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Après le « super mardi », leçons et questions pour la suite

Donald Trump et Hillary Clinton ressortent favoris des primaires républicaine et démocrate après les scrutins de mardi dans une douzaine d’Etats. Mais des obstacles demeurent avant qu’ils ne puissent atteindre la majorité absolue des délégués requise aux conventions d’investiture.

– Trump a-t-il l’investiture en poche?

Pas encore. Mais « c’est vraiment quasi-inévitable », ose Dante Scala, politologue à l’Université du New Hampshire.

L’homme d’affaires mène dans la course des délégués pour l’investiture républicaine. Seuls 30% ont été attribués à ce jour, selon un système de proportionnelle, avec souvent une prime au gagnant. A partir du 15 mars, le vainqueur dans la plupart des primaires remportera la totalité des délégués. A la fin du mois, 62% des délégués auront été distribués. Plus le temps passe, plus ce sera difficile pour ses rivaux de le rattraper.

Si Donald Trump atteint la majorité absolue des délégués en jeu (1.237 sur 2.472), la partie est finie et il sera bien le candidat du parti à la présidentielle de novembre.

Si aucun des candidats n’atteint ce seuil à la fin des scrutins en juin, l’investiture sera déterminée à la convention de Cleveland, en juillet. Les délégués voteront au premier tour pour leurs candidats, sans élire de vainqueur, ce qui provoquera des tours supplémentaires dans lesquels les délégués seront libérés de l’obligation de voter pour leur candidat initial. Mais une bataille sur les règles gouvernant leur comportement pourrait envenimer la procédure.

– Marco Rubio perd pied

Le meilleur espoir de l’establishment républicain a déçu mardi: le sénateur de Floride Marco Rubio a terminé deuxième ou troisième dans la plupart des primaires. Malgré le ralliement de dizaines d’élus et figures républicaines, il n’a gagné que dans le Minnesota depuis le 1er février. Sa tactique de répondre à Donald Trump dans le même registre, avec allusions et insinuations douteuses, a fait long feu.

Marco Rubio promet de continuer et vise une victoire en Floride le 15 mars, mais l’argument selon lequel il est le seul capable de rassembler le parti s’amenuise avec chaque défaite.

« Une victoire en Floride est indispensable pour lui », dit Kyle Kondik, de la lettre spécialisée Sabato’s Crystal Ball à l’Université de Virginie.

Au contraire, Ted Cruz, sénateur ultra-conservateur du Texas et ennemi juré de l’establishment, s’accroche. Il a battu Donald Trump dans trois des 15 premières consultations et a appelé Marco Rubio à se retirer.

– L’appareil peut-il encore arrêter Trump?

De nombreux élus, dirigeants et personnalités du parti républicain ont menacé de ne jamais soutenir Donald Trump, quitte à voter Hillary Clinton. D’autres évoquent la perspective d’un candidat conservateur tiers.

Mais la menace pourrait n’être que de pure forme.

« Beaucoup vont finir par soutenir sur le papier Donald Trump », prédit Christopher Arterton, professeur à l’Université George Washington.

Frank Luntz, un sondeur républicain, estime dangereux d’encourager la guerre civile au sein du parti. « Si vous essayez de le tuer, vous pourriez finir par tuer votre propre chair et sang », a-t-il dit sur CBS.

– Hillary Clinton s’installe en tête

« A la fin de cette soirée, nous aurons gagné des centaines de délégués », a lancé Bernie Sanders à ses partisans, en notant que 35 Etats devaient encore s’exprimer après le « super mardi ».

Mais le message du sénateur du Vermont sur les inégalités économiques et contre la collusion entre la classe politique et les lobbys ne rencontre qu’un très faible écho chez les minorités qui forment un bloc crucial de l’électorat démocrate.

Plus de 80% des Noirs ont voté pour Hillary Clinton dans les Etats du Sud, selon les sondages de sorties d’urnes. Au Texas, les deux tiers des démocrates hispaniques ont voté pour elle.

Elle remporte aussi très largement le vote des femmes, qui représentent systématiquement plus de la moitié de l’électorat démocrate.

Au total, Hillary Clinton a remporté 11 des 16 primaires à ce stade et mène largement dans la course aux délégués. Contrairement aux républicains, les délégués démocrates sont attribués à la proportionnelle stricte, ce qui ralentit le calendrier. Mais la dynamique est de son côté.

A quoi ressemblerait l’Amérique version Donald Trump ?

Le milliardaire conforte son statut de favori à l’investiture républicaine pour la présidentielle. Mais nombre de ses propositions semblent impossibles à mettre en œuvre, même s’il parvenait à s’installer dans le bureau ovale.

© Fournis par Francetv info « Quelles sont vos propositions ? » L’interrogation est revenue à plusieurs reprises lors du dernier débat républicain, jeudi 25 février. Les principaux opposants de Donald Trump, Marco Rubio et Ted Cruz, ont tenté d’attaquer le milliardaire, en sous-entendant que son programme était inexistant. Sur son site (en anglais), le businessman est peu disert, se contentant d’afficher ses idées sur cinq thématiques : l’immigration, les impôts, les armes à feu, le département des Anciens combattants et les relations commerciales avec la Chine.

Alors, Donald Trump, « quelles sont vos propositions ? » La question est d’autant plus importante qu’il paraît de plus en plus probable de voir le businessman remporter les primaires républicaines. A l’issue du « Super Tuesday », mardi 1er mars, il a déjà obtenu la victoire dans au moins dix Etats, contre seulement 3 pour l’ultraconservateur Ted Cruz et un seul pour le benjamin de la course, Marco Rubio. Il est temps de se préparer à l’hypothèse : que fera Donald Trump si d’aventure il parvient à s’installer à la Maison Blanche ? Francetv info vous livre les grandes lignes de son programme, des propositions les plus incongrues aux plus crédibles.

Sur l’immigration, un festival d’idées outrancières

Pour lancer sa campagne, en juin 2015, Donald Trump a frappé fort. C’est avec une proposition des plus outrancières que le milliardaire a capté l’attention des médias et marqué les esprits : construire un mur tout le long de la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique pour mettre fin à l’immigration clandestine. « Le Mexique nous envoie des gens qui ont beaucoup de problèmes, expliquait alors Donald Trump. Ils ramènent de la drogue, du crime, ils envoient leurs violeurs. »

Passons sur la hauteur de cette grande muraille, que le businessman fait passer de 9 à 20 mètres au gré de ses discours. Une telle proposition semble clairement irréaliste : elle est techniquement infaisable à certains endroits, par exemple le long du fleuve Rio Grande, estime Real Clear Politics*. Certes, des barrières ont déjà été installées sur plus de 1 000 kilomètres, pour un coût total de plus de 6 milliards d’euros, explique le Washington Post. Mais rendre l’intégralité de la frontière hermétique est virtuellement impossible, à en croire les experts interrogés par le journal. Le département de la Sécurité intérieure dépense déjà plusieurs millions chaque année pour maintenir les barrières existantes et réparer les brèches, qui n’empêchent de toute façon pas de creuser des tunnels pour passer la frontière.

Ensuite, mettre fin au droit du sol, comme Donald Trump le propose, semble compliqué à la lecture de la Constitution des Etats-Unis. C’est l’opinion de nombreux analystes. « Toute personne née ou naturalisée aux Etats-Unis, et soumise à leur juridiction, est citoyen des Etats-Unis et de l’Etat dans lequel elle réside », stipule en effet le 14e amendement du texte. La Cour suprême s’est déjà penchée sur ce texte en 1898.

Mais toutes les propositions du milliardaire en matière d’immigration ne sont pas impossibles. Bannir temporairement les musulmans étrangers par exemple… inimaginable ? Non, une telle mesure n’est pas forcément inconstitutionnelle, à en croire les experts interrogés par les médias américains, comme le Los Angeles Timesou leWashington Post, même si elle contrevient au droit international. D’autres propositions sont nettement moins controversées : généraliser l’usage de la plateforme E-Verify, censée permettre aux employeurs potentiels de vérifier le statut migratoire d’un candidat à un emploi, ou mieux surveiller les détenteurs de visa sont des idées relativement sérieuses, d’après Real Clear Politics.

En politique étrangère, un retour en arrière

En matière de politique étrangère, Donald Trump veut jouer les durs. Sous son mandat, « l’armée américaine sera si puissante que je ne pense pas que nous aurons besoin de l’utiliser », assure-t-il : « Personne ne viendra nous chercher. » Pour lutter contre le groupe Etat islamique, le milliardaire compte couper les ressources des jihadistes en faisant « exploser » les installations pétrolières de la région. Après ça, « il n’y aura plus rien », promet le candidat, et les compagnies pétrolières américaines pourront se rendre sur place et reconstruire.

Difficile d’identifier « une doctrine Trump », s’inquiète le site Vox. Pourtant, dans Politico, un spécialiste de la Brookings Institution, un think-tank (laboratoire d’idées) très connu, assure qu’en matière de politique étrangère, le milliardaire développe une vision du monde « remarquablement cohérente ». Même si elle représente « un grand pas en arrière dans l’histoire », avec un retour à des concepts passés de mode depuis la seconde guerre mondiale.

Donald Trump défend notamment une position isolationniste, en remettant en cause la plupart des accords de libre-échange signés par les Etats-Unis, pas assez « justes » à son goût. Rien d’exubérant, note le Washington Post : même si le libre-échange est un pilier de la politique étrangère du pays depuis 1945, les appels au protectionnisme se multiplient ces dernières années. Certes, la partie serait difficile pour Donald Trump, qui devrait faire face à un corps diplomatique hostile, note Politico, mais le pouvoir de la présidence en la matière est important.

Pour l’économie, du très classique

Quel politique en campagne n’a jamais promis de simplifier le système fiscal ? Donald Trump promet de simplifier le Code des impôts. Opérer un gros coup de rabot pour les sociétés, qui se verraient au maximum taxées à 15%, contre 35% aujourd’hui. Limiter le taux maximal d’imposition à 25% pour les plus riches. Et supprimer purement et simplement l’impôt sur le revenu pour les individus qui gagnent moins de 25 000 dollars par an – un peu moins de 23 000 euros. Petite touche d’originalité, pour prétendre à cette exonération, les Américains concernés devraient tout de même remplir un formulaire à destination des impôts pour simplement dire « I win » –« Je gagne ».

Mis à part cela, ces propositions sont « incroyablement conventionnelles », commente The Atlantic. « Grosso modo, c’est ce que les candidats et législateurs républicains proposent depuis des années, assure le magazine. Trump ne sort pas vraiment du moule. »

Mais au-delà des promesses, le milliardaire a plus de mal quand il s’agit de trouver comment financer tout cela. Certes, ilveut notamment couper les vivres de l’EPA, l’Agence de protection de l’environnement, et laisser les Etats gérer l’éducation –autant de dépenses en moins pour l’Etat fédéral. Donald Trump peut peut-être compter sur la croissance, qu’il estime à 6% sous sa présidence, mais un tel objectif relève du « fantasme », d’aprèsThe Economist.

Sur la santé, un plan encore très vague

Là encore, Donald Trump n’est pas très original. Comme tous les républicains, il veut à tout prix se débarrasser de « l’Obamacare », la réforme du système de santé portée par Barack Obama. Pour la remplacer par quoi ? Par « quelque chose de génial » pardi ! Tout simplement. Mais encore ? Pour l’instant, le milliardaire reste très « vague » sur le sujet, regrette Politico.

Dans ses différentes interventions, le candidat aux primaires défend surtout une plus grande concurrence entre les assurances santé, afin de faire baisser les prix. Et pour ceux qui ne pourront pas se permettre de financer leur couverture médicale ? « Il y aura des gens qui n’ont pas d’argent qui ne seront pas capables d’être couverts », a-t-il reconnu surCNN, mi-février. Pour ces Américains les plus pauvres, Donald Trump propose pour l’heure une expansion des programmes fédéraux comme Medicare, sans plus de précision. Mais il fait une promesse : « Je ne veux pas voir des gens mourir dans les rues. »

* Tous les liens de médias et de sites web sont en anglais.


« Pour Trump, les journalistes sont les ‘bad guys’ « 

ParisMatch

Que s’est il passé hier ?

"Pour Trump, les journalistes sont les ‘bad guys’ " © Steve Helber/AP/SIPA « Pour Trump, les journalistes sont les ‘bad guys’  » Le magazine Time m’avait demandé de faire un portrait de Trump dans son avion après le meeting à l’université de Radford , en Virginie. J’étais en contact avec son entourage pour l’organisation, tout était prévu. Soudainement, durant le meeting, des manifestants de Black Lives Matter surgissent et je veux photographier le moment. Mais je suis mal placé. Dans les meetings de Trump, les journalistes et photographes ont l’interdiction stricte de sortir d’un périmètre de sécurité, alors que chez tous les autres candidats, ils peuvent circuler dans la foule. Comme je ne vois rien, je mets un pied dehors, un pied dedans et cet agent me rejette à l’intérieur du périmètre. C’est ça son erreur. J’ai travaillé pendant de nombreuses années à la Maison Blanche, je compte beaucoup d’amis parmi les agents du U. S. Secret Service, je me suis retrouvé dans une situation identique maintes fois et je sais comment ils travaillent. Le règlement veut que l’agent de sécurité mette la main sur la poitrine du photographe et dise « reculez, monsieur » (« step back, sir ») . Alors que là, le type m’a pris par mes vêtements et m’a repoussé à l’intérieur.

Le ton est monté entre vous deux… Que vous êtes vous dit ?

Je lui ai dit « don’t fucking touch me » (« ne me touche pas connard »). Il m’a demandé : « qu’est ce que tu as dit ? » Et je lui ai répondu « fuck you » par deux fois, ce que je regrette. Et là, il me jette par terre et j’essaie de le repousser avec les pieds. Hailey, une membre du staff de Trump, ancienne de la Maison Blanche à l’époque de George W Bush – je la connais depuis quatorze ans – assiste à la scène et crie : « Qu’est ce qui se passe , Chris? » Je lui réponds que le type m’a serré au cou et je lui montre le geste en le mimant sur l’agent. A ce moment-là, ses collègues interviennent, m’arrêtent et m’évacuent.

Pourquoi ?

Je suis placé en état d’arrestation pour avoir « assailli un agent fédéral ». Après avoir passé au crible mon passé, ils m’ont relâché en me disant qu’ils m’informeront des suites judiciaires qu’ils donneront à l’incident.

Vont-ils vous poursuivre?

Non, j’ai entendu dire qu’ils allaient laisser tomber l’affaire.

« Je n’avais pas pris la mesure de la tension et de l’agressivité qui entoure les journalistes »

Comment allez-vous aujourd’hui ?

Physiquement ça va, même si j’ai un peu mal à l’arrière de ma tête.

Comment expliquez vous l’incident?

Je ne m’attendais pas à ça. Je pense que l’agent en question n’est pas directement issu du Secret Service, qui est très sollicité en ce moment par les différents candidats et n’a pas les ressources humaines pour suivre. A un moment, le type se rend compte qu’il a été trop loin. On le voit à son « body langage » sur la vidéo quand je me relève sous l’œil de ses supérieurs hiérarchiques, et quand Hailey, l’assistante de Trump, me demande ce qui se passe. C’était seulement mon troisième meeting avec Trump , je n’avais peut être pas pris la mesure de la tension et de l’agressivité qui entoure les journalistes.

Quelles leçons en tirez-vous?

Journalistiquement, je regrette ce qui s’est passé. L’incident a néanmoins le mérite d’attirer l’attention sur le fait que Trump jette l’opprobre sur les journalistes, et que pour nous c’est devenu difficile de travailler. Une telle agressivité, je n’avais jamais vu ça, même pendant les années Bush. Je n’ai jamais ressenti une telle colère. Dans tous ses meetings, Trump tire à boulets rouges contre les médias qu’il présente comme des « bad guys », l’instrument d’une machine anti-américaine. Dans l’Iowa j’ai rencontré un ami photographe qui mettait une casquette des US Marines pour ne pas être embêté par les militants. Les journalistes ont peur. Le mérite de cet incident, c’est de mettre ce fait en lumière.


WASHINGTON/PALM BEACH, Floride (Reuters) – Hillary Clinton chez les démocrates et Donald Trump dans le camp républicain sont sortis vainqueurs dans sept des onze Etats appelés à voter pour les primaires de chaque parti en vue de l’élection présidentielle du 8 novembre, selon les projections des chaînes de télévision américaines.

En tout, douze Etats se prononçaient lors de ce « Super Tuesday » qui attribuait un cinquième des délégués démocrates et près du quart des délégués républicains pour les conventions des deux partis l’été prochain. Dans deux d’entre d’eux, le Colorado pour les démocrates et l’Alaska pour les républicains, les électeurs d’un seul parti étaient appelés aux urnes.

Dans le camp démocrate, Hillary Clinton s’impose en Alabama, dans l’Arkansas, en Géorgie, dans le Massachusetts, dans le Tennessee, au Texas et en Virginie. Son rival Bernie Sanders s’impose sur ses terres, le Vermont, et dans trois autres Etats (le Colorado, le Minnesota et l’Oklahoma).

Côté républicain, et avant les résultats des caucus de l’Alaska, Donald Trump prend l’Arkansas, l’Alabama, la Géorgie, le Massachusetts, le Tennessee, le Vermont et la Virginie.

Son plus proche rival, Ted Cruz, l’emporte chez lui, au Texas, l’Etat le plus peuplé à se prononcer lors de cette journée, mais aussi dans l’Oklahoma.

Le sénateur de Floride Marco Rubio, favori des dirigeants du « Grand Old Party » mais manifestement pas de ses électeurs, sauve l’honneur en signant dans le Minnesota sa première victoire depuis le début de la longue saison des primaires.

CRUZ APPELLE AU RALLIEMENT DERRIÈRE LUI,

RUBIO CROIT ENCORE EN SES CHANCES

Fort de ses deux nouveaux succès, après celui inaugural dans l’Iowa au tout début des primaires, le 1er février dernier, Cruz a appelé Marco Rubio et les deux derniers challengers républicains, le gouverneur de l’Ohio John Kasich et l’ancien neurochirurgien Ben Carson, à se retirer et à s’unir derrière lui pour faire barrage à l’intrus Donald Trump.

« Nous sommes les seuls à pouvoir battre Trump et empêcher ce qui serait un désastre pour les républicains, les conservateurs et le pays », a-t-il déclaré à Stafford, son quartier général texan.

Interrogé sur CNN, Rubio a exclu de se retirer, se disant convaincu au contraire de pouvoir inverser la dynamique lorsque le vote va se dérouler dans des Etats qui lui sont a priori plus favorables, et quand les électeurs républicains vont réaliser que Trump est un « imposteur », sa ligne d’attaque depuis la semaine dernière.

« On ne peut pas désigner un candidat qui ne condamne pas le Ku Klux Klan », a martelé le sénateur de Floride en allusion au mutisme du magnat de l’immobilier après l’irruption de suprémacistes blancs pendant un de ses récents meetings.

N’en déplaise à Rubio, Trump, vainqueur aussi bien dans des Etats conservateurs du Sud que dans des Etats plus modérés du Nord-Est, a confirmé mardi sa capacité à séduire des électeurs très différents et renforcé ainsi ses chances d’obtenir l’investiture républicaine malgré les réticences de la plupart des cadres du parti.

Davantage encore que l’ultra-conservateur Cruz, Rubio est considéré par les républicains modérés comme le seul à pouvoir enrayer la marche triomphale du New-Yorkais, qui dispose désormais de 274 délégués en vue de la convention de Cleveland contre 149 pour Cruz et 82 pour Rubio.

« Les scores de Trump ne cessent de baisser, Etat après Etat », a déclaré le jeune sénateur de Floride avant l’annonce de sa victoire dans le Minnesota, en voulant pour preuve sa courte défaite en Virginie, où les derniers sondages le donnaient largement perdant face à Trump.

Le milliardaire iconoclaste n’a pas manqué de lui répondre lorsqu’il est apparu devant la presse sur les terres de son rival, à Palm Beach: « Cela a été une dure soirée pour Rubio, mais il travaille dur », a ironisé Trump, qui a au contraire chaleureusement félicité Cruz pour sa victoire au Texas.

Il a aussi adressé une pique à Clinton, s’amusant de l’avoir entendu dire dans son discours qu’elle allait augmenter les salaires et améliorer la vie des Américains, « comme si elle n’était pas là depuis des années ».

Mais le milliardaire s’est aussi présenté comme un « unificateur » de son parti, dont les élites s’inquiètent de sa candidature.

SANDERS IRA AUSSI JUSQU’AU BOUT

Côté démocrate, malgré la résistance inattendue de Sanders, l’issue des primaires ne semble en effet pas faire de doute, tant l’ex-secrétaire d’Etat semble bénéficier d’une large réserve de voix chez les populations noire et hispanique.

Après son triomphe ce week-end en Caroline du Sud, Clinton partait grande favorite dans les Etats du Sud où la population noire est importante et où elle s’est imposée avec une avance écrasante.

« Quel Super Tuesday! », s’est exclamée, la voix cassée par la succession de meetings, l’ex-secrétaire d’Etat à Palm Beach, en Floride, où elle poursuit sa campagne et où elle s’en est une nouvelle fois pris au slogan de Trump, « Make America Great Again » (« Rendre sa grandeur à l’Amérique ») pendant que ses partisans en liesse scandaient « USA, USA ».

« Essayer de diviser l’Amérique entre ‘eux’ et ‘nous’ est une faute et nous n’allons pas permettre cela », a-t-elle promis en fustigeant les discours d’une « bassesse sans précédent » des candidats républicains.

Hors « super délégués », l’ex-First Lady et ancienne sénatrice de New York dispose désormais de 548 délégués contre 351 seulement pour Sanders.

Mais si Clinton se projette déjà dans un probable duel contre Trump, son rival a assuré, après l’annonce de son succès dans le Vermont et avant même d’être informé de ses trois autres succès du soir, qu’il ne jetterait pas l’éponge avant la fin des primaires.

« Nous ne gagnerons pas partout, cela va sans dire, mais cela me fait chaud au coeur que les gens qui me connaissent le mieux (…) veuillent me voir à la Maison blanche », a-t-il dit à ses partisans rassemblés à Essex Junction.

« Cette campagne vise à transformer l’Amérique, pas seulement à élire un président », a ajouté Bernie Sanders en lançant une nouvelle charge contre les « Super PACs », les comités d’action politique qui financent les campagnes des candidats, y compris en attaquant leurs adversaires, et qu’il a accusés de « détruire la démocratie américaine ».

Les primaires se poursuivront samedi prochain dans cinq Etats (Kansas pour les caucus démocrates et républicains, Kentucky pour les caucus républicains, Louisiane pour les primaires démocrates et républicaines, Maine pour des caucus républicains et Nebraska pour des caucus démocrates).

Super Tuesday : Trump et Clinton dominent, Rubio déçoit

L’essentiel

• Les électeurs républicains votent mardi 1er mars dans onze Etats, les électeurs démocrates dans treize Etats ou territoires. Ils éliront respectivement 568 et 878 délégués nationaux, soit 23% et 18,5% du total. 

• Les Etats et territoires votant sont l’Alabama (53 délégués démocrates, 47 côté républicain), l’Alaska (25 républicains), les Samoa américaines (6 démocrates), l’Arkansas (32 démocrates, 40 républicains), le Colorado (66 démocrates), la Géorgie (102 démocrates, 76 républicains), le Massachusettes (91 démocrates, 39 républicains), le Minnesota (77 démocrates, 35 républicains), l’Oklahoma (38 démocrates, 40 républicains), le Tennessee (67 démocrates, 55 républicains), le Texas (222 délégués démocrates, 152 républicains), le Vermont (16 démocrates, 16 républicains) et la Virginie (95 démocrates, 46 républicains). Les démocrates de l’étranger voteront également pour 13 délégués.

• Largement favoris, Hillary Clinton et Donald Trump espèrent s’imposer et s’assurer ainsi de décrocher l’investiture. De son côté, le républicain Ted Cruz était concentré sur les résultats du Texas, dont il est sénateur. Marco Rubio tente lui d’entériner son image d’alternative à Trump. Côté démocrate, Bernie Sanders aura besoin des électeurs jeunes et des électeurs blancs, les minorités penchant davantage pour Clinton. Lire notre analyse.

• Les premières tendances donnent huit Etats à Donald Trump (Alabama, Alaska, Arkansas, Géorgie, Massachusetts, Tennessee, Virginie, Vermont), deux Etats pour Ted Cruz (Texas, Oklahoma), un pour Marco Rubio (Minnesota). Côté démocrate, Hillary Clinton fait la course en tête avec neuf Etats et territoires (Alabama, Alaska, Arkansas, Géorgie, Tennessee, Texas, Virginie, Samoa, Massachusetts) tandis que Bernie Sanders en a convaincu quatre (Vermont, Colorado, Minnesota et Oklahoma).

Primaires américaines : Clinton a déjà gagné. Pour Trump, c’est plus compliqué

Certes, Donald Trump a triomphé lors du Super Tuesday, mais la messe n’est pas tout à fait dite. Analyse de notre correspondant aux Etats-Unis.

Il y a toutes sortes de victoires. Celle de Hillary Clinton, hier soir, ne laisse plus aucun doute sur l’issue de la primaire démocrate : elle a gagné. Bernie Sanders n’a pas jeté l’éponge, mais la seule question est de savoir quand il le fera.

A droite, c’est un peu différent : Donald Trump a triomphé, mais la messe n’est pas tout à fait dite. Et plus les primaires avancent, plus le parti républicain s’enfonce dans un chaos dont il aura du mal à se relever.

Trump hyper-favori des bookmakers

Trump ne s’est pas contenté de remporter hier 7 Etats (les résultats de l’Alaska ne sont pas encore connus), avec plus d’un tiers des voix dans chacun d’entre eux et plus de 40% dans trois, il l’a fait dans toutes les régions du pays. Depuis 1960, aucun candidat républicain n’avait affiché une collection d’Etats aussi variée à son tableau de chasse à ce stade des primaires : il cartonne dans le Sud profond, dans des Etats très conservateurs comme la Géorgie ou l’Alabama, mais il gagne aussi dans les Etats de Nouvelle-Angleterre où les Républicains sont plus modérés, comme le Massachusetts ou le Vermont.

C’est cette palette très large qui fait de Donald Trump un cas unique : il plaît à des Américains d’Etats différents, avec un discours où chaque sous-groupe d’électeurs peut trouver son bonheur.

Il n’a certes pas fait mieux que prévu, hier soir : ses résultats correspondent aux moyennes de sondages qu’avait calculées le site « 538 ». Et les sondages effectués à la sortie des urnes ont montré que la plupart des électeurs se décidant au dernier moment sont allés vers Cruz et Rubio. Mais Trump a bâti une telle avance qu’il peut se permettre de ne pas battre les pronostics !

Primaires américaines : Donald Trump et Hillary Clinton prennent le large

Les favoris ont répondu présent et remporté la majorité des Etats votant lors de ce mardi exceptionnel.

Cette fois, Donal Trump a bien montré qu’il était un véritable bulldozer électoral. Le milliardaire a ainsi remporté au moins 7 Etats sur les 12 qui votaient à la primaire (l’Alaska dépouille toujours ses bulletins et Trump est en tête) : l’Arkansas, la Géorgie, le Tennessee, l’Alabama, la Virginie, le Massachusetts et le Vermont. Surtout, il réussit l’exploit de gagner malgré les profils très différents des électeurs. C’est bien simple, personne chez les Républicains n’avaient réussi à remporter la série qu’il a réalisé, mêlant Etats du nord-est, modérés, et Etats du sud, conservateurs.Restent des miettes pour ses poursuivants : Ted Cruz remporte le Texas et l’Oklahoma tandis que Marco Rubio arrache le Minnesota.

Côté Démocrates, la lutte est un peu plus serrée mais Hillary Clinton continue de distancier son rival Bernie Sanders. Sur les 11 Etats votants, elle en a remporté 7 : la Géorgie, la Virginie, le Tennessee, l’Arkansas, le Texas, le Massachusetts et l’Alabama, confirmant ainsi qu’elle est bien la candidate favorite des afro-américains. De son côté, Bernie Sanders gagne 4 Etats : le Vermont, le Minnesota, le Colorado et l’Oklahoma. Si la défaite n’est pas encore au rendez-vous (il reste 35 Etats à voter), il devra absolument trouver de nouveaux électeurs pour venir titiller Hillary Clinton.

Rendez-vous désormais le 5 mars prochain. Les Républicains voteront en Louisiane, au Kansas, Kentucky, Maine. Côté Démocrate, ce sera la Louisiane, le Kansas et le Nebraska.

Si Trump gagne, c’est aussi parce qu’il est moins néolibéral que les autres Républicains

Largement vainqueur du Super Tuesday, le milliardaire affiche une rhétorique économique très différente de celle de Ted Cruz ou Marco Rubio.

Après ses victoires dans le New Hampshire, en Caroline du Sud et dans le Nevada, Donald Trump vient de remporter la majorité des primaires républicaines du Super Tuesday, mardi 1er mars: il s’impose en Géorgie, en Alabama, dans le Tennessee, dans le Massachusetts, la Virginie, le Vermont et l’Arkansas. Marco Rubio n’a remporté qu’un Etat, le Minnesota, alors que Ted Cruz a gagné au Texas, où il est sénateur, et dans l’Etat voisin d’Oklahoma, et était légèrement en tête dans l’Alaska selon des résultats partiels.

Si le message du milliardaire new-yorkais porte autant par rapport à celui de ses rivaux, c’est que sa rhétorique populiste est beaucoup moins néolibérale que celle des autres candidats du parti. Dans son discours de victoire mardi soir, il a par exemple promis qu’il «ferait en sorte qu’Apple crée ses produits dans notre pays.» Evidemment, il n’a pas expliqué comment il s’y prendrait, mais ce genre de message protectionniste le rend populaire. Comme l’explique Matthew Yglesias dans Vox, «il gagne parce qu’il a compris que pour les électeurs conservateurs, le nationalisme est beaucoup plus important que les dogmes néolibéraux».

Contrairement aux candidats de l’establishement républicain traditionnel, Trump s’oppose aux coupes budgétaires qui diminueraient le montant des retraites et des assurances santé pour les pauvres et les personnes âgées (Medicare et Medicaid). En avril dernier, il avait accusé les Républicains de vouloir réduire les financements de ces programmes sociaux:

«Ce n’est pas juste pour les gens qui cotisent depuis des années, et tout d’un coup on veut tout couper.»

Contrairement aux Républicains, qui sont contre une assurance santé publique à l’européenne, Trump a par le passé soutenu ce genre de système (même si son programme actuel en la matière n’est pas clair). Il est aussi plus protectionniste que les autres candidats. Cet été, le magnat de l’immobilier avait annoncé qu’il empêcherait les entreprises américaines, comme Ford, de délocaliser leurs usines au Mexique.

Dans Slate.com, Reihan Salam avance une thèse similaire sur le succès de Trump:

«Alors que les conservateurs ont traditionnellement mis l’accent sur l’importance d’une limitation du rôle du gouvernement, la campagne de Trump tourne autour de la promesse d’un gouvernement fort qui résoudra tous les problèmes des États-Unis, à condition qu’il soit dirigé par Trump.»

Salam note que les candidats les plus proches de l’orthodoxie néolibérale, comme Scott Walker, le gouverneur qui a fortement réduit le pouvoir des syndicats dans le Wisconsin, ont vite arrêté leur campagne. Les derniers opposants de Trump,  Marco Rubio et Ted Cruz, défendent eux tous les deux des thèses reaganiennes sur une intervention minimale de l’Etat. Le problème, c’est que cette idéologie ne plait pas toujours aux classes populaires blanches qui votent républicain. Celles-ci préfèrent le populisme de Trump, qui a déclaré par exemple cet été qu’il voulait augmenter les impôts des managers de hedge funds, qui payent proportionnellement moins que des salariés.

«Depuis Nixon, les républicains ont remporté leurs victoires politiques grâce aux classes populaires blanches. Cette population s’est maintenant révoltée contre l’élite du parti.»

Avec sa rhétorique raciste, Trump sait aussi très bien jouer sur les peurs des blancs des classes moyennes et populaires envers les minorités et les immigrés. Ce cocktail de nationalisme et d’étatisme fonctionne pour l’instant beaucoup mieux que les messages anti-impôts de ses rivaux.

« Super Tuesday »: Trump et Clinton dominent leurs rivaux pour la Maison Blanche

BFMTV

A. G. avec AFP 

La route vers l’investiture pour la présidentielle leur est désormais grande ouverte: Donald Trump et Hillary Clinton ont largement dominé leurs rivaux lors des primaires américaines du « Super mardi ».

© Fournis par BFMNewsQuatorze Etats ont tenu simultanément des scrutins mardi lors du « Super Tuesday », parmi lesquels le Texas et le Colorado, deux Etats qui comptent particulièrement. « Ce fut une soirée fantastique »: depuis Palm Beach, en Floride, l’exubérant milliardaire de 69 ans, Donald Trump, s’est présenté comme le seul capable de rassembler le parti républicain et de l’emporter face à la candidate démocrate le 8 novembre. « J’ai des millions et des millions de personnes derrière moi, le match n’est même pas serré », a insisté le magnat de l’immobilier, dans un discours au ton plus consensuel qu’à l’habitude où il a tendu la main à certains de ses rivaux.

Géorgie, Massachusetts, Tennessee, Alabama, Virginie, Arkansas: après une impressionnante série de victoires, l’homme d’affaires, qui a brisé un à un les codes de la politique américaine, a donné rendez-vous aux électeurs de Floride où aura lieu la prochaine primaire, le 15 mars. La défaite du jeune sénateur Marco Rubio en Virginie, où il nourrissait de réels espoirs, sonne comme un revers pour celui qui espère encore rallier sur sa candidature tous les « anti-Trump ». Mais sa victoire dans le Minnesota – sa toute première des primaires – lui apporte cependant une bouffée d’air.

Clinton mène la course en tête

Comme attendu, Hillary Clinton l’a elle emporté haut la main dans les Etats du Sud où les minorités lui confèrent un grand avantage: Géorgie, Alabama, Tennesse, Virginie, Arkansas, Texas. Elle remporte aussi très largement le vote des femmes, qui représentent systématiquement plus de la moitié de l’électorat démocrate. Au total, Hillary Clinton a remporté 11 des 16 primaires à ce stade et mène largement dans la course aux délégués. Contrairement aux républicains, les délégués démocrates sont attribués à la proportionnelle stricte, ce qui ralentit le calendrier. Mais la dynamique est de son côté.

Dans un discours prononcé depuis Miami, l’ancienne secrétaire d’Etat, 68 ans, qui a également remporté le Massachusetts et l’archipel des Samoa, s’est déjà projetée vers le scrutin de novembre, réservant ses piques aux républicains. « Leur niveau du discours n’a jamais été aussi bas », a-t-elle jugé, dénonçant, dans une allusion aux propositions de Trump sur les Mexicains ou les musulmans, la stratégie consistant à « diviser l’Amérique ».

Sanders s’essouffle

Seul rival de l’ancienne Première dame dans le camp démocrate, le sénateur Bernie Sanders l’a emporté dans son fief du Vermont, frontalier du Québec, ainsi que dans l’Oklahoma, le Colorado et le Minnesota. Comme en Caroline du Sud samedi, Hillary Clinton a remporté la quasi-totalité du vote noir en Virginie: 82%, selon les sondages de sorties d’urnes. Deux tiers des électrices démocrates ont également voté pour elle.

Mais la base de Bernie Sanders parmi les jeunes démocrates ne s’érode pas: 71% des 17-29 ans ont voté pour lui dans cet Etat. Et sa campagne a encore les moyens financiers de poursuivre le combat pendant plusieurs mois. Visiblement épuisé, le sénateur de 74 ans, a tenté de faire bonne figure, rappelant que la course était encore longue: « 35 Etats doivent encore voter », a-t-il lancé lors d’un discours où la flamme qui a marqué sa campagne jusqu’ici semblait éteinte.

Selon un sondage CNN publié mardi, les démocrates l’emporteraient dans tous les cas dans un duel face au milliardaire, avec une marge légèrement plus confortable pour Bernie Sanders (55% contre 43%) que pour Hillary Clinton (52% contre 44%).

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