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Bouygues dit non au mariage proposé par Patrick Drahi : jusqu’à quand ?

La Tribune

Pierre ManièreIl

Le conseil d’administration de Bouygues a refusé mardi soir l’offre de Patrick Drahi sur sa filiale Bouygues Telecom, sans doute dans l’attente d’une offre encore meilleure. Des prix pratiqués au déploiement du très haut débit, en passant par les positionnements concurrentiels des opérateurs…, un mariage entre SFR-Numericable et Bouygues Telecom changerait profondément le visage du secteur.

Le petit monde des télécoms est sur le qui-vive. Bien que refusé à ce stade par Bouygues, l’offre spectaculaire de 10 milliards d’euros de Patrick Drahi, le patron d’Altice (la maison-mère de Numericable-SFR) pour faire tomber Bouygues Telecom dans son escarcelle a tout pour chambouler le secteur. Pour l’heure, rien ne dit que le mariage entre Numericable-SFR et Bouygues Telecom se fera : le conseil de Bouygues a dit non ce mardi soir à l’offre, dans l’attente sans doute d’un prix encore plus élevé. Mais la question du retour à un marché à trois opérateurs au lieu de quatre reste sur la table.

Si Patrick Drahi finit par réussir son deal, le nouveau groupe SFR-Bouygues Telecom accoucherait d’un mastodonte au niveau national. Il pèserait quelques 26 millions d’abonnés dans le mobile, et 9 millions d’abonnés dans le fixe. En 2014, Numericable-SFR affiche un chiffre d’affaires de 11,4 milliards d’euros, contre près de 4,5 milliards pour Bouygues Telecom. Selon l’Idate, un think tank spécialisé dans les télécoms, la nouvelle entité disposerait d’une part de marché dans le mobile d’un peu moins de 50% dans l’Hexagone. Orange se situerait en deuxième position (43%), loin devant Free (7%). En revanche, dans le fixe, « les parts de marché seraient « moins dispersées », souligne l’Idate, qui crédite Free de 23,5% du marché, contre 41,5 pour Orange, et 35% pour « le nouvel SFR ».

Toutefois, ces chiffres sont à prendre avec précaution. De fait, pour avoir le feu vert de l’Autorité de la concurrence sur l’opération, certains actifs seront probablement cédés. Iliad (Free) est à l’affût. Dans un communiqué publié lundi, le groupe de Xavier Niel affirme être « en négociations exclusives avec Numericable-SFR pour l’achat d’un portefeuille d’actifs » dans le cadre de ce possible mariage. Concrètement, Free pourrait récupérer une partie du réseau de Bouygues Telecom, pour un montant avoisinant les 2 milliards d’euros, selon l’Idate. Une aubaine pour Iliad, qui, dans ce cas, « peut anticiper la fin des accords d’itinérance avec Orange et bénéficier d’un réseau 4G disposant d’une des deux meilleure couverture nationale, et qu’il n’aura pas à construire », souligne le think tank. Pour mémoire, l’itinérance permet à Free d’utiliser les antennes 2G et 3G d’Orange dans les zones où il ne dispose pas d’antennes. Avec ce réseau, Free disposerait d’un formidable levier de croissance, et pourrait refaire rapidement son retard dans le mobile. Sondés par La Tribune, plusieurs experts jugent qu’une part de marché avoisinant les 25% serait tout à fait crédible.

Une équation à quatre inconnues

Ainsi, le passage de quatre à trois opérateurs devrait avoir un impact immédiat et puissant sur tout le secteur. Mais surtout, ce serait probablement le début d’une mue profonde, qui pourrait accoucher d’un nouvel écosystème concurrentiel. Rien de moins. Pour comprendre les enjeux, il faut coucher sur papier une équation à quatre inconnues. Il y d’abord les tarifs pratiqués par les opérateurs pour leurs offres, Internet et mobiles, leurs lourds investissements, les emplois du secteur, et sa compétitivité, stratégique pour tout l’écosystème numérique. Cette équation doit aussi être résolue dans un contexte de disette budgétaire pour l’Etat qui attend du secteur privé qu’il finance de lourds investissements dans les réseaux.

Les prix ? En cas de consolidation, plusieurs associations de consommateurs redoutent une hausse des factures, particulièrement malvenue en ces temps de crise du pouvoir d’achat. « Le passage de quatre à trois opérateurs entraîne toujours une hausse des prix pour les consommateurs », souligne à l’AFP Cédric Musso, directeur de l’action politique à l’UFC-Que Choisir. Il prend en exemple l’Autriche, dont le passage de quatre à trois opérateurs a conduit à une hausse des tarifs de 10% en trois mois.

Pour Sylvain Chevallier, spécialiste des télécoms chez BearingPoint, il ne devrait pas y avoir de flambée des factures dans l’Hexagone en cas de consolidation. En revanche, « cela permettrait de stabiliser les prix, et surtout arrêter la baisse effrénée qu’on a connu dans le mobile, mais aussi sur l’Internet ». Sur ce créneau, il rappelle la politique agressive de Bouygues Telecom, qui dispose d’offres ADSL à partir de 19,99 euros, et fibre à compter de 25,99 euros. En clair, ces offres pourraient donc disparaître, et le marché pourrait trouver un point d’équilibre autour des offres des autres opérateurs, oscillant entre 35 à 45 euros.

Vers une « stabilisation » des prix ?

Profitant à fond des taux bas et du levier de la dette, Patrick Drahi veut mettre la main sans traîner sur Bouygues Telecom.© Fournis par La Tribune Profitant à fond des taux bas et du levier de la dette, Patrick Drahi veut mettre la main sans traîner sur Bouygues Telecom. Pour Sylvain Chevallier, un passage à trois opérateurs sonnerait probablement la fin des dégriffes, des ventes privées et autres promotions en pagaille que multiplient les opérateurs pour ferrer de nouveaux clients. A ses yeux, cette « stabilisation » pourrait permettre aux opérateurs de retrouver des marges suffisantes pour accélérer leurs investissements.

Or, l’an dernier, ceux-ci ont chuté de 300 millions d’euros. Aux yeux de plusieurs experts, cette baisse est directement imputable à la guerre des prix ces dernières années en France. Ainsi, les tarifs de la téléphonie mobile ont décliné de 40% depuis janvier 2012 et l’arrivée du « trublion » Free Mobile. Spécialiste des télécoms à l’Idate, Didier Pouillot relève ainsi que « les revenus mensuels par utilisateur pour les opérateurs sont de 40 à 50 euros aux Etats-Unis, contre souvent moins de 20 euros en Europe ». Résultat, « quand la 4G est arrivée en France en 2012, 80% à 90% de la population américaine était déjà couverte ! », souligne Sylvain Chevallier.

En stabilisant, a minima, les prix, les opérateurs espèrent donc retrouver plus de marge pour investir davantage, et ne pas prendre de retard, entre autres, sur la 5G. « La concentration horizontale est une évidence économique. C’est le besoin en investissement, dans la fibre, la 4G, les fréquences qui déclenche la consolidation », estimait Stéphane Richard il y a quelques mois, interrogé par Bloomberg au Forum économique de Davos. Depuis quelques mois, le patron d’Orange n’a de cesse, à chaque intervention publique, de plaider pour une consolidation an en France et sur le Vieux Continent.

Les « doutes » d’Emmanuel Macron sur l’investissement

A ce sujet, Emmanuel Macron a changé son fusil d’épaule. Après avoir longtemps milité contre une concentration des télécoms en France, jusqu’à exprimer dimanche des réserves sur l’offre de Patrick Drahi, qu’il a reçu à Bercy, il a affirmé ce mardi lors d’une conférence de l’EBG qu’il n’avait « pas de religion » sur la nécessité d’avoir trois ou quatre opérateurs. Le ministre de l’Economie a évoqué « un doute », à « court terme », sur « ce que ça apporte à l’investissement […] et à l’emploi ». Il fait ainsi référence à la chasse aux coûts qui a suivi le rachat de SFR par Numericable, menée tambour battant par les équipes de Patrick Drahi.

Reste que la question des investissements est cruciale pour la compétitivité de la France. Elle impacte directement la capacité des entreprises à profiter de la révolution numérique. Mais aussi celle des usagers, de plus en plus friands de connectivité, comme en témoigne l’explosion de la vidéo sur smartphone ou l’engouement pour les vidéos en streaming. Or la France a pris du retard dans le déploiement du très haut débit. Le gouvernement a lancé un plan pour couvrir l’Hexagone d’ici à 2022. Mais il s’inquiète que les mariages entre opérateurs ne viennent retarder l’échéance. Il en va de même pour la couverture des zones blanches, dont le gouvernement a arraché un engagement auprès des acteurs le mois dernier.

Dans ce possible mariage entre Numericable-SFR et Bouygues Telecom, la préservation des emplois suscite des craintes légitimes. « Il y aura forcément un impact fort, confie un analyste. Les deux groupes ont des activités similaires dans le mobile. Il y a beaucoup de doublons, et notamment dans les divisions où il y a beaucoup d’employés. » D’après lui, « les call centers, les équipes en charge des systèmes d’informations, les directions marketing ou financières » sont particulièrement visées. Pour limiter (un peu) la casse, Orange pourrait récupérer une partie des salariés de Bouygues Telecom. Si ceux-ci sont jeunes et bien formés, ils pourraient intéresser l’opérateur historique, qui est confronté au défi d’une pyramide des âges vieillissante…

Quid des nouvelles fréquences 4G ?

Enfin, si le gouvernement est particulièrement sensible aux conséquences de ce rapprochement, c’est qu’il vient aussi chambouler l’appel d’offre pour les nouvelles fréquences 4G. L’Arcep, le régulateur des télécoms a dévoilé la semaine dernière les modalités d’attribution de ces actifs. Ceux-ci doivent permettre aux opérateurs de faire face à l’augmentation du trafic à horizon 2020. L’Etat souhaite en retirer au moins 2,5 milliards d’euros, sachant que cette manne, inscrite au projet de loi de finances 2015, doit permettre à la Défense de boucler son budget. Problème, ce système d’enchères a été élaboré pour quatre opérateurs. Et non trois ! De fait, Free, qui pourrait récupérer des fréquences auprès de Bouygues Telecom, pourrait notamment ne plus être aussi intéressé par l’appel d’offre. Dans ce contexte, un bon connaisseur du dossier confie qu’un scénario noir où tous les blocs mis en vente ne trouvent pas preneur n’est plus utopique…

Dans ce contexte, reste à savoir quel sera le nouveau positionnement des opérateurs si ce « nouvel SFR » devait voir le jour. D’après un analyste, celui-ci se positionnerait sur des offres de qualité pour concurrencer frontalement Orange. Mais que fera Free ? D’après lui, le « trublion » ne devrait pas changer de stratégie, en jouant sur des coûts bas et des offres à bas prix. Et ce, même avec une part de marché plus importante. Dans tous les cas, la possibilité d’un mariage dans le secteur aura rarement suscité autant d’émoi.

Bouygues repousse l’offre de rachat par SFR

Le Monde.fr | 23.06.2015 à 21h04 • Mis à jour le 24.06.2015 à 03h40

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Le groupe Bouygues a repoussé, mardi soir, l'offre de rachat de Bouygues Telecom par Altice, qui détient SFR.

Bouygues a dit « non » à SFR. Le conseil d’administration du groupe a décidé de ne pas donner suite à l’offre de rachat de sa filiale Bouygues Télécom. Numericable-SFR, propriété du groupe Altice, dirigé par Patrick Drahi, offrait 10 milliards d’euros pour cette acquisition. Dans un communiqué diffusé mardi 23 juin au soir, Bouygues évoque une décision prise « à l’unanimité » :

« Le conseil est convaincu que le marché des télécoms est à l’aube d’une nouvelle ère de croissance portée par le développement exponentiel des usages numériques. Il considère que Bouygues Telecom est particulièrement bien placé pour bénéficier de cette croissance sachant qu’il dispose d’un avantage concurrentiel fort et durable grâce à son portefeuille de fréquences et à son réseau 4G reconnu comme l’un des meilleurs du marché. »

Macron y était opposé

Le conseil a par ailleurs estimé que « l’offre présente un risque d’exécution important qu’il ne revient pas à Bouygues d’assumer ».

Lire aussi : Après l’offre d’achat de SFR-Numéricable, Martin Bouygues en plein dilemme

L’annonce ne plaisait pas non plus au gouvernement et en particulier au ministre de l’économie, Emmanuel Macron, qui craignait que cette « consolidation » ne soit dommageable au secteur de la téléphonie mobile. « L’emploi, l’investissement et le meilleur service aux consommateurs sont les priorités. Or les conséquences d’une consolidation sont à ces égards négatives, comme l’ont prouvé les cas récents en Europe », avait-il déclaré dimanche.

Interrogé par l’AFP dans la soirée, Altice n’avait pas réagi à la décision du conseil d’administration du groupe industriel. Patrick Drahi, le fondateur d’Altice, avait réussi, en mars 2014, à s’emparer de SFR à l’issue d’une longue bataille contre Bouygues Télécom. L’homme d’affaires est à la tête d’un empire des médias et des télécommunications comprenant notamment les publications L’Express et Libération.

Lire aussi : Patrick Drahi, « chouchou » des marchés de la dette

Lundi, le directeur général de Numericable-SFR avait tenté de répondre aux objections, soulevées dès dimanche par M. Macron puis réaffirmées par le premier ministre Manuel Valls, en assurant que ce projet se faisait « au bénéfice de l’investissement et des consommateurs ». « La réunion de nos deux réseaux va nous permettre de donner un coup d’accélérateur aux investissements dans le très haut débit fixe et mobile sur tout le territoire », avait assuré Eric Denoyer.

Quelles conséquences ?

Bouygues Telecom avait déjà par le passé suscité la convoitise de ses autres concurrents. Orange et Free (Iliad) avaient lancé des offres, toutes rejetées par Martin Bouygues. « Vous vendriez votre femme, vous ? » avait-il expliqué, en février dernier, en présentant les résultats du groupe.

Une consolidation dans le secteur était pourtant jugée bénéfique par une majorité d’analystes. L’agence de notation Moody’s trouvait qu’une telle opération avait du « sens en termes de stratégie » pour Numericable-SFR et « offr(ait) la possibilité de réaliser d’importantes réductions de coûts en terme de doublons et de structure organisationnelle ».

Les syndicats des deux opérateurs étaient à l’inverse très inquiets et mettaient en garde contre les conséquences sur l’emploi, en raison de « doublons à la pelle » entre Numericable-SFR (environ 10 600 salariés) et Bouygues Telecom (environ 8 800).

Bouygues repousse l’offre d’Altice sur sa filiale télécoms

PARIS (Reuters) – Bouygues a rejeté mardi soir l’offre du groupe européen de télécoms Altice, maison-mère de Numericable-SFR, en vue du rachat de sa filiale Bouygues Telecom, estimant que cette dernière est en mesure aujourd’hui de poursuivre seule son développement.

Le groupe de BTP, de médias et de télécommunications explique notamment avoir jugé les risques d’exécution d’un mariage entre sa filiale et Numericable-SFR trop importants au regard des enjeux de concurrence.

« Aucune réponse pleinement satisfaisante n’est apportée par Altice sur ce sujet essentiel (du droit de la concurrence, ndlr) qui serait étudié en détail par l’Autorité de la concurrence », souligne Bouygues dans un communiqué diffusé à l’issue de la réunion de son conseil d’administration.

« En outre, elle ne prend pas en compte le lancement imminent de la procédure d’attribution des fréquences 700 MHz et ses conséquences sur l’opération », poursuit le groupe.

Bouygues justifie également sa décision par les risques sociaux et en termes d’emplois que pourrait comporter un tel mariage, déjà vu d’un très mauvais oeil par le gouvernement.

Et pour illustrer sa capacité à rester indépendant, le groupe de BTP souligne que Bouygues Telecom a les moyens de retrouver à l’horizon 2017 une marge d’Ebitda de 25% minimum, son niveau de 2011, avant la guerre des prix qui a suivi l’arrivée de Free.

Personne n’était joignable dans l’immédiat chez Altice pour un commentaire.

Altice a proposé à Bouygues de racheter sa filiale de télécoms pour un montant qui pourrait atteindre, selon des sources, 10 milliards d’euros en numéraire.

L’ENJEU DES FRÉQUENCES 700 MHZ

Une telle opération aurait eu pour conséquence de ramener le marché français des télécoms à trois opérateurs, contre quatre actuellement depuis l’arrivée de Free (Iliad) début 2012. Elle aurait aussi donné naissance à un nouveau leader du marché français, devant l’opérateur historique Orange.

Mais, les ambitions d’Altice et de son patron Patrick Drahi se sont vite heurtées aux réticences du gouvernement français qui redoutait qu’un rachat de Bouygues Telecom n’entraîne d’importantes suppressions de postes ainsi qu’une baisse des investissements dans les réseaux très haut débit. et

Depuis dimanche, le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, a multiplié les avertissements.

Devant les députés, le ministre, qui a reçu Patrick Drahi en début de soirée, a maintenu mardi la pression sur les protagonistes en réaffirmant ses craintes d’une « casse sociale ».

« Il est à peu près évident qu’il y aura des destructions d’emploi à cause de cette opération. C’est ce qu’on appelle joliment des synergies », a ainsi déclaré le ministre lors de la séance des questions à l’Assemblée nationale.

Mais au-delà des inquiétudes sur le volet social et sur celui des investissements, le gouvernement redoutait surtout, selon des sources proches du dossier, qu’un mariage entre Bouygues Telecom et Numericable-SFR ne remette en cause la vente des fréquences 700 MHz pour laquelle le gouvernement doit lancer une procédure d’enchères cette année afin d’accélérer le déploiement de la 4G sur l’ensemble du territoire.

Grâce à ces enchères, dont la procédure a été calibrée sur la base de quatre opérateurs, l’Etat espère récolter près de 2,5 milliards d’euros de recettes déjà inscrites dans le projet de loi de Finances 2015 au titre des crédits pour la Défense.

En Bourse, avant le communiqué de Bouygues, le titre Numericable-SFR a clôturé mardi en repli de 0,60% à 54,46 euros, tandis que Bouygues a terminé en baisse de 0,13% à 38,02 euros.

A Amsterdam, l’action Altice a terminé la séance à 130 euros (+0,27%).

Les trois arguments de Bouygues pour refuser les 10 milliards de SFR

Patrick Drahi va devoir revoir une nouvelle fois son offre s’il tient vraiment à s’offrir Bouygues Telecom. Mais Martin Bouygues est-il vraiment prêt à lâcher prise un jour ?

Martin Bouygues, le 17 janvier 2014. (AFP PHOTO JOEL SAGET)Martin Bouygues, le 17 janvier 2014. (AFP PHOTO JOEL SAGET)

Jamais deux sans trois ? Patrick Drahi va devoir revoir une nouvelle fois son offre s’il tient vraiment à fusionner sa société SFR avec son concurrent Bouygues Telecom : après un conseil d’administration deux fois plus long que prévu – ce qui était mauvais signe – Martin Bouygues a refusé ses dix milliards, avec 3 arguments :

  • Le premier, celui qui sera le plus facile à retoquer : Martin Bouygues pense que sa filiale, qu’il a créée et développée lui-même, et à laquelle il tient sentimentalement, peut vivre toute seule. Depuis 3 ans, elle a été ébranlée par l’irruption de Free Mobile, et elle a dû licencier, faire des pertes, se réinventer, mais Martin Bouygues est persuadé d’avoir mangé son pain noir et de pouvoir continuer tout seul. Vrai ou faux ? On ne connaît aucun chef d’entreprise, même très attaché à sa société, qui ne finisse par céder quand le chèque s’épaissit. Drahi avait déjà proposé 7,5 milliards d’euros il y a 3 mois, il est passé à 10 milliards. S’il passe à 12 milliards, peut être que Martin Bouygues reverra son attachement… Même s’il n’a pas forcément tort non plus : après 2.000 suppressions de poste, son entreprise est sans doute retaillée pour pouvoir résister à la concurrence de Free et SFR.
  • Le deuxième argument va demander une réponse bien plus compliquée à Drahi qu’un simple prix : Bouygues fait remarquer que nul ne sait ce que décidera l’autorité de la concurrence. Certaines fusions ont déjà été retoquées dans le passé, entrainant de grosses difficultés pour les sociétés en question. Martin Bouygues fait remarquer que des enchères vont bientôt démarrer pour acheter à l’Etat des nouvelles fréquences de 4G. Que faire alors si SFR est en train de racheter la société : se battre quand même pour les emporter et faire monter les prix, ou pas ? La sagesse l’oblige à les acheter, malgré tout. Ce qui fait perdre de son intérêt à la fusion. Pour contrer cet argument, Drahi n’a qu’une issue : faire une offre ferme, sans conditions. C’est risqué.
  • Enfin le troisième argument est étonnant : Bouygues met en avant le coté social pour dire non. C’est à double tranchant : d’abord, s’il changeait d’avis dans le futur, on lui rétorquera alors, que sa conscience sociale avait donc un prix. Il est pourtant vrai que le groupe Bouygues a toujours été soucieux de ses salariés… mais pas forcément de ses sous-traitants. Et qu’il a menacé récemment de licencier les équipes de LCI. Bref, cet argument est étrange, voire dérangeant : soit le patron est en train de jouer avec les craintes de ses salariés – et ce n’est pas vraiment son style – soit il n’a vraiment pas l’intention de vendre la société, quel que soit le prix que proposera Drahi. Et ça, c’est encore plus incroyable que tout. Et ça obligera Drahi à faire un chèque vraiment, mais alors vraiment gros pour l’emporter
  • Numericable-SFR offre 10 milliards d’euros pour racheter Bouygues Telecom

      • Par Elsa Bembaron

        Offre de SFR: « Tout n’est pas à vendre » souligne Martin Bouygues

        LEXPRESS.fr

        martin-bouygues-5_4645808Martin Bouygues a émis des doutes quant à la solidité de la proposition d’Altice AFP/ERIC PIERMONT

        Le patron de Bouygues précise qu’il n’y a pas eu de pression politique dans sa décision de refuser l’offre de rachat de Patrick Drahi.

        « Je considère qu’une entreprise c’est pas une marchandise comme une autre, tout n’est pas à vendre ». Ce mercredi, Martin Bouygues a justifié au micro de RTL le rejet de l’offre du patron d’Altice, Patrick Drahi, de quelque 10 milliards d’euros pour le rachat de sa filiale Bouygues Telecom.

        Le conseil d’administration du groupe Bouygues a rejeté mardi soir à l’unanimité l’offre d’Altice, maison-mère de l’opérateur Numericable-SFR, malgré une offre financière bien supérieure aux estimations de la valorisation de la filiale télécom.

        Le patron de Bouygues et fondateur de la filiale télécom a souligné qu' »il n’y a pas eu de pression politique » dans cette décision. « Ils m’ont laissé assumer le choix que je devais faire », a indiqué le responsable qui a confirmé par ailleurs avoir été reçu par le président François Hollande mardi.

        « Des offres extrêmement crédibles »

        Martin Bouygues a émis des doutes quant à la solidité de la proposition d’Altice: « Je ne vois pas comment M. Drahi pourrait monter un financement sérieux et en même temps pouvoir assumer tous les remèdes » qui seraient imposés par l’Autorité de la concurrence, a-t-il noté.

        Il s’est d’ailleurs dit « un peu étonné de voir que M. Drahi et M. Niel (Xavier Niel, patron d’Iliad, maison mère de Free, NDLR) se sont mis bras dessus bras dessous dans cette affaire », faisant référence à l’intention annoncée par l’opérateur Free de participer à l’offre d’Altice en négociant une reprise d’une partie des actifs de Bouygues Telecom.

        Bouygues Telecom peut continuer à se développer de façon autonome, assure Martin Bouygues. « Nous avons recréé un projet d’entreprise pour Bouygues Telecom avec beaucoup de sacrifices de la part des salariés et je pense que nous avons à présent des offres extrêmement crédibles », a-t-il relevé.

        « Depuis six mois dans le mobile nous avons une conquête de nouveaux clients qui est devenue forte, et dans le fixe avec notre offre à 19,99 euros, qui je reconnais déstabilise nos concurrents », a-t-il rappelé.

        Rachat de Bouygues Telecom par SFR: le conseil d’administration de Bouygues rejette l’offre de Patrick Drahi

        BOUYGUES TELECOM SFR

        ECONOMIE – C’est niet. Réuni ce mardi 23 juin pour discuter d’une éventuelle cession de sa filiale télécom à SFR, le conseil d’administration de Bouygues a voté contre, a fait savoir le groupe dans un communiqué. Le conseil s’était réuni pour examiner l’offre de rachat de Bouygues Telecom formulée par Patrick Drahi, le président et fondateur d’Altice, maison mère de l’opérateur Numericable-SFR, qui était reçu dans le même temps à Bercy par Emmanuel Macron.

        Ce n’est pas la première fois que Bouygues Telecom faisait l’objet d’une offre de la part de ses concurrents mais elles ont toutes été rejetées par Martin Bouygues jusqu’à présent. « Vous vendriez votre femme, vous? » avait-il répondu, à ce sujet, en présentant les résultats du groupe en février dernier. Et l’offre de Numericable-SFR, supérieure à 10 milliards d’euros, n’a une nouvelle fois pas convaincu le groupe Bouygues.

        « Réuni le mardi 23 juin 2015, le conseil d’administration de Bouygues a décidé à l’unanimité, après un examen approfondi, de ne pas donner suite à l’offre non sollicitée du groupe Altice visant à acquérir Bouygues Telecom », écrit Bouygues dans son communiqué, avant d’exposer les raisons de ce refus, évoquant notamment sa certitude que Bouygues Telecom est « particulièrement bien placé pour bénéficier » de la croissance du marché numérique.

        « Par ailleurs, le conseil estime que l’offre présente un risque d’exécution important qu’il ne revient pas à Bouygues d’assumer, en particulier en matière de droit de la concurrence, que ce soit dans le marché du Mobile ou du Fixe, explique encore Bouygues. Aucune réponse pleinement satisfaisante n’est apportée par Altice sur ce sujet essentiel qui serait étudié en détail par l’Autorité de la concurrence ».

        L’opérateur « dispose d’un avantage concurrentiel fort et durable grâce à son portefeuille de fréquences et son réseau 4G reconnu comme l’un des meilleurs du marché. (…) Enfin, l’accélération de la transformation de l’entreprise conduit à une structure de coût de plus en plus compétitive », assure aussi Bouygues dans son communiqué. Le groupe précise en outre que le « conseil a apporté une grande attention aux conséquences de la consolidation du marché sur l’emploi ainsi qu’aux risques sociaux nécessairement liés à une telle opération ».

        L’offre, si elle avait été acceptée, aurait de nouveau chamboulé le paysage des télécoms français et surtout celui de la téléphonie mobile. Le secteur avait été secoué en janvier 2012 en passant de trois à quatre opérateurs avec l’arrivée de Free, qui avait lancé une féroce guerre des prix et rebattu les cartes en termes de parts de marché. A la tête d’un empire des médias et des télécommunications comprenant notamment les publications L’Express et Libération, Patrick Drahi avait déjà réussi en mars 2014 à s’emparer de SFR à l’issue d’une longue bataille contre Bouygues Telecom.

        Lire aussi :

        • Les 5 conditions de Valls pour le rachat de Bouygues

        • Patrick Drahi, l’expert des gros coups financiers à fort endettement

        • SFR veut racheter Bouygues, « pas souhaitable » estime Macron

        Bouygues Telecom refuse l’offre de SFR

        Le Point –

        Le conseil d’administration de Bouygues a décidé de ne pas donner suite à l’offre faite par la maison mère de l’opérateur Numéricable-SFR.

        Bouygues Telecom a décidé mardi, en fin de journée, de repousser l'offre faite par Altice, la maison mère de l'opérateur Numericable-SFR,
        Bouygues Telecom a décidé mardi, en fin de journée, de repousser l’offre faite par Altice, la maison mère de l’opérateur Numericable-SFR, © Jacques Brinon/AP/SIPA

        Le conseil de Bouygues a finalement refusé la cession de la filiale Bouygues Telecom à SFR. Le conseil d’administration de Bouygues a décidé mardi, en fin de journée, de repousser l’offre faite par Altice, la maison mère de l’opérateur Numericable-SFR, a annoncé le groupe dans un communiqué. « Le conseil d’administration a décidé à l’unanimité, après un examen approfondi, de ne pas donner suite à l’offre non sollicitée du groupe Altice », a précisé le communiqué, ajoutant que « l’offre représente un risque d’exécution important qu’il ne revient pas à Bouygues d’assumer, en particulier en matière de droit à la concurrence ».

        Les dirigeants du groupe industriel considèrent par ailleurs que « Bouygues Telecom est particulièrement bien placé pour bénéficier » d’une nouvelle période « portée par le développement exponentiel des usages numériques ». L’opérateur « dispose d’un avantage concurrentiel fort et durable grâce à son portefeuille de fréquences et son réseau 4G reconnu comme l’un des meilleurs du marché. (…) Enfin, l’accélération de la transformation de l’entreprise conduit à une structure de coût de plus en plus compétitive », assure Bouygues dans son communiqué.

        Un risque de chambouler le paysage des télécoms

        Le groupe précise par ailleurs que le « conseil a apporté une grande attention aux conséquences de la consolidation du marché sur l’emploi ainsi qu’aux risques sociaux nécessairement liés à une telle opération ». L’offre, si elle avait été acceptée, aurait de nouveau chamboulé le paysage des télécoms français et surtout celui de la téléphonie mobile. Le secteur avait été secoué en janvier 2012 en passant de trois à quatre opérateurs avec l’arrivée de Free, qui avait lancé une féroce guerre des prix et rebattu les cartes en termes de parts de marché.

        À la tête d’un empire des médias et des télécommunications comprenant notamment les publications L’Express et Libération, Patrick Drahi avait déjà réussi en mars 2014 à s’emparer de SFR à l’issue d’une longue bataille contre Bouygues Telecom.

        Rencontre entre Macron et Drahi

        Reçu par Emmanuel Macron pendant que le conseil d’administration de Bouygues se réunissait, le président d’Altice s’était vu demander une « évaluation des résultats et des conséquences du rachat de SFR » par Numericable, l’an passé, a-t-on précisé de source proche du ministre. Le ministre « a rappelé la priorité du gouvernement et surtout sur l’emploi, l’investissement et le niveau des prix et a réaffirmé sa préoccupation sur ce que les synergies évoquées signifieraient en termes d’emploi », ajoute-t-on de même source.

        À sa sortie, M. Drahi s’était montré satisfait d’une rencontre entre « deux personnes sympathiques ». « On a parlé de l’investissement en France dans les télécoms, des emplois, des investissements des entreprises françaises à l’étranger, et puis nous ferons un point régulier si l’affaire devait avancer », avait alors indiqué le fondateur d’Altice.

        Bouygues Telecom: « Tout n’est pas à vendre », selon Martin Bouygues

        « Tout n’est pas a vendre », a déclaré mercredi le PDG du groupe Bouygues Martin Bouygues justifiant le rejet de l’offre du patron d’Altice Patrick Drahi de quelque 10 milliards d’euros sur sa filiale Bouygues Telecom.

        « Je considère qu’une entreprise c’est pas une marchandise comme une autre, tout n’est pas à vendre », a dit le chef d’entreprise interrogé sur l’antenne de RTL.

        Le conseil d’administration du groupe Bouygues a rejeté mardi soir à l’unanimité l’offre d’Altice, maison-mère de l’opérateur Numericable-SFR, malgré une offre financière bien supérieure aux estimations de la valorisation de la filiale télécom.

        Le patron de Bouygues et fondateur de la filiale télécom a souligné qu' »il n’y a pas eu de pression politique » dans cette décision.

        « Ils m’ont laissé assumer le choix que je devait faire », a indiqué le responsable qui a confirmé par ailleurs avoir été reçu par le président de la République François Hollande mardi.

        Martin Bouygues a émis des doutes sur la solidité de la proposition d’Altice: « Je ne vois pas comment M. Drahi pourrait monter un financement sérieux et en même temps pouvoir assumer tous les remèdes » qui seraient imposés par l’Autorité de la concurrence, a-t-il noté.

        Il s’est d’ailleurs dit « un peu étonné de voir que M. Drahi et M. Niel (Xavier Niel, patron d’Iliad, maison mère de Free, NDLR) se sont mis bras dessus bras dessous dans cette affaire », faisant référence à l’intention annoncée par l’opérateur Free de participer à l’offre d’Altice en négociant une reprise d’une partie des actifs de Bouygues Telecom.

        Bouygues Telecom peut continuer à se développer de façon autonome, assure Martin Bouygues. « Nous avons recréé un projet d’entreprise pour Bouygues Telecom avec beaucoup de sacrifices de la part des salariés et je pense que nous avons à présent des offres extrêmement crédibles », a-t-il relevé.

        « Depuis six mois dans le mobile nous avons une conquête de nouveaux clients qui est devenue forte, et dans le fixe avec notre offre à 19,99 euros, qui je reconnais déstabilise nos concurrents », a-t-il rappelé.

        Bouygues Telecom-SFR : Macron émet des doutes

        Les Echos
        • Emmanuel MACRON, ministre l’Economie

          Emmanuel MACRON, ministre de l’Economie – SIPA

        « Je n’ai pas de religion sur la question de savoir s’il faut 3 ou 4 opérateurs en France », a déclaré le ministre de l’Economie Emmanuel Macron, interrogé sur l’offre de rachat d’Altice sur Bouygues Telecom.

        Alors qu’Emmanuel Macron avait dimanche émis des doutes sur l’éventualité d’une consolidation dans le secteur des télécoms, le ministre de l’Economie a affirmé ce mardi sur le dossier Bouygues Telecom . « Je n’ai pas de religion sur la question de savoir s’il faut 3 ou 4 opérateurs en France », a-t-il indiqué à la conférence annuelle de l’Electronic Business Group (EBG) alors qu’il doit recevoir dans la soirée l’homme d’affaires Patrick Drahi pour évoquer son offre sur Bouygues Telecom.

        Emmanuel Macron a dit qu’il allait « écouter » M. Drahi présenter ses arguments. «  Il faut qu’on m’explique ce que ça apporte à l’investissement, ce que ça apporte à l’emploi, ce que ça apporte au consommateur français » mais « à ce stade j’ai plutôt un doute », a-t-il affirmé. Emmanuel Macron a déclaré que pour le gouvernement « la priorité c’est l’investissement » dans les réseaux et « qu’on peut le faire à quatre » opérateurs. «  Je dis : prouvez moi que (cette transaction) est une bonne chose pour l’investissement, à court terme j’en doute ». « J’ai regardé ce qu’a donné le deal (l’accord, ndlr) SFR-Numericable, on a plutôt pris du retard en termes d’investissement, je préfère d’abord qu’on stabilise une opération qu’on a menée il y a 18 mois et qu’on regarde ce qu’elle donne ».

        Se pose aussi la question de l’emploi, a-t-il insisté : « c’est un deal super synergétique, c’est le deal le plus synergétique de ces vingt dernières années, on sait ce que ça veut dire des synergies, soit on fera moins d’investissements, soit on va détruire des emplois via des synergies, soit on va remonter les prix parce qu’on sera à trois et pas à quatre et qu’il y aura moins de concurrence ».

        Dimanche dans une déclaration à l’AFP, le ministre avait dit après des informations de presse à propos de l’offre d’Altice sur Bouygues Telecom qu’ « une consolidation » dans le secteur des télécoms n’était « pas souhaitable ». En mai, il avait estimé dans une interview aux Echos que « le secteur a(vait) atteint un point d’équilibre », avec « quatre opérateurs qui ont chacun leur place ».

        Le conseil d’administration de Bouygues Telecom examine mardi l’offre de 10 milliards d’euros d’Altice, maison-mère de Numericable-SFR, et devrait se prononcer dans la soirée après la clôture de la Bourse de Paris.

        Lundi, le rachat de Bouygues Telecom par le groupe Altice, maison-mère de Numericable-SFR avait également été évoqué par le Premier ministre Manuel Valls. Il avait posé une série de conditions à l’opération : « l’emploi, qui doit être préservé et développé; l’investissement (…) parce qu’il faut couvrir tout le territoire avec le déploiement de la fibre, la 3G, sur tout le territoire d’ici la fin 2016; la vente des fréquences pour développer la 4G; l’innovation (…) et évidemment la qualité de service pour le consommateur ».

        « Nous avons entendu les cinq conditions posées par le Premier ministre. Notre projet les respecte: poursuivre l’investissement, accélérer l’innovation, continuer d’améliorer la qualité de service, préserver l’emploi et acheter les fréquences 700 (MHz) », a répondu lundi soir Eric Denoyer, directeur général de Numericable-SFR, dans un entretien publié sur le site internet des Echos .

        « Doublons à la pelle

        Les syndicats et associations de consommateurs sont toutefois inquiets. « Le passage de quatre à trois opérateurs entraîne toujours une hausse des prix », a ainsi déclaré à l’AFP, Cédric Musso, de l’UFC-Que Choisir. Les syndicats des deux opérateurs ont mis en garde contre les conséquences sur l’emploi, en raison de « doublons à la pelle » dans les effectifs des deux groupes.

        Offre de SFR sur Bouygues Telecom : Valls fixe cinq conditions à une reprise

        Manuel Valls fixe cinq conditions à l'offre de Numericable-SFR pour le rachat de Bouygues Telecom, dont des garanties sur l'emploi et l'investissement.
        Manuel Valls fixe cinq conditions à l’offre de Numericable-SFR pour le rachat de Bouygues Telecom, dont des garanties sur l’emploi et l’investissement. (AFP/Philippe Huguen)

        Matignon s’invite à la table des négociations, dans l’épineux dossier du rachat de Bouygues Télécom.

        Le Premier ministre Manuel Valls a ainsi posé cinq conditions à un rapprochement entre les opérateurs Numericable-SFR et Bouygues Telecom, dont la préservation de l’emploi, l’investissement et la qualité de service pour le consommateur, lors d’une visite lundi dans une entreprise du Val-d’Oise.

        «Toute opération qui ne répondrait pas à ces enjeux majeurs ne peut pas avoir le soutien du gouvernement», a-t-il affirmé, citant l’emploi, l’investissement, la vente des fréquences, l’innovation et la qualité de service. «Nos priorités pour le secteur des télécoms sont claires : c’est l’emploi, qui doit être préservé et développé; l’investissement (…) parce qu’il faut couvrir tout le territoire avec le déploiement de la fibre, la 3G sur tout le territoire d’ici la fin 2016; la vente des fréquences pour développer la 4G; l’innovation parce qu’il faut investir dans l’avenir et évidemment la qualité de service pour le consommateur», a-t-il énuméré.

        «Tous les opérateurs télécoms doivent répondre à ces enjeux», a prévenu Manuel Valls, ajoutant que le gouvernement «sera très attentif à ce qu’il n’y ait pas de casse sociale». «La croissance est au rendez-vous, la baisse du chômage pas encore, tous les acteurs doivent participer -c’est ça le patriotisme économique- au redressement de notre pays», a-t-il souligné à l’attention du groupe Altice, maison mère de Numericable-SFR, qui offre 10 milliards d’euros pour racheter Bouygues Telecom. «Nous ne pouvons pas favoriser des opérations qui se solderaient par du chômage et par la perte de qualité dans le domaine des opérateurs télécoms», a encore dit le Premier ministre, appelant à un «dialogue entre les différents opérateurs».

        Le Premier ministre a fait cette déclaration alors que le ministre de l’Economie Emmanuel Macron n’a pas caché son hostilité à cette fusion, qui pourrait avoir des conséquences négatives pour «l’emploi, l’investissement et le service aux consommateurs». De la friture sur la ligne entre Matignon et Bercy ?

        Drahi convoqué à Bercy Alors que Numéricable-SFR a fait une offre de rachat sur Bouygues Telecom pour 10 milliards d’euros, le ministre de l’Economie Emmanuel Macron a d’ailleurs convoqué mardi en fin d’après-midi Patrick Drahi, le patron de la maison mère Altice, probablement pour lui signifier son désaccord sur un tel rapprochement. Dimanche, déjà, le ministre s’est dit opposé à un éventuel mariage dans les télécoms, qui mènerait à trois et non plus quatre opérateurs. «La consolidation n’est pas aujourd’hui souhaitable pour le secteur. L’emploi, l’investissement et le meilleur service aux consommateurs sont les priorités. Or, les conséquences d’une consolidation sont à ces égards négatives, comme l’ont prouvé les cas récents en Europe» avait-il expliqué.

        Pour Emmanuel Macron, la priorité est que «chacun se concentre sur les engagements pris en matière d’investissement, sur l’innovation, sur l’attribution imminente de la bande (de fréquences) 700 MHz et sur les opérations. C’est cela qui est bon pour l’emploi dans le secteur, pour la production et l’équipement du pays», avait-il ajouté. Le ministre de l’Economie n’a cependant pas toutes les cartes en main, même si son collègue des Finances Michel Sapin a souligné que «ce sont de très grosses opérations entre des grandes entreprises françaises dans des domaines qui sont absolument fondamentaux pour la vie quotidienne mais aussi pour le développement économique de notre pays. Donc par définition l’Etat s’y intéresse.»

        Et de fait, cette offre de 10 milliards d’euros pourrait être allèchante pour Bouygues Telecom, dont la valorisation est considérée comme inférieure de 25% par les places financières… Le conseil d’administration de Bouygues se prononcera sur cette offre aussi mardi.

        Les réactions hostiles se multiplient Depuis, les associations de consommateurs ont elles aussi exprimé leurs inquiétudes au sujet d’une éventuelle concentration. «Le passage de quatre à trois opérateurs entraîne toujours une hausse des prix pour les consommateurs, on a pu l’observer ailleurs en Europe, comme en Autriche dernièrement», a expliqué Cédric Musso, directeur de l’action politique à UFC-Que Choisir. Pour la CLCV, «il est essentiel de préserver une concurrence accrue entre les opérateurs, elle constitue le seul moyen d’inciter les acteurs à innover et surtout limiter leurs marges au bénéfice de leur pouvoir d’achat.» Et de rappeler que l’arrivée de Free sur le marché avait permis de faire gagner «13 milliards d’euros de pouvoir d’achat» grâce aux baisses des tarifs.

        Chez les syndicats, on reste dubitatif. Pour Bernard Allain, représentant FO chez Bouygues Telecom, cette offre intervient précisément au moment où est lancé «l’appel d’offres pour les licences en or» de la fréquence des 700 MHz. «Est-ce que ce n’est pas un coup médiatique pour perturber l’appel d’offres ?», et peut être obtenir un report, se demande le syndicaliste. Pour lui, «l’offre tombe un peu comme un cheveu sur la soupe» alors que le secteur des télécoms «s’était calmé, se satisfaisait d’un modèle à quatre opérateurs.»

        Une partie de billard à plusieurs bandes  Un rapprochement SFR-Bouygues, qui permet à cette opérateur de détenir près de la moitié des abonnés mobiles, aurait forcément des conséquences pour les autres opérateurs. Altice a confirmé que, si la fusion aboutissait, elle envisageait de revendre certains actifs à Iliad, la holding de Xavier Niel qui contrôle l’opérateur Free. Même si Orange a démenti avoir été contacté, selon le JDD, certains salariés qui pourraient faire les frais de la fusion des deux opérateurs pourraient se retrouver chez le troisième. Selon Olivier Lelong, responsable CFDT chez SFR, dans un tel un rachat, il y aurait quasiment «doublon partout» même s’il juge qu’il est «compliqué d’évaluer l’impact social.»

        La bourse en ébullition A la Bourse de Paris, cette annonce de SFR a mis le feu aux poudres dans le secteur des télécoms. A la mi-journée, le titre de Bouygues flambait de 13,68% à 38,20 euros, Iliad (la maison mère de Free) de 12,71% à 231 euros, Numéricable-SFR de 13,94% à 54,69 euros . Même Orange en marge ce partie progressait de 6,95% à 14,77 euros

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    Numericable-SFR offre 10 milliards d’euros pour racheter Bouygues Telecomr

    Elsa Bembaron

    VIDÉOS – Le groupe de Patrick Drahi veut poursuivre son expansion en mettant la main sur Bouygues Telecom, qui avait déjà convoité SFR l’an passé. Emmanuel Macron se dit opposé à cette concentration dans le secteur des télécoms.

    Patrick Drahi, le propriétaire de Numericable-SFR, a abattu une nouvelle carte. Il est prêt à mettre 10,1 milliards d’euros sur la table pour mettre la main sur Bouygues Telecom, selon une informations du JDD, confirmée par nos sources.

    Le magnat des télécoms a repris le schéma imaginé il y a dix-huit mois par les équipes de Bouygues Telecom, lorsqu’elles voulaient racheter SFR. Numericable-SFR reprendrait la base de clients de Bouygues Telecom et Free le réseau et une partie des fréquences. «Un tel montage satisfait tout le monde. Numericable-SFR a besoin de davantage de clients sur son réseau pour amortir ses coûts fixes et Free doit renforcer son réseau mobile», résume un analyste. De son côté, Orange se serait même engagé à reprendre une partie des salariés de Bouygues Telecom. L’opérateur historique doit en effet faire face à 11.000 départs à la retraite d’ici 2020. Un apport de main d’oeuvre qualifié ne serait pas négligeable. Stéphane Richard, le PDG d’Orange repète à l’envie que son groupe ne sera pas leader sur une opération de consolidation en France «mais qu’il est prêt à y prendre part».

    Numericable-SFR serait prêt à payer 10 milliards d’euros, soit plus de 14 fois la marge d’exploitation (Ebitda) de Bouygues Telecom, deux fois plus que le niveau de valorisation de SFR l’année dernière! «Patrick Drahi est un homme pressé. L’argent est disponible. Quand il estime qu’une opération est importante pour son business, il y va», constate un proche du secteur. Même si pour cela il doit encore augmenter sa dette. Actuellement, celle d’Altice, la holding de Patrick Drahi, culmine à près de 32 milliards d’euros. Mais aux taux actuels, les conditions de marché restent idéales.

    Le ministère de l’Économie opposé à cette manoeuvre

    De son côté, Bouygues Telecom a pris le parti d’affirmer qu’il pouvait très bien continuer seul. «Trois des quatre opérateurs du secteurs considèrent que ce serait mieux à trois. Sauf nous», affirmait encore mardi Olivier Roussat, le PDG de Bouygues Telecom, au colloque de l’Idate. Un discours qui pourrait être sérieusement écorné par une offre de 10 milliards d’euros. L’année dernière, Iliad (la maison mère de Free) avait proposé 5 milliards d’euros. «Tous les conseils de Martin Bouygues le poussaient alors à accepter», rappelle un fin connaisseur du dossier. Martin Bouygues avait rejeté la proposition, affirmant avec un rien de provocation qu’il attendait «11 milliards». Aujourd’hui, le prix proposé par Patrick Drahi pour la filiale télécoms est quasiment égal à la valorisation totale du groupe Bouygues en Bourse (11,3 milliards d’euros). De quoi rebattre les cartes lors du conseil d’administration du groupe qui doit se tenir mardi. Mais pour beaucoup, ce n’est que le début des discussions… Le prix pourrait encore monter.

    Ce niveau de prix intégrerait aussi une grande partie des synergies qui seraient dégagées par un rachat de la filiale télécoms de Bouygues par le groupe de Patrick Drahi. «Sans même parler d’une hausse des prix de détails, le passage de quatre à trois opérateurs permettrait de réaliser des économies sur les réseaux», explique un connaisseur du dossier.

    Le facteur temps est aussi à prendre en compte. Dans quatre à cinq mois, le processus d’enchères pour les fréquences 700 Mhz sera ouvert. Le gouvernement espère retirer au moins 2,5 milliards d’euros de l’opération, avec quatre opérateurs en lice. Le calendrier de l’annonce de l’intérêt de Numericable-SFR pour Bouygues Telecom est parfait. Il intervient juste après la diffusion des conditions d’attribution des fréquences 700 Mhz et laisse suffisamment de lattitude aux protagonistes pour discuter.

    Le secteur des télécoms devra toutefois composer avec le gouvernement, qui ne souhaite pas le voir passer de quatre à trois opérateurs. «Je dis et répète que la consolidation n’est pas aujourd’hui souhaitable», a déclaré Emmanuel Macron dimanche. «L’emploi, l’investissement et le meilleur service aux consommateurs sont les priorités. Or les conséquences d’une consolidation sont à ces égards négatives, comme l’ont prouvé les cas récents en Europe.» Pour le ministre de l’Économie, «le temps n’est pas à des rapprochements opportunistes auxquels plusieurs peuvent trouver un intérêt qui ne retrouve pas ici l’intérêt général.»

    Altice (NC-SFR) veut se payer Bouygues Telecom, Iliad (Free) partenaire de l’opération

    Le cours du pop-corn vient de prendre 4 200 % 189
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    Crédits : Ximagination/iStock/Thinkstock
    Finances

    Après avoir racheté SFR, Altice (Numericable) mettra-t-il la main sur Bouygues Telecom ? Une offre a en tout cas été déposée, et Iliad (Free) en est partenaire. Mais d’ores et déjà, de nombreuses personnalités se sont prononcées sur cette offre. L’occasion de faire le point avant que les décisions ne se prennent.

    L’année dernière, Altice (Numericable) rachetait SFR pour plus de 13 milliards d’euros, Vivendi avait alors préféré cette offre à celle de Bouygues Telecom. Depuis, ce dernier a lancé un grand plan de restructuration et a décliné plusieurs offres de rachats dont les montants seraient situés entre 6 et 8 milliards d’euros. De quoi faire monter les enchères.

    NumericableSFR veut racheter Bouygues Telecom avec Iliad (Free) en partenaire

    En effet, les choses s’emballent depuis quelques heures. NumericableSFR vient d’annoncer officiellement qu’Altice a déposé une offre d’acquisition pour Bouygues Telecom à travers un communiqué de presse. Selon nos confrères du JDD, 10 milliards d’euros auraient été mis sur la table par Patrick Drahi, soit largement plus qu’il y a quelques mois.

    Mais ce n’est pas tout puisque la marque au carré rouge annonce également « être entré en négociations exclusives avec Iliad pour la revente d’un portefeuille d’actifs dans le cadre de cette offre ». Un point confirmé par Iliad (Free Mobile) qui s’est aussi fendue d’un communiqué publié ce matin en précisant que « cette opération reste subordonnée à la négociation des accords définitifs et à l’acceptation par Bouygues de l’offre d’acquisition ».

    Un terrain d’entente a donc été trouvé entre les sociétés de Xavier Niel et de Patrick Drahi, condition quasiment indispensable pour que la vente de Bouygues Telecom puisse se faire. En effet, l’ARCEP et l’Autorité de la concurrence ne permettraient probablement pas à SFRNumericable de racheter Bouygues Telecom sans aucune contrepartie. Pour rappel, on est à peu près dans la même situation que lorsque Bouygues Telecom s’était rapproché de Free pour déposer son offre sur SFR.

    Orange souhaite un retour à trois opérateurs, mais ne semble pas prendre part à cette offre

    Stéphane Richard, le PDG d’Orange avait déjà indiqué à plusieurs reprises qu’il ne mènerait pas la danse si une consolidation du secteur des télécoms devait être de nouveau engagée, mais que son groupe pourrait néanmoins être un partenaire si des opportunités se présentaient.

    Cela ne semble pas le cas actuellement puisque, dans une déclaration à l’AFP, un porte-parole d’Orange indique que le groupe « ne fait pas partie de ce deal et il n’y a pas de discussions aujourd’hui ». De plus, et en réponse à nos confrères du JDD qui indiquaient qu’Orange pourrait reprendre une partie des salariés de Bouygues Telecom, il ajoute : « Il est évident que Orange n’acceptera pas la reprise des salariés si ceci ne fait pas partie d’un accord créateur de valeur pour le groupe ».

    Bref, NumericableSFR et Free Mobile semblent pour le moment bien être les deux seuls partenaires associés dans le cadre de ce rachat de Bouygues Telecom.

    Consolidation des télécoms : le gouvernement n’y est pas favorable

    De son côté, le ministre de l’Économie Emmanuel Macron, peu favorable à un retour à trois opérateurs, a déclaré à nos confrères des Échos : « Je dis et répète que la consolidation n’est pas aujourd’hui souhaitable pour le secteur […] Le temps n’est pas à des rapprochements opportunistes auxquels plusieurs peuvent trouver un intérêt qui ne retrouve pas ici l’intérêt général ».

    Un point de vue partagé par Christian Eckert,  secrétaire d’État au budget, qui était hier soir sur France Inter : « le gouvernement n’y est pas favorable […] Dans la mesure où NumericableSFR avait pris des engagements en matière d’investissement, c’est le premier point qui nous préoccupe ». Mais ce n’est pas tout puisque la question des emplois revient bien évidemment sur le tapis. Il faut dire que les déclarations et les actes de Patrick Drahi en la matière ne sont pas pour rassurer tout le monde.

    Sur ce sujet, le syndicat CFDT_ByTel qui se revendique comme « première organisation des salariés de la branche Télécom et 1ère chez les cadres » fait part de son inquiétude sur son compte Twitter : « Rachat de Bouygues Telecom par SFR : énorme risque de pertes d’emplois à cause de doublons. Les salariés en ont marre ». Pour rappel, ces derniers viennent déjà de subir un vaste plan de restructuration.

    La réponse de Bouygues Telecom attendue mardi

    Quoi qu’il en soit, la balle est désormais dans le camp de Bouygues Telecom. Via un communiqué de presse, le groupe « confirme avoir reçu du groupe Altice une offre non sollicitée d’entrée en négociations pour la cession de Bouygues Telecom ». Il ajoute en outre que « le conseil d’administration de Bouygues se réunira mardi 23 juin 2015 pour examiner la lettre d’Altice. Aucune négociation n’est en cours ». S’il devait l’accepter, la balle passera alors dans le camp de l’ARCEP et des autorités compétentes afin qu’elles se prononcent également sur le sujet.

    Dans tous les cas, il sera également intéressant de voir les morceaux de Bouygues Telecom négociés par Iliad (Free) et les conséquences que cela pourrait avoir sur la mise aux enchères des fréquences de 700 MHz censés rapporter au moins 2,5 milliards d’euros à l’État. Pour rappel, Bouygues Telecom revendique actuellement plus de 13 millions de clients, contre 29 millions pour SFRNumericable et 37 millions pour Orange. Un rachat de BT par NumericableSFR pourrait donc en faire le numéro un du secteur.

    Quoi qu’il en soit, le marché boursier réagit plutôt favorablement à ces annonces puisque l’ensemble des opérateurs (Altice, Bouygues Telecom, Iliad, Orange et NumericableSFR) grimpe de 10 % au plus depuis l’ouverture.

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commentaires

FARANDOLE                          La preuve parfaite – qu’il ne faut pas investir sur les sociétés françaises. La France est bien trop marxiste.
Jepirad                                Tant mieux que ça ne se fasse pas. Il y a à manger pour tout le monde. Nous sommes dans les services et chez nous avec des groupes français. Donc personne n’est en danger. Comme cela les emplois seront pour l’essentiel préservés.

La concentration est nécessaire pour des problèmes de compétitivité. Là ce n’est pas le cas. Alors qu’ils optimisent et ça ira. On verra plus tard si la concurrence étrangère a des prétentions.

lavoix                                    Bouygues vs SFR

Qui coulera le premier
Drahi ou Bouygues
La suite au prochain numéro

trets                                        Tant mieux ! Patrick Drahi est refroidi par Bouygues !
JBF2015                                  Bouygues demeure un entrepreneur et Macron fait son travail                                             Les actionnaires auraient fait une belle et immédiate plus-value, mais qu’auraient-ils fait de leur fric? Leur plus-value spéculative, ils l’ont déjà faite en vendant leur part d’Alstom à « bon prix » à la GE américaine. Et c’était pour investir dans Bouygues Telecom en surfant sur la 4G et ses applications.

Cette décision est en phase avec le gouvernement inquiet de l’endettement considérable du propriétaire d’Altice engagé dans une croissance extensive de rachats multiples sans avoir les moyens d’innover. La téléphonie est un marché porteur à condition que nos opérateurs ne soient pas obsolètes. De pus, il est sur que la commission de Bruxelles si soucieuse de sa concurrence pure et parfaite aurait mis des conditions contraignantes. ,

Manex                                    Tant mieux, parce que je venais de quitter sfr tellement que le service est mauvais

ma hab on 67                         Dans cette période de libéralisme échevelé, M. Bouygues vient nous rappeler que tout n’est pas à vendre. Il montre que le capitalisme familial à une boussole face aux marchés.

Info Trois G                             Et Bon Papa J2M,toujours Consultant garé des « chars à bœufs » Atlantistes sous l’aile de la statue de la Liberté:le Génie Créateur Vivendi/SFR  « Audace » logo en caractère gras sur facture/service négatif surtaxé: »client pas content>Portez plainte,les Tribunaux Consulaires sauront vous convaincre de la loyauté de notre Audace »:Devise 2000 des affairistes: »Les vertus sont des vices,les devoirs des audaces » testée 02/adoptée 05 par les Affairistes Spirituels de la Politique Noosphère Sanctuarisée.!

CB                                           La capitalisation boursière de Bouygues (BTP + Média + Télécoms) est d’environs 11 milliards d’Euros. Peut-on exclure une OPA agressive sur tout ou partie des titres sachant que l’offre pour la partie télécoms était de 10 milliards?

 Carol LANGLOY 

                                               Libéral (celui qui croit à la liberté individuelle), je ne peux que me réjouir, et féliciter Macron pour sa réaction : le rôle de l’Etat est bien celui d’être un arbitre (et non un acteur) dans le jeu économique, et de faire en sorte que la concurrence puisse s’exercer sainement. bravo : chacun dans cette affaire est dans son rôle. Macron, Drahi, les banques, Bouygues, le système libéral a bien fonctionné.

Plumer les épargnants et les travailleurs 

                                              On en reparlera. Demandez aux sous traitants de SFR et vous aurez une autre version de votre saine concurrence qui est surtout une la belle opacité. D’ici quelque temps, les épargnants qui ont des dérivés d’obligations d’Altice vont aussi voir les choses un peu différemment.

JEAN-LOUIS GUICHARD      Bouygues veut-il faire monter les enchères, a t-il pris conscience des risques d’une vente source d’emmerdes, a t-il été sensible aux recommandations gouvernementales….? La question qui reste posée : comment des banques peuvent-elles suivre Drahi dans sa boulimie ?

Patrick Faure                       le client consommateur ne peut que se réjouir de ne pas payer à la place de M DRAHI les 10 milliards promis à BT mais qu’il n’avait pas en poche !

Un lecteur                            Les collaborateurs de SFR et BT aussi (les salariés de SFR doivent déjà payer le remboursement des emprunts qui ont permis le rachat de leur boite). http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/05/19/le-malaise-persiste-chez-les-salaries-de-numericable-sfr_4636259_3234.html

Micha  • 

  • 10 milliards d’€
    Mais d’où sort il tout cet argent le Drahi?

    Pantel  • 

    Ce n’est que la première tentative de négociation. D’autres vont suivre, par épisodes. Le groupe Altice est très puissant, avec des capitaux conséquents. On assiste au triomphe du capitalisme,lequel se joue de la règle d’abus de position dominante. Cela est valable pour l’ensemble du monde.

  • solo  • 

    se font du blé les mecs ..quand tu vois les sommes !!! mon abonnement triplay je vais le renégocier

    solo  • 

    Dans le fion le Suisse ..!

    Moi, Sans Dents  • 

    J’adore le titre. Bouygues repousse dix milliards d’euros.
    Imaginez une seconde, une table avec 10 Mds dessus et Bouygues assis devant qui repousse le pactole en marmonnant un « non, non, merci. »

    Tom Égérie  • 

    Voilà c’est arrivé, comme prévu, maintenant voyons les délits d’initiés…! Mazel tov…!

    Slayer@Le Rat D’Egout  • 

    Bonne nouvelle , SFR = arnaque

    gerard  •

    futurs chômeurs sauvés !!!!

    TEKITUA  • 

    Chapeau, Monsieur Bouygues. Bravo !

    cedric  •

    c’est peu être pas plus mal!
    on avait un peu l’impression qu’ils voulait utiliser les clients de Bouygues pour renflouer ses dettes sur SFR….
    C’est souvent le principe dans le rachat de boite , une course en avant pour parer aux dettes qui s’accumulent

  • Patvos                    Les engagements pris par Drahi pour SFR convenaient à Hollande puisqu’ils l’étaient jusqu’à l’élection présidentielle, en attendant que les électeurs le licencient. Il aurait réitéré le même pour Bouygues.Mais la bourse avait compris que les prix pour le client auraient remonté;;;et d’ailleurs un conseiller de Hollande trouvait « off » que c’était justifié. C’est ainsi que nous sommes gouvernés par des candidats démagos et bonimenteurs. Il faut un Bouygues pour leur apprendre ce qu’est un industriel, ce qu’on ignore dans les cabinets et chez trop des dirigeants d’entreprises qui en sont issus.
    Raffael  • 

    • Qu’il rembourse d’abord ces 30 milliards de dettes avant de vouloir racheter autre chose.

      Eddajibi  • 

      Pour la faim on ne trouve pas un dollar mais pour la crise on trouve des milliards…

      solo  • 

      Dans le Fion le suisse !

    • Steely  • 

      Ne vous réjouissez pas trop vite.
      Ce qui se passe là-haut n’a rien à voir avec la fierté nationale, ni avec la fierté tout court mais avec les stratégies de négociation du business et de la finance internationale.
      Et de toute façon, même si Bouygues fait barrage, rien n’empêcherait Altice. et ses 10 milliards de lancer une OPA hostile sur Bouygues, capitalisé à environ 13 milliards, donc à peine plus que l’offre passablement hallucinante faite pour Bouygues Télécom.
      En tout cas, moi, c’est ce que je ferais si je voulais m’emparer de sa branche télécoms.

      J. A.  •

      Voilà une bonne chose

      Asterix  •

      Les Crétins gouvernementaux dans toute sa splendeur, avec le FOOTEUX VALLS utilisateur d’avion au frais du contribuable pour ses marottes personnelles!!! saloperie!!!

      GILBERT  • 

      Sauf s’il y a des objectifs cachés que je n’ai pas vu, chapeau à Bouygues, et je ne m’attendais pas à dire cela un jour.

      Tichou  • 

      Il faut que SFR sache que s’il rachète Bouygues tous les clients Bouygues iront chez FREE histoire de faire savoir leur mécontentement. Le pouvoir appartient aux clients qu’on se le dise, nous ne serons jamais des moutons obéissants prêts à payer le prix fort si jamais il devait y avoir un nouveau monopole avec des tarifs imposés et sans concurrence !!!

    • Tellimar Stephanie  • 

      Mr drahi n’a qu’a aller en Israel prendre la place d’Orange . Et qu’il y reste !!!!!

      Jerome  • 

      Bravo Martin ! Tu as le courage de dire m.. à ce pourri domicilié en Suisse, qui a son siège social au Luxembourg, et qui finance des trucs que l’on n’a pas le droit de dire dans les territoires occupés.

    Philippe Saturne

    @Alone Bay:              On dirait que vous vous y connaissez.
    Moi cela me surprend toujours que tous se trompent et que un connaisse la bonne réponse.
    C’est votre hobby ? Ou votre profession ?

    Huppé Air                  Bouygues met fin aux critiques qu’il a reçues lors de l’ère Sarkozy.

    Les employés de la tour Bouygues Telecom pourront encore écouter le ballet incessant des hélicoptères, flâner dans le parc du Lenglen et regarder leur patron avec plus de considération que les employés de Vivarte qui ont fait les frais d’une opération de LBO consistant à convertir de la dette en capital en pressurant les employés pour commencer et en délocalisant conformément à l’article 63 du TFUE que dénonce l’UPR de François Asselineau.
    La question est : dans combien de temps Bouygues sera-t-il amené à accepter une telle proposition ?

    Alone Bay                   Tous les chroniqueurs économiques en sont pour leurs frais…. Aucun d’entre eux, durant ces derniers jours, n’avaient envisagé ce scénario. D’après eux, l’affaire était tombée dans l’escarcelle de Drahi… Ces Nez-Chroniqueurs se sont encore une fois plantés…. Tous ont encore une fois joué la même partition… Pourtant il était facile d’anticiper que Martin Bouygues ne vendrait pas tout de suite… Cela permet aux actionnaires de se lécher les babines en pensant que le Bouygues Télécom vaut bien plus que 10 milliards. Demain le cours de Bouygues va s’envoler, valorisant encore plus la société. Drahi va devoir dégainer l’artillerie lourde pour s’offrir cette société montante qu’est devenue, en quelques jours, Bouygues Telecom…
  • Bing banf                         NON, Bouygues Télécom n’est pas à vendre!! Drahi( Numéricable- SFR) endetté avec 33 milliards d’euros pour un capital de 34 milliards en bourse. Le rachat de Bouygues Télécom augmenterait la dette à 43 milliards d’euros. Obligatoirement avec les doublons en emploi, il y aurait des licenciements. Le réseau SFR dernier au classement des opérateurs ferait fuir déjà client chez Bouygues. Le capital venant de la banque BNP rien ne garantirait le remboursement, puisque le remboursement avec un taux moyen de 0.75% sur 10 ans, cela demanderait de faire des profits supplémentaires à 1.1 milliards d’euros. Actuellement dans le fixe & le mobile, Bouygues depuis un an est le premier recruteur de nouveau clients. Numéricable est un groupe surendetté alors que Bouygues a moins de 300 millions de déficit et retrouvera son équilibre en 2017 au vu de la croissance du nombre d’abonner. NON, Bouygues Télécom n’est pas à vendre!! PS: pour les clients actuels, contacter directement le service clientèle de Bouygues Télécom, voir lien ci-dessous.

    Bernard                                Patriotisme économique ? La patrie de Drahi Israël ou la France?

    Bernard                            Drahi,Kron même combat, destruction d’entreprises et d’emplois N’est-ce pas M. Corchia?

    Cuisine                                 Une équipe de « fait-tout », c’est à dire rien de ce qu’il faut.

    Ass                                         Monsieur, je bosse dans un secteur où je ne peux même pas embaucher en CDD, alors que je pourrais à terme créer cinq emplois durables. Je fais quoi, la clef sous la porte ? Quand vous aurez un moment…venez donc faire le job, au lieu de donner dans le diktat médiatique à des entreprises privées.

    Jeanne orient                       Le Premier Ministre a mis 5 conditions pour le rachat de Bouygues Telecom. La résidence fiscale de Monsieur Drahi et de sa Holding Altice, n’en font pas partie…c’est fou !!

    Jack2                                     Il y aurait moins de ramdam si free voulait racheter bouygues télécom…

    Lespigeons dè fai               Où sera la concurrence pour les sfr, de bouygue, de free, client consommateur çà deviendrait de l’entente illicite pour les prix, déjà que certains se sont fait épingler à payer des amendes importantes,le client, serait obligé d’adhérer à ces boites qui feront triplon ,le consommateur deviendra le bon pigeon comme pour les impôts , pas de fuite possible

    Palace                                 Valls est un dictateur ce mec fait vraiment peur ………..

    Sfr c’est ali baba                 SFR c’est ALI BABA et ses quarante voleurs de la télécommunication,le braquage des poches de ses clients en toute tranquillité,chez SFR vous commencez votre abonnement sur mesure et puis vous finirez par des augmentations inventées tous azimuts…Il est le seul opérateur qui augmente tout le temps sans donner quoi que ce soit à ses clients…quand au service clients c’est une calamité au sens propre du terme…

    Avatar de lebpekin lebpekin

    Pooooop coooorn ! :D

    Avatar de oursgris oursgris

    joli  timing amha, car si tout se passe bien, ca devrait être réglé avant l’attribution des fréquences.
    je pense que drahi compte sur cette vente pour faire réduire sa facture.
    l’attribution des dépôts de candidature n’étant probablement pas avant septembre.
    quelques centaines de millions d’€ c’est toujrs çà de pris
    Avatar de Takoon Takoon

    « There can be only one ».

    Avatar de _Makaveli_ _Makaveli_

    De son côté, le ministre de l’Économie Emmanuel Macron, peu favorable à un retour à trois opérateurs, a déclaré à nos confrères des Échos : « Je dis et répète que la consolidation n’est pas aujourd’hui souhaitable pour le secteur […] Le temps n’est pas à des rapprochements opportunistes auxquels plusieurs peuvent trouver un intérêt qui ne retrouve pas ici l’intérêt général ».
    Traduction : on voulait on maximum de pognon des enchères 700, comment on va financer l’armée ? 😮

    Avatar de jb18v jb18v

    @facepalm: :crever: :cartonrouge: :mega: on en a gros marre !

    Avatar de L'eclaireur L’eclaireur

    Je ne connais pas Bouygues mais pour moi SFR a suffisamment fait ses preuves et doit disparaitre au moins sur le marché professionnel où c’est un fléau.
    C’est bien beau de s’agrandir  mais un jour il faudra assumer et réformer en profondeur cette boite.

    Avatar de aldebourg aldebourg

    Avec 32 milliards de dettes il peut encore aligner 10 milliards ?
    Les prêteurs ont énormément confiance…

    Avatar de IhazHedont IhazHedont

    Numéricable/SFR/Bouygues ?
    C’est dommage, Bouygues fonctionne super bien en 4G.

    Avatar de sirius35 sirius35 –       je ne vais que rapporter ce que je vois et entends dans mon entourage… ici en centre Bretagne 😉

       hier ma compagne devant une pub SFR à la TV : « mais qui va aller chez SFR alors qu’ils se viandent la gueule ?….. »
    mais aussi d’un membre de ma famille en visite chez Disney qui hier dimanche, étant chez SFR et venant contre l’avis de tous renouveller son abo (pour remplacer son mobile… sic…)  ne captait rien de rien  niveau réseau là bas… même les SMS ne passant pas….
    Bref ça promet ce rapprochement :-D

    Avatar de Takoon 

    Takoon
    @aldebourg              Proverbe ivoirien :  « Qui avale une noix de coco fait confiance à son anus »
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