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France : le patronat réclame un « plan d’urgence » pour l’emploi

© Eric Piermont, AFP | Pierre Gattaz lors d’une conférence de presse le 9 janvier 2016.

 FRANCE 24 

Dans une lettre ouverte adressée au président de la République, publiée dimanche par le JDD, six organisations patronales et associations d’entrepreneurs exhortent François Hollande à mettre en place un « plan d’urgence » pour inciter à l’embauche.

Elles réclament « un plan d’urgence audacieux pour l’emploi ». Six organisations patronales et associations d’entrepreneurs françaises ont co-signé, dimanche 10 janvier, une lettre adressée au président de la République, publiée dans le Journal du dimanche (JDD), pour lui proposer une série de mesures destinées à favoriser le plein emploi. Elles demandent en outre que ces mesures soient expérimentées rapidement pour démontrer leur effet.

>> À lire sur France 24 : Le gouvernement va annoncer de nouvelles mesures pour l’emploi au mois de janvier

Dans cette lettre ouverte, publiée la veille d’un rendez-vous prévu à Matignon entre le Premier ministre et les principales organisations syndicales et patronales, les signataires demandent « un contrat de travail agile » avec « plafonnement des indemnités prud’homales » et « prévoyant des motifs de rupture liés à la situation de l’entreprise ou la réalisation d’un projet ».

Les présidents du Medef, de l’Afep (association française des entreprises privées), de Croissance Plus, d’EDC (entrepreneurs et dirigeants chrétiens) et d’Ethic demandent également une exonération totale de cotisations sociales patronales durant deux ans pour toute nouvelle embauche dans les petites entreprises. Ils demandent également une exonération sociale totale pour tout recours à un alternant (apprenti ou contrat de professionnalisation).

« Démontrer les effets concrets de ces mesures »

Les entrepreneurs souhaitent également que soit facilitée « l’embauche de chômeurs de longue durée ou de personnes éloignées de l’emploi » mais que la loi qu’ils appellent de leurs vœux facilite aussi « des nouvelles formes d’activité indépendante ».

Dans cette lettre, ils assurent que « le coût de ces mesures sera largement compensé par les économies sur les comptes sociaux grâce à la réduction du chômage résultant de leur mise en œuvre ». Le patronat souhaite une « expérimentation » de ces mesures pour « démontrer les effets concrets des mesures susceptibles de créer de l’emploi ».

Pour toute réponse, le ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, Patrick Kanner a répondu sur France 3 par la nécessité de faire « d’abord le point sur ce qui a été fait ». « Avant de demander de nouvelles mesures favorables pour le monde de l’économie […] faisons d’abord le point de ce qui a été fait depuis trois ans et de ce qui n’a pas été fait », a dit Patrick Kanner, en rappelant que le Pacte de responsabilité avait accordé des aides aux entreprises notamment pour favoriser l’embauche.

Le Premier ministre Manuel Valls doit évoquer lundi les futures mesures destinées à faire baisser le chômage avant 2017, quelques jours après les vœux télévisés de François Hollande au cours desquels le chef de l’État a décrété « l’état d’urgence » contre le chômage.

Des patrons demandent à François Hollande « une loi d’urgence pour l’emploi »

Le Monde.frPierre Gattaz, le président du Medef, lors d'une conférence de presse, en février 2015 à Paris. Pierre Gattaz, le président du Medef, lors d’une conférence de presse, en février 2015 à Paris. BERTRAND GUAY / AFP

A la veille d’une série de rendez-vous lundi à Matignon entre le premier ministre et les principales organisations syndicales et patronales, les présidents du Medef, de l’AFEP (Association française des entreprises privées), de Croissance Plus, d’EDC (Entrepreneurs et dirigeants chrétiens) et d’Ethic réclament des mesures qui peuvent, selon eux, « débloquer l’embauche ».

Dans une lettre à François Hollande, publiée dans Le Journal du dimanche (JDD) du 10 janvier, plusieurs entrepreneurs (dont Pierre Gattaz, le président du Medef) réclament au président de la République « un plan d’urgence audacieux pour l’emploi ». Ils estiment que pour faciliter la création de postes, il faut passer d’une « gestion sociale du chômage » à une « politique économique pour l’emploi ».

« Un contrat de travail agile »

Reprenant le champ lexical du chef de l’Etat, qui évoquait un « état d’urgence économique et social » lors de ses vœux, les patrons demandent « une loi d’urgence », pour « débloquer la situation ». Ils souhaitent la mise en place d’un « contrat de travail agile », qui permettrait de faciliter les ruptures, avec « plafonnement des indemnités prud’homales » et possibilité de rompre un contrat de travail pour « des motifs liés à la situation de l’entreprise ou la réalisation d’un projet ».

Ils réclament aussi « des dispositions facilitant l’embauche de chômeurs de longue durée », ainsi qu’« une exonération totale des cotisations sociales patronales durant deux ans ». Une exonération demandée également pour « tout recours à un alternant ». Les signataires invitent « tous les partis politiques » à soutenir leur plan, afin de permettre aux entrepreneurs de créer de « l’activité et emploi »

Lire aussi : Pas d’« inversion de la courbe du chômage » en vue pour la ministre du travail

500 000 formations

Manuel Valls détaillera le plan du gouvernement pour l’emploi le 18 janvier devant le Conseil économique, social et environnemental (CESE) ; au programme, 500 000 formations supplémentaires pour les chômeurs, la prime à l’embauche pour les TPE-PME, la relance de l’apprentissage.

Lire aussi : Le plan de formation de 500 000 chômeurs de Hollande, à peine annoncé et déjà critiqué

Lors de son discours du 1er janvier, François Hollande avait fait de l’apprentissage une priorité. « Je fixe l’objectif qu’aucun apprenti ne soit sans employeur et qu’aucun employeur ne demeure sans apprenti », a-t-il détaillé, demandant aussi au gouvernement d’engager « par étapes » la « généralisation » du service civique. « Chacun sait que c’est dans les PME que les emplois se créent. Aussi, de nouvelles aides à l’embauche seront introduites, dès le début de la nouvelle année », a-t-il aussi promis.

Le patronat réclame à François Hollande une « loi d’urgence pour l’emploi » dans une lettre ouverte

PATRONAT HOLLANDE

ÉCONOMIE – Plusieurs organisations patronales proposent « des mesures d’urgence pour l’emploi » et surtout qu’elles soient expérimentées rapidement pour démontrer leur effet, dans une lettre adressée au président de la République rendue publique dans le Journal du Dimanche.

A la veille d’une série de rendez-vous lundi à Matignon entre le Premier ministre et les principales organisations syndicales et patronales, les présidents du Medef, de l’Afep (association française des entreprises privées), de Croissance Plus, d’EDC (entrepreneurs et dirigeants chrétiens) et d’Ethic, détaillent des mesures qui peuvent « débloquer l’embauche ».

Exonération totale de cotisations pendant 2 ans

Dans cette lettre commune, les signataires demandent « un contrat de travail agile » avec « plafonnement des indemnités prud’homales » et « prévoyant des motifs de rupture liés à la situation de l’entreprise ou la réalisation d’un projet ».

Ils demandent également une exonération totale de cotisations sociales patronales durant deux ans pour toute nouvelle embauche dans les petites entreprises. Ainsi qu’une exonération sociale totale pour tout recours à un alternant (apprenti ou contrat de professionnalisation).

Les entrepreneurs souhaitent également que soit facilitée « l’embauche de chômeurs de longue durée ou de personnes éloignées de l’emploi » mais que la loi qu’ils appellent de leur voeux facilite aussi « des nouvelles formes d’activité indépendante ».

Dans cette lettre, ils assurent que « le coût de ces mesures sera largement compensé par les économies sur les comptes sociaux grâce à la réduction du chômage résultant de leur mise en oeuvre ». Le patronat souhaite une « expérimentation » de ces mesures pour « démontrer les effets concrets des mesures susceptibles de créer de l’emploi ».

Le Premier ministre Manuel Valls doit évoquer lundi les futures mesures destinées à faire baisser le chômage avant 2017, quelques jours après les voeux télévisés de François Hollande au cours desquels le chef de l’Etat a décrété « l’état d’urgence » contre le chômage.

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Plan urgence pour emploi

  1. 1. 1 Plan d’urgence pour l’emploi Propositions à débattre Avant propos : Ce document est un document de travail. Il vise à formuler un projet de plan d’action structuré en faveur de la création d’emplois. Il peut et doit être débattu largement. Il est désormais urgent de lancer le débat dans notre pays sur les réformes indispensables à mener de manière urgente. Le constat : Notre pays va mal. Notre économie est sapée par le chômage de masse depuis trop d’années. Or, contrairement à ce que veulent faire croire certains, les remèdes existent. Mais la triste réalité est que, depuis des années, aucune politique cohérente, massive et ambitieuse contre le chômage n’a été menée. Les politiques économiques suivies jusqu’à présent ont toujours été parcellaires, timorées et inabouties. Certaines mesures fortes sont déjà engagées (Pacte de responsabilité par exemple), et il faut les mener jusqu’au bout sans faiblir, mais elles ne peuvent être suffisantes à elles seules pour faire office de politique économique cohérente contre le chômage. La situation actuelle est une dégradation continue de la situation sur le front de l’emploi. C’est un échec collectif qui doit tous nous interpeller. Tant que les conditions nécessaires à la mise en mouvement d’une véritable dynamique de l’emploi ne sont pas réunies, les entreprises ne pourront pas embaucher. La lutte contre le chômage n’est pas, ne doit pas, être un objet politique donnant lieu à une surenchère de démagogie sociale. Mais bien un problème économique à régler avec pragmatisme de manière consensuelle. Le récent vote de l’Etat d’urgence a montré que le Gouvernement et les partis politiques étaient capables de s’entendre et d’agir rapidement sur les questions de sécurité. On doit faire de même contre le chômage. Un plan d’urgence pour l’emploi, cohérent, ambitieux et structuré est désormais urgent et nécessaire. Il passe nécessairement par les entreprises, leur création ou leur développement. Pour cela, les entreprises doivent pouvoir être compétitives et agiles, et intervenir dans un environnement de confiance. Voilà les axes de réformes à porter, de manière cohérente et constante. Tout doit être fait pour favoriser la compétitivité, l’agilité et la confiance des entreprises.
  2. 2. 2 Dans ce document de travail, le MEDEF propose d’agir en trois temps :  Créer, sous 3 mois, un « choc d’emplois » par un premier « pack » de 5 mesures à voter en urgence, dans le cadre d’une loi « d’état d’urgence de croissance et d’emplois ».  Engager pour 2016, un second « pack » de 5 réformes afin de soutenir ce premier choc et encourager le redémarrage de la création d’emplois.  Lancer pour les 3 prochaines années, un dernier « pack » de 5 réformes structurantes afin de créer les conditions de croissance et d’emploi pour les 15 prochaines années. C’est maintenant qu’il faut agir : la situation sur le front de l’emploi est tellement dégradée que la dynamique de création d’emplois va demander des mois à se mettre en œuvre. Ce premier document n’est pas un programme politique, mais bien d’une démarche citoyenne qui devrait être partagée par tous, partis politiques, organisations syndicales, associations. Le MEDEF est prêt à s’engager à soutenir ce plan, à le promouvoir auprès de toutes les entreprises et les entrepreneurs en France, mais également à l’international. Les entreprises de toutes tailles, de tous secteurs, ont la volonté d’embaucher et de former salariés et apprentis. Elles sont prêtes à se mobiliser pour répondre à cet immense défi de notre pays. Encore faut-il leur créer, dans la durée, les conditions pour le faire.
  3. 3. 3 I/ Premier temps : créer un « choc » d’emplois par un « pack » de mesures simples, rapidement applicables, qui se complètent, à mettre en œuvre avant février 2016. Ce premier « pack » est destiné à créer un choc salutaire vis-à-vis des chefs d’entreprise et des entrepreneurs. Il doit être pris dans sa totalité pour éviter l’effet « saupoudrage » qui affaiblirait son effet. Ces mesures devraient être votées avant fin février, de manière la plus consensuelle possible. Il appartient aux partis politiques de prendre leur responsabilité en la matière. Il doit aussi ancrer définitivement l’idée que l’entrepreneuriat est une solution face au chômage, au même titre que le salariat. Plus nous aurons d’entrepreneurs dans notre pays, plus simplement nous lutterons contre le chômage. Actions Conditions Compétitivité : 1 Zéro charge embauche et alternant – Mettre en œuvre une exonération totale des charges sociales et fiscales sur toute nouvelle embauche dans les entreprises de – de 250 salariés les 2 premières années, puis une montée progressive sur 5 ans pour atteindre le taux normal. – Mettre en œuvre une exonération totale des charges sociales et fiscales sur toute nouvelle embauche d’alternant (contrat pro / apprentissage) pour toutes les entreprises. Pas de condition : simplicité absolue de mise en œuvre. Agilité : 2 Sécuriser le CDI – Intégrer dans le CDI les conditions de rupture pour éviter la loterie des prud’hommes. – Instituer un plafonnement des indemnités Prud’hommales à un niveau pertinent, notamment pour les PME et TPE, et en fonction de l’ancienneté. Nécessité d’une loi : vote en urgence absolue. 3 Souplesse dans l’emploi – Assouplir les recours aux CDD (durée, renouvellement, conditions) ; – Proposer un « contrat de professionnalisation » adapté aux publics très éloignés de l’emploi, basé sur un Smic intermédiaire complété par des aides existantes (RSA, etc.). Nécessité d’une loi : vote en urgence absolue. Confiance : 4 Entrepreneuriat promu et simplifié – Promouvoir l’entrepreneuriat comme réponse au chômage au même titre que le salariat, quelle que soit sa forme. – Faciliter le développement de nouvelles activités pour des indépendants / auto-entrepreneurs en lien avec des entreprises donneur d’ordre sans risques de requalification en salariat déguisé. Nécessité d’une loi : vote en urgence absolue. 5 Simplification et cohérence au cœur de l’action publique – Arrêter les textes qui peuvent complexifier le quotidien des chefs d’entreprise et se concerter pour trouver des solutions simples et opérationnelles (pénibilité, Complémentaire santé,…) – Relancer la dynamique de simplification en mettant en place le Conseil des Entreprises, et en en faisant une véritable priorité opérationnelle. Annonce rapide + nécessité de faire appliquer au Parlement.
  4. 4. 4 II/ Deuxième temps : dès 2016, faire voter un « pack » de 5 réformes de fond afin de soutenir et encourager le premier « choc » initial. Ces mesures ont largement été débattues depuis des mois. Elles doivent être désormais adoptées de manière urgente et ambitieuse dès 2016. Actions Conditions Compétitivité : 1 Vis-à-vis des charges : l’allègement sans condition. – Accélérer la baisse des impôts de production par une nouvelle baisse dès le PLF 2017 ; – Envisager le relèvement du niveau de TVA pour financer ces nouvelles baisses sur les charges des entreprises. Initier les baisses de dépenses publiques Agilité : 2 Vis-à-vis des jeunes : l’apprentissage au cœur. – Mettre en œuvre une véritable stratégie en faveur de la réhabilitation de l’apprentissage avec l’ensemble des acteurs (éducation nationale, région, entreprises), et réformer le système autour de : 1/ L’orientation – meilleure information des jeunes. 2/ Le contenu des formations – intégrer les entreprises. 3/ Les cartes de formation – écouter les entreprises sur le terrain. 4/ Le financement – libérer le financement direct des entreprises Avoir réformé pour avril pour mise en œuvre à la rentrée de septembre. 3 Vis-à-vis du code du travail : simplifions, simplifions, simplifions. – Mener à bien la réforme du code du travail initiée par le rapport Combrexelles en ouvrant au maximum les champs de négociation prévus. Loi votée avant juillet avec une démarche de simplification pour les entreprises. Confiance : 4 Vis-à-vis du chômage : une réforme ambitieuse et non paramétrique. – Mener la réforme de l’assurance chômage avec un double objectif : mieux accompagner les personnes éloignées de l’emploi ou en ayant besoin, mieux inciter à la reprise d’emplois les personnes le pouvant. – Faire en sorte que le travail soit mieux valorisé que l’assistanat (créer une différence entre revenus du travail / aides) notamment en lissant les seuils pour ces dernières. Finaliser cette réforme avant fin juin, en associant plus largement que les partenaires sociaux 5 Vis-à-vis des séniors : un maintien efficace dans l’emploi – Inciter le maintien dans l’emploi des séniors en proposant un allégement progressif des charges sociales (notamment chômage) au fur et à mesure que les personnes se rapprochent de l’âge de la retraite, pour tendre vers zéro la dernière année. Mesure inversé de la mesure d’urgence sur les jeunes
  5. 5. 5 III/ Troisième temps : mener, entre 2016 et 2019, 5 réformes de fond afin de garantir une dynamique de création d’emplois dans le long terme. Une fois les premières mesures d’urgence passées. Il conviendra d’engager véritablement des réformes de fond qui permette de soutenir de manière durable la création d’emplois dans notre pays. Elles demanderont du temps, mais toutes devraient être adoptées avant 2019. Actions Conditions Compétitivité : 1 Baisser les dépenses publiques – La trajectoire de passer de 57% de PIB à 50% pour les dépenses publiques sous 5 ans doit être clairement affirmé et les mesures engagées. Cela passe par la baisse des dépenses de fonctionnement tout en sauvegardant l’investissement. Cela doit toucher les 3 grandes dimension de la dépense : Etat, collectivités locales, social. Fixer des objectifs ambitieux, associer les fonctionnaires, agir dans toutes les dimensions 2 Bâtir une vraie réforme fiscale : baisse de la pression, simplicité, incitation à l’entrepreneuriat. – Il faut mener une véritable réforme fiscale qui permette d’aller vers plus de simplicité et de lisibilité, une baisse globale de la pression (en lien avec la baisse des dépenses publiques), et un rééquilibrage afin de mois taxer le capital et le travail et mieux taxer la consommation. En lien avec les baisses de dépenses publiques Agilité : 3 Simplifier – La simplification de notre environnement législatif et réglementaire doit désormais être au cœur de toutes nos politiques. Il faut engager un véritable mouvement en sa faveur : instituer le « one in, two out » (pour chaque texte voté, on en supprime 2), affecter 10% des fonctionnaires à la suppression de textes inutiles En faire une priorité nationale. Confiance : 4 Ensemble pour l’enseignement des jeunes – L’enseignement doit être au cœur de notre ambition pour le futur. Pour cela, il faut cesser d’opposer les mondes et regrouper les forces : écoles et entreprises doivent mieux collaborer. L’apprentissage doit être remis au centre du dispositif. La prise d’initiative doit être encouragée et de nouvelles formes pédagogiques (notamment en lien avec le numérique) généralisées. Associer les enseignants 5 Préparer la croissance : mondialisation, innovation, Europe. – Bien évidemment, au-delà des mesures techniques, la croissance est indispensable. Cela passe par une réaffirmation du potentiel économique de la France, le développement d’une vision partagée et de valeurs communes, et une stratégie ambitieuse pour la mondialisation de nos entreprises et la construction Européenne. Les entreprises soient prêtes à se mobiliser pour être partie prenante de cette stratégie. Bâtir une vision commune. Coordonner et simplifier les structures existantes.
  6. 6. 6 Comment s’impliquent les forces vives ? L’emploi est une conséquence d’un terreau de compétitivité et d’un environnement stable, simple et accueillant. Mais, une fois ce terreau installé dès les premiers mois de 2016, les organisations professionnelles et les chefs d’entreprise sont prêts à se mobiliser pour accélérer la reprise de l’emploi, au travers de plusieurs actions concrètes :  Informer. o Vis-à-vis des entreprises. Pour amplifier ce « choc », les organisations professionnelles s’engagent à relayer massivement à leurs adhérents les mesures votées afin que chaque entrepreneur soit sensibilisé, informé et motivé. o Vis-à-vis des citoyens. Elles s’engagent également à continuer à faire connaître les « métiers en tension » pour lesquels existent des offres d’emplois mais pas suffisamment de candidats.  Accompagner o Les demandeurs d’emplois. En lien avec pôle emploi, elles proposent de mettre en œuvre une opération : « 1 chef d’entreprise parraine 1 chômeur » pour que chaque chef d’entreprise puisse coacher et accompagner un demandeur d’emploi dans sa recherche. Objectif : 100 000 parrains en 2016. o Les entrepreneurs. Généraliser dans au moins toutes les régions, les initiatives de soutien à l’entrepreneuriat pour les jeunes, afin de les accompagner, quelle que soit leur situation économique ou social, dans leur projet de création d’entreprise.  S’impliquer. o Faire connaître et mobiliser les entreprises en faveur des initiatives pour l’emploi notamment en faveur des publics les plus éloignés, déployés par les entreprises ou les régions afin d’inciter à leur généralisation. o Participer auprès des exécutifs régionaux nouvellement élus au pilotage économique de la région (quand celles-ci sont demandeuses et acceptent de s’appuyer sur les entreprises).

Plan d’urgence pour l’emploi: les 30.000 chômeurs formés ont-ils trouvé du travail?

 Manuel Jardinaud

hollande-conference-sociale-2012-palsi-d-iena-cese_4094296A l’occasion de la grande conférence sociale dont le coup d’envoi est donné le 7 juillet, le ministère du Travail publie les résultats du volet formation des chômeurs, du plan d’urgence pour l’emploi.    REUTERS/Martin Bureau/Pool

Sans tambour ni trompettes, le plan « 30.000 formations » pour les chômeurs lancé en septembre 2013 livre son premier bilan, à l’occasion de la grande conférence sociale. Mitigé, mais prometteur.

Les chiffres sont noyés dans un document riche de 122 pages publié par le ministère du Travail, juste avant la grande conférence sociale pour l’emploi, des 7 et 8 juillet 2014. Ils concernent l’accès à l’emploi des chômeurs ayant été formés dans le cadre du plan d’urgence dit « 30 000 formations », lancé en septembre 2013, annoncé comme un évènement majeur de la lutte contre le chômage par François Hollande, lors de la première conférence sociale de ce gouvernement.

Un bilan chiffré positif, puisque 39 000 entrées effectives en stage ont eu lieu. Mais un résultat mitigé, car, selon le document 39,3% des demandeurs d’emploi « seulement » ayant suivi une formation dans le cadre de ce programme sont désormais dans l’emploi. Parmi eux, 40% ont décroché un CDI et 30% un CDD d’au moins six mois.

Rien de révolutionnaire…

Est-ce à dire que cette mobilisation sans précédent des régions, de Pôle emploi, de l’Agefiph et des branches professionnelles est un franc succès? En fait, ni matière à rougir ni à triompher. L’accès à l’emploi de ces stagiaires du plan d’urgence se rapproche très fortement de celui des demandeurs d’emploi formés en général, mesuré chaque année par le ministère du Travail. Selon une étude de la Dares de juin 2013, 38% des chômeurs formés sont dans l’emploi un mois après leur formation.

La proportion monte à 58% après six mois alors qu’elle est de 65% pour les ex-stagiaires du plan « 30 000 formations ». Pas de différence notable, non plus, concernant la pérennité du contrat de travail: selon la Dares, 40% obtiennent un CDI à la sortie de leur formation. Un taux identique à celui observé dans le cadre du plan d’urgence. Il faudra donc attendre des données plus fines, sur une période plus longue, afin de dresser un bilan définitif de cette action.

… mais un meilleur accès à la formation

Cependant, point positif pour le gouvernement: le plan d’urgence a permis d’augmenter l’accès à la formation des chômeurs d’une année sur l’autre, soit +4% entre 2012 et 2013. Un chiffre qui ne manquera pas d’être mis en avant lors de la conférence. Au-delà, ce suivi effectué par le ministère fournit quelques éclairages intéressants. Les jeunes s’en sortent mieux: 58% des moins de 25 ans ont eu accès à l’emploi à la date de l’enquête, c’est-à-dire en juin 2014, contre 44% pour les plus de 55 ans.

Des différences existent également en fonction du domaine de formation. Ceux qui ont opté pour les secteurs de la transformation affichent le plus haut taux d’accès à l’emploi, soit 63%, mais ne représentant qu’une part infime (4%) des 39 000 stagiaires formés. Le domaine le plus demandé a été « gestion et échange » avec 33% des chômeurs formés, qui a permis à 55% d’entre eux de trouver un travail à l’issue de leur stage.

Une bonne adéquation entre formation et poste

Au final, trois secteurs concentrent plus de la moitié des demandeurs d’emploi entrés en formation: commerce, vente et grande distribution (20%) ; transport et logistique (14%) ; industrie (18%). Soit trois segments qui, dans de nombreux cas, embauchent des personnes peu qualifiées.

Si aucun élément sur le niveau de qualification des stagiaires n’est apporté par l’étude, les stagiaires – désormais salariés – reconnaissent à 77% l’adéquation entre l’emploi trouvé et leur formation. Ils sont peu plus de la moitié à affirmer que leur stage a été absolument déterminant pour obtenir un poste. Reste à savoir si la réforme de la formation professionnelle qui sera mise en oeuvre en 2015, permettra un accès vraiment simplifié à la formation, y compris pour les moins qualifiés…

Le Medef propose de débattre de son « plan d’urgence pour l’emploi »

Le Medef va proposer au gouvernement, aux partenaires sociaux et à l’ensemble des partis politiques de débattre d’un « plan d’urgence pour l’emploi » qu’il a commencé à élaborer, a annoncé mardi le numéro un de l’organisation patronale Pierre Gattaz.

« Dès le premier tour des élections (régionales), j’ai demandé à ce qu’on traite le chômage aussi sérieusement qu’on a traité les attentats terroristes, c’est-à-dire avec un état d’urgence économique pour la croissance et pour l’emploi », a déclaré M. Gattaz lors de sa conférence de presse mensuelle.

« Il faut agir de façon extrêmement musclée », a-t-il plaidé, estimant que c’était l’entreprise qui avait « la clé » dans ce domaine.

Dans cette optique, le Medef a réalisé l' »ébauche » d’un plan d’urgence, qui a déjà été envoyé la semaine dernière au cabinet du Premier ministre Manuel Valls et doit être transmis au cours de la semaine aux ministres, aux partenaires sociaux et à l’ensemble des partis politiques, « extrême gauche et extrême droite » y compris, pour une « réflexion nationale, trans-partis politiques ».

« On a un mois pour alimenter le gouvernement de ces propositions », a indiqué M. Gattaz, alors que le Premier ministre a annoncé lundi soir que le gouvernement allait présenter de nouvelles mesures sur l’emploi en janvier.

« J’attends des contre-propositions », a ajouté le président du Medef.

Dans ce plan d’urgence, l’organisation patronale, qui appelle à un « électrochoc de confiance », de « compétitivité » et d' »agilité », reprend des propositions qu’elle défend depuis longtemps déjà.

Dans un premier temps, elle propose des mesures de très court terme, comme l’exonération totale de charges pendant deux ans pour toute nouvelle embauche de salarié ou d’alternant, la sécurisation du CDI, ou encore l’assouplissement du recours aux CDD.

Le Medef propose par ailleurs de faire voter cinq mesures en 2016, visant à continuer à alléger les charge. Il réclame une nouvelle baisse des impôts de production et le relèvement du taux de TVA pour financer ces réductions de charges. Il souhaite aussi réhabiliter l’apprentissage, réformer le code du travail et l’assurance chômage, et inciter le maintien dans l’emploi des seniors via un « allègement progressif des charges sociales ».

Enfin, à plus long terme, le Medef appelle à des « réformes structurelles », comprenant notamment la baisse des dépenses publiques, une « véritable réforme fiscale », « la simplification » de l’environnement législatif et réglementaire, ou encore une meilleure collaboration entre écoles et entreprises pour remettre l’apprentissage au coeur du dispositif.

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Commentaires

Verola  •                                       Ce gars est inaudible et pas vraiment crédible. Qu’il laisse sa place à un patron qui a construit, monté et développé son entreprise. Bref, qui connaisse les vraies problématiques d’une TPE/PME. Là, il sera constructif, réaliste et pragmatique.

adrien  •                                     Si toutes ces mesures sont d’une certaine manière nécessaires, il ne faut pas que Gattaz perde de vue qui s’il y a manque de compétitivité des entreprises françaises, c’est en partie à cause de l’inaction et de la course aux revenus spéculatifs de ces mêmes entreprises et ce sur les vingts dernières années, En un mot, moins de dividendes et de primes et plus de recherche et développement me paraitrait la première des mesures à mettre en œuvre. Après cela il pourra en effet dire que c’est la faute de l’État, des travailleurs syndiqués français, …Cdt,

Larry                                          Une chose est sûre, il faut faire quelque chose, et pour les années et décennies à venir. Pas pour 2017 ou 2022. Mais autant les propositions de Gataz que les propositions des Hollande, Sarko et autres ressemblent plus à quelques ajustements à la marge qu’à de vraies réformes. Tout ça manque cruellement d’ambition messieurs!

Maculan                               De tout temps, une proposition patronale de donner dans le social a été suspecte. Pareil ici. Comme le répètent tous les économistes de gauche, et ceux qui ont l’expérience, sans arrière pensée liée à leurs intérêts, dans ce monde en plus faible croissance, on ne progressera qu’en donnant du boulot aux gens. Cela passe par des travaux d’infrastructure, d’intérêt général, des déficits, de l’emprunt et de l’inflation. Cela passe aussi par Bruxelles et un clash avec le patronat allemand.

On’c Picsou                       Démographie galopante (150.000 personnes en plus sur le marché du travail chaque année), productivité en hausse constante, coûts bancaires exorbitants, pouvoir d’achat en berne, (fiscalité, logement, santé), marché mondial ralenti, prédation des grands groupes sur leurs sous traitants et fournisseurs, diminution des commandes publiques, on voit mal comment l’embauche pourrait repartir au point de faire baisser le chômage, quel que soit le niveau de salaire ou de charges.

Jack M                             Si je résume bien, le MEDEF souhaite embaucher avec des aides d’Etat, et licencier quand il le souhaite (= avant 2 ans) dans raison à donner et en plafonnant les indemnités. Il a oublié de parler du salaire qui devrait être de zéro euro. En allant plus loin, on pourrait obliger les salariés à payer leur entreprise pour avoir le « privilège » de travailler. Ce sera ainsi pire que l’esclavage.

Benoit B.                       Il en a de la chance Gattaz de trouver une presse si complaisante … Peut-être est-ce pour éviter la suppression de leur abattement fiscal qui arrivera pourtant bien un jour … C’est facile dans ces conditions d’être libéral.

raymond1008             je partage aussi la fameuse chanson de Johnny : l’envie d’avoir envie , les affaires , investir et croire c ‘est pareil

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