Aucune espèce à l’abri en cas de phénomène d’extinction massive

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Viande porcine : le nouveau bras de fer entre éleveurs, industriels et gouvernement en quatre actes

© Fournis par Francetv infoLes enseignes E.Leclerc, Intermarché et Casino continuent de soutenir le cours du porc au cadran breton. Mardi 11 août, en plein bras de fer sur le prix de la viande porcine entre éleveurs et industriels, ces géants de la distribution ont annoncé maintenir leur position d’achat au prix fixé par le gouvernement : soit 1,40 euros le kilo.Ils prennent ainsi leurs distances avec la décision de la Cooperl et de Bigard/Socopa, les deux gros industriels qui ont fait capoter lundi la cotation sur le marché de la viande porcine.

Francetv info revient sur ce nouvel épisode de la crise des éleveurs.

Acte 1 : deux gros acheteurs du secteur jugent le cours trop élevé et se retirent

Le bras de fer commence lundi. Deux gros industriels de la transformation de viande, la Cooperl et Bigard/Socopa, décident ce jour-là de ne pas participer au Marché du Porc Breton (MPB) à Plérin (Côtes d’Armor), où est fixé le prix de la viande de porc tous les lundi et jeudi. Tous deux estiment que le cours du porc à 1,40 euro le kilo, fixé avec le gouvernement à la mi-juin pour soutenir les éleveurs en difficulté, est trop élevé.

Le porc français est en effet l’un des plus chers d’Europe : 1,55 euro le kilo, contre 1,32 euro le kilo en Allemagne et même 1,23 euro au Danemark. Ainsi, les industriels dénoncent un « cours politique [décidé] pour tenir la tête hors de l’eau à une partie de la production française. »

Le ministre annonce par ailleurs que des discussions auront lieu avec les deux acheteurs, dans la journée mardi, estimant nécessaire que « chacun assume ses responsabilités ». Enfin, il annonce la tenue d’une table ronde à la fin du mois d’août avec tous les acteurs de la filière porcine.

Acte 4 : la grande distribution se range du côté des éleveurs

Mardi soir, c’est au tour des grands noms de la grande distribution de réagir, à commencer par E. Leclerc.« Pour la prochaine cotation au marché du porc qui aura donc lieu ce jeudi, les adhérents E.Leclerc [franchisés] me demandent de confirmer que les équipes de Kermené ont bien reçu pour consigne de maintenir leurs positions d’achat à 1,40 euro/kg », déclare alors sur son blog Michel-Edouard Leclerc, président des centres Leclerc. Il souligne toutefois que « la situation ne sera pas tenable à moyen terme » s’il n’y a que « deux gros opérateurs à jouer le jeu ».

Un peu plus tard, Intermarché confirme à son tour son soutien aux éleveurs de porc en expliquant « avoir permis d’atteindre, avec son pôle agroalimentaire Agromousquetaires, le niveau rémunérateur de 1,40 euro/kg en revalorisant chaque semaine depuis deux mois son prix d’achat au cadran ». « Afin de maintenir le cours du porc sur le long terme, Intermarché incite ses fournisseurs à rejoindre cette démarche de valorisation du prix dans la filière porcine », précise l’enseigne, qui donnera la priorité aux fournisseurs qui s’alignent sur ce prix.

Enfin dans la soirée, c’est au tour du groupe Casino de réaffirmer « son engagement en soutenant le cours du porc », dans un communiqué. Le groupe y promet de « donner sa priorité d’achat aux fournisseurs ou groupements apporteurs de porc qui respecteront ce cours au cadran ».

Le gouvernement s’efforce d’enrayer une guerre du porc

PARIS (Reuters) – Le gouvernement s’est mobilisé mardi pour tenter d’enrayer une nouvelle guerre du prix du porc, au lendemain du boycottage du marché de référence français, en Bretagne, par deux des principaux industriels du secteur.

Le groupe coopératif Cooperl et Bigard/Socopa ont refusé lundi d’acheter les porcs bretons mis en vente sur le marché de Plérin, dans les Côtes d’Armor, qui fixe deux fois par semaine les prix de référence pour la France.

Ils jugent intenable, face à la concurrence étrangère, le cours de 1,40 euro le kilo fixé en juin par un accord entre industriels, grande distribution et syndicats agricoles.

« Je n’envisage pas, après les efforts qui ont été faits pour atteindre le niveau de 1,40 euro, qu’on n’ait pas de cotation au marché de Plérin », a déclaré mardi en milieu de journée à la presse le ministre de l’Agriculture.

Stéphane Le Foll a dit prendre l’engagement de « tout faire » pour qu’il y ait de nouveau une cotation jeudi à Plérin et exhorté tous les acteurs à faire preuve de responsabilité.

Il a insisté sur le fait que le cours de 1,40 euro n’était pas « politique » mais visait à aider les producteurs à passer un cap difficile, lié notamment à l’embargo russe en représailles aux sanctions européennes dans la crise ukrainienne.

Il a annoncé une table ronde fin août sur les nouvelles formes de commercialisation du porc puis, en septembre, une réunion sur les « nouvelles formes de négociations commerciales entre producteurs, transformateurs et distributeurs ».

Le Premier ministre, en visite chez des agriculteurs du Gard, a demandé de son côté aux industriels et à la grande distribution de respecter leurs engagements en matière de prix.

« Il faut garantir ce niveau de prix », a dit Manuel Valls.

La guerre des cours menace de s’amplifier entre éleveurs, industriels et grande distribution malgré des accords conclus en juin et en juillet, ce qui pourrait annoncer une fin d’été et un automne orageux dans les campagnes.

« CHANTAGE »

Le syndicat des industriels de la viande (SNIV-SNCP) estime que la production, « soutenue par les pouvoirs publics (…), obtient les prix les plus élevés d’Europe, sans trop se soucier du devenir des abattoirs ».

Il accuse également, dans un communiqué, la distribution de ne pas avoir renoncé à sa « politique de guerre des prix (…) et des marges » et juge le contexte « explosif ».

De leur côté, les éleveurs de porcs et de bovins et les producteurs laitiers, qui ont multiplié depuis le printemps les actions de protestation, jugent les prix qu’on leur offre trop bas pour assurer la survie de leurs exploitations.

« A moins de 1,40 euro, on perd de l’argent. Ça fait des années que les producteurs de porcs tirent la sonnette d’alarme. Nous perdons en moyenne un élevage par jour », a dit sur iTELE le président de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), Xavier Beulin.

Le président de la Fédération nationale porcine, Paul Auffray, a dénoncé une « provocation », une « forme de chantage » et une « prise d’otage des éleveurs par les industriels ».

« En fin de semaine, si la situation ne se règle pas d’une façon ou d’une autre, nous aurons entre 20.000 et 30.000 cochons invendus qui vont rester dans les porcheries », a dit sur iTELE Daniel Picard, président du Marché du porc breton.

Pour François Valy, président de la section porcine de la FRSEA de Bretagne, le risque, si la cotation ne reprend pas à Plérin, est qu’il y ait « autant de prix qu’il y a d’abattoirs ».

Le plan d’urgence annoncé le 22 juillet par le gouvernement en faveur des éleveurs n’a pas suffi, pas plus que le relèvement du prix du lait, à éteindre le mouvement de mécontentement des éleveurs, qui menace de reprendre à la fin de l’été.

La FNSEA prévoit déjà une mobilisation nationale à partir du 1er septembre, suivie d’une mobilisation au niveau européen à Bruxelles le 7 septembre, lors d’un conseil des ministres de l’Agriculture de l’Union demandé et obtenu par la France.

Pour Xavier Beulin, la crise de la viande de porc doit trouver sa solution au niveau européen.

Selon l’entourage de Stéphane Le Foll, la France demandera notamment au Conseil européen l’allongement de la période de stockage privé de porc financé par l’Union européenne.

Prix du porc : la confrontation reprend entre éleveurs et industriels

La Cooperl et Bigard/Socopa n’ont pas participé lundi au marché du porc breton à Plérin, jugeant trop cher le cours du porc à 1,40 euro le kilo.

Source AFP | Le Point.fr

Le prix actuel du porc s'établit à environ 1,40 euro le kilo, objectif fixé par le gouvernement à partir du 12 juin pour tenter de résoudre la crise traversée par les éleveurs de porcs français.
Le prix actuel du porc s’établit à environ 1,40 euro le kilo, objectif fixé par le gouvernement à partir du 12 juin pour tenter de résoudre la crise traversée par les éleveurs de porcs français.DPA / dpa Picture-Alliance/AFP©MARTIN SCHUTT
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