Le foot et la corruption

La NSA contrainte de suspendre sa collecte des données téléphoniques

Les oreilles de la NSA sont – temporairement – un peu moins grandes. L’agence de renseignement américaine a été contrainte, dimanche 31 mai, de suspendre sa collecte des données des appels téléphoniques américains, révélée au grand public par Edward Snowden, faute d’avoir obtenu le renouvellement de l’autorisation légale de ce programme.

Le Sénat américain n’a en fait pas réussi à trouver un accord pour éviter l’expiration de la section 215 du Patriot Act, fondement juridique de la collecte des métadonnées (horaire, durée, numéro appelé) de tous les appels téléphoniques américains. Rand Paul, sénateur républicain et libertarien, a réussi à bloquer à lui tout seul l’examen du texte, en profitant de la procédure législative compliquée de la chambre haute du Congrès.

Une décision « irresponsable » pour la Maison Blanche

Une démarche qui lui a valu les foudres de ses collègues. « A partir de ce soir, les employés de la NSA qui consultaient la base de données ne pourront plus le faire, tout cela grâce au sénateur Rand Paul », a déclaré, furieux, son homologue républicain Richard Burr, président de la commission du renseignement du Sénat. La Maison Blanche a de son côté qualifié d’« irresponsable » cette démarche, demandant au Sénat de faire en sorte que l’autorité légale du programme soit rétablie le plus rapidement possible.

Cela ne devrait pas trop traîner, puisque le Sénat va continuer cette semaine à examiner le texte bloqué. Rand Paul ne pourra pas retarder trop longtemps la procédure et un grand nombre de sénateurs, républicains et démocrates, ont manifesté leur soutien au texte. Le vote final, dans le courant de la semaine, pourrait ensuite ouvrir la voie à un rétablissement de l’autorité légale de la collecte.

L’épisode est en tout cas une victoire symbolique pour Edouard Snowden, l’ex-consultant de la NSA qui a révélé au public américain l’ampleur des programmes de surveillance électronique gouvernementaux, et qui vit aujourd’hui en exil en Russie. « Nous ne serions pas là aujourd’hui sans les révélations de Snowden », a reconnu dans les couloirs du Congrès Justin Amash, représentant du Michigan qui soutient les positions de Rand Paul.

Les écoutes de la NSA cessent aux Etats-Unis, provisoirement

WASHINGTON (Reuters) – Le programme de surveillance à grande échelle des appels téléphoniques aux Etats-Unis, révélé par Edward Snowden, a expiré à minuit heure locale (04h00 GMT ce lundi), au moins provisoirement, le Sénat n’ayant pas adopté en temps voulu une nouvelle loi sur le sujet.

La Chambre des représentants a déjà adopté à une écrasante majorité un projet de loi destiné à mettre fin à la vaste collecte des métadonnées par la National Security Agency (NSA) pour la remplacer par un programme plus ciblé. Le président démocrate Barack Obama soutient lui aussi ce texte, baptisé USA Freedom Act.

En raison des divisions internes aux républicains, majoritaires dans les deux chambres du Congrès, le projet de loi était jusqu’à présent bloqué au Sénat.

Dimanche, les sénateurs ont finalement voté par 77 voix contre 17 en faveur de l’examen du texte pour sortir de la situation provoquée par le républicain « libertarien » Rand Paul. Ce dernier a bloqué à plusieurs reprises les efforts d’autres républicains visant à prolonger le dispositif existant pendant la durée des débats au Sénat.

Le fonctionnement du Sénat américain signifie qu’un vote sur le texte lui-même ne devrait pas intervenir avant le milieu de la semaine.

Candidat à l’investiture républicaine pour l’élection présidentielle de 2016 et adversaire résolu de toute contrainte fédérale sur la liberté individuelle, Rand Paul a lui-même reconnu à l’issue de cette bataille de procédure: « La loi sera adoptée au bout du compte. »

Conscients que l’adoption d’une nouvelle loi était très peu probable avant minuit, les responsables des services de sécurité américains avaient par avance commencé à cesser le programme d’écoutes de la NSA pour ne pas se trouver en infraction après son expiration.

RÉPUBLICAINS DIVISÉS

La Maison blanche a appelé le Sénat à « mettre de côté les motivations partisanes et à agir rapidement » pour permettre l’adoption de la nouvelle loi.

Les experts des questions de renseignement jugent cependant qu’une suspension de la surveillance des télécommunications pour quelques jours seulement n’aura guère de conséquences immédiates sur la sécurité des Etats-Unis.

Le Freedom Act prévoit une période de transition de six mois durant laquelle le programme existant restera en vigueur avant d’être remplacé par un nouveau dispositif.

Ce texte va ainsi réformer des dispositions du Patriot Act, la loi sur la sécurité intérieure promulguée par George W. Bush après les attentats du 11 septembre 2001 et partiellement reconduite par Barack Obama. Cette loi permettait la collecte et l’examen par la NSA des données relatives aux appels téléphoniques passés aux Etats-Unis, mais pas du contenu des appels lui-même.

Ce programme de surveillance a été révélé par Edward Snowden, ancien sous-traitant de la NSA.

Une commission formée par Barack Obama en 2013 a conclu que cette collecte des métadonnées téléphoniques n’a jamais été décisive pour empêcher le moindre attentat. Des responsables des services de sécurité répliquent que ce programme fournit des informations importantes, qui, combinées à d’autres renseignements, permettent de déjouer des projets d’attentat.

Les républicains sont eux-mêmes divisés sur la question.

Si les libertariens comme Rand Paul s’opposent à toute surveillance des citoyens par l’Etat fédéral au nom du respect des libertés individuelles, certains faucons prônent au contraire la reconduction en l’état du programme mis en place par le Patriot Act.

L’adoption du Freedom Act nécessite une majorité de 60 voix sur les 100 élus du Sénat.

Trois voix ont manqué lors d’un précédent vote le 23 mai et les partisans du texte s’efforcent depuis de « retourner » trois sénateurs pour parvenir aux 60 suffrages.

La NSA suspend provisoirement l’espionnage des données téléphoniques

LEXPRESS.fr avec AFP

prism-snowden_4076112Les écoutes de la NSA sont provisoirement suspendues aux Etats-Unis.   REUTERS/Gleb Garanich

L’agence a suspendu la collecte des métadonnées téléphoniques aux Etats-Unis, en raison du non renouvellement d’une des clauses du Patriot Act.

Le Sénat américain n’a pas réussi à trouver un accord pour éviter l’expiration de la section 215 du Patriot Act. Celle qui autorise la collecte par la NSA des données téléphoniques des Américains, et dont l’existence et les modalités avaient été révélés au grand public par Edward Snowden. Maintenant qu’elle a expiré, la NSA est contrainte de suspendre sa collecte des métadonnées téléphoniques (horaires, durées, numéro appelé…).

Le républicain Rand Paul à l’origine du blocage de la procédure

« A partir de ce (dimanche) soir les employés de la NSA qui consultaient la base de données ne pourront plus le faire, tout cela grâce au sénateur Rand Paul » qui a bloqué la procédure, a déclaré furieux le sénateur Richard Burr, président de la commission du renseignement du Sénat.

« Le Patriot Act expire ce soir », s’est de son côté félicité Rand Paul, l’élu républicain et libertaire qui a bloqué à lui tout seul l’examen du texte, en profitant de la procédure législative compliquée de la chambre haute du Congrès.

« Iresponsable » pour la Maison Blanche

La Maison Blanche a qualifié dans la soirée d' »irresponsable » l’expiration de la collecte des données téléphoniques, demandant au Sénat de faire en sorte que l’autorité légale du programme soit rétablie le plus rapidement possible. Elle avait prévenu cette semaine que tous les serveurs de la NSA collectant les métadonnées des appels téléphoniques américains (horaires, durées, numéro appelé) cesseraient de fonctionner à 00h01 locales (04h01 GMT) si le Sénat ne prolongeait pas l’autorité légale du programme.

Le Sénat va continuer cette semaine à examiner le texte bloqué dimanche soir, Rand Paul ne pouvant retarder trop longtemps la procédure ,et un grand nombre de sénateurs, républicains et démocrates ayant manifesté leur soutien. Le vote final, dans le courant de la semaine, pourrait ensuite ouvrir la voie à un rétablissement de l’autorité légale de la collecte. « Nous voterons cette semaine » le projet de loi, a déclaré le sénateur Ted Cruz (Texas), autre candidat potentiel à l’investiture républicaine pour la présidentielle.

Le Freedom Act prend provisoirement le relais

Le texte en souffrance au Sénat, le USA Freedom Act, prolonge pour quelques mois la collecte des données par la NSA, le temps de permettre aux compagnies téléphoniques de mettre en place les moyens de les stocker elles-mêmes. Le USA Freedom Act renforce également le contrôle judiciaire sur l’exploitation des données par les agences de renseignement.

Il est soutenu par les grandes entreprises internet et informatiques américaines, dont l’image avait souffert de leur coopération supposée avec la NSA, et par une partie des ONG qui défendent la vie privée et combattent la surveillance électronique. Le texte a déjà été voté par la Chambre des représentants, et la Maison Blanche a multiplié cette semaine les appels en sa faveur.

« Malheureusement, certains essaient d’utiliser ce débat pour marquer des points politiques », avait déclaré le président Barack Obama, en visant Rand Paul. « Je pense que les terroristes surveillent très attentivement ce qui se passe aux Etats-Unis », avait averti de son côté dimanche matin John Brennan, le directeur de la CIA. « On ne peut pas se permettre » de diminuer le système de surveillance, au moment où la menace terroriste est particulièrement forte, a-t-il indiqué.

Tout ça grâce à Snowden

L’épisode est en tout cas une victoire symbolique pour Edward Snowden, l’ex-consultant de la NSA qui a révélé au public américain l’ampleur des programmes de surveillance électronique gouvernementaux, et qui vit aujourd’hui en exil en Russie. « Nous ne serions pas là aujourd’hui sans les révélations de Snowden », a reconnu dans les couloirs du Congrès Justin Amash, représentant du Michigan qui soutient les positions de Rand Paul.

Mais pas question toutefois de plaider pour un pardon: « Il a violé la loi », a-t-il souligné, s’en remettant au système judiciaire pour trancher sur le cas de M. Snowden.

États-Unis : la collecte des données téléphoniques par la NSA suspendue ?

Le Point –

Le Sénat américain n’a pas trouvé d’accord avant l’expiration du programme controversé du Patriot Act. Un vote devrait avoir lieu « mardi ou mercredi ».

Depuis lundi matin, les employés de la NSA qui consultaient la base de données (sur les appels téléphoniques américains) ne pourront plus le faire.
Depuis lundi matin, les employés de la NSA qui consultaient la base de données (sur les appels téléphoniques américains) ne pourront plus le faire. © Picture-Alliance/AFP

Le Sénat américain n’a pas réussi à trouver un accord pour éviter l’expiration du programme controversé de collecte des données téléphoniques par la NSA, prévue à 0 h 1 locale (6 h 1 à Paris) lundi, ont indiqué des sénateurs dimanche. Le texte de loi prolongeant la section 215 du Patriot Act fondant légalement la collecte ne pourra pas être adopté d’ici à dimanche soir, ouvrant la voie au minimum à une suspension de la collecte des métadonnées, selon ces sénateurs.

« À partir de ce soir, les employés de la NSA qui consultaient la base de données (sur les appels téléphoniques américains) ne pourront plus le faire, tout cela grâce au sénateur Rand Paul » qui a bloqué la procédure, a déclaré, furieux, à l’AFP le sénateur Richard Burr, président de la commission du Renseignement du Sénat. La Maison-Blanche avait prévenu cette semaine que tous les serveurs de la NSA collectant les métadonnées des appels téléphoniques américains (horaires, durées, numéros appelés) cesseraient de fonctionner à 0 h 1 locale si le Sénat ne prolongeait pas l’autorité légale du programme.

Une source proche du chef de la majorité du Sénat, Mitch McConnell, a toutefois indiqué que l’examen du texte bloqué dimanche soir se poursuivrait pendant la semaine, avec un vote final anticipé pour « mardi ou mercredi ». La voie serait alors rouverte vers un rétablissement de l’autorité légale de la collecte des métadonnées par la NSA. Le sénateur Rand Paul, républicain libertaire et candidat à l’investiture républicaine pour la présidentielle 2016, s’est félicité que « le Patriot Act expire ce soir ». Mais le sénateur du Kentucky, qui a su tourner à son profit la procédure législative compliquée du Sénat américain, est toutefois apparu très isolé. « Nous voterons cette semaine » le projet de loi qui permet la poursuite de la collecte des données, a déclaré le sénateur Ted Cruz (Texas), autre candidat potentiel à l’investiture républicaine pour la présidentielle.

La NSA contrainte de suspendre la collecte des données téléphoniques des Américains

Le Monde.fr Gilles Paris (Washington, correspondant)

L’Agence nationale de sécurité (NSA) a été contrainte, dimanche 31 mai à minuit (6 heures à Paris), de mettre un terme provisoire à son programme de saisie des métadonnées concernant les communications téléphoniques passées aux États-Unis. Ce programme contenu dans la section 215 du Patriot Act, une loi antiterroriste renforçant les pouvoirs des agences de renseignement américaines, arrivait à expiration le 1er juin et les divisions du Parti républicain (GOP) ont empêché son renouvellement dans les temps.

Après les révélations en 2013 d’un ancien membre de la NSA, Edward Snowden, concernant les excès auxquels le Patriot Act donnait lieu, le président des États-Unis, Barack Obama, avait souhaité en 2014 une réforme de la collecte de ces métadonnées (durée des appels, destinataires, localisation) afin qu’elle ne soit plus automatique. Le 13 mai, la Chambre des Représentants avait voté à une forte majorité (338 contre 88) mêlant des voix démocrates et républicaines en faveur de cette réforme. Une semaine plus tôt, une Cour d’appel fédérale avait d’ailleurs jugé « illégal » le dispositif en vigueur, estimant qu’il allait au-delà des intentions du législateur.

Divergences chez les Républicains

C’était cependant sans compter les divergences de vue au sein du Grand Old Party (GOP) qui contrôle la Chambre et le Sénat depuis novembre. Alors que le « speaker » de la Chambre, John Boehner (Ohio) appuyait la réforme, le chef de la majorité du Sénat, Mitch McConnell (Kentucky), militait pour la reconduction en l’état du dispositif. Jouant les francs-tireurs, le sénateur républicain Rand Paul (Kentucky), fidèle à son logiciel politique libertarien (hostile à un trop grand contrôle des citoyens par l’Etat fédéral), a ajouté à la cacophonie en multipliant les procédures d’obstruction pour bloquer le dispositif. Non sans arrière pensées puisqu’il est candidat à l’investiture républicaine pour la présidentielle de 2016 et que cette manœuvre lui a procuré une tribune de choix.

Lire : Quand Rand Paul parle pour ne plus être écouté

Incapable de rallier assez de soutien pour imposer ses vues, Mitch McConnell a fini par rendre les armes dimanche. Après avoir bloqué de justesse le 23 mai la réforme adoptée par la Chambre, il s’est résigné à la réinscrire à l’ordre du jour, un choix approuvé par une large majorité qui préfigure une adoption en bonne et due forme qui sera validée par M. Obama. La Maison Blanche a déploré dimanche que le Sénat ne soit pas parvenu à un accord, appelant les élus à voter rapidement pour mettre fin à une suspension « irresponsable ».

Le revirement du chef de la majorité du Sénat est survenu trop tard, cependant, pour éviter la suspension de trois dispositifs, dont celui concernant la collecte des métadonnées. Cette réforme reste par ailleurs limitée puisqu’elle n’empêchera pas l’agence de renseignement d’obtenir ces métadonnées. Il faudra simplement qu’elle le notifie aux compagnies téléphoniques qui les conservent.

Lire aussi : Le Sénat américain bloque la réforme de la NSA

La Maison Blanche a qualifié dimanche soir d’« irresponsable » l’expiration de la collecte des données téléphoniques, demandant au Sénat de faire en sorte que l’autorité légale du programme soit rétablie le plus rapidement possible.

Pourquoi la NSA est obligée de suspendre sa collecte des données téléphoniques

L' Obs

Révélée au grand public par Edouard Snowden, la collecte des données des appels téléphoniques américains est suspendue faute d’avoir obtenu le renouvellement de son autorisation légale.

Un poste de travail à la NSA. (PAULJ.RICHARDS/AFP)Un poste de travail à la NSA. (PAULJ.RICHARDS/AFP)

Une victoire en forme de symbole pour les défenseurs des libertés civiques. Dimanche 30 mai, le Sénat américain n’a pas réussi, dans la soirée, à trouver un accord pour éviter l’expiration du programme controversé de collecte des données téléphoniques par la NSA, prévue à 00h01 (06h01 en France) ce lundi.

Le texte de loi prolongeant la section 215 du Patriot Act fondant légalement la collecte n’a pas pu être adopté à temps. Explications.

# Un programme au coeur du Patriot Act

La section 215 est le fondement juridique de la collecte des métadonnées (horaires, durées, numéro appelé) de tous les appels téléphoniques américains contenu dans le Patriot Act, la loi antiterroriste renforçant les pouvoirs des agences de renseignement américaines voté quelques jours après le 11-Septembre 2001.

Le Sénat n’ayant pu prolonger pas l’autorité légale du programme, les serveurs collectant les données sont désormais fermés.

# Un blocage obtenu par le sénateur libertaire Rand Paul

« A partir de ce soir les employés de la NSA qui consultaient la base de données ne pourront plus le faire, tout cela grâce au sénateur Rand Paul » qui a bloqué la procédure, a déclaré furieux à le sénateur Richard Burr, président de la commission du renseignement du Sénat.

« Le Patriot Act expire ce soir », s’est de son côté félicité Rand Paul, l’élu républicain et libertaire. Candidat à l’investiture républicaine pour la présidentielle de 2016, il a bloqué à lui tout seul l’examen du texte, en profitant de la procédure législative compliquée de la chambre haute du Congrès.

La Maison Blanche a qualifié dimanche soir d' »irresponsable » l’expiration de la collecte des données téléphoniques, demandant au Sénat de faire en sorte que l’autorité légale du programme soit rétablie le plus rapidement possible.

« Malheureusement, certains essaient d’utiliser ce débat pour marquer des points politiques », avait déclaré un peu plus tôt le président Barack Obama, visant directement Rand Paul.

# Une suspension provisoire

Mais en retardant la procédure de quelques jours, les opposants au Patriot Act se sont offerts une victoire provisoire. Le Sénat va en effet continuer cette semaine à examiner le texte bloqué, lequel bénéficie du soutien d’un grand nombre de sénateurs, républicains et démocrates.

Le vote final, dans le courant de la semaine, pourrait ensuite ouvrir la voie à un rétablissement de l’autorité légale de la collecte.

Le texte en souffrance au Sénat, le USA Freedom Act, prolonge pour quelques mois la collecte des données par la NSA, le temps de permettre aux compagnies téléphoniques de mettre en place les moyens de les stocker elles-mêmes.

Le texte a déjà été voté par la Chambre des représentants, et la Maison Blanche a multiplié cette semaine les appels en sa faveur.

Il est soutenu par les grandes entreprises internet et informatiques américaines, dont l’image avait souffert de leur coopération supposée avec la NSA et par une partie des ONG.

# Une victoire symbolique pour Edouard Snowden

L’épisode est en tout cas une victoire symbolique pour Edouard Snowden, l’ex-consultant de la NSA qui a révélé au public américain l’ampleur des programmes de surveillance électronique gouvernementaux, et qui vit aujourd’hui en exil en Russie.

« Nous ne serions pas là aujourd’hui sans les révélations de Snowden », a reconnu dans les couloirs du Congrès Justin Amash, représentant du Michigan qui soutient les positions de Rand Paul.

Mais pas question toutefois de plaider pour un pardon : « Il a violé la loi », a souligné Justin Amash, qui s’en remet au système judiciaire pour trancher sur le cas de Edouard Snowden.

Etats-Unis: la NSA contrainte de suspendre la collecte des données téléphoniques

L’autorisation de la collecte par la NSA des données téléphoniques des Américains a expiré dans la nuit de dimanche à lundi, faute d’avoir obtenu le renouvellement de ce programme révélé au grand public par Edward Snowden.

Le Sénat américain n’a pas réussi à trouver un accord pour éviter l’expiration de la section 215 du Patriot Act, fondement juridique de la collecte des métadonnées (horaires, durées, numéro appelé) de tous les appels téléphoniques américains.

« A partir de ce (dimanche) soir les employés de la NSA qui consultaient la base de données ne pourront plus le faire, tout cela grâce au sénateur Rand Paul » qui a bloqué la procédure, a déclaré furieux à l’AFP le sénateur Richard Burr, président de la commission du renseignement du Sénat.

« Le Patriot Act expire ce soir », s’est de son côté félicité Rand Paul, l’élu républicain et libertaire qui a bloqué à lui tout seul l’examen du texte, en profitant de la procédure législative compliquée de la chambre haute du Congrès.

La Maison Blanche a qualifié dans la soirée d' »irresponsable » l’expiration de la collecte des données téléphoniques, demandant au Sénat de faire en sorte que l’autorité légale du programme soit rétablie le plus rapidement possible.

La Maison Blanche avait prévenu cette semaine que tous les serveurs de la NSA collectant les métadonnées des appels téléphoniques américains (horaires, durées, numéro appelé) cesseraient de fonctionner à 00h01 locales (04h01 GMT) si le Sénat ne prolongeait pas l’autorité légale du programme.

Le Sénat va continuer cette semaine à examiner le texte bloqué dimanche soir, Rand Paul ne pouvant retarder trop longtemps la procédure et un grand nombre de sénateurs, républicains et démocrates, ayant manifesté leur soutien.

Le vote final, dans le courant de la semaine, pourrait ensuite ouvrir la voie à un rétablissement de l’autorité légale de la collecte.

« Nous voterons cette semaine » le projet de loi, a déclaré le sénateur Ted Cruz (Texas), autre candidat potentiel à l’investiture républicaine pour la présidentielle.

Le texte en souffrance au Sénat, le USA Freedom Act, prolonge pour quelques mois la collecte des données par la NSA, le temps de permettre aux compagnies téléphoniques de mettre en place les moyens de les stocker elles-mêmes. Le USA Freedom Act renforce également le contrôle judiciaire sur l’exploitation des données par les agences de renseignement.

Il est soutenu par les grandes entreprises internet et informatiques américaines, dont l’image avait souffert de leur coopération supposée avec la NSA, et par une partie des ONG qui défendent la vie privée et combattent la surveillance électronique.

– ‘On ne peut pas se permettre’ une baisse de la surveillance –

Le texte a déjà été voté par la Chambre des représentants, et la Maison Blanche a multiplié cette semaine les appels en sa faveur.

« Malheureusement, certains essaient d’utiliser ce débat pour marquer des points politiques », avait déclaré le président Barack Obama, en visant Rand Paul.

« Je pense que les terroristes surveillent très attentivement ce qui se passe aux Etats-Unis », avait averti de son côté dimanche matin John Brennan, le directeur de la CIA.

« On ne peut pas se permettre » de diminuer le système de surveillance, au moment où la menace terroriste est particulièrement forte, a-t-il indiqué.

L’épisode est en tout cas une victoire symbolique pour Edward Snowden, l’ex-consultant de la NSA qui a révélé au public américain l’ampleur des programmes de surveillance électronique gouvernementaux, et qui vit aujourd’hui en exil en Russie.

« Nous ne serions pas là aujourd’hui sans les révélations de Snowden », a reconnu dans les couloirs du Congrès Justin Amash, représentant du Michigan qui soutient les positions de Rand Paul.

Mais pas question toutefois de plaider pour un pardon: « Il a violé la loi », a souligné M. Amash, qui s’en remet au système judiciaire pour trancher sur le cas de M. Snowden.

Surveillance: la NSA n’a plus l’autorisation de collecter les données téléphoniques des Américains

AFFAIRE SNOWDEN UNION EUROPEENNE

INTERNATIONAL – L’autorisation de la collecte par la NSA des données téléphoniques des Américains a expiré dans la nuit de dimanche 31 mai au lundi 1er juin, faute d’avoir obtenu le renouvellement de ce programme révélé au grand public par Edward Snowden. Le Sénat américain n’a pas réussi à trouver un accord pour éviter l’expiration de la section 215 du Patriot Act, fondement juridique de la collecte des métadonnées (horaires, durées, numéro appelé) de tous les appels téléphoniques américains.

« A partir de ce (dimanche) soir les employés de la NSA qui consultaient la base de données ne pourront plus le faire, tout cela grâce au sénateur Rand Paul » qui a bloqué la procédure, a déclaré furieux à l’AFP le sénateur Richard Burr, président de la commission du renseignement du Sénat. « Le Patriot Act expire ce soir » et « c’est un nouveau jour pour l’Amérique », s’est de son côté félicité Rand Paul, l’élu républicain et libertaire qui a bloqué à lui tout seul l’examen du texte profitant de la procédure législative compliquée de la chambre haute du Congrès.

La Maison Blanche a qualifié dans la soirée d' »irresponsable » l’expiration de la collecte des données téléphoniques, demandant au Sénat de faire en sorte que l’autorité légale du programme soit rétablie le plus rapidement possible. La Maison Blanche avait prévenu cette semaine que tous les serveurs de la NSA collectant les métadonnées des appels téléphoniques américains (horaires, durées, numéro appelé) cesseraient de fonctionner à 00h01 locales (06h01 heure française) si le Sénat ne prolongeait pas l’autorité légale du programme.

Le Sénat va continuer cette semaine à examiner le texte bloqué dimanche soir, Rand Paul ne pouvant retarder trop longtemps la procédure et un grand nombre de sénateurs, républicains et démocrates, ayant manifesté leur soutien. Le vote final, dans le courant de la semaine, pourrait ensuite ouvrir la voie à un rétablissement de l’autorité légale de la collecte. « Nous voterons cette semaine » le projet de loi, a déclaré le sénateur Ted Cruz (Texas), autre candidat potentiel à l’investiture républicaine pour la présidentielle.

Le texte en souffrance au Sénat, le USA Freedom Act, prolonge pour quelques mois la collecte des données par la NSA, le temps de permettre aux compagnies téléphoniques de mettre en place les moyens de les stocker elles-mêmes. Le USA Freedom Act renforce également le contrôle judiciaire sur l’exploitation des données par les agences de renseignement. Il est soutenu par les grandes entreprises internet et informatiques américaines, dont l’image avait souffert de leur coopération supposée avec la NSA, et par une partie des ONG qui défendent la vie privée et combattent la surveillance électronique.

« On ne peut pas se permettre » une baisse de la surveillance

Le texte a déjà été voté par la Chambre des représentants, et la Maison Blanche a multiplié cette semaine les appels en sa faveur. « Malheureusement, certains essaient d’utiliser ce débat pour marquer des points politiques », avait déclaré le président Barack Obama, en visant Rand Paul.

« Je pense que les terroristes surveillent très attentivement ce qui se passe aux Etats-Unis », avait averti de son côté dimanche matin John Brennan, le directeur de la CIA. « On ne peut pas se permettre » de diminuer le système de surveillance, au moment où la menace terroriste est particulièrement forte, a-t-il indiqué. L’épisode est en tout cas une victoire symbolique pour Edward Snowden, l’ex-consultant de la NSA qui a révélé au public américain l’ampleur des programmes de surveillance électronique gouvernementaux, et qui vit aujourd’hui en exil en Russie.

« Nous ne serions pas là aujourd’hui sans les révélations de Snowden », a reconnu dans les couloirs du Congrès Justin Amash, représentant du Michigan qui soutient les positions de Rand Paul. Mais pas question toutefois de plaider pour un pardon: « Il a violé la loi », a souligné Justin Amash, qui s’en remet au système judiciaire pour trancher sur le cas d’Edward Snowden.

Lire aussi :

• L’Allemagne aurait espionné l’Elysée pour le compte de la NSA

• La collecte massive de données téléphoniques est illégale selon la justice américaine

DECRYPTAGE La réforme d’un des articles du Patriot Act, qui arrive à expiration ce dimanche soir, est bloquée au Congrès par des élus républicains…

Etats-Unis: Pourquoi la NSA pourrait arrêter une partie de ses activités de surveillance

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 B.D. avec AFP

Finies les grandes oreilles de la NSA? Le Sénat américain est convoqué ce dimanche en urgence pour voter la réforme du programme de collecte de données par l’Agence nationale de sécurité (NSA), sans quoi l’agence américaine devra débrancher, d’ici minuit, certains de ses serveurs. Explications.

Pourquoi la NSA pourrait devoir cesser ce dimanche soir certaines collectes de données?

Plusieurs articles du Patriot Act, adopté en urgence après les attentats du 11 septembre 2001, arrivent à expiration lundi à minuit. Parmi eux, c’est surtout la «section 215», qui autorise la NSA à collecter des quantités massives de données, qui attire l’attention. Pour l’heure, aucun accord politique n’a été trouvé pour reconduire cet article, et, s’il n’y a pas d’accord dans l’après-midi, la NSA devra commencer à débrancher certains serveurs pour qu’aucune donnée ne puisse être collectée après minuit.

Quelles collectes de données sont concernées?

Il s’agit de la collecte de données téléphoniques -les métadonnées des appels passés aux Etats-Unis (horaire, durée, numéro appelé, mais pas l’enregistrement des conversations)-, et pas du grand programme controversé de surveillance de la NSA, Prism, qui concerne les interceptions de communications de non-Américains auprès des géants de l’informatique et d’internet (Microsoft, Yahoo, Google, Facebook).

De l’aveu même d’anciens et d’actuels responsables du renseignement, ce programme n’est pas la plus importante pièce du dispositif de la surveillance de la NSA. C’est le «moins utile de tous les outils» utilisés par les agences de renseignement, selon James Lewis, un spécialiste du renseignement et de la cybersécurité au groupe de réflexion CSIS, dans un rapport publié en décembre 2014. Mais cette suppression se ferait avec «une augmentation du risque», avait-il ajouté.

Y a-t-il un consensus politique pour trouver un accord?

La Maison Blanche et la Chambre des représentants se sont mis d’accord sur une nouvelle loi, baptisée USA Freedom Act, permettant de continuer le stockage des métadonnées en le confiant aux opérateurs téléphoniques, et non à la NSA, dont les analystes devraient démontrer à un juge un soupçon raisonnable et motivé d’un lien avec une entreprise terroriste étrangère pour obtenir les données et surveiller une cible. Mais le Sénat refuse pour l’instant d’approuver le texte.

Qui bloque le USA Freedom Act au Sénat et pourquoi?

Le texte est bloqué par «une poignée de sénateurs» républicains, comme les a nommés Barack Obama, aux arguments totalement opposés mais unis par leur volonté de saborder la réforme. Certains parmi les conservateurs, comme le chef de la majorité républicaine au Sénat Mitch McConnell, sont réticents à affaiblir un programme qu’ils considèrent comme essentiel à la sécurité nationale. D’autres, comme le libertarien Rand Paul, trouvent au contraire qu’il n’en fait pas assez pour démanteler ce dispositif de «surveillance» des Américains, une position qui est aussi celle d’organisations de défense de la vie privée.

Un accord est-il possible?

Le Sénat est convoqué ce dimanche pour tenter de trouver une solution, mais l’équation politique est compliquée. Vendredi, le président américain a tenté de faire pression sur le Sénat, l’incitant à voter le texte, soulignant que la menace terroriste était toujours très présente. «Je ne veux pas (…) que nous soyons confrontés à une situation où nous aurions pu empêcher une attaque terroriste ou arrêter quelqu’un de dangereux mais où nous ne l’avons pas fait simplement en raison de l’inaction du Sénat», a martelé Barack Obama depuis le Bureau ovale.

NSA: vers la fin de la surveillance de masse des citoyens américains?

 LEXPRESS.fr

les-locaux-de-l-agence-de-securite-nationale-nsa-dans-le-maryland-en-janvier-2006_5311217La NSA pourrait se voir interdire la collecte massive des données transitant sur le territoire américain. afp.com

La Chambre des représentants américaine a voté à une très large majorité une réforme interdisant à la NSA de pratiquer une collecte massive des données aux États-Unis. Mais le projet doit encore passer au Sénat.

Pendant que le gouvernement français renforce sensiblement ses capacités de renseignement, les États-Unis pourraient bien faire marche arrière. La Chambre des représentants américaine a adopté facilement mercredi une réforme interdisant à l’Agence de sécurité nationale (NSA) de collecter en masse des données aux Etats-Unis, réponse au scandale suscité par les révélations d‘Edward Snowden il y a bientôt deux ans.

Principale limite du projet: seule la protection de la vie privée des Américains est ici défendue. Les programmes d’interception des communications dans le reste du monde sont largement absents du débat, sauf de façon incidente, quand des Américains sont pris par erreur dans les filets de surveillance étatsuniens.

Une collecte de masse contestée

La loi modifierait un article controversé du Patriot Act, adopté après les attentats du 11 septembre 2001 et qui arrive à expiration le 1er juin. Elle interdirait explicitement la collecte à grande échelle par la NSA de données américaines, téléphoniques ou autres.

> Lire: quel bilan pour la Patriot Act?

Révélé par les documents d’Edward Snowden, en juin 2013, un programme de métadonnées téléphoniques opérait secrètement depuis 2001, juste après les attentats du 11 Septembre, puis sous supervision judiciaire depuis 2006, constamment renouvelé par les administrations Bush et Obama. Jusqu’à présent, la NSA a accumulé dans ses serveurs les métadonnées d’appels passés aux Etats-Unis (horaire, durée, numéro appelé, mais pas l’enregistrement des appels), qu’elle conserve cinq ans: une immense base de données ensuite exploitée par ses analystes pour repérer une éventuelle aiguille terroriste dans la botte de foin, selon l’expression du renseignement.

> Lire: Ce que les métadonnées peuvent dire de vous

Quels changements à venir?

Les données seraient désormais conservées chez les opérateurs et accessibles par la NSA après l’aval d’un juge, et seulement de façon étroitement ciblée, la définition d’une cible ayant donné lieu à de fastidieux débats (un code postal ne constitue pas un critère valable, par exemple). Barack Obama a apporté son soutien à la réforme l’an dernier.

Le texte améliore aussi la transparence de la cour secrète Fisc, chargée de superviser les programmes de la NSA sur le territoire, et l’autorise à consulter des experts des communications ou de la vie privée.

Les géants du web veulent redorer leur blason

L’approche est soutenue par des dizaines d’entreprises internet et informatiques dont l’image avait souffert en raison de leur coopération supposée avec la NSA (Consumer Electronics Association, Information Technology Industry Council, AOL, Apple, Facebook, Google, Microsoft, Yahoo!…). « La réforme de la surveillance aux Etats-Unis est un élément essentiel pour restaurer la confiance internationale dans les entreprises américaines », a réagi Mark MacCarthy, de la fédération d’entreprises de logiciels et de contenus numériques, Software & Information Industry Association.

La réforme est la première d’ampleur depuis le 11 Septembre. Comme à l’époque, l’équilibre optimal entre protection de la vie privée et sécurité nationale constitue le coeur du débat. Mais les réformistes s’opposent à la fois aux faucons, qui défendent bec et ongle la légitimité et l’utilité du programme de métadonnées, et à certaines ONG et certains élus libertaires, qui jugent que la réforme ne va pas assez loin. Amnesty International regrette ainsi que le texte ne fasse que « bricoler avec un système abusif » et ne fasse rien contre la surveillance des habitants du reste de la planète.

Pourquoi tout n’est pas joué

La proposition de loi, USA Freedom Act, doit encore être débattue au Sénat, où l’affrontement entre réformistes et défenseurs de la communauté du renseignement transcende les appartenances partisanes, dans un contexte de présence accrue du groupe Etat islamique sur internet. « Les Américains ont dit sans équivoque au Congrès qu’il fallait contenir les programmes de surveillance du pays et aujourd’hui, la Chambre des représentants les a écoutés », s’est félicité le républicain Bob Goodlatte, promoteur du texte qualifié de plus grande réforme « depuis 40 ans ».

Mais les débats s’annoncent rudes dans la chambre haute. Le chef de la majorité républicaine souhaite reconduire l’article controversé du Patriot Act sans aucune modification, jusqu’en 2020. Pour les faucons républicains, proches de la communauté du renseignement, l’attaque récente menée par deux tireurs apparemment « inspirés » par le groupe Etat islamique contre un concours de dessins de Mahomet dans le Texas ne fait que légitimer les programmes contestés. Ils arguent qu’il ne faut pas retourner à une mentalité « pré-11-Septembre ».

La mesure « tente de réparer un système qui n’est pas cassé », a déclaré mercredi le président de la commission du Renseignement du Sénat, le républicain Richard Burr.

Skynet: l’algorithme de surveillance de la NSA

Pierric Marissal    Humanite.fr

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AFP
Edward Snowden a fourni des documents décrivant le fonctionnement de l’intelligence artificielle qui surveille les communications des portables: Skynet. C’est ce programme notamment qui identifie les présumés terroristes au Moyen Orient, préalable aux frappes de drones. L’occasion aussi de mieux comprendre comment fonctionne un algorithme frère de celui qui va surveiller nos données de connexion, depuis la loi sur le renseignement.

Skynet est une intelligence artificielle qui se préoccupe des métadonnées mobiles. Par exemple, selon les documents fournis par Snowden et publiés par The Intercept, elle surveille 55 millions d’abonnés mobiles pakistanais, en quête de comportements suspects. Skynet dispose de nombreux outils pour ce faire et se concentre particulièrement sur 3 aspects: les schémas et les habitudes d’utilisation du téléphone, le réseau de contacts, et les trajets du propriétaire, qui est géolocalisé via la puce GPS présente dans la carte SIM du mobile.

Les comportements suspects repérés

Parmi les utilisations qui font rentrer dans la catégorie suspect, il y a par exemple les personnes qui n’utilisent pas leur mobile, à part pour recevoir des appels entrants. Ceux qui changent régulièrement de carte SIM ou qui éteignent leur mobile et enlèvent leur batterie un peu trop souvent…
Skynet est aussi très fort pour analyser les trajets. L’algorithme intègre des lieux suspects et indexe les personnes qui les visitent régulièrement, ou qui y étaient présents à des moments précis. Il soupçonne également les gens qui ne voyagent que de nuit. Ceux qui sont en déplacement constant, qui font de fréquents trajets aux environs des aéroports… Ou qui voyagent en compagnie d’autres suspects, ou qui les rencontrent régulièrement. Car il ne suffit pas de communiquer avec un autre suspect pour le devenir, que son portable soit géolocalisé dans le même lieu qu’un présumé terroriste peut suffire.
C’est d’ailleurs ainsi que Skynet peut essayer d’identifier des lieux de réunions réguliers de suspects, et suggérer à la NSA d’y placer un IMSI Catcher, ces antennes qui permettent d’intercepter toutes les conversations et contenus échangés autour d’elles.

Une intelligence dangereuse

Et comme Skynet est une intelligence artificielle évoluée, elle est capable, lorsqu’elle a repéré un terroriste présumé, d’aller rechercher des schémas de fonctionnements identiques. Idem lorsqu’un utilisateur s’éloigne trop de la « norme », constituée des habitudes des 55 millions de Pakistanais espionnés. Evidemment, même si la sophistication de Skynet impressionne, comme tous ces outils elle se plante. On imagine bien que les chauffeurs de taxi pakistanais, qui circulent beaucoup, y compris de nuit, et près des aéroports, sont tous fichés. Plus criant, Skynet a placé en tête des terroristes repérés, l’affiliant à al Qaida et aux Frères Musulmans, un journaliste d’al Jazzera en poste à Islamabad, et spécialisé dans la couverture des milieux talibans et terroristes.
Il y aurait plus d’un million de personnes dans le monde, repérés par les algorithmes, comme étant en lien avec le terrorisme…

« On tue des gens en se basant sur ces métadonnées » expliquait Michael Hayden, ancien patron de la NSA, en mai 2014. Skynet marche de concert avec les drones tueurs américains. Car non seulement c’est cette IA qui sert à identifier les suspects, mais c’est également elle qui pointe du doigt la cible à abattre quand la décision de tuer est prise. En envoyant au drone les coordonnées GPS de la carte SIM du présumé terroriste.


Les trajets d’un suspect entre Islamabad et Lahore, au Pakistan, représenté par Skynet. Des lieux de réunions dans chacune des villes sont identifiés, ainsi que les contacts et coordonnées téléphoniques des gens rencontrés. Capture d’image The Intercept.

  • Skynet et Terminator. Skynet était le nom du programme d’intelligence artificielle utilisé par le ministère de la défense américain dans les films Terminator. Impossible que cela soit une coïncidence, et c’est plutôt de mauvais goût. Dans les films, Skynet est l’IA très évoluée en charge de la défense du territoire américain. Le programme a pris son autonomie et déclenché une guerre nucléaire dans le but de détruire l’humanité, avant de créer une armée de robot, les Terminator, pour exterminer les survivants. Les drones tueurs américains s’appellent eux Predator, autre film bourré de testostérone avec Arnold Schwarzenegger…
  • Lire aussi : Renseignement : comprendre la surveillance par algorithme
    Snowden: ce qui a changé, un an après

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Commentaires

hermano  •                                           les écoutes cessent aux états unis . et dans le reste du monde quand est-il?

alaric  •                                                Et les écoutes continuent pour le reste du monde , sans que personne ne s’en émeuve , notamment notre soi-disant président !

Gabriel HetroyGabriel Hetroy      « Révélée au grand public par Edouard Snowden »   Il y a belle lurette que l’activité de la NSA – et des autres ! – est connu et fait l’objet de commentaires sur les forums. Les prétendues « révélations » relèvent plus de l’enfoncement de porte ouverte, même si cette action de Snowden apporte un grand coup d’éclairage sur la chose.

Georges  •                          « Officiellement » ils peuvent dire ce qu’ils veulent, mais « officieusement » ils font ce qu’ils veulent : c’est devenu un « état dans l’état » !

  • RÂLEUR A VIE  •            arretez encore une fois de prendre nos vessies pour des lanternes , nous ne sommes plus au moyen age ou l’information circulait à dos de cheval !!!!!! LES AMERICAINS FONT CE QU’ ILS VEULENT OU ILS VEULENT QUAND ILS LE VEULENT EN SE FOUTANT ROYALEMENT DES PROTOCOLES QUELS QU’ ILS SOIENT !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! ET L’ANCIEN KGB QUE CROYEZ VOUS QU’ILS FONT JOURNALEUX DE MES 2
    Pazoozoo  •                    C’est étonnant, mais j’ai du mal à croire en ces déclarations…
    Officiellement, en bon caniche, Tartuffe 1er et Manolo devraient suivre le mouvement.
    Lysander Spooner  •        Que vont faire les autres pays?? je doute qu’il n’y ait que les USA:…
    Cleveland  •                     Chez nous, avec notre 1er ministre fan d’Hitler, on va bientôt être surveillé pour tout ce qu’on fait et dit sur le net… Si je dis que le ps c’est le Parti Salafiste de France, j’irai surement en prison, alors qu’une chance made in bled qui deal, elle sera récompensée par toutes les aides possibles!
    mick  •                              Le KGB mondial
    Appel À La Survie  •        Vous vous rendez compte si les citoyens occidentaux deviennent méfiants envers leurs dictatures respectives, quel désastre, ça sera bien plus compliqué de les fliquer. Alors on leur recompte des histoires à dormir en espérant que cela permettra de faire oublier l’affaire snowden.
    Qui peut croire à ces balivernes ?
    Courriel  •                         Ca existe depuis toujours ces écoutes, tous les pays le font. Faites pas vos vierges effarouchées.
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