site sera géré conjointement par Médecin sans frontières (MSF) et la mairie écologiste de la ville. «Le déménagement du camp va avoir lieu lundi matin, vers 10 heures», déclare à l’AFP Angélique Muller, coordinatrice du futur camp. «La mairie voudrait que ce déménagement dure trois jours, ça semble assez court. On va se laisser le temps de voir comment ça va se passer.» Pour encadrer l’opération, 25 agents de MSF seront présents, ainsi qu’une centaine de bénévoles.

Le camp a été dimensionné pour accueillir jusqu’à 2500 personnes. Le nouveau site qui jouxte l’autoroute Dunkerque-Calais devait initialement être composé de 500 tentes mais, début février, un sévère coup de vent avait endommagé deux tiers de celles-ci. La mairie et l’ONG ont finalement opté pour des abris en bois ressemblant à des petits cabanons. «Ce sont de petits chalets qui doivent faire entre 8 et 10m², et dans lesquels pourront loger quatre personnes», décrit Samuel Hanryon de MSF interrogé sur France Info. «Il y a aujourd’hui un peu plus de 200 cabanons. On espère en avoir 275 à court terme pour loger au moins 1500 personnes», précise de son côté Angélique Muller. Une buanderie, des WC et des espaces de restauration seront présents sur le nouveau site.

L’initiative n’est pas soutenue par l’État. «La politique de l’Etat n’est pas de reconstituer un camp à Grande-Synthe mais bien de le faire disparaître» pour offrir des «solutions individuelles» aux migrants en leur proposant de déposer une demande d’asile ou en rejoignant l’un des centres d’accueil et orientation (CAO) de France, avait indiqué mi-février le préfet du Nord, Jean-François Cordet. Le gouvernement français se montre d’autant plus frileux sur l’ouverture de camps de migrants structurés qu’il ne souhaite pas renouveler l’expérience du camp de Sangatte, dans le Nord ouvert en 1999 par la Croix Rouge et qui, débordé, avait dû être fermé en 2002. Autre raison de son opposition à la mise en place d’un nouveau camp: la lutte contre les passeurs. Un réseau a justement été démantelé lundi à Grande-Synthe par la Police aux frontières.

Selon le dernier décompte de la préfecture du Nord, 1050 personnes, en majorité Kurdes, sont recensées sur le camp du Basroch. Parmi eux, 60 femmes et 74 enfants. À croire MSF, ce chiffre semble «sous-estimé». La population du camp, composé majoritairement de Kurdes, atteignait encore près de 2900 personnes début décembre. Depuis le 1er octobre 2015, 232 migrants de Grande-Synthe ont effectué une demande d’asile, selon la préfecture. En parallèle, depuis mi-janvier, grâce aux maraudes sociales mises en place par l’État, le nombre de départs volontaires pour des CAO a fortement augmenté avec quelque 40 départs par semaine. Le camp du Basroch est considéré comme étant le deuxième plus grand bidonville de France, après la «jungle» de Calais.

Ouverture à Grande-Synthe du premier camp humanitaire de France

LE MONDE Maryline Baumard

Le camp humanitaire de Grande-Synthe.

La ville de Grande-Synthe (Nord), déménage d’ici au mercredi 9 mars les 1 050 migrants kurdes qui campent dans la boue depuis des mois. Ils seront relogés, avec les 300 mis à l’abri par la préfecture, dans un camp humanitaire pensé et financé par Médecins sans frontières (MSF). Damien Carême, le maire Europe Ecologie-Les Verts (EELV) de la ville et Angélique Muller, la responsable de Médecins sans frontières (MSF) exposent les spécificités de cette première en France.

Vous allez être le premier maire de France à avoir sur votre commune un camp humanitaire construit par Médecins sans frontières. Quel est votre état d’esprit au premier jour du déménagement ?

Damien Carême : Je suis satisfait que les femmes, les enfants et les hommes qui vivaient dans des conditions indignes puissent accéder à une installation plus humaine. Médecins sans frontières a fait un travail extraordinaire. Le nouvel espace reste évidemment sommaire, mais je suis heureux que nous soyons capables d’héberger dignement 1 500 personnes dans les 213 cabanons en bois chauffés, disponibles dès aujourd’hui, qui augmenteront jusqu’à 375. Ils auront à leur disposition des lieux de vie, des prises électriques pour recharger leurs téléphones, des douches, des toilettes, des lieux de distribution et un espace où Médecins sans frontières et Médecins du monde pourront à tour de rôle les soigner.

Lire aussi :   MSF à Grande-Synthe : « Nous ne construirons pas un camp où les migrants seront enfermés »

Le nouveau camp est plus loin du centre-ville. Tout le monde déménagera-t-il ?

Angélique Muller : Le déménagement s’opère sur la base du volontariat. Mais nous travaillons depuis deux mois à convaincre les familles et disposons déjà d’une liste de près de 800 volontaires pour changer de lieu. En fin de semaine dernière, nous avons organisé des visites sur le nouveau camp, pour qu’ils puissent constater l’évolution des travaux, et les retours sont très positifs.

Concrètement, comment va se passer le déménagement ?

Angélique Muller : Vingt-cinq collaborateurs de MSF vont superviser 100 bénévoles de toutes les associations locales et internationales en action depuis des mois, présents sur les deux sites. Nous serons aux deux bouts de la chaîne, capables d’organiser en même temps les départs et les arrivées.

Damien Carême : Côté municipalité, nous mettons cinq bus à disposition qui feront des navettes jusqu’à 17 h 30. L’idée est que les gens n’emportent que leurs effets personnels. Des kits d’hygiène leur seront distribués à l’arrivée ainsi que des kits de nuit. Ils ne viendront pas avec leur matelas.

Que se passera-t-il si mercredi des migrants ne veulent pas changer de lieu ?

Damien Carême : Ils seront évacués jeudi par la police. Je ne veux pas garder deux camps et je considère qu’ils mettent de la mauvaise volonté s’ils refusent de migrer vers le nouvel espace que nous leur offrons.

J’ai besoin de récupérer très vite ce terrain. Je m’y suis engagé en tant qu’élu, auprès des riverains et je vais construire, à la place du campement du Basroch, un quartier écologique.

Angélique Muller : Nous aurions souhaité disposer de plus de temps, mais nous ferons le point avec la mairie sur l’avancée du déménagement d’ici mercredi.

Comment s’opérera ensuite la gestion quotidienne de ce nouveau lieu ?

Damien Carême : Utopia 56, l’association qui assure toute la logistique du festival des Vieilles Charrues, coordonnera la présence sur place de multiples bénévoles. Les nombreuses associations et bénévoles qui palliaient déjà dans l’ancien camp les manquements de l’Etat vont continuer à opérer, et restent les bienvenues, mais de façon plus organisée qu’aujourd’hui, sous le regard d’Utopia 56. Cela signifie que des repas seront délivrés, des distributions de vêtements organisées et que des maraudes sociales continueront.

Angélique Muller : En plus des consultations médicales locales assurées dans un bâtiment en dur disposant d’eau courante et des systèmes de référencement médicaux aux structures sanitaires, MSF continuera ses maraudes. Aller à la rencontre des gens vulnérables, des gens malades reste essentiel pour nous. Et jusqu’à fin avril nous distribuerons le pétrole qui permettra à chaque famille de se chauffer.

Damien Carême : Je dois ajouter qu’une association assurera l’entretien des sanitaires et des douches. L’AFEJI s’occupera de la gestion des sanitaires – nettoyage des douches, des toilettes, régularisation de l’accès aux douches et système de maraude.

Lire aussi :   Grande-Synthe: trois visions de l’urgence humanitaire pour le futur camp de migrants

Qui paie pour l’installation et le fonctionnement de ce premier camp humanitaire aux normes internationales ?

Angélique Muller : MSF consacre 2,6 millions d’euros à cette installation. Nous ne voulons pas être remboursés par l’Etat. Nous sommes un acteur indépendant et jouons à Grande-Synthe notre rôle d’association humanitaire, comme nous le faisons ailleurs dans le monde face à des êtres humains qu’on laisse vivre dans des conditions extrêmes.

Cela dit, notre réalisation montre à l’Etat qu’il n’y a pas besoin d’une dizaine de millions d’euros pour installer dignement entre un et deux milliers de migrants. Le bénévolat est important, les gens ont envie d’aider et il nous semble important d’un point de vue citoyen de leur permettre de le faire.

Damien Carême : La mairie de Grande-Synthe, elle, a investi 500 000 euros pour cette installation et nous espérons bien que l’Etat nous rembourse cette somme. Nous souhaitons aussi qu’il prenne en charge les 2,5 millions d’euros annuels de fonctionnement du lieu. La municipalité de Grande-Synthe n’a pas les moyens de le faire.

Ce camp sera-t-il contrôlé comme peut l’être le camp de conteneurs de Calais ?

Damien Carême : Non ! Bien évidemment. Il y aura juste quatre gendarmes devant empêchant les gens d’y entrer avec des tentes.

Angélique Muller : Il était hors de question que les entrées et les sorties soient contrôlées. Nous sommes des humanitaires, pas des policiers. Nous avons exprimé clairement notre volonté de libre accès sans enregistrement ou prise d’empreintes.

Il est de notoriété publique que le camp du Baroch est tenu par les passeurs. Le nouveau camp le sera-t-il aussi ?

Damien Carême : La ville espère reprendre la main. Dix-sept passeurs ont été arrêtés ces quinze derniers jours. Je suis un élu et je souhaite aussi que la police et la justice fassent leur travail. Pour que les interventions policières continuent à être possibles sur le nouveau camp en cas de besoin, la commune vient d’acheter les deux tiers du terrain sur lequel est installé le nouveau camp.

Angélique Muller : MSF est locataire d’un tiers de la parcelle.

Avez-vous observé des arrivées depuis Calais ?

Angélique Muller : Des arrivées ponctuelles mais pas en grand nombre. Mais la population des deux camps diffère, ici 90 % de la population est kurde d’Irak, il se peut que les Kurdes irakiens de Calais viennent. Ils forment un groupe de quelques centaines, ce qui est absorbable.

En octobre-novembre, les migrants étaient 2 500 à Grande-Synthe, ils sont un peu plus de 1 000 aujourd’hui et n’ont été que quelques centaines à partir dans les centres d’accueil et d’orientation (CAO) du gouvernement. Que sont devenus les autres ?

Damien Carême : Vous vous posez vraiment la question ? Ils avaient payé pour aller en Grande-Bretagne… Ils y sont très certainement à l’heure où nous parlons.

Nouveau camp de migrants de Grande-Synthe: « Là-bas, il y aura moins de boue »

d-ici-le-debut-du-mois-de-mars-les-1-800-migrants-du-camp-de-grande-synthe-auront-demenage_5518409D’ici le début du mois de mars, les 1800 migrants du camp de Grande-Synthe auront déménagé dans un camp de réfugiés mieux aménagé.    Geoffrey Bonnefoy

Le camp humanitaire de Grande-Synthe, le premier du genre en France, doit accueillir début mars les migrants issus du camp historique, sale et peu aménagé, qui a vocation à disparaître. Un déménagement accueilli timidement chez les principaux intéressés, peu regardants sur leurs conditions de vie.

Les jours sont comptés pour le camp de migrants de Grande-Synthe, dans le Nord. Du moins sous sa forme actuelle. D’ici le début du mois de mars, les 1800 migrants qui vivent sous des tentes dans un bidonville le long du boulevard Pierre Mendès-France déménageront à quelques kilomètres de là, sur un camp humanitaire ouvert par la ville et Médecins sans frontières. Un lieu qui répondra aux normes du HCR, le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, une première en France. Un déménagement qui, pour se faire en douceur, a de nombreux défis à relever.

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La grande majorité du terrain est en zone inondable.    Geoffrey Bonnefoy

D’emblée, Damien Carême, le maire EELV de la commune prévient: « Il ne s’agit pas d’un nouveau camp, mais bien d’un déménagement ». Ce dernier l’assure: le nombre de place mis à disposition correspondra au nombre de migrants installés dans les tentes. Pas plus, pas moins. L’élu écolo, favorable à leur accueil, ne veut pas créer d’appel d’air dans l’agglomération, et au-delà, d’autant que la semaine dernière, la préfète de la région a ordonné l’évacuation partielle de la jungle de Calais, à 40 kilomètres de là… avec le risque que les personnes évacuées rejoignent Grande-Synthe. « Ils ne viendront pas, je ne peux pas les accueillir », tranche-t-il.

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« Les migrants ne sont pas des crapules »

Accueillant, mais ferme, voilà comment veut apparaître Damien Carême, qui ne décolère pas contre l’inaction de l’État. « Actuellement, rien n’est fait. Rien. Mais merde, on est en France! », s’emporte-t-il. « Ces gens ne sont pas des crapules, même si le risque zéro n’existe pas; parfois, il y a des échanges de coups de feu entre passeurs, mais ça ne concernent pas les migrants. Ces derniers n’ont pas fait 6000 kilomètres pour vivre dans une tente à Grande-Synthe! » Face aux conditions déplorables d’assainissement, d’hygiène et de sécurité, et après quelques tergiversations avec l’État, la construction d’un camp humanitaire a donc été actée en début d’année.

entre-les-tentes-des-peluches-abandonnees_5518421Entre les tentes, des peluches abandonnées dans la boue par les enfants.  Geoffrey Bonnefoy

Son financement est assuré à 80% par Médecins sans frontières, qui supervise la construction sur un terrain mis à disposition par la ville. Une bande de terre de 6 hectares, coincée entre l’autoroute et la voie de chemin de fer, où sont en train d’être installées des tentes spacieuses et chauffées – le terrain peut accueillir au maximum 500 tentes de 5 places chacune -, des sanitaires, des points d’eau et d’électricité, le tout sur un sol qui ne prendra pas l’eau, contrairement à l’ancien camp, où la boue règne en maîtresse absolue. Autres avantages: l’absence totale de riverains, et la possibilité de mieux contrôler les entrées grâce à sa forme en entonnoir, et ses points d’accès limités. « Les conditions de vie n’auront rien à voir avec l’ancien camp », explique Raphaël, chargé de communication de l’association.

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Un camp « temporaire » parti pour durer

La gestion du lieu sera ensuite confiée à une association, l’Afeji, pour éviter qu’il ne tombe aux mains des passeurs. « Pas question que les douches, ou tout autre service proposé, ne deviennent payants », assure le maire, allusion à une tentative qui a eu lieu dans le camp actuel. Coût de l’opération: 2,5 millions d’euros, que l’association et la ville espèrent bien se faire rembourser par l’État.

Comme tout camp humanitaire, celui de Grande-Synthe n’a pas vocation à être pérennisé. Tôt ou tard, il sera démantelé. Oui, mais quand? Bonne question, d’autant que les deux principaux acteurs sont partagés sur le timing. « Il ne faut pas se mentir, ça va durer un peu », assure MSF, qui a prévu une existence d’environ 2 à 3 ans. Le maire, de son côté reste plus flou sur le planning: « C’est une réponse temporaire, le temps que des solutions soient trouvées à l’international [pour enrayer la crise migratoire, NDLR]. Quand les familles partiront, nous démonterons les tentes. Je sais que ça prendra du temps », concède-t-il.

« On ne mettrait même pas des animaux ici »

Dans les abris du boulevard Pierre Mendès-France, l’arrivée du nouveau camp est accueillie avec une relative indifférence. Pourtant, la situation n’est plus tenable; l’a-t-elle seulement déjà été? Sur ce terrain autrefois boisé, en face d’un petit lotissement propret, s’entassent 1800 migrants dans un véritable bidonville, envahi par les ordures et la boue. Un lieu qui a vu sa population croître de façon exponentielle l’été dernier, passant de 500 personnes à 2500, pour se stabiliser fin 2015.

Les frêles tentes de toile résistent certes aux averses de pluie et de grêle qui tombent ce matin de février, mais ne protègent en rien du froid. « Ça caille », confesse Maziar*, un Iranien d’une trentaine d’années installé debout, devant sa « maison » qu’il pointe fièrement du doigt. « J’ai entendu parler du déménagement, mais je ne sais pas quand ce sera. Vous connaissez la date?, demande-t-il. Il ne peut pas y avoir plus de boue qu’ici, ça sera déjà ça ».

De l’entrée du camp jusque dans ses moindres recoins, la boue est omniprésente. Parfois liquide, parfois épaisse, glissante lorsqu’il a plu, collante lorsqu’elle stagne, elle pousse les migrants à rivaliser d’ingéniosité pour la vaincre. Ici, des tapis ont été jetés en nombre dans une flaque boueuse pour essayer de l’assécher, là un chemin fait de palettes de chantier recouvertes de grillage à poules a été aménagé. Mais par endroit, la boue refuse catégoriquement de se laisser dompter. Il faut alors l’affronter ou la contourner.

dans-le-camp-de-grande-synthe-la-boue-est-omnipresente_5518415La boue est omniprésente.  Geoffrey Bonnefoy

Déménagement ou pas, la vie continue sur le camp. Sur l’allée centrale, Usam, un jeune Kurde d’une vingtaine d’années, monte une nouvelle tente de huit places pour ses amis et lui. « On va pouvoir faire la fête toute la nuit », plaisante-t-il avant de regarder ses mains, boueuses, et ses bottes dans le même état. Son visage devient grave, il se remet à la tâche. « Je n’en peux plus de toute cette merde, cette boue. On ne mettrait même pas des animaux ici », grommelle-t-il. Derrière lui, passe une des résidentes – les femmes représentent 20% de la population – qui pousse une brouette pleine de vaisselle sale. Direction l’entrée principale où se concentrent les points d’eau et les douches; 45 pour 1800 personnes. Pendant que les uns se lavent, les autres attendent dans le froid, mordant en ce mois de février, souvent sous la pluie. Leur nombre, très insuffisant, sera revu à la hausse. « Douches et toilettes seront dispatchées sur les 6 hectares du nouveau camp », précise MSF.

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Des migrants guère regardants sur leurs conditions de vie

Reste à convaincre les migrants de déménager… Car certains sont sceptiques, voire inquiets. « Ici, on est libre de nos allées et venues. Là-bas, ce sera une prison. Mais il y aura moins de boue », assure Usam, partagé sur le sujet. Il n’a pas vu le nouveau camp, mais explique avoir entendu des « histoires » à son sujet. Des rumeurs relayées de bouche en bouche qui finissent par tordre un peu la réalité.

« Est-ce qu’ils vont nous prendre nos empreintes? », renchérit Kamal*. Ce jeune Kurde d’une vingtaine d’années ne voudrait pas signer une demande d’asile en France à son insu, ce qui ferait s’évanouir son rêve de rejoindre l’Angleterre, un rêve partagé par la très grande majorité des migrants. Malgré le froid, malgré la boue, malgré la pluie, il est catégorique: « Je ne veux pas déménager, je veux rester ici ». « Beaucoup de migrants, excepté les familles, se soucient peu des conditions dans lesquelles elles vivent, tant qu’il y a l’essentiel. Ils n’ont qu’un seul objectif: traverser la Manche », soupire le salarié de MSF. Ce que confirme Arash*, lui aussi Kurde. « Un nouveau camp? Je n’en ai pas entendu parler. Mais je m’en fiche, je veux aller en Grande-Bretagne et c’est tout, explique le jeune homme, qui précise, comme pour se convaincre, que « le froid, [il] aime bien ça » alors que le thermomètre dépasse à peine les 5°. Rejoindre l’Angleterre, un de ses deux rêves, avec celui de trouver une petite amie. Il y met tout son coeur. « J’ai tenté plusieurs fois la traversée, en essayant de monter dans un camion, en vain », explique-t-il.

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Après le déménagement, les constructions doivent être démolies.  Geoffrey Bonnefoy

Le camp « historique » voué à la démolition

Ceux qui habitent à proximité du camp de réfugiés en construction sont au courant de l’arrivée de leurs nouveaux, mais lointains voisins. « Oui, bientôt ils ne seront là, soupire une riveraine. Bon an, mal an, elle philosophe: « Il faut bien qu’ils aillent quelque part ». Elle tente alors de se rassurer: « Ma soeur travaille à proximité du bois où ils sont actuellement. Elle croise les migrants tous les jours. Ils disent bonjour. Et en français ! », explique-t-elle.

Que deviendra l’ancien camp? À terme, après le déménagement, il a vocation à être démoli, croit savoir Médecins sans frontières. Dix ans après l’arrivée des premiers migrants le long du boulevard, Grande-Synthe s’apprête à tourner la page de ce camp « de la honte ». Mais sans résoudre véritablement le problème.

*Prénoms d’emprunt

Grande-Synthe : avec dix jours de retard, les migrants seront finalement logés dans des cabanons

 ALEXIS CONSTANT

L’installation du futur camp humanitaire de Grande-Synthe a pris une dizaine de jours de retard, après le coup de vent qui a soufflé une centaine de tentes début février. La pose de cabanons en bois a été jugée plus adéquate. Enfin, le nombre de places dans le camp pourrait être nettement revu à la baisse.


Les tentes, qui ont une trop grosse emprise au vent, sont démontées au fur et à mesure pour laisser la place à des abris en bois. PHOTO MARC DEMEURE
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Exit les tentes. Elles seront toutes remplacées par des cabanons en bois. Médecins sans frontières (MSF), en charge du chantier du futur camp humanitaire près de l’ancienne coopérative linière, a dû changer son fusil d’épaule. Le 9 février, un violent coup de vent avait soufflé plus d’une centaine de tentes, sur les 500 qui devaient être installées. MSF a dû se rabattre sur un plan B, en choisissant des structures plus solides.

Le montage des cabanons, toujours en cours, a eu pour conséquence de retarder l’ouverture du camp de migrants. Le déménagement de la « jungle » du Basroch était prévu à l’origine pour ce début de semaine. Dans le meilleur des cas, le camp humanitaire recevra ses premiers hôtes autour du 10 mars.

Pas « un démantèlement par la force »

En attendant, la ville de Grande-Synthe a édité des prospectus d’information aux migrants, en plusieurs langues. Ils seront distribués dans la « jungle » du Basroch, et expliqueront aux intéressés les modalités et avantages du futur camp, afin de les convaincre qu’ils seront mieux lotis près de la linière, qu’ils bénéficieront d’une infirmerie, qu’ils seront au chaud et au sec. Mais surtout, qu’ils ne seront pas contrôlés aux entrées et sorties du site.

« Nous ne voulons pas un démantèlement par la force, mais un déménagement volontaire. Ce camp ne sera pas un enfermement pour les réfugiés », insiste-t-on à la ville de Grande-Synthe.

La tâche s’annonce moins compliquée

Reste que si au bout de la période de trois jours durant laquelle les migrants seront invités à déménager, des irréductibles s’accrochent encore à leur « jungle », la force publique sera sollicitée pour les déloger.

Avec un gros millier d’exilés actuellement présents sur le site du Basroch, au lieu des 2 500 il y a un peu plus d’un mois, la tâche se montre un peu moins compliquée. Si l’annonce n’est pas encore officielle, c’est l’AFEJI qui devrait être nommée gestionnaire du futur camp et qui coordonnera ainsi tous les intervenants sur le terrain.

Le camp de migrants de Grande Synthe s’apprête à déménager

media Un migrant passe à cotés de tentes enlisées dans la boue, dans le camp de réfugiés de Grande-Synthe, le 12 janvier 2016. REUTERS/Benoit Tessier

Les 2 500 réfugiés présents dans le camp de Grande-Synthe, dans le nord de la France, devraient déménager courant février vers un site qui répond aux normes internationales. L’Etat, d’abord réfractaire à cette initiative du maire de la ville, vient finalement de donner son accord.

Le maire de la commune de Grande-Synthe l’appelle « le camp de la honte ». Un terrain à moitié boisé, à moitié marécageux sur lequel sont installées des centaines de tentes de camping, les arceaux plantés directement dans plusieurs centimètres de boue. Certaines, déchirées, gisent au beau milieu des flaques, entre les lambeaux de poussettes, les restes de nourritures, et les chaussures trop usées. C’est ici que vivent 2 500 personnes, dans l’espoir de rejoindre l’Angleterre.

« Je n’ai pas pris de douche depuis un mois »

En début de matinée, le camp s’éveille doucement. Au bord du chemin principal, une odeur pestilentielle pique le nez. Un agent de la mairie vide et nettoie la vingtaine de toilettes chimiques. Emmitouflés dans des écharpes, les migrants qui passent devant les sanitaires se couvrent le nez et se raclent la gorge.

Les 2 500 hommes, femmes et enfants du camp doivent se partager 48 douches. « On arrive à fournir entre 200 et 250 douches par jour. C’est largement insuffisant pour un camp de cette taille », s’insurge Mathieu Baltazar, infirmier et chef de projet adjoint chez Médecins sans frontières.

Alan, venu d’Irak, n’a pas pour habitude de les utiliser. « Elles sont sales, et l’eau est froide, je n’ai pas pris de douche depuis un mois ». Il montre ses mains, couvertes de plaques rouges. Pendant la conversation, Alan s’éclipse. Son ami dit en souriant « Il va aux toilettes… enfin dans la jungle ». Alan et ses amis n’utilisent pas non plus les toilettes du camp « immondes, et puants ». Depuis des semaines, ils vont faire leurs besoins dans les bois, à l’écart de la tente.

Un camp devenu « ingérable »

Le camp de Grande-Synthe n’a jamais été dans un tel état. Les premiers exilés désireux de partir en Grande-Bretagne s’y sont installés en 2006 à cause de sa proximité avec une station-service près de l’autoroute. Les camions stationnés leur permettaient alors de multiplier leurs chances de grimper dans les remorques direction Calais, puis l’Angleterre. « A cette époque, ils restaient 24 ou 48 heures, pas plus », se souvient Damien Carême, maire EELV de Grande-Synthe depuis 2001.

Depuis l’été 2015 et la politique de sécurisation de la frontière franco-britannique, les réfugiés ont de plus en plus de difficultés à passer en Angleterre, mais ils sont toujours aussi nombreux à arriver. A peine quelques dizaines au mois de juillet, ils sont aujourd’hui 2 500. « C’est devenu ingérable », admet Damien Carême.

« C’est pire qu’à Calais », reconnaît de son côté Christian Salomé, président de l’Auberge des migrants, une association historique qui aide depuis des années les migrants en transit dans cette région. « A Calais, nous avons pu construire des cabanes, aujourd’hui encore nous en avons construit 20 ou 30. A Grande-Synthe, ça ne sont que des tentes de camping », regrette-t-il.

Un migrant tient ses bottes couvertes de boue devant un graffiti où il est écrit «bienvenue dans la jungle». REUTERS/Pascal Rossignol

Le déménagement approche

Le camp de Grande-Synthe n’a pas vocation à durer. Les 20 hectares accueilleront bientôt un éco-quartier. Au mois de novembre 2015, en lien avec Médecins sans Frontières, le maire de la ville a accéléré le projet de déménagement des réfugiés vers un camp qui réponde aux normes sanitaires internationales.

Mais alors qu’à la même époque, le gouvernement français lance les travaux pour la création d’un centre d’hébergement provisoire à Calais, Damien Carême et MSF se heurtent au refus de l’Etat, inquiet des risques sécuritaires liés à l’action des passeurs et à la proximité de l’autoroute du futur terrain.

Après des semaines de négociations, et face à l’hiver moins clément des derniers jours, la préfecture du Nord a finalement annoncé lundi 11 janvier qu’elle ne s’’opposait pas au projet. Sans grand enthousiasme. « La position de l’Etat n’est pas de réinstaller un camp à Grande-Synthe, mais bien de trouver des solutions individuelles, l’asile, ou le transfert vers des centres d’accueil et d’orientation », a précisé Jean-François Cordet, préfet de la région Nord Pas-de-Calais-Picardie.

500 tentes chauffées de 5 places chacune

Avec cette ultime étape franchie, les travaux débuteront dans les jours prochains. Les équipes de Médecins sans Frontières sont déjà à pied d’œuvre. Le bail du terrain signé, il s’agit désormais de démarrer le vaste chantier pour installer au plus vite les 500 tentes chauffées de 5 places chacune, ainsi que les raccordements d’eau et les installations sanitaires.

Le travail doit aussi se faire dans le camp de Grande-Synthe, auprès des migrants. Beaucoup craignent de devoir donner leur empreinte pour accéder au futur camp. « Mais c’est faux, le camp est absolument ouvert, nous n’avons pas vocation à construire une prison », précise Michel Janssens, chef de mission à Médecins sans Frontières. Les équipes de l’ONG iront à la rencontre des hommes, des femmes et des familles présents sur le camp. Il va falloir faire vite, car les délais sont courts. Le nouveau camp doit ouvrir dans un mois.

Une peluche pour enfant abandonnée dans la boue. REUTERS/Pascal Rossignol

Alors que le démantèlement de la « jungle » de Calais se poursuit, un premier camp aux normes internationales ouvre pour les migrants à Grande-Synthe

GRANDESYNTHE

MIGRANTS – Un premier camp aux normes internationales constitué de maisonnettes en bois installées à Grande-Synthe, dans le Nord, devrait accueillir ce lundi 7 mars, dès 10 heures, ses premiers occupants, des migrants du camp voisin de Basroch, d’après Médecins sans frontières (MSF). Il s’agit du premier camp répondant aux normes internationales ouvert en France depuis le début de la crise des migrants.

Selon le dernier décompte de la préfecture du Nord, 1050 personnes sont recensées sur le camp du Basroch, dont 60 femmes et 74 enfants. Un chiffre qui semble toutefois « sous estimé », selon MSF. « La mairie voudrait que ce déménagement dure trois jours, ça semble assez court. On va se laisser le temps de voir comment ça va se passer », a précisé Angélique Muller, coordinatrice chez MSF du futur camp.

Pas de soutien de la part des autorités

Pour éviter les « débordements » et un « effet zoo » avec la présence de nombreuses caméras, un « point de ralliement des médias » sera installé dans le camp « afin de protéger les migrants », a-t-elle également souligné. Pour mener à bien cette opération, 25 agents de MSF seront présents sur les deux sites, ainsi qu’une centaine de bénévoles, selon la même source.

Début février, de forts vents avaient endommagé les deux tiers des 200 tentes installées sur le camp. Après cette tempête, ce sont des maisonnettes en bois qui ont été finalement installées sur le camp, qui jouxte l’autoroute Dunkerque – Calais.

« Il y a aujourd’hui un peu plus de 200 cabanons. On espère en avoir 275 à court terme pour loger au moins 1500 personnes », a dit Angélique Muller, précisant que le camp a été dimensionné pour 2500 personnes (points d’eau, douches, sanitaires…).

Ce nouveau camp sera géré par MSF et la mairie et n’est pas soutenu par les autorités. « La politique de l’Etat n’est pas de reconstituer un camp à Grande-Synthe mais bien de le faire disparaitre

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PARIS (Reuters) – Cent quarante-huit réfugiés doivent arriver en France ce lundi en provenance de Grèce dans le cadre du plan européen de relocalisation, annonce Bernard Cazeneuve dans une tribune publiée sur le site de Libération.

La France s’est engagée à accueillir 30.000 réfugiés sur deux ans dans le cadre de ce mécanisme mais, selon le ministre de l’Intérieur, « seuls quelques centaines » d’entre eux sont arrivés dans le pays.

« En dépit de ces dysfonctionnements, la France est le pays qui a accueilli à ce jour le plus grand nombre de réfugiés relocalisés : 148 d’entre eux arrivent ce lundi (…) sur le sol français en provenance de Grèce », écrit-il dans Libération.

Bernard Cazeneuve précise que ces réfugiés « seront accueillis dans des centres d’accueil pour demandeurs d’asile dans plusieurs régions françaises ».

Le processus est pour l’instant lent, reconnaît le ministre, « parce que les dispositifs d’accueil et de répartition des réfugiés dans les ‘hot spots’ ne fonctionnent encore que de façon très imparfaite ».

Il rejette à l’inverse l’idée selon laquelle la France manquerait d’attractivité ou le gouvernement de bonne volonté.

La crise des migrants fait l’objet ce lundi d’un sommet Union européenne-Turquie à Bruxelles.

Migrants: des centaines de Calaisiens vont se rendre à Paris pour dire leur détresse

« La dernière fois qu’il y a eu autant de Calaisiens à Paris, c’était pour la finale de la Coupe de France ! ». A l’instar du restaurateur Pierre Nouchi, environ 500 Calaisiens, dont nombre de commerçants qui estiment payer un lourd tribut à la crise migratoire se rendront lundi près de l’Elysée.

Les images de camions pris d’assaut par des migrants ou des heurts dans la « Jungle » ont terriblement nui à l’image de cette cité de 72.000 habitants qui doit sa fortune et son infortune à se proximité avec les côtes anglaises.

Dix millions de passagers transitent chaque année par son port, mais elle attire aussi des clandestins rêvant de traverser le détroit.

« Il y a une volonté de notre part de dire que les médias, surtout anglais, nous ont assassinés, il faut redorer le blason et dire qu’il ne se passe strictement rien à Calais. Certes, il y a un bidonville à côté de chez nous mais l’Etat a repris la main dessus et il était temps ! », explique M. Nouchi, président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH) du Calaisis, qui chiffre à « 30 à 40% » la baisse de chiffre d’affaires des commerces qu’il représente.

Effectivement, quand on ne se promène dans les artères du centre ville et autour de la place d’armes, on ne distingue pas de migrants, la tristement célèbre « Jungle », dont le démantèlement sous la contrainte a débuté lundi, se situant à une bonne heure à pied de là. Mais on ne croise plus non plus de Belges et de Britanniques, eux qui étaient habitués à faire du shopping à Calais ou à s’y arrêter pour faire bonne chère sur la route de la Côte d’Opale.

« Depuis 20 ans, une habitante du Kent venait toutes les six semaines se faire coiffer ici et elle arrivait avec ses amis, mais avec toutes les images à la télévision, elle ne venait plus » ces derniers temps, regrette Frédérique, qui tient un salon de coiffure sur l’artère principale.

Le choc des images a fait son effet : selon Frédéric Van Gansbeke, boulanger et président du collectif des entreprises et du commerce du Calaisis, qui représente 700 entreprises, « une compétition de natation départementale a dû être annulée car les parents ont refusé que leur enfant vienne nager à Calais ! ». « Ca devient hallucinant », peste-t-il.

– « Un peu d’air » –

Lundi, avec comme slogan « Mon port est beau, ma ville est belle », ce seront dix cars qui partiront de Calais, soit 500 personnes environ, pour un rassemblement près de l’Elysée, à Paris.

Selon M. Van Gansbeke, porte-parole du rassemblement, une délégation de cinq personnes doit être reçue par le ministre des Finances Michel Sapin, un proche collaborateur de François Hollande et un autre de Jean-Marc Ayrault (Affaires étrangères, en charge du tourisme).

Ce déplacement intervient trois jours après celui de la maire de Calais, Natacha Bouchart (LR), reçue par le président de la République. « Je lui ai fais part des difficultés économiques de notre territoire; bon nombre d?entre elles sont des conséquences de la crise migratoire », a indiqué Mme Bouchart, qui a souvent regretté de voir sa ville transformée « en terrain de jeu des extrémistes » lors de manifestations d’extrême gauche ou d’extrême droite.

Les milieux économiques du Calaisis ont bien accueilli l’annonce vendredi de la mise en service, le 29 mars, de l’autoroute ferroviaire pour les poids-lourds entre Calais et Le Boulou (Pyrénées-Orientales), ainsi que la mise à l’étude d’un dispositif permettant un report de charges fiscales, voire d?un effacement dans certains cas.

Mais la délégation veut aussi demander « la création d’une zone franche à l’échelle du Calaisis » et « un grand plan de relance du tourisme », selon M. Van Gansbeke. « on attend des annonces qui vont nous donner un peu d’air pour pouvoir survivre un peu plus longtemps », confie M. Nouchi.

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commentaires

Vincent Milan                       Grande Synthe sur Porte dauphine ? Madame Hidalgo fut-elle convaincante au Japon pour vanter les charmes de Paris : beauté, calme, luxe et volupté ? Vanter la beauté et la sécurité de la capitale n’était-ce pas une démarche assez audacieuse ?

Mouais                                     Je lis aussi que les charges de fonctionnement sont de 2,5 millions chaque année. C’est une somme énorme à trouver. On devine aisément que ce n’est pas l’ONG qui en sera capable et que ce sera l’Etat qui sera mis en demeure de le faire sous le chantage d’une catastrophe humanitaire. Autrement dit, un Etat en faillite et incapable de se réformer va, encore une fois, être contraint de financer une action avec de la dette

Grande Marguerite                Il suffit de regarder les comptes de MSF, ils ont disponibles en ligne sur leurs site.Un rapide coup d’œil m’apprend que les ressources en 2014 ont été de 283,3 M€. Ah tiens, on dirait que MSF va pouvoir gérer tout seul, finalement…

Il est même précisé que les ressources de MSF sont à 96% des ressources privées. Ah oui, tiens. Ah.

chauvin                                  Je suis étonné de voir qu’un gouvernement qui s’implique avec les associations règle avec une relative facilité et humanité la question du logement des migrants en France, mais que ce gouvernement laisse encore chaque hiver des hommes, des femmes et des enfants français ou résidant en France depuis plusieurs années, vivre et mourir quelques fois dans les rues de nos villes

Youri gagarine                Loger de façon temporaire des populations en déplacement n’a pas grand chose à voir avec insérer de façon durable des individus isolés. Notez que je vous rejoint sur le fait qu’on peut sans doute loger et accompagner ceux qu’on laisse dans la rue. Mais ça n’a pas grand chose à voir avec l’article ici, et ça supposerait des changements économiques et sociaux que peu d’électeurs sont prêts à accepter…

humanitaire ?                A voir l’emplacement de ce camp, éloigné de la ville, coincé entre la voie ferrée et la route, cela ressemble à un campement rom de fortune. Il ne s’agit pas de critiquer pour le plaisir. L’effort est louable, mais les conditions concrètes de l’installation soulignent clairement le caractère provisoire de l’accueil de personnes qui ont fui la guerre et risqué leur vie. C’est mieux que rien, certes. Il faut espérer que les futurs hébergements seront mieux pensés.

HdA                               Cà a l’air riant. Entre la voie ferrée et l’autoroute (elles vont toutes les deux vers le Royaume-Unis, j’espère).

 

  • Le bon coté des choses pour la plupart des raleurs, c’est le soudain reveil pour le bien-être de «  »nos sdf ».

    Restons optimistes!!!😉

  • Photo d'avatar

    A tous les gens qui s’indignent qu’on ne s’occupe pas des sans abris, il y’a de sa 6 mois en arrière vos sans abris vous vous en fichiez royalement, et là comme on parle de migrant vous vous transformez en Abbé Pierre alors que vous ne faites certainement RIEN pour les aider dans votre vie quotidienne, vous passez devant sans les calculer ou peux-être donnez-vous une petites pièce pour vous donner bonne conscience mais personne ne serait prêt a partager un moment, un café, un repas ne serait-ce que dans un snack… bon qu’a se plaindre dans ce pays qui me déçoit de plus en plus… et oui s’il sa me plait pas on ne me retient pas certes, mais j’attend d’avoir assez d’argent avec le RSA et autres aides sociales payés avec VOS impôts pour me payer le billet 😉 a bonne entendeur.

  • (de s’y rendre).

  • Et nos sans abris ,on les met où ? Juste une boisson chaude et une couverture…

    La devise de la France était Liberté, Égalité, Fraternité. Je dis bien ÉTAIT…
    Quelle honte!!! 

    • :     Encore un qui a découvert les sdf il y a deux mois et qui auparavant les traitait d’assistés (si ce n’est pas ton cas c’est celui de la majorité de ceux qui tiennent ce discours opposant les uns aux autres, histoire de justifier leur racisme avoué ou non). Je ne dis pas que le sort des sdf soit enviable mais il ont des structures d’accueil et des associations pour s’occuper d’eux, structures que parfois ils rejettent. ..
      • Disons que tout ça leur a ouvert les yeux sur « nos sdf ».

        De là à ce qu’ ils descendent dans la rue pour alléger un galérien, ne rêvons pas.

          • Ils ouvrent la bouche et ça sent pas bon???

            Ne connaissent ils pas la brosse a dent et le vademecum?        Have a good night oulepa. 

      • Salut charlie.

        Ce qui serait bien ce serait d’en faire autant pour « nos sdf » ,
        Ça éviterait toutes les coms qui essayent de les mettre en concours en plus de leur bien-être.   A noter que l ‘état n’a pas mis une pièce, espérons qu’une ong s’en charge. 

  • incroyable ! ils vont être mieux traités que les pauvres Français qui galèrent ! et en plus à nos Frais ! une Honte !

  • Oui.. La vocation de ce camps n’est pas de durer. MDR

    C’est bien connu.. Tout le monde va rentrer dans son pays d’origine d’ici 4 semaines..

  • S’il y a 100-150.000 sdfs en france, pour la modique somme de 270 millions d’€ on les sort tous de la rue.

  • çà représente 1800€ par personne, mais 9000€ pour une cabane, c’est encore bien trop cher. A leroy merlin il y a des dizaines de modèles en vente, pour 8m² il faut compter 1500-2000€.
    Meme en comptant des blocs spéciaux avec électricité douches wc c’est trop cher.

  • 500×5, 2500 personnes pour 2.5milions d’euros.
    à calais ils ont fait la même chose 100-125×12-15 pour 1500 personnes
    pour 25 millions d’euros !!
    10 fois plus cher pour moitié moins de personne !!!
    et personne dit rien.
    avec des économistes incapables de relever la moindre escroquerie pas étonnant qu’on soit à nouveau au bord de la faillite. et celle là sera pire que celle de 2008. 

    • @evelyne
  • Référendum : ce qui valident, payent, ceux qui refusent, placent leur argent

    Au nom de la Justice populaire et équitable

  • La France n’a pas d’autres priorités que de construire des camps pour clandestins ? Avec le taux de chômage qu’on a , le nombre de sans abris etc., c’est honteux !

    Que nos dirigeants s’occupent d’abord des Français ! Ils ont été élus pour ça !

    • l’Etat n’a pas déboursé un centime pour ce camp !!!!!

      Attention pas d’amalgame

 

Pascal  •                                     Et ceux de Calais , ils sont où au fait ? Le reculer pour mieux sauter du gouvernement encore une fois !

  • Marie  •                        Une petite sauterie est prévue à l’ Elysée est prévue en leur honneur ? Ils pourraient même s’installer dans la cour d’ honneur !
  • Jigsaw  •                        ENCORE!!!! DE QUELLE RELIGION SONT ILS?
  • CANNA  •                      Les français sont des veaux , ou des moutons juste bons à gueuler dans la rue mais pour défendre cette invasion, personne ne bouge , où sont les grandes gueules des syndicats , mais tout simplement d accord avec ce gouvernement qui a bien programmé de nous anéantir tous .
  • Jean  •                           je suppose que ces 150 bougnasses arrivent avec leur corans et leur pondeuses bâchées. Merci bande de salaupes du gvt
  • BOMEC  •                      L’invasion arabe annoncée par le Pape est en route !
  • HOFFMANN  •            Oui, Cazevide a raison, soyons fiers du niveau d’attractivité de la France pour l’immigration clandestine !!! Et puis tant qu’on y est, soyons fiers de battre des records de chômage et de précarité …
  • Nicole  •                       Oh, mon Dieu ! 150, mais c’est une invasion ! Au secours !
  • Dexter  •                       Allahuuuakbaar !
    Dominique  •              + les 250 000 qui rentrent annuellement depuis de nombreuses années!
  • France Debout  •        suite du commentaire (désolé): on prépare l’arrivée de 2500 personnes mais en réalité combien de plus ????
  • guy  •                              La France ne ressemble plus à la France. Les vrais français sont la dernière roue de la charrette.
  • Vinny  •                         les pauvres… j espère qu ils sont prêts à en découdre !! la dictature socialo va leur lancer ces CRS a coups de matraques !!! n avez vous pas encore compris ??? Seul les Français n ont pas le droit de manifester !!!!
  • Lucien  •                       bin ouiai in !!
    il fallo voté Marine LE PEN !!
    ach-t’heur’ t’es là d’in’l C–
  • josiane  •                    ils ne sont encore pas assez nombreux pour debarquer a paris
  • charles  •                     De tout coeur avec eux !!!
    Albert  •                       Ils viennent manifester maintenant que l’on évacue la jungle. J’ai du mal à comprendre les Chtis.
    jean philippe  •         à quoi bon de manifester ! puisque ce gouvernement fait la sourde oreille .
    trucmuche  •              après avoir voté comme des buses ils râlent !!
    faut assumer les gars

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