d5c7da50-91b9-11e5-b1be-0f8f4cfab69d_N151122cfLRGuerre et Peace

Le nouvel outil de la gauche pour réduire le chômage de longue durée

EMPLOI – Voilà peut-être un nouvel outil dans la caisse de François Hollande. Alors que le chef de l’Etat n’a plus que quelques mois pour inverser la courbe du chômage, les députés socialistes espèrent lancer rapidement un dispositif de plus contre le chômage de longue durée. C’est, avec celui des seniors, le véritable fléau de ces dernières années.

Pour y remédier, la proposition de loi du député PS Laurent Grandguillaume est débattue ce mercredi 9 décembre à l’Assemblée nationale. Ce texte qui a toutes les chances d’être facilement adopté a en réalité pour but de rendre possible l’expérimentation du projet « territoires zéro chômeur de longue durée », initié par ATD Quart-Monde. « L’idée est simple, assure Patrick Valentin, porte-parole de l’association. Il s’agit de réorienter vers la création d’emploi toutes les aides financières qui sont allouées à un demandeur d’emploi de longue durée. »

« Personne n’est inemployable »

Objectif: « créer un troisième marché de l’emploi se structurant autour d’un cofinancement public-privé dans la mesure où les deux piliers traditionnels, privé et public, ne suffisent plus. » Pour y parvenir, l’association est parti d’un triple constat: « Personne n’est inemployable, ce ne sont pas les travaux qui manquent, ce n’est pas l’argent qui manque ». Seulement, cela implique de sortir du cadre de l’économie classique pour entrer dans celui de l’économie sociale et solidaire.

C’est pourquoi ATD Quart Monde entend partir d’une expérimentation sur de petits territoires. Quatre (dans les départements cités ci-dessous) sont prêts à se lancer si les autorités donnent leur feu vert. Car aujourd’hui ce qui bloque, c’est l’autorisation de réorienter les crédits vers l’emploi.

carte atd quart monde
En bleu, les départements où des territoires sont prêts à lancer le projet. Les points correspondent à ceux où des territoires ont débuté la réflexion.

« Nous sommes partis d’une analyse macroécronomique. En additionnant les coûts directs (dont les minima sociaux versés comme le RSA ou l’allocation spécifique de solidarité) et le manque à gagner pour les caisses de l’Etat, on arrive à environ 15.000 euros par an et par demandeur d’emploi de longue durée », assure Patrick Valentin. Si l’on ajoute les revenus engendrés par le travail de cette personne, il y aurait donc de quoi assurer aux chômeurs un revenu au Smic. « Mais le revenu financier de ces travailleurs n’est même pas forcément le plus important. On ferait passer ces personnes de l’anxiété et l’humiliation de la précarité et du chômage à la fierté et la sécurité d’un emploi », précise Patrick Valentin.

Car ATD Quart-Monde évoque des emplois en CDI au sein d’une entreprise ad-hoc conventionnée pour participer à l’expérimentation et à but non lucratif. « Mais ils sont considérés comme disponibles sur le marché du travail, c’est-à-dire ayant vocation à évoluer vers un emploi en entreprise classique. (…) Les salariés sont tenus de postuler aux offres qui leur sont présentées, dès lors que celles-ci sont adaptées à leur situation et à leurs compétences », précise l’association dont le but est bien de ramener ces demandeurs d’emploi vers l’économie classique. Il est également prévu qu’une analyse de la situation de l’entreprise soit faite régulièrement pour la faire changer de statut si celle-ci venait à être rentable.

« Uniquement des emplois semi-solvables »

De même, il n’est pas question de venir concurrencer des entreprises qui seraient déjà implantées sur le territoire concerné. « C’est au comité local constitué de tous les acteurs locaux des milieux économiques de s’assurer de cela. Si une activité venait à être revendiquée par un entrepreneur local, il aurait bien sûr la priorité », précise Patrick Valentin. Pour éviter les effets d’aubaine, les travaux réalisés par les entreprises conventionnées devront donc se concentrer sur le travail semi-solvable, c’est-à-dire des travaux que les entreprises ordinaires ne peuvent pas réaliser car ils n’offrent pas une rentabilité suffisante.

Imaginons un service à la personne qui doit être facturé 20 euros de l’heure pour assurer un salaire au Smic à la personne qui le propose. Or les clients potentiels ne sont pas prêts à mettre plus de 15 euros. Une entreprise classique ne peut donc pas proposer ce service qui lui ferait perdre de l’argent. Mais avec l’argent public qui aurait été utilisé à indemniser le chômeur, il devient possible de créer cet emploi.

Reste à trouver ces tâches qui pourraient être réalisées par les demandeurs d’emploi car le problème du chômage est bien un problème d’offre d’emploi, si l’on met de côté les quelques dizaines ou centaines de milliers d’emplois non pourvus. « Il faut revenir au niveau local. A Pipriac, en Ille-et-Villaine, nous avons interrogé tous les acteurs de la vie locale: les commerçants, les artisans, les élus, les associations, les entreprises, les pompiers pour nous aider à identifier les ces travaux », indique Patrick Valentin qui espère lancer très concrètement le projet au cours de l’année 2016.

emplois pipriac

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Zéro chômage de longue durée: une expérimentation d' »utopie réaliste » votée à l’unanimité à l’Assemblée

L’expérimentation de territoires « zéro chômage » de longue durée, au centre d’une proposition de loi socialiste dépeinte comme « une utopie réaliste », a été votée mercredi soir à l’unanimité à l’Assemblée nationale.

Défendu par Laurent Grandguillaume, ce texte inspiré par l’association ATD Quart Monde, qui travaille sur le projet depuis plusieurs années, et soutenu par d’autres associations (Emmaüs, Secours Catholique, Fnars, pacte civique, Bleu Blanc Zèbre…), a obtenu l’aval de toute la gauche, comme de l’UDI et des élus Les Républicains.

Au coeur du projet: une expérimentation législative, pendant cinq ans, dans dix micro-territoires volontaires, de l’embauche en CDI, payé au Smic, de chômeurs de longue durée dans une entreprise développant une activité dans l?économie sociale et solidaire, via la réaffectation des dépenses liées au chômage. La mesure, si elle est jugée concluante, pourrait être généralisée.

« Pour ouvrir le chemin d’une espérance nouvelle, il faut porter des utopies réalistes face aux injustices », selon M. Grandguillaume, député de Côte d’Or, qui a souligné dans l’hémicycle que l’emploi est un « lieu central de dignité ». Dans une France où « existe parfois une forme de résignation, qui se conjugue aussi à une défiance envers les institutions », cet élu socialiste vante l’action des citoyens voulant, dans les territoires, « réenchanter la vie de la cité ».

« Nous ne devons exclure aucune bonne idée dans la bataille contre le chômage », a fait valoir devant les députés la ministre du Travail et de l’Emploi, Myriam El Khomri, rappelant que près de 2,5 millions de personnes sont inscrites à Pôle emploi (en catégorie A, B ou C) depuis au moins 12 mois, le chômage de longue durée étant un « fléau ».

Alors que M. Grandguillaume estime que la proposition doit mobiliser un peu plus de 10 millions d’euros par an, la ministre a indiqué que pour la première année, l’Etat – dont l’engagement financier « viendra compléter celui d’autres partenaires, collectivités organismes publics ou privé » – pourra consentir « un effort exceptionnel », qu’elle n’a pas chiffré.

– « Il faut être humble devant le chômage » –

L’argent jusqu’alors alloué par l’Etat, les régions et les départements pour accompagner ces demandeurs d’emploi au travers du RSA, de contrats aidés ou de formations, servira à financer les salaires de ces personnes au chômage de longue durée. M. Grandguillaume espère aussi démontrer que le dispositif fera disparaître des coûts indirects du chômage, notamment de santé.

Les emplois identifiés vont des travaux de maraîchage ou forestiers, à l’aide à domicile, en passant par des travaux dans les campings.

Cinq territoires ont déjà planché sur le projet, en impliquant tous les acteurs (élus locaux, Pôle emploi, etc.): Pipriac (Ille-et-Vilaine), Grand Mauléon (Deux-Sèvres), Prémery (Nièvre), Colombey-les-Belles (Meurthe-et-Moselle) et Jouques près d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône). Environ 2.000 chômeurs de longue durée seraient concernés, y compris des personnes qualifiées.

Pour les écologistes, Michèle Bonneton, a salué un texte qui sort de l' »approche passive du traitement du chômage », Dominique Orliac estimant au nom des radicaux de gauche que la proposition de loi est « plus que pertinente ».

Jacqueline Fraysse a dit pour le Front de gauche soutenir « sans réserves » un texte « qui contribue à redonner de la dignité à ces personnes en situation d’exclusion économique et à lutter contre les préjugés à l’encontre des chômeurs qui finalement ne chercheraient pas beaucoup de travail ». Exprimant quelques réserves, notamment sur le choix des territoires concernés, Francis Vercamer (UDI) a tout de même salué « un pari ambitieux » et a dit voter pour « parce qu’il faut être humble devant le chômage ».

Et alors qu’elle avait initialement annoncé une probable « abstention positive » de son groupe, Isabelle Le Callennec (Les Républicains) a dit à l’issue des débats avoir à titre personnel « évolué largement vers un vote positif mais vigilant », malgré des doutes persistant sur le financement du dispositif. Les autres élus LR ont fait de même.

Le texte, examiné en procédure accélérée, doit désormais passer au Sénat, a priori le 16 janvier, et pourrait être promulgué en mars, pour une application en septembre.

Les députés donnent leur feu vert au projet « zéro chômeur de longue durée »

 LEXPRESS.fr

photo-prise-le-15-juin-2015-a-paris-montrant-la-facade-du-palais-bourbon-ou-siege-l-assemblee-nationale_5477028L’Assemblée nationale a adopté une proposition de loi socialiste qui vise à permettre l’expérimentation du projet « zéro chômeur de longue durée », inspiré par ATD Quart Monde. afp.com/JOEL SAGET

L’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité mercredi soir une proposition de loi qui doit permettre l’expérimentation sur des territoires pilotes d’un projet ambitieux: la création de CDI financés en partie par la réaffectation des dépenses sociales du chômage.

« Il existe parfois une sorte de résignation face au chômage de masse », a lancé Laurent Grandguillaume, en ouverture de l’examen de sa proposition de loi, ce mercredi à l’Assemblée nationale. Le député socialiste était chargé de convaincre les parlementaires de permettre l’expérimentation du projet « zéro chômeur de longue durée dans les territoires« . C’est chose faite: la chambre haute a adopté son texte à l’unanimité, soutenu par le gouvernement.

Inspiré par ATD Quart Monde, le projet fait le pari de créer des CDI pour les personnes très éloignées de l’emploi dans des zones pilotes, en collaboration avec les acteurs locaux: associations, entreprises, collectivités, etc. Depuis plusieurs mois déjà, des équipes formées dans cinq territoires test travaillent à recenser les besoins sociaux qui pourraient se transformer en emploi, ainsi que les compétences des chômeurs qui pourraient les assurer: service à la personne, maraîchage, recyclage, etc., en fonction des particularités de chaque territoire.

Des CDI au smic

Des entreprises de l’économie sociale et solidaire pourraient alors être créées pour embaucher les chômeurs de longue durée en CDI, payés au smic dans un premier temps. A terme, ces créations de poste seraient financées par la réaffectation du coût du chômage: les indemnités, le RSA, mais aussi les dépenses de santé ou les manques à gagner en matière de cotisations sociales. Une somme évaluée par ATD Quart Monde entre 15 000 et 20 000 euros par an et par personne.

Le chiffre d’affaires généré par les entreprises complèteraient à terme le coût de chaque embauche. La proposition de loi « pose le cadre juridique de cette expérimentation » et prévoit également la création d’un fonds d’environ 10 millions d’euros apportés par l’Etat pour permettre l’amorçage du projet.

Un CDI pour les chômeurs de longue durée

Un CDI pour les chômeurs de longue durée – ©dolgachov

Si la proposition de loi « Zéro chômage longue durée » est votée, une expérimentation sera menée dans certains territoires pour que les chômeurs écartés durablement du marché du travail puissent obtenir un contrat à durée indéterminée (CDI).

Une proposition de loi, qui sera débattue le 8 décembre à l’Assemblée nationale, vise à s’attaquer au chômage de longue durée ou plus largement à la « privation durable d’emploi ».

Portée par Bruno Le Roux, chef de file des députés PS, et Laurent Grandguillaume, député PS de Côte d’Or, elle est inspirée par l’association ATD Quart Monde.

Ce texte prévoit d’expérimenter un nouveau dispositif à titre expérimental pour une durée de 5 ans dans les collectivités locales habilitées.

Il créé un Fonds « zéro chômage de longue durée ».

Ce Fonds signe des conventions avec des entreprises appartenant à l’économie sociale et solidaire.

Les entreprises ainsi conventionnées concluent avec des personnes durablement privées d’emploi, domiciliées depuis au moins un an dans une collectivité habilitée, des contrats de travail à durée indéterminée (CDI) rémunérés au Smic », expliquent les députés à l’origine de cette proposition de loi.

En contrepartie, le Fonds apporte aux entreprises le financement des emplois prévus par la convention. Cette dernière prévoit le montant de cette rémunération.

Le Fonds est alimenté :

  • par certaines aides comme les APL et le RSA. Ces aides sont transférées vers le financement de CDI. Concrètement, on ré-alloue la part de chaque budget qui sera devenue mécaniquement sans objet puisque les personnes bénéficiaires auront retrouvé un emploi.
  • par les recettes fiscales dégagées par l’activité créée.

Le Fonds précise la nature du programme d’actions en fonction des besoins locaux non couverts : développer des travaux et services utiles aux habitants ou une filière porteuse comme l’oenotourisme, par exemple.

Les bénéficiaires de ce dispositif sont celles qui, en dépit de leurs efforts, ne parviennent durablement pas à obtenir un emploi sur le marché du travail, notamment les bénéficiaires du revenu de solidarité active et les chômeurs de longue durée (depuis d’un an).

Un chômeur est inscrit à Pôle emploi depuis plus d’un an, soit plus de 2,2 millions de personnes. Surtout, 705 000 personnes sont au chômage depuis plus de trois ans (…), basculant soit dans les minima sociaux, soit ne percevant plus d’allocation », rappellent les mêmes députés.

Bientôt des territoires « zéro chômage de longue durée » ?

Philippe Duport

© Fotolia

Jamais le pays n’a compté autant de chômeurs : plus de 5,4 millions de demandeurs d’emploi, 42.000 chômeurs de plus. La progression est encore plus forte pour les chômeurs de longue durée. L’association ATD Quart monde propose de supprimer le chômage de longue durée en embauchant ces chômeurs pour des travaux d’intérêt public.

Créer des territoires « zéro chômage de longue durée », ça veut dire donner un travail salarié à tous les chômeurs de longue durée plutôt que de leur donner des allocations. Il s’agit juste de réorienter l’argent que l’Etat verse aux chômeurs de longue durée… pour que cet argent aille à un fonds qui embauche les chômeurs en CDI et au Smic.

Il y a encore quelques mois, cette idée pouvait passer pour une douce utopie. Elle est aujourd’hui devenue un projet de loi. Il sera débattu le 8 décembre prochain à l’Assemblée nationale. Quatre départements dans lesquels ATD Quart Monde propose de donner du travail à tous les chômeurs de longue durée – ils sont plus de deux millions dans toute la France. Comment l’association compte s’y prendre ? Les explications de Claire Hédon, présidente d‘ATD Quart Monde.

Bientôt des « territoires zéro chômage de longue durée »

  • Une proposition de loi examinée à l'Assemblée nationale vise à expérimenter un dispositif pour créer de l'emploi « utile » au niveau local pour les chômeurs de longue durée.
    Une proposition de loi examinée à l’Assemblée nationale vise à expérimenter un dispositif pour créer de l’emploi « utile » au niveau local pour les chômeurs de longue durée. | Archives DR

Une proposition de loi examinée à l’Assemblée nationale vise à expérimenter un dispositif pour créer de l’emploi « utile » au niveau local pour les chômeurs de longue durée.

La proposition « Territoires zéro chômage de longue durée » est inspirée par l’association ATD Quart Monde et défendue par le député PS Laurent Grandguillaume.

« Nous sommes partis du triple constat qu’un grand nombre de personnes n’avaient pas de travail, étaient prêtes à travailler, que beaucoup de travail utile à la société n’était pas fait, et que la privation d’emploi coûtait à la société un prix exorbitant », a résumé Patrick Valentin, responsable d’ATD Quart Monde, mardi lors d’une rencontre avec l’Ajis (Association des journalistes de l’information sociale).

Exemple : un boulanger d’une commune du Maine-et-Loire a besoin de livrer son pain aux personnes âgées qui ne se déplacent pas, mais n’a pas les moyens d’embaucher. Le système pourrait créer cet emploi via une entreprise d’économie sociale et solidaire, l’attribuer à un chômeur de longue durée (depuis plus d’un an) très éloigné de l’emploi, embauché en CDI et au Smic dans un premier temps.

Attention à ne pas créer de la concurrence déloyale

« Nous voulons créer de l’activité sans détruire de l’emploi marchand existant », a expliqué le rapporteur Laurent Grandguillaume, député de Côte-d’Or.

Dans un communiqué, la CFTC a mis en garde contre « un effet pervers de concurrence entre travailleurs fragiles ». Les activités identifiées doivent être au départ peu solvables, notamment parce qu’elles ne trouvent pas preneurs, mais avoir vocation à se développer. Puis ces emplois sont censés « pérenniser l’activité et la rendre solvable », a détaillé Michel de Virville, ex-conseiller à la Cour des comptes.

Le succès du dispositif repose sur la « petitesse » du territoire, car il sera facile de contrôler, selon Patrick Valentin. In fine, le projet ne vise donc pas seulement à lutter contre le chômage de longue durée, mais aussi à « créer un modèle économique dans le territoire ». Et il ne s’agit que d’une expérimentation, insiste Michel de Virville, pour qui une telle mesure au niveau national serait « sans espoir ».

Employer un chômeur longue durée, un gain financier

Elle serait financée par un fonds spécifique, avec un budget de lancement de l’État pour « amorcer la pompe », évalué à environ 10 millions d’euros, pour ensuite fonctionner à budget constant.

En additionnant les allocations liées à la privation d’emploi (RSA), les manques à gagner pour la collectivité en termes de cotisations sociales et les « coûts induits par la privation d’emploi » (en termes de santé notamment), l’association évalue le coût d’un chômeur longue durée de « 15 000 à 20 000 euros par an et par personne ».

« Il reste 7 000 à 8 000 euros à trouver pour payer les salaires. Mais il faut compter que l’entreprise créera des richesses et générera des recettes fiscales », poursuit le député.

Dix territoires volontaires

Dix territoires volontaires seraient choisis. Pour l’instant, cinq ont déjà planché sur le projet, en impliquant tous les acteurs (élus locaux, Pôle emploi, etc.). Il s’agit de Pipriac (Ille-et-Vilaine), Grand Mauléon (Deux-Sèvres), Prémery (Nièvre), Colombey-les-Belles (Meurthe-et-Moselle) et Jouques près d’Aix-en-Provence. Les emplois identifiés vont des travaux de maraîchage ou forestiers, à l’aide à domicile, en passant par des travaux dans les campings.

Sur les dix territoires choisis, environ 2 000 chômeurs de longue durée seraient concernés, y compris des personnes qualifiées. « On n’exclura personne », assure Laurent Grandguillaume. Face à la « radicalisation du discours sur les chômeurs longue durée, dont on dit qu’ils « ne veulent pas travailler », cela permettra de montrer que si on crée de l’activité, c’est tout le contraire ».

Grandguillaume se montre optimiste quant au vote de mercredi. Le texte sera examiné au Sénat le 16 janvier et s’il est voté, il devrait être promulgué en mars, pour une application en septembre 2016.

Le projet « zéro chômage de longue durée », bientôt une réalité

Le projet porté par ATD Quart Monde pourrait être voté mercredi 9 novembre à l’Assemblée.

Le projet « zéro chômage de longue durée » porté par ATD Quart Monde pourrait...

DANI POZO/AFP

Le projet « zéro chômage de longue durée » porté par ATD Quart Monde pourrait être voté mercredi 9 novembre à l’Assemblée.

Il s’agit d’autoriser à la rentrée 2016 dix territoires à se lancer dans une expérimentation visant à prouver qu’il revient moins cher d’embaucher des chômeurs au smic plutôt que de compenser leur inactivité par des dépenses sociales.

C’est finalement mercredi 9 décembre, et non le 25 novembre comme annoncé initialement, que le projet de loi « d’expérimentation territoriale visant à faire disparaître le chômage de longue durée », sera examiné en séance à l’Assemblée nationale.

> À lire : Les « territoires zéro chômage » à l’Assemblée 

Selon son rapporteur, le député PS de Côte-d’Or Laurent Grandguillaume, il « devrait être voté sans souci, tous les groupes ayant dit qu’ils voteraient pour, sauf les Républicains qui ont indiqué qu’ils s’abstiendraient ».

Soutenu officiellement depuis le 19 octobre par le gouvernement, qui l’a programmé en urgence, le texte est ensuite annoncé au Sénat le 16 janvier, pour un vote définitif vers mars. Le temps de publier tous les décrets, la mise en œuvre concrète sur le terrain se dessine pour la rentrée 2016. Bref, l’utopie « territoires zéro chômage de longue durée » va bien devenir réalité

D’où vient l’idée ?

Né dans les 1990 dans l’esprit d’une poignée d’acteurs de l’insertion du Maine-et-Loire, ce projet iconoclaste est basé sur un triple constat, que résume Patrick Valentin, l’un de ses militants : « Beaucoup de personnes ne trouvent pas d’emploi alors qu’elles ont des compétences. Cette privation d’emploi coûte à la société un prix exorbitant. Pourtant, le travail ne manque pas puisqu’il existe beaucoup de tâches utiles à la société qui ne sont pas réalisées. »

> À lire : ATD Quart Monde veut créer des territoires « zéro chômage » 

Convaincus qu’il reviendrait moins cher pour la collectivité de financer un CDI payé au smic à un chômeur plutôt que de continuer à dépenser de l’argent pour compenser son inactivité, ces militants se mettent alors à recenser sur leur commune les compétences de 59 chômeurs, et à imaginer les travaux utiles qu’ils pourraient faire.

Mais, comme la plupart de ces travaux ne sont pas solvables, ils voudraient avoir l’autorisation d’expérimenter localement la réaffectation de toute une série de dépenses sociales liées à la privation d’emploi sur le financement de leur projet. Or, à l’époque, la loi n’autorise pas ce type d’expérience et l’aventure tourne court.

Des années pour convaincre

Cependant, en 2010, la « mission emploi » d’ATD Quart Monde commence à s’intéresser de près au projet de Patrick Valentin. Car, depuis 2003, les collectivités locales ont maintenant le droit de déroger à la loi pour faire des expérimentations sociales, comme cela s’est fait sur le RSA.

Toutefois, le projet, qui revient à créer des emplois en fonction des besoins non pas des entreprises mais des chômeurs, laisse longtemps perplexe le monde politique. Jusqu’à ce que quelques députés, dont Laurent Grandguillaume et Dominique Pottier, député de la Moselle, s’en fassent les ambassadeurs. « J’ai eu moins de mal à convaincre Sylvia Pinel de modifier son projet de réforme des autoentrepreneurs », s’amuse aujourd’hui Laurent Grandguillaume alors que le projet est sur le point d’être voté.

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D’ores et déjà, cinq territoires ruraux ont commencé à travailler sur le sujet : Pipriac (Ille-et-Vilaine), Mauléon (Deux-Sèvres), Prémery (Nièvre), Colombey-les-Belles (Meurthe-et-Moselle), et Jouques (Bouches-du-Rhône). « Deux ou trois territoires urbains sont aussi sur les rangs à Lille, Dijon et peut-être Bordeaux », complète Patrick Valentin.

Quelle forme prendra le projet ?

Concrètement, le projet a pas mal évolué depuis l’origine. Selon le texte qui sera examiné à l’Assemblée, l’expérimentation durera cinq ans et concernera au plus dix territoires, où elle sera pilotée par un comité local.

« L’un des points importants consistera à s’assurer que les activités créées pour donner du travail aux chômeurs ne feront concurrence ni aux entreprises du coin ni aux établissements publics locaux », explique Michel de Virville, conseiller honoraire à la cour des comptes, qui accompagne le projet.

Les demandeurs d’emploi depuis plus d’un an vivant sur le territoire concerné depuis au moins six mois pourront être volontaires. Ceux qui seront recrutés seront embauchés en CDI et au moins au smic.

Embaucher près de 200 chômeurs

Ces embauches seront rendues possible par la création d’un « Fonds d’expérimentation territoriale contre le chômage de longue durée », qui permettra d’amorcer le projet, le temps que les économies réalisées sur les dépenses sociales soient visibles.

Il pourrait être doté d’au moins 10 millions d’euros – le chiffre reste à arbitrer – prélevé sur le budget de l’État et des conseils généraux concernés, de façon à amorcer le projet. L’idée est d’embaucher près de 200 chômeurs dans chacun des 10 territoires.

Au plus tard dix-huit mois avant le terme de l’expérimentation, il est prévu qu’un rapport dresse le bilan de l’expérimentation, en évaluant son impact direct et indirect. « Si l’évaluation démontre que c’est une réussite, précise Laurent Grandguillaume, l’expérimentation sera généralisée à tous les territoires candidats. » Sinon, l’aventure s’arrêtera.

Pourquoi 2016 sera encore dure pour les chômeurs de longue durée

Seulement 4,5% des demandeurs d'emploi retrouveraient un poste l'an prochain, selon les prévisions de l'exécutif

Seulement 4,5% des demandeurs d’emploi retrouveraient un poste l’an prochain, selon les prévisions de l’exécutif – Philippe Huguen – AFP
Julien MARIONJulien MARION – Journaliste

DECRYPTAGE – Dans ses prévisions annexées au projet de loi de Finances pour 2016, l’exécutif table sur de fortes créations de postes dans le privé pour l’an prochain. Mais, malgré cela, peu de chômeurs retrouveraient un emploi. Comment expliquer ce paradoxe?

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Commentaires

VEROULT  •,              DONC IL VALIDE L’EXPERIMENTATION DES TERRITOIRES CHOMAGE INTERMITTENT…?

EN FAIT 9 MOIS DE CHOMAGE…3 MOIS DE TRAVAIL…9 MOIS DE CHOMAGE…ETC…… LA FRANCE ENTIERE EST UN TERRITOIRE DE CHOMAGE INTERMITTENT SANS QUOI ELLE N’AURAIT PAS 1/3 DE SA POPULATION ACTIVE AU CHOMAGE EPISODIQUEMENT…..

ILS SE PAYENT VRAIMENT LA TETE DES FRANCAIS CES POLITICIENS MENTEURS… Charles  •                     Ah, parce que il faut une loi, pour arriver à 0 chomeur, mdr, bientot pour allez aux chiottes on va faire une autre loi, virons tout ces députés qui servent a rien

casa  •                             et zéro cancer en milieu hospitalier ou ailleurs! elle le voterait aussi je pense!
12000 euros par mois pour voter des konneries comme çà et on s’étonne d’être ds la mherd!
Just  •                              « Myriam El Khomri » on peut prononcer « Myriam La Konnerie » 🙂
HOFFMANN  •                 L’état va financer les entreprises solidaires qui donneront à leur tour du travail à des chomeurs de longue durée dans un domaine pour lequel ils n’ont pas forcément de qualification … C’est quoi la différence avec les emplois suventionnés qu’on a déjà ?? C’est encore faire payer la note au contribuable de l’échec social de ce gouvernement …Irene  •                            un robot licencié, un chômeur embauché !lol
Mj  •                                      Trop flou présenté comme cela pour pouvoir s’en faire une idée, espérons que le texte présenté soit plus précis…et que ce ne soit pas de la poudre aux yeux pour dire on fait un essai sans trop de conviction et surtout que les chômeurs concernés ne soient pas les dindons de la farce.
 » Après ce vote, le texte, examiné en procédure accélérée, doit passer au Sénat, à priori le 16 janvier, et pourrait être promulgué en mars, pour une application en septembre. » : pour un texte voté rapidement, il faudra attendre septembre 2016 pour sa mise en application, ce qui montre la lenteur du système.Jean  •                                       pauvre bande de tarés inutiles.
Je leur propose qq lois, puisque ça les amuse :
0 salaire à moins de 2000 €
0 muzz en France avec bien sur O mosquées et 0 imam barbu pouilleux
0 SDF
0 délinquant
0 pervenche à racketter les stationnements
0 radar piège à kon sur les routes
0 impot et taxe
Et on peut en trouver un paquet d’autres
Andre                                         Encore un dispositif qui ne servira pas à grand chose …
Joel  •                                          C’est comme le zéro S D F
bearnhar 

  • Un ersatz de Kolkhoze

  • En attendant, le peuple lance l’expérimentation  » territoires à zéro Socialistes « …Il avait déjà bazardé le Communisme.

  • leon92 

    Et si jamais cette proposition marche et que l’état décide de la démocratiser à l’ensemble du pays. Parions que d’ici 10 ans, 95% de la population active pourrait se retrouver dans ce système …. qu’on appellera néo-COMMUNISME !!!

  • idem12                        Le seul pouvoir qu’ont nos élus sur le chômage c’est sur la manière de le mesurer….
  • danette4                     Sans parler du qatar, qui asservit les népalais,les philippins et tamoules qui arrivent chez eux et les empechent de repartir en leur prenant leur passeport! quelle réussite pour les qataris qui ont reussi grace à leurs esclaves!! merci le libéralisme!!
  • danette4 

    cher mipolod, j’ai bcp voyagé, le modèle social francais est juste, la chine communiste ultralibérale si tu ne peux pas payer ton irm ou ta chimio tu meurs!! certains ont des mutuelles d’entreprises qui prennent ca en charge, et d’autres non!

  • jpam                           Bienvenue en URSS…. Sont forts ces socialos….
  • pike71 

    Encore une usine á gaz subventionnée par de l’argent public que l’Etat devra emprunter alors que ces emplois pourrait être créés et financé par l’économie réelle si les cotisations et les taxes n’etaient pas á un tel niveau.

  • d.e.s.t.                                      Le RSA oui, le SMIC, non! Bientôt les salariés normaux du privé ne travailleront plus que pour payer les chômeurs, les politiciens aux mandats et retraites multiples, et les fonctionnaires, en sureffectif d’au moins 1 million! Le socialisme marche sur la tête, mais avec notre argent!
  • sclp                                et sachez que 2017 sera encore plus dur que 2016 et 2018 encore plus dur que 2017 …. etc, etc
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