Tête de Turc

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TURQUIE. Le parti kurde entre en masse au Parlement, camouflet pour Erdogan

L' Obs

Avec près de 13% des voix aux législatives, le parti prokurde HDP envoie 79 députés à Istanbul et brise le rêve de majorité absolue islamo-conservatrice de Recep Tayyip Erdogan.

Célébrations nocturnes à Diyarbakir, bastion kurde dans le sud-est du pays. (Emre Tazegul/AP/SIPA)Célébrations nocturnes à Diyarbakir, bastion kurde dans le sud-est du pays. (Emre Tazegul/AP/SIPA)

Scènes de liesse à Diyarbakir. Le parti kurde HDP (Pardi démocratique du peuple) devait franchir la barre des 10% aux législatives ce dimanche pour avoir le droit d’être représenté au Parlement : mission largement accomplie puisque avec presque 13% des voix, il y obtiendra 79 sièges. Une première.

Le parti du président turc Recep Tayyip Erdogan a quant à lui essuyé un sérieux revers, en perdant la majorité absolue qu’il détenait depuis treize ans au Parlement, enterrant de fait ses espoirs de renforcer son règne sans partage sur le pays. Selon des résultats définitifs, le Parti de la justice et du développement (AKP) est arrivé sans surprise en tête du scrutin mais n’a recueilli « que » 40,7% des suffrages et 258 sièges de députés sur 550, contraignant le leader islamo-conservateur à former, pour la première fois, un gouvernement de coalition.

« Nous avons remporté une grande victoire. […] Ceux qui veulent la liberté, la démocratie et la paix ont gagné, ceux qui veulent l’autoritarisme, qui sont arrogants et qui se considèrent comme les seuls détenteurs de la Turquie ont perdu », s’est ému le chef de file du HDP, Selahattin Demirtas, lors d’une conférence de presse à Istanbul.

Le HDP comptait déjà 29 sièges dans l’Assemblée sortante. Mais ses députés avaient été élus sous l’étiquette « indépendante » pour contourner le seuil obligatoire des 10%, et n’avaient retrouvé leurs couleurs et formé un groupe qu’une fois en fonction. Les deux autres principaux concurrents du parti au pouvoir, le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate) et le Parti de l’action nationaliste (MHP, droite), obtiennent 25,1% et 16,4% des voix et totalisent 132 et 81 sièges.

Erdogan affaibli pour la première fois

Ce premier « raté » électoral sonne comme une sévère défaite pour Recep Tayyip Erdogan, qui avait largement transformé ce scrutin en référendum sur sa politique et sa personne. Vainqueur de tous les scrutins depuis 2002, son parti AKP se présentait pour la première fois en position de faiblesse face aux électeurs, victime du déclin de l’économie nationale et des critiques récurrentes sur la dérive autoritaire de son chef historique.

L’AKP n’a pas perdu les élections mais Erdogan a perdu tout espoir de faire passer la Turquie à un système présidentiel », a commenté l’universitaire Ahmet Insel.

Lors de son traditionnel « discours du balcon » depuis le siège de son parti à Ankara, le Premier ministre Ahmet Davutoglu s’est efforcé de minimiser l’ampleur de ce revers. « Cette élection a montré une fois de plus que l’AKP était la colonne vertébrale de ce pays. Personne ne doit essayer de transformer une défaite en victoire », a-t-il lancé devant des milliers de partisans. « Si Dieu le veut, la décision de la nation est la bonne », a-t-il commenté. « Nous allons poursuivre nos efforts pour changer la Constitution avec le soutien d’autres partis. » Le président Erdogan ne s’est lui pas encore exprimé.

Élu président haut la main en août dernier, ce dernier visait un renforcement de ses pouvoirs via cette élection. Violant son devoir de neutralité, il avait même fait campagne en ce sens. Mais pour parvenir à ses fins, son parti devait obtenir 330 sièges pour faire passer une réforme de la Constitution. Il lui en manque ce matin plus de 70.

Les prokurdes en fanfare

Grand vainqueur de la soirée, le chef de file du parti kurde HDP, Selahattin Demirtas, a réussi son pari. Ce « quadra » charismatique et ambitieux a mené une campagne moderne, très marquée à gauche et anti-Erdogan qui lui a permis d’élargir son audience au-delà de la seule communauté kurde (20% de la population turque).


(Emre Tazegul/AP/SIPA)

A la fermeture des bureaux de vote, l’ambiance était encore tendue, notamment par crainte de fraudes lors du dépouillement. Mais sitôt les résultats confirmés, des milliers de personnes sont descendues dans les rues de Diyarbakir, la « capitale » kurde du sud-est de la Turquie, pour célébrer la victoire du HDP en agitant des drapeaux et en klaxonnant, les passagers hissés aux travers des fenêtres de voitures, les doigts fièrement écartés en « V » en signe de victoire. Quelques coups de feu ont même été tirés en l’air.

Les partisans du parti prokurde ont dansé sous les youyous triomphants, scandant le slogan de campagne du parti : « nous sommes le HDP, nous sommes le Parlement. »

La montée du HDP symbolise l’unité des Kurdes et c’est une étape de plus vers la démocratie », estime Yalman, partisan du parti kurde. « C’est un avertissement adressé à l’AKP et ses tendances dictatoriales ».

Sous l’impulsion du président Erdogan, le gouvernement a accordé ces dernières années de nouveaux droits aux Kurdes, notamment pour l’utilisation de leur langue. Mais le chef de l’Etat a récemment changé de rhétorique et mis entre parenthèses le processus de paix engagé avec les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

La campagne a par ailleurs été marquée par de nombreuses violences, visant pour l’essentiel le HDP. Vendredi soir, un attentat à la bombe contre une réunion publique du HDP à Diyarbakir avait fait deux morts et plusieurs centaines de blessés. Aucun incident n’a en revanche été signalé pendant le scrutin.

Législatives en Turquie: le parti du président Erdogan perd la majorité absolue

 LEXPRESS.fr avec AFP

recep-tayyip-erdogan-legislatives-en-turquie_5353503Le Président turc Recep Tayyip Erdogan a glissé son bulletin dans l’urne ce dimanche. REUTERS/Murad Sezer

Selon les résultats définitifs des législatives en Turquie, l’AKP n’obtient pas la majorité absolue au Parlement, sur lequel il régnait depuis 13 ans. Un revers pour le président Erdogan.

Le parti du président turc Recep Tayyip Erdogan a essuyé un sérieux revers dimanche aux élections législatives et perdu sa majorité absolue détenue depuis 13 ans au Parlement, enterrant de fait ses espoirs de renforcer son règne sans partage sur le pays.

>> Lire aussi: Un scrutin déterminant pour l’avenir d’Erdogan

Selon les résultats définitifs, le Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) est arrivé sans surprise en tête du scrutin mais n’a recueilli que 40,7% des suffrages et 258 sièges de députés sur 550, le contraignant pour la première fois à former un gouvernement de coalition.

« Ceux qui veulent la liberté, la démocratie et la paix ont gagné »

Autre première dans le paysage politique turc, le parti kurde HDP (Parti démocratique du peuple) a largement franchi la barre des 10% imposée aux partis pour obtenir un siège sur les bancs du Parlement. Avec 13% des voix, il en obtient 79. « Nous avons remporté une grande victoire […] ceux qui veulent la liberté, la démocratie et la paix ont gagné, ceux qui veulent l’autoritarisme, qui sont arrogants et qui se considèrent comme les seuls détenteurs de la Turquie ont perdu », a déclaré le chef de file du HDP, Selahattin Demirtas.

>> Lire aussi: Le parti kurde, rempart contre le pouvoir absolu d’Erdogan

Le HDP comptait déjà 29 sièges dans l’Assemblée sortante. Mais ils avaient été élus sous l’étiquette indépendante pour contourner le seuil obligatoire des 10%. Ces députés n’avaient retrouvé leurs couleurs et formé un groupe qu’une fois en fonction.

Un « raté » électoral pour Erdogan

Les deux autres principaux concurrents du parti au pouvoir, le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate) et le Parti de l’action nationaliste (MHP, droite), obtiennent 25,1% et 16,4% des voix et totalisent 132 et 81 sièges.

Vainqueur de tous les scrutins depuis 2002, le parti AKP se présentait pour la première fois affaibli face aux électeurs, victime du déclin de l’économie et des critiques récurrentes sur la dérive autoritaire de son chef historique. Ce premier « raté » électoral sonne comme une sévère défaite pour Erdogan, qui avait fait de ce scrutin un référendum autour de sa personne. Lors de son traditionnel « discours du balcon » depuis le siège de son parti à Ankara, le Premier ministre Ahmet Davutoglu s’est efforcé de minimiser l’ampleur de ce revers.

Des milliers de personnes dans les rues

Premier ministre à poigne pendant 11 ans, Recep Tayyip Erdogan a été élu haut-la-main président en août dernier et vise depuis la présidentialisation du régime et le renforcement de ses pouvoirs. Pour y parvenir son parti devait totaliser au moins 330 sièges pour faire passer une réforme de la Constitution.

Alors que la Constitution lui impose une stricte neutralité, le chef de l’Etat a fait campagne pendant des semaines en réclamant « 400 députés » pour changer le système parlementaire actuel. Ce régime est « un obstacle au changement », a-t-il répété.

Sitôt les résultats confirmés, des milliers de personnes sont descendues dans les rues de Diyarbakir, la « capitale » kurde du sud-est de la Turquie, pour célébrer la victoire du HDP en agitant des drapeaux et en klaxonnant. Aucun incident n’a été signalé pendant le scrutin.

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, salue la foule, à Istanbul (Turquie), le 7 juin 2015.
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, salue la foule, à Istanbul (Turquie), le 7 juin 2015. (YASIN BULBUL / AFP)

Il avait fait de ce scrutin un référendum autour de sa personne. Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a perdu la majorité absolue au Parlement à l’issue des élections législatives, dimanche 7 juin. De son côté, le parti kurde HDP réalise un score sans précédent.

Dans le détail, l’AKP, le parti islamo-conservateur au pouvoir, obtient 41% des voix, et 259 sièges dans un Parlement qui en compte 550. Suivent le CHP, social-démocrate, avec 25% des voix et 131 élus, le MHP nationaliste (16,5% des voix et 82 élus), ainsi que le parti kurde HDP (12,6% et 78 élus).

Un revers pour le chef de l’Etat

Au pouvoir depuis treize ans, Recep Tayyip Erdogan espérait une large victoire de son parti pour renforcer sa domination sur le pays. Vainqueur de tous les scrutins depuis 2002, le parti islamo-conservateur se présentait pour la première fois affaibli face aux électeurs, victime du déclin de l’économie et des critiques sur sa dérive autoritaire.

Face aux résultats de dimanche, le président turc va devoir entamer des négociations pour former une coalition. Son clan a toutefois tenu à minimiser l’ampleur de ce revers : « Cette élection a montré une fois de plus que l’AKP était la colonne vertébrale de ce pays », a lancé le Premier ministre, Ahmet Davutoglu, devant des milliers de partisans, rappelant que l’AKP avait obtenu 40% des suffrages.

La percée d’un parti kurde

Le parti d’opposition HDP ressort vainqueur de ce scrutin. « Nous avons remporté une grande victoire. (…) Ceux qui veulent la liberté, la démocratie et la paix ont gagné, ceux qui veulent l’autoritarisme, qui sont arrogants et qui se considèrent comme les seuls détenteurs de la Turquie ont perdu », a déclaré le chef de file du parti kurde, Selahattin Demirtas.

Ce quadragénaire charismatique et ambitieux a mené une campagne moderne, très marquée à gauche, et anti-Erdogan qui lui a permis d’élargir son audience au-delà de la seule communauté kurde (20% de la population turque). Son parti obtient 79 sièges.

Sitôt les résultats confirmés, des milliers de personnes sont descendues dans les rues de Diyarbakir, la « capitale » kurde du sud-est de la Turquie, pour célébrer la victoire du HDP en agitant des drapeaux et en klaxonnant.

Une réforme de la Constitution en suspens

En perdant la majorité absolue, le président turc enterre aussi ses espoirs de modifier la Constitution du pays. Recep Tayyip Erdogan, qui domine la politique turque depuis plus de dix ans, a fait campagne pour que son parti obtienne au moins 330 des 550 sièges du Parlement. Alors que la Constitution lui impose une stricte neutralité, le chef de l’Etat a réclamé, pendant des semaines, « 400 députés » pour changer le système parlementaire actuel.

Depuis son élection haut la main à la tête du pays, en août dernier, Recep Tayyip Erdogan, qui était auparavant Premier ministre, vise la présidentialisation du régime et le renforcement de ses pouvoirs. Pour y parvenir, son parti devait totaliser au moins 330 sièges afin de faire passer une réforme de la Constitution. Pendant toute la campagne, l’opposition a contesté vigoureusement son projet, qualifié de « dictature constitutionnelle ». « Nous allons poursuivre nos efforts pour changer la Constitution avec le soutien d’autres partis », a défendu le Premier ministre après l’annonce des résultats.

Turquie : une victoire kurde lourde de menaces

Le Point – Par notre envoyé spécial à Diyarbakir,

Avec 13 % des voix, le parti HDP va faire son entrée au Parlement. Pourtant, malgré cette victoire, le processus de paix risque d’être enterré.

Les Kurdes ont fêté le bon résultat de leur parti dimanche 7 juin à Diyarbakir, dans l'est du pays.
Les Kurdes ont fêté le bon résultat de leur parti dimanche 7 juin à Diyarbakir, dans l’est du pays. © AURORE BELOT / Nur Photo/AFP

Dimanche, Diyarbakir, principale ville des régions kurdes de Turquie, était en liesse. Le HDP, formation pro-kurde militant pour le droit des minorités, n’arrive que quatrième du scrutin législatif, pourtant, c’est bien une victoire que l’on célèbre ici.

Avec 13 % des voix, le parti coprésidé par Selahattin Demirtas franchit ainsi haut la main le barrage des 10 % imposé à chaque formation politique par la Constitution pour siéger au Parlement. Un hémicycle qui comptera désormais 79 députés sous l’étiquette HDP, dont 30 femmes.

Les klaxons, les feux d’artifice, les cris de joie résonnent dans la nuit et marquent la fin d’une haletante journée pour les habitants de Diyarbakir. Dès 8 heures ce matin, les familles se sont déplacées en nombre à l’ouverture des bureaux de vote (87 % de participation à l’échelle nationale). « Faites bien attention à votre bulletin », avertissait un habitant à la sortie du vote. La peur des fraudes est dans tous les esprits. Beaucoup de partisans du HDP craignent en effet de se faire voler une victoire que leur promettent les sondages.

Attentats

Et la Turquie est coutumière du fait. Tous gardent en mémoire les municipales de 2014 lorsqu’une coupure de courant de plusieurs heures avait plongé dans le noir plusieurs bureaux de vote à Ankara pendant le dépouillement. « Un chat entré dans un transformateur », avait alors gauchement répondu le ministre de l’Énergie pour justifier la panne. Alors, tout au long de la journée de dimanche, les réseaux sociaux ne cessent de rapporter des tentatives de fraude dans la région ou pointent du doigt ces voitures suspectes, sans plaque d’immatriculation, postées non loin des bureaux de vote.

Au fil de la journée, la victoire du parti-pro kurde à Diyarbakir semble indiscutable. Dans la région, le HDP remporte près de 78 % des voix, loin devant le parti d’Erdogan, l’AKP (14,7 %). « C’est ce genre de réponse qu’on attendait après les attentats : protester par le vote, la solidarité, et non par la violence », répond satisfait Suat devant les résultats de son parti. Car, depuis deux jours, Diyarbakir pleure ses morts. Vendredi, au cours du dernier meeting de campagne du HDP, deux bombes ont explosé en plein cœur de la foule faisant quatre morts et des centaines de blessés et de mutilés. Le point d’orgue d’une campagne tendue pour les membres du parti, victimes régulières d’attaques et de violences.

« Même si nous sommes attaqués cent fois de plus, nous parviendrons quand même à atteindre notre but », relativise un habitant de la ville. Et ce dimanche, la patience des partisans du HDP semble avoir payé.

La fin du processus de paix

Mais très vite, après la joie, les doutes ressurgissent. « Ce soir, les Kurdes célèbrent la victoire du HDP, mais, demain, ils vont se rendre compte qu’un gouvernement de coalition entre l’AKP et MHP les attend », remarque Devran, jeune étudiant. En effet, victorieux (avec 40,78 % des voix) mais fragilisé, le parti islamo-conservateur au pouvoir n’a désormais plus la majorité au Parlement et doit trouver un allié. Et tout laisse à penser que son choix se portera sur le parti nationaliste du MHP, arrivé troisième du scrutin (16,37 %), derrière les sociaux-démocrates du CHP (25,03 %).

Une alliance plus que probable qui enterrerait pour de bon le processus de paix avec les Kurdes. En effet, la formation nationaliste d’extrême droite n’a pas caché son hostilité à la reprise des négociations, lancée par Erdogan, entre le gouvernement et les séparatistes du PKK en décembre 2013. Des négociations aujourd’hui au point mort, à la suite du virage très nationaliste de l’AKP et du président Erdogan en fin de campagne, que le HDP et ses 79 nouveaux parlementaires n’entendent pas abandonner.

Législatives en Turquie : Erdogan voit son rêve de sultanat lui échapper

Le Monde.fr Marie Jégo (Istanbul, correspondante)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan dans un bureau de vote d'Istanbul, le 7 juin.

Les législatives du 7 juin en Turquie sont un sérieux revers pour le Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) qui, pour la première fois depuis 2002, perd la majorité absolue au Parlement. Avec 40 % des suffrages, soit 254 députés sur 550, l’AKP reste le premier parti politique du pays, mais sa chute est cinglante.

Pour la première fois en treize ans, les islamo-conservateurs vont être contraints de former un gouvernement de coalition. Ils ne régneront plus en maîtres absolus sur le pays. « Si Dieu le veut, la décision de la nation est la bonne », a déclaré le premier ministre, Ahmet Davutoglu, à l’annonce des résultats. Le président, Recep Tayyip Erdogan, ne s’est pas exprimé.

Le tableau des résultats par région montre combien la désaffection est grande, en premier lieu dans les régions kurdophones de l’Est et du Sud-Est, mais aussi sur toutes les côtes (Marmara, Méditerranée, Egée) où le vote en faveur de l’AKP a reculé par rapport aux législatives de 2011.

Avant tout, il s’agit d’un revers pour M. Erdogan, qui se voyait déjà en hyperprésident. En mettant son projet de « sultanat » au centre des législatives, il en a fait un référendum sur sa personne. La réponse de l’électorat est sans appel. Il imaginait avoir 400 députés de l’AKP au Parlement ? Il ne les a pas. Il rêvait de modifier la Constitution pour renforcer son pouvoir ? Il ne le pourra pas. Non seulement son projet de super-présidence est mort-né mais son étoile a considérablement pâli.

Lire : Elections législatives en Turquie : l’hyper-présidence de M. Erdogan en question

Autoritarisme sans limite

En se jetant à corps perdu dans la campagne — en dépit de la neutralité due à la fonction présidentielle — en polarisant la société dans ses discours (laïcs contre religieux, sunnites contre alévis, Kurdes contre Turcs) M. Erdogan a perdu l’adhésion d’une bonne partie de son électorat. On est loin du Tayyip de 2002, qui captait l’attention des foules en parlant de pluralisme, de liberté et de réformes. En 2015, les mots « complot » « terrorisme » et « structure parallèle » sont au centre de chacun de ses discours.

Son autoritarisme est sans limites. La presse, la justice, la police ont été placés sous son étroit contrôle. Engagé, depuis décembre 2013, dans une vaste purge contre la confrérie de son ancien mentor, l’imam Fethullah Gülen, exilé aux Etats-Unis, il a fait muter, destituer ou arrêter policiers, juges et procureurs.

Un journaliste émet une critique ? Il est brimé, au mieux licencié, au pire accusé de « terrorisme » ou de « complot contre l’Etat ». Une vidéo qui ne lui plaît pas court sur YouTube ou Twitter ? Il les fait bloquer. Ses opposants sont des « traîtres » et M. Demirtas, le chef du Parti démocratique du peuple (HDP), qui lui a fait de l’ombre pendant toute la campagne, est un « athée ».

Lire aussi : Entrée en force des Kurdes du HDP au Parlement turc

Poussée à son paroxysme lorsqu’il s’est installé dans un palais de plus de 1 000 pièces à Ankara après son élection à la présidence en août 2014, sa folie des grandeurs lui a valu le surnom de « sultan ». La création d’une garde présidentielle en costumes dignes de la série Game of Thrones a ajouté le ridicule à la mégalomanie.

Jusque-là, les Turcs avaient tout avalé, y compris les révélations de corruption qui avaient éclaboussé en décembre 2013 son entourage familial et son gouvernement — M. Erdogan était alors premier ministre. Une conversation malheureuse avec son fils, Bilal, incapable de « remettre les compteurs à zéro » (faire disparaître le liquide) au moment où des perquisitions menées chez les fils de plusieurs ministres avaient révélé des boîtes à chaussures remplies de devises, laissa un goût amer à ceux qui croyaient en la blancheur immaculée du parti « AK » (en turc ak veut dire « blanc, propre »).

Mais cela n’empêcha pas le « parti de l’ampoule » (le symbole de l’AKP) de remporter haut la main les municipales de mars 2014 et son chef historique la présidentielle d’août 2014. En revanche, lorsqu’il s’est agi de donner à M. Erdogan les pleins pouvoirs, les électeurs ont dit non. Piégée par son rêve de grandeur, l’étoile filante de la scène politique turque a été stoppée dans son ascension par les urnes.

Tournant dans l’histoire du pays

Et si 88 % des électeurs se sont déplacés pour aller voter, ça n’était pas tant pour élire leurs députés que pour dire non aux visées autocratiques du chef historique de l’AKP. Mission accomplie, puisqu’il n’a pas d’autre perspective que de retourner à son rôle de président sans grands pouvoirs, comme le stipule l’actuelle Constitution.

« C’est le triomphe de la paix sur la guerre, de la modestie sur l’arrogance, de la responsabilité sur l’irresponsabilité », a déclaré Sirri Süreyya Önder, député du HDP, dès l’annonce des résultats, dimanche soir. En remportant 13 % des voix, la petite formation kurde de gauche a brisé net le rêve du chef historique de l’AKP. Tout s’est joué sur ces voix-là.

En Turquie, le seuil nécessaire pour qu’un parti soit représenté au Parlement est de 10 %. Le pari était risqué pour le HDP car en cas d’échec, il aurait favorisé son adversaire, ses voix étant automatiquement portées au crédit de l’AKP, selon le système proportionnel en vigueur.

L’entrée d’un parti pro-kurde au Parlement marque un tournant dans l’histoire du pays. Elle a été possible grâce à Selahattin Demirtas, un avocat charismatique de 42 ans, qui l’a habilement conduit à ce succès. Sous l’impulsion de cet ancien militant des droits de l’homme, né dans une famille kurde modeste d’Elazig, dans l’est du pays, le HDP a estompé son aspect pro-kurde, prenant ses distances avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, interdit en Turquie) pour élargir sa base aux déçus du « tayyipisme ».

Lire aussi : Les Kurdes de Turquie se détournent d’Erdogan

Bon tribun, doté d’un solide sens de l’humour, M. Demirtas, qui avoue « repasser ses chemises », s’est imposé comme le porte-parole d’une autre Turquie, celle des minorités ethniques et religieuses, des femmes, des homosexuels, des écologistes. Sa victoire est aussi un puissant message à l’adresse du PKK, indiquant qu’il est temps de penser aux élections et d’oublier les armes.

Turquie: Erdogan perd sa majorité absolue aux élections législatives

ELECTIONS TURQUIE ERDOGAN

INTERNATIONAL – Ce n’est pas un camouflet, mais cela y ressemble. Le parti du président islamo-conservateur turc Recep Tayyip Erdogan a perdu ce dimanche 7 juin la majorité absolue qu’il détenait au Parlement depuis treize ans, enterrant les espoirs de l’homme fort du pays de renforcer sa domination contestée.

Selon des chiffres publiés par les télévisions turques en début de soirée et sur la base du dépouillement de 70% des bulletins de vote, le Parti de la justice et du développement (AKP) arrive sans surprise en tête du scrutin mais ne recueillerait que 43% des suffrages et 267 sièges de députés sur 550, le contraignant à former un gouvernement de coalition.

Elevé au rang de « faiseur de rois », le parti kurde HDP (Parti démocratique du peuple) a réussi son pari en passant la barre des 10% des voix nécessaires pour être représenté sur les bancs de l’Assemblée nationale, où il devrait envoyer plus de 70 députés. Les deux autres principaux concurrents du parti au pouvoir, le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate) et le Parti de l’action nationaliste (MHP, droite), obtiendraient respectivement autour de 24 et 17% des voix, soit 124 et 85 sièges.

Vainqueur de tous les scrutins depuis 2002, le parti islamo-conservateur se présentait pour la première fois affaibli face aux électeurs, victime du déclin de l’économie et des critiques sur la dérive autoritaire de son chef historique.

Ce premier « raté » électoral sonne comme une sévère défaite pour Recep Tayyip Erdogan, qui s’est personnellement investi dans la campagne pour soutenir son parti et a transformé le scrutin de dimanche en référendum autour de sa personne. Premier ministre à poigne pendant onze ans, il a été élu haut-la-main président en août dernier et plaide depuis pour la présidentialisation du régime.

Pour réussir son opération, Recep Tayyip Erdogan avait besoin d’un raz-de-marée électoral. Avec les deux tiers (367) des sièges, il pouvait faire voter sa réforme par son parti seul. Avec 330 élus, il pouvait la soumettre à un référendum.

« J’ai voté à nouveau (pour l’AKP) parce que je veux que la Turquie soit dirigée par un président fort », a confié à l’AFP Mehmet Köse, 50 ans, vendeur de fruits à Istanbul.

« Provocation »

A l’inverse, l’opposition a, tout au long de la campagne, dénoncé les projets de réforme du président les qualifiant de « dictature constitutionnelle ». « J’espère que cette élection sera la bonne et que nous pourrons nous débarrasser de « Tayyip » et de sa bande », a déclaré à l’AFP Ergin Dilek, un ingénieur de 42 ans venu voter pour l’opposition avec son épouse à Ankara.

« J’ai voté pour l’AKP aux précédentes élections parce qu’ils ont fait du bon travail. Mais je n’ai plus confiance en eux », a renchéri Murat Sefagil, 42 ans, un électeur stambouliote.

Le chef de file du parti kurde, Selahattin Demirtas, un « quadra » charismatique et ambitieux, a mené une campagne moderne, très marquée à gauche et résolument dirigée contre Recep Tayyip Erdogan et son gouvernement, afin d’élargir son audience au-delà de la seule communauté kurde (20% de la population turque).

« J’ai voté pour le HDP parce que c’est un parti dynamique capable d’apporter un réel changement », a confié Hazal Öztürk, 19 ans, qui votait pour la première fois à Istanbul. Les dernières semaines de la campagne ont été tendues et marquées par de nombreuses violences, visant pour l’essentiel le HDP.

Vendredi soir, un attentat à la bombe contre une réunion publique du parti kurde dans son fief de Diyarbakir (sud-est), a fait deux morts et plusieurs centaines de blessés, certains grièvement atteints.

Comme l’opposition, le gouvernement a dénoncé une « provocation ». « Nous voulons que ce jour soit une fête pour la démocratie », a déclaré dimanche dans son fief de Konya (centre) le chef du gouvernement Ahmet Davutoglu et a annoncé l’arrestation d’un suspect après l’attentat de Diyarbakir. Plus de 400.000 policiers et gendarmes ont été déployés pour assurer la sécurité du scrutin, selon les médias turcs, qui n’ont signalé que de rares incidents isolés.

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Quelque treize ans de règne sans partage de l’AKP sur la Turquie sont en train de s’achever. Si le parti islamo-conservateur reste de loin la première force politique du pays avec 41% des suffrages – soit 259 sièges sur 550-, il n’a pas une majorité suffisante au Parlement pour former un gouvernement, selon des chiffres officiels portant sur la quasi-totalité des bulletins (98%).

Ces résultats sont une lourde défaite pour le président Recep Tayyip Erdogan qui, élu en août dernier dès le premier tour avec 42% des suffrages, s’était engagé à fond dans cette campagne appelant les électeurs à donner au moins 360 sièges à l’AKP afin de lui permettre de changer la constitution et d’instaurer une république présidentielle. Le nombre des députés de l’AKP est d’autant plus bas que le parti pro-kurde HDP a franchi le seuil minimum des 10% des voix nécessaires pour être représenté sur les bancs du Parlement, avec 12,5%, et obtiendrait au moins 71 élus.

L’AKP reste certes au centre du jeu politique et se débrouillera à trouver notamment par les élus de la droite nationaliste MHP qui fait un très bon score (16,5%) les quelques députés qui lui manquent. Nombre d’électeurs mécontents de l’AKP  ont d’ailleurs porté leur suffrage sur ce mouvement. C’est la première fois depuis son arrivée au pouvoir que le parti est en recul.

Cet affaiblissement s’explique autant par le ralentissement de l’économie, jusque-là point fort de la gestion gouvernementale de ce parti qui se vante d’avoir triplé en douze ans le revenu par tête des Turcs, que par l’effet des affaires de corruption qui ont éclaboussé les hauts dirigeants du parti et par l’exaspération d’une partie croissante de l’opinion – y compris au sein de l’AKP – pour l’autoritarisme du chef de l’Etat et ses rêves d’instaurer une hyperprésidence.

Revers de l’AKP en Turquie aux élections législatives

ANKARA (Reuters) – Le projet du président turc Recep Tayyip Erdogan de renforcer ses pouvoirs est apparu sérieusement compromis dimanche soir, son parti, l’AKP, ayant perdu sa majorité absolue au Parlement, selon les résultats partiels des élections législatives publiés dimanche soir.

Après dépouillement de 94% des bulletins de vote, le Parti pour la justice et le développement (AKP) aurait remporté 41% des suffrages, selon la chaîne de télévision CNN Turk. Le parti islamo-conservateur n’aurait ainsi pas la majorité absolue des sièges au Parlement pour la première fois depuis sa création en 2001 par Recep Tayyip Erdogan.

Autre enseignement du scrutin, le HDP (Parti démocratique des peuples) fait son entrée pour la première fois à la Grande assemblée nationale de Turquie, le parlement monocaméral, en passant le seuil des 10% des suffrages nécessaires.

Le HDP, crédité de plus de 12% des voix, espère obtenir 80 sièges sur les 550 que compte l’assemblée, a indiqué un de ses élus, Sirri Surreya Onder.

Le parti prokurde a exclu de former un gouvernement de coalition avec l’AKP par la voix de son chef de file, Selahattin Demirtas. Celui-ci a également estimé que les résultats des élections mettaient fin au débat sur la mise en place d’un système présidentiel.

« Le débat sur la présidence exécutive et la dictature a pris fin en Turquie avec ces élections », a déclaré Selahattin Demirtas lors d’une conférence de presse à Istanbul.

Un haut responsable de l’AKP a déclaré sous le sceau de l’anonymat que le parti islamo-conservateur anticipait « un gouvernement minoritaire et des élections anticipées ».

Recep Tayyip Erdogan, dirigeant le plus populaire de Turquie, mais aussi le plus controversé, avait dit espérer une victoire massive pour son parti, de façon à pouvoir faire voter une modification de la constitution et transformer le régime parlementaire en place en Turquie en régime présidentiel.

LE HDP A ÉLARGI SON ÉLECTORAT

Bien que la loi fondamentale demande au chef de l’Etat de rester au-dessus des partis, Recep Tayyip Erdogan n’a pas ménagé ses efforts pour convaincre les électeurs de la nécessité de la réforme constitutionnelle, n’hésitant pas à adopter un ton conflictuel pendant la campagne.

S’il se confirme, le revers électoral de l’AKP sera aussi celui du Premier ministre Ahmet Davutoglu.

Les deux hommes avaient présenté le scrutin comme un choix entre une « nouvelle Turquie » et un retour à une histoire marquée par des gouvernements de coalition de courte durée, l’instabilité économique et des coups d’Etat d’une armée dont l’influence a été endiguée par Recep Tayyip Erdogan.

Les résultats partiels montrent que le HDP a réussi à élargir son électorat au-delà des sympathisants de la cause kurde vers le centre gauche et les laïques déçus par Erdogan.

La percée du HDP est endeuillée par un attentat qui a fait deux morts et 200 blessés vendredi lors d’un de ses meetings électoraux à Diyarbakir dans le sud-est de la Turquie.

Selon les résultats donnés par CNN, les laïques du Parti républicain du peuple (CHP, gauche kémaliste) seront à nouveau le deuxième groupe à l’assemblée, ayant obtenu environ un quart des suffrages.

Le président du CHP pour Istanbul, Murat Karayalcin, a déclaré que les résultats du scrutin de dimanche étaient un « non clair » à la présidentialisation du régime voulue par Recep Tayyip Erdogan.

Le Parti d’action nationaliste (MHP, extrême droite), souvent considéré comme le partenaire le plus probable de l’AKP s’il devait former une coalition, a obtenu près de 17% des suffrages.

Le haut responsable de l’AKP a estimé qu’un gouvernement de coalition avec le MHP était improbable et que l’AKP préférait gouverner seul et tenterait de retrouver des soutiens en prévision d’un nouveau scrutin anticipé.

La livre turque a touché un point bas après l’annonce des premiers résultats, les marchés n’appréciant pas la perspective d’un gouvernement minoritaire ou de coalition.

En fin de soirée, elle valait 2,75 livres pour un dollar.

Turquie: le parti d’Erdogan perd sa majorité absolue au Parlement

Le parti du président turc Recep Tayyip Erdogan a essuyé un sérieux revers dimanche aux législatives et perdu sa majorité absolue détenue depuis treize ans au Parlement, enterrant de fait ses espoirs de renforcer son règne sans partage sur le pays.

Selon les résultats définitifs, le Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) est arrivé sans surprise en tête du scrutin mais n’a recueilli que 40,7% des suffrages et 258 sièges de députés sur 550, le contraignant pour la première fois à former un gouvernement de coalition.

Autre première dans le paysage politique turc, le parti kurde HDP (Parti démocratique du peuple) a largement franchi la barre des 10% imposée aux partis pour obtenir un siège sur les bancs du Parlement. Avec 13% des voix, il en obtient 79.

« Nous avons remporté une grande victoire (…) ceux qui veulent la liberté, la démocratie et la paix ont gagné, ceux qui veulent l’autoritarisme, qui sont arrogants et qui se considèrent comme les seuls détenteurs de la Turquie ont perdu », a déclaré le chef de file du HDP, Selahattin Demirtas, lors d’une conférence de presse à Istanbul.

Le HDP comptait déjà 29 sièges dans l’Assemblée sortante. Mais ils avaient été élus sous l’étiquette indépendante pour contourner le seuil obligatoire des 10%. Ces députés n’avaient retrouvé leurs couleurs et formé un groupe qu’une fois en fonction.

Les deux autres principaux concurrents du parti au pouvoir, le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate) et le Parti de l’action nationaliste (MHP, droite), obtiennent 25,1% et 16,4% des voix et totalisent 132 et 81 sièges.

Vainqueur de tous les scrutins depuis 2002, le parti AKP se présentait pour la première fois affaibli face aux électeurs, victime du déclin de l’économie et des critiques récurrentes sur la dérive autoritaire de son chef historique.

Ce premier « raté » électoral sonne comme une sévère défaite pour M. Erdogan, qui avait fait de ce scrutin un référendum autour de sa personne.

« L’AKP n’a pas perdu les élections mais Erdogan a perdu tout espoir de faire passer la Turquie à un système présidentiel », a commenté l’universitaire Ahmet Insel.

– ‘Colonne vertébrale’ –

Lors de son traditionnel « discours du balcon » depuis le siège de son parti à Ankara, le Premier ministre Ahmet Davutoglu s’est efforcé de minimiser l’ampleur de ce revers.

« Cette élection a montré une fois de plus que l’AKP était la colonne vertébrale de ce pays. Personne ne doit essayer de transformer une défaite en victoire », a-t-il lancé devant des milliers de partisans. « Nous allons poursuivre nos efforts pour changer la Constitution avec le soutien d’autres partis », a-t-il promis.

Premier ministre à poigne pendant onze ans, Recep Erdogan a été élu haut-la-main président en août dernier et vise depuis la présidentialisation du régime et le renforcement de ses pouvoirs. Pour y parvenir son parti devait totaliser au moins 330 sièges pour faire passer une réforme de la Constitution.

Alors que la Constitution lui impose une stricte neutralité, le chef de l’Etat a fait campagne pendant des semaines en réclamant « 400 députés » pour changer le système parlementaire actuel. Ce régime est « un obstacle au changement », a-t-il répété.

Pendant toute la campagne, l’opposition s’est opposé vigoureusement à son projet, qualifié de « dictature constitutionnelle ».

« Nous avons mis un terme à ce qui était une ère de répression par des moyens démocratiques », s’est réjoui le président du CHP, Kemal Kiliçdaroglu. « La Turquie a gagné, la démocratie a gagné », a-t-il insisté.

« C’est le début de la fin pour l’AKP », a commenté le chef du MHP, Devlet Bahçeli.

Grand vainqueur de la soirée, le chef de file du parti kurde HDP, Selahattin Demirtas, a réussi son pari. Ce « quadra » charismatique et ambitieux a mené une campagne moderne, très marquée à gauche et anti-Erdogan qui lui a permis d’élargir son audience au-delà de la seule communauté kurde (20% de la population turque).

Sitôt les résultats confirmés, des milliers de personnes sont descendues dans les rues de Diyarbakir, la « capitale » kurde du sud-est de la Turquie, pour célébrer la victoire du HDP en agitant des drapeaux et en klaxonnant.

La campagne a été marquée par de nombreuses violences, visant pour l’essentiel le HDP. Vendredi soir, un attentat à la bombe contre une réunion publique du HDP à Diyarbakir a fait deux morts et plusieurs centaines de blessés.

Aucun incident n’a été signalé pendant le scrutin.

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Commentaires

Karim  •                                    gagnant : le kebab

Mirabelle  •                              Il y a des chefs d’états plus dangereux que la peste et Erdogan fait partie de ceux là!!!!!!!!!

  • SINAN  •                          fouck akp!!!
  • Marie  •                            Les peuples en ont assez de ces dirigeants adorateurs du dieu Fric !
  • maire-claire et jean-jacq …  •  Le bureau de vote où Erdogan a voté… toutes les femmes étaient voilées

    L’autre bureau où l’opposition a voté… aucune femme n’était voilée !!!!!?????
    Bravo à la démocratie 
    benjamin  •                     enfin une bonne nouvelle
    SINAN  •                            malgré la bombe mise par l’akp le HDP a gagné et a maintenant des députés! erdogan est un diable un « seytan »!!!!! defol git saleté!
    maire-claire et jean-jacq …  •  fait un grand fait pas!!!!!
    Ali  •                                      normal un taré
    Un utilisateur Yahoo  •         Une première baffe pour Erdogan le despote! avant de prendre un coup de pied là où il faut pour qu’il dégage.

    • Bernard  •                     Vive un Kurdistan libre qui couvrirait une partie de la Turquie, de l’Irak et de la Syrie. Ce peuple courageux et tolérant envers les autres religions le mérite.
    • important message  •   ouffffffffffffffffffffff enfin erdogan la prochaine étape il doit partir.et s’effacer complètement
      ce fauteur de trouble
    • Minoltista  •                   Erdogan sort d’une autre époque …et il se comporte en conséquence de ses convictions autoritaires et mégalomanes. Il ne désire rien de moins, que le retour vers les sources de l’empire Ottoman. C’est aussi simple que ça !
      Alain  •                           Yerevants !
    • Un utilisateur Yahoo  •  Excellente journée pour la liberté et la démocratie……….
      Deux très bonnes nouvelles le même jour c’est assez rare pour être souligné………… 
      Tout d’abord la cinglante défaite du despote islamiste Erdogan, qui ne pourra mener à terme sa tentative d’Islamisation totale de la Turquie.

      La deuxième excellente nouvelle c’est le rejet, par les Luxembourgeoises et les Luxembourgeois, à prêt de 80 % du projet donnant le droit de vote aux étrangers.
      C’est la première fois en Europe que le peuple, d’un pays de l’Union Européenne, est consulté par référendum sur cette question.
      C’est un revers important pour l’UE dans la mesure ou les citoyens d’un pays montre combien ils restent attachés à leur souveraineté.
      C’est une première pierre retirée à l’édifice Européen, Il faut continuer jusqu’à ce qu’il s’écroule totalement.

      (On comprend mieux pourquoi chez nous en France, Hollande à abandonné cette promesse de donner le droit de vote aux étrangers, certains de ne pouvoir obtenir la majorité requise pour faire la adopter par les 2 chambres réunies en congrès sans consultation des Français, il n’a pas voulu tenter un référendum sachant que le peuple démocratiquement rejetterait un tel projet.

    • e  •                              soulagement qu’il n’est pas eu la majorité le dictateur !

      Rouge et noir  •         le Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur)
      Je ne sais pas si j’utilise le bon mot mais c’est antinomique . En fait les turcs passent d’un autoritarisme à un autre et le seul développement qu’ils vont gagner c’est la charia.
      Il n’y a pas se réjouir! Frontière avec l’Iran et la Syrie et une tête de pont avec la Bulgarie et la Grèce. En résumé Daech a les pieds en Europe…
    • Abdellatif CHATER  • Lorsqu’on laisse les Musulmans pratiquer la démocratie sans les intrigues des ennemis de l’Islam, il y a lieu à la fierté et à l’honneur. Mais lorsqu’ils sont limitrophes aux lobbyistes sionistes qui ne sauraient vivre sans creuser contre les Chrétiens et les Musulmans, on a cinq mille manifestants massacrés en une seule journée devant les caméras du monde entier par un putschiste militaire, le général égyptien Sissi, soutenu par cet Occident hypocrite et génocidaire de l’équité et de la justice humaines. Maurice  •                   Ouf ! A bas les islamistes ! Vive le Grand Kurdistan démembré par les Anglais et les Français malgré leurs promesses. Ce peuple martyrisé mérite une indépendance totale.

Lydie AUTE                                  Le mieux c’est d’attendre la suite.

Martine J.                                    C’est la force du système de la démocratie représentative pluraliste de mettre une terme à ce genre d’aventure. Il a contraint les forces politiques chrétiennes à devenir démocrates en Europe il y a un plus d’un siècle. L’AKP sera obligé de faire une coalition avec un des partis laïcs. C’est la meilleurs école du fait qu’on n’est pas seul au monde et qu’on ne représente pas seul la société.

JPR                                              Oui, pas de sultanat : ca doit être « insultant »! :-))) MAIS on pourra quand même souligner que l’AKP reste loin devant les autres partis malgré Erdogan, les scandales de corruption et la dérive autoritaire… C’est bien différent de ce qu’on attendrait d’un pays vraiment démocratique, après 13 ans de pouvoir absolu d’un même parti et en crise!!!! Il y a donc soit encore un soutien populaire très fort pour des raisons qui restent à déterminer (populisme so ko-religieux?..), soit bourrage d’urnes.

Jacques                                        Il sera intéressant de voir quelles seront les conséquences de ce vote sur la politique extérieure turque, notamment au proche Orient.

Graphisto                                      Très bonne nouvelle, car malgré la dramatisation et les mensonges d’Erdogan, les turcs préfèrent éviter de remettre les pleins pouvoirs à cet apprenti-dictateur. Quels sont ses commentaires, au fait, sur cette perte de 50 à 70 députés pour l’AKP? C’est pas de sa faute, sans doute, le peuple n’a pas compris ce qu’il voulait dire.

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