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L'Allemagne ouvre ses portesL’Allemagne ouvre ses portes

Volkswagen, la confiance avec le marché américain est rompue

Volkswagen a menti sur les normes de pollution et installé sur ses voitures diesel un système élaboré pour masquer les émissions toxiques. La firme Volkswagen ne conteste pas les accusations de l’agence américaine de l’environnement. Le constructeur rappelle 500 000 voitures, retire du marché les modèles incriminés, et risque une amende record de 18 milliards de dollars. L’agence a annoncé par ailleurs qu’elle allait effectuer des tests sur d’autres marques automobiles.

Toutes les campagnes de publicité Volkswagen et Audi aux Etats-Unis sont basées sur la confiance, le savoir-faire allemand, la fiabilité. Aujourd’hui, la confiance est rompue et l’enquête de l’agence américaine de l’environnement va coûter cher à la firme automobile européenne.

© REUTERS/Shannon StapletonLe constructeur risque une amende évaluée à 18 milliards de dollars, plus de 37 000 dollars pour chaque voiture en circulation. La firme se voit par ailleurs obligée de retirer du marché tous les véhicules, neufs et occasion, équipés du système qui masque la réelle pollution. Cela représente, d’après les estimations, environ 25% des voitures diesel vendues chaque mois par Volkswagen sur le territoire américain. La firme ne conteste rien, présente des excuses, et promet de coopérer avec la justice.

De son côté, l’agence américaine de l’environnement (EPA) se demande si d’autres compagnies automobiles n’ont pas mis en place un système similaire, un système qui triche sur les normes de pollution, afin d’améliorer les performances des voitures. L’EPA va lancer des tests de grande envergure chez les autres constructeurs.

Volkswagen: pourquoi le groupe va payer sa fraude aux Etats-Unis pendant des années (mais s’en tirer quand même)

VOLKSWAGEN

AUTOMOBILE – « Désastre », « choc », « débâcle »… La presse allemande ne sait plus comment qualifier les manipulations dont le fleuron national Volkswagen s’est rendu coupable.

Comme l’a révélé le 18 septembre l’agence environnementale américaine (EPA), le constructeur a triché aux Etats-Unis sur les contrôles anti-pollution, une duperie dont les conséquences sont encore difficiles à évaluer.

Rien que ce 21 septembre, le groupe Volkswagen a perdu 15 milliards d’euros de capitalisation à la Bourse de Francfort. Le titre de cette compagnie allemande s’est stabilisé en perte de 18,6% à la fermeture.

L’affaire « va avoir pour le groupe des conséquences financières considérables, qui ne sont pas encore calculables », estime le spécialiste automobile Ferdinand Dudenhöffer, « l’image et la crédibilité de Volkswagen dans le monde entier sont maintenant entamées ».

Volkswagen va laisser des plumes dans ce scandale, et pas qu’un peu. Mais le numéro 1 mondial des ventes automobile a les ressources pour s’en tirer…

Bye bye « Deutsche Qualität »

La réputation irréprochable de la mécanique allemande appartient au passé. C’est la première conséquence, et la plus difficile à quantifier de ce scandale. Car Volkswagen ne s’est pas rendue coupable d’une omission, ou d’une dissimulation peu glorieuse, mais bien d’une duperie industrielle savamment organisée.

« La pollution des voitures est mesurée sur des cycles de roulage typique. Tous les constructeurs sont tentés d’optimiser les moteurs pour ces exercices, c’est comparable à du bachotage, décrypte un expert du secteur pour Le HuffPost. Mais ils peuvent aussi être tentés de rajouter une boucle de logiciel qui détecte ces exercices. Le moteur réduit alors sa consommation et les émissions de gaz. »

En Europe, la norme des tests anti-pollution MVEG (Motor Vehicle Emissions Group) fixe les temps d’accélération, la vitesse maximale, les points de freinage, la durée du trajet… Un bon logiciel n’a aucune difficulté à repérer l’exercice, mais c’est parfaitement interdit. Aux Etats-Unis, le principe est identique.

Les régulateurs sont bien conscients du côté artificiel du MVEG. Ils sont d’ailleurs en passe de le remplacer par le RDE (Real Driving Emissions), plus réalistes.

Mais pour Volkswagen, le mal est fait. « A partir du moment où la qualité est remise en cause, l’image d’éthique et de fiabilité est mise à mal, confirme Philippe Crevel, secrétaire général du Cercle de l’épargne. C’est là qu’on voit l’importance d’une marque dans la valeur financière d’une entreprise. »

La Corée du Sud et l’Allemagne ont annoncé ce lundi 21 septembre qu’elles allaient mener des enquêtes approfondies à leur tour. « Une chose est claire, c’est une affaire grave », a réagi pour sa part le ministre de l’Economie et vice-chancelier Sigmar Gabriel, mais « je suis sûr que la société va clarifier les choses rapidement et en profondeur ».

Une amende équivalente à près de deux ans de bénéfice

Pour chaque véhicule, l’administration américaine peut infliger jusqu’à 37.500 dollars d’amende au constructeur allemand. Avec 482.000 voitures hors la loi, Volkswagen risque de payer jusqu’à 18,07 milliards de dollars (16,05 milliards d’euros).

Même pour une entreprise de 202 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2014, cela représente la majeure partie de ses bénéfices des deux dernières années, à savoir 20 milliards d’euros.

Pas étonnant que les actionnaires réagissent mal à la nouvelle. Leurs dividendes peuvent fondre comme neige au soleil, tandis que le constructeur devra réduire ses investissements, au risque de se faire rattraper par ses concurrents.

Le casse tête de la remise aux normes des 500.000 véhicules

Selon les autorités américaines 482.000 véhicules de marque Volkswagen et Audi, construits entre 2009 et 2015 et vendus aux Etats-Unis, ont été équipés du fameux logiciel capable de détecter quand il est soumis à un test de mesure anti-pollution.

« S’ils ont optimisé le logiciel, c’est pour éviter de rajouter de la mécanique, comme des filtres supplémentaires, ou des réservoirs d’adjuvants chimiques anti-émissions, décrypte un expert automobile pour Le HuffPost. Pour remettre les voitures dans les clous des normes environnementales, il faut revoir tout le compromis consommation, puissance, couple. »

En clair, Volkswagen peut soit rappeler les véhicules pour rajouter des pièces mécaniques, et cela va vite être cher, soit les régler pour consommer moins, au détriment de la puissance. Et ses clients ne vont pas apprécier du tout… Le coût des remises en conformité peut se chiffrer en centaines de millions, voire en milliards d’euros.

Et il faut rajouter les manques à gagner. Volkswagen a indiqué ce 21 septembre qu’il cessait pour l’instant de commercialiser les modèles diesel quatre cylindres de ses marques VW et Audi aux Etats-Unis, sachant que les diesel y représentaient 23% des ventes de la marque VW en août.

Mais Volkswagen a de la ressource…

Malgré le coût exorbitant de cette fraude, Volkswagen a les moyens de traverser la crise. D’abord, il serait surprenant que l’amende soit fixée au plafond de 16 milliards d’euros. Il y aura une négociation qui permettra certainement de l’alléger.

Ensuite, Volkswagen est une très grosse entreprise en bonne santé. « Si c’était arrivé à PSA, ce serait son arrêt de mort. Pour VW, cela veut dire que les deux, ou trois prochaines années seront plus dures », tempère Philippe Crevel, du Cercle de l’épargne.

En plus de Volkswagen et Audi, les deux marques victimes du scandale, le groupe peut compter sur ses dix autres pour faire le dos rond (Porsche, Bugatti, Bentley, Seat, Skoda, Ducati…).

Enfin, malgré la chute spectaculaire de son titre de 20%, l’entreprise reste valorisée plus de 60 milliards d’euros. Le risque d’OPA est d’autant plus minime que son actionnariat est verrouillé. « Le capitalisme allemand est d’une rare complexité, notamment à cause des liens familiaux des actionnaires. En plus, l’Etat allemand est toujours au capital », pointe Philippe Crevel.

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Volkswagen serait visé par une enquête pénale aux Etats-Unis

 LEXPRESS.fr

le-logo-volkswagen-a-l-avant-d-une-voiture-a-berlin-en-mars-2015_5419889Volkswagen entâché par un scandale de fraude aux tests anti-pollution.   afp.com/Tobias Schwarz

L’allemand a reconnu avoir trompé les autorités pour passer les tests anti-pollution aux Etats-Unis. L’agence américaine de l’environnement étend son enquête aux autres constructeurs automobiles.

Volkswagen, qui a perdu lundi plus de 15 milliards d’euros de capitalisation boursière à la suite de la révélation de sa triche aux contrôles anti-pollution, serait désormais visé par une enquête pénale aux Etats-Unis, selon des médias américains. Si elle était confirmée, cette enquête s’ajouterait à celle menée par l’agence fédérale de l’environnement (EPA) qui a révélé le scandale vendredi et pourrait en théorie infliger à VW une amende de 18 milliards de dollars.

En Allemagne, Berlin a en outre ordonné des « tests approfondis » sur tous les modèles diesel de la marque Volkswagen. Avant une enquête européenne ? Possible. Selon l’ONG qui a fait éclater le scandale, l’International Council on Clean Transportation, il n’est « pas exclu » que Volkswagen ait eu recours aux mêmes techniques de dissimulation en Europe, a déclaré son directeur exécutif Drew Kodjak.

Les Etats-Unis étendent leurs investigations à d’autres constructeurs

Ce scandale sera « dans les prochaines semaines » au coeur d’une audition du Congrès américain, ont annoncé les deux élus à la tête du sous-comité à l’Energie et au Commerce de la Chambre des représentants américaine. « Nous sommes préoccupés par le fait que des acheteurs d’automobiles aient pu être trompés (…) Le peuple américain a droit à des réponses et à des garanties que cela ne se reproduira pas », ont indiqué les deux élus, Fred Upton et Tim Murphy, dans un communiqué commun.

L’agence environnementale américaine a par ailleurs annoncé lundi avoir étendu à d’autres constructeurs ses investigations sur les tests antipollution. « L’EPA et la CARB (son homologue californienne) ont commencé des tests sur des véhicules diesel déjà en circulation produits par d’autres constructeurs pour détecter la présence de possibles ‘logiciels trompeurs' », a indiqué une porte-parole. L’agence environnementale ne précise pas quels constructeurs étaient désormais visés par l’enquête. Parmi les groupes américains, Fiat Chrysler (FCA US) est celui qui mise le plus sur le diesel, suivi par General Motors (GM). Le japonais Mazda est aussi présent sur ce marché.

Le piédestal de Volkswagen vacille après une duperie aux Etats-Unis

 Volkswagen a triché aux Etats-Unis sur les contrôles anti-pollution, une duperie qui va lui coûter très cher et pourrait déclencher des investigations en chaîne, alors que Berlin a ordonné des « tests approfondis » sur certains modèles du géant de l’automobile.

Lundi, ce sont plus de 15 milliards d’euros de capitalisation boursière qui sont partis en fumée à la Bourse de Francfort. Le titre du constructeur allemand a fini en baisse de 17,14% à 133,70 euros. Les autres titres automobiles et des équipementiers en Europe ont aussi accusé le coup.

L’affaire révélée vendredi dernier « va avoir des conséquences financières considérables pour Volkswagen, qui ne sont pas encore calculables », estime le spécialiste automobile Ferdinand Dudenhöffer, interrogé par l’AFP. « L’image et la crédibilité de Volkswagen dans le monde entier sont maintenant entamées ». L’est également la réputation d’un fleuron de l’industrie allemande, aux liens étroits avec la politique puisque l’Etat régional de Basse-Saxe en est actionnaire à hauteur de 20%.

Le gouvernement allemand a d’ailleurs ordonné la conduite immédiate de « tests approfondis sur les modèles diesel » de la marque. Le PDG du groupe Martin Winterkorn y a apporté son « entier soutien », a annoncé le ministère des Transports. Selon les autorités américaines, 482.000 véhicules de marque Volkswagen et Audi, construits entre 2009 et 2015 et vendus aux Etats-Unis, ont été équipés d’un logiciel capable de détecter automatiquement les tests de mesure anti-pollution pour en fausser les résultats. Hors contrôles, les voitures contrevenaient aux normes environnementales.

D’autres groupes pourraient être sur la sellette aux Etats-Unis. Les autorités américaines ont annoncé lundi avoir étendu leurs investigations à d’autres constructeurs pour « détecter » la présence de tels logiciels dans des voitures déjà en circulation dans le pays.

– Soupçons en Europe –

« C’est une affaire grave », a réagi le ministre de l’Economie et vice-chancelier Sigmar Gabriel, se disant « sûr que la société va clarifier les choses rapidement et en profondeur ». Le mastodonte allemand, récemment couronné numéro un mondial des ventes devant Toyota, s’expose non seulement à des amendes pouvant atteindre 18 milliards de dollars (16 milliards d’euros), mais aussi au coût – des millions voire des milliards de dollars- du rappel de tous les véhicules concernés, et à de possibles poursuites judiciaires.

Et le scandale menace de faire des petits.

Selon l’ONG qui a contribué à révéler le scandale, l’International Council on Clean Transportation, il n’est « pas exclu » que Volkswagen ait eu recours aux mêmes techniques de dissimulation en Europe, a déclaré son directeur exécutif Drew Kodjak dans un entretien à l’AFP. « Il appartient aux régulateurs du continent de déterminer s’ils sont oui ou non en présence d’un « logiciel trompeur » comme aux Etats-Unis », a-t-il déclaré.

Dorothee Saar, de l’ONG de protection de l’environnement Deutsche Umwelthilfe, estime qu’en Europe, « les constructeurs savent qu’il n’y a pas de contrôle postérieur ». « Ils sont un peu plus prudents quand ils veulent exporter leurs produits dans un pays comme les Etats-Unis, où les autorités environnementales font beaucoup de vérifications », assure-t-elle.

Berlin veut procéder à des vérifications auprès de tous les constructeurs. La Corée du Sud va de son côté contrôler les niveaux d’émission de polluants de trois modèles de Volkswagen, selon l’agence Yonhap. Un porte-parole du groupe a indiqué que celui-ci cessait jusqu’à nouvel ordre de commercialiser les modèles diesel quatre cylindres de ses marques VW et Audi aux Etats-Unis. Selon l’agence allemande DPA, une partie du conseil de surveillance du groupe tiendra mercredi une réunion de crise

– Le patron sur la sellette –

L’affaire tombe à un bien mauvais moment pour Volkswagen. Faute de produits adaptés à ce marché friand de gros 4×4, la marque est à la peine aux Etats-Unis et la technologie diesel devait lui permettre de gagner des parts de marché. Le constructeur va devenir « un paria pour le gouvernement et peut-être aussi pour les consommateurs américains », juge Max Warburton, analyste de Bernstein.

« C’est dans l’intérêt de Volkswagen de détailler publiquement et aussi vite que possible comment il va s’y prendre pour réparer les dégâts afin de ne pas perdre ses clients pour de bon », a commenté Jessica Caldwell, du cabinet américain Edmunds.com spécialisé dans l’automobile. Martin Winterkorn, le patron de Volkswagen, a déjà fait son mea culpa dimanche mais risque son poste. Il doit théoriquement être prolongé à la tête du groupe pour deux ans, jusqu’à fin 2018, lors d’une réunion du conseil de surveillance vendredi 25 septembre.

Volkswagen accusé de tromperie : la grosse sortie de route du géant allemand

L' Obs

Le géant allemand est mis en cause aux Etats-Unis pour avoir triché sur les systèmes anti-pollution de certaines de ses voitures. Une affaire aux conséquences lourdes.

Volkswagen est accusée de tromperie aux Etats-Unis. (SCOTT OLSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)Volkswagen est accusée de tromperie aux Etats-Unis. (SCOTT OLSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

Volkswagen est tombé de son piédestal. En trichant aux Etats-Unis sur les contrôles antipollution, la célèbre marque allemande risque aujourd’hui très gros financièrement et en termes d’image.

En Bourse, l’action Volkswagen paye déjà le prix fort : l’action du constructeur automobile a dévissé, lundi 21 septembre, de plus de 17% à Francfort. Soit 15 milliards d’euros de capitalisation boursière qui sont partis en fumée en une seule journée.

# Une duperie à grande à échelle

Le scandale a éclaté vendredi dernier. Ce jour-là, l’agence fédérale américaine de protection de l’environnement, l’EPA, annonce que le premier constructeur automobile d’Europe a équipé plusieurs centaines de milliers de voitures VW et Audi d’un logiciel visant à truquer les données sur les émissions polluantes.

Concrètement, ce sont 482.000 véhicules, fabriqués entre 2009 et 2015 et vendus aux Etats-Unis, qui ont été équipés d’un logiciel sophistiqué capable de détecter automatiquement à quel moment ils étaient soumis par les autorités à un test de mesure de la pollution.

Un système qui permettait d’enclencher – a priori à l’insu des conducteurs – un mécanisme interne de limitation des émissions de gaz polluants. Hors contrôles, les voitures contrevenaient donc aux normes environnementales.

# Des conséquences financières colossales

Des révélations qui ont de quoi ébranler le géant allemand au slogan « Das Auto ». L’affaire « va avoir pour le groupe des conséquences financières considérables, qui ne sont pas encore calculables », estime le spécialiste automobile Ferdinand Dudenhöffer, interrogé par l’AFP, « l’image et la crédibilité de Volkswagen dans le monde entier sont maintenant entamées ».

Et avec elles la réputation d’un fleuron de l’industrie allemande, aux liens étroits avec la politique puisque l’Etat régional de Basse-Saxe en est actionnaire à hauteur de 20%.

Le mastodonte allemand s’expose ainsi non seulement à des amendes pouvant se monter au total à 16 milliards d’euros (soit près d’une fois et demie son bénéfice net 2014 !), mais aussi au coût – des millions, voire des milliards de dollars – des rappels de tous les véhicules concernés, et à de possibles poursuites judiciaires de la part de leurs propriétaires.

Autre conséquence possible, d’après l’agence de notation financière Fitch, la note (« A ») du géant allemand pourrait être mise sous pression par une aggravation de la crise.

# L’Allemagne sous le choc

« Désastre », « choc », « débâcle » : les titres de la presse allemande lundi étaient à la mesure de la commotion suscitée par la révélation de la manipulation du constructeur, fierté nationale et récemment couronné numéro un mondial des ventes.

Au pied du mur, Volkswagen, qui n’a pu que reconnaître avoir « abusé de la confiance de ses clients », a ordonné à ses concessionnaires aux Etats-Unis d’interrompre la vente de certains modèles diesel.

Inquiet de voir l’affaire éclabousser tout le secteur automobile allemand, un pilier de l’économie nationale, le gouvernement est très vite monté au créneau. Le ministre de l’Economie, Sigmar Gabriel, a ainsi appelé le constructeur à faire toute la lumière sur ces accusations en parlant d’un « grave incident ».

Un responsable du ministère de l’Environnement a qualifié l’attitude présumée de Volkswagen de « tromperie manifeste du consommateur ».

Maid le scandale menace de faire des petits. Le gouvernement a de fait annoncé des contrôles visant à déterminer si des données sur les émissions polluantes avaient également été faussées en Allemagne, voire dans toute l’Europe. Des « tests approfondis » seront donc menées sur tous les modèles diesel de la marque Volkswagen, a annoncé en fin de soirée le ministre des Transports, Alexander Dobrindt, au quotidien allemand « Bild ».

Aux Etats-Unis, l’agence fédérale de protection de l’environnement américaine a décidé d’étendre à d’autres constructeurs automobiles ses investigations sur les manoeuvres déployées par Volkswagen pour contourner les règles antipollution.

# Une affaire qui tombe au plus mal

Pour Volkswagen, le scandale survient au plus mauvais moment. Faute de produits adaptés à ce marché friand de gros 4×4, la marque allemande est à la peine depuis des années aux Etats-Unis. La technologie diesel devait lui permettre de se différencier pour gagner des parts de marché.

Martin Winterkorn, le patron de Volkswagen depuis 2007, a fait son mea culpa dimanche et promis de coopérer avec les autorités américaines. Mais sur cette affaire, il risque son poste.

Il doit théoriquement être prolongé à la tête du groupe pour deux ans, jusqu’à fin 2018, au cours d’une réunion du conseil de surveillance vendredi 25 septembre. Ce doit être la consécration pour cet homme de 68 ans après le duel en coulisses qui l’avait opposé au printemps à son ancien mentor et homme fort de Volkswagen, Ferdinand Piëch.

Volkswagen, accusé de tromperie, s’effondre en Bourse

BERLIN (Reuters) – Volkswagen a plongé de 18,6% lundi en Bourse après avoir chuté un temps de plus de 20%, sa plus forte baisse sur une seule séance en 78 ans d’existence, après les accusations américaines de tromperie sur les émissions polluantes de ses voitures, qui l’exposent à des amendes colossales et pourraient avoir des retombées en Europe.

L’agence fédérale américaine de protection de l’environnement, l’EPA, a annoncé vendredi que le premier constructeur automobile d’Europe avait équipé plusieurs centaines de milliers de voitures VW et Audi d’un logiciel visant à truquer les données sur les émissions polluantes.

Le groupe s’expose en théorie à des amendes d’un montant total de 18 milliards de dollars (15,8 milliards d’euros), soit près d’une fois et demie son bénéfice net 2014.

Volkswagen, qui a reconnu avoir « abusé de la confiance de ses clients », a ordonné à ses concessionnaires aux Etats-Unis d’interrompre la vente de certains modèles diesel.

En Allemagne, le ministre de l’Economie, Sigmar Gabriel, a appelé le constructeur à faire toute la lumière sur ces accusations en parlant d’un « grave incident ». Il a exprimé sa crainte de voir l’affaire éclabousser tout le secteur automobile allemand, un pilier de l’économie nationale.

Un responsable du ministère de l’Environnement a pour sa part qualifié l’attitude présumée de Volkswagen de « tromperie manifeste du consommateur ». Le gouvernement a annoncé des contrôles visant à déterminer si des données sur les émissions polluantes avaient également été faussées en Allemagne, voire dans toute l’Europe.

Selon l’agence Bloomberg, qui cite deux responsables américains, le département de la Justice des Etats-Unis a ouvert une enquête au civil.

« DÉSASTRE »

Le ministre-président de Basse-Saxe, un Land qui possède 12,4% du capital du groupe, a jugé qu’une enquête rapide et approfondie était nécessaire avant de prendre des décisions.

Représentant des salariés au sein des organes dirigeants, Bernd Osterloh a pour sa part déclaré que Martin Winterkorn devrait démissionner de la présidence du directoire si sa responsabilité personnelle dans l’affaire était établie.

Un jugement partagé par plusieurs analystes.

« Ce désastre va au-delà de toutes les prévisions », a déclaré Ferdinand Dudenhöffer, responsable du Center for Automative Research de l’université Duisburg-Essen.

Martin Winterkorn a dirigé la marque VW de 2007 à 2015, période qui couvre les six années visées par les enquêtes américaines.

Selon une source proche de Volkswagen, une éventuelle décision sur un mécanisme de contrôle des émissions polluantes aurait été prise par le siège en Allemagne et non par les divisions régionales concernées.

Les doutes sur les niveaux d’émissions des moteurs diesel de Volkswagen ont émergé en 2014, ce qui a amené l’autorité californienne de surveillance de l’air (CARB) à ouvrir une enquête, écrit cette dernière dans une lettre adressée à VW le 18 septembre.

La CARB a informé Volkswagen en juillet que ses propres tests indiquaient toujours des émissions excessives, ce qui a conduit le constructeur allemand à reconnaître le 3 septembre qu’il avait incorporé un logiciel permettant de contourner les contrôles.

Les observateurs jugent qu’il est trop tôt pour déterminer si d’autres constructeurs ont eux aussi enfreint les règles et pour évaluer le coût financier du scandale pour Volkswagen.

Daimler, maison mère de Mercedes-Benz, et BMW ont l’un et l’autre déclaré lundi que les accusations des autorités américaines ne les concernaient pas.

LA COMMISSION EUROPÉENNE ATTEND D’EN SAVOIR PLUS

L’EPA et les autorités californiennes ont annoncé qu’elles allaient effectuer des tests sur des véhicules autres que Volkswagen.

La Commission européenne a dit être en contact avec le groupe allemand et les régulateurs américains. Elle a jugé prématuré de se prononcer sur d’éventuelles mesures de surveillance en Europe et sur la possibilité que des véhicules Volkswagen soient concernés par le même problème en Europe.

Selon une source industrielle, les appareils de contrôle des émissions des moteurs diesel de Volkswagen sont fournis par l’équipementier allemand Robert Bosch.

Prié de dire si Bosch avait fourni à VW le module au coeur de l’enquête de l’EPA, un porte-parole de l’équipementier a répondu que « l’intégration (des équipements) est de la responsabilité du constructeur ».

En Bourse, l’action Volkswagen a déjà payé le prix fort: son cours a perdu pendant un temps plus de 20%, inscrivant un plus bas de trois ans à 125,40 euros avant de clôturer à 132,20 euros. Sa capitalisation boursière a ainsi fondu de plus de 14 milliards d’euros.

La holding Porsche, qui contrôle 51% des actions ordinaires VW, a perdu quant à elle 17,22%. Quant à l’indice Stoxx européen du secteur automobile, il a cédé 4,09%, de loin la pire performance sectorielle en Europe.

« UNE ÉNORME PERTE DE CONFIANCE DANS LA DIRECTION »

Pour Ingo Speich, un gérant de fonds d’Union Investment, qui détient environ 0,4% du capital, « le marché s’attend à quelque chose qui ira au-delà du seul dossier américain ».

« Il faut admettre, au vu des faits, qu’il y a une énorme perte de confiance dans la direction. C’est le principal problème », a-t-il ajouté.

Pour Martin Winterkorn, l’éclatement de cette affaire tombe d’autant plus mal qu’il vient de sortir vainqueur d’une lutte de pouvoir après l’éviction du président du conseil de surveillance Ferdinand Piëch.

Le comité de pilotage du conseil de surveillance du groupe se réunira mercredi matin pour examiner les accusations portées par les autorités américaines, a-t-on appris auprès de trois personnes informées de l’initiative.

Certains analystes critiquent depuis longtemps la gestion très centralisée de Volkswagen, à laquelle ils reprochent de retarder les lancements de nouveaux modèles et de nuire à la compétitivité du groupe sur les marchés internationaux.

Les analystes d’Exane BNP Paribas jugent pour leur part que les difficultés de Volkswagen pourraient éclabousser d’autres constructeurs de voitures diesel, notamment aux Etats-Unis, un marché sur lequel elles ont toujours eu du mal à percer.

En Allemagne, l’« affaire Volkswagen » provoque une onde de choc

Le Monde.fr | Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)

Dimanche 20 septembre, Volkswagen a reconnu avoir trompé les contrôleurs américains sur les niveaux d’émissions polluantes de ses véhicules diesel produits aux Etats-Unis.

En Allemagne, on l’appelle déjà le « scandale des émissions polluantes ». Les manipulations du groupe Volkswagen (VW) pour contourner la législation américaine sur les émissions de gaz polluants de ses véhicules ont provoqué une onde de choc sans précédent, lundi 21 septembre. Il faut dire qu’outre-Rhin, le constructeur automobile est une fierté nationale, qui plus est considéré comme une entreprise modèle.

Que Volkswagen ait pu se rendre coupable d’une aussi vaste escroquerie dépasse l’entendement et suscite une très large et très forte désapprobation. Politiques, associations écologistes et de consommateurs ont condamné, lundi, à l’unisson les agissements de l’entreprise. Les critiques sont si dures que la démission de Martin Winterkorn, le PDG du groupe, qui avait réalisé un quasi sans-faute jusqu’ici, est ouvertement évoquée.

Lire aussi : Volkswagen, ébranlé par un scandale, s’effondre en Bourse

Le constructeur allemand a admis avoir utilisé un logiciel interdit et très sophistiqué pour contourner la législation et manipuler les données indiquant les émissions réelles de ses véhicules. « Nous avons reconnu les faits devant les autorités. Les accusations sont justifiées. Nous collaborons activement », a déclaré un porte-parole du groupe.

Lire aussi : Volkswagen secoué par des accusations de pollution aux Etats-Unis

« Beaucoup de soucis pour la réputation de l’industrie allemande »

Le ministre-président du Land de Basse-Saxe, Stephan Weil, qui siège également au conseil de surveillance du groupe VW, n’a rien fait pour ménager l’entreprise phare de sa région : « Une manipulation des émissions lors des tests officiels est totalement inacceptable et ne peut être justifiée par rien. Il est évident que le groupe VW se doit de respecter la législation », a-t-il déclaré à Hanovre.

Au ministère de l’économie, on n’est pas plus tendre : le ministre et vice-chancelier Sigmar Gabriel a déclaré lundi : « Il s’agit d’un incident très grave. Chacun peut comprendre que nous nous faisons beaucoup de soucis pour la réputation de toute l’industrie automobile allemande, considérée avec raison comme excellente. » « Nous sommes devant un cas de tromperie manifeste du consommateur et de dommage à l’environnement », a déclaré le secrétaire d’Etat à l’environnement, Jochen Flasbarth. Le gouvernement allemand a ordonné des « tests approfondis » sur tous les modèles diesel de Volkswagen.

Enquête du parquet

Le parquet de Brunswick, dont dépend la ville de Wolfsburg, en Basse-Saxe, siège de l’entreprise, examine actuellement si les faits reprochés à Volkswagen peuvent être considérés comme un délit en droit allemand. Le procureur général Klaus Ziehe, interrogé par le quotidien Handelsblatt, a déclaré suivre la situation avec attention, car il ne semble pas « invraisemblable » que la fraude trouve ses racines à Wolfsburg.

« C’est un dommage énorme pour l’industrie allemande. La perte de prestige est une catastrophe pour l’entreprise comme pour l’ensemble de l’industrie automobile », a déclaré le président du groupe parlementaire CSU au Bundestag, Max Straubinger.

« Comment peut-on être stupide au point de mettre en danger d’un coup de plume la réputation des constructeurs automobiles allemands ? », a lancé Klaus Müller, directeur de la fédération des associations de consommateurs.

Lire aussi : Volkswagen : le modèle allemand à l’épreuve

« Pointe émergée de l’iceberg »

Les autres constructeurs, eux, sont en l’occurrence restés jusqu’ici très discrets sur la question, alors même que le salon automobile de Francfort, grand-messe du secteur, bat son plein. L’autorité fédérale de contrôle des véhicules doit maintenant vérifier si les contrôleurs allemands ont également été dupés par les constructeurs.

Selon l’association pour le transport écologiste VCD, la manipulation chez VW ne serait que « la pointe émergée de l’iceberg ». L’association a demandé, dès 2013, des analyses complémentaires sur les émissions, nourrissant le soupçon qu’elles seraient en réalité beaucoup moins élevées lors des tests que dans le trafic normal. « Il faut s’attendre à ce que d’autres constructeurs manipulent leurs émissions, et pas seulement aux États-Unis », a déclaré le porte-parole de l’association Gerd Lottsiepen.

L’agence fédérale de protection de l’environnement américaine a déclaré lundi soir avoir étendu à d’autres constructeurs automobiles ses investigations « pour détecter la présence de possibles “logiciels trompeurs” ».

Lire aussi : Volkswagen : les Etats-Unis étendent leurs enquêtes à d’autres constructeurs

Contrôles antipollution: Séoul convoque les représentants de Volkswagen

Les représentants de Volkswagen ont été convoqués par le gouvernement sud-coréen pour discuter des contrôles antipollution sur les véhicules du groupe, dans la foulée du scandale aux Etats-Unis, a annoncé mardi le ministère sud-coréen de l’Environnement.

« Nous avons convoqué les représentants et les ingénieurs de Volkswagen à une réunion au ministère mercredi après-midi », a déclaré à l’AFP Park Pan-Kyu, directeur adjoint du ministère.

« Nous allons commencer dès le mois prochain à conduire des tests et nous en annoncerons les résultats fin novembre », a-t-il ajouté.

Il a indiqué qu’il était trop tôt pour évoquer les éventuelles pénalités que pourrait décider la Corée du Sud contre le constructeur allemand.

Les autorités américaines ont révélé que 482.000 véhicules de marque Volkswagen et Audi, construits entre 2009 et 2015 et vendus aux Etats-Unis, avaient été équipés d’un logiciel capable de détecter automatiquement les tests de mesure antipollution pour en fausser les résultats. Hors contrôles, les voitures contrevenaient aux normes environnementales.

Sur les cinq modèles équipés de ce logiciel aux Etats-Unis, quatre ont été importés en Corée du Sud. Environ 59.000 de ces véhicules sont actuellement en circulation en Corée du Sud, a précisé M. Park.

Le PDG de Volkswagen, Martin Winterkorn, a dit « regretter » dimanche avoir « déçu » ses clients après la révélation des soupçons de tricherie.

Le titre du constructeur allemand a perdu lundi 17% à la Bourse de Francfort.

Accusé de tricherie, le groupe Volkswagen s’effondre en bourse

Herbert Diess, PDG du groupe, a présenté ses excuses à ses clients, promettant de coopérer avec les autorités américaines © MaxPPP

L’action Volkswagen était en chute libre ce lundi matin après des révélations de tricherie par les autorités américaines. Le groupe aurait mis au point un système pour dissimuler le niveau réel des émissions ses voitures diesels. Cette faute pourrait coûter très cher au constructeur, qui va arrêter la commercialisation des modèles incriminés.

L’action Volkswagen fait grise mine ce lundi à la bourse de Frankfort. Le titre perd 20% de parts de marché après la révélation de tricherie du groupe automobile allemand. Il aurait mis au point un système pour dissimuler le niveau réel des émissions de gaz polluants de ses voitures diesels, vendues aux Etats-Unis. Comment s’y est pris le constructeur ?

Un mécanisme intermittent

Volkswagen est soupçonné d’avoir doté quelques 482 000 véhicules diesel vendus outre-Atlantique de ce système capable de détecter automatiquement un test de mesure anti-pollution. Un logiciel qui avait la particularité pendant les tests de limiter les émissions de gaz polluants et donc de permettre l’obtention d’un certificat écologique. Sauf qu’une fois le test fini, le mécanisme anti-pollution se désactivait laissant s’échapper du moteur davantage de polluants.

Cette affaire, révélée ce week-end par l’agence environnementale américaine, risque de coûter très cher au groupe allemand. Les pénalités financières peuvent théoriquement atteindre 18 milliards de dollars, à raison de 37.000 dollars par voitures concernées.

Laurent Meillaud, expert en automobile invité de France Info, ne comprend pas l’intérêt d’un tel stratagème : « c’est une très mauvaise idée qui peut se retourner contre eux et leur coûter très cher au final« , regrette le spécialiste de la voiture de demain, consterné.

« Ce que je ne comprends pas, c’est qu’un groupe comme Volkswagen a pourtant les moyens de financer de la recheche. Ces 18 milliards de dollars d’amende, c’est l’équivalent de ce qu’ils dépensent chaque année pour l’innovation. C’est incroyable. » (Laurent Meillaud, expert en automobile)

Pour Laurent Meillaud, expert en automobile spécialiste de la voiture de demain, « Volkswagen n’est pas à l’abri d’un procès » de ses clients.

Fin de commercialisation des modèles mis en cause

Outre-Rhin, on accuse le coup. Le patron du constructeur allemand, Herbet Deiss, fait son mea culpa : « Je regrette personnellement et profondément que nous ayons déçu la confiance de nos clients et du public » s’excuse-t-il, avant d’ajouter qu’il promet de coopérer avec les autorités américaines.

Le géant de l’automobile a indiqué qu’il cessait jusqu’à nouvel ordre de commercialiser les modèles diesel quatre cylindres de ses marques VW et Audi aux Etats-Unis. En août, ces derniers représentaient 23% des ventes américaines, soit 240 000 voitures depuis le mois de janvier.

Mais l’histoire risque de ne pas s’arrêter là : « Volkswagen n’est pas à l’abri d’un procès de ses clients », estime Laurent Meillaud ajoutant que « des propriétaires lésés pourraient être tentés de se retourner contre le constructeur, et là, l’amende serait bien plus élevée. »

Quand un ex-ministre d’Obama encensait les moteurs diesel de Volkswagen

  • « C’est grand jour Volkswagen, Tennessee Etats-Unis ! », s’était enflammé secrétaire d’Etat Transports Ray LaHood, inaugurant l’usine VW Chattanooga.

    « C’est un grand jour pour Volkswagen, pour le Tennessee et pour les Etats-Unis ! », s’était enflammé le secrétaire d’Etat aux Transports Ray LaHood, en inaugurant l’usine VW de Chattanooga. – Carolyn Kaster/AP/SIPA

En 2011, Volkswagen, poursuivi pour avoir menti aux Etats-Unis sur les performances de ses moteurs diesel, inaugurait une usine américaine utilisant cette technologie. Le ministre américain des Transports de l’époque avait alors prononcé un discours flamboyant pour VW et ses moteurs écologiques.

Le groupe allemand Volkswagen est empêtré aux Etats-Unis dans un scandale sans précédent pour avoir menti sur les performances environnementales de ses moteurs diesel . Les conséquences de tels agissements pourraient être très graves, voir fatales pour le constructeur allemand déjà à la peine ces temps-ci avec ses ventes outre-Atlantique. Il y a un peu plus de quatre ans, au moment de lancer les véhicules diesel aujourd’hui au cœur de la tornade sur le premier marché automobile mondial, le climat était tout autre.

Le 24 mai 2011 était un jour de fête pour Volkswagen, qui inaugurait son usine américaine de Chattanooga dans l’Etat du Tennessee. Devaient y être assemblés jusqu’à 150.000 véhicules par an, en commençant par la version américaine de la berline Passat. Le modèle étant muni d’un moteur diesel ajouté du préfixe « clean » pour souligner son caractère peu polluant. Le président américain Barack Obama n’ayant pu honorer l’invitation pour y prononcer un discours, il avait envoyé pour le représenter son secrétaire d’Etat aux transports, le républicain Ray LaHood. « C’est un grand jour pour Volkswagen, pour le Tennessee et pour les Etats-Unis ! », s’était enflammé d’emblée l’homme politique. Avec 2.000 emplois directs créés sur place, VW apportait il est vrai une précieuse contribution à la stratégie américaine de réindustrialisation du pays.

Une fourniture énergétique plus sûre

Surtout, l’Allemand était encensé pour sa technologie dans les moteurs diesels censée contribuer à un « nouveau système de transport pour un nouveau centenaire », selon les mots du ministre. « Nous le savons, Clean Diesel est un ingrédient dans la recette pour une fourniture d’énergie durablement plus sûre ! », s’exclamait-il encore. De quoi servir les intérêts américains, car « si un tiers des véhicules aux Etats-Unis utilisait déjà le clean diesel, nous pourrions économiser chaque jour 1,4 million de barils de pétrole », soit la quantité quotidienne importée à l’époque d’Arabie Saoudite.

Avec tous ces arguments en sa faveur, VW avait de quoi caresser le porte-monnaie des ménages américains. Surtout que les prix de l’essence connaissaient alors une flambée à la pompe. Or, il n’en a rien été, à voir les médiocres performances des ventes de VW aux Etats-Unis.

Aussi, une petite phrase prononcée le même jour par le ministre LaHood revêtait un caractère prémonitoire : après avoir rappelé que les Américains dépensent le plus d’argent pour leur mobilité, après le coût du logement, il avait insisté sur « d’autres impératifs comme une démarche responsable avec notre air et notre climat », un élément « plus que jamais présent dans la conscience des Américains ». Ces derniers « aiment Volkswagen, et aujourd’hui plus que jamais ! », avaient été les derniers mots du ministre ce jour de mai 2011. L’administration Obama va désormais montrer au groupe de Wolfsburg jusqu’où cela peut mener de trahir sa confiance.

Scandale Volkswagen : l’Allemagne met la direction sous pression Nicolas Barotte

VIDÉO – Berlin veut pouvoir vérifier qu’il n’y a pas eu tricherie en Allemagne. Le scandale sonne comme une rupture de confiance. La marque a annoncé qu’elle cessait de commercialiser ses modèles diesel aux États-Unis.

Le gouvernement allemand a réclamé lundi aux constructeurs automobiles des informations lui permettant de vérifier s’il y a eu en Allemagne des tricheries sur les normes anti-pollution des voitures, telles que celles admises par Volkswagen aux États-Unis. «Nous attendons des constructeurs automobiles des informations fiables, afin que la KBA, l’autorité compétente, puisse vérifier si des manipulations comparables ont aussi eu lieu en Allemagne ou en Europe», a déclaré, lors d’un point presse régulier du gouvernement, Andreas Kübler, porte-parole du ministère de l’Environnement. Son collègue du ministère des Transports avait affirmé auparavant ne pas être en mesure pour l’heure de dire s’il y avait eu ou pas de telles tricheries de la part de Volkswagen également en Europe.

Le scandale sonne comme une rupture de confiance. En Allemagne, les réactions sont vives contre Volkswagen, accusé d’avoir triché aux États-Unis pour masquer les émissions de gaz polluant de ses véhicules diesel. Le coût de l’amende encourue se compte en milliards d’euros (jusqu’à 15). Mais les conséquences «sur l’image de la marque sont encore plus graves», souligne le quotidien Süddeutsche Zeitung. Pour étayer le propos, Der Spiegel rappelle le slogan de la dernière campagne de publicité du géant de l’automobile: «Pas de compromis», puis «Le temps n’est-il pas venu pour le savoir-faire allemand?».

Pour les médias allemands, à l’image de Bild, le quotidien le plus lu du pays, le PDG du groupe, Martin Winterkorn se trouve désormais sous pression. «Son retrait est demandé», souligne le journal. Du Salon de l’automobile de Francfort, l’un des grands rendez-vous du secteur, Martin Winterkorn a réagi dimanche en présentant des excuses: «Je regrette profondément, que nous ayons déçu la confiance de nos clients et de l’opinion», a-t-il déclaré.

Pour le géant de l’automobile, qui vient d’annoncer qu’il cessait la commercialisation de ses véhicules diesel de marque Volkswagen et Audi aux États-Unis, 2015 restera comme une année de tourmente. En avril dernier, le groupe avait connu une violente lutte de pouvoir à son sommet et la fin d’une époque, celle du patriarche Ferdinand Piëch. Le président du conseil de surveillance, figure de l’industrie allemande, avait perdu son bras de fer avec le PDG Martin Winterkorn, son ancien protégé, dont il avait souhaité le départ. Pendant des années le tandem Piëch, Winterkorn avait assuré le succès de VW. Un ancien syndicaliste, Berthold Huber, avait désigné pour assurer l’intérim et ramener le calme et la sérénité à la tête du groupe. Mais à en croire les médias allemands, notamment Der Spiegel, Ferdinand Piëch n’a pas perdu toute son influence. Début septembre, il a favorisé la nomination de Hans Dieter Pötsch à la présidence du conseil de surveillance à la place de celle de Martin Winterkorn.

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Commentaires

olivierd  •  

que ça vienne des américains en matière de pollution ça me fait beaucoup rire mais les pubs françaises sur le sérieux allemand on va peut être en revenir….

Charleric  • 

et les gros 4×4 – pickup ricains, ça pollue pas ? j’ai testé un hummer limousine, avec frigo télé machine à glaçon sono boule à facette.. on tournait à quasiment 100 litres au 100 km en ville !!!

holott  •

Est-ce que les conducteurs français, qui se sont fait rouler, vont-ils porter plainte?
Parce que en attendant, ça pollue aussi en France!

El Spirito  • 

Même ce genre d’arnaque a été calculé dans ses coûts si un procès devait arriver donc,WW a déjà provisionner le montant de l’amende..et je ne lui jette pas la pierre,ils font tous ça aux USA…Le prix d’un procès face à celui d’un rappel…voir le film « Fight club » qui l’explique très bien!

marc h  • 

On va peut être enfin pouvoir parler des problèmes récurrents sur les boites automatiques robotisées « DSG 6 et DSG7 » qui équipent de nombreux modèles du groupe VW , faits qui ont valu à ce groupe de devoir rappeler en Chine de nombreux véhicules équipés de ces boites qui cassent prématurément .
Mais en France et en Europe , c’est toujours silence radio . les réparations et mises à niveau, se font subrepticement , lors de révisions sans que le propriétaire du véhicule soit averti …

Anti Taxes  •

Deutsche qualität^^

Style  • 

« un logiciel visant à truquer les données sur les émissions polluantes »
– allez, des détails…
Car comment un « logiciel » peut-il « truquer » les « données » du garage ou on fait son Controle Technique?

Ray  •

Combien ils en ont vendu en Grèce ?

Legaud  • 

La bas çà rigole pas avec les normes
la BNP c 9 milliards pour voir rompu un embargo avec l’Iran..
çà va douiller pour les schleus
devront baisser le salaire des migrants, et en embaucher encore plus
c clair

Penziz  •

ça concernerait 480 000 véhicules aux USA, ailleurs c’est le mystère, ils ne doivent pas polluer les panzers

Psy Kiki  •  

Les bagnoles allemandes « en dessous de 45 keuros » me font toujours penser au sketch de coluche sur la lessive omo…
– Monsieur le kéké, j’ai à ma droite une bagnole X bien équipée à 25 000 euros, à ma gauche une voiture allemande dotée des mêmes équipements, moins confortable, tenant moins bien le pavé, avec moins de place à l’arrière, pas plus fiable, pas plus puissante à 32 000 euros…que choisissez vous?
– « Ah bah l’allemande hein… C’est la pub qui m’ a dit de l’acheter…J’ai aussi acheté un casque monster beats 300 euros avec un son exécrable, un sac Mikael kors en plastique à 250 euros, un montre guess à 300 euros avec un mécanisme qui en vaut 10 et bien sur, un iPhone!! »
– Bien joué monsieur kéké!!! Ouvrez grand votre crâne on a encore plein de choses à vous uriner dedans…

Etienne  • 

Est-ce que le déclin de VW à commencé ?

pierrety  • 

Das ist eine colossale conspiration

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