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Procès Bettencourt #22. Isabelle Prévost-Desprez est tendue, mais relaxée

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Isabelle Prévost-Desprez, la présidente de la 15e chambre de Nanterre, a été relaxée, jeudi 2 juillet, par le tribunal de Bordeaux. La magistrate était accusée d’avoir violé le secret professionnel, et renseigné notamment des journalistes du Monde dans l’affaire Bettencourt, entre le 16 juillet et le 1er septembre 2010.

Ce troisième volet de l’affaire Bettencourt est né dans des conditions assez inhabituelles. Françoise Meyers-Bettencourt, la fille de la vieille milliardaire, avait porté plainte en 2007 contre François-Marie Banier, photographe, écrivain et joli cœur, soupçonné de profiter des 85 ans de l’héritière de L’Oréal pour faire fortune. Philippe Courroye, procureur de Nanterre, avait ordonné une enquête préliminaire pour « abus de faiblesse », enquête qui tournait tellement court que le magistrat a rendu un non-lieu en septembre 2009, à la grande satisfaction du pouvoir politique de l’époque.

Françoise Meyers avait senti le vent venir, et a fait citer directement François-Marie Banier devant le tribunal juste avant le non-lieu, en juillet 2009, et quelques péripéties plus tard, la 15e chambre a décidé le 1er juillet 2010 de confier un supplément d’information à sa présidente, Isabelle Prévost-Desprez. Or les relations entre Mme Prévost-Desprez et M. Courroye oscillaient entre la détestation absolue et une haine cuite ou recuite: on imagine alors avec quel bonheur le procureur a vu s’ouvrir ce nouveau front judiciaire dans un dossier qu’il ne contrôlait plus.

Le prétendu abus de faiblesse

C’est alors que Me Georges Kiejman, alors avocat de la vieille dame, a, le 1er septembre 2010, porté plainte contre Mme Prévost-Desprez pour violation du secret professionnel : il venait de lire dans Le Monde un article ma foi fort informé, puisqu’il faisait état d’une audition d’une femme de chambre de sa cliente (déjà éventée par le Canard enchaîné), et d’une perquisition chez la vieille dame qui était encore en cours lorsque le journal a paru. L’avocat signalait en passant que l’un des auteurs de l’article, Jacques Follorou, avait coécrit un livre avec Mme Prévost-Desprez, « Une juge à abattre ».

Me Kiejman, qui avait déjà eu des propos fort peu amènes sur la magistrate, ajoutait qu’elle avait prétexté « d’un prétendu abus de faiblesse dont serait victime Mme Bettencourt pour nourrir la polémique politique entretenue par les médias d’un financement politique né ou imaginaire, mais en toute hypothèse parfaitement étranger à la saisine du tribunal de Nanterre ». Philippe Courroye s’est fait un plaisir de requérir les fadettes des journalistes (ce volet de l’enquête a été annulé), et d’instruire contre sa collègue magistrate. De guerre lasse, la Cour de cassation a envoyé tous les dossiers Bettencourt prendre le large à Bordeaux, où Isabelle Prévost-Desprez a été jugée les 8 et 9 juin derniers.

Dans son jugement, le président Denis Roucou a, comme toujours, minutieusement résumé le dossier (en répétant par erreur que Me Kiejman était aussi l’avocat du Canard enchaîné, alors qu’il s’agit de Roland Dumas – tout le monde peut se tromper de ministre), mais il n’a cependant pas trouvé de quoi condamner sa collègue de Nanterre – le procureur avait lui requis 5 000 euros d’amende. « Il est établi par les éléments recueillis au cours de l’instruction qu’Isabelle Prévost-Desprez, au moyen de son téléphone portable personnel, avait des contacts très nombreux et réguliers avec de nombreux journalistes », résume le tribunal, dont Libération, Le Monde, Paris-Match, L’Express, Mediapart, Le Parisien, Elle, Mariane, l’AFP, TF1, le Nouvel Observateur« Ces contacts se présentaient sous forme de SMS ou de conversations parfois très longues, aux heures ouvrables, mais également en soirée. »

Des contacts fréquents et nombreux

Le tribunal a ainsi recensé la longue liste d’appels, et conclut sobrement, « manifestement, Isabelle Prévost-Desprez avait des contacts fréquents et nombreux avec des journalistes », et « ils ne pouvaient uniquement porter sur des questions de procédure ou de rôles d’audience comme l’affirme Isabelle Prévost-Desprez. Pour autant, le contenu de l’ensemble de ces SMS demeure inconnu à ce jour, et il ne peut donc en être déduit qu’ils concernent le contenu des procès-verbaux en cause. »

Quant à l’article du Monde, il est prouvé pour le tribunal que les journalistes savaient, la veille de la perquisition, ce que les enquêteurs recherchaient, puisqu’ils en avaient prévenu la rédaction : le tribunal en déduit qu’il y avait bien des fuites dans le dossier, ce qui n’est pas facilement contestable. Le président relève d’ailleurs que Figaro a publié le 9 juillet 2010 le fac-similé de la déposition de Claire Thibout, la comptable des Bettencourt, sans cette fois émouvoir personne.

Isabelle Prévost-Desprez de son côté a soutenu mordicus n’avoir parlé de la perquisition à aucun journaliste, mais s’est un peu pris les pieds dans le tapis à propos d’un SMS envoyé à Jacques Follorou le matin de la perquisition – « le tribunal ne peut que constater que les propos tenus par la prévenue quant au contenu de ce SMS de 9 h 13 sont embrouillés et ont varié au cours de ses différentes dépositions », dit sévèrement le jugement.

Qui a parlé ?

Reste « qu’il est surprenant que, si Isabelle Prévost-Desprez est à l’origine de l’information, elle divulgue des éléments inexacts » : Le Monde avait en effet annoncé avec enthousiasme qu’elle dirigeait la perquisition chez la vieille dame à Neuilly alors qu’elle était restée sagement dans son bureau. Et bien qu’elle ait été jointe par un journaliste de Mediapart la veille, le site en ligne n’a donné l’information qu’après la sortie du Monde le lendemain, ce qui n’est pas dans ses habitudes.

Plusieurs autres personnes d’ailleurs ont pu parler, un policier a appelé sa copine, l’infirmier de Liliane Bettencourt a téléphoné tout de suite à Euro RSCG, chargé de la communication de la vieille dame, « qui a eu un rôle particulièrement actif auprès des médias », une autre journaliste du Monde a appelé la police – l’instruction ne s’est pas du tout intéressée à ces autres contacts téléphoniques, et le tribunal a jeté un caillou de belle taille dans le jardin du juge d’instruction, Philippe Darphin, qui s’est passionné pour la seule vie d’Isabelle Prévost-Desprez, au point d’aller éplucher ses comptes bancaires.

En somme, « s’il existe bien chronologiquement un rapprochement certain, indique le tribunal, entre les auditions réalisées par Isabelle Prévost-Desprez (…) les SMS envoyé et l’article du Monde daté du 2 septembre 2010, pour autant il n’est pas démontré de façon certaine que le contenu des éléments a été transmis par Isabelle Prévost-Desprez. » En somme, « s’il existe des coïncidences troublantes qui constituent des charges à l’encontre d’Isabelle Prévost-Desprez, l’absence d’exploitation des autres hypothèses quant aux personnes qui ont communiqué (…) ne permet pas à la juridiction de jugement de démontrer que la magistrate a effectivement divulgué au journaliste l’information sur la perquisition et sur les procès-verbaux » : bref, si le juge d’instruction avait fait son boulot, on ne serait pas là.

#AffaireBettencourt La juge Prévost-Desprez relaxée de « violation du secret professionnel »

(SIPA)

Le tribunal correctionnel de Bordeaux a relaxé la juge de Nanterre Isabelle Prévost-Desprez, qui était poursuivie pour « violation du secret professionnel » pendant l’enquête sur la retentissante affaire Bettencourt, dont elle fut un acteur-clé avant d’en être dessaisie.

Isabelle Prévost-Desprez était notamment soupçonnée d’avoir révélé, dans des SMS, les détails d’une perquisition au domicile de Liliane Bettencourt, héritière du groupe de cosmétiques L’Oréal, le 1er septembre 2010, relatée le jour même dans « Le Monde ». Le ministère public avait requis contre la présidente de la 15e chambre correctionnelle de Nanterre une peine de 5.000 euros d’amende.

(avec AFP)

Affaire Bettencourt: la juge Prévost-Desprez relaxée

 LEXPRESS.fr avec AFP

isabelle-prevost-despre-le-le-2-septembre-2010-a-nanterre_618429La juge Isabelle Prévost-Desprez était soupçonnée d’avoir révélé des détails de la perquisition au domicile de Liliane BettencourtAFP/Archives/Fred Dufour

Soupçonnée d’avoir révélé des détails de l’enquête sur l’affaire Bettencourt, Isabelle Prévost-Desprez était poursuivie pour « violation du secret professionnel ». Elle a été relaxée ce jeudi par le tribunal correctionnel.

Le tribunal correctionnel de Bordeaux a relaxé jeudi Isabelle Prévost-Desprez. La juge de Nanterre était poursuivie pour « violation du secret professionnel » pendant l’enquête sur la retentissante affaire Bettencourt. Elle fut un acteur-clé de cette affaire avant d’en être dessaisie.

Isabelle Prévost-Desprez était notamment soupçonnée d’avoir révélé, dans des SMS, les détails d’une perquisition au domicile de Liliane Bettencourt, héritière du groupe de cosmétiques L’Oréal, le 1er septembre 2010. Une perquisition relatée le jour même dans Le Monde. Le ministère public avait requis contre la présidente de la 15e chambre correctionnelle de Nanterre une peine de 5000 euros d’amende.

ffaire Bettencourt : la juge Isabelle Prévost-Desprez acquittée

Le tribunal correctionnel de Bordeaux a relaxé jeudi la juge de Nanterre, poursuivie pour « violation du secret professionnel » pendant l’enquête.

Source AFP | Source Le Point.fr02/07/2015 

Atteinte de la maladie d'Alzheimer, l'héritière Liliane Bettencourt est aujourd'hui sous tutelle.
Atteinte de la maladie d’Alzheimer, l’héritière Liliane Bettencourt est aujourd’hui sous tutelle.AFP©FRANCOIS GUILLOT

Bettencourt acte 3: la juge Isabelle Prévost-Desprez blanchie par ses pairs

Le tribunal correctionnel de Bordeaux a relaxé jeudi la juge de Nanterre Isabelle Prévost-Desprez, qui était poursuivie pour « violation du secret professionnel » durant l’enquête sur la retentissante affaire Bettencourt, dont elle fut un acteur-clé avant d’en être dessaisie.

Mme Prévost-Desprez a accueilli par un large sourire de soulagement l’annonce de sa relaxe, puis, les larmes aux yeux, a étreint longuement sa fille avant de quitter le Palais de Justice, sans un mot à la presse.

Elle était notamment soupçonnée d’avoir révélé, dans des SMS, les détails d’une perquisition au domicile de Liliane Bettencourt, héritière du groupe de cosmétiques L’Oréal, le 1er septembre 2010, relatée le jour même dans Le Monde par le journaliste Jacques Follorou, avec qui la magistrate avait cosigné un livre quelques mois plus tôt.

Elle s’en est toujours défendue, soutenant n’avoir eu que des « discussions personnelles » avec son « ami » Jacques Follorou.

Mais durant l’audience, début juin, le procureur Gérard Aldigé avait estimé que « les explications d’Isabelle Prévost-Desprez ne résistaient pas au nombre considérable des SMS adressés à M. Follorou ». Pour cette « faute déontologique », il avait requis une peine légère, presque symbolique, de 5.000 euros d’amende.

Jeudi, le tribunal ne l’a pas suivi. Son président Denis Roucou a certes souligné l’existence de « coïncidences troublantes » dans ce dossier, mais a estimé qu’elles ne constituaient « pas des preuves suffisantes » de la culpabilité de sa collègue magistrate.

L’enquête a bien identifié des SMS échangés avec le journaliste du Monde au début de la perquisition, mais n’a jamais pu en établir la teneur, a-t-il rappelé.

Durant le procès, Denis Roucou avait lui-même semé le doute en relevant aussi l’existence d’autres contacts téléphoniques, concomitants à la fameuse perquisition, entre des proches de la milliardaire. Comme cet échange entre l’infirmier de la milliardaire, Alain Thurin – poursuivi pour abus de faiblesse au détriment de la vieille dame – et Marion Bougeard, « conseil en communication » de la milliardaire, qui gérait alors ses relations avec la presse.

En rendant son jugement, il a réaffirmé « qu’aucune investigation n’avait été menée », notamment « sur les contacts téléphoniques qu’a pu avoir avec des journalistes Mme Bougeard, ancienne collaboratrice de Me Georges Kiejman », alors avocat de la milliardaire.

– Dossier politiquement sensible –

« L’absence d’exploitation » d’autres pistes n’a donc pas permis « de démontrer que la magistrate a effectivement divulgué l’information concernant la perquisition », a souligné le président Roucou.

Il est même allé plus loin en estimant que « la question du mobile et de l’intérêt de diffuser l’information » méritait d’être posée. « Au regard de la volonté de Me Kiejman d’obtenir un dessaisissement » de la juge de Nanterre, a expliqué M. Roucou, « le tribunal ne peut écarter la thèse développée par la défense selon laquelle Me Kiejman avait tout intérêt à ce que l’information soit diffusée pour ensuite l’utiliser » contre Mme Prévost-Desprez.

Lors du procès les 8 et 9 juin, les avocats de la défense et de Liliane Bettencourt, partie civile au procès, avaient unanimement pointé du doigt la responsabilité de Me Kiejman.

Pour Me François Saint-Pierre, il ne faisait aucun doute que la plainte déposée par Me Kiejman contre sa cliente était une tentative de « déstabilisation » visant à l’empêcher d’enquêter sur ce dossier politiquement sensible. Dans le cadre d’un supplément d’information, Isabelle Prévost-Desprez s’intéressait en effet aux liens éventuels entre la femme la plus riche de France et le financement de l’UMP, parti du président alors en exercice, Nicolas Sarkozy. L’ex-chef de l?État, soupçonné d’abus de faiblesse dans un autre volet du dossier, a bénéficié d’un non-lieu en 2013.

Pour Me Benoît Ducos-Ader, avocat de Liliane Bettencourt depuis le dépaysement de l’ensemble du dossier à Bordeaux, Me Kiejman a bel et bien pris « une initiative personnelle » qui n’était pas dans l’intérêt de sa cliente, déjà atteinte de la maladie d’Alzheimer et aujourd’hui sous tutelle.

L’avocat bordelais, qui s’est félicité de la relaxe de Mme Prévost-Desprez à la sortie du tribunal jeudi, avait même évoqué « un véritable cabinet noir » en citant les noms de Georges Kiejman, Patrice de Maistre, gestionnaire de fortune de la milliardaire, et du photographe François-Marie Banier, son confident.

Ces deux derniers ont été condamnés en mai à de la prison ferme pour abus de faiblesse à son encontre et ont fait appel de ce jugement.

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Commentaires

Pierre A  • 

Normal, les loups ne se mangent pas entre-eux.

Masse André  • 

le corporatisme ils ne se condamnent pas entre eux chez ces gens là !!!!

Baroufff  • 

Les copains du syndicat de la magistrature l’ont sauvée….

lafripouille  •

rien d’anormal puisqu’il n’y a aucune preuve contre elle

D  • 

on voyait mal la justice se condamner elle-même. rien de surprenant dans cette parodie de justice.

Jcesar  • 

Les loups ne se mangent pas entre eux , les juges non plus . Bizarrement ils sont toujours assurés de l’impunité même quand ils se trompent et envoient des innocents en prison,quand ils transgressent les lois en autorisant des écoutes téléphoniques illégales,violent le secret le l’instruction,quand ils insultent les concitoyens en dressant un mur des #$%$ .
Quoi qu’ils fassent ils ont toujours raison , invulnérables et blancs comme neige .

Shaposhnikoff  •

Quelle joie de constater que nous avons les magistrats les plus honnêtes qui soient, les hommes et les femmes politiques les plus droits qui existent ! Malgré tout ce que les esprits chagrins essaient de nous dire sur eux, ils sont TOUJOURS relaxés, TOUJOURS lavés de tout soupçon. La monde entier nous envie ces honnêtes gens.

Tsi Ehta  • 

  • Un juge protège une collègue. Normal.
    Shaposhnikoff  •              Quand on pense qu’on nous a collé la loi scélérate Le Chapelier et qu’on doit encore se taper le corporatisme de ces rats en hermine.
    LEPETANT  •                    Je n’ai pas pensé une seule seconde que des juges de « gôche » puissent condamner une magistrate de « gôche ».

    Gref65                             Le procureur M. ALDIGE est un magistrat impartial et son réquisitoire a du être motivé et surtout réfléchi et ce n’est pas le procureur qui a la décision. Alors n’associez pas tous les magistrats sous le titre de juge rouge. Comme dans tous les corps il y a des personnes intègrent. Si je me permet c’est que j’ai eu la chance de travailler avec ce magistrat
     MCATH                         Scandale     Il y en a qui pour beaucoup moins sont condamnés ! Cherchez l’erreur
    alsaco68                        ! ! Quel drôle de résultat !
    Cabou_                         Acquitée par les copains constructeurs du mur des cons, normal
    jpleg                              OhIl faut bien savoir que dans le monde de la justice, les membres appartenant à cette institution sont très très rarement condamnés. Ce petit monde se protège mutuellement !
    Benes                             Bravo Et cela ne vous empêche pas de dormir ?
    justereflechir                Comme dit l’adageLes loups ne mangent pas entre-eux, surtout quand ils sont rouges !
    libéral avancé                Etonnant, Un magistrat innocenté par d’autres magistrats, qui en aurait douté
    malia41                           Entre collègues                       On ne s’attendait pas à autre chose     Indépendance judiciaire…       C’est une règle ! La justice est irréprochable surtout dans une République « exemplaire » ! Dès lors, faut-il s’étonner de la relaxe (? ) acquittement ( ?) de la juge Prévot-Desprez ? L’esprit de corps…
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