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Accord à l’arraché entre Areva et EDFr

 Bertille Bayart

Le site Areva du Tricastin, en bordure du Rhône.

INFO LE FIGARO – Les termes d’un compromis sur Areva NP, puis sur le contrat de retraitement du combustible, ont été trouvés dans la soirée de mardi puis dans la nuit. Les négociations étaient pourtant mal engagées plus tôt dans la journée.

C’est une opération qui a failli dérailler. Mais in extremis, dans la soirée de mardi, les termes d’un compromis ont été trouvés entre Areva et EDF, du moins sur les premiers éléments du plan de sauvetage du groupe nucléaire et en particulier sur la vente de la majorité de sa division réacteurs, Areva NP, à EDF. Aucun des acteurs de ce dossier ne faisait de commentaires.

Les négociations étaient pourtant mal engagées plus tôt dans la journée. Le groupe nucléaire a successivement réuni son comité d’audit – en amont de l’arrêté des comptes semestriels publiés jeudi – et le comité ad hoc d’administrateurs indépendants plus particulièrement chargé de plancher sur le plan de sauvetage articulé en trois volets: la cession de 75 % d’Areva NP, la conclusion de nouveaux accords commerciaux avec EDF assurant la visibilité des métiers du cycle de l’uranium et une recapitalisation par l’État.

Dans la matinée, EDF avait transmis à Areva la dernière mouture de son offre indicative sur Areva NP. Une offre qui affiche une valorisation de 2,7 milliards d’euros (valeur de fonds propres), certes améliorée par rapport aux 2 milliards proposés le 22 mai dernier, mais assortie de clauses âprement discutées depuis la semaine dernière. Et notamment lors du déjeuner qui avait réuni vendredi autour du ministre Emmanuel Macron, Philippe Varin, le président d’Areva, et Jean-Bernard Lévy, le PDG d’EDF. À l’issue de l’examen par le comité ad hoc, il est apparu que l’offre n’était pas acceptable pour Areva. Les négociations ont donc repris entre les deux patrons en fin de journée, dans le bureau du ministre à Bercy.

Le prix confirmé

Chaque partie y aurait, de sources concordantes, fait d’ultimes concessions, permettant d’envisager un accord dans les temps. La semaine dernière encore, Emmanuel Macron avait promis de boucler la négociation avant le 31 juillet. Un engagement de l’État actionnaire qui a failli échouer, attestant de sa difficulté à imposer ses vues et à arbitrer. Entre EDF, Areva et le gouvernement, la tension a été si vive que, comme l’a révélé Le Figaro, Philippe Varin a écrit à François Hollande pour exprimer ses doutes, mettant implicitement en garde contre le risque d’un échec.

Un risque qui demeure. À court terme, les équipes des trois parties prenantes à cette négociation intensive ont encore planché mardi dans la nuit pour finaliser les termes d’un accord examiné ce mercredi par les conseils. En particulier par les administrateurs indépendants d’Areva et par Philippe Varin, attachés à obtenir les conditions de la viabilité et de la pérennité de l’entreprise. S’agissant d’Areva NP, la valorisation resterait, selon nos informations, de 2,7 milliards d’euros, mais à des conditions jugées plus solides et permettant cette fois une entrée en négociations exclusives. La discussion a aussi avancé au cours de ces dernières sur le volet des accords commerciaux à conclure entre les deux groupes. Un accord sur le sujet sensible de l’aval du cycle – retraitement des combustibles à l’usine de La Hague – était ainsi à portée de main mercredi matin.

L’été s’annonce ensuite actif. Le traitement d’OL3, le réacteur finlandais construit par Areva et à l’origine de pertes abyssales, reste à trouver. De même que la recapitalisation à laquelle l’État s’est engagé, et qui coûtera plusieurs milliards d’euros au contribuable.

EDF va prendre le contrôle des réacteurs nucléaires d’Areva

Le Monde.fr

Cet accord posera le principe d’une cession de l’activité réacteurs d’Areva à EDF dans le cadre d’une offre valorisant la société 2,7 milliards d’euros.

Areva et EDF ont annoncé jeudi 30 juillet être parvenus à un protocole d’accord qui prévoit notamment « un contrôle majoritaire » de l’électricien sur Areva NP. Cette cession, qui valorise l’ensemble de la division à 2,7 milliards d’euros, devrait donc rapporter quelque 2 milliards d’euros au spécialiste du nucléaire en grande difficulté financière, qui confirme qu’il aura besoin parallèlement d’une augmentation de capital « significative » pour combler ses besoins de financement d’ici à 2017, qu’il évalue à « environ 7 milliards d’euros ».

EDF prévoit d’acquérir 51 % à 75 % du capital d’Areva NP – dont les activités incluent la construction des réacteurs nucléaires, l’assemblage des combustibles et les services à la base installée – tandis que sa maison mère actuelle conserverait 25 % de la société.

Voir les grandes lignes de l’accord : L’accord entre EDF et Areva se confirme

Comme prévu depuis l’arbitrage rendu le 3 juin par François Hollande au profit d’EDF, l’accord revient à éclater Areva, en séparant ses deux composantes historiques : la construction de réacteurs et leur maintenance (l’ex-Framatome) d’un côté, la fourniture de combustible nucléaire et leur retraitement (l’ex-Cogema) de l’autre.

L’ancien patron d’Holcim à sa tête ?

L’accord doit être dévoilé jeudi matin à l’occasion des résultats semestriels des deux groupes inclura également une révision de leur contrat de traitement-recyclage des combustibles usés, pour lequelAreva a consenti à EDF des baisses de prix ces dernières années.

Le ministre de l’économie Emmanuel Macron avait indiqué le 21 juillet que l’accord sur le rachat par EDF d’Areva NP serait dévoilé à la fin du mois mais que les annonces sur la recapitalisation d’Areva par l’Etat interviendraient plus tard. Areva et EDF n’ont pas souhaité commenter ces informations.

Dans son édition à paraître jeudi, le Figaro, qui cite des sources concordantes, écrit que Bernard Fontana, patron du cimentier suisse Holcim jusqu’à sa récente fusion avec le français Lafarge, est pressenti pour diriger Areva NP.

EDF s’entend avec Areva pour prendre le contrôle de son activité réacteurs

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