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Un lien entre Zika et le syndrome neurologique Guillain-Barré

Le virus Zika qui sévit en Amérique du Sud, fortement soupçonné de provoquer des malformations chez les bébés, nés de mères infectées, peut aussi déclencher un trouble neurologique grave, le syndrome de Guillain-Barré.

Selon des chercheurs, le virus Zika, qui se propage un peu partout dans le monde, peut déclencher un trouble neurologique grave, le syndrome de Guillain-Barré, selon des chercheurs.

Qu’est-ce que le syndrome de Guillain-Barré ?

Il s’agit de « la 1re démonstration d’un lien entre le virus Zika et le syndrome de Guillain-Barré », selon le professeur Arnaud Fontanet, de l’unité d’épidémiologie des maladies émergentes à l’Institut Pasteur à Paris, qui a coordonné l’étude publiée dans la revue médicale The Lancet.

Ce syndrome neurologique rare est observé à la suite d’autres infections virales (grippe, dengue, virus du Nil occidental…) mais également de façon non négligeable, à la suite d’une infection bactérienne (Campylobacter). Il peut entraîner à la fois une paralysie des membres et une atteinte respiratoire.

D’une manière générale, la maladie provoque, dans 20 à 30% des cas une défaillance respiratoire et, dans les pays riches, environ 5% de décès.

« Le risque de développer un syndrome de Guillain-Barré a été estimé à 2,4 pour 10.000 infections par le virus Zika », note le Pr Fontanet. Dans le cas du Zika, il a été diagnostiqué chez 42 patients, dont 16 sont passés en réanimation pour avoir une assistance respiratoire. Aucun n’est mort.

Premier cas par voie sexuelle en France

Un homme, qui revenait du Brésil, a contaminé par voie sexuelle sa femme qui n’est pas enceinte. Ce couple, qui vit en Île-de-France, est le premier cas constaté dans le pays.

Avec plus de 1,5 million de cas au Brésil, et plusieurs milliers ailleurs, dont déjà plus de 40.000 cas en Colombie, les chercheurs mettent en garde sur les risques de voir les capacités de soins intensifs dépassées, en particulier en dehors des cités urbaines.

Première étude démontrant un lien entre Zika et le syndrome neurologique Guillain-Barré

Le virus Zika qui sévit en Amérique du Sud, fortement soupçonné de provoquer des malformations chez les bébés, nés de mères infectées, peut aussi déclencher un trouble neurologique grave, le syndrome de Guillain-Barré, selon des chercheurs.

Il s’agit de « la première démonstration d’un lien entre le virus Zika et le syndrome de Guillain-Barré », souligne le professeur Arnaud Fontanet, responsable de l’unité d’Épidémiologie des maladies émergentes à l’Institut Pasteur à Paris, qui a coordonné l’étude publiée mardi dans la revue médicale The Lancet.

L’étude a été réalisée à partir de données recueillies en Polynésie française, où une épidémie Zika, entre octobre 2013 et avril 2014, a touché les deux-tiers de la population.

La maladie provoque, dans 20 à 30% des cas une défaillance respiratoire et, dans les pays riches, environ 5% de décès. Ce syndrome neurologique rare est observé à la suite d’autres infections virales (grippe, dengue, virus du Nil occidental…) mais également de façon non négligeable, à la suite d’une infection bactérienne (Campylobacter).

Avec plus de 1,5 million de cas au Brésil, et plusieurs milliers ailleurs, dont déjà plus de 40.000 cas en Colombie, les chercheurs mettent en garde sur les risques de voir les capacités de soins intensifs dépassées, en particulier en dehors des cités urbaines.

« Dans les zones qui vont être touchées par l’épidémie de virus Zika, il faut penser, quand c’est possible, à renforcer les capacités en soins intensifs parce qu’on sait qu’un certain nombre de patients vont développer un SGB et parmi eux, 30% vont en avoir besoin, notamment pour une assistance respiratoire », dit à l’AFP le Pr Fontanet.

Toutefois dans la grande majorité des cas, l’infection par le virus Zika, contre laquelle il n’existe ni vaccin, ni traitement curatif, est bénigne, rappelle l’épidémiologiste.

Le syndrome de Guillain-Barré (SGB), pouvant entraîner à la fois une paralysie des membres et une atteinte respiratoire, a été diagnostiqué chez 42 patients, dont 16 sont passés en réanimation pour avoir une assistance respiratoire. Aucun n’est mort.

« Le risque de développer un syndrome de Guillain-Barré a été estimé à 2,4 pour 10.000 infections par le virus Zika », note le Pr Fontanet.

– ‘Trois évidences’ –

Les chercheurs estiment avoir écarté un rôle de la dengue dans la survenue de ces atteintes neurologiques.

Ils relèvent également qu’une infection par la dengue dans le passé n’augmente pas le risque de faire un SGB parmi les patients infectés par le virus Zika. Une crainte qui a été exprimée car les régions touchées par Zika le sont souvent aussi par la dengue.

Pour le Pr Fontanet, les liens sont aussi forts que lorsque l’on dit que « le tabac cause le cancer du poumon », même si l’étude ne permet pas d’expliquer le mécanisme par lequel le virus entraîne le syndrome neurologique.

L’affirmation repose sur trois évidences, dit-il, citant l’augmentation des cas du syndrome pendant l’épidémie polynésienne – leur nombre a été multiplié par vingt par rapport aux taux habituels — et les signes évocateurs d’infection Zika une semaine avant le début des signes neurologiques.

Et, ajoute-t-il, parce qu' »on a retrouvé la présence récente du virus Zika chez 100% des patients atteints de Guillain-Barré » avec des tests sanguins à la recherche d’anticorps et « que chez 93% de ces patients, ces anticorps étaient d’apparition récente ».

L’étude est salué par certains experts. « Cette étude fournit la preuve la plus convaincante à ce jour d’un lien causal entre l’infection par le virus Zika et le syndrome neurologique de Guillain-Barré », déclare Jeremy Farrar, directeur du Wellcome Trust en Grande-Bretagne.

« L’ampleur de la crise qui se déroule en Amérique latine nous a tous pris par surprise, et nous devons être prêts à faire face à d’autres complications imprévues… dans les semaines et les mois à venir », a-t-il dit.

D’autres sont plus circonspects, jugeant que les résultats ne sont pas concluants et ne peuvent s’appliquer directement à d’autres régions touchées. « Il faudra encore beaucoup travailler avant que les mêmes conclusions puissent être étendues à l’épidémie Zika en Amérique du Sud », selon Peter Barlow, porte-parole de la British Society for Immunology.

Zika multiplie les cas de syndromes de Guillain-Barré

LE MONDE Paul Benkimoun

Le personnel du ministère de la Santé asperge les lieux d'insecticide à Tegucigalpa, la 1er février 2016.

L’infection par le virus Zika peut entraîner plusieurs formes du syndrome de Guillain-Barré (SGB), une affection plutôt rare (1 à 2 cas pour 100  000 personnes par an) caractérisée par une faiblesse, voire une paralysie progressive des nerfs périphériques. Une étude conduite sur les données de 42 patients ayant présenté un SGB au cours de l’épidémie à virus Zika de 2013-2014 en Polynésie française démontre que ces atteintes neurologiques réversibles sont environ vingt fois plus fréquentes chez les personnes infectées. Publié mardi 1er mars dans The Lancet, ce travail – le premier à évaluer l’implication du virus Zika sur un grand nombre de SGB – associe plusieurs équipes, dont l’Institut Pasteur, l’Institut Louis-Malardé de Papeete et l’université de Glasgow.

Présentant des tableaux cliniques variables, le SGB prend une forme sévère avec une détresse respiratoire dans 20  % à 30 % des cas, comme le rappelle un article paraissant dans le même numéro du ­Lancet. Il est généralement précédé d’une infection ou d’un autre type de stimulation de l’immunité. ­Cette dernière déclenche une réponse auto-immune aberrante, qui s’attaque aux nerfs périphériques et à leurs racines au niveau du rachis. «  La bactérie Campylobacter jejuni, responsable d’infections intestinales, est l’un des grands pourvoyeurs de SGB, mais sous forme de cas sporadiques  », précise le professeur Arnaud Fontanet (Institut Pasteur et Conservatoire national des arts et métiers), l’un des principaux auteurs de l’étude paraissant dans The Lancet.

Lien avéré entre Zika et le SGB

Jusqu’ici, les épidémiologistes avaient constaté que plus les infections à virus Zika étaient nombreuses, plus le SGB était fréquent. S’y ajoutait la description publiée du cas d’une personne atteinte de ce tableau neurologique et présentant une sérologie attestant de l’infection par le ­virus Zika, résume le professeur Fontanet. Mais le virus était-il bien à l’origine de l’accroissement du nombre de SGB observé lors de l’épidémie qui a frappé la Polynésie française en 2013-2014 ? Les chercheurs ont tiré parti de données exhaustives et de qualité pour mener, à distance des faits, ce travail d’analyse de ce qui constitue probablement la plus grosse flambée de cas de SGB étudiée.

L’exploitation des données de surveillance par le réseau des médecins généralistes, celles des patients hospitalisés sur place et la fiabilité du laboratoire de virologie de l’Institut Louis-Malardé à Papeete ont ainsi concouru à une réponse positive à l’interrogation de départ.

Les deux tiers de la population de Polynésie française, soit environ 180 000 personnes, ont été infectés par le virus Zika en 2013-2014. Près de 32  000 patients ont consulté un médecin pour une suspicion d’infection par le virus Zika et 42 diagnostics de SGB ont été portés au centre hospitalier de Papeete, soit «  à peu près vingt fois plus que l’incidence habituelle  », précise le Pr Fontanet. En effet, dans cette étude, le risque de développer un SGB s’élevait à 2,4 pour 10  000 cas d’infection par le virus.

Le taux d’admission en réanimation était de 38 %, un chiffre un peu plus élevé que les 30 % généralement observés en métropole. L’apparition d’un SGB était, en règle générale, plus rapide  : moins de quatre jours pour la moitié des malades contre une à deux semaines dans l’Hexagone. Autre différence, un rétablissement plus prompt. Trois mois après la phase critique, 57 % des patients pouvaient marcher, précise le professeur Fontanet. Ce qui est une proportion inhabituellement élevée. La totalité des patients ayant eu un SGB étaient ­porteurs d’anticorps neutralisants contre le virus Zika (contre 54 % chez les patients ayant consulté pour un autre motif qu’une fièvre). Ces anticorps ont été détectés par une méthode très sensible et très spécifique du virus. De plus, ils présentaient des anticorps de type IgM témoignant d’une infection récente par le virus.

La responsabilité de la dengue écartée

La concomitance d’une épidémie de dengue a amené les chercheurs à envisager une éventuelle responsa­bilité de cette autre infection virale dans le nombre anormalement élevé de SGB. Ils ont donc eu recours à deux groupes contrôles. Les individus des trois groupes présentaient fréquemment des signes biologiques d’infection ancienne par le virus de la dengue, dans des proportions proches : 95,2 % dans le groupe des malades ­infectés par le virus Zika et atteints d’un SGB, 88,8 % chez ceux n’ayant pas eu de fièvre, et 82,9 % chez ceux atteints par le virus Zika dénués de signes neurologiques. Les auteurs ont donc écarté une infection récente par le virus de la dengue chez des personnes présentant une immunité pré­existante et ont conclu à la responsabilité de Zika dans l’augmentation spectaculaire du nombre de SGB en Polynésie française.

Au-delà de cette démonstration d’un lien de causalité entre le virus Zika et le SGB, le Pr Fontanet souligne «  l’importance de disposer de capacités hospitalières et en particulier de lits disponibles en unité de soins intensifs. La moitié des 38 % des personnes atteintes d’un SGB admises en réanimation y est restée plus de 35 jours  ». Les infrastructures polynésiennes, de même que celles de Martinique et de Guyane, les départements français d’Amérique les plus touchés actuellement, permettent d’y faire face, mais cela n’est pas nécessairement le cas dans les autres territoires concernés.

Par ailleurs, plusieurs études sont en cours pour tenter de mettre en évidence un lien de causalité entre l’infection par le virus Zika chez la femme enceinte et la survenue d’une microcéphalie chez le fœtus. Un tel lien est soupçonné mais pas encore démontré scientifiquement.

Le virus Zika pourrait déclencher le syndrome de Guillain-Barré, trouble neurologique grave

ZIKA MOSQUITO

SANTÉ – Le virus Zika qui sévit en Amérique du Sud, fortement soupçonné de provoquer des malformations chez les bébés, nés de mères infectées, peut aussi déclencher un trouble neurologique grave, le syndrome de Guillain-Barré, selon des chercheurs.

Il s’agit de « la première démonstration d’un lien entre le virus Zika et le syndrome de Guillain-Barré », souligne le professeur Arnaud Fontanet, responsable de l’unité d’Épidémiologie des maladies émergentes à l’Institut Pasteur à Paris, qui a coordonné l’étude publiée mardi dans la revue médicale The Lancet.

L’étude a été réalisée à partir de données recueillies en Polynésie française, où une épidémie Zika, entre octobre 2013 et avril 2014, a touché les deux-tiers de la population.

1,5 million de cas au Brésil

La maladie provoque, dans 20 à 30 % des cas une défaillance respiratoire et, dans les pays riches, environ 5% de décès. Ce syndrome neurologique rare est observé à la suite d’autres infections virales (grippe, dengue, virus du Nil occidental…) mais également de façon non négligeable, à la suite d’une infection bactérienne (Campylobacter).

Avec plus de 1,5 million de cas au Brésil, et plusieurs milliers ailleurs, dont déjà plus de 40.000 cas en Colombie, les chercheurs mettent en garde sur les risques de voir les capacités de soins intensifs dépassées, en particulier en dehors des cités urbaines.

« Dans les zones qui vont être touchées par l’épidémie de virus Zika, il faut penser, quand c’est possible, à renforcer les capacités en soins intensifs parce qu’on sait qu’un certain nombre de patients vont développer un SGB et parmi eux, 30% vont en avoir besoin, notamment pour une assistance respiratoire », dit à l’AFP le Pr Fontanet.

Toutefois dans la grande majorité des cas, l’infection par le virus Zika, contre laquelle il n’existe ni vaccin, ni traitement curatif, est bénigne, rappelle l’épidémiologiste. Le syndrome de Guillain-Barré (SGB), pouvant entraîner à la fois une paralysie des membres et une atteinte respiratoire, a été diagnostiqué chez 42 patients, dont 16 sont passés en réanimation pour avoir une assistance respiratoire. Aucun n’est mort.

« Le risque de développer un syndrome de Guillain-Barré a été estimé à 2,4 pour 10.000 infections par le virus Zika », note le Pr Fontanet.

« Trois évidences »

Les chercheurs estiment avoir écarté un rôle de la dengue dans la survenue de ces atteintes neurologiques. Ils relèvent également qu’une infection par la dengue dans le passé n’augmente pas le risque de faire un SGB parmi les patients infectés par le virus Zika. Une crainte qui a été exprimée car les régions touchées par Zika le sont souvent aussi par la dengue.

Pour le Pr Fontanet, les liens sont aussi forts que lorsque l’on dit que « le tabac cause le cancer du poumon », même si l’étude ne permet pas d’expliquer le mécanisme par lequel le virus entraîne le syndrome neurologique.

L’affirmation repose sur trois évidences, dit-il, citant l’augmentation des cas du syndrome pendant l’épidémie polynésienne – leur nombre a été multiplié par vingt par rapport aux taux habituels — et les signes évocateurs d’infection Zika une semaine avant le début des signes neurologiques.

Et, ajoute-t-il, parce qu' »on a retrouvé la présence récente du virus Zika chez 100% des patients atteints de Guillain-Barré » avec des tests sanguins à la recherche d’anticorps et « que chez 93% de ces patients, ces anticorps étaient d’apparition récente ».

L’étude est salué par certains experts. « Cette étude fournit la preuve la plus convaincante à ce jour d’un lien causal entre l’infection par le virus Zika et le syndrome neurologique de Guillain-Barré », déclare Jeremy Farrar, directeur du Wellcome Trust en Grande-Bretagne.

D’autres sont plus circonspects, jugeant que les résultats ne sont pas concluants et ne peuvent s’appliquer directement à d’autres régions touchées. « Il faudra encore beaucoup travailler avant que les mêmes conclusions puissent être étendues à l’épidémie Zika en Amérique du Sud », selon Peter Barlow, porte-parole de la British Society for Immunology.

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Zika : Le lien entre le virus et le syndrome de Guillain-Barré confirmé

EPIDEMIE – Des chercheurs de l’Institut Pasteur ont prouvé le lien de causalité entre le virus et la maladie neurologique…

En matière de virus Zika, l’usage du conditionnel est une précaution minimale compte tenu de l’avancée relative de la recherche sur le sujet. Cette fois pourtant, l’indicatif s’impose grâce à l’équipe du Professeur Fontanet, qui vient d’officialiser une causalité entre le virus et le syndrome de Guillain-Barré, une forme grave de paralysie des membres avec atteinte respiratoire nécessitant parfois un passage en soins intensifs. Jusque-là, le lien entre les piqûres de moustique tigre, principal vecteur du virus, et cette pathologie était simplement suspecté. « On avait une corrélation écologique. Ce qu’on a ajouté, c’est une preuve d’infection récente par le virus Zika des patients atteints de Guillain-Barré », témoigne le scientifique.

En réalité, ce n’est pas l’actuelle épidémie en Amérique du Sud et dans les Caraïbes qui a permis aux chercheurs de l’Institut Pasteur d’obtenir ces résultats, publiés le 1er mars dans la revue The Lancet. Leurs travaux portent sur

un épisode de Zika datant de 2013-2014 en Polynésie. A l’époque, de nombreux patients avaient été hospitalisés pour un syndrome de Guillain-Barré. Les examens ont montré qu’il s’agissait d’une forme touchant directement le prolongement des neurones en direction des terminaisons nerveuses, ce qui la différencie de la forme observée Europe.

Une jeune femme colombienne diagnostiquée souffrante du syndrome de Guillain-Barré, le 11 février 2016 à l'hôpital Erasmo Meoz de Cucuta.
Une jeune femme colombienne diagnostiquée souffrante du syndrome de Guillain-Barré, le 11 février 2016 à l’hôpital Erasmo Meoz de Cucuta. – Ricardo Mazalan/AP/SIPA
* Romain Scotto

En matière de virus Zika, l’usage du conditionnel est une précaution minimale compte tenu de l’avancée relative de la recherche sur le sujet. Cette fois pourtant, l’indicatif s’impose grâce à l’équipe du Professeur Fontanet, qui vient d’officialiser une causalité entre le virus et le syndrome de Guillain-Barré, une forme grave de paralysie des membres avec atteinte respiratoire nécessitant parfois un passage en soins intensifs. Jusque-là, le lien entre les piqûres de moustique tigre, principal vecteur du virus, et cette pathologie était simplement suspecté. « On avait une corrélation écologique. Ce qu’on a ajouté, c’est une preuve d’infection récente par le virus Zika des patients atteints de Guillain-Barré », témoigne le scientifique.

En réalité, ce n’est pas l’actuelle épidémie en Amérique du Sud et dans les Caraïbes qui a permis aux chercheurs de l’Institut Pasteur d’obtenir ces résultats, publiés le 1er mars dans la revue The Lancet. Leurs travaux portent sur un épisode de Zika datant de 2013-2014 en Polynésie. A l’époque, de nombreux patients avaient été hospitalisés pour un syndrome de Guillain-Barré. Les examens ont montré qu’il s’agissait d’une forme touchant directement le prolongement des neurones en direction des terminaisons nerveuses, ce qui la différencie de la forme observée Europe.

Le mécanisme de transmission du syndrome par Zika encore une inconnu

Selon les chercheurs, On recensait 5 cas de Guillain-Barré par an en Polynésie avant l’épidémie. Pendant les 6 mois d’étude, 42 cas ont été observés. Le virus Zika multiplie donc par 17 le risque d’être touché par le syndrome. « Dans cette étude, on a aussi observé que 88 % des patients avaient une infection récente typique de Zika, 6 jours avant le début des complications neurologiques, poursuit Arnaud Fontanet. Ensuite, chez 93 % des patients souffrant de Guillain-Barré, on a retrouvé des anticorps IGM, témoins des infections récentes par le virus Zika. »

Le lien est donc clairement établi même s’il est encore trop tôt pour expliquer comment le virus déclenche le syndrome de Guillain-Barré. Le mécanisme impliqué dans cette transmission, très complexe, ne fait l’unanimité chez les scientifiques. En revanche, tous s’accordent à dire que les pays touchés par Zika doivent s’attendre à une hausse considérable de cas de Guillain-Barré. Si ce n’est pas déjà effectif, comme en Colombie, où la mort de trois patients infectés par le virus et souffrant de Guillain-Barré a été confirmée au début du mois. Le Brésil est également l’un des principaux pays concernés, mais il n’a pas communiqué sur le sujet.

« Ça reste une complication rare »

Pour le chercheur, il est donc important d’anticiper cette hausse. « Il faut assurer au mieux le libre accès des patients en réanimation, parce qu’ils vont monopoliser un lit pendant un mois. Tout en sachant que ça reste une complication rare. » Pour dédramatiser la situation, il rappelle aussi que le syndrome de Guillain-Barré ne touche que 2 personnes sur 10.000 infectées par Zika. Et que plus généralement, 80 % des personnes infectées par Zika ne présentent pas le moindre symptôme.

Zika: le syndrome de Guillain Barré s’en mêle

media Une membre du personnel soignant applique une lotion anti-moustique à une femme enceinte, le 1er février 2016, à Soledad près de la ville de Barranquilla en Colombie. REUTERS/Aleydis Coll/Soledad Municipality

Trois personnes atteintes du virus Zika sont mortes en Colombie. Il s’agit des trois premiers décès liés à cette épidémie qualifiée « d’urgence de santé publique de portée mondiale » par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Mais ces personnes étaient également atteintes du syndrome de Guillain Barré, une maladie du système nerveux. Les autorités colombiennes y voient donc un lien direct de causalité.

En lui-même, le virus Zika a toujours été considéré comme relativement inoffensif pour les personnes qu’il touchait. Jusqu’à présent, les principales craintes concernaient les femmes enceintes et leurs nourrissons. Une hausse des cas de microcéphalie, une tête anormalement petite, a été observée chez les nouveau-nés dans les régions où l’épidémie est la plus virulente.

Mais le décès de trois Colombiennes, annoncé ce vendredi 5 février, remet en cause ce constat. En plus du Zika, elles étaient également atteintes du syndrome de Guillain Barré. Il s’agit d’une maladie qui frappe les défenses immunitaires en les poussant à se retourner contre le système nerveux du malade. Dans ses formes les plus graves, il peut provoquer une paralysie et parfois être mortel.

Pas de preuve mais des chiffres

Dès lors, une question se pose : est-ce qu’être touché par le virus Zika favorise l’apparition du syndrome de Guillain Barré ? Pour exemple, lorsque l’épidémie de Zika a frappé la Polynésie française en 2014, les cas de Guillain Barré ont été 20 fois plus nombreux qu’habituellement. Il y a ainsi une corrélation statistique, mais aucune preuve. Ce lien n’est donc pas encore avéré même s’il est fortement suspecté par les chercheurs.

Une suspicion étayée par les déclarations des autorités sanitaires colombiennes après ces trois décès. Pour elles, c’est sûr, il y a un lien de causalité. Même si elles n’expliquent pas comment elles sont parvenues à cette conclusion.


■ L’ONU demande aux pays touchés par le virus Zika de permettre l’accès à la contraception

Il n’existe pour l’heure aucune certitude scientifique quant au lien qu’il pourrait y avoir entre le virus Zika et le nombre élevé de malformations de fœtus, constaté chez des femmes enceintes infectées en Amérique du sud et au Brésil notamment. Certains médecins avouent que des patientes contaminées ont choisi d’avorter, mais de façon clandestine.

Car dans ce pays très catholique, l’avortement n’est autorisé qu’en cas de viol ou de danger pour la mère. Le Haut Commissariat aux droits de l’homme vient de demander aux pays touchés par l’épidémie, et en particulier ceux d’Amérique du Sud, de permettre aux femmes d’accéder à l’avortement mais aussi à la contraception.

« Comment peuvent-ils demander à ces femmes de ne pas tomber enceintes, mais ne pas leur offrir la possibilité d’empêcher la grossesse », a déclaré la porte-parole de l’instance de l’ONU. Un conseil qui ouvre de nouveau le débat sur l’avortement dans cette partie du monde. Quant à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), elle craint une éventuelle transmission du virus Zika par voie sanguine et a jugé « approprié » de reporter les dons de sang de voyageurs de retour de ces pays à risque de deux à trois semaines.

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Commentaires

Pour la LIBERTE  •                          Bon, il y a une relation entre ZIKA et le syndrome de Guillain-Barré, selon des chercheurs.
MAIS de quelle nature?
Tout le monde n’est pas pareil ET tout le monde n’en souffre pas ALORS si à partir de ces faits nos « chercheurs » cherchaient vraiment. La santé Publique pourrait peut être s’en trouver mieux?

DrFolamour  •                                  Bzzz Bzzz Bzzz
France Debout  •                              Polynésie française, où une épidémie Zika, entre octobre 2013 et avril 2014, a touché les deux-tiers de la population.
La maladie provoque, dans 20 à 30% des cas une défaillance respiratoire et, dans les pays riches, environ 5% de décès ????
En Polynésie durant 2 ans ? je ne me souviens pas en avoir entendu parler (peur de la fuite des touristes ???)
5°/° dans les pays riches et dans les pays pauvres 10°/°, 20°/° ou plus ?? Là on s’en moque ?
PINPIN  •                                             vous n’avez pas fini de nous parler du ZIKA , c’est un truc de journaleux pour remplir du papier
en Martinique je ne connais personne qui l’a , d’ailleurs il n’y a jamais eu si peu de moustiques que cette année
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