« Le nain ment »

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Bygmalion: Lavrilleux accuse Sarkozy de se «défausser» et de ne pas «assumer»

Le Parisien

Jérôme Lavrilleux, acteur clé de l’affaire Bygmalion et ex-directeur de cabinet de Jean-François Copé, se rappelle au bon souvenir de Nicolas Sarkozy.Le Parisien: Jérôme Lavrilleux, le 14 avril 2014.© Le Parisien Jérôme Lavrilleux, le 14 avril 2014.

Dans un entretien à L’Obs, il accuse l’ex-président aujourd’hui à la tête des Républicains (LR), de se «défausser» et «de ne pas assumer»  ses responsabilités dans ce système de fausses factures durant sa campagne présidentielle de 2012.

«Les grands chefs sont ceux qui assument»

«Je vais vous dire quelque chose que je n’ai jamais dit, et dont j’ai la certitude, conforté par la lecture du dossier aujourd’hui :les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 ont dérapé, et pas seulement le budget consacré aux meetings. Il ne faudrait plus appeler cette affaire « Bygmalion », mais celle des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy», déclare l’ancien cadre de l’UMP, aujourd’hui député européen.
«Les comptes ont débordé de tous les côtés. Il n’y a que Nicolas Sarkozy pour dire dans sa déposition que cette affaire ne concerne pas sa campagne… C’est un système de défense voué à un échec total. Il adopte le même dans toutes les affaires où il est entendu : « C’est pas moi, c’est l’autre ». Dans Bygmalion, il dit « C’est pas moi, c’est Copé ». Il se défausse, il vit dans un monde irréel et ne sait pas assumer. Les grands chefs sont pourtant ceux qui assument. L’ingratitude est la marque des faibles», assène M. Lavrilleux, mis en examen dans cette affaire.

«Nicolas Sarkozy ment»

«Nicolas Sarkozy ment», accuse-t-il encore en réponse aux affirmations de l’ancien chef de l’Etat pour qui Jérôme Lavrilleux, malgré ses dénégations, était au courant de l’état financier de sa campagne présidentielle. Lors de son audition début septembre par la police, Nicolas Sarkozy a reconnu l’existence d’un système de fausses factures mais à d’autres fins, entre l’UMP alors dirigée par Jean-François Copé et Bygmalion, la société de ses proches. Des accusations qui ont rendu furieux le camp Copé et fortement tendu les relations Sarkozy-Copé ces dernières semaines.

Cinq figures de l’affaire Bygmalion se sont retrouvées chez les juges d’instruction toute la journée de vendredi pour une longue confrontation, la plus importante depuis le début de cette enquête. Parmi les cinq mis en examen arrivés au pôle financier dans la matinée, Franck Attal, le patron d’Event and Cie, filiale de Bygmalion et société prestataire des meetings, et Jérôme Lavrilleux, qui avaient révélé ce système frauduleux au printemps 2014. Etaient également présents le directeur de la campagne de Nicolas Sarkozy, Guillaume Lambert, l’ancien directeur général de l’UMP, Eric Cesari, et l’ancienne directrice des ressources du parti, Fabienne Liadze, qui nient avoir participé à une fraude.

Les enquêteurs ont la conviction que des fausses factures ont permis d’imputer à l’UMP environ 18,5 millions d’euros de dépenses de meetings qui auraient dû figurer dans le budget de campagne du candidat. But de cette «ventilation», dissimuler une explosion du plafond légal des dépenses (22,5 M €).

Affaire Bygmalion : Sarkozy « n’assume pas »

Le Monde.fr avec AFP

Jérôme Lavrilleux, ancien chef de cabinet de Jean-François Copé, arrive au pôle financier du tribunal de Paris, le 9 octobre.

Nicolas Sarkozy « n’assume pas » ses responsabilités dans le système de fausses factures qui a alimenté sa campagne présidentielle en 2012, accuse Jérôme Lavrilleux, qui fut le directeur adjoint de cette campagne. M. Lavrilleux s’exprime dans un entretien avec L’Obs publié mercredi 13 octobre, cinq jours après sa confrontation au pôle financier de Paris avec cinq autres mis en examen de l’affaire dite Bygmalion.

« Il dit : “C’est pas moi, c’est Copé.” » Il se défausse, il vit dans un monde irréel et ne sait pas assumer. Les grands chefs sont pourtant ceux qui assument. L’ingratitude est la marque des faibles », juge M. Lavrilleux, qui fut également le directeur de cabinet de l’ex-président de l’UMP, Jean-François Copé, dont il reste un proche.

Lors de son audition début septembre par la police, Nicolas Sarkozy a reconnu l’existence d’un système de fausses factures entre l’UMP et Bygmalion, une société contrôlée par des proches de M. Copé. M. Lavrilleux affirme, lui, que c’est l’ensemble des comptes de campagne qui a « dérapé », « et pas seulement le budget consacré aux meetings », principalement mis en cause. Ils ont « débordé de tous les côtés », dit-il.

Les enquêteurs ont la conviction que des fausses factures ont permis d’imputer à l’UMP environ 18,5 millions d’euros de dépenses de meetings qui auraient dû figurer dans le budget de campagne du candidat, afin de dissimuler un dépassement du plafond légal des dépenses fixé à 22,5 millions d’euros. M. Lavrilleux estime que la campagne a coûté au total 50 millions d’euros. Il dit avoir subi des tentatives d’intimidation de la part de proches de M. Sarkozy. « Il m’arrive d’avoir peur. Je n’ai pas envie d’apprendre à nager dans 20 centimètres d’eau comme Robert Boulin », dit-il.

Lire : L’affaire Bygmalion, si vous avez raté un épisode

INTERVIEW EXCLUSIVE. Bygmalion : Jérôme Lavrilleux enfonce Nicolas Sarkozy

L’ex-directeur adjoint de campagne de Nicolas Sarkozy livre sa vérité sur les dérapages financiers. Pour lui, l’ex-président savait. Il raconte aussi avoir été menacé : « Il m’arrive d’avoir peur ».

Jérôme Lavrilleux, le 9 octobre 2015 (FLORIAN DAVID / AFP)Jérôme Lavrilleux, le 9 octobre 2015 (FLORIAN DAVID / AFP)

Vendredi 9 octobre, quand il arrive au pôle financier en compagnie de ses avocats pour une confrontation avec les autres mis en examen de l’affaire Bygmalion, Jérôme Lavrilleux tire derrière lui une grosse valise noire. « Que contient-elle ? » demandent les journalistes présents sur place à l’ancien directeur adjoint de campagne de Nicolas Sarkozy. Des pièces compromettantes ?

Jérôme Lavrilleux ne peut s’empêcher de lâcher une petite phrase pour faire trembler les sarkozystes devenus ses adversaires. « Il y a tout ce qu’il faut » pour répondre aux questions, glisse-t-il. Quand nous le rencontrons le lendemain, à Saint-Quentin (Aisne), Jérôme Lavrilleux sourit de l’anecdote :

Dans ma valise, il y avait surtout du linge sale, au sens propre du terme. J’arrivais de Strasbourg, où j’ai passé toute la semaine, et j’avais donc mes affaires à laver ! »

Lorsqu’il évoque l’affaire Bygmalion, qui a pris une nouvelle dimension début septembre avec l’audition comme témoin de Nicolas Sarkozy, l’ex-bras droit de Copé se montre moins bravache. Le système des fausses factures, nous dit-il, résulte d’une stratégie collective mise en œuvre par l’entourage de Nicolas Sarkozy pour gagner à tout prix. Selon lui, l’ex-président en avait connaissance.

Le Jérôme Lavrilleux qui nous a accordé cet entretien n’est plus un homme à terre. Il s’est relevé. Il affiche même un petit sourire, assure que son mandat de député européen le passionne, confie qu’il se prépare pour sa nouvelle vie, celle qu’il débutera après une condamnation jugée inévitable. Mais, surtout, il évoque les pressions qu’il subit. A l’entendre, laver son linge sale en public pourrait constituer un danger de mort.

Jérôme Lavrilleux, chez lui, à Saint-Quentin (Aisne), le 10 octobre. Il est aujourd’hui député européen. (Fabrice Demessence pour « l’Obs »)

18 millions d’euros de fausses factures ont été réglées par l’UMP en 2012 à la société Bygmalion. A quoi a servi cette somme ? Personne n’est d’accord. Avez-vous réussi à vous entendre lors de la confrontation devant le juge ?

– Jérôme Lavrilleux : Non, pas du tout. Mais, moi, je répète ce que je dis depuis le début : cet argent a servi à financer une campagne qui a totalement dérapé, malgré ce que dit le camp Sarkozy. Je ne suis pas à l’initiative de ce système des fausses factures, je ne suivais pas les finances de la campagne, mais j’ai été mis au courant de cette fraude après la fin de la présidentielle, et je ne l’ai pas dénoncée.

Lors de son audition devant les enquêteurs début septembre, Nicolas Sarkozy a qualifié cette thèse de « farce ». « Ma campagne de 2012 n’a en aucune façon dérapé », assure-t- il. Qu’en dites-vous ?

– Je vais vous dire quelque chose que je n’ai jamais dit, et dont j’ai la certitude, conforté par la lecture du dossier aujourd’hui : les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 ont dérapé, et pas seulement le budget consacré aux meetings. Il ne faudrait plus appeler cette affaire « Bygmalion », mais celle des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy.

Rien n’a été contrôlé. Il suffit de regarder les comptes du parti en 2012 pour s’en apercevoir. Tout cela figure dans l’instruction. Concernant la ligne budgétaire de la présidentielle, l’UMP avait prévu de dépenser 2,5 millions d’euros cette année-là. Combien ont été finalement payés par l’UMP ? Dix millions, en plus des fausses factures de Bygmalion !

Dix millions ? Mais à quoi ont-ils servi ?

– Je ne sais pas précisément. Sans doute à financer des affiches, à payer les transports des militants… Sauf qu’on ne peut pas demander à la SNCF ou à d’autres prestataires, comme à Bygmalion, de modifier leurs factures !

Pour résumer, la campagne de Nicolas Sarkozy aurait coûté 22,5 millions d’euros, le plafond autorisé, somme à laquelle il faut ajouter les 18 millions de fausses factures de Bygmalion et les 10 millions dont vous révélez l’existence aujourd’hui. Selon vous, les frais de campagne s’élèveraient donc à 50 millions d’euros ?

– Oui, les comptes ont débordé de tous les côtés. Il n’y a que Nicolas Sarkozy pour dire dans sa déposition que cette affaire ne concerne pas sa campagne… C’est un système de défense voué à un échec total. Il adopte le même dans toutes les affaires où il est entendu : c’est pas moi, c’est l’autre.

Dans Bygmalion, il dit : « C’est pas moi, c’est Copé. » Il se défausse, il vit dans un monde irréel, et ne sait pas assumer. Les grands chefs sont pourtant ceux qui assument. L’ingratitude est la marque des faibles.

Mais je suis serein et confiant. L’expertise des factures de la société Event & Cie [chargée des meetings au sein de Bygmalion, NDLR], confiée à une personne indépendante, montrera, comme l’enquête le prouve, où sont partis les 18 millions d’euros.

Jean-François Copé et Jérôme Lavrilleux, au siège de l’UMP à Paris, en mars 2012 . (Witt / Sipa)

« Il m’arrive d’avoir peur »

– Pourtant, vous envoyez un SMS au directeur de campagne Guillaume Lambert fin avril 2012, une semaine avant le second tour. « Nous n’avons plus d’argent. JFC [Jean-François Copé] en a parlé au PR [le président de la République]« , écrivez-vous. D’après Nicolas Sarkozy, ce texto prouve que vous étiez tenu au courant de l’état financier de sa campagne en temps réel, alors que vous affirmez l’inverse.

– Sur ce point, c’est simple : Nicolas Sarkozy ment. Ce SMS ne concerne ni le compte de campagne ni les dépassements. Nous parlons des banques qui ont bloqué les crédits pour le candidat et le parti car elles savent que nous allons perdre. Une intervention en haut lieu a été nécessaire pour débloquer l’argent. Nicolas Sarkozy sait donc très bien à quoi cet échange fait allusion.

Vous dites avoir été averti du système des fausses factures après le second tour. Nicolas Sarkozy a-t-il également été mis au courant ? Et à quel moment ?

– Je ne le sais pas. Je remarque juste que, lors de sa déposition, l’ancien chef de l’Etat indique avoir utilisé les moyens de l’Elysée, par le biais de ses conseillers présidentiels, pour préparer sa candidature, puis pour mener sa campagne au jour le jour. Cela est strictement illégal et c’est très symptomatique du fait que durant cette campagne tout le monde s’est affranchi des règles.

L’hypothèse à laquelle je croyais au départ, celle d’une campagne qui a dérapé de façon incontrôlée car Guillaume Lambert n’était pas l’homme de la situation, ne me paraît plus valable. Toute la hiérarchie, de haut en bas, a bafoué les règles de façon calculée et admise pour gagner à tout prix.

De façon calculée… mais par qui ?

– Pas par moi ! Je suis décrit par Nicolas Sarkozy dans sa déposition comme un quasi-majordome, qui devait simplement lui dire que la salle était pleine. J’avais pensé, dans l’enthousiasme de la campagne, être au moins un soldat qui organisait des réunions publiques pour aider son candidat à gagner.

Toujours est-il que vu le peu d’importance qu’il me prête, je ne peux pas être le grand manitou de ce système comme certains de ses proches le disent.

Si ce n’est vous, qui est responsable ?

– L’erreur majeure de Nicolas Sarkozy est d’avoir pris pour mener sa campagne des gens qui le traitaient en fait comme un président de la République, dont les désirs étaient des ordres.

Son entourage est donc le seul responsable de cette dérive financière ?

– Je ne protège personne, mais il m’arrive d’avoir peur. Je n’ai pas envie d’apprendre à nager dans 20 centimètres d’eau comme Robert Boulin. J’ai dit à mes proches que si un jour j’avais un accident de voiture, il faudrait faire une expertise. C’était de l’humour noir… quoique.

Le candidat et son directeur adjoint de campagne, le 24 avril 2012.(Élodie Grégoire – REA)

« On m’a épluché, réépluché »

Avez-vous reçu des pressions, des menaces, même voilées ?

– D’abord, on m’a viré de l’UMP comme un malpropre. On a fait courir des rumeurs crapoteuses. Aujourd’hui, je croise encore des proches de Nicolas Sarkozy. Certains me disent : « Alors, c’est pas trop dur ? » L’autre fois, un de ses très très proches m’a dit : « Attention, ça va mal se terminer… Il y a une commission rogatoire en Espagne, et ils ont trouvé de l’argent. » Il n’y a jamais eu de commission lancée dans ce pays. C’est juste de l’intimidation.

Mais il faut être solide, car je parle de gens qui ont exercé de très hautes responsabilités. En juillet dernier, un sarkozyste me lance, en me voyant dans un couloir : « Mais c’est monsieur Lavrilleux, l’homme qui renseigne la presse ? » Ce sont des gens bien qui me disent ça, des futurs Premiers ministres…

Il leur arrive aussi d’être plus avenants. Quand je dis que ma carrière politique va s’arrêter, ils me répondent : « Oh ! tu sais, en politique, il ne faut préjuger de rien… »

Le clan Sarkozy soutient que Bygmalion et ses amis, dont vous faites partie, se sont enrichis.

– On m’a foutu à poil dans tous les sens, on m’a épluché, réépluché, je n’ai rien à cacher. Je ne me fais aucun souci là-dessus. Et j’ai la conviction qu’en ce qui concerne les prestations facturées par Event & Cie rien n’a donné lieu à la constitution d’une cagnotte, personne ne s’est enrichi. Je ne peux pas garantir qu’il en soit de même pour les autres agences, comme Publics, qui ont travaillé également pour la campagne.

Moi, contrairement à Claude Guéant, je n’ai jamais eu de coffre-fort dans lequel on pouvait entrer debout, ni avant, ni pendant, ni après la campagne. Contrairement à ceux de Sarkozy, ni mon actuel ni mon ancien directeur de cabinet n’ont jamais passé une semaine sur le banc des prévenus pour avoir détourné de l’argent public via des primes en liquide…

Voyez-vous toujours Jean-François Copé ?

– Nous nous voyons une ou deux fois par mois. Copé est quelqu’un qui ne lâche pas les gens. Voyez comment lui a eu l’élégance de réagir avec Nadine Morano, fidèle d’entre les fidèles de Sarkozy. Nous parlons politique, mais je ne suis plus son conseiller quotidien, c’est une conversation amicale.

A la rentrée, Copé a réuni plusieurs parlementaires. Il est très actif, multiplie les déplacements, les réunions avec des militants. Envisage-t-il son retour en politique ?

– Il a très exactement réuni 45 parlementaires, 42 députés et trois sénateurs. Et François Fillon n’en a réuni que 15. Or, je remarque qu’il faut le soutien de 20 parlementaires pour la primaire de l’UMP…

Lui conseillez-vous de se présenter à la primaire ?

– Cela ne peut relever que de sa volonté. Et ça ne peut pas juste être une affaire de circonstances. C’est à lui de sentir s’il est porteur d’une envie suffisamment forte pour entrer dans une campagne présidentielle.

Pour le faire, il faut être habité par quelque chose qui moi me dépasse. Je ne souhaite à personne de vivre ce type de campagne, même pas à ceux que je déteste et il y en a beaucoup !

« Sans l’affaire Bygmalion, je serais encore dans ce bordel »

Vous ne ferez plus jamais de politique ?

– Non. Je sais que je vais être poursuivi devant un tribunal et vraisemblablement condamné. Je vais finir mon mandat de député européen, puis je vais changer de vie. Tout est planifié.

Pour le moment, je travaille beaucoup à Bruxelles, je fais ce que j’aime. Je n’obéis plus à personne. Je ne suis plus là, dans l’instantanéité, à répondre aux petites phrases, à préparer des coups montés pour les uns et les autres… Je me rends compte avec le recul que tout cela était extrêmement avilissant.

Avilissant ? C’est un mot très fort, très dur…

– Oui, mais j’ai été conduit à faire des choses avilissantes pour faire plaisir aux chefs. Quand vous dézinguez quelqu’un qui se place sur la route de votre boss, quand vous lâchez des petites phrases pour lui nuire… tout cela en fait avilit celui qui le fait, plus que celui qui est visé.

Mais attention, je ne cherche pas à me faire une nouvelle virginité, je m’en fiche, je constate simplement. Ces choses-là, on ne s’en rend compte que lorsqu’il est trop tard. Sans l’affaire Bygmalion, je serais encore dans ce bordel, en dehors de toutes réalités, je ne regrette pas d’en être sorti. Quand je repense par exemple à la guerre interne à l’UMP…

Comment avez-vous vécu cet affrontement Copé-Fillon ?

– J’en suis sorti dans un état d’épuisement absolu, d’autant plus que j’avais derrière moi un an de campagnes présidentielle, législative puis interne au parti. Le vendredi suivant les résultats définitifs de l’élection à l’UMP, je suis resté comme paralysé, pétrifié sur mon fauteuil. J’entendais ce qui se passait autour de moi, mais je ne pouvais rien faire.

J’avais des larmes qui coulaient sur mes joues, je ne les maîtrisais pas. Mes collaborateurs ont d’abord cru que j’avais un coup de mou, ils m’ont laissé seul, puis ils ont vu que je ne pouvais plus bouger. Le médecin appelé de toute urgence m’a reconnu immédiatement, car j’étais sur toutes les chaînes d’info depuis des semaines.

Il m’a dit : « Ah, c’est vous ? Je sais ce que vous avez… » Il m’a fait une piqûre dans la cuisse. Et c’était reparti. Je regrette d’ailleurs de ne pas avoir demandé quel était ce produit !

Jérôme Lavrilleux en mai 2015 au parlement européen à Strasbourg. (Frédérick Florin / AFP)

Ce conflit interne à l’UMP, dans lequel vous êtes apparu comme l’un des porte-flingues de Copé, c’est ce que vous regrettez le plus ?

– Avec le recul, je sais que nous aurions dû dire : « Nous avons gagné, de peu mais nous avons gagné, nous en sommes certains. Notre adversaire François Fillon est mauvais joueur et incapable de le reconnaître. Organisons donc un nouveau scrutin. » Et là nous aurions gagné avec 80 % des voix.

Mais nous trouvions ça tellement injuste… Tout le monde s’est acharné contre nous alors que nous étions dans notre bon droit. Pour un certain microcosme, la victoire revenait forcément au notaire de province, capable de dénoncer son ancien président pour en récupérer le poste. Et pas au juif qui avait pourtant convaincu ses électeurs.

Au juif ? Vous pensez vraiment que cette analyse est juste ?

– Consciemment ou inconsciemment, oui. Franz-Olivier Giesbert a tout de même dit que Copé devait retourner dans les égouts. Qui vit dans les égouts ? Les rats. Ça rappelle de drôles d’images de la Seconde Guerre mondiale.

Si Jean-François Copé repart en politique, l’accompagnerez-vous ?

– J’irai plier des tracts… et je ferai des prières pour son directeur de campagne.

Propos recueillis par Violette Lazard

Confrontation générale des acteurs de l’affaire.

Affaire Bygmalion: Nicolas Sarkozy «ment», accuse Jérôme Lavrilleux

POLITIQUE – L’ex-directeur de cabinet de Jean-François Copé se confie dans une interview au «Nouvel Obs»…

Jérôme Lavrilleux, acteur clé de l’affaire Bygmalion et ex-directeur de cabinet de Jean-François Copé, accuse Nicolas Sarkozy de « se défausser » et de ne pas « assumer » ses responsabilités dans ce système de fausses factures durant sa campagne présidentielle de 2012, dans un entretien à L’Obs à paraître jeudi.

« Je vais vous dire quelque chose que je n’ai jamais dit, et dont j’ai la certitude, conforté par la lecture du dossier aujourd’hui : les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 ont dérapé, et pas seulement le budget consacré aux meetings. Il ne faudrait plus appeler cette affaire ‘Bygmalion’, mais celle des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy », déclare le député européen.

« Les comptes ont débordé de tous les côtés »

« Les comptes ont débordé de tous les côtés. Il n’y a que Nicolas Sarkozy pour dire dans sa déposition que cette affaire ne concerne pas sa campagne… C’est un système de défense voué à un échec total. Il adopte le même dans toutes les affaires où il est entendu :  »c’est pas moi, c’est l’autre ». Dans Bygmalion, il dit  »c’est pas moi, c’est Copé ». Il se défausse, il vit dans un monde irréel et ne sait pas assumer. Les grands chefs sont pourtant ceux qui assument. L’ingratitude est la marque des faibles », assène Lavrilleux, mis en examen dans cette affaire.

« Nicolas Sarkozy ment », accuse-t-il encore en réponse aux affirmations de l’ancien chef de l’Etat pour qui Lavrilleux était bel et bien au courant de l’état financier de sa campagne présidentielle.

Lors de son audition début septembre par la police, Nicolas Sarkozy a reconnu l’existence d’un système de fausses factures mais à d’autres fins, entre l’UMP alors dirigée par Jean-François Copé et Bygmalion, la société de ses proches.

Cinq figures chez le juge

Cinq figures de l’affaire Bygmalion se sont retrouvées chez les juges d’instruction vendredi pour une longue confrontation, la plus importante depuis le début de cette enquête. Parmi les cinq mis en examen arrivés au pôle financier dans la matinée, Franck Attal, le patron d’Event and Cie, filiale de Bygmalion et société prestataire des meetings, et Jérôme Lavrilleux, qui avaient révélé ce système frauduleux au printemps 2014.

Etaient également présents le directeur de la campagne de Nicolas Sarkozy, Guillaume Lambert, l’ancien directeur général de l’UMP, Eric Cesari, et l’ancienne directrice des ressources du parti, Fabienne Liadze, qui nient avoir participé à une fraude.

Les enquêteurs ont la conviction que des fausses factures ont permis d’imputer à l’UMP environ 18,5 millions d’euros de dépenses de meetings qui auraient dû figurer dans le budget de campagne du candidat. But de cette « ventilation », dissimuler une explosion du plafond légal des dépenses (22,5 millions d’euros).

« Nicolas Sarkozy ment »: les accusations de Jérôme Lavrilleux dans l’affaire Bygmalion

 LEXPRESS.fr avec AFP

jerome-lavrilleux-le-9-octobre-2015-a-paris-1_5445179Jérôme Lavrilleux accuse Nicolas Sarkozy d’être au courant du système de fausses factures mis en place lors de sa campagne présidentielle de 2012.     afp.com/Florian David

Dans un entretien à L’Obs, l’ex-directeur de cabinet de Jean-François Copé, accuse l’ex-président de se « défausser » dans l’affaire des fausses factures de la campagne présidentielle de 2012. Il dit également recevoir des menaces.

Après avoir accablé Jean-François Copé dans l’affaire Bygmalion, voilà que Nicolas Sarkozy se retrouve lui-même mis en cause. Et de manière spectaculaire. Personnage clé de ce scandale de fausses factures durant la campagne présidentielle de 2012, Jérôme Lavrilleux tire à boulets rouges sur l’ex-président, qu’il accuse de se « défausser », dans un entretien à L’Obs.

« Je vais vous dire quelque chose que je n’ai jamais dit, et dont j’ai la certitude, conforté par la lecture du dossier aujourd’hui: les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 ont dérapé, et pas seulement le budget consacré aux meetings. Il ne faudrait plus appeler cette affaire ‘Bygmalion’, mais celle des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy », déclare l’ancien directeur de cabinet de Jean-François Copé.

Sarkozy « vit dans un monde iréel »

Selon Jérôme Lavrilleux, Nicolas Sarkozy ne pouvait être qu’au courant du système de fausses factures. Il juge la défense de l’ex-président peu crédible. « Les comptes ont débordé de tous les côtés. Il n’y a que Nicolas Sarkozy pour dire dans sa déposition que cette affaire ne concerne pas sa campagne… C’est un système de défense voué à un échec total. Il adopte le même dans toutes les affaires où il est entendu: « C’est pas moi, c’est l’autre ». Dans Bygmalion, il dit « C’est pas moi, c’est Copé ». Il se défausse, il vit dans un monde irréel et ne sait pas assumer. Les grands chefs sont pourtant ceux qui assument. L’ingratitude est la marque des faibles », assène-t-il, lui qui a été mis en examen dans cette affaire.

« Nicolas Sarkozy ment », accuse encore jérôme Lavrilleux, en réponse aux affirmations de l’ancien chef de l’Etat pour qui Jérôme Lavrilleux, malgré ses dénégations, était au courant de l’état financier de sa campagne présidentielle.

Lors de son audition début septembre par la police, Nicolas Sarkozy a reconnu l’existence d’un système de fausses factures mais à d’autres fins, entre l’UMP alors dirigée par Jean-François Copé et Bygmalion, la société de ses proches. Des accusations qui ont rendu furieux le camp Copé et fortement tendu les relations Sarkozy-Copé ces dernières semaines.

« Il m’arrive d’avoir peur »

A L’Obs, Jérôme Lavrilleux raconte également faire l’objet de menaces et de pressions. « […] Il m’arrive d’avoir peur. Je n’ai pas envie d’apprendre à nager dans 20 centimètres d’eau comme Robert Boulin. J’ai dit à mes proches que si un jour j’avais un accident de voiture, il faudrait faire une expertise », souligne-t-il. L’homme fait référence au suicide d’un ex-ministre dont certains, comme sa fille, croient aujourd’hui qu’il s’agissait d’un assassinat politique déguisé.

Les enquêteurs ont la conviction que des fausses factures ont permis d’imputer à l’UMP environ 18,5 millions d’euros de dépenses de meetings qui auraient dû figurer dans le budget de campagne du candidat. But de cette « ventilation », dissimuler une explosion du plafond légal des dépenses (22,5 M EUR).

Lavrilleux charge Sarkozy dans l’affaire Bygmalion

PARIS (Reuters) – Jérôme Lavrilleux, l’ex-directeur adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012, accuse l’ancien chef de l’Etat, qu’il avait jusqu’ici dédouané, de « se défausser » et de ne pas « assumer » sa responsabilité dans le système de fausses factures mis au jour dans le financement de sa campagne.

Dans une interview à paraître jeudi dans L’Obs, le député européen, ancien directeur de cabinet de Jean-François Copé, estime que Nicolas Sarkozy, entendu début septembre dans l’enquête dite « Bygmalion », a adopté « un système de défense voué à un échec total » en évoquant une fraude concertée entre l’UMP et la société de communication Bygmalion.

« Oui, les comptes ont débordé de tous les côtés. Il n’y a que Nicolas Sarkozy pour dire dans sa déposition que cette affaire ne concerne pas sa campagne. C’est un système de défense voué à un échec total. Il adopte le même dans toutes les affaires où il est entendu : c’est pas moi, c’est l’autre », déclare Jérôme Lavrilleux.

« Dans Bygmalion, il dit : ‘C’est pas moi, c’est Copé.’ Il se défausse, il vit dans un monde irréel, et ne sait pas assumer. Les grands chefs sont pourtant ceux qui assument. L’ingratitude est la marque des faibles », ajoute-t-il.

« Je vais vous dire quelque chose que je n’ai jamais dit, et dont j’ai la certitude, conforté par la lecture du dossier aujourd’hui : les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 ont dérapé, et pas seulement le budget consacré aux meetings. Il ne faudrait plus appeler cette affaire ‘Bygmalion’, mais celle des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy », poursuit-il.

Brice Hortefeux, proche de Nicolas Sarkozy, a assuré sur France Info que « Nicolas Sarkozy est totalement serein sur ce sujet ». « Tant de choses ont été dites, contredites. Nous avançons dans une totale sérénité », a dit le député européen.

SEULE BYGMALION CONCERNÉE, SELON HORTEFEUX

« A l’évidence, beaucoup des protagonistes de la société Bygmalion ou liés à celle-ci semblent être aux abois, ce qui les amène à prononcer des mots contradictoires par rapport à ce qu’ils avaient eux-mêmes évoqué au début de cette affaire », a-t-il commenté.

« C’est une affaire qui concerne la société Bygmalion. Tous ceux qui sont cités sont liés ou travaillent dans cette société », a-t-il souligné.

Selon Jérôme Lavrilleux, en plus des 22,5 millions d’euros, plafond autorisé, dépensés en 2012 pour la campagne du président sortant et les 18 millions d’euros de fausses factures présumées imputées à Bygmalion, il faut ajouter dix millions d’euros payés par l’UMP, devenue les Républicains.

« Peut-être peut-on s’interroger sur la réalité de ces chiffres puisqu’ils sont totalement différents de ceux qui avaient été avancés par la même personne il y a quelques mois », a réagi Brice Hortefeux.

« Rien n’a été contrôlé. (…) Toute la hiérarchie, de haut en bas, a bafoué les règles de façon calculée et admise pour gagner à tout prix », affirme Jérôme Lavrilleux, qui a quitté l’UMP en octobre 2014 alors qu’une procédure d’expulsion le visait.

« Je suis décrit par Nicolas Sarkozy dans sa déposition comme un quasi-majordome, qui devait simplement lui dire que la salle était pleine. J’avais pensé, dans l’enthousiasme de la campagne, être au moins un soldat qui organisait des réunions publiques pour aider son candidat à gagner », confie Jérôme Lavrilleux, qui affirme « avoir peur » et évoque des menaces à son encontre.

« Je n’ai pas envie d’apprendre à nager dans 20 centimètres d’eau comme Robert Boulin », dit-il.

Secrétaire d’Etat et ministre sous les présidences de Gaulle, Pompidou et Giscard d’Estaing, Robert Boulin avait été retrouvé mort le 30 octobre 1979 dans un étang de la forêt de Rambouillet, près de Paris, dans des circonstances encore troubles.

Bygmalion : Sarkozy « se défausse » et « ne sait pas assumer », selon Lavrilleux

BYGMALION SARKOZY

POLITIQUE – Du nouveau dans l’affaire Bygmalion. Jérôme Lavrilleux, acteur clé du dossier et ex-directeur de cabinet de Jean-François Copé, accuse Nicolas Sarkozy de « se défausser » et de ne pas « assumer » ses responsabilités dans ce système de fausses factures durant sa campagne présidentielle de 2012, dans un entretien à L’Obs à paraître jeudi 15 octobre.

« Je vais vous dire quelque chose que je n’ai jamais dit, et dont j’ai la certitude, conforté par la lecture du dossier aujourd’hui : les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 ont dérapé, et pas seulement le budget consacré aux meetings. Il ne faudrait plus appeler cette affaire ‘Bygmalion’, mais celle des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy », déclare le député européen.

« Nicolas Sarkozy ment »

« Les comptes ont débordé de tous les côtés. Il n’y a que Nicolas Sarkozy pour dire dans sa déposition que cette affaire ne concerne pas sa campagne C’est un système de défense voué à un échec total. Il adopte le même dans toutes les affaires où il est entendu : ‘c’est pas moi, c’est l’autre’. Dans Bygmalion, il dit ‘c’est pas moi, c’est Copé’. Il se défausse, il vit dans un monde irréel et ne sait pas assumer. Les grands chefs sont pourtant ceux qui assument. L’ingratitude est la marque des faibles », assène Jérôme Lavrilleux, mis en examen dans cette affaire.

« Nicolas Sarkozy ment », accuse-t-il encore en réponse aux affirmations de l’ancien chef de l’Etat pour qui Lavrilleux était bel et bien au courant de l’état financier de sa campagne présidentielle. Lors de son audition début septembre par la police, Nicolas Sarkozy a reconnu l’existence d’un système de fausses factures mais à d’autres fins, entre l’UMP alors dirigée par Jean-François Copé et Bygmalion, la société de ses proches. Des accusations qui ont rendu furieux le camp Copé et fortement tendu les relations Sarkozy-Copé ces dernières semaines.

Cinq figures de l’affaire Bygmalion se sont retrouvées chez les juges d’instruction vendredi pour une longue confrontation, la plus importante depuis le début de cette enquête. Parmi les cinq mis en examen arrivés au pôle financier dans la matinée, Franck Attal, le patron d’Event and Cie, filiale de Bygmalion et société prestataire des meetings, et Jérôme Lavrilleux, qui avaient révélé ce système frauduleux au printemps 2014.

Etaient également présents le directeur de la campagne de Nicolas Sarkozy, Guillaume Lambert, l’ancien directeur général de l’UMP, Eric Cesari, et l’ancienne directrice des ressources du parti, Fabienne Liadze, qui nient avoir participé à une fraude.

Les enquêteurs ont la conviction que des fausses factures ont permis d’imputer à l’UMP environ 18,5 millions d’euros de dépenses de meetings qui auraient dû figurer dans le budget de campagne du candidat. But de cette « ventilation », dissimuler une explosion du plafond légal des dépenses (22,5 M EUR).

La « peur » d’un destin similaire à Robert Boulin

« L’erreur majeure de Nicolas Sarkozy », poursuit Jérôme Lavrilleux, « est d’avoir pris pour mener sa campagne des gens qui le traitaient en fait comme un président de la République, dont les désirs étaient des ordres ».

S’il se dit personnellement « serein et confiant », il lui arrive « d’avoir peur ». « Je n’ai pas envie d’apprendre à nager dans 20 centimètres d’eau comme Robert Boulin. J’ai dit à mes proches que si un jour j’avais un accident de voiture, il faudrait faire une expertise. C’était de l’humour noir quoique », lâche-t-il.

Jérôme Lavrilleux assure voir « une ou deux fois par mois », pour « une conversation amicale », son ancien patron, Jean-François Copé, « quelqu’un qui ne lâche pas les gens ». Jean-François Copé se lancera-t-il dans la primaire pour 2017 ? A la rentrée, « il a très exactement réuni 45 parlementaires (…) Or, je remarque qu’il faut le soutien de 20 parlementaires pour la primaire de l’UMP », prévient-il.

Il revient aussi sur la bataille fratricide Copé-Fillon de 2012 pour la présidence de l’UMP: « Pour un certain microcosme, la victoire revenait forcément au notaire de province » Fillon « et pas au juif » Copé, assène-t-il.

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Bygmalion : la charge et les craintes de Jérôme Lavrilleux

LE SCAN POLITIQUE – L’ancien collaborateur de Jean-François Copé vise Nicolas Sarkozy et dit craindre pour sa vie.L’affaire Bygmalion revient sur le devant de la scène. L’un des protagonistes, Jérôme Lavrilleux, charge Nicolas Sarkozy dans une interview accordée mardi à l’Obs .L’ancien collaborateur de Jean-François Copé règle ses comptes après avoir été entendu par le pôle financier le 9 octobre dernier. Le dérapage financier de la campagne présidentielle 2012 de Nicolas Sarkozy, les pressions des proches de l’ex-chef de l’Etat,… Celui qui est devenu eurodéputé en mai 2014 n’épargne personne sauf son ancien patron, qui est pour l’heure, le seul à payer durement les conséquences de cette affaire.

● Nicolas Sarkozy

«Il n’y a que Nicolas Sarkozy pour dire dans sa déposition que cette affaire ne concerne pas sa campagne… C’est un système de défense voué à un échec total. Il adopte le même dans toutes les affaires où il est entendu: c’est pas moi, c’est l’autre», lance Jérôme Lavrilleux. Ajoutant: «Dans Bygmalion, il dit: “C’est pas moi, c’est Copé.”» «Il se défausse, il vit dans un monde irréel, et ne sait pas assumer. Les grands chefs sont pourtant ceux qui assument. L’ingratitude est la marque des faibles», charge l’eurodéputé.

Pour l’ancien directeur de campagne adjoint de Nicolas Sarkozy, les comptes de campagne de ce dernier, en 2012, «ont dérapé, et pas seulement le budget consacré aux meetings. Il ne faudrait plus appeler cette affaire “Bygmalion”, mais celle des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy».

Car, pour la première fois, Jérôme Lavrilleux estime que le dérapage financier de la dernière campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy est plus important que ce qui a été évoqué jusqu’à maintenant.

«L’UMP avait prévu de dépenser 2,5 millions d’euros cette année-là. Combien ont été finalement payés par l’UMP? Dix millions, en plus des fausses factures de Bygmalion!», insiste-t-il, parlant d’une «hiérarchie, de haut en bas, (qui) a bafoué les règles de façon calculée et admise pour gagner à tout prix». Il estime que la dernière campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy a pu coûter 50 millions d’euros au total contre 22,5 millions autorisés par la loi électorale.

● Les menaces

En première ligne dans l’affaire Bygmalion, Jérôme Lavrilleux dit subir des pressions des sarkozystes. «Je ne protège personne, mais il m’arrive d’avoir peur», confie-t-il. «Je n’ai pas envie d’apprendre à nager dans 20 centimètres d’eau comme Robert Boulin», avance encore le parlementaire, référence à ce ministre mystérieusement déclaré mort par suicide en 1979. Ajoutant: «J’ai dit à mes proches que si un jour j’avais un accident de voiture, il faudrait faire une expertise. C’était de l’humour noir… quoique».

Il assure recevoir des «intimidations» de la part des proches de Nicolas Sarkozy. Ces proches qu’il n’hésite pas à tacler dans son interview: «Moi, contrairement à Claude Guéant, je n’ai jamais eu de coffre-fort dans lequel on pouvait entrer debout, ni avant, ni pendant, ni après la campagne».

● Les réactions

Interrogé mercredi sur France info, Brice Hortefeux a balayé les dernières déclarations de Jérôme Lavrilleux: «Beaucoup des protagonistes de la société Bygmalion semblent être aux abois ce qui les amènent à prononcer des mots contradictoires à ce qui a été évoqué au début de cette affaire». Pour ce très proche de l’ex-chef de l’Etat, «on peut s’interroger sur (les) chiffres (avancés par Jérôme Lavrilleux) qui sont différents que ceux avancés par la même personne il y a quelques mois». Quant aux menaces et pressions, l’ex-ministre dit «ne pas en avoir connaissance». «C’est une affaire qui concerne la société Bygmalion. Nicolas Sarkozy est serein sur ce sujet», jure-t-il.

Affaire Bygmalion : en cinq citations choc, l’interview de Jérôme Lavrilleux à L’Obs

Il dézingue à tout va. Dans une interview donnée à L’Obs le mercredi 14 octobre 2015, Jérôme Lavrilleux enfonce Nicolas Sarkozy dans l’affaire Bygmalion. Le chef de l’Etat candidat à sa réélection ne pouvait ignorer les dérapages de ses dépenses de campagne, affirme-t-il.

L’ancien directeur adjoint de campagne de Nicolas Sarkozy dit aussi avoir peur. Le député européen affirme subir des pressions pour l’empêcher de déballer à la presse le linge sale de l’UMP (devenue Les Républicains). Résumé de cet entretien en cinq citations choc.

« Rien n’a été contrôlé »

Dans l’affaire Bygmalion, la justice enquête sur un système de double facturation. Les factures de certains meetings de Nicolas Sarkozy ont été imputées, soupçonne la justice, à l’UMP et non au candidat pour dissimuler le dépassement du plafond autorisé.

Pour Jérôme Lavrilleux, « les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 ont dérapé, et pas seulement le budget consacré aux meetings. Il ne faudrait plus appeler cette affaire « Bygmalion », mais celle des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy. »

Il affirme : « Rien n’a été contrôlé ». Et d’ajouter : « l’UMP avait prévu de dépenser 2,5 millions d’euros cette année-là. Combien ont été finalement payés par l’UMP ? Dix millions, en plus des fausses factures de Bygmalion ! »

« Toute la hiérarchie a bafoué les règles (…) pour gagner à tout prix »

Autre citation à charge du député européen contre l’équipe du candidat Sarkozy: toute la hiérarchie [de l’appareil de campagne], « de haut en bas, a bafoué les règles de façon calculée et admise pour gagner à tout prix », déclare-t-il. Jérôme Lavrilleux enfonce le clou, affirmant que la dérive des comptes n’était pas dûe à l’incapacité de Guillaume Lambert, le directeur de campagne de Nicolas Sarkozy, mais relevait d’une volonté organisée.

« Je n’ai pas envie d’apprendre à nager dans 20 centimètres d’eau comme Robert Boulin »

Jérôme Lavrilleux affirme aussi craindre pour sa vie : « Je ne protège personne, mais il m’arrive d’avoir peur. Je n’ai pas envie d’apprendre à nager dans 20 centimètres d’eau comme Robert Boulin », le ministre du Travail retrouvé mort le 30 octobre 1979 au bord d’un lac à Rambouillet. La famille n’a jamais cru à un suicide et l’enquête vient d’être rouverte. Et d’ajouter : « J’ai dit à mes proches que, si un jour j’avais un accident de voiture, il faudrait faire une expertise. C’était de l’humour noir… quoique. »

« Mais c’est monsieur Lavrilleux, l’homme qui renseigne la presse ? »

Le député européen donne un exemple de pression qu’il affirme subir : « En juillet dernier, un sarkozyste me lance, en me voyant dans un couloir : ‘Mais c’est monsieur Lavrilleux, l’homme qui renseigne la presse ?’ Ce sont des gens bien qui me disent ça, des futurs Premiers ministres… »

« Contrairement à Claude Guéant, je n’ai jamais eu de coffre-fort dans lequel on pouvait entrer debout »

Ce fidèle de l’ancien président de l’UMP Jean-François Copé affirme que ni lui ni l’agence Bygmalion ne se sont enrichis dans cette affaire. Avant de citer l’ancien ministre de l’Intérieur de Nicolas Sarkozy en contre-exemple : « Moi, contrairement à Claude Guéant, je n’ai jamais eu de coffre-fort dans lequel on pouvait entrer debout, ni avant, ni pendant, ni après la campagne. Contrairement à ceux de Sarkozy, ni mon actuel ni mon ancien directeur de cabinet n’ont jamais passé une semaine sur le banc des prévenus pour avoir détourné de l’argent public via des primes en liquide. »

Comme le rappelle France 3, Claude Guéant a été jugé lundi 28 septembre, pour de généreuses primes en liquide touchées entre 2002 et 2004. La justice accuse l’ancien bras droit de Nicolas Sarkozy de s’être partagé de fortes sommes d’argent avec Michel Gaudin, alors directeur général de la police nationale, et trois autres préfets de police, eux aussi mis en examen. Ces sommes étaient censées couvrir des frais d’investigation policière.

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Commentaires

Claude  • 

Si Sarkozy était INCAPABLE d’examiner les comptes de sa campagne , comment pourait-il gérer les comptes de la France ? — En vendant tout l’or de la Banque de France il a évité ç ses amis de porter leus valises en Belgique, en Suisse, ou à Monaco.

beber  •

Si par malheur Sarko dit « le nain à talonnettes » est élu en 2017 alors l’on pourra dire que les français de race blanche sont des sales kons !!!

Phil Hippe  •

Ils attendent quoi les autres pour lâcher ce nain fou ? Une place de ministre ? Il sera battu à la primaire en décembre 2016. Le peuple se bat, subit mais finit toujours par gagner.

Tom  • 

tous pourris…Y compris celui là député européen aujourd’hui à coup de 15000 euros par mois. Quant au nain de la politique lui c’est le chef mafieux de tous ces pourris qui se débinent maintenant. TOUT SAUF SARKOZY

guery  • 

lavrilleux balance maintenant aux autres d’en faire qui peut croire que sarko ne savait rien a part les purs sarkosie

Paul  • 

Ou est il le kul puant ? C’est le moment de balancer Mr Guéant,profitez du courage de votre collègue Jérôme Lavrilleux pour vous absoudre tous de vos pêchés d’argent chez les UMPRépublicains…Il reste la Morano aussi qui n’a pas vidé son sac

Phil Hippe  • 

Jusqu’à quand ce parti va suivre la nain escroc; nous ne sommes pas dans une ex-pays soviétique, comment peut-on accepter qu’un multi-mis en examen soit toujours en politique ? Quel déshonneur !

PATRIOTE 59  • 

sarko a les poches pleine et les mains rouge ? en plus la grande gueule?

Phil Hippe  • 

Qu’il fasse du stand-up au Qatar s’il veut gagner de l’argent et faire rire. Et la marcheuse sur podium pourra faire la première partie…

DV  • 

il sent qu’il va couler, il ne veut pas sombrer tout seul….

Francis  • 

SARKOZY mouillé jusqu’aux yeux , blanchi.
Une chemise arrachée , gav en attendant la suite .
il y a qq chose de pourri au royaume de France ….et Tautau qui s’étonne de la manif des flics .

AtiLdiT  • 

ha bon ….Sarkozy serait un menteur ? pas possible ? l’homme le plus intègre , le plus honnête , le plus avenant , respectueux de la parole donnée, désintéressé , ami intime des BALKANI , des GUEANT , de la fine fleur de la « sarcosie » ….

Mary  • 

N S « ment » ah bon! Vous parlez d’un scoop !

OLIVIER                                               Ce qui semble désormais certain, c’est que les dépenses de campagne du candidat Nicolas Sarkozy étaient bien supérieures au montant autorisé. Cela s’appelle, en langage courant de la fraude électorale. Or, selon les dernières rumeurs, ce même personnage ambitionnerait de se représenter en 2017. Et personne ne semble s’en offusquer, ni vraiment l’inquiéter dans ses prétentions… En ce début de 21ème siècle, la France est bien devenue une république bananière

alain salandre                                   suis-je un incompétent qui n’a rien vu ou un escroc qui a tout organisé ? un choix cornélien

Ploukistanais                                      comment sont les prisons hongroises?

Laurent Dulac                                     semble avoir – enfin! – compris que Sarkozy est tout disposé à lui laisser porter le chapeau. Il était temps. La perspective d’un « accident malheureux » l’a peut-être incité à se méfier…

surpris                                                   Vous m’étonnez!

Sam FédirSam Fédir                 Enfin le début de la fin ? De quoi rêver… Alors bonne nuit aux honnêtes gens !
Gilbert Duroux                                         On apprend des choses intéressantes. Ainsi, une semaine avant le deuxième tour, les banques coupent les crédits car elles savant que Sarkozy va perdre (y-a du sondage dissimulé qui se perd…)

Sinon, ce pauvre garçon n’a pas encore compris la notion de « lampiste ».
On lui a jamais dit pendant la campagne : « tu te débrouilles comme tu veux, je veux pas le savoir » ?

Denis la maliceDenis la malice         Pour la sauvegarde du débat démocratique en France, il est temps que Sarkozy disparaisse.       Maintenant

catdrums                                                  Ah les Républicains droit dans le mur avec Sarkozy pour 2017 ! Aux primaires faites le bon choix….

odettemadeleine                                      Et certains voudraient que N. Sarkozy soit à nouveau président. Tricheur, menteur et lâche.

labonso                                                     Y en a Marre de ces déballages en public ! Ils ont tous trempé,reste à savoir à quel degré. Amstragram c toi qui a le plus trempé !non c moi !une vraie cours de récréation. Et tous les partis veulent que    l’on vote au lieu d’aller faire nos courses de noël !

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