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Ce que David Cameron voulait et ce qu’il a obtenu dans l’accord avec l’UE

ACCORD DAVID CAMERON

UNION EUROPÉENNE – Les 28 dirigeants de l’UE se sont accordés vendredi 19 février sur un compromis « renouvelant le pacte » du Royaume-Uni avec l’Europe. Un accord que le Premier ministre David Cameron juge suffisant pour recommander le maintien de son pays dans l’Union européenne lors d’un prochain référendum.

Voici les principaux points résumant les revendications de David Cameron, telles que présentées dans une lettre datant de novembre 2015 au président du Conseil européen Donald Tusk, et ce qu’il a obtenu dans une série de compromis souvent tournés dans un langage diplomatique ambigu.

Immigration

Sous l’immense pression de ses concitoyens et du parti conservateur contre la hausse de l’immigration, David Cameron voulait un moratoire de quatre ans pour les ressortissants de l’UE au Royaume-Uni candidats aux aides et logements sociaux. Il souhaitait également empêcher ces migrants de bénéficier des allocations familiales en faveur de leurs enfants restés à l’étranger.

Face à l’opposition des pays d’Europe de l’est, Cameron a obtenu une clause de sauvegarde de sept ans sur certaines aides sociales pour les nouveaux migrants, qui permet de limiter les versements selon une échelle graduelle. Un système sera également mis en place pour indexer les allocations familiales au niveau de vie du pays où vivent les enfants. Cela s’applique aux nouveaux demandeurs mais peut être étendu aux bénéficiaires actuels à partir de 2020.

Souveraineté

David Cameron, pour répondre à ceux qui s’inquiètent du joug de Bruxelles sur les institutions britanniques, réclamait de pouvoir échapper à l’engagement vers une « Union toujours plus étroite », l’un des piliers de la construction européenne, de façon « légalement contraignante et irréversible ». Concrètement, il appelait à un système de « carton rouge » qui permettrait à un groupement de parlements nationaux d’opposer un veto à toute législation européenne.

David Cameron s’est assuré d’une exemption pour le Royaume-Uni sur « l’Union toujours plus étroite », qui doit être inscrite dans les traités si l’opportunité de leur remaniement se présentait. Le « carton rouge » est présent sous condition d’une alliance de 55% des votes alloués aux parlements nationaux, ce qui le rend compliqué en pratique. Sur le principe de subsidiarité, Cameron a indiqué qu’il prévoyait de prendre de nouvelles mesures pour protéger la souveraineté britannique.

Gouvernance économique

David Cameron ne voulait pas voir le statut du Royaume-Uni handicapé par le fait que le pays n’utilise pas l’euro. C’est un domaine particulièrement sensible pour le pays, dont la capitale est l’un des principaux centres financiers au monde. Il demandait une série de « principes légalement contraignants », comme la reconnaissance que l’UE possède plusieurs monnaies, que les pays non membres de la zone euro ne doivent pas être victimes de discrimination et que les contribuables britanniques ne doivent pas payer pour les crises de la zone euro.

David Cameron revendique avoir obtenu des protections pour la City contre toute discrimination des pays utilisant la monnaie unique, estimant que l’UE reconnaissait « pour la première fois » qu’elle avait plusieurs monnaies. Mais le vocabulaire du texte reste vague: les institutions de l’Union « faciliteront la coexistence entre plusieurs perspectives ». Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a insisté que l’accord n’accordait aucun veto à Londres en matière de décision.

Compétitivité

Moins de charges administratives, libre-circulation du capital, des biens et des services: telles étaient les demande de Cameron dans ce domaine. Cette partie n’a jamais été vraiment problématique, la compétitivité étant une priorité de la Commission Juncker. Le bloc s’est accordé pour « améliorer la compétitivité » et prendre « des mesures concrètes » pour avancer.

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L’accord anti-« Brexit » amplifie le mouvement vers une Europe « à la carte »

LE MONDE | Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)

Le premier ministre britannique David Cameron lors d'un meeting avec le Président du Conseil Européen Donald Tusk et le Président de la Commission Européenne Jean-Claude Juncker, au cours du second jour du sommet européen du Brexit, à Bruxelles, le 19 février 2016.

« Deal done. » Donald Tusk, le président du Conseil européen, a officialisé sur Twitter, vendredi 19 février vers 22 h 30, l’accord péniblement négocié entre les Européens pour permettre à David Cameron de défendre, devant les électeurs britanniques, le maintien de leur pays dans l’Union européenne (UE).

Au bout de près de trente heures d’une négociation quasiment continue, le premier ministre britannique a arraché à des partenaires pressés d’en finir ce qu’il qualifie, sur un ton triomphant, de « statut spécial » pour le Royaume-Uni. Il lui reste à le défendre désormais devant ses électeurs pour gagner le référendum qu’il a accepté d’organiser le 23 juin, date confirmée samedi midi après un conseil des ministres.

Le verbe toujours très efficace, David Cameron s’est félicité, dans une salle de presse comble, vendredi soir, d’avoir obtenu gain de cause sur toutes ses demandes.

« Le Royaume-Uni ne fera jamais partie d’un super Etat de l’Union européenne, le pays n’adoptera jamais l’euro, nous ne participerons pas aux parties de l’Union qui ne fonctionnent pas [Schengen, l’euro] », a-t-il insisté.

« Il ne sera plus jamais question d’avoir quelque chose sans contrepartie », a ajouté le premier ministre conservateur, faisant référence à l’une des principales concessions faites par ses partenaires, le droit pour le pays de limiter sur une durée de quatre ans l’accès des travailleurs non européens aux prestations sociales britanniques. « C’est suffisant pour moi afin de faire campagne pour le oui au référendum. L’Union n’est pas parfaite, mais lui tourner le dos n’est pas une solution », a t-il conclu.

« Je n’aime pas Bruxelles »

Les Européens ont donc fait leur part du travail pour éviter un « Brexit » (« British Exit », ou sortie de l’UE). Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a défendu sans enthousiasme le compromis en le qualifiant d’« honnête », puisqu’il est censé satisfaire en réalité toutes les sensibilités nationales. « Pas glamour, mais sans concession sur les valeurs fondamentales de l’Europe », a réagi Donald Tusk. Le président de la Commission et celui du Conseil se sont livrés à un petit jeu : M. Cameron avait conclu son intervention en lançant : « Je n’aime pas Bruxelles, mais j’aime la Grande-Bretagne. » « J’aime Bruxelles et la Grande-Bretagne », a répliqué M. Tusk. « J’aime Bruxelles plus que d’autres parties de l’Europe », a ironisé M. Juncker…

Interminable, ce sommet restera, en tout cas, comme un succès pour le leader conservateur britannique. Plus anecdotique, mais tout aussi symptomatique d’une Europe un peu déboussolée, malade de ses dissensions béantes, les participants au « Brexit deal » retiendront cette photo retweetée des centaines de fois et devenue l’événement du jour : on y voit la chancelière allemande, Angela Merkel, surprise en train de s’offrir un cornet de frites, vers 18 heures, sur une place proche du Conseil. Alors que, sur tous les médias, est diffusée l’information que la négociation bat son plein…

En réalité, elle était suspendue parce que François Hollande voulait consacrer deux heures à une émission sur France Inter, pour y parler d’Europe et de politique intérieure. Une bonne partie de ses collègues était, eux, dans leur chambre d’hôtel depuis le matin : ils se sentaient peu concernés et regardaient d’un œil distrait le débat sur le « Brexit »…

« Piège à migrants »

La dernière ligne droite de l’interminable processus de négociation aura été plus laborieuse et dramatique qu’escompté. Laborieuse : « Un conseil européen, ce n’est pas parce qu’il dure longtemps qu’il s’y passe grand-chose », a résumé M. Hollande. Dramatique : la discussion sur le « Brexit » a été rattrapée par ce que beaucoup, à Bruxelles, Berlin ou Vienne, considèrent comme la véritable crise, celle des migrants. Le premier ministre grec, Alexis Tsipras, a menacé de bloquer tout compromis avec les Britanniques s’il n’obtenait pas la garantie que les pays de l’Est et des Balkans ne fermeraient pas leurs frontières, ce qui transformerait son pays en un vaste « piège à migrants ». Face à un tel risque, la négociation avec M. Cameron a soudain semblé très décalée, voire complètement improbable, aux yeux des hauts fonctionnaires, même les plus chevronnés.

Le volet « migration » de ce sommet, qui devait ne servir que de thème de diversion le temps du dîner de jeudi soir, a finalement mobilisé les esprits durant cinq heures. Ce qui a renvoyé au milieu de la nuit le début des négociations bilatérales consacrées aux demandes du premier ministre britannique.

Dans la foulée, vendredi, Mme Merkel et M. Hollande se sont employés à rassurer le premier ministre grec, Alexis Tsipras, durant une bonne partie de la journée. Le président français s’est aussi entretenu en tête-à-tête avec le chancelier autrichien Werner Faymann. Ce dernier lui a expliqué qu’il ne reviendrait pas sur la décision de son gouvernement d’instaurer des quotas pour les demandeurs d’asile, afin de limiter le nombre des arrivées quotidiennes, quitte à contrevenir au droit européen. Mais, selon nos informations, le chancelier aurait renoncé à l’organisation, à Vienne la semaine prochaine, d’un sommet pour coordonner la fermeture de la route des Balkans. Finalement, M. Tsipras a préféré baisser la garde et n’a plus évoqué sa menace de blocage lors de la dernière table ronde, vendredi soir.

Entre le début du sommet, jeudi à 17 heures, et sa conclusion, dans la soirée de vendredi, les sherpas et les conseillers juridiques des dirigeants ont, durant des heures, écrit et réécrit, à la virgule et au substantif près, un texte de compromis qui, dans les grandes lignes, n’a, en fait, pas vraiment varié depuis deux semaines.

Un scénario bien ficelé

Londres voulait aussi soigner la « chorégraphie » autour des discussions, tout le monde surjouant un peu en évoquant la difficulté des négociations. Il fallait laisser à M. Cameron la possibilité d’affirmer qu’il s’était battu comme un lion, tandis que les autres membres de l’UE voulaient prouver qu’ils avaient résisté de toutes leurs forces.

Le scénario était bien suivi, les responsables britanniques descendant régulièrement dans l’Atrium, l’immense salle de presse du Conseil, avec ses centaines de journalistes, pour répéter qu’il restait « beaucoup de travail » à accomplir. Imités par le premier ministre belge, Charles Michel, qui, de manière très inhabituelle, est venu deux fois au contact direct des journalistes, pour défendre les « lignes rouges » de son pays et répéter, comme tous les autres, en boucle qu’« il n’y a d’accord sur rien tant qu’il n’y a pas d’accord sur tout ».

Les ministres polonais et tchèque insistaient eux aussi, lourdement, face caméra, sur leurs préoccupations concernant les restrictions d’accès aux allocations familiales pour les parents exilés au Royaume-Uni et dont les enfants sont restés au pays. Et s’inquiètent des conséquences pour leurs ressortissants si les Britanniques mettaient leurs menaces à exécution. « Jusqu’à 100 000 enfants restés en Pologne seront concernés », assurait un responsable polonais.

A l’inverse, les Danois se demandaient s’ils pourraient utiliser le même mécanisme que les Britanniques (allocations familiales réduites en fonction du niveau de vie des pays où résident les enfants des bénéficiaires) pendant que les représentants de l’Est exigeaient que cette disposition ne soit pas étendue à d’autres pays que le Royaume-Uni…

Le bilan pour l’Europe ? Même si M. Juncker invite les journalistes « avec l’élégance qui les caractérise » à ne pas considérer qu’elle est « en crise ou incapable de décider », l’Union semble bien fatiguée par cette négociation au long cours. Elle reste confrontée à une « polycrise » qui n’est pas résolue, la migration, avec un sommet prévu début mars, axé sur la Turquie, puis un autre quinze jours plus tard, qui sera décisif pour l’avenir de l’espace de libre circulation Schengen. Les divisions et le manque de solidarité entre les pays membres n’ont jamais semblé aussi profonds.

La négociation avec M. Cameron a, elle, amplifié le mouvement vers une Europe « à la carte ». Alors même que le résultat du référendum britannique reste très incertain : un non éventuel des électeurs britanniques réduirait à néant la négociation des derniers jours mais provoquerait un nouveau séisme pour une Union en plein questionnement.

Brexit: Qu’a obtenu David Cameron dans l’accord avec l’UE?

UNION EUROPEENNE «20 Minutes» fait le point sur les revendications du Premier ministre britannique et les termes de l’accord…

David Cameron après le sommet européen à Bruxelles, le 19 février 2016.
David Cameron après le sommet européen à Bruxelles, le 19 février 2016. – THIERRY CHARLIER / AFP

20 Minutes avec AFP

Les 28 dirigeants de l’UE se sont accordé vendredi sur un compromis «renouvelant le pacte» du Royaume-Uni avec l’Europe. Un accord que le Premier ministre David Cameron juge suffisant pour recommander le maintien de son pays dans l’Union européenne lors d’un prochain référendum.

Mais que contient-il? Voici les principaux points résumant les revendications de David Cameron, telles que présentées dans une lettre datant de novembre 2015 au président du Conseil européen Donald Tusk, et ce qu’il a obtenu dans une série de compromis souvent tournés dans un langage diplomatique ambigu.

Restrictions sur les aides sociales aux migrants

Sous l’immense pression de ses concitoyens et du parti conservateur contre la hausse de l’immigration, David Cameron voulait un moratoire de quatre ans pour les ressortissants de l’UE au Royaume-Uni candidats aux aides et logements sociaux. Il souhaitait également empêcher ces migrants de bénéficier des allocations familiales en faveur de leurs enfants restés à l’étranger.

>> A lire aussi: Tout comprendre aux négociations en 14 tweets

Face à l’opposition des pays d’Europe de l’est, Cameron a obtenu une clause de sauvegarde de sept ans sur certaines aides sociales pour les nouveaux migrants, qui permet de limiter les versements selon une échelle graduelle. Un système sera également mis en place pour indexer les allocations familiales au niveau de vie du pays où vivent les enfants. Cela s’applique aux nouveaux demandeurs mais peut être étendu aux bénéficiaires actuels à partir de 2020.

Système de «carton rouge»

David Cameron, pour répondre à ceux qui s’inquiètent du joug de Bruxelles sur les institutions britanniques, réclamait de pouvoir échapper à l’engagement vers une «Union toujours plus étroite», l’un des piliers de la construction européenne, de façon «légalement contraignante et irréversible». Concrètement, il appelait à un système de «carton rouge» qui permettrait à un groupement de parlements nationaux d’opposer un veto à toute législation européenne.

>> A lire aussi: La signature d’un accord peut-elle empêcher Londres de quitter l’UE?

Le dirigeant s’est assuré d’une exemption pour le Royaume-Uni sur «l’Union toujours plus étroite», qui doit être inscrite dans les traités si l’opportunité de leur remaniement se présentait. Le «carton rouge» est présent sous condition d’une alliance de 55% des votes alloués aux parlements nationaux, ce qui le rend compliqué en pratique. Sur le principe de subsidiarité, Cameron a indiqué qu’il prévoyait de prendre de nouvelles mesures pour protéger la souveraineté britannique.

Ne pas payer pour les crises de la zone euro

David Cameron ne voulait pas voir le statut du Royaume-Uni handicapé par le fait que le pays n’utilise pas l’euro. C’est un domaine particulièrement sensible pour le pays, dont la capitale est l’un des principaux centres financiers au monde. Il demandait une série de «principes légalement contraignants», comme la reconnaissance que l’UE possède plusieurs monnaies, que les pays non membres de la zone euro ne doivent pas être victimes de discrimination et que les contribuables britanniques ne doivent pas payer pour les crises de la zone euro.

Aucun veto à Londres en matière de décision

Le Premier ministre britannique revendique avoir obtenu des protections pour la City contre toute discrimination des pays utilisant la monnaie unique, estimant que l’UE reconnaissait «pour la première fois» qu’elle avait plusieurs monnaies. Mais le vocabulaire du texte reste vague: les institutions de l’Union «faciliteront la coexistence entre plusieurs perspectives». Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a insisté que l’accord n’accordait aucun veto à Londres en matière de décision.

«Améliorer la compétitivité»

Moins de charges administratives, libre-circulation du capital, des biens et des services: telles étaient les demande de Cameron dans ce domaine. Cette partie n’a jamais été vraiment problématique, la compétitivité étant une priorité de la Commission Juncker. Le bloc s’est accordé pour «améliorer la compétitivité» et prendre «des mesures concrètes» pour avancer.

Référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’UE le 23 juin

Le référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne se tiendra le 23 juin 2016, a annoncé samedi le Premier ministre David Cameron à l’issue d’un conseil des ministres, le qualifiant de « l’une des plus grandes décisions » d’une génération.

Au lendemain de l’accord arraché à Bruxelles à ses homologues européens, le dirigeant britannique a réitéré que le Royaume-Uni sera « plus fort, plus en sécurité et plus prospère au sein d’une union européenne réformée », lors d’une brève allocution devant le 10 Downing Street.

David Cameron obtient de Bruxelles un accord « anti-Brexit »

BRUXELLES (Reuters) – Les dirigeants européens ont conclu un accord visant à persuader les Britanniques de rester dans l’Union européenne, pour lequel David Cameron a promis de faire campagne « de tout son coeur et de toute son âme ».

Après deux jours de difficiles négociations avec ses partenaires de l’UE, le Premier ministre britannique s’est félicité d’un compromis qui donne selon lui un « statut spécial » à son pays au sein des Vingt-Huit, « statut spécial » dont Londres bénéficie depuis longtemps, a toutefois nuancé le président du Conseil européen, Donald Tusk.

L’accord conclu vendredi soir à Bruxelles, lors d’un Conseil européen qui s’est prolongé plus tard que prévu, garantit explicitement à Londres une exemption concernant l’objectif d’une « Union sans cesse plus étroite », offre des concessions importantes sur les prestations sociales versées aux travailleurs européens installés dans le pays et préserve les avantages de la City.

David Cameron, qui doit faire face à un vaste mouvement eurosceptique au sein de son propre parti, l’a recommandé samedi aux membres de son gouvernement et a assuré qu’il défendrait le maintien du Royaume-Uni dans l’UE lors du référendum qui, a-t-il dit, sera organisé le 23 juin.

« Je suis convaincu que nous serons plus forts, plus en sécurité et en meilleure posture à l’intérieur d’une Union européenne réformée », a dit David Cameron. « C’est pour cela que je ferai campagne de tout mon coeur et de toute mon âme pour convaincre le peuple britannique de rester dans l’Union européenne réformée que nous avons réussi à obtenir aujourd’hui. »

« COMPROMIS ÉQUITABLE »

La réaction des eurosceptiques n’a pas tardé, le mouvement « Vote Leave » dénonçant un « accord creux » mauvais pour le Royaume-Uni.

Lors de sa conférence de presse, David Cameron s’est dit déçu mais pas surpris par la décision d’un de ses plus proches alliés, le ministre de la Justice Michael Gove, de faire campagne pour la sortie de l’UE. Il a laissé entendre que d’autres membres du Parti conservateur pourraient rejoindre le camp du Brexit (sortie du Royaume-Uni de l’UE).

Les Britanniques restent partagés sur la question du maintien ou non dans l’Union européenne. Selon un sondage TNS publié vendredi, les personnes favorables à une sortie de l’Union ont deux points d’avance sur les partisans du maintien, à 36% contre 34%.

« Désormais, l’accord est là et c’est au peuple britannique de décider », a résumé le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, au terme de ces discussions marathon.

La chancelière allemande, Angela Merkel, a salué un « compromis équitable » et le président français, François Hollande, un accord qui « ne gêne pas la marche vers l’avenir de l’Europe ».

Les négociations ont longtemps bloqué sur deux sujets : la volonté de David Cameron d’obtenir un statut particulier pour la réglementation et la supervision des institutions financières britanniques et les limites de la réduction des prestations sociales, notamment des allocations familiales, dont bénéficient les salariés de pays de l’UE installés en Grande-Bretagne.

La persistance de divergences, après une série de réunions bilatérales vendredi s’est traduite par des reports successifs de la réunion plénière des chefs d’Etat et de gouvernement, d’abord à 14h30, puis 15h30, 16h00, et 20h00. La conclusion de l’accord a été annoncée vers 23h00.

BAISSE DES PRESTATIONS

Sur le plan de la régulation financière et bancaire, l’accord souligne la nécessité d’un « terrain de jeu équitable ». Il donne au Royaume-Uni la possibilité de superviser ses institutions et marchés afin de préserver la stabilité financière, cela « sans porter préjudice » aux prérogatives actuelles de l’UE en la matière.

Concernant les prestations sociales, David Cameron a obtenu de pouvoir en priver les travailleurs des autres pays membres pendant une période de quatre années lorsqu’il s’agit de nouveaux arrivants.

Cette clause, un « frein d’urgence » que le Royaume-Uni pourra mettre en oeuvre sur une période de sept ans, ne s’appliquera pas aux migrants européens travaillant déjà dans le pays, dont le nombre est supérieur à un million.

Les allocations familiales seront réduites pour les familles dont les enfants vivent dans un autre pays de l’UE, une disposition qui concernera dès maintenant tous les nouveaux requérants, et tous les allocataires à partir du 1er janvier 2020.

François Hollande s’est félicité que les règles s’appliquent à tous. Le Royaume-Uni a des spécificités, a-t-il souligné, il n’est par exemple ni dans la zone Schengen ni dans la zone euro, « mais en même temps, ce sont les mêmes règles qui s’appliquent partout en Europe et qui continueront de s’appliquer. Il n’y a pas de dérogation, il n’y a pas de spécificité (…) ce sont les mêmes règles, c’est ce à quoi j’ai veillé particulièrement. »

« Il ne faut pas donner le sentiment que l’Europe, c’est un ‘self service' », a poursuivi le président français. « Il peut y avoir une Europe différenciée, il ne peut pas y avoir une Europe où chaque Etat vient prendre ce qu’il veut. »

Les pays du groupe dit de Visegrad, Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie, ont jugé pour leur part que l’accord reflétait leurs principales exigences.

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Commentaires

chauffeteau  •                                   Les européens pourraient-ils voter pour dire s’ils veulent que le Royaume Unis reste dans l’UE ?

  • CHRISTIAN  •                        sortez, c’est ce que vous avez de mieux à faire…..
  • jean claude  •                         les anglais seront appeler à voter et à se prononcent, pour ma part , même si ce pays représente la 5eme puissance économique au monde ; elle ne peux plus rester dans l’UE
    Mais ils doivent savoir que la sortie risque d’être très douloureux pour eux. l’UE représente pour leur économie près de 80% de leurs exportations, je ne suis pas sur qu’ils encaissent cela facilement cette perte de marché ,même si il est vrai que contrairement à la France par exemple eux sont su garder des liens économiques avec leurs anciennes colonies par le Commonwealth . et pas nous
  • fred C  •                                  La France peut avoir un statut spécial aussi ?
  • Yanick  •                                 Et si les anglais disent majoritairement non ?? il se passe quoi ? Cameron fera comme sarko ?
  • didier f  •                                ok , alors maintenant il doit retirer le bouchon du blocage des migrants a CALAIS , trouver des solutions , de l’accueil , du travail pour ces gens , suivre l’exemple des allemands qui ont accueilli 1 million de migrants en 2015 !
  • Irène  •                                     François Hollande dit que le Royaume Uni a des spécificités, nous aussi nous avons des spécificités, nous déculotter pour en rhabiller d’autres
  • Ultralibéral  •                        bravo, il pourra ainsi continuer à casser les pieds aux autres européens et démolir toute la construction…il y a pas de quoi se réjouir..
    francine  •                               les allocations sociales n’ont pas à être dictées par Bruxelles !! chaque pays doit être libre d’en distribuer ou pas !!!
    Djar djar bings  •                « On se tient par la barbichette »

Jes  •                                                   J’espère que les anglais diront non à l’appartenance à l’UE

  • Un Commentaire  •              la norvége et l’islande se passe bien de l’europe
  • germain2  •                            Il a raison Cameron sur les aides sociales aux migrants, elles devraient revenir à la charge des pays d’origine de ces gens, chez nous c’est pareil, l’AME, le logement, le RSA ça nous coûte une fortune, alors que nous avons assez à faire avec nos chômeurs, nos précaires et nos pauvres, les français d’abord !
  • Jacqueline  •                             e finita la comedia
  • JP  •                                            POURVU QU ILS DISENT NON ET QU’ON SE DEBARRASSE DE CE BOULET
  • Joel Vichery  •                         Voila le moins bête des dirigeants de cette europe
  • Virginie  •                                  Que les Britanniques soient consultés sur la sortie de l’UE, c’est une chose. Mais qui pense à demander aux peuples européens s’ils DESIRENT que la Grande-Bretagne (et particulièrement l’Angleterre) reste au sein de l’Europe ? Car, enfin, les Européens, c’est nous, et c’est de notre avenir qu’il s’agit !
  • Charles  •                                    Messieurs les anglais, tirez-vous les premiers.
    Jacqueline  •                               Qui désormais fait cocorico? Ce sont les Anglais….qui en réalité n’ont obtenu que de ne pas verser d’allocs au gens des pays de l’Est ( alors que c’est Blair qui a fait le forcing pour faire entrer ces pays dans l’Europe, mais ils ont déjà oublié ). C’est fou leur mémoire sélective ; ils ont oublié que ce sont eux qui ont supplié pour entrer dans une Europe qui se passait très bien d’eux
    chauff                                           comme en france magouille dans les votes et ça passe vive la révolution
Jl Bidon ·                               Une fois de plus l’Europe s’est couché devant l’Angleterre, je ne vois pas pourquoi les nouvelles règles en matière sociale ne s’applique pas aux autres pays.Nos responsables politiques sont des mollassons de première.
Jean Luc Tourrel ·               Super, bravo, et merci d’être venu !!

Angleterre 852/ Europe 0.
Pourquoi vouloir conserver les Anglais dans l’Europe ? Que nous apportent ils ? La Bourse de Londres ??..Allons, même si l’Angleterre sort de l’Europe, Les marchés boursiers se réorganiseraient rapidement.La Nature a horreur du vide, comme L’Economie et la Finance.
Brexit ?? Just do it !!!
René Gardo                          le chantage des anglais est le chantage de nombreux pays depuis que l’Europe existe. Cà prouve que le problème de l’Europe c’est que tout le monde n’est pas sur la même longueur d’onde pour nous les français ,l’Europe nous a rien apporter, que des déboires
Decrauze Loïc ·                                  Encore un degré de plus dans le renoncement européen. Le Brexit ? Voilà la vraie signification : http://acrostweet.blogspot.fr/2016/02/brexit-le.html…

Maurice Dubois ·                              malheusement un pays impose sa loi aux 27 autres j’etais pour l’europe maintenant je le rgrette
Olivier Deroy ·                      Qu’attendre d’un pays où l’ingrédient culinaire de base est l’eau… C’est pas de moi
Francois-xavier Deveau · j’ai honte d’être européen, vive le Royaume Uni !

Olivier Deroy ·                    Ben faut aller y vivre dans ce joli paradis.

Un Suisse                                         Quand la Grèce avec 25% de chômage veut une adaptation des règles dans le respect des règles constitutionnelles européennes pour un eurogroupe plus démocratique et un relâchement de l’austérité et de la dette qui l’étouffe (en accord avec la Commission et le FMI) elle se fait atomiser par les ministres du nord et de l’est. Quand l’arrogante et bardée de privilèges Angleterre vient faire du chantage aux règles du jeu, ces mêmes ministres s’agenouillent et laisse la Belgique résister seule: SHAME!

 

 HERVE LIEVRE               Vivement les États Unis d’Europe (disons la France et ses voisins qui le voudraient). http://etatsunisdeurope.blog.lemonde.fr/

Anatole                                      Nous sommes tous responsables du monde qui se bâtit, par nos comportements, nos votes…L’Europe va évoluer, peut être se diluer, devenir á la carte. Ce qui sera, sera, bien ou mal mais ce sera de notre faute, tous collectivement. C’est ainsi, rien ne sert de râler. Si vous ne voulez pas Junker, ne votez pas pour ceux qui votent Junker, si vous ne voulez pas Cameron, ne votez pas pour ceux qui élisent ceux qui lui cèdent! Faut réfléchir au moins une fois , les gars!

Kent

@Anatole:                                 en effet. Exact. Surpris que l’on puisse détricoter ainsi sans recours à l’avis des autres membres et des peuples.L’Allemagne a imposé une orthodoxie monétaire, tout le monde a stupidement obéit, conséquences: un marasme économique. L’Allemagne cherchait à imposer sa logique relation Turquie/ réfugiés. Maintenant l’Angleterre sa logique. Personne ne joue le jeu. Dans 8 jours le slogan du FN est tout trouvé: référendum pour un retrait de la France. Encore bravo au grand vigile Hollande

Phinic                                           Vous oubliez que dans les années 2000, dix pays ont été intégrés à l’Europe sans que les électeurs soient prévenus. Quels votes auraient permis de ne pas choisir ceux qui ont, ensuite décidé de ne pas demander l’avis aux européens pour cette intégration ? De la même façon, quel électeur pouvait prévoir que Sarkozy détournerait le non français à la constitution européenne ? Si notre faute est d’élire des gens qui se renient ensuite, notre responsabilité est très limitée.

😡😡😡😡😡😡😡🇫🇷                     Ces négociations vont créer un précédent, un genre de jurisprudence, qui va faire , que certains pays vont s’engouffrer dans les brèches de l’accord général, pour essayer d’adapter ces accords à leurs pays , sans s’occuper des autres, pour en tirer profit, le premier la Pologne,qui ronge ses freins, en essayant d’en avoir plus …du fric, sans véritable contrepartie , en freinant par exemple au maximum le nombre de migrants sur leur sol, et chacun , des 28 aura sa petite idée 😡😡😡😡😡

Chose                                          Je constate que vous admettez que les migrants sont une «contrepartie» désagréable. Comment alors reprocher aux Polonais et autres nations est-européennes de vouloir s’épargner cette purge ?

Donc, s’il est prouvé que menacer de claquer la porte de l’UE procure de considérables avantages, quel argument reste-t-il contre le FN ? On vient de lui ouvrir une autoroute.

 

  • 123456b                               pfff… il vaudrait mieux que les anglais se tirent de l’UE, et que celle-ci devienne une entité forte, qui défende ses frontières globales, sa monnaie, ses intérêts. Pas un grand marché ouvert à tous les vents, à géométrie variable, et soumis à la finance anglo-saxonne, et aux lâches démissions face à Poutine (il teste, il teste le bougre, et colonise peu à peu…avec la montée des nationalismes. Et le repli des USA sur eux-mêmes car gaz et pétrole de schiste les rend plus autonomes. Cela fait très années 30. La finance anglo-saxonne en plus, qui provoque par sa bêtise des crises et laisse les citoyens les régler)

  • Lejos                                     Si quelqu’un peut m’expliquer cet acharnement de nos dirigeants à garder la Grande-Bretagne dans l’UE, je suis preneur. Vu de loin, ce qu’a fait Cameron n’est ni plus ni moins que du chantage.

  • LeValois                              les aides sociales devraient être mises à la charge des pays d’origine des migrants.

    • 123456b                       pour info, leurs « migrants » sont en majorité des citoyens de l’UE (de l’Est de l’UE surtout), pas comme « les nôtres ». Et, comme partout, ils sont accusés de prendre le boulot des chômeurs (alors qu’en fait, ils font des boulots de m… payés au rabais… dont les anglais ne veulent pas… c’est pas mal comme ça aussi chez nous d’ailleurs).
      Bref, le populisme s’installe partout…

  • Sevilla                                  J’espère qu’ils sortiront de l’UE et que cela provoquera sa dissolution.

    • 123456b                      les ennemis de la France et d’autres pays européens n’attendent que ça. Bien aidés par leurs sous-marins politiques pour un bord, et par leurs sous-marins financiers pour l’autre.

  • LeValois                              Restrictions sur les aides sociales aux migrants:
    -CAF: il est connu qu’en France certains allocataires sont inscrits dans plusieurs départements; aucun fichier national permet de vérifier cela! des allocations sont versées aux enfants restés au pays; bien que la polygamie soit interdite elle n’est pas sanctionnée.

 

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