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Chômage: Hollande mise sur son plan d’urgence et de nouveaux assouplissements des 35 heures

Former 500.000 chômeurs, inciter les PME à embaucher via une prime, assouplir l’organisation du travail et les heures supplémentaires: François Hollande compte sur son plan présenté lundi pour faire baisser le chômage, mais des syndicats et l’aile gauche du PS s’inquiètent d’une remise en cause déguisée des 35 heures.

L’emploi est « la seule question qui vaille au-delà de la sécurité des Français », a déclaré le chef de l’État lors de ses v?ux aux acteurs de l’entreprise et de l’emploi.

Pour François Hollande, qui a fait à plusieurs reprises de la baisse du chômage la condition d’une nouvelle candidature, le temps est compté, avec 650.000 chômeurs supplémentaires inscrits à Pôle emploi depuis son élection et le chiffre record de 3,57 millions de personnes sans aucun travail.

Lundi, il a détaillé ce qu’il avait esquissé le 31 décembre lors de ses voeux et précisé que l?État allait dépenser « plus de deux milliards d’euros » pour l’emploi, sans nouvel impôt.

Première mesure: une prime immédiate de 2.000 euros par an pour les entreprises de moins de 250 salariés pour toute embauche en CDI ou en CDD de plus de 6 mois de salariés rémunérés jusqu’à 1,3 Smic.

Cette somme « représente le reliquat des cotisations patronales une fois pris en compte l’ensemble des allègements de charges » dont elles bénéficient, notamment du Pacte de responsabilité.

Le dispositif est établi pour 2 ans, « le temps du basculement du CICE (crédit d’impôt compétitivité emploi) en baisse définitive de charges », a expliqué le chef de l’Etat.

Toujours en faveur des entreprises, il a confirmé le plafonnement des indemnités prud’homales de licenciement en fonction de l’ancienneté.

Ces annonces ont été saluées par le patronat: elles « vont dans le bon sens », a réagi Pierre Gattaz, le président du Medef qui attend néanmoins « des mesures concrètes ».

François Asselin, pour la CGPME, a souligné que le basculement du CICE en baisse directe de charges était ce qu’elle réclamait, et que la prime de 2.000 euros, c’était « mieux que rien ».

« Ça fait beaucoup d’aides aux entreprises », a dénoncé le numéro un de la CGT, Philippe Martinez, qui reproche à M. Hollande de « continuer ce qui ne marche pas ».

Jean-Claude Mailly (FO) a fustigé un « PLA, programme libéral accentué », comme la transformation dans du CICE en baisse des cotisations, « sans un mot » pour « garantir le financement de la protection sociale ».

Laurent Berger, de la CFDT, voit dans la prime pour les PME des « effets d’aubaine » qui seront « inefficaces ».

– « Fin des 35 heures »-

En outre, comme l’avait annoncé Manuel Valls en novembre, la future réforme du Code du travail accordera aux entreprises de nouveaux assouplissements sur le temps de travail, notamment sur la majoration des heures supplémentaires, sans toucher à la durée légale de 35 heures, a assuré le chef de l?État.

L’entreprise « pourra fixer le taux de majoration et le nombre des heures supplémentaires, ou moduler le temps de travail au-delà même de l’année », a-t-il dit. Actuellement, les heures supplémentaires sont majorées à 25%, sauf dérogation. La ministre du Travail, Myriam El Khomri, s’est dite favorable au maintien du plancher de majoration, fixé à 10%.

Mais pour l’Union syndicale Solidaires, « ce sont de nouvelles attaques contre la réduction du temps de travail qui se préparent », tandis que l’aile gauche du PS, Benoît Hamon en tête, redoute la « fin des 35 heures ».

Deuxième axe du plan d’urgence, la formation de 500.000 chômeurs, avec un engagement de l’Etat d’un milliard d’euros.

M. Hollande a demandé que soient définis les besoins de formation « branche par branche, région par région » avec la mobilisation notamment de Pôle emploi et de l’Afpa.

« C’est une bonne nouvelle pour les demandeurs d’emploi. Plus de 500.000 attendent des formations », a réagi Yves Barou, président de l’Afpa (association pour la formation professionnelle des adultes), qui forme 80.000 chômeurs par an et serait en mesure de doubler ce nombre.

Le coût total de la formation professionnelle est de 32 milliards par an, dont 4 milliards pour les chômeurs. Elle ne bénéficie qu’à un chômeur sur dix, contre deux sur dix en Allemagne par exemple.

Le chef de l’État a également annoncé un développement de l’apprentissage et des contrats de formation en alternance.

« On reste très dubitatifs », a réagi la CGPME, tandis que la CFDT insiste sur « l’opérationnalité de ces formations » pour « arriver à un retour à l’emploi ».

« Ça n’est pas la formation qui va créer de l’emploi », souligne de son côté Carole Couvert (CFE-CGC).

Emploi : le plan de la dernière chance pour Hollande

LE MONDE David Revault d’Allonnes et Bertrand Bissuel

C’est sa dernière bataille. Du moins, celle qui colorera le bilan de son quinquennat, et, comme il s’y est engagé, déterminera sa capacité à en briguer un deuxième en 2017. Le message que François Hollande a délivré lors de ses vœux « aux acteurs de l’entreprise et de l’emploi », lundi 18  janvier, au Conseil économique, social et environnemental (CESE), vise bien à démentir toute « inertie », selon l’Elysée. En substance  : la bataille pour l’emploi sera menée jusqu’à la toute fin du mandat, et l’année 2016 constituera de ce point de vue l’année décisive.

Nonobstant le glissement du terrain sécuritaire, depuis les attentats de janvier et de novembre  2015, le président le confiait, en privé, après les derniers attentats  : « Je sais que je serai jugé sur le chômage. Plus que jamais, c’est une priorité.  » Ce qu’il s’est employé à souligner, lundi, tentant d’accréditer que cette année, enfin, pourrait être celle de l’« inversion de la courbe du chômage » tant promise.

Lire aussi : Les pistes d’économistes pour faire baisser le chômage

«  Nous n’avons pas fini de réformer  », explique un collaborateur du chef de l’Etat. Après avoir rappelé les grandes lignes de l’action conduite depuis mai  2012 pour redresser les finances publiques et restaurer la compétitivité des entreprises (crédit d’impôt compétitivité emploi, pacte de responsabilité), M. Hollande devait dévoiler, lundi, une nouvelle série de réformes destinées à «  adapter notre modèle  » et à «  saisir les opportunités de l’économie numérique  ». Un paquet de mesures que l’on pourrait qualifier « de la dernière chance », lesquelles s’inscrivent dans la continuité des idées esquissées lors de ses vœux aux Français le 31 décembre  2015.

Pendant la cérémonie des voeux aux acteurs de l'entreprise et de l'emploi, au Conseil Economique Social et Environnemental à Paris, lundi 18 janvier 2016.
  • 500  000 formations supplémentaires

Premier axe de son discours, adapter les actifs à la «  nouvelle donne économique  ». Le président de la République a confirmé que 500  000 formations supplémentaires seraient assurées cette année en faveur de demandeurs d’emploi dont les qualifications risquent de devenir obsolètes. L’objectif est très ambitieux si on le compare au nombre de chômeurs entrant en stage au cours d’une année (un peu moins de 644  000 chômeurs en 2013, selon une étude des services du ministère du travail). Cela reviendrait à former plus de 1,1 million de personnes à la recherche d’une activité. « Irréaliste », selon un proche du président du Medef, Pierre Gattaz. Cependant, « on peut tangenter le million », ajoute-t-il.

L’Etat participera au financement de cet effort à hauteur de 1 milliard d’euros en  2016. Vendredi, les partenaires sociaux, qui gèrent le fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels, ont décidé d’accorder une rallonge de 80  millions d’euros au profit de la formation des demandeurs d’emploi.

Reste à savoir quelle sera la contribution des régions à une politique qui est au cœur de leurs compétences. M.  Hollande a déclaré qu’elles se verraient confier le pilotage de ce plan, en partenariat avec le patronat et les syndicats. Une décision qui répond aux attentes maintes fois exprimées par le président (PS) de l’Association des régions de France, Alain Rousset, pour qui, ces collectivités ont vocation à coordonner un dispositif qui, à l’heure actuelle, marche mal car le service public de l’emploi est «  trop émietté  ». «  Les régions connaissent les entreprises qui recrutent », souligne-t-il. A la fin de janvier ou au début de février, un séminaire à ce sujet aura lieu à l’Elysée avec l’ensemble des présidents de région.

François Hollande devait, dans la même optique, annoncer la relance de l’apprentissage, dont les effectifs ont baissé en  2013 et en  2014. Le but est de faire entrer 500  000 jeunes en 2017 dans des dispositifs de ce type (contre un peu plus de 400  000 à l’heure actuelle), afin de leur permettre de saisir les occasions offertes par la montée de l’économie et des technologies numériques.

Le président a également annoncé une augmentation des contrats de professionnalisation, qui devraient passer à 50 000 bénéficiaires, contre 8 000 actuellement. Le contrat de professionnalisation est un contrat de formation en alternance, associant formation pratique en relation avec la qualification recherchée, et formation théorique dans un organisme de formation externe ou interne à votre entreprise.

Manuel Valls, Myriam El Khomri et Emmanuel Macron pendant la cérémonie des voeux aux acteurs de l'entreprise et de l'emploi, au Conseil Economique Social et Environnemental à Paris, lundi 18 janvier 2016.
  • Soutenir l’emploi dans les PME

Pour que les chômeurs formés et les apprentis augmentent leurs chances de trouver du travail, de nouvelles mesures seront prises afin de soutenir l’emploi dans les PME. Celles-ci restent, dans certains cas, assujetties au paiement de cotisations pour des salariés proches du smic, malgré le CICE et le pacte de responsabilité. L’exécutif entend parvenir à une situation où elles n’en paieront plus du tout pour les personnes embauchées à un niveau de salaire proche du salaire minimal.

« Toute entreprise de moins de deux cent cinquante salariés qui recrutera un salarié payé entre 1 et 1,3 smic en CDI ou en CDD de six mois et plus se verra compenser l’ensemble de ses cotisations sociales, assure le chef de l’Etat. Concrètement, cela signifie que l’Etat prendra à son compte la totalité des prélèvements sociaux, ce qui représente une somme de 2  000  euros pour assurer effectivement zéro charge.  » Cette aide, accordée pour deux ans, sera mise en place tout de suite. «  On est dans l’idée d’un état d’urgence économique et social  », argue-t-on à l’Elysée.

Au total, 2 milliards d’euros devraient être consacrés à ces efforts pour la formation, l’apprentissage et les PME. L’Etat mettra la main à la poche en procédant à des redéploiements de crédits inscrits dans une loi de finances rectificative, qui devrait être adoptée avant l’été. Le chef de l’Etat devait également évoquer le projet de loi que la ministre du travail, Myriam El Khomri, présentera, en principe au début de mars, en conseil des ministres. Ce texte doit notamment redonner des marges de manœuvre aux employeurs pour négocier le temps de travail. Il ne touchera pas aux trente-cinq  heures, mais permettra de moduler la durée maximale du travail sur une journée et sur une semaine.

  • Simplifier la rupture du contrat de travail

Autre sujet, potentiellement explosif, sur lequel l’exécutif veut innover  : la rupture du contrat de travail, qui sera simplifiée, sans pour autant remettre en cause le CDI. Comme l’avait dit le ministre de l’économie, Emmanuel Macron, dans un entretien au Monde le 7 janvier, la réforme des prud’hommes, engagée par la loi «  croissance, activité et égalité des chances économiques  » d’août  2015, sera parachevée «  avec l’instauration d’un plafond pour les indemnités prononcées  ».

Le barème mis en place dans le texte promulgué l’an passé avait été invalidé par le Conseil constitutionnel au motif qu’il introduisait une rupture du principe d’égalité devant la loi. Le gouvernement revient à la charge à propos de cette disposition  ; l’une des pistes envisagées consisterait à tenir compte de l’âge et de l’ancienneté du salarié licencié dans le calcul des dommages-intérêts qui lui sont alloués.

Ce dernier volet est sans aucun doute le plus sensible. Une prise de risque politique supplémentaire après les crispations engendrées par les lois Macron et Rebsamen, et en plein débat sur la déchéance de nationalité. «  Certains, au sein de la majorité ou du gouvernement, se demandent s’il est nécessaire de remettre une pièce dans la machine  », rappelle un proche du président. Mais M. Hollande considère que le pire serait de donner le sentiment de l’immobilisme en  2016. Il faut donc montrer que, jusqu’au bout, on cherchera à réformer, même si cela ne plaît pas à tout le monde. Le chef de l’Etat, plus que jamais, est au pied du mur.

Toutes les annonces de François Hollande pour lutter contre le chômage

EMPLOI – Comment tenir son pari d’inverser la courbe du chômage? François Hollande qui a conditionné une nouvelle candidature à l’Elysée à la tenue de cet engagement a présenté un nouveau plan lundi 18 janvier à l’occasion de ses voeux aux acteurs de l’entreprise et de l’emploi au palais d’Iéna. Celui-ci est axé sur la formation.

« C’est la seule question qui vaille avec la sécurité des Français. Il y a un état d’urgence économique et social à proclamer », a-t-il insisté en préambule estimant que « si des choses ont été faites depuis trois ans, la croissance n’est pas suffisante ».

« Entre le libéralisme sans conscience et l’immobilisme sans avenir, il y a une voie », a-t-il lancé pour tenter de mettre en cohérence ses annonces.

Premier pilier de sa politique, le pacte de responsabilité et le CICE pour améliorer la compétitivité des entreprises. Il a réitéré son intention de faire l’évaluation de ces dispositifs de de baisses des charges très décriés à gauche.

3 axes de travail

En attendant que le CICE soit transformé en baisse pérenne des charges sociales, le chef de l’Etat a annoncé aussi une mesure pour les PME. Toute entreprise de moins de 250 salariés qui recrutera un jeune ou un chômeur (pour un salaire compris entre 1 et 1,3 Smic) pour un CDD de plus de 6 mois ou un CDI recevra 2000 euros de prime par an, pendant 2 ans. Selon l’Elysée, cela assure à l’entreprise de n’avoir aucune charge sur ces emplois. « La mesure est effective dès aujourd’hui », promet-t-il.

Pour faciliter la rupture du contrat de travail et améliorer la visibilité des entreprises (c’est une revendication de longue date du patronat), François Hollande a annoncé le plafonnement des indemnités de licenciement en fonction de l’ancienneté du salarié. C’est, pour l’Elysée, une réponse à la censure par le conseil constitutionnel d’une mesure phare de la loi Macron. A l’époque, le ministre de l’Economie envisageait un plafonnement selon la taille de l’entreprise, ce qui avait été considéré comme une rupture de l’égalité des salariés.

Le président de la République a également réitéré son intention de multiplier les formations des demandeurs d’emploi. Comme prévu, il en réclame 500.000 par an, auxquels il faut ajouter 50.000 contrats de professionnalisation (contre 8000 aujourd’hui). « C’est une mesure structurelle pour pourvoir les emplois disponibles qui ne trouvent pas preneur », a-t-il justifié, évoquant notamment le numérique ou le bâtiment, la sécurité, les services à la personne. « L’Etat mobilisera un milliard d’euros », a précisé François Hollande qui se défend de tout « artifice statistique ».

Au total, plus de deux milliards d’euros seront mobilisés par l’Etat, a conclu François Hollande, financés « sans prélèvement supplémentaire » ni déficit en plus. C’est Michel Sapin et Christian Eckert, le ministre des Finances et son secrétaire d’Etat au Budget qui sont chargés de trouver où réaliser les économies.

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Hollande dévoile un plan de deux milliards d’euros pour l’emploi

PARIS (Reuters) – L’Etat dégagera deux milliards d’euros supplémentaires pour tenter d’enrayer la hausse du chômage, a annoncé lundi François Hollande, dévoilant une nouvelle prime à l’embauche et des mesures de soutien à la formation et à l’entreprenariat.

Le chef de l’Etat, qui a précisé que ce plan serait financé par des économies, a annoncé dans le passé qu’il ne se présenterait pas à l’élection présidentielle de 2017 si le chômage ne baissait pas d’ici là.

Lors de ses voeux aux acteurs de l’entreprise et de l’emploi, François Hollande a par ailleurs confirmé que les indemnités de licenciement décidées par les prud’hommes seraient plafonnées, avec un barème lié à l’ancienneté du salarié.

Il a ajouté que la future réforme du Code du travail prévoirait que l’accord d’entreprise fixerait les modalités d’organisation du temps de travail, sans remettre en cause sa durée légale, et donnerait plus de place à l’accord collectif.

« Il s’agit de redéfinir notre modèle économique et social », a déclaré François Hollande, jugeant qu' »entre le libéralisme sans conscience et l’immobilisme sans avenir, il y a une voie ».

Les réformes donneront plus de liberté et de sécurité aux entreprises comme aux salariés, a-t-il dit.

Pour doper la création d’emplois, les entreprises de moins de 250 salariés qui embaucheront un jeune ou un demandeur d’emploi en CDI ou en CDD d’au moins six mois recevront une aide de 2.000 euros par an pendant deux ans, a annoncé François Hollande.

Le dispositif concerne les salariés payés entre un et 1,3 smic embauchés entre ce lundi et le 31 décembre 2016, précise le dossier de presse de l’Elysée. La prime « première embauche » annoncée en juin sera parallèlement élargie aux CDD d’au moins six mois au lieu de 12 actuellement.

UN MILLIARD DE PLUS POUR LA FORMATION

Un milliard d’euros sera débloqué pour contribuer à porter le nombre de formations de chômeurs supplémentaires à 500.000 cette année.

François Hollande a précisé que les partenaires sociaux définiraient les formations liées, « branche par branche, région par région, aux besoins des entreprises ».

Les partenaires sociaux financeront ces formations supplémentaires à hauteur de 130 millions d’euros, a précisé la ministre du Travail, Myriam El Khomri.

La loi El Khomri qui sera présentée le 9 mars au conseil des ministres donnera plus de place à la négociation collective, a dit François Hollande, tout en appelant une nouvelle fois le patronat à tenir les engagements qu’il a pris en échange des 41 milliards d’euros de baisse du coût du travail.

Le chef de l’Etat a ainsi confirmé qu’une évaluation de la mise en oeuvre du Pacte de responsabilité et de solidarité serait faite fin janvier autour du Premier ministre, Manuel Valls.

« C’est indispensable pour que toute la clarté soit faite sur les engagements des uns et des autres », a-t-il dit, avant de répéter qu’il voulait transformer « aussi vite que possible » le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) en baisse définitive des cotisations sociales.

La loi El Khomri engagera la réforme du Code du travail sur la base des propositions que fera la commission Badinter la semaine prochaine pour définir un socle de droits, a-t-il ajouté.

« Le reste, c’est-à-dire l’application, sera renvoyé à la négociation collective », a dit François Hollande.

Le projet de loi développera en outre le compte personnel d’activité, un dispositif qui doit donner plus de liberté aux travailleurs dans l’utilisation de certains droits sociaux.

DOPER ALTERNANCE ET ENTREPRENARIAT

François Hollande a par ailleurs annoncé un élargissement des règles de l’apprentissage, avec une ouverture des titres professionnels délivrés par le ministère du Travail et une possible entrée en apprentissage toute l’année.

L’Education nationale créera des formations nouvelles en alternance, a-t-il ajouté, en précisant que 1.000 postes seraient créés et affectés à ces formations en 2017.

Pour encourager la création d’entreprises, François Hollande a demandé à Emmanuel Macron d’assouplir les règles pour certaines professions, en revoyant le système de qualifications « pour le rendre plus lisible et plus cohérent ».

Reprenant une citation du ministre de l’Economie (« pour beaucoup de jeunes, il est plus facile de trouver un client que de trouver un employeur »), il a souligné que certaines qualifications préalables étaient nécessaires pour garantir la santé et la sécurité.

« Mais parfois, elles dépassent cet objectif et peuvent constituer des barrières », a-t-il dit.

Un nouveau régime accessible aux artisans et entrepreneurs permettra à ces derniers de choisir l’option fiscale la plus appropriée, a-t-il précisé. Et le portage salarial sera réformé.

François Hollande a aussi cité la négociation qui s’ouvrira cette année sur la prochaine convention d’assurance chômage.

« Je rappelle qu’en France la durée d’indemnisation est la plus longue d’Europe mais la durée de formation des chômeurs est la plus courte. C’est ce qu’il faut changer », a-t-il dit.

« C’est la responsabilité des organisations d’employeurs et de salariés, je leur fais confiance pour aboutir à la signature d’une nouvelle convention sur ces bases : tout faire pour que le retour vers l’emploi soit encouragé », a-t-il poursuivi.

Les syndicats et le patronat ont réservé un accueil mitigé à ces mesures, Force ouvrière déplorant « un libéralisme exacerbé » tandis que le Medef regrettait l’absence d’annonce sur une modification des contrats de travail.

Le « plan d’urgence » de François Hollande contre le chômage divise les Français

LEXPRESS.fr avec AFP

pole-emplio-chomage_5320735Un peu plus de la moitié des personnes interrogées juge que « proposer une formation à 500.000 chômeurs pourra être efficace pour lutter contre le chômage ».              REUTERS/Charles Platiau

Seule la moitié des Français considère que la formation des chômeurs ou une nouvelle prime à l’embauche, mesures prévues par François Hollande en faveur de l’emploi, seront efficaces, selon un sondage Odoxa, publié ce jeudi.

Un « plan d’urgence » contre le chômage en guise de « bonne résolution » pour l’année de 2016. C’est l’annonce faite par François Hollande lors de ses traditionnels voeux du 31 décembre. Des mesures en faveur de l’emploi qui n’ont pas convaincu tous les Français.

Dans un sondage Odoxa publié ce jeudi, un peu plus de la moitié (55%) des personnes interrogées juge que « proposer une formation à 500 000 chômeurs », comme l’a annoncé le président de la République, « pourra être efficace pour lutter contre le chômage ».

A l’inverse, moins d’une personne sur deux (47%) croit en l’efficacité d’une prime de 2000 euros aux entreprises pour « toute nouvelle embauche dans une PME ».

65% pour des allocations chômage dégressives

Les Français pouvaient aussi donner leurs avis sur d’autres propositions plus « radicales » proposées par des « experts ». Ainsi, ils sont 65% à estimer que la dégressivité des indemnités chômage serait efficace pour l’emploi.

En revanche, seuls 30% accordent les mêmes effets à la création d’un Smic « dont le montant pourrait être variable selon l’âge et la région ».

Baisse de la confiance des Français

Globalement, le début de l’année de 2016 effraie les Français. Les trois quarts (75%) des personnes interrogées se déclarent « plutôt moins confiantes ces dernières semaines » concernant l’avenir de la situation économique en France.

Le « plan d’urgence » contre le chômage que François Hollande avait annoncé le 31 décembre doit être détaillé le 18 janvier devant le Conseil économique, social et environnemental.

Sondage réalisé en ligne les 7 et 8 janvier auprès d’un échantillon de 994 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas.

Chômage: les mesures de Hollande inverseront la courbe? « Peut-être », selon le numéro un de FO

Chômage: les mesures de Hollande inverseront la courbe?
Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force Ouvriere (FO), le 11 janvier 2016 à Matignon
© KENZO TRIBOUILLARD

Jean-Claude Mailly pense que le plan d' »urgence » contre le chômage détaillé lundi par François Hollande va permettre « peut-être » d’inverser la courbe…

Jean-Claude Mailly pense que le plan d' »urgence » contre le chômage détaillé lundi par François Hollande va permettre « peut-être » d’inverser la courbe d’ici 2017, tout en qualifiant d' »inutile » la création d’une nouvelle aide aux TPE-PME.

Le président va préciser en fin de journée ce plan, qui porte sur 500.000 formations supplémentaires pour les chômeurs, une aide à l’embauche pour les TPE et PME (entre 1.000 et 2.000 euros selon la presse) et des mesures en faveur de l’apprentissage.

« Peut-être que les mesures qui vont être annoncées ce matin, même si ça ne serait qu’un effet statistique, permettront d’inverser la courbe mais ce serait jouer avec le feu », a dit M. Mailly lors de l’émission « Les 4 vérités » sur France 2.

Ainsi, « c’est très bien de former, y compris les demandeurs d’emploi. Mais il faut qu’il y ait des emplois à la sortie, et ça, ça passe par une relance plus forte de l’activité économique », a-t-il dit.

« Je serais hyper content si le président de la République pouvait dire: on va donner un coup de pouce au pouvoir d’achat, on va soutenir plus fortement l’investissement public, on va réorienter les aides aux entreprises, mais ça je ne me fais pas trop d’illusions à priori », a-t-il dit

La prime à l’embauche? « C’est inutile dans la limite où il y a déjà toute une série d’aides (…) importantes pour l’embauche dans les TPE-PME ». « Même les chefs d’entreprise disent que ce n’est pas utile, a rappelé le numéro un de FO. Il serait plus opportun de consacrer la somme prévue à autre chose qui soit plus efficace (plutôt) que de saupoudrer en permanence les aides aux entreprises ».

Chômage : la réunion de la dernière chance pour François Hollande

Chômage : la réunion de la dernière chance pour François Hollande
© DENIS CHARLET / POOL / AFP

Alors que l’exécutif reçoit lundi les syndicats, le chef de l’Etat sait qu’il ne lui qu’un an pour faire baisser le chômage.

Manuel Valls reçoit lundi les syndicats pour parler emploi et François Hollande doit rendre ses arbitrages dans les jours qui viennent. Les grands patrons de nombreuses organisations, comme le MEDEF et l’APEC, font leur liste de vœux dans une lettre commune.

Dernière ligne droite avant 2017. Dos au mur, le président joue sa dernière carte. Il lui reste douze mois pour réussir là où il échoue depuis trois ans, malgré les 50 milliards d’euros d’allègement de charges pour les entreprises et les plus de 450 000.emplois aidés aujourd’hui en France, un record. Tant d’efforts pour un résultat nul, avec un chômage qui continue à croître. Le taux de chômage des jeunes en France – François Hollande a fait de la jeunesse l’une de ses priorités – témoigne de cet échec : plus de 25% sont au chômage. Ce taux dépasse de cinq points la moyenne européenne. Le chef de l’Etat le sait mieux que personne, lui qui a décrété « un Etat d’urgence économique et social ». Et l’enjeu est lourd, tant pour les chômeurs que pour lui-même : sans résultats sur le front de l’emploi, il peut dire adieu à un second mandat.

Problème de majorité. Alors qu’il lui faut des mesures fortes et radicales, François Hollande a un problème de majorité, tant sur la déchéance de nationalité que sur l’économie avec les frondeurs. Il peut pourtant en faire beaucoup plus pour les entreprises, comme d’autres leaders de gauche avant lui, en violant leur famille politique. « La gestion de l’économie n’est ni de gauche ni de droite. Elle est bonne ou mauvaise… Ce qui compte, c’est ce qui marche », avait martelé le Premier ministre britannique Tony Blair en 1997. Les travaillistes l’avaient suivi, tout comme le SPD allemand avait avalé les réformes Schröder en Allemagne. Dans l’Hexagone, Lionel Jospin a été le Premier ministre qui a le plus privatisé les entreprises publiques. François Mitterrand, honoré ces jours-ci par François Hollande, a quant à lui défendu une politique du franc fort.

François Hollande doit donc prendre des risques. L’Elysée affirmait ces jours-ci qu’ »on va voir ce qu’on va voir ». On parle de déverrouiller la durée hebdomadaire du travail, d’assouplir le système des heures supplémentaires. Ces mesures n’ont rien de révolutionnaire, tandis que la loi Macron 2, annoncée comme le gros coup de booster à l’économie française, a du plomb dans l’aile : elle est désormais évoquée au conditionnel à l’Elysée.

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Commentaires

GAILLARD  •                          pourquoi ne l’a-t-il pas fait dès son arrivée au pouvoir ??

  • Vengeur À La Cape  •           Aller, c’est parti pour un bel enfumage en vue des élections de 2017 !
    hollandouille va trouver le moyen d’inverser la courbe à grand coups de subventions et d’aides, comme savent si bien le faire les socialopes !
    ensuite, bim, ça va dégringoler en plus d’avoir exploser le déficit !!!!
  • HORUS  •                                Encore deux milliards pour des prunes!! alors que le plus simplet des Français a compris que le blèm n’était pas là, que c’est une histoire de charges. Et encore des milliards pour les formations, pourquoi faire?? y’a pas de travail alors pourquoi injecter des finances dans ce gouffre???les jeunes diplômés ne trouvent pas de travail et ils sont formés, doivent ils de nouveaux être formé?? Alors que fait l’éducation Nationale??? Faut virer tous ces énarques qui sont à coté de la plaque, on marche sur la tête, rien que des incompétents et ça doit vous donner envie de voter??
  • pol  •                                      Moi j’ai un piège à chômeurs, un piège tabou, un joujou extra, qui fait crac, boum, hu!
  • Guy  •                                     Il ressort cela à moins de 18 mois des élections. Il va sans doute par ce stratagème inverser provisoirement la courbe du chômage. Les résultats de son plan (négatifs ou positifs) ne seront pas connus à ce moment là et ils brailleront alors partout que leur politique a réussi. Si leur plan réussi et même si les résultats sont négatifs, il sera trop tard, François sera de nouveau là pour 5 ans.
    Belle manœuvre qui n’a qu’un but, masquer ses échecs.
  • fred  •                                    Bidouillage de chiffres en vue des élections… il dit bien qu’il va retirer 500 000 personnes de la liste des chômeurs, pour les mettre sur une autre liste: celle des chercheurs d’emploi! Tout cela avec l’argent du contribuable: c’est pas cher, c’est l’état qui paye!
    Du même genre que le fait de ne plus créer « d’impôts » nouveaux! Il crée des taxes, des contributions des redevances nouvelles!
    Cet incapable nous prend vraiment pour des imbéciles! Albertoche  •                     bla/bla……prés électoral…….une improvisation …une rustine…..
  • mimi  •                                Hollande jongle avec les milliards, mais la France a déjà une dette de : 2.100 milliards d’€ et qui augmente de 2665 € CHAQUE SECONDE !!!
    A vérifiez sur le site : « Compteur dette française ».
    L’avenir des générations futures, il s’en tape le coquillard le joufflu lubrique !!!
    Au secours !!! Français réveillez-vous au moins pour les jeunes !!!
    Dennis  •                                financé par des économies? quelles économies? les nôtres?
    URANIE  •                            « Lors de ses voeux (…) FH a par ailleurs confirmé que les indemnités de licenciement décidées par les prud’hommes seraient plafonnées, avec un barème lié à l’ancienneté du salarié ». ; le voilà le paragraphe important inséré juste en début d’article pour qu’on l’oublie rapidement puisque le pavé derrière n’en finit pas. d’ailleurs je me taille d’ici

Robert BIGEAT                         Le problème d’Hollande, ce n’est pas qu’il se déclare « de gauche », il y a pire, non, c’est tout simplement qu’il est énarque, donc nul. L’incommensurabilité de la nullité des énarques, n’a plus besoin d’être démontrée, Hollande, tout autant que son ex compagne, hélas énarque tout comme lui, s’en sont largement chargés depuis mai 2012. Là où l’énarque passe, l’emploi trépasse. C’est l’absence d’énarques qui explique le mieux au final, les meilleures performances économiques de nos voisins.

 

 Cynique du Bon Sens et Raison       Je crois qu’en parler, c’est déjà s’arroger une part de ridicule : mieux vaut ne pas développer.

 alain bouley                      Pourquoi cette dérive de la performance économique et sociale depuis 35 ans, les années Mitterrand ? Le GPS français est déréglé, les Allemands, les Britanniques, les Suédois, les Canadiens vont mieux . Pourquoi ? Ils ont injecté une dose de libéralisme et quelques réformes structurelles.

Guignol du Luco                        Hollande et le plan de la dernière chance c’est un peu Guignol. On sait que c’est pas vrai mais on doit quand même crier très fort… Bon courage car tout le monde voit clair dans son jeu…

Jean-David Cournilloux       Son adversaire est la finance mais aujourd’hui on voit déjà qui a gagner.

Frédéric Diaz                         Encore de la poudre aux yeux pour cacher son échec. J’ai voté pour lui, plus jamais. Quant à son prédécesseur, même échec. S’ils avaient un tant soit peu d’honneur, ils ne se représenteraient pas. Dans une entreprise, il y a longtemps qu’ils auraient été virés. Et après cela, on pense pouvoir restaurer le civisme et la moralité par des cours à l’école ?

Alan Kin ·                                oui ce quinquennat s’est déroulé ainsi, 1/3 pour faire des âneries, 1/3 pour les constater, 1/3 pour les corriger..au final on est pires qu’avant.

le coup des 2000E est une stupidité de plus. sur 2 ans. Bayrou a proposé depuis longtemps un emploi sans charge, c’est plus pérenne et au moins il n’y a pas à faire de paperasses pour toucher le chèque.
sachant que le chèque ne vaut que jusqu’à 1,3 smic mais par pour 1,31..Lol.
c’est un enfer. notamment pour le patron qui attendra que la mesure soit votée pour embaucher qqun qu’il avait prévu d’embaucher avant, avec du regret pour les autres de l’avoir fait avant.ReLol.

Homme de Boutx                     Il est urgent de réagir avant la dernière phase d’augmentation de l’âge de la retraite de 61 ans et 7 mois à 62 ans pour la génération 55 – encore 350 000 chômeurs à fin 2016 ! Il est urgent de réagir en gardant les entreprises et en faisant revenir celles qui sont parties : la solution doit être radicale : une augmentation massive de la TVA, SEULE FRONTIERE RESIDUELLE et une baisse tout aussi massive des charges sociales et autres taxes paralysant l’entreprise Française, souvent plus la petite que la grande !

christiffany–                                dernière chance pour quoi ? Les gens même si le chômage devait baisser savent très bien que ce sera par un tour de passe-passe Perso j’ai une très mauvaise opinion d’hollande qui ne changera pas d’un iota, baisse ou pas du chômage

  • deanu–                                N’oublions pas : « Mon adversaire, c’est le monde de la finance » François 2 en janvier 2012 au Bourget. C’était tout un programme pour être élu, on en voit le résultat.

 

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