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Le gouvernement abonde son plan de soutien aux éleveurs

LE MONDE ECONOMIE Laurence Girard

Mobilisation contre les prix bas du lait et de la viande, le 21 janvier au Mans.

Blocage de routes, bottes de paille brûlées, mais aussi mobilisation sur Internet… Les éleveurs veulent se faire entendre du gouvernement, et la pression vient de toutes parts. Le premier syndicat agricole FNSEA, associé aux Jeunes agriculteurs (JA), multiplie les actions de leurs branches locales en Bretagne, mais aussi dans le Massif central, mêlant sur le bitume éleveurs de porcs, de vaches laitières et de bovins. Dans le Sud-Ouest, les éleveurs de canards craignent, quant à eux, de faire les frais des mesures draconiennes prises par le ministère de l’agriculture pour tenter d’endiguer l’épizootie de grippe aviaire.

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Dans ce contexte tendu, ­Stéphane Le Foll a annoncé, mardi 26 janvier, outre des avances sur trésorerie de 500 millions d’euros pour les agriculteurs, un montant global d’aides supplémentaires aux éleveurs de 290 millions. Dont 125 millions seront consacrés à un «  ajustement  » du plan de soutien à l’élevage présenté en juillet 2015. Il atteignait déjà pour la période 2015-2017 une enveloppe de 700 millions d’euros. Une somme à laquelle il faut ajouter 63 millions de crédits européens.

Ces 125 millions se répartissent entre 50 millions pour le fonds d’allégement des charges, 50 millions pour la réduction des cotisations sociales payées à la mutualité sociale agricole et 25 millions pour les demandes d’année blanche, c’est-à-dire de report des échéances bancaires. La date limite de dépôt des dossiers pour cette aide a été repoussée au 30 juin 2016.

L’impact du vide sanitaire  chiffré à 300 millions

En sus, le ministre de l’agriculture a également dévoilé des mesures d’aides aux filières touchées par les crises sanitaires. Que se soient pour les acteurs de la filière canards du Sud-Ouest, victimes de la grippe aviaire, et pour ceux de la filière bovine affectée par la fièvre catarrhale ovine. M. Le Foll a annoncé le déblocage de 35 millions d’euros pour les éleveurs bovins, qui ont été pénalisés par l’immobilisation de leurs troupeaux. Pour la filière palmipèdes, dont les représentants ont été reçus mardi rue de Varenne, le gouvernement a annoncé la mise à disposition d’une première enveloppe de 130 millions d’euros destinée essentiellement aux accouveurs et aux éleveurs, les premiers touchés.

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Le ministère de l’agriculture a, en effet, décidé que plus aucun caneton ne devait être présent dans les élevages à partir du 18 janvier. Avec l’objectif d’un arrêt programmé début avril de tous les élevages de canards dans dix-huit départements, dont trois partiellement. Suivra un « vide sanitaire » dont la durée doit encore être fixée. Une décision radicale prise après la découverte de soixante-neuf foyers d’influenza aviaire hautement pathogènes pour les volailles dans huit départements du Sud-Ouest. Le comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog) a chiffré l’impact pour l’ensemble de la filière des accouveurs, aux éleveurs en passant par les abattoirs et les industriels, à 300 millions d’euros.

Les mesures de biosécurité inquiètent

Les producteurs qui pratiquent la vente à la ferme – le Cifog en dénombre de 700 à 800 sur les 4 000 producteurs concernés – sont tout particulièrement inquiets. Comme les autres, ils s’attendent à une perte d’un tiers de leur revenu en 2016. Plus grave encore, ils s’inquiètent des mesures de biosécurité qui pourraient être prises pour conditionner la reprise de l’élevage des palmipèdes. Ils estiment que les gros opérateurs du marché pourraient en profiter pour restructurer la ­filière. Philippe Carré, directeur général de Delpeyrat, chiffre « à 160 millions d’euros l’investissement nécessaire pour que les producteurs de foie gras se mettent aux nouvelles normes ».

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Après la confédération paysanne et le Mouvement de défense des exploitants familiaux (Modef), certains éleveurs ont donc décidé de se mobiliser sur Internet. L’initiative baptisée « Les Canards en colère » a été lancée sur Facebook par Lionel Candelon, dont le père est éleveur. Ils demandent l’abrogation de l’arrêté du 15 janvier qui a promulgué l’arrêt de la production de canards dans le Sud-Ouest et surveillent de près les mesures de biosécurité.

Une autre filière est sous haute tension, celle des porcs bretons. Alors que les producteurs de porcs dénoncent dans la rue les prix trop bas, avec l’appui des éleveurs laitiers et bovins qui souffrent des mêmes maux, les grandes manœuvres sont en marche.

Les neuf groupements de porcs bretons qui gèrent la commercialisation dans cette région sont mis en cause. Ils ont réagi en annonçant lundi avoir porté plainte auprès de la Commission européenne contre l’Etat allemand pour fraude à la TVA. Ils estiment que les éleveurs allemands ont ainsi bénéficié d’un avantage fiscal de 250 millions d’euros sur cinq ans. Cinq groupements ont aussi dévoilé un projet de création d’une plate-forme commune de commercialisation.

290 millions supplémentaires pour les éleveurs dont 130 pour le foie gras

FOIE GRAS

AGRICULTURE – Le gouvernement a annoncé 290 millions d’euros supplémentaires pour les éleveurs dont 130 pour le foie gras. Ces aides, détaillées par le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll, comprennent un allègement supplémentaire de 100 millions d’euros des charges et cotisations sociales et 25 millions d’aides au remboursement de prêts bancaires.

Le gouvernement avait annoncé sa volonté d' »ajuster » son plan de soutien à l’élevage, doté jusqu’ici de 600 millions d’euros, afin de prendre en compte la persistance et la multiplication des « crises » frappant les éleveurs toutes filières confondues, du lait au porc en passant par le canard.

Jeudi, le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, a indiqué « être d’accord avec le Premier ministre Manuel Valls pour réajuster le plan de sauvetage de l’élevage. Nous allons discuter pour apporter des réponses supplémentaires », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.

Il a affirmé qu' »entre les crises sanitaires qui frappent les palmipèdes, les crises de marché qui touchent les secteurs du lait et du porc, un ajustement du plan sera bien sûr nécessaire », précisant que le secteur bovin, affecté par une centaine de cas de fièvre catarrhale ovine (FCO), sera également concerné.

En juillet, un plan d’urgence initial de 600 millions avait été annoncé pour répondre à la crise traversée par les éleveurs bovins laitiers et porcins, qui avait été complété en septembre par des mesures fiscales et sociales. En septembre, Manuel Valls avait annoncé des aides complémentaires aux agriculteurs et des mesures de soutien à l’investissement agricole. qui devraient permettre 3 milliards d’investissement en trois ans, selon Matignon.

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#Agriculture 290 millions d’euros d’aides supplémentaires vont être débloqués pour les éleveurs

(AFP)

Le gouvernement français a annoncé 290 millions d’euros d’aides supplémentaires en soutien aux éleveurs qui traversent une crise prolongée, aggravée par des épizooties, dont 130 millions aux producteurs de palmipèdes du sud-ouest touchés par la grippe aviaire.

Ces aides, détaillées par le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll, comprennent un allègement supplémentaire de 100 millions d’euros des charges et cotisations sociales et 25 millions d’aides au remboursement de prêts bancaires.

Le gros chèque du gouvernement aux éleveurs

Le gouvernement accorde 290 millions d’euros supplémentaires pour venir en aide aux éleveurs qui traversent une crise prolongée aggravée par les épizooties, dont 130 millions aux éleveurs affectés par la grippe aviaire.

La filière du foie gras représente deux milliards d'euros de chiffre d'affaires et 30.000 emplois directs. LOIC VENANCE / AFPLa filière du foie gras représente deux milliards d’euros de chiffre d’affaires et 30.000 emplois directs. LOIC VENANCE / AFP

Le gouvernement a annoncé mardi 26 janvier une enveloppe de 290 millions d’euros supplémentaires pour venir en aide aux éleveurs qui traversent une crise prolongée aggravée par les épizooties, dont 130 millions aux éleveurs comme les producteurs de palmipèdes du sud-ouest affectés par la grippe aviaire. Le plan de soutien à l’élevage annoncé l’été dernier, de 700 millions d’euros, se trouvera ainsi augmenté de 125 millions, selon les annonces du ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll. Ces aides concernent toutes les filières d’élevage, porc et boeuf compris.

Parmi les éleveurs les plus affectés, les représentants des producteurs de palmipèdes du grand Sud-Ouest ont été reçus mardi matin à Paris par Stéphane Le Foll qui leur a annoncé les modalités d’indemnisation des pertes de revenus dues aux mesures d’assainissement, prévues pour éradiquer la grippe aviaire. Selon le ministre, l’élevage des canards notamment, suspendu pour un grand nettoyage, pourra reprendre « au début du mois de mai avec des canetons sains ». La durée de fermeture des élevages tient compte du fait « que le vide sanitaire soit efficace mais que la production puisse reprendre le plus rapidement possible », a-t-il expliqué devant la presse.

De nouvelles mesures de biosécurité

Des indemnisations complémentaires pour les entreprises, comme les abatteurs, seront précisées ultérieurement. Un arrêté précisant ces dispositifs sera publié au Journal officiel « en fin de semaine prochaine ». Cet arrêté décrira « les mesures de biosécurité à mettre en place pour les différents type de volaille et selon l’activité considérée, élevage industriel ou basse-cour privée » a précisé le patron de la Direction générale de l’Alimentation (DGAL) Patrick Dehaumont. « Les éleveurs bovins touchés par la fièvre catarrhale ovine (FCO) recevront 31 millions d’euros et les commerçants en bestiaux concernés par cette épizootie 4 millions ».

Le gouvernement renforce de 125 millions d’euros les mesures de soutien aux éleveurs et aux agriculteurs en difficulté annoncées en septembre, d’un montant initial de 700 millions, « compte tenu de la persistance de la crise », a détaillé Stéphane Le Foll. Ainsi le Fonds d’Allégement des Charges (FAC) est doté de 50 millions de plus et il y aura également 50 millions de prise en charge de cotisations MSA supplémentaires. Le dispositif « d’année blanche », qui doit permettre aux éleveurs de reporter leurs remboursements bancaires en fin d’échéance est doté de 25 millions d’euros de plus et sera ouvert aux producteurs de palmipèdes. Le gouvernement a également prévu que les aides de trésorerie dans l’attente du paiement des aides la PAC seront étendues pour atteindre 500 millions en avance de trésorerie.

Une aide de 290 millions d’euros pour les agriculteurs

PARIS (Reuters) – Les agriculteurs et éleveurs français recevront 290 millions d’euros d’aides pour faire face aux crises sanitaires et difficultés économiques qui frappent notamment les filières ovine, porcine, laitière et des palmipèdes, a annoncé mardi le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll.

Les éleveurs et accouveurs de volaille du Sud-Ouest bénéficieront d’une grande partie des fonds, 130 millions d’euros, dans le cadre des mesures d’assainissement mises en place pour contrer l’épidémie de grippe aviaire.

« Notre objectif, c’est d’aller le plus vite possible dans la reconquête du statut indemne », a dit le ministre, la reprise dans les élevages étant fixée à début mai, « via des canetons sains et des volailles saines ».

Pour les éleveurs et agriculteurs, les mesures conjoncturelles de soutien seront augmentées de 125 millions d’euros, et étendues aux filières végétales, notamment les céréaliers et producteurs de légumes en difficulté.

« Toutes ces mesures sont là pour aider à passer un moment extrêmement difficile mais ne pourront pas compenser toutes les pertes liées à la baisse des prix », a dit le ministre, interrogé sur la colère des éleveurs.

Lundi, une soixantaine d’agriculteurs ont bloqué des accès routiers à l’est de La Rochelle (Charente-Maritime) pour protester contre les cours trop bas du lait, de la viande de bœuf et du porc.

« Dans cette crise, chacun doit prendre sa part de responsabilité, et l’Etat a pris sa part et continuera de prendre sa part », a ajouté Stéphane Le Foll dans l’après-midi lors des questions au gouvernement.

Dans la filière ovine, 35 millions d’euros seront versés pour indemniser les éleveurs (31 millions d’euros) et commerçants en bestiaux (4 millions d’euros) touchés par la fièvre catarrhale ovine (FCO).

Dans le grand Sud-Ouest, l’épidémie de grippe aviaire dont 69 foyers ont été détectés depuis le 24 novembre, a entraîné de la suspension d’une partie des exportations de foie gras.

Les petits producteurs de foie gras et éleveurs de volailles ont manifesté la semaine dernière contre la mesure de vide sanitaire interdisant la réintroduction de nouveaux canetons dans les élevages afin d’enrayer l’influenza.

« Chaque semaine coûte cher », a dit Christophe Barrailh, président du Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog), aux côtés de Stéphane Le Foll.

Il a appelé de ses voeux « un territoire assaini par une mesure forte, lourde de conséquences économiques ».

Dans l’attente du paiement des aides européennes de la PAC, le gouvernement mettra en place en avril 2016 des avances de trésorerie à hauteur de 500 millions d’euros.

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Commentaires

Claude  •                                Leurs syndicats leur ont dit: PRODUISEZ PLUS, leurs Banquiers leur ont dit: EMPRUNTEZ vous vous ENRICHIREZ_ mais les acheteurs ne peuvent AVALER deux kilos de jambon au petit déjeuner

  • René  •                       « Le gouvernement met en place une avance de trésorerie ».
    C’est vrai que la France est tellement riche.
  • Flab Marc  •              290 millions d’euros pour les agriculteurs qui nous nourrissent, et 60 milliards pour les « Gattaz » qui arrosent les actionnaires en nous appauvrissant. Il faudrait que le Gouvernement redescende sur Terre.
  • Michel  •                   Quel ministre nous avons là ! jamais sur le terrain ,pour préserver ses godasses ,son costard et son brushing ,par contre un expert pour puiser dans les caisses de l ‘ETAT et qui n’a rien compris au malaise agricole
  • zegma  •                     je paie des impôts, qui vont donc aussi à nos très chers producteurs, et je vais au restau du cœur pour avoir à manger. J’ai envie d’être grossier, là.
  • jean  •                          le pays part en sucette et lefoll leur donne le bâton qui va au bout
    le tout pour 290 millions à trouver dans notre poche
  • Olivier  •                      quand on les voit avec leur beau tracteur neuf ils n’ont pas l’air d’être pauvre les agriculteurs *
  • Thy  •                            Sans vision ni stratégie pour l’agriculture, ces aides sont un gaspillage de plus, sans retour sur investissements, de nos merdouillards au pouvoir. Sur ce sujet comme sur la plupart des autres, d’ailleurs.
    nicolas  •                       il faut reproposer le porc dans les cantines et restaurants scolaires , et la filière sera sauvée
    les subventions sont bien à l’image socialiste , assister d’abord et résoudre ensuite si on en a le courage
    L’Irréductible68  •   Un peu de saupoudrage pour calmer les esprits avant leur disparition au profit du traité TAFTA ???? Cela est clair comme de l’eau de roche.Les agriculteurs,les éleveurs,les pêcheurs,les taxis,c’est qui les suivants sur la liste????

Imusten                         Abonder est un verbe transitif, on aura encore appris quelque chose…Peut-être cela vaudra-t-il au gouvernement la médaille du mérite agricole, mais je doute qu’il ait trouvé la corne d’abondance.

Patou Pat ·          A quand la prochaine augmentation ? La seule solution pour en finir une bonne foie (sic) : arrêter de becter de la viande.
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