Fais du bien à ton corps pour que ton âme ait envie d’y rester. (proverbe indien)

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L’actrice Loubna Abidar : « Pourquoi j’ai décidé de quitter le Maroc »

LE MONDE

Loubna Abidar au Festival du film francophone d'Angoulême, le 30 août 2015.

Après des petits rôles au théâtre et dans des films commerciaux, j’ai obtenu le premier rôle dans le long-métrage Much Loved, de Nabil Ayouch. C’était le plus beau jour de ma vie, car j’allais pouvoir travailler avec un réalisateur talentueux et internationalement reconnu, et parce que j’allais donner la parole à toutes celles avec lesquelles j’avais grandi : ces petites filles des quartiers qui n’apprennent ni à lire ni à écrire, mais auxquelles on dit sans cesse qu’un jour elles rencontreront un homme riche qui les emmènera loin… Dès 14-15 ans, elles sortent tous les soirs dans le but de le trouver. Un jour, elles réalisent qu’elles sont devenues des prostituées.

Dans ce film, j’ai mis toute mon âme et toute ma force de travail, portée par Nabil Ayouch et mes partenaires de jeu. Le film a été sélectionné à Cannes. J’y étais, c’était magique. Mais dès le lendemain de sa présentation, un mouvement de haine a démarré au Maroc. Un ministre qui n’avait pas vu le film a décidé de l’interdire avant même que la production ne demande l’autorisation de le diffuser. Much Loved dérangeait, parce qu’il parlait de la prostitution, officiellement interdite au Maroc, parce qu’il donnait la parole à ces femmes qui ne l’ont jamais. Les autorités ont déclaré que le film donnait une image dégradante de la femme marocaine, alors que ses héroïnes débordent de vie, de combativité, d’amitié l’une pour l’autre, de rage d’exister.

Lire notre récit : Loubna Abidar, agressée, accusée

Campagne de haine

Et une campagne de détestation s’est répandue sur les réseaux sociaux et dans la population. Personne n’avait encore vu le film au Maroc, et il était déjà devenu le sujet numéro un de toutes les discussions. La violence augmentait de jour en jour, à l’encontre de Nabil « le juif » (sa mère est une juive tunisienne) et à mon encontre. Je dérangeais à mon tour, parce que j’avais le premier rôle, parce que j’en étais fière, et parce que je prenais position ouvertement contre l’hypocrisie par des déclarations nombreuses.

Des messages de soutien et d’amour, j’en ai reçu des dizaines. Dans les pays d’Europe où le film est sorti et a connu un bel accueil (j’ai notamment obtenu le Prix de la meilleure actrice dans les deux festivals majeurs de films francophones, Angoulême en France et Namur en Belgique). Mais surtout, et c’était le plus important pour moi, au Maroc. Par des gens éclairés car ils sont nombreux. Et aussi par des prostituées qui ont enfin osé parler à visage découvert pour dire qu’elles se reconnaissaient dans le film.

Mais rien n’a calmé la haine contre moi. Sur Facebook et Twitter, mon nom est associé à celui de « sale pute » des milliers de fois par jour. Quand une fille se comporte mal, on lui dit « tu finiras comme Abidar ». Tous les jours, je lis que je suis la honte des femmes marocaines. Chaque semaine, je reçois des menaces de mort. J’ai encore des amis et des proches pour me soutenir, mais beaucoup se sont détournés de moi. Pendant des semaines, je ne suis pas sortie de chez moi, ou alors uniquement pour des courses rapides, cachée sous une burqa (quel paradoxe, me sentir protégée grâce à une burqa…).

Ces derniers jours, le temps passant, la tension me semblait retombée. Alors jeudi 5 novembre, le soir, je suis allée à Casablanca à visage découvert. J’y ai été agressée par trois jeunes hommes. J’étais dans la rue, ils étaient dans leur voiture, ils m’ont vue et reconnue, ils étaient saouls, ils m’ont fait monter dans leur véhicule, ils ont roulé pendant de très longues minutes et pendant ce temps ils m’ont frappée sur le corps et au visage tout en m’insultant. J’ai eu de la chance, ce n’était « que » des jeunes enivrés qui voulaient s’amuser… D’autres auraient pu me tuer. La nuit a été terrible. Les médecins à qui je me suis adressée pour les secours et les policiers au commissariat se sont ri de moi, sous mes yeux. Je me suis sentie incroyablement seule… Un chirurgien esthétique a quand même accepté de sauver mon visage. Ma hantise était justement d’avoir été défigurée, de garder les traces de cette agression sur mon visage, de ne plus pouvoir faire mon métier…

Nabil Ayouch était là tout le temps pour me soutenir. J’ai fait des déclarations de colère que je regrette. Je ne savais plus où j’étais. Alors j’ai décidé de quitter le Maroc. C’est mon pays, je l’aime, j’y ai ma vie et ma fille, j’ai foi en ses forces vives, mais je ne veux plus vivre dans la peur. On s’attaque à moi pour un rôle que j’ai joué dans un film que les gens n’ont même pas vu. Une campagne de dénigrement légitimée par une interdiction de diffusion du film, alimentée par les conservateurs, nourrie par les réseaux sociaux si présents aujourd’hui… et qui continue de tourner en rond et dans la violence. Au fond, on m’insulte parce que je suis une femme libre. Et il y a une partie de la population, au Maroc, que les femmes libres dérangent, que les homosexuels dérangent, que les désirs de changement dérangent. Ce sont eux que je veux dénoncer aujourd’hui, et pas seulement les trois jeunes qui m’ont agressée…

Lire aussi : « Much Loved » : femmes perdues à Marrakech

Maroc: l’actrice de « Much Loved » quitte le pays, où « les femmes libres dérangent »

La comédienne marocaine Loubna Abidar, actrice principale du film « Much Loved » interdit au Maroc, explique avoir décidé de quitter son pays car « les femmes libres dérangent », jeudi dans une tribune sur le site du quotidien français Le Monde.

La comédienne, qui avait reçu des menaces pour avoir joué dans ce film traitant de la prostitution au Maroc, est arrivée dimanche à Paris, après avoir publié sur les réseaux sociaux une vidéo où elle apparaît avec le visage tuméfié.

Dans cette vidéo, elle affirme avoir été agressée jeudi dernier à Casablanca. Cette agression n’a pas pu être confirmée par des sources officielles au Maroc.

« Au fond, on m’insulte parce que je suis une femme libre. Et il y a une partie de la population, au Maroc, que les femmes libres dérangent, que les homosexuels dérangent, que les désirs de changement dérangent », écrit Loubna Abidar dans cette tribune intitulée « Pourquoi je quitte le Maroc ».

La comédienne explique avoir été la cible d’une « campagne de détestation » et d’un « mouvement de haine » sur les réseaux sociaux et dans la population marocaine après la présentation du film au dernier festival de Cannes.

« Pendant des semaines, je ne suis pas sortie de chez moi, ou alors uniquement pour des courses rapides, cachée sous une burqa (quel paradoxe, me sentir protégée grâce à une burqa?) », détaille-t-elle.

Elle revient également sur son agression « par trois jeunes hommes ». « J’étais dans la rue, ils étaient dans leur voiture, ils m?ont vue et reconnue, ils étaient saouls, ils m’ont fait monter dans leur véhicule, ils ont roulé pendant de très longues minutes et pendant ce temps ils m?ont frappée sur le corps et au visage tout en m?insultant ».

« Much Loved dérangeait, parce qu?il parlait de la prostitution, officiellement interdite au Maroc, parce qu?il donnait la parole à ces femmes qui ne l?ont jamais », estime Loubna Abidar.

– ‘Incroyablement seule’ –

D’autre part, l’actrice met en cause l’attitude des services publics après son agression. « Les policiers au commissariat se sont ri de moi, sous mes yeux. Je me suis sentie incroyablement seule », écrit-elle.

De son côté, la Direction générale de la sûreté nationale marocaine (DGSN) a décidé de déposer une plainte contre Loubna Abidar pour des propos jugés « diffamatoires », selon un communiqué relayé jeudi par plusieurs médias marocains.

Il s’agit de propos tenus dans une vidéo ayant circulé sur les réseaux sociaux, dans lesquels Mme Abidar accusait la police de Casablanca d’avoir réfusé d’enregistrer sa déclaration quelques heures après son agression supposée.

Selon la DGSN, les déclarations de l’actrice sont « erronées » et « portent atteinte » à ses fonctionnaires. « L?avocat de la DGSN a saisi le procureur du roi pour qu?une enquête soit ouverte sur les propos qualifiés de diffamatoires par les autorités marocaines », indique le site d’information Al Yaoum 24.

« Much loved » avait été doublement récompensé au festival du film francophone d’Angoulême, fin août, avec le Valois d’or pour le film, réalisé par Nabil Ayouch, et celui de la meilleure actrice pour Loubna Abidar.

Le film suit le parcours de Noha, Randa, Soukaina et Hlima, quatre prostituées de Marrakech. Sur les écrans français depuis septembre, il devait sortir en salles au Maroc à l’automne, mais avait été interdit préventivement, en mai, par le gouvernement marocain qui avait évoqué « un outrage grave aux valeurs morales et à la femme marocaine ».

Loubna Abidar, l’actrice marocaine de « Much Loved », explique les raisons de son départ pour la France

LOUBNA ABIDAR

POLÉMIQUE – Actuellement en France, l’actrice principale du film « Much Loved » de Nabil Ayouch s’est exprimée dans les colonnes du Monde au travers d’une tribune parue ce jeudi 12 novembre. Elle dénonce une campagne de haine à son encontre.

Agressée la semaine dernière à Casablanca, Loubna Abidar, qui interprète le rôle d’une prostituée à Marrakech, condamne la « campagne de détestation » qui s’est répandue au Maroc sur les réseaux sociaux et dans la population depuis la diffusion des extraits du film sur le web.

« Mon nom est associé à celui de ‘sale pute’ (…). Quand une fille se comporte mal, on lui dit ‘tu finiras comme Abidar’. Tous les jours, je lis que je suis la honte des femmes marocaines. Chaque semaine, je reçois des menaces de mort », écrit-elle.

Contre l’hypocrisie

« Personne n’avait encore vu le film au Maroc, et il était déjà devenu le sujet numéro un de toutes les discussions. La violence augmentait de jour en jour, à l’encontre de Nabil ‘le juif’ (sa mère est une juive tunisienne) et à mon encontre », poursuit l’actrice qui estime qu’elle dérangeait parce qu’elle avait « le premier rôle », qu’elle en était « fière » et qu’elle prenait « position ouvertement contre l’hypocrisie par des déclarations nombreuses ».

Celle qui dit avoir voulu, par ce rôle, donner enfin la parole « aux filles des quartiers » devenues prostituées et aux côtés desquelles elle a grandi, s’étonne qu’ « un ministre qui n’avait pas vu le film » ait décidé de l’interdire « avant même que la production ne demande l’autorisation de le diffuser ».

« Je ne veux plus vivre dans la peur »

« Les autorités ont déclaré que le film donnait une image dégradante de la femme marocaine, alors que ses héroïnes débordent de vie, de combativité, d’amitié l’une pour l’autre, de rage d’exister », explique Loubna Abidar.

Agressée jeudi 5 novembre pas trois hommes qui l’ont fait monter dans leur voiture, insultée et frappée au corps et au visage, l’actrice a décidé de quitter le Maroc: « C’est mon pays, je l’aime, j’y ai ma vie et ma fille, j’ai foi en ses forces vives, mais je ne veux plus vivre dans la peur ».

« Au fond, on m’insulte parce que je suis une femme libre », estime-t-elle. « Et il y a une partie de la population, au Maroc, que les femmes libres dérangent, que les homosexuels dérangent, que les désirs de changement dérangent ».

Pour rappel, l’actrice marocaine qui a décroché le Valois de la meilleure actrice pour son rôle de prostituée dans « Much Loved », a été victime de menaces de mort suite à la publication d’extraits du films sur Internet. Des menaces qui l’ont poussée à vêtir une burqa un certain temps, pour éviter d »être reconnue dans la rue. L’actrice avait également quitté le Maroc pendant plusieurs semaines, « car cela devenait invivable pour elle, des gens malintentionnés venaient chez elles et chez ses parents. Elle a préféré s’exiler dans différents pays d’Europe », avait confié un proche au HuffPost Maroc.

Lire aussi :

• « Much Loved » frappé par la censure au Maroc

• Qui est Mohamed Amine Jadil, le travesti de « Much Loved »

• Je suis Nabil

Agressée au Maroc, Loubna Abidar, l’actrice de « Much Loved » serait en France

 Charlotte Lazimi

loubna-abidar_5415585L’actrice Loubna Abidar ne cache pas depuis des mois les menaces qui pèsent sur elle. Jeudi, elle a fait l’objet d’une violente agression. Devant l’inertie dit-elle des autorités marocaines, elle se serait « réfugiée » en France. AFP PHOTO/YOHAN BONNET

L’actrice marocaine Loubna Abidar, victime d’une violente agression à Casablanca jeudi soir, serait en France, révèle le Figaro ce lundi. Un proche dément par voie de presse une installation définitive à Paris.

Un voyage précipité ? D’après le Figaro, l’actrice de Much Loved Loubna Abidar, victime d’une violente agression à Casablanca jeudi, se serait « réfugiée » à Paris. Elle craindrait pour sa sécurité au Maroc. Un proche de la jeune femme nuance dans le Huffington Post Maghreb. Il assure que ce départ n’est pas définitif.

« Il était prévu qu’elle aille en France depuis longtemps », rapelle une source proche de l’actrice au Huffington Post Maghreb. « À l’époque où elle faisait la promo du film après avoir reçu le Valois d’or au festival d’Angoulême, son agent l’avait mise en contact avec une maison d’édition qui travaille sur une bio qui lui est dédiée », ajoute-t-elle. « Avec ce qui s’est passé jeudi dernier [jour de l’agression], elle a juste avancé le rendez-vous ». Sur sa page Facebook, la jeune femme de 30 ans a, au lendemain des violences subies, posté photos et vidéos, témoignant des coups qui lui ont été portés. L’actrice a alors menacé de demander l’asile politique en Europe, avant de rétropédaler, arguant qu’elle avait ressenti « un sentiment d’humiliation et d’injustice » sur le moment.

Une actrice menacée

Un événement prévisible? L’agression, dont a été victime Loubna Abidar s’est en tout cas produit après de nombreuses menaces, notamment sur les réseaux sociaux. Toute l’équipe du film de Nabil Ayouch est sous pression depuis le mois de mai, avec la projection du film à la Quinzaine des réalisateurs, à Cannes. Un acteur a d’ailleurs déjà été victime d’une agression à l’arme blanche, également à Casablanca.

De son côté, Loubna Abidar s’est aussi confié à plusieurs reprises sur son inquiétude face aux menaces, notamment le 11 septembre dernier dans l’émission C à vous. Redoutant des attaques, elle raconte parfois sortir de chez elle en burqa pour échapper à d’éventuels agresseurs. Elle a notamment déjà quitté le pays « pendant un moment » et fait part de son envie d’y retourner. « Je veux retourner bientôt si tout va bien », explique-t-elle à l’antenne, avant d’ajouter: « On aime le Maroc. C’est pour ça qu’on a fait un film comme ça [évoquant le film et la polémique] ». Dans l’oeuvre de Nabil Ayouch Much Loved, elle incarne une prostituée. Ses détracteurs lui reprochent notamment d’inciter à la prostitution.

Dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, Loubna Abidar a témoigné le visage abîmé et en pleurs contre la violence dont elle a été victime. Elle y dénonce aussi l’inertie des autorités, qui ont refusé dit-elle de la soigner ou de prendre sa plainte, allant même jusqu’à se moquer d’elle.

Deux versions

Son cri d’alarme a ému les réseaux sociaux. Anonymes, militantes féministes et personnalités comme l’actrice Frédérique Bel lui ont exprimé leur soutien.

En revanche, la préfecture de police de Casablanca propose une toute autre version à celle de l’actrice. Elle s’est exprimé dans un communiqué, démentant « catégoriquement les données contenues dans la vidéo ». Au contraire, elle estime avoir traité la déposition de Loubna Abidar avec « professionnalisme et objectivité sans aucune considération personnelle ».

D’après elle, l’actrice se serait rendu jeudi soir dans un commissariat au quartier d’Anfa pour déposer une plainte concernant une agression. Mais problème selon la préfecture, l’actrice n’aurait pas « divulgué le lieu de l’agression ou ses circonstances ». Les agents de police ont « tout de suite », selon le communiqué, écouté la plaignante, qui a « refusé de signer le procès-verbal officiel arguant qu’il lui faut d’abord se rendre dans un hôpital pour recevoir les soins nécessaires. Une requête que la police a accepté », poursuit le communiqué. Toujours d’après la préfecture, l’enquête serait toujours en cours.

« Much Loved » : Loubna Abidar quitte le Maroc et la police porte plainte

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox
Loubna Abidar au Festival du film Francophone d'Angoulême, août 2015

Loubna Abidar au Festival du film Francophone d’Angoulême, août 2015      © JEAN MICHEL NOSSANT/SIPA

La comédienne marocaine Loubna Abidar, actrice principale du film « Much Loved » interdit au Maroc, explique avoir décidé de quitter son pays car « les femmes libres dérangent », jeudi dans une tribune sur le site du Monde, quelques jours après une agression. La police marocaine porte plainte contre elle pour diffamation, rapporte par ailleurs le quotidien.

La comédienne, qui avait reçu des menaces pour avoir joué dans ce film traitant de la prostitution au Maroc, a publié à la fin de la semaine dernière sur les réseaux sociaux une vidéo où elle apparaît avec le visage tuméfié. Dans cette vidéo, elle affirme avoir été agressée jeudi dernier à Casablanca.

« Pendant des semaines, je ne suis pas sortie de chez moi »

Cette agression n’a pas pu être confirmée par des sources officielles au Maroc. « Au fond, on m’insulte parce que je suis une femme libre. Et il y a une partie de la population, au Maroc, que les femmes libres dérangent, que les homosexuels dérangent, que les désirs de changement dérangent », écrit Loubna Abidar dans cette tribune intitulée « Pourquoi je quitte le Maroc ».

Arrivée dimanche à Paris pour se faire soigner, la comédienne explique avoir été la cible d’une « campagne de détestation » et d’un « mouvement de haine » sur les réseaux sociaux et dans la population marocaine après la présentation du film au dernier festival de Cannes. « Pendant des semaines, je ne suis pas sortie de chez moi, ou alors uniquement pour des courses rapides, cachée sous une burqa (quel paradoxe, me sentir protégée grâce à une burqa…) », détaille-t-elle.

« Much Loved dérange parce qu’il donne la parole à ces femmes qui ne l’ont jamais »

Dans la tribune publiée sur le site du Monde, Loubna Abidar raconte également son agression « par trois jeunes hommes ». « J’étais dans la rue, ils étaient dans leur voiture, ils m’ont vue et reconnue, ils étaient saouls, ils m’ont fait monter dans leur véhicule, ils ont roulé pendant de très longues minutes et pendant ce temps ils m’ont frappée sur le corps et au visage tout en m’insultant ».

« Much Loved dérangeait, parce qu’il parlait de la prostitution, officiellement interdite au Maroc, parce qu’il donnait la parole à ces femmes qui ne l’ont jamais », estime Loubna Abidar. « Much loved » avait été doublement récompensé lors du festival du film francophone d’Angoulême, fin août, avec le Valois d’or pour le film, réalisé par Nabil Ayouch, et celui de la meilleure actrice pour Loubna Abidar.

 

Le film du réalisateur Nabil Ayouch suit le parcours de Noha, Randa, Soukaina et Hlima, quatre prostituées de Marrakech. Sur les écrans français depuis septembre, il devait sortir en salles au Maroc à l’automne, mais avait été interdit préventivement, en mai, par le gouvernement marocain qui avait évoqué « un outrage grave aux valeurs morales et à la femme marocaine ».

La police marocaine porte plainte

Loubna Abidar fait l’objet d’une plainte de la Direction générale de la sécurité nationale marocaine, rapporte par ailleurs Le Monde, citant l’hebdomadaire Tel Quel : la police estime qu’elle a fait des déclarations « estimées comme fausses, erronées et portant atteinte à nos fonctionnaires », selon le site du journal.

« La plainte de la police, c’est normal. Si on les met en cause, ils menacent de te mettre en prison pour faire peur aux autres », a déclaré l’actrice au Monde. Elle raconte le peu d’aide qu’elle a reçu dans les quelques heures qui ont suivi l’agression, de la part des policiers et des médecins. Face à l’attitude des policiers « heureux de me voir cassée », elle a « explosé », confie-t-elle au quotidien.

Nabil Ayouch : « Much Loved, c’est un portrait de femmes qui rêvent »

Film polémique interdit au Maroc, « Much Loved » de Nabil Ayouch sort dans les salles françaises ce mercredi 16 septembre. Présenté en avant-première, le film a attiré de nombreux marocains…


Plainte: plus de 100 Américaines enceintes pour une pilule défectueuse

Une personne tient une plaquette de pilules contraceptives, le 13 octobre 2009, dans une pharmacie à Caen© afp.com/Mychele Daniau Une personne tient une plaquette de pilules contraceptives, le 13 octobre 2009, dans une pharmacie à Caen Malgré une bonne prise de leur contraception, elles se retrouvées enceintes. Plus de 100 femmes sont dans cette situation, en raison d’une erreur dans l’emballage de pilules contraceptives, ont porté plainte aux États-Unis, réclamant des millions de dollars en dommages et intérêts, a-t-on appris auprès de leur avocat ce jeudi.La plainte déposée, la semaine dernière, à Philadelphie vise quatre entreprises pharmaceutiques ayant fabriqué, emballé et vendu ces pilules, dont l’ordre avait été inversé « à 180 degrés », dans la plaquette où elles sont présentées.

Erreur d’emballage datant de 2011

Certaines des plaignantes, de 28 États américains différents, réclament des dommages couvrant la totalité de l’éducation d’un enfant jusqu’à ses 18 ans, en plus des frais médicaux, salaires perdus et autres complications conséquentes à leur grossesse.L’erreur d’emballage, en 2011, a laissé les 113 plaignantes « sans contraception adéquate, avec le risque d’une grossesse non désirée », précise la plainte. Le dosage hormonal de la pilule varie en effet selon le jour du mois. Parmi ces 113 femmes, 94 ont eu un enfant, 17 n’ont pas mené leur grossesse à terme, et deux n’ont pas été enceintes, a précisé leur principal avocat Keith Bodoh.La plainte vise Qualitest Pharmaceuticals, Endo Pharmaceuticals, Endo Health Pharmaceuticals et Patheon Inc, cette dernière entreprise étant basée au Canada. Les entreprises sont accusées notamment de négligence et de violation des droits à la protection des consommateurs.

Multiplication de lots

En septembre 2011, Qualitest, filiale d’Endo, avait volontairement rappelé de « multiples lots » de pilules contraceptives, vendues sous huit marques différentes, invoquant à l’époque une « erreur d’emballage », risquant de « laisser les femmes sans contraception adéquate », selon la FDA – Food and Drug administration, l’agence américaine de surveillance des médicaments et produits alimentaires.

Endo avait souligné qu’en raison de cette erreur, le dosage quotidien des pilules pouvait être incorrect. A l’époque, la firme avait souligné son souci d’assurer une utilisation sûre et efficace de ses produits, y compris les contraceptifs oraux ». Sollicitée ce jeudi, elle n’a pas souhaité immédiatement réagir à la plainte.Les avocats des 113 plaignantes avaient d’abord cherché à porter plainte, en nom collectif, à Atlanta en Géorgie, mais un juge fédéral a rejeté leur requête, a précisé Keith Bodoh. Les avocats se sont alors tournés vers Philadelphie, où se trouve le siège américain d’Endo.

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réactions

Maydan                                 D’accord pour le Maroc rétrograde,l’hypocrisie,la prostitution , la bêtise, etc… Ok pour la France terre d’asile , pays des lumières et des libertés ,etc.. Je vous accorde tout … Même les raccourcis et les généralisations parfois rances… Mais 3 mecs bourrés pour laver l’honneur de l’islam bafoué? Sûrement pour brouiller la piste des intégristes. Courage Loubna

AM                                      Le Maroc doit choisir, temps médieval ou temps moderne. On ne peut plus respirer dans cette atmosphere d’intolérance, de conformisme et de répression par la monarchie, l’Etat et la société! Y en a marre!!!!

Passant                               « Les capitalistes iront jusqu’à vendre le sabre, qui leur tranchera la tête » aurait pu dire Lénine Rien ne changera tant que les dirigeants français tels Sarkozy, Hollande, Valls etc. ,foulant au pied nos valeurs :les Droits humains , continueront à se commettre avec les pétro monarques absolus esclavagistes et misogynes, qui par devant leur font de grands sourires pour acheter des armes et par derrière via leurs ONG financent jusque dans nos banlieues le fanatisme et le terrorisme

Jef 974                                  PAS UN PAS EN ARRIERE ! Soutien inconditionnel à Loubna Abidar, et aux Marocaines et Marocains qui ne se reconnaissent pas dans le Maroc des agresseurs et de leurs thuriféraires. Et refus inconditionnel de toutes les variantes de l’Islam qui font des femmes des être inférieurs aux hommes. Et s’il faut, à ce propos, parler de guerre de civilisation, soyons clair : oui, c’est bien une guerre, et nous l’assumons.

gégé                                       Pourquoi ne pas organiser une croisade?

yves judde de larivière        Les habituels lecteurs anti-immigrés, islamophobes, qui dénoncent l’invasion arabe et le grand remplacement, devraient logiquement lui dire de rester là-bas pour lutter au lieu de venir chez nous. Mais là curieusement les voilà en train de découvrir la grandeur de l’asile ! Quelle bouffonnerie !

Christian Cépété de Far        Les habituels lecteurs qui devaient cacher leur hitlerophobie ont logiquement demandé aux Gi’s de venir chez nous. Les habituels lecteurs qui dénonçaient le péril rouge ont naturellement découvert le remerciement aux troupes de l’OTAN. C’est ça le choix, c’est repousser ceux qui représentent un danger et l’oppression pour mieux accueillir ceux qui sont un espoir et la liberté. La bouffonnerie c’est ne pas faire la différence.

gégé                                      Bien vu

Qui est bouffon ?                   La valeur terre d’asile face à la répression a un sens et elle ne peut s’exercer que si la liberté règne (encore) dans le pays d’accueil et si ce dernier dispose des capacités d’accueil. La crainte actuelle où l’islam ne se conjugue guère avec démocratie, refusant très souvent l’altérité, où la diversité religieuse a décrue depuis un siècle dans quasiment tous les pays islamiques, est, on ne peut plus normale. C’est faute d’apporter des réponses ou d’éluder ce deuxième point que le FN progresse.

gégé

@CCF:                                comment décidez vous que ceux qui demandent l’asile représentent un danger? (Est ce le niveau financier? La façon de s’habiller?, ….)

PIERRE-MARIE MURAZ

@YJDLR …                            Lui conseillerez vous l’Iran ? … Les actrices y sont bien vues !

 

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