Mérite agricole

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François Hollande chahuté au Salon de l’agriculture

Le Figaro

Eric de La Chesnais 

La visite du président de la République s’est achevée au bout de 6 heures dans un climat électrique. Cinq éleveurs ont été interpellés après le démontage du stand du ministère de l’Agriculture.

figarofr: Les agriculteurs protestent lors du passage de François Hollande, le 27 février 2015 au Salon international de l'agriculture à Paris. © CHRISTOPHE PETIT TESSON/AFP Les agriculteurs protestent lors du passage de François Hollande, le 27 février 2015 au Salon international de l’agriculture à Paris. La visite inaugurale du président de la République, François Hollande, de la 53ème édition du salon de l’agriculture ce samedi matin, avait pourtant bien commencé. Elle s’est achevée environ 6 heures après dans un climat nettement moins serein où les forces de l’ordre ont du intervenir à deux reprises pour calmer les esprits des agriculteurs en colère. Le chef de l’Etat a lui aussi dit entendre ces mouvements d’humeur.

«Les cris de détresse, je les entends (….) La colère, je préfère qu’elle s’exprime à l’occasion de ce salon qu’à l’extérieur», et «c’est une demande très forte qui est exprimée», indique-t-il lors de sa visite. «Notre action est légitime, nous ne pouvons plus nous contenter de n’avoir que des discours, on veut des actes», réplique Jérôme Despey, secrétaire général adjoint de la FNSEA après le démontage d’une partie du stand du ministère de l’Agriculture.

Devant les éleveurs laitiers, l’ambiance dérape

Retour sur ces événements. Le président de la République, François Hollande, foule le tapis rouge des VIP à 6h47 précises, pour se diriger dans le hall 1, celui des animaux de ferme par lequel débute toute visite officielle. Il prend le soin de s’entretenir devant les caméras avec le leader de la Confédération paysanne, Laurent Pinatel.

Evitant de réitérer l’incident de l’année dernière où l’opposant farouche à la ferme des 1000 vaches avait été exclu manu militari du cortège. Puis il passe sous la haie des drapeaux verts et blancs des syndicalistes la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) qui protestent contre la multiplication des normes environnementales. Il va ensuite saluer Cerise et son éleveur des Landes, Joel Sillac, propriétaire de la vache star du salon de race bazadaise reconnaissable par sa robe gris antracite.

N’hésitant pas à caresser les cornes bien pointues du bovin en posant devant les photographes qui se battent pour avoir le meilleur plan sous le crépitement des flashs. Il s’entretient ensuite avec un jeune éleveur de chèvre, Lucien Bourgeois, qui lui a fait part de son angoisse de voir de plus en plus de ses collègues quitter le métier faute d’un prix du lait suffisant. François Hollande prend son temps pour parler aux uns et aux autres.

Mais lors de son passage devant les éleveurs laitiers des Prim’Holstein, la race de référence du secteur laitier, soit une heure après son arrivée, l’ambiance dérape. «Démission, démission, casse-toi», entend-on sous un concert de sifflets.

«On voulait lui faire part de notre détresse, commente Marion, éleveuse à la tête d’un troupeau de 65 laitières dans l’Aube, à Marolle les Bailly. Il n’a pas voulu nous écouter. On lui a dit tout fort ce qu’on pensait de lui. Quand on n’est pas capable d’être la hauteur de la situation de crise actuelle, il n’y a plus qu’une solution: partir. Va-t-il falloir que l’on disparaisse les uns après les autres pour que le pouvoir prenne les bonnes mesures?, interroge la paysanne. «Des amis se sont pendus dans leur étable car ils ne pouvaient plus faire face à l’accumulation de charges», insiste-t-elle.

Certains autres jeunes éleveurs, qui ont participé dimanche soir dernier, à l’action devant la maison de Stéphane Le Foll au Mans, figurent aussi parmi les contestataires. «Cela fait deux ans qu’on nous promet un redressement de la filière laitière et on ne voit rien venir, on s’impatiente. Heureusement qu’on est passionné par notre métier», commente Emmanuel, paysan dans la Sarthe venant de se faire molester par des policiers en civil, s’étant approché trop près du chef de l’Etat.

Puis vers 10 heures alors que tous les participants pensent que le plus dure est passé, le stand du ministère de l’Agriculture situé dans le hall des institutionnels est mis à sac par 130 exploitants de la FNSEA, Ile de France.

«Les forces de l’ordre nous ont empêchés de faire ce qui était prévu de faire en accord avec elles: déployer une banderole sur le stand du ministère pour montrer notre détresse, reconnaît Damien Greffin, le virulent patron du syndicat majoritaire francilien. Nous avons été repoussé par les forces de l’ordre et c’est à ce moment là que tout a dégénéré».

Le mobilier écologie à base carton solidifié du stand ministériel a été totalement détruit. «L’incident est clos», s’est exprimé en substance Xavier Beulin après négocié avec le préfet de Paris, que la police relâche les cinq paysans interpellés suite à ce saccage. Vraiment ce salon ne peut se passer comme les autres. On attend d’autres mouvements de colère dans les jours à venir.

Après son inauguration houleuse, le Salon de l’Agriculture fait bloc derrière les éleveurs

Les noms d’oiseaux lancés au président, les bousculades, le démontage du stand du ministère, personne ne cautionne mais tout le monde « comprend ». Dimanche, le Salon de l’agriculture faisait bloc derrière les éleveurs confrontés à une crise profonde et prolongée.

« Connard », « fumier », « bon à rien » ont lancé samedi des éleveurs au passage du chef de l’Etat François Hollande, en lui tournant le dos pour exhiber leurs tee-shirts en deuil « Je suis éleveur – Je meurs ».

Dimanche matin, Xavier Beulin, président de la puissante FNSEA a présenté des « excuses » pour cette inauguration houleuse. « Ça n’est pas respectable, ni pour la fonction, ni pour la personne », a-t-il estimé. Ajoutant toutefois que ces incidents traduisaient « tout simplement l’expression d’une colère, d’un désespoir » et que d’autres « mouvements spontanés » étaient à prévoir durant le salon.

Peu après, des éleveurs bovins ont d’ailleurs aspergé avec un extincteur et de la farine le stand de Charal, marque du groupe Bigard, numéro un de l’abattage en France, pour dénoncer sa politique de prix.

M. Beulin a également assuré n’avoir pas été averti de l’intention des membres de la FNSEA d’Ile-de-France qui ont démonté samedi le stand du ministère de l’Agriculture, poussant les CRS à intervenir.

Mais dans les allées du Hall 1 où patientent dimanche les bovins candidats au concours agricole, les éleveurs font corps avec les agitateurs d’hier. « Je regrette même qu’on ne soit pas allé plus loin », lâche Philippe, 36 ans, éleveur laitier près de Lorient.

Comme Bruno, installé à une vingtaine de km du Golfe du Morbihan, il arbore le tee-shirt avec le macaron « Eleveurs – Etat d’urgence » sur la poitrine et côté dos le slogan « Je meurs ». Celui qu’ils voulaient montrer au président samedi.

« Comme lui tourne le dos aux agriculteurs », souligne Bruno, « on avait prévu une simple haie d’honneur, dos tourné à son passage, mais le service d’ordre était tellement important, ils nous ont repoussés, on ne pouvait plus bouger » accuse-t-il.

« J’aurais voulu qu’on bloque Hollande, l’obliger à écouter ce que c’est de vivre avec moins que le smic. Il n’en a aucune idée » reprend Philippe.

Plus nuancé, Thierry Chombart, 45 ans, éleveur près de Valenciennes, « regrette » les débordements. « Le mot d’ordre était de rester calme et de respecter la personne du président. Mais le service d’ordre qui a foncé sur les gars a exacerbé leur frustration » explique-t-il. « Moi, les mots employés, je ne cautionne pas. Mais il faut comprendre: les éleveurs sont souvent endettés à 15 ans, alors qu’ils n’ont même pas de visibilité à six mois ».

Lui a pu « discuter trois minutes avec le président. On a pu lui dire qu’on perdait confiance, qu’on attend des actions à Bruxelles ».

Les éleveurs laitiers, victimes de l’effondrement des cours payés plus de 30 euros sous le coût de production (pour mille litres) ont été en première ligne de la bousculade autour du président.

Croisée dans les allées, Nathalie Kosciusko-Morizet, ex-numéro 2 du parti Les Républicains, « condamne clairement » les injures lancées au président.

Mais l’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy convient aussi que « la sortie des quotas laitiers a été mal gérée ». Décidée par les ministres européens depuis près de dix ans, la dérégulation effective depuis avril 2015 a contribué au plongeon des cours et au marasme actuel, avec l’embargo russe et la baisse de la demande mondiale.

En revanche, Dominique Barrau, secrétaire général de la FNSEA se montre moins diplomate que son président. « Les gars, je ne les condamne pas. Ils ont fait exactement ce qu’aurait voulu faire tout agriculteur qui n’a pas pu se rendre au Salon ».

Beaucoup d’éleveurs confient avoir songé au boycott mais pour ceux dont les vaches avaient été sélectionnées au concours général, la punition aurait été trop sévère souligne Thierry Chombart. Du coup, ce Salon se veut aussi celui de la pédagogie envers le consommateur.

« Les gens nous soutiennent, ils viennent s’informer, ils ont envie de comprendre. On leur dit aussi que la balle est dans leur camp. A eux de demander des comptes à la grande distribution » expliquent en ch?ur Philippe et Bruno.

Derrière eux, une banderole rappelle que la brique de lait vendue 1 euro en rayon leur est payée 28 centimes.

Salon de l’agriculture: « vous êtes les pantins de l’Europe », lance un éleveur à Valls

« Vous êtes les pantins de l’Europe », a lancé un éleveur au Premier ministre Manuel Valls, venu lundi visiter le Salon de l’agriculture, ont constaté des journalistes de l’AFP.

M. Valls a été accueilli dans une ambiance calme mais tendue dans les différents stands de l’allée centrale. Il s’est arrêté à de nombreuses reprises, discutant avec les agriculteurs, le visage grave.

Quelques huées et quolibets ont salué sa déambulation dans la partie réservée aux éleveurs de vaches laitières, les plus remuants.

« Vas te cacher. T’as rien compris petit zizi, tu vas pas changer l’Europe », a hurlé l’un d’eux à l’adresse du chef du gouvernement. Un grand panneau avec une bâche noire avait été dressé, frappé du slogan: « je suis le top de la qualité française mais ma passion ne suffit plus ».

« C’est de l’esclavage! On est 200 ans en arrière dans l’agriculture. Ils en ont rien à foutre de l’agriculture! », a crié un éleveur en direction de M. Valls et du ministre Stéphane Le Foll.

« On a l’impression d’être abandonnés », a expliqué au Premier ministre, Claude Duval, installé depuis 1973 et qui possède 100 vaches laitières. Ce à quoi M. Valls a répondu: « on est conscient de vos problèmes ».

Outre le niveau très bas des prix de vente du lait, l’éleveur, dont la vache Eugénie, de race salers et âgée de 7 ans, avait été championne de l’édition 2015 du Salon, s’est plaint aussi de problèmes de sécheresse touchant le fourrage.

Après le stand d’Eugénie, M. Valls a eu un échange tendu avec un groupe d’éleveurs.

« Vous êtes les pantins de l’Europe », lui a lancé François, éleveur dans l’Eure, avant d’ajouter: « ils sont là pour se pavaner mais ils n’ont aucun pouvoir et nous on crève ».

Le Premier ministre lui a répondu sur le même ton: « on vient tous les ans. C’est toujours la même chose. Si on ne vient pas, on est des trouillards, si on vient, on vient se pavaner ».

L’agriculteur a reproché au gouvernement un manque de résultats. « C’est quoi les résultats pour vous? », lui a demandé le Premier ministre. « Ben le lait il est payé zéro euro », a-t-il répondu. « Et vous pensez que c’est en claquant des doigts…? », l’a interrogé Manuel Valls.

Interrogé par d’autres éleveurs sur la vision « libérale » de Bruxelles qui voudrait que le marché s’autorégule, le Premier ministre a rappelé avoir vu la semaine passée le commissaire européen Phil Hogan.

« Il y a une prise de conscience, je pense, de la gravité de la crise », a souligné M. Valls. Mais, pour le Premier ministre, il ne peut pas y avoir de crise de confiance en Europe sur ce sujet-là. « Les deux premiers piliers de l’Europe, c’était l’acier et l’agriculture. Il ne faut pas que ce pilier-là s’effondre ».

M. Valls a parlé aussi à Etienne, un éleveur de Franche-Comté. « Il n’y a rien qui avance », a dit le jeune homme désabusé, en déplorant: « il (le gouvernement) avait annoncé 1,40 euro sur le porc l’été dernier, on est à 1,10. Pour le lait c’est pareil c’est scandaleux ! Il n’y a que les gens qui gravitent autour de nous qui gagnent leur vie (industriels de l’agroalimentaire, distributeurs, ndlr), et eux ils ne travaillent pas 24h sur 24 !!! »

Les Floc, producteurs de lait de père en fils : « On ne veut plus des exploitations familiales »

Le Monde

Jérémie Lamothe

Alors que de multiples crises touchent le milieu agricole, de jeunes agriculteurs décident malgré tout de reprendre l’exploitation familiale par choix et par passion. Reportage chez l’un d’eux à Guipel, en Ille-et-Vilaine.

Nicolas Floc et son père, Jean-Paul Floc. D’après la Chambre d’agriculture de Rennes, 30 % des installations se font désormais hors cadre familial.© Javier Belmont pour « Le Monde » Nicolas Floc et son père, Jean-Paul Floc. D’après la Chambre d’agriculture de Rennes, 30 % des installations se font désormais hors cadre familial. En ce mercredi matin pluvieux et froid de février, Jean-Paul Floc, 61 ans, est aux petits soins avec Idéale, une génisse qui peut mettre bas à tout moment. Assis sur son tracteur vieux de 30 ans, il s’occupe en même temps de la quarantaine de bovins que possède l’exploitation familiale située à Guipel (Ille-et-Vilaine), à 30 kilomètres de Rennes.

Idéale donnera naissance, tard dans la soirée, à un veau, Mascotte. Mais ce n’est pas Jean-Paul qui s’est occupé de la mise bas, c’est son fils Nicolas. Car l’exploitation laitière ne lui appartient plus. Jean-Paul est à la retraite depuis le 31 décembre 2014.

Après avoir repris la ferme des parents de sa femme, Monique, en 1976, il a passé le relais en janvier 2015 à Nicolas, 32 ans, son second fils.

La transmission familiale est encore en phase de transition et se fait en douceur. Le père donne régulièrement un coup de main à son fils. Mais dans quelques mois, Jean-Paul et Monique, vont quitter l’exploitation pour s’installer, à quelques kilomètres de là, «de l’autre côté du canal.» Et passer un peu de bon temps, le couple n’ayant pu prendre que trois jours de vacances en quarante ans, «pour le mariage de [leur] fils.»

Nicolas, sa femme, assistante vétérinaire, et ses trois «gars», âgés de 2 ans à 8 ans, vont venir habiter dans la ferme. Le jeune agriculteur sera alors seul à gérer l’exploitation. Pas question cependant de tout bouleverser. Comme ses parents, Nicolas continuera de ne produire que du lait et ne compte pas se lancer dans le bio ou le circuit court, en vogue ces dernières années. «A chacun son métier. Si tout le monde s’y met, ça ne marchera pas, lance-t-il. Par exemple, dans les ventes directes, il commence à y avoir une course à celui qui aura la plus grande boutique. On revient toujours aux mêmes travers.»

«Je connais très bien les contraintes du métier»

Nicolas Floc pose devant un hangar de l'exploitation familiale.© Javier Belmont pour Le Monde Nicolas Floc pose devant un hangar de l’exploitation familiale. Nicolas Floc incarne la quatrième génération de la famille à travailler dans cette exploitation de 60 hectares qui compte 49 vaches laitières, des pies rouges des plaines. Prendre la succession de ses parents était une évidence pour lui depuis son enfance. Malgré les semaines sans jour de repos, les réveils à 6 heures, les prix bas, les crises sanitaires, et un avenir teinté d’incertitudes.

Ils sont 460 nouveaux exploitants à s’être installés, comme lui, en 2014-2015 en Bretagne. Mais les transmissions dans le cadre familial se raréfient. D’après la chambre d’agriculture de Rennes, 30% des installations se font désormais hors cadre familial. Un chiffre en constante progression ces dernières années en France.

«C’est un avantage de pouvoir démarrer avec une exploitation qui est déjà sur pied, on ne part pas dans le vide, explique ce longiligne trentenaire dans la caravane qui lui sert pour l’instant de bureau. Je suis né dedans, c’est ce que j’ai toujours voulu faire, c’est vraiment une passion. Et en ayant vu mes parents, je connais très bien les contraintes du métier.» De son côté, Jean-Paul est satisfait de voir son fils prendre le relais: «Ça montre qu’on n’a pas travaillé pour rien avec ma femme.»

L’exploitation ne pouvant faire vivre plus de deux personnes, Nicolas Floc a dû attendre que ses parents partent à la retraite avant de reprendre le flambeau. Après un BTS agricole en analyse, conduite et stratégie de l’entreprise agricole, il travaille durant dix ans dans les travaux publics. Un choix rare dans ce milieu, que Nicolas revendique:

«Etre salarié, ça m’a permis de voir ce qu’était une vie hors agricole, d’avoir une ouverture d’esprit sur le monde, mais aussi sur le métier d’agriculteur. Dans la plupart des familles, les parents poussent leurs enfants à reprendre rapidement la ferme et demandent de la faire grossir, d’acheter de nouvelles bêtes. Les jeunes n’ont aucun recul par rapport à leur métier, et c’est un cercle vicieux qui ne s’arrête jamais. C’est normal que certains pètent un câble après ça.»«On est davantage des gestionnaires que des producteurs»

Cette période l’a conforté dans son choix de devenir agriculteur: «Avant, j’avais des horaires très contraignants. Aujourd’hui je peux rentrer à la maison le midi, m’occuper des enfants… C’est plus agréable. Et je suis mon propre patron.»

S’il n’a pu prendre que douze jours de vacances depuis la reprise de l’exploitation – dix l’été dernier et deux à Noël –, Nicolas Floc rêve de pouvoir avoir un week-end sur deux de repos. «Aujourd’hui, ce n’est pas réalisable», déplore-t-il.

Mais, quand il évoque cette liberté retrouvée, Nicolas Floc tempère: «Le souci dans ce métier, c’est qu’on ne décide pas de nos prix de vente. On donne nos produits et ensuite on nous dit le prix. Nous sommes le seul métier où on a le droit de vendre à perte.»

L'exploitation de la famille Floc contient 49 vaches laitières, dont quasi exclusivement des pies rouges des plaines.© Javier Belmont pour Le Monde L’exploitation de la famille Floc contient 49 vaches laitières, dont quasi exclusivement des pies rouges des plaines. L’éleveur breton souffre de la chute du prix du lait qui lui est imposé. Il vend ainsi la tonne à 280 euros, alors que «340 euros, ça serait l’idéal pour pouvoir vivre». En 2015, Nicolas Floc n’a pu se verser qu’un revenu modeste, «à peine 300 euros par mois». «Heureusement, il me reste un capital après mes dix ans dans les travaux publics. Mais cette année je ne pourrai plus compter sur ça, s’inquiète-t-il. J’ai trois gosses, une maison à rembourser, je n’ai plus le choix.»

Outre le prix du lait, M.Floc déplore les nombreux obstacles que rencontrent les éleveurs: lourdeurs administratives, normes trop contraignantes, concurrence d’une main-d’œuvre trop basse en Europe… «On est davantage des gestionnaires que des producteurs», peste-t-il.

La relève est déjà là

A son installation, Nicolas Floc a certes choisi d’augmenter son cheptel mais en le faisant progressivement. Face au cours du lait actuel, il souhaite ne prendre aucun risque. Pourtant certains fournisseurs lui ont bien fait comprendre que l’agrandissement serait inéluctable. Quitte à s’endetter sur plusieurs années. Mais le jeune agriculteur, comme son père avant lui, refuse de se laisser prendre dans cette spirale.

«Je veux rester avec une petite structure, avec mes 49 vaches laitières, et être rentable. En France, certains font tout pour avoir la plus grosse ferme, c’est une course à la grandeur, c’est de la folie. Travailler de 5 heures à 23 heures, ce n’est pas une vie. Si j’avais acheté plus de vaches, comme on me l’avait conseillé, j’aurais été dans une situation financière très compliquée.»

Pour Jean-Paul Floc, «on ne veut plus des exploitations familiales». «On nous pousse à nous endetter, c’est n’importe quoi.» Nicolas n’a pas participé aux nombreuses manifestations des éleveurs bretons ces derniers mois. Même s’il aurait aimé y être. «Je ne peux pas laisser mon exploitation quelques heures, j’ai trop de travail.» Mais il s’interroge sur le rôle des syndicats: «Leur boulot administratif leur prend trop de temps. Ils ne peuvent plus être dans leur exploitation et ne connaissent plus le monde agricole.»

Malgré tout, Nicolas Floc verrait bien l’un de ses enfants, ou un neveu, reprendre l’affaire et ainsi voir une cinquième génération dans l’exploitation familiale. Mais il prévient: «Avant, ils iront travailler ailleurs, comme Papa, et ils attendront que je parte à la retraite.»

François Hollande veut faire pression sur la grande distribution

BFM Business

P.S. avec AFP 

Lors de sa visite houleuse sur le salon de l’agriculture, le chef de l’État a annoncé sa volonté de faire pression sur la grande distribution et de revoir la loi de modernisation de l’économie.

© Fournis par BFMNews Accueilli sous les huées des éleveurs et des agriculteurs ce samedi matin sur le salon de l’agriculture, François Hollande a sorti une carte inattendue. Le Chef de l’État a annoncé son intention de faire pression sur la grande distribution. Il veut aussi revoir la loi de modernisation de l’économie (LME). Adoptée en 2008, ce texte a réformé les relations commerciales entre distributeurs et fournisseurs.

« Il y a des pressions qu’il faut exercer ici en France sur la grande distribution », a affirmé François Hollande que les éleveurs accusent de ne rien faire pour endiguer la chute des prix payés aux éleveurs. « Une loi a été votée il y a quelques années », a-t-il rappelé, faisant allusion à la LME, ajoutant : « Elle doit être revue ».

Cette promesse n’a, semble-t-il, pas calmer la colère des éleveurs et agriculteurs. Le stand du ministère de l’Agriculture a été saccagé par des manifestants quelques minutes après les déclarations du chef de l’État.

Salon de l’agriculture: en pleine crise, le bio terre de salut?

L’Express

Sébastien Pommier 

Comme ce producteur de légumes localisé à Marseille, les agriculteurs sont de plus en plus nombreux à se tourner vers le bio. © PHOTOPQR/LA PROVENCE/MAXPPP Comme ce producteur de légumes localisé à Marseille, les agriculteurs sont de plus en plus nombreux à se tourner vers le bio. Les agriculteurs sont chaque année un peu plus nombreux à abandonner les pesticides pour convertir leurs exploitations en agriculture biologique. Un secteur porteur et une réponse à la crise agricole?

Secteur laitier en ébullition, crise porcine… Le malaise qui traverse le monde agricole est profond. En cause: la chute des prix de la production. Les industriels achètent au plus bas, les producteurs ne vivent plus de leur travail et au bout de la chaîne, le consommateur choisit en fonction de l’étiquette. Une exception existe: le bio.

Dans cette agriculture raisonnée où le rendement n’est pas la clé de la réussite, le client accepte de payer plus cher. Un secteur qui séduit chaque année un peu plus d’agriculteurs et d’éleveurs, à en croire les chiffres annuels présentés par l’Agence Bio en amont du salon de l’Agriculture, qui a connu ce samedi une ouverture mouvementée.

La demande explose

Selon l’étude réalisée par CSA, 65% des Français ont consommé du bio de manière régulière l’année dernière. C’est deux fois plus qu’il y a 15 ans. « Le bio continue son ascension et répond aux attentes des consommateurs », notent les spécialistes qui parlent de « niveaux inédits atteints » en terme d’achats. Ainsi, on estime qu’en France, ce marché a progressé de 10% sur un an, pour atteindre « un chiffre record de 5,5 milliards d’euros ».

Evolution du chiffre d'affaires du bio en France. © Agence Bio / L’Express Evolution du chiffre d’affaires du bio en France. Des ventes en hausse, mais aussi un réseau de distribution qui se structure. L’Hexagone compte aujourd’hui plus de 42 000 opérateurs exerçant une activité bio, c’est 7% de plus qu’en 2014. Les grandes et moyennes surfaces continuent d’être les lieux d’achats privilégiés (81%), devant les marchés (33%), les magasins spécialisés (29%) et la vente directe à la ferme (23%).

Les producteurs se convertissent

Les agriculteurs sont également de plus en plus nombreux à franchir le pas de la conversion biologique. Les surfaces agricoles engagées en agriculture bio ont bondi de 17% en un an pour atteindre 1,3 million d’hectares. Sur ce total, plus d’un million d’hectares sont certifiés bio et 300 000 sont en cours de conversion, le processus prenant plusieurs années. Toutefois, si la dynamique est enclenchée, le bio ne représente qu’à peine 5% des terres agricoles françaises.

Cartographie de la conversion en bio en France. © Agence Bio / L’Express Cartographie de la conversion en bio en France. Symbole de cette agriculture moins productiviste, la hausse du nombre d’agriculteurs bio est plus importante que celle des superficies. En 2015, on comptait ainsi 8,5% de fermes bio supplémentaires sur un an, soit un total de 28725 établissements. Certes, c’est encore extrêmement minoritaire dans le paysage agricole (6,5% des fermes françaises), mais cela représente déjà près de 10% des emplois agricoles du pays. Au global, l’Agence Bio estime que le secteur génère « plus de 100 000 emplois directs en équivalent temps plein ».

Un effet crise agricole?

La présidente de la Fédération nationale de l’Agriculture biologique (FNAB), Stéphanie Pageot, confirme cette tendance et constate « une nouvelle vague de conversion au bio depuis six mois sur tout le territoire », comme elle l’explique au Monde. « Cette vague est plus forte qu’en 2009, la crise étant plus aigüe », juge cette éleveuse de vaches laitières en Loire-Atlantique.

Et, malgré l’importance des investissements à consentir pour une conversion, le bio attire désormais toute la famille agricole: des éleveurs, aux agriculteurs, en passant par les vignerons et même les céréaliers.

De là à apporter une réponse à la crise que les grands plans à coup de millions d’euros des pouvoirs publics n’ont pas réussi à régler? Aujourd’hui, le lait, en conventionnel, se négocie autour 270 euros la tonne. Contre 400 à 450 euros en bio. CQFD.

Un concours de start-up pour réinventer l’agriculture

Victoria Masson

Une douzaine de projets ont été choisis. © Agreen Startup

Pour sa deuxième édition nationale organisée du 26 au 28 février lors du Salon de l’Agriculture, l’Agreen Startup donne 48 heures à des jeunes pour monter un projet en lien avec le secteur et apporter des solutions aux agriculteurs. Une lauréate du concours 2015 nous raconte son parcours.

«48h pour monter votre start-up». Le défi, proposé par le concours Agreen’Startup Paris, lors du Salon de l’agriculture, se déroulera dans les locaux des chambres d’agriculture du 26 au 28 février. L’objectif? Présenter un projet innovant en lien avec l’agriculture.

«Le concours est né en Vendée, au salon Tech Elevage, spécialisé dans l’innovation en agriculture, raconte Hervé Pillaud, créateur du concours. Pendant deux jours, les participants vont être coachés pour développer leur projet. Plusieurs thématiques sont abordées: l’agriculture, l’entreprenariat, la communication, le financement, etc». Pour les candidats, pas de limite d’âge à part celle d’être majeur, ni de parcours obligatoire pour participer, même si beaucoup sont des jeunes étudiants, reconnaît Hervé Pillaud.

Déjà fort de plusieurs sessions dans différents salons, mais la deuxième édition au niveau national cette année, le concours se déroule en plusieurs étapes. D’abord, la «foire aux speechs», durant laquelle les porteurs de projet – douze cette année – ont trois minutes pour convaincre les autres participants de rejoindre leur équipe. Les groupes ont ensuite 15 minutes pour se former avant de réellement commencer le travail, accompagnés et coachés par des mentors. «On a des choses qui paraissent loufoques aux agriculteurs, mais on prend le risque», s’amuse Hervé Pillaud. Les projets passent ensuite devant un jury, et les lauréats se voient décerner un prix. L’année dernière, le projet «Barrière», une barrière automatique permettant de laisser passer un véhicule tout en bloquant le passage des animaux, a remporté le premier prix et la somme de 3.000 euros.


INTERVIEW – Caroline Grellier est fondatrice de la start-up Termatière. En 2015, elle participait au concours Agreen’Startup lors du Salon de l’agriculture et remportait la troisième place. Un an après, elle nous raconte l’aventure.

LE FIGARO.- Quel est le concept de Termatière?

Caroline Grellier.- Termatière veut valoriser les déchets agricoles en les transformant en matériaux bio-

Echantillon de matériaux de Termatière ©Caroline Grellier

sourcés. Sur un terrain donné, beaucoup de déchets sont sous (voire pas du tout) valorisés alors qu’ils ont des caractéristiques intéressantes dans plusieurs domaines. Nous concevons et développons donc des panneaux de composites, essentiellement à partir de ferment de vigne. Termatière est encore en phase de recherche et développement, l’étude de marché est en cours. Pour l’instant, nos produits sont destinés à fabriquer des caisses de vins, mais nous ne sommes pas fermés à d’autres secteurs, comme l’architecture d’intérieur avec la création de panneaux décoratifs.

Pourquoi avoir participé au concours Agreen’Tech?

Je venais tout juste d’entrer à l’incubateur Sup’Agro, où ils m’ont fortement conseillé d’y participer. J’avais l’idée de départ: valoriser les sous-produits des matières viticoles, mais je n’avais aucune idée du schéma économique. J’ai toujours eu un attrait pour la création de matériaux, déjà lors de mon parcours à l’école Boule. Le concours m’a réellement servi de base pour monter ensuite mon projet. Lorsque je suis arrivée, je ne connaissais personne. J’ai présenté mon projet et deux personnes sont venues me voir ensuite pour participer. Il y avait quand même la pression de devoir présenter le projet à la fin au salon, devant le jury. On a eu des mentors tout au long du week-end qui passaient nous voir, on pouvait s’entrainer à présenter le projet avec eux, exposer nos problèmes. L’un de mes coéquipiers avait un avis très différent du mien sur la façon de communiquer, c’était stimulant.

Un an après, quel bilan en tirez-vous?

Nous avons remporté la troisième place. Le concours est un énorme coup de pouce, et de pub. Nous n’en sommes qu’à la phase de recherche et développement, mais pour l’avenir, j’aimerais créer mon entreprise et embaucher pour porter ce projet. J’avais sous-estimé le temps nécessaire pour positionner un projet et le faire connaître, trouver des financements etc. Le fait d’être dans un incubateur permet aussi d’avoir un accompagnement, des retours d’expériences de créations d’entreprises, et d’avoir accès à des dispositifs de subventions régionales. C’est aussi un gain de crédibilité, car les personnes croient en votre projet. C’est très porteur, j’encourage tout le monde à participer à ce genre de concours de start-up!

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Commentaires

KATZE  •                                           des excuses ,pourquoi ?

  • Aline  •                                  Et pourquoi ne pas forcer la Grande Distribution à partager leurs marges avec les agriculteurs, genre du 50/50 sur le profit « brut », de façon à ce qu’ils trouvent eux-même un équilibre entre les prix d’achat et leurs propres marges?
  • Lucien  •                               Beulin est un vendu comme tant de délégués ou de représentants syndicaux. Ils jouent le double jeu, ce sont des gens sur qui il ne faut surtout pas compter, sinon c’est la déception. Beulin a intérêt à garder sa place donc il tempère, mais ne résout rien !
  • ha  •                                        Voilà j’ai fait une copier-coller de ce que perçoivent ceux qui sont censés être à votre service.
    Indemnité parlementaire
    Le salaire mensuel brut d’un député est fixé à 7100,15 euros. Ce montant correspond à la somme de son indemnité de base (5514,68 euros), de son indemnité de fonction (1420,03 euros) et de son indemnité de résidence (165,44 euros). Une fois déduites les cotisations et les contributions applicables, le salaire net d’un député s’élève à 5189,27 euros par mois. Mais

    à ce montant s’ajoutent des indemnités et des avantages supplémentaires.
    Prime, frais de mandat et collaborateurs

    En plus de l’indemnité parlementaire, chaque député bénéficie d’une indemnité représentative des frais de mandat visant à prendre en charge les dépenses liées à l’exercice de ses fonctions. Son montant est de 6412 euros bruts mensuels.

    Un député dispose également d’un crédit affecté à la rémunération de collaborateurs recrutés par lui, et dont les effectifs varient de 1 à 5. Son montant mensuel est de 9138 euros.

    Cumul de mandats

    Certains parlementaires cumulent les fonctions de député avec celles d’élu local (celle de maire notamment). Les indemnités perçues au titre de ce mandat local ne peuvent être cumulés que dans la limite d’1,5 fois le montant de l’indemnité de base d’un député (fixée à 5514,68 euros). Un député qui cumulerait plusieurs mandats ne peut donc pas toucher plus de 5514,68 X 1,5 = 8272,02 euros par mois.

    Avantages pratiques

    Enfin, différents moyens pratiques sont également mis à la disposition d’un député. En matière de déplacement, il bénéficie notamment d’un accès gratuit à l’ensemble du réseau SNCF en 1ère classe et de la prise en charge de 80 déplacements aériens par an entre Paris et sa circonscription. Il dispose également d’un bureau individuel au sein du Palais Bourbon ou de ses dépendances. Chaque député bénéficie de la prise en charge de ses frais de communication (Internet, téléphone, courriers, …).

  • 1  •                                               Pas très clair le Président de la FNSEA, les paysans protestent avec raison et ce Monsieur après s’excuse auprès du Président de la République pour quelques insultes. Ici c’est tous les jours.
    jean-françois  •                        quand M Hollande s’excusera sur ses trahisons ?
    Yvon  •                                        Beulin est un valet arriviste, #$%$ et fumier » sont les qualificatifs que portent bien Hollande.
    AntiGauchiotte  •                   Beulin est plus un financier qu’un agriculteur…là pour le coup c’est lui qui fait un peu honte aux agriculteurs… le business avant tout…
    l’amer michu  •                        Beulin fait de la limousine; pas du tracteur
    Galfand  •                                   par cette action il a assuré le minimum syndical.
  • MISS  •                                         Avant 7h00 quand les éleveurs sont occupés à faire manger leurs bêtes, un vrai vicieux  
    Gégé  •                                         lui aussi ils auraient du le boycotter c un européen convaicu il s en fout de la France 
    Tom  •                                        Les mécontents, repérés samedi face à Hollande, ont-ils fait l’objet cette fois de ces « arrestations préventives », appréciées par Valls ???
    corie  •                                       DEGAGE !!!
    pierrety  •                                 30000 policiers,quartier bouclé
    • Gilles Berto  •              Puis M. Valls s’est rendu au stand des bovins où trônait, comme chaque jour, la mascotte du Salon, Cerise, une vache bazadaise, et s’est lancé dans une discussion avec des éleveurs…..parce que Cerise n’a pas jugé utile de lui parler..vu qu’il a toujours raison et ne tolère pas la contradiction….!!!
      roro  •                           d’après I-télé il s’est fait traité de pantin et la foll s’est fait hué aussi !!!!! alors AFP vérifier vos infos
    • RECONQUISTA  •       NORMAL QUE LES FRANCAIS LE DETESTENT…. ET IL S EN SORT BIEN CAR CET EXTREMISTE SOCIALISTE ET SON EQUIPE DE GLANDS SE FOUTENT DES AGRICULTEURS QUI TRIMENT PLUS DE 80H/ SEMAINE POUR UN SALAIRE MOYEN INFERIEUR A 700€…. IL EST TEMPS DE FRANCHEMENT SE REVOLTER ET DE S EN PRENDRE AUX RESPONSABLES, CAR LES PRIORITES DE CES COLLABOS SOCIALOPES SONT TOUJOURS POUR LES COLONS ET LES CLANDESTINS NAZISLAMISTES….JAMAIS POUR LA POPULATION LOCALE MEPRISEE – SANS DENT… résultats lamentables dans l’indifférence de la presse gauchiasse collabo de 2 suicides / j depuis des années, soit près de 700 morts par an, à cause de cette sale politique collabo pro immigrationniste prioritaire qui ignore totalement et méprise les populations locales, c’est intolérable, COMME L INACTION DE TOUT CE GOUVERNEMENT DE SALOPARDS…. Dorénavant, que les responsables du naufrage agricole et de cette injustice payent… comme en 39/45 il est urgent de s organiser en réseaux indépendants de résistants… pour sauver la france en plein naufrage,,,,
      L1KoNu  •                              “Ne faites donc pas comme l’avare, qui perd beaucoup pour ne vouloir rien perdre.” Montaigne
      corie  •                                      Commentaire de l’AFP filiale de l’Elysée !!!
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