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Jacqueline Sauvage condamnée à dix ans de réclusion en appel

 LEXPRESS.fr avec AFP

jacqueline-sauvage-capture-d-ecran-france-3-centre_5476572Jacqueline Sauvage, en 2012. Capture d’écran (France 3 Centre). Capture d’écran (France 3 Centre).

La cour d’assises de Loir-et-Cher a confirmé jeudi en appel la condamnation à dix ans de réclusion d’une femme reconnue coupable d’avoir tué son mari, après plusieurs années de coups et d’abus sexuels sur elle et ses enfants.

Le 10 septembre 2012, Jacqueline Sauvage, 66 ans, a tué son mari de trois coups de fusils dans le dos, à leur domicile près de Montargis, dans le Loiret. L’homme lui faisait vivre l’enfer depuis 47 ans: coups, abus sexuels, sur elle mais aussi sur les filles du couple -des faits jamais dénoncés jusqu’au procès. La veille du meurtre, le fils, battu par son père, s’était suicidé par pendaison.

En première instance, la mère de famille avait été condamnée le 28 octobre 2014 par la cour d’assises du Loiret à dix ans de réclusion pour le meurtre de son mari. Une peine confirmée en appel jeudi par la cour d’assises de Loir-et-Cher.

Un acte disproportionné?

La peine infligée à Jacqueline Sauvage, « ne doit pas être un permis de tuer », avait lancé l’avocat général Frédéric Chevallier lors des plaidoiries. Les jurés ont décidé de le suivre, sans tenir compte du contexte très particulier de ce meurtre familial. La défense de Jacqueline Sauvage plaidait la légitime défense après des années d’enfer conjugal.

Une légitime défense « absolument pas soutenable » pour l’avocat général. « Aux violences de son mari, elle aurait dû répondre par un acte proportionné, immédiat et nécessaire. Face à un coup de poing qui se solde par trois jours d’ITT, elle tire trois balles. Trois coups de feu tirés dans le dos, ce n’est pas admissible », a martelé Frédéric Chevallier.

>> Lire aussi: « Violences conjugales: le téléphone d’urgence généralisé »

Pour la défense, Me Nathalie Tomasini avait au contraire demandé aux jurés de « prendre la mesure des conséquences irréversibles des violences faites aux femmes« . L’avocate leur avait demandé de « repousser les limites de la légitime défense appliquée aux situations de violences conjugales » en prononçant la relaxe de l’accusée.

« Fracassée pendant 47 ans, psychologiquement et physiquement, elle présentait les syndromes post-traumatiques des femmes battues », a plaidé Me Tomasini. « Elle savait mieux que quiconque qu’il pouvait, ce soir-là, passer à l’acte et mettre à exécution les menaces de mort qu’il avait proférées toute sa vie », selon l’avocate.

« Je l’avais dans la peau »

Au cours du procès, Jacqueline Sauvage a longuement évoqué ses relations avec Norbert Marot, son défunt mari, qu’elle a connu quand elle avait 14/15 ans alors qu’il sortait de maison de correction, et dont elle était « éperdument amoureuse ». « Je l’avais dans la peau », a-t-elle répété à plusieurs reprises.

« Jacqueline Sauvage se trouvait dans une situation de dépendance qui s’est installée au fil des années », son mari « la dominait complètement. Elle était devenue sa chose. Elle était sous son emprise », a plaidé son autre avocate, Me Janine Bonaggiunta.

Avant de laisser les jurés délibérer et après voir requis 10 ans de réclusion, l’avocat général avait laissé entendre que Jacqueline Sauvage pourrait être libérable en janvier 2017, grâce aux remises de peine et au système de liberté conditionnelle. Un calcul contesté par certains des journalistes qui ont suivi le procès, mais qui aurait pu inciter les jurés à prononcer ce lourd verdict.

Souvent justice varie

Dans une affaire comparable, celle d’une femme jugée pour avoir tué son mari qui la battait, les avocates de Jacqueline Sauvage avaient réussi à obtenir l’acquittement de leur cliente, Alexandra Lange en mars 2012.

« Ce procès vous dépasse », avait lancé l’avocat général à Alexandre Lange, lors de sa plaidoirie, « parce que, derrière, il y a toutes ces femmes qui vivent ce que vous avez vécu (…), le bruit de ces pas qui montent l’escalier et qui nous font comprendre chaque soir que quand il rentre du travail (…) le danger rentre à la maison ».

Les deux avocates Me Janine Bonaggiunta et Me Nathalie Tomasini avaient alors espéré que ce procès, qualifié d' »atypique » à la fois par la défense et l’avocat général, marquerait les esprits: « On espère que ça servira pour le combat contre les violences faites aux femmes ». Raté.

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