SNCF : toujours plus SMART!!

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A la gare du Nord, les nouveaux portiques de sécurité rassurent et agacent

Un « mal nécessaire », une mesure « rassurante », une décision d’une « stupidité hallucinante »: à la gare du Nord lundi matin, les passagers du Thalys apprécient diversement les nouveaux portiques de sécurité, mais tous s’y plient sans rechigner.

Patiemment, ils attendent au bout des quais réservés aux trains reliant Paris à Bruxelles, Amsterdam et Cologne, que la voie s’affiche sur les écrans. Certains voyageurs, prévenus par la SNCF des nouvelles mesures de sûreté, sont arrivés avec plus de 40 minutes d’avance.

Avant l’embarquement, une vingtaine de policiers, CRS et agents de la sûreté ferroviaire se regroupent devant le train. Deux chiens fouillent minutieusement chaque wagon.

Dans le grand hall, égayé par les illuminations de Noël, les voyageurs sont assaillis par les messages sécuritaires, qu’il s’agisse des multiples affiches prévenant du plan Vigipirate ou des hauts-parleurs rappelant à intervalles réguliers le « renforcement des contrôles aux frontières ».

Après les attentats du 13 novembre à Paris (130 morts) et l’attaque ratée fin août dans un train Amsterdam-Paris, le gouvernement a décidé d’installer des portiques pour les passagers empruntant le Thalys. Ils sont opérationnels à Paris depuis dimanche.

« Tout ce qui peut permettre de faire un voyage sans stresser, c’est impeccable », commente Catherine Segers, une Parisienne prête à partir pour un séjour de 3 jours à Bruxelles avec son compagnon. « Ca me rassure. »

– « On ne va pas faire les naïfs » –

Quand le numéro du quai s’affiche, les voyageurs se dirigent prestement vers le train. Quatre couloirs délimités au sol par des bandes blanches s’offrent à eux, menant chacun vers un portique.

Pour le train de 09H25 à destination de Bruxelles, le premier bagage à passer sur le tapis roulant du scanner à rayon X est un cabas en plastique rose.

Pas besoin de se déchausser, d’enlever ses clés, de sortir son ordinateur portable ou de jeter son café. Juste d’ouvrir son manteau.

Les réglages précis des machines permettent de détecter armes et couteaux, assure un agent de sécurité.

« Je ne suis pas sûre que ce soit très efficace », remarque Rose-Marie Ferré en franchissant le portique avec une poussette.

« Dans un contexte global de surveillance, un jihadiste a été contrôlé trois fois sans être arrêté », souligne cette mère de famille. Avec les nouvelles mesures de sécurité, « les terroristes ont surtout gagné leur paris d’embêter les citoyens ».

Si certains passagers sont circonspects, aucun n’est récalcitrant. Les contrôles se déroulent sans heurt, rapidement. Les agents aident à porter sur le tapis roulant les valises les plus lourdes. En 10 minutes, l’essentiel des passagers est passé.

Toutes ces mesures de sécurité, si elles ne sont pas forcément efficaces, « rassurent les badauds, c’est un mal nécessaire », estime Yann Gallet, qui se rend à Amsterdam pour un voyage de fin d’année avec plusieurs collègues. « On s’en est pris plein la tronche il y a un mois. On ne va pas faire les innocents ou les naïfs. On s’adapte. »

Richard, un Parisien de 54 ans qui se rend une fois par semaine à Bruxelles pour raisons professionnelles, juge à l’inverse l’installation des portiques d’une « stupidité hallucinante ».

« Ce n’est pas la sécurité dans le Thalys qui me préoccupe, c’est celle dans le RER A, la ligne de métro la plus fréquentée du monde, ou celle dans le café où je vais prendre mon croissant », explique-t-il.

« Tout ça parce qu’on pense que les terroristes sont venus de Bruxelles. Mais ils sont venus par la route! » s’agace-t-il en attendant le moment d’embarquer. « Même si ce n’est qu’une demi-heure, on perd du temps, on perd l’avantage du train sur l’avion », regrette-t-il.

La SNCF veut revoir sa « façon de faire les 35 heures »

Le président de la SNCF Guillaume Pepy a souhaité dimanche « renégocier à la SNCF la façon de faire les 35 heures », réaffirmant son souhait de « remettre à plat l’organisation du travail » pour baisser les coûts et préparer le groupe à l’ouverture totale à la concurrence.

La SNCF, qui doit renégocier d’ici au 1er juillet 2016 son accord sur l’organisation du temps de travail, doit « se réinventer », « faire tomber un certain nombre de tabous et, parmi ces tabous, il y a le fait que l’organisation du travail serait figée, qu’on ne pourrait pas réformer la SNCF », a déclaré Guillaume Pepy, invité du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI.

« Nous avons à renégocier à la SNCF la façon de faire les 35 heures pour que nos 35 heures soient plus efficaces. Plus efficaces dans l’intérêt des clients, pour avoir des trains plus à l’heure, plus fiables, moins chers. Il n’y a pas d’autre stratégie possible que de faire baisser les coûts », a-t-il poursuivi. « Faire baisser les coûts, c’est remettre à plat l’organisation du travail, c’est faire de la productivité », a-t-il dit encore, en réutilisant une formule employée il y a un an. La CGT l’avait alors accusé de jeter « de l’huile sur le feu ».

Jusqu’à 300 millions de pertes liées aux attentats

Dans cette même émission, le président de la compagnie ferroviaire a martelé que la sûreté est la priorité de la SNCF. L’entreprise ferroviaire a en effet été très fortement touchée par les actes de terrorisme qui ont frappé l’Hexagone, bien au-delà des événements du Thalys.

© Fournis par BFMNews« Les attentats nous ont aussi coûté de l’argent. Sans doute cela nous a fait perdre de l’ordre de 50 à 100 millions d’euros car beaucoup de touristes étrangers ne sont pas venus en France », a déclaré Guillaume Pepy. La première semaine suivant le 13 novembre, l’entreprise ferroviaire a enregistré une baisse de 30 à 40 % de la demande de cette clientèle. Actuellement, la fréquentation se redresse. Mais l’impact pourrait se prolonger en 2016: « Nous avons estimé le risque sur le trafic, c’est-à-dire un impact structurel des attentats, qui pourrait être de l’ordre de 200 à 300 millions d’euros », a poursuivi le président de la SNCF.

Le coût des portiques n’aura pas d’impact sur les billets de Thalys

Face à l’urgence de rassurer les voyageurs, Guillaume Pepy rappelle les investissements effectués dans le secteur de la sécurité, qui s’élèvent à 500 millions chaque année. Des moyens supplémentaires ont été déployés pour mettre en place de nouveaux équipements, à l’exemple des portiques mis en œuvre ce dimanche sur les quais du Thalys. Leur coût : 2,5 millions par an et par quai.  Leur généralisation à l’ensemble des gares n’a pas encore été décidée. En tout cas, « le prix des portiques ne va pas se répercuter sur les prix des billets des Thalys », a tenu à préciser Guillaume Pepy.

Pour l’heure, l’entreprise n’est pas encore fixée sur sa politique tarifaire de 2016, celle-ci devant être validée par le ministère des Transports. Guillaume Pepy a refusé de dire s’il avait demandé à son ministère de tutelle une augmentation du prix des billets, préférant mettre en avant sa politique de petits prix. « Mon objectif c’est qu’en 2017 il y ait 30% de tout petits prix sur le TGV, aux alentours de 35/40 euros », a-t-il rappelé.

Des TGV avec des sièges tournants

Quelques nouveautés sont au menu, avec une extension des destinations desservies par Ouigo qui vont être doublées pendant l’année 2016, notamment vers Nantes et Rennes. « On va aussi introduire des trains Intercités qui vont vers Nantes et Strasbourg et tout cela entre 15 et 35 euros », a-t-il ajouté.

Enfin, les adeptes du TGV vont bénéficier de certains éléments de confort dans les trains qui seront livrés cette année. « Pour la 1ère fois en France, les TGV vont être équipés de fauteuils tournants qui permettront à tout le monde d’être dans le sens de la marche, comme au Japon », a expliqué le patron de la SNCF. La climatisation, dont beaucoup d’usagers se plaignaient, a été aussi repensée « Au lieu d’être le long des vitres, elle se fera par le sol et le plafond, comme cela on ne sera plus gelé dans les TGV », a-t-il poursuivi.

Enfin, les voyageurs, quels que soient le train qu’ils prennent, devraient prochainement bénéficier d’une connexion internet digne de ce nom. « Nous allons signer dans quelques jours avec les patron d’Orange, SFR et Bouygues Telecom et des accords engageants pour que 90% des trajets en trains (Ter, Transilien, Intercité, TGV, ndlr) puissent avoir l’internet d’ici 2020. Les opérateurs sont décidés à le faire », a assuré Guillaume Pepy.

Pour faire « baisser les coûts », le patron de la SNCF veut revoir « la façon de faire les 35 heures »

Le Monde Philippe Jacqué

Guillaume Pepy veut faire « tomber le tabou de l’organisation du travail » pour anticiper l’ouverture du rail à la concurrence.

L’année 2016 a déjà commencé à la SNCF. Guillaume Pepy, le président du directoire de la société, a présenté, dimanche 20 décembre, lors du « Grand Jury » RTL-Le Figaro-LCI, les enjeux sociaux d’une année cruciale. D’ici à la fin juin, les organisations patronales et syndicales ferroviaires doivent négocier un nouveau cadre social pour l’ensemble du secteur, que cela concerne le fret ou le transport de passagers. Il s’agit du dernier volet de la réforme ferroviaire, votée en août 2014.

Lire aussi : Qu’est-ce que l’ouverture du rail à la concurrence ?

Cela devrait se traduire par une convention collective nationale, dont les premières réunions de négociation ont déjà eu lieu entre l’Union des transports publics (UTP, réunissant la SNCF et l’ensemble des sociétés privées) et les syndicats. Concernant la SNCF, Guillaume Pepy a indiqué, dimanche, qu’il fallait « renégocier la façon de faire les trente-cinq heures » des 148 000 cheminots, et « remettre à plat l’organisation du travail » pour baisser les coûts et préparer le groupe à l’ouverture totale à la concurrence.

En clair, poursuit le patron, la SNCF doit « faire tomber un certain nombre de tabous et, parmi ces tabous, il y a le fait que l’organisation du travail serait figée, qu’on ne pourrait pas réformer la SNCF ». Pour l’instant, M. Pepy se refuse à chiffrer publiquement « l’écart » de productivité entre cheminots SNCF et salariés du fret privé. « Je crois au dialogue social, et le dialogue social, ça se fait aussi par le respect, donc je ne lance pas d’anathème en donnant des chiffres ou lançant des ultimatums » aux syndicats, indique-t-il.

Trente-huit jours de congés payés

Cet écart est connu. Entre la société publique et les sociétés privées qui opèrent dans le fret depuis 2006, il existe un différentiel de 30 % de productivité. Bref, la SNCF est près d’un tiers plus chère que ses concurrents. Il ne s’agit pas ici d’une différence de salaires des cheminots, mais d’un différentiel d’organisation ainsi que d’avantages obtenus historiquement.

En moyenne, un cheminot roulant de la SNCF dispose de 38 jours de congés payés (entre les congés et les jours fériés) et de 22 jours de repos complémentaires au titre des trente-cinq heures, tandis qu’un agent roulant dans le privé dispose de 35 jours de congés payés et aucun repos complémentaire.

Mais un ensemble de règles concernant les cheminots – le RH 0077 qui précise l’amplitude horaire de travail, les règles de repos journalier ou périodiques – complexifient l’organisation du travail de la SNCF par rapport à ses concurrents. Par exemple, si un conducteur termine son service après 20 heures, il ne peut être remis sur le planning dès le lendemain. Cela demande donc d’importants effectifs pour avoir des trains qui roulent tous les jours.

Selon une note d’étude de l’UTP de 2014, il faut en moyenne 30 % de personnels de moins au privé pour offrir le même service de transport de fret que la SNCF. De même, pour offrir le même service de transport de passagers, les sociétés privées auraient besoin de moins de personnel que la SNCF, la différence se situant entre 15 % et 18 %.

1400 suppressions d’emplois prévues en 2016

Si les syndicats de la SNCF entendent ces arguments, ils estiment cependant que c’est le secteur privé qui devrait s’aligner sur l’organisation de la compagnie ferroviaire. Cette perspective horrifie les acteurs privés. « Beaucoup mettraient la clé sous la porte, confirme l’un d’eux. Nous sommes prêts à un compromis avec la SNCF sur beaucoup de choses, mais il ne faut pas pousser… »

Selon Guillaume Pepy, « tout le monde, y compris les syndicats de cheminots, a intérêt à ce que la SNCF réussisse. Si on ne réussissait pas, cela voudrait dire qu’au moment où la concurrence va arriver, la SNCF serait perdante et perdrait des postes ». L’ouverture de la concurrence dans le transport voyageur est prévue au plus tôt en 2020 pour les grandes lignes et 2026 pour les trains régionaux.

Alors que les syndicats du groupe public sont encore froissés par les annonces du budget 2016, qui prévoit 1 400 suppressions nettes d’emplois, ils devront rapidement se positionner sur ce sujet. Beaucoup prédisent déjà une grande grève au printemps pour défendre les acquis cheminots.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/entreprises/article/2015/12/21/pour-faire-baisser-les-couts-le-patron-de-la-sncf-veut-revoir-la-facon-de-faire-les-35-heures_4835544_1656994.html#RuQGUREhQQFutyPh.99

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