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Le FN progresse fortement dans les villes qu’il dirige depuis 2014

LE MONDE | Patrick Roger

Marine Le Pen et Steeve Briois, le maire d'Hénin-Beaumont, lors d'un meeting dans la ville du Pas-de-Calais, le 13 septembre.

Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), Beaucaire (Gard), Cogolin (Var)… Certes, toutes ces villes font partie des zones de forte implantation du Front national puisqu’elles ont été conquises par l’extrême droite aux élections municipales de mars 2014. Un an et demi après, comment les électeurs de ces communes dirigées par une municipalité FN ou soutenues par le FN se sont-ils prononcés au premier tour des élections régionales ? Y a-t-il eu un mouvement de désaffection ou, au contraire, de renforcement vis-à-vis du FN à l’aune de sa gestion municipale ?

La réponse penche vers la deuxième hypothèse. Partout, dans ces communes, les listes FN obtiennent non seulement des scores très supérieurs à leurs résultats à l’échelle du département ou de la région, mais elles réalisent aussi des progrès impressionnants par rapport à leurs scores du premier tour des élections municipales. A commencer par Hénin-Beaumont, où Steeve Briois (FN) avait été élu dès le premier tour en mars 2014 avec 50,25 % des voix :…

Le programme économique du FN passé au crible

Les électeurs du FN expliquent leur vote par la situation économique et sociale. Mais les solutions de Marine Le Pen peuvent-elles changer la donne ?

Comment expliquer un tel raz-de-marée pour le Front national au premier tour des élections régionales ? Pour les électeurs du FN, c’est clair, c’est la situation économique et de l’emploi qui justifie leur choix, plus que la sécurité et les attentats, selon deux sondages (Opinion Way et Harris interactive) publiés lundi. La question est dès lors posée : le projet économique du parti de Marine Le Pen peut-il réellement améliorer leur sort ? Tout son édifice, expliqué en détail sur son site internet, repose sur deux piliers : l’instauration d’un protectionnisme « intelligent » et la sortie de l’euro. Décryptage.

« Le protectionnisme intelligent »

« Ce que vous dites aux Français, c’est qu’on ne peut pas s’en sortir parce qu’on ne peut rien faire, parce qu’il y a l’Union européenne, parce que si on commence à faire du protectionnisme, il y aura des rétorsions. » Voilà comment le FN accuse Les Républicains et le PS d’encourager la désindustrialisation de l’Hexagone, à l’image de son vice-président Florian Philippot face à Emmanuel Macron dans l’émission de France 2, Des paroles et des actes, en mars dernier.

Une fois émancipé des règles adoptées en commun avec les partenaires européens de la France, le parti se fait fort d’instaurer des « protections intelligentes aux frontières face à la concurrence internationale déloyale », sous forme « de droits de douane ciblés » et de « quotas d’importation ». De tels tarifs douaniers épargneraient « les pays de niveau économique, social et environnemental comparable  comme l’Allemagne ou les États-Unis », précise le parti sur son site internet.

Sur ce point, une certaine confusion demeure pourtant. En 2012, Marine Le Pen proposait en effet d’instaurer « une contribution sociale sur l’importation, d’un montant de 3 %, sur l’ensemble des biens et des services importés chaque année en France de l’étranger », afin de financer une baisse de charges pour les salariés en dessous de 1,4 smic. Jugée depuis inconstitutionnelle, la proposition est pourtant toujours mise en avant sur le site.

Seule face à la Chine

À supposer que le protectionnisme proposé par le FN soit limité à certains pays, peut-il être la solution miracle pour réindustrialiser la France ? « Attention aux boucs émissaires. Ce raisonnement implique que notre déficit commercial vienne d’abord des pays à bas coûts. Les statistiques du commerce français montrent effectivement un gros déficit avec la Chine, essentiellement lié aux produits électroniques et au textile. Mais notre déficit avec l’Allemagne et la Belgique atteint exactement le même montant, un peu plus d’une vingtaine de milliards. L’essentiel de notre déficit commercial vient en réalité de la zone euro, à hauteur de quarante milliards. En quinze ans, la France a perdu tous ses excédents avec ses partenaires de la zone, y compris les pays du Sud comme l’Italie, l’Espagne, le Portugal, sauf la Grèce ! À supposer qu’on se protège de la Chine, on aura donc résolu à peine la moitié de notre problème », relativise l’économiste Emmanuel Combe*.

Est-ce une raison pour ne pas se protéger du tout ? Pas forcément. Mais les bénéfices à attendre sont très incertains. Tout simplement parce que les pays visés auront tendance à répliquer. Lorsque l’Europe a menacé de taxer les panneaux solaires chinois en 2013, ces derniers ont immédiatement menacé de taxer le vin européen en représailles. Grâce à son poids économique, l’Union européenne a réussi à négocier un compromis et a instauré un prix minimum et un quota. Les droits de douane peuvent même atteindre plus de 40 % lorsque le volume autorisé est dépassé ! Ces restrictions aux importations chinoises viennent d’être prolongées de 15 mois à la demande de l’industrie européenne. La France ferait-elle mieux toute seule ? La réponse n’a rien d’évident.

« La restauration de la souveraineté monétaire »

L’autre pilier du programme économique du FN repose sur le retour au franc, afin de faire baisser le prix des produits français et de relancer les exportations. Là encore, faut-il y voir la solution miracle, comme le laisse croire Marine Le Pen ? Le bénéfice à attendre serait d’autant plus faible que la Banque centrale européenne (BCE) a déjà beaucoup fait baisser l’euro pour lutter contre la menace de déflation, cette spirale de baisse des prix qui incite ménages et entreprises à retarder achats et investissements et fait plonger l’économie en récession.

En théorie, un pays en déficit commercial comme la France peut s’ajuster grâce à une dépréciation de sa monnaie : moins chères, les exportations finissent par rattraper les importations. Mais ce mécanisme d’ajustement en système de changes flottants est de plus en plus remis en question. C’est ce qu’a expliqué le Français Benoît Coeuré lors d’un discours prononcé à Berkeley aux États-Unis le 21 novembre. Selon ce membre du directoire de la BCE, le fractionnement du processus de production au travers de nombreux pays réduit les bénéfices d’un taux de change plus faible pour les entreprises exportatrices, car il renchérit aussi leurs importations.

Un taux de change difficile à contrôler

Le bénéfice serait encore limité par la dévaluation de nos voisins. En effet, en cas d’abandon de l’euro, même négocié avec l’Allemagne, comme le propose le FN, d’autres pays reviendront eux aussi à leur monnaie nationale, ce qui signerait le retour à la guerre européenne des changes, qui avait justement motivé le passage à la monnaie unique.

Avoir une monnaie purement nationale ne garantit d’ailleurs pas un contrôle absolu du taux de change. Sa valeur dépend de plus en plus des mouvements de capitaux internationaux. Une France dirigée par le FN qui instaurerait un « protectionnisme intelligent », tout en négociant une sortie de l’euro avec l’Allemagne, serait probablement confrontée à la fuite des investisseurs et donc à un effondrement du franc. Les Français seraient alors frappés au portefeuille par le renchérissement de tous les produits importés qui ne sont plus produits dans l’Hexagone depuis longtemps, et qui seraient difficiles à remplacer du jour au lendemain (téléviseurs, iPhone, vêtements, etc.).

Ce risque inflationniste serait d’autant plus fort que pour financer d’énormes dépenses, le FN veut confier à la Banque de France le soin de financer la dette française, à hauteur de 100 milliards d’euros par an. Là encore, le gain potentiel de ce financement monétaire automatique serait extrêmement limité, puisque la Banque centrale européenne s’est déjà lancée dans ce type de politique pour faire face à la crise. L’État français s’endette déjà à des taux historiquement bas, tout en profitant de la crédibilité de la BCE, liée à son indépendance. La Banque de France, elle, n’en aurait aucune, à cause de sa dépendance au pouvoir politique.

* Professeur de sciences économiques à l’université de Paris-I, professeur affilié à ESCP Europe, coauteur, avec Jean-Louis Mucchielli, de la note « Le protectionnisme intelligent est une imposture, 8 arguments contre les idées fausses du Front national » pour le think tank libéral Génération libre de mars 2015.

Encadré

Si tout le programme économique du FN repose sur la sortie de l’euro et l’instauration d’un protectionnisme intelligent, les autres propositions affichées sur son site internet sont-elles crédibles ? Décryptage.

– Retour à la retraite à 60 ans

« L’âge légal sera progressivement ramené à 60 ans »

Alors que la France est déjà le pays de l’OCDE où l’on vit le plus longtemps à la retraite, le FN propose de revenir en arrière. Reste à savoir comment financer une telle mesure même s’il elle peut être séduisante sur le papier.

– Temps de travail

« Afin de ne pas perturber à nouveau grandement le fonctionnement du marché du travail et des conditions d’emploi des salariés dans les entreprises françaises, les lois sur le temps de travail hebdomadaire de 35 heures ne seront pas revues, en revanche la renégociation sera autorisée à la condition qu’elle s’accompagne d’une augmentation proportionnelle du salaire. »

Le FN prône en réalité le statu quo sur le temps de travail, puisque la législation actuelle permet déjà aux entreprises de négocier une augmentation du temps de travail. De nombreux cadres ou salariés autonomes sont au « forfait jour » et ne comptent pas leurs heures. Pour les autres, la seule contrainte pour les entreprises est de payer les heures supplémentaires de 10 % à 25 % plus cher qu’une heure normale. Le FN veut-il supprimer cette majoration supplémentaire au-delà de 35 heures ? Il se garde en tous cas bien de le dire officiellement.

– Représentativité syndicale

« Une grande réforme des syndicats sera mise en œuvre, avec comme objectif principal d’assurer une meilleure représentation des salariés. Le monopole de représentativité institué après la Libération sera supprimé, et les modalités d’élection des représentants des salariés seront revues. Des syndicats plus représentatifs travailleront mieux à la réelle défense des intérêts des salariés : ils seront en effet plus à même d’entrer dans des logiques de concertation constructives et moins tentés de recourir à un rapport de forces (grève, manifestation) pour pallier leur manque de légitimité. »

Le FN devrait se mettre à la page sur ce point. Depuis 2013, le monopole de représentativité des syndicats n’existe plus. Leur poids dépend de leurs résultats aux élections professionnelles. Un changement impulsé par Xavier Bertrand, en… 2008.

– Lutte contre le travail clandestin

« Parce qu’il constitue une concurrence déloyale au marché légal du travail, l’emploi de travailleurs clandestins sera très sévèrement sanctionné. L’employeur sera passible de sanctions pénales et de la fermeture administrative de son établissement. »

C’est déjà le cas : un employeur est pénalement responsable en cas d’emploi de travailleurs clandestins. Il encourt 5 ans d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende par employé clandestin. L’amende peut monter à 75 000 euros quand plusieurs salariés sont concernés. L’établissement peut être fermé provisoirement et les réductions de cotisations sociales supprimées. Un plan national d’action pour la lutte contre le travail illégal a été lancé en 2015. Dans ce cadre, la lutte contre les abus sur la directive des travailleurs détachés, qui permettent à un salarié d’un autre État membre de l’Union européenne de venir travailler temporairement au salaire français, mais avec le niveau de charges de son pays d’origine, ne cesse d’être renforcée. Un donneur d’ordre peut être tenu responsable pour les pratiques d’un sous-traitant. En cas de fraude constatée, l’État peut désormais interdire à l’entreprise de continuer à employer des travailleurs détachés.

– Préférence nationale

« Les entreprises se verront inciter à prioriser l’emploi, à compétences égales, des personnes ayant la nationalité française. Afin d’inciter les entreprises à respecter cette pratique de priorité nationale, une loi contraindra Pôle emploi à proposer, toujours à compétences égales, les emplois disponibles aux demandeurs d’emploi français. Les administrations respecteront également ce principe, et la liste des emplois dits “de souveraineté” sera élargie, notamment dans les secteurs régaliens où les professions seront réservées aux personnes ayant la nationalité française. »

C’est déjà en partie le cas. Si les ressortissants européens ne connaissent pas de restrictions, un employeur qui souhaite embaucher un salarié extra-communautaire doit demander l’autorisation à la direction départementale des entreprises et du travail (Direccte). Celle-ci « vérifie la situation de l’emploi dans la profession et le bassin d’emploi concernés. Elle tient compte des éventuelles spécificités du poste de travail et des recherches effectuées par l’employeur pour recruter un demandeur d’emploi (notamment auprès de Pôle emploi). Il s’agit du critère le plus difficile à remplir. L’administration peut refuser l’autorisation si le niveau de chômage est trop important pour le métier dans le bassin d’emploi considéré », précise le site Service-Public.fr. La situation de l’emploi n’est pas opposée s’il existe des difficultés de recrutement pour le métier proposé. Trente métiers, définis par région, sont ainsi inscrits sur la liste de métiers « en tension ». Une liste élargie pour quelques pays d’Afrique.

– Contrôle des prix

« Les prix de certains produits alimentaires de première nécessité (lait, pain, sucre, beurre, farine, etc.) feront l’objet d’un encadrement légal afin d’en assurer l’accès à tous les revenus, y compris les plus modestes. »

Le retour au contrôle des prix, supprimé en… 1987, ravira les professionnels concernés, comme les boulangers. De manière générale, la dévaluation risque de peser bien plus sur le pouvoir d’achat qu’une mesure qui pourrait entraîner une baisse de la qualité du pain, voire nécessiter un contrôle du prix du blé (pour contrôler celui de la farine), ce qui déclencherait une spirale de contrôle des prix.

– Tarifs réglementés

« S’agissant des services publics commerciaux (transport, énergie notamment), l’État réglementera les tarifs de l’électricité et du gaz, il imposera des tarifs plafonds à tous les opérateurs des transports publics locaux. »

C’est là encore déjà le cas pour le gaz et l’électricité des particuliers. Quant aux prix des transports locaux, il est déjà largement subventionné, une facture réglée par tous les contribuables via leurs impôts.

Elections régionales : gauche et droite rechignent à se remettre en cause face au FN

LE MONDE Bastien Bonnefous et Alexandre Lemarié

Manuel Valls sur le plateau du "20 heures" de TF1, le 7 décembre.

« Je ne suis pas venu pour m’excuser. » Ceux qui attendaient le début d’un examen de conscience en ont été pour leurs frais. Invité, lundi 7 décembre, du « 20 heures » de TF1, Manuel Valls s’est refusé à toute autocritique après le score historique enregistré par le Front national, la veille, au premier tour des élections régionales. Pour le premier ministre, qui ne s’était pas exprimé dimanche soir, pas question de reconnaître que l’échec de la gauche, au pouvoir depuis 2012, sur le front du chômage et de la lutte contre les inégalités est en partie responsable de la montée du FN, notamment dans les milieux populaires.

Le chef du gouvernement, qui s’est érigé depuis plusieurs mois en héraut récurrent du combat contre l’extrême droite, n’entend pas laisser de place au moindre droit d’inventaire personnel. Et les voix qui s’élèvent au sein du PS le font pour l’instant sous couvert d’anonymat. « Le déni érigé en art politique. Un déluge de béton, extrêmement inquiétant », commentait lapidairement un haut dirigeant socialiste après la prestation télévisée de M. Valls. L’heure des comptes n’a pas encore sonné, elle dépendra de l’ampleur du résultat socialiste au soir du second tour, le 13 décembre.

Derrière le déni, cependant, point déjà chez beaucoup une forte inquiétude. « Cette fois-ci, c’est très sérieux, très grave, et la menace, à moins de deux ans de la présidentielle, n’est pas illusoire. » Jean Glavany, comme d’autres responsables politiques, de droite comme de gauche, ne cache plus ses craintes. ,…

« Pour Daech, le FN a raison: les musulmans n’ont rien à faire en France »

la-presidente-du-front-national-marine-le-pen-lors-de-l-universite-d-ete-du-front-national-a-marseille-le-6-septembre-2015_5409773Plusieurs djihadistes francophones ont exprimé leur contentement après la forte progression du Front national aux élections régionales.          AFP Photo / Anne-Christine Poujoulat

Selon plusieurs spécialistes, l’organisation Etat islamique (EI) se réjouit de la progression du vote frontiste, constatée lors du premier tour des régionales. Elle y verrait une occasion de grossir ses rangs avec les musulmans inquiets du climat en France.

« Toujours pas de communiqué de l’EI pour revendiquer et se réjouir des résultats d’hier soir… » Cette boutade, émise par un député PS au lendemain du premier tour des régionales sur Twitter, n’est peut-être pas si anodine. Elle illustre un débat qui commence à s’ouvrir au sein de la classe politique, au fil des élections. La montée en puissance du Front national, qui a obtenu près de 30% des voix dimanche, est-elle du pain bénit pour l’organisation Etat islamique?

Le groupe terroriste n’a évidemment pas commenté publiquement les résultats. Mais certains de ses membres francophones ne cachent pas leur joie. Interrogé sur une possible victoire du parti frontiste par David Thomson, spécialiste du djihadisme, un partisan de Daech résume: « Ce serait une humiliation pour ces pseudo-musulmans de la République qui défendent les valeurs de la laïcité. Et les vrais musulmans, ça les poussera à faire la hijra [émigrer en terre d’Islam, comme la Syrie, NDLR] ». Un autre qualifie le FN de « parti le moins hypocrite » et espère que certains vont « prendre conscience et plier bagage ».

« L’EI se nourrit de la conception de laïcité du FN »

Dans cette sombre logique, la progression de l’extrême-droite, dont les positions sont réputées « dures » envers l’islam, pousserait les musulmans à se sentir davantage stigmatisés. Un sentiment qui pourrait inciter les modérés à se replier sur eux, à durcir leur pratique de la religion puis à quitter la France pour un pays où ils se sentiraient plus libres pour vivre leur foi. Une aubaine pour Daech, qui cherche à recruter pour son califat. « Le postulat de l’EI se nourrit de la conception à sens unique de la laïcité du Front national qui consiste, sinon à chasser les musulmans, au moins à les appeler à faire profil bas en ne leur laissant aucune place possible pour exprimer leur croyance », observe le journaliste Nicolas Hénin, auteur de Jihad Academy (Fayard, 2015).

En témoignent, par exemple, les pressions du maire FN de Fréjus, David Rachline, qui se bat contre l’ouverture d’une mosquée dans sa commune. Nicolas Hénin, par ailleurs ancien otage de l’EI, ajoute: « Pour les djihadistes, le FN a raison quand il dit ‘la France aux Français’. Selon eux, les musulmans n’ont rien à faire dans une société occidentale comme la France, jugée terre de mécréants. L’EI a tout intérêt à ce que les musulmans se sentent de plus en plus mal à l’aise. »

« Le discours islamophobe légitime le discours de l’EI »

Pour plusieurs spécialistes, il existe un lien de dépendance entre les extrêmes, politique et religieux. Lesquels s’alimenteraient entre eux à travers leurs idées discriminatoires. « Le discours islamophobe légitime le discours djihadiste de l’EI qui lui-même légitime le discours islamophobe. Cela fonctionne comme un cercle vicieux », note le sociologue Samir Amghar, auteur de Le Salafisme d’aujourd’hui (Michalon, 2011). Pour le chercheur, l’organisation terroriste pourrait ainsi profiter de la montée du FN pour inciter, en réaction, ses fidèles à commettre des attentats en France. Et par contrecoup, à créer un climat d’insécurité propice au parti frontiste. D’autant que, après le chômage, la menace terroriste arrive en seconde position dans l’explication de vote des régionales.

Sur le plan idéologique aussi, poursuivent les spécialistes, le FN et l’EI partagent quelques valeurs communes mêmes s’ils sont, en apparence, radicalement opposés. « Il y a la même méfiance envers la mondialisation, la même vision conservatrice et le goût pour le souverainisme », énumère Samir Amghar.

Un rapprochement qui fait bondir Aymeric Chauprade. Pour l’eurodéputé, qui vient de quitter la formation d’extrême-droite, il est inconcevable de mettre sur le même plan son ancien parti et le groupe djihadiste. « Oui, le Front a grandi sur la question identitaire. Mais il cherche à faire baisser le communautarisme là où Daech veut la guerre civile et monter la communauté musulmane contre les autres. » L’élu reconnaît toutefois « une faiblesse programmatique » du FN sur la question de l’intégration des musulmans en France.

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Commentaires

alain  •

Bientôt le FN va passer au cribles les ardoises que vous avez laissez dans les régions, on va se marrer , ou plutôt en pleurer bande de ripoux de gauche et de droites avec vos copains écolos. Vive la France!

razlacouenne  • 

Et pourquoi le protectionnisme serait il anti européen quand le taux de tva n’est pas identique d’un pays à un autre ? Le reste du monde le fait , US, Chine ETC… Non la délocalisation n’est pas une fatalité , elle est voulue sans réaction de nos gouvernements
Ne voyez vous pas que la France se meurt . La 5 éme puissance est passée 6 éme et bientôt doublée par le Brésil , on recule dans tous les domaines y compris l’éducation où nous sommes à la 27 éme place , continuez à ne rien faire ce sera la dégringolade du peuple et le pays deviendra sous développé comme un état du tiers monde . On en prend le chemin

mocso  • 

………ON S EN FOUT DU PROGRAMME FN : ON VEUT AUTRE CHOSE QUE PS ET UMP-LR !….AUTRE CHOSE QUE SARKOZY HOLLANDE LES COMPERES FOSSOYEURS DE LA NATION .

furusato                                     l’adhésion au cours fracassant du néo-lib remonte loin . Génération oeillère : il faut dire que faire une auto-critique avec une profondeur de quarante ans et une myriade d’acteurs de droite et de gauche ( j’emploie les termes par commodité pour les lecteurs qu’ils font saliver de manière automatique ) est un exercice un peu dur pour les muscles de com . Mais pensez à l’échelon supérieur qui ne fait pas d’autocritique et qui pour l’essentiel mène la barque avec des nomenklaturistes « détachés « .

 

 Richard NOWAK            Rétablir la crédibilité passe par le retour aux les vraies valeurs qui nous unissent. notamment le respect de la possibilité de chacun de se présenter aux élections quelles qu’elles soient. Le verrouillage de plus en plus prononcé de l’accès à la vie politique amenant un entre soi et une corruption jamais égalés jusqu’à présent conduit les citoyens à tenter l’indicible. Pire la « nickname » constitution actuelle a mis en place le conditions pour l’installation d’une dictature : celle des partis.

Jean Yves BOUSIGUE           Electeurs abandonnés un jour, perdus pour toujours … Rendez-vous au deuxième tour en 2017. Comme disait Jacques Duclos, qui était communiste, ce sera bonnet blanc et blanc bonnet, quand le fameux « barrage républicain » aura cédé. Au moins, « je sais que je mourrai à gauche, malgré moi, et malgré elle ».

Matteo S.                             Hollande seul rempart ? Mais ils nagent en plein délire ceux qui affirment de telles énormités ! Hollande, c’est le ticket gagnant dont rêve Le Pen. Elle rentrerait à l’Elysée.

sanga                                   Une petite précision, la Corse ne peut être comptabilisée comme socialiste, le PRG du clan Giaccobi peut effectivement être élu, ainsi ce sera une région pour la gauche mais pas pour le PS inexistant en Corse. Pour le reste, entre anciens ministres de l’intérieur rien de nouveau, une langue de bois totale..

Pierre Dupont                  Sarkozy réagit comme tout Chef d’entreprise français qui est en échec : ce n’est pas de sa faute, il ne s’est pas trompé, il ne se trompera jamais car c’est lui le Chef, seules ses décisions sont excellentes et les conseils de ses collaborateurs ne sont pas crédibles car ne venant pas de lui, ses clients, fournisseurs sont nuls, ses salariés ne valent rien et lui doivent de ne pas être au chômage car il fait du « social » et l’État l’écrase de charges alors que ses concurrents réussissent eux…..

halimata                              Il y a des musulmans qui sont nés en France et considèrent que la France est leur pays comme les autres français des différentes souches. Pourquoi stigmatiser les musulmans français? Où est le droit de l’Homme dans un pays de Droit de l’Homme? D’ailleurs vous avez des musulmans d’origine française Où voulez vous qu’ils partent? Quelle est leur terre de hijra? Où est la liberté de croyance?.


whess888                           Je pense qu’ils doivent se réjouir de tout cela!!!

 

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