CUISINE ÉLECTORALE

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Climat: troisième jour de marches mondiales pour faire pression sur la COP21

Depuis vendredi, des dizaines de manifestations ont été organisées partout dans le monde pour faire monter la pression sur les représentants des 195 pays qui se retrouvent à partir de lundi au Bourget, au nord de Paris, pour la COP21.

Des rassemblements sont encore prévus dimanche à Séoul, Rio de Janeiro (Brésil), New York (Etats-Unis) ou Mexico.

En France, la Coalition climat 21, regroupant 130 organisations, qui a dû renoncer à manifester dans les rues de Paris à cause des mesures de sécurité mises en place après les attentats du 13 novembre, appelle à former une chaîne humaine dans l’est de la capitale.

« Il n’y a pas de planète B », pouvait-on lire dimanche sur une pancarte à Sydney (sud-est de l’Australie), où plusieurs dizaines de milliers de personnes ont défilé. « Solidarité mondiale! », claironnait une autre banderole.

A Adelaïde (sud), 5.000 manifestants se sont rassemblés pour mettre en garde contre les conséquences du changement climatique sur la santé, la sécurité alimentaire ou encore le développement, en particulier pour les populations les plus pauvres.

« Ceux qui sont les moins responsables du problème sont pourtant ceux qui les premiers en subissent les effets, et de la façon la plus dure, comme nos soeurs et frères du Pacifique », dénonce Judee Asams, une militante de l’ONG Oxfam.

De nombreuses îles du Pacifique risquent d’être purement et simplement rayées de la carte par le réchauffement de la planète, qui s’accompagne déjà d’une élévation du niveau des océans.

– « Il n’y a jamais d’accord parfait » –

Plus grande conférence climatique jamais organisée, la réunion du Bourget débutera lundi sous très haute sécurité, deux semaines après les attentats jihadistes qui ont endeuillé la France (130 morts), et en raison de la présence de 150 chefs d’Etat ou de gouvernement.

François Hollande (France), Barack Obama (Etats-Unis), Xi Jinping (Chine), Narendra Modi (Inde) ou encore Vladimir Poutine (Russie) doivent prendre la parole lundi.

Environ 40.000 personnes, dont 10.000 délégués, sont attendues chaque jour – un défi sécuritaire pour les organisateurs.

Protégés par 2.800 policiers et gendarmes, les participants à la conférence COP21 tenteront de sceller un accord mondial pour limiter à 2 degrés la hausse du thermomètre par rapport à l’ère pré-industrielle.

Faute de quoi, les climatologues prédisent l’aggravation de phénomènes déjà visibles, comme la fonte des glaciers, la disparition d’espèces, l’intensification des épisodes météorologiques extrêmes…

Paris est également placée sous haute surveillance, avec la mobilisation de 6.300 policiers et militaires. La circulation sera interdite ou restreinte sur plusieurs axes et les habitants ont été appelés à rester chez eux, par crainte d’une trop grande affluence dans les transports publics.

Les travaux de la COP21 commenceront cependant dès dimanche, son président, le chef de la diplomatie française Laurent Fabius, ayant convoqué une assemblée plénière pour définir la feuille de route des négociateurs avant l’ouverture officielle.

« Les conditions sont réunies pour un succès mais il n’est pas encore acquis », a déclaré M. Fabius, qui s’est félicité que 183 pays, représentant 95% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, aient fait des promesses chiffrées de réduction de leurs émissions.

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a « appelé les dirigeants du monde à trouver un terrain d’entente », soulignant qu' »il n’y a jamais d’accord parfait ».

Avant de s’envoler samedi soir pour la France, le président bolivien Evo Morales, critique acerbe de l’économie néolibérale, a plaidé à Santa Cruz, dans l’est de la Bolivie, pour la création d’un « tribunal sur le changement climatique pour que les pays qui ne respectent pas (les objectifs mondiaux) soient jugés ».

COP 21: pourquoi tout le monde s’en fiche

 Marc-Emmanuel Adjou (ISCPA)

l-ecologie-est-n-est-le-centre-des-preoccupations-des-francais_5470552L’écologie et la COP21 ne sont pas les préoccupations premières des Français.          Eric Gaillard

Le coup d’envoi de la COP 21 va bientôt être donné, mais nombreux sont ceux qui ignorent encore de quoi il s’agit. Chez les mieux informés, on remarque un certain pessimisme voire une indifférence.

Politiques et écologistes du monde entier n’ont plus que ce mot à la bouche: la COP 21, la Conférence des nations unies sur le changement climatique prend officiellement ses quartiers dans la capitale dimanche. Son but? Faire adopter par les chefs d’Etat un train de mesures pour lutter contre le réchauffement de la planète. Intention louable, mais… loin de susciter l’enthousiasme des Français, dont l’attention est en outre focalisé depuis deux semaines sur les attentats du 13 novembre. En cinq points, voici pourquoi la COP 21 indiffère ou agace.

« La COP quoi? »

A quelques heures du lancement de la conférence, le sigle COP21 ne parle encore qu’à une poignée d’initiés. Selon un sondage Odoxa pour iTélé, 52% des Français en ignorent le sens. C’est surtout vrai chez les plus jeunes qui, malgré la COY et tous les moyens publicitaires déployés par le gouvernement pour promouvoir l’événement, ne sont… pas au courant. Encore plus surprenant, 54% des sympathisants Europe Ecologie Les Verts ne savent pas ce qu’est la COP21.

L’écologie, pas une priorité ?

L’état de notre planète n’a jamais été aussi alarmant. Pourtant, les actions et mobilisations citoyennes sont encore rares. Comme le révèle une étude de l’institut BVA, seuls 13% des Français se soucient du sort de notre planète, contre 41% qui jugent la lutte contre le terrorisme prioritaire. Parce que le réchauffement climatique est un « problème abstrait, analyse Dominique Bourg, philosophe et professeur à l’université de Lausanne et vice-président de la fondation Nicolas Hulot. On ne se mobilise pas pour des représentations, mais face à un danger qui assaille nos sens. Or, c’est à de pures représentations abstraites que se réduit le climat pour les gens. »

Une COP pour quels résultats?

Les Français se font peu d’illusions sur l’issue de la COP21. D’après un sondage OpinioWay pour OpenDiplomacy, ils sont 40% à penser qu’aucun engagement déterminant pour l’environnement ne sera pris à Paris. Un taux qui monte à 71% chez les 15-30 ans. Et ce pessimisme ambiant ne risque pas de s’atténuer après les récentes déclarations du secrétaire d’Etat américain John Kerry, corrigées depuis, qui prédisaient qu’il « n’y aura pas d’objectifs de réduction juridiquement contraignants » à l’issue de la conférence. Pourtant, selon 53% des Français, les politiques sont les plus à même de lutter contre le changement climatique. Cette donnée souligne la nécessité pour François Hollande et ses confrères d’obtenir la signature d’un accord solide.

Le bilan mitigé des éditions précédentes

On peut lier ce pessimisme aux résultats des éditions précédentes. Depuis la signature en 1992 de la convention cadre sur le changement climatique, les émissions de gaz à effet de serre n’ont cessé d’augmenter. En 2009, le sommet de Copenhague (COP15) s’est soldé par un échec cuisant. Les acteurs du milieu écologique ont regretté le manque de rigueur des accords signés, exempts d’engagements chiffrés sur la limitation des émissions de gaz. Les négociations se sont déroulées dans la confusion totale et les gros pollueurs que sont la Chine et les États-Unis ont monopolisé le débat, laissant les pays en voie de développement en retrait. Pour l’opinion, ces bilans remettent en doute l’utilité d’un énième rassemblement, aussi important soit-il.

Les questions de sécurité

En raison de attentats du 13 novembre, c’est dans un climat tendu que se déroulera la COP21. Les Français redoutent une nouvelle attaque, au moment où pas moins de 147 chefs de gouvernement sont attendus au Bourget. Etat d’urgence oblige, d’importants dispositifs de sécurité (120 000 policiers, gendarmes et militaires mobilisés, les contrôles aux frontières renforcés…) ont été déployés pour assurer la bonne marche de la conférence. La COP21 est bien maintenue, mais elle est moins que jamais au centre des préoccupations. La lutte contre le terrorisme a facilement éclipsé celle contre le réchauffement climatique.

Article réalisé en collaboration avec l’Institut supérieur des médias de Paris (ISCPA) et ses étudiants en journalisme.

Oui, le changement climatique crée un « terreau fertile » pour le terrorisme

Propos recueillis par

a-boy-uses-a-plastic-container-to-float-in-floodwaters-during-high-tide-in-gabura_5469880« Ceux qui ont tout perdu deviennent un terreau fertile pour la radicalisation et le recrutement de mouvements fanatiques religieux », explique François Gemenne, inquiet que l’Asie du Sud et du Sud-Est (comme ici le Bangladesh après une énième inondation en 2010) dans les années à venir.

REUTERS/Andrew Biraj

COP 21 – Lutter contre le changement climatique et lutter contre le terrorisme, même combat? Pour François Gemenne, chercheur à Sciences-Po Paris, le lien est indirect mais évident et sous-estimé. En Syrie et en Irak où Daech croît aujourd’hui, peut-être ailleurs demain.

Lutter contre le changement climatique fait partie des multiples stratégies pour lutter contre la menace terroriste. A quelques jours de l’ouverture de la COP 21 à Paris, deux semaines après les attentats qui ont meurtri la capitale française, cette idée fait son chemin dans les prises de parole des politiques. Est-elle pertinente?

François Gemenne: Elle est tout à fait pertinente. Plus que de l’opportunisme pour renouveler l’intérêt pour la COP 21 qui approche, c’est un rappel indispensable. En 2007, le Giec et Al Gore ont reçu le prix Nobel de la Paix, pas le prix Nobel de Physique. Le message du comité Nobel était clair, je crois, mais il n’a sans doute pas été assez entendu: le changement climatique représente un risque réel pour la paix.

>> Lire aussi: COP 21: « Le terrorisme d’abord, le climat ensuite »

En quoi est-ce un risque pour la sécurité mondiale?

Le manque d’eau et l’insécurité alimentaire poussent les populations à migrer ou à se rebeller contre les autorités en place. N’oubliez pas qu’en 2011, les printemps arabes sont nés après une forte hausse des prix des denrées alimentaires… Certains Etats, déjà fragiles, sont incapables de répondre aux demandes des populations. Quant à ceux vers lesquels les migrations se dirigent, comme l’Europe actuellement, ils sont dans l’impréparation totale.

Et puis il y a des enjeux de sécurité plus classiques. La crise du Darfour, par exemple, est liée au partage des terres entre deux ethnies. La hausse du niveau des océans va entraîner une perte de territoire colossale pour certains pays, un argument traditionnel des guerres. Prenez aussi les « guerres de l’eau »: deux tiers des bassins fluviaux sont partagés entre plusieurs Etats dans le monde. Il serait bon d’organiser dès maintenant leur gestion pour éviter les tensions entre Etats mais aussi les conflits entre les usages de l’eau, entre agriculture ou consommation par exemple.

Peut-on dire que la sécheresse historique qui a touché la Syrie entre 2006 et 2011 a permis à l’Etat islamique de monter en puissance?

Ce serait tirer le fil un peu trop loin car les liens de causalité sont toujours délicats à établir. Ce que l’on peut dire, c’est que cette sécheresse a provoqué un exode massif des populations et une perte considérable de récoltes. Cela a alimenté le soulèvement contre le régime de Bachar el-Assad qui n’a pas su gérer ce phénomène climatique et qui a répondu par plus de répression. Ceux qui ont tout perdu deviennent un terreau fertile pour la radicalisation et le recrutement de mouvements fanatiques religieux comme Daech.

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La région de Palmyre est retombée aux mains de Daech en mai 2015. Les djihadistes n’y ont pas seulement détruit des temples: ils ont pris le contrôle de ressources pétrolières stratégiques comme à Jazel (ici en mars 2015, sous contrôle de l’armée syrienne).

AFP PHOTO/ STR / AFP / STR

Daech jouit de ce terreau… et aussi des ressources pétrolières que le groupe a captées et qui lui rapporteraient un million de dollars par jour. Couper ce robinet financier serait-il efficace? Cela peut-il aussi inciter les responsables politiques à se détourner du pétrole, plus globalement?

Cette mesure ferait mal à Daech et serait sans doute plus utile que les bombardements, même si l’organisation trouvera d’autres sources financières, peut-être auprès de l’Arabie saoudite. La solution pour ce foyer d’insécurité ne peut de toute façon pas être détachée de la question pétrolière. Depuis 15-20 ans, les guerres et les attentats y sont liés au pétrole: la guerre du Golfe était une guerre du pétrole, le 11 septembre était un attentat du pétrole.

Sortir du pétrole, c’est aussi aller vers un monde moins conflictuel. Une fois débarrassés du pétrole, nous serons également débarrassés de ces guerres et de ces attentats. Encore faut-il que nos dirigeants, plus réactifs que proactifs, prennent conscience que cette énergie fossile est destructrice pour l’homme comme pour la planète.

Y a-t-il d’autres régions du monde où lutter contre le réchauffement climatique peut, plus ou moins directement, favoriser la sécurité internationale? L’assèchement du lac Tchad est parfois cité comme facteur aggravant de la percée de Boko Haram au Nigéria, par exemple.

C’est l’Asie du Sud et du Sud-Est qui m’inquiète le plus. Cette région regroupe la majorité de la population mondiale, elle est très dense. A force de subir les conséquences du changement climatique qui exacerbent les difficultés économiques et sociales, on peut se demander si le Bangladesh ou l’Indonésie, majoritairement musulmans, deviendront à leur tour un terreau fertile pour la radicalisation…

>> Lire aussi: L’Asie est déjà le continent le plus touché par les migrations climatiques

Autre exemple: selon les projections, le Viet Nam devrait perdre 10% de son territoire. Puisqu’on ne pourra pas tout sauver, seules certaines portions de littoral seront préservées et il faudra déplacer des populations. Ce choix est très politique. Y aura-t-il des velléités de se retourner contre le gouvernement ou d’attaquer les pays pollueurs, considérés comme responsables de la crise?

En 2001-2002, l’archipel de Tuvalu avait saisi la Cour internationale de Justice au motif que l’Australie et les Etats-Unis avaient violé son intégrité territoriale en ne ratifiant pas le protocole de Kyoto. C’est un motif grave et très classique dans le droit international… qui a souvent déclenché des guerres. Tuvalu avait fait marche arrière mais son raisonnement n’a rien d’absurde et pourrait réapparaître. Les esprits occidentaux voient sans doute cela comme une menace encore lointaine, mais ils se trompent.

Climat d’insécurité

LE MONDE Stéphane Foucart

Sur l'île yéménite de Socotra, en novembre 2015.

C’était bien évidemment la question piège. Samedi 14 novembre, sur la chaîne de télévision CBS, l’animateur du débat entre les prétendants à l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle américaine a demandé à Bernie Sanders s’il pensait toujours que le changement climatique était « la menace la plus importante pour la sécurité des Etats-Unis », comme il l’avait déclaré quelques semaines auparavant. La question est presque rhétorique. La veille, Paris était ensanglantée par des attaques terroristes d’une brutalité inédite en France. L’« urgence climatique » semble reléguée, depuis, à une question vaguement subsidiaire.

Bernie Sanders a pourtant répondu qu’il maintenait « absolument » son opinion. « En fait, le changement climatique est directement lié à l’augmentation de la menace terroriste (…), a-t-il expliqué. Si nous n’écoutons pas ce que les scientifiques nous disent, nous allons voir des pays tout autour du monde c’est ce que dit la CIA se battre pour l’accès à l’eau, pour l’accès aux terres arables, et nous verrons surgir toutes sortes de conflits. »

Tirer un lien entre sécurité et changement climatique en fait sourire certains. Ce lien est pourtant une certitude, et une certitude suffisamment incommodante pour être systématiquement oubliée et régulièrement redécouverte.

« Multiplicateur de menaces »

En mars 2008, le haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité transmettait aux Etats membres un rapport sans ambiguïté sur le sujet. Sept ans après sa rédaction, force est de constater son caractère prémonitoire. Le texte estimait que le réchauffement agit comme un « multiplicateur de menaces » dans des zones déjà traversées par des tensions sociales, politiques, religieuses ou ethniques.

« Les changements climatiques risquent d’avoir, à l’avenir, des incidences sur la stabilité sociale et politique au Proche-Orient et en Afrique du Nord », détaillait le rapport, qui pointait « les tensions liées à la gestion des ressources hydriques de la vallée du Jourdain et du bassin du Tigre et de l’Euphrate, qui se raréfient » et l’aggravation de ces tensions par l’augmentation des températures.

Il mettait aussi l’accent sur « une augmentation sensible de la population du Maghreb et du Sahel » au cours des prochaines années qui, combinée au changement climatique et à la diminution des surfaces agricoles, pourrait entraîner une « déstabilisation politique » et « accroître les pressions migratoires ». Même alerte sur le Yémen.

De manière troublante, presque toutes les zones identifiées en 2008 comme les plus sensibles au réchauffement – de la Mésopotamie au Levant en passant par le Yémen, le Sahel et l’Afrique du Nord –, ont basculé sept ans plus tard dans l’instabilité ou le chaos, chaos dont les attentats du 13 novembre sont le monstrueux rejeton.

Le cas syrien, en particulier, a fait l’objet de plusieurs travaux, cherchant la part prise par le climat dans la situation actuelle. Francesca de Châtel (université Radboud de Nimègue, aux Pays-Bas), spécialiste des questions de gestion de l’eau au Proche-Orient, en a livré une chronique saisissante, publiée en janvier 2014 dans la revue Middle Eastern Studies. Le scénario combine un cauchemar environnemental à une incurie à peu près totale du gouvernement syrien dans la gestion de ses conséquences.

Entre 2007 et 2010, favorisée par le réchauffement en cours, une sécheresse d’une sévérité jamais vue depuis le début des relevés météorologiques s’installe sur la région. Les Nations unies estiment que 1,3 million de Syriens en sont affectés. En 2008, pour la première fois de son histoire, la Syrie doit importer du blé. L’année suivante, plus de 300 000 agriculteurs désertent le nord-est du pays faute de pouvoir poursuivre leur activité. Car non seulement il ne pleut pas, mais un grand nombre de nappes phréatiques, surexploitées depuis les années 1980, sont à sec… En 2010, 17 % de la population syrienne est en situation d’insécurité alimentaire.

Bien sûr, les déterminants environnementaux n’invalident nullement les autres – religieux, politiques, ethniques, etc. –, habituellement mis en avant. Mais leur rôle est clair : comment penser que la destruction partielle de la production primaire d’un pays puisse être sans effet aucun sur sa stabilité et la sécurité de ses voisins ?

Grilles de lecture

Dans une étude publiée en mai dans Journal of Development Economics, Matthias Flückiger et Markus Ludwig, de l’université de Bâle, en Suisse, donnent une illustration extraordinaire de ce lien entre environnement et sécurité. Les deux économistes ont analysé les données relatives aux actes de piraterie au large d’une centaine de pays, et à l’abondance de plancton dans les mêmes eaux. Selon leurs calculs, lorsque la quantité de plancton baisse de 10 %, le nombre d’actes de piraterie augmente d’autant…

Parce qu’elle est étrangère à nos grilles de lecture habituelles, cette corrélation peut surprendre, mais elle n’est pas si étonnante. Le plancton – affecté par le réchauffement – forme le socle de la chaîne alimentaire marine : lorsqu’il vient à manquer, ce sont les pêcheries qui trinquent. Les pêcheurs se retrouvent alors avec des bateaux qui ne peuvent plus servir à pêcher. Il faut donc trouver une autre activité permettant de les amortir, et la piraterie en est une.

En frappant Paris le 13 novembre, l’organisation Etat islamique (EI) a remis le court terme au centre de l’agenda politique. La conférence décisive sur le climat, qui doit s’ouvrir le 30 novembre dans la capitale française, est passée au second plan. Pour la lutte contre le réchauffement, c’est une mauvaise nouvelle. On aura compris que, pour l’EI et tous ceux qui prospèrent sur le désespoir des plus pauvres, c’est une formidable victoire.

Hollande : réchauffement climatique et terrorisme, «même combat»

LE SCAN POLITIQUE – Dans une interview accordée à L’Express avant l’ouverture de la COP21, le chef de l’État fait le lien entre la lutte contre Daech et les efforts à mener pour le climat, et voit la France à la tête d’une «coalition pour la vie».

L’interview a été accordée par le chef de l’État à L’Express le 10 novembre, trois jours avant les attentats de Paris, et devait traiter uniquement des enjeux climatiques avant la COP21, qui débutera le 30 novembre. Après les événements tragiques du 13 novembre, l’hebdomadaire a pu amender son entretien. L’occasion pour le chef de l’État de faire le lien entre la lutte contre le terrorisme et celle contre le réchauffement climatique. «C’est le même combat. Celui qui consiste d’une part à protéger l’humanité des actions de mort que porte l »Etat islamique’ (Daech), qui frappent, bien plus que la France, l’ensemble du monde. Et d’autre part à préserver la planète de nos propres inconséquences, qui peuvent être, demain, des sources de conflit et de guerre. Avec la même urgence. Le fanatisme qui tue aujourd’hui. Et l’indifférence qui consume notre planète. La France est donc en première ligne. Et elle veut être à la tête de la plus large coalition pour la vie», explique François Hollande.

«La France ne renoncera jamais à ce qu’elle est: une grande nation qui parle au monde et qui est capable de le réunir pour décider de son destin. Oui, elle triomphera des périls! Mais nous devons à nos enfants plus qu’un monde libéré du terrorisme. Nous devons préserver la planète de nos propres errements et construire un avenir d’espérance et de progrès», ajoute le chef de l’État. «Ce qui est en question dans cette conférence, c’est l’humanité. L’homme est toujours son propre ennemi. Le terrorisme nous le rappelle. Il ne tient qu’à nous d’être à la hauteur de notre propre histoire pour déterminer notre futur», explique-t-il encore.

Comme l’exécutif l’avait annoncé au lendemain des attentats de Paris, François Hollande prévient que certaines manifestations prévues en marge de la COP21 ne pourront pas se tenir, par mesure de sécurité. «Les ONG qui en avaient pris l’initiative l’ont regretté mais, j’en suis sûr, l’ont compris. Leur engagement est intact, il sera même sans doute plus fort encore, comme en témoigne l’extraordinaire diversité des initiatives prévues à l’agenda des solutions. De nombreux événements auront néanmoins lieu en Ile-de-France, dans des lieux fermés et sécurisés», temporise le chef de l’État.

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Commentaires

Michel  • 

Non,pas Paris, mais flamby et sa clique. Les citoyens français sont obligés de rester chez eux

Selena  • 

Une conférence sur le climat ultra-polluante…

xtra  • 

Eh les socialo-écolo-bobos qui prétendez que le mal absolu c’est l’augmentation du CO2, soyez cohérents avec vous-mêmes!!!

ARRÊTEZ-VOUS TOUS DE RESPIRER… ET DÉFINITIVEMENT!!! MERCI!!!!!!!!!!!

xtra  • 

Toute cette agitation sur le « changement climatique » n’est qu’une gigantesque FUMISTERIE fabriquée pour maintenir les populations dans un état d’anxiété et de culpabilisation permanent!!! Joseph GOEBBELS, le ministre de la Propagande du régime nazi, serait fier de toute cette idéologie, lui qui disait ouvertement : « Un peuple maintenu dans la PEUR et dont on fouette les angoisses est beaucoup plus facile à MANIPULER. Il perd son esprit critique et considère ses dirigeants comme ses protecteurs »!!!!!

J3AnFoutr3  • 

Les moutons zombifié commencent leur défilé pour le plus grand bonheur du « système »

Conséquences

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Sécurité ou libertés publiques : faut-il choisir ?

LE MONDE CULTURE ET IDEES | Anne Chemin

Manuel Valls et François Hollande à l'Elysée, au lendemain des attentats, le 14 novembre.

Au lendemain des attentats, François Hollande a endossé sans hésiter les habits du chef de guerre. En proclamant que la France devait se défendre contre une « armée djihadiste », en dénonçant les « actes de guerre » commis à Paris, en remettant au goût du jour une loi sur l’état d’urgence qui date de la guerre d’Algérie, le président de la République a donné le ton : la France, a-t-il déclaré, luttera avec une « détermination froide » contre ses « ennemis ». Pour l’écrivain belge David Van Reybrouck, Prix Médicis de l’essai en 2012, ces termes sont « la répétition angoissante et presque mot à mot » du discours de George W. Bush devant le Congrès américain après les attentats du 11 septembre 2001.

Cette posture martiale est massivement plébiscitée par les Français – par peur, par colère, mais aussi parce que ces mesures semblent s’adresser à l’« autre ». « Si les Américains, très attachés à leur Constitution, n’ont pas contesté le Patriot Act, qui instituait une détention sans limite et sans jugement, c’est parce qu’il s’appliquait aux terroristes venus de l’étranger, pas à eux, constate Antoine Garapon, secrétaire général de l’Institut des hautes études sur la justice (IHEJ). Cette attitude qui semble également prévaloir en France est fondée sur la logique de l’ennemi, voire du barbare  : tant que la loi semble respectueuse pour les nationaux, les écarts du droit ne paraissent pas dramatiques. »

« Le problème, avec la guerre contre le terrorisme, c’est qu’elle n’aura sans doute pas de fin » Antoine Garapon, secrétaire général de l’Institut des hautes études sur la justice.

Le doute, pourtant, s’instille peu à peu dans les esprits. Car l’état d’urgence suspend nombre de libertés publiques – le principe de sûreté, avec les perquisitions administratives de jour comme de nuit sans l’accord du juge ; la liberté de circulation, avec le couvre-feu et les assignations à résidence ; la liberté d’association, avec la dissolution des groupements. « La caractéristique essentielle de ces mesures est de relever du pouvoir discrétionnaire de l’exécutif, sans intervention préalable du juge », constate, sur son blog, Roseline Letteron, professeure de droit public à l’université Panthéon-Sorbonne. « L’état d’urgence, c’est la suspension de l’autorité judiciaire », résume le président d’honneur de la Ligue des droits de l’homme, Henri Leclerc.

Lire aussi : Comment la législation antiterroriste s’est durcie en trente ans

Nul ne conteste, bien sûr, que la France est en première ligne face à l’organisation Etat islamique (EI), une « réalité pseudo-étatique enrichie de tous les trafics possibles à hauteur d’un vaste territoire », selon le mot de l’historien Jean-Noël Jeanneney. Nul ne songe à invoquer les mots du chef du gouvernement norvégien, en 2011, après les attentats d’Oslo et de l’île d’Utoya – « Nous allons répondre à la terreur par plus de démocratie, plus d’ouverture et de tolérance. » Les attaques parisiennes de 2015, les attentats déjoués de ces derniers mois et l’épisode tragique du Thalys ont instauré un climat de gravité auquel nul ne déroge : dans le débat sur les libertés publiques, personne n’est angélique, optimiste ou aveugle.

Certains, en revanche, sont inquiets. Car l’EI enferme jour après jour la France dans un piège mortifère : devra-t-elle, au nom de la défense de la démocratie, abandonner un à un les principes qui la gouvernent depuis plus de deux siècles ? « Le risque est, au motif de défendre des valeurs humanistes, de les mettre en danger, comme l’ont fait les Américains en autorisant la torture et en ouvrant Guantanamo », résume la juriste Mireille Delmas-Marty. « L’enjeu est de ne pas adopter des mesures qui déshonoreraient les valeurs pour lesquelles nous nous battons, ajoute Antoine Garapon. Le terrorisme nous met dans un nœud coulant où toute progression vers la victoire est une défaite, où toute avancée est un point accordé à l’ennemi. »

La Cour européenne des droits de l’homme veille

Dans ce débat piégé, une seule certitude s’impose  : jamais Paris ne pourra aller, avec ses lois antiterroristes, aussi loin que Washington avec le Patriot Act. «  En matière de libertés publiques, les Etats-Unis ont les mains libres car ils n’ont jamais accepté le contrôle supranational de la Cour interaméricaine des droits de l’homme, remarque Danièle Lochak, professeure émérite de droit public à l’université Paris-Ouest-Nanterre. La France n’est pas dans la même situation : elle a ratifié la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales de 1950. Elle doit donc se soumettre à la jurisprudence de la Cour [européenne des droits de l’homme, CEDH] de Strasbourg. »

Lire aussi : « Le terrorisme favorise un état d’esprit antidémocratique »

En cas de « guerre ou d’autre danger public menaçant la vie de la nation », les Etats signataires peuvent déroger à la convention – mais uniquement « dans la stricte mesure où la situation l’exige », et pas dans tous les domaines. « Il y a un noyau dur de droits qui ne souffrent aucune restriction, même si la nation est menacée, précise Nicolas Hervieu, juriste au Centre de recherches et d’études sur les droits fondamentaux (université Paris-Ouest-Nanterre). C’est le cas du droit à la vie – il est interdit de tuer, sauf acte licite de guerre –, de la légalité des délits et des peines – on ne peut condamner qu’en vertu d’un texte pénal prévisible –, et surtout de l’interdiction de l’esclavage, de la servitude, de la torture et des traitements inhumains et dégradants. »

Aucune menace terroriste, aucune attaque sur le sol français ne peut donc justifier, en France comme dans tous les Etats signataires de la Convention européenne des droits de l’homme, la torture ou les mauvais traitements. « Cette protection est absolue, quand bien même les terroristes auraient commis les pires des abominations, poursuit Nicolas Hervieu. La Cour [européenne des droits de l’homme] ne se contente d’ailleurs pas de proscrire la torture : elle interdit également aux Etats de menacer de l’utiliser ou encore d’expulser un terroriste vers un pays qui la pratique. En 2009, elle a ainsi considéré qu’un islamiste condamné pour avoir préparé un attentat contre l’ambassade américaine à Paris ne pouvait pas être expulsé en Algérie car il risquait d’y être torturé. »

Les dérives américaines de l’après-11-Septembre ne pourraient donc pas se produire dans l’Hexagone : si la police française instaurait, comme la CIA, des « interrogatoires renforcés » semblables à ceux décrits par le rapport du Sénat américain de 2014 – simulations de noyade, bains glacés, privation de sommeil –, elle serait condamnée par les juges de Strasbourg. La torture paraît si éloignée de la culture policière française du XXIe siècle que beaucoup jugent ce veto superflu, mais Jean-Noël Jeanneney rappelle que «  la pente est glissante ». « La gauche, en Algérie, au temps de Guy Mollet, abîma dans la torture, et pour longtemps, le meilleur d’elle-même. »

Tout est affaire d’équilibre

Le respect des libertés publiques ne se résume cependant pas – et c’est heureux – à l’interdiction de la torture ou des mauvais traitements. Dans le subtil nuancier de la répression pénale, tout est affaire d’équilibre : pour définir la frontière entre ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas, le maître mot des juristes est la proportionnalité. « C’est l’idée de la balance, de la pesée des intérêts », résume Mireille Delmas-Marty, professeure honoraire au Collège de France. Que des terroristes entraînés au maniement des armes de guerre en Syrie n’aient pas les mêmes droits, en garde à vue, que les délinquants du métro parisien ne choque personne. Que leurs droits soient massivement bafoués serait en revanche contraire à nos principes démocratiques.

C’est sur ce subtil équilibre entre l’efficacité de l’enquête et le respect des libertés publiques que veillent, jour après jour, les juges de Strasbourg. «  Dans le domaine de la lutte antiterroriste, la Cour européenne admet des procédures dérogatoires mais elle condamne toute restriction excessive et disproportionnée des droits et des libertés, précise Nicolas Hervieu. En matière de lutte contre le terrorisme, la CEDH tolère ainsi des gardes à vue plus longues que pour les infractions de droit commun, mais elle n’admet pas la disparition de toute garantie fondamentale. Dans l’affaire Brogan, en 1988, elle a ainsi estimé que le Royaume-Uni avait violé la Convention [européenne des droits de l’homme] en plaçant des Irlandais en garde à vue jusqu’à six jours et seize heures et demie sans les présenter à un juge. »

Cette recherche d’équilibre est délicate – d’autant plus délicate que, depuis une trentaine d’années, le dispositif antiterroriste ne cesse de se durcir. En France, la première loi date de 1986 : après une vague d’attentats, les textes allongent la durée de la garde à vue à quatre jours, reportent l’intervention de l’avocat à la 72e heure, alourdissent les peines, autorisent les perquisitions domiciliaires sans l’assentiment des suspects, et créent un corps spécialisé de juges d’instruction et de procureurs. Depuis, l’arsenal antiterroriste s’est encore renforcé – allongement de la prescription en 1995, autorisation des perquisitions de nuit en 1996, autorisation de la fouille des véhicules en 2001, allongement de la garde à vue antiterroriste à six jours en 2011, intensificationdu renseignement en 2015.

Une nouvelle logique pénale

Ces mesures répressives ont-elles fini par rompre l’équilibre entre la lutte ­contre le terrorisme et le respect des libertés publiques ? Ont-elles dépassé la nécessaire « proportionnalité » prônée par les juristes ? « Je le crains, affirme Danièle ­Lochak. Avec le développement des écoutes, des surveillances, des assignations à résidence et des perquisitions, la police et la justice ont tissé une énorme toile d’araignée sur l’ensemble de la population – au risque de toucher des personnes qui n’ont rien à voir avec le terrorisme mais qui ont le tort d’être musulmanes. Il suffit de voir les dérives constatées pendant les premiers jours de l’état d’urgence pour s’en convaincre. Je ne suis pas sûre que ces graves atteintes aux libertés nous aient fait beaucoup gagner sur le plan de la sécurité. »

Mais la dérive sécuritaire n’est pas uniquement liée à un déséquilibre croissant entre liberté et sécurité. Ce qui inquiète les juristes, c’est surtout le changement de logique pénale engendré par l’intensification de la lutte contre le terrorisme. « Le tournant a lieu en 2008, avec la loi sur la rétention de sûreté, explique la juriste Mireille Delmas-Marty. Voté dans le climat sécuritaire des années 2000, ce texte permet de priver de liberté, sans limite de temps, un individu qui a été jugé dangereux – même s’il a déjà purgé sa peine. La rétention de sûreté instaure donc une justice prédictive. Elle repose sur une logique de suspicion – fondée sur des pronostics – et non plus sur une logique d’accusation – fondée sur des preuves. C’est grave, car il est impossible de prédire à l’avance tous les comportements humains. »

Cette logique imprègne toutes les lois antiterroristes de ces dernières années : les textes déplacent sans cesse la responsabilité vers l’amont, vers l’intentionnalité, vers la dangerosité. « On peut aujourd’hui poursuivre un individu avant même qu’il ait fait la moindre tentative, ajoute Mireille Delmas-Marty. Définie en 2014, la notion d’entreprise individuelle à caractère terroriste, qui est très floue, englobe ainsi des comportements qui sont de plus en plus éloignés de l’infraction. Cette logique prédictive a d’abord été cantonnée à la lutte antiterroriste, mais elle a ensuite contaminé d’autres secteurs du droit pénal, notamment la lutte contre la criminalité organisée. C’est une manière de nier le principe de l’indétermination des comportements humains. »

Comment revenir en arrière ?

Pour Antoine Garapon, cette justice aux visées préventives est contraire aux principes du droit français. « La justice pénale est traditionnellement faite pour qualifier une action passée et énoncer une peine pour l’avenir, rappelle-t-il. Le dispositif antiterroriste, lui, n’est ni dans le passé ni dans l’avenir : il vit dans un présent intensifié car son but est d’empêcher les attentats ici et maintenant. C’est un changement de logique majeur qui nous entraîne vers une justice de l’intentionnalité, et non du fait échu. Voyez la loi sur le départ en Syrie de novembre 2014 : elle permet d’interdire la sortie du territoire français à des personnes que l’on soupçonne de vouloir se rendre “sur un théâtre d’opérations de groupements terroristes”. Pourtant, elles n’ont encore rien fait. »

Pour l’immense majorité des Français, l’intensité de la menace terroriste et les graves désordres du Moyen-Orient justifient l’instauration de ce régime d’exception. A condition, bien sûr, qu’il disparaisse une fois que la menace se sera éloignée. « On peut en douter, prévient la juriste Danièle Lochak. L’expérience montre que les textes votés en période de crise ont tendance à devenir permanents. Les décrets-lois adoptés à la veille de la seconde guerre mondiale ont ainsi imprimé durablement leur marque sur la législation française, notamment dans le domaine des étrangers. Certains textes de 1939 concernant les associations étrangères n’ont, par exemple, été abrogés qu’en 1981. »

Le danger invoqué par les défenseurs des droits de l’homme a un autre nom : l’habitude. Les régimes d’exception sont toujours votés dans l’urgence et la fébrilité, mais ils s’installent peu à peu dans les pratiques et deviennent, au fil des ans, des dispositifs routiniers de la justice pénale. S’habituera-t-on, peu à peu, aux normes juridiques de l’antiterrorisme, au point de les conserver lorsqu’elles ne seront plus nécessaires ? «  Les crises donnent souvent naissance à des législations d’exception mais, en général, elles sont supprimées lorsque la paix est de retour, souligne Antoine Garapon. Le problème, avec la guerre contre le terrorisme, c’est qu’elle n’aura sans doute pas de fin. » Nous entrons sans doute pour longtemps dans l’ère de l’antiterrorisme et de la justice prédictive.

Lire aussi : Les anti-état d’urgence s’organisent

Pierre Laurent : « Nécessité de protéger notre sécurité et nos libertés publiques »

Contrôle aux frontières: 1.000 personnes empêchées d’entrer sur le territoire

Près de 1.000 personnes représentant des risques pour la sécurité et l’ordre public ont été empêchées d’entrer sur le territoire français depuis la mise en place du contrôle aux frontières, a indiqué samedi le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve.

« Depuis la mise en place du contrôle aux frontières » le 13 novembre dernier, « ce sont près de 1.000 personnes qui ont été empêchées d’entrer sur le territoire national en raison du risque que ces personnes pouvaient représenter pour l’ordre public et la sécurité dans notre pays », a déclaré le ministre lors d’une visite à Strasbourg.

Au total, « ce sont près de 15.000 policiers, gendarmes et douaniers qui sont mobilisés sur l’ensemble de nos frontières, et notamment sur la frontière septentrionale » dans le cadre de ces contrôles, a précisé le ministre, qui visitait un point de contrôle à la frontière franco-allemande.

Le but de ces contrôles est de « permettre, dans le cadre à la fois de l’organisation de la COP21, mais aussi du niveau de menace terroriste très élevé auquel nous sommes confrontés, de conforter la sécurité des Français et de procéder aux interpellations qui sont nécessaires », a ajouté le ministre.

Il a par ailleurs réitéré ce qu’il avait annoncé à ses homologues européens lors d’une réunion à Bruxelles, à savoir que le contrôle aux frontières françaises serait maintenu « aussi longtemps que la menace terroriste subsistera ».

Le ministre a également remercié gendarmes, policiers et douaniers « pour leur engagement dans cette opération de contrôle qui est une opération lourde, avec de très nombreux points de passages qui sont contrôlés ».

La France avait rétabli exceptionnellement le contrôle à ses frontières vendredi 13 novembre, quelques heures avant les attentats, dans le cadre d’une série de mesures visant à renforcer la sécurité en amont de la conférence internationale sur le climat, la COP21, qui débute officiellement lundi à Paris.

Cette mesure est en contradiction avec le principe de libre circulation au sein de l’espace Schengen, mais les règles européennes prévoient des situations exceptionnelles dans lesquelles le contrôle peut être rétabli.

sans-titre4CELLE-LA, ELLE PEUT RESTER CHEZ NOUS. ON LA GARDE….!!!!
> > > > > > >
> > > > > > > > Pourquoi ?
> > > > > > >
> > > > > > > > Réponse : elle n’a pas de ceinture d’explosif !!!!

Attentats: 1000 personnes empêchées d’entrer en France

 LEXPRESS.fr avec AFP

un-agent-de-la-police-aux-frontieres-paf-sur-l-a31-a-la-frontiere-avec-le-luxembourg-le-19-novembre-2015_5467524Un agent de la Police aux frontières sur l’A31 à la frontière avec le Luxembourg, le 19 novembre 2015       afp.com/JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN

Dans le cadre de l’état d’urgence, près d’un millier de personnes ont été empêchées d’entrer sur le territoire français, a indiqué le ministre de l’Intérieur samedi.

Près de 1000 personnes ont été empêchées d’entrer sur le territoire français, depuis la mise en place du contrôle aux frontières, le 13 novembre dernier, a indiqué samedi le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, lors d’une visite à Strasbourg. « Ces personnes pouvaient représenter [un risque] pour l’ordre public et la sécurité dans notre pays », a déclaré le ministre lors d’une visite à Strasbourg.

Au total, « ce sont près de 15 000 policiers, gendarmes et douaniers qui sont mobilisés sur l’ensemble de nos frontières, et notamment sur la frontière septentrionale » dans le cadre de ces contrôles, a précisé le ministre, qui visitait un point de contrôle à la frontière franco-allemande.

Le but de ces contrôles est de « permettre, dans le cadre à la fois de l’organisation de la COP21, mais aussi du niveau de menace terroriste très élevé auquel nous sommes confrontés, de conforter la sécurité des Français et de procéder aux interpellations qui sont nécessaires ». Le ministre a par ailleurs réitéré ce qu’il avait annoncé à ses homologues européens lors d’une réunion à Bruxelles, à savoir que le contrôle aux frontières françaises serait maintenu « aussi longtemps que la menace terroriste subsistera ».

Mesure en contradiction avec l’espace Schengen, mais…

Bernard Cazeneuve a également remercié gendarmes, policiers et douaniers « pour leur engagement dans cette opération de contrôle qui est une opération lourde, avec de très nombreux points de passages qui sont contrôlés ». La France avait rétabli exceptionnellement le contrôle à ses frontières vendredi 13 novembre, quelques heures avant les attentats, dans le cadre d’une série de mesures visant à renforcer la sécurité en amont de la conférence internationale sur le climat, la COP21, qui débute officiellement lundi à Paris.

Cette mesure est en contradiction avec le principe de libre circulation au sein de l’espace Schengen, mais les règles européennes prévoient des situations exceptionnelles dans lesquelles le contrôle peut être rétabli.

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Commentaires

Aïoli                                                   Condamner pour une intentionnalité est absurde et contre-productif. C’est le passage à l’acte qui doit être sanctionné. Pourtant ceux là même qui dénoncent cette dérive, font un procès d’intention à l’exécutif. L’état d’urgence à été voté par le congrès pour une durée limitée, les attentats ont eu lieu il y a 15 jours, 147 chefs d’Etat sont attendus à Paris demain. C’est un peu plus grave que des voitures brûlées en banlieue.

tOad                                                  Ca picote un peu, au début. Dessin: http://telex.blog.lemonde.fr/2015/11/28/telex28-11-2015/

 Francois Mastrangelo       La supplantation d’une justice d’accusation par une justice de suspicion mine le socle juridique sur lequel reposent nos régimes démocratiques; or c’est précisément à ce travail de sape que le nihilisme politique de l’EI entend nous conduire! L’obligation d’agir en amont de la factualité et l’impossible collecte d’informations exhaustives doivent se traduire, non par une suspicion systématique, mais, dans le champ de l’intelligence anticipatoire, par l’élaboration d’un Renseignement qualitatif.

 tokamac klm                           l’on confond souvent état d’urgence et plein pouvoir. l’urgence permet d’agir en urgence, donc plus vite, surtout pour l’exécutif et la justice… mais pas pour la législation, normalement tout état hors le droit perd sa faculté de le changer, aucune législation nouvelle ne peux advenir lors d’un état qui n’est que l’accélération d’un état législatif antérieur, et non un sauf conduit pour le n’importe quoi, n’importe comment. ce ne sont pas les pleins pouvoirs !

yenamarre                                          les mêmes qui aujourd’hui hurlent que rien n’a été fait depuis janvier après les attentats ( 17 morts) auraient ils allègrement accepter l’état d’urgence à cette date alors que l’on voit aujourd’hui des français qui hurlent aux atteintes aux libertés individuelles après 130 morts et 400 blessés?

 

  • mais plus d’1 million arrivé en Europe.

  • ntb23  • 

    et tous ceux qui sont déjà entrés,on refait la vérification de chacun? il y a de tout là dedans,il faudrait un bon nettoyage!!!!!!!!!!!

    totalediscretion  • 

    Ouah, encore un petit effort Cazeneuve, et tu arriveras à bloquer (provisoirement) les 150 000 clandestins, auxquels viennent de se rajouter les pudiquement appelés « migrants, qui chaque année parasitent notre pays . Et je ne parle pas ceux qui sont là depuis 40 ans. Bref, effet d’annonce d’un gouvernement aux abois !

    Comtesse  •

    1000 personnes  » dangereuses  » empêchées de territoire depuis une dizaine de jours , mais combien sont rentrées avant , depuis des années ?

    Morpho  • 

    1000 suspects en à peine 15 jours, mieux vaut ne pas faire la multiplication de ceux qui ont pu rentrer NORMALEMENT depuis le mois de Janvier !

    popeye  •

    les terroristes entrent en Europe comme dans un moulin ils vont former une armée pour nous envahir et islamiser le monde ouvrez les yeux les complices sont l’umps

    Drac  • 

    enfumage pré électoral pour calmer la foule ! ces an foix raies de politiques remplisseurs de m(e)rdes délinquantes inutiles parasites voir islamistes djihadistes veulent nous faire croire qu’ils ne sont plus débiles et devenus patriotes ?!
    dégagez tous les UMPS !!

    m  • 

    quand c est Marine qui le demande elle est raciste
    Mais quand c est les socialopes qui le font c est trop bien

    Ce gros Gneugneu  • 

    1.000 personnes présentant un risque refoulées aux frontières … C’est bien, mais quels risques présentaient-elles ? Parce que je ne pense pas qu’un terroriste bien décidé se pointe à un poste frontière avec le drapeau de Daech accroché au canon de l’AK47 !

    Tout militant vert étranger est considéré comme personne à risque pour quelques jours, certains EELV bénéficiant même d’une fiche « S »

    Mireille  •

    1000 personnes refoulées à la frontière… Mmmh ! Mmmh ! C’est dérisoire ! J’imagine Caseneuve, Hollande et Valls donnant ces chiffres aux médias en leur disant :surtout insistez bien sur le nombre et que c’était des personnes dangereuses, il faut que le peuple sache qu’on se préoccupe de leur sécurité… C’est d’un comique navrant !

 

Credo

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 sans-titre

ribbon-black_68Sa lettre à Daech fait le buzz sur internet

«Vous pouvez la publier»

sans-titre6Simon Casteran, journaliste toulousain, a perdu sa cousine, Madeleine, 30 ans, professeur de français, vendredi soir, morte au Bataclan à Paris. Sur son blog personnel, lessermonsdulundi.com, il adresse à Daech une lettre forte, intelligente et inspirée de la soif de vie de sa cousine.

La Dépêche du Midi

Attentats du 13 novembre 2015

Mon cher Daech,
J’ai bien lu ton communiqué de presse victorieux. Comme on l’imagine, tu dois être heureux du succès de tes attaques menées vendredi soir à Paris. Massacrer des civils innocents qui ne demandaient qu’à jouir d’un bon match de foot, d’un concert de métal ou tout simplement d’un petit restau entre potes, ça défoule, pas vrai ? Alors certes, ça ne te change pas beaucoup des milliers d’exactions commises quotidiennement, depuis des années, en Irak et en Syrie. Mais en bonne multinationale des lâches et des peine-à-jouir que tu es, il te fallait t’imposer sur le marché occidental. Ce que tu as fait, dès janvier, avec l’attentat de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher. Toutes mes félicitations : grâce à tes happenings sordides et sanglants, la marque Daech est plus forte que jamais. Elle a même effacé jusqu’au souvenir d’Al-Qaeda qui, à côté de toi, semble désormais presque raisonnable.
Donc, tu as tué. Oh bien sûr, pas par goût du sang et de la violence, mais au nom «d’Allah le Très Miséricordieux». Moi qui croyais que la «miséricorde» suppose la bonté et l’indulgence envers les autres, je ferais mieux de jeter mon dictionnaire. Et de m’acheter une Kalachnikov et des grenades, pour m’en aller distribuer à mon tour amour et compassion partout où vous vous trouvez. Avant de laisser, sur vos corps enfin bénis, la photo de ma cousine Madeleine, que votre miséricorde a lâchement assassinée vendredi au Bataclan.
L’eussiez-vous connue, que vous l’auriez détestée immédiatement. C’était une femme libre et heureuse, pleine de cette lumière intérieure qui vous manque tant. Horreur suprême, c’était aussi une intellectuelle, qui aimait son métier de prof de lettres en collège. Car oui, chez nous, les femmes ont non seulement le droit d’être éduquées, mais aussi d’enseigner. Tout comme elles ont le droit d’aller où bon leur semble, d’écouter de la musique, de boire de l’alcool et d’aimer qui elles veulent. Sans burqa, ni violence. Bref, de jouir de cette liberté qui vous fait tant horreur. Et dont Paris, «la capitale des abominations et de la perversion», dis-tu, s’est fait depuis longtemps la représentante.
Oui, chers soe½urs et frères, n’en doutons pas : l’abomination et la perversion n’est pas à chercher dans le massacre d’innocents par des fanatiques surarmés, qui travestissent le Coran en un manuel du parfait petit terroriste, mais dans cette vie païenne, faite de plaisirs et de joie. Cette «fête de la perversité» qui réunit, de semaine en semaine, des milliers «d’idolâtres» ; lesquels, au lieu d’adorer la Mort comme vous le faites en «(divorçant) de la vie d’ici-bas», préfèrent se rassembler pour communier ensemble, dans un instant de partage et d’adoration de l’existence.
À ce titre, mon petit, ridicule, mesquin Daech, je te dois un aveu : moi aussi, je suis un pervers et un idolâtre. J’aime la vie, le métal, les restaus et, parfois même, regarder un match de foot. Mea culpa, mea maxima culpa. Je suis un Croisé, comme tu dis. Un Croisé de la liberté, de l’amour et de la convivialité ; à la différence, cependant, que contrairement à toi, j’ai évolué depuis le Moyen Âge. Ma religion n’est pas faite de fer et de sang, comme la tienne, mais de chair et d’espoir. Aussi, si tu veux un bon conseil, mon cher Daech, dépêche-toi : car l’Histoire est sur tes talons, et déjà les Lumières que tu veux éteindre menacent ton califat d’un autre âge.
«Allah est le plus grand», écris-tu. «Or c’est à Allah qu’est la puissance ainsi qu’à Son messager et aux croyants. Mais les hypocrites ne le savent pas» (sourate 63, verset 8). Sur ce point, je ne peux que te donner raison. Qu’on l’appelle Dieu, Yahvé ou Allah, le Tout-puissant n’a guère besoin que l’on tue en son nom, ni que l’on pervertisse Ses lois. Alors, pourquoi continuer à tuer ? Ton Seigneur est-il si faible, dans ton esprit, qu’il ne puisse agir de lui-même ? Je ne peux le croire. Ce que je crois, en revanche, c’est que tu t’arranges bien de Son silence. Qu’en tuant au nom de ce même islam et des musulmans que tu prétends défendre, tout en les assassinant, c’est la Création divine que tu détruis. Ce qui fait de toi un impie, un pécheur, encore plus coupable que le croyant que tu exècres, ou les païens que nous sommes. Mais cela, les hypocrites ne le savent pas.
Simon Casteran
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sans-titre5
La philosophe Alexandra Laignel-Lavastine, qui habite en Seine-Saint-Denis, a interrogé les jeunes de son quartier dès le matin du 14 novembre. Les propos qu’elle a recueillis sont glaçants.Alors qu’en ce lugubre matin du samedi 14 novembre, la France était en état de choc et le monde glacé d’effroi, comment les jeunes de mon quartier, dans le 93, avaient-ils vécu, eux, les carnages de la nuit? Un vague espoir m’avait saisi: et si les tueurs islamistes venaient, par ce bain de sang, de s’aliéner un peu leurs admirateurs de banlieue, généralement fascinés par leurs «exploits guerriers»?
Dans cet univers clos et à la dérive, où la fêlure morale est souvent vertigineuse, le principe qui prédomine est en effet celui de la valeur contraire. Les décapitations en ligne, les prières de rue et le voile intégral horrifient ou dérangent? Ils «kiffent» puisqu’ils «niquent la France». Mais cette fois? Se pouvait-il que les images atroces des tueries les laissent de marbre et ne suscitent pas l’ombre d’un écœurement ou d’une identification aux victimes? En s’en prenant au public jeune et festif d’un concert de rock ; pis, en ciblant les spectateurs d’un match de foot, leur passion, de surcroît au Stade de France, situé à quelques encablures de là et où ils auraient tous pu se trouver, les tueurs de Daech n’avaient-ils pas commis une erreur d’appréciation ?
J’avoue que je m’attendais au moins à un vague: «Là quand même, ils abusent!». Je descends au bistrot du coin vers 10 heures.Première surprise: rien n’y laisse deviner qu’une tragédie vient de frapper le pays. La télé est pourtant allumée au-dessus du comptoir, le film des événements passe et repasse en boucle. La clientèle, exclusivement masculine, regarde du coin de l’œil, mais personne ne semble concerné. J’interroge le patron, les yeux rougis par l’absence de sommeil, un sympathique arabe chrétien qui se définit comme «assyro-babylonien»: «J’y crois pas», me dit-il à voix basse. Depuis que j’ai ouvert à 8 heures, les gens parlent de tout et de rien, mais surtout pas de ce qui vient de se passer. C’est biz as usual: circulez, y’a rien à voir».
Je m’attable avec Malik, en train de boire son café, le visage fermé. Je lui dit qu’il a une mine fatiguée et qu’il y a de quoi après les massacres horribles des dernières heures. «Pourquoi horribles?», me lance-t-il d’un air hostile, «tu crois quand même pas ce qu’ils nous racontent!». Ma crédulité lui fait même «pitié»: «Réfléchis trois secondes: un musulman, ça tue pas. Tuer, chez nous, c’est haram. C’est marqué dans le Coran».
Je tente la carte bobo nunuche bien-pensante: l’islam est certes une religion-de-tolérance-et-de-paix, mais il peut y avoir de mauvais musulmans, des fanatiques qui le déforment et s’en servent à de vilaines fins politiques.
«C’est quoi ces conneries?», poursuit-il. «Un communiqué, ça se fabrique, c’est comme les images: tout est bidon». Et comme un musulman ne peut donc être un meurtrier, il faut bien que «y’ai un truc derrière tout ça».
Le raisonnement est implacable. Aussi brillant que celui d’Emmanuel Todd et d’une bonne partie de la doxa de gauche politiquement correcte, pour qui il ne s’agissait déjà plus, quatre mois après «Charlie», de combattre l’islamisme, mais le «laïcisme radical» porté par les néo-réactionnaires, très vite tenus, en toute indécence, pour les coupables indirects des crimes de janvier.

Entre temps, les copains de Malik sont arrivés et ils se mêlent à la conversation. Nidal, passablement agressif, renchérit: «La vérité, de toute façon, on l’a connaît: c’est un complot contre nous et contre l’islam, comme avec Merah et le reste». Le reste? Un autre m’éclaire de façon assez prévisible en m’expliquant que les chambres à gaz seraient une «invention sioniste», le 11-Septembre un complot du Mossad et le massacre de Charlie-Hebdo un coup monté de la DCRI. «Tu vois, les Kouachi. J’ai un copain qui les connaissait bien. Il m’a dit que le deuxième frère était mort en 2009. C’est pas une preuve, ça? Le but, c’est de salir les musulmans».
Avant, m’expliquent-ils, ils ne disposaient que de la version officielle que leur servaient «les médias». Désormais, ils possèdent un savoir inaccessible au profane: «On peut plus nous enfumer». À ce propos, je leur demande quels sont leurs sites préférés: Dieudonné, Soral, Médiapart, oumma.com, les Indigènes de la République?
Ils ne comprennent pas le sens de ma question: «Internet, quoi, YouTube. Tu connais YouTube?». Je n’insiste pas, voyant que la notion même de source leur échappe. Je me résigne aussi assez vite à laisser de côté la question de la vraisemblance dudit complot — la paranoïa conspirationniste étant par définition immunisée contre tout démenti en provenance des faits —, pour m’intéresser aux chefs d’orchestres cachés: un complot, mais orchestré par qui ? «Justement, on le saura jamais», dit Kevin d’un air grave et dubitatif.
«Tu déconnes!», s’énerve Réda qui prend à son tour la parole avec véhémence: «T’sé quoi Madame, avec tout mon respect: les gros salauds, les barbares, les criminels qu’faudrait régler à la kalach, c’est les Juifs! Mais ça, tu pourras pas l’écrire dans ton journal vu qu’ils contrôlent tout».
Vraiment tout? «Nan, en fait, seulement 80 %», estime Kamel, plus raisonnable et qui dispose de chiffres plus… exacts. Son voisin, un peu gêné devant moi, tient lui aussi à… nuancer: «Les Juifs, enfin les sionistes plutôt. C’est eux les grands caïds. Même l’Etat français est une marionnette entre leurs mains». Tous acquiescent avec vigueur et considèrent, pour de mystérieuses raisons, que seul Poutine, «un mec génial», pourrait nous «sauver».

« Même les Français en ont marre, ils sont plus chez eux avec ces Juifs pourris. Or on a quand même le droit de se sentir chez soi, c’est normal ! »

Les trois mots magiques — «Juif», «sioniste» et «complot» — étant lâchés, ces vocables ont aussitôt pour effet d’échauffer le groupe, toujours aussi peu disposé, autour de midi, à verser une larme de compassion, même une toute petite, envers les morts et les blessés de la nuit. Une insensibilité et une indifférence absolues. Tandis que je songe à la réflexion d’Hannah Arendt sur le fait que c’est aussi dans le vide de la pensée et l’incapacité d’être ému que la barbarie se déploie, voilà que Toufik infléchit avec succès la discussion sur les francs-maçons, «les alliés du grand caïd» qui, manifestement, les passionnent. Et d’ajouter: «De toute façon, en France, c’est simple: si tu fais pas partie d’une loge, t’as pas de boulot». Son pote le coupe: «Faut pas oublier non plus Sarko et sa bande qui, après avoir vendu cinq tonnes d’or aux Américains pour une bouchée de pain, se sont tous tirés à Tel-Aviv». Son voisin complète: «Même les Français en ont marre, ils sont plus chez eux avec ces Juifs pourris. Or on a quand même le droit de se sentir chez soi, c’est normal!».
J’ose faire remarquer que Nicolas Sarkozy a pourtant l’air de se trouver physiquement à Paris. «Ben c’est normal, vu que c’est Rockefeller qui dirige BFM et iTélé». J’admet que je n’y avais pas pensé… De toute façon, «ils sont tous islamophobes, faut arrêter de nous stigmatiser», conclut un autre.

Là, il me sidère: ces jeunes esprits déstructurés, abreuvés aux discours de haine et aux fantasmes complotistes, ont en même temps très bien capté le prêt-à-penser du jour et l’intérêt qu’ils pouvaient en retirer, entre chantage à l’islamophobie, vulgate du padamalgame (les procès en dérive «néo-réac», ils ne connaissent pas encore) et complaisance victimaire. Il est vrai que l’axiome de Malik — «Un musulman, ça tue pas» — rejoint le principe intangible de la bien-pensance contemporaine, à savoir que le Mal ne saurait en aucun cas surgir du camp du Bien, celui des anciens «damnés de la terre». D’où l’exploit d’Edwy Plenel qui, en 2013, osait encore parler d’un «terrorisme dit islamiste».

C’est ainsi que sans ces territoires occupés de la pensée progressiste, toute à son déni idéologique du réel, Les Territoires perdus de la République*, un livre qui réunissait dès 2002 les témoignages alarmés de professeurs du secondaire, aurait pu permettre de faire — à temps? — le bon diagnostic. La gauche, dont la lâcheté fut affligeante, a préféré le bouder et le considérer comme raciste: comment osait-on constater une offensive salafiste dans certains quartiers? Scandaleux. Résultat: la France enregistre quinze ans de retard à l’allumage face à la menace représentée par un islam qui se radicalise.

À se demander où réside le plus horrifiant. Dans cette perte absolue de repères parmi une jeunesse pourtant née et éduquée en France? Ou dans le manque de courage de nos élites somnambules qui, de renoncements en capitulations, ont contribué à accuser cette fracture qu’il était jusqu’à présent de mauvais goût de vouloir voir et sur laquelle il était donc de bon ton de ne rien savoir.

Tragique. Au début des années 2000, mes interlocuteurs étaient encore enfants. Nos milliers de djihadistes de fabrication locale — dont les massacreurs du 13 novembre —, l’étaient aussi.

Source

(A l’origine publié dans le Figarovox, cet article a été supprimé… des médias aux ordres?) (NDLR)


Mme Gestapo à la question

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Grosse tension entre Marine Le Pen et France Inter après un fact checking

Le Figaro     Marc de BoniIl


LE SCAN POLITIQUE – La présidente du FN a accusé France Inter de s’être muée en «tribunal» après que deux de ses affirmations ont été vérifiées et démenties en direct ce jeudi matin.

figarofr: Marine Le Pen, présidente du FN© THOMAS SAMSON/AFP Marine Le Pen, présidente du FN Le roman des relations tumultueuses qu’entretien le monde médiatique avec Marine Le Pen se trouve enrichi d’un nouveau chapitre. Invitée ce jeudi matin sur France Inter, la présidente du FN s’est à nouveau fâchée avec l’animateur Patrice Cohen, qui a contesté en direct certaines de ses affirmations portant sur des citations de Christiane Taubira et Bernard Cazeneuve, deux ministres en première ligne dans cette période de l’après-attentat. Difficile de savoir si la présidente du FN est partie précipitamment ou non, il semble cependant que l’émission était bien terminée lorsqu’elle s’est levée. Mais une chose est sûre, elle s’est sentie piégée, accusant en partant la radio de s’être mué en «tribunal».

Marine Le Pen a d’abord souhaité pointer une phrase prêtée à Bernard Cazeneuve par ses détracteurs, et selon laquelle: «prôner le djihad n’est pas un délit». Sur France Inter la présidente du FN assure: «C’est un propos qu’il a tenu, je crois, alors je vous le dis de mémoire, en 2014 sur RTL. Mais l’ensemble de ceux qui nous écoutent retrouveront cette déclaration», assure-t-elle. On trouve effectivement cette affirmation abondamment relayée sur des sites tels que Riposte Laïque ou medias-presse.info, connotés politiquement à l’extrême droite. Mais la déclaration originelle était en réalité un propos émanant du ministère de l’Intérieur au sujet de la publication d’un livre pour enfants dans lequel le djihad était prôné. La Place Beauvau avait alors expliqué qu’il n’était pas possible d’interdire la parution du livre, car aux yeux de la loi, la promotion du djihad ne constitue pas un délit. Il s’agissait donc d’un rappel du droit.

Bataille d’interprétation

Autre point d’achoppement ce jeudi matin dans les studios de France Inter, des propos prêtés à la Garde des sceaux. Marine Le Pen a été invitée à revenir sur une accusation qu’elle avait portée contre Christiane Taubira, qui selon elle aurait affirmé dans une interview donnée à iTélé qu’il «fallait comprendre les jeunes qui partent en Syrie». «C’est un propos qu’elle a tenu», a affirmé la présidente du FN qui a par ailleurs promis de revenir avec tous «les éléments» pour étayer son affirmation. Mais France Inter disposant de l’extrait en question, a diffusé cette interview de février 2015. «D’abord il faut s’interroger: quels sont les ressorts profonds qui font qu’un jeune est réceptif à ce discours de destruction, de dévastation de mort tout simplement (…) Il nous faut comprendre cela», y explique précisément la ministre de la Justice, interrogée sur les moyens disponibles qui permettraient d’empêcher que de nouveaux jeunes partent en Syrie.

Mais quelques minutes après la fin de l’émission Marine Le Pen ne décolère pas et publie sur Twitter un lien vers un article d’iTélé, et effectivement titré «Taubira: ‘il faut comprendre le jeune qui part en Syrie’», un titre qui traduit donc de manière incomplète le propos de la ministre. Face à l’ampleur prise par cette polémique, la rédaction de la chaîne a d’ailleurs corrigé ce jeudi ce qu’elle a qualifié «d’erreur de verbatim». Il n’en fallait pas moins pour déclencher chez un certain nombre de cadres et de soutiens du FN des accusations de collusion médiatique, dans le seul but de déstabiliser Marine Le Pen.

Confrontée à ses contre-vérités sur France Inter, Marine Le Pen se tend face à Patrick Cohen

POLITIQUE – Disons le tout de suite. Non Marine Le Pen n’a pas quitté précipitamment le studio de France Inter après son interview jeudi 19 novembre, comme cela a pu être évoqué. L’entretien qui a porté sur les suites des attentats du 13 novembre était bien terminé quand la présidente du Front national s’est levée.

Il n’en reste pas moins que l’échange avec le journaliste Patrick Cohen a été considérablement tendu quand ce dernier a confronté Marine Le Pen à certaines de ses déclarations qui s’éloignaient de la réalité. La leader d’extrême droite a été placée devant deux de ses déclarations qui ciblent Bernard Cazeneuve et Christiane Taubira (à partir de 12’20 dans la vidéo en haut de l’article).

Commençons par le ministre de l’Intérieur. Sur France Inter, Marine Le Pen a déclaré ceci: « Monsieur Cazeneuve qui explique que prôner le jihad n’est pas un délit. (…) C’est un propos qu’il a tenu, je crois et je le dis de mémoire en 2014 sur RTL. » Dans l’esprit de la frontiste, le ministre justifiait d’une certaine manière le jihad. Sauf que, rappelle Patrick Cohen, Bernard Cazeneuve n’a jamais dit cela.

Le Lab d’Europe 1 rappelle l’origine de cette phrase qui circule beaucoup (et sans source) sur les réseaux d’extrême droite. C’est en réalité le ministère de l’Intérieur qui évoquait la sortie d’un livre d’exégèse du Coran qui contenait des passages où le jihad était prôné.

C’est alors que les services de Bernard Cazeneuve avaient affirmé qu’on ne pouvait pas interdire le livre dans la mesure où « ce n’est pas un délit de prôner le jihad, ce n’est pénalement pas répréhensible ». En clair, ce responsable de la place Beauvau ne justifiait pas le jihad mais se contentait de rappeler le droit.

Et pour ce qui est de Christiane Taubira. Patrick Cohen revient sur des propos tenus il y a quelques jours par Marine Le Pen. Elle reprochait à la ministre de la Justice d’avoir dit qu’il « fallait comprendre les jeunes qui partent en Syrie ». « C’est un propos qu’elle a tenu », assure la présidente du FN, ajoutant qu’elle viendra la fois suivante « avec l’ensemble de (ses) éléments ».

Sauf que France Inter diffuse le passage en question de l’interview de la Garde des sceaux sur iTélé.

– « Que dites-vous à un jeune qui part en Syrie », demande la journaliste.

– « D’abord il faut s’interroger sur les ressorts profonds qui font que des jeunes sont réceptifs à ce discours de dévastation. (…) Il nous faut comprendre cela », avait répondu Christiane Taubira.

Rien à voir donc avec une quelconque justification des motivations des jeunes Français qui iraient faire le jihad.

Mais, une fois l’interview terminée, Marine Le Pen n’en démort pas. Sur twitter, elle poste un message « à l’attention des journalistes de France Inter ». Il renvoie vers l’article d’iTélé qui reprend l’interview de Christiane Taubira. Intitulé: « Taubira: ‘il faut comprendre le jeune qui part en Syrie » », il fait lui aussi un raccourci malencontreux, que Marine Le Pen utilise à des fins politiciennes.

Lire aussi :

• Attentats: quand des candidats aux régionales font campagne sans en avoir l’air

• En plein deuil national, le FN déroule son programme électoral

• Marine Le Pen veut « éradiquer l’immigration bactérienne »

Marine Le Pen vs Patrick Cohen sur France Inter: arrêtons de dérouler le tapis rouge au FN

LE PLUS. Au lendemain de l’échec du sommet de Bruxelles sur les migrants, Marine Le Pen était l’invitée de la matinale de France Inter, ce mardi 15 septembre. Et comme on pouvait le prévoir, Patrick Cohen s’est vite retrouvé sur la défensive face à la présidente du FN, déplore notre chroniqueur Olivier Picard. Un très mauvais calcul médiatique, inspiré par l’addiction à l’intensité.

Sébastien Billard  –  Aude Baron

Marine Le Pen face à Patrick Cohen sur France Inter, le 15 septembre (capture d’écran).

Quelle idée folle ! Quelle erreur d’inviter Marine Le Pen en plein drame des migrants et, circonstance aggravante, au lendemain de l’échec européen de Bruxelles. Autant ouvrir le micro à l’ennemi avec les meilleures intentions du monde.

N’y a-t-il eu personne à la rédaction de France Inter pour prendre la mesure de l’inconscience, voire de l’irresponsabilité, d’une telle invitation ?

Elle avait un boulevard devant elle

On comprend bien l’objectif initial : pousser la présidente du Front national dans ses retranchements en l’obligeant à justifier l’incohérence et l’inhumanité de ses saillies populistes. Mais la bataille était perdue d’avance. Après le revirement d’Angela Merkel, Marine Le Pen avait un boulevard devant elle.

Jamais les circonstances ne lui ont été aussi favorables : en rétablissant provisoirement ses frontières avec l’Autriche, la chancelière allemande semble valider toutes les préventions de l’extrême droite contre les dangers de « la submersion migratoire ».

L’anchor man de la matinale de France Inter a bien essayé de mettre en évidence les déclarations border line de son interlocutrice sur l’assimilation de la vague d’immigrés à une nouvelle « invasion barbare ». l a tenté de la prendre en flagrant délit de mensonge sur « le tweet en arabe » d’Anne Hidalgo

Il s’est crashé : Marine Le Pen usant de toute sa mauvaise foi sémantique – et on sait qu’elle est performante – a pu livrer l’interprétation la plus lisse de propos volontairement scandaleux.

Un désastre en direct

Du coup, c’est le talentueux journaliste qui s’est retrouvé en difficulté, donnant l’impression de ramer laborieusement à contre-courant et d’être – c’est le comble – de parti pris en jouant à un énième petit jeu radiophonique du chat et de la souris.

Non seulement Marine Le Pen s’en est sortie sans une égratignure mais elle a pu dérouler son argumentaire habituel dans un contexte historique qui dédiabolise les concepts les plus xénophobes de son mouvement.

La vociférante présidente a même pu, l’air de rien, traiter de dégonflés les jeunes hommes syriens qui fuient leur pays quand ils feraient mieux de se battre contre Daesh (c’est ce qu’elle ferait, elle, a-t-elle fanfaronné). Un désastre en direct. C’était à pleurer. À pleu-rer !

Cette déroute journalistique devrait servir de leçon, et de guide éthique pour notre profession. Donner la parole aux dirigeants du FN parce qu’ils sont des acteurs de notre démocratie, d’accord, mais rien ne nous oblige à leur dérouler le tapis rouge quand on sait par avance à quel point ils (elles) sauront profiter de la situation pour capitaliser sur une actualité dramatique.

La dangereuse addiction au FN des médias

En l’occurrence, la parole de Marine Le Pen était parfaitement prévisible et on savait à l’avance qu’elle n’apporterait rien de plus à une lecture éclairante de l’information.

Alors ? La vérité, et elle est sombre, c’est que les médias raffolent de l’intensité sulfureuse dégagée par la montée du FN et ils abusent de cet ingrédient dopant pour exciter les audiences. C’est plus fort qu’eux. Plus fort que leurs principes. Plus fort que leurs indignations. Ils ne peuvent pas s’en empêcher. C’est presque de l’ordre de la perversion sexuelle ou de l’addiction.

Et l’expérience, depuis la première « Heure de vérité » de Jean-Marie Le Pen en 1984, montre que c’est dangereux. Faut savoir dire stop, comme chantait Bashung. Alors disons stop. STOP !

Marine Le Pen quitte le plateau de France Inter après une vérification de ses propos en direct

Marine Le Pen était l'invitée de France Inter le 19 novembre.

Marine Le Pen était l’invitée de France Inter le 19 novembre. – Capture – France Inter

Un climat tendu régnait jeudi matin sur le plateau de France Inter. Marine Le Pen a quitté le plateau après une séance de fact checking en direct. L’entourage de Marine Le Pen dément un départ précipité et explique que la patronne du FN ne reste jamais pour la dernière séquence.

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Commentaires

Pierre  • 

mlp « Bernard Cazeneuve explique que prôner le djihad n’est pas un délit »
Cohen « Bernard Cazeneuve n’a jamais dit qu’il fallait prôner le djihad « ; il a dit « Ce n’est pas un délit de prôner le djihad, ce n’est pénalement pas répréhensible »
Qui a raison ??!

Jacques  • 

« En effet, Bernard Cazeneuve n’a pas prononcé cette phrase. »
Les mensonges permanent de la lepen deviennent insupportables pour les Français, rendons hommage aux journalistes qui pour une fois, démontrent du manière éclatante, les tricheries Frontistes. Bravo Mr.

poerava  • 

Nous verrons tout cela dans 3 semaines à la sortie des urnes…

Jacques  •

Il suffit de lire les forums yahoo pour constater les méthodes du FN, rumeurs, mensonges, ils ne peuvent progresser que dans le chaos, ils ne cherchent pas à éclairer le débat mais à le pourrir , ils ne veulent pas provoquer la réflexion politique mais des réactions ataviques.
c’est une stratégie classique de l’extrême droite qui bénéficie depuis trop longtemps de la complicité de nombreux médias.

Arnor  • 

C’est bien Valls qui a dépensé son temps et son énergie pendant des semaines pour nous expliquer que la menace viendrait de Dieudonné et du FN… Non ?! 😎

Francois B  • 

Patriiiiiiiick !!!

mimi  • 

Hé les gauchos/collabos , à lire sur une autre page de Yahoo :
Le Front national est la première force électorale du 1er tour des régionales, selon un sondage exclusif Harris interactive pour «20 Minutes»…
Allez, rentrez dans les égouts les rats, c’est l’heure !!!

Rouge et noir  • 

L’autruche bleu marine a encore fui et il faudrait faire confiance a ça? 🙂
Franchement dès qu’il y a un peu de pression il n’y a plus personne..Et ç’a veut être présidente?

RV  • 

Marine Le pen devrait décliner les invitations. Soit elle se décommande au dernier moment, soit elle quitte le plateau en cours d’émission et à mon avis pas toujours pour des raisons très honorables.
Qu’elle profite que même quand elle se tait elle engrange des voix ou qu’elle réponde clairement dans ses interviews, même si elle a en face des tordus.

Jean  •

Moi je vois, que ce sont surtout des socialos qui insultent !
Il y a qu’à lire les postes en dessous du mien…

  • william95                      france inter n’est plus france depuis longtemps…

  • chanterelle                  Absolument toutes les télés les radios se comportent en tribunaux avec elle depuis toujours , les journalistes qui l’interviewaient étaient tous prêts à mordre , à cracher leur mépris et leur haine ( mais c’est elle qui est accusée de haine …?), à gagner le Guiness book de la mauvaise foi et de l’injustice . cette attitude lui a rapporté beaucoup d’adhérents … Que n’en auraient ils fait le quart pour les courtisans ( ministres and cie souvent ripoux avérés ) de Sarko et Hollande !!

  • tgbt220                       L’émission Envoyé Spécial d’hier soir a été très intéressante.
    Elle démontre que Daesh a théorisé en 2004 l’utilisation des attentats et des division politiques pour déstabiliser le pays et pousser à la guerre civile entre la minorité raciste islamophobe et autres identitaires d’une part, et les musulmans français d’autre part, ce qui semble se confirmer quand on lit sur les réseaux sociaux les commentaires de certains extrémistes de droite.

    On y apprend aussi qu’au stade de France, les 2 premiers kamikazes avaient le projet de provoquer l’évacuation dans la panique du stade, alors que le troisième devait se faire sauter au milieu de la foule sortant du coté opposé aux autres explosions.
    La décision du président de ne rien laisser paraitre des attentats, de ne pas faire évacuer et de laisser le match se terminer normalement a permis de sauver de nombreuses vies.

  • Serni                                   En parlant de tribunal lorsque Patrick Cohen parle de juger des propos, Marine Le Pen a démontré soit une mauvaise foi absolue, soit une méconnaissance profonde de la langue française…

  • ilssontdevenusfous       les propos de cazeneuve sont clairs et précis ; on ne pouvait pas en 2014 interdire un livre sur un délit qui n’existait pas ; la façon de tourner les choses par mlp est totalement malhonnête ou alors ce qui serait finalement plus inquiétant elle ne comprend pas le français . Pour les propos de taubira il semble que marine se soit référé à un titre racoleur et dénué de fondement de i télé ! mais à son niveau de responsabilités a t on le droit de rapporter des ragots comme une commère sans un minimum de prudence et de vérification? C’est quand même hallucinant de ne pas dire ok elle s’est planté ! de ladéfendre bec et ongles ? c’est du fanatisme!

Julien ROOS                                   Je suis contre les idées de MLP mais vous avez une curieuse vision de la démocratie, que de dire qu’il faut éviter d’inviter des politiques quand ils ont le vent en poupe.
francesca PRIZZI                          « L’idée d’une « censure bien-pensante » est une invention »

L. Joffrin – libération 15/09/2015
Censurez, censurez donc môssieu Picard.

Lilette Dauphinois                     Un texte parfait M. Picard. Voilà exactement ce qu’il fallait écrire.

J’ai réagi comme vous lorsque j’ai entendu que MLP était encore une fois invitée. Et qu’elle puisse dire, sans aucune réaction en face, qu’elle, elle se battrait….

alice lebon                            « ll a tenté de la prendre en flagrant délit de mensonge sur « le tweet en arabe » d’Anne Hidalgo… » Qui est le menteur ici? http://www.20minutes.fr/paris/1686987-20150915-paris-marine-pen-fustige-tweet-arabe-anne-hidalgo

Au delà de ce fameux tweet, quand est-ce que les chroniqueurs politiques referont leur travail (sans mauvaise foi et aveuglement idéologique idiot)? De même que ces journaleux, dont on aimerait qu’ils retrouvent leur fonction de journaliste, fonction qui consiste à informer, de la façon la plus objective qui soit, en se rapprochant le plus possible de la vérité, même quand elle dérange.

Alphonse Boveldieu         Par contre, Charlie Hebdo qui instrumentalise la photo d’Aylan pour une caricature pas drôle les respecte.
C. DelyonC. Delyon
@Alphonse Boveldieu:        Moi, je ne suis pas neutre…
Je suis de parti pris comme tous les posteurs ici.
Je n’ai rien contre Charlie, alors que je vomis le F-Haine.
« Pas drôle »:c’est votre avis.
Vous avez le droit de dire votre sentiment.
Je ne sortirai pas les kalash.
Si vous pensez que la Une de Charlie vous cause un préjudice, vous pouvez engager des poursuites.
C’est ce que fait l’AFP.

David CupillardDavid Cupillard
Faux débat un vrai journaliste ne doit pas avoir parti pris que ce soit contre le FN ou pour tout autre sujets. Un homme qui enfile sa casquette de journaliste doit laisser ces opinions au placard. Le lendemain Patrick Cohen invite Jack Lang et là j’ai été profondément choqué l’ancien ministre de la culture dit qu’il est favorable à une augmentation de la redevance audiovisuelle sur chaîne nationale de service public. La redevance audiovisuelle est l’impôt le plus injuste de France quel que soit le montant de vos revenus, le nombre de TV vous payez la même chose. Un les foyers où habite une personne de plus de 75 ans sont aussi exemptés ce qui veut dire que Liliane Bettencourt ne paye pas la redevance mais un smicard de chez L’Oréal avec une famille à charge doit la payer. Mais là Patrick Cohen ne trouve rien à redire normal quand travaille à France Inter.

C. DelyonC. Delyon
@David Cupillard :     « Faux débat un vrai journaliste ne doit pas avoir parti pris que ce soit contre le FN ou pour tout autre sujets. »
Savez vous qu’il existe de journaux d’opinion?
La redevance est injuste.
Mais il y a plus grave.
Voir un gvt qui se dit de gauche entreprendre la démolition de notre protection sociale.

Paulette FAGGI               Patrick Cohen récidive. Il a déjà invité le Père deux ou trois jours avant la dernière échéance électorale qui benoitement au lieu d’avoir une de ces phrases pourries dont il a le secret, a tout fait pour que sa fille ait un bon score électoral. Et vous avez raison, inviter Marine le Pen en pleine actualité sur les réfugiés est une erreur. Voyez les quelques réactions précédentes. Liberté d’expression ? Mais c’est difficile à accepter quand on diffuse la haine des musulmans français. Qu’on voit des terroristes dans ces malheureux qui abordent nos côtes, ces mairies FN qui discriminent en accordant leur aide sociales aux bons « français de souche », etc.. Et il faut s’attendre si le FN arrivait demain au pouvoir à une idéologie sectaire et qui pourrait restrein dre nos liberté si nous ne sommes pas d’accord . Quelques journalistes de France-Inter accordent en ce moment un temps de parole très démesuré à ce parti xénophobe.
tapa cenbal                  « ces mairies FN qui discriminent en accordant leur aide sociales aux bons « français de souche », etc.. »    Quelles mairies ?
Arnaud Gosset             Ah, aujourd’hui, c’est Paulette qui fait le coup de la bien-pensante angélique, et bien sûre d’elle par dessus le marché

Mitch SavoyMitch Savoy             Marine Lepen ment la bonne affaire!!! Sans vouloir l’excuser, tous les soirs sur 28 minutes Arte le service de désintox dézingue! Aucunes femmes, aucuns hommes politiques importants n’ont été épargnés…
Les politiques mentent et les chroniqueurs s’indignent! Eux ne mentent pas mdr…
Indignation à deux balles et surjouée Oui il faut la dézinguer mais certainement pas de manières aussi grossières….

Elisabeth Lafargue                        Decidement, La Marquise n’aime pas la bataille frontale, elle a tendance à quitter le navire pour se couvrir… Son père n’aurait pas quitté le plateau…

D’ailleurs, on ne part pas quand on a raison….
La meilleure arme d’autodestruction minimaliste et efficace, c’est la Marquise elle meme. L’ange blond griffue est plus stratège, elle attend… Nous aussi

Pierrick Martin                                   Tu m’étonnes. Affronter un militant déguisé en journaliste, ça doit gonfler…
Harold RitterHarold Ritter           C’est sûrement moins gonflant que de parler avec un soldat frontiste qui se contente de répéter les vannes ratées de Marine le Pen sans réfléchir et qui, comme tout bon frontiste, n’a toujours pas compris que le droit d’un journal à défendre une ligne éditoriale était la condition sine qua non d’une presse démocratique.
Au passage vous avez oubliez de dire Bolchevik pour faire tout bien comme on vous a dit. Vous êtes trop laxiste, ils vont vous retirer votre carte si ça continue.

gilbert coutal                               « Elle n’est pas patriote »?

C’est quoi être patriote selon M;Picard? Soutenir aveuglément un gouvernement qui a largement failli? Soutenir le patriot act dont personne n’ose contester qu’il n’a strictement servi à rien dans la lutte contre le terrorisme? Soutenir Taubira?
Selon M Picard, critiquer le gouvernement de la France c’est ne pas aimer la France… Si l’on suit à fond la logique de M.Picard, il était lui même antipatriote jusqu’en 2012 et il le redeviendra en 2017…

Colette-Berthe Mavallée             Ça n’est pas critiquer le gouvernement qui n’est pas patriote, c’est mentir. Mentir, sans honte, de manière calculée, pour porter atteinte à des membres du gouvernement. Mentir, comme l’a toujours fait sa famille politique depuis plus de soixante dix ans. Mentir à la France, en temps normal c’est déjà inadmissible. Actuellement, c’est antipatriotique…
gilbert coutal                                   Nous serons donc heureux de constater que toute la classe politique et journalistique (dont les bobards n’ont pas manqué ces derniers jours) est anti patriotique.

On passe son temps à dévoyer le sens des mots, finalement, il n’y a pas que Daech qui dévoie les textes de base pour servir son idéologie.

Petit rappel: la vraie définition du patriotisme selon le Larrousse: Attachement sentimental à sa patrie se manifestant par la volonté de la défendre, de la promouvoir.
PS: révisez un peu le calcul de base, Le Pen a certes commencé jeune, mais pas à 17 ans non plus.

 Arhue Lester                                   Je ne vote pas. Donc je ne prends pas une position partisane envers le FN. Mais je suis saoulé d’une force par ces écrivaillons qu’on appelle « éditorialiste » qui passent leur temps à distribuer les bons et les mauvais points. Le FN a le douteux privilège d’être scruté à la loupe dans l’attente d’un faux pas, qui entraine ensuite ce genre de torchons à charge, d’aboiements offusqués. Qu’est-ce que c’est gonflant… Le FN n’est pas pire que le pire de la gauche (exemple Cahuzac) ou de la droite (Balkany). Quand comprendrez-vous que ce n’est pas en rédigeant des bafouilles comme celle-là à tour de bras que vous ferez changer la politique ?
Les « chroniqueurs politiques », symbiotes des hommes et femmes de pouvoir, parasites de l’espace public. Éreintants.

Jérémy Chambon                         Je confirme. Ce genre d’article ne devrait pas avoir sa place dans un journal digne de porter ce nom. Et encore moins ce genre de « journaliste » en faire partie.
jlb 17371                           Il est aussi bon de montrer que MLP et son parti ne peuvent pas continuer à se présenter « tête haute, mains propres »

http://blogs.mediapart.fr/blog/lilith13/050612/les-condamantions-et-mises-en-examen-du-front-national-et-de-ses-membres

Ne sont pas repris les condamnations des ex-membres du FN suite à la scission avec le Menhir.
Je suis fatigué de l’attitude de ces gens qui pratiquent la politique de la paille et de la poutre dès qu’une personne critique ou souligne les contradictions du discours FN.

Ché!

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  • sans-titre5

    VIDÉO. Le message d’un présentateur musulman en Australie contre Daech et nos divisions

    ATTENTATS – Ensemble, pour lutter contre Daech. Le message n’a rien de nouveau, et comme le dit le présentateur australien Waleed Aly, il est même « cliché ». Mais cela ne lui enlève rien de sa force car, comme l’assène le présentateur, « c’est exactement ce que Daech ne veut pas ».

    Dans un message diffusé dans son émission matinale The Project sur Channel10, et visible dans la vidéo sous-titrée ci-dessus, le présentateur appelle donc à l’unité de monde entier, face au groupe terroriste.5km55u-HC

    http://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01590560/src/5km55u/zone/1/showtitle/1/

    Agression d’une femme voilée à Marseille, messages haineux sur les réseaux sociaux… Les attentats de Paris n’ont fait qu’accentuer les tendances islamophobes de certains. Pourtant, à en croire Waleed Aly, divulguer ces messages de haine revient à faire le jeu de Daech. « Ils veulent que les pays comme les nôtres rejettent leurs musulmans et les calomnient », explique-t-il, avant de préciser que pour les dirigeants de l’Etat Islamique, il n’y a pas de « zone grise(…). Le monde se divise en deux camps, d’un côté les gens de foi, de l’autre les gens mécréants. » Des propos directement extraits du magazine mensuel du groupe terroriste, et qui sert de source au journaliste.

    Pourtant, « Daech est faible ». C’est même par ces mots que le présentateur entame son show matinal, « Daech est faible, et ils ne veulent pas que vous le sachiez, c’est donc pour cela que nous allons en parler », introduit-il.

    « Ils ne veulent pas que vous sachiez qu’ils pourraient être rapidement écrasés, s’ils combattaient avec une armée officielle sur un vrai champ de bataille. Ils veulent que vous ayez peur d’eux ». Et pour appuyer ses dires, le présentateur s’appuie à nouveau sur un extrait du magazine : ‘ »il est important que les tueries soient attribuées aux dirigeants de l’Etat Islamique. Cela peut aisément se faire grâce au principe d’anonymat », peut-on ainsi lire.

    « Alors si vous êtes un membre du Parlement, ou un ancien membre du Parlement qui prêche la haine, à un moment où ce dont nous avons besoin, c’est d’amour, sachez que vous aidez Daech. Et je suis quasiment sûr qu’aujourd’hui, aucun de nous ne veut aider ces bâtards », conclut le présentateur.

    Depuis sa publication sur les réseaux sociaux, la vidéo a été partagée plus de 630.000 fois, et saluée par la plupart des internautes, ainsi que par certains hommes politiques australiens, comme le parlementaire chef du parti d’opposition australien, Bill Shorten.

    Waleed soulève plusieurs points très pertinents ici. A regarder.

    « Parfaitement dit Waleed. Je déteste Daech autant qu’il se peut, si ce n’est plus que tout le monde. Mais les réactions dictées par les émotions sont vouées à l’échec. »

  • Abdelhamid Abaaoud, instigateur présumé des attentats, tué à Saint-Denis
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  • Le djihadiste belge Abdelhamid Abaaoud, considéré comme le « cerveau » présumé des attentats du 13 novembre, a été tué lors d’une opération du RAID mercredi matin à Saint-Denis, en banlieue parisienne. Une une femme s’est également fait exploser lors de l’assaut, qui a fait cinq blessés légers du côté des forces de police.
     
    Huit personnes ont été placées en garde à vue. « Tout laisse à penser » que les personnes interpellées ou abattues lors du raid pouvaient commettre un nouvel attentat, a estimé le procureur de Paris, François Molins.
    • L’identification des auteurs des attentats avance
    Outre  qui aurait organisé les attentats sans y participer directement, cinq terroristes ont été formellement identifiés. Il s’agit de deux kamikazes qui ont attaqué le Bataclan, de l’un de ceux qui se sont fait exploser près du Stade de France, du kamikaze du Comptoir Voltaire, et de Salah Abdeslam.
     
    Par ailleurs, la voix d’un djihadiste français, Fabien Clain, a été identifiée dans la vidéo de l’Etat islamique (EI) revendiquant les attentats du 13 novembre. L’homme qui chante avant et après la lecture du communiqué a été identifié comme étant son frère cadet, Jean-Michel, 34 ans, a précisé au Monde une source proche du dossier.
    • Les 129 personnes mortes dans les attentats ont été identifiées
    L’identification des 129 victimes recensées des attentats de vendredi 13 novembre à Paris et à Saint-Denis est terminée, a fait savoir la présidence de la République dans le compte rendu du conseil des ministres qui s’est tenu mercredi. Le Monde a décidé de publier leur nom quand leur disparition a été confirmée par un membre de leur famille ou leur employeur. Cette liste a vocation à évoluer
    • La France et la Russie bombardent des positions de l’EI
    Depuis lundi, des cibles djihadistes ont été touchées à Rakka, à Idlib et à Alep, en Syrie. L’Elysée et le Kremlin se sont mis d’accord pour une « coordination des efforts »Les frappes aériennes menées au cours des dernières soixante-douze heures ont causé la mort de 33 djihadistes de l’EI, a affirmé mercredi l’Observatoire syrien des droits de l’homme.

    Le jihadiste belge Abdelhamid Abaaoud est mort dans l’assaut de Saint-Denis

    ABDELHAMID ABAAOUD

    TERRORISME – Le corps d’Abdelhamid Abaaoud, soupçonné d’être l’organisateur des attentats du 13 novembre à Paris, a été « formellement identifié comme ayant été tué au cours de l’assaut » mené mercredi contre un appartement de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), a annoncé jeudi 19 novembre le procureur de la République de Paris.

    « Il s’agit du corps découvert dans l’immeuble, criblé d’impacts », précise François Molins dans un communiqué. Le corps du jihadiste belge a été identifié « après comparaison de traces papillaires », les empreintes digitales, achevées jeudi. « On ignore par ailleurs à ce stade si Abdelhamid Abaaoud s’est fait – ou non – exploser », a par ailleurs indiqué le parquet.

    Le Premier ministre Manuel Valls a salué jeudi sa neutralisation, en rendant hommage au travail « des services de renseignement et de la police ». « Le procureur vient de le confirmer, nous savons aujourd’hui que Abaaoud, le cerveau de ces attentats -l’un des cerveaux car il faut être particulièrement prudent et nous savons les menaces- se trouvait parmi les morts », a déclaré le chef du gouvernement devant les députés à l’Assemblée nationale. « Et je veux saluer le travail exceptionnel de nos services de renseignement et de la police », a-t-il ajouté sous les applaudissements.

    Un deuxième corps en cours d’identification

    Le retour en Europe de cet homme, figure de premier plan parmi les jihadistes francophones partis en Syrie, pose des questions sur les failles dans le dispositif mis en place par les services antiterroristes européens. Condamné en Belgique, il a été présenté mercredi par François Molins comme l' »inspirateur de très nombreux projets d’attentats ou attentats terroristes en Europe ».

    Les enquêteurs français avaient été mis lundi sur la piste de sa présence à Saint-Denis grâce à un témoignage, selon François Molins. Celui-ci avait fait l’objet de « nombreuses vérifications, en particulier téléphoniques et bancaires », avait précisé le procureur.

    Les enquêteurs s’attachent à identifier les restes d’une deuxième personne morte dans l’appartement de Saint-Denis. Les policiers qui sont intervenus pensent qu’il s’agit d’une femme qui a déclenché son gilet d’explosifs. Cela doit être confirmé par les analyses scientifiques. Il pourrait s’agir d’une membre de la famille d’Abdelhamid Abaaoud.

    Des allers et retours entre l’Europe et la Syrie

    Ce n’est sans doute pas la première fois qu’Abaaoud est revenu clandestinement en Europe depuis la Syrie. Selon un proche de l’enquête, un téléphone qu’il utilisait a été repéré en Grèce en janvier, au moment des attentats déjoués de la cellule de Verviers en Belgique. Peu après, Abaaoud, alias Abou Omar al-Baljiki (« le Belge »), a donné un entretien qui accréditait un tel voyage, dans l’édition de février de Dabiq, magazine numérique en anglais de l’organisation Etat islamique.

    Il y expliquait être parvenu à se rendre en Belgique avec deux autres Belges dans le but de « terroriser les croisés ». Leur périple aurait pris des mois et ses deux compagnons avaient été tués le 16 janvier lors de l’assaut par les forces de sécurité belges, selon ses dires. Mais lui serait passé au travers des mailles du filet. « Mon nom et ma photo étaient dans tous les journaux et pourtant je suis parvenu à rester dans leur pays, à planifier des opérations contre eux et à partir sain et sauf quand cela est devenu nécessaire. »

    Lire aussi :

    • Abdelhamid Abaaoud, l’itinéraire d’un jihadiste illustré par le contenu de son portable

    • Qui est Hasna Aitboulahcen, la femme kamikaze de Saint-Denis

    14h50 – L’Assemblée nationale a adopté jeudi à la quasi-unanimité, par 551 voix contre 6 et une abstention, le projet de loi prolongeant pour trois mois l’état d’urgence post-attentats et renforçant ce régime d’exception. Le député socialiste Pouria Amirshahi et trois députés écologistes, Noël Mamère, Isabelle Attard et Sergio Coronado, avaient annoncé qu’ils se prononceraient contre un texte faisant peser un « risque pour les libertés fondatrices ». Les élus PS Gérard Sebaoun et Barbara Romagnan ont également voté contre. Fanélie Carrey-Conte (PS) s’est pour sa part abstenue.

    14h30 – Le Premier ministre Manuel Valls a salué la neutralisation lors de l’assaut de Saint-Denis du djihadiste belge Abdelhamid Abaaoud, « l’un des cerveaux » des attentats de Paris et Saint-Denis, en rendant hommage au travail « des services de renseignement et de la police ».

    13h45 – Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve s’exprimera vers 14h30.

    13h32 –  Le commanditaire présumé des attentats du 13 novembre Abdelhamid Abaaoud a été tué mercredi durant l’opération conduite mercredi à Saint-Denis. « Il s’agit du corps découvert dans l’immeuble, criblé d’impacts », précise le procureur de la République de Paris dans un communiqué. Le corps du djihadiste belge a été identifié « après comparaison de traces papillaires », soit grâce aux empreintes digitales.

    13h30 – Selon le ministre espagnol de l’Intérieur, le commanditaire présumé des attentats de Paris, Abdelhamid Abaoud, « avait essayé de recruter à travers les réseaux des personnes, des Espanols et principalement des femmes, pour qu’ils soient intégrés et se déplacent pour combattre avec Daech en zone de conflit ».

    13h10 – C’est son combat qui l’a aidée à traverser le deuil. Latifa Ibn Ziaten,la mère d’un des soldats tués en 2012 par Mohamed Mérah, sillonne la France pour lutter contre la radicalisation. Elle reçoit aujourd’hui le prix, très symbolique, de la fondation Chirac pour la prévention des conflits, près d’une semaine après les attentats. La cérémonie a eu lieu ce matin, au musée du quai Branly, en présence de François Hollande.

    13h05 – Vingt-quatre actes antimusulmans, dont deux agressions de femmes voilées, ont été enregistrés depuis les attentats jihadistes du 13 novembre, selon l’Observatoire national contre l’islamophobie du Conseil français du culte musulman.

    13h – Les pays occidentaux ont commencé à comprendre après les attentats de Paris que la priorité en Syrie est de lutter contre l’Etat islamique et pas de renverser Bachar al Assad, a déclaré jeudi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï.

    12h45 Le point sur le événements

    • Sept perquisitions en tout dans la région de Bruxelles (Belgique). Une personne a été arrêtée
    • Les policiers pourront désormais porter leur arme en dehors des heures de service
    • Le Premier ministre français, Manuel Valls redoute des attentats avec des « armes chimiques ou bactériologiques »
    • En Allemagne, plusieurs attentats étaient prévus à Hanovre mardi soir, rapporte Bild

    12h35 – Hasna Aitboulahcen, la femme qui s’est fait exploser à Saint-Denis hier, était très active sur son profil Facebook. Elle postait régulièrement des vidéos et des messages à la gloire du djihad et de l’Etat islamique. Elle avait également fait part de son admiration pour Hayat Boumeddiene, la veuve du terroriste Amédy Coulibaly qui avait attaqué l’Hyper cacher de Vincennes le 9 janvier dernier. Hasna Aitboulahcen a tenté à deux reprises de se rendre en Syrie, sans succès. Elle n’était pas fichée par les services français. C’est en surveillant son téléphone portable que les forces de l’ordre ont pu localiser la cellule terroriste de Saint-Denis.

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    12H30 – Les ministres de l’Intérieur de l’Union européenne vont s’entendre vendredi pour renforcer les contrôles d’identité aux frontières extérieures de l’espace Schengen.

    12h15 – Feu vert de l’Assemblée nationale à la prolongation de l’Etat d’urgence pour trois mois.

    12h05 – Matthieu Mauduit avait lancé un appel sur les réseaux sociaux pour convaincre les Rolling Stones d’assister aux obsèques de son frère, fan du groupe et tué au Bataclan lors des attentats à Paris. Ils ne pourront pas venir. Mais Matthieu a reçu un message de Joyce Smith au nom du groupe de rock. « Toute la famille des Rolling Stones envoie à vous et à toute la famille de Cédric ses plus sincères condoléances. Le groupe ne pourra pas assister à ses funérailles mais sachez que nous penserons et prierons pour Cédric et chacun d’entre vous pendant les jours difficiles qui nous attendent. Avec toute notre sympathie et tout notre amour pour vous et tous ceux à Paris touchés personnellement par cette tragédie. »

    11h50 – Après l’agression d’une femme voilée et d’un enseignant d’une école juive de Marseille, François Hollande appelle, dans son discours à la fondation Jacques Chirac, à une réaction « impitoyable ».

    11h45 – Au total, sept perquisitions ont eu lieu dans la région de Bruxelles cette nui et dans la matinée, dans le cadre de l’enquête sur les attentats de Paris. Une personne a été interpellée à Laeken, selon la RTBF.

    11h40 – Un jeune homme a été placé en garde à vue en Haute-Savoie à la suite d’une perquisition administrative durant laquelle un drapeau de Daech et des documents suspects ont été découverts à son domicile.

    11h35 – La Fête des lumières à Lyon est annulée, remplacée par un hommage aux victimes, a expliqué Gérard Collomb, le maire de Lyon. Quatre millions de personnes étaient attendues pour cet événement.

    11h30 – Le renforcement des moyens de sécurité coûtera de l’ordre 600 millions d’euros au budget de l’Etat en 2016, a expliqué le ministre des Finances Michel Sapin.

    11h20 – Les Etats-Unis ont signalé la possibilité d’attentats islamistes en Italie dont les services de sécurité sont à la recherche de cinq personnes, a annoncé ce matin le ministre italien de l’Intérieur.
    Paolo Gentiloni a fait allusion à « d’éventuels attentats terroristes qui pourraient viser la basilique Saint-Pierre de Rome ou la cathédrale et la Scala à Milan ». »Hier encore, nos forces de sécurité travaillaient à l’identification de cinq personnes », a déclaré le ministre dans un entretien accçordé à la RAI.

    11h10 – Plusieurs explosions devaient se produire dans le stade de football de Hanovre où devait avoir lieu mardi soir un match amical entre l’Allemagne et les Pays-Bas, finalement annulé, rapporte le quotidien Bild. Les auteurs du projet prévoyaient de faire entrer les explosifs dans le stade dans une ambulance, selon le document cité par Bild. Le chef du groupe devait filmer l’attaque dans le stade. Après minuit, un autre attentat était prévu à la gare de Hanovre. Les autorités allemandes ont dit n’avoir trouvé aucun explosif dans le stade.

    11h05 – Après les attentats du vendredi 13 novembre à Paris, les perquisitions et les arrestations dans les milieux islamistes en France et en Belgique… quel sera l’impact sur la politique européenne de sécurité et de défense ? Éléments de réponse avec Charles de Marcilly, responsable du bureau de Bruxelles de la fondation Robert Schuman.

    11h – L’enseignant a pu rentrer chez lui après s’être fait soigner aux urgences. « Il est en état de choc, il a des pansements partout, il a été tailladé à plusieurs endroits », a expliqué Michèle Teboul, présidente du Crif Marseille-Provence. Ce professeur d’une école juive de Marseille a été blessé hier soir à coups de couteau par trois hommes qui ont proféré des menaces et des insultes antisémites et ont exhibé un tee-shirt estampillé « Daech ».

    10h55 – Les autorités belges ont interpellé une personne à Laeken lors des perquisitions qui ont lieu en ce moment, rapporte la RTBF.

    10h45 – Un détenu de 24 ans a été condamné hier à un an de prison à Mulhouse (Haut-Rhin) pour apologie d’actes terroristes. Il avait mimé les attaques de vendredi en scandant « Bataclan ! » dans la cour de la maison d’arrêt de la ville, rapporte Reuters.

    10h42 – Qui sont les terroristes de Saint-Denis ? Le point en images sur l’enquête.

    10h40 – Le parquet belge confirme que six perquisitions ont lieu dans la région bruxelloise dans l' »entourage direct » de Bilal Hadfi, l’un des kamikazes du Stade de France.

    10h35 – Le trafic de la RATP a chuté de près de 10% depuis lundi, par rapport à un début de semaine habituel, a indiqué mercredi la direction du transporteur parisien (métro, bus et RER) à Francetv info, quelques jours après les attentats de vendredi soir à Paris.

    10h30 – L’interdiction de manifester sur la voie publique en Ile-de-France a été prolongée jusqu’à dimanche, a annoncé ce matin la préfecture de police, précisant que cela n’empêche pas toutefois « les rassemblements de fait sur les lieux des attentats à des fins commémoratives ».

    10h10 – Le Premier ministre français annonce la création d’une structure pour « jeunes radicalisés ». « Une première structure pour jeunes radicalisés va (…) être créée. Les financements sont prêts, le cadre juridique et le projet pédagogique en voie de finalisation. Le site sera choisi d’ici la fin de l’année. Les premiers admis pourront être des repentis, que nous mettrons à l’épreuve afin de mesurer leur volonté de réinsertion dans la durée », a expliqué Manuel Valls devant l’Assemblée nationale lors de l’examen de la prolongation de l’état d’urgence.

    10h05 – Une nouvelle opération de la police belge, liée aux attentats de Paris, a lieu en ce moment à Molenbeek. Comment cette ville est-elle devenue en quelques années l’une des plaques tournantes du terrorisme européen ? Nous avons enquêté.

    10h03 – Mohamed K, 19 ans, est activement recherché par les autorités. Il serait l’un des deux artificiers des terroristes qui ont attaqué la capitale vendredi dernier, selon The Sun. Ce jeune Antillais, originaire de Roubaix (Nord, pourrait se trouver en ce moment avec Salah Abdelslam.

    Qui sont les terroristes impliqués dans les attentats de Paris ?

    Omar Ismaïl Mostefaï – Il est le premier kamikaze à avoir été identifié, grâce à un doigt sectionné retrouvé au Bataclan où l’homme s’est fait exploser. Agé de 29 ans, il vivait ces … plus 

    10h – Les autorités belges ont lancé six perquisitions dans la région de Bruxelles en lien avec le kamikaze du stade de France Bilal Hadfi.

    9h56 – Une pétition circule en ligne pour la création d’un mémorial en l’honneur des victimes des attentats du 7 au 9 janvier et du 13 novembre 2015.

    9h50 – Le Premier ministre Manuel Valls a évoqué jeudi le risque d’attaques à l’arme chimique ou bactériologique en France quelques jours après la série d’attaques sans précédent menées à Paris et à Saint-Denis. « Nous sommes en guerre, pas une guerre à laquelle l’histoire nous a tragiquement habitué », a-t-il déclaré devant l’Assemblée nationale où le projet de loi prolongeant l’état d’urgence de trois mois est examiné. « Cette guerre nouvelle reste une guerre planifiée menée par une armée criminelle. Ce qui est nouveau ce sont les modes opératoires, les façons de frapper, de tuer, évoluent sans cesse ».

    9h38 –  Aucune menace « précise et crédible » ne pèse sur New York, a assuré hier soir le maire, Bill de Blasio, après la diffusion d’une vidéo de l’Etat islamique laissant entendre qu’un attentat similaire à ceux de Paris pourrait y être commis.

    9h33 – C’est à Bruxelles que se trouvait la base arrière des trois commando qui ont attaqué Paris.
    La Belgique est devenue l’une des plaques tournantes du terrorisme européen. Le Premier ministre a décidé de renforcer la sécurité. Les djihadistes de retour de Syrie seront arrêtés et les mosquées clandestines démantelées.

    9h25 – Le groupe Eagles of Death Metal, qui était sur scène au Bataclan vendredi au moment de l’attaque terroriste, a réagi pour la première fois depuis les attentats sur sa page Facebook.

    9h15 – La mairie de Saint-Denis appelle à un rassemblement à 19 heures, aux abords du Stade de France en mémoire des victimes des attentats de vendredi 13 novembre.

    8h55 – Plusieurs des huit Marocains arrêtés mardi à l’aéroport d’Istanbul-Atatürk pour des liens présumés avec l’Etat islamique (EI) ont été expulsés.  Déjà ce mois-ci, 41 personnes en provenance du Maroc avaient été interpellées à l’aéroport Atatürk, sur renseignement d’un passager qui se trouvait à bord de leur avion. Vingt d’entre elles avaient été immédiatement expulsées. Depuis le début de l’année, les autorités turques ont arrêté plus de 1.000 personnes soupçonnées d’avoir des liens avec le djihadisme, dont 300 ont été inculpées.

    8h40 – Dans un communiqué, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve condamne fermement les agressions d’une femme voilée et d’un enseignant d’une école juive survenues hier à Marseille. « Tout est mis en œuvre pour retrouver et interpeller les auteurs de ces actes inqualifiables, qui devront en répondre devant la justice », a-t-il déclaré.

    8h35 – Nous avons rencontré il y a quelques semaines Jean-Michel Fauvergue, le patron du RAID, qui était encore hier en première ligne à Saint-Denis. Il est revenu sur les épisodes d’extrême tension qu’il a vécus avec ses équipes lors des attaques de Charlie Hebdo et de l’Hyper cacher. Il nous a également expliqué en quoi l’affaire Merah était un tournant pour le RAID. Ecoutez-le.

    8h30 – Selon le Washington Post, qui a interrogé deux officiels européens, A. A baaoud, le terroriste qui a commandité les attaques de Paris, est mort lors de l’opération du RAID à Saint-Denis. Une information également donnée ce matin sur RTL par un ancien membre de la Direction générale des services extérieurs (DGSE).

    8h15 – La Tour Eiffel restera en bleu blanc rouge la nuit jusqu’à la fin du mois de novembre.

    Cette illumination de la Tour Eiffel a débuté lundi 16 novembre à la tombée de la nuit et se poursuivra jusqu’à 01H00, et ce pendant trois jours, jusqu’à mercredi inclus.

    8h10 – Les Etats-Unis ont offert cinq millions de dollars (plus de 4.6 millions d’euros)  de récompense pour toute information qui conduirait à la capture d’un djihadiste d’origine saoudienne. Tirad al-Jarba, connu sous son nom de guerre Abu Muhammad al-Shimali, est un membre clef de l’Etat islamique chargé de faire passer des combattants étrangers en Syrie.

    8h07 – « Daesh ce sont des monstres mais ils sont 30 000. Si l’ensemble des pays du monde n’est pas capable de lutter contre 30 000 personnes, c’est à n’y plus rien comprendre, »a déclaré Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, sur France Inter ce matin.

    8h05 – La France va demander à l’Union européenne d’imposer un contrôle systématique des passeports des ressortissants européens qui entrent et sortent de l’espace Schengen pour compliquer le retour des djihadistes européens partis en Syrie.

    8h03 – Après les attentats, les soutiens affluent du monde entier. Mais certains vont encore plus loin et décident de se faire tatouer pour ne jamais oublier.

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    8h – Les policiers volontaires peuvent désormais garder leur arme de service même en dehors de leurs heures de travail, selon le responsable de la communication de la police nationale.

    7h55 -L’interdiction des manifestations est prolongée jusqu’au dimanche 22 novembre, inclus, en Ile-de-France par la préfecture. Cette mesure, censée s’arrêter ce jeudi, est maintenue après l’assaut de Saint-Denis.

    7h45 – Un avion parti de Varsovi à destination d’Hourgada, en Egypte, effectue un atterrissage d’urgence en Bulgarie après une alerte à la bombe.

    7h40 – En quoi l’état d’urgence va-t-il impacter notre quotidien ? Réponse en images.

    7h30 – C’est dans un contexte pesant que les députés votent jeudi un projet de loi renforçant l’état d’urgence, décrété par François Hollande dès vendredi soir. Ce texte, qui devrait recevoir un très large assentiment de l’Assemblée avant d’être soumis vendredi au vote du Sénat en vue d’une adoption définitive, prévoit la prolongation de l’état d’urgence pour une durée de trois mois à compter du 26 novembre, soit jusqu’à fin février.

    7h15 – Abdelhamid Abaaoud a-t-il été tué mercredi dans l’assaut de Saint-Denis ? Est-il en fuite ? L’incertitude plane toujours jeudi sur le sort du cerveau présumé des attentats du 13 novembre, tandis qu’un projet de loi renforçant l’état d’urgence est soumis au vote des députés.

    7h – Un professeur d’histoire d’une école juive de Marseille, âgé d’une cinquantaine d’années, a été blessé à coups de couteau mercredi soir par trois hommes qui ont proféré des propos antisémites, a-t-on appris auprès du préfet de police des Bouches-du-Rhône.

    6h30 – Le groupe jihadiste Etat islamique (EI) a annoncé hier l’exécution de deux otages chinois et norvégien, au moment où son fief en Syrie, Raqa, était la cible de raids russes et français qui ont tué 33 de ses combattants en 72 heures.

    6h20 – Retour en images sur l’assaut à Saint-Denis hier.

    Un assaut a été mené par le Raid dans le centre de Saint-Denis

    6h15 – Quinze personnes ont été tuées et plus de 50 blessées mercredi dans un double attentat à la bombe sur un marché de Kano, la métropole du nord du Nigeria, perpétré par deux jeunes filles kamikazes, dont l’une serait âgée d’une dizaine d’années, selon la police.

    6h – François Hollande et le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon ont évoqué lors d’un entretien téléphonique mercredi l’adoption « le plus rapidement possible » d’une résolution contre le terrorisme au Conseil de sécurité, a indiqué la présidence française.

    Abaaoud, le cerveau présumé des attentats de Paris, est mort

    une-photo-non-datee-prise-du-magazine-en-ligne-en-anglais-du-groupe-ei-dabiq-montrant-probablement-abdelhamid-abaaoud_5464480Une photo non datée, prise du magazine en ligne en anglais du groupe EI Dabiq, montrant probablement Abdelhamid Abaaoud afp.com/-

    Le djihadiste belge Abdelhamid Abaaoud, cerveau présumé des attentats de Paris, est mort dans l’assaut de Saint-Denis mercredi, a annoncé le parquet de Paris.

    Il vient d’être formellement identifié grâce à ses empreintes digitales. Le djihadiste belge Abdelhamid Abaaoud, cerveau présumé des attentats de Paris, est mort dans l’assaut de Saint-Denis, a annoncé ce jeudi le parquet de Paris. « Il s’agit du corps découvert dans l’immeuble, criblé d’impacts. » Mais les circonstances de sa mort ne sont pas encore établies avec précision, il s’agit notamment de savoir s’il s’est fait, ou non, exploser, précise le parquet.

    >> Pour en savoir plus, retrouvez les dernières informations dans notre live

    C’est un « témoignage faisant état de sa présence sur le territoire français » qui avait permis aux enquêteurs de remonter jusqu’à un « possible lieu de retranchement d’Abaaoud », en plein centre de Saint-Denis, selon François Molins, procureur de Paris.

    Comment est-il rentré de Syrie?

    Sa présence ou non dans l’appartement de la rue Corbillon était la principale question en suspens depuis l’intervention antiterroriste qui a coûté la vie d’au moins deux terroristes mercredi à Saint-Denis. Car celui qui se faisait appeler Abou Omar al-Baljiki (« le Belge ») était censé se trouver en Syrie, à Raqqa, fief de l’organisation Etat islamique.

    Le retour en Europe de cet homme, figure de premier plan parmi les djihadistes francophones partis en Syrie, pose des questions sur les failles dans le dispositif mis en place par les services antiterroristes européens. Ce n’est sans doute pas la première fois qu’Abaaoud est revenu clandestinement en Europe depuis la Syrie.

    >> Lire aussi: Abdelhamid Abaaoud, « l’hyper terroriste » tué à Saint-Denis

    Condamné à une lourde peine en Belgique, connu des services, ce terroriste de 27 ans a été décrit par le procureur de Paris, François Molins, comme l' »inspirateur de très nombreux projets d’attentats ou attentats terroristes en Europe ». C’est un proche de Salah Abdeslam, terroriste toujours en fuite. Selon un proche de l’enquête, un téléphone qu’il utilisait a été repéré en Grèce en janvier, au moment des attentats déjoués de la cellule de Verviers en Belgique. Dans l’édition de février de Dabiq, le magazine de l’organisation Etat islamique, il a donné un entretien qui accréditait la thèse d’un tel voyage.

    Les enquêteurs s’attachent désormais à identifier les restes d’une deuxième personne morte dans l’appartement de Saint-Denis. Les policiers qui sont intervenus pensent qu’il s’agit d’une femme qui a déclenché son gilet d’explosifs. Cela doit être confirmé par les analyses scientifiques. Il pourrait s’agir d’une membre de la famille d’Abdelhamid Abaaoud, sa cousine Hasna Ait Boulahcen.

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    « Le monde selon Daech »

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    Terrorisme. Daesh en dix questions  Jean Guisnel /
    . Le groupe a pris son essor à partir de 2011, sur les ruines de la Syrie. Il se sert d’une machine de propagande très développée à base de vidéos et de photos.
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    « La France sera impitoyable à l’égard des barbares de Daesh », a prévenu François Hollande au lendemain des attentats de Paris qui ont jeté l’effroi dans le pays et bien au-delà. Mais qui se cache derrière le groupe État islamique qui a revendiqué les récentes actions terroristes ? Quelles sont ses sources de financement ? Gros plan sur cette organisation, née en Irak en 2006, qui sème la terreur. Que signifie Daesh ? Daech, Daesh, Daish, Da’ech sont autant d’acronymes de al-Dawla al-Islamiya fi Iraq wa ash-Sham, le nom que s’est attribué le groupe terroriste dirigé par Abou Bakr al-Baghdadi. Ce qui pourrait se traduire littéralement par État islamique de l’Irak et du pays de Cham. En français, l’appellation courante est État islamique en Irak et au Levant (EIIL) et en anglais ISIS (Islamic State of Iraq and Syria) ou ISIL (Islamic State of Iraq and the Levant). Cet ensemble est proche de celui qu’on appelle également le Machrek (levant, en arabe), intégrant l’Irak, la Jordanie, le Liban, la Palestine et la Syrie, mais pas la péninsule arabique. Chaque spécialiste a son idée sur ces terminologies, y intégrant ou pas l’Égypte ou le Koweit. Comment est-il né et quand ? Fondé en 1999 par le Jordanien Abou Moussab al-Zarkawi, un petit voyou radicalisé par des mentors salafistes, ce groupuscule a commencé à prospérer après avoir fait allégeance à al-Qaïda, à la suite de l’invasion américaine de l’Irak en 2003. Son groupe responsable de nombreux attentats lui survit après sa mort en 2006 et devient l’État islamique en Irak. Les Américains l’affaiblissent dans un premier temps, mais al-Baghdadi prend le pouvoir en 2010, après avoir été emprisonné à Bouka, puis libéré par l’armée américaine. Le groupe prendra son essor à partir de 2011, sur les ruines de la Syrie. Qui sont al-Baghdadi et le cercle dirigeant ? Le dirigeant al-Baghdadi, « calife » autoproclamé, est entouré essentiellement d’anciens cadres de l’armée de Saddam Hussein, excellemment formés. Ses hommes-liges, membres de la choura dirigeant la secte, sont tous éliminés les uns après les autres par la coalition, et le dernier dirigeant du premier cercle historique encore en vie serait Abou Ayman al-Iraqi. Le territoire contrôlé par Daesh est divisé en Wilayat, la choura étant organisée en bureaucratie composée de conseils spécialisés. Quels sont les buts de Daesh ? Abou Bakr al-Baghdadi se prétend calife, descendant du prophète Mahomet, et veut établir un califat dominant l’empire arabo-musulman et au-delà, prenant modèle sur le califat abbasside, qui connut son apogée au XIIIe siècle en étendant son territoire de l’actuelle Algérie jusqu’en Asie centrale. Certaines cartes, d’origine incertaine, montrent une volonté d’expansion de Daesh au Maghreb, au Machrek et sur l’ensemble du Sahel, sans exclure, en Europe, l’Andalousie. Leur intention à court terme consiste à conquérir, la Syrie, l’Irak et surtout la péninsule arabique en abattant les pétro-monarchies (Qatar et Arabie saoudite, surtout) qui ont pourtant favorisé Daesh au départ. Quel armement et combien d’hommes ? Daesh est abondamment équipé en matériels basiques (armes d’infanterie, y compris missiles antichars, blindés, artillerie, véhicules tactiques) récupérés par milliers dans les arsenaux syrien et irakien. Ils disposent de toutes les munitions nécessaires. Ils utilisent, avec un art consommé, les techniques de la propagande et jouent en experts des réseaux sociaux et des cyber-attaques. Leurs rangs ont beau être décimés par la guerre, ils sont sans cesse recomplétés par des jihadistes étrangers, qui arrivent par flots continus. On estime généralement leur force combattante à 50.000 hommes, ce chiffre demeurant inconfirmable. Comment Daesh recrute-t-il ? C’est l’une des « percées stratégiques » de la secte criminelle. Sans autre attrait que leur doctrine pseudo-musulmane, quasi-unanimement condamnée dans le monde arabo-musulman, et mortifère, les dirigeants de Daesh attirent des centaines de disciples, hommes et femmes venant du monde entier, qui les rejoignent sur une base idéologique. Le recours à la violence sadique, la pratique du meurtre de sang-froid et les exactions sur les civils, contraires à toutes les « lois » de la guerre, les exactions au nom d’une vision barbare et moyenâgeuse de la religion, le mépris des femmes et des non-sunnites, ce sont paradoxalement ces éléments qui attirent les sectaires et les convertis de fraîche date. Qui sont les soutiens de Daesh ? Au nom de leur haine commune des Iraniens et des chiites, les pétro-monarchies ont été les premiers soutiens de Daesh. Avant de changer, trop tard, leur fusil d’épaule. Mais les différences idéologiques demeurent très minces entre les wahhabites saoudiens et les émirs de Daesh. Par ailleurs, Daesh est présent en Égypte (où il a détruit en vol un Airbus russe) et en Libye. Tous les groupes terroristes les plus en vue lui ont fait allégeance : Boko Haram au Nigéria, les Shebab en Somalie, une partie des talibans en Afghanistan, Aqmi au Sahel, Aqpa au Yémen dont s’étaient revendiqués les frères Kouachi, etc. Ça fait beaucoup ! Quelles sont leurs ressources financières ? Outre les copieuses rançons arrachées aux pays dont les ressortissants ont été victimes d’enlèvements dans la région (y compris français, malgré les dénégations officielles), Daesh se finance en rackettant la population des zones conquises. S’y ajoutent le trafic d’oeuvres d’art volées, les péages routiers, les taxes aux frontières (800 dollars par camion entrant dans leur zone), le pécule des militants les rejoignant (plusieurs milliers d’euros), le pillage des banques, le racket des sociétés de télécommunications, l’exploitation sauvage des puits de pétrole et la revente à vil prix, etc. Le groupe récolterait ainsi environ 30 millions de dollars par mois (environ 28 millions d’euros). En quoi se différencient Daesh et al-Qaïda ? Pour simplifier en caricaturant, on pourrait comparer al-Qaïda à un groupe publicitaire (beaucoup de bruit, pas mal de vent, expertise dans la diffusion des idées à coup d’images fortes), quand Daesh serait une start up de l’ère numérique : conquête fulgurante de terrain, clientèle séduite et complaisante, élimination impitoyable des concurrents, extrême fragilité dans la durée. En résumé, al-Qaïda est un vieux monstre édenté et avachi, encore capable de coups de griffes. Quand Daesh est encore en phase de conquête, mais sera, un jour, stoppé. Qui a commandité les attentats de Paris ? En matière de terrorisme, tout est possible. Attendons ce que nous apprendra l’Histoire, dans quelques mois ou quelques décennies, pour savoir si Daesh, qui a revendiqué les attaques, a agi seul, avec ou sans complice, avec ou sans commanditaire caché. Après le carnage, Bachar al-Assad s’est démarqué en estimant que « la France a connu ce que nous vivons en Syrie depuis cinq ans », tout en obtenant, en quelques heures, un inattendu retournement de veste de Paris. Un hasard ?

    © Le Télégramme – Plus d’information sur http://www.letelegramme.fr/france/terrorisme-daesh-en-dix-questions-18-11-2015-10853840.php

    « Le but premier de l’Etat islamique est de cibler des Français, pas un mode de vie »

    LE MONDE Hélène Sallon

    Des membres de l'Etat islamique, sur une vidéo diffusée le 16 novembre.

    La simultanéité des attaques et le mode opératoire du commando terroriste qui a fait au moins 129 morts à Paris, le 13 novembre, laissaient peu de doute. La revendication par l’Etat islamique (EI), moins de douze heures plus tard, par un communiqué en plusieurs langues et une vidéo, amplement relayés sur les réseaux sociaux djihadistes, a confirmé l’implication du groupe dans ce que le président français, François Hollande, a qualifié d’« acte de guerre qui a été préparé, organisé, planifié à l’extérieur avec des complices à l’intérieur ».

    Après la mort de ressortissants russes dans le crash d’un avion en Egypte, les attentats en Turquie et au Liban, l’EI a voulu frapper au cœur de Paris, présentée comme la « capitale des abominations et de la perversion, qui porte la bannière des croisés ».

    Le choix des cibles et des mots – un stade où se trouvait « l’imbécile » François Hollande, une salle de spectacle réunissant « des centaines d’idolâtres dans une fête de la perversité », des cafés – fait de cette guerre contre les « croisés » une guerre de civilisation.

    « Vous ne vivrez pas en paix »

    « C’est un discours opportuniste, estime Romain Caillet, spécialiste des mouvements djihadistes. C’est une sorte de bonus pour eux que d’attaquer des lieux jugés pervertis. Leur but premier est de cibler des Français, pas un mode de vie. La terminologie est employée pour insulter l’adversaire. »

    Le choix du Stade de France tranche même, poursuit-il, avec la logique de l’organisation, qui cherche à épargner les musulmans pour mieux les opposer à leurs concitoyens et les enrôler.

    Les frappes contre les musulmans du « califat » autoproclamé d’Abou Bakr Al-Baghdadi, l’insulte faite au prophète Mahomet, et le combat contre l’islam, sont autant de raisons invoquées pour justifier cette première attaque d’ampleur contre la France. « Aussi longtemps que vous nous bombarderez, vous ne vivrez pas en paix », promet un djihadiste, dans une vidéo diffusée samedi. L’armée française a combattu les islamistes au Mali et soutient l’action africaine contre la secte nigériane Boko Haram. Elle a mené près de 300 frappes contre l’EI en Irak depuis septembre 2014, puis en Syrie dès octobre 2015.

    « Il y a beaucoup de francophones français ou belges dans les rangs de l’EI. Cela explique la plus grande éventualité d’un attentat sur le sol français », analyse M. Caillet. Selon les autorités, près de 1 000 Français ou résidents en France « sont connus pour être allés en Syrie ou en Irak », dont 588 qui y sont toujours, 142 qui y sont morts et 247 qui sont partis. Nombre d’entre eux animent les réseaux de propagande et de recrutement de l’organisation, d’où ils appellent à attaquer leur pays d’origine. Comme Salim Benghalem, présenté comme le responsable de l’accueil des Français et des francophones à Rakka, en Syrie, visée par des frappes françaises en octobre.

    « Méchants et sales Français »

    Le passage du djihad local et de la construction du « califat » au djihad global par l’EI, sur le modèle de son concurrent Al-Qaida, remonte, selon Romain Caillet, au début des frappes occidentales en Syrie et en Irak. En septembre 2014, Abou Mohammed Al-Adnani, son porte-parole, avait menacé : « Si vous pouvez tuer un incroyant américain ou européen, en particulier les méchants et sales Français, (…) alors comptez sur Allah et tuez-le de n’importe quelle manière. » La France, la Belgique, le Canada, l’Australie ou les touristes en Tunisie ont depuis été ciblés par des terroristes se revendiquant de l’EI.

    La détermination de la France et de ses alliés à intensifier leur intervention fait espérer, dans les rangs de l’EI, que se réalise la prophétie islamique du triomphe de l’armée des musulmans dans la cité syrienne de Dabiq, où flotte depuis août 2014 le drapeau noir, face à une horde d’infidèles. Mais, alors que la coalition internationale refuse d’envoyer des forces au sol, et que les revers de l’EI se multiplient en Irak et en Syrie, le groupe pourrait accroître ses attaques à l’étranger. « On arrive avec notre armée pour conquérir la France », a menacé, lundi, l’EI dans une nouvelle vidéo, dans laquelle résonne l’appel d’Adnani : « Paris avant Rome et avant l’Andalousie ».

    Lire aussi : L’éternel retour des « pionniers » du djihad

    Lutte contre Daesh : faut-il changer de stratégie ?

    La revendication est claire. Daesh. Les bombardements de Raaqa sont une riposte mais ils ne suffiront pas à éradiquer le mal. Faut-il envisager de changer de stratégie militaire en Syrie et en Irak ? La question est sur la table du président Hollande.

    La guerre en Syrie vient sur notre territoire. Le bilan est lourd. Il appellait une réaction forte. Elle est arrivée. 20 bombes larguées sur des djiadistes qui quelques heures plus tôt se réjouissaient du carnage de Paris. Mais François Hollande a promis une réponse forte. Mais sous quelle forme ? Pour l’heure, le bilan militaire de la guerre contre Daesh est nul. Après un an et demi de bombardements intensifs de la coalition internationale, Daesh n’a en rien diminué ni reculé. Au contraire. L’Etat islamique impose son empreinte sur un territoire conséquent, de Faloudja en Irak  à la banlieue de Damas en Syrie. Mais surtout, en un mois, les terroristes ont fait la démonstration qu’ils sont capables de frapper leurs ennemis hors du terrain de guerre du « Levant » comme ils le nomment : la Turquie, l’Egypte (avion russe), le Liban (quartier Hezbollah) et aujourd’hui la France. Un an et demi après le début de l’intervention militaire de la coalition occidentalo-arabe,  l’État islamique est plus fort que jamais. Dès lors que faire ?

    Les données du problème sont simples et elles sont désormais sur la table du président de la République.
    1) – Continuer dans la voie choisie. Accepter l’idée que ce sera long et que pendant ce temps il furadra accepter le risque d’autres attaques.
    2) – Changer de tactique et accepter l’idée qu’une guerre se gagne, en plus de frappes aériennes lourdes, en reprenant et en gagnant des positions au sol. Et intégrer ce que tout le monde sait : l’armée syrienne libre ou du moins ce qu’il en reste n’est plus en mesure de le faire. S’en suivent deux options :
    2-a) Envoyer des troupes occidentales au sol. Des soldats français, américains, britanniques, turcs et en accepter les risques et les pertes inévitables.
    2-b) S’appuyer sur les troupes déjà au sol, celles de l’armée syrienne d’Al-Assad et donc renoncer aux principes politiques qui nous guident depuis 3 ans. C’est ce que souhaitent les Russes et les Iraniens qui nous poussent sur la voie du « faisons d’abord la guerre aux terroristes, on verra le cas Assad plus tard ». Position qui évidemment réjouit le régime de Damas.

    Si l’hypothèse 2a est retenue (celle d’une implication directe), la France pourrait solliciter l’OTAN. C’est sans doute le sens des propos de François Hollande qui insiste sur le fait que nous avons été attaqués par une armée, et que nous sommes en guerre. L’OTAN aurait là une justification pour mobiliser ses forces. On rappellera au passage que depuis plusieurs semaines le plus grand exercice conjoint jamais réalisé depuis la fin de la guerre froide mobilise les troupes de l’OTAN, en Espagne notamment. Exercices dans lequel il est question de neutraliser une organisation terroriste.

    Le monde contre Daech

    Ça n’a pas tardé. Le ton, les propos, l’attitude – depuis la nuit de vendredi tout annonçait, chez François Hollande, une riposte immédiate et massive aux crimes qui ont endeuillé la France et c’est dès hier soir qu’elle est tombée.

    Avec douze appareils engagés, l’aviation française a frappé Raqqa, la place forte de Daech en Syrie. Deux cibles étaient visées, un camp d’entraînement et un poste de commandement abritant un centre de recrutement djihadiste et un dépôt d’armes et de munitions. C’était une première salve mais certainement pas la dernière car le porte-avions Charles de Gaulle quitte Toulon après-demain pour les côtes syriennes et sera opérationnel sous deux semaines.

    Il portera les forces françaises mobilisées dans la région de douze à trente-six avions, une multiplication par trois annonçant une intensification marquée des frappes contre Daesh permise par les vols de reconnaissance français organisés depuis septembre mais aussi par l’étroit échange de renseignements sur lequel Paris et Washington viennent de se mettre d’accord.

    Dès avant les frappes d’hier, effectuées en « coordination avec les Etats-Unis », le ministre français de la Défense et son homologue américain s’étaient  longuement entretenus dimanche, au téléphone, de « mesures concrètes » à prendre contre Daech et ce n’est pas tout.

    Perpétrés à la veille des troisièmes discussions de Vienne sur la Syrie et de la réunion du G-20 en Turquie, les attentats de Paris ont provoqué un électrochoc dans toutes les grandes capitales qu’un changement d’atmosphère est partout perceptible..

    En marge du G-20, Barack Obama et Vladimir Poutine ont eu un aparté de plus d’une demi-heure, un entretien qui n’avait pas été prévu et au cours duquel ils se sont mis d’accord sur l’urgence d’un cessez-le-feu en Syrie et d’une transition politique organisée sous l’égide des Nations Unies.

    Sur le fond, il n’y a rien là de vraiment neuf mais c’est la première fois que les présidents et américain et russe s’accordent en personne et publiquement sur ces objectifs auxquels il est ainsi donné une priorité nouvelle. Tout se passe comme si les grandes capitales étaient en train de converger sur le besoin de mettre entre parenthèses leur désaccord sur le sort futur de Bachar al-Assad afin de se concentrer sur la recherche d’un compromis en Syrie qui permettrait de régler plus tard la question du boucher de Damas en trouvant le moyen de l’escamoter sans que personne ne perde la face et de s’unir, en attendant contre les jihadistes de Daech.

    C’est en tout cas la musique qui s’est entendue à Vienne mais aussi dans les appels concomitants que le Premier ministre britannique et le président polonais du Conseil européen ont lancé à Vladimir Poutine en lui demandant de cesser de s’en prendre à l’opposition syrienne, de ne plus cibler que Daech et de s’entendre à cet effet avec les Américains et les Européens. Quelque chose décidément change, un changement accéléré par les attentats de Paris.

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    Attentats: le mystère Abaaoud plane, l’état d’urgence renforcé en vote à l’Assemblée

    L’assaut mené mercredi au petit matin par les policiers du Raid et de la BRI à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) visait celui qu’on surnomme, au sein de l’organisation Etat islamique, Abou Omar al-Baljiki (« le Belge » en arabe) et soupçonné d’être l’organisateur des plus sanglants attentats de l’histoire française qui ont fait au moins 129 morts et 352 blessés vendredi soir.

    Cette opération a débouché sur l’arrestation de huit personnes, placées en garde à vue. Mais ni Abaaoud, ni Salah Abdeslam, autre suspect-clé toujours recherché, n’en font partie, a affirmé mercredi le procureur de Paris François Molins.

    Les enquêteurs sont désormais suspendus aux conclusions des équipes de police technique et scientifique, engagées dans un laborieux travail d’identification des corps retrouvés sur place et sévèrement abîmés par les violentes fusillades et explosion.

    M. Molins a fait état d' »au moins deux morts » parmi les occupants de l’appartement: un « corps criblé d’impacts » et inidentifiable visuellement, et une personne qui s’est faite exploser à l’arrivée des policiers d’élite, vraisemblablement celui d’une femme « mais ce point devra cependant être vérifié par l’examen des corps et des débris de corps », a-t-il précisé.

    Le ministère de l’Intérieur n’a également « pas exclu » qu’un « troisième terroriste » ait pu être tué, les constatations étant compliquées par l’état des corps morcelés.

    – Abaaoud en France ? –

    La possible présence en France d’Abdelhamid Abaaoud, tête d’affiche du contingent des jihadistes francophones de l’EI, interroge et inquiète.

    Selon François Molins, les enquêteurs ont recueilli lundi un témoignage « faisant état de la présence d’Abaaoud sur le territoire français ». Ce témoignage, « qui a fait l’objet de nombreuses vérifications téléphoniques et bancaires », a abouti à l’assaut contre l’appartement de Saint-Denis.

    Et « tout laisse à penser que (…) ce commando pouvait passer à l’acte », a ajouté le procureur de Paris.

    La traque se poursuit par ailleurs contre Salah Abdeslam, 26 ans, soupçonné d’être un des membres du groupe qui a mitraillé vendredi les terrasses de cafés et restaurants parisiens, avec son frère Brahim Abdeslam, qui s’est fait exploser.

    Il est activement recherché, notamment en Belgique où les attaques ont été organisées selon les autorités françaises et où il aurait été exfiltré samedi matin depuis Paris. Deux complices présumés de cette fuite, Mohammed Amri (27 ans) et Hamza Attou (20 ans), ont été arrêtés à Bruxelles et inculpés par la justice belge pour « attentat terroriste ».

    Un autre jihadiste non identifié serait aussi en cavale, à moins qu’il ne s’agisse d’un des deux complices présumés de l’exfiltration.

    Plusieurs kamikazes ont déjà été identifiés, tous Français: Brahim Abdeslam (31 ans), Bilal Hadfi (20 ans), Samy Amimour (28 ans) et Omar Ismaïl Mostefaï (29 ans). Il reste notamment à mettre un nom sur un cinquième homme passé par la Grèce cet automne et auprès duquel a été retrouvé au Stade de France un passeport syrien à l’authenticité douteuse, dont les policiers ont diffusé la photo.

    Autre individu dans le collimateur des enquêteurs: Fabien Clain, Français de la Réunion converti à l’islam et vétéran du jihadisme, qui a revendiqué les attaques au nom de l’EI dans un enregistrement.

    – Vers un état d’urgence renforcé –

    C’est dans ce contexte pesant que les députés votent jeudi un projet de loi renforçant l’état d’urgence, décrété par François Hollande dès vendredi soir.

    Ce texte, qui devrait recevoir un très large assentiment de l’Assemblée avant d’être soumis vendredi au vote du Sénat en vue d’une adoption définitive, prévoit la prolongation de l’état d’urgence pour une durée de trois mois à compter du 26 novembre, soit jusqu’à fin février.

    Il élargit notamment le régime des assignations à résidence de personnes dangereuses à toute personne à l’égard de laquelle il existe des raisons sérieuses de penser que son comportement constitue une menace pour la sécurité et l’ordre public. Il n’est pas exclu que soit ajouté jeudi le port d’un bracelet électronique ou allongée la durée de l’assignation au domicile, changements souhaités par Les Républicains.

    Jusqu’à présent, la loi prévoyait, pendant l’état d’urgence, la possibilité d’assigner à résidence une personne « dont l’activité s’avère dangereuse » pour l’ordre public.

    Alors que se multiplient les appels à fermer les mosquées et lieux de prières radicalisés et à expulser les imams étrangers extrémistes, le texte intègre également dans l’état d’urgence la dissolution de groupes et associations extrémistes participant à des actes portant une atteinte grave à l’ordre public, les facilitant ou y incitant.

    Sur le front extérieur, les frappes aériennes en Syrie, accentuées depuis dimanche en riposte aux attentats de Paris, se poursuivent.

    Elles seront appuyées par l’arrivée « à la fin de la semaine » en Méditerranée orientale du porte-avions Charles-de-Gaulle qui a appareillé de Toulon mercredi, a indiqué le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian.

    Ce renfort va tripler la capacité de frappes française, avec un total de 38 avions dans la région.

    Depuis dimanche, les chasseurs français ont largué « une soixantaine de bombes sur le centre névralgique (de l’EI) à Raqa », dans le nord de la Syrie, a affirmé M. Le Drian. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), les raids aériens français et russes ont causé en trois jours la mort de 33 jihadistes de l’EI.

    Pourquoi Daesh ne peut pas gagner

    L’État islamique est capable de faire beaucoup de dégâts mais ne constitue pas une menace existentielle pour la France. Explications.

    | Le Point.fr

    Parade militaire à Raqqa, fief de l'État islamique en Syrie.
    Parade militaire à Raqqa, fief de l’État islamique en Syrie. © © Stringer / Reuters

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    Commentaires

    Jocelyn  • 

    Croire en un Dieu Allah, ce n’est pas un problème, mais mener la guerre contre les Infidèles qui ne croient pas à Allah c’est un programme politique de Pan-Arabisme où il est permis de tuer les Infidèles pour prendre leurs terres. Et il a commencé avec les Turcs (conquêtes ottomanes). Il avait déjà été tenté du temps de Mahomet depuis le VIIe siècle

    Un utilisateur Yahoo  • 

    TOUS DES FAUX CULS ces représentants de l’islam (pas) français.
    DEHORS en Tunisie ils ont fermé des mosquées EN FRANCE ON EN CONSTRUIT
    CHERCHEZ L’ERREUR

    alain  • 

    Il faut y ajouter le gouvernement de hollandouille et son équipe de bras cassés et de têtes vides , INCONPETENTES .

    Jean  •

    Menteur, manipulateur, fourbe voilà ce qu’ils sont, que ceux qui ne se reconnaissent pas comme çà abjurent cette religion d’hypocrite !

    bof  • 

    en fait le mrap est le principal responsable de la montée de l’integrisme en france en accusant sans cesse les francais de racisme.et la les islamistes accusent les francais d’islamophobie mais ce sont eux qui tuent les francais.

    Un utilisateur Yahoo  •

    Pourquoi n’y at’il pas d’enquétes fiscales chez les responsables de l’islam en FRANCE??

    garo O  •

    Ils n étaient pas très nombreux dans la> Minute de Silence> les Français Maghrébins…..

    Charlemagne  • 

    Le gouvernement Tunisien a eu le courage de fermer les mosquées salafistes !!! en France :RIEN alors que tout le monde sait que tous les terroristes fréquentent ces mosquées qui prônent la haine et l’obscurantisme

    Grandcajou  • 

    On veut faire le ménage et le nettoyage à l’extérieur de la France mais il serait bon de commencer par l’intérieur du pays.

    Laurent  • 

    Il n’y a pas d’Islam modéré !

    somnifere  • 

    Bartolone né à Tunis est-il lui aussi dans  » le coin  » ? plaidant pour un  » socialisme  » populaire il doit se ronger les ongles … bon , nous en saurons plus quand fier comme un paon il prendra place au perchoir de l´Assemblée Nationale après être arrivé entre une rangée faisant partie de la Garde Nationale en habits et accompagné d´un roulement de tambours …

    mimi  • 

    Nous sommes officiellement en guerre contre l’islam radical.
    Et pourtant, 83 mosquées sont officiellement classifiées comme des mosquées salafistes !
    Alors signez la pétition demandant au président de fermer ces mosquées et d’expulser… les imams étrangers prédicateurs de haine, et faire interner ceux qui ont la nationalité française.
    Le président affirme – enfin! – que nous sommes en guerre.
    Il est temps qu’il en tire les conséquences pratiques et que les pouvoirs publics cessent d’encourager par leur faiblesse, leur aveuglement, et parfois même leur complaisance, les islamistes radicaux.
    Et il faut que ces derniers sachent qu’ils ne seront jamais chez eux, chez nous!
    Alors signez vite et faites largement signer cette pétition !
    Nous sommes déjà des milliers, mais il faut que le président croule sous les dizaines de milliers de messages de Français déterminés à défendre leurs libertés et leur identité.
    Tapez ces mots sur un moteur de recherches : « Fermez les mosquées salafistes » et signez !!! Il n’est pas trop tard, un jour, nos enfants nous remercieront !!!

    • raoul  • 

      Vous noterez que les médias obéissent aux ordres et ne parlent plus des milliers de migrants qui continuent à arriver en Europe chaque jour. Junker avance le nombre de 3 millions pour 2016. On a pas fini de se marrer….Alah Aqbar!!!

    • J’espère que les interpellés n’ont pas été trop malmenés, ils pourraient porter plainte contre les flics après…

      fcb-messi-playstation  • 

      une minute de silence pour la chienne diesel. . . .

      Tigrou  • 

      En tant que Algérien musulman je présente toute mes condoleances aux victimes innocentes de cette barbarie .

      raoul  • 

      Hier en Turquie a eu lieu un match de foot entre la Grèce et la Turquie. Lors de la minute de silence, des huées et des Alah Aqbar ont été lancés par la majorité des spectateurs (turques). Voir l’info sur la quotidien suisse sur google « Le Matin ».

      DIDAV  • 

      Face aux attentats , avez vous remarqué le silence des musulmans de France…… Ps : ne dit-on pas  » qui ne dit mot consent…. »

      Pourquoi  •

      2 morts sur 5, soit 40% de réussite. Il va falloir viser juste la prochaine fois.

      Kadi  •

      Qui ça? Sarkozy? Le complice de BHL en Libye? Comment peut-il oser des leçons lui qui a contribué à l’expansion du terrorisme en offrant à DAECH le territoire libyen sur un plateau d’argent?
      Bon aura tout vu et tout entendu. A coup sûr les politiciens n’ont pas de scrupule.

    Happy Man  •

    On paye aujourd’hui nos erreurs vis à vis d’Assad qui n’est pas un saint évidemment mais qui n’organise pas de massacres à Paris … Le jour où on comprendra que Poutine n’est le diable qu’on nous vend et qu’en s’alliant tous ensemble on peut résoudre le problème, on aura fait un grand pas …

    pascal  •

    commencons à faire le nettoyage en France avant d’aller ailleurs.
    4000 fichés et on les laisse tranquilles ??

    Eric  • 

    Il faut se mettre d’accord avec la Russie.

    Notateur  • 

    ni gauche ni droite !
    la france unie contre l’obscurantisme !

    Cugel  • 

    Dernière option : se retirer de la coalition militaire anglo-saxonne et laisser les acteurs locaux et régionaux régler leurs comptes, en se contentant de soutenir de l’extérieur ceux qui nous semblent défendre nos intérêts. C’est ce que font 26 états de l’UE sur 28, qui eux se tiennent prudemment à l’écart de ce guêpier, et qui se félicitent chaque jour d’avoir fait ce choix. Pas un d’entre eux ne viendra s’associer militairement à la coalition pour soutenir la France, eux ont retenu les leçons des attentats de Madrid et de Londres, et compris que les interventions militaires du type guerre en Irak sont l’une des causes majeures du chaos actuel au MO et de la vague de réfugiés qu’il suscite.
    Vous verrez qu’une fois passée la colère, bien peu de Français auront réellement envie de s’embarquer seuls en Europe dans des années de guerre pour un conflit se déroulant à des milliers de kilomètres, et qui ne concerne que de très loin nos intérêts nationaux. Un conflit qui coûtera une fortune, réduira les libertés et obligera à vivre dans un climat de peur permanente.
    Rien n’obligeait la France à bombarder l’Etat Islamique et à provoquer ainsi ces représailles sanglantes, passé le deuil, cette évidence s’imposera. Je fais le pari que le gouvernement va payer cher dans les urnes son bellicisme, comme Blair, Aznar et Bush avant lui.

    VIVIRIN  • 

    Il faut raser jusqu’au moindre centimètre des structures de daesh et neutraliser au sens fort du terme tous ses combattants, français en tête .

    • kamil  • 

      RAPPROCHER LES HOMMES DE « LUMIERE » RAVANELLO ET BHL VOUS AUREZ LA REPONSE TOUTE FAITE POUR LA SITUATION QUE LE MONDE VIT

      Al  • 

      Traquer les trafiquants de pétrole et d‘armes. Pister l‘argent de ces trafics. Cesser d‘être corrompu par le Qatar et l‘Arabie saoudite. Renouer avec la Russie.

    • Islamic-Intelligence Blog …  • 

      L’aviation française a bombardé une école,un hôpital à Raqqa en Syrie .elle s’est encore une fois tromper de cible !
      La Haine engendre la Haine, il faut combattre le Mal par le Bien…
      Le terroriste c’est l’état profond français qui bombarde et c’est le peuple de France et les innocents qui..trinquent

      philippe  • 

      « Grave accusation sur Hollande au sujet des attentats » sur youtube.
      /watch?v=hZhbwvDyaLo

    libre                                            Chacun de ces criminels apparaissant sur des photos et paradant devrait être exécuté par nos forces spéciales dès que possible… Tués dans le théâtre de leurs opérations, personne ne viendra demander un procès et une incarcération. Leur exécution lointaine nous laissera de marbre et leur mort nous soulagera.

    ISABELLE MAGNIN                  Les « Français » ont bon dos. Alors que leurs revendications mettent clairement en lumière la « perversité »…….La réalité c’est que la cible française pour les djihadistes est la plus facile à atteindre, surtout par la Belgique qui vient de prouver son énorme gruyère à terroristes. Ils ont choisi la France d’abord car ils ne peuvent plus s’en prendre aux américains, et certainement pas aux russes !

    Vincent Segura

    @Isabelle M.                           Ils ne peuvent s’en prendre aux Russes???       les 217 passagers du vol 9268 -ou plutôt leurs proches- apprécieront votre humour. Savez-vous par ailleurs qu’il y a beaucoup plus de convertis à Daesh en provenance de Russie que de n’importe quel autre pays européen ? Non?

     

    Olivier Jacquemin                 Et en abattant l’A321 russe, ils ciblaient le mode de vie russe ? Et dans l’attentat de Beyrouth, le mode de vie libanais? Vraiment du grand n’importe quoi! Daesh frappe aveuglément, sans aucune logique, sans aucun discernement, pour faire naitre une paranoïa généralisée : qu’on prenne l’avion, le métro, qu’on se promène sur un marché, qu’on fréquente une exposition, ou que l’on assiste à un concert, l’EI veut montrer qu’il peut frapper n’importe où et sans aucune logique permettant d’anticiper

    Globus Tollus Schnockel         Il y a toujours une logique. Même dans les délires des malades mentaux. Et ceux-là ne sont même pas fous, ils sont fanatiques et connaissent l’art de la guerre. Ne croyez pas qu’ils aient pu conquérir autant de territoires en Iraq et Syrie sans une réflexion stratégique, en frappant à l’aveugle, n’importe comment, n’importe où, n’importe qui.S’il s’agissait juste de tuer à l’aveugle, autant mitrailler la foule sur une place de Paris. Mais ça manque de symbolique. Le « bistrot parisien », moins.


    chedelabarre            pour beyrouth, j’ai cru comprendre que c’était les chiites qui étaient visés.

     

    Bakounine                Pour finir c’est marrant d’entendre parler de croisés s’agissant de la France qui est peut être la nation qui compte le plus d’athées compte tenue de sa population et si l’on ajoute les non pratiquants……L’on voit bien que ce ne sont que de minables tueurs de droit commun qui se camoufle derrière un drapeau qu’ils sont indignes d’arborer.

    Ce terme de « Croisés » qu’emploie les tueurs à tout bout de champs nous ramène à la conquête par les arabes au nom de l’islam des territoires du moyen orient sous domination de « l’empire romain d’orient ». Finalement qui étaient les assaillants? Ce verbiage pour justifier leurs crimes commis dans le seul but d’imposer une idéologie fascisante en prenant la religion comme prétexte est vraiment ridicule. Une question se pose : qui, derrière les exécutants manipule? Quel secte ?…….

    janou002                   Daesh est voué à finir dans les grandes poubelles de l’histoire.

    Amen !… Et avec lui, j’espère tous les idiots utiles qui par leur complaisance criminelle lui ont laissé croire qu’il pourrait soumettre la France et les Français ! Suivez mon regard !

    Bastogne                Pourquoi daech ne peut pas perdre ?

    Parce qu’il ne vise pas à une victoire militaire classique ; même si l’inqualifiable abandon d’Obama après tant de décisions absurdes (la plus absurde étant d’envahir l’Irak) lui a permis de nombreuse victoires sur le terrain, daesh sera battu. Mais comme un cancer anéanti par la chimiothérapie il aura eu le temps de diffuser ses métastases dans l’organisme entier et en de nombreux endroits renaitrons de petits cancers islamofascistes tant que les racines du mal ne seront pas détruites, mais où sont-elles ?

    CES BLD                           Hum

    @justinien10                 « l’archaïsme de Daesh condamne les djihadistes à l’échec : ils peuvent faire des crimes, mais ils ne peuvent vaincre ». J’aimerais en être aussi sûr que vous…

    justinien10               

    @Ces bld :                      rivalité très ancienne, mais justement archaïque !

    Cela fait treize siècles que les deux grandes religions monothéistes universalistes s’affrontent, depuis que l’Islam affronta l’Empire Byzantin chrétien, au VII ème siècle.
    L’expansion de l’Islam s’est arrêtée à la Renaissance, quand l’Occident chrétien à repoussé les Ottomans, découvert l’Amérique et exploré le monde.
    Depuis, certains musulmans réagissent en voulant retourner au VII ème. Siècle, comme le Mahdi ou Daesh, un peu comme si les Italiens voulaient rebâtir l’Empire Romain, de l’Écosse au Soudan !
    D’autres musulmans, plus intelligents, veulent développer et moderniser leur pays, comme Nasser, Bourguiba…
    l’archaïsme de Daesh condamne les djihadistes à l’échec : ils peuvent faire des crimes, mais ils ne peuvent vaincre.

    Benes                       Ne pas se tromper. Si la destruction de Daesh en Syrie et en Irak est une bonne chose par laquelle il faudra passer, il ne faut pas se tromper. Notre véritable problème se situe sur le territoire français, c’est celui-ci qu’il convient de traiter sans complexe et sans trembler.

    justinien10                     Merci à Mandchoukou76 pour son témoignage

    Hélas, c’est une infime minorite de français musulmans qui se radicalise et finit par stigmatiser l’immense majorité parfaitement intégrée.
    Mes enfants ont des copines musulmanes qui, simplement, ne mangent pas de porc, mais vont à la piscine, au Mac do, au cinéma, aux fêtes d’anniversaire comme les autres.
    Par contre, j’ai eu un collègue de bureau barbu, qui imposait le voile à sa femme, ne prenait que du poisson à la cantine, et finit par refuser de serrer la main de ses collègues femmes.
    Ces 1% de fanatiques détruisent l’image des 99% de musulmans français tranquilles.

                                     D’accord comme tous les fascismes, religieux ou non, que nous avons connus, L’EI est voué à l’échec. . Il va à l’encontre de ce que désire l’HUMAIN : la liberté et la possibilité de vivre en paix. Mais il faudra du temps et de la volonté de la part de tous.

    jackknight                   … « Il ne s’adresse qu’aux musulmans » ! Ah bon ?

    Et tous ceux qui ne sont pas d’origine musulmane, qui se sont convertis, et qui sont partis rejoindre les barbares en question, on en fait quoi ?
    D’autant qu’ils sont souvent les plus virulents.

    nique-haut-las                  Les anéantir. Aux vues de cet article, ils n’ont pas bcq d’argent, peu de soldats et de véhicules.

    Alors pourquoi ne les éradiquons pas totalement ?
    L’envoi des tous nos corps d’armée, que je suis sur chaque français supportera par des dons façon téléthon.
    Pilonez donc cette anomalie,  Ils sont prêts à mourir pour se rapprocher de leur dieu, exhaucez donc leur voeu

    Le sanglier de Génolhac

    @ Mandchoukuo76…         Sur la photo, c’est un T 72 en version simplifiée, c’est à dire non équipé du système d’auto-enfouissement hydraulique alimenté par le moteur du char (et non par 4 moteurs indépendants comme nous le pensions au début). Car jamais les américains n’auraient laissé derrière eux leurs M1 Abrams, même si personne n’est équipé pour en assurer la maintenance. Le T 72 est totalement vulnérable aux armements que le monde libre (tiens, curieux comme les vieilles expressions me reviennent !) peut aligner aujourd’hui. Et je ne sais pas où Daesh irait se procurer des pièces de rechange.

    • Mercierr                     Quelle vulgarité, parler de liberté quand on passe son temps à rentrer en guerre dans plusieurs pays dans le monde qui nous concerne pas c’est facile. Parler de lâcheté quand on bombarde et tue des civils c’est très facile. Daesh a plein de choses à se reprocher, mais nous aussi. Mettre notre grain de sable dans toutes ces saletés nous rend tout aussi coupable..

    • Vlad76                           Parce qu’en plus les membres de Daesh savent lire ????

    • Lekhmertvert2              Grâce à Daesh, le peuple va oublier toutes ses revendications sociales et accepter sans brocher que tous les acquis sociaux des 50 dernières années soient liquidés sur l’autel du libéralisme débridé.
      Union sacrée contre Daesh, oui, mais pour le plus grand bonheur des puissants de notre pays qui vont pouvoir continuer leur entreprise de saccage social sans problème.

      • TrollMasta          aaaaaah les acquis sociaux, le seul et unique combat important aujourd’hui, changez de disques bon sang, çà ne vous choque pas de vous dire que ça fait 50 p***** d’années que notre modèle social est dans l’immobilisme le plus total ?

    • @Monsieur Oeht:             vous etes un danger pour notre république. Il faut arrêter de penser que francais arabe est une insulte, de se victimiser, de s’insurger bêtement. Les choses changent. Arabe n’est pas une insulte. C’est un marqueur de diversité.

     

    Raid « On est parti, on commence »

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    BBn6MDE

    Attentats de Paris: assaut de la police à Saint-Denis, mort d’une femme kamikaze

    Selon des sources policières, au moins deux forcenés sont morts dont une femme qui s’est fait exploser, un acte sans précédent en France. Elle « a activé son gilet explosif au début de l’assaut », a annoncé le procureur de la République de Paris, ne confirmant à ce stade que ce décès.

    Les policiers d’élite du Raid ont extrait trois hommes de l’appartement, immédiatement placés en garde à vue, a précisé le procureur. Un homme et une femme ont également été interpellés à proximité immédiate de l’appartement et aussi placés en garde à vue.

    Dans le quartier bouclé par des policiers et des soldats munis d’armes automatiques, de casques et de gilets pare-balles, une journaliste de l’AFP a vu les forces de l’ordre emmener un homme qui dit avoir hébergé deux personnes « qui venaient de Belgique » dans l’appartement visé par l’assaut, et une de ses amies.

    Au moins trois policiers ont été blessés au cours de l’assaut, lancé vers 04H20 par la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire et le Raid.

    François Hollande suit les développements dans son bureau à l’Elysée avec le Premier ministre Manuel Valls et le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve.

    Selon une source policière, la cible de l’assaut est Abdelhamid Abaaoud, organisateur présumé des attentats de vendredi. Membre de l’organisation Etat islamique (EI), qui a revendiqué les attentats de Paris et Saint-Denis. Ce jihadiste belge de 28 ans, surnommé Abou Omar Soussi ou Abou Omar al-Baljiki, est recherché depuis janvier, soupçonné d’avoir également projeté des attentats en Belgique.

    A Saint-Denis, Alexia, qui se trouvait à sa fenêtre, a entendu « des tirs à partir de 04H25, des « boum » comme des grenades puis des rafales intermittentes », a-t-elle raconté.

    « On se croirait en guerre », s’est alarmée Hayat, 26 ans, qui avait passé la nuit chez des amis, rue du Corbillon. « J’aurais jamais pensé que des terroristes puissent se cacher ici ».

    Le métro et les lignes de tramway desservant la ville ont été arrêtés et les établissements scolaires du centre-ville sont fermés, les habitants étant priés de ne pas sortir de chez eux.

    – Kamikaze au passeport syrien –

    Salah Abdeslam, 26 ans, soupçonné d’avoir été l’un des tireurs qui ont mitraillé vendredi soir les terrasses de cafés et restaurants parisiens, avec son frère Brahim Abdeslam, qui s’est fait exploser, est aussi toujours activement recherché, notamment en Belgique, où les attaques ont été organisées selon les autorités.

    Les enquêteurs disposent par ailleurs d’une vidéo accréditant l’existence d’un autre assaillant dans leur commando qui circulait à bord d’une Seat noire. Il pourrait être lui aussi en fuite.

    Deux complices présumés ont par ailleurs été arrêtés samedi dans le quartier bruxellois de Molenbeek, plaque tournante du jihadisme, et inculpés par la justice belge pour « attentat terroriste ». Ces deux hommes, Mohammed Amri, 27 ans, et Hamza Attou, 20 ans, sont aussi soupçonnés d’avoir exfiltré Salah Abdeslam en Belgique après les tueries.

    Les trois équipes coordonnées de jihadistes, qui ont fait 129 morts (dont 117 ont été identifiés) et 352 blessés (221 encore hospitalisés dont 57 en réanimation), auraient ainsi été composées de neuf hommes: trois kamikazes aux abords du Stade de France à Saint-Denis, trois autres dans la salle de spectacles du Bataclan et trois assaillants pour les terrasses de bars et restaurants dans la capitale.

    Plusieurs kamikazes ont déjà été identifiés, tous français: Samy Amimour (28 ans), Omar Ismaïl Mostefaï (29 ans), Bilal Hadfi (20 ans) et Brahim Abdeslam (31 ans).

    Mostefaï, Amimour et Hadfi se sont rendus en Syrie. C’est probablement le cas aussi des deux frères Abdeslam.

    Les policiers ont aussi diffusé la photo d’un des kamikazes du Stade de France, dans le cadre d’un appel à témoins, pour obtenir des informations sur cet homme passé par la Grèce cet automne. On a retrouvé près de son cadavre un passeport syrien dont l’identité correspond à celle d’un soldat de Bachar al-Assad tué il y a plusieurs mois.

    – « Trop de temps perdu » –

    Autre jihadiste français qui intéresse les enquêteurs: Fabien Clain, 35 ans, vieux routier toulousain des filières radicales, qui a revendiqué au nom de l’EI dans un enregistrement les attaques parisiennes.

    Sur le plan politique, l’ambiance est de moins en moins à l’union nationale malgré un relatif consensus autour de la réponse sécuritaire portée par François Hollande.

    Mercredi, Nicolas Sarkozy a sévèrement mis en cause François Hollande et le gouvernement, déplorant « trop de temps perdu » depuis les attentats de janvier et une insuffisante prise en compte des conséquences de l’intervention en Syrie sur la « sécurité intérieure ».

    Le Conseil des ministres doit examiner mercredi le projet de loi sur la prolongation de l’état d’urgence pour trois mois, qui doit être voté jeudi par l’Assemblée nationale et vendredi par le Sénat. Un état d’urgence jusqu’alors confiné à la métropole, qui sera étendu à l’outre-mer.

    Pour organiser la riposte militaire, François Hollande rencontrera Barack Obama à Washington mardi prochain et Vladimir Poutine deux jours plus tard à Moscou, dans l’espoir d’une coalition unique visant à « détruire » l’EI.

    Le président russe a ordonné à sa marine de « coopérer » avec la France.

    Le président américain a salué mercredi le rôle de Moscou dans les pourparlers visant à mettre fin à la crise en Syrie. La Russie a été « un partenaire constructif à Vienne en essayant de créer une transition politique » en Syrie, a déclaré M. Obama en référence aux récents pourparlers internationaux en Autriche.

    Paris a réclamé mardi l’assistance militaire des pays de l’Union européenne, après une nouvelle nuit de bombardements français à Raqa, fief de l’EI. L’UE a fait part de son soutien « unanime ».

    Au cours des dernières 72 heures, les frappes aériennes menées par la France et la Russie dans le nord de la Syrie ont tué 33 jihadistes, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

    EN DIRECT. L’assaut à Saint-Denis et les dernières informations cinq jours après les attentats du 13 novembre

    ATTENTATS – Cinq jours après les attentats meurtriers de Paris, la traque se poursuit mercredi avec un assaut policier avant l’aube à Saint-Denis, en proche banlieue parisienne, les enquêteurs recherchant toujours au moins un suspect-clé et d’éventuels complices.

    Mercredi matin vers 4h30, la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire et les forces policières d’intervention du Raid ont lancé une opération dans cette ville de Seine-Saint-Denis dans le cadre de l’enquête sur les attentats, a-t-on appris de sources proches de l’enquête et du parquet de Paris. Le quartier était bouclé et plusieurs coups de feu ont été entendus par intermittence pendant près d’une heure. Des policiers ont été blessés lors de l’assaut, sans que l’on sache qui recherchent exactement les enquêteurs à Saint-Denis.

    Salah Abdeslam, 26 ans, soupçonné d’avoir été l’un des tireurs qui ont mitraillé vendredi soir les terrasses de cafés et restaurants parisiens, avec son frère Brahim Abdeslam, qui s’est fait exploser, est toujours en fuite et activement recherché, notamment en Belgique, où les attaques ont été organisées selon les autorités. Les enquêteurs disposent d’une vidéo accréditant l’existence d’un autre assaillant dans leur commando qui circulait à bord d’une Seat noire.

    » Suivez les dernières évolutions en direct ci-dessous:

    Une nouvelle vidéo des tirs cette nuit à Saint-Denis

    Plus d’informations à venir…

    Plus d’informations à venir…

    Peu avant 11h30, le conseil des ministres qui s’est tenu sans le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve s’est terminé. Aucun membre du gouvernement n’a pris la parole contrairement à ce qui se fait généralement après ce rendez-vous hebdomadaire.

    Rappelons que le conseil des ministres visait à prolonger l’état d’urgence avec la présentation d’un projet de loi qui arrivera dès jeudi à l’Assemblée nationale.

    Après les attentats de Paris, il est « inacceptable » d’exiger le départ du président syrien Bachar al-Assad comme « condition préalable à toute union contre le terrorisme », a déclaré mercredi le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov lors d’une conférence de presse.

    « J’espère qu’il y aura un changement de position chez nos autres partenaires occidentaux, comme il y en a eu, malheureusement au prix de terribles actes terroristes, chez nos collègues occidentaux », a déclaré Sergueï Lavrov en référence à la France touchée par une série d’attaques meurtrières. « Il est inacceptable d’exiger des conditions préalables à toute union contre le terrorisme », a-t-il affirmé en référence aux Américains qui continuent de demander le départ du président syrien avant toute chose.

    La police turque a arrêté mardi à l’aéroport d’Istanbul huit Marocains présentés comme des militants de l’Etat islamique qui, selon les autorités, voulaient se rendre illégalement en Allemagne, a rapporté l’agence de presse pro-gouvernementale Anatolie.

    Selon des sources proches des services de sécurité citées par Anatolie, les huit suspects, arrivés à bord d’un vol en provenance de Casablanca au Maroc, ont affirmé à la police être des touristes et assuré avoir réservé des chambres dans un hôtel.

    Vérifications faites, les policiers ont constaté qu’il n’en était rien et ont confié les huit suspects à une unité spéciale antiterroriste qui a découvert sur l’un d’entre eux un document manuscrit détaillant un itinéraire devant les conduire en train, bus ou train jusqu’en Allemagne, via la Grèce, la Serbie et la Hongrie.

    saint denis

    • 2 terroristes tués
    • 5 policiers blessés
    • Une chienne d’assaut du Raid tuée
    • 5 interpellations
    • 1 homme toujours retranché dans un appartement
    • Le centre-ville de Saint-Denis déserté et investi de militaires et policiers

    Salah Abdeslam, visé par un mandat d’arrêt international pour son rôle présumé dans les attentats de Paris, avait été brièvement arrêté en février aux Pays-Bas lors d’un contrôle routier pour possession de cannabis, a annoncé mercredi la police néerlandaise.

    « Il a été interpellé lors d’un contrôle routier de routine début février », a déclaré à l’AFP une porte-parole de la police néerlandaise, précisant qu’une quantité « limitée » de cannabis avait été retrouvée lors d’une fouille de la voiture. Il avait pu poursuivre sa route après paiement d’une amende de 70 euros, selon la police.

    Salah Abdeslam, accompagné d’un de ses frères ainsi que d’une autre personne, roulaient en direction du sud dans une voiture immatriculée en Belgique lorsqu’ils ont été contrôlés sur l’autoroute A27 à hauteur de Gorinchem dans le centre des Pays-Bas.

    Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a annoncé qu’il allait diffuser auprès des quelque 2500 mosquées de France un « texte solennel » condamnant « sans ambiguïté » toute « forme de violence ou de terrorisme », en vue du prêche de vendredi prochain.

    « Les musulmans de France proclameront également leur attachement indéfectible au pacte républicain qui nous unit tous, ainsi qu’aux valeurs qui font la France », écrit l’instance représentative du culte musulman dans un communiqué, cinq jours après les attentats de Paris.

    Les suspects de l’appartement de Saint-Denis projetaient un attentat à La Défense, a indiqué une source proche de l’enquête à Reuters.

    Peu de temps après la diffusion de cette information, L’Obs a donné une information contradictoire: « les terroristes présumés contre lesquels les force de l’ordre ont donné l’assaut ne préparaient pas d’attentat à La Défense d’après une source policière ».

    Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a quitté l’Elysée pour retourner à son ministère suivre l’opération antiterroriste en cours à Saint-Denis. Il était peu avant 10H30, au moment même où le conseil des ministres a débuté. Une réunion cruciale puisqu’un projet de loi permettant de prolonger l’état d’urgence doit être présenté pour pouvoir être voté demain et vendredi.

    Auparavant une réunion de crise a réuni dans le bureau du chef de l’Etat le premier ministre, Manuel Valls, Bernard Cazeneuve et les ministres Christiane Taubira (Justice), Jean-Yves Le Drian (Défense) et Laurent Fabius (Affaires étrangères).

    L’opération antiterroriste commencée après 4 heures du matin est toujours en cours 6 heures plus tard dans le centre ville de Saint-Denis.

    Claude Bartolone, député PS de Seine-Saint-Denis et président de l’Assemblée nationale, a appelé mercredi à ne pas établir de « lien » entre « les banlieues populaires » et « ces terroristes », alors qu’une opération antiterroriste est en cours à Saint-Denis, au nord de Paris.

    « C’est un quartier très populaire où a lieu cette intervention », a souligné Claude Bartolone sur Europe 1, précisant avoir été en contact ce matin très tôt » avec le Premier ministre Manuel Valls, « qui suivait les événements seconde par seconde ».

    « Je ne voudrais pas qu’il y ait un lien entre banlieue populaire – banlieue dangereuse », a-t-il mis en garde. « Il ne faut pas qu’on établisse ce lien entre les classes populaires, les banlieues populaires, et ces terroristes qui n’ont rien à voir avec ces populations qui aspirent à vivre normalement ».

    Pendant ce temps-là, les frappes aérienne menées par la France et la Russie au cours des dernières 72 heures dans le nord de la Syrie ont causé la mort de 33 jihadistes de l’Etat islamique, a affirmé mercredi l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

    « Les raids des aviations française et russe dimanche, lundi et mardi contre des dépôts d’armes, des casernes et des points de contrôle dans la ville de Raqa et ses environs ont fait 33 morts et des dizaines de blessés dans les rangs de l’EI », a déclaré à l’AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l’OSDH.

    » Lire notre article complet en cliquant ici

    saint denis

    militaires

    La préfecture de police conseille aux automobilistes de contourner le secteur de Saint-Denis ce matin.

    Le parquet de Paris a confirmé la mort d’une femme kamikaze « qui a activé son gilet explosif au début de l’assaut » donné vers 4h20 contre un appartement de Saint-Denis.

    Des sources policières ont, de leur côté, fait état d’au moins deux forcenés morts, dont cette femme, un bilan que le parquet n’a pas à ce stade confirmé. « Trois hommes, qui étaient retranchés dans l’appartement, ont été extraits » par les policiers d’élite du « RAID et ont été placés en garde à vue », a en outre confirmé le parquet, ajoutant que leurs identités n’avaient pas été « établies à ce stade ». Un homme et une femme ont été interpellés à proximité immédiate de l’appartement et placés en garde à vue, a ajouté le parquet.

    Un homme âgé d’une trentaine d’années affirme sous couvert de l’anonymat que c’est dans son appartement, au 8, rue du Corbillon à Saint-Denis, que les policiers ont donné l’assaut. Un appartement, dont il aurait en réalité forcé la porte, et qui serait un squat, explique une de ses amies.

    « Un ami m’a demandé d’héberger deux de ses potes pour quelques jours », a raconté à l’AFP cet homme. « J’ai dit qu’il n’y avait pas de matelas, ils m’ont dit ‘c’est pas grave’, ils voulaient juste de l’eau et faire la prière. J’ai rappelé mon ami. Il m’a dit qu’ils venaient de Belgique », a-t-il poursuivi.

    « On m’a demandé de rendre service, j’ai rendu service, je n’étais pas au courant que c’était des terroristes », a expliqué cet homme, très agité, avant d’être menotté et emmené par les policiers.

    Selon des informations I-Télé, un deuxième appartement a été ciblé durant l’opération antiterroriste, dans lequel il y aurait eu deux interpellations.

    Centre-ville bouclé à Saint-Denis

    Opération antiterroriste à Saint-Denis : deux morts et cinq interpellations

    Le Monde.fr avec AFP

    Deux personnes liées aux attentats du 13 novembre sont mortes et cinq autres ont été interpellées lors de l’assaut lancé à l’aube mercredi matin contre un appartement situé à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). L’opération antiterroriste, menée par la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire, le RAID et la BRI (brigade de recherche et d’intervention), visait l’organisateur présumé des attentats, Abdelhamid Abaaoud. Mais pour le moment, aucun élément ne confirme qu’il était effectivement sur les lieux de l’assaut.

    L’assaut a débuté à 4 h 20, selon un communiqué du procureur de la République de Paris. Dès le début, une femme retranchée dans l’appartement visé par le RAID « a activé son gilet explosif (…) et est morte ». Selon les informations du Monde, un deuxième terroriste est mort lors de l’assaut. Trois des personnes retranchées dans l’appartement ont ensuite été mises en garde à vue. A proximité de l’appartement, un homme et une femme ont également été interpellés. Cinq policiers du RAID ont été légèrement blessés, a indiqué la police sur Twitter.

    Avant l’assaut de Saint-Denis, les policiers avaient d’abord été mis sur la piste d’un point de chute à Alfortville grâce à un téléphone retrouvé dans une poubelle à proximité du Bataclan. Dans le téléphone, ce SMS envoyé vendredi 13 novembre à 21 h 42 : « On est parti on commence ». La recherche sur la géolocalisation dudit téléphone a indiqué que son propriétaire était passé dans cette ville du Val-de-Marne avant les attaques.

    Lire aussi : Qui est Abdelhamid Abaaoud, le commanditaire présumé des attentats ciblé par le RAID à Saint-Denis ?

    Ecoles fermées

    La mairie de Saint-Denis conseillait à ses habitants mercredi matin de rester chez eux et de ne pas circuler dans la zone circonscrite par la police, autour de la rue du Corbillon. De nombreux établissements à Saint-Denis sont fermés jusqu’à nouvel ordre : l’IUT, l’école supérieure du professorat et de l’éducation, le centre d’information et d’orientation et le lycée d’application de l’ENNA (Ecole normale nationale d’apprentissage). La ville de Saint-Denis a diffusé la liste des écoles fermées sur son compte Twitter. Les collèges Elsa-Triolet et Pierre-de-Geyter sont également fermés jusqu’à nouvel ordre.

    L’université Paris-VIII, dans le nord de la ville, a indiqué sur les réseaux sociaux ne pas avoir reçu de demande de fermeture, mais a recommandé à ses étudiants, enseignants et personnels de ne pas venir.

    Par ailleurs, le trafic est perturbé sur la départementale 27, la D29, la nationale 1 et la N301, la préfecture conseille aux automobilistes d’éviter « largement » Saint-Denis. Pour le moment, le trafic est interrompu sur la ligne 13 entre le terminus Saint-Denis-Université et la station Carrefour-Pleyel, et les trois dernières stations sont fermées au public. De nombreuses lignes de bus sont également fermées jusqu’à nouvel ordre.

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    > > > > > >
    > > > > Il est certifié halal.
    > > > > > > Les effets secondaires (migraines) ne sont que de très courte durée.
    > > > > > > Un léger saignement est possible lors de la mise en place.
    > > > > > >
    > > > > Les bénéficiaires de la CMU, les piliers de mosquées, les businessmen de banlieue sont prioritaires.

    =====================

    Commentaires

    •  

      Courage à tous les policiers, quelque soit leur secteur, leur grade! Bravo!

      Tappert  • 

      Depuis le temps qu’on réclame l’armée en Seine st Denis et dans les banlieues

      Clark  • 

      Un sac poubelle sur pattes éclate. Ca doit etre beau.

      Charles  • 

      je me pose une question, l’instigateur des attentats de vendredi serait en France, Comment est ce possible ?, nous sommes en Europe, nos frontières Schengen sont sécurisées, nous aurait on menti ?

      DANIEL  • 

      le meilleur est à venir, la masse des immigrés mâles jeunes est présente partout et nous réserve de belles surprises sur l’idéologie du vivre ensemble

      Cleveland  • 

      Français, dormez tranquillement, il y a très peu de musulmans « fous » en liberté sur notre sol…. soi disant… Puis notre petit hitler alias valls, s’occupe de tout!

      germain2  •

      Notre pays est en guerre, il faut faire revenir nos effectifs militaires du Mali et du Yemen, les français d’abord, et puis stopper l’immigration musulmane immédiatement. 10.000 terroristes sur le territoire français ça suffit non ?!!!!!!!

      CATHELYNE  • 

      lA France N’EST PAS DU TOUT PROTEGEE.. comment ça fait t il qu’ils peuvent  entrer et sortir..?? LE gouvernement n’a rien fait depuis charlie.. allez écouter sur : you tube : ceci
      Grave accusation sur Hollande et les attentats SOYEZ ATTENTIFS..

      Drac  •

      ce pays saturé de délinquance importée ou descendante aura beaucoup de mal à se nettoyer car nos gouvernants UMPS complices de cet envahissement sont trop faibles et collabos avec les muzzs …..heureusement que Poutine a mis les pieds dans le plat obligeant cette coalition de larves occidentales à se sortir les doigts du ku
      penser que Merkel et Hollande nous remplissent de ces engeances est insupportable , c’est vraiment un acte de traitrise envers l’europe et vivement que les urnes dégomment toute cette félonie UMPS instaurée depuis des décennies et cette phase de represailles de ces musulmans va peut etre réveiller ce peuple frileux sans repères et bisounoursé cornaqué par des décadents incompétents qui se remplissent les poches de ce système de laches sabordeurs ……ne pas oublier les affinités entre muzzs et gens du voyage super trafiquants et fournisseurs d’armes dont les camps sont inviolables telles les médinas musulmanes surtout , là aussi il y aurait du nettoyage à faire en force
      NEGOCIER !? ils en sont là nos cow boys , décidément il y a du chemin à faire chez les occidentaux naifs !

      Jacques  • 

      La pieuse musulmane dont le coeur a fait BOUM aura-t-elle droit à 72 verges ?

    • jeanlou MAMOSA               Hommage aux 5 policiers blessés et soutenus par leurs collègues pour leur détermination et courage ! Hommage aux forces armées et intervenants divers ! Un chien d’assaut tué. également. « Un héros’ parmi les amis des animaux et des hommes. Les chiens d’assaut sont nécessaires pour mesurer la menace dans de telles circonstances et méritent une place importante, dans ce milieu..Trop d’éléments nouveaux dans cet événement, une ère nouvelle s’annonce et on doit être vigilants.Prudence !

      ah bon                                  Leur planque n’a évidemment aucun lien avec les soutiens dont ils bénéficient dans certains endroits.

      Hoggart                              Ne stigmatisons pas ! Une interview en vidéo donnée à une radio montre une femme habitant dans le même immeuble que les terroristes, s’exprimant entièrement voilée, visage compris, et insistant lourdement sur le danger qu’elle a couru du fait de l’intervention des forces de l’ordre. Bref un subliminal détournement de la situation. Ailleurs sur le web, Bartolone s’escrimant à dissocier banlieues, délinquance et terrorisme était à la fois pathétique et révoltant tandis que l’assaut se déroulait…

      sandrine                           I télé a précisé qu’elle ne portait pas le niqab mais qu’elle se travestissait pour garder un semblant d’anonymat ! de plus elle s’exprimait très clairement ce matin sur Europe 1 et je n’ai pas eu le sentiment qu’elle se plaignait des forces de l’ordre …

      cassandra                          c’est bien l’évenementiel ,mais il faudrait maintenant passer aux choses sérieuses : état d’exception prolongé : quelles conséquences? est ce pertinent ? politique étrangere : s’il y a guerre, pouvons nous encore commercer avec les Etats qui aident et/ou financent notre (nos?) ennemis? etc….

      jeanlou MAMOSA           Et ça continue..Des points nouveaux sur le sol français entraînent automatiquement des problèmes nouveaux et réponses nouvelles. Une femme kamikaze dans le coup, c’est inédit. Des dizaines de policiers sont déployés sur le terrain et font un travail remarquable et sécurise le périmètre en cause.Du sang-froid et de la prudence.

      chris-tel                        Je pense à nos forces de l’ordre, qui sont si courageuses et font un travail formidable, je pense à leur famille qui doivent etre terrorisées à l’idée qu’il arrive une chose grave, merci a vous, ❤ de la ou je suis je ne peux que vous envoyer tout l’amour que j’ai pour mon pays et les Français, merci merci merci

    Je Suis En Terrasse

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    sans-titre5

    Sous la pression, l’Etat islamique frappe tous azimuts

    LE MONDE Allan Kaval (Erbil, correspondance) et Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)

    Des soldats sur les lieux de l’attentat-suicide dans le quartier de Bourj El-Barajneh, à Beyrouth, vendredi 13  novembre.

    En l’espace de deux semaines, l’Etat islamique (EI) a réussi à détruire un avion russe en vol, ensanglanter un quartier chiite de Beyrouth et semer la terreur dans les rues de Paris. Trois crimes de masse, en quinze jours, contre trois pays différents. Ce tir groupé, hautement spectaculaire, réalisé au moment où son sanctuaire syro-irakien commence à s’effriter, atteste que l’organisation djihadiste change de dimension et de tactique.

    Pour compenser ses reculs à l’intérieur, conséquence des bombardements américains et des offensives kurdes, elle se projette de plus en plus vers l’extérieur. Cela constitue une inflexion de son credo fondateur qui privilégie la lutte contre « l’ennemi proche » – les chiites et les régimes arabes « impies » – dans le but de s’emparer d’un territoire et d’y restaurer le « califat » islamique. Une feuille de route mise en œuvre entre 2013 et 2014, avec l’éviction des rebelles anti-Assad du nord-est de la Syrie et la prise de deux grosses villes irakiennes, Fallouja et Mossoul, d’où le chef de l’EI, Abou Bakr Al-Baghdadi, s’est proclamé calife.

    En élargissant aujourd’hui son éventail de cibles, l’organisation se mondialise et se rapproche d’Al-Qaida, son concurrent, dont la lutte contre « l’ennemi lointain » – les Etats-Unis et autres pays « croisés » – constitue la marque de fabrique. « C’est un virage tactique, estime Fawaz Gerges, professeur de relations internationales à la London School of Economics et auteur d’une “Histoire de l’Etat islamique”, à paraître en février, en anglais (Princeton University Press). Daech [acronyme arabe de l’EI] doit se venger de ses ennemis pour préserver sa réputation d’invincibilité et continuer à attirer les jeunes sunnites qui forment sa base. Mais son objectif stratégique demeure la construction d’un califat. »

    Lire aussi : La presse internationale s’inquiète du changement de stratégie de l’EI

    La série noire commence le 31 octobre

    Le 26 juin, l’EI avait déjà frappé les esprits. Trois attaques, inspirées ou commanditées par lui, avaient été menées sur trois continents en l’espace de trois heures environ, sans que l’on puisse toutefois conclure à une coordination entre les différents assaillants : un homme décapité dans l’Isère en France, 38 touristes assassinés par un tireur solitaire sur une plage de Tunisie, et 26 fidèles assassinés dans un attentat-suicide contre une mosquée chiite au Koweït.

    Cette fois-ci, la séquence terroriste est moins resserrée, mais le bilan humain (presque 400 morts), le niveau de sophistication et la probabilité d’une planification centrale sont nettement plus élevés. La série noire commence le 31 octobre, avec l’explosion en vol de l’Airbus de la compagnie russe Metrojet, reliant Charm El-Cheikh à Saint-Pétersbourg. Les 224 passagers périssent dans cette tragédie, que la plupart des enquêteurs attribuent à une bombe placée à bord de l’appareil. C’est un saut qualitatif majeur pour la Province du Sinaï, la branche égyptienne de l’EI, qui, mis à part la décapitation d’un expatrié croate, n’avait jusque-là mené que des actions de guérilla contre l’armée régulière.

    Puis, le jeudi 12 novembre, deux kamikazes se font exploser dans une rue commerçante du quartier de Bourj El-Barajneh, à Beyrouth, peuplé principalement de chiites, la base sociale du Hezbollah, l’une des bêtes noires de l’EI. Quarante-quatre personnes sont tuées. Le mode opératoire et la cible ne sont pas nouveaux pour le Liban. Mais pour l’EI, c’est une première. Les précédents attentats-suicides anti-chiites dans le pays du Cèdre avaient été perpétrés par des épigones d’Al-Qaida, comme le Front Al-Nosra ou les Brigades Abdallah Azzam.

    Les progrès réalisés depuis la première action « à l’étranger » de l’EI – dans le Musée juif de Bruxelles, en mai 2014 – sont fulgurants.

    Dernier acte en date : le bain de sang de Paris. Trois équipes, au moins sept participants et six sites frappés, dont les abords du Stade de France, à Saint-Denis, où se trouvait le président de la République. Les progrès réalisés depuis la première action « à l’étranger » de l’EI – l’assassinat de quatre personnes dans le Musée juif de Bruxelles, en mai 2014, par le Français Mehdi Nemmouche – sont fulgurants.

    Sur la défensive

    Ce déchaînement de violences tous azimuts s’explique par le fait que, dans leur fief syro-irakien, les disciples d’Abou Bakr Al-Baghdadi sont sur la défensive. Le flanc nord du califat a été enfoncé par des forces à dominante kurde, soutenues par l’aviation américaine, qui ont repris Tal Abyad, un sas de ravitaillement sur la frontière avec la Turquie, puis ont avancé dans la région d’Hassaké et se sont emparées vendredi de Sinjar, une ville irakienne occupée par les djihadistes depuis l’été 2014. Cette dernière perte coupe l’axe reliant Mossoul à Rakka, les deux « capitales » de l’EI. Privé de sa capacité offensive par la surveillance aérienne américaine, l’EI riposte à l’étranger.

    Il s’expose, ce faisant, à des bombardements encore plus massifs. Mais le risque semble calculé. La capacité des forces kurdes à avancer plus au sud, dans des zones de peuplement arabe, comme Rakka, en Syrie, est limitée. Côté irakien, les carences de la coopération entre les peshmergas kurdes et les forces du gouvernement central, ainsi que la coloration chiite de ces dernières, empêchent la reconquête de Mossoul. Sans accompagnement sur le terrain, une intensification des frappes a peu de chance de produire des résultats décisifs. « Depuis août 2014, les Etats-Unis ont mené 8 000 bombardements en Irak et en Syrie, tué 15 000 combattants, et pourtant l’EI est toujours là, constate Fawaz Gerges. Selon les chiffres du renseignement américain, les djihadistes continuent à recevoir le renfort d’environ 700 volontaires étrangers chaque mois. »

    Les centres de pouvoir de l’EI sont donc, pour l’instant, préservés, et les territoires attenants sous contrôle. Ces espaces constituent une source de revenus et un outil permettant d’entretenir le projet idéologique du califat. « Le fait que Daech recoure de plus en plus à des attaques à l’étranger ne signifie pas qu’il a renoncé à bâtir son califat, insiste Hassan Hassan, analyste à Chatham House et co-auteur de l’Etat islamique : au cœur de l’armée de la terreur, avec Michael Weiss (Hugo Doc). Au contraire, les deux axes fonctionnent de pair et se renforcent l’un l’autre. »

    Lire aussi : La crainte d’un nouveau front ouvert au sud de la Libye

    Attentats de Paris: que signifie le changement de stratégie de Daech

     Catherine Gouëset

    attentats-paris-bataclan_5463158Des pompiers évacuent un homme à proximité de la salle de concert du Bataclan, où plusieurs dizaines de personnes ont trouvé la mort le 13 novembre 2015.  DOMINIQUE FAGET / AFP

    La pratique d’attentats d’envergure contre les grandes puissances constitue une nouveauté pour le groupe Etat Islamique. Comment analyser cette inflexion? Eléments d’analyse.

    Changement stratégique, signe de faiblesse? Que signifie la montée en puissance des attaques terroristes de Daech à Paris, au Liban, contre un avion russe en Egypte, et en Turquie ? Le groupe Etat islamique s’est distingué d’Al-Qaïda, jusqu’à présent, en se consacrant à contrôler des territoires, à bâtir un Etat, le « califat« , plus qu’à perpétrer des attaques anti-occidentales.

    >> Suivez les événements en direct après les attentats de Paris

    « Dans la hiérarchie de ses ennemis, l’Iran ou les chiites étaient des cibles prioritaires par rapport aux occidentaux », relève Romain Caillet, spécialiste de la mouvance djihadiste interrogé par L’Express. Certes, le mouvement a, depuis le début, mis en scène des actes barbares contre des cibles occidentales, en particulier des otages. Mais il n’avait pas exercé d’attaques massives, coordonnées, comme celles du 11 septembre 2001, de Madrid en 2004 ou de Londres en 2005, revendiquées par Al-Qaïda. Ces attaques n’avaient en revanche pas épargné les habitants des territoires sous son contrôle ou limitrophes, qu’ils soient chiites, en Irak ou en Arabie Saoudite, kurdes ou yézidis en Irak, mais également sunnites, comme les dizaines de membres de tribus rétives à sa domination, exécutés dans ce pays.

    Une préparation centralisée ou « franchisée »?

    Pour Hassan Hassan, co-auteur de État Islamique. Au coeur de l’armée de la terreur, et chercheur associé à la Chatham House de Londres, l’EI a une stratégie double. A la fois « bâtir un état dans son califat autoproclamé, et dans le même temps, prendre la place d’Al-Qaïda comme leader du djihad global mondial », explique-t-il à l’agence de presse AP. « Ils veulent montrer qu’ils sont la nouvelle organisation dont il faut être membre. L’ancienne organisation est sur le déclin. »

    Pour le moment, ces attaques spectaculaires ont été revendiquées par Daech, mais il est trop tôt pour déterminer si elles ont été décidées et organisées depuis le centre de l’organisation, ou si elles sont le fait de « franchisés », plus ou moins autonomes, qui se sont contentés d’appliquer la consigne d’attaquer les « croisés » sur leur sol.

    Une réplique aux interventions militaires occidentales…

    Cette nouvelle stratégie est peut-être un moyen de dissuader les grandes puissances de poursuivre leur engagement en Syrie et en Irak, avance The Economist. Pour Romain Caillet, le changement de stratégie de l’EI ne date pas de ces derniers jours. Il remonte à l’automne 2014: « C’est après les premières frappes occidentales, à l’été 2014, que le mouvement est passé d’une logique locale à une logique globale. Fin septembre 2014, Abou Mohamed el-Adnani, porte-parole de l’EI, a alors appelé les sympathisants du groupe à frapper les pays de la coalition. Depuis, plusieurs groupes djihadistes régionaux ont fait allégeance à l’organisation. Des opérations de cette ampleur ne se préparent pas en un jour. » Dans Politico, Graeme Wood, chercheur au Council on Foreign Relations, estime que ce changement de stratégie pourrait s’avérer contreproductif. Ces attaques d’ampleur risquent de renforcer la mobilisation des grandes puissances contre l’EI et d’entraîner sa perte. Graeme Wood n’exclut pas que les dirigeants à Raqqa soient embarrassés par les agissements de leurs partisans en Europe.

    … aux difficultés de recrutement?

    Le changement de mode d’action de l’EI pourrait aussi s’expliquer par ses difficultés de recrutement depuis que la Turquie a fermé ses frontières aux candidats au djihad -après les attaques menées sur son sol, à Suruç et à Ankara-, mais aussi depuis que les forces kurdes de l’YPG contrôlent une bonne partie des 1600 km de frontières de la Turquie avec l’Irak et la Syrie. « En conséquence, les recruteurs en ligne de l’EI encouragent de plus en plus ses partisans à rester et planifier des attentats dans leurs pays respectifs, plutôt que d’entreprendre le voyage vers la Syrie », suppose The Economist. L’organisation ne craint en tout cas pas de « gaspiller » ses recrues dans ces attaques kamikazes. « Ils ont cette grande capacité, que n’a plus vraiment Al-Qaïda, à gâcher du personnel », indiquait le juge Trévidic dans une interview au JT de France 2, dimanche. »

    Une réaction après une série de revers?

    Certains observateurs voient dans ces attaques une riposte aux revers subis par l’organisation djihadiste, notamment face aux combattants kurdes ou irakiens soutenus par les frappes militaires occidentales (à Kobané, Tall Abyad ou Tikrit), relève l’agence de presse AP: « Pardon Paris pour ces vilains méchants qui ont tué des Parisiens civilisés et pacifiques, tandis que vos beaux avions et vos bombes modernes tuent les méchants enfants arabes », a d’ailleurs réagi un dirigeant de l’EI sur le site al-Battar. Gharib al-Ikhwan, un idéologue de l’EI a, de son côté, déclaré récemment que « chaque mort dans la nation islamique entraînera une réaction immédiate, décisive et horrible », ajoute l’AP. Mais « il n’est pas impossible, estime Romain Caillet, que ces actions aient été planifiées de longue date, et que l’EI ait choisi le moment géopolitique propice pour les mettre en oeuvre ».

    Ce changement de stratégie peut-il être le début de la fin de Daech, comme l’évoque Graeme Wood? Après l’échec de la « guerre contre le terrorisme » lancée en Afghanistan en 2001 et en Irak en 2003, ni les Américains ni les Européens ne sont, pour le moment, désireux de s’engager militairement dans la région autrement que via des frappes aériennes. Or si, en 2001, les occidentaux ont réussi à déloger, par le biais d’une opération militaire majeure, les talibans du pouvoir à Kaboul, « ils n’ont aucunement affaibli Al-Qaïda, constate Romain Caillet. Le groupe djihadiste a, au contraire, étendu son emprise depuis lors. La seule force qui a réussi à affaiblir Al-Qaïda a été l’EI, une organisation encore plus radicale. »

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    ribbon-black_68Accident de la rame d’essai de TGV : 10 morts, douze blessés graves, cinq personnes recherchées, numéro vert mis en place

    Dix personnes, selon le bilan le plus récent, sont mortes samedi dans le déraillement d’une rame d’essai d’un TGV à Eckwersheim, près de Strasbourg.

    19h 12 : une rame d’essai qui faisait la navette entre Baudrecourt et Strasbourg, 10 morts, 12 blessés grave

    Les derniers éléments sur l’accident d’Eckwersheim ont été communiqués ce samedi soir à l’occasion d’une conférence de presse.

    Le bilan humain est de 10 morts, 22 blessés légers, 12 blessés dans un état grave, cinq personnes toujours recherchées.

    49 personnes personnes se trouvaient à bord de la rame d’essai, mais ce chiffre n’est pas certain. La rame transportait des personnels de la SNCF et des invités, de leurs familles. Il y avait parmi les passagers des enfants.

    L’accident est survenu à 15h15 environ alors que cette rame d’essai faisait la navette entre Baudrecourt (Moselle) et Strasbourg, sur la nouvelle LGV. La rame circulait en vitesse de pointe à 350 km/h. L’accident est survenu sur un ouvrage d’art qui franchit le canal de la Marne-au-Rhin.

    Le bruit d’explosion qui a été entendu a pu être provoqué lorsque la rame, composée de six wagons, a heurté l’ouvrage d’art. Les deux motrices situées à l’avant et à l’arrière ont été projetées dan sle canal.

    Des recherches doivent se poursuivre demain.

    L’hypothèse d’un accident est privilégiée ce samedi soir.

    La sous-préfecture de Strasbourg a mis en place un numéro vert à l’intention des personnes en recherche d’informations sur l’identité des victimes. Il s’agit du 08 11 00 06 67.

    Ségolène Royal à Eckwersheim (reportage de StrasTV)

    17h30 : nouveau bilan, sept morts

    Au moins 7 personnes sont mortes samedi dans le déraillement d’une rame d’essai d’un TGV à Eckwersheim, près de Strasbourg, selon un nouveau bilan communiqué par la préfecture d’Alsace.

    Au total, 49 techniciens se trouvaient dans cette rame qui effectuait des essais sur la nouvelle voie à grande vitesse devant être mise en service au printemps 2016, a précisé cette source. Le nombre de blessés n’était pas précisé.

    17h : l’évacuation des blessés est terminée

    Vers 17h, l’évacuation des blessés était terminé, selon le journaliste des DNA présent sur place.

    Une enquête est confiée à la section de recherche de la gendarmerie de Strasbourg.

    46 passagers se trouvaient à bord de cette rame d’essai, indique une source proche de l’enquête.

    Le dernier bilan fait état de cinq morts.

    Rien ne permet d’accréditer une piste criminelle.

    Selon une dépêche AFP de 16h50, c’est une rame non-commerciale d’un TGV, qui effectuait des essais sur la nouvelle ligne à grande vitesse au nord de Strasbourg, qui a déraillé. Cette rame d’essai qui, selon la SNCF, circulait avec des techniciens à bord, aurait «déraillé en raison d’une vitesse excessive», a précisé Dominique-Nicolas Jane, directeur de cabinet du préfet d’Alsace.

    Le secrétaire d’État chargé des Transports Alain Vidalies, ainsi que sa ministre de tutelle Ségolène Royal ont annoncé qu’ils allaient se rendre sur place

    16h30 : des évacuations par hélicoptère.

    Des blessés sont évacués par hélicoptère.

    16h24 : au moins sept blessés et au moins cinq morts

    Selon le journaliste des DNA présent sur place, sept blessés étaient évacués à 16h15 environ.

    L’accident est survenu sur un tronçon de la LGV qui n’est pas encore exploité, il s’agirait d’un tronçon de la nouvelle LGV.

    Nous n’avons pour l’heure aucune indication sur les personnes présentes à bord de cette rame d’essai.

    16h10 : les premières informations officielles

    Selon des éléments communiqués par la préfecture du Bas-Rhin, c’est une rame d’essai du TGV qui circulait en direction de Strasbourg qui a quitté la voie à la hauteur du futur pont de la LGV. Une partie de la rame a atterri dans le canal tout proche. Le reste de la rame s’est disloqué.

    Selon un premier bilan, on compte cinq morts et des blessés. Ce n’est pas un bilan définitif.

    Rien ne permet pour l’instant de faire un lien avec une piste terroriste.

    15h50 : Des victimes selon un journaliste présent sur place

    Selon un journaliste des DNA présent sur place, il y a des victimes décédées.

    Une photo de l’accident publiée sur Twitter

    Le témoignage d’un journaliste des DNA sur place

    Il s’agit d’un TGV complètement disloqué.

    A la hauteur d’un pont de la LGV, le train s’est renversé et serait tombé d’un talus.

    Il y a un dégagement de fumée.De très importants secours sont sur place, de même que des enquêteurs

    .Il y a de nombreux blessés.Un morceau du train est tombé dans le canal.Il s’agit d’une rame d’essai a pu constater le journaliste sur place.

    Cette rame d’essai circulait en direction de Strasbourg.

    Les sapeurs-pompiers procèdent à des exploration du train accident pour porter secours aux victimes.

    L’alerte vers 15h30

    Selon une dame qui vient de contacter le journal, un train se serait renversé à Eckwersheim, près de Strasbourg. La fille de notre témoin a assisté à la scène.

    La fille de la dame qui a alerté la rédaction de Strasbourg a vu un train se renverser et  prendre feu à Eckwersheim, sur la voie qui longe le centre équestre.

    Cette jeune fille suivait un cours au centre équestre, lorsqu’elle a vu le train se renverser. Des photos et une courte vidéo confirment ce témoignage.

    Toujours selon l’adolescente, dont le témoignage nous est rapporté, d’importants moyens de secours sont mobilisés.

    Des personnes se trouveraient à bord du trrain.

    Selon le témoignage de riverains recueilli par les DNA, la locomotive du train a terminé sa course dans le canal de la Marne au Rhin.

    Le train serait en partie en feu. Des flammes ont été aperçues.

    Un TGV d’essai déraille près de Strasbourg, au moins 10 morts

    Le Monde.fr Philippe Jacqué

    Les équipes de secours, sur les lieux du drame, samedi 14 novembre

    Une rame d’essai de TGV, circulant avec de nombreux techniciens à bord, a déraillé samedi 14 novembre à Eckwersheim, près de Strasbourg. L’accident a fait au moins 10 morts et 32 blessés, dont 12 gravement, selon les gendarmes. Il n’y a aucun lien avec les attentats qui ont eu lieu la veille à Paris.

    Quarante-neuf passagers, principalement des techniciens, étaient à bord, selon une source proche de l’enquête. Au moins sept blessés ont été dénombrés par les Dernières Nouvelles d’Alsace. Leur évacuation par hélicoptère est en cours, indique le journal.

    A l’AFP, la SNCF précise que la rame a vraisemblablement déraillé « en raison d’une vitesse excessive ». Interrogé par Le Monde, le groupe indique ne pas pouvoir donner de plus amples détails sur les raisons de l’accident. Le nombre exact de personnes présentes dans le train n’était pas confirmé à 17 heures samedi.

    De nombreux secours

    Une équipe de plongeurs de la gendarmerie, des hélicoptères de la sécurité civile, ainsi que plusieurs dizaines de véhicules de secours ont été dépêchés sur les lieux de l’accident.
    Le secrétaire d’Etat chargé des transports, Alain Vidalies, ainsi que sa ministre de tutelle, Ségolène Royal, ont annoncé qu’ils allaient se rendre sur place.

    L’accident est survenu sur une portion de voie pas encore ouverte au trafic commercial. Il s’agit de l’extension de 106 kilomètres de la ligne à grande vitesse (LGV) Est, qui devait initialement ouvrir commercialement en avril 2016. Ce parcours mène de Baudrecourt, en Lorraine, à Vendenheim, au nord de Strasbourg.

    Depuis septembre, la SNCF a commencé ses essais dynamiques sur la ligne. Vendredi 13 novembre, le site de la LGV Est, géré par SNCF Réseau, le gestionnaire d’infrastructure ferroviaire, avait même posté une vidéo pour présenter ces essais dynamiques.

    Avant toute ouverture de nouvelle ligne, une rame d’essai, qui ressemble visuellement à une rame commerciale, teste la LGV. Il s’agit en fait d’un véritable laboratoire sur rail. Cette rame « contient les outils de mesures capables de mesurer toutes les caractéristiques de la ligne. Durant les marches d’essais, les ingénieurs et techniciens vérifient les résultats et la conformité des données par rapport aux critères de référence », indique le site de la LGV Est.

    « Evaluer les accélérations »

    Dans le cas précis de cette nouvelle portion, la rame d’essai devait réaliser 200 allers-retours pour atteindre la vitesse de 352 km/h, « soit 10 % de plus que la vitesse d’exploitation » (320 km/h) entre septembre 2015 et la fin du premier trimestre 2016, indique le gestionnaire de l’infrastructure. Selon SNCF Réseau, l’objectif est d’être attentif « à la qualité de l’infrastructure et au confort futur des voyageurs ».

    Selon le site de la LGV Est, ces tests permettent d’« évaluer les accélérations verticales, longitudinales, transversales auxquelles les passagers peuvent être exposés, grâce à des appareils appelés accéléromètres, [de] s’assurer de la constance de la tension du courant et de la bonne qualité du captage du courant par le train, [de] contrôler la qualité et la fiabilité des systèmes de communication radio GSMR (et) le bon fonctionnement des systèmes de contrôle commande ».

    Selon SNCF Réseau, « cette phase est indispensable à l’obtention de l’autorisation de mise en exploitation commerciale, qui sera délivrée par l’Etablissement public de sécurité ferroviaire (EPSF) à la fin du 1er trimestre 2016 ».

    Un TGV déraille près de Strasbourg, au moins dix morts

    LEXPRESS.fr

    un-tgv-durant-un-essai-sur-une-portion-de-la-lgv-paris-strasbourg-pres-de-gougenheim-dans-le-bas-rhin-le-28-septembre-2015_5463442Au moins cinq personnes sont mortes ce samedi après le déraillement d’un TGV d’essai à Eckwersheim (illustration).   afp.com/PATRICK HERTZOG

    Une rame non commerciale d’un TGV a déraillé ce samedi à Eckwersheim (Bas-Rhin), faisant au moins dix morts. Aucun lien n’est établi avec les attentats de Paris.

    Au moins dix personnes sont mortes ce samedi après le déraillement d’un TGV d’essai à Eckwersheim (Bas-Rhin), près de Strasbourg. Le bilan, provisoire, a été communiquée à France Bleu Alsace par le directeur du cabinet du préfet du Bas-Rhin, Dominique Jane.

    Cette rame non commerciale faisait des essais sur la nouvelle ligne à grande vitesse au nord de la capitale alsacienne. Le train, qui empruntait ce nouveau tronçon, aurait quitté « la voie à la hauteur du futur pont de la LGV ». Une partie de la rame « a atterri dans le canal tout proche », tandis que le reste « s’est disloqué », selon Les DNA.

    « Une vitesse excessive », selon la SNCF

    Cette rame d’essai, qui circulait avec des techniciens à bord, aurait « déraillé en raison d’une vitesse excessive », assure la SNCF.

    Selon un journaliste présent sur place, la piste terroriste n’est pas explorée et aucun lien n’est pour l’instant établi avec les attentats de Paris.

    Au moins 10 morts dans le déraillement d’un TGV près de Strasbourg : ce que l’on sait

    L' Obs

    Une rame d’essai a déraillé et pris feu en Alsace, faisant au moins 10 morts et de nombreux blessés parmi les techniciens de la SNCF à bord. La piste terroriste n’est pas envisagée.

    La locomotive du train a terminé sa course dans le canal de la Marne au Rhin. (Images aériennes France 3)La locomotive du train a terminé sa course dans le canal de la Marne au Rhin. (Images aériennes France 3)

    Comme le révèle le journal local « Les Dernières Nouvelles d’Alsace », une rame d’essai d’un TGV s’est renversée ce samedi 14 novembre à Eckwersheim dans le Bas-Rhin. Le dernier bilan de la catastrophe donné par la préfecture fait état d’au moins « 10 morts ».

    C’est d’ores et déjà le plus grave accident de l’histoire du TGV français, depuis sa mise en service en 1981. Une douzaine de déraillements de TGV ont été recensés en 34 ans d’existence mais jusqu’à aujourd’hui, aucun n’avait eu de conséquences aussi graves – et aucun ne concernait une rame d’essai.

    Cette rame non commerciale effectuait des essais sur la nouvelle ligne à grande vitesse au nord de Strasbourg, qui doit être mise en service au printemps 2016. Selon le témoignage de riverains recueilli par les « DNA », la locomotive du train a terminé sa course dans le canal de la Marne au Rhin, faisant de nombreux blessés. Les premières photos de la catastrophe montrent une rame complètement disloquée et des dégagements de fumée.

    « Une vitesse excessive »

    Rien ne permet pour l’instant de faire un lien avec une piste terroriste ou les événements de vendredi soir à Paris. Selon une source proche de l’enquête citée par l’AFP, cette rame d’essai circulait avec 49 techniciens à bord.

    Elle aurait « déraillé en raison d’une vitesse excessive », a précisé Dominique-Nicolas Jane, le directeur de cabinet du préfet d’Alsace.

    Une équipe de plongeurs de la gendarmerie, des hélicoptères de la sécurité civile ainsi que plusieurs dizaines de véhicules de secours ont été dépêchés sur les lieux de l’accident.

    La police du Bas-Rhin a demandé à la population de ne pas s’approcher du site afin de ne pas entraver le travail des secours et des enquêteurs. Le secrétaire d’Etat chargé des Transports Alain Vidalies, ainsi que sa ministre de tutelle Ségolène Royale, ont annoncé qu’ils allaient se rendre sur place.

    Les dix tués faisaient partie d’une équipe de 49 techniciens et cheminots, seuls à bord de la rame. Le train circulait à quelque 350 km/h au moment de l’accident survenu vers 15H00 à Eckwersheim, à une vingtaine de km au nord de Strasbourg, sur la ligne à grande vitesse devant être mise en service au printemps prochain, a-t-on appris d’une source proche de l’enquête.

    Outre les dix personnes tuées, 25 blessés étaient en « urgence relative » et 12 autres en « urgence absolue », a précisé la préfecture du Bas-Rhin.

    Arrivés en fin de journée sur les lieux de l’accident, le secrétaire d’État chargé des Transports Alain Vidalies et sa ministre de tutelle Ségolène Royal ont également fait état de cinq disparus, « des personnes encore coincées sous les wagons ».

    Alors que des hélicoptères évacuaient les blessés, les secouristes s’affairaient à dégager le corps a priori d’un enfant coincé sous la rame, selon le chef des opérations de gendarmerie Jérôme Sotty.

    Les recherches devaient se poursuivre toute la nuit avec des chiens spécialement mobilisés.

    Le train aurait « déraillé en raison d’une vitesse excessive », a indiqué Dominique-Nicolas Jane, directeur de cabinet du préfet d’Alsace.

    Interrogée par l’AFP, la direction de la SNCF a souligné que « rien ne permet de faire un lien » avec les attentats de vendredi soir à Paris, rappelant qu’aucun voyageur ne se trouvait à bord de ce train en phase d’essai. « Une enquête interne a été ouverte », a précisé la SNCF.

    Accompagnée du préfet Stéphane Fratacci et du président de la région Philippe Richert (LR), Mme Royal a passé en revue dans la nuit noire les pompiers et secouristes du Samu, ainsi que les plongeurs de la gendarmerie. « C’est un drame apocalyptique », a-t-elle dit, en manifestant sa « solidarité avec les familles des victimes et des cheminots ».

    La ministre a exclu « a priori » un sabotage de la rame. « A l?heure où je vous parle, les enquêtes ne sont pas terminées, elles sont même à peine commencées ».

    Le train comportait du matériel technique d’enregistrement de bord. Les recherches se poursuivaient pour retrouver les « boîtes noires », a dit Stéphane Ottavi, commandant de la gendarmerie de la région Alsace.

    Une douzaine de déraillements de TGV, parfois dus à des objets sur les voies, ont été recensés depuis 1981. Mais aucun n’a eu de conséquences aussi graves, et aucun ne concernait une rame d’essai.

    – La rame couchée au pied du pont –

    La rame argentée du train, composée de cinq voitures, était visible à plusieurs centaines de mètres, au pied d’un pont métallique rouge enjambant le canal de la Marne au Rhin, large d’une quarantaine de mètres, ont constaté des journalistes de l’AFP.

    Le centre de la rame et sa locomotive était couchés sur les berges, l’arrière dans l’eau. Plus d’une centaine de secouristes, une équipe de plongeurs de la gendarmerie, des hélicoptères de la sécurité civile, et plusieurs dizaines de véhicules de secours ont été dépêchés sur les lieux.

    Au moment de l’accident, un grand panache de fumée noire a été vu à plusieurs kilomètres à la ronde par des témoins, notamment à Vendenheim, commune proche de Bischheim où se trouve un technicentre de la SNCF.

    Dans l’impact, le train s’est disloqué en faisant un « bruit métallique extrêmement fort », qui a pu être assimilé dans un premier temps à une explosion, a précisé Mme Royal.

    Aurelia, 21 ans, assistante commerciale, a vu une fumée s’élever et s’est rendu près du lieu de l’accident: « Je faisais les boutiques, et en sortant j’ai vu une grande fumée noire. C’est là que je me suis dit que quelque chose de grave s’était passé ».

    Des adolescents qui se trouvaient dans un skate-park ont raconté avoir senti une odeur âcre de brûlé quand ils ont aperçu le panache qui formait une sorte de « boule ».

    L’accident s’est produit près d’un pré dans une zone agricole dépourvue d’habitations, où seuls vivent des plaisanciers occupant à l’année des péniches installées le long du canal.

    Des essais sur la ligne LGV sont actuellement en cours afin de permettre de relier Paris à Strasbourg en 1H48 à partir d’avril 2016.

    La mise en service commercial de la LGV Est, d’une longueur totale de 406 km, est prévue le 3 avril 2016. Outre le gain de temps entre Paris et l’Est de la France, la seconde phase de la LGV permettra aussi d’assurer une liaison plus rapide entre Luxembourg et Strasbourg (1H36 contre 2H10 actuellement).

    Un TGV d’essai déraille en Alsace

    TGV

    Ce samedi 14 novembre en milieu d’après midi, Les Dernières Nouvelles d’Alsace ont révélé qu’un TGV d’essai s’était renversé à Eckwersheim, près de Strasbourg.

    Le Parisien ajoute qu’il a pris feu.

    Cette rame non commerciale qui effectuait des essais sur la nouvelle ligne à grande vitesse au nord de Strasbourg a déraillé samedi après-midi faisant dix morts a indiqué à l’AFP la préfecture. Cette rame d’essai qui, selon la SNCF, circulait avec des techniciens à bord, aurait « déraillé en raison d’une vitesse excessive », selon la même source.

    C’est le plus grave accident jamais recensé depuis la mise en service en 1981 du train à grande vitesse. Une douzaine de déraillements de TGV, parfois dus à des objets sur les voies, ont été recensés depuis 1981. Mais aucun n’a eu de conséquences aussi graves, et aucun ne concernait une rame d’essai.

    ECKWERSHEIM, Bas-Rhin (Reuters) – Une rame d’essai du TGV Est a déraillé samedi en début d’après-midi à Eckwersheim, une commune située au nord de Strasbourg, faisant 10 morts et 32 blessés, dont 12 en « urgence vitale », a annoncé la gendarmerie.

    Sur les 49 personnes qui devaient se trouver à bord, selon la SNCF, cinq étaient encore portées manquantes en fin de journée.

    « Je ne suis pas capable de vous dire s’il s’agit de cinq disparus ou de cinq personnes qui ne sont pas montées dans le train », a précisé à la presse le général Stéphane Ottavi, commandant de la légion de gendarmerie d’Alsace.

    La ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, et son secrétaire d’Etat aux transports, Alain Vidalies, se sont rendus sur les lieux, dans la soirée.

    « C’est un drame pour la SNCF, c’est un drame pour les cheminots », a dit Ségolène Royal, lors d’un point de presse. Elle a qualifié la scène « d’apocalyptique ».

    La ministre a précisé qu’outre les cheminots, il y avait également à bord du train, en ce samedi, « un certain nombre d’invités » et des membres de leurs familles.

    L’accident serait dû à un excès de vitesse, sans qu’on en connaisse la cause, a indiqué la préfecture. Un sabotage est a priori exclu, a indiqué Ségolène Royal.

    La rame effectuait un test de vitesse entre Saverne et Strasbourg sur la ligne à grande vitesse de la deuxième phase du TGV Est, qui doit être mise en service en avril 2016.

    L’accident s’est produit peu avant la jonction de la LGV avec le réseau général, à l’approche de la gare de Strasbourg.

    Les six wagons ont totalement déraillé à la sortie d’une courbe, au passage d’un pont, l’avant de la rame se couchant dans un champ tandis que la motrice arrière tombait dans le canal de la Marne au Rhin, a constaté un photographe de Reuters.

    Des plongeurs devaient continuer, dimanche, à fouiller l’épave et les eaux du canal.

    Accident d’un TGV d’essai près de Strasbourg: au moins 10 morts

    Après avoir heurté la pile du mont, le TGV a pris feu avant de se disloquer sur 700, une partie de la rame basculant dans le canal de la Marne au Rhin
    Après avoir heurté la pile du mont, le TGV a pris feu avant de se disloquer sur 700, une partie de la rame basculant dans le canal de la Marne au Rhin          Elodie Weibel

    Un TGV d’essai a déraillé à Eckwersheim (Bas-Rhin), à une vingtaine de kilomètres de Strasbourg, ce samedi en milieu d’après-midi. Le train a pris feu, après s’être disloqué. Il y a dix morts et 37 blessés dont 12 grièvement, selon la préfecture. Il y avait à bord 49 personnes, ingénieurs et techniciens de la SNCF mais aussi quelques invités.

    La ministre en charge des Transports, Ségolène Royal, et Alain Vidalies, son secrétaire d’Etat, se sont rendus sur place en fin d’après-midi ainsi que le président de la SNCF Guillaume Pepy.

    «La motrice avant du TGV serait sortie de ses rails pour heurter la pile d’un pont avant de prendre feu et de basculer dans le vide», indique Pascal Descamps, secrétaire général de la FGAAC-CFDT, joint par le Parisien. Sur une portion qui n’est pas encore en service, la rame d’essai chargée d’effectuer des mesures sur la vitesse, la caténaires ou les voies de cette ligne à grande vitesse prévue pour entrer en service au printemps 2016

    «J’étais dans la village voisin de Vendenheim quand mon ami qui travaille à proximité de l’accident m’a averti peu après 15 heures qu’il venait de se passer quelque chose de grave», raconte Elodie Weibel. La jeune femme de 33 ans s’est alors rendue sur place avec des amis. «Nous voulions aider ou porter secours. Lorsque nous sommes arrivés, nous avons vu des morceaux de train carbonisés et de la fumée s’échapper de la partie avant du TGV. Les pompiers étaient déjà là et des gens étaient recouverts de couvertures de survie.»

    La SNCF a envoyé une équipe sur place pour étudier les circonstances exactes de l’accident. Une autre équipe constituée de médecins légistes et de spécialistes de l’identification a également été dépêchée sur place par l’Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale.

    D’après les premiers éléments recueillis par la SNCF, et que nous avons pu consulter, les pompiers auraient donné l’alerte à 15h10 signalant le déraillement puis l’incendie de la rame  d’essai au niveau d’Eckwersheim au km 40. L’arrêt des circulations a aussitôt été ordonné au niveau de la localité voisine de Vendenheim. La SNCF confirme que la motrice avant a heurté le pont et a pris feu. La rame s’est disloquée sur 700 mètres et la seconde motrice a basculé dans le canal. L’entreprise ferroviaire se refusait ce samedi en début de soirée à confirmer l’hypothèse d’un déraillement du à «une vitesse excessive», avancée par Dominique-Nicolas Jane, directeur de cabinet du préfet d’Alsace.

    Aucun lien n’est pour l’instant établi avec les attentats de Paris. D’importants moyens de secours ont été déployés. L’ensemble des blessés a été évacué vers 17 heures.

    Le plus grave accident de TGV depuis sa mise en service en 1981
    14 déc 1992. Un bogie – ce qui maintient les roues ensemble – placé entre la troisième et la quatrième voiture du TGV Annecy-Paris déraille à 250 km/h à l’entrée en gare de Macon-Loche (Saône-et-Loire). Vingt-cinq personnes sont légèrement blessées sur les quais par des projections de ballast.
    25 sept 1997. Un TGV Paris-Dunkerque déraille près de Dunkerque (Nord), faisant douze blessés légers, après avoir heurté une goudronneuse d’une société de BTP à un passage à niveau, à la sortie de Bergues.
    5 juin 2000. Un Eurostar Paris-Londres déraille près d’Arras à 300 km/h, à la suite de la rupture d’une pièce de bogie de la motrice de tête, faisant 13 blessés légers.
    31 oct 2001. Le déraillement d’un TGV Paris-Hendaye fait cinq blessés légers sur la commune de Saubusse (Landes), à une quinzaine de kilomètres au sud-ouest de Dax.
    16 nov 2002. Une motrice de TGV déraille sur la ligne Paris-Annecy entre Saint-André-le-Gaz et Pressins (Isère), à cause d’une coulée de boue. Frayeur parmi les 200 voyageurs.
    14 nov 2015. Une rame d’essai de TGV, avec une cinquantaine de techniciens à bord, déraille à Eckwersheim (Bas-Rhin), causant la mort de 7 personnes.

    Strasbourg : Déraillement d’un TGV en Alsace: Des «scènes de chaos», dix morts, 34 blessés et cinq disparus

    REPORTAGE – Des familles de cheminots se trouvaient à bord du train, une enquête est ouverte…

    Arrivée sur le lieu de l’accident à Eckwersheim, Ségolène Royal, ministre de l’Ecologie, du développement durable et de l’énergie, accompagnée du secrétaire d’État chargé des transports Alain Vidalies, a qualifié l’accident « d’apocalyptique ». Elle a tout d’abord tenu à féliciter et remercier les pompiers et tous les services de secours, qui lui ont décrit des « scènes de chaos » et « d’horreur ». La ministre a également tenu à exprimer sa « solidarité avec la grande détresse des cheminots. »

    Strasbourg le 14 novembre 2015. Accident d’une rame de TGV à hauteur du village d’Eckwersheim. près de Strasbourg. – G. Varela/20 Minutes

    Un lourd bilan

    C’est une rame de test, composée de six wagons dont deux motrices venant de Saverne en direction de Strasbourg, lancée à 350 Km/h, qui a été accidentée. La présence de familles de cheminots dans la rame explique le lourd bilan encore provisoire dressé par les services de secours samedi soir : 10 morts, 5 disparus, 12 blessés graves, 22 blessés légers. Il y a des adolescents parmi les victimes.

    Une rame de TGV gît au fond d’un canal à Eckwersheim, près de Strasbourg, après avoir déraillé le 14 novembre 2015 – FREDERICK FLORIN AFP

    Effectuant des tests de vitesse avant la commercialisation de la deuxième tranche de la ligne à grande vitesse Est, le train s’est « envolé » selon un témoin après avoir percuté vers à 15h07 un muret à l’entrée du nouveau pont qui passe au-dessus du canal de la Marne au Rhin, avant de s’écraser au sol et de s’enflammer.

    Déraillement d’un TGV en Alsace : « En principe, l’erreur humaine est rattrapée par la technique »

    Les recherches se sont néanmoins arrêtées en fin de journée ce samedi, car deux wagons se trouvent dans le canal et la situation est jugée trop dangereuse par les équipes de secours

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    Commentaires

    • BLUTZ  • 

       

      un TGV qui s’envole, ça arrive souvent…

      Clark  • 

      Halal ?

      Philippe  • 

      encore un sabotage de l’état islamique? dommage il manquait tout le gouvernement dedans

      Gerard  • 

      c’est la série noire

      Yanick  • 

      Une rame d’essai n’est obligatoirement « en essai  » surtout un vendredi après midi.
      C’est les 35 heures chez les cheminots !!
      On rentre donc a la maison en famille !
      Maintenant aborder à 350 km/h une courbe située à 1 km d’un nœud ferroviaire, à 2 km de la gare de triage de Vendenheim et à 12 km de la gare de Strasbourg ??
      On peut se poser des questions sur l’état physique du conducteur !!!

      Reporter  • 

      donc une rame de test mais donc pleine de famille de cheminots dedans….

      Qkfh Jfht  • 

      c’est presque du travail le dimanche ! non ?……………………………………

      ginette  • 

      accident? vraiment?

      Philippe  • 

      C’est l’éclisse qui a lâché, chef.

      david  •

      hé ben ! c’est la fête en ce moment pour les pompes funèbres

    James75012  • 

    •  

      C’est pour ça qu’ils font des essais. 5 morts quand même, il faudra expliquer les circonstances de ce drame.

      Karel  • 

      Le mot « essai » ne me semble pas approprié quand il y a 50 personnes dans le train, dont des invités et leurs enfants !!!! Et dans ce cas que faisait la rame à 350 km/h à quelques km de Strasbourg ?

    REMI  • 

    Une radio parlait d’enfants à bord … ???

    moi  • 

    quelle journée !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    nihilux  • 

    ca aurait fait la une pendant une semaine sans les attentats…. la c tout juste un article paumé.

    Joel Vichery  •

    condoléances aux familles et proches des victimes de cet accident

    Agn  •

    Ce que l’on peut dire aujourd’hui c’est que tout est flou dans notre pauvre pays.
    Un autre exemple :  » les secouristes s’affairaient à dégager le corps a priori d’un enfant coincé sous la rame ». On nous dit qu’il n’y avait que des techniciens… donc, là encore, c’est le grand flou…

    Mistralgagnant ♫♫♫♪♫  •

    On ne va pas en entendre beaucoup parler de ces employés …….

    Marla  •

    sinon , qui aurait une bonne nouvelle aujourdh’ui ?

    Michel  •

    Contradiction « les secouristes s’affairaient à dégager le corps a priori d’un enfant coincé sous la rame, » « Les dix tués faisaient partie d’une équipe de 49 techniciens et cheminots, seuls à bord de la rame.  » d’ou il sort cet enfant ?

    Motus  • 

    Ca sert à quoi d’aller toujours plus vite, plus vite, plus vite ? Gagner une heure sur un voyage pour faire quoi ? L’humain a perdu la raison, ne prend plus le temps de regarder les nuages.

    Araucarias                         Un déraillement de cette ampleur, avec une LGV nouvelle et pour un « excès de vitesse » de 32 km/h, on aimerait comprendre.

    Glab                                    Encore un coup des islamistes !

    jerome gaspard                Trop c’est trop j’ai besoin de vacances là ma tête va exploser…. paix à toutes les victimes de ce week-end cauchemardesque et courage à toutes les familles des victimes et aux services publics charger d’assurer la sécurité et la santé de tous…

    Alexandre Faulx-Briole    Eh bien, c’est vraiment un triste week-end ! Pauvres gens

    palacky                              Nos pensées vont aux familles de ces techniciens de la SNCF tués dans l’exercice de leur métier et pour le service du public (nous). Un tel accident sur un LGV est-il une première en France depuis 1980 ?

    jak mon                             Moi qui connaît le système TGV, je ne comprends pas cet accident. Il existe nombre de procédures à respecter lors des essais en particulier les phases de montée en vitesse. La signalisation spécifique (transmission voie/machine) était-elle en service sur cette portion ?

    Il semble que nous soyons sur un raccordement (sans TVM, avec KVB ?). Le contrôle de vitesse embarqué était-il actif, comme il l’est toujours ? L’état de la voie est-elle à mettre en cause ? Elle est neuve. De nombreuses questions qu’il conviendra d’éclaicir.

    Pivot                        Madame Monsieur merci de relire vos articles avant de les publier. respectons la langue française. merci.

    Reve                       Doit on encore laisser le PDG de la SNCF en place carnet cet énarque de la promo Voltaire commence à avoir un lourd passe d’accidents et incidents ?

    Raticide                   Peut être un terroriste au commande ?

    Yanis73                    l’Alsace c’est en France ?

    Caulala

    @ hubert56.              commentaire stupide.

    Ades                          Courage aux familles des collègues , fermer un peu votre bouche les rageux, place au deuil respecter ça

    Hubert56                   La SNCF travaillant un samedi ?? Où sont les syndicats ????? Sur un quotidien ?? Il est fait état de la présence d’enfants ???? Étonnant si exact Peut être un WE TGV pour le personnel ??? Quelqu’un a t il une Info ???

    Mohammed               Même entre vous vous ne savez pas ce qui c’est passé ? Effectivement… C’est vraiment terrible. Quelle tristesse… Ne serait-ce lié aux quais trop petits ? Le conducteur s’est endormi ? Toutes mes condoléances aux familles. Bien que nous n’en parlions pas ce soir, nous pensons que cela est très triste. Surtout pour une entreprise qui emploie plus de personnes que notre propre armée.

    Vincent.p                  en réaction à Alexis je suis cheminot ce n’est pas un ICE mais bien un TGV.

    Fais du bien à ton corps pour que ton âme ait envie d’y rester. (proverbe indien)

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    L’actrice Loubna Abidar : « Pourquoi j’ai décidé de quitter le Maroc »

    LE MONDE

    Loubna Abidar au Festival du film francophone d'Angoulême, le 30 août 2015.

    Après des petits rôles au théâtre et dans des films commerciaux, j’ai obtenu le premier rôle dans le long-métrage Much Loved, de Nabil Ayouch. C’était le plus beau jour de ma vie, car j’allais pouvoir travailler avec un réalisateur talentueux et internationalement reconnu, et parce que j’allais donner la parole à toutes celles avec lesquelles j’avais grandi : ces petites filles des quartiers qui n’apprennent ni à lire ni à écrire, mais auxquelles on dit sans cesse qu’un jour elles rencontreront un homme riche qui les emmènera loin… Dès 14-15 ans, elles sortent tous les soirs dans le but de le trouver. Un jour, elles réalisent qu’elles sont devenues des prostituées.

    Dans ce film, j’ai mis toute mon âme et toute ma force de travail, portée par Nabil Ayouch et mes partenaires de jeu. Le film a été sélectionné à Cannes. J’y étais, c’était magique. Mais dès le lendemain de sa présentation, un mouvement de haine a démarré au Maroc. Un ministre qui n’avait pas vu le film a décidé de l’interdire avant même que la production ne demande l’autorisation de le diffuser. Much Loved dérangeait, parce qu’il parlait de la prostitution, officiellement interdite au Maroc, parce qu’il donnait la parole à ces femmes qui ne l’ont jamais. Les autorités ont déclaré que le film donnait une image dégradante de la femme marocaine, alors que ses héroïnes débordent de vie, de combativité, d’amitié l’une pour l’autre, de rage d’exister.

    Lire notre récit : Loubna Abidar, agressée, accusée

    Campagne de haine

    Et une campagne de détestation s’est répandue sur les réseaux sociaux et dans la population. Personne n’avait encore vu le film au Maroc, et il était déjà devenu le sujet numéro un de toutes les discussions. La violence augmentait de jour en jour, à l’encontre de Nabil « le juif » (sa mère est une juive tunisienne) et à mon encontre. Je dérangeais à mon tour, parce que j’avais le premier rôle, parce que j’en étais fière, et parce que je prenais position ouvertement contre l’hypocrisie par des déclarations nombreuses.

    Des messages de soutien et d’amour, j’en ai reçu des dizaines. Dans les pays d’Europe où le film est sorti et a connu un bel accueil (j’ai notamment obtenu le Prix de la meilleure actrice dans les deux festivals majeurs de films francophones, Angoulême en France et Namur en Belgique). Mais surtout, et c’était le plus important pour moi, au Maroc. Par des gens éclairés car ils sont nombreux. Et aussi par des prostituées qui ont enfin osé parler à visage découvert pour dire qu’elles se reconnaissaient dans le film.

    Mais rien n’a calmé la haine contre moi. Sur Facebook et Twitter, mon nom est associé à celui de « sale pute » des milliers de fois par jour. Quand une fille se comporte mal, on lui dit « tu finiras comme Abidar ». Tous les jours, je lis que je suis la honte des femmes marocaines. Chaque semaine, je reçois des menaces de mort. J’ai encore des amis et des proches pour me soutenir, mais beaucoup se sont détournés de moi. Pendant des semaines, je ne suis pas sortie de chez moi, ou alors uniquement pour des courses rapides, cachée sous une burqa (quel paradoxe, me sentir protégée grâce à une burqa…).

    Ces derniers jours, le temps passant, la tension me semblait retombée. Alors jeudi 5 novembre, le soir, je suis allée à Casablanca à visage découvert. J’y ai été agressée par trois jeunes hommes. J’étais dans la rue, ils étaient dans leur voiture, ils m’ont vue et reconnue, ils étaient saouls, ils m’ont fait monter dans leur véhicule, ils ont roulé pendant de très longues minutes et pendant ce temps ils m’ont frappée sur le corps et au visage tout en m’insultant. J’ai eu de la chance, ce n’était « que » des jeunes enivrés qui voulaient s’amuser… D’autres auraient pu me tuer. La nuit a été terrible. Les médecins à qui je me suis adressée pour les secours et les policiers au commissariat se sont ri de moi, sous mes yeux. Je me suis sentie incroyablement seule… Un chirurgien esthétique a quand même accepté de sauver mon visage. Ma hantise était justement d’avoir été défigurée, de garder les traces de cette agression sur mon visage, de ne plus pouvoir faire mon métier…

    Nabil Ayouch était là tout le temps pour me soutenir. J’ai fait des déclarations de colère que je regrette. Je ne savais plus où j’étais. Alors j’ai décidé de quitter le Maroc. C’est mon pays, je l’aime, j’y ai ma vie et ma fille, j’ai foi en ses forces vives, mais je ne veux plus vivre dans la peur. On s’attaque à moi pour un rôle que j’ai joué dans un film que les gens n’ont même pas vu. Une campagne de dénigrement légitimée par une interdiction de diffusion du film, alimentée par les conservateurs, nourrie par les réseaux sociaux si présents aujourd’hui… et qui continue de tourner en rond et dans la violence. Au fond, on m’insulte parce que je suis une femme libre. Et il y a une partie de la population, au Maroc, que les femmes libres dérangent, que les homosexuels dérangent, que les désirs de changement dérangent. Ce sont eux que je veux dénoncer aujourd’hui, et pas seulement les trois jeunes qui m’ont agressée…

    Lire aussi : « Much Loved » : femmes perdues à Marrakech

    Maroc: l’actrice de « Much Loved » quitte le pays, où « les femmes libres dérangent »

    La comédienne marocaine Loubna Abidar, actrice principale du film « Much Loved » interdit au Maroc, explique avoir décidé de quitter son pays car « les femmes libres dérangent », jeudi dans une tribune sur le site du quotidien français Le Monde.

    La comédienne, qui avait reçu des menaces pour avoir joué dans ce film traitant de la prostitution au Maroc, est arrivée dimanche à Paris, après avoir publié sur les réseaux sociaux une vidéo où elle apparaît avec le visage tuméfié.

    Dans cette vidéo, elle affirme avoir été agressée jeudi dernier à Casablanca. Cette agression n’a pas pu être confirmée par des sources officielles au Maroc.

    « Au fond, on m’insulte parce que je suis une femme libre. Et il y a une partie de la population, au Maroc, que les femmes libres dérangent, que les homosexuels dérangent, que les désirs de changement dérangent », écrit Loubna Abidar dans cette tribune intitulée « Pourquoi je quitte le Maroc ».

    La comédienne explique avoir été la cible d’une « campagne de détestation » et d’un « mouvement de haine » sur les réseaux sociaux et dans la population marocaine après la présentation du film au dernier festival de Cannes.

    « Pendant des semaines, je ne suis pas sortie de chez moi, ou alors uniquement pour des courses rapides, cachée sous une burqa (quel paradoxe, me sentir protégée grâce à une burqa?) », détaille-t-elle.

    Elle revient également sur son agression « par trois jeunes hommes ». « J’étais dans la rue, ils étaient dans leur voiture, ils m?ont vue et reconnue, ils étaient saouls, ils m’ont fait monter dans leur véhicule, ils ont roulé pendant de très longues minutes et pendant ce temps ils m?ont frappée sur le corps et au visage tout en m?insultant ».

    « Much Loved dérangeait, parce qu?il parlait de la prostitution, officiellement interdite au Maroc, parce qu?il donnait la parole à ces femmes qui ne l?ont jamais », estime Loubna Abidar.

    – ‘Incroyablement seule’ –

    D’autre part, l’actrice met en cause l’attitude des services publics après son agression. « Les policiers au commissariat se sont ri de moi, sous mes yeux. Je me suis sentie incroyablement seule », écrit-elle.

    De son côté, la Direction générale de la sûreté nationale marocaine (DGSN) a décidé de déposer une plainte contre Loubna Abidar pour des propos jugés « diffamatoires », selon un communiqué relayé jeudi par plusieurs médias marocains.

    Il s’agit de propos tenus dans une vidéo ayant circulé sur les réseaux sociaux, dans lesquels Mme Abidar accusait la police de Casablanca d’avoir réfusé d’enregistrer sa déclaration quelques heures après son agression supposée.

    Selon la DGSN, les déclarations de l’actrice sont « erronées » et « portent atteinte » à ses fonctionnaires. « L?avocat de la DGSN a saisi le procureur du roi pour qu?une enquête soit ouverte sur les propos qualifiés de diffamatoires par les autorités marocaines », indique le site d’information Al Yaoum 24.

    « Much loved » avait été doublement récompensé au festival du film francophone d’Angoulême, fin août, avec le Valois d’or pour le film, réalisé par Nabil Ayouch, et celui de la meilleure actrice pour Loubna Abidar.

    Le film suit le parcours de Noha, Randa, Soukaina et Hlima, quatre prostituées de Marrakech. Sur les écrans français depuis septembre, il devait sortir en salles au Maroc à l’automne, mais avait été interdit préventivement, en mai, par le gouvernement marocain qui avait évoqué « un outrage grave aux valeurs morales et à la femme marocaine ».

    Loubna Abidar, l’actrice marocaine de « Much Loved », explique les raisons de son départ pour la France

    LOUBNA ABIDAR

    POLÉMIQUE – Actuellement en France, l’actrice principale du film « Much Loved » de Nabil Ayouch s’est exprimée dans les colonnes du Monde au travers d’une tribune parue ce jeudi 12 novembre. Elle dénonce une campagne de haine à son encontre.

    Agressée la semaine dernière à Casablanca, Loubna Abidar, qui interprète le rôle d’une prostituée à Marrakech, condamne la « campagne de détestation » qui s’est répandue au Maroc sur les réseaux sociaux et dans la population depuis la diffusion des extraits du film sur le web.

    « Mon nom est associé à celui de ‘sale pute’ (…). Quand une fille se comporte mal, on lui dit ‘tu finiras comme Abidar’. Tous les jours, je lis que je suis la honte des femmes marocaines. Chaque semaine, je reçois des menaces de mort », écrit-elle.

    Contre l’hypocrisie

    « Personne n’avait encore vu le film au Maroc, et il était déjà devenu le sujet numéro un de toutes les discussions. La violence augmentait de jour en jour, à l’encontre de Nabil ‘le juif’ (sa mère est une juive tunisienne) et à mon encontre », poursuit l’actrice qui estime qu’elle dérangeait parce qu’elle avait « le premier rôle », qu’elle en était « fière » et qu’elle prenait « position ouvertement contre l’hypocrisie par des déclarations nombreuses ».

    Celle qui dit avoir voulu, par ce rôle, donner enfin la parole « aux filles des quartiers » devenues prostituées et aux côtés desquelles elle a grandi, s’étonne qu’ « un ministre qui n’avait pas vu le film » ait décidé de l’interdire « avant même que la production ne demande l’autorisation de le diffuser ».

    « Je ne veux plus vivre dans la peur »

    « Les autorités ont déclaré que le film donnait une image dégradante de la femme marocaine, alors que ses héroïnes débordent de vie, de combativité, d’amitié l’une pour l’autre, de rage d’exister », explique Loubna Abidar.

    Agressée jeudi 5 novembre pas trois hommes qui l’ont fait monter dans leur voiture, insultée et frappée au corps et au visage, l’actrice a décidé de quitter le Maroc: « C’est mon pays, je l’aime, j’y ai ma vie et ma fille, j’ai foi en ses forces vives, mais je ne veux plus vivre dans la peur ».

    « Au fond, on m’insulte parce que je suis une femme libre », estime-t-elle. « Et il y a une partie de la population, au Maroc, que les femmes libres dérangent, que les homosexuels dérangent, que les désirs de changement dérangent ».

    Pour rappel, l’actrice marocaine qui a décroché le Valois de la meilleure actrice pour son rôle de prostituée dans « Much Loved », a été victime de menaces de mort suite à la publication d’extraits du films sur Internet. Des menaces qui l’ont poussée à vêtir une burqa un certain temps, pour éviter d »être reconnue dans la rue. L’actrice avait également quitté le Maroc pendant plusieurs semaines, « car cela devenait invivable pour elle, des gens malintentionnés venaient chez elles et chez ses parents. Elle a préféré s’exiler dans différents pays d’Europe », avait confié un proche au HuffPost Maroc.

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    Agressée au Maroc, Loubna Abidar, l’actrice de « Much Loved » serait en France

     Charlotte Lazimi

    loubna-abidar_5415585L’actrice Loubna Abidar ne cache pas depuis des mois les menaces qui pèsent sur elle. Jeudi, elle a fait l’objet d’une violente agression. Devant l’inertie dit-elle des autorités marocaines, elle se serait « réfugiée » en France. AFP PHOTO/YOHAN BONNET

    L’actrice marocaine Loubna Abidar, victime d’une violente agression à Casablanca jeudi soir, serait en France, révèle le Figaro ce lundi. Un proche dément par voie de presse une installation définitive à Paris.

    Un voyage précipité ? D’après le Figaro, l’actrice de Much Loved Loubna Abidar, victime d’une violente agression à Casablanca jeudi, se serait « réfugiée » à Paris. Elle craindrait pour sa sécurité au Maroc. Un proche de la jeune femme nuance dans le Huffington Post Maghreb. Il assure que ce départ n’est pas définitif.

    « Il était prévu qu’elle aille en France depuis longtemps », rapelle une source proche de l’actrice au Huffington Post Maghreb. « À l’époque où elle faisait la promo du film après avoir reçu le Valois d’or au festival d’Angoulême, son agent l’avait mise en contact avec une maison d’édition qui travaille sur une bio qui lui est dédiée », ajoute-t-elle. « Avec ce qui s’est passé jeudi dernier [jour de l’agression], elle a juste avancé le rendez-vous ». Sur sa page Facebook, la jeune femme de 30 ans a, au lendemain des violences subies, posté photos et vidéos, témoignant des coups qui lui ont été portés. L’actrice a alors menacé de demander l’asile politique en Europe, avant de rétropédaler, arguant qu’elle avait ressenti « un sentiment d’humiliation et d’injustice » sur le moment.

    Une actrice menacée

    Un événement prévisible? L’agression, dont a été victime Loubna Abidar s’est en tout cas produit après de nombreuses menaces, notamment sur les réseaux sociaux. Toute l’équipe du film de Nabil Ayouch est sous pression depuis le mois de mai, avec la projection du film à la Quinzaine des réalisateurs, à Cannes. Un acteur a d’ailleurs déjà été victime d’une agression à l’arme blanche, également à Casablanca.

    De son côté, Loubna Abidar s’est aussi confié à plusieurs reprises sur son inquiétude face aux menaces, notamment le 11 septembre dernier dans l’émission C à vous. Redoutant des attaques, elle raconte parfois sortir de chez elle en burqa pour échapper à d’éventuels agresseurs. Elle a notamment déjà quitté le pays « pendant un moment » et fait part de son envie d’y retourner. « Je veux retourner bientôt si tout va bien », explique-t-elle à l’antenne, avant d’ajouter: « On aime le Maroc. C’est pour ça qu’on a fait un film comme ça [évoquant le film et la polémique] ». Dans l’oeuvre de Nabil Ayouch Much Loved, elle incarne une prostituée. Ses détracteurs lui reprochent notamment d’inciter à la prostitution.

    Dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, Loubna Abidar a témoigné le visage abîmé et en pleurs contre la violence dont elle a été victime. Elle y dénonce aussi l’inertie des autorités, qui ont refusé dit-elle de la soigner ou de prendre sa plainte, allant même jusqu’à se moquer d’elle.

    Deux versions

    Son cri d’alarme a ému les réseaux sociaux. Anonymes, militantes féministes et personnalités comme l’actrice Frédérique Bel lui ont exprimé leur soutien.

    En revanche, la préfecture de police de Casablanca propose une toute autre version à celle de l’actrice. Elle s’est exprimé dans un communiqué, démentant « catégoriquement les données contenues dans la vidéo ». Au contraire, elle estime avoir traité la déposition de Loubna Abidar avec « professionnalisme et objectivité sans aucune considération personnelle ».

    D’après elle, l’actrice se serait rendu jeudi soir dans un commissariat au quartier d’Anfa pour déposer une plainte concernant une agression. Mais problème selon la préfecture, l’actrice n’aurait pas « divulgué le lieu de l’agression ou ses circonstances ». Les agents de police ont « tout de suite », selon le communiqué, écouté la plaignante, qui a « refusé de signer le procès-verbal officiel arguant qu’il lui faut d’abord se rendre dans un hôpital pour recevoir les soins nécessaires. Une requête que la police a accepté », poursuit le communiqué. Toujours d’après la préfecture, l’enquête serait toujours en cours.

    « Much Loved » : Loubna Abidar quitte le Maroc et la police porte plainte

    Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox
    Loubna Abidar au Festival du film Francophone d'Angoulême, août 2015

    Loubna Abidar au Festival du film Francophone d’Angoulême, août 2015      © JEAN MICHEL NOSSANT/SIPA

    La comédienne marocaine Loubna Abidar, actrice principale du film « Much Loved » interdit au Maroc, explique avoir décidé de quitter son pays car « les femmes libres dérangent », jeudi dans une tribune sur le site du Monde, quelques jours après une agression. La police marocaine porte plainte contre elle pour diffamation, rapporte par ailleurs le quotidien.

    La comédienne, qui avait reçu des menaces pour avoir joué dans ce film traitant de la prostitution au Maroc, a publié à la fin de la semaine dernière sur les réseaux sociaux une vidéo où elle apparaît avec le visage tuméfié. Dans cette vidéo, elle affirme avoir été agressée jeudi dernier à Casablanca.

    « Pendant des semaines, je ne suis pas sortie de chez moi »

    Cette agression n’a pas pu être confirmée par des sources officielles au Maroc. « Au fond, on m’insulte parce que je suis une femme libre. Et il y a une partie de la population, au Maroc, que les femmes libres dérangent, que les homosexuels dérangent, que les désirs de changement dérangent », écrit Loubna Abidar dans cette tribune intitulée « Pourquoi je quitte le Maroc ».

    Arrivée dimanche à Paris pour se faire soigner, la comédienne explique avoir été la cible d’une « campagne de détestation » et d’un « mouvement de haine » sur les réseaux sociaux et dans la population marocaine après la présentation du film au dernier festival de Cannes. « Pendant des semaines, je ne suis pas sortie de chez moi, ou alors uniquement pour des courses rapides, cachée sous une burqa (quel paradoxe, me sentir protégée grâce à une burqa…) », détaille-t-elle.

    « Much Loved dérange parce qu’il donne la parole à ces femmes qui ne l’ont jamais »

    Dans la tribune publiée sur le site du Monde, Loubna Abidar raconte également son agression « par trois jeunes hommes ». « J’étais dans la rue, ils étaient dans leur voiture, ils m’ont vue et reconnue, ils étaient saouls, ils m’ont fait monter dans leur véhicule, ils ont roulé pendant de très longues minutes et pendant ce temps ils m’ont frappée sur le corps et au visage tout en m’insultant ».

    « Much Loved dérangeait, parce qu’il parlait de la prostitution, officiellement interdite au Maroc, parce qu’il donnait la parole à ces femmes qui ne l’ont jamais », estime Loubna Abidar. « Much loved » avait été doublement récompensé lors du festival du film francophone d’Angoulême, fin août, avec le Valois d’or pour le film, réalisé par Nabil Ayouch, et celui de la meilleure actrice pour Loubna Abidar.

     

    Le film du réalisateur Nabil Ayouch suit le parcours de Noha, Randa, Soukaina et Hlima, quatre prostituées de Marrakech. Sur les écrans français depuis septembre, il devait sortir en salles au Maroc à l’automne, mais avait été interdit préventivement, en mai, par le gouvernement marocain qui avait évoqué « un outrage grave aux valeurs morales et à la femme marocaine ».

    La police marocaine porte plainte

    Loubna Abidar fait l’objet d’une plainte de la Direction générale de la sécurité nationale marocaine, rapporte par ailleurs Le Monde, citant l’hebdomadaire Tel Quel : la police estime qu’elle a fait des déclarations « estimées comme fausses, erronées et portant atteinte à nos fonctionnaires », selon le site du journal.

    « La plainte de la police, c’est normal. Si on les met en cause, ils menacent de te mettre en prison pour faire peur aux autres », a déclaré l’actrice au Monde. Elle raconte le peu d’aide qu’elle a reçu dans les quelques heures qui ont suivi l’agression, de la part des policiers et des médecins. Face à l’attitude des policiers « heureux de me voir cassée », elle a « explosé », confie-t-elle au quotidien.

    Nabil Ayouch : « Much Loved, c’est un portrait de femmes qui rêvent »

    Film polémique interdit au Maroc, « Much Loved » de Nabil Ayouch sort dans les salles françaises ce mercredi 16 septembre. Présenté en avant-première, le film a attiré de nombreux marocains…


    Plainte: plus de 100 Américaines enceintes pour une pilule défectueuse

    Une personne tient une plaquette de pilules contraceptives, le 13 octobre 2009, dans une pharmacie à Caen© afp.com/Mychele Daniau Une personne tient une plaquette de pilules contraceptives, le 13 octobre 2009, dans une pharmacie à Caen Malgré une bonne prise de leur contraception, elles se retrouvées enceintes. Plus de 100 femmes sont dans cette situation, en raison d’une erreur dans l’emballage de pilules contraceptives, ont porté plainte aux États-Unis, réclamant des millions de dollars en dommages et intérêts, a-t-on appris auprès de leur avocat ce jeudi.La plainte déposée, la semaine dernière, à Philadelphie vise quatre entreprises pharmaceutiques ayant fabriqué, emballé et vendu ces pilules, dont l’ordre avait été inversé « à 180 degrés », dans la plaquette où elles sont présentées.

    Erreur d’emballage datant de 2011

    Certaines des plaignantes, de 28 États américains différents, réclament des dommages couvrant la totalité de l’éducation d’un enfant jusqu’à ses 18 ans, en plus des frais médicaux, salaires perdus et autres complications conséquentes à leur grossesse.L’erreur d’emballage, en 2011, a laissé les 113 plaignantes « sans contraception adéquate, avec le risque d’une grossesse non désirée », précise la plainte. Le dosage hormonal de la pilule varie en effet selon le jour du mois. Parmi ces 113 femmes, 94 ont eu un enfant, 17 n’ont pas mené leur grossesse à terme, et deux n’ont pas été enceintes, a précisé leur principal avocat Keith Bodoh.La plainte vise Qualitest Pharmaceuticals, Endo Pharmaceuticals, Endo Health Pharmaceuticals et Patheon Inc, cette dernière entreprise étant basée au Canada. Les entreprises sont accusées notamment de négligence et de violation des droits à la protection des consommateurs.

    Multiplication de lots

    En septembre 2011, Qualitest, filiale d’Endo, avait volontairement rappelé de « multiples lots » de pilules contraceptives, vendues sous huit marques différentes, invoquant à l’époque une « erreur d’emballage », risquant de « laisser les femmes sans contraception adéquate », selon la FDA – Food and Drug administration, l’agence américaine de surveillance des médicaments et produits alimentaires.

    Endo avait souligné qu’en raison de cette erreur, le dosage quotidien des pilules pouvait être incorrect. A l’époque, la firme avait souligné son souci d’assurer une utilisation sûre et efficace de ses produits, y compris les contraceptifs oraux ». Sollicitée ce jeudi, elle n’a pas souhaité immédiatement réagir à la plainte.Les avocats des 113 plaignantes avaient d’abord cherché à porter plainte, en nom collectif, à Atlanta en Géorgie, mais un juge fédéral a rejeté leur requête, a précisé Keith Bodoh. Les avocats se sont alors tournés vers Philadelphie, où se trouve le siège américain d’Endo.

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    réactions

    Maydan                                 D’accord pour le Maroc rétrograde,l’hypocrisie,la prostitution , la bêtise, etc… Ok pour la France terre d’asile , pays des lumières et des libertés ,etc.. Je vous accorde tout … Même les raccourcis et les généralisations parfois rances… Mais 3 mecs bourrés pour laver l’honneur de l’islam bafoué? Sûrement pour brouiller la piste des intégristes. Courage Loubna

    AM                                      Le Maroc doit choisir, temps médieval ou temps moderne. On ne peut plus respirer dans cette atmosphere d’intolérance, de conformisme et de répression par la monarchie, l’Etat et la société! Y en a marre!!!!

    Passant                               « Les capitalistes iront jusqu’à vendre le sabre, qui leur tranchera la tête » aurait pu dire Lénine Rien ne changera tant que les dirigeants français tels Sarkozy, Hollande, Valls etc. ,foulant au pied nos valeurs :les Droits humains , continueront à se commettre avec les pétro monarques absolus esclavagistes et misogynes, qui par devant leur font de grands sourires pour acheter des armes et par derrière via leurs ONG financent jusque dans nos banlieues le fanatisme et le terrorisme

    Jef 974                                  PAS UN PAS EN ARRIERE ! Soutien inconditionnel à Loubna Abidar, et aux Marocaines et Marocains qui ne se reconnaissent pas dans le Maroc des agresseurs et de leurs thuriféraires. Et refus inconditionnel de toutes les variantes de l’Islam qui font des femmes des être inférieurs aux hommes. Et s’il faut, à ce propos, parler de guerre de civilisation, soyons clair : oui, c’est bien une guerre, et nous l’assumons.

    gégé                                       Pourquoi ne pas organiser une croisade?

    yves judde de larivière        Les habituels lecteurs anti-immigrés, islamophobes, qui dénoncent l’invasion arabe et le grand remplacement, devraient logiquement lui dire de rester là-bas pour lutter au lieu de venir chez nous. Mais là curieusement les voilà en train de découvrir la grandeur de l’asile ! Quelle bouffonnerie !

    Christian Cépété de Far        Les habituels lecteurs qui devaient cacher leur hitlerophobie ont logiquement demandé aux Gi’s de venir chez nous. Les habituels lecteurs qui dénonçaient le péril rouge ont naturellement découvert le remerciement aux troupes de l’OTAN. C’est ça le choix, c’est repousser ceux qui représentent un danger et l’oppression pour mieux accueillir ceux qui sont un espoir et la liberté. La bouffonnerie c’est ne pas faire la différence.

    gégé                                      Bien vu

    Qui est bouffon ?                   La valeur terre d’asile face à la répression a un sens et elle ne peut s’exercer que si la liberté règne (encore) dans le pays d’accueil et si ce dernier dispose des capacités d’accueil. La crainte actuelle où l’islam ne se conjugue guère avec démocratie, refusant très souvent l’altérité, où la diversité religieuse a décrue depuis un siècle dans quasiment tous les pays islamiques, est, on ne peut plus normale. C’est faute d’apporter des réponses ou d’éluder ce deuxième point que le FN progresse.

    gégé

    @CCF:                                comment décidez vous que ceux qui demandent l’asile représentent un danger? (Est ce le niveau financier? La façon de s’habiller?, ….)

    PIERRE-MARIE MURAZ

    @YJDLR …                            Lui conseillerez vous l’Iran ? … Les actrices y sont bien vues !

     

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