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Les patrons restent sur le qui-vive

LE MONDE ECONOMIE Jean-Baptiste Jacquin

Le président du Medef, Pierre Gattaz, inscrit cette rentrée sous le signe de la "vigilance" à l'égard du gouvernement de Manuel Valls

Alors que s’ouvre, mercredi 26 août, l’université d’été du Medef à Jouy-en-Josas (Yvelines), une certaine fébrilité gagne les milieux patronaux. Il y a bien sûr les inquiétudes au sujet de l’impact sur l’activité économique que risquent d’avoir le ralentissement de la croissance en Chine et la dévaluation du yuan. Mais plus près de nous, c’est la petite musique des « frondeurs » de la majorité au Parlement qui commence à préoccuper.

Officiellement, le Medef se dit confiant dans le fait que le gouvernement mettra en œuvre, conformément à ses engagements, le pacte de responsabilité en faveur des entreprises. Ce vaste plan portant sur 41 milliards d’euros a déjà permis d’alléger les charges et la fiscalité des entreprises à hauteur de 22 milliards en 2014 et 2015. Restent 19 milliards d’euros à concrétiser en 2016 et 2017. Soit deux budgets politiquement plus sensibles à l’approche de l’élection présidentielle de 2017.

Alors que Manuel Valls ne reviendra pas cette année à Jouy-en-Josas marteler son tonitruant « J’aime l’entreprise », qui lui avait valu le 27 août 2014 une standing ovation des chefs d’entreprise, Pierre Gattaz refuse de faire un procès d’intention à l’égard du premier ministre. Il n’empêche, le président du syndicat patronal inscrit cette rentrée sous le signe de la « vigilance » à l’égard du gouvernement.

« Les chefs d’entreprise ne comprendraient pas qu’on revienne sur quelque chose qui a à peine vu le jour », explique un proche de M. Gattaz, appelant à la patience sur les effets de la politique de…

Réformes, marges, code du travail… Pierre Gattaz veut « accélérer »

pierre-gattaz-16_5336413Le président du Medef, Pierre Gattaz, à Lyon décembre 2014    AFP/PHILIPPE DESMAZES

Pendant deux jours, les chefs d’entreprise se retrouvent à l’Université d’été du Medef. L’occasion pour Pierre Gattaz de prendre aux mots Manuel Valls et sa volonté de « poursuivre les réformes ». Que veut le Medef? Et que craignent (encore) les patrons? Réponses.

« Il y a eu le  »J’aime l’entreprise’, mais on se méfie », dans l’entourage de Pierre Gattaz. Quand bien même l’été dernier Manuel Valls avait déclaré sa flamme aux patrons et au monde de l’entreprise en général, la vigilance est de rigueur du côté du patronat alors que débute ce mercredi l’Université d’été du Medef, un an jour pour jour après le remaniement.

C’était l’époque des grandes lignes du pacte de responsabilité et du virage, assumé, vers le social-libéralisme. Mais cette année, le Premier ministre a devancé le rendez-vous annuel de Jouy-en-Josas en livrant une tribune aux Echos où il maintient le cap, expliquant que « l’ampleur du soutien » du gouvernement aux entreprises « ne sera pas remis en cause ». « Les entreprises ont besoin de cette visibilité pour investir et embaucher en confiance », a justifié un Manuel Valls qui entend bien « poursuivre les réformes ».

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Pierre Gattaz patron du Medef salue le Premier ministre Manuel Valls à l’université du Medef à Jouy-en-Josas, le 27 août 2014    afp.com/Fred Dufour

Voilà qui devrait a priori largement satisfaire le Medef pour qui le message essentiel de cette Université d’été 2015 est que « la France peut toujours être réformée ». D’ailleurs, Pierre Gattaz qui ouvrira cette édition placée sous le signe de la « Jeunesse », livrera un discours « sans notes et pas apparatchik » promet son entourage. « Il n’y a aura pas forcément de posture. Ce ne sera pas un catalogue de mesures, mais il soulignera que les entreprises ont besoin de constance et de stabilité ».

Mais si le patron des patrons maintient donc sa vigilance, c’est surtout parce qu’à l’heure de la discussion du bugdet 2016, certaines positions à la gauche du PS pourraient venir parasiter le bon déroulement du pacte de responsabilité, dont la montée en puissance est progressive sur trois ans. « Nous avons vu la motion du PS portée par Jean-Marc Germain cet été (qui veut rééquilibrer la politique du gouvernement en faveur des ménages et limiter les aides aux entreprises, ndlr). On se méfie de ce qui peut être fait cet automne », indique-t-on au Medef.

« Transformer le CICE en baisse de charges »

Et comme la meilleure défense c’est l’attaque, Pierre Gattaz devrait en profiter pour « accélérer ». Pour éviter toute mauvaise surprise lors des prochaines discussions budgétaires, le président du Medef va donc demander à ce que « le CICE soit transformé en une baisse de charges pérennes ». « Le problème du pacte de responsabilité c’est qu’il occulte des hausses de charges qui ont eu lieu à côté du pacte », explique-t-on dans l’entourage de Pierre Gattaz. « On sent un frémissement chez les patrons qui retrouvent un certain climat de confiance. Mais ça prend du temps. Les embauches et les investissements, ça ne se fait pas en 6 mois ou un an ».

emmanuel-macron-lors-d-une-visite-le-28-mai-2015-aux-installations-d-alstom-a-belfort_5358661Emmanuel Macron lors d’une visite le 28 mai 2015 aux installations d’Alstom à Belfort afp.com/FREDERICK FLORIN

Stabilité, baisse de charges, mais aussi réforme du marché du travail. Si le président du Medef ne devrait pas remettre sur la table la question des 35 heures (il ne s’interdit pas pour autant quelques allusions comme l’année dernière), il devrait profiter des perches tendues par Manuel Valls et Emmanuel Macron. Le Premier ministre veut « laisser plus de liberté aux entreprises et aux salariés pour prendre les décisions les mieux adaptées pour eux ». Quant au ministre de l’Economie, il ne cache pas ses envies de s’attaquer au Code du travail. « Nous attendons avec beaucoup d’impatience le rapport Combrexelle (« des propositions audacieuses » promet Manuel Valls, ndlr) sur les rigidités du Code du travail. Nous souhaitons adapter le temps de travail à chaque situation et que la négociation se fasse au plus près du terrain », précise-t-on au Medef. « Il faut y aller, cela fait partie des réformes structurelles. » Voilà un sujet sur lequel les patrons attendent particulièrement Emmanuel Macron qui viendra clôturer cette édition jeudi.

Souvent taxé par la gauche « d’en demander toujours plus », les proches de Pierre Gattaz recommandent à ses détracteurs de se replonger dans les « vieux » discours de campagne du patron de Radiall, l’entreprise familiale fondée par Gattaz père. « Il disait mot pour mot la même chose en 2013. Il reflète la base. Les chefs d’entreprise, grande comme petite, veulent de la stabilité, des perspectives et moins de charges. Ce n’est pas une posture. Vous savez, il a réformé les statuts du Medef pour ne faire qu’un seul mandat. Et cette ligne, il gardera jusqu’au bout. » Soit jusqu’en 2018!

Université d’été du Medef : Pierre Gattaz veut réformer l’Etat

L’université d’été du Medef s’ouvre pour deux jours ce mercredi. Son président nous donne son programme pour relancer l’emploi.

Le patron du Medef Pierre Gattaz lors de sa conférence de presse mensuelle, le 7 juillet 2015. (AFP / ERIC PIERMONT)Le patron du Medef Pierre Gattaz lors de sa conférence de presse mensuelle, le 7 juillet 2015. (AFP / ERIC PIERMONT)

En août dernier, pour l’université d’été 2014 du Medef, Manuel Valls avait réservé une bonne surprise aux chefs d’entreprises français : il était allé à la tribune leur déclarer « son amour des entreprises ». Un an plus tard, à la veille de l’édition 2015 de l’université, la lune de miel se poursuit, même si le Premier ministre ne fera pas le déplacement.

Pierre Gattaz, le président du patronat, décerne même deux bons points au gouvernement : un à Manuel Valls d’abord, pour sa tribune dans « Les Echos » du 25 août, où il  déclare « l’ampleur du soutien aux entreprises ne sera pas remise en cause ». Et ensuite un à François Hollande, qui s’est engagé à baisser les impôts dès que la croissance reviendrait. Pierre Gattaz :

J’ai trouvé ça formidable qu’il ait dit ça. Je suis le seul… Baisser les impôts, c’est maintenant, il faut le faire. Et comment le faire ? En baissant la dépense publique. »

Deux leviers

C’est là que s’arrête la lune de miel. Car Pierre Gattaz continue à demander des réformes qui n’arrivent pas et qui sont – selon lui- de plus en plus urgentes. Pour sortir du marasme, créer des emplois, redonner confiance aux entrepreneurs, il n’y a que deux solutions :

1. Une grande réforme fiscale, qui se traduirait par une réforme en profondeur de l’Etat et des économies publiques.

2. Une réforme sociale, pour assouplir le marché du travail et arriver enfin à la « flexisécurité » qui a réussi au Danemark. Ce qui suppose de mettre fin au CDI, afin de créer plus facilement des emplois, qui resteront du coup précaires.

Sans ces deux conditions, Gattaz ne croit pas une seconde que la France va créer des emplois. En revanche, si elles sont respectées, il en est persuadé :

La France pourra créer 1 million d’emploi en cinq ans. C’est possible : on en a créé plus de 2 millions entre 1998 et 2003. L’Allemagne et le Royaume-Uni, qui sont comparables à notre économie, viennent d’en créer plus d’1 million depuis cinq ans, grâce aux réformes qu’ils ont faites auparavant. Même la Suède a des performances de ce niveau. Il n’y a que la France qui n’y arrive pas en Europe. »

Ce changement la doit se faire par négociation avec les autres syndicats…mais la CGT et FO refusent. Reste Laurent Berger de la CFDT, qui ne peut pas y aller seul. Une seule solution alors : que le prochain ministre du Travail le fasse seul. Qui sera-t-il ? Pierre Gattaz se refuse à citer le moindre nom, pour ne pas le plomber auprès de la gauche du PS, mais on sent bien qu’il serait ravi que ses attributions soient reprises par Emmanuel Macron, le puissant ministre de l’économie.

Agir vite

L’autre volet de l’équation, ce sont les charges qui pèsent sur les entreprises, trop lourdes quand on compare avec les autres pays.  Mais comment réduire ces charges et ramener les  dépenses publiques à 50% du PIB, alors qu’elles sont actuellement à 57 ou 58% ? Ce n’est pas impossible, puisque l’Allemagne, l’Italie ou le Royaume-Uni sont en dessous de cette barre, et que le Canada y est arrivé en partant d’un niveau similaire au nôtre. Pour Pierre Gattaz :

Il faut confier le management des administrations à des anciens chefs d’entreprise, comme Xavier Fontanet [ex-PDG de Essilor, NDLR]. Et surtout il faut aller le plus vite possible : il faut profiter de l’accalmie économique pour agir, car si la crise revient, on ne fera plus rien. »

Est-ce que cela veut dire que la crise boursière qui agite en ce moment l’Asie, et qui pourrait être le premier signe d’une crise réellement sérieuse, n’est pas dangereuse aux yeux du patron ?

Je n’en sais rien. Il y a deux solutions : soit cette crise n’est que le dégonflement d’une bulle boursière, et elle se tassera sans gros dégâts, permettant à la croissance chinoise de se maintenir à des niveaux élevés, au-delà de 5% par an. Soit, c’est au contraire le signe d’un affaiblissement réel de la Chine, et la croissance n’y continuera qu’à un rythme de 3,5% par an, ce qui aura des répercussions sur le reste de l’Asie et sur les Etats Unis. Le rythme de la croissance mondiale est actuellement de 3% par an, et la Chine pèse à elle seule 1% de ce rythme. Si sa croissance est divisée par deux, c’est donc 0,5% de croissance annuelle en moins pour la planète. »

Ce ralentissement mettrait aussi à mal l’économie européenne. Au point de bloquer les réformes en France ? Sans doute. Alors pour sa rentrée, le Medef va appuyer sur l’accélérateur et réclamer au gouvernement d’agir vite et fort.

Pierre Gattaz : « Il est impératif pour l’investissement que le gouvernement tienne ses engagements sur le CICE »

Le président du Medef donne ce jeudi le coup d’envoi des universités d’été du mouvement patronal, deux jours placés sous le signe de la jeunesse. Pierre Gattaz exhorte également le gouvernement à aller plus loin dans les réformes et milite pour une évolution du CICE en baisse générale des charges sur les salaires.

Atlantico : Les Universités d’été du Medef sont placées, cette année, sous le signe de la jeunesse. Pourquoi ce choix ?

Pierre Gattaz : C’est en effet la première fois que le Medef consacre la totalité de son université d’été aux jeunes à qui nous donnerons la parole tout au long de ces deux jours. La jeunesse française est un atout déterminant et ce qui renforce cet atout, c’est sa diversité. Car la diversité est source de créativité, d’innovation. Les jeunes ont les clés pour imaginer le futur et préparer notre pays aux grandes mutations du monde. Or nous serons d’autant plus forts dans la mondialisation que nous aurons les moyens de la décrypter, de l’appréhender, d’en anticiper les évolutions. En outre, les jeunes Français sont très entreprenants, ils sont de plus en plus nombreux à créer leur entreprise, à monter leur business. 50% d’entre eux veulent créer leur entreprise. Tant mieux ! Ce sont là de véritables éléments qui nous distinguent de nos concurrents européens et mondiaux. Sachons capitaliser sur cette force, n’enrayons pas ce dynamisme, donnons aux jeunes les moyens de leur audace et les conditions de réaliser leurs projets, encourageons les avec un environnement favorable et incitatif. Le meilleur moyen de les accompagner dans l’aventure entrepreneuriale c’est d’engager les réformes nécessaires. Sur trois fronts : il faut agir sur l’environnement social, l’environnement fiscal et la complexité réglementaire et administrative. La législation du travail doit être beaucoup moins rigide, beaucoup plus simple et sécurisée juridiquement.

L’investissement dans les entreprises est notamment lié au CICE. Quel bilan faites-vous de ce mécanisme ?

Si les entreprises commencent à enregistrer dans leurs comptes les apports positifs du CICE, il  est trop tôt pour en mesurer les effets. Le temps de l’économie n’est pas celui de la politique. Une chose est sûre toutefois, le CICE ne s’appliquant pas aux salaires au-delà de 2,5 fois le smic, nous sommes encore loin d’une restauration générale des comptes des entreprises. Le CICE est une mesure salutaire, il ralentit mais ne compense pas la hausse des prélèvements obligatoires qui ont augmenté de 36 milliards entre 2011 et 2013.

D’autant que dans le même temps diverses taxes et charges continuent d’augmenter pour les entreprises. A terme, il faut transformer le CICE en baisse générale de charges sur tous les salaires. Dans une économie mondiale, fondée sur l’innovation et la valeur ajoutée. Ce sont nos atouts pour demain. Il faut donc que tous les salaires, quel que soit leur niveau, bénéficient d’un allègement du coût du travail.

A ce sujet, qu’attendez-vous précisément de la loi Macron ? Regrettez-vous, comme bon nombres de chefs d’entreprise, son allègement par rapport au texte originel ?

La loi Macron va dans le bon sens et je salue la philosophie qui sous-tend la démarche mais ses passages au Parlement l’ont en grande partie édulcorée, dénaturée, vidée de son efficacité et de sa cohérence. Je regrette notamment que les dispositions sur le travail du dimanche et en soirée aient ajouté de la complexité et des contraintes au lieu de simplifier. Quant à l’encadrement des indemnités prud’homales, nous espérons que le gouvernement trouvera une solution pour rendre effectif rapidement ce dispositif très important pour lever la peur de l’embauche dans les TPE-PME. Alors que 70 % des entrepreneurs ont peur d’embaucher (sondage OpinionWay avril 2015), il est urgent que le gouvernement propose une solution à cette situation qui bride le développement des PME et des TPE. La création d’emplois, qui accompagne le développement, ne doit pas constituer un risque supplémentaire, on ne peut pas cumuler insécurité prud’homale, insécurité juridique, insécurité fiscale et politique.

Plus globalement, quelle est votre lecture de la conjoncture française ?

Avec un rythme voisin de 1% en 2015, selon le gouvernement, la croissance est poussive et de toute façon insuffisante pour faire reculer le chômage et réduire le déficit public. Ce rythme, inférieur pour la deuxième année consécutive à celui de la zone euro, n’est pas celui d’une reprise. Surtout, plus de la moitié de cette croissance est due à des éléments extérieurs – pétrole, euro, taux d’intérêt – dont les effets ne seront pas éternels. Compte tenu du contexte international incertain, notamment le ralentissement de la Chine, deuxième économie mondiale, si nous n’entreprenons pas rapidement des réformes d’ampleur, si nous n’accélérons pas leur rythme, nous risquons de nous retrouver sans croissance et donc sans redémarrage de l’emploi. Il faut s’atteler à une vraie réforme du marché du travail en le rendant plus fluide et plus simple afin qu’il permette à chacun de trouver un emploi et baisser les prélèvements obligatoires sur le capital, le travail, l’épargne. La mère de toutes ces réformes, c’est bien sûr la baisse des dépenses publiques.

Le Parti Socialiste a les yeux braqués sur le budget. Sa volonté, redistribuer davantage aux ménages en réduisant les allocations aux entreprises. Quelle est votre position ?

Arrêtons d’opposer les entreprises aux ménages. Les ménages ont besoin des entreprises et les entreprises ont besoin des ménages. Prendre à l’un pour donner à l’autre n’a pas de sens, surtout dans une conjoncture de faible croissance. Revenir sur la trajectoire du Pacte de responsabilité serait destructeur, le reniement par l’Etat de sa parole ruinerait la confiance des chefs d’entreprise. La seule solution, l’unique débat, c’est celui de l’optimisation et de la baisse des dépenses publiques. Notre classe politique devrait en permanence être challengée pour donner des pistes d’une meilleure utilisation des fonds publiques et des sources d’économies à réaliser.

Passons en revue les fonctions de l’Etat, sous-traitons ou privatisons celles qui ne relèvent pas du champ régalien, et attachons-nous à optimiser les missions régaliennes de l’Etat: éducation, justice, défense, etc. Tout ceci sans remettre en cause la qualité des services publics évidemment. Cette tâche est herculéenne, je le sais, mais c’est ce que fait chaque jour un chef d’entreprise. Pourquoi l’Etat ne le ferait pas ?

Il faut aussi s’attaquer au mille-feuille territorial et revoir la durée du travail dans la fonction publique. Donnons-nous un objectif simple : passons de 57 % du PIB en dépenses publiques – un record – à 50 % en 2020. C’est ambitieux mais accessible. Certes, les récents propos de Manuel Valls sont rassurants dans l’intention mais nous resterons vigilants sur la mise en œuvre des annonces du gouvernement. Il faut mener le Pacte de responsabilité à son terme, intensifier et accélérer le chantier de la simplification avec l’objectif adopté par les Britanniques, le « one in two out ». C’est un chantier sans enjeu politique, profitons-en !

Pourtant, on ne peut pas reprocher à un homme politique de répondre à sa majorité, le Président essaie de faire plaisir à ses électeurs comme un chef d’entreprise travaille bien pour ses clients, non ?

Je ne pense la démocratie compatible avec le « clientélisme » et dans notre Constitution, le président de la République se situe au-dessus des partis, sa mission est d’œuvrer au bien commun au nom de tous les Français… Cela dit, le meilleur moyen de « faire plaisir à ses électeurs », comme vous dites, et surtout à tous les Français, c’est de travailler à la prospérité du pays, de lui donner les conditions de s’imposer dans la compétition mondiale avec des entreprises performantes, de mettre tout en œuvre pour assurer un avenir solide à ses habitants, leur redonner confiance et encourager les générations futures à entreprendre. Quant au chef d’entreprise, il travaille certes pour ses clients mais ces derniers ne sont qu’une des trois composantes, avec les salariés et les actionnaires, indispensables au développement des entreprises.

Gattaz : «La situation économique de la France est catastrophique»

Pour Pierre Gattaz, il faut abandonner dès maintenant la taxe à 75% sur les très hauts revenus.

INTERVIEW – Un an après son arrivée à la tête du Medef, Pierre Gattaz dresse un constat accablant sur la santé de la France.

«Il n’y a plus d’investissement et plus d’embauche. Ce que je vois surtout chez les chefs d’entreprise, c’est de l’attentisme, de la méfiance. La situation économique du pays est catastrophique.» Même s’il défend sans réserve le pacte de responsabilité du gouvernement, Pierre Gattaz, le patron des patrons, estime qu’il sera insuffisant pour redresser le pays. «Le pacte seul ne suffira pas à redresser la France. Nous présenterons à notre université d’été une douzaine de “mesures turbo” pour générer de l’emploi rapidement», prévient le patron des patrons. Il appelle par ailleurs le gouvernement à adopter rapidement des mesures symboliques susceptibles de redonner de la confiance aux chefs d’entreprise: «Par exemple, dire clairement que l’on va abandonner dès maintenant la taxe à 75% sur les très hauts revenus. C’est un symbole qui, comme les 35 heures, a fait le tour de la Terre et qui est destructeur.»

Pierre Gattaz attend beaucoup du nouveau premier ministre: «Manuel Valls a pris conscience de la situation du pays. On attend maintenant de la constance, que le gouvernement arrête sa politique de zig et de zag. Les entrepreneurs sont des héros, il faut le leur dire! Nous sommes à un moment charnière où soit nous tombons dans le précipice, soit nous nous relevons.»

Medef : Pierre Gattaz veut pouvoir licencier sans justification

Le président du Medef Pierre Gattaz a suggéré que la France devrait ne plus respecter la convention 158 de l’Organisation internationale du travail (OIT) qui oblige à justifier un licenciement.

Le président du Medef Pierre Gattaz. ERIC PIERMONT / AFPLe président du Medef Pierre Gattaz. ERIC PIERMONT / AFP

Le président du Medef Pierre Gattaz a suggéré jeudi 30 octobre que la France sorte de la convention 158 de l’Organisation internationale du travail (OIT) qui oblige à justifier un licenciement, afin de lever la crainte de l’embauche chez les chefs d’entreprises.

« Les chefs d’entreprise, quand ils peuvent embaucher, craignent de se trouver devant les prud’hommes s’ils rompent le contrat. C’est un des principaux freins à l’embauche », a déclaré M. Gattaz dans une interview accordée au journal L’Opinion.

« Reste que pour lever le frein juridique, il faut sortir de la convention 158 de l’Organisation internationale du travail qui nous oblige à justifier les motifs du licenciement. Tant qu’on aura cette contrainte supranationale, peu importe le contrat, le fond du problème ne sera pas traité », estime le chef de l’organisation patronale.

Une convention signée par peu de pays

« Nous avons signé en 1982 cette convention, très peu de pays l’ont ratifiée. Par exemple, l’Allemagne ne l’a pas fait », a argué M. Gattaz, estimant que « la flexibilité du marché du travail est un sujet prioritaire pour débloquer notre économie ».

Adoptée en juin 1982 et entrée en vigueur en novembre 1985, cette convention a été ratifiée par 36 pays dont un, le Brésil, l’a dénoncée en 1996. En Union européenne, elle a été ratifiée par Chypre, l’Espagne, la Finlande, la France, la Lettonie, le Luxembourg, le Portugal, la Slovaquie, la Slovénie et la Suède.

Son article 4 stipule qu’ « un travailleur ne devra pas être licencié sans qu’il existe un motif valable de licenciement lié à l’aptitude ou à la conduite du travailleur ou fondé sur les nécessités du fonctionnement de l’entreprise, de l’établissement ou du service ».

Une proposition archaïque et conservatrice ?

La ministre de la Fonction publique, Marylise Lebranchu, a qualifié de « très conservateur et un peu archaïque » vendredi 31 octobre la prise de position du président du Medef. « C’est une erreur », a estimé la ministre sur Sud Radio. « Retourner avant 1946, c’est très conservateur, c’est un peu archaïque », a-t-elle ajouté.

Dans un entretien à L’Opinion publié jeudi 30 octobre, le président du Medef a plaidé pour la sortie de « la convention 158 de l’Organisation internationale du travail », signée en 1982 par la France, qui « oblige à justifier les motifs du licenciement », afin, selon lui, de lever un obstacle à l’embauche en France: « la crainte des chefs d’entreprise de se trouver devant les prud’hommes s’ils rompent le contrat ».

Pour Mme Lebranchu l’absence de créations d’emploi en dépit des mesures d’aides aux entreprises telles que le CICE, « c’est peut-être ce qui gêne M. Gattaz ; alors il essaie de trouver une autre raison pour laquelle il n’y a pas eu de créations d’emploi… »

Pierre Gattaz, a-t-elle estimé, « est dans une logique du bas coût, du low-cost. Il faut faire extrêmement attention », évoquant les « mini-jobs » et les « petits boulots » en Allemagne, un pays souvent cité en exemple par le patronat et qui n’a pas ratifié la convention 158.

A ce propos, la ministre a suggéré à M. Gattaz d’écouter « le délégué du Medef en Bretagne qui explique que si un certain nombre d’entreprises agro-alimentaires ont été mises à genoux, c’est parce que justement en Allemagne on payait 350 euros les salariés ».

« Je n’accuse pas le patronat » a-t-elle précisé, affirmant rencontrer « beaucoup de chefs d’entreprise qui sont dans le droit du travail et remercient pour les aides à la compétitivité ».

Elle a enfin mis en garde le patron des patrons contre une réaction « des Français qui se demandent ce qu’on a fait des crédits versés aux entreprises », après que Pierre Gattaz a dit « penser très sérieusement à une mobilisation » des chefs d’entreprise d’ici à la fin de l’année.

Medef Pour Pierre Gattaz, la loi Macron va dans le bon sens, mais il en réclame plus

L’Humanité G. R
« La loi Macron va dans le bon sens », estime le patron du Medef dans le Figaro d’hier.

« La loi Macron va dans le bon sens », estime le patron du Medef dans le Figaro d’hier. Mais Pierre Gattaz en demande plus, car selon lui « il faudrait cinq lois de ce type pour régler le problème ». Au passage, il réclame une « baisse des effectifs de la fonction publique, nécessaire et possible », et propose de ne pas remplacer « trois fonctionnaires sur quatre qui partent en retraite ». Plus loin, passant en revue les fonctions de l’État, il propose : « Sous-traitons ou privatisons, voire arrêtons celles qui ne sont pas régaliennes. » Mais le patron des patrons n’en reste pas là, appelant le gouvernement à « surtout ne pas toucher au pacte de responsabilité, ni à sa répartition » alors que même dans les instances dirigeantes du PS on commence à grincer des dents sur le budget 2016. Et pour bien se faire comprendre, le patron des patrons réclame aussi de nouvelles baisses de charges, des impôts et même la suppression de l’ISF. Ben voyons. .

Manuel Valls s’adresse au patronat à la veille de l’université d’été du Medef

VALLS SARKOZY

POLITIQUE – À la veille de l’université d’été du Medef, le premier ministre veut rassurer le patronat tout en lui rappelant ses devoirs. Manuel Valls assure en effet que « l’ampleur du soutien » du gouvernement aux entreprises « ne sera pas remis en cause », mais presse à nouveau le patronat de « tenir ses engagements » en matière d’embauches, dans une tribune publiée ce mardi 25 août dans Les Echos.

Le premier ministre souligne dans cette tribune, intitulée « Poursuivre nos réformes économiques pour affirmer nos valeurs », que son gouvernement va « persévérer » dans sa politique économique. « Changer de ligne de conduite, c’est la certitude de tout perdre », prévient-il à quelques semaines de la présentation du projet de budget 2016. Pour lui, « la croissance repart (elle a augmenté de 0,7% au premier semestre) » et « les entreprises créent à nouveau des emplois », même si les « soubresauts financiers de ces derniers jours nous rappellent les aléas à la croissance mondiale ».

Fiscalité et pacte de responsabilité

Manuel Valls confirme que des baisses d’impôts seront engagées. « Ces trois années de baisse consécutives allègent l’impôt des classes moyennes et populaires », se félicite-t-il, confirmant en outre que le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu « entrera en vigueur » en 2018. « A travers le Pacte de responsabilité et de solidarité, l’ampleur du soutien aux entreprises ne sera pas remise en cause », affirme-t-il également. Selon lui, « les entreprises ont besoin de cette visibilité pour investir et embaucher en confiance ».

« Mais je l’ai dit au patronat: chacun doit tenir ses engagements. Nous tenons les nôtres. Aux entreprises de tenir les leurs », demande le premier ministre qui a déjà lancé cet avertissement à plusieurs reprises. Le Medef tient à partir de mercredi son université d’été.

« Flexisécurité »

Cette rentrée, placée sous le triptyque « croissance, emploi, baisse de la fiscalité », sera « marquée par de grands chantiers de réformes », souligne le chef du gouvernement. Il cite notamment le projet de loi sur le numérique. Une « seconde loi croissance » sera aussi présentée en 2016.

Un autre chantier consiste à « continuer de bâtir notre modèle de ‘flexisécurité’ à la française », en misant sur le « dialogue social à tous les niveaux, notamment dans l’entreprise ». Manuel Valls, qui avait présenté en juin des mesures en faveur des TPE-PME, juge nécessaire de « repenser la façon d’élaborer une réglementation du travail devenu trop complexe ».

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La tribune de Manuel Valls, « une lettre au patronat » pour Christian Paul

 LEXPRESS.fr

manuel-valls-le-22-aout-2015_5402967Manuel Valls, le 22 août 2015.     REUTERS/Regis Duvignau

Le chef de file des frondeurs du PS déplore que Manuel Valls ait confirmé dans une tribune sa politique de soutien aux entreprises, à la veille de l’université d’été du Medef, alors que les créations d’emploi se font attendre.

Christian Paul, chef de file des « frondeurs » et de l’aile gauche du PS, se dit « profondément inquiet » d’une tribune que Manuel Valls vient de faire paraître à la veille de l’université d’été du Medef. C’est pour lui « une lettre au patronat » plutôt qu’un texte « pour les Français et les socialistes ». Le Premier ministre souligne, dans ce texte publié par Les Echos, que son gouvernement va « persévérer » dans sa politique économique. Il prévient aussi qu' »à travers le Pacte de responsabilité et de solidarité, l’ampleur du soutien aux entreprises ne sera pas remise en cause ». L’an dernier à la même époque, sa déclaration d’amour aux entreprises avait déjà divisé le PS.

« Une réponse très pauvre à une situation critique »

« Je suis profondément inquiet. Cette tribune est plus une lettre à Pierre Gattaz et au patronat, qu’une lettre pour les Français et les socialistes », déclare Christian Paul. « C’est traiter avec beaucoup de désinvolture les propositions du PS (fin juillet, ndlr en faveur de mesures pour l’emploi et l’investissement dans les collectivités, ndlr) qui me paraissent adaptés et courageuses », estime Christian Paul, qui prévient que le premier secrétaire du PS doit « les faire respecter », faute de quoi « nous le ferons, y compris au Parlement ».

Manuel Valls assure que « l’ampleur du soutien » du gouvernement aux entreprises « ne sera pas remis en cause », mais presse à nouveau le patronat de « tenir ses engagements » en matière d’embauches. Selon le député de la Nièvre, « persévérer dans une telle politique pourrait être une qualité si elle réussissait. Or elle ne marche pas et crée beaucoup de défiance et de déception ».

Pour Manuel Valls, « la croissance repart (elle a augmenté de 0,7% au premier semestre) » et « les entreprises créent à nouveau des emplois », même si les « soubresauts financiers de ces derniers jours nous rappellent les aléas de la croissance mondiale ». Pour Christian Paul au contraire, « je n’ai trouvé aucune idée neuve, à un moment où la croissance est à zéro et où on voit arriver, avec la crise en Chine, un risque d’affaiblissement de la croissance mondiale. C’est une réponse très pauvre à une situation critique ».

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commentaires

Lo                                                               Toujours les mêmes couplets pusillanimes. Mais où est l’esprit d’entreprise dont se réclament ces gens qui veulent avant tout prendre une assurance tout risque pour eux, mais en la finançant par le risque accru pour les salariés?

ERR                                                            Ceux qui vivent de leur travail restent AUSSI sur le qui vive, cher journaliste aux ordres… et ça va chauffer dans les mois qui viennent !

Lo                                                               On aimerait bien savoir d’ailleurs qui n’est PAS sur le qui-vive, ces temps-ci.

JEAN-LOUIS GUICHARD                           Les élections arrivent à grands pas, les engagements des patronats traînent en longueur. Au bout du compte le gouvernement va faire quelques arbitrages pour tenter de satisfaire les uns, sans se mettre à dos les autres. Cela s’appelle faire de la politique… Les uns et les autres le savent. Chacun est dans son rôle.

cassandra                                                 n’est ce pas une patronne, madame parisot, qui disait que tout est précaire, et que les gens doivent s’adapter, c’est vrai aussi pour le patronat : pourquoi lui donner, à lui seulement, de la stabilité?

Patrice Dunoyer de Segonzac                      Vient un moment où il convient de se demander si Gattaz est gaffeur ou stupide. En tout cas, pour le MEDEF c’est un vrai désastre.
Gégé AigriGégé Aigri                        Cet individu n’aura pas satisfaction tant qu’il n’aura pas transformé les salariés en esclaves et même pire, car les esclaves il fallait les nourrir, les loger… Nous coûtons trop cher, nous sommes trop protégés, nous leur empêchons de se remplir les poches encore davantage. Si un jour, je me fais virer de cette façon, je ne donnera pas cher de l’existence de celui qui aura osé faire ça, je vous le garantis.
Bientôt, il va réclamer le contrat zéro heure comme ce qui se fait outre-Manche : on vous file un contrat, ce qui vous empêche d’en chercher un autre, mais on ne vous fait pas bosser et vous n’avez donc aucun revenu, puisque vous n’êtes plus chômeur. Par contre, vous êtes bien entendu obligé de rester à sa disposition pour le cas où il aurait besoin de vous. Elle est pas belle la vie des patrons grand bretons avec cette saloperie ? Bah, il demandera ça à ses petits copains de l’UMP dont il garnit les caisses toujours vides pour nous concocter ça aux petits oignons. A moins que Valls-droite et ses sbires n’y trouvent une soudaine inspiration.

J B                                                                     Un journaliste économique d’investigation (il doit bien y avoir cela à Challenge) serait il en mesure de faire une étude comparative entre les pays signataires ou pas de cette convention 158 de l’OIT parmi le G7, le G20, la CEE, en comparant le taux de chômage, le temps moyen pour trouver un premier emploi ou retrouver un emploi, le déficit annuel des pays signataires ou pas de cette convention 158 de l’OIT ?
 Que de réactions, mais qui a été voir combien et quels pays sont signataires de cette convention 158 de l’OIT, parmi le G7, le G20 et la CEE ? Quel pays a déjà dénoncé cette convention ? s’en sort t-il mieux ou moins bien qu’avant ? La France est signataire de cette convention depuis 1982, y aurait il moins de chômeur depuis ? Le CNE non conforme à cette convention a existé de Juillet 2005 à Janvier 2008, le chômage a t-il baissé ou monté pendant cette période ? Et depuis ? Toutes ses réponses sont très faciles à trouver sur internet pour qui veut se faire un avis pragmatique.
Pascale Lecourt                                              Salaire de Pierre Gattaz :

D’après le rapport annuel de l’entreprise (page 90), le montant versé au dirigeant pour l’exercice 2013 était en hausse de 29,4 % par rapport à celui de 2012 (426 092 brut l’an dernier contre 329 189 euros en 2012).
Le dirigeant ne touche pas d’intéressement. Le bond de sa rémunération est essentiellement lié à la progression de sa part variable. Le bonus attribué au patron s’est en effet amélioré de 610 % en un an. Pendant cette même période, le chiffre d’affaires de l’entreprise n’a lui augmenté que de 6,8 %.
La rémunération de Pierre Gattaz comprend aussi des avantages en nature (5 700 euros par an), qui correspondent aux frais liés à sa voiture de fonction.
Alors on le voit bien dans la rue, avec drapeau et haut-parleur, en costume cashemire et Weston…

Marie Marie                                                     Grand éclat de rire ! Et si Gattaz se faisait virer sans motif ? à mon avis les entrepreneurs ne s’en porteraient que mieux, c’est lui qui en donne l’image de prédateurs fous. Cà peut très mal se terminer.

camp71                                                              quand on entend les propos des frondeurs et des syndicats,on se dit malheureusement que la France est irréformable !!!!

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