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L’Etat renonce à ouvrir rapidement des casinos à Paris

LE MONDE ECONOMIE Denis Cosnard

Le gouvernement français propose de remplacer les cercles de jeu par des « clubs » mieux contrôlés.

Il n’y aura pas de casinos à Paris. Du moins pas à un horizon rapproché. Devant les réticences des élus parisiens, le ministère de l’intérieur a finalement choisi une autre solution pour canaliser à court terme la demande de jeu vers une offre légale. Plutôt que des casinos, Bernard Cazeneuve souhaite que soient ouverts des « clubs », appelés à remplacer les vieux cercles de jeu en bout de course.

« Le nouveau dispositif pourrait être opérationnel début 2016 », précise le ministère de l’Intérieur, décidé à aller vite. Place Beauvau, les spécialistes des jeux travaillent déjà sur les nouveaux textes législatifs nécessaires.

Cette décision marque un virage complet par rapport à l’idée initiale du gouvernement, qui consistait à fermer les derniers cercles pour ouvrir à la place un ou plusieurs casinos.

Grand banditisme

Tout est parti de la dérive des cercles de jeu, de leurs liens troubles avec le grand banditisme, notamment corse, et de l’argent sale qui y transitait. Au fil des affaires, tous ont fermé, ou presque, notamment le Cercle Cadet et l’Aviation Club de France en 2014. Il n’en reste plus que trois en France. Mais pour le ministère de l’intérieur, leur sort est scellé. Afin de « mieux contrôler la provenance des fonds », et de « réduire le risque de blanchiment ou de fraude fiscale », M. Cazeneuve a décidé de tous les supprimer. A Paris, le Club Anglais et le Cercle Clichy-Montmartre sont donc condamnés, de même que le César Billard Palace de Reims.

Pas question pour autant de laisser un vide, propice à l’essor de tripots. Depuis que le nombre de cercles s’est réduit comme peau de chagrin, le Clichy-Montmartre, le seul à proposer des tables de poker, n’arrive déjà plus à répondre à la demande. Les clients doivent souvent faire la queue deux heures, et certains se retrouvent aiguillés vers des salles clandestines qui semblent proliférer. Une douzaine de procédures visant à fermer des cercles illégaux a été menée rien qu’en 2014.

Pour le ministère, l’issue évidente consistait à ouvrir enfin à Paris un ou plusieurs casinos afin que les joueurs puissent s’adonner à leur passion dans un cadre légal. En février, M. Cazeneuve a donc confié une « mission de préfiguration de l’implantation de casinos à Paris » à un ancien préfet, Jean-Pierre Duport.

Lire aussi : Rien ne va plus pour l’ouverture de casinos à Paris

Son rapport, remis officiellement au ministre ces derniers jours, confirme l’intérêt de créer des établissements de ce type à Paris. Selon ses calculs, la demande de jeu non satisfaite en Ile-de-France atteint aujourd’hui pas moins de 464 millions d’euros par an. Un marché considérable, sans même compter les touristes étrangers qui pourraient être attirés. « Paris est la seule capitale européenne à ne pas avoir de casino, avec Rome », souligne M. Duport.

Dans son document, il préconise donc de supprimer l’article de la loi de 1920 qui interdit les casinos à Paris. « Cette règle vieille de près d’un siècle n’a plus de sens, estime-t-il. On a autorisé des casinos à Lille, Lyon, Toulouse, Bordeaux, bientôt Marseille. Pourquoi pas à Paris ? »

Un « manque d’enthousiasme » politique à Paris

Pour éviter que les établissements les plus proches, ceux d’Enghien-les-Bains (Val-d’Oise) et de Forges-les-Eaux (Seine-Maritime), ne soient trop déstabilisés, le rapport suggère de créer dans la capitale plusieurs casinos de taille moyenne plutôt qu’un seul énorme. Il propose en outre des compensations financières pour les communes qui perdraient des recettes.

Ce scénario, sur lequel avait misé le gouvernement, s’est cependant heurté à ce que M. Duport nomme pudiquement un « manque d’enthousiasme » politique à Paris. Honnis par la morale chrétienne qui y voit le mirage d’un enrichissement facile, les jeux d’argent traînent une odeur de soufre. Plusieurs élus ont donc pris fait et cause contre l’ouverture éventuelle de casinos, notamment Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP), les communistes et les écologistes. Devant cette hostilité, la maire Anne Hidalgo a jugé impossible de réunir une majorité au conseil municipal et n’a pas voulu s’engager dans un combat douteux.

Place Beauvau, M. Cazeneuve a alors dû changer son fusil d’épaule. Fermer les cercles ? Oui. Supprimer le texte de 1920, afin de permettre l’ouverture de casinos si Paris le souhaite un jour ? Oui, cela reste au programme. Mais puisque la ville n’est pas prête à se lancer dans l’aventure, le ministre a mis à l’étude en mai une deuxième option, qui n’implique aucune intervention de la municipalité : une modernisation du statut des cercles.

Pas de machines à sous

A titre expérimental, pour cinq ans, l’Etat entend mettre en place à Paris et Reims un nouveau système, celui des clubs. Comme les cercles, ils n’accueilleraient pas de machines à sous, seulement des jeux classiques tels le poker, la roulette ou le baccara. En revanche, ils ne seraient pas gérés sous forme d’associations à but non lucratif, mais de sociétés commerciales. Leur régime fiscal serait revu. En outre, c’est la société qui supporterait le risque, au lieu du traditionnel banquier.

Grâce à ces mesures, l’Etat juge possible de recréer l’ambiance plus ou moins feutrée des anciens cercles tout en moralisant le métier. Reste à mettre au point la nouvelle législation, à obtenir le feu vert du parlement, et à trouver des candidats pour ouvrir les premiers clubs – pas forcément uniquement les gérants des anciens cercles. De premiers détails devraient être annoncés par le ministère dans quelques semaines.

Casinos à Paris : une poule aux œufs d’or embarrassante

M.-A.G.

Casino d’Enghien (Val-d’Oise). Le gouvernement a chargé en février le préfet Jean-Pierre Duport de rédiger un rapport sur la fermeture des cercles de jeux parisiens et la création à la place d’un ou plusieurs casinos. Le préfet doit remettre son rapport début juin.
Casino d’Enghien (Val-d’Oise). Le gouvernement a chargé en février le préfet Jean-Pierre Duport de rédiger un rapport sur la fermeture des cercles de jeux parisiens et la création à la place d’un ou plusieurs casinos. Le préfet doit remettre son rapport début juin. (LP/Arnaud Baur.)

« Moi, je ne suis pas demandeur. » Quand l’on interroge sur l’implantation d’un casino à Paris, Anne Hidalgo est d’abord très claire. « Je ne porte pas ce type de projet », indique-t-elle.

Mais s’y opposerait-elle si le gouvernement persiste dans cette voie ? « Si l’Etat peut décider sans qu’on ait notre avis à donner, ils feront ce qu’ils voudront. Ce n’est vraiment pas mon sujet », a-t-elle répondu ce mardi, en marge du Conseil de Paris.

A droite, on soupçonne la mairie de Paris de voir plutôt d’un bon œil l’implantation d’un casino pour remplir les caisses de la Ville. Selon « Médiapart » d’ailleurs, Anne Hidalgo aurait rencontré le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve pour parler du projet.

La droite est contreMais la maire de Paris aura bien du mal à faire passer l’idée auprès de sa majorité : les écologistes et communistes ont d’ores et déjà fait savoir qu’ils étaient contre. Anne Hidalgo ne pourra même pas s’appuyer sur les voix de la droite qui est vent debout. « On ne veut pas de Las Vegas à Paris », insiste Philippe Goujon, le maire (UMP) du XVe. Spécialiste des questions de sécurité, l’élu juge que l’implantation de ce genre d’établissement pourrait attirer les mafias internationales. « On ne peut pas accepter n’importe quel argent ! », insiste-t-il. Une « posturemorale » qu’Anne Hidalgo a raillée en marge du Conseil de Paris.

Le rapport du préfet Jean-Pierre Duport sur la fermeture des cercles de jeux parisiens et la création à la place d’un ou plusieurs casinos commandé par le gouvernement devrait être rendu début juin. Sur demande du groupe UMP, un débat sera organisé au Conseil de Paris.

L’avenir du jeu à Paris: des clubs à la place des cercles

aviation-club-de-france-temple-parisien-du-poker-2_4527784L’Aviation club de France, sis avenue des Champs-Elysées était l’un des cercles les plus réputés de Paris. Il a été définitivement fermé en février 2015.     DR

Le ministère de l’Intérieur a tranché. Il va expérimenter pour une période de cinq ans des clubs de jeux pour remplacer les cercles appelés à disparaître. Il n’écarte toutefois pas la possibilité d’ouverture de casinos dans la capitale.

Les amateurs de poker, punto banco et autre baccarat sont prévenus. Pour assouvir leur passion de joueur, ils devront désormais fréquenter de nouveaux clubs qui pourraient ouvrir à Paris au début de l’année 2016. C’est la solution qu’a retenue le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, à la lecture du rapport qu’il avait commandé en février au préfet de région honoraire, Jean-Pierre Duport, intitulé « Propositions pour une nouvelle offre légale de jeux à Paris ». Cette décision entaînera la fermeture des cercles, controversés depuis plusieurs années à la suite d’enquêtes judiciaires ayant mis en cause des établissements comme le Wagram, suspecté de liens trop étroits avec le grand banditisme corse, ou celui de la rue Cadet.

Pour éviter que ne se reproduise dans les clubs les dérives constatés dans les cercles, le rapport Duport préconise une nouvelle règlementation. Alors que les cercles étaient des associations, les clubs seront des sociétés commerciales. Ils ne bénéficieront plus du régime fiscal des spectacles, et surtout la profession de banquier ne pourra plus être exercé par un joueur. Le risque sera obligatoirement assumé par la société commerciale. En revanche, de la même manière que les cercles, les clubs n’auront pas l’autorisation des machines à sous réservée aux casinos. Avec ce dispositif, le ministère de l’Intérieur espère satisfaire la demande de jeux à Paris, et limiter le recours des joueurs à des tripots clandestins. Depuis qu’il ne reste plus que deux cercles à Paris contre onze en 2007, le phénomène a déjà pris de l’ampleur, indique-t-on place Beauvau.

540 000 joueurs à Paris

L’ouverture des clubs ne sera d’abord qu’expérimentale, pour une durée de 5 ans. L’Etat n’a en effet pas renoncé à la possibilité de l’installation de casinos à Paris. A ce jour, celle-ci reste formellement interdite par un article de la loi de finances de 1920. Il prohibe les casinos dans un rayon de 100 kilomètres autour de la capitale. Le préfet Duport suggère que cette disposition soit abrogée. Le ministère de l’Intérieur en est d’accord. Cependant, seule la Ville de Paris pourrait, le cas échéant, faire la demande d’autorisation pour l’installation d’un casino. « J’ai senti des réticences au sein de plusieurs groupes du conseil de Paris, lorsque je les ai rencontrés », a indiqué Jean-Pierre Duport. De toute façon, en raison des procédures à suivre, il faudrait au minimum deux ans pour l’ouverture d’un casino à Paris.

Selon les estimations du rapport, il existerait actuellement dans la capitale une demande de jeux non satisfaite pour environ 540 000 joueurs. L’exploitation de casinos pourrait apporter un produit brut des jeux de 464 millions d’euros, sur lequel l’Etat percevrait une taxe.

Enghien soulagé par l’abandon des casinos à Paris

C’est un soulagement. La fin d’une longue attente pour la municipalité d’Enghien-les-Bains et les salariés du casino. Hier soir, la décision ne faisait plus guère de doute. Le gouvernement doit se prononcer aujourd’hui contre l’ouverture de casinos à Paris, après avoir reçu les conclusions de la mission de réflexion « pour une nouvelle offre légale de jeux à Paris », confiée en février au préfet Jean-Pierre Duport. Il a donc finalement tranché.

Il serait en revanche favorable à la création de « clubs de jeu » à l’anglaise (très encadrés et réservés à un public plutôt select), soumis à un régime fiscal similaire à celui des casinos. Selon le ministère de l’Intérieur, ces clubs pourraient être opérationnels début 2016. Pourtant, selon les estimations de la mission de réflexion, la création d’un casino dans la capitale permettrait à l’Etat de récupérer 45,6 M€ par an. Mais la maire PS de Paris, Anne Hidalgo, a indiqué à plusieurs reprises qu’elle n’était pas favorable à cette solution, que ce n’était pas sa « tasse de thé ». La chef de file de l’opposition parisienne, Nathalie Kosciusko-Morizet (LR), s’est aussi prononcée contre, accusant la gauche de l’envisager « strictement pour des raisons financières ».

16 M€ tombent chaque année dans l’escarcelle municipale

Et dans le Val-d’Oise, Enghien, seule ville d’Ile-de-France à posséder son casino grâce à son classement en station thermale, était aussi farouchement opposé. Même à des milliers de kilomètres chez lui, hier soir, le maire n’a pas caché sa joie. « Je suis content et soulagé, a confié Philippe Sueur (LR, ex-UMP), en voyage à Oslo. Il semble que les projets soient suspendus pour cinq ans. Ce qui va nous permettre de prendre le temps de repenser la station et son modèle économique. » « Si un casino ouvre à Paris, c’est la mort d’Enghien », lançait-il en avril dernier. (…)

Pas de casinos à Paris, des « clubs Londoniens » à la place des cercles

Adieu cercles aux relents d’Al Capone mais toujours pas de machines à sous: le gouvernement a écarté l’ouverture de casinos à Paris, face à la fronde des élus, mais veut moraliser la profession en créant des « clubs londoniens ».

C’était un serpent de mer mais il prenait vigueur face à la vague de scandales judiciaires qui ont vu les cercles de jeux de la capitale disparaître les uns après les autres.

Pourquoi ne pas créer à Paris un ou des casinos, une vraie manne financière? Et s’aligner sur les principales capitales européennes qui en sont quasiment toutes dotées à l’exception notable de Rome.

Las, le gouvernement a écarté l’idée à la faveur des conclusions de la « mission de réflexion » confiée en février au préfet Jean-Pierre Duport – un spécialiste, déjà président de la Commission supérieure des Jeux – par le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve et rendues publiques vendredi.

La mission qui devait faire des propositions « pour une nouvelle offre légale de jeux à Paris », à la suite des scandales, a dit oui aux casinos dans une première hypothèse. Et oui aussi, dans une seconde, à la création de « clubs » de jeux, un peu dans l’esprit de ceux existant à Londres, bien encadrés et très « select ». Qui l’ont emporté au gouvernement.

M. Cazeneuve, a dit l’Intérieur lors de la présentation du rapport Duport à la presse, a une « position pragmatique » et « veut avancer » dans la moralisation des cercles. Il « penche pour la seconde hypothèse » et va engager, a-t-il dit, un « calendrier avant l’été » pour que les clubs soient opérationnels début 2016.

La mission Duport préconise que ces clubs soient des sociétés commerciales, soumises à un régime fiscal « s’inspirant de celui des casinos ». Une différence de taille avec les cercles fonctionnant depuis 1947 en association de type loi 1901 et favorisant des abus, selon différents rapports officiels.

– Pas la « tasse de thé » d’Anne Hidalgo

En avril, le gouvernement et la mission Duport avaient semblé marquer leur intérêt pour l?ouverture « d’un ou plusieurs casinos » à Paris. Mais elle a rencontré, ainsi que le souligne la mission Duport qui a vu ses groupes politiques, un « enthousiasme limité » de la Ville de Paris.

La maire (PS) Anne Hidalgo avait publiquement déclaré ne pas être « demandeur »; ce n’était pas sa « tasse de thé ». La cheffe de l’opposition Nathalie Kosciusko-Morizet – qui n’a pas souhaité rencontrer M. Duport, selon celui-ci – était contre, accusant la gauche de l’envisager « strictement pour des raisons financières ».

« Nous avons écouté tout le monde », a dit le préfet Duport, « c’est à la Ville de Paris de décider » et « de demander (son) classement en station de tourisme » si elle veut un casino.

Autre écueil à son ouverture, de possibles répercussions économiques, envisagées par la mission Duport qui prévoit des compensations financières, pour ceux proches de la capitale à Enghien-les-Bains (Val d’Oise) et Forges-les-Eaux (Seine-Maritime).

« Je n’ai pas changé d’avis », a plaidé M. Duport en réponse à un possible « revirement ». « Nous avons rempli notre mission d’écouter tout le monde, de renforcer le contrôle de l’Etat, de trouver une solution offrant les meilleures garanties », se réjouit-il.

Il se targue également d’avoir proposé la suppression de la loi de 1920 qui interdit d’exploiter des salles de jeux à moins de cent kilomètres de Paris (sauf pour les stations thermales). Pour lui, le « débat est ouvert » et « doit avoir lieu ».

Si un casino « était implanté à Paris », relève aussi la mission dans son rapport, une simulation précise que « l’Etat récupérerait, après crédit d’impôt, 45,6 millions d’euros ».

Entre affairisme et banditisme, lieux mythiques de la nuit parisienne depuis plus de soixante ans, les cercles de jeux parisiens sont dans la tourmente. Depuis 2008, huit ont été fermés sur les dix que comptait Paris.

Pas de casinos à Paris, des « clubs Londoniens » à la place des cercles

Vue en date du 5 juin 2006 d'un casino au Havre
Vue en date du 5 juin 2006 d’un casino au Havre © AFP/Archives – Robert Francois

Adieu cercles aux relents d’Al Capone mais toujours pas de machines à sous: le gouvernement a écarté l’ouverture de casinos à Paris, face à la fronde des élus, mais veut moraliser la profession en créant des « clubs londoniens ».

C’était un serpent de mer mais il prenait vigueur face à la vague de scandales judiciaires qui ont vu les cercles de jeux de la capitale disparaître les uns après les autres.

Pourquoi ne pas créer à Paris un ou des casinos, une vraie manne financière? Et s’aligner sur les principales capitales européennes qui en sont quasiment toutes dotées à l’exception notable de Rome.

Las, le gouvernement a écarté l’idée à la faveur des conclusions de la « mission de réflexion » confiée en février au préfet Jean-Pierre Duport – un spécialiste, déjà président de la Commission supérieure des Jeux – par le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve et rendues publiques vendredi.

La mission qui devait faire des propositions « pour une nouvelle offre légale de jeux à Paris », à la suite des scandales, a dit oui aux casinos dans une première hypothèse. Et oui aussi, dans une seconde, à la création de « clubs » de jeux, un peu dans l’esprit de ceux existant à Londres, bien encadrés et très « select ». Qui l’ont emporté au gouvernement.

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve le 7 juin 2015 à Paris © LOIC VENANCE AFP/Archives

M. Cazeneuve, a dit l’Intérieur lors de la présentation du rapport Duport à la presse, a une « position pragmatique » et « veut avancer » dans la moralisation des cercles. Il « penche pour la seconde hypothèse » et va engager, a-t-il dit, un « calendrier avant l’été » pour que les clubs soient opérationnels début 2016.

La mission Duport préconise que ces clubs soient des sociétés commerciales, soumises à un régime fiscal « s’inspirant de celui des casinos ». Une différence de taille avec les cercles fonctionnant depuis 1947 en association de type loi 1901 et favorisant des abus, selon différents rapports officiels.

– Pas la « tasse de thé » d’Anne Hidalgo –

En avril, le gouvernement et la mission Duport avaient semblé marquer leur intérêt pour l’ouverture « d’un ou plusieurs casinos » à Paris. Mais elle a rencontré, ainsi que le souligne la mission Duport qui a vu ses groupes politiques, un « enthousiasme limité » de la Ville de Paris.

La maire (PS) Anne Hidalgo avait publiquement déclaré ne pas être « demandeur »; ce n’était pas sa « tasse de thé ». La cheffe de l’opposition Nathalie Kosciusko-Morizet – qui n’a pas souhaité rencontrer M. Duport, selon celui-ci – était contre, accusant la gauche de l’envisager « strictement pour des raisons financières ».

« Nous avons écouté tout le monde », a dit le préfet Duport, « c’est à la Ville de Paris de décider » et « de demander (son) classement en station de tourisme » si elle veut un casino.

Autre écueil à son ouverture, de possibles répercussions économiques, envisagées par la mission Duport qui prévoit des compensations financières, pour ceux proches de la capitale à Enghien-les-Bains (Val d’Oise) et Forges-les-Eaux (Seine-Maritime).

« Je n’ai pas changé d’avis », a plaidé M. Duport en réponse à un possible « revirement ». « Nous avons rempli notre mission d’écouter tout le monde, de renforcer le contrôle de l’Etat, de trouver une solution offrant les meilleures garanties », se réjouit-il.

Il se targue également d’avoir proposé la suppression de la loi de 1920 qui interdit d’exploiter des salles de jeux à moins de cent kilomètres de Paris (sauf pour les stations thermales). Pour lui, le « débat est ouvert » et « doit avoir lieu ».

Si un casino « était implanté à Paris », relève aussi la mission dans son rapport, une simulation précise que « l’Etat récupérerait, après crédit d’impôt, 45,6 millions d’euros ».

Entre affairisme et banditisme, lieux mythiques de la nuit parisienne depuis plus de soixante ans, les cercles de jeux parisiens sont dans la tourmente. Depuis 2008, huit ont été fermés sur les dix que comptait Paris.

Paris : Paris: Pas de casinos, mais des «clubs Londoniens» à la place des cercles

JEUX D’ARGENT – Le gouvernement a écarté l’idée de créer un ou des casinos, à la faveur des conclusions de la «mission de réflexion» confiée en février au préfet Jean-Pierre Duport…

Adieu cercles aux relents d’Al Capone mais toujours pas de machines à sous : le gouvernement a écarté l’ouverture de casinos à Paris, face à la fronde des élus, mais veut moraliser la profession en créant des « clubs londoniens ». C’était un serpent de mer mais il prenait vigueur face à la vague de scandales judiciaires qui ont vu les cercles de jeux de la capitale disparaître les uns après les autres.

Pourquoi ne pas créer à Paris un ou des casinos, une vraie manne financière ? Et s’aligner sur les principales capitales européennes qui en sont quasiment toutes dotées à l’exception notable de Rome.

Clubs très « select »

Las, le gouvernement a écarté l’idée à la faveur des conclusions de la « mission de réflexion » confiée en février au préfet Jean-Pierre Duport – un spécialiste, déjà président de la Commission supérieure des Jeux – par le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve et rendues publiques ce vendredi.

La mission qui devait faire des propositions « pour une nouvelle offre légale de jeux à Paris », à la suite des scandales, a dit oui aux casinos dans une première hypothèse. Et oui aussi, dans une seconde, à la création de « clubs » de jeux, un peu dans l’esprit de ceux existant à Londres, bien encadrés et très « select ». Qui l’ont emporté au gouvernement.

Bernard Cazeneuve, a dit l’Intérieur lors de la présentation du rapport Duport à la presse, a une « position pragmatique » et « veut avancer » dans la moralisation des cercles. Il « penche pour la seconde hypothèse » et va engager, a-t-il dit, un « calendrier avant l’été » pour que les clubs soient opérationnels début 2016.

« Enthousiasme limité »

La mission Duport préconise que ces clubs soient des sociétés commerciales, soumises à un régime fiscal « s’inspirant de celui des casinos ». Une différence de taille avec les cercles fonctionnant depuis 1947 en association de type loi 1901 et favorisant des abus, selon différents rapports officiels.

En avril, le gouvernement et la mission Duport avaient semblé marquer leur intérêt pour l’ouverture « d’un ou plusieurs casinos » à Paris. Mais elle a rencontré, ainsi que le souligne la mission Duport qui a vu ses groupes politiques, un « enthousiasme limité » de la Ville de Paris.

La maire (PS) Anne Hidalgo avait publiquement déclaré ne pas être « demandeur » ; ce n’était pas sa « tasse de thé ». La cheffe de l’opposition Nathalie Kosciusko-Morizet – qui n’a pas souhaité rencontrer Jean-Pierre Duport, selon celui-ci – était contre, accusant la gauche de l’envisager « strictement pour des raisons financières ». « Nous avons écouté tout le monde », a dit le préfet Duport, « c’est à la Ville de Paris de décider » et « de demander (son) classement en station de tourisme » si elle veut un casino.

Entre affairisme et banditisme

Autre écueil à son ouverture, de possibles répercussions économiques, envisagées par la mission Duport qui prévoit des compensations financières, pour ceux proches de la capitale à Enghien-les-Bains (Val d’Oise) et Forges-les-Eaux (Seine-Maritime).

« Je n’ai pas changé d’avis », a plaidé Jean-Pierre Duport en réponse à un possible « revirement ». « Nous avons rempli notre mission d’écouter tout le monde, de renforcer le contrôle de l’Etat, de trouver une solution offrant les meilleures garanties », se réjouit-il.

Il se targue également d’avoir proposé la suppression de la loi de 1920 qui interdit d’exploiter des salles de jeux à moins de cent kilomètres de Paris (sauf pour les stations thermales). Pour lui, le « débat est ouvert » et « doit avoir lieu ». Si un casino « était implanté à Paris », relève aussi la mission dans son rapport, une simulation précise que « l’Etat récupérerait, après crédit d’impôt, 45,6 millions d’euros ».

Entre affairisme et banditisme, lieux mythiques de la nuit parisienne depuis plus de soixante ans, les cercles de jeux parisiens sont dans la tourmente. Depuis 2008, huit ont été fermés sur les dix que comptait Paris.

Le gouvernement veut créer des « clubs » de jeux à Paris, et non des casinos

Pas de casino à Paris. Bernard Cazeneuve n’est pas favorable à la proposition d’une mission sur les jeux dans la capitale suggérant l’ouverture de tels établissements. Le ministre de l’Intérieur leur préfère une autre hypothèse : l’ouverture de « clubs », a annoncé vendredi 12 juin le ministère. Il doit engager un « calendrier avant l’été » pour que les « clubs » soient opérationnels « début 2016 ».

La place Beauvau avait confié en février une mission « de réflexion » au préfet Jean-Pierre Duport visant à supprimer les cercles de jeux dans la capitale, secoués par une vague de scandales, et à faire des propositions « pour une nouvelle offre légale de jeux ». C’est un revirement alors que, en avril, le gouvernement et la mission Duport avaient semblé marquer leur intérêt pour l’ouverture de casinos à Paris.

Avec ou sans machines à sous ?

Le préfet a remis cette semaine son rapport au ministre, soumettant deux hypothèses au gouvernement. La première est l’ouverture « d’un ou plusieurs casinos », avec machines à sous, à Paris, quasiment la seule capitale européenne à ne pas en posséder.

La seconde prône l’ouverture de « clubs » de jeux, sans machines à sous. Des sociétés commerciales, selon la mission, soumises à un régime fiscal « s’inspirant de celui des casinos ». Une différence de taille avec les cercles fonctionnant depuis 1947 en association de type loi 1901 et favorisant des abus, selon différents rapports officiels.

La maire (PS) de Paris, Anne Hidalgo, avait quant à elle publiquement déclaré ne pas être « demandeur » d’un casino dans la capitale. La chef de l’opposition, Nathalie Kosciusko-Morizet, était également contre, accusant la gauche

de l’envisager « strictement pour des raisons financières ».

Des cercles dans la tourmente

Lieux mythiques de la nuit parisienne depuis plus de soixante ans, les cercles de jeux parisiens sont dans la tourmente. Depuis 2008, huit ont été fermés sur les dix que comptait Paris.

A l’automne 2014, l’Aviation Club de France et le cercle Cadet ont été perquisitionnés dans le cadre d’enquêtes judiciaires ouvertes en 2013 et fermés le temps de l’enquête.

Pas de casinos à Paris, mais des clubs très « select » à la place des cercles de jeux

CASINO

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Commentaires

CHRISTIAN  •                     Quelle bande de « RINGARDS »

  • Radada  •                 les socialistes ils font des ‘ clubs’, des ‘ pactes’, et plein d’autres foutaises bien emballées de la même façon dont tout le monde se fout éperdument
    calenie  •                   c’est vrai ça! pourquoi pas de casinos? y a bien des plages!……….et puis y a déjà les mafieux, la drogue, la racaille….

le Parrain                           Alors là bravo, remplacer les cercles par des clubs, on va clairement de l’avant.

Luca Brazzi                         Vous n’avez manifestement pas lu l’article

Michael                               C’est une bonne idée et avec les touristes, ça ramenerait beaucoup plus de monde qu’à Enghien, qui n’est plus un « vrai casino » comme à ces débuts : entrée, vestiaires et voituriers payants, éclairage de la salle des machines à sous faiblard, machines à sous + que verrouillées, clientèle de – en – classe ….

Stéphane                            C’est Napoléon qui est à l’origine des premières réglementations sur les casinos en France. Et pourquoi avait-il interdit les casinos au coeur des grandes villes, à commencer par Paris ? Pour éviter que les pauvres, et en premier lieu ses soldats, se fassent plumer… Napoléon était donc plus socialiste que nos politiciens actuels. A méditer pour les gens qui pensent que les socialos protègent le peuple…

Dan Pi                                   Les corses sont aux anges.

 Pepef- le-Brun         ah la morale catholique incarnée par NKM qui vient encore dicter sa raison là où le pragmatisme nous dit qu’il faudrait ouvrir des casinos gérés par des sociétés bien connues. Tant pis, au nom de dieu on va encore avoir des salles de jeu clandestines avec putes, drogues et recyclage d’argent sale..

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