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Première visite officielle de Raul Castro en France

LE MONDE ECONOMIE Paulo A. Paranagua

Raul Castro effectue, à compter de lundi, une visite d’Etat en France.

Pour la première fois, le drapeau cubain flotte sur les Champs-Elysées. Lorsque Fidel Castro avait été embrassé par Danielle Mitterrand sur le perron de l’Elysée, en 1995, sa présence dans le cadre d’une visite non officielle avait été jugée embarrassante. La « diplomatie économique » prime désormais et Raul Castro sera accueilli avec tous les honneurs d’une visite d’Etat, lundi 1er février. François Hollande avait été le premier chef d’Etat européen à se précipiter à La Havane, en mai 2015, dans la foulée de la normalisation des relations de l’île des Caraïbes avec les Etats-Unis, scellée en décembre 2014.

Lors de cette visite, Paris espère capitaliser sur l’accord trouvé le 12 décembre 2015 entre le Club de Paris, présidé par la France, et Cuba sur la restructuration de 16 milliards de dollars (14,7 milliards d’euros) de dettes pour lesquelles La Havane avait fait défaut en 1986. Le pays traînait cette ardoise comme un boulet, ne pouvant emprunter. La Russie, la première, avait décidé, en 2014, de passer par profits et pertes 90 % de ses créances, estimées à 35 milliards de dollars. Les sommes dues aux pays occidentaux et au Japon, réunis au sein du Club de Paris, s’élevaient à 11,9 milliards de dollars, dont 4,6 milliards pour la France. En décembre, les bailleurs ont renoncé aux intérêts de retard. Les Français ont ensuite engagé une négociation bilatérale sur le principal de leur créance, soit 360 millions d’euros, avec l’idée de réinjecter ce montant dans des projets de développement à Cuba susceptibles d’intéresser des entreprises tricolores.

Une feuille de route devrait être établie pendant la visite de M. Castro. La première mesure portera sur l’installation d’une antenne de l’Agence française de développement (AFD) à La Havane. Les Cubains ont des besoins en infrastructure et en logistique qui pourraient attirer les sociétés de l’Hexagone. Sont concernés le réseau d’assainissement de La Havane, très mal entretenu depuis un demi-siècle, et les transports publics – la SNCF a d’ores et déjà procédé à un premier examen de l’état du chemin de fer qui traverse l’île. Et les entreprises présentes ne demandent qu’à voir croître leur activité.

Pas encore le paradis des affaires

Dans le secteur des spiritueux, le groupe Pernod Ricard vise, depuis la fin de son bras de fer avec la marque de rhum Bacardi, le haut de gamme. Dans l’hôtellerie, Accor veut rattraper son retard sur ses rivaux espagnols, alors que le nombre de touristes bat des records : 3,5 millions de personnes, provenant d’Amérique du Nord et d’Europe. De son côté, Total songe à produire le bitume dont les routes et les rues de Cuba ont un grand besoin.

Lire aussi : Pernod Ricard reprend la main sur la marque Havana Club aux Etats-Unis

Mais, malgré ses atouts, l’île n’est pas encore le paradis des affaires. Sur le port de Mariel, le méga-projet financé et mis en œuvre par le groupe brésilien Odebrecht – il est assorti d’une « zone spéciale de développement » – tarde à attirer des entreprises. Une dizaine seulement aurait franchi le pas. Les installations portuaires ont bien été inaugurées en 2012, mais les cargos ne se bousculent pas. L’adoption d’une nouvelle loi, en 2014, pour les investissements étrangers et la présentation d’un portefeuille d’opportunités à destination des intéressés n’ont pas suscité la ruée.

Résultat : depuis que Raul Castro est aux commandes de l’île (2006), la croissance annuelle moyenne n’a guère dépassé 2,8 %, avec une progression de seulement 0,6 % dans l’agriculture. Cette situation explique les pénuries que subit le pays et sa dépendance aux importations, un phénomène qui affecte le secteur hôtelier.

L’île a besoin de 8 milliards de dollars pour assurer son décollage économique

Rodrigo Malmierca, le ministre du commerce extérieur et de l’investissement étranger, estime que l’île a besoin de 8 milliards de dollars pour assurer son décollage économique. « L’embargo américain n’est pas le principal obstacle, mais l’absence de sécurité juridique et le flou sur le droit de propriété » sont autant d’obstacles, explique un entrepreneur européen sous couvert d’anonymat. L’opacité des comptes publics et des réserves de la banque centrale ne favorise pas davantage la confiance. Le problème est plus général. « L’ONG Reporters sans frontières [RSF] enjoint François Hollande de ne pas esquiver la question fondamentale de la liberté de la presse lors de ses échanges avec Raul Castro », a lancé de son côté Emmanuel Colombié, chef du bureau Amérique latine de RSF. La Havane peine à rompre avec ses vieux démons.

Lire aussi : Accords « historique » sur la dette cubaine et « innovant » à Grenade

Raul Castro reçu par François Hollande, première visite d’un chef d’Etat cubain en France depuis 1995

RAUL CASTRO FRANCE

INTERNATIONAL – Un déplacement historique. Raul Castro sera accueilli avec tous les honneurs ce lundi 1er février à l’Arc de Triomphe, première étape d’une visite d’Etat de deux jours en France à haute teneur économique et commerciale mais qui consacre surtout une normalisation des relations de Cuba avec les Occidentaux.

Présent depuis samedi à Paris pour un séjour strictement privé, Raul Castro entamera ainsi au sommet des Champs-Elysées pavoisés aux couleurs de son pays la première visite d’un chef d’Etat cubain dans la capitale française depuis celle de son frère aîné Fidel, 21 ans plus tôt.

En mai 2015, François Hollande avait été lui-même le premier chef d’État occidental à fouler le sol cubain depuis la victoire de la révolution castriste sur le régime de Batista en 1959. Les deux dirigeants se retrouveront à 17H00 à l’Elysée pour un entretien suivi, une heure plus tard, de la signature d’une douzaine d’accords et d’une déclaration conjointe à la presse. Un « dîner d’Etat » refermera ce sommet franco-cubain.

La France, selon l’Elysée, entend s’affirmer à cette occasion comme le « premier partenaire » politique et économique européen de l’île des Caraïbes.

Plusieurs grandes entreprises françaises ont investi à Cuba, à commencer par le groupe Pernod-Ricard, qui y produit le Rhum Havana Club, mais aussi Accor dans le tourisme, Bouygues dans le bâtiment et la construction, Alcatel-Lucent dans les télécommunications et Total et Alstom dans l’énergie.

Mais, avec un volume de quelque 180 millions d’euros annuels, les échanges commerciaux restent à un niveau très faible. Ils « ne sont pas encore à la hauteur de nos ambitions », a reconnu vendredi le ministre français du Commerce extérieur Matthias Fekl.

Présenter un visage plus fréquentable

La France entend ainsi renforcer la présence de ses entreprises dans un pays qui s’ouvre progressivement à l’économie de marché avec, dès ce lundi, la conclusion d’accord dans les domaines du tourisme, des transports ou du commerce équitable.

Paris voit aussi en La Havane un « élément clé » de la relance de sa relation avec l’Amérique Latine. Comme un lointain écho au voyage historique du général de Gaulle en 1964, le président Hollande y effectuera fin février une tournée qui le conduira au Pérou, en Argentine et en Uruguay.

Cuba a entamé un rapprochement spectaculaire fin 2014 avec son vieil ennemi américain, concrétisé par la réouverture d’ambassades dans les deux pays l’été dernier. Depuis avril 2014, La Havane discute également avec l’Union européenne afin d’instaurer un « cadre de dialogue politique et de coopération » censé tourner la page de vieilles querelles sur les droits de l’Homme.

L’étape parisienne offre au gouvernement communiste cubain l’occasion de présenter au monde un visage plus fréquentable, comme en témoigne la récente multiplication des visites de délégations occidentales à La Havane.

Les droits de l’Homme « seront discutés »

« Cette visite est importante pour l’image de Cuba (…) Elle donne indiscutablement un éclat international » au régime cubain, explique à l’AFP Eduardo Perera, de l’Université de La Havane.

La France a récemment été par ailleurs le grand artisan d’un accord sur la dette cubaine due aux créanciers du Club de Paris, avec 8,5 milliards de dollars d’intérêts apurés. Cet accord a été conclu le 12 décembre, alors même que se concluait la COP 21, une manière de souligner la contribution de La Havane à son succès.

Paris pourrait aller plus loin au niveau bilatéral lors de cette visite. De quoi débloquer pour Cuba certains accès aux marchés financiers, en attendant la levée de l’embargo américain imposé à l’île depuis 1962 et condamné depuis longtemps par la France.

Quant aux droits de l’Homme, thème sur lequel Cuba est souvent montré du doigt, ils « seront discutés », assure une source diplomatique française à Paris. Mais François Hollande, critiqué pour avoir rencontré l’ex-président Fidel Castro en mai, devrait rester assez discret sur la question pour ne pas ternir la visite de son frère cadet.

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Raul Castro à Paris : « La France dame le pion aux États-Unis »

Le 1er février, le président cubain, Raul Castro, foulera pour la première fois le sol français lors d’une visite officielle. L’occasion pour la France de prendre une longueur d’avance sur les États-Unis en matière économique et diplomatique.

Il y a encore quelques années, la visite officielle de Raul Castro – ou de son frère Fidel – en France aurait été tout simplement inconcevable. De l’aveu des spécialistes, sa venue aurait même soulevé « des tempêtes de protestation », comme ce fut le cas en 1995 en France, lors de l’accolade entre François Mitterrand et Fidel Castro, alors invité par l’Unesco. Lundi 1er février, le président cubain sera reçu en grande pompe à l’Élysée par le chef de l’État français, François Hollande. Cette première historique depuis 1959 en dit long sur la normalisation des relations franco-cubaines.

La France tient avant tout à remercier Cuba pour son rôle discret, mais crucial, dans la finalisation de l’accord final sur le réchauffement climatique lors de la COP21 à Paris, le 12 décembre 2015. « Le président cubain est intervenu pour faire plier le Nicaragua, réticent jusque dans les dernières heures, et valider la version finale de l’accord », rappelle Janette Habel, enseignante à l’Institut des hautes études de l’Amérique latine à Paris III (IHEAL) à France 24.

Le même jour, le ministre français des Finances, Michel Sapin, annonçait l’annulation de la dette cubaine, équivalent à 11,1 milliards de dollars, qui n’était pas remboursée depuis un quart de siècle. Sous l’impulsion du gouvernement français, le Club des créanciers de Paris (composé de l’Australie, l’Autriche, la Belgique, le Canada, le Danemark, l’Espagne, la Finlande, la France, l’Italie, le Japon, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse) a accepté d’effacer cette énorme ardoise, ainsi que les intérêts de retard, qui s’élèvaient à 4 milliards de dollars. Seuls, « les arriérés (environ 2,6 milliards de dollars) seront remboursés par Cuba sur une période de 18 ans afin de tenir compte de sa situation économique », précise le texte de cet accord historique.

Pour Stéphane Witkowski, Président du Conseil de gestion de l’IHEAL (Institut des Hautes Etudes de l’Amérique Latine), le rapprochement entre Cuba et la France est tout aussi stratégique pour la France que pour Cuba

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Relation culturelle forte

Dans ce contexte, le tête-à-tête entre le cadet des Castro et le président français vient sceller « une nouvelle ère » dans les relations entre les deux pays, affirme Jean Ortiz, chercheur spécialiste de l’Amérique latine à France 24, surtout après la visite de François Hollande en mai dernier à La Havane. Il a été le premier chef d’État occidental à se rendre sur l’île depuis la révolution castriste de 1959, mais aussi le premier président français depuis l’indépendance de l’île en 1898. Malgré le peu de visites officielles des chefs d’État de ces deux pays, « Cuba et la France ont toujours entretenu une relation sentimentale et culturelle forte », poursuit le chercheur.

Historiquement, la France a toujours occupé une position privilégiée aux yeux des Cubains, et surtout des frères Castro, inspirés par le siècle des Lumières puis par la révolution française de 1789. La population cubaine perçoit la France comme un pays qui ne se soumet pas à l’ennemi américain. « Le discours du général de Gaulle, qui avait appelé les pays d’Amérique latine – alors pré carré des États-Unis – à l’indépendance lors de sa tournée en 1964, avait marqué les esprits », commente Janette Habel. Sans compter que depuis 1991, Paris vote chaque année en faveur de la résolution demandant la levée de l’embargo économique sur l’île à l’Assemblée générale de l’ONU.

Renforcer les liens entre Cuba et les entreprises françaises

« Cette période de rapprochement va être forcément propice à l’élargissement de leurs liens commerciaux”, poursuit Jean Ortiz. Pour la France, dixième partenaire économique de l’île, il s’agit surtout d’accroître sa présence sur le marché cubain dans des secteurs stratégiques tels que la construction, l’énergie mais aussi le tourisme, afin de ne pas passer à côté de l’ouverture économique de Cuba.

Pour y parvenir, François Hollande s’était rendu à La Havane avec une trentaine de chefs d’entreprise avant même que la Maison Blanche ne programme un déplacement sur l’île pour Barack Obama. « C’est toujours bien que la France soit la première, en avance », s’était félicité le président français, même si peu de contrats avaient été signés lors du déplacement.

En effet, dans cette course aux investisseurs, la France est en compétition avec les États-Unis, troisième partenaire commercial de Cuba derrière le Venezuela et la Chine, auxquels elle refuse de laisser tout le morceau. Si certains spécialistes qualifient les marchés cubains de limités, en raison des salaires moyens avoisinant les 20 euros par mois, Paris reste déterminé à s’implanter dans la plus grande île de la zone Caraïbes, « pour accélérer les échanges avec les Antilles françaises, en grandes difficultés économiques », ajoute Janette Habel.

Plusieurs groupes français sont déjà présents sur l’île depuis plusieurs années, comme Pernod-Ricard (Rhum Havana Club), mais aussi Bouygues et Accor qui participent au développement touristique de Cuba. Ce secteur moteur dans l’économie de l’île connaît une importante ascension depuis le dégel des relations diplomatiques entre La Havane et Washington en juillet 2015. L’année dernière, Cuba a accueilli un nombre record de 3,5 millions de visiteurs, contre 3 millions l’année précédente.

« Les entreprises américaines enragent »

« Pour l’instant, les entreprises françaises ont une longueur d’avance sur le rival américain en raison de l’embargo toujours en vigueur », analyse Janette Habel. Car si les relations diplomatiques cubano-américaines se sont détendues en juillet dernier, la douloureuse question de l’embargo instauré en 1962 par John F. Kennedy, et renforcé par la loi Helms-Burton en 1996, est loin d’être réglée. « Résultat : les entreprises américaines, ainsi que les lobbies, enragent de ne pas pouvoir aller faire du business sur l’île voisine », poursuit la chercheuse de l’IHEAL.

Soucieux de lever le blocus économique américain avant la fin de son mandat, Barack Obama a, ce mois-ci, une nouvelle fois appelé le Congrès, seul organe en mesure d’y mettre un terme, à agir. « Cinquante ans passés à isoler Cuba n’ont pas réussi à promouvoir la démocratie et nous ont fait reculer en Amérique latine. Vous voulez renforcer notre leadership et notre crédibilité sur le continent ? Admettez que la guerre froide soit finie. Levez l’embargo ! », a-t-il lancé. En attendant, la France se frotte les mains.

Paris : arrivée de Raul Castro avant une visite d’Etat en France

Archives. François Hollande et Raul Castro le 10 mai 2015 à La Havane.
Archives. François Hollande et Raul Castro le 10 mai 2015 à La Havane.
(AFP/ Alain Jocard.)

Le président cubain Raul Castro est arrivé samedi à l’aéroport de Paris-Orly, deux jours avant une visite officielle en France au cours de laquelle il rencontrera le président François Hollande.

L’avion du dirigeant cubain s’est posé peu après 12 h15 à l’aéroport de Paris-Orly, indiqué une source aéroportuaire. Son séjour en France commence par une visite privée, avant de se poursuivre lundi et mardi par une visite d’Etat.

Cette visite, annoncée le 19 janvier, marquera «une nouvelle étape dans le renforcement des relations entre les deux pays, après la visite d’État du président (français à Cuba) le 10 mai dernier», avait alors souligné la présidence française dans un communiqué. François Hollande avait été «le premier chef d’État occidental à se rendre à Cuba depuis plus de 50 ans», avait ajouté l’Elysée. Sa visite avait eu lieu après l’annonce du dégel des relations entre Cuba et les États-Unis, fin 2014. À La Havane, le président français avait plaidé pour la levée de l’embargo économique américain contre Cuba, qui avait «tant nui», avait-il dit, au développement de l’île depuis 1962.

Lors de la visite de Raul Castro, Cuba souhaite «élargir et diversifier davantage ses relations avec la France dans tous les domaines possibles: sur les terrains politique, économique, commercial, financier, des investissements, culturel et de coopération», a indiqué le vice-ministre cubain des Affaires étrangères, Rogelio Sierra.

Fidel Castro, qui a cédé les rênes du pouvoir à son frère Raul en 2006, avait effectué une visite en France en mars 1995, pendant les dernières semaines du mandat de François Mitterrand.

Raul Castro étrenne à Paris son rapprochement avec l’Occident

Le président cubain Raul Castro à la tribune de l'ONU à New York. - JOHN MOORE - Getty/AFP/Archives
Le président cubain Raul Castro à la tribune de l’ONU à New York. JOHN MOORE  /  Getty/AFP/Archives

La France reçoit lundi Raul Castro pour une visite d’Etat à forte connotation économique et commerciale, venant consacrer la nouvelle relation entre Cuba et le monde occidental, dans la foulée de son rapprochement avec les Etats-Unis et l’UE.

Le président cubain est arrivé samedi à Paris pour une visite privée d’abord, avant de rencontrer François Hollande lundi.

Le voyage officiel, inédit en Europe depuis que le président cubain de 84 ans a succédé à son frère aîné Fidel en 2006, suit la visite de François Hollande à Cuba en mai.

Le président français avait alors été le premier dirigeant occidental à se rendre à Cuba après le rapprochement spectaculaire entamé fin 2014 entre l’île et son vieil ennemi américain, concrétisé par la réouverture d’ambassades dans les deux pays l’été dernier.

Depuis avril 2014, Cuba dialogue aussi avec l’Union européenne afin d’instaurer un « cadre de dialogue politique et de coopération » censé tourner la page de vieilles querelles sur les droits de l’Homme.

L’étape parisienne offre au gouvernement communiste cubain l’occasion de présenter au monde un visage plus fréquentable, comme en témoigne la récente multiplication des visites de délégations occidentales à La Havane.

« Cette visite est importante pour l’image de Cuba (…) Elle donne indiscutablement un éclat international » au régime cubain, explique à l’AFP Eduardo Perera, de l’Université de La Havane.

Une opportunité bienvenue pour l’île dont le principal soutien économique, le Venezuela, est plongé en pleine crise, forçant Cuba à chercher de nouveaux partenariats.

Après avoir signé cette semaine de juteux contrats avec le président iranien Hassan Rohani, Paris veut renforcer la présence des entreprises françaises dans un pays s’ouvrant progressivement à l’économie de marché.

Avec environ 180 millions d’euros d’échanges commerciaux annuels, la France, l’un des dix premiers partenaires de Cuba, souhaite tirer les bénéfices du rapprochement engagé dès avril 2014 lors d’une visite sur l’île du ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius.

Paris veut s’appuyer sur Cuba pour gagner en influence en Amérique latine, mais aussi devancer sur l’île les concurrents américains et européens lorgnant un potentiel riche en trésors touristiques et en main-d’œuvre qualifiée.

« Les échanges commerciaux ne sont pas encore à la hauteur de nos ambitions », confiait vendredi le ministre du Commerce extérieur Matthias Fekl au quotidien français L’Humanité.

Les droits de l’Homme « seront discutés »

Lors de cette visite, La Havane et Paris doivent fixer une feuille de route économique et conclure des accords dans le domaine du tourisme, des transports et du commerce équitable, indique-t-on à Paris.

La France a récemment été le grand artisan d’un accord sur la dette cubaine due aux créanciers du Club de Paris, avec 8,5 milliards de dollars d’intérêts apurés.

Paris pourrait aller plus loin au niveau bilatéral lors de cette visite. De quoi débloquer pour Cuba certains accès aux marchés financiers, en attendant la levée de l’embargo américain imposé à l’île depuis 1962 et condamné depuis longtemps par la France.

Les droits de l’Homme, thème sur lequel Cuba est souvent montré du doigt, « seront discutés », assure une source diplomatique française à Paris.

Mais M. Hollande, critiqué pour avoir rencontré l’ex-président Fidel Castro en mai, devrait rester assez discret sur la question pour ne pas ternir cette visite.

Raul Castro aura droit aux honneurs prévus pour les visites d’Etat, une première pour un président cubain.

Lundi, il recevra un accueil officiel sous l’Arc de Triomphe, devant des Champs-Elysées pavoisés aux couleurs du drapeau cubain. Sa rencontre avec François Hollande sera suivie d’un dîner d’Etat à l’Elysée.

Mardi, M. Castro s’entretiendra successivement avec le président de l’Assemblée nationale Claude Bartolone, le président du Sénat Gérard Larcher, la maire de Paris Anne Hidalgo et le Premier ministre Manuel Valls avant de visiter le Musée de l’Homme, fraîchement rénové.

Il doit également s’entretenir avec la directrice générale de l’Unesco Irina Bokova.

Fidel Castro avait été reçu par François Mitterrand en mars 1995. Il s’était rendu aux obsèques de l’ex-président français en janvier 1996.

Après la visite de Hassan Rohani, François Hollande accueille Raul Castro

– Avec AFP

Le 11 mai 2015, François Hollande et  Raul Castro en Havane Source: Reuters
Le 11 mai 2015, François Hollande et Raul Castro en Havane

Le chef de l’Etat cubain depuis 2006, Raul Castro, commence sa visite de trois jours en France. Il est présent depuis samedi à Paris mais aucune rencontre avec le gouvernement français n’a encore eu lieu.

D’après l’agenda, Raul Castro sera accueilli officiellement avec tous les honneurs ce lundi 1er février à l’Arc de Triomphe. Il est arrivé à Paris dans le cadre de la normalisation des relations entre Cuba et les Occidentaux, après une pause de 21 ans. En 1995, son frère aîné Fidel Castro avait rencontré le président français de l’époque, François Mitterrand.

Les deux dirigeants se retrouveront à 17h00 à l’Elysée, pour un entretien après lequel devraient être signés une douzaine d’accords dans les domaines du tourisme, des transports ou du commerce, et feront une déclaration commune à la presse. Un «dîner d’Etat» fermera le sommet franco-cubain.

La rencontre a lieu peu de temps après l’arrivée du guide suprême iranien Hassan Rohani à Paris, au cours de laquelle les deux chefs d’Etat ont confirmé l’établissement d’«une relation nouvelle». Les mêmes espoirs seront portés par le président français pendant sa rencontre avec Raul Castro, décidée après la levée des sanctions américaines contre Cuba.

«Depuis ce temps, les relations franco-cubaines ont vu de grands changements. Il est le temps d’ouvrir un nouveau chapitre de l’histoire de nos deux pays», a fait savoir l’Elysée.

En mai 2015, le président français François Hollande avait été lui-même le premier chef d’Etat occidental à se rendre dans l’île des Caraïbes, depuis la victoire de la révolution castriste sur le régime de Batista en 1959.

Lire aussi : Deux défaites, et que pouvons-nous faire ?

En ce qui concerne les relations économiques entre les deux Etats, le groupe Pernod-Ricard produit déjà le Rhum Havana Club, Bouygues développe la construction, Alcatel-Lucent investit dans les télécommunications et Total ainsi qu’Alstom le font dans l’énergie. Pourtant, le niveau des échanges commerciaux reste toujours faible avec un volume annuel de quelque 180 millions d’euros.

A propos de ces échanges, le secrétaire d’Etat français au Commerce extérieur, Matthias Fekl, a reconnu, le 29 janvier : «[Ils] ne sont pas encore à la hauteur de nos ambitions».

Raul Castro en France pour une visite d’Etat historique

media Le président français François Hollande avec son homologue cubain Raul Castro, à Cuba, le 11 mai 2015. REUTERS/ADALBERTO ROQUE/POOL


Raul Castro entame ce lundi 1er février une visite d’Etat de deux jours en France. C’est la première visite d’Etat d’un président cubain en France depuis l’indépendance de l’île.

Arrivé samedi, Raul Castro entame sa visite officielle ce lundi matin avec une cérémonie à l’Arc de triomphe. Il sera reçu l’après-midi par son hôte François Hollande avec lequel il dînera à l’Elysée. L’annulation et la reconversion de la dette par la France, et une feuille de route des investissements dans l’île, sont à l’ordre du jour.

L’ancien président Fidel Castro était déjà venu en France dans un cadre non officiel. Son frère Raul, qui lui a succédé en 2008, a quant à lui répondu à l’invitation de François Hollande, qui a été lui aussi le premier chef d’Etat européen à se rendre à Cuba en mai dernier, quelques mois après le rapprochement de Washington et La Havane annoncé en décembre 2014.

Signature d’un accord sur la dette

Sur le plan politique, la France souhaite faire de Cuba un allié stratégique et une porte d’entrée symbolique en Amérique latine. Cuba peut aussi être un allié sur des questions multilatérales auprès de l’ONU, comme le climat. Le régime castriste aurait ainsi joué un rôle non négligeable dans l’accord trouvé à Paris lors de la COP21.

Sur le plan économique, plusieurs entreprises françaises sont déjà présentes sur l’île. Mais la dette cubaine de 11,9 milliards d’euros (dont 4 milliards de dollars de créances françaises) constituait un frein aux investissements. Ce frein a été levé le 12 décembre dernier lors de l’accord du Club de Paris sur l’annulation des intérêts qui formaient 80 % de la dette cubaine.

Héctor Igarza Cabrera, ambassadeur de Cuba en France, dresse les priorités cubaines pour cette visite 01/02/2016 – par Véronique Gaymard Écouter

La France étant le principal créancier de Cuba, la signature ce lundi 1er février d’un accord bilatéral pour alléger le reste de la dette sera donc le point d’orgue de cette visite. Il resterait environ 360 millions d’euros qui seront en partie annulés, ou convertis en projets de développement à Cuba. Des opérations qui se feront après l’ouverture à La Havane d’un bureau de l’Agence française de développement.

Cuba souhaite privilégier des projets dans le domaine du tourisme, des transports, de l’agroalimentaire et des énergies renouvelables, et compte sur la France pour diversifier ses relations commerciales et diplomatiques et faire évoluer la position commune de l’Union européenne.

Jean-Pierre Bel, envoyé spécial de François Hollande pour l’Amérique latine, parle de la dette cubaine 01/02/2016 – par Véronique Gaymard Écouter

Faire évoluer les droits de l’homme

« Il faut investir à Cuba. Ça va permettre la prospérité, ça va permettre les échanges, ça va permettre à ce pays d’évoluer aussi, affirme Jean-Pierre Bel, envoyé spécial de François Hollande pour l’Amérique latine, dans une interview à RFI. Est-ce que c’est en mettant en place un blocus que l’on arrive à faire évoluer les droits de l’homme, la démocratie, ou est-ce en favorisant les échanges, de personnes, de biens ? »

Il penche plutôt pour la deuxième formule. Et en la matière, en particulier en ce qui concerne la liberté de la presse, beaucoup de progrès restent à faire. « Lorsque les journalistes et les blogueurs essaient de faire leur travail convenablement, en dehors des circuits traditionnels surveillés par le régime, c’est un véritable parcours du combattant », déclare à RFI Emmanuel Colombié, chef du département Amérique latine de Reporters sans frontières, basé à Rio de Janeiro.

Manque de pluralisme des médias, mainmise du régime castriste sur la diffusion de l’information, arrestations arbitraires de journalistes, confiscations de matériel… Cuba figure bon dernier parmi les pays d’Amérique latine dans le classement RSF 2015 de la liberté de la presse. Des sources diplomatiques françaises assurent ainsi que la question des droits de l’homme ne sera pas oubliée lors de cette première visite d’Etat de Raul Castro en France.

Raúl Castro à Paris : la France et Cuba scellent leur alliance

François Hollande et Raul Castro à Cuba en mai 2015

François Hollande et Raul Castro à Cuba en mai 2015
Présidence de la République

A l’invitation de François Hollande, le président cubain Raúl Castro rencontre son homologue français ce lundi 1er février. La poignée de main entre les deux hommes à l’Elysée s’annonce déjà historique. Et pour cause : une nouvelle page économique et diplomatique est en train de s’écrire, aussi bien pour la Havane que pour Paris.

Visiblement affaibli et vêtu de son sempiternel jogging, Fidel Castro, 89 ans, a reçu le président français lors de sa visite « historique » d’une trentaine d’heures à Cuba, en mai 2015. Cette rencontre surprise entre François Hollande et le Líder Máximo a été immortalisée par Alejandro Castro, un des fils de Fidel. C’est ainsi que le monde entier a été témoin de l’accueil cinq étoiles réservé à la France. Après tout, il était le premier chef d’Etat français à se rendre à Cuba en cinquante ans et le premier après l’annonce du rapprochement entre La Havane et Washington le 17 décembre 2014.

Il était donc naturel que le locataire de l’Elysée lui rende la pareille avec une visite d’Etat, un rang protocolaire extrêmement élevé. Ce lundi 1er février l’Elysée met les petits plats dans les grands pour l’accueillir. Lustre-t-on les dorures de la République pour décrocher de nouveaux contrats dans l’île ? Bien sûr. « Parallèlement à la visite, nous sommes en train d’organiser un forum économique [le 2 février au Medef] pour montrer aux entrepreneurs français les nouvelles opportunités qui existent dans l’île », a déclaré dans une récente conférence de presse Héc­tor Igarz, l’ambassadeur cubain à Paris. Déjà l’année dernière, de nombreux chefs d’entreprise avaient accompagné François Hollande dans son voyage express.

François Hollande et Fidel Castro, rencontre historique, toujours en mai 2015

François Hollande et Fidel Castro, rencontre historique, toujours en mai 2015

« C’est une visite très importante, il y a de vrais enjeux économiques, et diplomatiques », souligne Stéphane Witkowski, président du conseil de l’Institut des hautes études de l’Amérique latine (IHEAL). Des enjeux qui ne sont pas dissociables. Parallèlement aux négociations avec les Etats-Unis, Cuba mène de front des pourparlers similaires avec l’Europe, notamment depuis fin 2015. « L’Union européenne est le premier investisseur étranger à Cuba. Le but est de trouver un accord cadre de coopération entre Cuba et l’Union européenne, comme celui qui existe avec les autres pays de la région», ajoute-t-il.  Ce pays compte donc sur la position privilégiée qu’occupe la France au sein de l’Union européenne pour normaliser ses relations, gelées depuis 1996, avec l’ensemble communautaire. « Il n’y a pas de raison que la France ou l’Union européenne restent en marge du processus engagé avec Washington.»

La France, alliée de Cuba en Europe

Les deux parties s’appuieront sur une relation économique déjà étroite. La France est le 10ème partenaire commercial de l’île et occupe la 4ème place dans les investissements directs étrangers. Les entreprises françaises sont présentes dans des secteurs tels que le tourisme, le bâtiment, la construction et les télécommunications. C’est ce que l’ambassadeur Igarz qualifie de « très favorables relations économiques et commerciales entre les deux pays ».

A l’aune de cette entente plus que cordiale, le gouvernement cubain attend un coup de main de la part du gouvernement français dans un autre dossier très délicat : le Club de Paris.  Un groupe informel de pays créanciers qui réunit l’Allemagne, l’Australie, l’Autriche, la Belgique, l’Espagne, les Etats-Unis, le Canada, le Danemark, l’Espagne, la Finlande, la France, la Grande-Bretagne, l’Irlande, l’Italie, le Japon, la Norvège, les Pays-Bas, la Russie, la Suède et la Suisse. «Principale partenaire de Cuba dans ce cadre, Paris préside le club. En décembre dernier, les créanciers et la Havane sont parvenus à un accord », explique Stéphane Witkowski.

Cuba a accepté de payer la somme la plus importante, soit environ cinq milliards de dollars, dû depuis son défaut de 1986, en échange de l’effacement de 11 milliards de charges, d’intérêts et de pénalités. Les négociations portent désormais sur le temps nécessaire pour payer, et sur le montant qui sera réinvesti à Cuba.
« Cet accord est fondamental, estime Antonio Romero Gómez, professeur d’économie à l’Université de la Havane. C’était le dernier obstacle à franchir pour normaliser définitivement nos relations avec les marchés financiers mondiaux. Nous pourrons de nouveaux débloquer de nouvelles lignes de crédit».

Raúl Castro a une troisième raison de renforcer ces liens. La situation économique en Amérique latine, et surtout celle de ses principaux partenaires comme le Venezuela, n’est pas florissante. Sans oublier que de nombreuses sanctions économiques pèsent encore sur l’investissement privé malgré le dégel.

Cuba, la porte d’entrée de la France en Amérique latine

La France se présente alors comme la porte d’entrée de Cuba en Europe. Comme Cuba est celle de la France en Amérique latine. Jean-Pierre Bel, l’envoyé « personnel » de François Hollande dans la région depuis près d’un an constate que « l’Union européenne, et particulièrement la France, ont regardé de loin cette région. Des relations bilatérales suffisamment profondes n’existaient pas ». Et de poursuivre : « Nous avons l’impression que la France s’est beaucoup éloignée de l’Amérique latine après l’historique voyage de trois semaines dans la région de Charles de Gaulle en 1964 ». Plus de cinquante ans d’éloignement donc. Pour y remédier, la diplomatie française souhaite renforcer les liens culturels déjà forts, les échanges économiques et se faire plus présente dans la région en capitalisant sur l’aura culturelle dont jouit la France et sur l’influence diplomatique indéniable de l’île.

Cuba a joué un rôle important dans la préparation des négociations de la Cop21, portée par le ministre des affaires étrangères Laurent Fabius. Mais l’exemple le plus parlant est celui que le pays insulaire joue en tant que médiateur dans les négociations de paix entre le gouvernement colombien de Juan Manuel Santos et la guérilla marxiste Farc. Un accord qui mettrait fin à cinquante ans de conflit pourrait être signé dans les mois qui viennent.

« La France a parfaitement compris cela. Ce rapprochement avec Cuba devrait être facilité par des liens historiques et culturels forts. De surcroît, les deux pays ont la même conception de la souveraineté nationale et partagent cette volonté de développer de pôles sortant du clivage hérité de l’ère soviétique. A savoir, le clivage est –ouest ou encore nord-sud. La France et Cuba s’inscrivent dans cette tradition diplomatique qui accorde aussi une grande importance au soutien des pays émergents », analyse Stéphane Witkowski.

Aucun nuage ne pourrait donc venir assombrir le ciel des relations franco-cubaines, à moins que François Hollande ne décide d’évoquer les droits de l’Homme à Cuba. Mais cela semble peu probable.

François Hollande, le latino-américain
Dans le cadre de cette diplomatie de « reconquête » de l’Amérique latine, François Hollande se rendra au mois de février en Argentine, en Uruguay et au Pérou. Et en fin d’année, le président français a prévu de prononcer « un discours fondateur », selon les mots de Jean-Pierre Bel, l’envoyé personnel de Hollande en Amérique latine. Ce discours « a pour but de montrer l’engagement de la France avec une région de paix où la démocratie progresse mais qui traverse quelques difficultés ».

A Paris , Raul Castro vient parler dette et coopération

  • Raul Castro François Hollande rencontrés La Havane mai 2015, lors visiste d’Etat président français.

    Raul Castro et François Hollande se sont rencontrés à La Havane en mai 2015, lors de la visiste d’Etat du président français. – Adalberto Roque/AFP

La France va convertir une partie de la dette de Cuba en financement de projets

Huit mois après le voyage de François Hollande à Cuba, Raul Castro est en France pour une visite d’Etat. Le chef de l’Etat cubain doit rencontrer, outre son homologue à l’Elysée, le premier ministre, les présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale et la maire de Paris.

Cette visite, qui doit permettre de jeter les bases d’une coopération économique à venir, intervient à un moment-clé pour Cuba. Alors que la dette publique de l’île est évaluée à 32 % du PIB dont 80% étaient constitués des intérêts de retard, une première étape a été franchie en décembre au niveau multilatéral avec un accord au Club de Paris . La deuxième étape va être conclue ce lundi à un niveau bilatéral cette fois. Un accord portant sur le principal et les intérêts originels de la dette due à la France soit 360 millions d’euros doit être signé. Il devrait porter sur l’annulation d’une partie de ce montant et sur la conversion en financements de projets à Cuba de l’autre partie. L’Agence française de développement (AFD), qui ouvre un bureau à La Havane, va participer à la sélection de ces dossiers nouveaux qui pourraient concerner des secteurs comme les bio-technologies ou l’environnement. La France veut participer davantage à la modernisation de Cuba qui a publié en novembre 2014 une première liste de 246 projets d’infrastructures pour plus de 15 milliards de dollars dans des secteurs-clés comme la construction, l’énergie, l’agro-alimentaire ou encore la pharmacie. Sans oublier le tourisme.

Présence historique

Les entreprises françaises ont pour certaines d’entre elles l’avantage d’afficher une présence historique. « Bouygues a construit pratiquement toutes les chambres d’hôtel à Cuba », indique Hector Igarza, ambassadeur de Cuba à Paris.

La promulgation, il y a dix huit mois, de la nouvelle loi sur les investissements étrangers devrait soutenir cet effort tout en stimulant la croissance économique dans les cinq ans à venir. De +2,1 % estimée en 2015, la hausse du PIB devrait atteindre 5  % voire 6 % au cours de la période 2016-2020 estime Euler Hermes dans une étude.

Grands gagnants

Même forte de ses liens anciens, la France n’arrive pas seule sur ce nouveau marché. Elle doit même faire face à une forte concurrence. Les dirigeants cubains, échaudés par la chute de l’Union soviétique qui les a laissés sans ressources, tiennent à présent à diversifier leurs fournisseurs. La Chine y est déjà très présente tandis que les Etats-Unis sont bien décidés à rattraper leur retard. A moins d’un changement peu probable, ces derniers devraient d’ailleurs sortir grands gagnants de la levée des sanctions et enregistrer un surplus d’exportations de 1 milliard de dollars par an et atteindre 6 milliards en 2020, selon les calculs d’Euler Hermes. La Chine, quant à elle, devrait voir ses flux progresser de 360 millions par an, l’Espagne de 200 millions devant le Brésil (+120 millions) et la France (+100 millions).

Appel contre la visite en France de Raúl Castro

Tribune de Jacobo Machover, écrivain cubain et universitaire, Laurent Muller, président de l’Association Européenne Cuba Libre et Jesus Zúñiga, journaliste indépendant cubain réfugié en France.

Tribune

Appel contre la visite en France de Raúl Castro

Raúl Castro, en compagnie de Fidel Castro. 

Le dictateur cubain Raúl Castro, invité par François Hollande, sera en visite officielle à Paris à partir du 1er février 2016. Président du Conseil d’Etat, du Conseil des ministres et premier secrétaire du Parti communiste, Général d’armée (quelques-unes de ses fonctions officielles), le frère cadet de Fidel Castro est un tyran de la pire espèce, qui exerce le pouvoir depuis 57 ans, bien plus d’un demi-siècle.

Raúl Castro est celui qui, dès la prise du pouvoir, en janvier 1959, fait, le premier, fusiller des dizaines de prisonniers en une seule nuit à Santiago de Cuba après un « procès » inique de moins d’une demi-heure. Tout au long de son mandat à la tête des Forces armées et de la répression interne, il fait exécuter, emprisonner, et pousse à l’exil des dizaines de milliers d’opposants, d’accord avec son frère et Che Guevara, par le biais des tristement célèbres « Tribunaux révolutionnaires » et autres juridictions militaires, toujours en activité.

Il en est ainsi lorsque le gouvernement décide de se débarrasser de potentiels rivaux, comme lors du « procès Ochoa » en 1989, lorsque des officiers supérieurs sont passés par les armes, ou quand des jeunes voulant abandonner le pays sont condamnés à mort en 2003, lors du « printemps noir », après une parodie de procès. Il est aussi l’homme qui fait abattre, en 1996, des avions de tourisme pilotés par des exilés, dont la mission était de porter secours aux innombrables fugitifs en mer, les balseros, qui tentent de quitter Cuba au péril de leur vie. En 2012, Raúl Castro étant alors chef de l’État, l’un des dirigeants de l’opposition, Oswaldo Payá, prix Sakharov pour les droits de l’homme, et le militant Harold Cepero, sont victimes d’un « accident » de la route -sans doute l’œuvre des sbires du pouvoir- qui provoque leur mort. Toute opposition continue à être harcelée et réprimée. Pas un jour ne passe sans son lot d’intimidations, de passages à tabac, de détentions arbitraires, d’humiliations et de condamnations contre tous ceux qui sortent de la ligne officielle.

Pourtant, malgré ce bilan des plus obscurs, l’administration américaine du Président Barack Obama a initié, en décembre 2014, un rapprochement qui a conduit au rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays et à de multiples gestes d’amitié dans le but de convaincre le Congrès, à majorité républicaine, de voter la levée de l’embargo. En échange, Raúl Castro, malgré quelques mesures visant à une libéralisation en trompe-l’œil de l’économie de Cuba, n’a fait que renforcer la répression.

François Hollande s’est engouffré dans la brèche, allant même au-delà en rencontrant à La Havane, en avril 2015, un Fidel Castro réduit à l’état de vieillard gâteux. Il oubliait, ce faisant, ses déclarations passées condamnant sans ambages, en 2003, « un pouvoir personnel, voire dynastique, refus d’élections libres, censure, répression policière, enfermement des dissidents, camps de travail, peine de mort, bref, l’arsenal complet d’une dictature ». Celle-ci est toujours en place. Son but est de se perpétuer à l’infini en portant aux postes-clés du pouvoir les héritiers de la famille Castro qui ne se cachent même pas lorsqu’ils profitent des plaisirs « capitalistes » à l’étranger (vacances méditerranéennes sur des yachts de luxe, par exemple), affichant leur indifférence totale au sort d’un peuple soumis au rationnement et à la répression.

Les plus cyniques ou naïfs continuent à justifier la perpétuation de ce régime par des avancées dans les domaines de la santé et de l’éducation, des mesures prises il y a plus de 50 ans et dont la réalité est bien éloignée de la propagande et des résultats de pays pauvres qui ont obtenu les mêmes avancées sans ruiner l’économie et supprimer les libertés. D’autres justifient le rapprochement par des perspectives économiques, occultant la réalité d’un pays sans justice et sans aucune volonté de se développer. C’est pourquoi la dette de Cuba auprès du Club de Paris, dont la plus grande partie envers la France, a été tout simplement annulée.

Des milliers de Cubains continuent à fuir la terreur et leurs déplorables conditions de vie en traversant le détroit de la Floride ou bien -ce qui est encore plus dangereux- en s’aventurant vers d’innombrables pays d’Amérique latine, avant d’être bloqués en Amérique centrale sur leur route vers les États-Unis.

L’accueil de Raúl Castro en France n’entraînera que le renforcement de son pouvoir. C’est pourquoi nous appelons tous les démocrates à dénoncer cette invitation. Rien ne justifie ce séjour, qui est une insulte à l’idée même des droits de l’homme à Cuba et une lourde faute morale du gouvernement et du Président de la République, insensibles aux souffrances du peuple cubain et à ses aspirations à la liberté.

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l’ahuri                                Des nouvelles en Rafales ……j’espère.

Léonledragon                    Il parait qu’ils vont inviter Mélanchon au repas d’honneur… C’est curieux mais l’on ne voit pas Staline ni Robespierre sur la liste des invités…

 

 Max Lombard             Raul Castro a été accueilli avec tous les honneurs d’une visite d’Etat, lundi 1er février. Dans un article daté du 30 janvier à 11h01, rapide Le Monde!

Bigmac                            Il a pris un taxi ?

1959                                Je suis scandalisé de voir comment un dictateur qui a fusillé, emprisonné , déporté la population cubaine sur le simple fait légitime d’aimer la liberté et réclamer des droit. Des dictateurs qui ont empêché toutes manifestations pacifiques des opposants non armés, dont certains ont trouvé la mort de façon pas très nette , et encore plus de répression après d’avoir fait ses relations avec des pays que les soutiennent, « MODI DICTATURA CASTRISTA » OUI JE SUIS RÉVOLTÉ, ENCORE QU’ON L’APPELLE PRESIDENT.

Fassi49                         Hollande reçoit en grandes pompes tous les pires dictateurs, tyrans, souverains auto proclamés et despotes de la planète après avoir poussé des cris d’orfraie quand Sarkozy recevait Khadafi . C’est cette malhonnêteté intellectuelle qui est totalement insupportable chez Hollande .

Babacoool76

@ »Çasuffit »                la visite du président de la Corée du Nord en France aura lieu quand les USA l’auront décidée

Jeff

@ sreda                       Allez donc y vivre dans ces pays ,vous verrez comment ça pête la liberté ,les droits de l’homme ,la joie de vivre …..même à la nage ils sont prêts à le fuir Castro 49 ans au pouvoir par la force sans aucune contestation ….je préfère mille fois l’Amérique sans l’ombre d’un doute

Honestman                     Une fois de plus notre pays grand moralisateur et donneur de leçons se distingue ….. Nous venons de vivre la semaine des tyrans avec un tyran Persan et un tyran Cubain …. À qui le tour…. J’ai honte

Sreda54

@jeff                             non mais en fait vous avez la permission de vos maitres les usa de les recevoir c’est eux qui décident à qui faire l’embargo, les recevoir etc pour dire que ce sont tous des dictateurs j’en doute en Europe; il y a une petite dictature la France qui rééprime les corses les basques etc pour leurs libertés et indépendance, la france qui demande la reconnaissance du kurdistan et son autonomie mais la refuse au sein de son royaume en ce moment ; vous etes privés de vos libertés par ce sois disant état d’urgence qui vous interdit toute manifestation attroupement dire son refus et pour en finir c’est bien la France qui a un président non justiciable il est au dessus des lois durant son mandat a le pouvoir de déclarer une guerre, d’envahir un état souverain, de renverser des régimes qui ne sont pas d’accord avec lui sans demander l’aval du parlement représentant le peuple; un monarque quand à celui qui se pose la question sur l’achat des rafales la réponse est non il seront équipes en matériel russe des s400 etc

Jeff                              Décidément ….le défilé des dictateurs                          56cdd84c29a9            Va t’il nous acheter des Rafales !!!!

Mdrrrr                          Attends, je comprends plus là. Ceux qu’on recevait en grande pompe il y a quelques années, sont devenus les méchants. Et les méchants d’avant sont devenus les gentils d’aujourd’hui. C’est ça?. Désolé j’ai pas fait L’ENA.

  • zouk                          Visite de Raoul Castro en France
    Le politiquement correct, version PS, commande de l’accueillir avec tous les honneurs, il n’aura fait exécuter que des opposants à la gloire du marxisme en version tropicale Nous ne pouvons l’accepter.
  • Borgowrio                   Dictateur tropical
    Castro : bon … Poutine : pas bon …. Madame Mitterrand embrassant chaleureusement Fidel , c’était énorme … C’est qui qui va embrasser Raùl …? Ségolène … Julie … Christiane n’est plus la , dommage
  • clint –                             Il faut bien qu’il donne un signe à la « vraie gauche » !
    De plus il pourra même l’inviter à lever son verre de champagne et le placer à côté d’une femme en décolleté ! Quant à ses crimes ils ne sont peut-être pas aussi nombreux que ceux d’en d’autres pays pour « moralité » !
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